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Serge ULESKI - art, essais, écriture et littérature

  • Crise de la transmission et deuil de l'oubli - 3

     

     

                   Ce que vous n'avez pas connu ne peut en aucun cas vous manquer !

           En sommes-nous si sûrs aujourd'hui ?

     

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    Le dernier des hommes de Friedrich Wilhelm Murnau - 1924

    ou l'homme au rebut.

     

     

                            Ordet (La Parole), de Carl Dreyer - 1955 ; d'après la pièce de théâtre du Danois Kaj Munk

                     Comment embrasser la totalité de l'univers, alors que le matérialisme et le scepticisme n'en voient qu'une partie dont ils ont la folie de croire qu'elle est le tout ?

     

     

    Le sacrifice d'Andrei Tarkovski - 1986

    Comment combler l'absence d'un espace réservé à la vie spirituelle ? Et la menace que cette absence fait peser sur chacun d'entre nous.

     

    ***

     

                Le dernier des hommes, Ordet, Le sacrifice... Murnau, Dreyer, Tarkovski... et d'autres...

    Qui les protègera de l'oubli, de cette perte de mémoire, de cette amnésie savamment organisée et entretenue par des marchands de succédanés et une économie de l'ersatz qui a tout emporté sur son passage ?

    Au sujet de cet oubli, le véritable deuil, finalement, n’a pas pour objet la perte - à l'heure du numérique, plus rien ne se perd, et pour peu qu’il s’agisse d’une œuvre, celle-ci est indestructible : désormais, ce qui a été le sera à jamais !

    Non ! Aujourd'hui, le deuil a bien plutôt pour objet l’absence de transmission et l’ignorance certaine de ceux à qui aucune chance ne sera donnée de découvrir et de connaître tout ce dont il nous a été donné d'être les témoins...

    Car si Internet c'est toute la mémoire du monde, avec le concours de millions d'acteurs du web déterminés à transmettre le passé, même récent, encore faut-il soupçonner l'existence de tout ce qu'une génération a pu faire advenir intellectuellement et artistiquement.

     

                  Le deuil, c’est donc le deuil de la non-transmission avec lequel il nous faut vivre ; le deuil de notre incapacité à pouvoir transmettre et « raconter l’autre » qui n’est plus ; le raconter auprès d’un public absent, indisponible ; des millions d'êtres humains privés de leurs capacités à faire un pas en arrière car, aujourd’hui,  il n’est donné à personne de se retourner : "Pas le temps ! Et puis j'étais pas né !"

    Et ce deuil-là est sans recours ni consolation.

     

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  • Etats généraux de la presse : un lecteur prend la parole

     

               Entre deux rots, le coude bien haut...

     

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                "Mesdames, Messieurs les journalistes : informer, c’est résister et préparer la riposte ! Informer, c’est faire la guerre à tous ceux qui paieraient cher pour ne plus vous voir faire votre travail !

    Si, comme c’est le cas, l’info en continu est au journalisme ce que le spot publicitaire est au Septième Art, et la restauration rapide à notre belle et grande tradition culinaire : qu’est-ce qu’une information pour cette information événementielle ? Une part d’audience et une part de marché, et rien d’autre. Le fait divers est au journalisme ce que le bal musette est à la musique : si on ne danse pas, on ne s’amuse pas !

    Tout est fait pour divertir et faire diversion. On relativise, on décontextualise, on obscurcit pour empêcher toute analyse courageuse. Et lorsqu’ils s’aventurent à vouloir nous expliquer quoi que ce soit, c’est pour mieux brouiller toutes les pistes et nous amener à penser que l’on n’y peut rien.

    Seule une information mise en perspective renforce un regard critique. Ne cherchez donc pas l’émotion car l’émotion est le pire des mensonges quand il s’agit d’éclairer la vérité. Cherchez une prise de conscience, lucide et déterminée. Votre métier ne consiste pas accompagner les événements pour mieux les tenir en laisse et faire en sorte qu’ils n’échappent pas à la censure mais... à les prévoir et à les dénoncer, tous ces événements et apporter la contradiction à tous ceux qui... une nouvelle fois, paieraient très cher pour que tous ces événements demeurent inaccessibles car... incompris.

    Une information digne de ce nom ne se consomme pas, elle se déguste comme on déguste un vin, un grand millésime, un grand cru, grand et rare. Un journaliste n'a pas à rassurer, à inquiéter, à fabriquer du réel qui n‘a de réel que le somme de toutes leurs manipulations face auxquelles, noyés dans des “pourquoi” et des “comment” restés sans réponses, on s’interdit toute question pour ne plus attendre de réponse.

    Posez-vous toutes les questions et tentez d’y répondre avec audace et honnêteté. N’hésitez pas à froisser toutes les susceptibilités et à gêner tous les intérêts ! L’information qui sortira de votre rédaction par la grande porte et la tête haute révélera au monde le réel tel qu’il est. 

    Votre information réveillera les consciences endormies ; et si vos lecteurs en perdent le sommeil : eh bien, tant mieux ! Votre information aura pour vocation première et dernière de mettre en lumière l’arnaque incommensurable qui se cache derrière tous ceux qui ont la prétention de faire de nous des êtres soi-disant libres et responsables, alors qu'il est surtout question de faire en sorte que nous soyons dépassés par une réalité volontairement incompréhensible. Votre information ne soumettra personne. Vous ne nous adressez pas à des consommateurs mais à des êtres doués de raison. Vous n'êtes pas là pour asservir, ni pour servir qui que ce soit et vous servir au passage.

    Votre information ne sera pas un événement, un spectacle, une vitrine, un tremplin, mais une libération. Pas de mise en scène donc ! Car l’information événementielle est au journalisme ce que la messe est aux enterrements : elle n’explique rien cette messe et cherche à faire de nous des êtres résignés... face à l’inéluctable. Si les voies de Dieu sont impénétrables, sachez que les voies de leur information verrouillée longtemps à l’avance le sont tout autant.

    Vous l’aurez maintenant compris : votre information doit combattre sans relâche un système barbare, hautement civilisé et sophistiqué qui cherche inlassablement à pénétrer le mental de pauvres bougres qui mourront, si rien n’est fait, sidérés. Votre information fera crever tous ces tartuffes et tous ces petits Machiavel en herbe !

    Mesdames, Messieurs les journalistes ! Faites la guerre à l’information désincarnée et faites la crever une bonne fois pour toutes les fois où cette information a tenté de nous prendre, nous, lecteurs, encore et toujours pour des demeurés..."

     

                  Oups ! Il s'est effondré ! Aidez-le à se relever. Il n'y arrivera pas tout seul.

     

     
     
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  • Julian Assange, le Nelson Mandela de la lutte contre "l'état profond"


                     

     

                       Dans cette intervention du haut du balcon de l'ambassade de l'Equateur, Assange dénonce une Union européenne qui ne respecte aucun droit en matière d'extradition puisqu'elle est toute disposée à extrader des individus sans qu'aucun dossier, solide de surcroît, n'ait été constitué ; extradition sur simple demande d'un état membre ou d'une puissance alliée telle que les USA. Un système cadenassé en toute illégalité au regard du droit international.

                     Cinq années cloîtré à l'ambassade de l'Equateur à Londres, privé de sa famille, aujourd'hui encore sous la menace d'une extradition vers les USA pour "espionnage" s'il s'aventure à quitter son refuge... - la Grande Bretagne ne pouvant rien refuser à son g...rand allié manifestement -, et même si la Suède a décidé d'abandonner toute poursuite à son égard, telle est la vie de Julian Assange de nationalité australienne, fondateur, rédacteur en chef et porte-parole de wikileaks... dont le projet a pour réflexion ce qui suit :

    Julian Assange, le Nelson Mandela de la lutte contre ce qu'il est convenu d'appeler "l'Etat profond" qui bafoue l'intérêt général, la vie privée et les droits individuels en cultivant le secret - intrusion et désinformation - constate fait le constat suivant : "Il existe une asymétrie d'information entre les pouvoirs publics et les citoyens. Cela signifie que les États sont, d’une part, en mesure de contrôler une grande partie des communications de leurs citoyens, et qu’ils tentent, d’autre part, de garder secrets de larges pans de l'information.

    Les innovations techniques proposées par Internet offrent désormais la possibilité d'inverser l'asymétrie observée. Le premier de ces axes vise à protéger les informations à caractère personnel des citoyens. Le second axe vise, lui, à organiser la publication-divulgation systématique des connaissances dont disposent les pouvoirs publics, et de parvenir ainsi à une minimisation de la fonction étatique conçue en tant qu’autorité."

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    Pour prolonger, cliquez : Wikileaks et lanceurs d'alerte

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  • A quand une cour pénale internationale destinée à juger les pompiers pyromanes ?

     

                  Salman Abedi, âgé de 22 ans, est le kamikaze de Manchester au bilan provisoire de 22 morts et 59 blessés. Né en Grande Bretagne, ses parents sont libyens. Avant de décider d'en finir avec nous (du moins l'a-t-il cru car manifestement on n'en a jamais fini avec ce "nous", increvables que nous sommes !), il était allé passer quelques jours en Libye, son autre patrie, sinon la seule. Au cours de son séjour, il y a un fait qu'il n'a pas pu ne pas remarquer car il s'agit d'un fait aussi indéniable qu'irréfutable : il n'y a plus de Libye.

    Détruite sa Libye ! La sienne et celle de sa famille !

    La Libye ? Finito ! Et pour longtemps.

     

                  Mais alors...

                  L'acte dévastateur de ce jeune homme, est-ce la réponse du berger à la bergère dans un hurlement retentissant ? Est-ce sa manière à lui, la seule à sa portée, si l'on tient compte des moyens modestes dont il dispose (il n'a pas d'avion, pas de drone, pas de satellite, pas de missiles de moyenne et longue portées) de nous "faire payer" la dévastation de son pays ?

    Oui ? Non ?

    Allez savoir ce que peu d'entre nous souhaitent comprendre !

     

     Capture 1.JPG

                                                             

                    Une autre chose... oh, trois fois rien, un détail : dommage vraiment qu'il n'y ait pas de cour pénale internationale pour juger et condamner les incendiaires mais seulement ceux qui souhaitent punir les pyromanes !

     Capture 2.JPG

                     Et si les Européens restent somme toute sereins malgré les morts, les cadavres, les chairs déchiquetées et les traumatismes à vie, est-ce parce que quelque part au fond d’eux, tout au fond, tous soupçonnent l'origine du mal ? 

    Reste à s'interroger à propos de ceci : ce « quelque part au fond d’eux » sortira-t-il un jour dans la pleine lumière d’une prise de conscience indéniable, que rien ne viendra intimider, et qui exigera, sans trembler, que les responsables de politiques criminelles qui détruisent des pays entiers et laissent des millions d’êtres humains sans Etat et sans protection, rendent des comptes ? Oui ? Non ? Quand donc ?

     

                   En attendant cette prise de conscience qui nécessitera un courage énorme car tous les médias, toute la classe politique et tous les acteurs économiques s'y opposeront, c’est une douce résignation qui s’est installée partout… de Paris à Manchester en passant par Bruxelles et Berlin...

    Ceci explique sans doute cela.

    Aussi... à vos larmes, briquets et bougies ! C'est sûr : les télés seront au rendez-vous, plein cadre ad nauseam !

     

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    Pour prolonger, cliquez : Attentats : pour(-)quoi je meurs ?

     
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  • Emmanuel Macron : coup de chapeau !


                             

                Une note de lecture de Michel Drac sur "L'illusion Allemagne" (mot à mot) ou "L'illusion sur l'Allemagne" (si on préfère parler un bon français), un ouvrage d'économie de M. Fratzscher (et certainement une des sources du programme économique de MM. Fillon et Macron). Sous-titre : "Pourquoi nous (les Allemands) surévaluons notre économie et avons besoin de l'Europe".

     

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                            Quand on vous dit qu'à tout malheur quelque chose est bon !

                            Macron-Président et son gouvernement ont un mérite : ils nous ont débarrassés de la fausse gauche à gauche et de la fausse droite à droite ; ils nous en ont débarrassés en les rassemblant au sein du mouvement qui ne tardera pas à réunir tous les attributs d'un parti hégémonique et arrogant, du PS aux Juppéistes en passant par les Centristes ; précisément et comme un fait exprès, ceux qui s'entendent sur deux agendas :
     
    - Un soutien total à la Commission européenne et l'acceptation de l'hégémonie du modèle économico-social allemand : production et conditions de travail...
     
    - Cet autre agenda, géopolitique celui-là : le soutien à l'axe américano-israélo-saoudien : bombes là-bas, bombes ici. Bombez le torse et mourez bonnes gens !
     

                        Pour toutes ces raisons, et c'est bien là notre malheur : Macron Président, c'est plus d'Europe, plus d'Allemagne et plus d'Amérique (et plus d'attentats).

                        Retranchez l'Amérique... que vous reste-t-il ?

                        L'Allemagne... pour nous guider vers la lumière avec la complicité de "nos élites". 

                        Chassez le naturel, il revient au galop... 80 ans plus tard !

     

     

     

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  • Dominique de Villepin à propos de la guerre dite " contre le terrorisme" : 6 minutes d'intelligence et de lucidité rares

     

                Dominique de Villepin nous rappelle en septembre 2015 les responsabilités d'une politique américaine dans laquelle il n'y a rien à sauver depuis 15 ans, et dénonce un suivisme français contre nature. Car enfin, depuis quand est-ce dans l'intérêt de la France de jouer Israël contre les Palestiniens, l'Ukraine contre la Russie, les USA contre Poutine, l'Arabie Saoudite contre l'Iran, Boko Haram contre Khadafi, Daech né de la destruction de l'Irak, financé par l'Arabie Saoudite contre Bachar al-Assad...

    Il y a bien quelque chose de pourri au royaume de la diplomatie française ! Nul doute !
    La guerre n'est pas notre vocation ; notre vocation c'est la paix et la diplomatie car nous n'avons aucunement besoin d'ennemis pour exister et nous imposer.

    Pour notre malheur, l'Elysée, Matignon et le quai d'Orsay sont occupés par des hommes incapables de penser un monde affranchi des exigences chaotiques d'une Pax Americana décadente et la nécessité aujourd'hui de nous en éloigner pour retrouver au plus vite notre indépendance et notre tradition diplomatique de recherche d'équilibre. 

    D'où le caractère précieux de la lucidité, de l' intelligence et du désir évident de servir la France et ce qui a fait son rayonnement dans le monde d'un Dominique de Villepin scandaleusement mis sur la touche au moment où nous avons tant besoin d'hommes de cette trempe.

    Mais, là encore, est-ce vraiment un accident, une coïncidence ?

     

    Pour prolonger, cliquez : Pour quoi je meurs ?

     

                   

     
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  • Mélenchon et le mouvement "Les Insoumis" en question avec les "Décoloniaux" *

     

     

    les décoloniaux, la colonie paris 10e, paroles d'honneur,

    L'enregistrement intégral de la soirée ICI


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                    Quelques commentaires suite aux interventions des invités :

                   

    1  - Si les "Décoloniaux" ne veulent pas de la Nation (lieu et lien uniques pour toute souveraineté et toute démocratie) et du drapeau bleu-blanc-rouge pour tous - en référence aux meetings de Mélenchon durant la présidentielle 2017-, qu'ils ne se fassent aucune illusion : ils auront l'apartheid ; le leur d'apartheid, tel un trou que l'on creuse et dans lequel personne d'autre que celui ou celle qui tient la pelle et la pioche devra descendre et s'allonger car si on ne veut pas plus de France, si l'on ne veut pas de la France dans le débat politique et dans le contexte d'une construction européenne dominée par l'Euro - un Deutsche Mark qui n'ose pas dire son nom - et qui n'est qu'un instrument de plus au service du mondialisme (la mise en concurrence de tous contre tous), on aura inévitablement le STO allemand (le travail à l'allemande obligatoire) et la soumission à l'agenda géo-politique des USA, d'Israël et des Monarchies du Golfe.

    Ce sera donc sans nous ; et comme nous sommes massivement majoritaires...

     

    2 - Un argument avancé plusieurs reprises par le PIR (Parti des Indigènes de la République) a toute sa place dans la compréhension de ce que l'on est en droit d'espérer et d'attendre du succès de la campagne de Mélenchon sur le moyen et long termes ; argument lucide et non idéologique : l'incapacité de la Gauche d'hier (PC et PS des années 90) et celle d'aujourd'hui (Mélenchon, les Ecolos, le PC, Poutou et Hamon) a endiguer l'abstention dans les quartiers populaires - une abstention qui s'élève à des taux compris entre 35 et 70% -, cette incapacité fait rien ne sera possible car il n'y aura tout simplement pas assez d'électeurs pour cette gauche-là ; avec pour conséquence : aucun véritable rapport de force politique ne pourra être envisagé car le mouvement "Les Insoumis" ne serait alors majoritaire seulement là où plus personne ne vote ; à une échelle nationale, ce vote sera absorbé et noyé par la mobilisation à la hauteur de 75 à 80% des classes moyennes en faveur du centre-gauche et du centre droit incarnés aujourd'hui par Macron, demain par d'autres.

    Cette abstention des classes populaires ou leur soutien en faveur du FN, même si les Insoumis ont regagné un peu de terrain auprès de cet "électorat virtuel" - électorat en puissance, à condition qu'il décide de s'inscrire sur les listes et de se déplacer -, explique en partie, le virage à droite du PS au fil des ans ; un PS qui se devait d'assurer le renouvellement des mandats de près de 80 000 de ces élus. Que l'on n'oublie pas qu'un élu ne se déplace jamais sans avoir au préalable consulté les listes électorales et les résultats des derniers scrutins : qui n'est pas inscrit, qui ne vote pas n'aura droit à aucun regard ni à aucune poignée de main. D'autant plus que c'est aussi l'intérêt du "système" cette abstention des classes populaires et d'une partie des classes moyennes.

    3 - A propos des Migrants, d'aucuns peuvent se rassurer : il est dit que l'Europe aura besoin d'accueillir près de 50 millions d'entre eux dans les 20 prochaines années ; déclin démographique oblige ! L'Allemagne en priorité ; des Migrants corvéables à merci donc. Dans le contexte de l'extrême faiblesse du rapport de force en faveur du travail face au capital depuis 15 ans, cet apport de main-d'œuvre ne pourra que tirer vers le bas les normes sociales d'embauche.

    Après les robots, qui ne "vont pas au syndicat", les Migrants, conjointement et concomitamment !

                   

    4 - Quant à la Françafrique...

    Un petit rappel : pillage du Continent africain, hégémonie des multinationales françaises, assassinats de chefs d'Etat, déstabilisation des sociétés avec l'instrumentalisation du tribalisme et des tensions ethniques ; humiliation, infantilisation des Africains car,  jamais, au grand jamais, les Africains ne doivent prétendre à une quelconque autonomie de décision.

    A ce sujet, un seul constat semble réaliste : seul l'établissement d'un Etat de droit au sein de chaque nation africaine est capable de venir à bout de la Françafrique ; aussi, il revient à un électorat africain seul, un électorat citoyen car éduqué politiquement et mobilisé, d'établir un rapport de force capable de forcer les élites politiques de leur pays respectif soit à se retirer soit à mettre en œuvre un véritable Etat moderne respectueux de ses devoirs. Aucune solution ne viendra des élites africaines corrompues par des multinationales françaises corruptrices.

    5 - Les violences policières : il n'y a rien à attendre de ce face-à-face police-populations-des-quartiers-populaires. Ce face-à-face ne peut que conduire à plus de bavures, à plus de violences, à plus d'arbitraire et à plus d'homicides. Ce face-à-face n'est pas régulable ou bien administrable. Il faut donc en sortir. Or, pas de sortie possible sans deux réformes :

    - Dissolution de l'IGPN (police des polices) et confier ses missions (audits, enquêtes administratives et judiciaires) à un organisme indépendant, dissocié de la police et travaillant uniquement sous le contrôle d'un juge d'instruction.

    - Réinvestissement symbolique, matériel et humain dans les quartiers populaires : administration, institutions, formation, logement et emploi ;  plus de présence exogène, plus d'attention accordée à ceux qui souhaitent sortir de la dichotomie stérile eux/nous porteuse de ressentiment et de violence, pour mieux rétablir la confiance et l'optimisme même si "au royaume des discriminés "racisés", les professionnels de l'antiracisme fonctionnarisés sont rois."

                      Doit-on alors leur souhaiter un bon et long règne ?

     

    * A propos des "Décoloniaux" : se reporter à l'article du magazine "Jeune Afrique" ICI 

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  • Les Présidentielles 2017 au "QG Décolonial" : paroles de militants des quartiers populaires et d'invités

     

                       

                        Paroles engagées de militants chevronnés, paroles "amateur", paroles sacrées, paroles profanes, paroles d'universitaires, paroles d'autodidactes, paroles d'une parole propre, en son nom ou bien au nom de tous les autres, paroles de professionnels de la parole...

    Paroles de Français - ou de résidents - originaires d'Afrique noire et du Maghreb...

                     

     

                     Paroles stigmatisantes, paroles en forme de "procès" aussi, paroles re-fermées sur elles-mêmes, en boucle... contre un pays d'accueil, d'adoption ou de naissance... on ne manquera pas de noter à propos de cette parole, ceci : pas un mot pour la France, pas un mot en faveur de la France de la part des intervenants de ces quartiers populaires.

    Mais alors, s'agit-il de mots qui dépassent une pensée, puis une pensée qui dépasse la nature psychique et affective du lien qui relie cette pensée et ces mots à la communauté nationale en tant qu'entité une et indivisible, pareille à nulle autre (autres pays européens) de par sa langue et son histoire si tant est que ce lien existe bien, même enfoui, même inconscient, même refoulé ?

    Car enfin, comment vivre et survivre dans un environnement social raciste, racialiste et fasciste dans lequel il n'y aurait rien à sauver ? D'autant plus que la tentation de l'enfermement viendrait très vite apporter de l'eau au moulin d'une autre parole ; celle qui entretient le soupçon quant aux motivation réelles qui se cachent derrière toutes ces récriminations.

    Et puis arrive alors la question de l'obligation de résultats : est-ce que ce parti pris laisse vos adversaires, voire vos ennemis, loin derrière vous ou bien loin devant ?

     

                    Nul doute : il faudra bien y revenir à ces paroles, c'est sûr ! Y revenir et y réfléchir dans le but d'y trouver des pistes de compréhension multiples ; de les identifier, de les explorer toutes ces pistes, toutes ces voies, autant que faire se peut.

    Paroles apprises, paroles auto-réalisatrices, paroles induites, paroles vécues, paroles par procuration, paroles automatiques comme l'écriture du même nom, paroles incantatoires, paroles auto-révélatrices, paroles exorcistes... d'une grande complexité la nature et les ressorts de ces paroles qui ouvrent un nombre conséquent de portes d'accès à un vécu et à une réalité composites ; complexité labyrinthique aux oreilles de celui qui n'a jamais connu le racisme, la discrimination raciale, la "gestion" sociale et psychique d'une appartenance multiculturelle, l'enfermement rhétorique ou une hyper-sensibilité à propos de sa condition d'être au monde.

                  Car enfin : qui parle à qui ? Et puis : qui écoute qui ? Et puis aussi : d'où parle celui qui parle ? Quel vécu vraiment vécu a inspiré cette parole ? Quel réel vraiment réel ? Quelles cohérences trouver dans le vécu et la dénonciation de ce même vécu ? Quelles incohérences y déceler ? Quelles retombées à la suite de ces paroles ? Où donc et auprès de qui ? Pour quel écho ? Avec quels résultats ? 

    Paroles pour soi ? Paroles pour l'autre ? Paroles raisonnées ? Paroles irraisonnables ? Paroles qui avancent ? Paroles qui reculent ? Paroles qui rapprochent ? Paroles qui éloignent ? Paroles qui vous sauvent ? Ou bien, paroles qui vous noient ? 

    La question suivante se pose aussi :  qu'est-ce qui a formé cette parole exclusive, privée de "mais", de "aussi" et de "pas seulement" ? L'expérience seule ? Un vécu seul ? Expérience directe ou indirecte ?

    Autant de questions adressées à la fois à celui qui reçoit ces paroles - celui et celle auxquels ces paroles sont destinées - ainsi qu'à celle ou celui qui porte cette parole qui fait sans doute autant de bien qu'elle fait de mal : chez l'auditeur autant que chez la voix émettrice ?

                     Mais alors, qui nous a piégés tous autant que nous sommes ?

     

    ***

     

                    A l'écoute de toutes ces paroles, surprenant ce refus - cette incapacité sans doute aussi -, d'analyser la nature d'un vote FN ! Incapacité pour les uns, ignorance pour les autres (ignorance de la nécessité de faire cette analyse), et d'autres encore par dogmatisme idéologique (aveuglement plus ou moins "prémédité" de la part d'intervenants universitaires)... avec cette absence d'analyse et de compréhension, c'est là encore une autre-réalité sociale qui est ignorée par ceux  qui, comme un fait exprès, dénoncent à juste titre, une autre ignorance : celle d'une France de l'immigration et de la colonisation victime de discriminations et de relégation ; deux réalités donc qui s'ignorent l'une l'autre et qui servent sans l'ombre d'un doute les intérêts (principalement carriéristes faute de pouvoir prétendre au pouvoir, au vrai pouvoir !) de ceux qui occupent l'Elysée et Matignon depuis 30 ans.

    Alors que les "mais" et "aussi" et les "pas seulement" n'ont aucune place dans les interventions de ce "QG décolonial" et que les vocables "fasciste" et "raciste" dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui, ne peuvent en aucun tout expliquer - même une partie de ce tout -, il semble que le piège de l'association "SOS racisme" tendu par le PS - pourtant dénoncé depuis sa création par ceux qui s'expriment dans les vidéos - et qui a pour principale caractéristique "l'instrumentalisation du racisme", se soit refermé sur eux tous tel un étau : eux tous ayant intégré le procès en dé-légitimation de l'autre, de son vécu, de sa parole et de ses griefs.

    Aussi, force est de constater que la réconciliation n'est donc pas pour demain au sein des classes populaires.

                          Mais alors, comment avons-nous pu nous laisser piéger aussi facilement ?

    _________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Paroles d'honneur

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  • Paroles d'honneur - QG décolonial : rebonds

     

                       Après la publication du billet Les Présidentielles 2017 au "QG Décolonial" : paroles de militants des quartiers populaires sur Agoravox (ICI) un complément d’argumentation s’est très vite imposé.

                                           ________________                                                 

     

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                Chez ces intervenants réunis au "QG décolonial", intervenants de tous les âges, de tous les sexes, de toutes les conditions sociales, du prof d’université au chômeur ou salarié précaire -  notons au passage le nombre très réduit de femmes voilées présentes à cette soirée, et parmi elles, leur non-intervention, et sans que cela soit remarqué et souligné - à propos de cette France dite "monstrueuse composée d’islamophobes, de racistes et de fascistes qui a placé le FN et Macron au 2è tour de la présidentielle de 2017", tout en n’épargnant pas Mélenchon non plus du soupçon d’islamophobie et de racisme…

    Les analyses qui nous sont proposées sont à ce point irrévocables, sans appel donc, qu’un tel raccourci doit inévitablement cacher un « univers émotionnel » d’une ambivalence et d’une complexité inouïes, quasi ingérable par les intéressés eux-mêmes, jeunes de préférence : d’où une simplification à outrance des raisons de leur mal-être au monde - oui, au monde ! puisqu’un retour vers une « patrie » des origines n'est pas une option et donc une solution non plus.

    Précisons au passage ceci : à propos des discours tenus par des adultes matures cette fois-ci, discours identiques dans ses conclusions à ceux des adolescents, on n'hésitera pas à faire intervenir la notion de responsabilité dans la transmission de grilles d'analyses qui condamnent l’adolescent ou le jeune adulte à une interprétation aussi désespérée que mortifère de son environnement social présent et à venir. Ces adultes, universitaires le plus souvent, auraient été bien avisés de nuancer des conclusions empreintes de déception, de dépit et de colère, tout en rappelant ceci : jeter le bébé avec l'eau du bain, c'est se condamner à ne jamais trouver de remède au mal.

                   Dans leur refus de nuancer leurs diagnostics et leurs conclusions à propos de la France, doit-on y voir un lapsus qui nous donnerait à comprendre ce qui suit : l’ambivalence chez tout citoyen français issu de la colonisation et/ou de l’immigration, indépendamment de la présence de discriminations avérées, de ses sentiments à l’égard de son pays d’adoption - pays autre que celui de ses origines, ou bien celui d'une partie d'entre elles ; pays d’accueil d'un de ses parents, sinon les deux, pays de rapatriement ou de secours tel une roue, faute de mieux et par crainte du pire…

    Citoyen français qui peut aussi avoir été lésé, sinon abandonné, par l’histoire culturelle de cette autre identité dont il lui faut assumer l’histoire - pour ne rien dire de cette appartenance culturelle et affective multiple, double, triple, voire quadruple dans le cas de figure d'un français algérien musulman chômeur (qui peut bien vouloir s’y coller à cette quadruple identité dans le contexte de la France ?) - et la difficulté de cet héritage à la racine de laquelle on trouvera un pays des origines dont les mœurs lui sont quasi étrangères ; et parfois même, pays de la honte car entaché de non-droit, corruption, injustices, massacres de masse, pauvreté et parfois misère que des médias impitoyables ne manqueront pas, sans retenue ni nuances, de relayer jour après jour ; médias qui ne s’occupent que des crimes et châtiments de l’Homme qui n’est qu’un loup pour quiconque a la faiblesse de se montrer brebis…

    Et alors que ce Français du Maghreb ou d’Afrique noire aura pour principal référant appartenant à une ethnie et une histoire ultra-majoritaire, la figure tutélaire d’un homme blanc au passé colonial couvert d’opprobre - du moins telle est le plus souvent la représentation qui lui sera faite de ce passé détestable -, mais qu’il ne peut haïr qu’au prix de ce qui pourrait bien s'avérer représenter un préjudice psycho-affectif important, tout en restant confronté, encore et toujours, à cette identité des origines

    Français à qui il peut être donné de réussir, ici, dans ce pays auquel il se trouvera bien en peine de rendre quoi que ce soit, d'autant plus que ce pays, la France, refusera très certainement ce don au prix, là encore, d'un malaise identitaire préjudiciable pour la société tout entière…

    Prenant en compte tous ces éléments et d'autres encore, qui pourra nier le fait suivant : derrière chaque adoption il y a toujours un abandon ; et rien ni personne, jamais, ne peut remplacer ce qui aurait dû être sa famille, qu’elle ait été absente ou bien, écrasée par le poids culturel d’une autre famille dite d’accueil,  et plus encore lorsque l’histoire et la culture de cette famille des origines sont jugées par une grande partie de la société infréquentables jusqu’à… l’irreprésentable (1).

                      Aussi, ne finit-on pas par mordre la main qui vous a accompagné bon an mal an quand le destin vous a refusé une autre main qui aurait dû, elle aussi, contribuer à faire de vous un adulte autonome et responsable ? Une main qui, pour votre malheur, n’aura ni su ni pu le faire…

    Reste alors ce verdict qui pourrait bien s'avérer n'être dans les faits qu'un lapsus compensatoire : « La France monstrueuse qui vote FN, Macron et Mélenchon » sans autre formalité.

     

    1 – Reconnaissons en toute bonne foi et en toute lucidité…  qu’il est très certainement plus facile de se lever le matin quand on est un Français-italien avec pour références la grandeur de Rome et la splendeur de la Renaissance, ou bien un Français-juif avec Marx, Freud et Einstein.

    Ne sommes-nous pas aussi tout ce que nos prédécesseurs et nos contemporains ont tenté d'accomplir ? Pays, Etats, régimes, nations, continents, cultures, individus, seuls ou bien en grappes indissociables, tous... n'héritons-nous pas de leurs échecs comme de leurs réussites ?

     

    ***

     

                   A contrario… suite aux réactions que ces vidéos ont suscitées… apportons les précisions suivantes :

                    - Parler négativement de multiculturalisme c’est déjà faire, et c’est encore faire, le procès de ceux qui, discriminés et relégués, souhaitent trouver des solutions pour eux-mêmes en l’absence d’un engagement ferme en leur faveur de la part de la communauté nationale : Etat, partis de gouvernement et électeurs.

    Parlons de "repli et rejet" et traitons bien plutôt la tentation isolationniste dont on pourra distinguer deux sources :

    - "Vous ne voulez pas de nous, eh bien, nous on ne veut pas de vous !" - notons qu’il a bien été question un temps de désir d’intégration - d’être acceptés et de se fondre dans la masse - de ceux qui optent en désespoir de cause, épuisés et désillusionnés, pour l’isolement et le repli qui ne peut être que communautaire puisqu’à l’origine de cette décision, on trouvera une communauté ethnique et historique facilement identifiable victime de cette discrimination, voire du racisme - c’est donc une lapalissade qui n’explique rien et ne rend compte de rien que de parler de repli communautaire.

    - "Vos valeurs occidentales, pour ne rien dire de votre hypocrisie constante à notre égard, nous n’en voulons pas. Nous ne vous demandons rien d’autant plus que nous n’avons pas choisi de naitre en Europe. Simplement : ignorez-nous... nous on s’occupe de nous" – Dans ce cas figure, on peut en déduire qu’aucun désir d’intégration ne s’est jamais manifesté ; un désir d’appartenance à la communauté nationale majoritairement européenne de culture n’est pas à l’ordre du jour. Reste à savoir si derrière ce refus catégorique, on ne trouvera pas un peu de dépit. Un refus d’origine religieuse simplifiera l’analyse ; aucun doute possible alors, il s’agit bien d’une remise en cause des valeurs de la majorité.

    Indépendamment de ces deux cas, précisons ceci : nos sociétés occidentales sont multiculturelles : Europe, Afrique Asie sont les trois continents qui les composent à la hauteur de près de 15% de leur population. Aussi, comment pourrait-il en être autrement ? Qu’on nous l’explique.

    Si on peut parler d’échec à une intégration citoyenne « pleine et entière » tout en établissant des responsabilités multifactorielles, à la fois exclusives et inclusives, responsabilités tantôt partagées, tantôt non-mutualisables, on ne peut factuellement ni moralement parler « d’échec du multiculturalisme » sans tomber dans une essentialisation d’une mauvaise foi consommée de cet échec puisque nos sociétés sont devenues depuis les années 70 des sociétés multiculturelles de fait.

                      - La « discrimination positive » est évoquée négativement ici et là ; précisons ceci à son sujet : quiconque est vraiment sérieux, vraiment soucieux de combler le retard accumulé par des populations discriminées, ne pourra pas s’y opposer d’autant plus que les bienfaits surpassent de loin les inconvénients pour les intéressés et la société dans son ensemble. Le procès fait à la "discrimination positive" cache le plus souvent une indifférence, voire une complaisance coupable, à propos du sort injuste et cruel des discriminés dans les sociétés occidentales.

     

                     - Affirmer que prendre le parti de présenter les discriminations raciales  « comme la conséquence des préjugés qui traversent la société » empêcherait toute critique sociale c’est oublier un peu vite que la dénonciation des préjugés reste une nécessité absolue car... avec le FN, la question de l’immigration post-coloniale et des Français qui en sont issus est au cœur de la rhétorique de ce parti ; il est donc bien question aussi d’une responsabilité individuelle en tant que citoyen et électeur et pas simplement de s’en prendre au "système social" lui-même ; de plus, dénoncer ces préjugés et l’indifférence à leur sujet c’est aussi et c’est encore faire de la critique sociale ; celle du pouvoir des médias dans la propagation de ces préjugés par exemple. 

    Car, avec ce souci de vouloir coller au plus près de la critique sociale, s’il doit être encore question d’un "Classes populaires (travailleurs !) unissez-vous !", il serait bon qu’on n'oublie pas le fait que le chômage touche parfois jusqu’à 30 à 50% de ces "populations".

    Aussi : "Dure, dure l’unité des luttes sur les lieux de travail auprès d’une population qui en est absente !"

     

     ***

     

                     C'est sûr : ces deux vidéos de « QG décolonial » doivent nous alerter car elles nous révèlent comment au fil des ans la fêlure s'est accentuée pour devenir une véritable rupture du lien, rupture d'appartenance, notamment chez les plus jeunes - jeunes filles en particulier - qui font usage d’une rhétorique sans nuance, d'un verdict sans appel (notez que les interventions des universitaires n’arrangeront rien !) d'une virulence qui ferme toutes les portes et qui les condamne à plus de rejet et à plus d’isolement et de discrimination.

    Certes, il s’agit là d’intervenants hyper-conscients socialement ((j’allais dire à tort... hyper-politisés) des mécanismes de l’exclusion alors même qu’il existe encore, sur un plan individuel, des possibilités de rejoindre la communauté nationale... il est vrai qu’il ne peut s’agir pour l’heure que de tenter individuellement sa chance ; aussi, à la lecture de ces vidéos, il se pourrait bien qu'il nous faille arriver au constat suivant : les sœurs refusent maintenant de s’en sortir sans les frères ; et les frères sans leurs parents ; ce qui complique singulièrement le problème.

                       Après avoir visualisé ces deux vidéos, parviendrons-nous  à déchiffrer, comprendre et accepter finalement les discours qui nous sont "jetés" à la figure avec une injustice et une violence rares ?

     

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  • Penser la diplomatie française aujourd'hui avec Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

     

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                      Homme d’Etat et diplomate français, né le 2 février 1754 à Paris, décédé à l’âge de 84 ans, Talleyrand n’avait qu’une passion, dévorante de surcroît : la politique, la diplomatie et la France ;  à ses yeux, une seule et même dévotion.

    Très tôt, il a rêvé d’un destin unique, hors du commun et d’une France exemplaire : douceur de vivre, langue d’une beauté sans rivale ; une France forte dans une Europe apaisée et moderne, capable d’affronter les grands défis des siècles à venir.

    Et pourtant… sans foyer ni toit, excepté celui d’une nourrice... nourrice négligente qui sera la cause d'une chute qui lui coûtera son pied gauche, pied-bot qui toute sa vie « le tirera vers le bas », lui qui ne rêvait pour son pays et pour lui-même que de sommet...

    A la suite de cette disgrâce, des années durant, il n’aura jamais connu la considération d’un père et l’amour d’une mère, sinon un baiser, un seul, une seule fois… le sien… un baiser qu’elle ne lui rendra jamais. Et c’est encore ce pied bot qui le poussera vers la prêtrise, chaudement recommandée par une famille qui voyait dans cette carrière imposée un moyen de tenir éloigné de la vie publique un de ses membres marqué à jamais d’une infirmité par tous haïssable qui annonçait sans doute un destin peu enviable ; pire encore : une malédiction.

    Bientôt défroqué, délaissant la soutane puis, une fois évêque, la robe pourpre, il aura dit la messe 8 fois en tout et pour tout, préférant les plaisirs de la table et de la chair, jeune de préférence ; cela flattait son orgueil. Une belle revanche aussi ! car le beau sexe le consolait de cette démarche qui était la sienne : une démarche disgracieuse, bruyante, rustique et cadencée telle une horloge de campagne.

     

               "Diable boiteux" on le nommait - certes, il n'était pas un ange ! -, on le disait de tous les râteliers et de tous les mangeoires mais jamais au détriment des intérêts de son pays, et jamais en pots de vin ni en pourboires : il aura su simplement se faire payer à son juste prix car, créditeur de toutes les cours d’Europe, lui seul était autorisé à présenter la facture.

    Riche parce qu’enrichi pour s’être constitué au fil des ans un patrimoine plus que confortable… si Talleyrand avait le sens des affaires, il avait aussi et surtout le sens de l’Etat. Il portait malheur à ceux qui le délaissaient et le déconsidéraient, à ceux qui avaient l’imprudence ou la bêtise de le négliger.  Il le savait. D’où sa patience et sa confiance inébranlable en son propre destin : son heure viendrait toujours car celle des autres passeraient inévitablement sans revenir. 

    Il ne comprenait que la nécessité : ce qui ne peut pas ne pas être et qui est déjà... avant même que le commun des mortels ne le soupçonne. Il voyait loin, et longtemps à l’avance.  Et si, de son vivant, nombreux sont ceux qui ont fini par « craché leur tête » dans le panier de la guillotine, dépités, en fin de supplice et de journée, après en avoir expédiés beaucoup d’autres avant eux, sa prévoyance, fruit de son talent et de son génie, l’aura préservé de tout : de la chute, de la relégation, de la déchéance, des châtiments les plus cruels et de cette guillotine qui n'en avait jamais assez : assez de sang, assez de têtes.

    Mille fois remercié, mille fois rappelé, il nommait, il présidait, il instituait, il destituait. Il n’avait pas d’ennemis ; du moins, il ne s’en reconnaissait aucun. Il savait faire gagner tout le monde même s’il raflait tous les premiers prix et les honneurs : il n’était pas généreux mais pragmatique et lucide.

    Rejeté, tenu pour quantité négligeable dans sa petite enfance, il n’aura qu’une seule quête : se rendre indispensable. Comme tous les hommes d'action, il ne se payait jamais de mots même s’il nous a laissé quelques maximes savoureuses de justesse et de lucidité. Il n’est jamais allé dénoncer chez les autres ses propres lacunes, défauts et vices. Responsable, il a tout assumé, et l’avenir lui aura souvent donné raison. 

    Laissant à d’autres le soin de « gérer » le peuple qui ne l’intéressait pas, il ne méprisait personne, même pas ce peuple qu’il n’aura finalement jamais croisé en plus d’un demi-siècle d'activité politique ; c’est sans doute sa jambe qui l’empêchait de se baisser :   « Un mécontent, c’est un pauvre qui réfléchit » disait-il. Au moins, lui accordait-il, à ce peuple… cette faculté.

               Que n’a-t-il pas vu que les autres n’ont jamais su voir ! Tout, le plus souvent. Il a prévu tous les orages jusqu’à leur crevaison. Et c’est parce que la pluie est contre-révolutionnaire - car tout le monde quitte alors la rue pour rentrer chez soi se mettre au sec, près d’un feu de cheminée -,  qu’il ne l'a jamais crainte, allant même jusqu’à l'appeler de ses vœux pour se montrer indispensable une fois encore.

    Il a prêté serment, juré fidélité 12 fois. Il a donné sa parole qu’il a reprise très vite, car il savait qu’il lui faudrait la redonner. Il était de toutes les cours d’Europe et de tous les pays. Il ne négligeait aucun interlocuteur. Il parlait avec tout le monde pour peu que l’intérêt de la France (et les siens) soit en jeu. Il n’était ni machiavélique ni manichéen, il avait trop de talent pour ça : il n’agissait jamais parce que… tel était son bon plaisir ! et ne cultivait pas non plus la certitude d’une vérité qui aurait eu pour ennemi le mensonge.

    Homme de pouvoir, il a su reconnaître avant tout le monde que la politique et les affaires de l’Etat ont comme couleur dominante le gris, et parfois le noir les jours de grand malheur… mais rarement l’éclat d’une lumière incandescente.

    Il savait recevoir car il n'ignorait pas à quel point « comme on nourrit les gens, on les connaît »  : il savait donc gagner la confiance de son hôte et faire en sorte qu’il dévoile ses projets entre le foie-gras et le faisan, juste avant une bombe glacée au champagne.

    Condamné dès son enfance à rester dans l’ombre, il aura tout mis en œuvre pour contredire un destin imposé en se hissant jusqu’à la pleine lumière, tout en y demeurant plus d’un demi-siècle, ne devant rien à sa famille, ni à l’Eglise ni à la Monarchie. Il n’avait qu’un allié, qu’une force : son talent et son génie auxquels il devra tout ou presque. Il appartient à ces hommes, peu nombreux, deux ou trois par siècle, qui ne doivent rien à personne, le seul de sa génération, contrairement à Bonaparte qui doit tout à la Révolution française.

    Son heure, c’était celle des temps troublés. Il a souvent décidé du cours des choses là où d’autres hésitaient, tergiversaient sans fin et sans profit pour personne : deux heures pour trouver un régime à la France lui suffisaient amplement. 

    Il aimait qu’on lui appartienne corps et âme étant lui-même capable d’un même dévouement. S’il a servi tout en se servant ; contrairement à ceux qui sont pleins d’eux-mêmes, il était plein d’une ambition qui n’a jamais nui à son pays.

    L’ennui était son pire ennemi. Que n’a-t-il pas fait pour le vaincre, toujours en mouvement, échafaudant, entremettant et prévoyant comme personne. L’avenir était son royaume, et même s’il ne s’y oubliait jamais tout à fait, il savait aussi y faire entrer ceux que les événements précipitaient dans le chaudron brûlant d’une actualité politique et diplomatique torride.

     

                 Directoire, monarchie, Empire, République, Consulat, terreur, homme de tous les régimes, résolu, il savait faire plier et se coucher ses contradicteurs ; il n’aura jamais été aussi fort que lorsque, naïfs, on pensait pouvoir disposer de lui alors que c’est lui qui disposait des autres. Il aura permis à la France de garder son rang dans la défaite et dans ses égarements, dans de beaux draps aussi... quitte à rétablir la Monarchie après avoir participé à sa culbute.

    Il n’a eu qu’un fils : Bonaparte ; et qu'un père : Napoléon 1er. Talleyrand ne lui avait-t-il pas écrit : « Loin de vous, je ne suis pas complet ». Il aura aussi été l’homme que l’Empereur aura le plus insulté : « Talleyrand, vous êtes de la merde dans un bas de soie ! » Dans ces propos-là, on reconnaît la violence proverbiale de ce Corse agité au génie capricieux et taciturne. Ce qui n'empêchait pas notre Empereur de rappeler Talleyrand à ses côtés après l'avoir maintes fois congédié.

                Prévoyant, il se sera bien gardé de voter la mort de Louis XVI. Ce qui ne l'empêchera pas, bien des années plus tard, de convaincre l’Empereur (de sa main, par courrier ! Oh ! Quelle imprudence !) d’exécuter après un enlèvement et un procès expéditif, le petit fils du grand Condé, le duc d’Enghien, fusillé dans les fossés du château de Vincennes : Bourbon, prince du sang, sang royal, ce jeune duc inoffensif avait 32 ans. Qu'à cela ne tienne : Talleyrand avait ses têtes ; faut croire que celle-là ne lui revenait pas, même exilée ; il est vrai qu’en France, les royalistes relevaient la leur, alors… bien sûr, il fallait frapper vite et fort.

    Il n’aura craint qu’un seul homme, quelques mois seulement, le temps d’organiser sa ruine : Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, duc d'Otrante, (dit le mitrailleur de Lyon), qui était aux basses œuvres ce que Talleyrand était aux charges les plus hautes ; un Fouché qui annonce déjà une police omnisciente au service des régimes totalitaires qui prospèreront un siècle plus tard ; un Fouché gardien d’un secret qui n’en était pas un pour lui : en effet, il y a des lettres qui, même supposées détruites, ne le sont pas pour tout le monde. Talleyrand l’avait oublié : le jeune duc d'Enghien n'était donc pas mort de la seule décision et de la seule main de l'Empereur.

                  Talleyrand haïssait la démesure, les exaltés, les enragés et les extrêmes. Ses propres excès, il les réservait à la table et aux chambres à coucher pour le temps qui lui aura été donné d’y être actif, avant de se résigner à un voyeurisme de contemplation d’une jeunesse encore accessible car attentive et sous son charme…  mais inconsommable dans son grand âge.

    Il insistait sur le fait qu’il n’avait jamais trahi personne qui ne se soit pas déjà trahi ; il n’a jamais fait partir celui qui n’était pas déjà sur le départ tout en l'ignorant, car, à la fois dedans et dehors, il avait ce privilège de voir avant tout le monde la fin, dès son début et la suite aussi ; il ne vivait pas pour ce qui était mais pour ce qui sera et devait être inexorablement : avec lui, il y avait péril en la demeure bien avant la catastrophe.

    Oublié pour un temps, un temps seulement, les mois de vaches maigres, désoeuvré, il est dit qu’il consacrait des heures au silence, à l’écoute des rires absents de son enfance, de ses jeux qui lui étaient interdits, et des quolibets à propos de sa jambe de fer. Sans doute est-ce dans ce manque-là et dans son injustice, qu’il aura puisé toute son énergie, l’accumulant, la tenant en réserve, jour après jour, pour mieux la dépenser sans compter une fois aux affaires. Même en été, il avait froid, toujours, car il y a des blessures qui ne se referment jamais et qui laissent entrer des courants d’air glacials.

    Une enfance tuée dans l’œuf d’un handicap qui ira plus tard chercher une compensation dans la fièvre d’une révolution, puis sous les ors d’un Consulat, puis d’une République, puis d’un Empire avant une Restauration quand il s'est avéré que l’avenir était au passé, comme tous ceux qui ont été privés d’enfance et de jeunesse, Talleyrand n’aura rien concédé à la vieillesse : ni son intelligence ni son énergie : octogénaire, il négociait encore avec les puissances européennes.

                 Chateaubriand, un littérateur monarchiste à l’esprit faible et à l’âme complaisante, adepte de la bien-pensance longtemps avant qu’elle n’ait tout recouvert comme aujourd’hui, n’aura vu chez Talleyrand, sans doute par paresse, par manque d’imagination et d’ambition pour lui-même et son pays, que du vice… alors qu’il était la vertu incarnée et la vraie morale : celle des forts au service du bien commun qui ont pour seuls adversaires plus forts qu’eux.

    Rompant avec l’inconstance, voire l’inconsistance, la frivolité et l’amateurisme de l’ancien Régime souvent tenté de confier les intérêts politiques et diplomatiques du Royaume à une ou deux catins et demi-mondaines entremetteuses, la Pompadour, ou bien à une ancienne prostituée, comtesse de bordel,  la du Barry ; et plus tard, Louis XVI baissant les bras devant une Marie Antoinette sans compétence pour la chose politique, comme autant de monarques pour lesquels le destin de la France se décidait dans les chambres à coucher, sur l’oreiller... Talleyrand fera de la politique et de la diplomatie un art… et le sens et le service de l’Etat, un engagement à plein temps pour des hommes d’exception.

    A sa mort, il aura fait entrer le France et l’Angleterre, ennemis de toujours, dans la paix et dans le 20e siècle avec un demi-siècle d'avance ; un premier noyau européen pour une alliance face au pire (deux guerres mondiales), rarement face au meilleur, c'est sûr ! mais... qui l'en tiendra pour autant responsable ?

                    Certes, Talleyrand qui aura été toute sa vie durant un homme de l’avenir, n’est plus aujourd’hui qu’un homme du passé. Mais ne nous y trompons pas : il est aussi l’homme de tout ce qui n’est plus et qui, pour notre malheur, aurait dû demeurer à la tête de l'Etat : intelligence, puissance et volonté au service du bien commun.

    Car enfin… qui, depuis 40 ans, qui en France et en Europe, possède ces trois attributs sans lesquels, une Nation, un continent, une civilisation ne sont plus qu’un bouchon dans l’eau emportés par un courant qui n’est pas le leur, et trop souvent, celui de leur pire ennemi ?

    Ne cherchez pas ! Vous ne trouverez personne. Ou bien plutôt si : pour toute consolation, et pour peu que cela en soit une, vous trouverez un nouvel ordre mondial sans justice au service d’une hyper-classe sans honneur.

                Que n'avons-nous pas alors perdu au change !

     

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     François Asselineau sur le glacis politique français

     

     

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