23.01.2012
Le cheval de Turin : Béla Taar ou le refus... envers et contre tous.
______________
Pour la petite histoire, face au grand artiste qu’est Béla Taar, Le cheval de Turin a pour origine un incident qui bouleversera la vie d’un certain Friedrich Nietzsche : le 3 janvier 1889, alors qu'il effectuait un trajet en calèche, le cheval a cessé d'avancer. Incapable de le remettre en marche, le cocher a battu la bête, ce qui suscita chez le philosophe un élan de compassion. Nietzsche se pendit au cou de l'animal et passa ensuite les dix dernières années de sa vie dans un état de démence.
De là à penser que Béla Tarr, présent ce jour-là, n’aura trouvé rien de mieux que de rentrer avec ce cheval et son cocher jusqu’à cette ferme isolée, un arbre mort battu par une tempête du diable, un père taiseux et sa fille, une charrette et ce même cheval qu'on attellera puis détellera, une fois, dix fois... avant de renoncer...
Grande est la tentation !
Film frugal tout comme le repas qu’un père et sa fille partageront jour après jour - des pommes de terre cuites à l’eau -, tandis que dans la grange, plus qu’une bête, un cheval refusera bientôt toute nourriture ; et à propos de cet animal, on sera tenté de se dire que si ce cheval avait eu le don de la parole, nul doute, c’est sans un mot qu’il aurait mené sa vie.
Cinéaste au rythme cardiaque très lent, cinéma en apnée car, si d'aucuns savent retenir leur souffle, d'autres savent retenir le temps comme personne, tout comme cette musique musclée - organum et cordes dans le grave -, véritable bombe à retardement lancinante et récurrente (en do mineur), destinée à porter et à accompagner 30 plans-séquences de cinq minutes chacun, plans que d’aucuns qualifieront de contemplatifs, d’autres, moins compréhensifs ou pusillanimes, d'interminables...
Ces plans trouvent pourtant leur raison d’être, leur force, leur efficacité, leur caractère aussi rare que précieux (comme chacun sait, le cinéma ce n’est pas ce qui nous est montré mais ce qui nous est révélé !) dans le fait que, tous, sans exception, forcent le spectateur à quitter l’image et l'écran pour rentrer dans lui-même et y poursuivre deux heures et demie durant, même et surtout somnolent, sa propre œuvre que devient alors sa vie pour le temps qu'il lui est donné d'être le spectateur de Béla Tarr.
Pour cette raison, Le cheval de Turin se rêve autant qu'il se voit. Aussi, et vraiment ! on peut affirmer qu’avec le cinéma de Béla Tarr c’est autant le spectateur qui fait le film que le réalisateur. Et nous devrions tous demander à partager avec lui l’Ours d’argent que le film a reçu à l'occasion du dernier festival de Berlin.
Artiste d’une radicalité qui n’a besoin ni de discours ni de justification, fascinés nous sommes face à la volonté de fer de ce réalisateur pour lequel aucun compromis n’est une option ! Et si au cinéma, le noir-et-blanc reste bien le choix de ceux qui ont encore quelque chose à dire, la couleur, celle de l’industrie cinématographique, avilissant tout ce qu’elle touche et recouvre…
Le cheval de Turin restera un gigantesque bras d’honneur adressé à cette modernité cinématographique imbécile et veule, film après film - un film chassant l'autre -, d'un Béla Tarr ennemi public numéro un de tous ceux qui ont la faiblesse, la bêtise ou la naïveté de penser que le cinéma n’est qu’un divertissement destiné à nous faire vivre par procuration des vies au suspense insoutenable, dans la fureur, le bruit, le sang, les larmes et la sueur de coïts sans nombre...
Mais alors... qu'ils passent donc leur chemin ! Le dernier Millénium ou le prochain Eastwood (Eh oui ! Déjà le suivant ! Car, c'est bien connu : les gens qui n'ont pas idée en ont cinquante par jour), avec ses acteurs- tâcherons d’une industrie sans art y pourvoira, car quelque part, dans une province hongroise, on attend les plus exigeants d'entre nous.
***
Après le passage d'un groupe de tziganes que personne n’a invité, chassé à la hache, l’eau du puits s’est tarie, la tempête s’est tue, le soleil a fondu et l’aube ne s’est plus levée...
(Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin le puits se vide)
Une lampe à pétrole, au réservoir pourtant plein, refusant définitivement d'éclairer la demeure d'un père et de sa fille - une seule pièce commune pour tout lieu de vie -, et bientôt par voie de conséquence, l'écran : plus de lumière, plus de cinéma !
***
Béla Tarr écrase tout sauf le spectateur, et longtemps on pourra se demander avec lui qui n’en a aucune idée aujourd’hui encore, et même après plus de dix films, quelle peut bien être l’origine (quelle scène primitive au traumatisme fondateur ?) d'un tel parti-pris artistique, d’un tel refus proche d'un Bartleby, obstiné et têtu, d'une telle démarche hors du commun des pauvres mortels que nous sommes, et lui avec nous.
Même si une réponse semble s'imposer…
A l'origine de cette radicalité sans doute trouvera-t-on le refus (encore le refus !) d'un monde dans lequel il n'est plus possible de vivre sans tuer l’autre ou dans le meilleur des cas, sans pourrir irrémédiablement la vie de son voisin avant de ruiner sa vie propre dans une lutte acharnée et cruelle pour une survie qui n’est déjà plus une vie mais un commencement de mort lente et sinistre.
Et si l'on tend l’oreille, on pourra très certainement entendre de la voix de Béla Tarr un : « Ce sera sans moi ! ». En effet, Le cheval de Turin est l'ultime film d'un cinéaste qui abandonne le cinéma.
_____________
Pour prolonger... cliquez Cinéma ! De film en film
12:06 Écrit par Serge ULESKI dans Art et culture, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, medias, actualité, art, artistes, politique, bela tarr, uleski, nietzsche, turin, cheval |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
04.01.2012
Intouchables : pourquoi fallait-il un noir en face de ce blanc tétraplégique ?
Une vraie dynamique, quelques idées de cinéma, d’aucuns parleront de « bon boulot » à propos du film « Intouchables ».
Si les réalisateurs ont su le plus souvent éviter les pièges tendus par un scénario à haut risque - ceux, entre autres, du pathos, des larmes et des stéréotypes raciaux et de classes -, contrairement à ce qui a pu être écrit ici et là, pas de bien-pensantedans ce film pour la simple raison qu’on n’y trouvera aucune pensée, et c’est déjà ça de gagner ou de sauver s’empressera-t-on d’ajouter car, le travail passé des scénaristes-réalisateurs est là pour l’attester, si par malheur ces derniers avaient souhaité y prétendre… c’est bien avec une catastrophe qu’on aurait eu rendez-vous.
Dans « Intouchables » sans doute pourra-t-on y voir en toute bonne foi, outre le souci de se remplir les poches, le désir sincère de raconter avec honnêteté une histoire… vraie de surcroît.
Conte de fée sans morale donc (référence au fait qu’il n’y a pas de pensée) on pourra quand même regretter que les réalisateurs Toledano et Nakache aient pour les blacks de la banlieue (1) qu’un seul projet : qu’ils torchent, lavent et essuient le cul des blancs…
Parce que ça, c’est quand même pas très nouveau !
Sans oublier l’incontournable : « Touche pas à la femme blanche ! » - même sous le prétexte qu’elle puisse être lesbienne.
***
Certes, pour l’adaptation au cinéma de La case de l'oncle Tom, les volontaires n’ont jamais manqué à l’appel, et Omar Sy (2) semble fin prêt pour une nouvelle adaptation du roman de l'écrivain américaine Harriet Beecher Stowe dont les premières feuilles ont été publiées en 1852…
Mais qu’en 2011 un acteur prête son concours à un tel projet, c’est déjà en soi une belle déception car enfin… difficile de ne pas se poser la question suivante : pourquoi fallait-il un noir en face de ce blanc tétraplégique et millionnaire ?
_________________
1 - banlieue dont on ne sait pas quoi faire et que l’on commence à peine à savoir filmer… semble-t-il !
2 - Canal+ oblige : génération grandes gueules et petites têtes.
17:13 Écrit par Serge ULESKI dans Art et culture, Film, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, justice, actualité, société, cinéma, films, acteurs, art |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
04.12.2011
Guaino... de son prénom Henri : trou noir de l'âme
Un temps économiste au Crédit lyonnais, puis chargé de cours à l'ESCP Europe et à l'École normale supérieure de Saint-Cloud, en mission à la direction du Trésor au ministère des Finances, adjoint au secrétaire général du Club de Paris, conseiller-maître à la Cour des comptes depuis septembre 2006...
Pendant la campagne de l'élection présidentielle de 1988, il sera chargé de réécrire les interviews de Jacques Chirac.
Plus tard, toujours au côté du même homme, on lui devra la lutte contre la fracture sociale.
Durant la campagne de la présidentielle de 2007, il sera le rédacteur des principaux discours de campagne de Nicolas Sarkozy avec (souvenez-vous !) les évocations de Hugo, Jaurès, Blum et Guy Môquet (Non ! On ne ricane pas svp !).
Bientôt, on lui devra aussi, entre autres thèmes, la « liquidation de Mai 68 » et la fin des repentances.
Après la victoire de son employeur en 2007, il sera nommé par ce même employeur conseiller spécial, et là, toujours commis aux écritures, en 2008, au plus fort d'une crise financière qui n'a toujours pas fini de nous en faire voir, il nous gratifiera d'un nouveau discours, discours dit de Toulon, prononcé (d'aucuns diront... énoncé) par un Sarkozy au sommet (1): « L'idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle... (...) L'économie de marché, c'est un marché régulé, le marché mis au service du développement, au service de la société, au service de tous. Ce n'est pas la loi de la jungle, ce n'est pas des profits exorbitants pour quelques uns et des sacrifices pour tous les autres (...) La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme, le refonder sur une éthique, celle de l'effort et celle du travail... Il nous faut trouver un nouvel équilibre entre l'État et le marché... L'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini. Le laisser-faire, c'est fini. Le marché tout-puissant qui a toujours raison, c'est fini..."
Quand on sait que depuis ce discours, ce même Sarkozy n'a eu de cesse de s'agenouiller devant les banques, les marchés et autres agences de notation, sans contrepartie aucune, et sans l'espoir aussi mince soit-il de reprendre un jour d'une main ferme les rênes de la décision politique, celle d'un Etat à la tête d'une nation encore capable, en grande partie, de décider de son destin même au sein d'une entité supranationale...
***
Elevé au biberon d'un gaullisme sans partage - « on ne brade pas la souveraineté d'un pays en échange de la promesse d'un gain de prospérité et de pouvoir plus qu'hypothétique » -, sans oublier l'incontournable : « On fait ce que l'on dit ou bien on ferme sa gueule ! »

C'est lui... c'est Guaino, de son prénom Henri !
Mais qui aujourd'hui se souvient encore que cet Henri Guaino a voté non au traité de Maastricht et au traité établissant une Constitution pour l'Europe ?
Ni don Quichotte, ni Prince Mychkine - il ne saurait avoir comme excuse une bonté qui confinerait à la naïveté, jusqu'à l'idiotie car, quand on a été comme lui très tôt dans la banque, on perd vite ses illusions de jeunesse et l'on gagne tout aussi rapidement à comprendre que seules les fins justifient les moyens...
Qui est donc ce Gaulliste qui s'évertue à rédiger pour le compte d'un Président à genoux devant tout ce qui ressemble de près ou de loin à une puissance d'argent ou à une campagne militaire, des discours emprunts d'indépendance, de justice pour tous dans le cadre d'une action politique qui se voudrait digne d'une Nation maître de son destin ?
Diable ! Qui est ce Guaino qui n'a de cesse d'alimenter en bavardage le fossoyeur même de tout ce qui fait Guaino, recul après recul, mensonge, esbroufe, tromperie, manipulation...
Un Guaino à la solde d'un Berlusconi à la française... « En politique tout est permis ; tout et son contraire ! » dont les discours ne sont jamais suivis d'une politique aux effets en lien direct avec ce qui a pu être énoncé (syndrome d'Obama !), tribune après tribune, interventions télévisées, interviews...
Discours dont toutes les options et axes contredisent, dans l'action au quotidien, le fond et les intentions, et la forme aussi, pour une jactance à la longue aussi indécente que perverse...
Un Guaino au service d'un Sarkozy promu au rang de Maître baratineur (terme utilisé par l'historien et démographe Emmanuel Todd -voilà les chercheurs du CNRS contraints d'avoir recours à un vocabulaire de rue pour nous parler d'un Président de palais élyséen) en Méphistophélès de cirque certes ! mais diable d'homme quand même ! pour un Guaino en Faust d'opérette condamné à remettre cent fois l'ouvrage sur le métier, et les couverts aussi, discours après discours, d'une plume fiévreuse... selon le principe : « Je sers donc je suis ! »
Après les larbins de la politique... voici venir un nouveau larbinisme : le SER-vage car... après Minc, Attali et tant d'autres... quiconque cesse de servir, meurt, c'est à croire !
***
Mais au fait... qui trompe qui dans cette affaire ? Guaino trompant Sarkozy ou bien, Sarkozy Guaino et tous ceux qui restent dupes d'une parole qui semble n'engager que ceux qui l'écoutent, et certainement pas celui qui est chargé de la transmettre, et en dernier lieu, celui qui en est l'auteur ?
Car enfin... comment ce Guaino gère-t-il au quotidien, cet abîme qui sépare les actes de son employeur des discours de sa plume ? Abîme creusé par un loufiat de la politique passeurs de plats des puissances de l'argent et des Etats dominateurs ?
Mais alors...
Et si tous ces conseillers auprès de ceux qui occupent les plus hautes fonctions se vivaient Président par procuration ? En retrait, dans l'ombre d'une jouissance toute secrète... interdite presque, honteuse, le temps d'un discours sur une estrade face à un public déjà conquis, et qui bientôt se lèvera comme un seul homme, comme une seule femme, en liesse, hurlant, extasiés par celui qui s'avèrerait alors n'être qu'un simple porte-voix ventriloque de tous les Guaino conseillers du Prince.
Orgueil à son paroxysme et prétention suprême ? Auto-illusion pitoyable ?
Pour un peu, on en viendrait à regretter les Bartleby de la politique, tous ceux qui s'abstiennent comme d'autres se retiennent, et qui... entre deux « je préférerais plutôt pas » - véritable sésame de tous les objecteurs de conscience politique, morale et éthique, face à ceux qui toujours tranchent et se jettent à l'eau -, ne sont pas dupes : un doigt ? Et c'est la main. Une main ? Et c'est déjà le bras ! Un pied ? Et c'est l'être tout entier qui sombre dans les rouages d'un système pour lequel... vraiment, c'est pas la peine, un système qui n'a ni queue ni tête dans le meilleur des cas, criminel et liberticide dans le pire...
Système entretenu par des conseillers insoucieux du fait suivant : à force de tremper ses mains dans le pipi... on finit Monsieur Toilettes ; et à faire l'âne pour avoir de l'avoine (notoriété, considération)... c'est bourricot que l'on devient, condamné à porter pour les autres, le poids de leur supercherie et de la manipulation des attentes de pauvres bougres qui en espéraient tant, mensonges éhontés sans nombre d'une présidence à l'autre, avec des Guaino passés maîtres dans l'art de l'auto-duperie.
Aussi, finira-t-on sans doute un jour, par y lire, sur leur visage (2), dans leur regard à tous, et jusque dans les traits tirés de la servitude et de l'abaissement, tel un suicide ontologique, ce trou noir (3) de l'âme qu'est la négation d'une réalité pourtant criante de vérité, là, sous leur nez :
Ni pygmalions ni conseillers mais bien plutôt et plus simplement, larbins et complices d'une vaste entreprise de fumisterie qui n'a pas fini de creuser le lit d'un dégoût du corps électoral pour la politique et son personnel ; amertume et ressentiment jusqu'à souhaiter un jour mettre fin à un régime dit démocratique putain d'une république qui aurait alors pour seul modèle : la soumission à l'argent, la connivence, la collusion, la cooptation, le trafic d'influence, la concussion, l'abus de confiance et les bombes...
Discours après discours, qu'il soit ici permis de rappeler à Monsieur Henri Guaino qu'il n'est pas le dernier à contribuer à l'avènement d'un tel dégoût et à la mise en oeuvre d'un tel modèle.
________
1 - Sarkozy au sommet dans l'art de baratiner et de pipeauter les foules comme personne avant lui.
2 - Contractions musculaires et involontaires des muscles, soubresauts incessants de la joue, des paupières... et autres tics dits nerveux.
3 - En astrophysique, un trou noir est un corps dont le champ gravitationnel est si intense qu’il empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper, et dans le cas qui nous occupe, celui de Guaino, on remplacera matière par... scrupules, remords, états d'âme...
13:27 Écrit par Serge ULESKI dans Actualité et société, Blog, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : actualité, chirac, élection présidentielle, guaino, obama, politique, sarkozy |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
21.11.2011
L'anti-sarkozisme et les séminaires de la Règle du jeu*
"Quatre ans après son élection, où en est vraiment la vaste nébuleuse informelle qui ne tance pas le président de ce qu’il fait, mais de ce qu’il est ? Existe-t-il une cohérence esthétique et idéologique de ce front du refus qui conjoint les extrêmes des deux bords ? S’agit-il d’un phénomène unique ou, au contraire, récurrent, dans l’histoire hexagonale, surtout dans les temps troublés ? Peut-on y voir un succédané, ou un revival, de ce que Bernard-Henri Lévy a nommé l’Idéologie française ? Ce sont quelques-unes des questions que nous avons tenté d’aborder, avec André Glucksmann, André Bercoff, Marc Weitzmann et Patrick Klugman, le dimanche 19 juin 2011, au Cinéma Saint-Germain-des-Prés."
Les invités à ce séminaire animé par un dénommé Alexis Lacroix, devront donc répondre à la question suivante : “Tout antisarkozysme est-il légitime ?”
Tout Anti-Sarkozysme est-il légitime ? par laregledujeu
La question étant posée - question symptomatique d'un intellect sans courage et sans colonne vertébrale, un peu à l'image du directeur de la revue organisatrice... Bernard-Henri Lévy, notre réponse ne se fera donc pas attendre :
Cher Monsieur Lacroix,
Il est vrai que nous sommes nombreux à ne pas aimer ce Sarkozy-président. Faut nous comprendre : c'est pas qu'on soit antisémites et fascistes (2) mais... Sarkozy à l’Elysée, on n’avait pas prévu. Jusqu’à présent, on a toujours pensé que sa place était partout ailleurs sauf à l’Elysée. Même à Matignon, c'était impensable ! Sarkozy ministre... déjà, on avait du mal. C’est vous dire... c'est... tout dire !
Aussi, faut nous laisser le temps de nous adapter même si ce n’est peut-être plus nécessaire puisque ses chances de ré-élection en 2012 semblent plutôt compromises.
Quant à la liste de vos invités... si on oublie un moment les idiots utiles d'une question aussi sournoise que lâche et un Glucksmann né quasi Alzheimer, qu'un André Bercoff pour lequel la question de la légitimité de l’anti-sarkozisme semble aussi se poser, ait été présent ce jour-là, cela ne surprendra personne car, nous savons tous qu’un Sarkozy-président, ça ne l’a jamais gêné… lui qui a toujours été un intellectuel à la "casse-toi pauv’ con !"
Pour conclure, sachez Monsieur Lacroix que nous n'avons besoin d'aucune excuse (et surtout pas celle de l'antisémitisme et du fascisme - pour peu qu'ils en soient une) pour continuer allègrement et sûrement de dénoncer sans relâche un Président décidément très très en dessous de tout ce que l'on pouvait espérer pour la France ; et l'égarement de quelques millions de Français lors du second tour de la dernière élection présidentielle (non ! le nombre ne sanctifie personne !) ne saurait, et ce en aucun cas, nous contraindre à la moindre complaisance à l'endroit de celui qu'un grand nombre d'entre nous sera tenté de nommer, après la malbouffe... le mal-président.
Et dans l'attente de ne plus entendre parler de tels rassemblements aussi malhonnêtes que veules, veuillez agréer, Monsieur Lacroix privé de bannière digne de ce nom pour avoir posé une question proche de la diffamation calomnieuse dans son sous-entendu et livré à la démocratie et à la liberté d'opinion, telle une bataille, un bien mauvais procès d'intention qui vous déshonore...
L'expression de notre antipathie la plus ferme et la plus définitive.
________________
1 - Règle du jeu (RDJ) : revue dirigée par Bernard-Henri Lévy
.
2 - Référence à l'ouvrage de BHL "L'idéologie française" dont il est fait mention dans l'introduction au séminaire.
19:02 Écrit par Serge ULESKI dans Actualité et société, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : sarkozy, antisarkozisme, lacroix, bhl, glucksmann, politique, société, justice, actualité |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook











