Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

  • François Hollande : le présent d'une illusion inédite

    françois hollande, salon de l'agriculture,serge uleski

     

                           Samedi 27 février 2016 : François Hollande hué et insulté au Salon de l'Agriculture.

     

    ______________________

     

     

                  Face au malaise ressenti jusqu’à l’exacerbation à chaque apparition de François Hollande, difficile de ne pas chercher à comprendre, un rien perplexe, ce qui, aujourd’hui, est devenu pour un grand nombre d’entre nous, proprement insoutenable à la vue et à l’audition de celui qui nous est présenté comme le septième Président de la 5è République… française de surcroît.

    Or, face à cette interrogation, il semblerait que la seule réponse qui s’impose soit la suivante : ce qui est insupportable chez François Hollande c’est le fait que tout en lui le désigne à cette fonction dite « présidentielle » qui est devenue au fil des ans une coquille vide, une boursoufflure prétentieuse et pathétique ; pour un peu : une sorte d’abcès maintenant purulent sous la dictature d’un mondialisme qui n’est qu’une guerre contre les Etats nations, l’Etat providence, les droits sociaux et la liberté ; car de cette fonction, de cet emploi maintenant superfétatoire aux yeux de ceux qui attendaient encore quelque chose de la fonction de "chef d’Etat", François Hollande en a non seulement la tête, mais aussi la voix et la corpulence.

    Petit corps rondelet sans grâce ni charme ni prestance et dont la démarche trahit comme personne d’autre avant lui une sorte d’absence au monde – celui auquel appartiennent les décideurs -, tout le désigne, tout pointe vers lui, tout le montre du doigt d’un index à la fois moqueur et directeur – ce à quoi il se doit d’obéir -, car… impasse et cul-de-sac tout à la fois, force est de constater, mois après mois, que François Hollande n’est de nulle part : François Hollande, c’est un non-lieu, et aucun tribunal ni moral ni politique n’aura raison de ce mal-président… président des antipodes insaisissable comme peut l’être un mauvais courant d’air au mauvais moment ; un courant d’air dont on aimerait pourtant pouvoir au plus vite neutraliser toutes les conséquences aussi inattendues qu’insupportables pour notre santé et notre sérénité morale.

    Et comme un fait exprès, tous n’auront pas manqué de noter que François Hollande est précisément celui dont le « système » a besoin, et seulement besoin… de lui et de tous ceux qui lui succèderont dans les décennies à venir ; lui-même successeur d’un Sarkozy qui, contrairement à Hollande, avait au moins la manière d’être ce qu’il n’était pas non plus, c’est vrai, en illusionniste de music-hall, mais force est de reconnaître en toute bonne foi que manière il y avait ! Un Sarkozy qui, soit dit en passant, s’est « ringardisé » très vite après son départ de l’Elysée en 2012 ; en effet, quelque chose rattache inexorablement cet homme au passé, à son propre passé de bonimenteur de foire maintenant révolu, passé et trépassé car, mort il est ! Déjà ! Et là encore, comme personne d’autre avant lui, et ce quelques mois seulement après avoir quitté les habits qui devaient faire de lui un Président.

                    Pas très surprenante cette «caducité » prématurée mais tellement opportune, des deux derniers occupants de l’Elysée et très certainement aussi, de leurs successeurs : hors jeu ils sont et seront tous ! en moins de temps qu’il faut pour anticiper et parer les coups et contrecoups d’un vieillissement qui ressemble fort à un désir de l’opinion publique, de ne plus rien voir ni de ne plus rien entendre de ceux qui n’ont de l’action et du courage contre les forces de la domination que le bruit et les effets de manches, privés qu’ils sont de la volonté de lutter pour le rétablissement d’un contrat social épris de justice et d’un projet désireux de partager le monde avec le monde entier.

    Parions que cette «maladie » qui est déjà celle de notre siècle et qui frappe toute la classe politique et médiatique n’épargnera pas quelques mois après son départ en 2017, un Manuel Valls… locataire omniprésent et tonitruant de Matignon : tous en seront les victimes car, tous, nous nous fatiguons très vite de tous ceux qui n’ont qu’une ambition personnelle à opposer à la fatalité et au chaos du monde, ambition dévoyée le plus souvent, ou bien pas d’ambition du tout, pour ne rien dire des forts en gueule… forts d’une impuissance qui, très vite, crève les yeux et les tympans.

    Faut dire que… plus l’impuissance domine, plus la politique se couvre d’opprobre en ne servant plus l’intérêt général ainsi que le bien commun, plus les têtes doivent changer et parfois même tomber : jetables ils sont ; et ce n’est que justice ; marchandises au rebut ; un peu comme nous tous aussi, même si en ce qui les concerne, ce rebut à toutefois les attributs d’une retraite dorée ; l’oligarchie mondiale sait récompenser ses employés qui ont été à la hauteur de la bassesse qu’elle attendait d’eux.

     

                     N’ayons donc aucun doute au sujet de notre homme : François Hollande est bel et bien l’homme dont cette oligarchie qui pense l’Europe et le monde à notre place depuis une trentaine d’année maintenant, ne peut que se satisfaire car cet homme est bien évidemment incapable de pouvoir quoique ce soit sur qui que ce soit, où que ce soit. D’où sa présence à l’Elysée ; ce lieu de « non pouvoir ».

    Incapable de l’exercer, tout en sachant pertinemment bien qu’il ne saurait en être question – ce n’est sûrement pas prévu dans son contrat -, le pouvoir n’intéresse pas Hollande ; la fonction oui ! Surtout, dis-fonctionnelle, voire inopérante ! Le pouvoir d’y pouvoir quelque chose ? Sûrement pas ! Le pouvoir de pouvoir quelque chose à quoi que ce soit qui ne soit pas un renoncement, voire une capitulation face à ces « employeurs oligarques mondialistes » à la fois maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre reléguant la fonction présidentielle à celle d’un emploi de « chef de chantier » et qui, se faisant et sans rien faire, dégage les occupants de ce non-lieu qu’est l’Elysée de toute responsabilité ? Moins encore !

    Hollande est précisément celui qui sied aujourd’hui à une organisation de l’existence qui appelle dans ses rangs des « hommes de non pouvoir » ; des hommes sans pensée ni action autonomes ; des hommes faits pour obéir ; des hommes qui n’ont que faire de la politique en tant que volonté qui vous engage face à l’histoire et auprès de ceux dont on se doit de veiller à l’entretien de cette flamme et de cette foi irremplaçables : la foi dans notre monde pour continuer encore d’y croire ; croire que l’expérience humaine vaut la peine d’être poursuivie. Et à propos de cette foi-là, force est de constater aujourd’hui que seule l’oligarchie mondialiste est encore capable de « faire de la politique », non pas en proposant, mais en imposant, même et surtout minoritaire, un nouveau modèle de rapport au monde entre dominants et dominés. Plus qu’une promesse, une véritable menace sur la vie et l’existence ce nouveau modèle fruit d’une politique volontariste en faveur des plus forts et de leurs gardes chiourmes avides de servir ! Car la fonction de domestique pour certains d’entre eux, représente un véritable achèvement : plus près ils sont… plus près de ce qu’ils ne sont pas ; et ne jamais oublier qu’il y a dans et chez le domestique le maître qu’il ne sera jamais ; mieux vaut alors obéir si l’on veut commander plus faibles que soi.

    Pour cette raison qui en vaut bien d'autres, aujourd’hui, tout homme d’Etat digne de ce nom - un de Gaulle par exemple -, serait très certainement mort d’ennui à l’Elysée à la suite d’une dépression carabinée après avoir longtemps, longtemps tourné en rond, des heures durant, dans ce bureau de Président qui ne préside rien, des semaines épuisantes à errer sans but dans les étages et dans ce jardin qui ne recueille plus les confidences de qui que ce soit depuis des lustres car enfin, que peut-on bien avoir besoin de leur confier à eux tous sinon des ordres dont il n’est même plus nécessaire de dissimuler la provenance. 

     

                  Si, comme on a pu le voir, Sarkozy était un illusionniste, en revanche Hollande ne fait pas illusion ; c’est sûr : il n’a pas ce talent-là ; il en est donc incapable ; et plus personne ne se fait d’illusion non plus à son sujet ; face à cet individu, c’est donc la désillusion qui prévaut, désillusionnés que nous sommes.

    La raison qui fait que François Hollande est incapable de « tromper » son monde est la suivante : François Hollande a l’incommensurable bêtise - une bêtise sans doute sans précédent dans l’histoire de la 5è République et bien avant encore ; et tout en lui nous le confirme lorsqu’il se tient debout derrière un pupitre et face à la caméra -, la bêtise de penser qu’il préside, qu’il dirige, qu’il contrôle ; enfin bref… qu’il EST ; et cette énorme bêtise à la racine de laquelle on trouvera une ignorance et une complaisance envers soi-même là encore, sans précédant, complaisance mâtinée de vanité, vanité de celui qui n’en croit toujours pas sa chance d’être parvenu à occuper l’Elysée et qui, quand on connaît le parcours de François Hollande, ne cèdera cette chance inespérée à personne d’autre car, une fois qu’il aura quitté ce non -lieu, François Hollande sait, pressent, redoute comme une blessure, une brûlure et une injustice – Injustice ? C’est dire le niveau de conscience de tous ces hommes qui n’ont finalement tout simplement pas idée ! -, que c’est l’oubli qui l’attend ; un oubli inévitable, aussi cruel à ses yeux que juste pour cet ordre cosmique qui régit toutes les existences… et les plus médiocres d’entre elles en particulier ; et c’est bien cette bêtise-là qui nous le rend insupportable. Et c’est bien cette vérité-là, la bêtise de l’ignorance ainsi qu’une absence de cynisme ou, tout du moins, une absence d’ironie face à la situation qui est la sienne car François Hollande se croit véritablement Président contre l’avis de tous – absence de cynisme et d’ironie qui aggrave paradoxalement son cas -, c’est bien cette vérité-là que l’on se prend en pleine gueule à chaque fois que François Hollande sort de son trou élyséen qui l’a à la fois totalement englouti et totalement révélé : car,si pour d'aucuns la fonction élève, pour d'autres elle rabaisse ; or, en ce qui concerne François Hollande, la fonction présidentielle l'aura totalement fait disparaître ; son élection à l’Elysée aura été l’ascension suprême d’une médiocrité et d’une suffisance longtemps, longtemps mûrie, d’énarque brillant aux examens, nul dans l’élévation et l’incarnation ; un homme sans qualité dans une fonction qui, pourtant, exige les plus grandes et les plus nécessaires, plus encore lorsqu’il s’agit d’un pays comme la France ; un homme qui a néanmoins su d'instinct  que l’avenir est à la médiocrité (faut dire qu'il était et demeure admirablement bien placé pour saisir, humer l'air du temps, de son temps, puis le renifler jusqu'à s'en mettre plein les narines) et aux médiocres par voie de conséquence (sans doute lui arrive-t-il, en privé, d’éclater de rire à la seule évocation de sa situation) d’abord à la tête du PS et puis, ici et là, au cours de l’exercice de mandats électoraux sans enjeux, sans élan car sans projet : il est vrai que la Corrèze et sa région ne sont pas Paris ni aucune des capitales européennes et moins, beaucoup moins encore, les véritables lieux de pouvoir que sont les places boursières ainsi que les deux ou trois capitales mondiales qui abritent des institutions dédiées à l’optimisation de la marchandise humaine.

    Cette vérité-là éclaire d’un million de watts et de volts François Hollande et un non-pouvoir maintenant tout nu, le pénis en berne, petit, tout petit, recroquevillé, comme celui de nos 8 ans, une fois sortis de l’eau, celle d’une piscine municipale, le mercredi après-midi, puis sous la douche juste avant de se rhabiller après s’être séchés ; et d’ailleurs, à propos de cette histoire de prêt-à-porter et de cabines de bains, on peut déjà prédire que François Hollande ira se faire rhabiller lorsqu’il quittera l’Elysée, ce lieu devenu la déchéance de cette France jadis capable de surprendre le monde entier ; une France qui en savait plus que nous sur notre propre compte à nous Français ou pas, sans oublier notre famille européenne aujourd’hui laissée à l’abandon, livrée à des charognards et autres hyènes de l’optimisation des moyens de production.

                  Certes, on nous objectera ceci : pour les imbéciles, les salauds et les esclavagistes, le monde est tellement bien fait ! Sur mesure ce monde ! De plus, ces derniers ont en ce monde une foi indéfectible et incommensurable ; une foi en leur propre succès incontestable.

    Tout ce qui nous manque à nous tous !

     

     

    ***

     

                  Alors oui ! C’est bien cet état de servitude béate qui préside à sa propre bêtise, fruit d’une auto-aveuglement rarissime à un tel niveau politique chez ce François Hollande petit cadre moyen salarié de cette World Company qu’est devenu le monde, qui est insupportable aux yeux de ceux qui attendaient encore quelque chose de la politique.

                     Les électeurs seront-ils seulement capables de nous en délivrer ?

                 Rien n'est moins sûr car il y a des majorités que l'on ne peut même plus envisager. Hélas.

     

    ___________

     

    Pour prolonger, cliquez : Alternative politique - un nouveau paradigme

     

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Europe : saluons la maestria de la diplomatie du Royaume-Uni

                

    si-un-accord-n-est-pas-trouve-le-royaume-uni-pourrait_3604415_1000x500.jpg?v=1

              

               Donald Tusk, président du Conseil européen avec M. Cameron premier ministre britannique à propos de Brexit ; contraction de British et de exit, à savoir : le chantage à la "sortie du Royaume Uni" de l'Union européenne.

     

                      Les négociations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni à propos d'un "référendum stratégique" qui posera la question de la "sortie feinte" du Royaume-Uni de l'UE  - arme de négociation massive -, semblent aborder une étape décisive vers un projet d’accord. Une telle issue permettrait au premier ministre britannique David Cameron d’organiser ce référendum, le 23 juin prochain, en se prévalant des réformes obtenues.

                                              ( Les enjeux de ce référendum et des négociations... ICI)

     

    ***

     

                       Non contente d'avoir tué l'Europe que la France avait rêvé telle une "puissance politique"capable de proposer au monde une relation autre que celle imposée par une hégémonie étasunienne qui écrase tout sur son passage, toutes les cultures et toutes les ambitions d'auto-détermination et d'auto-conservation...

    Non contente donc d'avoir neutralisé l'Europe avec un élargissement de l'U.E à 28 pays sous Tony Blair, agent américain confirmé, qui a signé l'arrêt de mort de cette Europe alternative qui se voulait ou se serait voulue comparable à une sorte de "projet alternatif d'être au monde" dans sa relation avec les autres Continents...

    Après y avoir inoculé le virus de l'impuissance et de la soumission, voilà que le Royaume-Uni souhaite continuer de prendre ses distances avec l'UE, appartenance qui implique pourtant le partage des avantages aussi bien que des inconvénients ; tranquillement, ce Royaume poursuit la renégociation de son intégration à l'UE afin de n'en goûter que les avantages.

    Aussi, saluons ici l'efficacité de l'action du Royaume-Uni depuis son adhésion en 1973 !

    Avec ces négociations et ce "chantage à la sortie de l'UE", Cameron s'inscrit dans la continuité et parachève une oeuvre conduite pour le compte des USA dont le Royaume-Uni n'a jamais cessé de servir les intérêts, dans une relation de vassal  à suzerain car le rapport de force c'est bel et bien inversé au cours du XXe siècle : la maison mère du Royaume-Uni, ce sont les USA en ce qui concerne sa sécurité et son soutien au maintien de l'hégémonie culturelle, économique et militaire des Etats-Unis.

                   Et quand on pense que jamais il ne nous sera donné, à nous Français, de compter sur une classe politique capable de défendre avec une détermination et une efficacité comparables, nos intérêts à la fois économiques et géo-stratégiques, et ce au bénéfice, il est vrai, d'un tout autre projet - nommément :  l'émancipation d'une Europe unie -, c'est encore une fois le rejet de cette Europe passoire des intérêts étasuniens qui s'impose à nous.

     

    _____________

     

    Pour prolonger, cliquez : Penser la construction européenne avec François Asselineau

     

    Lien permanent Catégories : A l'international, Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Bernard-Henri Lévy chez Ruquier… et ailleurs…

     

                             Bernard-Henri Lévy  dans "On n'est pas couché" du 13 février 2016.

     

     

    "Ta mère fit un pet foireux
    Et tu naquis de sa colique" - G. Apollinaire.

     

                       Si nous tous savons qui il est - un des leaders du lobby israélien en France  -, en revanche personne ne sait à quelle profession, à quelle discipline, à quel savoir (et savoir-faire) Bernard-Henri Lévy est supposé se rapporter puisque ce dernier n'est reconnu par aucun journaliste digne de ce nom, aucun intellectuel, aucun philosophe, aucun écrivain, aucun cinéaste, aucun artiste...

                        ... qu'à cela ne tienne : Guy Debord a peut-être une idée à ce sujet.

     

    ***

     

     

                Extraits de « Commentaires sur La Société du Spectacle » -1988, Guy Debord (1).

     

               « La discussion creuse sur le spectacle, c’est-à-dire sur ce que font les propriétaires du monde, est organisée par lui-même. On préfère souvent l’appeler, plutôt que spectacle, le médiatique. Ce qui est communiqué par ce « médiatique » ce sont des ordres où ceux qui les donnent sont également ceux qui sont autorisés à dire ce qu’ils en pensent.


    Le gouvernement du spectacle qui à présent détient tous les moyens de falsifier l’ensemble de la production aussi bien que de la perception, est maître absolu des souvenirs comme il est maître incontrôlé des projets qui façonnent le plus lointain avenir.


    La société modernisée jusqu’au stade du spectaculaire intégré se caractérise par l’effet combiné de cinq traits principaux qui sont : le renouvellement technologique incessant ; la fusion économico-étatique ; le secret généralisé ; le faux sans réplique ; un présent perpétuel.


    Le secret généralisé se tient derrière le spectacle, comme le complément décisif de ce qu’il montre et, si l’on descend au fond des choses, comme sa plus importante opération. Le seul fait d’être désormais sans réplique (sans critique, sans pouvoir opposer un avis contraire sur les lieux mêmes où le "spectacle" sévit… ndlr) a donné au faux une qualité toute nouvelle. C’est du même coup le vrai qui a cessé d’exister presque partout, ou dans le meilleur cas s’est vu réduit à l’état d’une hypothèse qui ne peut jamais être démontrée. Le faut sans réplique a achevé de faire disparaître l’opinion publique, qui d’abord s’est trouvée incapable de se faire entendre, puis très vite, par la suite, de se former.


    La première intention de la domination spectaculaire était de faire disparaître la connaissance historique en général ; et d’abord presque toutes les informations et tous les commentaires raisonnables sur le plus récent passé.


    Un pouvoir absolu supprime d’autant plus radicalement l’histoire qu’il a pour ce faire des intérêts ou des obligations plus impérieux, et surtout selon qu’il a trouvé de plus ou moins grandes facilités pratiques d’exécution. Staline avait poussé loin la réalisation d’un tel projet ; il restait néanmoins une vaste zone du monde inaccessible à sa police où l’on riait de ses impostures. Le spectaculaire intégré a fait mieux avec de très nouveaux procédés, et en opérant mondialement. L’ineptie qui se fait respecter partout, il n’est plus permis d’en rire ; en tout cas il est devenu impossible de faire savoir qu’on en rit.


    Le précieux avantage que le spectacle a retiré de cette mise hors la loi de l’histoire, d’avoir déjà condamné toute l’histoire récente à passer à la clandestinité, et d’avoir réussi à faire oublier très généralement l’esprit historique dans la société.
    Avec la destruction de l’histoire, c’est l’événement contemporain lui-même qui s’éloigne aussitôt dans une distance fabuleuse, parmi ses récits invérifiables, ses statistiques incontrôlables, ses explications invraisemblables et ses raisonnements intenables. A toutes les sottises qui sont avancées spectaculairement, il n’y a jamais que des médiatiques qui pourraient répondre, par quelques respectueuses rectifications ou remontrances, et encore en sont-ils avares car, outre leur extrême ignorance, leur solidarité, de métier et de cœur, avec l’autorité générale du spectacle, et avec la société qu’il exprime, leur fait un devoir, et aussi un plaisir, de ne jamais s’écarter de cette autorité, dont la majesté ne doit pas être lésée. Il ne faut pas oublier que tout médiatique, et par salaire et par autres récompenses ou soultes, a toujours un maître, parfois plusieurs ; et que tout médiatique se sait remplaçable.


    Contrairement à ce qu’affirme son concept spectaculaire inversé, la pratique de la désinformation ne peut que servir l’Etat. En fait, la désinformation réside dans toute l’information existante ; et comme son caractère principal. On ne la nomme que là où il faut maintenir, par l’intimidation, la passivité. Là où la désinformation est nommée, elle n’existe pas ; là où elle existe, on ne la nomme pas.


    Le jugement de Feuerbach, sur le fait que son temps préférait « l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité » a été entièrement confirmé par le siècle du spectacle et cela dans plusieurs domaines où le XIXè siècle avait voulu rester à l’écart de ce qui était déjà sa nature profonde : la production industrielle capitaliste. »

     

                    A propos de la présence de Yann Moix, Léa Salomé et Alain Ruquier :


          « Des réseaux de promotion-contrôle, on glisse insensiblement aux réseaux de surveillance-désinformation. Cette surveillance a commencé à mettre en place des supplétifs à côté des « spécialistes » universitaires, sociologues ou policiers, du passé récent.


    Ces divers spécialistes des apparences de discussions que l’on appelle encore, mais abusivement, culturelles et politiques, ont nécessairement aligné leur logique et leur culture sur celles du système qui peut les employer ; non seulement parce qu’ils ont été sélectionnés par lui mais surtout parce qu’ils n’ont jamais été instruits par rien d’autre.


    Le pouvoir de la domination rencontre de nombreux appuis parmi des individus qui y trouvent leur avantage. Parmi les « médiatiques » nombreux sont ceux qui se flattent de connaître beaucoup de choses par relations et par confidences. Celui ou celle qui est dans la confidence n’est guère porté à la critique ni à remarquer que dans toutes les confidences, la part principale de réalité lui sera toujours cachée car les bribes d’information infectées de mensonge que l’on offre à ces médiatiques familiers de la tyrannie mensongère, sont incontrôlables et manipulées. Elles font plaisir néanmoins à ceux qui y accèdent, car ils se sentent supérieurs à tous ceux qui ne savent rien tout en ayant la bêtise de croire qu’ils peuvent comprendre quelque chose, non en se servant de ce qu’on leur cache mais en croyant ce qu’on leur révèle. »

     

    ***

     

     

                  Jamais censure n’a été plus parfaite. Jamais l’opinion de ceux à qui l’on fait croire encore, dans quelques pays, qu’ils sont restés des citoyens libres, n’a été moins autorisée à se faire connaître, chaque fois qu’il s’agit d’un choix qui affectera leur vie réelle. Jamais il n’a été permis de leur mentir avec une si parfaite absence de conséquence. Le spectateur est seulement censé ignorer tout, ne mériter rien. Tout ce qui n’est jamais sanctionné est véritablement permis.

     

     

    1 - Avec l’ouvrage  «  La société du spectacle », publié en 1967, Guy Debord a voulu que l’Internationale situationniste (L’I.S.) qui était dans ces années-là le groupe extrémiste qui avait le plus fait pour ramener la contestation révolutionnaire dans la société moderne, ait un livre de théorie.

    Cette Société du Spectacle, brume poisseuse qui s’accumule au niveau de toute l’existence quotidienne et qui a aujourd’hui tout recouvert, dans le sens de «  tout dissimulé » au plus grand nombre composé d’une masse abrutie de travail et de fatigue, peut se flatter de n’avoir jamais été démenti par les événements de ces cinquante dernières années. De plus, cet ouvrage a montré et continue de montrer ce que le spectacle moderne était déjà : le règne autocratique de l’économie marchande ayant accédé à un statut de souveraineté irresponsable, et l’ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne.

                 En 1988, Guy Debord est revenu sur son ouvrage avec la publication de « Commentaires sur la société du spectacle » - extraits PDF ICI

     

     


    Bernard-Henri Lévy vu par Alain Soral (entretien de 2011)

     

    _______________

     

    Pour prolonger, cliquez : BHL et le beau rôle

     

    Lien permanent Catégories : Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • On nous doit l'immortalité

     

    "Ne cherchez pas ! Ne cherchez plus ! Ils ont décidé pour vous ; décidé de votre espace le plus intime : votre espace intérieur. Et pour ne pas être en reste, ils se sont aussi occupés de votre environnement. En bousculant l'un, ils ont bouleversé l'autre. En ce qui vous concerne, c'est le divorce de la conscience. Le divorce entre ce qu'aurait dû être votre existence véritable et la connaissance que vous en avez aujourd'hui. Vous êtes ébranlé. Vous êtes sens dessus dessous : la stabilité n'est plus, l'évidence s'est retirée et l'unité avec elle, pour laisser la place à un questionnement sans fin sur hier, aujourd'hui et demain.


    - Laissez-moi ! Je suis fatigué.


    - Vous ne pouvez plus rien saisir. Vous ne pouvez plus déterminer la situation dans laquelle vous vous trouvez. Vous avez été happé dans le tourbillon irrésistible d'une organisation de l'existence qui vous a échappé. Dans cette organisation, l'action précède le savoir. Et maintenant que vous savez, eh bien, c'est trop tard. Mais vous avez servi et c'est là tout ce qui importe. Aujourd'hui, les réalités de cette organisation vous sont étrangères. Elles ne semblent plus vous concerner. N'ayez aucun regret : ces réalités ne vous ont jamais concerné en tant qu'individu. Quant aux situations qui y sont rattachées, c'est involontairement que vous les avez vécues et c'est inconsciemment que vous vous y êtes conformé et aujourd'hui, c'est sans vous que ce mécanisme poursuit son oeuvre. Vous n'avez eu conscience de rien. Aucune volonté de votre part dans cette adhésion. La clarté du savoir ne s'est pas offerte à votre entendement. Et même... si votre conscience a dû opérer sur elle-même et des années durant, des changements, aujourd'hui, force est de constater que vous êtes en panne et d'adaptation et d'imagination. D'où ce sentiment d'incompréhension qui vous écrase.

     

    - Je ne vous ai rien demandé. Je ne vous ai pas appelé.


    - Vous avez vécu indifférent, interchangeable et sans histoire. En vous, plus rien d'authentique ne subsiste. C'est le choc en retour. Vous n'appartenez plus à rien, à aucun peuple, à aucune époque et à vous-même, pas davantage. Vous n'êtes plus englobé. Vous êtes sans lieu et sans montre. Ni le temps ni l'espace ne vous sont d'un secours quelconque. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, pas moyen de mettre un visage et un nom sur un coupable puisque plus rien n'est identifiable. Pas de remède donc ! Vous n'êtes plus qu'un océan de symptômes. En deux mots, je dirais que vous êtes en train de faire l'expérience de votre propre néant.

    - Mais comment une telle chose est-elle possible ? Mille fois, j'y ai pensé mais à chaque fois, c'était comme si...


    - C'est dans l'ordre des choses : plus on y pense et moins on trouve un sens, une direction, un but, une raison d'y être et d'en être pour continuer d'en faire partie car, vous n'avez appartenu et vous n'appartenez plus à rien. Et plus vous y penserez et plus ces sentiments d'abandon et d'impuissance se feront plus pressants encore car la rationalité qui vous entoure n'a rien d'humaine. Elle ne sert pas un destin individuel, le vôtre ou bien, celui de votre voisin. Finalement, vous êtes un peu comme l'homme devant l'ordinateur et cet ordinateur ne soupçonne même pas votre existence en tant qu'être humain. De vous, il ne reçoit et ne perçoit que des pulsions électriques, des clics, des « Enter », des « Escape »... C’est tout.


    - Pourtant, j'ai eu une vie bien remplie.


    - Je n'en doute pas un seul instant. Mais vous n'aviez aucun devenir propre et aujourd'hui, vous n'avez plus de fonction. Vous êtes comme décomposé, démembré. En pièces détachées vous êtes ! Tout à fait désincarné maintenant. Car, ce qui fait sens, c'est la fonction que vous êtes censé remplir. Vous n'avez pas à faire sens en dehors de cette fonction. Pourquoi faire ? Pour ne rien remplir du tout, ni fonction ni les poches de qui que ce soit ? Inacceptable ! Pire encore : incohérent ! Incohérent et inutile et donc, à bannir au plus vite ! Les risques de contagion étant ce qu'ils sont, c’est à dire, haïssables, ça pourrait donner des idées aux autres. Vous comprenez ?


    - Je ne suis pas le seul dans ce cas !


    - La terre est accessible à tous. C'est vrai. Vous disposez d'une mobilité plus grande que jamais et pourtant, vous n'osez plus sortir de chez-vous parce que l'espace est entièrement occupé. Saturé, cet espace. Tout est à la fois unifié et désuni. Inadapté à votre temps, dans une constellation d'images invraisemblables et incohérentes, vous cherchez cette unité mais sa validité et sa pertinence vous échappent chaque jour, un peu plus. La désintégration vous menace. Comprenez bien une chose : vous êtes fini et le monde lui, est infini. Votre salut passait par la stabilité. On vous a servi le mouvement perpétuel. La réalité d'aujourd'hui est déjà dépassée par une autre réalité : celle de demain et... dès demain matin ! La rapidité de ce mouvement vous a fait perdre la tête. Etourdi, vous êtes ! Une vraie girouette ! Vous avez tourné sur le tour du potier jusqu'à vous détacher de votre axe vital, vous avez tournoyé un temps, comme ivre, et puis, une fois dans les décors, vous vous êtes rompu. Désaxé vous êtes ! Et la machinerie universelle ne prendra pas le temps de reconstituer pièce par pièce ce que vous n'auriez jamais dû cesser d'être quand on sait qu'il n'était pas question pour elle que vous le soyez.


    - Dernièrement, je pensais à des nouvelles conditions d'existence. Des nouvelles conditions qui me permettraient de me débarrasser de cette impuissance et de cette incompréhension qui me...


    - Impossible Monsieur ! Les conditions de cette organisation ont les propriétés du fer, du béton sans oublier tous les nouveaux matériaux qu'elle développe au jour le jour : les propriétés du béton sans le béton et les propriétés du fer sans le fer et bientôt, les propriétés de l’Homme sans l’homme. L'étape que vous franchissez aujourd'hui est aussi importante que le premier pas qui a mené l'homme sur la lune.


    - Et l'élément nouveau ? Oui ! L'élément nouveau ! Celui qui viendra tout remettre en cause.


    - A votre avis, de quoi parle-t-on depuis une heure ? Mais... de cet élément nouveau, précisément ! Quant à la remise en cause, je viens de vous l'expliquer : cette remise en cause a lieu tous les jours. D'ailleurs, nous ne vivons que de ça : de la remise en cause de tout contre tous et de ce qui est et de ce qui a été. Il n'y a qu'une manière d'être à la hauteur de cet élément nouveau qu'à défaut d'appeler de mes vœux, je nommerais Exigence Nouvelle : c'est de s'y soumettre et d'accepter de vivre sans réponse, sans but, loin de tous les miroirs pour ne pas crever la honte au ventre, révolté, misérable, atterré de non-sens et aveuglé par un constat d'échec total. Regardez autour de vous. Examinez votre chambre ; la chambre de ce mouroir qui a pour nom : maison d'accueil, de retraite et de fin de vie. En quoi ce lieu vous ressemble ? Ce lieu n'a de lieu que le travail de ceux qui l'administrent jusqu'à l'épuisement de leurs occupants. De votre passé et dans cette chambre, je vous défie d'y trouver un témoignage, une voix, un objet, un sourire et de cette fenêtre, une vue imprenable et familière ! Vous voyez ! La boucle est bouclée. De vous, de votre passé, de votre histoire, plus aucune trace physique, plus aucun témoignage.


    - Dans ces conditions, comment trouver la force de mourir ? Oui. Dites-moi : où trouver la force de mourir après une telle vie ?


    - Vous n'avez pas le choix.

    - Aujourd'hui, tout m'est étranger ! Etranger à tout ce que j'attendais, à tout ce qu'on était en droit d'espérer, nous tous. Oui ! Etrangères nos vies ! Etrangers nos rapports ; rapports faux, rapports contraints, rapports dictés par la peur, par toutes les peurs : la peur de l'humiliation, la peur de l'exclusion, la peur de l'échec. Ou bien alors, l'appât du gain pour une hypothétique place au soleil dans l‘espoir d‘y trouver un peu de sécurité, entre somnifères et anti-dépresseurs. Alors, comment accepter de mourir ?


    - Ne vous obstinez pas ! Cédez !


    - De nos forces, qu'en avons-nous fait ? Quel projet avons-nous servi ? Qu'avons-nous construit ? Comment et où trouver la moindre légitimité dans tout ce qu'on abandonne, dans tout ce qu'on laisse derrière nous ? Comment accepter de mourir face un tel bilan ?


    - On vous y aidera. N'ayez crainte.


    - Quand je pense à cette promesse...


    - Quelle promesse ?


    - Celle que notre organisation de l'existence portait en elle. Et cette promesse devait faire que tu aurais un sens, nous tous ouverts à l'infinité de tous les possibles. On pouvait tout accomplir. Et je n'ai même pas pu réaliser ou pu approcher cette promesse. Quant à la saisir... qui peut se vanter de l'avoir fait ?


    - Cédez ! Cédez ! Que diable ! Cédez ! Mais... quand allez-vous enfin céder ? Et puis, rompez ! Rompez cet entêtement ! Cédez et rompez !

    - Rien n’a été accompli. Tout reste à faire. Tout en sachant que ce qui sera fait sera défait avant même que nous ayons eu le temps d'en jouir, ou bien, de nous en approprier le sens et la valeur ; l'inestimable valeur.


    - Plaignez-vous ! Vous avez servi, c'est déjà pas si mal. Allez ! Cédez comme vous avez vécu.


    - Combien sommes-nous à pouvoir nous vanter d’avoir accompli quoi que ce soit pour nous-mêmes, pour les autres et pour ceux qui nous succèderont ? Qu'est-ce qui nous reste à célébrer ?


    - Cédez en cédant sans soupçonner que vous cédiez quand inconscient, vous vous êtes laissé conduire pas à pas, année après année, jusque dans cette chambre.


    - Derrière moi, je ne laisse aucun sourire radieux, aucun regard franc, un regard qui viendrait de loin, un regard profond, enraciné, un regard familier. Non ! Je ne laisse rien. Pas même un foyer dans lequel nos vies se seraient déployées, génération après génération, avec force, courage, respect, responsabilité. Regardez ! Je ne laisse aucune trace.


    - Ca tombe plutôt bien, voyez-vous ! car… aujourd'hui, chaque génération ne doit en aucun cas pouvoir trouver et suivre une trace : la trace d'une vie antérieure. La trace d'une vie avant la sienne... car, toute possibilité de retour sur une expérience qui aurait appartenu au passé doit être exclue. Vivre, c'est ne plus laisser de traces. Alors... ne vous obstinez pas !


    - Plus rien ne nous dépasse. La fin, nous sommes et les moyens. Rien d'autre.

    - Cédez !

    - Comment accepter de mourir après une telle révélation ? Comment mourir en paix avec soi-même et le monde ? Comment accepter de mourir après une telle déception, un tel accablement ?

    - Laissez-vous faire !

    - On nous doit l‘immortalité !

    - Comment ça ?

    - Jamais plus nous n'accepterons de mourir après un tel mensonge dans lequel nous nous sommes tous laissé conduire tel un troupeau de mouton bêlant. On nous doit l'immortalité, je vous dis !

    - Ne dites pas de bêtises, voulez-vous !

    - Nous exigeons l'immortalité ! Après un tel constat, on n'acceptera pas de céder notre place. On ne partira pas. On occupera les lieux ! Et faudra qu'on s'occupe de nous parce que... on s'accrochera jusqu'au bout. D'ailleurs, il n'y aura ni bout ni fin ! L'immortalité, je vous dis ! Sinon, ce sera la guerre ! Oui, la guerre ! Des massacres sans nombre par milliers, par millions ! Car, après un tel gâchis, jamais plus nous n’accepterons de mourir car nous n’accepterons jamais d’avoir vécu comme nous avons vécu."

     

    Copyright © Serge ULESKI

     

    Extrait du titre "Confessions d'un ventriloque" - ouvrage disponible ICI

     

    Pour prolonger : cliquez Serge ULESKI en littérature

     

    Lien permanent Catégories : Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
  • Une plénitude inédite...

     

               Songe des mystiques : le tout et la fin de tout

     

     

                Rien dans sa vie n’aura égalé cet instant. Plus d’amertume, finie la peur ! Comme pour le monde végétal pour lequel naître et mourir n’est pas le seul voyage auquel la nature le destine, un autre parcours l’attend maintenant sur une durée et une distance infinies, elle, tellement légère, débarrassée de tout, capable enfin d’une respiration régulière et apaisée.

    D’un moment à l’autre, un drap de lumière viendra l’envelopper ; un drap déployé par un soleil qui a percé le froid. Hôte inattendu, ce soleil digne du plus bel été pour un dimanche otage d’un hiver qui vient à peine de commencer ! Elle est arrivée à la vérité d’une farce macabre dont la nécessité nous échappera toujours : celle de la vie. A d'autres maintenant de porter son mystère et ce fardeau d’un rien, ou pour si peu, et qui pèse de tout le poids de son existence.

    Et comme une lente montée des eaux, c’est alors que vient la consolation, à rebours de ses dix dernières années, les dernières. Insoupçonnables ces années ! Une grande gifle ces dix années pendant lesquelles tout aura été si difficile, tellement difficile ; dix ans, sans fin, interminables. Infernale aurore. C’est dans l’espérance d’une grâce tant attendue, et sous sa lumière, qu’elle accède pour la première fois à la consolation.

    Elle part à la dérive. La mer et son ressac s’impatientent. Elle découvre la force de la clarté comme on sort d’une longue maladie. Pâle mais reposée, c’est de plein fouet qu’elle reçoit cette consolation inespérée, goûtant là une félicité insoupçonnable voilà une semaine, voilà une heure. 

    Plus rien à déplorer. Plus de révolte, plus d’amertume ni de ressentiment. La honte s’est évanouie et le monde s’est dissout en elle, le visage aérien. Et son corps ! Dentelle fragile qui s’agite son corps ! Bouchon insouciant bercé par une eau calme qu’un courant emporte lentement, sans tumulte, sans fracas, sous une brise dont le baiser et la caresse amicale sur sa joue l’ont conquise et la comblent ; et c’est maintenant qu’elle accueille cette brise fraternelle pour mieux tendre l’autre joue avant de lui adresser un large sourire.

     

                 Alors oui : la consolation, lourde de tout ce qu’elle n’aura pas su s’offrir, faute d’une application assidue et raisonnée, privée de repères, sans éclairage pour la guider, le plus souvent dans l’obscurité, à tâtons, sans trébucher certes ! mais sans jamais trouver une voie sûre – du moins sans jamais la reconnaître comme telle –, car... en deçà cette voie, ce chemin alambiqué et impraticable ; en deçà de ses attentes, tantôt confuses, tantôt inopportunes et irréalistes.Toujours !

    Finie la prudence de l’âge adulte ; cet âge qui lui faisait entrevoir et craindre le pire. Tout s’impose à elle qui donne son assentiment à tout ce qu’elle reçoit. Lascive, c’est dans cet acquiescement, dans l’éclat de cet instant unique et dont les traits sont plus aigus que tous les autres, plus fins aussi, qu’elle devine ce qui l’attend : l’absence de tout, enfin inutile. Ni proie, ni ombre ; sans plus d’offense à souffrir. Sans aplomb, sans voix.

    Immense cette consolation ! Une reddition spectaculaire dans son apaisement, cette consolation ! Il suffisait d’y penser : la réponse à tous ses maux était là, à sa portée, tout près, si près, en son centre à elle. Parfaite cette consolation dans l’immensité lumineuse d’un beau dimanche après-midi.

     

                Une ombre l’aspire dans un entonnoir géant. Sa conscience se dissout dans des espaces sans consistance. Finies les prières, les incantations ! Le mouvement s’accentue. L’aspiration se fait plus violence. Par bribes, ses souvenirs la quittent. Sa mémoire s’efface. Elle n’est plus de ce monde ; elle a fui tout ce qu’il avait de mortel pour voyager plus léger et s’en aller plus loin encore. Et c’est bien une autre vie qui se forme en elle maintenant ; une autre vie et une autre exigence, une autre nécessité impérative qui l’enveloppent.

    Son désastre n’est plus. Maintenant hors de danger, il ne lui reste plus rien à pleurer. La masse de son émoi gémit encore mais au loin, paisiblement et puis, profond comme une voix de l’intérieur : celle d’un apaisement qui s’ouvre jusqu’à toucher l’extrémité de toute vie ; une plénitude inédite, loin de l’immense gâchis de la souffrance et de ses déchets.

     

     

    Extrait du titre : La consolation - copyright Serge ULESKI

     

    _______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

     

    Lien permanent Catégories : Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
  • Mylène Vignon : une garance pour le violoncelle

     

     

     

    Une garance pour le violoncelle Mylène Vignon.jpgVers l'Or

     

     

    Mettre dans la lumière

     

    Une belle inconnue

     

    Encensée

     

    Dans la diversité

     

    Ecrire une sonate

     

    Sur un texte improvisé

     

    Esquisser une valse

     

    Slamer

     

    Dans la galaxie

     

    Au-delà des clivages

     

    Quelle est ta règle d'Or ?

     

    Toi

     

    Vous

     

    Réunis

     

     

                 "J’ai écrit ces lignes sous forme de poèmes, pour exprimer les couleurs de mes émotions face aux œuvres contemplées, avant analyses. Car nos émotions correspondent aux couleurs : vert de rage, rose de confusion, rouge de honte, idées noires, blanc de douleur, rire jaune, bleu à l'âme, bleu comme une orange..." - Mylène Vignon.

     

    ____________________

     


                 Vers Orion et la Fille à l’arrosoir, cafetière d’amour, café des fous...

    Objectif : nostalgie et nuit avec Anaïs, ange et femme plume.

    Sous  la neige et la vie d’un bleu d’une beauté en toute saison pareille à la Tour Eiffel, et sur les toits aussi, le sculpteur de verre a la sensualité d’une sphère

    Tandis que la Sirène blessée, questionne de son violoncelle le blanc d’une trace qui conduit à la mer.

    Le bonheur, poète de la nuit, la rivière et  l'Homme Personne à l'Origine du monde, rap et écriture de l'enfance, cette inconnue du métro Henri IV et des ruches de Manhattan

    Librairie d’Or, atelier en fête de Saint-Germain-des-Près consacrent alors un nouveau mariage : Jazz et souvenir... celui d’Elena.

     

                      Alors oui ! Rose la vie de Mylène Vignon, une garance pour le violoncelle et les enfants du paradis, là où Prévert et Eluard se regardent et attendent.

     

    Mylène Vignon 2.jpgMylène Vignon est journaliste, commissaire d’événements culturels, expert en art contemporain, rédactrice en chef à Saisons de Culture, présentatrice et co-productrice de Secrets d’Ateliers à BDM TV.

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
  • Camus et Sartre : les irréconciliables

     

     

    politique,actualité,camus,sartre,algérie,ulm,école normale,normalien,char,tipasaTâche impossible que de vouloir réconcilier Camus et Sartre. 

     

    politique,actualité,camus,sartre,algérie,ulm,école normale,normalien,char,tipasa

     

                Pour sûr, question éthique, Camus est au premier plan !

    Côté engagement, Sartre trône ; et pas n’importe quel engagement : celui qui a pour assise un "on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs" ou bien "on ne fait pas d'omelette avec des œufs pourris" ; ou bien encore : "qu'importe l'omelette pourvu que l'on ait l'ivresse bourgeoise d'un engagement anti-bourgeois et la renommée qui va avec !"

    Et puis, enfin...

                Sartre… c’est l'enfance d'un chef, la rue d’Ulm, - Ecole Normale pour normalien -, avec ses petites étudiantes admiratives et consentantes, la raison dialectique et le café de Flore, boulevard Saint Germain, lieu qu’il n’a jamais vraiment quitté excepté pour aller, de temps à autre, s’encanailler dans les usines Renault de Billancourt, tâter et goûter du bleu de travail – métallos, OS, monteurs…

                Alors que Camus...

                En dépit de la pauvreté, c’est le soleil de la méditerranée - une mer sans plis -, l'amitié solide, celle d'un René Char ; et puis aussi... et surtout...

                 "L’odeur volumineuse des plantes aromatiques qui racle la gorge et suffoque dans la chaleur, les concerts d’insectes somnolents et le libertinage de l'homme et de la nature..." (Noces à Tipasa – 1936/1937 - édition Folio)

     

    Entre ces deux-là, le silence immense d’une gêne indépassable.

     

    Lien permanent Catégories : Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
  • Fukushima, 5 ans déjà : chronique d'un désastre

     

                        Aucune société aussi organisée soit-elle autour de la solidarité, aucune compagnie d'assurance, aucun budget de quelque Etat que ce soit ne peut faire face à une catastrophe d'une telle ampleur ni être capable de se hisser à sa hauteur.

    Suicides, dépressions, maladies, il faut simplement attendre que ça se tasse, que ça se résigne, que ça se taise, que ça meurt et que ça crève... épuisés d'avoir tout perdu.
     
                   Catastrophe naturelle ou pas, avec le nucléaire, la récompense sera courte et la peine... éternelle. Il n'y aura de véritable unité humaine que dans le malheur ; le nucléaire - cette industrie de mort, cette industrie irréversible -, contribuera très certainement à cette unité.
     
                   Aussi... irradiés et déplacés de tous les pays, unissez-vous !

     

    ____________________

                    

     

                     La question importante que ce documentaire se garde bien d'aborder.. et c'est sans doute la raison pour laquelle la chaîne ARTE l'a sélectionné pour diffusion...  c'est bien évidemment celle-ci :

    Le Japon étant un pays à très haut risque (s’il en est d’autres plus risqués encore !)...qui a pris la décision dans les années 50 d'opter pour le tout nucléaire dans cet archipel… ? Qui a forcé cette décision ? Qui est à l'origine des pressions exercées pour qu'une telle décision soit prise ? Quels sont les hommes (lobbys) et les pays impliqués ? Quels sont les intérêts politique et économiques derrière ce choix du tout nucléaire ? Et enfin, quelles sont les stratégies géopolitiques développées à moyen et long termes derrière ces intérêts ?

                  Nul doute ! Les Japonais ont de sérieuses questions à se poser à propos de ceux qui les dirigent depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Mais… ces Japonais auront-ils seulement la possibilité de se les poser toutes ces questions ? Pourront-ils ensuite y apporter des réponses avant d’en tirer les conclusions qui s’imposent ?

    Cinq ans après la catastrophe, rien n’est moins sûr : la démocratie, au Japon comme ailleurs, a ses limites, et par les temps qui courent au rythme d’une mondialisation sans responsabilité… ses limites sont vite atteintes. Il n'y a aucune raison pour qu'il en soit autrement en France.

     


                       

                Après
    Hiroshima et Nagasaki, deux des plus grands crimes racistes de toute l'histoire de l'humanité, avec Fukushima doit-on y voir là encore à propos de la troisième puissance économique mondiale, le Japon, pays hautement technicisé mais nain politique et culturel de la scène internationale, une nouvelle preuve du mépris dans lequel ces êtres de petite taille, aux yeux bridés et à la langue aussi incompréhensible qu'inassimilable, les Japonais, sont tenus, voire confinés depuis toujours ? Des êtres au destin comparable à celui de souris de laboratoire dociles et quasi fatalistes à la merci de toutes les stratégies de puissances étrangères auxquelles il est manifestement difficile de ne pas obéir ; des êtres aussi éloignés qu'on peut l'être culturellement et géographiquement de l'Europe et des USA qui demeurent encore semble-t-il, et quoi qu'on puisse dire, le seul étalon civilisationnel de référence.

    Mais alors… après nous, le déluge ?

     

    _________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Le courage des lâches

    Lien permanent Catégories : politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Désir de misère... misère du désir



    Alain Soral sur la "libération" sexuelle... par ERTV

     

     

    ***

     

            "Mon plaisir est mon droit ! "

       misère du désir, alain soralet "Mon corps m'appartient !"

     

    De la "libération" à la névrose , de l'émancipation à la libération de l'inceste, de la liberté à la solitude, pornographie et violence... quand "tout est autorisé mais que rien n'est possible"...


    Une promenade dans l'univers du désir et de l'échec... avec Alain Soral, après Michel Clouscard.

    clouscard, alain soral, libéral libertaire,capitalisme,

     

    ______________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Penser la société aujourd'hui avec Michel Clouscard

     

    Lien permanent Catégories : Alain Soral, Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
  • Serge ULESKI sur le Nouvelobs n'est plus...

     

    De : serge uleski [mailto:serge.uleski@orange.fr]
    Envoyé : mardi 9 février 2016 20:38
    À : Audrey KUCINSKAS <akucinskas@nouvelobs.com>
    Objet : blog absent de la toile

     

    Bonjour,

    Depuis deux jours je constate que mon blog "sergeuleski.blogs.nouvelobs.com" est absent de la toile ; il n'est plus consultable. S'agit-il d'une sanction ? Un piratage ? Un disfonctionnement qui ne toucherait que mon blog et aucun autre ?

    Si rejet et suppression il y a, merci de m'indiquer le ou les motifs.

    Dans le passé, nous avons toujours su communiquer, il serait bon que l'on puisse continuer de le faire.

     

    Cdlt

    Serge ULESKI

    _________________

     

    De : Audrey KUCINSKAS <akucinskas@nouvelobs.com
    Envoyé : mercredi 10 février 2016 08:05
    À : serge uleski [mailto:serge.uleski@orange.fr]

    Objet : blog absent de la toile

     

    Bonjour Serge,

    En effet, la direction a choisi de supprimer votre blog, qui ne correspond pas à la ligne éditoriale du journal.

    Bonne journée,

    Audrey

    Audrey Kucinskas

    Journaliste, médiatrice, chargée de la communauté

    Le Plus - l'Obs

    01 44 88 36 03

    @AudreyKucinskas

     

    _____________________

     

     

    "...Votre blog ne correspond pas à la ligne éditoriale du journal."

     

                          La rédaction du Nouvelobs aura donc mis près de 8 années à s'en convaincre alors qu'il est précisé ceci  : "Le contenu des blogs des internautes n'engage que leurs auteurs et ne peut en aucun cas être attribué au nouvelobs.com"

        

                         Désormais, en ce qui concerne les questions d'actualité, de société et de politique, c'est ici même qu'elles seront traitées.

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 3 commentaires
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu