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  • Institutionnalisation d'une justice d'exception : le retour du coup d'état politique permanent

     

                   Dans un entretien à la BBC du 22 janvier, Manuel Valls - la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf -, petit homme médiocre, "bonne à tout faire" dont les certitudes martelées d'un geste "couperet" et d'un bras qui pourrait, dans d'autres circonstances, tout autant être levé haut, bien haut, sont la marque d'un esprit obtus d'une ignorance crasse, a annoncé qu’il « faudrait que l’état d’urgence reste en place jusqu’à ce que Daech soit éradiqué ».

    Cinq jours plus tard, le Conseil d’Etat dont les membres inamovibles ont baissé cent fois leur culotte ces dix dernières années devant les pressions des occupants successifs de l'Elysée et de Matignon (de même en ce qui concerne le Conseil constitutionnel), a rejeté en toute indépendance - c'est de l'ironie ! -, la requête de suspension de l’état d’urgence déposée par la Ligue des droits de l’homme, au motif fumeux que cet état d’urgence ayant été promulgué par la loi, ce n’est pas au juge administratif de statuer.

    Mais alors, les avocats de la LDH ne connaîtraient donc pas leur droit ?

    A cette ligue, il lui reste à se tourner vers le Conseil Constitutionnel dont la réputation n'est plus à faire non plus ; ce même Conseil constitutionnel validera à la demande de Matignon, 7 assignations à résidence d’écologistes considérés dangereux pour l’ordre public à l’occasion de la tenue au Bourget de la Cop2.

    Ca promet.

     

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                  En octobre dernier, un mois avant les attentats de Paris et Saint-Denis, un livre paraissait de Vanessa Codaccioni, maître de conférence en sciences politiques à Paris 8, aux éditions du CNRS : "Justice d’exception. L’Etat face aux crimes politiques (et) terroristes".

    Les premières pages de l'ouvrage s’ouvrent sur la mise en évidence du rôle essentiel d’une institution, la Cour de sûreté de l’Etat (créée en 1963 et supprimée en 1981) dans l’institutionnalisation de la justice d’exception : « Le cas de la Cour sûreté de l’Etat permet de saisir comment l’exception peut, progressivement, s’intégrer dans le système démocratique, mais aussi, plus généralement, permettre la diffusion de pratiques mobilisées dans des contextes plus ou moins sécuritaires et contre toute forme d’opposition ».

     

                                  Un entretien avec l'auteure est disponible ICI sur France Culture

     

     

                   Coup d’Etat politique permanent ; dévaluation de la justice, volonté de la contourner ; radicalisation de la logique sécuritaire tous partis confondus, du PS au FN parce qu'aujourd'hui, il est vrai que la contestation et la subversion peuvent venir de partout : contestations sociale, écologique, judiciaire, politique) ; mise en place d’outils policiers tels que le fichage des individus, les écoutes, le piratage informatique loin du regard des juges ; utilisation policière d’une juridiction politique ; menace politique intemporelle et permanence d’une justice d’exception ; répression avant procès, intimidation…

    Une série de questions que les médias ne traitent jamais, sans doute pour ne pas indisposer les occupants de l’Elysée et de Matignon, et ne pas effrayer leurs auditeurs, lecteurs et téléspectateurs ; ces pauvres téléspectateurs à la merci de BFM-TV et d’un journal de 20H qui n’est qu’une grande farce tragi-comique, qui croient naïvement que l’Etat le protègera, alors que l’Etat ne protège que l’Etat. De plus, jamais un acte terroriste n’a mis en danger l’Etat ; l’Etat sort toujours plus fort d’une campagne d’attentats, et les victimes et leur famille plus faibles et plus dépendants encore.

     

                  Mais au fait, comment s’institutionnalise cette justice d’exception ? Vanessa Codaccioni nous rappelle qu’il y a en France une longue tradition de recours à la justice d’exception : l’Empire, Vichy, la Libération, la guerre d’Algérie...
    Rappel qui n’est pas fait pour rassurer les amoureux sincères de la liberté politique et de la liberté d’expression qui savent ce à quoi la défense de cette liberté engage ainsi que tous ceux qui ont quelques idées à partager qui ne soient pas celles de médias qui ne parlent plus que d'une seule voix ou presque.


    Un exemple à propos de l’institutionnalisation d’une justice d’exception et ses conséquences sur le long terme : créée par « précaution nationale », la Cour de sûreté de l’Etat qui voit le jour en 1963 aura une durée de vie de 18 ans ; cette cour aura pour mission de juger les personnes accusées de porter « atteinte à la sûreté de l’Etat » ; on ne manquera pas de noter qu’il s’agissait bien de protéger l’Etat et non l'homme et la femme de la rue.

                  Quel est le profil type du magistrat politique, ce magistrat qui accepte de servir une justice d’exception : Vanessa Codaccioni a relevé ceci chez chacun d’entre eux : ce sont des magistrats de province ; des magistrats qui ont construit leur carrière dans une volonté de proximité avec le pouvoir politique en multipliant les détachements dans des cabinets ministériels, à la chancellerie ; ce sont des membres du parquet et d’anciens avocats.


    A noter que sous de Gaulle, cette justice d’exception était  exercée par des magistrats spécialisés dans la répression politique ; tous étaient membres d’une juridiction ou de tribunaux militaires d’exception qui ont jugé les membres de l’OAS comme ceux des mouvements de libération de l’Algérie.

     

                    
                 Institutionnalisation d'une justice d'exception, Etat d'urgence reconduit... ce qui ne semble pas pris en compte c’est la perspective du risque de légalisation de dispositifs d’exception qui les rend réutilisables pour d’autres fins que la lutte politique contre le jihadisme tout aussi politique, l’Etat verrouillant avec la complicité des institutions et un Parlement aux ordres tout débat selon le principe qui veut que « qui n’est pas avec moi est contre moi et pour la menace qui nous fait face !»… légalisation qui prépare un avenir bien sombre à tous ceux qui, bon an mal an, seraient susceptibles de remettre en cause un nouvel ordre mondial qui plonge toutes les sociétés occidentales dans une remise en cause intraitable des protections, et autres acquis sociaux, et des chances de progrès pour le plus grand nombre car, qu’on le veuille ou non, toutes ces décisions mettent en danger tous ceux qui seront appelés dans les années à venir à contester une organisation de l’existence dans laquelle seuls le profit, la marchandise et l’abrutissement auront droit de cité.

                 Avec toutes ces décisions successives rendues depuis deux ans, c’est un véritable plan d’action, un véritable programme concerté qui est établi : l'Etat français a carte blanche ! Et quand on connaît son histoire ainsi que celle de son parlement et de ses élus, on peut sans hésiter craindre le pire.

                Il est vrai qu'ils ont pour eux l'opinion publique ; cette pauvre opinion d'un public qu'une propagande concertée assomme jour après jour jusqu'à l'abrutissement et la neutralisation de ses capacités de raisonnement et leurs corollaires : méfiance et alerte.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Conseil constitutionnel, conseil d'Etat : forfaiture

     

     

     

     

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  • Jacques Rancière à propos de "La haine de la démocratie"

     

     

    Quand Jacques Rancière plébiscite le tirage au sort

     

     

    "La pire des choses c'est que ceux qui veulent le pouvoir l'obtiennent"

     

     


                   " ... le « Non » au référendum sur la Constitution de l’Union Européenne en 2005, n'est certes pas la manifestation de l’arriération et du populisme d’un « peuple » incapable de comprendre les enjeux et la nécessité de la construction d’un nouvel ordre mondial, même si "dans l’esprit de ceux qui soumettaient la question à référendum, le vote devait s’entendre comme une approbation donnée par le peuple assemblé à ceux qui sont qualifiés pour la guider". Mais comme on le sait « la principale surprise du référendum a été celle-ci : une majorité de votants a jugé que la question était une vraie question, qu’elle relevait non de l’adhésion de la population, mais de la souveraineté du peuple et que celui-ci pouvait donc y répondre non aussi bien que oui ». Et Jacques Rancière de dénoncer l’explication trouvée par « les oligarques, leurs savants et leurs idéologues » : « si la science n’arrive pas à imposer sa légitimité, c’est en raison de l’ignorance. Si le progrès ne progresse pas, c’est en raison des retardataires. Un même mot, psalmodié par tous les clercs, résume cette explication : populisme » - à propos de l'ouvrage " La haine de la démocratie" de Jacques Rancière, Paris, La Fabrique, 2005, vu par Duvoux Nicolas

     

     


     

                 "Les chercheurs produisent du savoir : chercheur c'est un métier ; intellectuel c'est un statut. Une personne qui pense produit de la pensée, qu'il soit ouvrier ou universitaire."

     

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                  "... reprenant à la racine (étymologique) cet épisode du "non" au référendum qui a été ressenti par les « élites » comme une apocalypse, c’est-à-dire comme un révélateur, Jacques Rancière s’engage dans l’étude des soubresauts tragi-comiques de l’intelligentsia « républicaine » française des vingt dernières années. Il y met en lumière la présence d’une « haine de la démocratie » qui se résume à un mot d’ordre simple : « il n’y a qu’une seule bonne démocratie, celle qui réprime la catastrophe de la civilisation démocratique »  - à propos de l'ouvrage " La haine de la démocratie" de Jacques Rancière, Paris, La Fabrique, 2005, vu par Duvoux Nicolas

     

                              La suite ICI

     

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    Pour prolonger, cliquez : La méthode de l'égalité

     

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  • Christiane Taubira, garde des sceaux, n'est plus

     

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                       La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a remis sa démission à François Hollande. Le président a nommé le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas pour la remplacer.

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                      Brillante candidate à la présidentielle de 2002, une tête bien faite et bien pleine, des convictions qui ne sont pas simplement des sautes d'humeur (celles de tout le monde) ni un positionnement communautariste démagogique ou plus simplement carriériste...

    Rapporteuse de la loi du 21 mai 2001 qui reconnaît enfin que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien constituent un crime contre l'humanité…

    Garde des sceaux, star du gouvernement Ayrault, si Christiane Taubira est en politique un de nos derniers intellectuels engagés, dans les replis sinueux de son cortex cérébral, de circonvolution en circonvolution, Christiane Taubira n’a eu de cesse de creuser son sillon durant quatre longues années ; toujours le même depuis sa nomination au poste de garde des sceaux ; il a pour nom : solidarité gouvernementale.

    De la solidarité au renoncement, du renoncement à la soumission, de la soumission à l'asservissement, rappelons toutefois qu'il n'y a qu'un pas... d'autant plus que le ministère de la justice se trouve tout près de l'Elysée et de Matignon, là où chaque ministre reçoit ses ordres.

     

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    Taubira écoutant que d’une oreille ! Et encore, par intermittence.

     

     

                       Christiane Taubira, garde des sceaux : quand le ver était dans le fruit, très tôt.

     

                       Bien avant les péripéties à propos du projet de loi constitutionnelle - déchéance de nationalité et remise en cause du "droit du sol" -, qui a eu raison de sa loyauté gouvernementale à toute épreuve, on pouvait déjà assister aux manifestations de flics dans les rues, à des avocats faisant la grève de l'aide juridictionnelle ; plus tôt en février de cette année, des enfants et leurs parents ont été arrêtés à l'occasion d'une traque contre les "anti-Charlie" ;   une mineure de 14 ans a été mise en examen pour apologie du terrorisme ; un adolescent de 16 ans a été placé en garde à vue ; un homme de 34 ans, qui avait fait l'apologie des frères Kouachi lors de son arrestation en état d'ivresse ; ainsi que des dizaines de procédures ouvertes pour "apologie" du terrorisme.

    Vinrent ensuite la confirmation par la Cour de cassation du caractère illégal de la campagne BDS (boycott d'Israël), la France demeurant le seul pays au monde où une telle interdiction est posée, puis les persécutions judiciaires de Dieudonné et d'Alain Soral qu'aucune justice en Europe se cautionnerait ; des « affaires » qui n'avancent pas (comme si l'Etat PS gardait sous la main l'épouvantail Sarkozy avec celui de Marine le Pen) ; et toujours des policiers et des gendarmes acquittés à propos de bavures avérées, des prisons surchargées et toujours une justice sous financée ; des syndicalistes mis en examen, et aujourd'hui même : condamné pour contrôles au faciès, l'Etat se pourvoit en cassation alors que François Hollande s'était engagé à lutter contre ce type de contrôle lors de sa campagne présidentielle.

    Dernièrement, c’est l’état d’urgence décrété par Hollande dans la nuit du 13 au 14 novembre dernier qui est venu assombrir le tableau avec des assignations à résidence d’écologistes considérés dangereux, des perquisitions par centaines sans résultats et des interdictions de rassemblements et de manifestation...

     Christiane Taubira, infatigable ministre "J'y suis, j'y reste !" gardera le sourire, à l'aise, Blaise !

     

                     Aujourd'hui qu'elle démissionne, il est dit que Christiane Taubira aura certes beaucoup parlé mais peu agi, perdant un nombre considérable d’arbitrages tout en demeurant néanmoins à son poste alors que la venue de Manuel Valls en 2014 lui offrait l'occasion de quitter ce gouvernement qui n'a plus rien à voir avec une gauche même modérée et dite "réaliste". Son erreur, sa faute sera d’être restée. Ce qui, aux yeux de la gauche, la condamnait déjà. Car enfin, d’autres ministres avaient compris qu’il fallait quitter ce gouvernement de renégats ; Christiane Taubira non ; elle s’est obstinée ; est-ce par crainte de retrouver une vie civile terne et sans éclat, loin des feux de la rampe politique ?

     

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    Taubira encadrée, cernée, collée, serrée !

     

                       Et c'est alors que... pas à pas, sans éclat ni tapage, par la petite porte... mois après mois, année après année, on s’y traîne, debout mais couché, lentement mais sûrement, de flatterie en flagornerie, alléché par l’odeur d’une promesse de reconnaissance au sein du grand barnum politique et sociétal... et puis, par un beau matin, on retrouve ses chaînes, le bruit de son cliquetis et son entrave, celle dont on croyait s’être débarrassé.

    Et c'est alors que l'indépendantiste guyanaise échange son lexique et son codex de militante des droits des Peuples à disposer d'eux-mêmes contre une langue de bois au service de la domination du plus fort sur le plus faible : le domestique a rejoint et dépassé le Maître.

    Christiane Taubira vivra son naufrage politique et moral jusqu'à la noyade comme d'autres de boire leur vin jusqu'à la lie. Et même si elle s'est retirée in extremis, en démissionnant, il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui elle se retire naufragée.

    Aujourd’hui personne n’est contraint à ce déshonneur, que dire alors ?

     

     

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    Taubira au garde à vous au côté du CRIF

     

                     Frantz Fanon, Aimé Césaire et Edouard Glissant  (auteurs cravatés qui n’ont fait finalement que servir la langue des maîtres) dont Christiane Taubira se réclame, ont donc échoué : leur littérature ne l’a pas aidée à penser les dangers de la compromission et le piège qui se referme sur la victime qui choisit de servir son bourreau : celui d'hier, d'aujourd'hui et de demain ; celui qui est du côté du manche ; bourreau de toujours qui vous domine des pieds à la tête, entre deux sourires, deux tutoiements, deux embrassades : Judas père et fils. 

    Autant pour la vigilance de Madame Taubira qui avait pourtant tous les atouts en main – intelligence, talent, culture -, pour démasquer un tel stratagème. Car si le pouvoir corrompt, le pouvoir « privé du pouvoir de dire non et de lui tourner le dos » rabaisse et avilit ; on quitte alors son fauteuil débiteur et sale… endetté à vie.

    Aussi, à propos de la relation du PS avec Christiane Taubira, force est de conclure ce qui suit : ce parti n'a pas son pareil lorsqu'il s'agit de salir celles et ceux dont il loue les services le temps d'un passage dans un de ses gouvernements iniques dont il a le secret ; il exigera tout d'eux qui, sur le plan de la morale, de l'éthique et de la rigueur intellectuelle, y laisseront tout ce qu'ils possédaient avant d'y entrer.

    Prêtez-leur un bras et main-forte, et c'est tout votre corps, corps et âme, que vous y abandonnerez car, c'est maintenant bien établi : on sort manchot, cul-de-jatte, lobotomisé et sale - en d'autres termes : discrédité - d'une collaboration, même éphémère,  avec un parti qui cultive comme aucun autre, le mépris courtois et sournois envers ceux qui le servent, sans doute à cause d'une trahison politique qui lui sied si bien depuis trente ans !

    Après leur départ, reste alors pour tous ceux qui ont un jour succombé à l'appel du PS, à se faire oublier au plus vite dans le confort d'une retraite rondelette ; et pour ceux qui auront gardé un minimum de conscience morale... retraite amère qui ressemble étrangement à une cavale : rompre tout contact avec son passé tout en renonçant à une vie sociale digne de ce nom.

     

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    Taubira pas très regardante quand elle a besoin d’affection

     

                    Ah ! Mépris quand tu nous tiens.....................   Harlem Désir (il sera le premier), Malik Boutih, Najat Vallaud-Belkacem et maintenant Christiane Taubira...

    Même en politique, on leur confie le sale boulot : mettre la droite en colère, ulcérer le FN sans aucun profit pour la gauche, excepté le PS et les carrières de ses membres les plus influents.

    A jouer avec le feu on finit par se brûler les doigts.

                    Mais alors... est-ce un hasard si ce destin sacrificiel qui ressemble fort à une crucifixion touche en priorité des Français qui appartiennent à des minorités visibles ?

     

                    Garde des sceaux, elle aura indisposé la droite, frustré la gauche. L’histoire retiendra de son passage,  la loi "le mariage pour tous". C’est vous dire. C’est tout dire à l’heure où des institutions européennes aux ordres d’un mondialisme vorace et sans vergogne, représentent une véritable menace pour la démocratie, l’Etat providence, les droits sociaux et la liberté d’expression.

    On pourra longtemps s'interroger sur le fait que le PS ait pu confier à Christiane Taubira un projet de loi aussi clivant ("le mariage pour tous" ainsi qu'une réforme pénale aussi ambitieuse que controversée ; réforme qui n’aboutira jamais après quatre années au poste de garde des sceaux - record de longévité depuis Badinter -, Hollande s'étant dégonflé pour ne pas contrarier la droite dite républicaine sur laquelle il compte en 2017 au second tour contre MLP). Doit-on y voir là, une fois encore, un désir du PS de gonfler les scores du vote FN avant de l'instrumentaliser à la prochaine présidentielle de 2017 ?

    Et l'on pourra longtemps reprocher à Christiane Taubira d’avoir accepté d’être instrumentalisée par  un gouvernement cynique et irresponsable ; en effet, n’était-elle pas la dernière à servir un tel projet de loi... de par sa personnalité, son engagement politique et ses origines ethniques ? Cette nomination de Christiane Taubira n’a-t-elle pas été vécue comme une véritable provocation ? Le PS n’a-t-il pas sciemment cherché la confrontation directe avec une partie des Français dans l’espoir de favoriser le FN, parti qui, depuis 20 ans, représente la meilleure garantie de succès pour les candidats PS aux élections ?

    Christiane Taubira ne pouvait pas ignorer une telle instrumentalisation. Elle est bien trop avisée pour ça.

     

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    christiane taubira a remis sa démission, garde des sceaux, ministre de la justice

    Christiane Taubira au fond du trou 

     

                       La pire des choses pour un être humain c’est de mal vieillir car, on ne devrait jamais vieillir comme on ne devrait jamais cesser de hurler ! Tous devraient alors pousser leur cri puis mourir tout de suite après pour mieux laisser résonner ce cri.

    Attention des médias, confort matériel, prestige de la fonction, à ce sujet, on reprochera à ChristianeTaubira d’avoir tué ce cri pour une bataille de chiffonniers de mauvaise foi à l’Assemblée nationale le mercredi au moment des questions de gouvernement, tout en ayant la faiblesse ou la fourberie de croire que cette bataille valait une seule journée d'investissement.

    Christiane Taubira, une authentique femme de gauche dans un gouvernement de droite aura accepté de gérer, durant cinq années, la pénurie d’un budget d’une justice à 60 Euros par tête d'habitant, le plus faible d’Europe…

    Une femme politique Christiane Taubira, faite pour le combat politique mais sûrement pas destinée à occuper un poste de ministre car, si la politique c’est un métier dans une démocratie squelettique, être ministre c’est la poursuite de cette carrière politique par d’autres moyens ; ne rien faire, attendre, sourire, s’agiter, ménager la chèvre et le chou puis frapper très vite et fort au bon moment : ascension assurée.

    Mauvaise fille, ChristianeTaubira n’a fait finalement que donner des coups de pieds dans les tibias et les mollets de tout le monde, renonçant très vite à mener jusqu’au bout une réforme dès les premiers coups de sifflet de l'Elysée et Matignon qui annonçaient la fin de la partie en attendant la prochaine.

    Ministre militante mais impuissante, c’est alors que l’on développe un comportement de petit chef, puis de capot, la boucle bouclée.

     

                    Dans ces conditions, et maintenant qu'elle a quitté ce gouvernement qui ne concerne plus la gauche, comment alors ne pas souhaiter que Christiane Taubira se fasse oublier dès que possible pour nous avoir baladés quatre années durant. Un aller simple pour la Guyane auprès d’une population qui n’a pour seul avenir que le RSA ? Tout le monde a le droit à la rémission de ses fautes ! Espérons qu’elle ira chercher cette rémission et qu’elle trouvera sa rédemption auprès des déshérités d'un Outre-mer abjecte dans son organisation économique, et par voie de conséquence, dans son organisation sociale.

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  • Crise de la transmission et deuil de l'oubli - 2

    Ce que vous n'avez pas connu ne peut en aucun cas vous manquer !

    En sommes-nous si sûrs aujourd'hui ?

     

     

     

    Plus qu'une oeuvre musicale : une cathédrale

     

             Maeterlinck, Debussy... ou quand l'opéra rencontre le meilleur de l'association "langue, musique et chant", une fois purgé (sevré ?) de Wagner (et de l'opéra italien), sous la direction d'un Debussy extasié.

     

     

                 Comme compositeur, théoricien, pédagogue, administrateur et chef d'orchestre, Pierre Boulez a écrit une des plus belles pages de la musique de la seconde moitié du XXè siècle... sinon la plus belle.

     

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                 J.S Bach, Claude Debussy, Pierre Boulez...

    Qui les protègera de l'oubli, de cette perte de mémoire, de cette amnésie savamment organisée et entretenue par des marchands de succédanés et une économie de l'ersatz qui a tout emporté sur son passage ?

    Au sujet de cet oubli, le véritable deuil, finalement, n’a pas pour objet la perte - à l'heure du numérique, plus rien ne se perd, et pour peu qu’il s’agisse d’une œuvre, celle-ci est indestructible : désormais, ce qui a été le sera à jamais !

    Non ! Aujourd'hui, le deuil a bien plutôt pour objet l’absence de transmission et l’ignorance certaine de ceux à qui aucune chance ne sera donnée de découvrir et de connaître tout ce dont il nous a été donné d'être les témoins...

    Car si Internet c'est toute la mémoire du monde, avec le concours de millions d'acteurs du web déterminés à transmettre le passé, même récent, encore faut-il soupçonner l'existence de tout ce qu'une génération a pu faire advenir intellectuellement et artistiquement.

     

                  Le deuil, c’est donc le deuil de la non-transmission avec lequel il nous faut vivre ; le deuil de notre incapacité à pouvoir transmettre et « raconter l’autre » qui n’est plus ; le raconter auprès d’un public absent, indisponible ; des millions d'êtres humains privés de leurs capacités à faire un pas en arrière car, aujourd’hui,  il n’est donné à personne de se retourner : "Pas le temps ! Et puis j'étais pas né !"

    Et ce deuil-là est sans recours ni consolation.

     

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  • Alain Finkielkraut en prime time, encore et encore !

                   Portrait linguistique d'Alain Finkielkraut par Thomas Guénolé

     

                Thomas Guénolé, politologue, dresse le portrait d'Alain Finkielkraut chez Ruquier le 3.10.2015. Un portrait linguistique sur mesure à propos d'un grand petit bourgeois qui a peur de tout sauf de sa propre image dans le miroir car Finkielkraut a décidément beaucoup de mal avec tout ce qui n'est pas "Alain Finkielkraut". 

                 Ne s'attaquant jamais aux causes, se cachant derrière Péguy sans doute pour ne pas avoir à citer Maurras et Barrès (1), que l'on se rassure à propos de cet anti-intellectuel forcené: Finkielkraut n'a aucune espèce d'importance. Seule son omniprésence dans les médias nous oblige à intervenir et à le remettre à sa place à chaque fois que l'opportunité nous est donnée de le faire.

     

    1 - Heureusement que ces derniers étaient antisémites, ou bien encore : heureusement que Finkielkraut est juif car, dans le cas contraire, on pouvait craindre le pire : le ralliement de Finkielkraut à la pensée de ces deux auteurs aujourd'hui jugés infréquentables.

    Pour prolonger, cliquez : Finkielkraut, contre toute raison

     

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                   Echange entre  Finkielkraut et une jeune femme nommée Wiam Berhouma le jeudi 21 janvier sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes"(2).

    On peut dire que cette jeune enseignante en anglais de Noisy-le-Sec a offert un "moment de vérité" aux téléspectateurs de France 2 en s'adressant à Finkielkraut comme suit : "Là où votre rôle d'intellectuel était d'éclairer les débats, vous avez, au contraire, obscurci nos pensées, nos esprits, avec tout un tas de théories vaseuses et très approximatives."

    En effet, la faillite de cet essayiste anti-intellectuel est totale.

     

                 L'intervention de cette jeune femme a chauffé les esprits ; sur twitter on ne compte plus les procès d'intention à son encontre. D'aucuns évoquent même (ICI) "une créature venue de nos craintes, de nos impuissances, de nos cauchemars. Une bouche inapte à la parole..." faisant ainsi l'aveu d'un trouble qui relève, sans l'ombre d'un doute maintenant, de la psychiatrie : paranoïa délirante et raciste, névrose communautaire et perversion narcissique communautariste : voir ICI une analyse à ce sujet.

                Quant à la presse, l'hebdo Marianne qui ne souhaite manifestement pas être en reste, y est allé de son commentaire ; faut dire que cela fait des années que cet hebdo qui avance masqué, a pris l'habitude de faire dire par les autres, généralement par le camp dit "d'en face", au nom d'un pluralisme de tartuffe (dans les faits on peut scander : "Marianne et Causeur, même combat !" dans leur procès d'intention contre l'Islam et leur soutien aux USA et à Israël), ce que ce magazine subventionné par les contribuables à hauteur de plusieurs millions d'euros chaque année - et il n'est pas le seul -, pense tout haut derrière les portes closes de ses comités de rédaction.

                  Même si Finkielkraut se moque bien de l'intervention de cette jeune femme, car il sait qu'il a pour lui l'opinion publique, les médias et une grande partie de la classe politique de droite, PS compris... qu'il soit permis ici de constater une nouvelle fois ceci : en France, après les Noirs, et dernièrement encore avec un dessin de Riss, salarié de Charlie Hebdo, depuis les "Arabes" des années 60 et 70, jamais une communauté n'a été autant insultée que la communauté musulmane.

     

                    Aussi, au fil des ans, on est en droit aujourd'hui d'en tirer la conclusion suivante : l'Etat français et les médias n'ont que faire d'un Musulman citoyen, lettré, éduqué, entreprenant et sans complexe car ce Musulman en particulier est difficilement manipulable et ne permet pas l'instrumentalisation de sa religion et des religions ainsi que des extrêmes à des fins politiciennes les plus abjectes  - une des spécialités du PS depuis les années 80 : diviser la communauté nationale et continuer d'occuper l'Elysée et Matignon au service de l'Otan, d'Israël et de l'Arabie Saoudite.

                   C'est sans relâche qu'il nous faut continuer de nous en alarmer à haute voix ici et partout ailleurs.

     

     

    2 - Ce soir-là, c'est un peu comme si Pujadas nous avait demandé de choisir entre Libé et le Figaro avec le choix de ces deux invités censés représenter deux France alors qu'il s'agit de la même France, et pour peu que ces deux énergumènes puissent représenter qui que ce soit : en effet, tous deux sont atlantistes, sionistes (leadership de la voix de l'Occident des USA et d'Israël avec pour seul projet la domination et le chaos pour les réfractaires) et europhiles, telle que l'Europe a été pensée depuis Maastricht :seule la question de l'immigration les sépare (multiculturalisme, intégration, assimilation) ainsi que l'islamophobie et le racisme anti-arabe propres à Finkielkraut qui sombre sous de multiples contradictions ; entre autres : il veut bien des bombes américaines mais pas de sa culture hégémonique et destructrice des identités ; il veut l'assimilation mais son principal souci est identitaire : sa part juive et le bien-être d' Israël au détriment des Palestiniens et des populations de toute une région... 

     

    Pour prolonger, cliquez : Tariq Ramadan et l'état de la France

     

     

     

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  • Julien Sorel ou l'insoutenable légèreté de l'être et du néant - 1

     

     

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    Stendhal : "Julien Sorel, c'est moi !"

     

    Julien Sorel, cette Madame Bovary faite homme 

    ____________________

     

                       Il est dit qu'il ne mangera pas à la cuisine avec les domestiques. On l’appellera Monsieur. Il sera logé avec ses maîtres, au même étage, ce qui facilitera une promiscuité qui s’avèrera très vite voluptueuse. Il n’a pour l’heure que deux chemises mais un vêtement sur mesure lui sera confectionné.

    La vie de château, pour un peu !

     

                      actualité,société,stendhal,litterature, le rouge et le noir,louis philippe,charles X,1830, rênal,comte de la Mole,julien sorel,verrières,l'abbé chélan,Le Prince Mychkine chez Dostoïevski, Julien Sorel chez Stendhal, Gavroche chez Hugo, David Copperfield chez Dickens…lA Julien Sorel, héros du roman Le Rouge et le Noir signé Stendhal, sous-titré Chronique du XIXe siècle1830 plus précisément - , à ce Julien Sorel, souhaitons la bienvenue chez les Rênal, foyer tranquille d’une maison bourgeoise sans charme d'une commune sans qualité de Champagne-Ardennes nommée Verrières et dont M. de Rênal est le maire.

    Irréprochable, M. de Rênal respire et transpire la dignité d’une bienséance de bon aloi tranquillisée par le retour de la Monarchie après la chute d’un Corse qui ne tenait pas en place : toujours à faire la guerre ! Toujours à vouloir revenir ! Un Corse Empereur.

    «Toi, Napoléon, tu m’aurais fait général sur le champ de bataille !» soupire Julien Sorel ; fils d’un artisan charpentier,  il n’a de cesse de se plaindre de sa condition : il est précepteur chez les Rênal, couple aux deux marmots. 

    Julien Sorel regrette un temps qu’il a pourtant à peine connu, sinon enfant : l’Empire, le premier du nom. Cette admiration pour un Empereur resté dans toutes les mémoires, craint par les uns, admiré par les autres, il la doit à un oncle qui l’a servi, bien servi, copieusement jusqu’à Waterloo.

    Après Napoléon 1er, toujours à propos de Julien Sorel, Danton aura sa préférence ; Danton, l’homme d’une bourgeoisie affairiste pressée d’en découdre avec le commerce contre une aristocratie figée, oisive et sans talent depuis deux cents ans et un Robespierre imprévisible avec son « culte de la raison et de l’être suprême », imbuvable…

    Il est vrai que Danton, c’est le mouvement ; celui des affaires et de la bonne chair, la fourchette bien haut et le verre aussi.

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    Mme de Rênal et Sorel

     

                     Nous sommes en 1830 : adieu Charles X, bonjour Louis Philippe !

     

    Julien Sorel connaissait son latin ; un prêtre, l'abbé Chélan qui le destinait au même sort, le lui avait enseigné.

    « Je suis petit Madame mais je suis loin d’être bas » confie d’un ton ferme Julien Sorel qui n’aime pas la générosité de Madame de Rênal qu'il juge condescendante, alors que Monsieur lui verse un salaire modeste mais régulier pour s’occuper de l’instruction de ses deux chérubins.

    A son arrivée chez les Rênal, Julien Sorel a 18 ans ; sachez à toutes fins utiles qu’il ne lui reste que 5 ans à vivre. Consolez-vous : mourir jeune, c’est ne jamais mourir, jamais vraiment du moins. Regardez ! Aujourd’hui, on en parle encore.

    Avoir 18 ans à une époque qui verra le triomphe de la bourgeoisie marchande et le début du calvaire ouvrier recruté à marche forcée dans les campagnes - ouvriers et ouvrières qu’on a arrachés à leur charrue, aux travaux des champs et de la ferme -, qu’est-ce à dire ?

    Julien Sorel plaisait. Il était beau. Aucune femme ne lui résistait. Et lui non plus n’a résisté à aucune d’entre elles. Privé de mère (Stendhal n’a pas jugé bon de lui en donner une !), les femmes l’ont bouleversé ; on lui reconnaîtra cette qualité, même si on la trouvera quelque peu intéressée : l’empathie pour le désir d’une femme à son endroit car, si Julien Sorel est tombé amoureux un jour, c’est très certainement de l’amour des femmes à son égard, un amour total, sans calcul, de chair et d’âme car pour elles, il était leur maître ; à leurs yeux et aux siens aussi, il n’était plus ce « premier venu » dans un monde qu’il sera pourtant le dernier à chercher à comprendre car, présomptueux, imprudent et négligent, il n’a jamais pensé que ce monde méritait une telle attention.

    Très vite, il s’est jeté à l’eau, à la première occasion, et puis, encore et encore ; dérivant, emporté par le courant d’une existence fleuve, il lui est arrivé de faire quelques brasses mais la coordination des mouvements de ses membres inférieurs et supérieurs n’était pas son fort ; une baignade de trop, la dernière…il a donc fini par couler.

    Que l’on ne s’y trompe pas : Julien Sorel, déjà gâté avant même d’avoir mûri, était bien plus cynique que son époque et plus tartuffe que celui de Molière : dans ces conditions, il ne pouvait qu’échouer après s’être noyé, son corps jeté sur le rivage par une mer qui en a rejeté bien d’autres avant lui et beaucoup d’autres encore après.

    Vulnérable car dépendant, pour le dire autrement : Julien Sorel ne pouvait que finir mal car pour jouer ce jeu-là, il faut des appuis, être en possession de cartes maîtresses (les femmes, encore et toujours ! Des femmes placées au centre de son existence et lui de la leur !) qui permettent de rafler la mise à la barbe d’une concurrence effrénée (celle des coureurs de dote ou des stakhanovistes de la séduction ?) et de se sortir de situations délicates, a priori inextricables pour le commun des mortels.

     

                      Prêtre confirmé, très vite défroqué, un jour dans l’Eglise, un autre en dehors, il sera le seul à ne pas y croire et à ne craindre aucun jugement dernier alors que la religion abrutissait et assommait encore toutes les classes sans exception.

    Julien Sorel s’est rêvé tour à tour et dans l’ordre : évêque (athée de surcroît), général d’armée, et pour finir : l’heureux bénéficiaire d’un riche mariage car le personnage de Stendhal a tout désiré ; il a tout convoité ; il a pris autant que ce qui lui avait été offert car il n’a rien refusé.

    Inconstant, il était, pareil à un enfant devant les vitrines de Noël – « Ca, je le veux ! Et puis ça aussi ! Non, ça plutôt ! Et ça ! Et… » -,

    Décidément, le 19e siècle, en littérature sera le siècle des enfants-adultes et des adultes-enfants: Le Prince Mychkine chez Dostoïevski, Julien Sorel chez Stendhal, Gavroche chez Hugo, David Copperfield chez Dickens…

    Chez lui tout était à la fois feint et vain puisqu’il n’avait aucune idée exceptée une seule : sortir de sa condition. Or, aujourd’hui on sait que vouloir s’élever socialement c’est souvent déchoir moralement quand cette ambition n’est accompagnée, tempérée dirons-nous, par aucune valeur humaine ni quelques règles de conduite bien comprises, même si ce désir d’ascension demeure bien évidemment légitime. Mais il y a des montées qui n’ont qu’un objet : faire redescendre les candidats bien plus bas bien plus vite encore. L’ordre social est une science implacable, tout comme la gravité terrestre.

                        Méprisant son père artisan charpentier et sa condition, lorsqu’un fils souhaite éviter de ressembler à son père, deux choix s’offrent à lui : s’élever matériellement et déchoir moralement ou bien, renoncer à la réussite matérielle et inventer un autre rapport au monde.

    Sorel sera porteur d’aucune alternative, sinon une seule : réussir ou périr.

                    « Jamais péché n’aura été commis avec moins de joie »… Péché d’adultère pour l’une, convoiter la femme de son « voisin » pour l’autre, chez lui tout n’était que corvée, corps et âme ; rien de surprenant à cela : Sorel n’avait pas compris que dans tout déplacement et emportement, c’est le voyage qui importe et non la destination, même si au moment de franchir le seuil de ses actes, un désir insurmontable venait tout balayer : cynisme, angoisse et scrupules. Dans ces moments-là, face au désir d’une femme capable de tout risquer, honneur et famille, sans doute Julien Sorel était-il authentique, une seconde, une fraction de seconde avec sa proie, un Sorel terrassé de reconnaissance, et alors qu’il se croyait chasseur et qu’il n’a fait qu’être gibier durant sa maigre et courte vie ; gibier de potence qui plus est.

    « Est-ce que vous pensez que j’ai envie de savoir ? » réplique Monsieur Rênal à Madame qui est sur le point de confesser un adultère qu'il lui faut expier - du moins le croit-elle -, contre la survie d’un de ses enfants dont la fièvre ne cesse de monter et dont la guérison ne se fera qu’au prix du départ mille fois retardé pour le séminaire – tel est le vœu de Madame Rênal -, d’un Julien Sorel qui semble faire mine de se résigner avant une dernière tentative :

    « Veux-tu que je reste et que je t’aime comme un frère? »

    Un Julien Sorel ne renonce pas si facilement à la femme qu’il aime d’un amour qui n’en est pas un puisque Julien Sorel en est bien incapable, tout en l’ignorant : en effet, il se sera fourvoyé, se trompant sur son propre compte jusque dans tous les excès de sa conduite et jusque dans le lit dans lequel il était censé trouver un sommeil réparateur, sommeil du juste, auprès d’une femme entièrement soumise car pleinement acquise.

    Incapable de connaître sa chance, trop occupé à recevoir et à prendre, trop amoureux de la chasse pour savoir quand rebrousser chemin pour rentrer avant la tombée de la nuit, si Julien Sorel avait du caractère force est de constater qu’il n’avait pas de personnalité, ce qui faisait de lui un insolent capricieux qu’un entourage bienveillant à son endroit qui n’oubliait jamais toutefois de remettre à leur place les jeunes gens tentés d'en occuper une autre, avait pourtant su apprécier et récompenser.

    Ingrat Julien Sorel ?

    Gourmand, trop gourmand ?

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    (Sorel et Mathilde de la Môle)

     

                       Le marquis de La Môle dont Julien Sorel devint le secrétaire après avoir quitté la ville de Besançon pour Paris, recommandé par l'abbé Pirard, laissant derrière lui un séminaire aux séminaristes vindicatifs et envieux, venus de la campagne où ils mouraient tous de faim, ainsi qu’une Madame de Rênel défaite et inconsolable, ce marquis généreux mais prudent et taciturne, pourra toujours s'indigner de la conduite de sa fille Mathilde, fille unique à l'esprit romantique et romanesque, follement amoureuse de notre Sorel et déflorée par ce dernier, puis bientôt grosse d’une passion irréfléchie ! Car enfin, ce marquis n’appartient-il pas à cette classe qui n’avait pourtant pas hésité sous Louis XV et XVI à faire monter de leur province boueuse et crasseuse leurs filles de 15 ans à Versailles, au plus près de sa cour, comme on monte au bordel, pour les livrer aux plus offrants qui avaient 4 fois l’âge de l’ingénue maintenant au fait avec la « raison financière et foncière » comme ailleurs « la raison d’Etat » et parce que nécessité fait loi ; en effet, il était tantôt question de la ruine qui menaçait une famille ; tantôt il fallait étendre le domaine : plus de surface, plus, plus, toujours plus, à perte de vue !

    Faut dire qu’à cette époque, le crime de « trafic et traite d’êtres humains » n’était pas encore avéré ni dûment consigné.

                      Bon pied, bon œil, voilà notre Julien Sorel anobli à la hâte, en catastrophe, par son futur beau-père, le marquis de La Môle. Avis à la population : désormais, ce sera Julien Sorel de la Vernaye, lieutenant de hussards à la cavalerie légère ! Uniforme rouge contre le noir du clergé. Merci Marquis  ! Un Marquis dur à la tâche pour l’occasion et prompt dans sa prise de décision.

    Reste alors à conduire une enquête d’honorabilité et de voisinage avant la noce ; un retour vers le passé de Julien Sorel s'impose - Besançon et le séminaire, puis la maison Rênal -, juste pour être sûr ; et puis, ne sait-on jamais... ce qu'on ne sait pas encore ?

     

                     L’enquête d’honorabilité commandée par le Marquis ne s’avérera pas simplement décevante ; elle sera franchement alarmante pour toutes les parties. Un premier verdict tombe annonçant un second bien plus funeste encore : il est dit que Julien Sorel n’a pas de religion ni de scrupules ; il n’a qu’un souci : capter la fortune du maître de maison et séduire au passage sa femme légitime ou sa fille… parce que… pourquoi faire les choses à moitié, après tout !

    Seuls les sots se mettent en colère pensait-il. Il a trop souvent oublié d’y penser au moment où il aurait pourtant été avisé de s’en souvenir. Julien Sorel n’a pas tué mais il a voulu tuer ; lieu de sa tentative d'homicide : une église, pendant l’office. Si si ! Rien moins. Et au pistolet, s'il vous plaît ! Là, il n’est plus simplement question de blasphème mais d’un acte d’une extravagance peu commune ; un véritable attentat d’essence anarchiste gravissime qui menace toute la société urbaine et rurale, femmes, enfants, bêtes et poulets, même dans les plus petits recoins du royaume de France et des cours de ferme. Et c’est tête haute que Julien Sorel a tenu l’arme et qu’il a fait feu contraint et forcé puisque sa cible était bien plus élevée socialement : il s’agissait de Mme de Rênal qui en réchappera. Une Madame de Rênal qui ne saura pas résister aux pressions de l’Eglise : pas de chance pour Sorel, à propos de cette enquête d'honorabilité, son témoignage est requis.

    C’est l’Eglise qui rédigera le rapport ; cette l’Eglise qui a formé Julien Sorel. C’est l’Eglise qui le réformera, le jugeant indigne. Avec Julien Sorel qu'un prêtre de campagne avait destiné à la prêtrise, l’Eglise a lamentablement échoué. Elle le sait. Il faut donc qu’il paie.

    Rancunière comme il n’est pas permis, cette Eglise qui ne vous prépare qu’à la soumission à son ordre et à la duplicité, tout en prenant soin de vous préparer non pas à entrer dans le monde mais bien plutôt à en sortir, les pieds devant, cette Eglise-là mettra un point d’honneur à le perdre.

                  

                       La suite ICI

     

     

     

    NB : toutes les photos mettant en scène Gérard Philippe (Julien Sorel), Danielle Darrieux (Mme de Rênal), Antonella Lualdi (Mathilde de La Môle) sont issues de l'adaptation cinématographique du roman de Stendhal par Claude Autan-Lara en 1954. Superbe adaptation ; magnifique intelligence du jeu de Gérard Philippe.

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  • Julien Sorel ou l'insoutenable légèreté de l'être et du néant - 2

     

                       Julien Sorel sera jugé par la bourgeoisie et une aristocratie maintenant bâtardisée ; le peuple, lui, était absent des débats, de tous les débats, auditeurs et témoins muets.

    Eux tous ne pardonneront rien à Julien Sorel, à l’heure où il lui faut rendre des comptes avec intérêts. Et quels intérêts ! Des intérêts d’usuriers.

                      Né orgueilleux, d’un mauvais orgueil, il finira dans la vanité ; Julien Sorel qui sera condamné à la peine de mort, lui qui a eu tellement de mal à vivre, recevra cette sentence comme un dû, un droit et un devoir ; à sa décharge on précisera ce qui suit : s’il avait une conscience de classe en ceci qu’il souhaitait sortir de la sienne, Julien Sorel n’avait pas d’éducation politique. Reconnaissant que la société qui le jugeait avait le droit de se défendre, il a donc fini par croire, bien involontairement, à la justice de son pays ; justice de classe néanmoins, et ça, il l’avait bien compris : on ne convoite pas la femme de son maître ni sa fille  du moins sans la permission de son père en ce qui concerne cette dernier - quand on est né fils de charpentier.               

    Inconscient du danger imminent, danger de chaque instant, à chaque pas - le danger s’accommode mal fort mal du mépris dans lequel on le tient, arrive alors un jour où il décide d’en finir pour et avec vous -, plus téméraire que courageux (le courage fait appel à des qualités qu’il n’avait pas, comme le sang froid et la réflexion), il sera celui par qui le scandale arrive. Mais il ne sera pas la cause du malheur pour autant. Car, quand on y pense un instant : le malheur est partout, ici, là. Sorel s’est simplement baissé pour le cueillir chez les Rênal comme chez le Marquis de la Môle ; au moins a-t-il été équitable ; il l’a partagé avec celles et ceux qui n’avaient pas encore réalisé qu’il se trouvait là tout près, à leurs pieds, dans l’attente de son heure. Faut dire que Julien Sorel avait un don particulier pour cette cueillette-là, les autres pas, établis qu’ils étaient, protégés par un ordre social indéfectible dans son organisation : et puis, la religion veillait sur eux tous ; elle les maintenait droits, rigides, rectilignes ; aussi, réticents étaient-ils à l’idée de devoir courber l’échine jusqu’à lui.

    Julien Sorel, attentionné, s’en est chargé ; il l’a cueilli, il l’a ramassé ce malheur et n’a pas vu qu’à force de se baisser on finit par s’abaisser au ras des pâquerettes, face contre terre, le visage noir.

     

                       Arriviste Sorel ?

    Il n’avait rien d’un Rastignac. Il était opportuniste certes ! mais mauvais stratège, mauvais tacticien ; indécis, il était l'enfant d’un siècle en plein chamboulement, dans le bruit et la fureur de mille opportunités à saisir ; l’ère napoléonienne, vingt ans plus tôt, avait posé les jalons d’une méritocratie encore embryonnaire certes mais qui a survécu à son architecte : «Faites vos preuves et vous prendrez du galon et les médailles pleuvront !

                      Alors, arriviste Julien Sorel ?

    Sorel préférait Danton à Robespierre, la bourgeoisie d’affaires plutôt que le peuple ; le patron plutôt que l’ouvrier. Et tous ceux qui sont restés là où ils sont nés, et qui, naïfs, ont espéré un regard compatissant de ceux qui ont pu s’élever, l’ont appris à leurs dépens avant d'en être pour leurs frais, de leurs poches et de leur bulletin de vote ; et la leçon est amère : pas de meilleur bourgeois qu’un ouvrier sorti du rang.

                      Sot Julien Sorel ?

    Sûrement. Trop honnête pour être poli, Julien Sorel a confondu l’insolence avec l’honnêteté car la véritable honnêteté c’est l’authenticité qui repose sur de fortes convictions et quelques principes ; pas trop mais juste ce qu’il faut pour ne pas être un salaud ou un imbécile irrémissible.

                      Inconséquent ?

    Assurément ! Car toute ambition dans sa réalisation demande de la rigueur, de la persévérance  et de la patience. Or, Julien Sorel était  léger, très léger ; une fenêtre ouverte, une porte , un courant d'air malencontreux, et hop ! Plus de Sorel ! Fini Julien !

                      Mais alors, salaud Julien Sorel ?

    Un enfant Sorel ! Un enfant… quand un enfant fait le mal sans soupçonner le mal qu’il fait. Qui peut bien avoir envie de le juger aujourd'hui ? Car enfin, depuis quand juge-t-on un enfant ?

     

                    Là où il est passé, Julien Sorel n’a laissé ni regrets ni remords : «Muss es sein ? Es muss sein ! »… cela doit-il être ? Cela est ! Car, rien qui le lie aux événements de sa vie, la sienne et celles qu’il a comme fracassées tel un éléphant dans une magasin de porcelaine, vies atomisées, lambeaux et miettes, ne pouvait ne pas avoir été. Et s’il était plus lucide que toutes celles qui l’ont aimé et qui ne voulaient pas « que ce soit fini, jamais ! », lui seul a su comprendre que le rideau était tombé et qu’il ne se relèverait pas ; on peut lui reconnaître cette qualité : sa lucidité face à son propre malheur imminent ; on finit toujours au fond du trou que l’on a, que l’on s’est creusé et les autres avec nous car dans l’échec, on y trouve toujours assez de place pour tout le monde ; de plus, si le succès est misanthrope, l’échec est doué d’un instinct grégaire hors du commun ; généreux, il aime tout partager : surtout le pire. Mais ça, c’est déjà moins glorieux.

                       La totale acceptation de Sorel du verdict de la société qui l'a jugé, la peine de mort, aura été la marque de son ignorance et de son inconséquence. Si son refus de demande de grâce, à la condition de rentrer dans le sein de l’Eglise une bonne fois pour toutes car un évêque au bras long pourrait encore le sauver, si ce refus-là peut laisser croire à une âme forte, ce refus aura été l’aveu de toute une vie : Julien Sorel n’a jamais voulu être sauvé et sa courte existence n’a eu qu’un désir inconscient : appeler à lui le danger, tous les dangers, jusqu’à la sanction suprême.

    Le fils d’un charpentier qui se croyait avide d’ascension sociale, refusant son état, s’est lancé dans une quête ne lui ressemblait pas, touchant au but pour n’en rien faire, sinon en finir avec ce destin tout petit dans un monde immense à la fois de médiocrité, d’intelligence, de génie, de cruauté et de bonté.

    Est-ce toucher à la vérité de Julien Sorel, cette « âpre vérité », formule de Danton, placée en épigraphe du roman, que d’évoquer à son sujet une expérience de vie en trompe l’œil dans laquelle tout serait faux, en porte à faux, et par conséquent : illusoire ?

     

                      « Henri Beyle dit Stendhal, était le fils d’un avocat affairiste au parlement de Grenoble (Non, non… nous ne sommes pas en 2016 mais en 1830 !) et d’une mère morte en couche alors qu’il avait 7 ans. Le jeune Henri a peu d’estime pour son père, homme taciturne, pieux, hypocrite, bourgeois qui ne pensait qu’à ses affaires financières. Le précepteur qu'on lui donne, l'abbé Raillane, va détériorer leurs rapports : « Je haïssais l'abbé, je haïssais mon père, source des pouvoirs de l'abbé, je haïssais encore plus la religion au nom de laquelle ils me tyrannisaient » 

                      « Julien Sorel, c’est moi ! » devrait confesser Stendhal ?

     

                   Après tout, Julien Sorel n’avait-il pas qu’à se laisser conduire et porter ? Le monde aurait su lui trouver une place. Il faut savoir parfois laisser le monde décider pour vous. Il lui arrive d’avoir un jugement plus sûr et plus avisé. Après tout, le monde n’est-il pas le monde depuis qu’il est monde et qu’il y a un monde, notre monde ?

    Sans projet à opposer à ce monde-là, Julien Sorel s’est retrouvé sans recours. Il a fini très vite par ne plus rien lui demander, ne plus rien attendre, et surtout pas qu'il épargne sa vie, sa pauvre vie. Mais pouvait-il en être autrement ? Comment aurait-il su traverser à guet cette épreuve fleuve, celle d’une déchéance heureuse qui se sourit à elle-même, béate, d’une perversité pathétique et condamnable seulement de par les victimes qu’elle aura laissé derrière elle ; victimes sacrifiées sur l’autel d’un narcissisme et d’un égoïsme paroxystiques.

                     « Le rouge et le noir », c’est ce roman rouge comme le sang versé et noire comme l’âme de Julien Sorel, personnage venu tout droit de la Commedia dell'arte, masqué à lui-même et aux autres fatalement, héros bouffant et bouffonnant pris dans la nasse d’un roman aux amours non pas impossibles mais inconcevables qu’un Julien Sorel a ridiculisés et dont l’auteur a su assumer tout le cynisme, un cynisme rare, d’un genre nouveau, un cynisme à l’origine duquel on trouvera un aveuglement et un manque total de jugement quant à ce à quoi on peut légitimement prétendre, tout en jouissant jusqu’à l’absurde de ce quiproquo en forme d’auto-illusion jusqu’à l’auto-dérision, car le cas Sorel c’est une affaire entre lui et lui, et seulement lui… ce roman nous le révèle comme aucun autre.

    L’exercice d’une liberté individuelle émancipatrice, certes encore en germe sous Louis Philippe mais qui commençait à montrer le bout de son nez, c’est un fardeau, une angoisse, un vrai défi pour toute une génération sans expérience. Face à une telle aspiration, Sorel n’était pas à la hauteur de l’enjeu. Il ne s’est pas donné le temps de s’apprendre pour, à son tour, s’enseigner une ou deux leçons frappées du coin du bon sens.

    Un Julien Sorel, ça grandit trop vite ! Un Julien Sorel ça court trop vite aussi ! Un Julien Sorel, c’est trop, toujours trop, trop de tout et pas assez de ce rien qui fait la différence en creusant l’écart entre le risque de confondre "convoiter" avec "désirer" car Julien Sorel s’est contenté de convoiter le bonheur d‘autrui, sa place, son héritage et ses mœurs. Alors que le désir ouvre nombre de portes, la convoitise les ferme toutes. Il a très tôt vécu dans le manque, alors que c’est dans le désir qu’il faut vivre car désirer, c’est devenir ce que l’on doit être ; convoiter, c’est chercher à devenir ce que sont les autres. Pour cette raison, la réussite se donne seulement à ceux qui l’ont rêvée pour l‘avoir désirée et non convoitée chez leurs contemporains.

    La liberté individuelle se paie très cher quand on n’a pas le sou d’un jugement juste sur soi-même, et ce le plus tôt possible avant l'âge adulte. Julien Sorel n’a jamais été à la hauteur de son époque ni à l’heure. En retard, il appartenait encore à un monde où l’on s’en remettait aux aînés : on les écoutait ; et quelquefois, c’était faire preuve de sagesse que de s’y soumettre. Plus il a souhaité s'élever, plus il s'est enfermé ; et si le linge du fils était plus propre, et ses mains moins caleuses, Julien Sorel n'a finalement jamais cessé d'être le fils de son père et de sa condition.

     

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                      « Ce n’est pas possible de tuer un homme qui ne m’a pas tuée ! » s’écrit Madame de Rênal, sans doute la toute première « Madame Bovary », 17 ans plus tôt, d’un Stendhal que Flaubert aura lu.

    Toutes l’ont aimé, au premier regard, de loin puis de près, de très près, jusqu’à tout perdre, honneur, famille, enfants, mari et dote. Et celle qui contribuera par faiblesse et par jalousie à la ruine de Julien Sorel, Madame de Rênal, n’oubliera pas de se tenir à ses côtés jusqu’à son dernier jour, sa dernière heure, son dernier souffle, lui tenant le bras sur le chemin qui mène à l’échafaud. Elle le suivra trois jours plus tard, dans la tombe, avec toute sa tête à elle mais épuisée d’avoir aimé, trop aimé, aimé encore et encore. Et elle était bien la seule.

    L’amour est une prison dans l’attente de la peine de mort qui n’est que l’aboutissement d’une condamnation lente à une peine de vie. Mort à 23 ans, figure de la littérature mondiale, chez Julien Sorel, aujourd’hui encore, on cherchera en vain un destin, un accomplissement prometteur, « un fort potentiel », comme on dirait aujourd’hui, dans cette vie fauchée par un verdict de classe car Julien Sorel n'a pas eu droit aux circonstances atténuantes propre au crime passionnel. Pas folle la société ! Pourtant, cette société qui l’a jugé, aurait dû comprendre qu’elle n’avait rien à craindre de Julien Sorel, le prédateur des chambres à coucher de la bonne société dont les épouses font chambre à part, car ce « révolutionnaire-là, ce bandit sans scrupules » n'aurait pas tarder à se ranger de leur côté dès que sa situation aurait été consolidée. Il s’en est fallu de peu, de quelques semaines pour ce Julien Sorel de la Vernaye, lieutenant des hussards, futur gendre du Marquis de la Môle.

     

                      Mère, sœur, amante, épouse… à la lecture de ce roman tragi-comique du point de vue du personnage de Julien Sorel, on réalise à quel point les femmes sont faites pour aimer ! Oui ! Les femmes sont faites pour aimer, et les hommes pour entreprendre et réussir ou bien échouer… lamentablement, toujours ! Et les femmes de ne pas pouvoir leur survivre non plus.

                      Dans « le rouge et le noir », seules les femmes rayonnent avant d’y trôner, là-haut, tout là- haut, authentiques… - des femmes dont on a volé la jeunesse, très tôt destinées à un mariage sans amour -, et Julien Sorel de se tenir en bas, tout en bas, bien plus bas encore que dans la sciure de l’atelier de son père charpentier qu’il haïssait, alors que...

                      Charpentier, c’est un métier et c’est une vie aussi, respectable et pas inutile non plus.

     

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  • Internet, écriture et édition : bilan et perspectives

     

     

                 Entretien avec Jan Kapriski... un temps rédacteur en chef de la revue (éphémère) : Littérature et écriture.

     

     

     

     

    ***



    Jan - « L’heure du bilan a sonné !» m’as-tu annoncé Serge. Tu es venu me voir et tu m’as demandé de conduire cet entretien. Il sera donc question de ta présence sur le Web depuis trois ans, et de ce que tu souhaites nous dire à ce sujet ; ça peut être utile auprès des auteurs qui se posent la question suivante : « Qu’est-ce qu’Internet peut bien m’apporter ? ». On commence par l’audience de ton blog, ou plus généralement, ton audience sur le web...

     

    Serge ULESKI - Difficile d’évaluer mon lectorat mais… je le situe entre 8000 et 10000 par mois, parfois plus - ce qu’on appelle les « visiteurs uniques » -, en audience cumulée sur les trois sites suivants : Nouvelobs, Agoravox et Le monde.fr.

     

    - Sur le Nouvelobs, tu gères 2 blogs.

     

    - Oui. Un qui a pour sujet "l'écriture et l'Art"... un autre sur l'actualité politique.

     

    - Depuis huit ans, tu es très présent sur les réseaux-sociaux et pas simplement sur ces plateformes d'info.

     

    - C’est ma manière à moi de me démultiplier ; notion très importante avec Internet : si vous voulez qu’on vienne chez vous, il faut aller chez tous les autres. Aussi, je suis partout où il y a de la lumière... même celle d’une bougie. Chaque billet publié sur ce qu'on pourrait appeler mon blog-maître, celui du Nouvelobs, fait l'objet d'une publication sur de nombreux autres sites.

     

    - D’où ton Pagerank de 5.   

     

    - C’a demandé pas mal de travail ; un travail à plein temps : il faut pouvoir intervenir sur l'actualité, avoir un avis sur tout ou presque... Même si je cible en priorité les sites à forte audience.

    - Et les sites qui traitent de littérature ?

    - La plupart de ces sites n’acceptent pas de contributions extérieures. Ces sites sont fermés ; ils fonctionnent en vase clos ; de plus, ce sont des sites très confidentiels, à faible, voire très faible audience. Sinon,j'interviens régulièrement sur Exigence littérature.

     

    - Pour reprendre cette idée de « démultiplication »… tu interviens sur les sites tantôt en tant que contributeur, ou bien alors, tu utilises la fonction « commentaire »…



    - Avec cette fonction propre à Internet, j’interviens sur les journaux en ligne tels que Libé, Le Point, Marianne, Médiapart à partir de leur publication sur Facebook...

     

    - Tes interventions vont bien au-delà du simple commentaire. Il est plutôt question de rebond ou de prolongement…

    - On répond à un texte par un texte. C’est ma position en ce qui concerne le "commentaire" ; commentaire qui peut occuper une place qui ne lui est pas destinée, et ce faisant devenir le centre d'une parution dont le contenu initial se trouve renvoyé à la périphérie.

    - Le commentaire peut alors devenir le nouveau centre d’attention ?

     

    - C'est ça. Une seule règle néanmoins : il faut respecter le sujet traité par le billet.


    - Ta démarche peut être à l’origine de quelques tensions...

     

    - C’est le risque. Tensions du côté de l’auteur du billet original ou bien, des internautes qui interviennent, eux, sous la forme concise du commentaire. Faut bien dire qu’il y a sur Internet et les sites généralistes à forte audience, un refus de tout ce qui est disons écrit ou étoffé ; sur Internet, on aime la concision, et donc  les commentaires courts. C'est sans doute la BD qui est responsable de cette situation ; la BD et ses effets sur deux générations ainsi que les méthodes d'enseignement du français ; les nouveaux outils de communication sont aussi en cause ; pour faire court : l'hégémonie irréversible de l'image et du son, et par voie de conséquence... les problèmes que rencontrent les internautes quand il faut passer à l'écrit.


    - Avec Internet, le niveau est toujours un problème, non ?

    - C'est vrai : on y trouve pas que des as de l'écrit ou du raisonnement. Mais... il faut le dire : Internet permet à nombre d’auteurs, d'artistes et de créateurs à la marge des milieux culturel, artistique et médiatique de s’exprimer ou de présenter leur travail ; et ces internautes-là représentent de surcroît près de 99% de ceux qui créent ; et j'en fais partie. Internet est aussi là pour pallier la disparition de ce qui s’est longtemps appelé « Le café du commerce » : lieux où l’on pouvait dire ce qu’on pense, donner son opinion quelle qu’elle soit ; ces lieux ont pratiquement disparu. Internet a pris le relais ; une différence de taille quand même : avec Internet, la parole libérée est souvent une parole anonyme, sans nom ni visage...

     

    - D'où les excès.

     

    - Et qui plus est : une parole formulée dans l'instant, dans l'humeur ; une parole sans recul qui se propage à une vitesse vertigineuse auprès d’une audience potentiellement illimitée.

     

    - Toi-même, comment gères-tu les commentaires des internautes ?

     

     

    -  Sur le Monde.fr et sur Agoravox, je peux gérer les commentaires. Sur le Nouvelobs, je n'ai pas la main. C'est le Nouvelobs qui valident ou pas les commentaires qui sont déposés. En règle générale, je valide tous les commentaires – quelle que soit leur longueur -, sauf les insultes et les commentaires incompétents ou de mauvaise foi. Dans l’ensemble, les commentaires que l’on me soumet sont plutôt constructifs, même sur DSK ou sur Alain Soral et alors que cet auteur fait l’objet d’une haine inextinguible ; ainsi que Dieudonné qui garantira des records d’audience à quiconque poste un billet à son sujet. Sur Godard, Eastwood, Marc-Edouard Nabe et Bayrou, j'ai essuyé quelques insultes. Comme quoi, il y a encore des gens intouchables !

     

    -  Quelle est la fréquence de tous ces commentaires ?



    - Toutes les études le montrent : moins de 10 pour cent des lecteurs-internautes laisse un commentaire. Ce pourcentage semble invariable.



    - Beaucoup se plaignent d'Internet. A son sujet, ils n’hésitent pas à parler de "poubelle".

    - Les critiques les plus virulentes ont pour origines ceux dont la notoriété est antérieure à Internet ; notoriété qui repose sur la télé, la radio et la presse écrite. Et puis, il faut bien aussi mentionner cette caste médiatique qui, depuis toujours, prétend au monopole de l'analyse et du commentaire ; et cette caste médiatique découvre avec Internet qu’elle est loin de faire l'unanimité auprès d'un public spectateur-lecteur-auditeur-critique avec lequel elle n'avait, jusqu'à présent, aucun contact direct ; protégée qu'elle était, aujourd'hui cette caste accepte mal la liberté d'opinion. C’est la raison pour laquelle elle a recours au rejet et au mépris.

     

    - Quels sont tes billets qui ont rencontré le plus de lecteurs ?

     

    - Un billet sur Dieudonné, un Billet sur le PS et puis un autre, sur l’affaire Fofana.

     

    - Et la censure ? As-tu eu à t’en plaindre ?

     

    - Sur Internet, c'est une constante : plus un site touche un large public, plus il est liberticide ; le niveau de tolérance est vite atteint. Sur le Net, il s'agit surtout de censure préventive : dans le doute, on préfère bâillonner le blogueur. Pour exercer cette censure, la grande majorité des hébergeurs qui n'a pas les moyens de contrôler tous les contenus se repose sur la délation par l'intermédiaire de la fonction Alerter (ou avertir - bel euphémisme pour dénoncer) ; en un clic on alerte, celui qui dénonce restant anonyme : pas de visage ni de nom ; juste une adresse IP.

     

    - J'imagine... ils doivent tous s'en donner à coeur joie !

     

    - On peut dire ça, oui. Cela dit, l'ironie est la suivante : je me suis fait "jeter" à deux reprises : de la plateforme "RFI - atelier des médias" et de Médiapart... et détrompe-toi, non pas pour mon soutien à la dissidence (Soral, Dieudonné et d'autres) mais pour avoir critiqué ces deux médias : RFI à propos de la France-Afrique, et Médiapart à propos de l'incompétence de sa rédaction en politique internationale et plus particulièrement, en géopolitique. RFI à supprimer toutes mes contributions qui représentaient plusieurs années de collaboration. Médiapart les a toutefois maintenues.

     

    - On a évoqué ton audience sur Internet. Qu'en est-il de tes ouvrages ?

     

    - Depuis la mise en ligne progressive de mes titres sur Amazon, j'en suis à un moyenne de 600 exemplaires par titre.

     

    - C'est plutôt encourageant non ?

     

    - Comme on a pu le voir avec les commentaires, les ventes représentent grosso-modo un peu moins de 10% de l'audience. Aussi, si 10% des lecteurs laisse un commentaire, il semblerait qu'il y ait le même pourcentage qui achète mes ouvrages.

    - Seule solution pour augmenter les ventes : augmenter l'audience.

    - En effet.

     

    - Cela dit, pourquoi ce faible taux de retour sur ton "investissement", si j'ose dire : investissement  dans la toile en général et dans ton blog en particulier ?

     

    - Plusieurs raisons ; j'en retiendrai deux : parmi les lecteurs de mon blog, les plus nombreux viennent simplement pour y lire ce que j'ai à dire sur tel ou tel sujet plus ou moins d'actualité ; tous ne viennent pour y découvrir de la littérature, la mienne en l'occurrence ; Et puis, tous n'en lisent pas. Quant aux autres, laisse-moi éclairer un aspect parfois négligé, pourtant primordial de la lecture ou de la non-lecture d’une œuvre à l’égard de laquelle tout lecteur serait tenté de se détourner d’instinct, avec à l’esprit cette considération imparable et fatale à tout auteur non estampillé écrivain : à quoi bon la lecture d’un texte dont on n’est pas assuré de la légitimité

    - Un peu comme la signature sur un tableau ?

    - Oui.

    - Et cette légitimité, où le lecteur ira-t-il la chercher ?

    - Le lecteur ira la chercher dans un premier temps, auprès des éditeurs (un ouvrage estampillé Gallimard jouira d’une légitimité et d’un prestige incomparables), et dans un second temps : auprès des critiques, des éditorialistes, des commères en tous genres, magazines, radios, télés, bien évidemment. Et si par malchance l’auteur et son texte n’ont pas été validés par une bonne partie de tout ce beau petit monde, le lecteur aura très vite le sentiment de perdre son temps en s’adonnant à une lecture pour rien ou pour si peu ; une lecture et un livre pour personne sinon les proches de l’auteur. Quant à la critique... elle n'achète pas les livres qu'elle couvre, aussi, ceux qui sont auto-édités passent automatiquement à la trappe. La critique se repose uniquement sur le service de presse des éditeurs ; ce sont eux qui décident de ce que la critique lira ou ne lira pas.

     

    - Ce regard des lecteurs et de la critique sur les auteurs auto-édités peut-il changer un jour ?

     

    - Ca prendra du temps.

     

    - Que penses-tu de l’expérience de Marc-Edouard Nabe et son anti-édition dont on nous a rebattu les oreilles ?

     

    - Rien à dire de particulier. Ce que Nabe appelle l’anti-édition est une formule pompeuse et creuse que tous les imbéciles autour de lui – et on me dit qu’ils sont nombreux -, ont reprise. Si Nabe fait de l’anti-édition, il s’agit tout bêtement d’édition anti-éditeurs et anti-libraires : anti-FNAC disons. No big deal ! La véritable anti-édition signerait l’arrêt de mort du livre et de l’écrit au bénéfice d’une littérature orale ; une littérature de l’ouïe, une littérature du bouche à oreille qui se déclamerait sous (ou derrière) le « masque ». La seule originalité de la démarche de NABE c’est son passage de l’édition à compte d’éditeur à l’édition à compte d’auteur, même si les éditeurs l'ont un peu aidé puisqu'il n'en trouvait plus. Nabe fait simplement de l’auto-édition mais… avec un siècle de retard : l’auto-édition de Nabe date d’une époque où les auteurs devaient payer leurs exemplaires avant de les écouler auprès de leurs lecteurs. Nabe n’a manifestement jamais entendu parler de l’impression papier à la commande qui se pratique sur le Net depuis quelques années maintenant ; système d’impression dans lequel l’auteur n’a rien à débourser, excepté le lecteur lorsqu’il commande un ouvrage.



    - Tu as recours à Amazon

     

    Amazon gère toute la chaîne de l’édition : de l’impression à la facturation et l’envoi du manuscrit commandé par le lecteur. En ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage - mise en page et mise en forme -, l'auteur contrôle tout à la virgule près. On peut aussi à tout moment effectuer des corrections, des modifications... le livre que reçoit le lecteur étant la dernière version chargée par l'auteur sur l'interface de l'imprimeur.

    - Tu veux dire qu'aujourd'hui, il peut circuler des versions différentes de chacun de tes titres ?

    - Je parlerais de corrections ou de modifications mineures en ce qui me concerne, même si des changements majeurs sont possibles. C'est bien de savoir que l'on peut toujours intervenir sur ses textes. Rien n'est figé, jamais, avec Internet et ce système d'impression papier à la demande ! Ensuite, je n’ai qu’à toucher la part qui me revient sur le prix de vente. Avec ce système de publication, l'auteur est vraiment rémunéré ; et le prix de son livre n'en est pas plus élevé pour autant.

     

    - Rien à voir avec les 8% d'un éditeur donc !

     

    - Et plus encore quand il s'agit d’un éditeur qui n’a pas les moyens de faire connaître les ouvrages qu’il publie. Franchement, je ne vois pas comment des auteurs peuvent encore aujourd’hui accepter les conditions qui leur sont faites  ; et notamment la cession à vie et au-delà, des droits sur leur propre travail, sur leur sueur et leur sang ?! Et en échange de quoi, franchement ? Disons les choses : des pans entiers de l’édition ont longtemps eu pour occupation principale la chasse aux subventions ; notamment les petits-éditeurs-sangsues de la province, gérants-salariés de leur propre maison, installés dans des communes aux codes postaux du type 64258 ou 34878 ou bien encore 12145 (ne cherche pas : ces codes sont fictifs), bien au vert dans des hameaux, des villages et autres lieux-dits, un salaire confortable en fin de mois, le tout sur le dos des auteurs qu’ils éditent et qui ne verront jamais leurs livres dans les bacs des points de vente qui comptent. Nul besoin de le déplorer, personne n’aurait pu soupçonner qu’ils y étaient… puisque ces éditeurs n’ont pas les moyens de faire connaître les ouvrages qu’ils éditent. Sans oublier le fait suivant : compte d’éditeur ou d’auteur, n’est-ce pas toujours l’auteur qui paie la fabrication et la diffusion de son livre ?! Pourquoi crois-tu qu’un éditeur donne 8% à son auteur ? 8% du fruit de son travail ? Où donc sont passés les 92% restant ?

    - On parle depuis quelques années maintenant d'une crise du livre…

    - Est-ce vraiment le livre qui se porte mal ou bien les éditeurs ? Et plus particulièrement ceux qui n’ont pas les moyens de faire connaître les livres et/ou les auteurs qu’ils éditent ? A l’avenir, je crois que les éditeurs qui ne seront pas capables de “rapporter” des lecteurs à leurs auteurs auront du souci à se faire. Avec Internet et l'impression numérique à la commande, l'auteur pourra voler de ses propres ailes.

    - Tu veux dire qu'Internet lui fournira des lecteurs ?

    - Oui. Même si cela demandera de la part de l'auteur, un travail quotidien pour développer sa notoriété et sa crédibilité : sites, plateformes communautaires, forums...

     

    - Tu penses que d’ici peu, le seul intermédiaire “toléré” par les auteurs entre un livre et son lecteur sera l’imprimeur, et seulement l’imprimeur ?

    - C'est fort possible à moyen terme pour les auteurs dont les livres sont appelés à occuper un petit segment du marché ; et plus ce segment est limité, plus l'auteur a besoin d'un pourcentage de rémunération élevé : seule l'auto-édition est capable de le lui garantir.

     

    - Sujet à suivre donc…

     

    - Même si la course s’annonce bien plus courte qu’elle n’en a l’air ! D’ici dix ans, ce sera plié.

     

    - Sinon, tu comptes sortir combien de titres ?

     

    - 18 au total. Une quinzaine d'entre eux est en ligne et peut être commandée sur Amazon dès maintenant.



    - Alors, ce bilan ?

    - Positif ; encourageant. On ne lâche rien. On continue : de l'audience, encore de l'audience, toujours plus d'audience ! Et je salue ceux qui me lisent, et doublement ceux qui me soutiennent :  et je les salue tous fraternellement et même... confraternellement."

     

    _____________________

     

     

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  • Si Karl Marx m'était conté...

                                                                  

    Francis Cousin : Marx et Guy Debord

     

    La suite ICI avec META TV

     

     

    Pour prolonger, cliquez : Karl Marx, historien et prophète

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  • Quand Charlie Hebdo persiste et signe...

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                                       Dessin de Riss, salarié de Charlie Hebdo, qui essentialise l'Arabe et/ou le Musulman, voué dès sa naissance au viol et au meurtre.

                      Le journal d'extrême droite "Minute", en particulier celui des années 70, n'aurait pas fait pire.

    Il y a bien quelque chose de pourri chez Charlie.

     

    ***

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    Riss ou le courage des lâches

     

                    A propos de Aylan, âgé de 5 ans, cet enfant de réfugiés syriens rejeté par la mer, échoué sur une plage de Bodrum, en Turquie, le 2 septembre 2015, après un naufrage et une noyade, Charlie Hebdo, ce nid de vipères islamophobes irresponsables et racistes, en a remis une couche suite aux agressions sexuelles "en bande organisée" à Cologne le soir du Nouvel an ; agressions attribuées à des migrants et des réfugiés accueillis récemment par l'Allemagne.

     

                   Aussi, qu'il soit permis de rappeler ceci à propos du dessin de Riss :

     

                  Jamais Charlie Hebdo ne se serait permis un tel propos, si cet enfant de 5 ans n'avait pas été arabe et musulman car, à ce sujet, tout est permis : dénigrements, instrumentalisation, diffamation, insultes et mépris.

                     D'où la nécessité de dénoncer sans relâche une complaisance inouïe à l'endroit de cet hebdo.

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    Riss ou la bêtise dans le mépris

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    Pour prolonger, cliquez : Tariq Ramadan - quand l'Etat est tout nu

     

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