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Dieudonné interdit de représentation : quand la classe politique, l'Etat et les médias sont nus

Nantes, Bordeaux, Tour, Limoges, Metz, Nancy, Caen…

 

          On ne compte plus les maires qui clament haut et fort leur intention d’interdire la venue du spectacle de l’humoriste Dieudonné dans leur ville.

Injonction, oukase, édit ou fatwa - c'est au choix -, suite à la circulaire de Manuel Valls (1), (doux euphémisme) les arrêtés municipaux et préfectoraux se succèdent ; des salles annulent les représentations du satiriste Dieudonné et de son spectacle « Le mur »...

Telle une réaction en chaîne, réaction au quart de tour, les annulations vont bon train ; et gare à aux maires et préfets qui, tête en l’air, oublieraient de suivre la ligne du « Parti de la lutte contre le fascisme, le racisme et l’antisémitisme » ! Sans oublier ceux qui refuseraient, un rien taquins, ou bien franchement rebelles car lucides et incrédules, de participer à ce lynchage sans précédent d’un artiste ; et pas n’importe lequel : le plus grand satiriste de langue française depuis Molière.

Même le maire de Trifouilly-les-oies, commune de 750 habitants, qui ne souhaite manifestement pas être en reste, a tenu à faire savoir auprès de l’AFP que la salle des fêtes de sa commune ne saurait en aucun cas servir de « base de repli » au spectacle d’un Dieudonné en cavale, si d’aventure il lui venait à l’idée d’y chercher refuge.

 

              Belle unanimité ! Unanimité à vous tirer les larmes aux yeux ! La Nation enfin réconciliée avec elle-même ! Beaucoup d'émotion donc.

Péril en la demeure : mobilisation générale qui vaut acceptation d’un Etat d’urgence d’exception ! C’est toute la classe politique et toute la France avec elle qui se lèvent contre le fasciste, le raciste et l'antisémite ; une France en armes, à coup d’arrêtés municipaux et préfectoraux... maires de nos villes et préfets de nos départements drapés d’une circulaire tricolore, écharpe en bandoulière pour une chasse à l’homme sans précédent, meute médiatique en renfort,  présentateurs et animateurs télés et radios rabatteurs…

Mais... une France qui, dans les faits, se résume à ce qu'on appelle l’Establishment... politique et médiatique ! Ce qui ne surprendra personne ; cette France-là qui prospère depuis de trente ans sans nous et loin de nous, ne gouverne plus ; elle se contente de reverser des dividendes à ceux qui ont investi sur leur avenir à eux tous et qui leur ont permis d’occuper des places lucratives comme jamais auparavant.

 

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              Aussi, que l'on ne s'y trompe pas : les aboiements et le vacarme de ceux qui battent la campagne ne nous feront pas oublier le silence assourdissant de milliers d’artistes et de quelques centaines d’intellectuels !
 
Qui ne dit mot consent. Certes ! Mais… s’agit-il vraiment d’un consentement ?
 
Intimidés, craintifs, la peur au ventre, terrifiés par une campagne de désinformation sans précédent à l’encontre d’un personnage public (même le Pen père n’aura jamais eu à faire face à une telle offensive), tous ces artistes et intellectuels n'auraient-ils pas plutôt fait le choix de protéger, qui, une carrière universitaire, qui un avenir professionnel dans l’industrie du spectacle, qui une subvention du ministère de la culture (son ministre Aurélie Filippetti envisage de ne pas s’opposer à la fermeture du théâtre parisien de Dieudonné) en lieu et place de la dénonciation d’une véritable cabale qui, pour un peu, ferait passer le maccarthysme pour un jeu de société un peu pervers certes, mais bon enfant, et les procès de Moscou pour des joutes oratoires dignes de l’agora grecque ?

Et à propos de ce lynchage d'un métis né d'une mère bretonne et d'un père camerounais dont le seul délit (et crime !?) aura été de mettre en scène en 2003 un colon juif religieux extrémiste (excusez ce pléonasme !) après avoir précédemment dénoncé, sans essuyer la moindre contestation - c'est à noter ! -, l’intolérance et l’instrumentalisation des religions et des communautarismes catholique et musulman... 
 
Qui, parmi tous ces artistes et ces intellectuels, proposera de lancer un appel à la résistance et au soutien de Dieudonné, ce Voltaire des temps modernes ? Appel dont la teneur nous rapprocherait d’une date historique, un certain 18 juin – souvenez-vous ! Heures glorieuses d’un pays qui savait alors contrer avec la plus grande fermeté toute tentative de coup d’Etat d’une caste vorace, fourbe et intolérante et qui, depuis plus de trente ans, sert une organisation de l’existence qui n’a plus aucun souci de la liberté (d’information), de l’égalité (des chances), de la fraternité (intercommunautaire) et de la justice pour tous, et en premier lieu : pour les plus faibles et les plus démunis d’entre nous.  
 
Caste qui, si elle a pu un jour se ranger du côté de l'honneur et du courage, a eu tôt fait de s'empresser d'aller "casser", une fois leur devoir accompli, de l'Indochinois, de l'Algérien, de l'Africain et du Palestinien.
 
Mais... n'est-on pas toujours mieux servi par soi-même, et doublement, lorsqu'il est question de se servir  et de veiller à ses propres intérêts comme on veille son or de peur qu’il ne s’envole… car le sommeil favorise tous les cauchemars ?
 
 
 

La France des droits de l'homme et de la liberté... la France maintenant éternelle ? Après Hugo, Zola, Jaurès, Mendès France et de Gaulle… la relève : Arno Klarsfeld (Non ! On ne se moque pas !)

           

               Qu’il soit permis ici d’affirmer ce qui suit : si un seul danger nous guette aujourd’hui, c’est bien cette unanimité contre Dieudonné… unanimité qui ne connaît, de tout temps, qu’une musique : le bruit des bottes, le brouhaha assourdissant des chars, et l’éclair des baïonnettes dressés à la verticale d’un "Soleil trompeur" et contre lequel tous les don Quichotte de la liberté et de la justice iront se brûler les ailes si d’aventure, il leur vient à l’idée de chercher une sortie honorable contre ce qui ressemble fort à un coup d’Etat d’une frange médiatico-politique qui, après être montée maintes fois «au braquo », est parvenue, après trente ans d’effort et de laisser-faire, à imposer une telle unanimité, aujourd'hui, contre Dieudonné et son public : hold-up et nettoyage politique, médiatique et culturel sans précédent.

C’est Icare qui sombre une nouvelle fois. Changement de lieu et de décor : la mer Egée a cédé la place à une mer gelée dont la surface est balayée par un vent glacial : celui qui annonce une nouvelle ère qui ne nous laissera qu’un seul lieu pour tout refuge : les latrines pour y vomir tout notre dégoût avant de nous décider à prendre le maquis.
 
 
 

 

***

 

                 Des médias aux ordres ont sciemment coupé les ponts, tué la communication, l’échange, voilà trente ans déjà, en tarissant toute relation aussi lacunaire soit-elle avec des pans entiers de la population de ce pays afin de contrôler toute contestation d'un projet tant national qu'européen et mondial aux conséquences économiques, sociales et politiques dévastatrices qui ne recueille l'adhésion d'aucune majorité digne de ce nom en Europe et au-delà.


Certes ! Nous ne sommes pas dupes : le bannissement depuis 10 ans de Dieudonné a pour but, à la fois de réduire au silence un opposant mais aussi, et surtout, de le radicaliser (le forcer à hurler - métaphoriquement) et de le pousser à la faute afin de le marginaliser définitivement aux yeux d'un public somnolent car éreinté après une journée épuisante - et cette audience-là est bel et bien aujourd'hui l'unique cible des médias de masse ; public qui n'a, malheureusement, ni les facultés ni le temps de déjouer les intrigues de médias qui ne se reconnaissent plus qu'une seule obligation : complaire à leurs employeurs (actionnaires, annonceurs publicitaires et l’Etat) : de France Culture à RTL, de Charlie Hebdo au Figaro... de TF1 à Arte ; médias qui, dans les faits, ne se font plus que l’écho d’une idéologie au service d'un monde unique, un monde sans altérité aucune qui devra marcher droit : dans le cas contraire, toutes les représailles seront à craindre : ici chômage, menaces physiques ; ailleurs les bombes.

Et c’est bien sur ce quoi repose tout le discrédit des médias depuis trente ans : la certitude que si d'aventure tous les salariés et les intervenants de ces médias étaient capables de penser autrement, à aucun moment ils ne seraient en position de nous le faire savoir ( pour ne rien dire de ceux qui s'autoriserait à le faire) car force est de constater que le recrutement de ces femmes et de ces hommes a pour premier critère non pas ce dont ils sont capables mais bien plutôt ce dont ils sont  bien incapables : oser penser la complexité du réel en y intégrant le poids de toutes les forces qui oeuvrent à sa mésinterprétation dans le meilleur des cas ; à sa disparition... dans le pire. Et manifestement, les recruteurs ne se trompent jamais ou bien rarement ou pas longtemps, étant eux-mêmes très certainement recrutés selon le même critère : ils n'ont pas le droit de se tromper dans leur nomination de celle ou de celui qui devra mener la barque de ce qui ressemble étrangement à un bateau fantôme - équipage ersatz - à la dérive d'une seule préoccupation : la protection d'intérêts vitaux et partisans contre le bien commun ou l'intérêt général ; intérêts qui ne souffriront aucune mise en danger.

Et l'unanimité contre Dieudonné ne peut s'expliquer autrement ; l'absence de voix dissonantes laissent entrevoir un abîme de courage... un tombeau éthique, là où prospère non seulement l'indigence intellectuelle mais... la lâcheté aussi ; une lâcheté et une incompétence coupables de lèse-société.

 

               Rappelons ceci : les propos tenus par Patrick Cohen, animateur de la matinale et du Journal de 8h de France Inter - propos qui n'ont fait l'objet d'aucune réprobation ni sanction -, et qui a reconnu, tout en la soutenant sans sourciller, l’existence d’une liste noire destinée à exclure du champ médiatique des voix dissidentes qu’il n’aura pas hésité à qualifier de « malades mentaux »... ses propos donc sont sans aucun doute bien plus dangereux pour la liberté et la démocratie que la réponse de Dieudonné à l’endroit de ce même Patrick Cohen qui a  pris pour cible notre humoriste (2) tout en l'incluant parmi les « malades mentaux » à bannir des médias et de la société... par voie de conséquence...

 

                Et longtemps, on se souviendra du fait qu’il n’y ait eu personne, pas une seule voix, qui ait été autorisée à nous rappeler cette vérité immuable : la liberté et une véritable démocratie qui protègent seules la vérité, n’ont jamais fait le lit des dictatures, du racisme et de l’antisémitisme ; en revanche, les petits chefs auto-proclamés censeurs et médecins politique de l’âme… journalistes ou pas, appuyés par une classe politique complaisante et cynique… oui ! Mille fois oui !

Pour preuve aujourd'hui : les régimes et les politiques qu'ils soutiennent ou devant lesquels ils se couchent pour un rafale, un char ou un canon à vendre.

 

 

 

1 - Un tel acharnement de Valls contre Dieudonné... une telle énergie dépensée... il doit bien y avoir au bout une sacrée carotte : la validation de sa candidature à la présidentielle de 2017, une fois Hollande au fond du trou ?

 

2 - D'autant plus qu'au cours de ce repas télévisé de l'émission "C à vous", Patrick Cohen ne s'adresse pas à Taddéï en tant que journaliste (de journaliste à journaliste donc) mais bel et bien en tant que Juif sioniste lorsqu'il évoque des "malades mentaux".


Toutes les cibles de Cohen ont en commun le fait d'être très critiques vis à vis de la politique d'Israël et du soutien de la France à cette politique. Et ce n'est pas un hasard, bien évidemment.

Blessé, Dieudonné s'est simplement contenté de lui répondre tout en gardant à l'esprit l'identité affichée par son détracteur diffamatoire.

Si les opinions de Patrick Cohen étaient celles d'un journaliste, jamais il ne se serait aventuré à insulter qui un Dieudonné, qui un Tariq Ramadan...

Voilà où mène un communautarisme protubérant : à une catastrophe à la fois intellectuelle, éthique et morale.

Journaliste et salarié du service public, Taddéï a le mérite du courage : il s'en tient au métier qui est le sien.

 

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Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

 

 

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Commentaires

  • " le plus grand satiriste de langue française depuis Molière."
    là , Serge , vous y allez fort ! je crois que c'est desservir la cause de la liberté d'expression que d'attribuer de tels éloges à un humoriste certes talentueux mais dont la langue n'est pas exceptionnellement affutée , contrairement à ses idées !

  • Molière... dans l'esprit, la démarche...

    Dieudonné est sans aucun doute le meilleur et le seul anti-tartuffe de la société du spectacle.

    Je pense aussi à Voltaire dans sa critique virulente de l'intolérance religieuse.

    Cdlt

    Serge ULESKI

Les commentaires sont fermés.

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