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  • Charles Enderlin quitte France 2 : un "juste" prend sa retraite...

     

                Correspondant de France 2 depuis 34 ans en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés, le journaliste franco-israélien Charles Enderlin quitte le bureau de Jérusalem le 17 août prochain : retraite oblige.

     

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                    Rares sont les journalistes capables de manifester toute leur carrière durant une relation intime et positive envers la vérité des faits sur un sujet qui, le plus souvent,  se retrouve très vite noyé sous le mensonge d'Etat, le chantage et l’intimidation, voire les menaces car, s'il n'y a pas de carrière politique pour ceux qui veulent prendre l'argent là où il se trouve, pareillement, il n'y a pas de carrière journalistique et médiatique pour ceux qui, sans relâche, ne se reconnaissent qu’un devoir : traquer la vérité des faits. Et quand il s'agit de la politique israélienne et de la complicité d'un Etat français terrorisé à l'idée de s'opposer... n'imaginez même pas un strapontin lors de la remise des prix.

     

                  Charles Enderlin n'a pas fait carrière ; il n’a pas recherché quelque avantage d’ordre matériel ou autre... il est resté correspondant de France 2 trente années durant. Pas de poste prestigieux grassement rémunéré, pas de médaille, pas de remerciements. Souvent décrié, parfois haï, menacé aussi... Charles Enderlin a tenu bon : jamais il ne s’est servi du mensonge pour cacher la vérité.

    Il a toujours cherché à servir une vérité en péril, menacée de mort à chaque instant, tout en risquant son emploi, maigre pitance.

    On lui a tout fait. Il a bien résisté. Ce qui fait de lui un résistant de la première heure.

    Si la vérité pouvait parler, elle témoignerait en personne. N'empêche, nombreux nous sommes aujourd'hui à pouvoir témoigner pour lui.

     

     

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    Gaza 2014 - Se soumettre ou bien périr

     

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                 Avant de prendre sa retraite à la fin de l’année, Charles Enderlin s’est livré au JDD.fr dans une interview qui, là encore, sert la vérité : «Il n’y aura pas deux Etats. Les 400.000 colons israéliens ne seront pas évacués de Cisjordanie. Les Israéliens ne sont pas prêts à renoncer à Jérusalem-Est et au Mont du Temple (Esplanade des Mosquées pour les musulmans). »

     

                                               La suite ICI

     

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    Pour prolonger : cliquez Judaïsme, sionisme, colonialisme et chantage

     

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  • Pierre Moscovici : continuer d'obéir et ne jamais décevoir

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               Membre du PS, un temps député du Doubs, ministre de l'économie et des finances à la suite de l'élection de Hollande en 2012, commissaire européen aux affaires économiques depuis novembre 2014, Moscovici persiste et signe.

    Invité de BFM, Moscovici n'a pas assez de mots pour nous expliquer que la signature du traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Europe (TAFTA) est "plus dans l'intérêt européen parce le marché américain est plus fermé que le marché français ou globalement que le marché européen".

    On retrouve là, dans cet optimisme feint de jean-foutre impénitent à l'égard du bien commun et de notre culture sociale européenne, tout ce que l'ENA et le PS ont été capables de produire comme "élite" depuis les années 80 ; une caste qui, quand elle prend la parole, fait invariablement entendre un pet retentissant, le fond de culotte lourd et humide les jours où la pression se fait plus pressante encore car la vie de cette caste ne s'écoule pas, elle dégouline laissant derrière un petit monticule brunâtre, nauséabond et chassieux.

    Un homme, des hommes que l'on ne sait plus comment nommer. A court nous sommes ! A court d'insultes ! Aucune ne convient ! Trop faible... toujours ! Et c'est bien là que réside notre véritable impuissance car il n'y a pas, il n'y a plus, d'insultes comme il n'y a pas de mots, pour ces gens-là.

     

                 A 58 ans, s'il y a bien une chose que l'on ne pourra pas reprocher à Moscovici et consorts, c'est de ne pas savoir quels sont leurs maîtres car ces hommes-là n'ont qu'une préoccupation en tête : servir, obéir et gérer une carrière à saute-mouton ; une fois en place, ils ont tôt fait de penser à la suivante, le plus souvent au sein d'une institution financière de dimension mondiale : banque, fonds de pension. Aussi, pour cette raison qui en vaut bien d’autres, Moscovici ne peut pas raisonnablement souhaiter que l'oligarchie mondialiste se souvienne de lui comme un opposant au traité transatlantique (TAFTA) ; opposition soit dit en passant, incompatible avec son emploi à la Commission européenne qui n'est, comme chacun sait, que l'anti-chambre d'un mondialisme d'une scélératesse sans nom.

    Car enfin, une fois libéré de sa charge de commissaire, il y a fort à parier que cet errand boy - ce garçon de courses de l'oligarchie mondiale -, n’ait aucune envie de retrouver son mandat de député du Doubs - le trou du cul du monde pour un individu si pressé de continuer de servir et d’obéir à raison de 25 000 euros mensuels : congestion nasale ou narines grandes ouvertes, même loin des latrines de la politique, jamais l'argent et le salaire versé n'ont autant senti la m****.

    N'oublions pas non plus son épouse, sa cadette de 22 ans, qui risquerait de trouver cette retraite franc-comtoise bien austère avant un ennui certain qui viendra remettre en cause une relation fusionnelle soudainement beaucoup moins en fusion, voire même maintenant refroidie et distante pour l 'occasion qui fait aussi le larron, d'une main à l'autre et dans d'autres mains.

    Quant à rentrer en France pour occuper un poste de ministre dans un gouvernement PS ou de coalition après 2017… la réputation de ce commis de cuisine européenne à la sauce bruxelloise qui l'accompagne partout, réputation d'une médiocrité maintenant confirmée depuis 2012, devrait dissuader cet exécutant de s'y risquer ; un exécutant déjà chauve à trente ans (ils le sont tous !) à force sans doute de se tenir entre deux portes, dans les courants d'air, tête baissée, le corps incliné dans un fléchissement à la fois physique et moral.

     

               Les Yes-men n'ont pas besoin de coiffeur. Jamais ! En revanche, ils sont les meilleurs clients des kinésithérapeutes. Toujours ! Et leurs victimes... des proctologues.

     

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    Le traité transatlantique (TAFTA) expliqué en quelques minutes

     

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    Pour prolonger, cliquez : Moscovici sous toutes les coutures

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  • Les Guignols de l'info passent en crypté

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                 Emission de télévision  de marionnettes diffusée depuis le 29 août 1988 sur Canal+, les Guignols de l'info, un temps menacés de disparition, seront à nouveau reconduits en format quotidien mais ils seront désormais en crypté, et ce alors que Vincent Bolloré avait annoncé quelques jours plus tôt, au conseil d’administration de Vivendi, qu’il comptait supprimer les Guignols de la grille de rentrée. Cette annonce avait créé une véritable levée de boucliers sur les réseaux sociaux ainsi que chez les personnalités politiques et du show business.

     

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    A ricaner sans péril, on triomphe sans gloire

     

                  Emblème de la fausse dissidence qu’Internet à définitivement relégué au rang de marionnettes de divertissement pour une classe politique en mal d’opposants sérieux ; une classe friande d’auto-flagellation devant le miroir de sa propre impuissance, tellement elle se sait dérisoire et grassement payée pour l’être et le demeurer…

    Alibi d’une dictature douce d’une violence de suicides et de consommation d’antidépresseurs record, de bannissements et de relégations sans nombre…

    Jamais Les Guignols de l’info n’ont fait peur à qui que ce soit ! Faut dire que la pseudo-victime n’aime rien tant que son pseudo-bourreau : pour preuve, les éloges auxquels ont eu droit les Guignols du FN au PS en passant par l’UMP depuis une bonne trentaine d’année.

    Autre preuve : les hommes politiques qui se sont mobilisés massivement en faveur des Guignols à l’annonce de leur suppression par l’actionnaire Boloré-Vivendi ; un président en tête, bien qu’il en soit souvent privé : François Hollande.

     

                  Jamais les Guignols n’ont mis leur existence en jeu, ni ses auteurs, leur  avenir professionnel, contrairement à un Dieudonné qui, en 2003, sur FR3, le temps d’un sketch de quelques minutes mettra sa liberté et sa tête sur le billot ; treize ans plus tard, la meute avec son « savoir-faire canin»  - hargne et rage -, en est toujours après lui.

     

                  Plus affligeant encore : jamais les Guignols n’ont approché de près le comique, l’ironie et la dérision ; seul le ricanement aura été et reste aujourd’hui encore à leur portée ; un ricanement  facile et inoffensif de moutons de Panurge : en effet, leurs cibles étaient et demeurent celles de tout le monde.

     

                 Les audiences du « Grand Journal » qui accueille ces Guignols et ces « bouffons » - bouffons privés de roi et de cour dignes de ce nom -, sont en chute libre depuis deux ans : le talk-show est tombé sous la barre du million de téléspectateurs.

    Son animateur, Antoine de Caunes, quittera « Le Grand Journal » qui passera du côté crypté, là encore, à notre grande satisfaction : une bonne nouvelle pour la conscience collective ; la suppression de ce journal libèrera du temps de cerveau disponible pour une ré-information dont Internet s’est fait depuis une dizaine d’années maintenant, la spécialité avec des centaines d’acteurs de la dissidence ; internet qui aujourd’hui est indéniablement responsable de la montée du niveau des consciences car, tout le monde s’accorde à penser, les uns pour le déplorer, les autres pour s’en réjouir, qu’il devient de plus en plus difficile de mentir même et surtout par omission.

     

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                     La mort est donc passée tout près des Guignols ; la grande faucheuse s’est seulement contentée de frôler ces marionnettes avant de s’en détourner.

                     Dommage ! Mille fois dommage !

     

                    Aussi…« A tchao bonsoir ! » mais… pour ne jamais vous revoir alors !

     

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                  Molière rabelaisien... dans la lignée dada, surréaliste et situationniste... humour, dénonciation, détournement, ironie et dérision : c'est Dieudonné... ou quand l'argent (l'indépendance financière) ne sert pas à acheter une Ferrari mais à dire la vérité.

     

     

     

    Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

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  • Un entretien de Julian Assange au Spiegel...

     

     

    https://allainjules.files.wordpress.com/2015/07/julian_assange1.jpg?w=594

                    Wikileaks est de retour publiant des documents prouvant  la surveillance US du gouvernement français, des câbles diplomatiques saoudiennes et affichant la preuve de la surveillance massive du gouvernement allemand par les services secrets américains. 

     

     

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    SPIEGEL: Quelles sont les raisons de ce retour ?

     

    Assange: WikiLeaks publie beaucoup de matériel au cours des derniers mois. Nous n'avons jamais cessé de publier, mais parfois, il a été question de pièces qui ne concernait pas l'Occident et les médias occidentaux - des documents sur la Syrie, par exemple. Mais vous devez prendre en compte qu'il y a  conflit avec le gouvernement des États-Unis, qui a commencé pour de bon en 2010 après le commencement de la publication d' une série de documents américains classés.

     

    SPIEGEL: Qu'est-ce que cela signifie pour vous et pour WikiLeaks ?

     

    Assange: Le résultat a été une série d'affaires juridiques, les blocus, les attaques de relations publiques et ainsi de suite. Avec le blocus bancaire, WikiLeaks a été coupé de plus de 90 pour cent de ses finances. Le blocus est arrivé d'une manière totalement extrajudiciaire. Nous avons pris des mesures juridiques contre le blocus et nous avons été victorieux dans les tribunaux, afin que les gens puissent nous envoyer des dons à nouveau.

     

    SPIEGEL : Quelles difficultés avez-vous dû surmonter ?

     

    Assange : Il y avait eu des attaques sur notre infrastructure technique. Et notre personnel a dû accepter une réduction de salaire de 40 pour cent, mais nous avons été en mesure de nous en sortir ensemble sans avoir à se séparer de qui que ce soit, ce dont  je suis assez fier. Nous sommes devenus un peu comme Cuba, en travaillant sur des façons de contourner ce blocus. Divers groupes comme la Fondation Wau Holland Allemagne ont recueilli des dons pour nous pendant le blocus. Ils nous ont permis de payer pour de nouvelles infrastructures, ce qui était nécessaire. J'ai publié des pièces datant de presque 20 ans sur la surveillance de la NSA, dont je connaissais la surveillance de masse NSA et le GCHQ. Nous avions besoin d'un système de protection nouvelle génération afin de protéger nos sources.

     

    SPIEGEL: Et est-il en place maintenant ?

     

    Assange: Oui, il y a quelques mois, nous avons lancé un système d'acquisition de nouvelle génération et également intégré nos publications. Nous croulons sous l'information maintenant. Economiquement, le défi pour WikiLeaks est de savoir si nous pouvons intensifier nos revenus en proportion de la quantité de matériels que nous avons à traiter.

     

    SPIEGEL: Il y a neuf ans, lorsque WikiLeaks a été fondé, on pouvait lire sur son site Internet: « L'objectif est la justice. La méthode est la transparence». Ceci est la vieille idée des Lumières né au 18ème siècle. Mais si vous regardez les régimes politiques brutaux et grandes entreprises impitoyables, ne sont ce pas un  slogan trop idéaliste ? La transparence, c'est suffisant ?

     

    Assange: Pour être honnête, je n'aime pas le mot de  transparence; le verre est transparent. Je préfère celui d'éducation ou de compréhension, qui sont plus humains.

     

    SPIEGEL: Le travail de WikiLeaks semble avoir changé. Au début, il a publié des documents secrets. Plus récemment, vous avez également fourni le contexte des documents.

     

    Assange: Nous avons toujours fait cela. J'ai écrit des milliers de pages d'analyse personnellement. WikiLeaks est une bibliothèque géante de documents parmi les plus persécutées du monde. Nous donnons asile à ces documents, les analysons, les promouvons et nous en obtenons de plus en plus. WikiLeaks a plus de 10 millions de documents et analyses connexes maintenant.

     

    SPIEGEL: l'usage de votre bibliothèque est elle toujours interdite techniquement pour le personnel du gouvernement américain et de l'armée américaine ?

     

    Assange: WikiLeaks est encore un objet tabou pour certaines parties du gouvernement. Les pare-feu ont été mis en place. Chaque employé du gouvernement fédéral et de chaque entrepreneur a reçu un e-mail indiquant que s'ils lisent quelque chose de WikiLeaks, y compris par le site du New York Times, on leur supprime alors leur ordinateur immédiatement et un auto-rapport est établi. Ils n'ont plus qu'à avouer. Voilà une nouvelle hystérie McCarthyste.

     

    SPIEGEL: Savez-vous quelque chose de vos lecteurs ?

     

    Assange: Pas beaucoup, nous ne les espionnons pas. Mais ce que nous savons c'est que la plupart de nos lecteurs viennent de l'Inde, suivie de près par les États-Unis. Nous avons aussi un certain nombre de lecteurs qui font des recherches sur des personnes. Par exemple quand la sœur se marie et que quelqu'un veut en savoir plus sur le marié. Ou quelqu'un est en train de négocier un accord d'entreprise et veut savoir quelque chose au sujet de son partenaire potentiel ou un bureaucrate.

     

    La suite ICI

     

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    Pour prolonger, cliquez : Des nouvelles de Edward Snowden

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  • Eloge du risque... quand tout est risque

     

     

    Dans cet ouvrage, Anne Dufourmantelle, philosophe et psychanalyste (personne n'est parfait !) interroge "...le risque dans ce qui ne permet ni son évaluation ni son élimination ; le risque, cet engagement du côté de l’inconnu, du non-savoir ; un pari face à ce qui ne peut se trancher ; le risque qui ouvre la possibilité de l’inespéré. »

     

               Dans une société où l’assurance s’impose dans tous les domaines, la promotion du risque zéro et sa défense sont devenues inutiles : puisque ce risque zéro va de soi. Dans cette perspective, si on accepte plus facilement des délinquants riches et puissants à la tête des Etats et des multinationales - des délinquants éloignés de nous ; en revanche, les voleurs de scooters et de voitures, eux plus proches, n’auront qu’à bien se tenir ! -, malheur à celui qui fera courir un risque à qui que ce soit !

     

    Et l’auteure de s’interroger : « Que devient une culture  qui ne peut plus penser le risque  sans en faire un acte héroïque, une pure folie, une conduite déviante ? »

     

    On proposera la réponse suivante : le goût du risque suppose une manière d’être au monde. Si le risque, même calculé, fait la part belle au hasard… la recherche du risque zéro annonce la mort de la relation, de toute relation à l'autre, la coupure de tous les liens : c'est la machine qui ne se trompe jamais dans ses calculs.

     

     

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              Suspendu, le funambule risque la chute. Prendre le risque d’être en suspens comme on suspend son jugement, une décision, être en réserve alors que tout vous incite à agir, à trancher… c’est prendre le risque de l’indécision, du doute ; et celui qui doute encore est tout sauf fou, ce qui, aujourd’hui, est un bien des plus précieux.

    Prendre le risque de la passion qui n’est recommandée par personne car on la dit destructive, c'est accepter de tout perdre, son identité, ses repères, c’est aussi se préparer à subir encore et encore ; et si ce risque-là nous détruit, du moins nous fait-il courir la chance d’une élévation incomparable.

     

    Prendre le risque de l’immanence n'est-ce pas prendre tout simplement le risque de vivre sans le secours d’une religion complaisante, démagogique et castratrice ?

     

    Prendre le risque de la tristesse dans l’espoir qu’elle nous guidera jusqu’à une pensée vraie, profonde, après une séance de larmes, juste avant l’apaisement…

     

    Et puis, le risque d’oublier, à une époque qui révère la mémoire comme jamais auparavant, même et surtout sélective, une mémoire instrument de domination… l’auteure oubliant de mentionner ce risque d'oubli mais... appliqué à la psychanalyse, cette sangsue pour laquelle rien ne s’oublie car rien ne se perd jamais vraiment.

     

    Quant au risque de la liberté, aller au devant de soi, là où nous ne sommes pas encore pour n’avoir jamais osé s’y rendre, de peur d’échouer et d’en revenir défait, c'est prendre le risque d’agir. 

     

                L’angoisse aussi est un risque que l’on aimerait ne pas avoir à courir alors qu’elle est le propre de l’homme ; celui qui n’a pas connu l’angoisse, celui qui la refuse lorsqu’elle arrive préférant le secours de la pharmacopée, n’est-il pas tout simplement sur le point de refuser la vie en lui, son humanité indépassable ?

     

    Quid de l’enfance et du refus de la quitter, elle et ses contes   magiques ?

     

    Prendre le risque de se défaire de l'enfance c’est courir au devant de toutes les déceptions mais c’est aussi accepter que le réel soit la base à partir de laquelle tout peut être remis en cause car il n’est de réel que ce qui peut être déconstruit.

     

    Risquer l’inconnu, risquer l’amour, et la dépendance, risquer le refus de l’autre...

     

    Risquer la beauté, ne vivre que pour elle, le difficile, le rare...

     

    Prendre le risque de désobéir après avoir longtemps obéi, risquer le scandale, la rupture, risquer la parole, celle qui provoquera une catastrophe ou bien le merveilleux...

     

    Qu'en est-il du risque de la mort… à l’heure où l’humanité des pays hyper-développés n’est pas loin d’exiger l’immortalité comme un droit inviolable, sans doute en compensation de l’escroquerie d’une organisation de l’existence avec sa promesse jamais tenue d’un progrès émancipateur et infini : elle refusera de partir cette humanité, elle s’accrochera le plus longtemps possible jusqu’à ce qu’elle ait obtenu réparation avant de lâcher prise enfin disposée à risquer sa vie propre avant de l’exposer au monde et à sa sanction ; imprudence fatale, ou bien acte délibéré de malveillance... on aura alors pris le risque de faire perdre celui qui ne veut à aucun prix que quiconque lui fasse courir un tel risque car, quand il n’y a pas de place pour deux, il n’y a de place que pour celui qui sait faire prendre à l’autre tous les risques, et plus particulièrement celui qui lui sera fatal

     

     

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                 Une belle écriture que celle d'Anne Dufourmantelle, une écriture propre sur elle (une douche matin, midi et soir, sans doute après chaque éruption de l’âme) ! Quelques trouvailles stylistiques plaisantes qui n'évitent pas... préciosités (1) et maniérismes (on devine l’auteure bien née) accompagnés de quelques vérités bien senties sur nos désordres les plus intimes, à la fois littéraire et poétique, ce qui ne gâche rien par les temps qui courent à toute allure vers la non-écriture, on pourra néanmoins déplorer un recours excessif à des poncifs tels que… «  On n’en reviendra jamais d’être né d’une autre et d’être pourtant seul, d’avoir à mourir seul » ; véritable fonds de commerce de la psychanalyse qui nous renseigne davantage sur ce qui fait un psy plutôt que son patient, car on ne meurt jamais seul ; tous ceux qui sont aimés et qui ont été aimés le savent : on meurt entourés de ceux que l’on quitte et de ceux qui nous ont "quittés" et qui n’ont jamais cessé d’être présents à et en nous-mêmes.

     

                Dans cette énumération enthousiaste, d’un optimisme béat de tous les risques à notre portée, difficile de ne pas se figurer une Anne Dufourmantelle occupée à passer le plus clair de son temps assise dans un fauteuil à écouter ceux qui ont pris tous les risques, et le premier d’entre eux : le risque de vivre ; aussi, avec cette énumération quasi exhaustive de tous les risques à prendre ou à éviter - c'est au choix ! -, grande est la tentation du lecteur de suggérer à l’auteure de prendre le risque suivant : quitter son fauteuil de psychanalyste et sortir là où la vie et la philosophie trouvent leurs interrogations les plus pertinentes et les plus fécondes : dans l’expérience de la rue, les trottoirs, et pourquoi pas : le caniveau, les fosses septiques, les égouts... jusqu’aux stations d’épuration et leur traitement des eaux usées car, il y a des expériences qui en valent bien d’autres : sales et nauséabondes.

     

                 Pour sûr, il manque à cette énumération de tous les risques disponibles ceux que l’on ne choisit pas de courir ; ces risques que l’on vous fait prendre, ici et ailleurs, que l’on impose à des milliards d’individus dans le monde ; risques qui touchent à leur condition de vie à tous, condition d’être au monde, ou bien plutôt, condition de n’être au monde qu’un moyen, qu'un instrument au service d'une optimisation de l'exploitation de la "ressource humaine" - hommes femmes et enfants confondus -, sans fin, jour après jour ; ce qui, certes, n’enlève rien à Anne Dufourmantelle, pas plus qu’à ses séances de psychanalyse que l’on peut facilement imaginer tarifées à 200 euros la demi-heure (net d'impôts) à en juger par sa clientèle et les nombreux comptes rendus qu’elle nous en fait : une séance par risque donc ! C’est là sans doute le prix d’une écoute dite flottante...

     

    Après tout, tant que le navire ne coule pas et que personne ne se noie autrement que financièrement…

     

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               Il y a une qualité qui ne se mérite pas et qu’on n’achètera pas non plus, car elle ne se vend pas ; cette qualité, elle se donne gracieusement à quiconque souhaite l’acquérir : c’est la juste évaluation des risques que l’on court... et plus encore, lorsque l'on court le danger de les courir tous ; évaluation à des fins d’anticipation qui nous permet d’entrevoir ce que l’on s’évertuera à nous cacher aussi longtemps que notre engagement servira, non pas notre intérêt - celui de notre propre existence sur toute une vie - mais ceux des autres, pour le temps qu’il leur sera donné de nous les confier pour les faire fructifier. Car, personne ne nous préservera, aujourd’hui moins qu’hier, depuis qu’on nous sommes tous sommés de nous exposer et que, pour cette raison, tout est risque dans une société qui ne pardonne rien à personne, la haine de l'échec au ventre.

     

     


    1 - On ne devrait jamais se regarder écrire, comme d’autres s’écoutent parler ; le meilleur auteur est sourd et aveugle ; il ne doit faire confiance qu’au génie de son intuition et de son instinct ; animal,  brutal et barbare. Alcoolo-tabagique, un auteur doit pouvoir puer de la gueule (des pieds aussi, et de la queue... accessoirement !) ; seul Proust fait exception, c’est vrai ! Et c’est sans doute la raison pour laquelle personne ne le lit excepté ceux qui en parlent parce qu’ils sont payés pour ça.

     

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     Anne Dufourmantelle à l'occasion de la sortie de "Eloge du risque".

     

     

     

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  • Voltaire... ou quand l'Histoire est prise en flagrant délit de mensonge par omission

     

               Tout a-t-il été dit sur Voltaire ?

    A l'heure où France Culture  et  Les Nouveaux chemins de la connaissance célèbrent le Grand Homme avec "le spécialiste" Sylvain Menant, professeur émérite à l’université de Paris-Sorbonne…

    Marion Sigaud (1) historienne du XVIIIe siècle nous présente dans l'indifférence un tout autre Voltaire.

    Cherchez l'erreur !

     

                Et encore une fois,  c'est au moins-disant historique que l’on fait appel en la personne de Menant car, dans les faits, il se pourrait bien que ce spécialiste ne soit avant tout le spécialiste de tout ce qui a déjà été écrit et validé par les flics de l’Histoire - un Menant gardien du temple - car, pour tous ces gardes chiourmes d’une histoire hémiplégique, Voltaire ne peut pas ne pas être un modèle, figure de proue des Lumières.

     

             Mais alors… et si l’Histoire n’intéressait finalement pas l’immense majorité des historiens candidats à toutes les palmes académiques et à toutes les rosettes ?

     

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             Voltaire, un des hommes les plus influents, les plus craints du XVII et XVIIIe siècles ! Tout Voltaire est dans sa correspondance. Adulé par tous les puissants d’Europe, Marion Sigaut nous fait le portrait d’un Voltaire obséquieux, menteur, calomniateur, intolérant jusqu'à la haine et la vengeance...

    Un Voltaire sans morale, avare, bon encaisseur auprès des riches, mauvais payeurs auprès des pauvres, prévaricateur et usurpateur...

     

     

     

               Au sortir d'un Voltaire qui, manifestement, ne gagne rien à être connu (2), c'est encore et toujours la statue du commandeur Rousseau qui nous fait face : grande et belle, noble d'une rectitude morale redoutable parce que... exemplaire de cohérence.

     

     

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    1 - Marion Sigaut est proche de Dupont Aignan. A propos d'une contre-histoire de Voltaire.... se reporter aussi à l'oeuvre de Michel J.Cuny, proche de la CGT et du PC ; leurs travaux à tous les deux convergent :  "Voltaire - L'or au prix du sang". ainsi que "Voltairomenteurs" et "Voltairomenteries"...

    Saluons le courage de ces deux historiens.

    Heureusement que la loi Gayssot ne concerne pas Voltaire !

     

    2 - On ne reviendra pas les écrits de Voltaire contre les Africains et contre  les Juifs puisqu'à son époque, tout le monde pouvait ouvertement afficher son mépris à leurs sujets ; et rares sont ceux qui s’en privaient.

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  • Fabius en Iran : le courage des lâches

     

     

                  "... suite à la conclusion de l'accord sur le nucléaire, le ministre français des Affaires étrangères a confirmé qu'il se rendrait à Téhéran fin juillet ou début août.

    Programmée initialement par le Quai d'Orsay les 6 et 7 juillet, puis le 20, la visite de Laurent Fabius en Iran interviendra «prochainement», d'autant que d'autres responsables européens sont annoncés à Téhéran. Lundi, le vice-chancelier allemand et ministre de l'Économie, Sigmar Gabriel, ouvrira le bal, accompagné de 65 dirigeants d'entreprises allemandes. Contrairement à Paris, Berlin n'a jamais vraiment cessé de commercer avec Téhéran, notamment les banques des Länder, peu exposées aux mesures de rétorsion... "- Le Figaro.fr
     

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              Nul doute : la visite programmée de Fabius en Iran fera toutes les unes. Les médias, les éditorialistes seront unanimes pour qualifier cette visite d'"historique" : "Fabius dans les pas d'Obama pour renouer avec l'Iran avant la levée des sanctions". Ou bien encore : "Cette visite est à mettre à l'actif du quinquennat de François Hollande !"

    On reconnaîtra sans difficulté la bêtise crasse de ces commentaires à venir à la signature de leurs auteurs mais pas seulement.

     

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               Après Hollande à Cuba, Fabius en Iran : et pour que la diplomatie française ose ce voyage...


    Il aura fallu l'annonce du dégel des relations USA/Iran à l'initiative des Américains…

    Il aura fallu que les USA décident de la conclusion d'un accord sur le nucléaire iranien...

    Fabius en Iran... il aura fallu que les USA donnent leur feu-vert car une fois encore, force est de constater que la politique étrangère française se décide à Washington.


                Il est vrai que toutes les conditions étaient bel et bien réunies pour qu'un Fabius puisse aller faire le beau en Iran, à moindre frais, sans coup férir ni à redouter des USA dont cette traînée de diplomatie française, depuis Sarkozy, ne sait plus comment satisfaire les desiderata, la langue bien pendue et tirée, bien dans la raie, la bouche grande ouverte aussi ; il paraît même qu'elle avale goulûment : pas une goutte ne lui échappe !

     

                  Cette visite lui va donc comme un gant à ce Fabius ! C'est la visite du courage des lâches ; lâcheté que l'on retrouve à toutes les étapes du quinquennat Hollande.

    Car enfin …

    Mille fois la France aurait dû passer outre les sanctions économiques (1) contre l'Iran !

    Mille fois, nos Présidents auraient dû se rendre en Iran !

    Mille fois, la France aurait dû recevoir ses dirigeants !

    Mille fois la France aurait dû user de son influence en Europe pour rallier auprès d’elle des pays bien décidés à passer outre un embargo aussi injuste que cruel. Cruauté qui n’a pas cessé d'inspirer la politique des USA, du Vietnam à aujourd’hui, à la hauteur de plusieurs millions de morts depuis les années 2000 en particulier.

     

     

     

    1 - Ces sanctions auront coûté à l'industrie automobile française en particulier dont l'Iran était le troisième marché à l'export, près de 500 000 véhicules par an.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Hollande à Cuba

     

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  • Le bal des quenelles 2015

     

                 Dimanche 21 juin 2015 était organisée la cérémonie du bal des Quenelles d’or, à Saint-Lubin-de-la-Haye, dans les locaux de Dieudonné, une occasion pour le public d’assister à un défilé d’une grande partie des opposants au Système, stars d'Internet.

    Environ 900 personnes étaient au rendez-vous pour cette nouvelle édition ; un beau succès en dépit du jour de la semaine (dimanche soir).

     


    Bal des quenelles 2015 - Les images d'ERTV/Quenel+ par ERTV

     

                 "Aujourd'hui, dès que vous dites la vérité, il n'y a qu'une personne pour vous remettre un trophée : Dieudonné." Gilad Atzmon quenelle d'or 2015 pour la musique

     

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    Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

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  • Déroute autour de la dette grecque : que reste-t-il de Syriza et du gouvernement Tsipras ?

     

                

                 Après 17 heures de négociations, les dirigeants de la zone euro ont obtenu la capitulation d’Alexis Tsipras.

    Et quelques jours avant... Jean-Luc Mélenchon de s'exprimer :

     

     

               

                    Le suspense ne durera pas longtemps à propos de ce vote au parlement grec dont Mélenchon fait état : le plan qui reprend des mesures proches de celles que les électeurs avaient massivement rejetées à 61,31 % des voix lors du référendum du 5 juillet sera très vite accepté par ce parlement grâce au soutien de la droite ; un tiers des représentants du parti de gouvernement Syriza a voté contre. Et quand on sait que ce plan est très proche de la proposition préconisée par la Troïka et refusée par les Grecs le 26 juin dernier…

                Après transposition dans un contexte franco-français, on imaginera... disons un gouvernement de coalition "Parti de gauche, parti communiste, NPA, écolo et dissident du PS" ne survivant que grâce au soutien de l'UMP et de l'UDI.

    Il y a des contradictions insoutenables et explosives !

    Pour ce qui est du Parlement français, au terme d'un débat déjà sans objet quand on connaît la servilité des députés face à la puissance dissuasive des institutions européennes et mondiales, on sait déjà qu'une vaste majorité de l'Assemblée devrait voter en faveur de ce plan dont le PS, dissidents inclus(!), et une grande partie des écolos.

    En ce qui concerne ces derniers, cherchez l'erreur ! Ou bien plutôt : ne cherchez plus rien !

     

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          Privatisations, retraire à 67 ans, hausse de la TVA, il n'y aura pas de réduction de la dette grecque.

                 Président du conseil européen, Président de la commission européenne, FMI, BCE... Merkel et Hollande, avec un franc succès, tous ont oeuvré à faire plier le gouvernement Tsipras, jusqu'aux pays baltes, ce confetti, ce postillon européens, entrés dans l'U.E seulement pour "indisposer" les Russes, à la demande des Américains et de leurs suppôts européens ; des leaders formés à Harvard, anciens ou futurs salariés de Goldman Sachs ; des leaders aussi européens que Mickey Mouse.

    Nul doute : Hollande tentera de nous faire croire que son implication a permis à la Grèce de sauver la face, d’éviter l’humiliation de son premier ministre et de son gouvernement alors que le plan imposé confirme la mise sous tutelle définitive de ce pays :  BCE, Commission européenne et FMI veilleront sur son chevet, matin, midi et soir, toute la nuit durant, jour après jour !

    Les spéculateurs ne resteront pas inactifs. Pour sûr !

     

    ***

     

         Mais alors, que reste-il de la gauche dite alternative au pouvoir en  Grèce ?

    Un drapeau de Syriza a été brûlé à Athènes. Syntagma, l'Adedy et des petits partis de gauche se sont rassemblés pour protester contre cet accord.

    L'indécision du gouvernement Syriza, cette grenouille qui a voulu se faire aussi grosse que le boeuf, nous apporte, si besoin était, la preuve suivante  : en l’absence d’une politique de rupture mûrement réfléchie, rien n'est véritablement possible car, s’il ne saurait y avoir d'alternative pour l'oligarchie libérale-mondialiste et sa stratégie du choc - choc social et liberticide -, de même, en ce qui concerne une vraie gauche de gouvernement dans le contexte d’une construction européenne qui consacre la fin du contrat social de l'après guerre, c'est bel et bien un combat au finish qu’il faut mener : abandon de l'adversaire ou sa mise hors combat.

    Une telle rupture se prépare tant sur un plan électoral qu'en ce qui concerne la gestion au quotidien des classes moyennes et supérieures récalcitrantes qui se croient encore protégées ; classes susceptibles de "saboter" tout processus d'émancipation ; car une telle rupture doit s'inscrire dans un véritable projet de société ; projet novateur et quasi "révolutionnaire". Or la Grèce est un bien trop "petit" pays pour tenter une telle échappée sans le soutien d'un pays majeur de l'U.E ainsi qu'en dehors de l'Europe : Russie et/ou Chine.

     

                  Il semblerait que le gouvernement Tsipras n'ait donc aucune excuse car tout était écrit d'avance à partir du moment où ce gouvernement refusait la rupture ; et il savait qu'il la refuserait. Et seule la démission de son ministre des finances juste avant la capitulation,
    Yanis Varoufakis (depuis, d'autres ministres lui ont emboité le pas), a permis au gouvernement Tsipras et à une partie de la classe politique grecque, de ne pas sombrer totalement dans une compromission déshonorante qui a tous les attributs d'une trahison.

              Aussi… circulez, il n'y a plus rien à voir en Grèce aujourd'hui ! à l'exception d'élections anticipées à la rentrée ; élections qui verront très certainement Tsipras, après seulement 6 mois à la tête d'un gouvernement, quitter la scène politique et Syriza avec, et ce bien que le "problème grec" - le dernier pays encore capable de gripper la machine européenne -, soit loin d'être résolu.

     

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    Pour prolonger, cliquez : continuer de porter la crise au coeur du PS

     

    Un entretien daté du 13 juillet avec le ministre démissionnaire grec des finances : Yanis Varoufakis.

                   En version originale anglaise ICI

     

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  • Antonin Artaud : confessions

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    .                  Mort au monde... Antonin Artaud nous revient plus vivant que jamais avec ce texte lu par Colette Magny *

     

     

                  "... Je dis ce que j'ai vu et ce que je crois ; et qui dira que je n'ai pas vu ce que j'ai vu, je lui déchire maintenant la tête. Car je suis une irrémissible Brute, et il en sera ainsi jusqu'à ce que le Temps ne soit plus le Temps.

    Ni le Ciel ni l'Enfer, s'ils existent, ne peuvent rien contre cette brutalité qu'ils m'ont imposée, peut-être pour que je les serve… Qui sait ? En tout cas, pour m'en déchirer.

    Ce qui est, je le vois avec certitude. Ce qui n'est pas, je le ferai, si je le dois. Voilà longtemps que j'ai senti le Vide, mais que j'ai refusé de me jeter dans le Vide. J'ai été lâche comme tout ce que je vois. Quand j'ai cru que je refusais ce monde, je sais maintenant que je refusais le Vide. Car je sais que ce monde n'est pas et je sais comment il n'est pas. Ce dont j'ai souffert jusqu'ici, c'est d'avoir refusé le Vide. Le Vide qui était déjà en moi.

    Je sais qu'on a voulu m'éclairer par le Vide et que j'ai refusé de me laisser éclairer. Si l'on a fait de moi un bûcher, c'était pour me guérir d'être au monde. Et le monde m'a tout enlevé. J'ai lutté pour essayer d'exister, pour essayer de consentir aux formes (à toutes les formes) dont la délirante illusion d'être au monde a revêtu la réalité.

    Je ne veux plus être un Illusionné. Mort au monde ; à ce qui fait pour tous les autres le monde, tombé enfin, tombé, monté dans ce vide que je refusais, j'ai un corps qui subit le monde, et dégorge la réalité. J'ai assez de ce mouvement de lune qui me fait appeler ce que je refuse et refuser ce que j'ai appelé.

    Il faut finir. Il faut enfin trancher avec ce monde qu'un Être en moi, cet Être que je ne peux plus appeler, puisque s'il vient je tombe dans le Vide, cet Être a toujours refusé. C'est fait. Je suis vraiment tombé dans le Vide depuis que tout, - de ce qui fait ce monde, - vient d'achever de me désespérer. Car on ne sait que l'on n'est plus au monde que quand on voit qu'il vous a bien quitté.

    Morts, les autres ne sont pas séparés : ils tournent encore autour de leurs cadavres, et je sais comment les morts tournent autour de leurs cadavres depuis exactement trente-trois Siècles que mon Double n'a cessé de tourner.

    Or, n'étant plus je vois ce qui est. Je me suis vraiment identifié avec cet Être, cet Être qui a cessé d'exister. Et cet Être m'a tout révélé. Je le savais, mais je ne pouvais pas le dire, et si je peux commencer à le dire, c'est que j'ai quitté la réalité..."

      

           Une pensée pour tous ceux qui se savent séparés d'eux-mêmes dans leur relation avec le monde ; monde que l'on ne peut décidément^pas refuser d'habiter, volontairement ou bien comme contraint par un envoutement aujourd'hui encore mystérieux (et la schizophrénie est un tel envoutement, une telle maladie)... qu'au prix d'un énorme préjudice à soi-même.

             A leur famille aussi.

     

     


    * Une Collette Magny qui a pu, à un moment de sa vie, se sentir, elle aussi, comme... séparée.

     

     


                          A Pierre.

     

     

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