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  • De la spécificité de la peine de mort aux Etats-Unis

     

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                 Troy Davis, 42 ans, condamné à mort en 1991, a été exécuté mercredi 21 septembre 2011 dans l'État de Géorgie en l’absence de preuves matérielles, près de 20 ans après les faits et alors que 7 témoins sur 9 se sont rétractés (1).

     

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                 L’exécution de Troy Davis soulève une fois de plus la question de la peine de mort aux Etats-Unis ; question éminemment sociale et culturelle et accessoirement politique... mais si peu en comparaison quand on connaît l’unanimité de ce châtiment dans toutes les couches de la société américaine.

    Cette exécution révèle aussi au grand jour la spécificité de cette peine capitale : en effet, la peine de mort aux USA n’est en rien comparable à la peine de mort disons… dans un pays comme l’Iran.

    Condamné en Géorgie, à propos de l'exécution de Troy Davis, on voudra bien laisser de côté le soupçon de racisme d’un Etat anciennement esclavagiste car, si la machine judiciaire américaine en général et celle de cet Etat en particulier semblent non pas aveugles mais incapables de se remettre en cause c’est bien pour la raison suivante : à l’exception de quelques activistes ainsi que des ambassades européennes, personne ne le lui demande. De mémoire d'homme, aucun élu aux Etats-Unis n’a perdu une élection quelle qu’elle soit pour avoir envoyé à la mort un détenu alors que de sérieux doutes subsistaient quant à sa culpabilité, et moins encore s’il s'est agi d’un homme de couleur, le doute en ce qui concerne ce dernier s'évanouissant comme par enchantement.

    Aux Etats-Unis, la peine capital, peine de mort, est donc bel et bien en phase avec les desiderata de sa population, électeurs blancs de surcroît, le taux d’abstention étant très élevé chez les minorités pauvres et reléguées… celles précisément que l’on retrouve en majorité dans les couloirs de la mort.

    Laissons aussi de côté, pour l’heure, les pulsions du talion héritées de l’ancien testament, ce livre sanguinaire et anthropophage, cannibale pour un peu, la faim et la soif au ventre, jamais rcomblée, jamais étanchée, sang pour sang, mort pour mort...

     

    Ainsi que l’histoire d’une jeune nation aux populations livrées à elles-mêmes sur d'immenses territoires à des distances rarement susceptibles de leur apporter justice et réparation, dans la précipitation d’un verdict à rendre, d'un désir de vengeance à satisfaire, consolation et apaisement une fois la mort donnée, à une époque où un système judiciaire encore balbutiant peinait à établir la confiance - efficacité et diligence -, une justice du type... qui a tué tuera… qui a tué, devra à son tour être tué… palliant ses insuffisances.

     

    Aujourd’hui, le choix de cette peine de mort se fait sans haine, en toute sérénité, un peu à l’image des moyens utilisés pour se débarrasser d’une vie, en petit comité…

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                  Tout aussi inutile... l'évocation d'une croyance de la valeur dissuasive de la peine de mort ; l’américain moyen n’est pas plus réfractaire à la véracité des statistiques concernant la criminalité de son beau et grand pays qu’un européen…

    Même si, à l’occasion d’une enquête, il peut arriver à ce citoyen de se cacher derrière cette pseudo-croyance cache misère d’un désir ardent, entre autres motivations, comme on pourra le voir un peu plus loin, d’éliminer, d’ôter de sa vue et de sa conscience la réalité existentielle et sociale du coupable - du moins… d’un coupable reconnu comme tel par un jury -, et l’horreur de ses actes... pour ne rien dire de ce que le crime commis peut lui révéler... sur lui-même et la société dans laquelle il se débat quotidiennement pour ne pas sombrer.

    En effet, pourquoi prendre le risque de regarder en face une réalité à la racine de laquelle on trouvera une organisation de l’existence qui ne permet pas la gestion en commun de l’horreur dans toute son horreur : l’horreur d’un crime, l’horreur de ses causes, l’horreur du coupable, l’horreur du sort de la victime, l’horreur, encore et toujours l’horreur !

    Quant à la notion d’irresponsabilité – les fous n’ont qu’à bien se tenir ou disparaître corps et biens.

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                 Société de l’oubli, condamnée à reproduire les mêmes erreurs jusqu’au déclin annoncé et programmé… avec pour seul sursaut une fuite en avant, aujourd'hui militaire et économique, une moquette épaisse n’y suffisant pas, et les armoires pas davantage, pour ne pas voir, ne pas comprendre, et ne plus y penser...

    Hier victime, demain bourreau, n'avons-nous pas tous de bonnes raisons d’être ce que nous sommes ?

    Aussi, une société qui ne sait pas pardonner, qui refuse d’offrir une seconde chance à ses membres, est condamnée inlassablement à reproduire, châtiment après châtiment, cruauté après cruauté, indifférence après indifférence, erreur judicaire après erreur judiciaire, un niveau de violence sociale et culturelle toujours plus préoccupant, toujours plus arbitraire, toujours plus anxiogène, toujours plus élevé, à la fois ricochet et boomerang.

    Difficile pour cette nation de se cacher derrière son petit doigt : de tout temps, la société américaine préfère prendre le risque d’exécuter un innocent plutôt que de soupçonner qu’un coupable puisse être libre, et plus encore, lorsqu’il est question d’un homme de couleur ; en toutes circonstances… beaucoup moins présumé innocent que tout autre individu.

    Dans cet état d’esprit, il semblerait que le doute bénéficie à la mort seule.

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    Mais alors…

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                  Et si cet acharnement en faveur de la peine de mort - 20 ans après les faits parfois même (comme si c'était le même homme que l'on punissait) ! - était une manière pour le peuple américain de rendre à plus faible que soi (la lâcheté chez les humiliés qui se rebiffent, ça existe !), toute la violence sociale d’un système hyper-compétitif, cruel dans l’échec, d’une générosité sans bornes dans la réussite... et la résignation pour le plus grand nombre (2)...

     

    Guantanamo, dernièrement, remplissant aussi ce rôle, comme venant en renfort, entre deux exécutions capitales ; un Guantanamo potentiellement capable de fournir au peuple américain socialement et culturellement humiliés d’innombrables images, à satiété et ad nauseam, d'êtres humains relégués au rang de sous-hommes, enchaînés, trottinant, sautillant tels des kangourous blessés, comme… empêchés ; des kangourous venus d’une autre planète… planète orange pour l'occasion.

     

    Système hyper-compétitif donc qui fait l’impasse sur les valeurs de pardon, de miséricorde, passant à la trappe toute notion de perfectibilité de l’être humain, sa rédemption, ses capacités d’amendement…

    Car si le temps c’est de l’argent, le temps c’est aussi de l’humiliation, et la vie est courte ! Sans oublier le fait suivant : tout comme la vue du sang, la vue de l’humiliation en appelle d’autres et hurle toujours plus fort ; perversité d’un système qui s’auto-dévore et tranche dans le vif de vies en sursis, des vies hébétées face à un tel acharnement en faveur d'un châtiment de mort.

     

    Quel est l’espoir des humiliés résignés sinon d’être les témoins d’une plus grande humiliation pour les autres, sans oublier les cas où ils se verront offert la possibilité de décider du jour, de l’heure et de sa durée...

     

    Les Etats américains et leurs élus concédant à leur population-électeurs ce désir de revanche par procuration (à ne pas confondre avec la vengeance !), coupable-victime expiatoire après l'autre, et ce au détriment d’un projet de société qui placerait la justice sociale et la fraternité au cœur de ses préoccupations.

     

    Pour la société américaine, il est vrai qu’il s’agirait là d’un vaste chantier, un travail de titans… et nul n’osera l’entreprendre avant de s’y atteler pour, de tout temps, ne jamais en trouver la trace dans quelque manuel d'histoire que ce soit ; histoire qui, comme chacun sait, demeure aussi imprescriptible qu'irréversible, lacunes et manquements compris.

     

    Nul doute : la crise financière et économique qui n’a pas fini de toucher de plein fouet les salariés américains - précarité, pauvreté et colère -, n’est pas là pour nous rassurer : la peine capitale aux Etats-Unis a très certainement de beaux jours devant elle.

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    1 - Au regard de cette carte, ce qui semble unir tous les Etats d'Amérique, à 11 exceptions près (11 Etats mineurs) c'est un amour immodéré, une passion ravageuse et dévorante pour la peine de mort.

    Dans le cas Davis, il n'est que d'écouter la famille de la victime, il y a seulement quelques jours mais... 20 ans après les faits, et ce... encore une fois, en l’absence de preuves matérielles et alors que 7 témoins sur 9 se sont rétractés, pour s'en convaincre.

    Il y a bien là autre chose qu'un désir de justice ou de vengeance. Autre chose est à l'oeuvre. A l'écoute de cette famille, j'ai bien cru entendre ceci : "Innocent ou coupable, peu importe : Davis doit mourir ! Il nous la faut cette mort ! Ca fait des années qu'on compte dessus, qu'on l'attend. On a besoin de cette mort. Sinon, qu'allons-nous devenir ?"

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    2 - Les Etats-Unis sont le seul pays en Occident à maintenir la peine de mort, et ce... dès l'âge de 16 ans, parfois dès 13 ans dans certains Etats. Et ce maintien qui doit nous interroger, sans haine mais avec lucidité et pourquoi pas... avec originalité, c'est déjà une spécificité en soi ; d'aucuns parleront d'anomalie. Essayons de la comprendre et de l'expliquer.

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  • Le Rap au secours de la langue française

     

    Quartet sans tête ?

     

                 Delerm, Biolay, Katerine, Bénabar... ou quand la chanson française prise en otage par des recalés de la rime et de la mélodie sombre, langue et musique dans une mélasse aussi indigeste qu’indigente… corps et biens...

    Naufrage à la racine de laquelle on trouvera des pousseurs de chansonnette qui ont, semble-t-il, la faiblesse de penser que c’est la rime qui fait la poésie,  deux accords de guitare (ou de piano) pour faire une chanson, et un vocabulaire du niveau du Brevet des collèges… en guise de texte...

    Texte et musique de pré-pubères qui n’auraient jamais dû quitter les chambres à coucher avec leurs posters qui les ont vus naître.

     

                 Sans vouloir écraser ces faiseurs sous un mastodonte tel que Ferré ou sous les auteurs et les compositeurs de Piaf, Damia et Fréhel, et plus près de nous, des artistes tels que Lavilliers (années 70 et 80), Souchon, Jonasz…

    Longtemps on pourra s’interroger sur le comment et le pourquoi d’une telle rupture de transmission d’héritage, son origine et ses causes.

     

    Michel Fugain en 2008 - à propos de la chanson française

     

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    Et c’est alors que…

    Après une traversée mouvementée de l’Atlantique… le Rap français voit le jour.

     

     

     

     (Extrait de l'album " Reel " de Kery James)

     

     

    Le Rap ! Bitume et béton en miroir d’une France de toutes les discriminations et de toutes les souffrances d'une naissance... pour rien ou pour si peu...

     

    Oui ! Le Rap ! Un Rap boomerang... vitrine des ghettos d’un environnement urbanisé mais... ras la gueule

     

    Le Rap ! Qu'il soit underground ou commercial… avec sa dénonciation stéréotypée et automatique de la police et du racisme dans le contexte de "quartiers déshérités"… dénonciation sans laquelle un rappeur n'est pas un rappeur...                                                                       

     

    Le Rap ! diffamatoire et boycotté… mais salle comble avec... ce que d’aucuns se plaisent à qualifier… "sa gestuelle de primates et facéties de clowns… ", les bras ballants, inutiles, privés de musique …

     

    Le Rap dit authentique... celui de "la condition noire", véritable blues-urbain - béton et taudis -,... après celui des champs de coton...

     

    Le Rap bling-bling... même décadent dans sa version gangsta rap pour lequel la réussite porte les noms de : voitures, bijoux et putes de luxe ! Et la  transgression : racket, trafic, agression, viol et meurtre !

     

    Le Rap game patronné par Skyrock et les Inrocks...

     

    Le Rap, cette vérité d'une réalité en pleine face... 

     

             Et même si la musique n’en sera pas plus avancée pour autant…

     

    Le Rap avec ou sans un Joey Starr à la production inaudible,  et un Akhenaton vieillissant en éducateur de centre aéré...

     

    Le Rap et La Rumeur pour nous rappeler au bon souvenir... et nous cracher au visage le Vel d'Iv, Charonne, la guerre d'Algérie, les noyés de la Seine, les pendus de la forêt de Fontainebleau, Sétif et Guelma…

     

    Le Rap de ceux qui pouvaient aussi avoir toutes les raisons au monde de détester notre langue, et qui, contre toute attente, la sauveront du naufrage d’une production musicale aux protagonistes sans histoire… week-end et vacances à Deauville, les planches, le sable avec pour seule ligne d'horizon... leur nombril.

     

               Alors oui !  Le Rap... cette grande gifle des années 90 !

     


    Kery James et feat béné :"L'impasse"  
     
     

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    Pour prolonger, cliquez : Rap, industrie et sauvetage

      

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