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Serge ULESKI - Actualité, politique et société - littérature, Art et essais - ré-information, dissidence et radicalité

  • Eloge du populisme

     

                 Le populiste, c'est l'autre, toujours ! L'adversaire en l’occurrence. Sa dénonciation n'explique rien mais révèle tout : un parti pris de classe dans le style : "Si c'était différent, ce serait pire encore ! "... tendance bourgeois des centre-villes, pétés de tunes et morts de trouille – classe politique, universitaires et journalistes-chroniqueurs des grands médias.

    Même à sciences-Po, on sait que ce vocable n'a qu'une fonction : discréditer auprès d'un électorat bien ordonné et propre sur lui, un adversaire politique ; un véritable attrape nigauds pour des gogos de l'anti-populisme qui se retrouvent tous immanquablement à se tirer une balle dans le pied en votant pour une politique de la soumission du plus fort sur le dos des plus faibles.

     

    Un débat autour, sur et à propos du Populisme


                  "Le Peuple est une réalité vivante dont l'être-ensemble est politique. Cet être-ensemble populiste est un être qui réagit à la place vide de la direction politique ; il correspond à un moment de la vie des démocraties où le Peuple se met à contre coeur à faire de la politique car il désespère de l'attitude des gouvernants qui n'en font plus. Le populisme est l'aspiration non encore réalisée de ce désir de politique."

     

                                         Vincent Coussedière

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                   A la mémoire des Peuples délaissés, ignorés et oubliés

     

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                  Si le populisme prend ses racines dans la défense des vertus civiques, en revanche, le mondialisme et plus généralement le libéralisme économique mondialisé qui nous y a menés - un libéralisme des années 70 conduit par le trio infernal « Friedman, Thatcher et Reagan » -, ont sans l’ombre d’un doute affaibli les fondements moraux et économiques de l’Etat, et par voie de conséquence, de tout ou partie d’une classe politique qui n’a pas su et voulu servir de contrepoids à la domination d’un marché qui a tout emporté et tout miné… voire tout décapé : famille, quartier, école, entreprises.


    Car, cet Etat défaillant a bien pour origine une classe politique qui a sciemment organisé son impuissance à coups de traités européens et de réformes en échange de la promesse de carrières politiques nationales, européennes et mondiales mirobolantes. En effet, nul n’ignore qu’aucun homme politique ne peut survivre s’il s’oppose au mondialisme qu’est cette guerre contre les salaires, l'Etat providence et la démocratie ; ou bien dans les marges seulement ; il suffit d’observer la carrière de ceux qui s'y sont risqués : des miettes de perspectives… en comparaison de ceux qui ont soutenu et accompagné, tout en se laissant guider, un libéralisme économique accoucheur d’un mondialisme  pour lequel les êtres humains ne sont que des moyens entièrement voués à maximiser les profits.

                    Le populisme n’est pas conservateur ; il est circonspect… circonspection fortement teintée de ce qu’on ne sait plus nommer, à savoir : le sens commun ou le bon sens ; car, le populisme a du flair : il renifle les arnaques à des kilomètres à la ronde et celle, entre autres, de l’hymne dominant aux réformes sociétales qui cachent mal une tentative de liquidation de nos acquis sociaux - diversion oblige ! -, comme autant de masques pour le pouvoir et la domination : division dans un premier temps ; liquidation dans un second temps d’un modèle qui repose sur la sécurité, la stabilité et un certain souci de justice sociale. 

    Et c’est sans doute pour cette raison que vous ne trouverez personne parmi ceux qui assument ce qu’on appelle « le principe de réalité » (ces millions de salariés dans les RER, les bus, les Tramways, les trains et les bouchons dès 5 heures le matin) pour dénoncer ce populisme ; seuls les médias dominants et la classe politique aux affaires  - ou appelée à y revenir ou bien à y entrer -, et quelques universitaires, ont recours à sa dénonciation aux seules fins de disqualifier et de stigmatiser ceux qui seraient susceptibles d'exiger que l'on nous rende des comptes, à nous les gueux ; marqués du stigmate du populisme, ceux-là n’ont alors plus qu’une option : faire leurs valises et disparaître : « Circulez ! Y a rien à voir ! ».

               Une fois laminés les espoirs d’un système capables de dépasser, comme pour mieux les réconcilier, tous les particularismes, qu’ils soient de classe, de nationalité, de religion et/ou d’ethnie, à l’heure où moins de 10 % de la population détient 83 % du patrimoine mondial, alors que 3 % vont à 70 % des habitants dans le cadre d'une dérive techno-totalitaire au service d’un marché universel paranoïaque et schizophrène et comme souris de laboratoire, un citoyen cobaye qui n’est dans les faits qu’un travailleur corvéable à merci en compétition avec tous les autres, du Nord au Sud, d’Est en Ouest : salaire moyen net à 1500 euros contre salaire moyen net à 250 euros... aucune prise en compte de l’intérêt commun n’est donc à attendre : le progrès est bel et bien mort ; "progrès" dans le sens d'une recherche d'une plus grande justice... sociale, notamment !

    Certes, on ira plus vite mais on reculera, on régressera comme jamais auparavant ! Moins de sécurité, plus de fragmentation ; obsolescence systématique et fulgurance de la production d'un profit optimal en opposition frontale avec l'aspiration pour un monde régi par la raison du plus vertueux ; raison civique s'entend : responsabilité et solidarité au service d’une société qui subordonne l’intérêt privé au bien public ; car le populisme déplore le déclin des institutions civiques que des centres commerciaux tape-à-l’œil ne remplaceront jamais : en effet, la marchandisation à marche forcée de la vie sociale isole et crée des frustrations sans nombre.

    De plus, le populisme sait, pressent, devine que faute de normes communes, la tolérance a tôt fait de basculer dans l’indifférence, le dédain, le mépris et le repli sur soi dans un entre-soi aussi excommunicateur qu’exclusif dont les humbles et les sans-grades seront les victimes expiatoires car, suspendre son jugement sur des questions qui touchent au vivre-ensemble, au comment et au pour quoi, c’est faire le choix de l’abandon d’une société de la responsabilité et de la solidarité collective, un des creusets de la culture civique.

    Basé sur le droit,ce qui présuppose que des individus respectant le droit d’autrui attendent en retour qu’autrui en fasse de même, quand l’Etat abandonne la société et se détourne du citoyen, ce dernier a tôt fait de le renier, vengeur… car,  si un mal peut être un bien, le vice n’a jamais servi la vertu publique qui est bel et bien le seul fondement des démocraties ; or, un Etat défaillant soutenu par toute une caste pour laquelle la politique c’est les affaires et les affaires c’est la politique… détruit la démocratie aussi sûrement qu’il la salit ; une démocratie en danger quand l’indifférence et la complaisance règnent aux côtés d’un relativisme moral et culturel qui n’est le plus souvent qu’un renoncement et une propension à l’apathie : plus d’espace protégé ; toute convention passant à la trappe, c’est alors que le cynisme et le crime paient comme jamais auparavant… et tous les conflits sont réglés – comprenez : envenimés et exacerbés -  par la violence seule.

     

               Parlement belge en 2014 : intervention du député Laurent Louis ; ce trublion indépendant présente les grandes lignes de son programme pour la prochaine législature s'il est réélu.

     

     

                  Souvenons-nous : les individus pouvaient, hier encore, espérer être un jour les meilleurs juges de leurs propres intérêts ; aujourd’hui, impossible pour eux d’y parvenir dans un monde où seul le marché mondialisé a voix au chapitre. Cycle ruineux qui enchaîne endettement et surproduction, quand le retour sur investissement devient la seule mesure universelle de valeur, c’est le public qui couche avec le privé, l’Etat avec le marché, faute de rechercher une autre voie : le sens et le bien communs. 

    Revigorer la société civile, sociabilité informelle du café, de la rue et de tout autre lieu intermédiaire ; restaurer une vie civique et la confiance sociale - confiance publique de tous les jours ; établir un lien au-delà d’un voisinage accidentel, imposé et subi, tout en gardant à l’esprit ce qui suit : appartenir, c’est développer un surcroît de conscience. En revanche, être de nulle part, c’est se condamner à errer comme une âme en peine sans responsabilité et sans devoir. 

                Si la compassion est une chose et le respect une autre, peut-on reprocher au populisme de penser, intuitivement, qu’en dernier ressort, le respect élève et la pitié rabaisse ? Le droit responsabilise et l’aumône humilie car le populisme n’a pas renoncé à exiger des uns et des autres : estime de soi, autonomie, initiative, responsabilité.

    Haï d’une caste économico-politico-médiatique qui n’est décidément pas disposée à répondre de son mépris et de ses choix comme d’autres de leurs actes et de leurs crimes, le populisme souhaite réconcilier la politique, l’Etat et la morale loin d’un faux dilemme : libéralisme économique et moral contre autoritarisme.

    Adepte du gouvernement direct du peuple par lui-même, seulement possible à un niveau local, le populisme nous rappelle que ce ne doit pas être l’individu isolé qui constitue l’unité de base de la démocratie mais la nation : cette communauté de destin solidaire. Et si les conflits sont encouragés car le consensus ne fait jamais recette, le populisme porte en lui la certitude que seul ce qui est proche nous sauve, et que seule une réduction du champ du marché et la limitation du pouvoir des multinationales et des oligarchies viendront à bout d’injustices criantes qui sont, à terme, mortelles pour la démocratie et incompatibles avec toute forme de société.

                Ambivalent mais jamais incohérent, le populisme soupçonne le processus politique d’être dominé par une élite vorace, grassement rémunérée et manipulatrice : fausse polarisation…  féminisme contre la famille, libéralisme contre protectionnisme, liberté contre justice, le local contre l’international -, alors que la société a autant besoin du féminisme que de la famille, de libéralisme et de protectionnisme, autant de liberté que de justice, de local et d’international !

     

    ***

     

                  On l'aura compris : le populisme a pour fondements  le respect et la responsabilité (de quoi inquiéter plus d’un et plus d’une, c'est sûr !) ; sa préoccupation première est le bien commun contre l’individualisme égoïste et le cynisme (là, franchement, ça se gâte !).

                 Il est donc grand temps de réhabiliter la pratique du populisme en lui donnant enfin ses premières lettres de noblesse.

     

     

     

                   Laurent Louis au parlement belge en 2013 : dans le cadre d'une demande de sa levée d'immunité parlementaire, le député prend la parole. Ayant eu entre les mains le dossier Dutroux (il n'aura pas été le seul à recevoir d'une main anonyme une version CDRom du dossier), il a eu l'imprudence ou le courage, c'est selon, de révéler des informations restées cachées au public et aux parents des victimes, bien des années après le procès Dutroux (1996).  La justice souhaite le poursuivre. 

     

     

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    Laurent Louis bénéficiera d'un non-lieu à propos de l'accusation de "recel" du dossier Dutroux.

    Privé de moyens et de parti, il ne sera pas réélu député en 2014.

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    Pour prolonger, cliquez : Continuer de porter la crise au coeur du PS

     

     

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  • Revue d'actualité Juin 2016

    Des paroles et des actes. Invité : Jean-Luc Mélenchon

     

                   Accepter les invitations des médias à répondre aux questions de leurs "journalistes" est vain et sans doute contre-productif... d'autant plus qu'on ne convainc personne. Jamais !

    Aussi, ce qu’il faut aujourd’hui, c’est questionner la question, puis celui qui la pose (1) et celui qui paie celui qui l’a posée. C’est sans doute le seul service à rendre à ceux qui, à l’heure d’internet, ont encore la naïveté d’attendre quoi que ce soit de la télévision en générale et de ce type d’émission en particulier.

    C'est là que l'efficacité est au plus haut ; là où chacun demeure libre de tirer les conclusions qui s'imposent ; maïeutique d'ordres politique et social au sens le plus riche, le plus complet et le plus authentique du terme, l'esprit accouchant alors d'un questionnement salutaire : que nous est-il fait, par qui, comment, pour-quoi et pour le compte de qui ?

     

     

    1 - Des journalistes ultra-libéraux en économie dont les salaires sont pourtant subventionnés à hauteur de millions d'euros par le contribuable : près de 230 millions d'aides d'Etat répartis sur 200 titres de presse ont été versés en 2014. De quoi leur clouer le bec à tous en les mettant face à leurs contradictions.

     

    Journée de mobilisation contre la loi Travail : aucun quotidien national dans les kiosques ce jeudi

     

                        "L'Humanité" est le seul quotidien national à avoir pu sortir en kiosques ce jeudi ; c'est le seul journal à avoir accepté de publier la tribune de Philippe Martinez, chef de file de la CGT. Une décision qui a suscité l'ire de ses concurrents. Bloquer la circulation des idées, en voilà une belle idée de la démocratie, s'indigne les patrons de presse.

     

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                     La liberté de l'information et sa libre diffusion sont bien plus importantes que la liberté de la presse... l

                    ... car enfin, liberté de Lagardère ou de Rothschild, Niel, Pigasse et d'autres, de nous désinformer ? La belle affaire !

     

                    Aujourd'hui force est de constater ceci : seuls, sur Internet, des acteurs indépendants sont capables de défendre une information digne de ce nom, jour après jour ; l'information et la liberté de sa diffusion.

     

    Obama à Hiroshima

     

                     Arrivé le 27 mai à Hiroshima, le président américain a déposé une couronne de fleurs devant le cénotaphe du mémorial de la paix. Barack Obama a rendu hommage aux victimes japonaises du 6 août 1945, le jour où " la mort est tombée du ciel."

     

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                       Si le bombardement des villes Hiroshima et Nagasaki peut recevoir sans l'ombre d'une hésitation le qualificatif de crime de guerre, avec ou sans la caution d'une cour internationale de justice et d'une charte de l'ONU car la morale et les faits n'ont besoin d'aucune caution quelle qu'elle soit, il n'en demeure pas moins que cet acte d'une barbarie sans nom - qui met provisoirement un terme à près de quatre années de bombardements massifs de population civile par l'aviation allemande et alliée au bilan de 40 millions de morts... provisoirement car... le Vietnam ne tardera pas à s'attirer les foudres de l'oncle Sam -, peut être tout aussi légitimement qualifié comme suit : le plus grand crime raciste de masse de l'histoire moderne.

                  Souris de laboratoire (La bombe, quelle efficacité ? Combien de morts ? Quelle vie pour les irradiés survivants ?), sacrifiés sur l'autel d'une guerre froide à venir (rabattre le caquet de Staline et ses exigences), considérés dans l'imaginaire occidental comme une population d'infra-humains avec ces individus de petite taille au teint jaune et aux yeux bridés... pour ces raisons, jamais l'Occident n'aurait destiné cette bombe atomique à un Allemand, grand gaillard aux cheveux blonds et aux yeux bleus car, nazie ou pas, l'Allemagne (et l'Autriche) c'est non seulement des trains qui partent et arrivent toujours à l'heure mais c'est aussi Bach, Kant, Beethoven, Goethe et dans les années 20 et 30, des prix Nobel à la pelle.

     

    François Hollande désigné «Homme d'Etat mondial» 2016

     

                         Ce prix remis par la Fondation " Appeal of Conscience" honore les dirigeants qui soutiennent la paix et la liberté, par la promotion de la tolérance, la dignité humaine et les droits de l'homme, en défendant ces causes dans leur pays et en travaillant avec d'autres dirigeants mondiaux pour bâtir un avenir meilleur pour tous», a précisé la fondation dans un communiqué.

    La Fondation fondée en 1965 par le rabbin Arthur Schneier et qui dit «travailler au nom de la liberté religieuse et des droits de l'homme partout dans le monde», présentera son «World Statesman Award» au président français le 19 septembre 2016, lors de son 51e dîner annuel au Waldorf Astoria à New York.

     

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                       Pas étonnant que ce mal-président soit si impopulaire en France alors ! L'oligarchie mondiale lui voue un véritable culte... le culte de celui qui sait obéir et qui jamais ne déçoit ceux qu'il est important de contenter.

    Jamais un Président français n'a été autant couvé par la Commission européenne et ses lobbies, les USA, Israël et les Monarchies du golfe et jamais autant décrié dans son propre pays. Comme quoi, tout se tient : le mondialisme (ou la mondialisation), la Commission qui pilote la construction européenne, l'Atlantisme, le Sionisme et les manigances saoudiennes et qataries... pour notre malheur à tous !

                      Aussi, vivement la Présidentielle et les Législatives de 2017 ! On saura se souvenir d'un PS rentré la maison : la SFIO de Guy Mollet.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Revue d'actualité Mai 2016

     

     

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  • Obama à Hiroshima(-Nagasaki) : le plus grand crime raciste de masse de l'histoire moderne

                  « Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d’aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé (après les nazis - ndlr), personne sans doute, à moins d’idéalisme impénitent, ne songera à s’en étonner. » A. Camus. 1945. Journal Combat.

     

     

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                  Crime de guerre, crime raciste...

                  Le 6 août 1945 à 2 h 45 (heure locale), le bombardier B-29 piloté par Paul Tibbets, baptisé Enola Gay du nom de sa mère, décolle avec à son bord une bombe atomique à l'uranium 235 d'une puissance de 15 kilotonnes, surnommée Little Boy. L'équipage est composé de douze hommes, dont quatre scientifiques destinés à l'analyse de l'explosion.

    La bombe, recouverte de signatures et d'injures à l'adresse des Japonais est armée en vol et larguée à 8 h 15, à près de 9 000 mètres au-dessus de la ville d'Hiroshima. À 8 h 16 min 2 s heure locale, après 43 secondes de chute libre, la bombe explose à 587 mètres du sol, à la verticale de l’hôpital Shima, situé au cœur de l'agglomération.

    L'explosion, équivalant à celle de 15 000 tonnes de TNT, rase instantanément la ville.

     

    Destruction_Dome_Corbis.jpg

     

                       Rideau.

     

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               Si le bombardement des villes Hiroshima et Nagasaki peut recevoir sans l'ombre d'une hésitation le qualificatif de crime de guerre, avec ou sans la caution d'une cour internationale de justice et d'une charte de l'ONU car la morale et les faits n'ont besoin d'aucune caution quelle qu'elle soit, il n'en demeure pas moins que cet acte d'une barbarie sans nom - qui met provisoirement un terme à près de quatre années de bombardements massifs de population civile par l'aviation allemande et alliée au bilan de 40 millions de morts... provisoirement car... le Vietnam ne tardera pas à s'attirer les foudres de l'oncle Sam -, peut être tout aussi légitimement qualifié comme suit : le plus grand crime raciste de masse de l'histoire moderne (1).

     

                  "Les Japonais, vous dites ? Quoi ? En1945 ? Mais... c'est qui, c'est quoi ? On s'en fout !"

                 Souris de laboratoire (La bombe, quelle efficacité ? Combien de morts ? Quelle vie pour les irradiés survivants ?), sacrifiés sur l'autel d'une guerre froide à venir (rabattre le caquet de Staline et ses exigences), considérés dans l'imaginaire occidental comme une population d'infra-humains avec ces individus de petite taille au teint jaune et aux yeux bridés... pour ces raisons, jamais l'Occident n'aurait destiné cette bombe atomique à un Allemand, grand gaillard aux cheveux blonds et aux yeux bleus car, nazie ou pas, l'Allemagne (et l'Autriche) c'est non seulement des trains qui partent et arrivent toujours à l'heure mais c'est aussi Bach, Kant, Beethoven, Goethe et dans les années 20 et 30, des prix Nobel à la pelle.

    Faut dire qu'à cette époque, les USA n'étaient pas à un racisme près avec le développement séparé des populations blanches et des populations noires ; véritable apartheid sur leur propre sol.

             Aussi, c'est bien le caractère intrinsèquement raciste du bombardement de Hiroshima et de Nagasaki - bombardement sans excuse qui demeure, 70 ans après les faits, toujours sans jugement ni condamnation -, qui se trouve là confirmé.

     

     

     

    1 - N'en déplaise à la vulgate, les Juifs d'Europe n'ont jamais été considérés comme des sous-hommes par les nazis ou le régime de Vichy mais bien plutôt comme un ennemi de classe : rivalité entre une bourgeoisie d'affaires apatride puissante et un capitalisme de souche et d'identité nationales et familiales ; autre ennemi : le "Juif fomenteur de révolutions ouvrières" ; et puis enfin, ennemi de nature... un ennemi quasi biologique : propension irréfragable à la domination d'une ethnie contre la crainte d'une bourgeoisie européenne de sortir perdante d'une telle compétition et d'une telle confrontation, dans le contexte d'une idéologie de domination sans partage des territoires et des Peuples européens, tous les Peuples européens, propre au nazisme.

    Deux Peuples "élus"... dont un de trop ! Election pour élection... l'Histoire nous enseigne qu'il faut simplement arrêter de raconter et de penser des conneries sur soi-même, et par ricochet, sur les autres dans le genre : "Je suis né pour dominer et vous pour m'obéir !"

     

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    Pour prolonger, cliquez : Témoignages des irradiés et survivants : Les Hibakushas

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  • "Encarté" d'Achraf Ben Brahim

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              Intrigué par l’actualité politique, l’auteur, âgé de 21 ans, a milité durant une année dans dix partis politiques ; pas un de plus, pas un de moins.

    Son récit commence en 2012.

    Issu d’un milieu social et d’un département - la Seine saint Denis -, qui ne se préoccupe pas de politique - taux d’abstention record, clientélisme électoral, chômage, faits divers largement exposés par des médias qui se fichent bien de ternir l'image de ce département... en l’espace d’un mois, Achraf Ben Brahim sera adhérent des partis politiques suivants : PS, UMP, FN, Modem, EELV, Debout la République, Front de gauche – PC et Parti de gauche -, NPA et Lutte ouvrière.

    C’est un nouveau monde qu’il découvrira au cours de cette immersion ; un monde occupé par ceux qui aspirent à s’y faire un nom et une situation ; un monde en décalage qui n’a que faire de l’autre monde, le nôtre ; un monde qui changera profondément la vision de l’auteur à propos de l’action militante.

                Le FN sera sa première aventure ; un FN qui compte parmi ses rangs un conseiller régional qui est l’un des plus importants grossistes en viande halal du Nord-Pas-de-Calais.

    Belle entrée en matière côté contradiction, double-langage et « comment se payer la tête des électeurs ! »

    Achraf Ben Brahim comprendra très vite que le débat n’a pas sa place au FN. Pas de primaire, pas de courant, pas de motion : le bureau politique est tout car il décide de tout. Localement, une poignée d’oligarques loin de sa base sur un plan sociologique, se partage les mandats et les indemnités : « Le FN n'a rien à envier à qui que ce soit quand il s’agit de téter les mamelles nourricières de la République » ; et si le FN n’est pas un parti raciste la question est : pourquoi le racisme finit-il toujours pour s’y exprimer ? interrogera si justement l’auteur qui en profitera pour nous confirmer le biais pro-israélien du FN. Au moins, ce parti sait-il qui il faut craindre par-dessus tout ici en France : le parti sioniste qui ne connaît pas de frontières ni de parti pour être à l’aise dans tous. Et puis, les adeptes racistes de l’exclusion et de la ségrégation se reconnaissent au premier coup d’œil : en effet, il y a des programmes qui ne trompent personne, et en premier, ceux qui les partagent.

               Aucune révélation fracassante dans cet ouvrage ; rien que l’on ne sache déjà même si, à sa grande surprise, l’auteur réalisera très vite au cours de ses pérégrinations que les Français se moquent bien de ses origines de jeune arabe de banlieue ; leur seul souci, c’est de garder ou de trouver un emploi et chez les commerçants et artisans : d'éviter la faillite.

    Néanmoins, ce parcours de l'auteur Achraf Ben Brahim retiendra toute notre attention, de parti en parti, de réunion d’arrondissement en conférence, d’une distribution de tract au stand en carton-pâte posé sur un trottoir de Paris, en plein hiver, tenu par des militants du «parti » Solidarité&Progrès de Jacques Cheminade. Arrive alors une question redoutable adressée aux passants toute l'après-midi durant : « Que pensez-vous du Glass-Steagall Act. »

    Et là, l'auteur jeune militant se dit : « Trop, c’est trop !»

     

              Militants LO, NPA, FN, PS, ex-UMP... ils sont jeunes et engagés. La plupart sont exploités à des fins totalement futiles. Ils ne luttent en rien contre le système, n’influent en rien sur la finance, sur l’économie, sur la politique. Pour certains d’entre eux, leurs actions sont isolées et sans efficacité ; sur les réseaux sociaux, ils ne sont vus que par une poignée, souvent par leur propre troupe, et leurs réunions sont vides : LO, le songe communiste,  NPA et le Modem.

    D’aucuns sont dans l’admiration d’un leader ; d’autres dans la fascination ; nombreux sont ceux qui s’accrochent car tous espèrent car un bon nombre n’oublie surtout pas, à terme, de lorgner sur le calice, le Graal, la coupe des délices : un mandat de député, de sénateur, de maire… pourquoi pas, ministre car… ministre un jour, ministre toujours !

    Certains d'entre eux iront-ils jusqu'à voler la clé du tabernacle, en forcer la serrure ? Très certainement.

               L’expérience de l’auteur auprès des ex-UMP ou du PS a montré si besoin était, que ces partis ne représentent que les ambitions de carrière de ceux qui y font leur trou. Ballotté entre condescendance et mépris, l'auteur n'y trouvera jamais sa place. Faut dire que, dans les partis dits "de gouvernement", les fauteuils sont chers, très chers. Un communautarisme « social » y règne en maître ; l’origine ethnique, sociale ; quant aux diplômes : seules les « grandes écoles » ont droit de cité.

    Lutte ouvrière et NPA sont présents chez les étudiants, université de Nanterre principalement, dans quelques usines et administrations ; l’implication de ses militants impressionnera l’auteur ; disponibilité de chaque instant, militantisme hyperactif, mobilisation à toute épreuve. Les résultats ? Inversement proportionnels à leur engagement bien évidemment ! puisque aucun rapport de force digne de ce nom ne peut être établi.

    Le Modem est qualifié de « mouvement fantôme » ; de plus, il a la fâcheuse habitude de prendre des décisions avant de demander l'avis de ses quelques militants ; un Modem dont le patron Bayrou a fini « chasseur de poste et de mandat » auprès de Hollande en 2012 puis auprès de l’ex-UMP à la mairie de Pau qu’il remporta, se faisant à nouveau solliciteur et courtisan, cette fois-ci, auprès de Manuel Valls.

    L'infiltration de l'auteur auprès de la gauche parisienne comprenant le PS, EELV et le Front de gauche aura été responsable de sa désillusion la plus cruelle :

    EELV est finalement un parti opportuniste. Les militants du PS sont des masochistes patentés ; dans les sections de ce parti, la Novlangue est la langue la plus couramment parlée ; en effet, plus le PS est à droite plus il se dit à gauche ; les militants ne pipent pas mot ; une mort idéologique préside les débats.

    Quant au PC, toujours à courir derrière le PS pour survivre ! Le Parti de gauche, en deux ans, a perdu la quasi-totalité de ses militants et de ses électeurs. Mélenchon n'est plus qu'un tribun de réseaux sociaux et des médias... médias trop heureux de donner la parole à un "animateur politique" garant de la pluralité des débats face au FN dont ces mêmes médias ne savent plus comment ne pas nous le vendre car si les leaders de ce parti sont de "trop bons clients médiatiques", le CSA veille.

              Aux deux partis de gouvernement puis à ceux qui peuvent raisonnablement espérer une place en tant que force d'appoint (EELV, les Radicaux...), leur seul atout, leur carte maîtresse, c’est le désintérêt croissant pour la politique et l’abstention qui de 20% (taux quasi-incompressible et gérable dans le cadre d’une "démocratie" représentative) est passée à 30, puis à 50, voire plus dans certains scrutins : un score compris entre 15 et 35% des suffrages exprimés, soit 7 à 18% des inscrits, soit encore 6 à 15% d’une population en âge de voter, suffit à occuper un poste rémunéré par la République : conseiller général, conseiller municipal, maire, député, sénateur, président de région, de département, ministre, secrétaire d’état…

    Des maires sont donc élus ou ré-élus avec des scores dérisoires. Tous, du PC aux Républicains en passant par le parti de gauche, se partagent les postes en constituant des listes d’union parfois aussi inédites que surprenantes ; l’important étant de survivre coûte que coûte : tout sauf la relégation dans le salariat et l’entreprise, privée de surcroît ! Surtout pour les plus exposés d’entre eux ; ceux qui sont pauvrement diplômés ou qui ne possèdent pas un carnet d’adresses  bien rempli.

                Suite à cette expérience d’une année, arrive bientôt un premier constat de l'auteur : « La manière dont les partis sont gérés annonce la manière dont leurs dirigeants exerceront leur fonction une fois élus." Puis, très vite une conclusion à la fois surprenante et contradictoire : « Politisez-vous ! »

    Soit. C’est entendu. Mais… à quelle fin ? D’autant plus que l’auteur, quelques pages plus loin, nous confie ceci :

                « Au terme de cette année 2013-2014 pendant laquelle j’ai renoncé à tout pour mener à bien ce projet, je ne sais même pas quelle définition donner à ce mot qui reste désespérément vide de sens : la politique (…) Mais surtout, je m’en veux d’avoir ouvert les yeux sur une réalité contre laquelle je ne peux strictement rien faire car, de cette expérience militante, il n’y a qu’une chose que je regrette : celle d’avoir pris conscience de la société dans laquelle je vis (…) De mes illusions sur la sincérité, sur l’intégrité, sur l’espoir de vivre dans une France meilleure, il ne reste finalement plus grand-chose. »

             Certes, à trop voir, on s’éblouit. Aveugle on devient ? Nuit noire, point mort à partir duquel le désespoir prend le dessus ? Arrive alors un radicalisme que rien ne viendra tempérer puisque aucune parole ne fait autorité car, sur quoi repose l'autorité si ce n'est sur la confiance et la compétence ?

     

    _________________

     

              Brigades rouges, Action directe, bande à Baader, les années 70…

    A l’heure où des lanceurs d’alerte sont assignés à résidence, cloîtrés, sacrifiés, sans droit ni perspective d’avenir...

    A l’heure des débats théoriques sur les nouvelles formes de lutte et de résistance (refus et action), le plus souvent sans issus et dont le prix à payer pour un engagement aux résultats incertains en dissuadera plus d’un… 

    A l’heure où d’autres acteurs de gauche caressent le doux rêve d’une reconquête d’une opinion qui aujourd'hui plébiscite la déchéance de la nationalité, un Etat policier, une armée interventionniste à des milliers de kilomètres de chez nous...

    A l'heure où des programmes de télévision débilitants et un journal de 20H ne désemplissent pas...

    Et puis enfin : à l'heure où un François Hollande recueille plus de 50% de taux de satisfaction après avoir été au fond du trou trois années durant même si, pour en sortir, il semblerait que la politique étrangère de la France ait dû en faire descendre une bonne centaine dans ce même trou, en 45 minutes, à Paris, 130 précisément... tirés comme des lapins ou des pigeons, comme au ball-trap...

    L'islamisme de ceux qui n'ont jamais lu le Coran ni ne parlent l'Arabe et qui ont découvert, voilà six mois, qu'ils avaient une religion, serait-il le nouveau gauchisme des enfants perdus d’une République mondialisée à caractère fasciste ?

    Un seul mot d'ordre pour cette République : que ceux qui ne veulent pas se soumettre à une idéologie de l'asservissement et de l'abrutissement dans sa remise en cause des acquis tant sociaux que démocratiques, aillent se faire foutre ! Et morts aux vaincus ! Une République au service d'un projet qui a placé la dictature de la marchandise, corps et biens pour une optimisation de la ressource humaine sans précédent, au centre de ce qui devra être défendu mordicus même et surtout au prix de projets liberticides et criminels…

    Ce nouveau gauchisme qui répond aussi en partie aux slogans de mai 68, plus tard... slogans altermondialistes, précédemment... pensée situationniste - " A bas la production !"... "Ne nous laissons pas bouffer par les politicards et leur démagogie boueuse !"... "On ne tombe pas amoureux d'un taux de croissance !"... "Je ne suis pas une marchandise !" -, ce nouveau gauchisme-là qui ne fait qu'accompagner le long de deux routes parallèles les derniers sursauts d'un monde de l’après-guerre aujourd'hui "congédié" et dans lequel subsistait encore un peu de tolérance pour la faiblesse humaine, pour ses erreurs quant à l’exactitude de ses calculs chiffrés, et qui cultivait un attentisme salutaire face aux innovations technologiques dans le contexte de l'avènement d'une nouvelle ère numérique qui prend pour cible tout ce qui vit, marche, pense et crève, dans les discriminations, la paupérisation matériel et culturel et le rejet de millions de "sous-citoyens"...

    Sans compréhension ni soutien, seule face à l'extinction d'une "gauche prolétarienne" et en l'absence des groupes armés anarcho-communiste des années de plomb, cette déshérence identitaire et sociale dite "islamiste" annonce-t-elle un extrémisme de desperados aux cibles in-discriminées car ces derniers n'auront lu ni Marx ni Althusser ni Castoriadis ni Gorz ?

              Attendons de voir. L'important n'étant pas de savoir mais de comprendre pour mieux prévoir.

     

    ***

     

     

             Martine Aubry, maire PS de Lille, annulera en mars 2012 la réservation d’une salle pour un débat autour de l'identité musulmane, les révolutions arabes, les émeutes de 2005... confirmant une fois de plus qu'il n'y a plus rien à sauver chez le PS que ce soit à un niveau municipal ou étatique.

             Les organisateurs, le public et les invités se replieront alors vers un autre lieu.

     
    PS
     
    A propos des deux intervenants "vedette" de cette rencontre...
     
    Certes, Ramadan est un islamologue mais c'est aussi un « curé » : plus il y a de monde dans les mosquées, mieux il se porte. Mais il y a des « curés » intelligents et capables d’analyses éclairées. Reste à savoir quel est le prix de la montre qu’il porte à son poignet ; sans cette information-là, je doute que l’on puisse savoir qui il est véritablement. Tout en gardant à l’esprit ceci : quiconque ne renonce pas à l’argent est appelé tôt ou tard à « trahir ».
     
    La question est : Ramadan a-t-il renoncé à l'argent ?

    Marc-Edouard Nabe : sa haine de « l’Occident » influence ses analyses. Cette haine de l'Occident, ou bien plus simplement, sa haine du système français de promotion médiatique, a pour origine le fait suivant : en tant qu’auteur, il a été très tôt rejeté par le système, d’où son échec « littéraire » sur un plan commercial. Cela dit, que Nabe se rassure ; son oeuvre ne cessera jamais d’être re-visitée, sortant de l’oubli, y retournant, chacun allant y chercher une lecture « plurielle » et la promesse d’une transgression qui seule nous rapproche de la vérité.

    Ce qui limite les analyses de Nabe dans le domaine de la politique, voire de la géopolitique, c’est son refus d’un monde qui serait « pensé » par des stratèges qui sont aussi des tacticiens redoutables dans le contexte d’enjeux économiques (énergétiques) colossaux - ceux que Nabe nomme "les complotistes" (en cela, il rejoint ses pires ennemis : les médias sous influence sioniste qui sont responsables de son bannissement médiatique) ; les origines de ce refus, vous les trouverez ici :

    Nabe s’est mal remis de l’échec de sa tentative en 2001 de rallier à lui tous ceux qui, en France, s’étaient réjouis des événements du 11 Septembre - il souhaitait cibler en priorité… les Français de culture arabo-musulmane -, avec la publication de l’ouvrage « Une lueur d’espoir » – comprenez : espoir pour les Nations arabes suite à ces événements, qui fait l’éloge de Ben Laden, ange exterminateur et vengeur d’une Amérique dont il n’y a plus rien à sauver.   
     
    Nabe commettra une erreur : il refusera de questionner la version des événements de ce mois de Septembre 2001. Comment le pouvait-il quand on connaît ses motivations réelles ? A ses yeux, ces événements devaient être l’œuvre de Ben-Laden seul. Or, les « Arabes et Musulmans de France » ont voulu le beurre et l’argent du beurre : un « Ben Laden tout puissant » et la dénonciation des opérations sous fausses bannières ou faux drapeaux, de l’Etat profond (CIA et NSA).
     
    Thierry Meyssan, lui, l’a fait : il parlera d’imposture à propos de la version US des événements du 11 Septembre et c’est lui qui « raflera la mise » avec Soral et Dieudonné.
     
    N'empêche que...
     
    Les analyses de Nabe qui semblent dépourvues de considérations "géo-stratégiques" sont plutôt d'ordres psychologique et sociologique ; un complément indispensable à toute analyse purement politique et géo-stratégique. Rajoutez un peu d'Histoire, et vous avez tous les ingrédients pour une recette savoureuse, une compréhension à propos de qui fait quoi, à qui, comment, où, pour(-)quoi, et pour le compte de qui.
     
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  • "Vivre avec les animaux" de Jocelyne Porcher

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                   Jocelyne Porcher (1) a commencé comme éleveuse avant de retourner en formation préparer un Bac agricole à l’âge de 34 ans. Un premier stage provoquera une prise de conscience et une réflexion qui décideront de ses engagements : il s’est agi d’une porcherie auprès de truies encagées dans des bâtiments où le jour ne se distingue pas de la nuit, où l’on ne respirait qu’avec peine, avec des « éleveurs » qui n’avaient à la bouche que le mot « argent »,  qui battaient les animaux, les insultaient. Le choc fut rude !

     

    1 - Jocelyne Porcher est directrice de recherches à l’INRA-SAD (UMR Innovation, Montpellier). Ses recherches portent sur la relation de travail entre éleveurs et animaux en élevage et dans les productions animales. Elle s’est engagée dans une démarche de recherche après avoir été éleveuse et technicienne agricole...                    

                                                      la suite ICI

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                    "Les nouvelles formes de management des ressources humaines et des ressources animales sont  très similaires puisqu’elles se réduisent à un rapport d’intérêt à court terme pour les uns des conditions de vie au travail des hommes et des animaux, lesquels tendent à partager un statut commun de « bêtes de somme ».  La fonction implicite  de « DRA » (directeur des ressources animales) est pensée de façon très proche à celle de « DRH » (directeur des ressources humaines)."

                   Dans cet ouvrage, l’auteure précise que « certaines règles du travail qui ont changé dans l’entreprise ont également changé dans les productions animales ; la carrière d’un animal  qui est le terme exact pour décrire  la place d’un animal dans le travail sur la durée, est également aujourd’hui une chose révolue ; la carrière de l’animal est résumé à  ses courbes de performance et arrêtée dès que celle-ci n’est plus conforme aux objectifs....» avant de prendre à partie la zootechnie enseignée dans les écoles d’agriculture qui se veut la “science de l’exploitation des machines animales”.

    Jocelyne Porcher rappelle qu’au milieu du 19e siècle, la zootechnie s’est imposée comme la théorie de l’élevage en dehors de toute pensée de la relation de travail avec les animaux et de toute perspective historique : « Chercheurs et techniciens, les bonnes pratiques  d’élevage ont été en grande partie détruites pour lui substituer en l’imposant un savoir-faire comportementaliste sans rapport avec le travail d’élevage. Cette approche scientifique repose  sur un déni : celui de l’intersubjectivité des relations entre humains et animaux. »

    L’auteure poursuit : « cette quête de connaissance scientifique s’est faite contre les savoirs profanes des paysans. La diffusion du modèle économique dans la relation de travail aux animaux s’est opérée contre leur affectivité et leurs valeurs morales ».

    D’où l’exercice d’une violence à la fois physique et symbolique qui a une conséquence terrible chez les éleveurs et les travailleurs : c’est l’humiliation : « L’organisation hiérarchique du travail, dans l’agriculture héritée de la prise en main par la science technicienne des activités agricoles pèse sur les personnes d’une manière sous-estimée. »

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                     La vraie découverte de Jocelyne Porcher est celle-ci : la souffrance des animaux est aussi celle des éleveurs « dont la relation aux animaux reposait, outre la visée de rentabilité économique, sur une dimension d’empathie, de don et de contre-don. Dans l’élevage les animaux restent individualisés ; ils ont un nom, ils sont hébergés, nourris,  soignés. Il existe une vraie contagion  de la souffrance entre les animaux et les travailleurs : éleveurs, transporteurs, employés des abattoirs. La souffrance résulte de la pénibilité physique du travail avec les animaux dans les conditions industrielles. Les maladies engendrées par les productions animales, chez les humains comme chez les animaux ont des causes communes liées aux conditions de vie au travail dans les systèmes industriels et intensifiés. Les maladies épidémiques des animaux et leur abattage par dizaines de milliers, ont par ailleurs de conséquences affectives et morales  sur les travailleurs : culpabilité, sentiment de faire un travail morbide et de trahir les animaux, de les avoir laissé tomber.»

    Pour Jocelyne Porcher, l’élevage industriel n’existe pas ; seuls existent les systèmes industriels : « Ensemble des activités fondées sur la division du travail et la spécialisation qui ont pour objet l’exploitation à grande échelle d’animaux domestiques en vue de leur transformation en biens de consommation avec le meilleur et le plus rapide rendement technique et financier possible. Les animaux parqués, attachés, engraissés artificiellement, bourrés d’hormones, sont réduits à l’état de machines à profit ; un monde dés-animalisé pour un monde déshumanisé. L’une des propriétés des systèmes industriels est de n’être rattachés à aucun territoire ou pays, de n’être plus paysan. »

    On ne saurait être plus clair. Néanmoins, un élément qui prend aujourd’hui une dimension particulière doit être ajouté : la novlangue digne de 1984 d’Orwell dénoncée par l'auteure : « soins aux porcelets » consiste en fait à mutiler les animaux ; « abattage technique » désigne l’élimination des animaux improductifs ; « élevages rationalisés » désigne les systèmes industriels ; le terme « unité » désigne l’animal…

    Cette novlangue appliquée à la production animale n’a qu’un but : masquer la vérité de la réalité des conditions de vie et de travail.

     

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                    Contre la production industrielle animale, à propos de la problématique  du « bien-être des animaux », l’auteure fait preuve d’une lucidité à toute épreuve : "Cette problématique s’inscrit dans une démarche paternaliste ; elle vise à minorer les effets dévastateurs de l’exploitation des animaux sans remettre en cause l’industrialisation des productions animales, considérée comme inévitable."

    Quant à la position des « antispécistes », l’ancienne éleveuse qu’est Jocelyne Porcher n’hésite pas à rendre le diagnostic suivant : « Leurs théories  bénéficient  de l’absence  de théorie de l’élevage, de théorie morale de l’élevage a fortiori et imposent un système de valeurs  apparemment  indiscutable. Les animaux d’élevage sont inexistants dans ce champ d’étude comme si le statut de l’animal  d’élevage se résumait  à son devenir alimentaire dans la souffrance et l’indifférence de l’éleveur. Ces théories ne prennent pas en compte le travail réel  de ceux qui le pratiquent avec leur esprit et leur corps en tant que travail vivant. »

    Et c’est alors que l’antispécisme devient le porte drapeau du végétarisme dont les agissements et modes de fonctionnement sont assez proches de ceux des sectes.

                      « A l’heure où  la conversion au végétarisme se marie avec la dénonciation de l’élevage, c’est une autre voie que Jocelyne Porcher propose : notre monde ne restera humain qu’aussi longtemps que nous saurons encore vivre et coopérer avec les animaux...» conclue Alain Caillé, le préfacier de l’ouvrage.

    Mais alors, le degré de civilisation du rapport de l’homme à l’animal serait-il le meilleur indicateur du degré de civilisation humaine tout court ?

     

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                       Et l’auteure de nous proposer à la fin de son ouvrage, une pérennité de l’élevage et de nos liens avec les animaux domestiques dans le reconsidération du statut de ces derniers : reconnaître leurs compétences affectives et cognitives : « Comment pourrait-on au XXIe siècle en finir  avec l’industrialisation de la mise à mort sinon en ré-instituant une relation d’élevage cohérente avec nos sensibilités, nos aspirations et celles des animaux ! Animaux et éleveurs sont impliqués dans un cycle du « donner-recevoir-tendre » à l’échelle d’une vie d’homme et d’animal mais aussi à l’échelle de la vie d’un troupeau et d’une famille. La relation avec l’ensemble des animaux repose sur une base commune : le respect et la gratitude. Les éleveurs se reconnaissent une dette envers les animaux et le don de la vie bonne est la reconnaissance de cette dette et la reconnaissance de la valeur des animaux. »

     

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    Pour prolonger, cliquez : Le site de Jocelyne Porcher

     

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  • Mai 68 : bond, rebond et volée

     

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                    Au moment des événements, j’étais dans mon berceau ; ou plutôt, dans mon lit : à 20h, fallait être couché.

    J’ai découvert Mai 68, dix ans après le mois de mai de l'année 1968.

    Aujourd’hui encore, mais... trente ans plus tard, je serais bien en peine d'en partager le ressac, les remous, les tourbillons et d’accompagner le retour des tous les enfants prodigues en commentaires de toutes sortes sur cette époque, à leurs yeux, bénite entre toutes les époques. 

     Je pense aux discours qui ont été tenus et qui ont continué d'être débités ici et là, jusqu‘au début des années quatre-vingt ; je pense aussi à ceux qui les faisaient et les dé-faisaient tous ces discours, au gré des circonstances et de leurs humeurs.

    Ceux qui ont tenu le haut du pavé, sont allés exercer leur talent dans la publicité, à la radio, à la télé ou bien, dans des journaux qui n'étaient pas toujours révolutionnaires, dans des gouvernements aussi ; des gouvernements de centre-gauche ; et puis fatalement, des gouvernements de droite, les jours de vaches maigres.

                 Comble de paradoxe, et parce que le ridicule ne tue plus, d'autres encore ont fini chez les curés (ou les rabbins !) : "Après moi............ chacun pour soi et Dieu pour tous !"

    D'aucuns verront là une tentative d'y trouver son salut, rédemption incluse, au terme d’un engagement illusoire, et/ou d'un fourvoiement jugé, après coup, vraiment trop indigne.

                  Quoi qu'il en soit, tous ces convertis défroqués puis, reconvertis, dirigeaient des groupuscules dits d’extrême gauche (non, on ne ricane pas !). Je pense, en particulier, à la fameuse nébuleuse appelée "Gauche prolétarienne", entre autres groupuscules fameux et inconnus.

    Après Mao........................... Dieu.

    Soit.

    Ah ! Ces gauchistes alors ! Toujours en quête d’absolu ; toujours à la recherche d’un chef, d‘un capitaine ou d‘une mère maquerelle à qui remettre la caisse et les clefs en fin de journée.

                  A tous ces contestataires radicaux qui ont fini mercenaires - on pense à un Cohn-Bendit, à un Henri Weber, à un Michel Field (aujourd'hui directeur de l'info de France-télévisions !)... et combien d'autres ! -, seul le pouvoir économique semble avoir échappé. Rien de surprenant à cela : dans les affaires, les dilettantes n‘y ont donc pas leur place car, foin des discours et de la limonade, dans ce milieu, on ne considère que les résultats : on vous jugera donc sur votre efficacité seule.

     


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                  Lame de fond ouvrière sans précédent (9 à 11 millions de grévistes), en Mai 68, des langues se sont déliées, des carrières et des vies ont été brisées pour ceux qui, en poste, ont pris quelques risques, dans le privé comme dans le public ; des vestes ont été retournées aussi.

    Des jeunesses ont été gâchées, d'autres perdues : on aura abandonné ses études pour poursuivre le beau rêve de Mai et ses leaders charismatiques (1).

    affaires,litttérature,mai 68,auteurs,bourgeoisie,business,cultureAprès Mai 68, on a fait un peu plus l’amour : les femmes notamment.

    On n’a plus fait la guerre. C'est vrai ! D’autres s’en sont chargés, sous d’autres tropiques, ailleurs, loin.

    Certes, on a mieux vécu après Mai 68 qu’avant : des OS de chez Renault ont pu gagner un peu plus en travaillant un peu moins. C’était toujours ça de pris ; même si leurs fils et filles ne sont pas allés, pour autant, au lycée, à l’Université et dans les grandes écoles ou bien, dans des filières qui comptent vraiment, pour y réussir...

    Et puis d'autres enfants encore, fruits d'une immigration de fin de guerres coloniales, d'indépendances et de travail. Ce peuple, alors invisible, a-t-il partagé l'esprit de Mai ? L'a-t-il seulement touché, sinon effleuré ?

    En mai, on a interdit d’interdire, avant de jeter le bébé avec l’eau du bain ; la culture savante, dénoncée comme bourgeoise, a fini par raser les murs, tête baissée...

                  Et puis le divertissement est arrivé, tête haute, triomphant sans conteste, Sylvester Stallone se voyant remettre les insignes de chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres par un Jack Lang amusé ; Renaud et Guillaume Durand (chanteur et animateur de télé au vocabulaire de 300 mots), pour tenter de nous faire oublier Léo Ferré, Maurice Clavel et leurs contemporains.

               Certes ! Il y a fort à parier que les entrepreneurs de spectacles ne viendront pas nous vendre l’égalité des chances, la liberté et la fraternité, ni nous parler de la réalité et de la vérité des faits, des choses et des évènements de la condition humaine. Et pas d'utopie ni de théorie critique fumeuses non plus. Nul doute : ces producteurs-là seront tous irréprochables parce que... intègres ; et intègres parce que... sans projet... pour les siècles des siècles.

               Mais alors ! A qui les générations qui nous succéderont, demanderont-elles des comptes ? Et sur quoi ?

     

     

    1 - La filiation la plus importante de mai 68 était la tendance anarcho-marxiste et la tendance situ-libertaire : Lefeuvre, Castoriadis, Lefort, Lyotard, Lebebvre, Debord, Vaneigem et d'autres encore, tous déjà adultes et actifs depuis les années 50.

     

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    affaires,litttérature,mai 68,auteurs,bourgeoisie,business,cultureQue reste-t-il de Mai 68 ?

    Une fabuleuse mobilisation du monde du salariat et quarante ans plus tard, un de Gaulle visionnaire qui avait tout compris dans le domaine des affaires extérieures et tout ignoré à l'intérieur - le Peuple français, sa famille -, un peu comme ses héros à la carrière professionnelle époustouflante qui ont raté leur vie d’homme… vie de père et de mari.

    Bien sûr, les événements de Mai ont permis à la société française de combler le retard accumulé sous de Gaulle dans le domaine de la libération des moeurs, sans oublier les "usages" et les droits en vigueur dans l’entreprise, dans les universités, la famille : leur abandon ou leur réforme.

    Néanmoins, distinguons le Mai des ouvriers et le Mai d’une jeunesse étudiante appartenant à un milieu privilégié. Les aspirations toutes légitimes de cette jeunesse nous ont tout de même conduits vers cette société du divertissement-plaisir qu’est la nôtre aujourd’hui avec sa haine envers quiconque refuse de s’amuser ou bien, quiconque n’en a pas les moyens ; haine de l’échec aussi.

                    Et si, du côté des étudiants principalement, ce mouvement avait été un mouvement individualiste, hédoniste et matérialiste ? Penchants qui, à l’âge adulte, exigent des revenus confortables. Ce qui expliquerait bien des comportements quelques années plus tard et tout au long des années 80 et 90.

                     Souvenons-nous de l’expression ironique (sinon tragique) : "Et dire que ça a fait Mai 68 !"

     

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  • Marie France Garaud au plus près d'une réalité sans conteste : la fin de la politique avec la disparition de l'Etat

     

                            "Ce soir ou jamais" diffusé sur France 2 le vendredi 20 mai 2016.

                        Pour évoquer la situation économique et sociale de la France, Frédéric Taddeï reçoit l'économiste Geneviève Azam, l'historienne Ludivine Bantigny, auteur de «La France à l'heure du monde, de 1981 à nos jours», Marie-France Garaud, ancienne conseillère du président Pompidou, Philippe Murer, économiste et conseiller de Marine Le Pen, Bernard Stiegler, philosophe et auteur de «Dans la disruption», Laetitia Strauch-Bonart, essayiste et auteur de «Vous avez dit conservateur ?», et Henri Weber, conseiller au Parti socialiste et auteur de «Le Bel Avenir de la gauche».

     

    ***

     

                        Parmi les invités de Taddéï à "Ce soir ou jamais" dont c'est la dernière émission (1), seule Marie-France Garaud saura poser le problème de la situation économique et sociale de la France (vidéo à 15mns) : la fin de la politique avec la disparition de l'Etat, là où plus aucune souveraineté ni aucune volonté ne peuvent s'exercer à propos de la question suivante : quelle doit être la relation de la France avec l'Europe, le monde et les forces économiques et politiques qui dictent depuis le triomphe du trio infernal Thatcher-Reagan-Friedman des années 80, sa loi d'airain à tous les Etats dans le cadre d'une Europe-instrument d'une mondialisation qui n'est qu'une guerre contre les Etats-Nations, les salariés ; et par ricochet, une guerre contre la démocratie et la liberté d'expression et d'information ?

                    Après Garaud, c'est une autre invitée qui mérite d'être citée : la jeune historienne Ludivine Bantigny qui rendra le bon diagnostic quant aux effets de la crise sociale et politique française dont elle ne s'est pas encore résolue à identifier les causes contrairement à Marie-France Garaud.

     

                    Quant à Bernard Stiegler, fidèle à lui -même, il évoquera une innovation technique tueuse d'emplois par millions comme une fatalité ; lui aussi a manifestement intégré, inconsciemment sans doute, la mort de la politique car, à aucun moment il ne lui vient à l'idée de questionner cette technique, ou plus directement et plus explicitement, de préciser ou de suggérer qu'il pourrait encore nous appartenir de choisir, dans le cadre de la destruction des emplois par cette même technique et la recherche d'un profit optimal, quels sont ceux, de ces emplois, qui doivent mourir et ceux que l'on souhaite garder.

    Stiegler, comme tant d'autres, a déjà renoncé, entre deux voyages aux USA et à Berlin - il y enseigne ! -, (2) à poser en ces termes notre relation avec l'innovation technique : ce qui est techniquement possible n'est pas nécessairement souhaitable car enfin, ce n'est pas à la technique de décider dans quel monde nous souhaitons et devons vivre mais bien plutôt, à la politique et au politique.

    Stiegler nous demande de nous préparer à la disparition de millions d’emplois ; son reproche majeur concerne notre refus de nous y préparer, non pas en nous y opposant mais en accompagnant cette destruction massive avec l'espoir de concurrencer le monopole du monde anglo-saxon dans ce domaine : numérisation du monde oui ! A condition que l'Europe soit un acteur majeur aux côtés des USA.

                    Mais alors, qu'en est-il d'un : "Non à la numérisation du monde ! Et que l'Europe en soit un frein majeur !" ????

    Aussi, à propos de ce qu'on nommera un "syndrome d’accompagnement", surprenant que Stiegler n’ait pas eu, à un moment ou un autre, sa carte au PS ! Cette fausse gauche qui n’a de cesse d’accompagner la droite, justement !

    L’accompagnement, encore et toujours !

     

                       "La technique, c'est plus fort que toi !"

                       Stiegler n'est-il pas trop proche des "techniques nouvelles" et de l’innovation numérique pour ne pas s’être laissé, au fil des ans, "bouffer" par leur pouvoir de dé-conscientisation gigantesque, un peu comme pour le pouvoir de l’argent sur ceux qui n’en ont jamais eu ou la soif de reconnaissance ? Hypnotique et corrupteur ce pouvoir !

    Comme un fait exprès, on notera au passage le fait que les références de Stiegler ont souvent pour origine le monde anglo-saxon ; les USA en particulier.

     

                   Ce qu’on pouvait reprocher à Cassandre finalement c’est de prédire le malheur sans pour autant être capable de le prévenir : pointer du doigt le poison sans pour autant désigner l'anti-dote. 

    Prédire ou prévenir une catastrophe... il est vrai que ce n’est pas le même talent, voire... le même génie, qui est alors requis : talent et génie politiques s’entend. Et là, on retrouve Marie-France Garaud issue d’une tradition qui a su accoucher, quoi que l’on dise, d’hommes politiques d’exception.

    La politique donc, encore et toujours ! Et c'est la raison pour laquelle il nous reste à souhaiter que Madame Garaud ne cesse de prendre soin d'elle afin qu'elle puisse vivre le plus longtemps possible car elle seule semble à même de nous rappeler cette vérité aussi cruelle qu'embarrassante qui éclaire d'une lumière crue notre lâcheté et complaisance face à notre propre devenir : notre acceptation de la mort de la politique et la consécration de l'impuissance publique ainsi qu'une crise sans précédent de la résistance et d'une mobilisation massive et soutenue.

     

     

    1 - L'élection présidentielle n'est pas loin... elle approche, c'est sûr ! Le ménage a donc commencé ; et seuls Ruquier et Fogiel seront maintenus. People-isation des esprits oblige ! Mais... qui a dit que ce sont les moins politisés qui votent encore ?

    Faut bien dire que ça fait des années que Taddéï accepte de se faire "balader" par France-télévisons et ses responsables de programmes. Il ne s'en plaint pas du reste ; ses émissions vont et viennent... tantôt ils le déprogramment, tantôt ils le changent de créneau horaire... Taddéï se laisse guider... promener... l'important pour lui, semble-t-il, c'est de continuer de passer à la télé et à la radio... France Culture puis Europe 1... alors qu'à l'heure d'internet, il existe des solutions pour ceux qui souhaitent vraiment nous donner des nouvelles de la société et du monde autour d'acteurs majeurs quant à la compréhension de qui fait quoi, à qui , où, comment,pour-quoi et pour le compte de qui.

    2 - Oui ! Il y enseigne, nous affirme-t-il ! A moins, qu'à son insu, il n'y soit enseigné ! Et c'est alors que l'on se croît le maître avant de découvrir que l'on est qu'un élève et payé comme tel ; ce qui peut en consoler plus d'un, malgré tout.

    USA, Berlin, Paris... oublieux Stiegler du fait suivant : qui trop embrasse mal étreint ! 

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  • Etudes sur le genre : être ou ne pas être... qui et quoi... et avec qui ?

                       S’il existe un champ de recherches qu’on appelle "études sur le genre" (gender studies), travaillant notamment sur la construction sociale des stéréotypes associés au genre, ces études doivent sans doute quelque chose à Simone de Beauvoir et à son "On ne naît pas femme, on le devient" ; affirmation péremptoire, insolente et dogmatique qui cachait à l’époque certainement un sentiment de culpabilité très fort : n’oublions pas que nous sommes en 1949 ; issue d’un milieu aristocratique et bourgeois (elle est née Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir), elle-même bourgeoise - comme quoi, et pour le coup … on naît bourgeoise et on le demeure ! -, Simone est lesbienne ; de plus, on lui connaît un penchant certain pour les jeunes filles bien plus jeunes ou bien moins âgées qu’elle ; un peu comme son compagnon de fortune… Jean-Paul Sartre qui, s’il était hétéro, avait la réputation d’être un « queutard » d’étudiantes qui buvaient, bouche bée, entre autres breuvages, ses paroles quasi bibliques à l’époque.

    Avec Simone de Beauvoir, il sera aussi question d’un deuxième sexe : le sien en l’occurrence même si… bien des années plus tard, des copines et des lectrices de Simone affirmeront que l’on n’est finalement sûr de rien en la matière : un sexe, deux, trois, voire quatre, peut-être cinq...

    On y reviendra plus tard.

    Pour l’heure… en voiture Simone !

                     "On ne naît pas femme, on le devient" : affirmation provocatrice en diable pour l’époque qui ne comptait pas que des saints dans les rangs de l’existentialisme… entre deux procès de Moscou et le lynchage d’un Kravtchenko dans notre beau pays de France. N’empêche, il devait être question d’un existentialisme - l'homme nouveau -, qui serait contre toute apparence et toute attente… un humanisme.

                    "On ne naît pas femme, on le devient" : on s'en doutera... la vérité se situe dans l'entre deux d'un "oui" et d'un "non", en son centre, en plein milieu... à 12h plus précisément, au moment où le soleil est à son Zénith - on y voit alors plus clair.

    Certes ! On naît femme : ça, c’est un constat, une vérité de la nature, de la biologie et de l'anatomie, mais pas seulement : c'est aussi une vérité qui a pour référent… l’expérience au quotidien (comportement, penchants… et sans que l’on nous y invite ou nous y force ; regardez : j’ai moi-même aimé très tôt faire la guerre aux Indiens… ma sœur… non). Même si on ne le devient pas puisque, comme on vient de le voir, on l’est déjà « femme »… disons que… la prise en charge de cette donnée de la nature et d’une grande partie du vécu au quotidien, de son cheminement, développement et variations, dès le plus jeune âge; s’effectuera, d’un être à un autre, bien évidemment selon la personnalité, le caractère, les aptitudes, les préférences (on préfèrera jouer au foot avec les garçons plutôt que de jouer à la marelle) de l’intéressée ; mais aussi… le pays, l’époque, la classe sociale et le milieu familial auront une influence colossale : la mère que l’on a eue, et le père… (vaste programme à lui tout seul que « ce père »… dans le cas qui nous occupe !).

    Toutes sont des femmes donc mais pas de la même manière ni de la même façon.

                   « On ne naît pas femme, on le devient" : tel un lapsus, ce cri du cœur plus que de la raison, ce cri venu du bas ventre aussi… a surtout semblé nous crier : « On peut être une femme et préférer la compagnie rapprochée, très rapprochée même, jusque dans l’intimité, non pas des hommes mais de ses semblables - femmes en l'occurrence ! ».

    En 1949, Simone de Beauvoir a cherché sans aucun doute à faire savoir à tout le genre humain et pas seulement au café de Flore, qu’elle était lesbienne ; c'était là son « coming out ». Le premier de l’histoire ?

    Virginia Woolf sera plus discrète, il est vrai : mais bon : c’est pas la même « école » non plus, ni le même pays et pas tout à fait la même époque… (Ah ! Contexte ! Contexte ! Quand tu nous tiens…) ; Simone a commencé au moment où Virginia a clôturé : la mort en a décidé ainsi.

    Ce qui relativise quand même un peu la portée de son « on ne naît pas femme, on le devient » c'est bien le fait que ses intentions ne sont pas... comment dire ?.... pures... car, à y regarder d'un peu plus près, Simone est bel et bien la première intéressée dans cette histoire. De plus, il ne s’agit pas vraiment là d'une question d'ordre ontologique mais plus simplement d’une question de préférence « sexuelle » : après tout, dans l’absolu, avec qui on fait l’amour n’est pas constitutif de la totalité de l’être en soi et moins encore, de l’être en les autres – si on fait un moment l’impasse sur leurs préjugés… fluctuants au demeurant.

    En revanche, celui ou celle avec laquelle ou lequel on fonde une famille… oui.

    Or, Simone n’en fondera pas.

    Mais… on y reviendra plus tard.

                   Qu’il soit ici permis de dire que si Simone n’avait pas été lesbienne, ce slogan à multiples tiroirs et cachettes n’aurait sans doute jamais vu le jour.

                  "On ne naît pas femme, on le devient" aura toutefois le mérite d’alerter une société sur le fait que l’on puisse en tant que « petite pisseuse de bac à sable » préférer la castagne avec les garçons à la poupée, le saut à la corde, la marelle ou la dinette.

    A bon entendeur...

     

    ***

     

                   Bien des années plus tard, en 1990, arrive un ouvrage «Trouble dans le genre» et un auteur Judith Butler : elle a quarante ans ; même si l’auteur s’en défend ICI… cet ouvrage nous conduira tout droit à la «Théorie du genre» dans le cadre des études de genre car jamais rien ne se perd ! Il est vrai qu’en tant qu’auteur, on ne saurait être tenu responsable de ce que vos lecteurs font comme choux gras ou maigres de ce que vous publiez car, il est bon de rappeler, qu’un ouvrage échappe à son auteur dès sa parution. Butler mentionnera Lévi Strauss, l’anthropologique américaine et le structuralisme français comme prédécesseur et antécédents ; n’empêche… seul son ouvrage (on a oublié depuis Simone de Beauvoir dont tout le monde a digéré et intériorisé une partie de son histoire de femme qui n’en serait pas une a priori, à moins qu'elle ne le décide) suscitera un débat public et médiatique, les autres… non ! confinés qu’ils étaient – et sont -, dans des sanctuaires et cimetières intellectuels : là où les idées naissent et meurent de leur belle mort, ignorées du plus grand nombre.

    Notons que Judith Butler, tout comme Simone, est lesbienne mais... en revanche...  pas bourgeoise pour un sou  (comme quoi on progresse mine de rien) ; de plus, elle possède une solide formation philosophique.

    Très tôt, elle sera en rupture avec son milieu familial qui lui donne une éducation religieuse (le Judaïsme) et un idéal : le sionisme : elle fuira très très jeune, en claquant la porte. Aujourd’hui, elle est athée et anti-sioniste même si d'aucuns ne lui en demandaient sûrement pas tant. Qu’à cela ne tienne : un rebelle est toujours plus intéressant qu’un mouton : il vit plus plus dignement, et parfois plus longtemps aussi. Au moins a-t-elle choisi pour elle-même. C’est une femme - oh pardon ! -, c'est un être humain (de genre féminin Judith ?) qui s’est construit ou re-construit, ce qui est tout à son honneur. Et bien des années plus tard, on constatera avec satisfaction qu'elle ne s’est toujours pas embourgeoisée (quand on vous dit que l'on progresse...).

    Sa fuite du cocon familial lui fera très certainement échapper à la psychanalyse et à la psychiatrie en tant que patiente ; vampire et sangsue auxquels sa famille n’aurait sans doute pas hésité à recourir en désespoir de cause. Tout comme la fuite face à un danger mortel, sa sortie fracassante et précoce l’aura donc « sauvée ».

    Elle avait de l’instinct Judith ! C’est sûr !

    Est-ce exagéré d’écrire que Judith Butler intellectualisera et conceptualisera son malaise existentiel et sociétal (cet impératif catégorique de rupture avec sa famille et la société qui, très tôt, l’a exclue et comme expulsée, la condamnant à la marginalité)… avec l’écriture et la publication de « Trouble dans le genre » qui outre ses vertus thérapeutiques pour son auteur… remettra en cause tous les présuppositions fondamentales du féminisme occidental : c’est Simone et ses suivantes, lesbiennes ou non, que Judith culbute par-dessus leur balcon, ainsi que la notion de « genre » inscrite dans le marbre d’une société qui en ignore une autre : celle pour laquelle le genre féminin ou masculin n’est en aucun cas une réponse à leur questionnement.

    Arrivent alors le temps de la vulgarisation et de la diffusion dans les médias de masse des Gender Studies - études de genre qui conduira tout ce beau petit monde à la dissociation de l’identité sexuelle et de l’identité de genre, à savoir :

    - L’identité sexuelle : je suis biologiquement, anatomiquement une femme ou un homme (vagin pour l’une ; queue pour l’autre).

    - L’identité de genre : je me sens homme, je me sens femme… ou bien encore… ailleurs (Queer) indépendamment de mon identité sexuelle (de mon vagin ou de ma queue) : transsexuels, bisexuels, travestis et transgenres : des hommes et des femmes sortis d’un cadre hétérosexuel et homosexuel trop étroit pour eux.

    On remarquera que cette dissociation va bien au-delà de l’opposition traditionnelle : hétéro/homo.

     

                   Judith Butler aujourd’hui nous parle, vingt ans après les faits ; elle a près de soixante ans :

                   « Les études de genre décrivent les normes hétérosexuelles qui pèsent sur nous. Nous les avons reçues par les médias, par les films ou par nos parents, nous les perpétuons à travers nos fantasmes et nos choix de vie. Elles nous disent ce qu'il faut faire pour être un homme ou une femme. Nous devons sans cesse négocier avec elles. Certains d'entre nous les adorent et les incarnent avec passion. D'autres les rejettent. Certains les détestent mais s'y conforment. D'autres jouent de l'ambivalence... Je m'intéresse à l'écart entre ces normes et les différentes façons d'y répondre. »

    Le marketing et la publicité, très bons baromètres sociaux aux enjeux financiers considérables - commerce oblige ! -, ont largement intégré tous les bouleversements dans les « attributs homme/femme » : rôle, pouvoir, tenue vestimentaire…

                  « Il se peut qu'existe une nature féminine, mais comment le savoir ? Et comment la définir? Certes, je peux parler en tant que femme. Suis-je tout entière contenue dans ce mot «femme»? Et est-ce que toutes les femmes sont représentées par ce terme lorsque je l'utilise pour moi? »

    Là, Judith, tu enfonces des portes ouvertes à la réflexion de nos sociétés à ciel ouvert depuis un bon nombre d’années maintenant.

                     « Je pense aux personnes dont le genre ou la sexualité a été rejetée et je voudrais aider à l'avènement d'un monde où elles puissent respirer plus facilement. » A l’heure du mariage gay adopté dans toutes les sociétés occidentales… quant aux autres… transsexuels, bisexuels, BDSM, fétichistes, travestis et transgenres… »

    En ce qui concerne la bisexualité, allez demander à une famille (une mère épouse et ses enfants) de gérer la bisexualité d’un père descendu dans le parking de son immeuble retrouver un amant ou un prostitué mâle avant de remonter partager le repas du soir avec toute sa belle petite famille ; ou bien encore, une épouse et mère descendue dans ce même parking pour se faire godemicher par une copine avant de… (vous connaissez la suite)…

    Certes, cette bi-sexualité doit sans doute être une réalité potentielle, mais... dans un contexte familial (couple avec enfants), doit-on pour autant y succomber ? Au nom de quoi ? Sous prétexte d'avoir des envies de meurtres, doit-on pour autant passer à l'acte ? Que l'on convoite la femme de son voisin, doit-on pour autant tous nous taper les femmes des autres qui se taperont la nôtre aussi ? Quel projet de vie, quel dessein servirait une telle indulgence envers soi-même, un tel laisser-aller ? La jouissance sans entraves ? Avec quelles conséquences ? Et pour qui ?

    Pas évident du tout ma petite Judith de gérer ça en famille ! Alors, tu penses bien… la trans-sexualité… travestis, transgenres … là, tu vas tout faire sauter et je ne suis pas sûr que l’on puisse reconstruire quoi que ce soit.

                    « De même, à propos du genre, nous ne pouvons pas ignorer la sédimentation des normes sexuelles. Nous avons besoin de normes pour que le monde fonctionne, mais nous pouvons chercher des normes qui nous conviennent mieux. »

    C’est bien ce que je disais : il faut des normes ! Mais… attention Judith ! Là, tu vas passer pour une réac !

                    Et cette petite digression, courte au demeurant mais salutaire : « Enlever le voile, pour une musulmane, ce doit être un choix, comme le mariage pour un couple gay: personne ne vous oblige à vous marier, mais on vous en donne la possibilité. C'est une norme, mais ce n'est pas obligatoire. »

    Belle démonstration de tolérance de Judith Butler qui, ici, en France, pourrait encore en remontrer à toute une bande d’activistes intolérants et dogmatiques, fruit d’une idéologie qui, dans les faits, ne vous laissera pas un mètre cube d’air pour respirer si d’aventure vous souhaitez vous en écarter : l’affaire Dieudonné, les injonctions toute républicaine dans sa brutalité, celle des baïonnettes, d’un Vincent Peillon ministre de l’éducation à l’endroit de familles inquiètes quant à la nature du programme pilote « ABCD égalité » nous le prouvent une fois encore… brutalité d’un ministre qui doit très certainement cacher, ailleurs, un laxisme inavouable et une vie du type « double standard » car, comme chacun sait, les tartuffes sont légion en politique ; et plus ils hurlent fort, plus ils tentent de couvrir une réalité dérangeante au possible. Et rien ne les arrête : on pensera à Cahuzac, ministre du budget à la tête d'une compagne contre la fraude fiscale, plaidant son innocence droit dans les yeux d’une Assemblée nationale qui n’a pas osé pouffer de rire car, tous se connaissent et se reconnaissent au premier mensonge.

    Mais, on y reviendra plus tard, ailleurs.

    On notera qu’aujourd’hui Judith Butler ne conteste plus la réalité des genres masculin et féminin et leurs présupposés à la fois biologiques et psychologiques ou psychiques ; le culturel n’occupant plus qu’une place qui ne remet pas en cause le bien-fondé de ces présupposés.

    Ah sagesse quand tu triomphes... c'est tout le bon sens qui triomphe avec toi !

     

    Judith Butler, philosophe en tout genre (52') from Les Ateliers du Réel on Vimeo.

     

     

    ***

     

                     Les années ont passé, «Trouble dans le genre» a continué son chemin, et avec ceux qui étaient motorisés, sa route, sans son auteur.

    Confusion des genres... le malaise s’est accentué lorsque des prétentions universalistes ont été avancées ; prétentions qui ressemblent fort à une injonction d’obtempérer à propos de l’indétermination des genres, voire… de leur non-existence, faisant des hétéros (et des homos aussi, embourgeoisés et pénards) bien assis sur leurs convictions, debout sur leurs deux jambes mais sans arrogance pour autant, des refoulés névrosés ; c’est Knock qui fait son grand retour : un hétéro bien dans sa peau (et un homo), c’est un Queer et un Transgenre qui s’ignorent.

    Il est bon de rappeler que les "gender studies" sont conduites en majorité par des femmes - une explication s'imposera ; elles ont été longtemps brimées -, militantes lesbiennes, célibataires sans enfant qui ont élu domicile dans des campus universitaires à la vie minuscule - microcosme et ghetto -, comparée à un réel sans bornes ni frontières, d'une complexité et d'une diversité gigantesques et insondables.

    Est-ce à dire que toutes ces études seraient leur mauvaise conscience à tous ? Mauvaise conscience qui alors relativise la portée universaliste et la puissance de raisonnement de tous ces acteurs « juges et partie » pour lesquels ces études sont autant un sujet dans lequel s’investir intellectuellement qu’une thérapie ? Pour ne rien dire d'une recherche de légitimation de leurs choix de vie, et de légitimité aussi car, rien n'est plus contraignant et culpabilisant que la marginalité même si l'on se serre les coudes et que l'on se tient chaud les uns les autres dans un entre-soi à la fois sécuritaire et réconfortant, et plus encore, lorsque qu' un désir de reconnaissance sociale vous taraude encore malgré tous vos renoncements, notamment auprès des intellectuels, des cercles universitaires et des médias.

    Certes, on se soigne comme on peut  : soit avec des médocs (merci la psychiatrie !), soit avec un investissement de soi sur soi dans un monde qui n’attend personne au bord de la route et n’écoute qu’une voix : celle du bon sens dans le sens de ses affaires et du contrôle de tous. Encore et toujours le contrôle !

    Tout questionnement est salutaire d‘où qu’il vienne. Ce qui est regrettable, ce sont les conclusions d’un tel questionnement ; conclusions qui confirment la mauvaise conscience qui taraude leurs auteurs.

    Finalement, on se demandera s'il n'y a pas plus "aliéné" qu'un chercheur- chercheuse-militant-militante en "gender studies". Et puis, qui nous dit que tous ces LGBT (lesbiennes, gays, bi-sexuels et trans) ne sont pas les victimes d’un conditionnement culturel ? Cette nouvelle génération-là, post-de- Beauvoir et post-Butler, ne serait-elle pas aujourd’hui hétéro si elle n’avait pas baigné dans une autre culture que celle des LGBT ?

    Quant à prétendre que la remise en cause des "études sur le genre" est réactionnaire… ce qui est réactionnaire c'est de nier qu'il ne puisse jamais y avoir un décalage entre le sexe biologique et l'identité sexuelle d’une personne ; et rares sont ceux qui s'y collent : tout le monde connaît la problématique transsexuelle depuis les années 70 ; la souffrance d'une femme dans un corps d'homme, d'un homme dans un corps de femme.

    Il n'y a pas plus femme qu'une lesbienne finalement ; pour preuve, le fait qu'elle recherche en priorité la compagnie des femmes et non celle des hommes, et le fait qu’elle ne se trompe jamais ; Simone de Beauvoir non plus quand elle mettait dans son lit de jeunes étudiantes. Idem quant à l’homosexuel qui n'envisage pas d'intimité avec une femme. Eux tous ne s'y sont donc pas trompés quant à leur capacité à pouvoir identifier un homme, partenaire sexuel potentiel, ou une femme… selon le cas.

                   A propos de la domination masculine et hétéro... et si cela peut être considéré comme « ringard » de n’être qu’hétéro… on pensera à Beatriz Preciado (auteure espagnole) qui se dit queer : testostéronnée ras la gueule, elle a la réputation de ne jamais se déplacer sans un gode ceinture de 26 cm (rien moins !) avec une seule idée en tête : en faire un usage immodéré sur tout ce qui de près ou de loin ressemble à être humain… à partir de quel âge ? Elle ne précise pas ; et pour les animaux non plus.

    A son sujet, on peut être sûr d’une chose : si elle est queer, elle est aussi et surtout une femme qui n’a qu’un regret : ne pas être un mec obsédé bi-sexuel équipé d’un pénis  de 26 cm de long. Et ça, si c’est pas ringard ou réac comme aspiration, alors, les mots n’ont plus aucun sens.

                  Qu'on se le dise : les hommes existent bien et les femmes aussi. Ceux qui nous le rappellent, et avec quelle acuité et quelle urgence ! sont précisément ceux qui, nés homme, n’ont qu’un désir : être femme ; et celles qui, nées femme, n’ont qu’un souhait : devenir homme.

    Il suffit de se pencher sur leur souffrance à tous - jusqu’à se donner la mort parfois - (même après une opération et un changement d’état civil) -, pour réaliser à quel point l’homme est homme tout simplement parce qu’il ne lui viendrait pas à l’idée de souhaiter être une femme, et la femme… être un homme, en l'absence de tout appel intérieur d'une exigence incompressible pareille à une douleur insoutenable.

    Curieusement, ce n’est pas la norme qui confirme cette loi mais… la rupture avec cette norme qui nous guide, nous tire et nous ramène vers cette loi d’une nature-culture décidément têtue et qui plonge dans le désespoir celles et ceux qu’elle maltraite injustement ; nature-culture qu’il serait vain de dissocier et tout aussi spécieux de dénoncer car après tout, un transsexuel est autant guidé par la nature que par la culture : celle de la civilisation auquelle il appartient et qui lui aura permis l'identification du mal qui le ronge tout en pouvant l’expliciter ( "Oui, je suis bien une femme dans un corps d’homme !"), ainsi que la possibilité de pouvoir en tirer toutes les conséquences ; possibilité encore impensable aujourd'hui sous d’autres tropiques ; la remise en cause d’un état de naissance qui, pour tout le monde, bafoue la liberté car on ne choisit pas son sexe, et qui, pour quelques uns, est à l'origine d'une bévue qui frise la bavure, la nature pour seule responsable.

    Mais alors, qu’il soit donc simplement permis à chaque être humain d’être ce qu’il doit être et qui... pour se tenir debout, fier et digne ! Même si on ira jusqu'à lui conseiller, s'il appartient à une minorité, d'éviter de s'attaquer frontalement à une majorité sans pitié à l’endroit de ceux qui osent semer le doute quant au bien-fondé de ses préjugés, fruits d’une ignorance et d’un manque de compassion chroniques, mais pas seulement : la vérité est un mille-feuilles, et rares sont ceux qui demandent du rab car, avec elle, on est très vite rassasiés.

                  Toujours sur le chapitre du « réactionnaire»… que ceux qui souhaitent encore réfléchir là où plus personne ne se pose de question - le mariage gay fut exemplaire à ce sujet -, en soient remerciés car ils nous permettent d’appeler à la barre la culture, et pas simplement à un "parce que c'est mon choix et que j'y ai droit" infantile et dictatorial qui clôt tous les débats et empêche la rencontre d’esprits éclairés, informés et avisés. Et cette non-rencontre est à déplorer, toujours !

    Et si d'aucuns ont reproché une mobilisation conservatrice déployée avec énergie et détermination : mieux vaut une confrontation musclée, qu'une indifférence aux faits de société ou une adhésion béate irréfléchie et moutonnière.

    Des questions auront été posés et re-posées à l'occasion de ce projet de loi (Elisabeth Badinter, Sylviane Agacinski) qui fait aujourd'hui Loi. Le débat ré-ouvert au sujet de la filiation, de la famille... des notions importantes auront été rappelées à ce sujet. Certes ! Le passé a prévalu chez ceux qui se sont opposés à cette loi. Gardons toutefois à l'esprit le fait que le Passé est une version du Présent, incomplète certes ! mais... notez qu'il s'agit quand même du Présent. Finalement, c'est un peu une partie de notre histoire qui nous aura été contée.

    Quant à ceux d'en face, qu'avait-il à dire, à rappeler sur la famille, les enfants, la filiation, l'adoption... le rôle parental, les religions... pas grand-chose sinon…moins encore, enfermés qu’ils étaient dans un « même droit pour tous » qui n’explique et n’éclaire rien et qui cache très certainement le vide d’une pensée « slogan » et « valise ».

    Face à cette résistance au "mariage homo", personne ne posait et ne se posait plus aucune question ; un seul verdict a prévalu à l’encontre des opposants : "homophobie" et "fascisme".

    Georges Bernanos (pour ne citer que lui) qui se serait opposé à ce « mariage pour tous » aurait-il pour autant donc rejoint lui aussi, le camp des fascistes et des homophobes ?

    A tous, on leur laissera la responsabilité d’une accusation aussi farfelue qu’intellectuellement indigente tout en sachant que l’on préférera de loin des êtres revêches aux moutons bêlants. Et si la contestation d’un tel projet de loi fait exception partout en Europe, cette exception culturelle propre à la France ne nous rabaisse nullement ; cette exception est porteuse d'espoir car elle fait de nous un Peuple encore insoumis. Et par les temps qui courent, ça peut être utile.

                     On accueillera toujours comme une bonne nouvelle tout débat même intolérant ; et personne ne nous imposera un communautarisme contre un autre.

     

    ***

     


    Entretien avec Alain de Benoist sur la théorie... 

     

                 Sans famille (couple stable dans la durée avec enfants), arc-boutés à une conception et une interprétation conflictuelles des différences (de moeurs entre autres) chez les êtres humains, tous ces militant(e)s-chercheuses de l’anti-genre sont-ils seulement encore capables de comprendre sur quoi se fonde la société et comment le lien social perdure ? S'ils sont en rupture avec leurs origines, noyau familial qui les a fait et vu naître et qui les a accompagnés jusqu’à cette rupture, sont-ils néanmoins encore à même de garder à l’esprit que la société moderne, qui regroupe des individus autonomes, tient par la « convention », des usages et des normes au service d’un ordre social qui se doit de rester stable mais non figé pour autant, mû par la volonté d’agir conformément à la raison et à l’intérêt général ? Une raison qui se développe à travers une adhésion à de normes transmises par les institutions et l'Histoire...

    Et que font-ils de cet homme indéterminé, dans un environnement qui le serait tout autant… un environnement fluctuant, aux normes changeantes, voire…privé de conventions, un homme qui se construirait seul au gré de ses humeurs, de ses envies, de ses pulsions… sans aucun souci de l’intérêt général ? Un monde dans lequel seule importerait la préoccupation suivante : « Qu’est-ce que je veux » et non pas… « qui suis-je ? Et qui sommes-nous, nous tous... tous ensemble ? ».

    Si d’aucuns se complaisent dans l’indéterminisme, devons-nous pour autant faire semblant de partager cette complaisance tout en refusant de comprendre ce que l’on sait et tient pour vrai et d'authentique en nous, à savoir : qui nous sommes, et pourquoi ?

    Ou bien alors, nous proposent-t-ils d’organiser la société autour d’êtres humains incapables de se déterminer, des êtres centrés sur eux-mêmes, sur la satisfaction seule de leurs désirs, sans responsabilité envers quiconque, sans chercher à contribuer au bien-être collectif … errant dans les rues, tels des zombies, la dernière relation dite « sexuelle » qu’ils viennent d’avoir ne leur ayant toujours pas permis de savoir qui ils étaient pour eux-mêmes et pour l’autre non plus qui n’en avait sans doute rien à faire… et de son partenaire pas davantage ?

    De plus, la stratégie qui consiste à conspuer la majorité afin de parvenir à trouver sa place en tant que minorité - et plus encore si cette minorité est privée de tout prestige et d'influence -, est une erreur que cette majorité fait payer très cher à quiconque s'obstine à vouloir la discréditer ; quant au choix d'une posture victimaire, déjà très sollicitée sans relâche, il semblerait, aux dernières nouvelles, que l'on ait déjà capté de cette majorité toute l'attention compassionnelle dont elle est humainement capable : premier arrivé, premier servi. Par conséquent, il ne reste que quelques miettes qui combleront difficilement toute espèce d'appétit, pantagruélique de surcroît, de commisération générale pour une cause qui, certes, en vaut bien d'autres.

    Il se pourrait bien que les "gender studies" dans sa composante la plus radicale qui nie le genre, ne soient qu’une version hypertrophiée du féminisme, une sorte d’excroissance : perte de contrôle intellectuel et puis, celui des faits aussi ; insatiabilité : plus, toujours plus de raisonnements et d’affirmations péremptoires qui, là encore, doivent bien cacher une difficulté d’être au monde, et une culpabilité inconsciente ou non ; celle propre à tous les êtres en rupture dans une société du consensus mou et passif.

    Qu'à cela ne tienne : n'oublions jamais que c’est bien la norme qui permet à quelques "happy few", et pour peu qu'ils le soient... "heureux", de s’en affranchir, en sachant que si l’exception est permise, si on peut enfreindre la règle, c’est que cette exception ne la remet pas fondamentalement en question ; et c’est souvent la solidité de cette règle (norme, usage, convention) qui permet de s’en départir en toute sécurité, ouvrant ainsi les portes de la dissidence et de la rébellion au service d’un vivre autrement tout à fait gérable par tous.

                    Aussi, il y a de fortes chances que tous les pourfendeurs du genre aient besoin d’un ordre social solide, qui repose donc sur sa majorité hétéro et sa minorité homo socialement stabilisée – mariage, pacs ; ordre social qui nous protège du chaos d’une indétermination généralisée qui ouvrirait la boîte de Pandore de tous les maux qui jalonnent déjà notre histoire dans son parcours d’une cruauté auquelle la raison ne survivrait pas longtemps.

     

    Pour prolonger, cliquez : Homme et femme assurément

     

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    La théorie du genre : entretien avec Yann... par JaneBurgermeister

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  • "Le fils de Saul" : le retour du cinéma "expérimental" dans le palmarès du festival de Cannes en 2015

     

                       Le meilleur du cinéma est un rapport de force tantôt entre un réalisateur et ses producteurs, et tantôt entre ce même réalisateur et ceux qui fréquentent des salles de moins en moins obscures ; un rapport de force entre ce que ces derniers attendent, tout en sachant qu'ils ne sont aucunement en droit de l'attendre, et le réalisateur qui n'est pas un distributeur de friandises mais bien plutôt, un distributeur de coups de pied au cul et à la face.

                     "Alors, casse-toi spectateur ! Y a rien à voir !"

     

                     Pour sûr ! Le spectateur est l'ennemi mortel du cinéma.

     

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    “Le Fils de Saul”, de László Nemes, vient de recevoir le Grand prix de ce 68e Festival de Cannes

     

                  "Le Fils de Saul”, de László Nemes, réalisateur hongrois francophone, que je viens de découvrir cette semaine, soit un an après tout le monde, est ce long métrage qui a reçu le Grand prix du 68e Festival de Cannes en 2015.

    Ce film signe le retour du cinéma "expérimental" ou tout du moins, un cinéma qui se pose encore des questions de cinéma et cherche des solutions, dans le palmarès de Cannes après de longues années d'absence (1) ; le dernier film expérimental sélectionné fut Elephant de Gus Van Sant en 2003 ; là encore, bien des années après une longue absence de ce même cinéma expérimental ; Elephant recevra la Palme d'or ainsi que le Prix de la mise en scène.

     

                   Le sujet de "Le Fils de Saul", je vous le donne en mille ! Après "La liste de Schindler" (rien à voir avec les ascenseurs du même nom) de Spielberg en 1993 - film vulgaire d'une grossièreté qui s'ignore... parce que démonstratif et complaisant -, et "Le pianiste"  de Polanski - leçon de solfège de la part de néo-nazis hollywoodiens -, et tant d'autres, à raison d'un ou deux par an - films kleenex superfétatoires sans intérêt cinématographique, le plus souvent couronnés d'un échec commercial retentissant parce que... arrive un moment où "Bon, ça va bien comme ça aussi !"...

    "Le Fils de Saul", film d'abord flou puis franchement opaque dans le style "Cachez ces horreurs que je ne saurais voir même si je peux encore les entendre !" re-déroule lui aussi la même pelote de laine ; plus qu'un fil cette pelote : un vrai filon ! Faut croire.

                  Sincèrement, il est vraiment dommage que le retour du cinéma dit d'auteur dans la sélection officielle se fasse sur un sujet aussi éculé (voire... discrédité) jusqu'à la saturation et l'épuisement ; et quand on sait quel projet l'instrumentalisation de cet épisode dramatique de la seconde guerre mondiale a bien pu servir, ici en France et partout ailleurs, depuis des décennies... on pourra déplorer que ce cinéma n'ait pas trouvé d'autres réalités contemporaines à déchiffrer car enfin... le prix décerné au film de László Nemes, après tant d'autres à Cannes et ailleurs, et indépendamment des intentions du réalisateur, n'est-ce pas la récompense que l'on remet au petit soldat d'une cause brandie au-dessus de nos têtes, semaine après semaine, telle une épée de Damoclès, par des salauds voraces et sans scrupules, ici et puis... là-bas, là où vous savez ! Eux tous constituant une véritable insulte à toutes les mémoires ?

    Assurément.

                  Aussi, gardons-nous bien de fréquenter leurs cercles et leurs lieux de pèlerinages et autres sanctuaires commémoratifs de recueillements obligatoires à grand renfort de couverture médiatique au nom d'une mémoire portée et entretenue le plus souvent par des individus qui sont autant d'atteintes à la justice et à la dignité humaines que le mensonge l'est à la vérité !

    Et puis, que les vivants foutent donc la paix aux morts ! Et plus encore lorsque leur appropriation, qui n'est dans les faits qu'une expropriation, ne sert qu'une exploitation éhontée sans précédent dans l'Histoire ; car, là seul réside bien le caractère exceptionnel de cette tragédie née d'une Seconde guerre mondiale aux 60 millions de morts :  son appropriation-expropriation-exploitation sans vergogne.

     

    ***

     

                   Si d'aucuns sortent leurs révolvers quand on leur parle de culture, d'autres, dès qu'ils entendent parler "justice contre le mépris, les discriminations et l'occupation à des fins d'expansion colonialiste" sortent l'artillerie lourde des crimes nazis dans l'espoir de faire taire ces voix de la révolte.

                   Mais alors, où est le rapport, on se le demande encore.

                       Faut dire que... la morale, quand elle est acculée, finit toujours par recourir au crime.

     

    1 - Absence et baisse de niveau dramatique avec des films récompensés en 2014 et 2015 tels que Carol, The lobster, Foxcatcher, Maps of the star...

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                                                   Sinon... à propos du film... et sur le fond :

     

                     Qu’est-ce qu’un être humain ?

    C'est un être capable de se rendre complice et coupable des pires crimes pour rester en vie ne serait-ce qu’une heure de plus, et alors qu'il se sait condamné à mort (voir à ce propos les Sonderkommando), tout en continuant de prier un dieu introuvable car, la religion (avec le foot !), cette sangsue putassière, ne renonce pas facilement non plus.

     

                     Tel est donc le film que le réalisateur de  "Le Fils de Saul”aurait dû tourner alors que ce dernier choisira un autre film : nous montrer 1H47 durant, combien c'est éprouvant de faire partie d'un Sonderkommando.

    Faut dire que László Nemes est un cinéaste qui ne sait pas ce qu'il dit car "Le fils de Saul" force la conclusion suivante : décidément, il n'y a rien à sauver chez cet être dit "humain" - victimes d'aujourd'hui, bourreaux de demain... et vice-versa ! Et puis, faut dire que c'est tellement plus "acceptable et supportable" quand ce sont les autres qui passent à la trappe ! -, d'une lâcheté et d'une bêtise incommensurables. Certes, ce n'est pas là le propos du réalisateur qui semble chercher à provoquer auprès du public un élan à la fois admiratif et compassionnel à l'endroit du personnage de Saul. N'empêche !

    A ce réalisateur, on concèdera ceci : ce dernier n'aurait jamais obtenu de financement si tel avait été son projet (pour rappel : ces êtres humains qui se rendent rendre complices et coupables des pires crimes pour rester en vie !). Mais alors, ne vaut-il pas mieux être le non-cinéaste de films qui auraient dû être tournés plutôt que le cinéaste de films qui ne sont pas à faire et pour lesquels on obtient souvent un financement ?

                     Peu importe dirons-nous ! Que ce jeune cinéaste soit comme tant d'autres avant lui et d'autres après lui, le cinéaste de films qui ne sont pas à faire puisque telle semble être sa destiné... la sienne et celle de nombreux de ses confrères et consoeurs !

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    Pour prolonger, cliquez : Claude Lanzmann pour le meilleur et pour le pire

     

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  • Lise Lucet en entretien chez Thinkerview

     

                 Qui se souvient que « La directive européenne sur le secret des affaires » a été adoptée à une très large majorité (77 %) par le Parlement européen en avril 2016 ?

     

                  A son propos, il est dit ceci : "... pour se faire une idée plus précise des conséquences de la directive, il faudra donc attendre deux ans, le temps qu’elle soit retranscrite par les vingt-huit Etats membres européens dans leur droit national. Puis que les premiers procès fondés sur cette nouvelle législation soient organisés, pour que les juges puissent établir une jurisprudence plus claire et, au choix, lever les doutes ou confirmer les craintes des critiques."

     

                    A l’aune de ce vote et de ses conséquences sur le droit d’informer et d’être informé, qui sera assez fou pour confier la protection et la garantie de la liberté (liberté d'expression et d'information), de la vérité (celle des faits sur un sujet quel qu’il soit) et de la justice (des conditions de vie et de traitement) à un député, et qui plus est à une Assemblée de députés, quand on connaît l’histoire parlementaire de la France (entre autres pays !) de la 3e République à nos jours ?

    Personne ! Bien heureusement.

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    Elise Lucet le 4 mai 2016 par Thinkerview

     

                  A l’écoute d’Elise Lucet, on ne peut pas ne pas la trouver sacrément optimiste… car enfin,  qui peut sérieusement refuser de voir que la moralisation des affaires n’aura pas lieu, pas plus aujourd’hui que demain, et moins encore qu’hier, à l’heure d’un mondialisme qui est aussi et surtout une guerre contre le pacte social européen (Etat providence, droit du travail, liberté d’expression et d’investigation) menée par les Banques et les Multinationales ?

    Aussi, lorsque Lucet refuse de voir que les journalistes d’investigation n’ont jamais été autant en danger qu'aujourd’hui, sans doute pense-t-elle à l’esplanade Henri de France, à Paris… là où se trouve le siège de France-Télévisions, bel édifice architectural, rassurant et cossu, à la moquette épaisse, climatisé en été et chauffé en hiver avec vu sur la Seine et ses bateaux mouches.

    Grand bien lui fasse alors !

     

                  A propos de cette autre question qui touche à l’instrumentalisation des journalistes : quelles informations sont "mises à la disposition" des journalistes d’investigation et des lanceurs d'alerte - à titre d’exemple, se reporter à HSBC et la CIA ? Par qui sont-elles rendues disponibles pour divulgation toutes ces informations ? A quelles fins ? Là encore, Lucet ne semble pas avoir pris conscience de la pertinence de ces questionnements quant à la véracité de ce qui nous est révélé : écrans de fumée, diversions multiples, information destinée à en cacher une autre bien plus importante encore...

     

                 En ce qui concerne le refus de Lucet de voyager en Mauritanie et au Maroc, celle-ci omet de préciser le pourquoi de ce refus : l’Etat français ne cherchera sans doute jamais à savoir quels auraient pu être les commanditaires d’un « préjudice extrême » contre sa personne ; raison d’Etat oblige ! Etat d’urgence et coopération judiciaire aussi ! Coopération précieuse, jamais acquise, qui fait souvent l’objet d’un chantage de la part du Maroc, à propos des jihadistes qui vont et viennent entre ce pays - en tant que lieu de départ, de transit ou de refuge -, et l’Europe.

    Sur le 11-Septembre, et contrairement à ce qui nous est donné à entendre dans l'interview de Lucet, rappelons que la question n’est pas de savoir si ce sujet est tabou chez Lucet mais bien plutôt si ce sujet l’est au sein du groupe France-télévisions.

     

                  Et puis enfin,  rien sur comment Lucet choisit ses sujets d’investigation ; rien non plus à propos de l’audience des émissions d'investigation en général et sur "Cash investigation" en particulier.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Le classement 2016 de la liberté de la presse par RSF

     

     

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