Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

  • L'égalité à la française : un sésame qui ouvre les portes d'un régime de privilèges et d'immunités

     

     

                 La vérité est un mille-feuilles, et rares sont ceux qui demandent du rab car, avec elle, on est très vite rassasiés.

     

    _________________

     

               Si le citoyen français est très attaché à l’égalité, ne cherchez pas, c’est dans l’espoir que cette égalité lui ouvrira des portes qu’il s'empressera de refermer derrière lui, avant de les verrouiller toutes, à double tourEntrée interdite.jpg.

    Car, pour ce citoyen aux origines souvent modestes (mais pas toujours), l’égalité est le seul moyen d’accéder à un statut privilégié dans le secteur privé comme dans le secteur public, et ce faisant, son seul espoir d'intégrer une classe du même nom, à savoir : la classe des privilégiés.

    Deux siècles de ce régime d'exceptions et d'immunités pour les plus privilégiés parmi les privilégiés, ont fait qu’aujourd’hui, on peut affirmer sans se tromper : il ne reste plus une seule porte ouverte pour quiconque, toutes origines sociales, culturelles et ethniques confondues.

     

    ***

     

                 Sans vouloir être désobligeant à son égard, et au risque de paraître franchement grossier, toutes choses étant égales par ailleurs - même si on sera bien en peine de savoir quoi et où -, dernièrement j'ai pensé à une chose : et si ce citoyen épris d'égalité était un petit enfoiré (1) ? Un enfoiré souvent sympathique, certes, mais... un enfoiré quand même ! Et qui plus est, un enfoiré de la pire espèce : de l'espèce qui niera tout en bloc, même sous la torture.

    Dur à cuir et pervers, ce "rebelle" tartuffe d'une mauvaise foi à fleur de peau,  n'a qu'une seule et unique cause : une place au soleil pour lui seul.

    Alors... diable ! Comment ne pas arriver à la conclusion suivante : il y a bien quelque chose de profondément... pourri... au royaume de France. Ce qui expliquerait en grande partie l’absence de solutions à la fois collectives et individuelles ; car, franchement, aujourd'hui, dans ce pays, on aide qui, à mettre (ou à remettre) un pied à l’étrier ?

    VousEgalité à la française Serge ULESKI.JPG en doutez encore ?

    Ecoutez donc un chômeur vous parler de son dernier entretien avec un conseiller de Pôle emploi ; voyez cet employé face à un employeur dont le seul mérite est de créer des emplois de 25H par semaine, payés au minimum horaire ; testez la qualité de l'accueil d'un bénéficiaire du RSA, d'une fille-mère face à une assistante sociale ou bien, d'un titulaire d'une carte CMU dans un centre médical ; voyez ces milliers d'ados et de pré-adultes qui quittent tous les ans (280 000 chaque année), une institution qui, en 10 ans et plus, leur aura tout juste permis de maîtriser l'écrit et la lecture...

    Et puis, rajoutez-y une couleur de peau et un nom venus d'ailleurs...

     

     

    1 - Enfoiré : individu pas foncièrement méchant ni mauvais mais... faut pas lui tourner le dos ; et mieux vaut ne jamais avoir besoin de compter sur lui ; même si l'on ne doit pas oublier la profonde solitude et la fragilité de l'homme moderne, à la fois individualiste forcené (satisfaction de ses besoins) et grégaire (recherche de sécurité dans un groupe) au sein d'une réalité qui a pour fond social : la peur, la précarité et l'instabilité.

    Lien permanent Catégories : politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Prison : délinquance et criminalité

     

               

          L’homme, cette bête humaine qui ne cesse de courir après son humanité comme un chien après sa queue ; insaisissable, plus il s’en rapproche, plus elle lui échappe, étant chaque jour, de plus en plus absent à lui-même et aux autres ; sans oublier les cas où, l'ayant dépassée à son insu, il lui faut se retourner pour retrouver cette humanité qui lui ferait soudainement défaut.

                  Alors que d'aucuns la cherchent encore au fond d'une fosse commune, entre deux génocides, d'autres, hyper-civilisés, en sont déjà à rêver d'un monde au-delà de l'humain, un monde sans alternative aucune, un monde sans mémoire et sans Histoire, un monde sans loi ni police puisque tout y serait "incarné loi et police", à commencer par ses habitants.

                 Même si pour l’heure, l'homme n’a de cesse de déplorer le fait de ne jamais pouvoir parvenir à ce à quoi il se croit destiné - à plus de compassion, plus d’intelligence préventive et plus de générosité : entendez, plus d’humanité -, refusant obstinément d'accepter l'idée que son destin puisse être bien plus grand que lui, intellectuellement prolifique, son énergie n’a qu’un seul objet, à lui-même, caché : la perpétuation de l'espèce, sa propre survie, dans dix mille ans, dans un état de non-être absolu, artefact, grâce à la technique repoussant sans fin les limites de l'imagination et de la morale, pure organisme macroscopique privé de conscience (conscience d‘être, bien évidemment)...

                Car, l'homme n’attendra alors plus qu’une chose de lui-même : qu’il sache fonctionner. Point barre !

     

                      ____________________________

     

     

    « Bon, revenons à notre enquête Roger. Mon rédacteur en chef vous a tout expliqué, je crois ?

    - Oui.

    - Nous nous intéressons à tout ce qui est sordide.
    - J’ai fait de la prison.
    - De la prison ?

    - Oui.

    - C’est sordide la prison, vous croyez ?
    - Oui, c’est bien sordide. C’est sacrément sordide même. Les détenus, les matons, le racket, les viols, la saleté, l’ennui, les visiteurs de prisons. Oui, les visiteurs de prisons, c’est sordide aussi ! Le travail payé à trois euros de l’heure, la misère affective, la solitude ; les suicides aussi, et tout le monde qui s’en fout, sauf la famille quand il y en a une pour pleurer celui qui s'est pendu, parce que faut pas compter sur les détenus, les matons et le directeur pour le faire. Ils n‘ont pas le temps et ils n’en ont pas envie. La prison, c’est sordide et... c’est l’enfer et en enfer, rien n’est possible.
    - Cet enfer, c’est peut-être fait pour dissuader les gens d’y aller ou d’y revenir.
    - Les gens qui se tiennent pénards sont quand même pas... que des gens qui ne veulent pas aller en prison !

    - Continuez !

    - En prison, on ne choisit rien. On subit, à moins d’avoir du blé, beaucoup de blé et des contacts.
    - Du blé et des contacts ? Ben alors, c'est comme dehors ?!
    - Un maton, ça ne doit pas se poser des questions parce que... des réponses... on n’en a pas, et on ne veut pas en avoir. Les réponses ça coûte cher, ça prend du temps et ça bouscule les habitudes et ça dérange les carrières de ceux qui occupent des postes où il est fortement recommandé de ne pas se poser de questions. Le jour où les matons comprendront que leurs conditions de travail sont dépendent des conditions de vie des détenus, alors ce jour-là, notre vie de détenus changera du tout au tout, et la vie des matons aussi.
    - Votre vie de détenu, vous avez dit ? Mais vous n’êtes plus en prison Roger !
    - Peu importe. La prison ne vous quitte jamais.

    - Bien.

    - Les conditions de travail des matons dépendent des conditions de vie des détenus. Avouez que pour ne pas comprendre ça, faut être un maton ou un de leurs représentants syndicaux ! Au lieu de demander plus de sécurité, ils feraient bien mieux de demander plus d’humanité sur leur lieu de travail parce que... de sécurité, ils n’en auront jamais assez.

    - Continuez !

    - Je crois que l’administration et les matons sont complices. On ne change rien et tout le monde garde son emploi : les matons, les directeurs et tous ceux qui travaillent dans le milieu carcéral. L’administration fait des économies en ne changeant rien ou si changements il y a, ils doivent être imperceptibles pour ne pas remettre en cause le travail du maton ; en échange de quoi, les matons s’engagent et quelles que soient les conditions de détention, à faire en sorte qu’on ne parle pas trop souvent des prisons, des détenus, et des conditions de vie dans ces prisons. Ils offrent la garantie que l’administration aura la paix dans ces lieux de détention qui sont des lieux d’échecs et de mort. Je soupçonne l’administration d’avoir la même opinion des matons et des détenus. Tout se tient.

    - Je vois. Dites-moi dans quelles conditions vous me faites travailler et je vous dirai quelle opinion vous avez mon travail. C'est ça ?

    - Oui. Et puis aussi : dites-moi qui vous recrutez comme maton, et je vous dirai quelle formation vous allez lui donner et je vous dirai aussi quelle opinion vous vous faites du métier de maton et quelle opinion vous avez des matons et des détenus. Pour changer les conditions de détention dans les prisons, il faudrait changer les hommes qui y travaillent, car ceux-là sont prêts à y travailler dans n’importe quelle condition... pour les détenus, même si je crois que c’est tout aussi difficile de supprimer les matons que de supprimer la délinquance...

    - Le maton serait donc le revers de la délinquance et de la criminalité ?
    -
    Serait ? Non ! Le maton est ! Il est le revers de la délinquance et de la criminalité, comme la face cachée d’une même médaille. Alors... à quand un procès contre les matons, à la fois pour... traitements inhumains et non-assistance à personne en danger ?

    - Un procès contre les...

    - Oui. Un procès. Après tout, ce sont eux qui, le matin, ouvrent les portes des cellules, non ?! Et puis surtout, qu'ils ne viennent pas nous dire qu'ils n'ont fait qu'obéir aux ordres parce que... là, je leur mets ma main sur la gueule !

    - Je vois. Je vois Roger. Un procès du type... Nuremberg, alors ?

    - Et pourquoi pas ???? Hein ? Pourquoi pas ?! Ne vous moquez pas !

    - Je ne me moque pas Roger. Je vous trouve plutôt ambitieux, ambitieux et optimiste. C'est tout. Mais... c'est bien. C'est très bien, même !»

     

    ___________________

     

    Copyright Serge ULESKI - Extrait du titre : "Paroles d’hommes" - chapitre 3

             

    Lien permanent Catégories : politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Fidel Castro, la casserole de Ignacio Ramonet

     

    Et celle de son mensuel : Le Monde Diplomatique ?

     

    En réaction à l'ouvrage de Ignacio Ramonet qui est allé à Cuba servir la soupe à son... Fidel Castro (Biographie à deux voix, Fayard/Galilée, Paris, 2007).

    __________ 

     

               En tant que lecteur du Monde Diplomatique - mensuel qui dénonce, à juste titre, le journalisme de révérence et de connivence (à ce sujet, on peut se reporter aux ouvrages et aux articles de Serge Halimi qui contribue régulièrement à ce mensuel), voir Monsieur Ramonet servir la soupe à Castro, est d'un comique très particulier : un comique qui ne fait ni rire ni sourire... personne !

     

                Aujourd'hui, la conclusion suivante s'impose : il n'y a pas de journalisme de connivence. Il n'y a que des journalistes dits "de gauche" ou des journalistes dits "de droite" ou bien encore, des journalistes "de nulle part" qui trouveront toujours de bonnes raisons d'épargner ceux qui appartiennent à leur famille de pensée ou bien, à leur classe.  

     

              A quand un journalisme qui ne soit ni de gauche, ni de droite ni de nulle part ? Serait-on tenté de demander !

            

             Dans un autre monde et dans une autre vie, manifestement.      

            
                                                                           _____________________                           

     

       Qu'à cela ne tienne !

     

                 Dix questions adressées à ceux qui en France soutiennent le régime de Fidel Castro (et... à toutes fins utiles : quelques suggestions quant aux réponses).

                                                                       

    ***

     

               1) A des hommes libres - et à certains d’entre eux, en particulier - pourquoi est-ce si difficile de défendre la LIBERTE partout où elle est bafouée ?

     

              2) En ce qui concerne le régime castriste - et même si le peuple cubain, à la parole muselée et sans perspective d’avenir digne de ce nom, a su garder le sourire -, pourquoi la haine envers les Etats-Unis, et accessoirement, l’amour pour le fiasco économique, politique et humain de ce régime, devraient-ils passer, aux yeux de ceux qui en France soutiennent cette dictature, avant la LIBERTE du peuple cubain ?

     

              Fiasco humain car, sans liberté pas d’avenir ! Pas d’êtres humains debout sur leurs jambes, dans toute leur plénitude, chacun selon ses ambitions, ses aspirations et ses capacités d‘êtres humains pour lesquels on crée un environnement et un climat propices à un tel épanouissement ! (Est-il nécessaire de le rappeler ????) 

     

              3) Est-ce que ceux qui soutiennent ce régime suggèrent que la France et toute l’Europe avec elle, tout aussi menacés - sinon davantage encore - par l’hégémonie économique et culturelle "haïssable et hideuse" des Etats-Unis, devraient au plus vite s’orienter vers un régime économique, politique et social identique à celui de Cuba ?

     

              Car, quand on y réfléchit un peu, la pire des choses qui puisse arriver à Cuba, après la chute du régime castriste, c’est une ouverture économique, politique et culturelle qui se soldera inévitablement par un mieux vivre doublé d’un mieux être pour le peuple cubain. 

     

              4) Depuis quarante ans et plus, qu’est-ce que le régime Cubain est capable d’afficher comme réussites économique, politique, humaine et artistique au monde et à yeux de ceux qui en France n’ont de cesse de nous expliquer que "si c’était différent à Cuba, ce serait pire encore" ?

                   Nul doute, d'aucuns s'empresseront de mentionner, au crédit de ce régime : la santé et la lutte contre l'illettrisme.

     

                    Les cubains mourront donc centenaires - mais pour quelle vie ? Quant à ceux qui - lassés de recopier à la main les discours "fleuve" de Castro - voudront tâter de la littérature en toute liberté (cad : en écrire !), il est vrai qu'ils pourront toujours quitter le pays.

     

                     Mais là, sauf erreur de ma part, on n'a toujours pas avancé.

     

                  "Les performances économiques" de Cuba reposent très largement sur l’argent des cubains qui vivent et travaillent aux Etats-Unis et sur la charité internationale.

           

                  En ce qui concerne La Politique : à ceux qui auraient quelques difficultés à appréhender ce concept dans toute son ampleur, je leur conseillerais vivement la lecture de Hannah Arendt dont l’oeuvre n’a pas cessé de répondre à la question "Qu’est-ce que la politique ?"

     

                 Quant à l'Humain : servir l’Homme, c’est lui permettre de s’ouvrir à l’infinité de tous les possibles, loin de toute sélection idéologique ; sélection jugée - et on l’aura remarqué ! - nécessaire et inévitable par ceux qui - coïncidence révélatrice et plutôt fâcheuse ! - n’en seront jamais les victimes expiatoires.

     

                N’en déplaise à tous les idéologues castrateurs : l’Homme sera toujours plus que ce qu’il croit savoir sur lui-même qui n’est - le plus souvent - que ce que l’on a daigné lui enseigner ou bien, ce qu’on lui a laissé espérer... pour lui-même (là encore, est-il nécessaire de le rappeler ????).

     

               Sur ce dernier point, ceux qui savent non seulement regarder et écouter mais... voir et comprendre, peuvent aussi - et surtout ! - se reporter au documentaire de Wim Wenders : "Buena Vista Social Club"

     

     

              5) Au sujet de la Justice Sociale - la démocratie étant seule capable de réunir les conditions favorables à cette lutte qui n’est ni d’hier ni de demain mais... de toujours ! - où ce combat a t-il lieu, aujourd’hui, dans la société cubaine ?

     

                 Ce régime en serait-il exempté ? Ou bien, règnerait-il dans ce pays un tel niveau de justice sociale que cette question ne se poserait même plus ? Le régime Cubain et ceux qui en France le soutiennent, nous feraient-ils "le coup" de la fin de l’histoire à Cuba ?

     

              6) Combien d’années encore l’embargo des Etats-Unis va t-il permettre à ceux qui pardonnent tout à Castro, d‘expliquer la faillite économique et humaine de son régime ?

     

              Encore une fois, quand on y réfléchit, Castro n’a t-il pas tout le loisir de commercer avec l’Amérique du sud et l’Europe ? Mais... encore faut-il que l’économie castriste soit - autant que faire se peut - transparente, efficiente et, par voie de conséquence, digne de confiance. Mais ça... c’est une autre affaire !

     

               7) Quand le régime de Castro s’effondrera - sa police, ses hommes de main, son clientélisme - et que les portes des prisons s’ouvriront (on peut aussi mentionner les risques de "guerre civile" - règlements de comptes de toute sorte entre les cubains de l'intérieur et puis, ne les oublions pas ceux-là - parce que.... eux, ils n'ont rien oublié : les cubains de Miami et leur sentiment que le régime de Castro leur a confisqué et volé leur pays qu'ils ont dû quitter pour des raisons politique, culturelle ou bien, tout simplement économique), que restera t-il comme arguments à ceux qui traînent derrière eux, depuis plus de quarante ans maintenant, cette vieille casserole qu’est leur engagement en faveur de ce régime ?

     

                   Soutien qui en rappelle bien d’autres, tout aussi déshonorants ceux-là : on n’a pas connu un tel fourvoiement dans le domaine de l’engagement politique depuis l’époque où des intellectuels soutenaient un PCF aux ordres de l’URSS, de Staline et des autres - même si, Dieu merci ! les enjeux ne sont pas de la même importance.

     

               8) Est-ce que l’argument d’un soulèvement fomenté par les Etats-Unis permettra à ces mêmes tribuns complaisants, à la compassion parcimonieuse et sélective, de qualifier les prochains insurgés de réactionnaires à la solde de l'Oncle Sam ?

     

                 Et pour finir :

     

              9) Quelles fautes le peuple cubain a-t-il commises pour mériter un sort aussi cruel et injuste - un tel dénuement, un tel abandon, un tel mépris ?

     

              10) Dans les années à venir, quel prix le peuple cubain devra t-il encore payer et... pourquoi ce peuple en particulier ?

                                

    __________

     

     

                 La littérature sur Cuba est abondante : celle des analystes et puis aussi, la littérature de ceux qui ont dû quitter cette île pour, intellectuellement, artistiquement et économiquement ne pas mourir.

     

                Cet article s’adresse en priorité non pas à ceux qui ont de bonnes raisons de soutenir Castro - raisons qui n’ont pas grand’chose à voir avec un souci quelconque pour ce peuple ; mon article s’adresse à ceux qui se sentent obligés de soutenir Castro sous prétexte que des hommes tel que Ignacio Ramonet, qui n'est pas un imbécile, le soutiennent.

     

    ***

     

               L'incontournable Chavez !

     

               Un mot à son sujet : ceux qui comptent sur Chavez pour prendre la relève de Castro (Diable ! Pourquoi les fils dépensent-ils autant d’énergie à ressembler à leur père ?) n'ont pas d’illusion à se faire : dans son combat légitime contre l’hégémonie économique, culturelle et militaire américaine, Pétro-dollars ou pas, Chavez échouera car Chavez est un homme qui divise et qui ne rassemble pas, chez lui - à l’intérieur des frontières du Venezuela - comme à l’extérieur - sur le continent sud-américain.

                Chavez semble n'avoir trouvé qu'un seul allié dans la région : le régime de Castro ; régime par avance, condamné. Et à ce sujet...

                 Rares sont les pays qui, se libérant d'un joug (qu'on situera, en ce qui concerne Cuba, à gauche, avec toutes les réserves qui s'imposent), s'orientent vers ce qu'on pourrait appeler, une troisième voie. Très vite, ces pays libérés... vont au plus fort car ils ont besoin de stabilité, de sécurité, d'une aide économique importante et de cash (et pas seulement d'un pourboire ou d'une aumône).

     

                 Pour cette raison, après la chute du système et/ou du régime castriste (nb : chute indépendante du décès de Castro puisque son système peut lui survivre) Cuba se rapprochera inévitablement des Etats-Unis (et du Brésil qui assurera d'ici-là, le leadership sur le Continent Sud américain).

     

               C'est alors que Chavez se retrouvera bien seul.

     

               Si au Venezuela, les perdants d’hier deviennent les gagnants d’aujourd’hui au détriment de tous ceux qui sous le régime précédent y trouvaient leur compte, et si Chavez n’est pas capable de rallier à sa cause les classes moyennes de son pays, il échouera. Il sera renversé ou bien, c’en sera fini de la liberté dans ce pays puisque Chavez ne pourra se maintenir au pouvoir qu’en la bafouant.

     

                Quant à l’Europe - géant culturel et économique mais... - paradoxe suprême ! - nain militaire et politique (allez savoir pourquoi ! Alors qu'elle possède toutes les qualités requises qui pourraient faire d'elle une Puissance, proposant ainsi une alternative à l'hégémonie américaine), cette Europe-là a encore laissé passer une belle opportunité lors des dernières élections en Amérique du sud. Elle aurait dû se rapprocher de cette région et des états qui, ne remettant pas en cause la liberté, refusent le diktat économique et culturel américain - ce diktat l’a concernant tout autant.

     

     

    _______________

     

     

                Disons-le haut et fort : l’anti-américanisme est au cœur du soutien au régime de Castro. Anti-américanisme inacceptable - celui-là - puisqu’il vit (à Cuba) et SE vit (en Europe) SUR LE DOS du peuple cubain - entre autres peuples.

     

               Si l'on n'est pas capable de penser l'anti-américanisme (hégémonie prédatrice dans les domaines culturel, économique et militaire) sans passer à la trappe la liberté et l'épanouissement des peuples, alors, il faudra expliquer comment, un tel anti-américanisme se justifie... moralement.

                      

                Toutefois, si l'anti-américanisme n'est pas en cause mais... un amour incommensurable pour le Peuple cubain, que l'on me prouve alors que le régime castriste était bien - et demeure - depuis un demi siècle (et pour les siècles à venir sans doute ?) le meilleur régime qui soit et par voie de conséquence, le meilleur régime pour tous les peuples, à commencer par ceux de l'Amérique et Centrale et Latine et du Sud.

     

                 Si d'aventure, ce système est le meilleur qui soit pour le Peuple cubain seul, que l'on m'explique quel est ce caractère propre à ce Peuple (la spécificité donc ! de lieu, d'histoire et de culture) qui fait que ce dernier ne peut espérer et ne doit, en aucun cas, compter depuis un demi siècle et pour les siècles à venir, sur un autre mode d'organisation de vie en société.

     

                   Dans le cas où ce caractère spécifique n'existerait pas, qu'est-ce qui... alors, prédestine ce Peuple à un tel régime depuis plus de deux générations... et ce régime, au soutien, depuis un demi siècle, d'hommes et de femmes dits de gauche qui vivent dans une Europe riche et prospère.

     

                  Une Europe de l'Ouest qui, de 1958 à nos jours, a pourtant permis - sauf erreur de ma part - à nombre d'hommes et de femmes de s’ouvrir à l’infinité de tous les possibles dans les domaines économique, artistique, scientifique et philosophique...

     

                Et ce, grâce à la démocratie.                                         
                               

                  Nous y voilà donc !

     

                La haine contre la démocratie et une économie constituée, en grande partie, d'entreprises et d'initiatives privées, serait-elle la cause de ce soutien ? (Haine derrière laquelle se cache le désir de tout contrôler : les hommes et la production - toute production : production des biens et des services, productions intellectuelle et artistique). 

     

                 Faut-il rappeler à ceux qui se disent de gauche que la démocratie (et accessoirement, une économie d'entreprises et d'initiatives privées, accompagnée d'un Etat fort, d'un Etat présent sur le terrain social, entre autres) c'est, non seulement, la liberté mais aussi et surtout : l'énergie et le mouvement !

     

                Une quête, cette démocratie, pour plus de justice et plus d'opportunités pour chacun d'entre nous ; quête qui parfois, et souvent, doit appeler à la lutte ; un cadre constitutionnel cette démocratie - juridique, légal : que sais-je encore ! - pour que cette lutte puisse avoir lieu sans dommage irréversible pour ceux qui la conduisent (et ceux qui s'y opposent) ; lutte ayant pour but d'obtenir des changements souhaitables, accompagnés de résultats probants ; considérés comme tels par le plus grand nombre.

     

                                                 ***

     

                L’ingratitude !

     

                Quelles conclusions tirer de cette haine à l’encontre d’un mode d’organisation de l’existence qui a pourtant permis à ceux qui soutiennent de tels régimes, de s’entreprendre et d’avenir dans une Europe libre (entre deux soutiens éhontés à Castro - soutien aux justifications toujours plus fumeuses les unes que les autres au fil du temps) ? 

     

                Finit-on fatalement par mordre la main qui vous a permis de vous tenir debout et qui vous a nourri ?

     

               (Il n'y a que des intellectuels nés dans une démocratie pour faire l'éloge d'un régime tel que celui de Castro. Demandez donc aux intellectuels des pays de l'Est libérés ; ils ne leur viendraient pas à l'idée de soutenir de tels régimes !)

     

                Ceux qui sont nés dans ce mode d’organisation de l'existence qu'est la démocratie (liberté pour tout être humain d'entreprendre, de s'entreprendre et d'advenir), seront-ils les derniers à le défendre ?

     

                Ou bien, y a-t-il chez eux le désir de jouir seuls de ce bien en en privant les autres ? (Tout comme ces dictateurs qui se sont entrepris et qui sont advenus au détriment de ceux dont ils ont un jour contrôlé les vies pour mieux les amputer ! En tant qu’être humain, Castro a pu advenir et se tenir debout... mais pour son seul bénéfice).

     

                  Par conséquent, y aurait-il chez ceux qui, dans les démocraties, soutiennent le régime de Castro et tous les régimes de cette nature (qu'ils soient dits de droite ou de gauche), des autocrates - voire... des despotes - par procuration ? Castro étant un des derniers à pouvoir assouvir ce penchant chez ceux qui se disent de gauche ! 

     

     ___________________

     

                  Faute de pouvoir conclure sur toutes ces questions, tout en leur accordant le bénéfice du doute...

     

                Empressons-nous de suggérer à ceux qui entretiennent depuis tant d'années avec le régime castriste des liens si étroits, de se rapprocher de tous ceux qui, à Cuba, - et même s'ils se gardent bien de l'afficher - reconnaissent la nécessité d'en finir avec cette haine de l'initiative et de l'entreprise privées et de cesser de penser que la démocratie renforce inévitablement l'hégémonie culturelle, économique et militaire des Etats-Unis. 

     

               C'est là, sans aucun doute, le meilleur service que ceux qui soutiennent Castro depuis un demi siècle, puissent rendre au Peuple cubain.

     

    ***

      

               Tout en gardant à l'esprit que le Brésil est le meilleur des alliés sur le long terme (et non Chavez), c'est tout un continent qui attend Cuba !

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • De Louise Bourgeois à Jeff Koons en passant par Annette Messager

    Dernièrement - dieu sait pourquoi -, j’ai pensé à Louise Bourgeois et à son araignée intitulée "Maman" ; sculpture qui, à mes yeux, n'a qu’un seul mérite : celui d’être monumentale (ce qui n'est pas une qualité en soi, bien évidemment) car, pour le reste…

     

     

    J’ai pensé aussi à son expo, celle de Beaubourg, en mars dernier ; expo qui peut se résumer à une vidéo bavarde et complaisante diffusée sur un écran devant lequel des fauteuils confortables ont été placés, le tout disposé à l’entrée de la dite Expo comme pour dissuader quiconque d’aller plus loin.

     

    Dans tous les cas, une "artiste" dont « l‘œuvre » est à chercher sous la moquette épaisse d’un salon cossu ou sous les lattes étriquées d‘un parquet ciré ; et le commissaire de l’expo ne s’y est pas trompé - même involontairement -, en installant ces fauteuils et ce téléviseur.

     

     

     

    Pour rester avec Beaubourg* qui, manifestement, ne souhaite pas être en reste avec quiconque cotise à la MDA (Maison des artistes - organisme agréé par l'État pour gérer le régime de Sécurité sociale des artistes) : Annette Messager.

     

    Après le stade oral et le stade anal, voici venir le stade « peluches et souffleries ».

     

    Dis ! Annette ! Franchement, à ton âge, hein ? T’as pas honte ?

     

     

     

    Jeff Koons maintenant.

     

    Ce blaireau rémunéré à coups de millions de dollars (aussi riche, sinon plus, qu’un joueur de basket de la NBA), cet ancien trader est annoncé au château de Versailles en septembre ; alors... attendez-vous à… petit lapin, homard et cœur géants.

     

    Vraiment, je suis impatient de lire les papiers des journalistes qui, le moment venu, seront dépêchés sur les lieux (et celui de Mediapart aussi, et surtout !) ; personne n'étant épargné par l'automatisme d'une approbation aussi irréfléchie qu’injustifiée, nul doute, leurs articles ne manqueront pas de mentionner un Koons sulfureux, un Koons futé et drôle avec ça, et irrévérencieux et tellement cocasse dans ce lieu insolite et... et... et...

     

    Mon cul !

     

    Alors oui ! Mille fois oui !

     

     

    Confronté à toutes ces figures d’une scène prétendument artistique que des journalistes moutonniers n’hésitent jamais à encenser, à quand une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte et du crachat, courage d'une main, désespoir et colère de l'autre, face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres ; foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui à son tour embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et jean-foutres.

     

    Mille événements - en veux-tu, en voilà ! - proposés par des commissaires bavards et suffisants parce que... dans le meilleur des cas, franchement et tout bonnement carriéristes, et dans le pire, snobs mais tragiquement incultes, même bardés de diplômes issus d’universités-dépotoirs et d‘Écoles nationales de Dieu sait où et de Dieu sait quoi qui ne peuvent refuser quiconque se présente avec en poche un sésame qui a pour nom : le Bac.

     

     

     

    *) N’est-ce pas ironique de constater que l’exposition René Char à la BNF aura été bien plus proche de l’idée que l’on se fait de l’Art, de l’Artiste et d’une Oeuvre que toute autre expo à Beaubourg, ces derniers mois ? La poésie volant au secours d’un art aujourd’hui indigent parce que.... sans mémoire et sans culture.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

                                                                                ***

     

     

     

     

     

     

    Toute cette production tapageuse et vaine, c'est Warhol qui a triomphé de Picasso, César de Rodin, un Rodin qui pourtant avait pris soin d’ouvrir en grand toutes les portes qu’un César s’est empressé de refermer sur un univers concentrationnaire...

     

    Tout ce ramdam, c’est aussi - dans une longue liste qui n’épargne aucun art ni aucune discipline -, John Cage qui a triomphé de Boulez, Houellebecq de Jean-Edern Hallier et de Maurice Clavel, un BHL et un Finkielkraut pour triompher et de Sartre et de Camus et de Deleuze et de Foucault et de Derrida...

     

    Et pour finir - un malheur n‘arrivant jamais seul -, c’est aussi Mitterrand et le PS qui ont triomphé de Jaurès, Renaud de Léo Ferré, le Rock du Blues, et Guillaume Durand... de Personne.

     

     

     

    ***

     

     

     

    Mais... voilà que j'entends des voix ; elles me demandent... surtout de ne pas m’inquiéter car, personne ne nous demandera des comptes.

     

    Dieu soit loué ! Personne nous demandera d’avoir honte quand il sera temps de passer la main car, ce qu’on ne vous a pas transmis ne peut en aucun cas vous manquer : un art d’aujourd’hui... pour demain qui renvoie aussi à celui d’hier, comme pour nous rappeler d’où l’on vient et sans qu'il ait été nécessaire d'y être allé ni d‘en revenir.

     

    Un art intransmissible parce que... sans métier ce tapage auquel il nous est demandé d'adhérer ou bien, de nous taire et de disparaître. Car enfin... allez transmettre des peluches, des homards, des pouces et des araignées géantes et sans objet ! Allez donc transmettre des concepts qui feraient hurler de rire n'importe quel étudiant en 1ère année de philosophie et nos penseurs mêmes les plus pusillanimes et les plus indulgents !

     

     

     

    ***

     

     

    Querelle des Anciens contre les Modernes ?

     

    La bonne blague !

     

    Grande bataille des idées neuves contres des idées anciennes ?

     

    Encore faut-il qu’il en soit question car, pour ma part, je n’ai pas vu d’idées dans toute cette production !

     

     

    Rien de surprenant à cela : le plus souvent, nous avons affaire à des « artistes » qui n’ont pas idée, justement !

     

     

    Mais alors, cet art sans idée, sans art ni artiste sert quel Art ?

     

     

    Avec Duchamp, on avait l’audace, le courage, une radicalité assumée et salutaire ; le flair du prophète, mais aussi : l’hilarité et le scandale.

     

     

    Aujourd’hui sans vision, la production de ces poseurs que l’on nous impose, ne dépasse guère le plus souvent le cadre des toilettes et/ou celui d’une chambre à coucher aux murs tapissés de jeunes filles en fleurs ; le nombril aussi et plus bas encore mais... jamais plus haut.

     

     

    A la trappe l’Universel ! Quid d’une tentative de sortir de soi et de son environnement immédiat : qu’il soit mental et /ou géographique.

     

     

    Non ! Aucune vision digne de ce nom : celle d’un monde, celui d’hier, d’aujourd’hui et pourquoi pas, un monde pour demain ; artistes visionnaires, novateurs et précurseurs.

     

    Pire encore, on cherchera en vain un savoir-faire pour défendre quelle que valeur esthétique que ce soit.

     

    Oui ! Un savoir-faire : celui de l’artisan et de son métier ; sueur, larmes et sang ; efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration ; témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus.

     

     

    ___________

     

     

     

    Là, maintenant, je pense à nombre d‘artistes, rencontrés à l'occasion d‘expositions ; je revois un Français d’origine russe, Sacha, âgé de 35 ans - vous lui en donneriez 50 ; RMiste, il a pour atelier une chambre d’hôtel de 8m2.

     

    Je pense aussi à un artiste peintre du nom de Heinrich ; un homme couvert de toiles, à défaut d’honneurs, et qui a derrière lui cinquante ans de peinture.

     

    On me dit qu’ils sont des milliers tous ces artistes, tous RMistes ayant tout sacrifié pour servir un art qui aurait dû être leur métier ; artistes recalés ou bien, évincés de la Maison Des Artistes, faute d’être capables de déclarer suffisamment de revenus qui auraient pour origine leur production artistique ; eux tous, année après année s’épuisant sur une toile et son châssis, sur une forme, une figure, une teinte ; eux tous encore, à battre la matière comme on bat le pavé, et la misère comme on bat la mesure, et sa coulpe aussi puisque tous ces artistes vous diront qu’ils n’ont pas à se plaindre : leur « on nous a rien demandé, après tout » cachant tant bien que mal un sentiment de culpabilité face à leur inutilité et sociale et économique et commerciale et médiatique et... et... et...

     

    Artistes anonymes, dans nos villes, dans nos quartiers, dans notre rue, souvent seuls, et pour certains d'entre eux, en rupture, incompris de leur famille depuis longtemps déjà ! Artistes à la pitance et à la sépulture plus qu'incertaines (en effet, qui les enterrera et comment ? Même si l'on ne doit jamais désespérer ni jurer de rien).

     

    Alors vraiment : comment ne pas leur adresser un sourire et une poignée de main fraternels ? Comment refuser le verre de vin qu’ils vous tendront lors de vernissages quasi confidentiels, par la force des choses ? Comment ne pas les aimer tous ces stakhanovistes de l’Art, chacun dans leur discipline, toutes techniques confondues - et les plus innovantes parfois aussi - car, ils m’ont rendu ce qu'il ne faut jamais perdre : le goût de l’effort et le toucher immédiat de l‘esprit qu‘est le talent lorsqu'il s'appuie sur une ascèse indéfectible et un Art de force, de témérité et de victoire.

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Nîmes, une ville que c'est pour rien !

     

     

                      En me rendant à Nîmes, je retouvre une ville que j'ai laissée, voilà quelques semaines ; une ville que je retrouve toujours en l'état, et ce quelle que soit la durée de mes absences.

     

                    Ah ! Nîmes ! Ville éternelle ! Rome, pour un peu ?

    Nîmes et ses trottoirs sur lesquels tout au long de l'année, été comme hiver, les personnes âgées se fracturent les jambes, et plus particulièrement, celles qui n'ont pas la chance de vivre dans le quartier qu'il faut , le bon, le beau, le seul quartier qui vaille, à savoir : le centre ville qu'un boulevard circulaire isole.

     Ilot de commerces, ce centre ville aux trottoirs irréprochables, aux appartements cossus, et par voie de conséquence, bourgeois ; précisément ceux qui renouvellent sans faillir, tel une fatalité tragique, le mandat de l’équipe municipale.

     

    ***

     

                      Soyons clairs ! Disons les choses !

    Dans cette ville, seules les femmes sont dignes de respect ! Et pas n'importe lesquelles : femmes et filles issues de la communauté Harki, et les beurettes jeunes et moins jeunes qui battent le pavé et les entreprises à la recherche d'un emploi, besogneuses, à servir en brasserie du matin au soir, ou dans les commerces (quand on les accepte car, il ne faut surtout pas froisser les préjugés des quinquagénaires de la bourgeoisie dans la filière du prêt-à-porter féminin).

    Les hommes, eux, assis aux terrasses des cafés, renouvellent leur consommation une fois toutes les quatre heures... tout fauchés qu'ils sont !

                       (Les créations d'emplois à Nîmes - m'a-t-on murmuré à l'oreille - seraient dignes de celles d'une ville moyenne appartenant à un pays tel que... le Bangladesh)

     

                         Une consolation tout de même : je n'aurai jamais plus à me rendre à Nîmes, notre mère quittant définitivement cette ville.

    Aussi, en guise d'adieu qu’il me soit permis d’adresser un vibrant... Olé ! Au passage du taureau, et sous la cape, le coude bien haut, entre trois renvois, deux vomis et un rendu...

                        A cette ville pour rien, à cette ville pour si peu, à cette ville pour personne.

     

     

    Lien permanent Catégories : politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Qui écoute encore Leïla Chahid ?

     

     

    Très prisée par les journalistes, très courtisée Madame Chahid, toujours !

    Vous avez remarqué ?!

    __________________________

     

             Digne représentante de la JetSociety palestinienne, seule bénéficiaire des accords d’Oslo ; et grâce à ces accords, Leïla Chahid peut enfin se déplacer sans être inquiétée : toujours entre deux avions - Paris, Londres, Berlin, Madrid -, allers et retours incessants, tailleur Chanel, cocktails, réceptions, le tout aux frais de la princesse qu’est la Communauté européenne...

    Et puis, toujours courtoise Leïla, toujours "très comme il faut" à la télévision, à la radio, même confrontée à des interlocuteurs qui n’ont pas cessé de balader et d’humilier le Peuple palestinien depuis plus de quarante ans...

    Et à quel prix pour ce Peuple ! ! !

    Alors... vite ! Et sans rire...

    Rêvons d'une ou d'un porte-parole du Peuple palestinien en guenilles et savates, façon Gandhi !

    Intransigeant, façon Mandela !

    Avec panache, façon Fanfan la Tulipe (Gérard Philippe dans le rôle-titre ou plus récemment, Vincent Perez)

    Oui, sans rire ! Vite ! Et... au plus vite !

     

    ***

     

                    Quiconque, aujourd'hui, n'est pas en colère, est soit un salaud, soit un imbécile, soit un escroc.

     

    Madame Chahid à toutes les raisons au monde d'être en colère ; or, on pourra la trouver plutôt sereine, alors que son peuple crève de faim, et qu'il crève.. tout court (voir les rapports des ONG) !

    Madame Chahid n'aurait-elle pas qu'un devoir aujourd'hui : se trouver au plus près de son peuple, à risquer sa vie comme lui, tous les jours ?

    Sa fonction de porte-parole est d'un pathétisme qui n'a d'égal que son inaptitude à pouvoir témoigner sur les lieux mêmes, jour après jour, sans relâche, de la condition de martyr du Petit Peuple Palestinien. Et si un jour, Leïla Chahid (et d'autres avec elle) s'était reconnue une obligation de résultats, nul doute, elle aurait été démissionnaire depuis longtemps déjà !

    Car enfin, qui nous parlera du drame de cette dissymétrie tragique entre les "représentants" du Peuple palestinien et ceux de l'Etat israélien quant à leurs capacités respectives d'expression, d'explication et de représentation ? In fine , c'est toute la crédibilité de la cause palestinienne qui, année après année, s'en trouve érodée, faute de résultats, de progrès et de réelles perspectives d'avenir.

    A la longue, les perdants, toujours perdants, aux élites auto-indulgentes quant à leurs insuffisances, jusqu'à l'acceptation tacite de leur propre impuissance, finissent toujours par lasser nombre de leurs partisans ; lassitude qui viendra assombrir le combat de ce Peuple, aujourd'hui martyr de toute une région et de ses propres « élites et leaders »...

                   Car... pour ce Peuple à la destiné injuste et cruelle, il semblerait que le verdict soit tombé il y a longtemps déjà : ce sera... pas de réussite, pas de soutien et pas de pitié.

     _____________________________

     

    Pour prolonger... cliquez Israël et son Etat

    Lien permanent Catégories : Israël : judaïsme, sionisme et colonisation 0 commentaire
  • Claude Lanzmann, pour le meilleur et pour le pire

                    

    ob_53fe04_1985-aff-shoah.jpg

     

                  Pas facile de se libérer pour re-voir Shoah de Claude Lanzmann. Je profite des vacances pour visualiser ce documentaire d’une durée de neuf heures trente qu'on ne présente plus et que je n'ai pas revu dans son intégralité depuis 15 ans.

    Je m’installe : la projection devra commencer à 9h le matin car je sais - pauses incluses -, que j’y passerai la journée.

     

    ***

     

                 Contrairement à ce qu'écrivait Simone de Beauvoir lors de la sortie de Shoah en 1985, (« Pour la première fois, nous vivons l’affreuse expérience dans notre tête, notre cœur, notre chair, et cette expérience devient la nôtre» - sans doute a-t-elle livré à la postérité ce commentaire à titre de prestation compensatoire : pour avoir été une planquée à Radio-Vichy, pendant l‘occupation. Allez savoir !) l'expérience de ce documentaire ne sera jamais vraiment la nôtre car, la chair indemne, on ne peut que demeurer spectateur.

    Shoah, une commande de l'Etat israélien à Lanzmann,  nous montre des rescapés, des témoins, quelques bourreaux, et avec minutie : transport des déportés, convois, trains, camions, voies ferrées, routes, camps, topographie des lieux, organisation, identification, écoutes des victimes, visages, voix…

    Si ce documentaire est un outil qui nous permet de comprendre comment la déportation d'un grand nombre de Juifs a été perpétré, à défaut d’un "comment cela a-t-il été possible et pourquoi ?" - les réponses à ces questions, c'est chez Arendt et Primo Lévi qu'on ira les chercher -, au fur et à mesure de son déroulement, là, sous mes yeux, un autre malaise me saisit : le réalisateur semble profiter de l’opportunité d'un documentaire pour tenter subrepticement de faire le procès de tout un peuple (1): le peuple polonais (celui du Nazisme n’étant pas nécessaire puisque Nuremberg s’en est déjà chargé).

    Absence de compassion et de solidarité, voire même… réjouissance à l‘idée de voir les Juifs de Pologne disparaître corps et biens ; au fil des minutes et des heures, ce documentaire semble s’orienter vers une tentative de mise en accusation du peuple polonais dans son ensemble : peuple pourtant occupé, vaincu et martyr, tout à la fois.

    En effet, difficile de trouver, dans ce documentaire, un Polonais qui ne soit pas antisémite.

    Plus souvent interpellés et gardés à distance de la caméra et du micro de Lanzmann que réellement interviewés, tout en cherchant à créer un climat propice à toutes les confessions de la part de Polonais très très moyens et vivant en milieu rural, Lanzmann n'a qu’un souci, à la motivation sournoise, subtilement mâtinée de mépris, plus proche du règlement de comptes que de la recherche d‘une quelconque vérité concernant la nature humaine : confier à ces quelques Polonais triés sur le volet, le soin de débiter des préjugés anti-sémites bien établis et ronflants, un rien pantouflards, insistant sans relâche, les relançant, s’acharnant lorsqu‘il n‘obtient pas d‘eux ce qu‘il croit devoir attendre et surtout, entendre...

                   (Pour la traduction de ces séquences, j'ai fait appel à un ami polonais ; en effet, je ne souhaitais pas me contenter de la traduction qui nous est proposée)

    Certes, on m’objectera - ou bien alors on ne m’objectera rien, ce qui est tout à fait possible : Shoah n’est ni un travail de journaliste, ni un travail d’historien, ni d'intellectuel, ni…

    Soit !

     

    1 - Article sur la relation entre Lanzmann et un résistant polonais, Jan Karski qui collabora au documentaire Shoah à propos duquel il déclara en1986 : « Shoah, est une vision biaisée de l'Holocauste ; Lanzmann a fait en sorte que l’on ne puisse jamais voir un Polonais qui ne soit pas antisémite ».

     

    ________________

     

     

                Quelques années plus tard, avec "Tsahal", documentaire imbécile à la gloire de l‘armée du même nom (quand on sait que c'est l'occupation et la colonisation par l’armée de Tsahal de la Cisjordanie qui condamne le peuple israélien depuis 67 à ne jamais connaître la sécurité ni la paix), notre documentariste consacrera cinq heures à cette armée israélienne - armée culte à défaut de documentaire culte.

    On aura même droit à pas mal d'âneries, du style : "Notre armée est pure (...), elle ne tue pas d’enfants. Nous avons une conscience et des valeurs et, à cause de notre morale, il y a peu de victimes [palestiniennes]"…

    Non contradictoire, véritable outrage à la vérité factuelle, le plus souvent, ce film de propagande est d’un ennui ferme pour quiconque sait voir un tout petit peu plus loin que le bout de son nez… comme - mais ce n’est qu’un exemple -, être capable d'établir des relations de causalités tout en cessant de prendre les effets pour les causes ; et puis aussi, faire preuve de clairvoyance en étant à même, un tant soit peu, de les prévoir… toutes ces causes aux effets dévastateurs - et dans ce domaine, les précédents ne manquent pas : il suffit de se pencher sur l’histoire coloniale européen.

    Intellectuellement faible mais... documentariste habile et déterminé, avec Lanzmann, une vision manichéenne du monde semble dominer, doublée d‘une vision à la fois presbyte et myope.

    Aveugle Lanzmann ?

    Directeur de la revue Les Temps Modernes qui prend aujourd’hui comme un sacré coup de vieux (ou d'ancien), l’engagement anti-colonialiste de Lanzmann (il fera partie des signataires du Manifeste des 121, qui dénonce la répression en Algérie de 1957), et la fréquentation de Sartre et de Simone de Beauvoir ne lui auront donc été d’aucune utilité et d'aucun secours… ou bien alors, cette dernière fréquentation serait-elle responsable de la cécité dont souffrirait Lanzmann ? Et c'est bien possible, après tout : relents de manichéisme stalinien dans la pensée de tout ce beau petit monde ?!

     

    ***

     

            Pourquoi hésiter à le dire ?! N'est pas Hannah Arendt qui veut ! Je pense à son étude sur le totalitarisme et l’aptitude de certains régimes à détruire la volonté des individus, ainsi qu'à son étude sur le mal, ou plutôt, son étude sur les ressorts du mal et de sa banalité dont aucun peuple, aucune culture et aucun Etat ne peut prétendre être à l‘abri, sûr de son bon droit...

    En effet ! Les cours d’assises et les cours internationales regorgent d’individus qui avaient tous de "bonnes raisons" de penser et d'agir comme ils l'ont fait.

    Et là encore : n’est pas Primo Lévi qui veut ! Son ouvrage "Si c'est un homme" explique, à la manière d'un sociologue, la déshumanisation, l’absence de solidarité et de compassion dans les camps, les stratégies et les tactiques machiavéliques - seules conditions pour assurer sa survie -, la culpabilité des survivants…

    Nul doute à ce sujet ! Avec ces auteurs, c’est une nouvelle compréhension de cette nature humaine labyrinthique (et toujours innovante !) qu‘est la nôtre, qui nous est proposée : nature en trompe l'oeil, dissimulatrice, accapareuse et rétentrice, cruelle au besoin et toujours prompte à l’oubli.

     

    ***

     

              Lanzmann aura été confronté à trois peuples martyrs. Les voici, dans l'ordre chronologique (liste non exhaustive, bien évidemment et puis… vous pensez bien !)

    - Le Peuple juif dont il fait partie.

    - La Pologne - cette Palestine européenne ! -, et les Polonais (2) : rappelons que résidait en Pologne la plus importante communauté juive d’Europe ; il aura donc bien fallu que la Pologne les ait accueillis à un moment ou à un autre tous ces juifs (au 15è siècle, ce fut fait), et que d'autres pays d‘Europe ne se soient pas trop pressés d‘en faire autant - quand ils ne les auraient pas tout simplement priés d’aller voir ailleurs si cela se faisait que d’être juif ; sans oublier les nombreux enfants des familles menacées d'extermination qui auront été confiés à des familles polonaises catholiques ; lesquelles se seront acquittées de leur responsabilité avec honneur.

    Et pour finir…

    - Le Peuple palestinien, un Peuple humilié, sans considération et sans droit qui perd toutes ses batailles  mais qui reste en vie et qui dure et ne cesse de durer, vaincu par un Etat colonisateur sans scrupules qu‘est Israël ; et l‘engagement si peu légitime et honorable  mais compréhensible de Lanzmann au côté de la politique de cet Etat.

                Or, de ces trois peuples martyrs, Claude Lanzmann n'en aura reconnu qu'un seul : son peuple ! Les Polonais et les Palestiniens n'étant à ses yeux que les bourreaux du peuple juif.

    Arroseur arrosé, l’accusation portée contre les peuples polonais et palestinien pouvant lui être très facilement retournée, la Shoah aura fait de Claude Lanzmann un tartuffe de l’élévation de la conscience humaine, lui-même s’étant trouvé tout juste dans la moyenne (sinon, en dessous) quand il s‘est agi d’être capable de faire preuve de compassion, de solidarité et de compréhension envers les peuples polonais et palestinien.

    Si l’expérience d’un Primo Lévi et de quelques autres aura permis à ces auteurs de se hisser jusqu'à l'Universel, éclairant telle un phare notre conscience, réveillant telle une semonce cette même conscience propre aux humains - ce dont l’Humanité a tellement besoin ; elle qui ne cesse d’osciller entre sainteté et démons pour finalement trouver un équilibre dans un entre-deux toujours précaire, en revanche, Lanzmann n'aura pas échappé à cette règle, décidément récurrente, qui fait de l'être humain un être à la compassion intermittente et sélective...

    Car, confrontés au travail de ce documentariste, ce dont il nous est demandé d’être les témoins c'est de la chape de plomb d’une conscience humaine universaliste absente et du triomphe de l'égoïsme et d'une haine à peine contenue, dans une vision communautariste à la raison débilitante...

    Contre le poids plume d'une humanité capable de réconciliation et d’accalmie dans une élévation qui laisse loin derrière elle une bêtise revancharde, fruit d'un ressentiment stérile, castrateur de toute pensée et de son développement, la privant de maturation et de justesse.

                 Souvent présenté en France comme un intellectuel jouissant d'une autorité qui se voudrait morale, comment ne pas voir en Claude Lanzmann un documentariste partial, vindicatif, manichéen et partisan du plus petit commun dénominateur qui soit : celui de "La communauté" (3) comme seul espace digne de considération : unique espace d'épanouissement, de développement - et de jouissance, au sens lacanien.

     

    2 - Se reporter à l'ouvrage de l'historien Timothy Snyder :  Terres de sang ainsi qu'aux événements de l'Insurrection de Varsovie et au film "Kanal"de Wajda en 1957 : des Polonais de tous âges entassés dans des caves brûlés vifs au lance-flammes ou bien gazés dans les égouts de Varsovie.

    3 - A ce sujet, difficile de ne pas penser aux alliances consanguines ; et dans le cas qui nous occupe, on parlera d’endogamie avec pour conséquences, des risques accrus de dégénérescence… intellectuelle : augmentation des risques d’infertilité et de cécité pouvant conduire une communauté au déclin (le XXIè siècle sera-t-il le siècle de ce déclin ?) ; on aura à l'esprit des domaines d’exceptions tels que les sciences, la philosophie, les arts..., domaines réservés le plus souvent à des individus intellectuellement et culturellement assimilés (Le génie d'Einstein est inconcevable sans le travail scientifique de ses prédécesseurs, non juifs, et l'assimilation de leurs contributions par ce même Einstein) ; tout en gardant à l'esprit que le risque de dégénérescence est plus grand encore après  le génocide des nazis et la création de l’état d’Israël qui ont eu pour effet d’augmenter le niveau de conscience d’être juif au présent.

     

    ________________

     

    simone.jpg

     

     

     

     

     

     

    Au sujet de la relation Lanzmann - Simone de Beauvoir...

    Tragique ironie !

    L’acharnement aveugle d’un Lanzmann dont la démarche - comme nous avons pu le voir -, semble le plus souvent plus proche du règlement de comptes que de la recherche d‘une quelconque vérité concernant la nature humaine, cacherait-il une culpabilité inconsciente eu égard à son attachement à une Simone de Beauvoir (sans oublier Sartre) qui, pendant l’Occupation, et alors qu'elle est employée à Radio Vichy, incarnera à la perfection cette classe privilégiée et éduquée restée supérieurement indifférente aux lois anti-juives et à une rafle du Vel d’Hiv qui enverra à la déportation et à la mort : 13 152 juifs ?

     

    __________________

     

     

    Lien permanent Catégories : Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu