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  • La France Black-Blanc-Beur

     

     Souriez, vous êtes filmés !

     

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    Omar Sy

     

                  D'aucuns prétendent que si l'on devait lui proposer le rôle de l'oncle dans un remake de la "Case de l'oncle Tom" il l'accepterait même sans se faire payer ; et s'il était une femme... le rôle de la mammy, servante noire placide et affectueuse, totalement dédiée à ses maîtres.

     

     

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    Bruno Solo

     

                 De mauvaises langues disent qu'il se fait dessus à chaque fois qu'il entre dans une boulangerie pour acheter un croissant.

     

     

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    Jamel Debouzze

    (Jamel 3-bouse pour les intimes... intimes et vachards)

     

                  On dit qu'il soutient Dieudonné en privé et qu'il évite le sujet en public. Pour lui, l'argent n'a pas d'odeur : on peut tout lui proposer - comprenez : n'importe quel film, n'importe quelle idée pourvu qu'elle soit sonnante et trébuchante.

     

     

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                      Et puis... cette autre France... Black-Blanc-Beur aussi, objet de tous les rejets et de tous les chantages : fasciste, antisémite, raciste (?), complotiste...

     

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    Kemi Seba

     

            Né en France, militant de l'égalité et de la justice, il renoncera et quittera la France pour l'Afrique.

     

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    La rumeur

     

     Rap, mémoire et conscience

     

                 ... et enfin, cette France toujours Black, Blanc, Beur qui a trouvé refuge dans les salles de spectacle de Dieudonné.

     

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    Mais alors... à quand une France de toutes les France ?

     

     

     

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  • Penser le monde aujourd'hui avec Peter Dale Scott et l'Etat profond

     

                    Parapolitique, gouvernements de l'ombre... s'il n’y a de science  que du caché…  (Gaston Bachelard), de même n'y a--t-il de politique que du dissimulé.

    Docteur en sciences politiques et ancien diplomate canadien, Peter Dale SCOTT est  l'auteur de nombreux ouvrages qui analysent la politique étrangère américaine, les narcotrafics et les opérations secrètes. Ces recherches et écrits mettent en lumière le concept de ce qu'il définit comme le « supramonde » ou l’État profond dissimulé au sein de l'État Public.

    Porte-parole du mouvement anti-guerre contre le conflit US au Vietnam, et plus récemment contre les guerres en Irak et en Afghanistan, il cofonda le programme d'études « Paix et Conflit » de la prestigieuse Université de Berkeley, où il enseigna la littérature anglaise durant près de 30 ans.

    Il est à la parapolitique des Etats ce que Noam Chomsky est à l'analyse des médias.

     

     

     

                   Interview de Peter Dale Scott à propos de son ouvrage La Route vers le Nouveau Désordre Mondial

     

                  "Cet ouvrage est une étude ambitieuse, qui décrit avec précision la façon dont, depuis les années 1960, les choix en matière de politique étrangère états-unienne ont conduit à la mise en œuvre d’activités criminelles, et à leur dissimulation, tantôt partielle parfois totale.

    Dans ses précédents essais, Peter Dale SCOTT a témoigné de l’implication de la CIA dans de graves exactions dont différents coups d’État, ou dans la mise en place d’une véritable géopolitique de la drogue et des guerres qu’elle permet de financer. Il sonde ici la manière dont les décisions, irrationnelles (voire paranoïaques) et à courte vue, prises par les Présidents américains depuis Nixon ont contribué à engendrer une plus grande insécurité mondiale, notamment en renforçant les réseaux terroristes responsables des attentats de 2001.

    L’auteur montre comment l’expansion de l’Empire américain depuis la seconde guerre mondiale a conduit à ce processus de décisions iniques et dangereuses dans le plus grand des secrets, souvent à l’insu des responsables démocratiquement élus.

    À partir d’exemples précis, (la « Surprise » et la « Contre-surprise » d’octobre, l’Irangate, la guerre froide en Afghanistan, la géopolitique du pétrole et de l’accès à l’Énergie, …) il illustre comment ces décisions « para-politiques » furent l’apanage de petites factions très influentes au sein d’un « supramonde » qui agit sur l’État public à travers des institutions secrètes (comme la CIA), au détriment de l’État démocratique et de la société civile. L’analyse de l’implémentation de ces programmes établit que les principaux services de renseignement des États-Unis ont collaboré pendant longtemps avec des groupes terroristes, qu’ils ont à la fois aidé à créer et soutenus, dont la fameuse organisation « nébuleuse » al-Qaïda. Dans un autre registre, parallèle et tout aussi fascinant, Peter Dale SCOTT explique clairement le danger que fait peser sur la démocratie l’instauration, sous l’administration Reagan, du programme ultra-secret de « continuité du gouvernement », qui existe toujours…

    D’aucuns crieront sans doute à la « théorie du complot », mais la qualité de l’argumentation, étayée par une documentation encyclopédique fait de ce travail une magistrale et passionnante leçon d’histoire contemporaine, qui nous plonge dans les méandres des rivalités de ceux qui détiennent le vrai pouvoir, pour comprendre le monde tel qu’il est, et non tel qu’il paraît être."


    Traduit de l'anglais par Maxime CHAIX et Anthony SPAGGIARI

     

    ***

     

                   « l’État profond » est un pouvoir qui ne provient pas de la Constitution, mais de sources extérieures et supérieures à celle-ci, et qui est plus puissant que l’État public. Il s’agit d’un système informel et complexe. l’État profond c’est le fil rouge qui se déploie sur les trois dernières décennies et qui explique comment nous avons connu la dérégulation, la financiarisation de l’économie, la faillite de Wall Street, l’érosion des libertés civiles et la guerre sans fin.  « L’état profond » est un niveau de gouvernement ou de super contrôle difficilement perceptible qui se maintient quel que soit le résultat des élections et qui est susceptible de contrecarrer les mouvements sociaux ou les changements radicaux.»

     

                  "Dites-moi de qui et de quoi il ne faut surtout pas parler et je vous dirai qui vous emploie et qui il faut craindre"

             On ne manquera pas de noter que tous les acteurs de la dénonciation de la désinformation, des opérations clandestines ou sous " faux drapeau" et autres violations de l'Etat de droit et des constitutions des Etats, indisposent au plus au point toujours les mêmes ;  les corporations, individus ou groupes d'individus et d'intérêts suivants :

                 - Les journalistes des médias dominants et leurs rédacteurs en chef ; en effet, ils ne peuvent pas se permettre de telles investigations menant à de telles conclusions sans mettre en danger leur carrière professionnelle puisque cela n'aura échappé à personne : leurs employeurs-propriétaires (banque, armement et industrie du luxe) sont le plus souvent à la fois concernés et impliqués dans les agissements mis en cause, directement ou bien indirectement, ou bien à travers leurs clients - les marchés qui sont les leurs  : les gouvernements, les multinationales et l'oligarchie milliardaire.

    Ces médias ont alors recours à la calomnie : l'accusation de "complotiste paranoïaque" sera la plus courante ; elle est destinée à disqualifier tous ceux qui souhaitent nous alerter à propos des agissements de la face cachée des Etats.

                - Les alliés sous-traitants des Etats incriminés car, rares sont les Etats directement mis en cause qui se chargent ouvertement de contrer leurs accusateurs ; à titre d'exemple : c'est la France sous un gouvernement UMP ou PS et des lobbys communautaires qui prendront  ouvertement en charge cette contre-attaque  (souvenons-nous des discours de Sarkozy, et plus récemment, de Valls, de la LICRA ou du CRIF) à l'endroit de tous ceux qui remettent en cause la politique des USA, de l'Otan et d'Israël.

                        Et par extension...

                - Les universitaires et autres employés de l'Etat.

                - Ceux qui souffrent de ce qu'il est convenu d'appeler "le syndrome du larbin" : faibles au quotidien, formant le groupe le plus nombreux des quidams sans conscience politique ou citoyenne, impuissants, ils ne respectent que la force qui viendra  pourtant demain les anéantir après avoir fait d'eux, jour après jour, des esclaves consentants ; et nul ne sait vraiment au prix de quelles humiliations s'est forgé en eux cet état d'esprit qui toujours nie la réalité des rapports de force, et leur statut de dominés... heureux de l'être, faute de courage.

               - La bourgeoisie des centres villes : pro-mondialisation, pétée de tunes, seuls le déni de la réalité et la réfutation de faits incontestables peuvent les sauver d'une culpabilité inexpiable car ils sont bien les derniers à ignorer que leur confort matériel repose à la fois sur la désinformation et la tyrannie du profit et de l'exploitation ; mode d'organisation de l'existence à l'origine duquel on trouvera les Etats les plus puissants militairement,  économiquement et culturellement : les USA en tête.

                            Et enfin...

     

              - Ceux qui n'ont que pour seule identité que leur appartenance communautaire ou nationale, adeptes de l'expression : "My country, my community... right or wrong !" Très influents, ils pratiquent un chauvinisme et/ou une solidarité communautaire à toute épreuve, même et surtout à l'épreuve de la vérité des faits ; chauvinisme et solidarité proches du niveau zéro de la pensée ; attitude redoutable sans laquelle aucun système corrompu ne peut survivre ; d'où la responsabilité majeure de tous ces individus dans l'asservissement de notre monde à la raison du plus fort porteur de tous les vices : voracité, avarice et domination.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Entretien avec Maxime Chaix, traducteur de Peter Dale Scott

     

     

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  • Attentats Paris, Bruxelles... comme une douce résignation

          

     

     

                  La maire de Paris a appelé à un rassemblement ce mardi à 19h00 sur le parvis de l'Hôtel de Ville de la capitale pour "rendre hommage" aux victimes des attentats de Bruxelles.

    Avec l'ambassadeur de Belgique Vincent Mertens de Wilmars, la maire "invite les Parisiens" à un rassemblement silencieux.

    La Tour Eiffel sera illuminée aux couleurs de la Belgique dès ce soir.

     

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    attentats de bruxelles 22 mars 2016, rassemblement hotel de ville de paris anne hidalgo,sergeuleski, terrorisme,

                       Silencieux, quelques parisiens se sont donc rendus devant l'hôtel de ville de Paris : pas de cris de haine ni de colère, ici comme ailleurs.

    Comme une douce résignation après les événements de la journée, sans doute pensons-nous tous, consciemment ou non, que l'on ne mérite pas mieux que ces attentats - auxquels des millions d'êtres humains sont confrontés tous les jours en Irak et plus récemment en Syrie soit dit en passant -, quand on sait sur quoi repose la "prospérité", ici, d'un grand nombre d'européens, pour ne rien dire de tous ces pays et de tous ces Peuples décimés, tous Musulmans, dans l'indifférence la plus totale depuis 20 ans... dans le cadre d'une alliance occidentale, Etats-Unis-Israël-Arabie-Saoudite-Europe qui ne veut pas partager le monde, et qui a pour point nodal un soutien inconditionnel à toutes les politiques à la fois économiques et militaires développées depuis les événements du 11 septembre 2001 par les USA ; politiques aux centaines de milliers de morts et de réfugiés sur les routes, et aux millions de sans-abris, sans Etat, sans sécurité, sans frontières.

    Attentat après attentat, les Européens semblent accepter leur sort - la punition -, autant par lâcheté que par ignorance ; une ignorance bien commode qui favorise la résignation et la croyance en la fatalité ; et puis aussi, et puis surtout, par épuisement à la fois psychique et... disons, intellectuel, tous somnolant devant leurs écrans de télé dès 20 heures : et à ce sujet, la propagande des médias de ces dernières années a définitivement eu raison de leur sens critique ainsi que de leur capacité d'analyse : la recherche et l'identification des causes premières.

    Innocents, sans doute sommes-nous tous devenus des « salauds » tranquilles et de bonne foi... car, quiconque aujourd'hui souhaite s'informer, n'a que l'embarras du choix quant aux sources auxquelles s'abreuver.

    Aussi...

                

     

                    Chanter dans le malheur pour conjurer l'impasse économique, environnementale et sociale - véritable gâchis existentiel -,  vers laquelle nos sociétés en sursis se dirigent lentement mais sûrement ? Car enfin... aujourd'hui, qu'est-ce qui nous reste à célébrer ? Sûrement pas la vie ! La fin, nous sommes ! La fin et les moyens... et rien d'autre. Plus rien devant nous, plus rien derrière. Plus rien ne nous précède. Plus rien ne nous dépasse ! Aussi, il ne nous reste plus qu'à nous consommer nous-mêmes avant de nous dévorer, jour après jour, anthropophages et cannibales puisque, quelque part au fond de nous-mêmes, nous savons tous que nous sommes tous... déjà morts et la promesse d'une vie digne de ce nom pour le plus grand nombre aussi.

     

     

     

    ***

     

                  Ici, discriminations, ostracisme politique, économique et médiatique ainsi que mépris sans bornes (il suffit de se reporter à la dernière livraison de Charlie Hebdo) pour les Français de culture arabo-musulmane, qu'ils soient pratiquants ou non ; là-bas, des pays et des peuples dévastés, des nations sans plus de frontières, sans plus de police, sans plus d'armée, et sans plus d'Etats pour les protéger, livrés à une alliance qui a pour seul programme : la captation et le pillage des ressources ainsi que les bombes contre les gouvernements et les Peuples qui s'y opposent.

    Ce qui se fait appeler "La guerre mondiale contre le terrorisme",  de l’Afghanistan à la Libye, en passant par l’Irak et la Syrie, se soldera par près de 3 millions de morts Musulmans, embargo irakien non inclus ; bilan provisoire puisque cette "guerre" qui est loin d'être gagnée - et ce n'est pas le but non plus -, ne connaîtra sans doute aucune fin.

                 Faut bien dire que le chaos a des vertus que la morale ignore.

     

                 Une seule consolation néanmoins, et pour peu que cela en soit une : l'Etat Islamique et d’autres... semblent n'avoir, ici en Europe, pour seuls volontaires et autres kamikazes, que des truands en rupture depuis leur adolescence et qui n’ont aucune solution pour eux-mêmes, et la société non plus en ce qui les concerne, même si le tour de force de ces sectes dites islamiques aux adeptes "mercenaires" et payés comme tels, c’est d'être capable de transformer un truand (braqueur de bijouteries) en fanatique religieux ; truand qui se voit ainsi offert, d'une vie sans objet, une sortie sous doute plus honorable et plus glorieuse qu’une condamnation à 20 ans de réclusion criminelle lors de son prochain jugement, tout multi-récidiviste qu'il est (1).

    Et c'est alors qu’ils se souviennent qu’ils auraient pu être musulmans - musulmans qu’ils ne seront jamais ! Et c’est dans un premier et dernier « Allahou akbar ! » qu’ils font le grand saut ; eux et de pauvres bougres qui n’avaient rien demandé : n’importe lequel d’entre nous en l’occurrence.

                  Finiront-ils tous par nous faire regretter les activistes d’Action directe des années 70 ! Car, cela avait quand même une tout autre allure ! Etait-ce parce qu’ils avaient lu Marx, Hegel, Lénine et Althusser ?


    On ne devrait jamais quitter la lecture.

     

    ***

     

    Michel Collon : " Je voudrais savoir pourquoi on prétend apporter la démocratie en Syrie, avec l'aide de l'Arabie saoudite, du Qatar, de la Turquie et d'Israël ? Ça il faudra me l'expliquer... "

     

     

                    Face aux victimes "collatérales" européennes qu'aucun discours ni deuil national ne pourront ramener à la vie ni absoudre les responsables, victimes à l'origine desquelles on trouvera une  politique dont il n'y a rien à sauver depuis l'Afghanistan  - politique que l'on ne pourra certainement pas dénoncer sans pointer du doigt, ici en France, l'Elysée, Matignon et le quai d'Orsay -, sur quel recours les familles endeuillées peuvent-elles bien compter ?

    Pourront-elles porter plainte toutes ces familles ? Sont-elles seulement encore capables d'envisager une telle éventualité ? Contre qui ? Contre l'Etat français ? Auprès de quelle juridiction ? Le TPI ?

    Quels chefs d'inculpation pourront-elles faire valoir ? Mise en danger de la vie d'autrui ? Association de malfaiteurs ? Non assistance à personne en danger ? Complicité de meurtre ? Homicide involontaire ?

                   Il se pourrait bien dans les années à venir que nous nous trouvions tous dans l’obligation de demander des comptes à des Etats sans boussole et sans direction, sinon une seule : celle que des puissances étrangères voudront bien lui indiquer tout en continuant de la compromettre avec des logiques de chaos et de mort au nom d’intérêts aussi clairs chez nous qu'inavouables chez eux !
     

                  Alors non ! Nous n'accepterons pas de mourir ni pour l'Otan, ni pour les intérêts des USA, ni pour ceux d'Israël et de l'Arabie Saoudite ni pour une oligarchie mondialiste sans foi ni loi aux entreprises criminelles...

    N'en déplaise aux médias et à la classe politique !

     

     

    1 - Le jour où des Français de confession musulmane hautement diplômés et en emploi, rejoindront ces "sectes", en kamikazes volontaires, nous ne serons alors pas loin d'avoir tout perdu en y ayant tout laissé. Or, il semble que ce soit le cas avec un kamikaze qui répond au nom de Najim Laachraoui (ICI) ... sans passé délinquant, bon élève, qui a obtenu un diplôme en électronique.

     

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    Pour prolonger, cliquez : S'habituer à la menace terroriste

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  • Indignez -vous ! Indignez-vous ! Il en restera toujours quelque chose

    Edwy Plenel - On n'est pas couché 5 mars 2016

     

     

                

                   Faible du côté du concept, plutôt réticent à traiter les causes, guère courageux lorsqu'il s'agit de nommer les gens, reste alors pour Edwy Plenel à endosser un rôle, le seul rôle à sa portée : le beau rôle. En cela, Edwy Plenel rejoint Bernard-Henri Lévy qui a longtemps tenu ce rôle dans les médias jusqu'à "l'affaire de la Libye" qui nous a révélé un individu irresponsable, entièrement occupé à servir les intérêts d'un Président de la République, Nicolas Sarkozy (en effaçant toutes traces d'un éventuel financement par Kadhafi de sa campagne présidentielle de 2007) et de deux puissances étrangères, Israël et les USA, faisant ainsi d'une pierre trois coups.

                   Patron-gourou d'un journal de groupies - journalistes et abonnés compris -, nommé Médiapart, jour après jour, Edwy Plenel semble en passe de délaisser le journalisme au profit d'une posture où l'indignation serait alors appelée à remplacer l'analyse, la synthèse et le courage de nommer les choses et les responsables des maux qu'il n'a de cesse de dénoncer.

    Et c'est alors que... prestation après prestation télévisuelle et radiophonique, le journalisme est congédié et qu'une indignation qui n'explique rien - qui fait quoi, à qui, où, comment, pourquoi et pour le compte de qui -, occupe toute la place, une place confortable de surcroît, là où personne ne pourra jamais vous attaquer et/ou vous reprocher... devinez quoi ? Vos indignations justement ! Car si on a de moins en moins raison de se révolter aux yeux de la classe politique et des médias qui sont impitoyables avec ceux qui refusent de se soumettre, il semblerait que l'on ait toujours raison de s'indigner.

                   Manifestement, Edwy Plenel l'a compris mieux que quiconque.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Pour un journalisme de toutes les intelligences

     

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  • Marc Trévédic : l'irrésistible tentation médiatique

     

     

                    C'est clair : quand ça vous tient, ça ne vous lâche pas !

                                         Marc Trévidic, inlassablement !

     

     

                    Né le 20 juillet 1965 à Bordeaux, Marc Trévidic fut, entre 2006 et 2015, juge d'instruction au tribunal de grande instance de Paris au pôle antiterrorisme. Il est, depuis 2015, premier vice-président au tribunal de grande instance de Lille.

    Bombes et terrorisme… convoqué chez BFM-TV et partout ailleurs à chaque explosion... (finira-t-il par commenter les explosions causées par les fuites de gaz des immeubles insalubres ?) omniprésent dans les médias depuis deux ans, vraiment, on sera tenté aujourd'hui de demander à ce fonctionnaire de quitter les plateaux télé et d'aller travailler ses dossiers, ne serait-ce que pour les faire avancer car, quand on connaît les lenteurs de la justice française, et pas seulement au nom d’un principe qui voudrait que « bien juger demande du temps » -  l’abus des comparutions immédiates sont là pour en témoigner -, mais bien plutôt  du fait de son sous-financement aussi honteux que savamment organisé semble-t-il,  quelles que soient les majorités, et ce dans l’indifférence générale des politiques, gouvernement après gouvernement,  les justiciables renonçant le plus souvent à faire valoir leurs droits…

    Comme le rétablissement du même nom, en attendant son prompt retour dans ses foyers professionnels et autres, conseillons donc à ce Monsieur Trévidic, d’utiliser son temps d’antenne... puisque ce dernier semble incapable de résister à « la tentation médiatique », à dénoncer sans relâche et sans vergogne le désintérêt du personnel politique pour une justice capable de rendre justice à tous ceux qui ont vu leurs droits bafoués. Il est vrai que cette classe politique préfère sans doute que « leurs dossiers à tous » demeurent tout au fond de la pille des cabinets des juges d’instruction.  En effet, pourquoi donner la corde pour se faire pendre, à savoir : une justice indépendante et efficace, dotée de moyens redoutables et redoutés par tous !

    D’ailleurs à ce sujet, on pourra sans hésitation mesurer le degré de corruption du personnel politique d’un pays donné à la pauvreté du financement de sa justice. Les pays scandinaves sont ceux dans lesquels on se félicite d’un niveau de corruption très bas (se reporter au classement de l’organisme indépendant « Observatoire international de la corruption ») et comme un fait exprès, on y trouvera un investissement dans la justice et dans son fonctionnement, bien bien supérieur à la France et aux pays méditerranéens dans leur ensemble.  

    CQFD.

                    Aussi, Monsieur Trévidic : trêve de bavardage ! Rentrez chez vous et travaillez à faire de ce pays un lieu où tout un chacun pourra sans hésitation « avoir confiance dans la justice de son pays ».

     

     

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  • Najim Laachraoui : un kamikaze sans histoire

     

                      Déplorer l'arme à l'oeil et en public les effets pour mieux en cacher les causes tous en les soutenant en secret, jusqu'à parfois même les chérir non pas comme un moindre mal mais comme un suprême bien, tel est, n'en doutons pas un instant,  les moyens employés par tous les gouvernements chargés de nous tenir dans l'ignorance, afin d'échapper à leurs responsabilités ainsi qu'aux sanctions afférentes.

     

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    Le parcours scolaire de Najim Laachraoui, Belge d’origine marocaine, l’un des deux kamikazes de l’aéroport de Zaventem, « considéré comme l’artificier des attentats de Paris », ne laissait rien présager. Les directeurs des écoles qu’il a fréquentées se souviennent d’un étudiant modèle.

    Scolarisé à l’Institut de la Sainte-Famille entre l'age de 12 et 18 ans, à Schaerbeek, un quartier de Bruxelles, la directrice de l’établissement, Véronique Pellegrini témoigne : «Le parcours de Najim ne pourrait pas être plus classique. Il n’a jamais redoublé, il n’a jamais causé de problèmes, de discipline ou autre

                   En 2010 et en 2011, Najim passe par l’ULB (Université libre de Belgique) et l’UCL (Université catholique de Louvain), deux grandes universités bruxelloises. En février 2013, il part en Syrie rejoindre l'Etat islamique.

     

                   Parmi ceux qui, en Europe, ont causé la mort de civils lors d'opération meurtrière pour le compte de l'Etat islamique, de Daesh et autres sectes islamiques instrumentalisées par l'Occident et les Monarchies du Golfe, ce jeune Belge est le seul à n’avoir aucun passé de délinquant. Contrairement à tant d'autres, son engagement n'aura donc pas été une manière de mettre fin à une vie sans objet, sans issue, une vie sans solution, une vie d'entrées et de sorties de prison.

                  kamikazes  à l'aéroport de bruxelles,terrorisme,etat islamique,usa, arabie saoudite, israël, europe,Mais alors, quel sens donné à cet engagement-là ? Celui d'un jeune homme sans histoire, kamikaze qui n’avait pas 25 ans quand il a actionné sa ceinture d'explosifs ce matin du 22 mars 2016  à l’aéroport de Bruxelles ?

     

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    Bernard Stiegler : "Le consumérisme nous a totalement désocialisés. Nous avons des comportements de gorets  en tant que consommateurs ; des porcs nous sommes ; et c’est plus vivable ; c’est (aussi) pour ça qu’il y a des mômes qui basculent du côté du Jihadisme extrême (pas seulement religieux ; écologique aussi - ndlr) ; ils n’y croient plus à cette société consumériste ; ça les dégoûte (le tout marchandise) et ça les rend méchants. Ils seront de plus en plus nombreux à l’avenir. »

     

                  Jacques Ellul : "Jamais l'homme n'a atteint une pareille décadence morale, spirituelle, psychique, une telle anomie, le taedium vitae, l'appel de la mort, l'hypnose suicidaire collective... Là est déjà le châtiment de l'Occident envahisseur. Prométhée de nouveau enchaîné, mais par ses propres moyens. Jamais je l'affirme comme historien et sans rien magnifier du passé, jamais l'humanité n'a atteint une telle puissance, une telle souffrance universelle, un pareil désespoir."

     

    Pour prolonger, cliquez : Sonate d'automne

     

                  Une analyse du fait "islamiste" et de sa violence avec Fethi Benslama ICI

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  • Michel Onfray : plan média et bénévolat


    Le dernier cours de Michel Onfray dans son université populaire

     

                   La treizième saison de l'Université populaire de Caen (anciennement "Université du 3è âge" des années 70. Rien de nouveau sous le soleil !) vient de s'achever avec le dernier cours de l'essayiste fondateur Michel Onfray.

                  Onfray annonce la fin de cette "Université" faute de subventions.

                   Rappelons à toutes fins utiles que cette Université avait été soi-disant créée dans les années 90 pour contrer la montée du FN et éduquer son électorat : les classes populaires.

    Depuis, force est de constater que le FN ne s'est jamais aussi bien porté ; quand au public d'Onfray, composé principalement de ses lecteurs "groupies", il s'est toujours agi d'une classe moyenne très modérée de quinquas et de sexagénaires peu politisés qui votent, par voie de conséquence, PS et centriste, principalement.

     

    ***

     

                  Université populaire à but non lucratif ? Onfray, prince du bénévolat ?

    Mais alors, que fait Onfray de la retransmission de ses conférences sur France Culture, partenaire et sponsor avec le département du calvados et la Région Normandie, 10 années durant aux frais des contribuables ?

    L’équivalent d’un plan média de plusieurs millions d’euros cette retransmission ! Ce qui n'est pas rien quand on ne vit que de sa plume ! D'autant plus qu'aucun éditeur n’aurait pu lui payer une telle campagne de promotion, qui plus est, sur une si longue période !

                  Alors, bénévolat ou pas bénévolat ? Onfray, mère Teresa de la culture pour classe moyenne désoeuvrée ou pas ?

                  Qu'est-ce à dire ? Enfant gâté Onfray ? Ingrat Onfray ?

     

                        "Ah, Onfray... on ne peut pas cacher très longtemps d'où l'on vient ! N'est-ce pas ! C'est pas pour rien que les médias dominants t'ont fait, voilà une vingtaine d'années ! Tu en as épousé tous les vices et toutes les tares !

                        Tartuffe va !"

     

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                  Onfray et son Université populaire jettent donc l'éponge faute de moyens après des années de service  : "Le bénévolat payant (en effet, pour continuer, il faudrait qu'Onfray mette la main à la poche - ndlr) et dans lequel on n'est pas payé, très peu pour moi !" s'est-il empressé de déclarer.

                  Sans doute Onfray a-t-il oublié que le bénévolat, ça coûte ! On paie de sa personne ; pour ne rien dire de l'idée de sacrifice. Un bénévolat qui ne coûte rien, et qui plus est, un bénévolat qui rapporte, ce n'est pas du bénévolat, c'est de la communication auto-promotionnelle.

                   A ce sujet, Onfray peut sans hésiter rejoindre la bande d'"enfoirés" des Restos du coeur.

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    Pour prolonger, cliquez : Onfray rentre à la maison en serrant les fesses

     

     

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  • Loi El-Khomri : manifestation et débat

     

                   "Comment ça ? Les étudiants ne seraient pas concernés par cette loi ? Les lycéens non plus ?"

                   Un étudiant sur deux travaille ! De plus, les lycéens d'aujourd'hui sont bel et bien les salariés de demain.

     

     

                  Frédéric Lordon : « Nous nous mettons en mouvement pour bien plus que la suppression de la loi El-Khomri »

                                              Fin de la mondialisation libérale...

     

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    Quelle bonne réforme pour le travail ?

     

     

                 Antony Gratacos, chef d'entreprise, socialiste, Marie Vorgan le Barzic, CEO de NUMA (anciennement Silicon Sentier), Sarah Abdelnour, sociologue, Laure Camaji, membre du Groupe de recherche Pour un autre code du travail.

     

                  L'arnaque du statut de l'auto-entrepreneur (les nouveaux  salariés qui payent ses charges !)... ou quand l'Etat souhaite se débarrasser des chômeurs qui encombrent les couloirs, les bureaux et les statistiques de Pôle Emploi sous oublier les entreprises qui, non contentes de se débarrasser de ceux qu'elles ne veulent pas former aux compétences dont elles ont besoin, souhaitent aussi ne plus embaucher ni payer de charges salariales.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Travail et entreprise : 9 études

                    

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  • Sonate d'automne en ce premier jour de printemps

                            

     

               Car le ver était dans le fruit, le venin dans la veine et le poison dans le sang...

     

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    Introduction et exposition

     

                   Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et plus particulièrement depuis le début des années 70, les Etats et leurs dirigeants dits modernes sont placés dans un système sans responsabilités. Dans ce système, la Banque - entre autres agents -, peut agir sur le monde sans avoir à penser aux conséquences, encouragée par le fait que personne ne lui demandera des comptes ; et la débâcle financière du mois d’octobre 2008 ne fait que confirmer ce phénomène propre à l'ère moderne ; débâcle qui, pour sûr, plongera des millions d'individus dans la précarité, le chômage et la pauvreté.

    Qu'à cela ne tienne : aucune responsabilité ne sera établie et aucune culpabilité non plus.


    Un pas de plus vers un "Ni responsable ni coupable" généralisé, cette impunité qui, nul doute, en affligera plus d’un, et qui n'est que la suite toute logique d'un "responsable mais non coupable" déjà trop familier à nos oreilles depuis une bonne vingtaine d‘années.

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    Développement

     

    Les mots se sont tus mais les bombes sont tombées ce matin.

    Le facteur est donc bien passé : pas de courrier mais des bombes ; des bombes jusqu'à ne plus savoir où donner de la tête, quand il nous en reste encore une... de tête pour chercher un abri, et des jambes pour courir se mettre au vert, en attendant des jours plus sereins.

    Les bombes ! Enfin les bombes ! Place au spectacle ! Spectacle hallucinant ! Pour un peu, on en viendrait presque à regretter que personne n’ait pensé à les faire tomber plus tôt, toutes ces bombes. Vraiment : quel manque de jugeote et d’à-propos !

    Pensez donc ! Toutes ces bombes, c’est pas rien ! Et puis, c'est quelque chose ! C’est un monde, tout un monde, cette technologie de pointe et de haut vol ! Pensez à tous ces fragments de vie maintenant... sans vie ; corps fragmentés de mort qui ne demandaient que ça : qu’on s’occupe d’eux et qu’on les bichonne.

    Désormais, on ne se contentera plus des faits divers : il nous faudra des bombes... et ce sera parti ! Plus rien ni personne ne pourra les arrêter toutes ces bombes quand elles tomberont.

    A compter d’aujourd’hui, une journée sans bombes sera une journée pour rien, une journée gâchée, une journée perdue pour tout le monde.

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    Récapitulation et conclusion

     

     

    "Ecoutez-moi Monsieur !

    - Mais... je vous écoute ! Je fais que ça !

    - Aujourd'hui, il n’est plus question de rentabilité... car le besoin légitime d’un retour sur investissement finit là où commence la recherche effrénée du profit maximal ; et cette recherche-là, c’est la recherche du seuil de rupture des modes de production et de fonctionnement musculaires et psychiques de l’espèce humaine salariée. Le fameux point-mort, c’est bien ça ! Et seuls les donneurs d'ordres sont aux commandes : plus intolérants, plus misanthropes qu‘eux, vous ne trouverez pas. Monsieur, saviez-vous que le commerce, c'est la haine ?

    - Non Monsieur mais... maintenant que vous m'en parlez, je vous crois.

    - On fait des affaires le couteau entre les dents car, le moteur de cette production-là, c’est bien le meurtre. Ils sont prêts à tout pour survivre, bien que ce système les condamne tous à se sacrifier quand le moment sera venu pour eux de se retirer parce qu'un plus performant qu'eux les aura balayés. Leurs successeurs pourront toujours se réjouir, et ceux à qui ils distribuent des miettes, avec eux, insoucieux qu'ils sont, les pauvres bougres, du sort qui les attend. Bientôt, il n'aura plus de nom ce système. On ne sait déjà plus comment le nommer. Il n'a déjà plus de visage ! Lorsque le sacrifice de tous contre tous sera partagé par tous, en kamikazes d'une défaite universelle, ce système sera sans morale et sans honneur, car sous le couvert de l'anonymat, tout lui sera permis : absolument tout ! Nul doute à son sujet : le moteur de ce système, c'est bien le meurtre ; le meurtre du meurtrier et de ses victimes et puis encore... le meurtre de ce même assassin qui se donne la mort en tuant. Alors, aujourd'hui, qu'est-ce qui nous reste à célébrer ? Je vous le demande ! Sûrement pas la vie ! La fin, nous sommes ! La fin et les moyens... et rien d'autre. Plus rien devant nous, plus rien derrière. Plus rien ne nous précède. Plus rien ne nous dépasse ! Aussi, il ne nous reste plus qu'à nous consommer avant de nous dévorer, jour après jour, anthropophages et cannibales de nous-mêmes car, quelque part au fond de nous-mêmes, nous savons tous que nous sommes tous... déjà morts."

     

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    Extrait du titre : "Confessions d'un ventriloque" - chapitre 4

     

     

     

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  • Ruwen Ogien : viennoiserie, morale et meurtres en tous genres

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    Cette introduction générale à l’éthique, véritable boîte à outils intellectuels destinée au plus grand nombre (peu de jargon, phrases courtes, gros caractère d’imprimerie) et plus particulièrement pour les plus jeunes d’entre nous (les plus vieux sont néanmoins les bienvenus en tant que lecteurs même si le sujet arrive sans doute un peu tard pour eux – ce qu’on a pas appris ou ce que l’on ne vous a pas enseigné…), devrait permettre à tout un chacun d’affronter avec sérénité tout débat moral sans se laisser intimider par les grandes déclarations de principes.

    D’un côté le chêne Kantien et son inextinguible soif d’Absolu absolument absolu « Ne jamais… ne pas ! », en vieille baderne rigide (la seule fois où Kant a daigné mettre un pied dehors et rencontrer la vie de ses semblables, ou la vie tout court, c’était pour aller commander son cercueil chez le menuisier du coin)…

    De l’autre, le roseau conséquentialiste anglo et saxon, souple ou cynique, c’est selon : faire le plus de bien ou le moins de mal possible même si, comme chacun sait, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions.

    Et puis, quelque part dans les nuages, l’éthique des vertus inspirée du bon vieux Aristote à la pensée néanmoins toujours aussi jeune et fringante : la seule chose qui importe moralement, c’est la recherche de la perfection de soi... recherche aujourd'hui dévoyée par un « chacun pour soi et Dieu pour tous » narcissique qui fait, et pour longtemps encore, les beaux jours et le bonheur des comptes en banque de toutes sortes de psy défroqués, professions libérales et autres charlatans-gourous du développement personnel.

     

     ***

     

                  Les ingrédients de la cuisine morale et de la philosophie du même nom, sont les suivants : les intuitions (ce qui est spontanément pensé comme bien et juste) et les règles...

    Jusqu’au jour où une discipline appelée « philosophie morale expérimentale » est venue tout chambouler, normes et valeurs car, et c’est une bonne nouvelle, rien dans les concepts et les méthodes de la philosophie morale n’est à l’abri de la contestation et de la révision : un peu comme l’Histoire.

    Ce grand chamboulement de la "philosophie morale expérimentale" se fera sous la conduite de ce que les chercheurs nomment des « expériences de pensée » : petites fictions bien tordues, pas si éloignées que ça de la réalité finalement (critique récurrente à propos de ces expériences)...

    L’auteur nous en proposera dix-neuf dont la grande majorité appartient déjà au corpus de la philosophie morale expérimentale : problèmes, paradoxes, dilemmes, casse-tête moraux que d’aucuns qualifieront de pervers, à la limite du sadisme - manifestement, on n'aime et ne craint rien tant que le mal et la peur ! - selon la thématique bien connu de la mort et du meurtre entre gens comme il faut : tuer, être tuer, laisser vivre, laisser tuer… faut-il  tuer un innocent pour éviter une effusion de sang ? Est-il plus moral de tuer loin de chez soi que près de chez soi, dans son quartier par exemple ? Et l’inévitable : en tuer un pour en sauver cinq (innocents ou coupables), et en tuer cinq pour en sauver cent, et puis fatalement, sans doute un jour, les tuer tous et n'en sauver que deux : vous, cher lecteur (avec une préférence pour une lectrice) et votre serviteur, moi-même en chair en os (entre autres attributs physiques).

     

     ***

     

                  On l’aura compris, cette philosophie expérimentale cherche à comprendre les mécanismes de formation des idées morales dans la tête de nous tous ainsi que leurs causes… souvent subjectives (causes liées à notre caractère, notre personnalité, notre histoire, nos besoins tant matériels qu’émotionnels). De là cette question lancinante d’épistémologie : ces causes n’interdisent-elles pas nos idées morales d’être justes ?

    Car si la peur est tout aussi mauvaise que bonne conseillère, n’en va-t-il pas de même avec les émotions lorsqu’elles contrôlent nos jugements moraux ?

    Démocratique, cette philosophie expérimentale convoquera des milliers de membres d’une population la plus large possible selon des critères les plus variés pour des expériences de laboratoire et des enquêtes de terrain destinées à identifier nos intuitions morales dans le but de tester leur validité tout en éliminant les théories les plus irréalistes qui ne tiennent le plus souvent aucun compte de la nature humaine car, s’il suffit de peu de chose pour se comporter comme un saint, il faut aussi vraiment peu de chose pour se comporter comme un monstre (pour peu qu’ils existent !) ou plus simplement, comme le dernier des salauds, salauds et pervers...

    Même si l’on peut toujours et que l’on doit pouvoir à tout moment contester la méthodologie de cette philosophie expérimentale qui nous dit que l’on ne peut dériver aucune norme de l’étude d’un simple fait, et ce bien que la réflexion morale n'est jamais vraiment indépendante de certains faits et qu’il soit impossible d’évaluer une action selon ses conséquences sans tenir compte des intentions, l’auteur et nous tous avec lui savons que des personnalités morales exemplaires qui le restent quelles que soient les circonstances n’existent pas car, à l’impossible nul n’est tenu.

    Mais alors, existe-t-il néanmoins une sorte de sens moral universel ou inné, un instinct... d'instinct moral, tout comme il y a un instinct animal ?

    A ce sujet, l’auteur ne se mouille pas, il préfère le temps sec ; les bains de mer n’étant pas de saison et les risques de noyade toujours probables, toutefois, on dit les êtres humains enclins à porter des jugements moraux sur les actions des autres (sur les siennes propres, c’est déjà plus problématique !) sans qu’ils leur aient été enseignés même si on omet de préciser – tout comme le langage, un enfant ne peut faire l’apprentissage naturel que d’une langue qui serait parlée dans son environnement, et seulement cette langue –, ce qui suit : à condition que le sujet soit en contact avec un environnement capable de distinguer dans ses agissements au quotidien, le bien du mal. Dans le cas contraire...

     

     ***

     

                  Certes, les êtres humains sont autant ce qu'ils sont que ce qu'ils ne seront jamais ; ce dont ils peuvent souffrir lorsqu'ils en prennent conscience.  On devrait donc les juger autant à la lumière de ce qu'ils ont fait que de ce qu'ils n'auraient jamais pu faire, et alors qu'on attendait d'eux qu'ils le fassent.

    Aussi, grande est la tentation de penser qu’il est préférable de taire les crimes, ceux de tous les jours, plutôt que de les livrer en pâture à nos jugements moraux et à nos règles car, les nommer, tous ces crimes d'exception, anonymes et insoupçonnables, n'est-ce pas en faire des maux incurables, des maux privés de l'espoir du pardon et de l’oubli ?

    Heureuse soit la victime à qui la société n'a pas notifié et qualifié moralement le crime commis sur elle ! Car, elle n'aura alors qu'un seul poids à porter : celui de son propre jugement et seulement le sien. Et là, ô miracle ! L'esprit peut se révéler d'une magnanimité surprenante, lui qui est capable d'accueillir le pardon, ou bien l'oubli comme le naufragé accueille son sauveteur.

     

    *** 

     

                   S’il est aujourd’hui incontestable que l’odeur des croissants chaux a bien une influence décisive sur la bonté humaine (il suffit de penser à l’image apaisante de l’artisan boulanger devant son four et à son épouse devant sa caisse)...

    Ethique et responsabilité, morale déontologique ou conséquentialiste, jugement comparatif et plausibilité… tous les cours d’instruction civique au monde et une Marseillaise obligatoire n’y changeront rien, et plus encore dans un contexte d’infamie sociale à grand renfort de flics, de juges, d'avocats commis d'office et de centres de détention : il faudra bien un jour que l’on cesse de réunir toutes les conditions nécessaires à l’émergence du mal chez l’être humain et que l'on retrouve cette volonté commune de poursuivre, coûte que coûte, le meilleur loin d'une morale du type : the winner takes it all, the loser has to fall.

     

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    L'auteur de l'ouvrage, Ruwen Ogien, est un philosophe, directeur de recherche au CNRS. Ses travaux portent notamment sur la philosophie morale et la philosophie des sciences sociales.

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