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  • Burkini : le scandale d'une défaite

                    Les débats, commentaires et invectives autour du port du burkini font rage en France et à l'étranger depuis trois semaines car la France en est là manifestement : brukini ou pas burkini ?

    Le Conseil d'Etat a tranché ; et même si ce conseil ne jouit plus d'aucune crédibilité depuis l'affaire Dieudonné... son jugement fait loi : tous les arrêtés anti-burkini des municipalités concernées sont donc annulés. On pourra éventuellement s'en réjouir d'autant plus que là n'était pas la question ni le problème.

     

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                                       Marwan Muhammad par ci,
     
                                                                      Marwan Muhammad par là...
     
                   La vraie défaite à propos du burkini c'est que les femmes concernées par ce vêtement aient accepté que ce soit un homme, musulman de surcroît, qui soit manifestement le seul autorisé à "défendre" cette tenue... car, nombreux sont ceux qui, à juste titre, n'acceptent aucune parole d'homme à propos des femmes, a fortiori quand il s'agit de leur tenue vestimentaire.
     
    Aussi, dans le contexte de la société française, force est de s'interroger : comment un homme peut-il se" respecter" si peu au point de penser qu'il est moralement, culturellement et intellectuellement autorisé à s'exprimer à propos du burkini alors que ce dernier aurait dû savoir qu'une femme musulmane concernée par le burkini pour le porter sur les plages, était bien plus à même de s'expliquer à ce sujet (1) ? Autre interrogation : faut-il vraiment que la femme musulmane ait totalement rendu les armes, au mieux... baissé les bras face à ce qui fait d'elle un être autonome, capable de prise de décision qui ne doit rien à personne, et en dernier lieu à un homme, fût-il son mari, pour n'avoir pas, à notre connaissance, exigé d'être entendue à la place de Marwan Muhammad ?
     
    C'est là qu'est le véritable scandale d'une défaite consommée en ce qui concerne l'absence de parole de femme musulmane en France ; de plus, les médias sont certainement complices autant par paresse que par lâcheté en sur-exposant plus que de raison la figure de Marwan Muhammad sans faire l'effort d'aller chercher une parole féminine.
     
    De plus, privilégier une parole d'homme sur un sujet qui concerne les femmes, parole religieusement connotée, ce n'est sûrement pas la bonne voie à emprunter pour lutter contre l'islamophobie puisque telle est la mission du CCIF (Comité Contre l'Islamophobie) dont Marwan Muhammad est le représentant
     
    A propos de ce Comité (et le CFCM pareillement) que l'on peut soutenir sur le fond, celui de la lutte contre l'islamophobie, lorsque le porte-parole de ce comité sera une femme, nous serons sans doute plus nombreux, nous qui sommes des non-musulmans de bonne foi et de bonne volonté, à accorder à ce collectif toute l'attention qu'il pourrait mériter.
     
                     En attendant, on ne peut que conseiller vivement à tout un chacun de suspendre son soutien à ce collectif sans parole de femme.

     

     1 - La méfiance, pour peu qu'il en soit question ici contrairement à ce qui a pu être sous-entendu ailleurs sur Internet suite à la publication de ce billet, ne concerne pas l'homme musulman en tant que tel mais l'homme "tout court" ; l'homme au masculin. Cela fait des décennies qu'en France plus aucun homme ne s'autorise à commenter, à valider ou pas, une tenue de femme et pas simplement parce qu'aucune femme ne le supporterait mais bien plutôt parce que culturellement, intellectuellement et moralement, cet homme a intégré le fait qu'il ne serait en aucun cas habilité à le faire : tout en lui l’interdit et l'interdirait s'il devait être tenté de le faire. Il s'agit bien à la fois de culture, de morale et de disposition ou de compétence intellectuelle.

    Toujours dans le contexte de la société française, il semblerait que ce Marwan Muhammad soit donc totalement "largué" : lui et son comité (CCIF) ont 40 ans de retard.

    Cela précisé, mon billet a pour sujet le silence des femmes concernées par le port du Burkini et le fait qu’elles puissent accepter que ce soit un homme qui prenne en charge ce sujet ; que d'aucuns refusent de s'interroger sur le silence de ces femmes ne doit en aucun cas priver qui que ce soit de se poser les bonnes questions qui sont aussi des interrogations plus que légitimes.

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  • Rencontres de Pétrarque avec France Culture et le journal Le Monde : un non-événement

     Débattre ! Réinventer la politique

     

          30ème anniversaire des Rencontres de Pétrarque, organisées chaque année en juillet par France Culture et Le Monde, en public dans la cour du rectorat de l'académie de Montpellier.

     

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                    Les rencontres de Pétrarque… un non-événement !

                    En effet, on ne manquera pas de noter ceci : ceux qui participent à ces rencontres sont ceux qui interviennent partout ailleurs dans les médias tout au long de l’année, et sur France Culture en particulier.

    Par voie de conséquence, à ces rencontres entre gens comme il faut qui parlent le même langage - même vocabulaire et même syntaxe - issus de la bourgeoisie de la Capitale et des centres-villes de l’ouest parisien, qui conduisent de grosses berlines allemandes (1) aux frais du contribuable et sur le dos d'une réalité sociale qui n'est à leurs yeux à tous qu'un ouvrage de plus que personne ne lira mais qui fera avancer leur carrière universitaire et/ou médiatique... au cours de ces entretiens, c'est bel et bien le même qui rencontre le même, et tous ces gens pourraient donc tout aussi bien se retrouver à la même table à déjeuner ou à dîner sans qu’aucun d'entre eux n’en soit gêné car, à ces entretiens, c'est un consensus scandaleux qui y règne, sur le fond, et sur la forme une politesse responsable depuis 20 ans d’une société française au bord de l’asphyxie…

    Consensus et politesse entretenus en grande partie par des fonctionnaires de l’université encore en service actif - même passifs et sans courage en pantouflards carriéristes -, ou bien à la retraite.

     

                  A ces rencontres, pas de controverse, pas d’interventions contradictoires, pas de confrontation, pas de francs-tireurs !

    Sans danger, sans risque ces rencontres pour ceux qui y participent et ceux qui les organisent ! Nul doute : le Journal Le Monde et France Culture sont bien à l'image de ce qu'est devenue la France, un pays qui ne sait plus faire qu'une chose : rejeter, bâillonner, censurer la moindre tentative d'exercice de liberté d'expression politique et artistique (rappeurs, auteurs, essayistes, pamphlétaires, artistes de scène, journalistes, syndicalistes, activistes)... tout en prenant soin d’ignorer sciemment d'innombrables réalités et expressions culturelles, intellectuelles, politiques et sociales.

                     Il est vrai, quand on a l’insouciance de se pencher sur les noms de ceux qui encadrent ces professionnels de la non-pensée… entre autres Hervé Gardette (un non-événement à lui tout seul sur France Culture du lundi au jeudi) et sur le partenaire de ces rencontres… le Journal Le Monde en l'occurrence… plus rien ne nous surprend, la boucle bouclée :

                     Médias, classe politique, universitaires, tous ne se rencontrent pas simplement à Montpellier, tous les ans au mois de juillet ; tous s'y retrouvent, s'y reconnaissent, s'y saluent, s'y congratulent à ces rencontres de Pétrarque autour d'un... "... de toute façon, si c'était différent ce serait pire encore !" à peine dissimulé.

                          Et puis, qui n'informe pas, désinforme, c'est sûr !



     

    1 - On pensera en particulier à un Thierry Pech du magazine "Alternatives économiques" (s'il y a toujours autant d'économie, en revanche, il y a de moins en moins de place pour l'alternative dans les colonnes de ce magazine qui est passé du vin rouge à l'eau minérale en moins de temps qu'il faut pour le dénoncer tout en le déplorant), membre fondateur de Terra Nova, secrétaire général de "La République des idées" créé par Pierre Rosanvallon ; comme on peut le voir, cet homme représente à lui tout seul tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué depuis trente ans à la marginalisation politique des classes populaires et de la gauche, avec pour conséquence une abstention record.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les inénarrables de France Culture

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  • Abbaye Notre-Dame du Breuil-Benoît

     

    Janua Coeli Ora Pro Nobis : Porte du ciel, priez pour nous.

     

     

               L'abbaye du Breuil-Benoît ( Marcilly-sur-Eure 27810) a été fondée en 1137 par Foulques de Marcilly avec quelques moines de l'abbaye des Vaux de Cernay. Dépendant d'abord de Savigny, elle sera réunie à l'ordre cistercien dix ans plus tard et contribuera à la fondation de la Trappe à Soligny. C'est Guillaume de Marcilly, fils du fondateur, de retour de croisade, qui permettra la construction de l'abbatiale, consacré en 1224 par l'évêque d'Evreux et l'évêque de Chartres. Un de ses abbés, Thibaut de Marly, sera canonisé.

    C'est l'époque des abbés commendataires qui précipitera sa chute. A la fin du XVIIIe siècle, il ne reste plus que deux moines ; le monastère sera fermé en 1790, puis en partie détruit à la suite de la vente comme bien National.

    Une renaissance du site a lieu entre 1842 et 1905, époque à laquelle il devient notamment propriété du comte de Reiset, qui y fait des aménagements et y installe ses collections.

    Une longue période d'abandon suivra jusqu'en 1995, où de nouveaux propriétaires réalisent depuis une importante réhabilitation.

                  Construction puissante et harmonieuse avec les chapelles du choeur ouvertes sur l'extérieur depuis la destruction du transept qui ajoutent au site un charme romantique,  ce lieu accueille régulièrement des concerts et des expositions -  ainsi que d'autres manifestations : conférences, séminaires -, dans un environnement préservé.

     

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    Diaporama et photos : copyright Serge ULESKI

     

                     Pour prolonger, cliquez : Les petites mains du Christianisme

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  • Karl Marx expliqué par Francis Cousin

     

     

                  Karl Marx serait donc l’auteur du 19è siècle de la nécrologie du Capital du 21e siècle. Marx aurait tout dit à propos du Capitalisme, de ses origines à sa mort prochaine, toujours annoncée, toujours remise à plus tard car le capitalisme n’en finit pas, pour les uns, de crever, pour les autres, de se transformer ; dans ce dernier cas, on remarquera qu’il n’est pas question d’adaptation car le Capitalisme a eu rarement à s’adapter ne faisant que tout aussi rarement l’objet d’une remise en cause qui le menacerait jusque dans ses fondements à la fois culturels, matériels et psychiques…

    Non ! Le Capitalisme ne s’adapte pas ; il contourne les quelques obstacles qui se dressent de temps à autre devant lui pour mieux continuer de s’étendre et de conquérir de nouvelles parts de marché car le Capitalisme est son propre marché ; de plus, c’est un « leader né » : il conduit tout autant qu’il éconduit. On dira, un rien taquin, qu'il est depuis le Moyen-Age « l’auto-mouvement d’éternité du monde en le monde » pour reprendre une formulation de Francis Cousin à propos des communautés primitives.

                 Pour revenir à l’œuvre de Marx, à son travail titanesque, on oublie un peu trop rapidement qu’il se pourrait bien que Marx ait décrit la nécrologie du communisme en pensant écrire celle du Capitalisme qui n’a pas cessé de s’étendre et de triompher jusqu’au tout marchandise ! Et quand on pense au grand projet de ce Capitalisme qui n'aime rien tant que de se fixer de nouveaux défis, un projet pour les siècles à venir qui concerne encore et toujours l’être humain, avec pour cible non pas son psychisme (cette tâche est déjà accomplie : la relation humaine n'est maintenant concevable dans un cadre exclusivement marchand ou à des fins marchandes) mais bien plutôt son corps : le trans-humanisme pour ne pas le nommer ; l’homme augmenté ; et d’une pierre deux coups : l’humain rayé de la carte...

    On peut légitimement penser que ce Capitalisme-là saura admirablement gérer notre propre mort bien avant que nous tous soyons à même de précipiter la sienne.

     

               Francis Cousin est philo-analyste, et si cela peut en rassurer plus d'un, docteur en philosophie ; émetteur et transmetteur de l’œuvre de Karl Marx sous l’œil bienveillant (dans le désordre) de Rosa Luxembourg, Simone Weil, Protopkine, Guy Debord, Marx, Engels, Hegel et des pré-socratiques - Empédocle, Héraclite et Parménide -, de mauvaises langues seront très certainement très vite tentés de qualifier Francis Cousin de « groupie marxiste» puisqu’il semblerait que Marx ait toujours raison, qu’il a tout prévu et qu’après Marx, on ne peut que radoter ou bien, travailler à la périphérie…  ce qui peut en énerver plus d’un.

    Or le malheur veut que la vérité soit dans les détails, comme pour le diable : Marx n’avait pas prévu que Henry Ford fabriquerait des automobiles pour ses salariés aliénés ; en d’autres termes, Marx n’avait pas prévu l’embourgeoisement de la classe ouvrière ou du prolétariat : congés payés pour tous, vacances et loisirs pour le plus grand nombre… et puis enfin : la télé , et là, franchement, plus aucun espoir n’est permis.

    Force est de conclure qu'il n’y aura donc pas de dictature du prolétariat  - même avec le mouvement "Nuit debout" et une action syndicale tenace de la CGT ( je plaisante ! ) -, mais la bonne vieille dictature de l’argent et de ceux qui le servent.

    N'empêche que... Francis Cousin laboure son champ - marxiste de surcroît -, qui est aussi son pré-carré ; il n’en sort jamais tout en nous invitant à l'y rejoindre…

    Francis Cousin serait donc à l’origine d’un nouveau concept : le groupie philologue ?

    Allez savoir !

     

                    Ci-dessous, quelques reprises de l'exposé de Francis Cousin au cours de son intervention chez Meta-TV :

                   - L’anti-fascisme est le pire produit du fascisme et de la dictature de la marchandise tout comme l’antiracisme est le pire produit du racisme et de la domination du patronat...

                   - Prolétariat : condition de l’anti-humain ; classe d’hommes et de femmes qui n’ont aucun pouvoir sur leur condition d’existence...

                   - Classe capitaliste :  la liquidation de la bourgeoisie propriétaire des moyens de production issue de la révolution française date de 1914. Cette bourgeoisie a été supplantée par des oligarques, des fondés de pouvoir, salariés non propriétaires des moyens de production de la dictature marchande (industrie, services, commerce et médias)...

                    - Révolution bolchévique : Marx est l’anti-thèse radicale du bolchévisme. Marx prône la disparition de l’Etat et de la dictature de l’argent...

                    - Franc-maçonnerie : avant-garde du Capital...

                    - Satanisme : le satanisme, c’est le culte de la marchandise ; de l’impuissance à conduire sa vie, son existence, à pouvoir peser sur elle (réification de l’être humain, de l’être primordial), arrive alors le transfert sur la souffrance de l’autre...

                    - Terrorisme, ingénierie sociale… tout est immanent ; immanence du fétichisme aliénatoire de la marchandise et de son despotisme qui se répand sur le monde...

                    - Tradition primordiale chez Marx : l’essentiel et le début, le primordial est à la fois ce qui est important (qui arrive en premier) et ce qui est au début. La tradition primordiale, cette aspiration, cette invariante sacrale qui, depuis la dépossession de notre être, subsiste en chacun de nous, est la cause de notre insatisfaction avec le monde contemporain car avant la scission de l’homme avec l’homme et de l’homme avec la nature, durant des millénaires nous avons vécu en communauté organique, sans Etat, sans argent, sans exploitation...

                    - Le sacral n’est pas le sacré. Le sacral c’est l’être achevé ; le sacral est anti-religieux, c’est le sacré sans la religion. Le sacral c’est le tout du monde (voir les pré-socratiques : Héraclite, Parménide) ; un monde insécable. Alors que le sacré à côté du profane est le liquidateur judiciaire du sacral.

                    - Révolution néolithique : naissance du capitalisme ; stock agraire, surplus de production ; naissance de l’échange, du troc entre groupes externes puis internes ; d’où la destruction de la communauté avec l’échange.

                    - Proudhon versus Marx : Proudhon veut équilibrer la contradiction de la marchandise ; le bon côté de l’économie venant tempérer le mauvais ; une solution : le mutualisme, la coopérative pour amender les excès du capitalisme. Alors que pour Marx, le capitalisme et le fétichisme de la marchandise ne sont pas amendables ni améliorables car toute l’économie politique débouche sur la même exploitation.  On n’aménage pas, on le détruit. Pas d’économie nouvelle, pas de système bancaire nouveau : il faut supprimer la politique, l’échange et l’argent.

                    - La révolution agraire : transfert des campagnes vers les villes, cette révolution marque la naissance du règne de la marchandise en permettant la naissance d’un capitalisme industriel et moderne. 1789, acte militaire, est censé mettre la France à l’heure des pendules de la révolution industrielle anglo-saxonne.

                    - Marx et le Judaïsme : le Judaïsme est l’appendice de l’argent ; les textes religieux juifs codifient une alliance commerciale abrahamique.

                    - Une remise en cause que le Capital ne peut pas admettre, récupérer, dépasser ou recycler, c’est la remise en cause du « tout marchandise » ; remise en cause du consumérisme, du mercantilisme.

                    - Seule la colonisation permet au Capital de résoudre les crises : colonisation, captation des richesses, des territoires, des ressources pour affaiblir la concurrence ou mettre hors-jeu des régions entières : le Moyen-Orient depuis les années 90, Syrie en tête qui a le tort de résister à l’hégémonie des USA et de ses alliés.

                    Et Francis Cousin de nous rappeler à toutes fins utiles : "Depuis le 11 septembre - manipulations monétaires (économie financière sans lien avec la production) et manipulations terroristes (le capitalisme dans sa phase supérieure veut le chaos du monde pour mieux maîtriser des territoires stratégiques) sont indissociables. Le terrorisme est le cœur stratégique de la production de la terreur ; pour créer l’union nationale il faut le terrorisme : l’endormissement et le renoncement à une autre organisation de l’existence en remettant en cause le mondialisme.

    Dans ce contexte, Islam et le djihadiste accouchent de mouvements archaïques incapables de menacer la suprématie étasunienne sur un plan technologique et économique."

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  • ADN ? Vous avez dit "ADN" ?

     

     

    “Dites Monsieur ! Hé ! Vous m’entendez ?


    - Qu’est-ce que c’est ?


    - Je me présente : je suis généticien et je suis chargé de vous prendre en main.


    - Encore ! Mais ça n’en finira donc jamais ?


    - Du calme. Vous avez fait la connaissance de mon ami l’anthropologue ?
    - Oui, oui !


    - Il vous a tout expliqué ?


    - Justement, il m’a tout dit. Alors… peut-être qu’on pourrait…


    - Il vous a soûlé, c’est ça ? Faut dire qu’il se la raconte un peu, l’anthropologue. D’ailleurs, ils se la racontent tous.

     

    - Moi, j’ai rien dit. Je vous écoute comme je les ai écoutés. Mais… j’ai pas fait de commentaires. Notez-le ! J’ai rien dit. Je ne veux pas d’histoires !


    - Rassurez-vous ! Ca ne sortira pas d’ici. Et puis, faut bien se la raconter un peu si on veut y croire et progresser ! Mais, je vous rassure, nous, les généticiens, on ne se la raconte pas. On n’a pas le temps. On est forcés de passer à l’action tout de suite car, vous savez, les gènes, ça cavale vite, ces petites bêtes-là ! Alors, quand on en identifie un, faut lui mettre la main dessus illico presto sinon c’est trop tard. L’ADN, ça vous dit quelque chose ?


    - L’AD quoi ?


    - L’ ADN !


    - A cette heure-ci, je dois dire que je ne suis plus très sûr de rien. L’ADN ? C’est pas… des fois… une Association… une Association De Naturistes ?


    - Ah lala lala ! Quelle catastrophe ! C’est pas Dieu possible ! Une telle ignorance, ça ne s’invente pas !


    - On me parle de mille choses à la fois. On me dit que je suis un déviant et un pervers. L’anthropologue m’a parlé de masochisme et de Dieu sait quoi d’autres. Vous, vous me demandez mon avis sur l’ADN. Je suis désolé mais si vous me parlez d’ADN, eh bien moi, je pense tout de suite à une Association De Naturistes. C’est comme ça. Oui ! Une Association De Naturistes. Je vois des femmes, des hommes et des enfants nus et moi aussi qui suis nu avec eux et nous tous, nous formons un cercle et nous tournons… main dans la main, nous tournons en rond car nous dansons… tout nus. Voilà ! J’y peux rien. C’est comme ça. Et puis, j’en ai assez ! Vous les trouvez où toutes vos histoires ? Hein ? Vous les trouvez où ? Dites ! Jamais, vous vous reposez ? Je veux sortir d’ici ! J’en ai assez ! Je veux rentrer à la maison ! Je veux rentrer chez-moi.


    - Du calme ! C’est fini ! Là, allongez-vous ! Comme ça ! Voyez ! Ca va mieux maintenant, n’est-ce pas ? Alors, je peux continuer si ça ne vous dérange pas trop ?


    - Faites ce que vous voulez ! Je m’en…


    - Bon ! Sachez Monsieur que l’ADN n’est pas une Association De Naturistes mais l’ADN est la base de toute vie. Programme de toute existence, aussi misérable et inutile qu’elle puisse être cette existence pitoyable, eh bien, cette molécule appelée ADN, molécule d’une complexité et d’une richesse inouïes, nous permettra d’écrire la prochaine et la dernière page d’histoire de notre espèce. Ces trois lettres, ADN, on les répètera autant de fois qu’il le faudra et à l’infinie, jusqu’à ce qu’ils comprennent tous ce qu’on attend d’eux. Ce nouveau moyen d’investigation et de communication réduit à sa plus simple expression est la nouvelle et la dernière ligne de départ parce qu’il est la nouvelle et la dernière ligne d’arrivée. Il est le début et il est déjà… la fin. Cette molécule jusqu’à présent commandait toute chose et maintenant que nous sommes sur le point de lui donner des ordres, nous entendons bien l’utiliser afin d’assurer pour les siècles à venir la pérennité du bon fonctionnement de tous nos programmes de vie en société au sein d‘un système immunitaire sans faille. Tenez ! Pensez à…


    - Pensez ? Ah ! Non ! Je ne veux plus penser. Je veux dormir.


    - Ca viendra. Un peu de patience ! Je vous disais donc… vous êtes, mais ça vous ne le soupçonnez sans doute pas encore, vous êtes donc, vous et vos semblables, au centre d’enjeux considérables car le gène, pour ne prendre qu’un exemple parmi tant d’autres, est devenu une véritable matière première. Nous allons enfin pouvoir in vivo et ex vivo remplir le vide, combler les manques, réparer les derniers disfonctionnements en contrôlant tous les facteurs, tous les transferts, tous les échanges, toutes les mutations dans le but de modifier, dans un premier temps, le patrimoine génétique de notre espèce pour, dans un deuxième temps, outil implacable d’évaluation, calibrer ce patrimoine au milliardième près, le stabiliser, le formater afin que notre descendance à tous puisse reproduire un modèle génétique pour la demande qui en aura été faite. On peut donc parler d’une nouvelle organisation du vivant et d’un nouveau flux et d’un nouveau brassage dont on pourra à tout moment contrôler la qualité, la quantité et la cadence, loin de toute sélection naturelle et arbitraire, cause de tensions internes insurmontables. Finis donc les mutations et les mélanges génétiques aléatoires qui favorisaient jadis les chances d’une meilleure adaptation car, ce n’est plus la nature mais nos investisseurs qui décident des modalités de cette adaptation. Il nous faut donc des êtres sur mesure dans un milieu tiré à quatre épingles. Le délai qui nous sépare encore de la fabrication du vivant se réduit de jour en jour. Encore quelques manipulations et nous serons enfin capables de rationaliser et de maîtriser totalement la vie en passant de l’aide à la procréation à la fabrication et à la reproduction du même avec le même et vice versa et sans passer par la case départ ; celle de l’autre… cet autre potentiellement tout autre, étranger, perturbateur, pollueur, rebelle et chaotique ! Il ne doit plus y avoir d’autrement… autrement… autre ! Vous comprenez ? Cette rupture majeure altérera la nature humaine en brisant l‘indéterminabilité de ses modes de fonctionnement. A long terme, nous ne souhaitons plus soigner qui que ce soit. Les débouchées thérapeutiques de notre travail ne nous intéressent pas. Nous ne voulons plus de ce matériau génétiquement contaminé, vérolé et imparfait parce que… humain, trop humain. Nous entrons dans l’ère de la fabrication du vivant pour en contrôler tous les maillons et toutes les liaisons. Inutile de vous dire que la tâche est immense ! Tenez ! Buvez ça ! Ca vous remontera.


    - Je ne bois pas.


    - Vous avez tort ! Qu’est-ce que je disais ? Ah oui ! Vous nous servirez de matière première comme tous ceux qui vous ont précédé et tous ceux qui vous succéderont. Ceux qui financent nos recherches s’intéressent à vous aussi ; et comme vous le savez : ceux qui paient sont ceux qui décident : pas d‘argent… pas de science… pas de recherche… pas de solutions… et pas d‘espoir ! Nos partenaires financiers sont les seuls à décider et ils ont décidé pour vous et pour nous. Comme vous voyez, il n’y a rien de personnel là-dedans. Moi, je suis généticien et mon métier, c‘est la génétique. Je l’ai étudiée, alors je ne peux que l’exercer. C’est toute ma vie maintenant. Et de vie, on n’en a qu’une ! Alors, autant que ce soit la bonne.


    - C’est ça.


    - Mon outil à moi, c’est le microscope. L’échange quotidien avec cet instrument représente le sel de ma profession. On peut nouer des relations d’une richesse inouïe avec un microscope. Avec lui, on se plonge dans l’inconnu, dans l’aventure, dans l’incertitude et puis soudain, tout devient clair et lumineux ; même si, et le plus souvent, lui et moi, au cours de nos multiples échanges, on avance à l’aveuglette ; mais quand une réponse, une solution se dressent là sous nos yeux, alors, dans ces moments-là, mon microscope et moi, on jubile. C’est la fête ! Champagne pour tout le monde ! Oui, vraiment, dans ces moments-là, c’est l’extase. Bouche bée, l’œil écarquillé, pour un peu, on s’évanouirait. Vous savez, finalement, nous les scientifiques, on ne vit que pour ça : chercher, trouver et puis, chercher encore et encore et toujours. Et quand on trouve, on peut dire que l’on jouit. Oui, on jouit ! Alors, c’est un peu comme pour les femmes : on ne jouit pas souvent car, ces moments-là sont plutôt rares mais quand on trouve, mon microscope et moi, eh bien… on est comme ivres. Pour un peu, on en viendrait même à en perdre la raison car, la découverte, c’est le sperme de notre profession. Oui, Monsieur : le sperme ! Trouver c’est… jouir et jouir, c’est éjaculer ! Tenez, je vous fais une confidence : savez-vous que je tutoie mon microscope ? Oui, je le tutoie, Monsieur ! Je sais, c’est bête. Alors, vous comprenez maintenant ? Comme vous voyez, tout ça n’a rien de personnel. Il ne faut pas m’en vouloir. D‘ailleurs, on ne se connaît pas. Comment peut-on en vouloir à quelqu’un qu’on ne connaît pas ? Hein ? Quant à moi, je ne connais que vos antécédents médicaux et c‘est tout. Mais venez ! Levez-vous ! Dans un instant vous prendrez un train. Nous serons trois à vous accompagner : votre instructeur, mon collègue anthropologue et moi-même, votre serviteur dévoué.”

     


     

    Extrait du titre : "Des apôtres, des anges et des démons" - copyright Serge ULESKI

     

    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

     

     

     

    Un monde sans humains


               Derrière l'objectif de Philippe Borrel, des savants et des experts prônent l'avènement d'une société dans laquelle des hommes hybrides seraient connectés en réseau et se verraient remplacer par des cyborgs pour les tâches pénibles.

    Ce documentaire lève le voile sur un univers futuriste, plus réel et imminent qu'il n'y paraît.

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  • Prince Mychkine : le prophète de l'apocalypse de la condition humaine

     

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                          Dans les yeux des êtres dont il sonde l’existence au premier regard, il y verra un profond désespoir ; dans leurs éclats de rires extravagants, une souffrance infinie. Par lui, la honte vous monte aux joues ; la honte rouge du malheur qui hante chacune des vies qu’il rencontre.

    C’est lui, c'est Mychkine, personnage du roman "L'Idiot" de Fiodor Dostoïevski publié en 1868 ; Mychkine, prince de son état, enfant pour les uns ; «bêlement de mouton malade » pour les autres.

    Mychkine, c’est ce Prince qui se croyait sans héritage, dont on disait la famille ruinée, qui hérite de deux millions de roubles et qui fond en larmes.

    Intransigeant avec ceux qui mêlent Dieu à leurs calculs et qui ne respectent ni la misère ni la douleur des plus faibles et qui n’épargnent ni l’innocence ni la naïveté, Mychkine s’est mis en route avec toute la volonté du monde ; il est venu pointer de l’index la catastrophe qui les attend tous, sans rémission cette fois-ci car personne ne souhaitera racheter leurs péchés sinon par et dans le sang. Il est vrai qu'un octobre rouge, rouge sang, guette au loin et attend son heure.

     

                    « Pardonnez à ceux qui vous ont fait souffrir et vous serez délivrés du mal qu’ils vous ont fait » annonce-t-il.

    C’est la haine du pardon et de l’amour qu’il est venu combattre.

    Non coupables aux yeux de ce nouveau Christ épileptique (comme son auteur) d’un Dostoïevski en quête d’une raison de ne pas désespérer des temps présent et à venir, de lui, tous mériteront un mot de pitié même si… croyant un instant leur rendre la paix, il précipitera leur déchéance.

    Qui a dit que l’enfer était pavé de bonnes intentions ?

    Pour cette raison, nombreux sont ceux qui auraient préféré ne jamais le rencontrer. Mais lui n’a pas cédé. Il s’est obstiné, il s’est incrusté, et tous sont morts de ne pas pouvoir se délivrer d’eux-mêmes car, Mychkine, tout comme Dieu, c’est tout l’amour dont nous sommes incapables les uns envers les autres.

    En les sauvant, il les rendra malades d’un trop plein de lucidité ; et tous devront « faire » leur maladie jusqu’au bout, ne serait-ce que pour connaître leurs chances de guérison. Trop tard hélas ! En les révélant à eux-mêmes, il les condamnera à un désespoir sans limites car, bien qu’habité d’une ambition immense, fruit d'un orgueil démesuré, Mychkine est sans solution ; faut dire que ce prophète sans disciple les aura tous placés entre le meilleur et le pire,  les guidant vers une impasse, un cul de sac, ignorant qu’ils ne pourraient jamais choisir car l’être humain doit apprendre à vivre avec ce meilleur et  avec ce pire, incurable qu’il est.

    Dostoïevski ne le savait pas encore comme nous le savons aujourd’hui.

     

                   Qu’est-ce qu’aimer ? Qu’est-ce que donner ? L’amour vient-il en aimant ? Et puis : comment aimer l’autre si nous ne cédons sur rien ?

    Questionnement contemporain à l’heure où hommes et femmes se regardent en chiens de faïence et dorment en chiens de fusil.

                   Chercher un souffle, les uns dans la vie, les autres dans la mort ! Ce prince Mychkine qui ne faisait pas grand cas de son titre, était leur frère, il était le fils de leurs pères et de leurs mères à toutes et à tous.

    Chez Dostoïevski, l’idiot c’est l’adulte-enfant qui raisonne mal mais qui sent juste ; c’est aussi le seul être au monde qui ne sache pas mentir.

    Un couteau dissimulé dans une bible qui a pour propriétaire le dernier des hommes ; bible qu’il vendra pour boire, boire encore et encore, ayant déjà tout vendu, tout perdu et tout bu - l’acheteur lui en donnera 100 roubles ; une fortune pour ce soiffard ! -, chez Dostoïevski, l’idiot c’est celui qui ne sait pas et ne peut pas tricher ; c’est aussi celui qui vit plus malheureux du malheur des autres que les autres de leur propre malheur ; plus malheureux donc que le plus malheureux des êtres humains alors que cet être ne lui avait rien demandé, et que dans son malheur, il pouvait y trouver son salut.

    Parce que… chacun de ses éclats de rire termine sa course en larmes dans une grimace hideuse, sans doute le Prince Mychkine, ce Tirésias perdu dans un siècle trop petit pour lui face à des êtres au ras de l'existence qui n'aura rencontré ni son Oedipe ni son Créon,  sans doute Mychkine a-t-il vu dans le malheur de ses contemporains son propre malheur ? Celui de son inadaptation au monde ; un monde sans âge d’or passé, présent et à venir ; un monde sans espoir pour quiconque se trouve dans l’impossibilité de vivre sans une de ses lueurs ; celle d’un Dieu maître des étoiles… filantes pour l’occasion car, si Dostoïevski était bien un homme de son temps, s'il savait que Dieu est mort tout en reconnaissant la menace que cette disparition fait peser sur notre humanité, néanmoins, il n'avait toujours pas compris que l'on n'avait jamais pu compter sur lui non plus. Tous l'auront noté : plus ça barde, plus ce Dieu introuvable regarde ailleurs.

     

                     Nastassia sera son unique tentation ; une Marie Madeleine russe auprès d’un Christ orthodoxe : « Je lui donnerai ma vie pour lui rendre la paix de l’âme » confessera-t-il.

    « Sauvez-moi ! Je veux être sauvée ! Epousez-moi ! Je veux un mariage en blanc ! » suppliera-t-elle à genoux.

    Et sous le soleil de Satan, c’est ce même couteau cachée dans cette bible d’ivrogne, bible que plus personne ne lit et alors que l'auteur semble le regretter, c'est ce couteau qui scellera plus tard le destin de cette Nastassia ; celle d’une vie très tôt abusée, gâchée et irrécouvrable.

    Nastassia puis Aglaé… Aglaé et Nastassia… en les épousant, c’est toutes les femmes qu’il épouse ; la femme humiliée au sortir de l'adolescence et la femme adulte mais contrainte ; en mari éternel, il les épousera toutes fraternellement sans en épouser aucune faute de pouvoir choisir car, choisir c’est exclure, exclure c’est trahir…et tout chez cet être l’interdit. L’amour marital aurait pourtant fait de lui un homme entier, une fois descendu de sa croix, refusant alors une charge aussi inhumaine qu'irraisonnée - on retrouve là l'enfant : sauver l’humanité qui ne sait pas qu’il est impératif qu’elle le soit, tout en ignorant qu’il est encore possible pour elle de sortir du néant.

     

                     L'idiot, Prince Michkine, Dostoïevski... littérature et cri d'alarme, mais alors, pourquoi aime-t-on croire autant aux histoires invraisemblables ? Mais parce que ces histoires et les personnages qui les hantent, nous apportent l’illusion qu’un autre monde est possible ; par conséquent, qu'une autre vie aussi pour chacun d’entre nous ! Et c’est alors que la magie opère :  l’espoir renaît le temps qu’il nous est donné de les entendre ou de les lire toutes ces histoires invraisemblables et si nécessaires !

    Insatiables, nous sommes !

    Tenez, la politique, le temps d’une élection, relève de ces histoires-là un peu aussi, tout comme la révolution bolchévique à venir, après la nôtre de 89, dans le contexte d'un roman écrit un demi-siècle avant la grande illusion des possédés d'octobre 17.

    Là encore, on a fini par apprendre que ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre ; mais... comment alors ?

                  Une dernière prière de Dostoïevski sur l’autel de la condition humaine, face aux icônes d’une religion déjà impuissante, avec un « pourquoi » qui a pour écho un  « Mon Dieu, faites que… » :

                  « Pourquoi les êtres sont si pauvres ? Pourquoi ne chantent-ils pas de joie ? Pourquoi ne s’embrassent-ils pas ? Pourquoi leurs visages à tous sont si sombres ? »...

    Et c’est le Christ de Dostoïevski, un Christ d'une humanité sans Dieu, qui retourne à son désespoir, péché d'orgueil - encore l'orgueil ! -, péché pourtant mortel ; un désespoir, le sien propre, à la fois immense et minuscule face au monde, avec lequel il lui faudra continuer de désespérer et de vivre tel un fantôme maintenant silencieux, sans bruit de chaînes, un fantôme le plus seul au monde car, la boucle bouclée, pour le prince Mychkine, ce sera l’éternel retour du même avec le même, comme une maladie chronique que seule la mort est capable de guérir.

                    Le malheur de ce prince, c'est de n'avoir pas été plus capable de se sauver que de sauver les autres tout en n'ayant pas compris ce que, vingt ans plus tôt, Bartleby a hurlé à la face du monde, tout en se taisant : "Plus on parle, plus on ment, plus on se salit et les autres avec nous !"

                   Herman Melville avait quelques longueurs d'avance sur Dostoïevski. Faut croire.

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  • Szczecin entre Allemagne et Pologne : une histoire d'architecture

     

     

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                       Située à quelques kilomètres de la frontière allemande, à une heure de la mer Baltique, Szczecin (Stettin en allemand, Sztetëno en cachoube, anciennement Stetin en français) est la 7e plus grande ville de Pologne , le chef-lieu de la Voïvodie de Poméranie occidentale ainsi que la 3e plus grande ville portuaire de ce pays.

    La ville se situe dans l'extrême nord-ouest de la Pologne sur deux rives de la rivière Oder tout près de son entrée dans la lagune de Szczecin à Trzebież près de Police. L'archipel qui se trouve entre deux bancs de l'Oder est une zone industrielle et portuaire.

     

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                   Stettin était la capitale du Duché de Poméranie. Dès le premier quart du XVIIIe siècle, la ville a été connu en France sous le nom allemand Stettin, et faisait alors partie de la Poméranie prussienne.

                  Szczecin a une histoire parmi les plus colorées d'Europe. Par le passé, cette ville a appartenu aux Polonais, aux Prussiens, aux Danois, aux Suédois et aux Allemands. Elle était allemande jusqu'en 1945 (province de Poméranie de l'État libre de Prusse). Elle est polonaise depuis les accords de Potsdam (1945).

     

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  • Jeux olympiques de Rio : 2 minutes d'arrêt

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    28 sports et 42 disciplines

    306 épreuves...

    Des milliers de médailles remises dont 812 "en or" (6 gr d’or dans une médaille : eh oui, faut pas rêver non plus !) ; des milliers d’athlètes pour les porter au tour du cou ; et puis d’autres qui n’auront gratifié un public télévisuel qui se compte en milliards que d’une éphémère prestation-apparition…

    Et à ce sujet, en cas d’élimination précoce, comment un participant s’arrange-t-il avec l’échec ?  Car, si l’important c’est de participer, et même si aucun n’ignore les enjeux financiers autour de leur victoire ou de leur défaite, il faut tout de même y avoir laissé quelques gouttes de sueur à ces Jeux car, sacrebleu ! on n’est pas là pour faire de la figuration non plus !

     

                   Qu'à cela ne tienne... ces Jeux de Rio touchant à leur fin, le moment est peut-être venu de partager quelques réflexions et autres remarques à propos de ce qui nous a été et de ce qui nous est donné à voir et à entendre ; et deux minutes suffiront :

                   A tout seigneur, tout honneur, même si de basse extraction… le beach- volley n’aura pas manqué de retenir notre attention trente secondes, montre en main -  le temps de s'en moquer. Et puis… faut-il vraiment commenter ce divertissement de plage élevé tant bien que mal, plus mal que bien d'ailleurs, au rang de « sport » olympique de surcroît ?

                   Changeons donc vite de registre : avec le basket, c’est un panier toutes les 5 secondes qui nous est donné à voir et à revoir - un pour toi, un pour moi -, et puis, parce qu’il faut que ça s’arrête un jour... pour cette raison, difficile de ne pas trouver ce va-et-vient d’un camp à un autre, d’un cerceau métallique à l’autre, d’une prévisibilité rédhibitoire au possible, d’un réel ennui ; un ennui peu commun ; rare donc, très rare cet ennui qui vous submerge au bout d'une dizaine de minutes et qui vous laisse sans secours, sinon un seul : voir ailleurs.

                   Et c'est alors que l'on se tourne vers le judo, déjà un peu émoussé : kimono et tatami… tirage de maillot cinq minutes durant. Catch ? Lutte ? très vite, très tôt, on ne sait plus ce que l’on est censé regarder, ce à quoi l’on est censé assister tant les deux protagonistes n’ont de cesse de se tirer par le revers de leur kimono comme d’autres par la barbichette :

    « Ben alors, tu veux faire du Judo ou pas ? On est là pour ça quand même !

    • M’enfous ! Tu m’auras pas ! 
    • Déconne pas. On nous regarde. Allez, laisse-toi faire, merde !
    • Toi d’abord !
    • Moi ?
    • Oui, toi !
    • Pourquoi moi ?
    • Parce que...»

    On ne louera jamais assez la présence d'un juge-arbitre pour mettre fin à ce face à face imbécile de chiffonniers où l’on finit débraillés et en sueur : une sueur pour rien ou pour si peu car, quitte à transpirer, rien ne remplace un footing le matin au lever du soleil à l'air libre.

                     Etouffant, suffocant même, en désespoir de cause, on se décide à prendre le large et le vent mais sans la tempête … en se tournant vers la mer, sous la protection du Christ géant et rédempteur de la baie de Rio : la Planche à voile ; et là, c'est la douche froide.

    Mal à l’aise sur leur planche, et plus encore lorsqu’il est question de manœuvrer et pas simplement de se laisser porter et conduire par le vent, -  quiconque serait plus à l’aise sur une bicyclette ou tout simplement à ne rien à faire -, une question nous vient très vite à l'esprit et sans mauvais esprit : qui un jour a bien pu décider qu’il était d’une importance extrême d’être capable de se tenir sur une planche montée d’une voile ?

    La planche à voile ? Un sport qui se pratique à coup de reins, semble-t-il ; coups de reins répétés, tellement la planche est réticente à accomplir ce à quoi on la destine ; on la maltraite pour qu’elle avance… et quand ce sport décidément très convulsif est pratiqué par des femmes, ces coups reins experts et déterminés laissent un homme songeur, très songeur : "Peut-être que dans d'autres circonstances..."

    Mais laissons là cette digression que d’aucuns qualifieront de tendancieuse et les cons de « machistes » (1)

     

                       Patins à roulettes, beach-volley, des lanceurs de javelot et de poids aux lanceurs d’alertes absents... soulever, jeter, aller et venir, à pied, à bicyclette, à la rame, courir encore et encore, seul, à deux, à huit avec ou sans témoin (en catimini ?) à passer et à repasser à temps, avant tous les autres de préférence - soit dit en passant, sur 400m, avoir recours à trois relayeurs pour couvrir cette distance, c’est à se demander s’il ne serait pas plus raisonnable pour les participants de rester chez eux, tranquillement assis ou bien à contempler les étoiles, filantes de surcroît -, il ne manquait donc plus que le roller et le squash ! Mais quand arrive le Badminton, après le golf, là, vraiment, la coupe est pleine ; on ne peut plus alors prétendre ignorer ceci : dans ces Jeux dits olympiques - les dieux de l’Olympe doivent franchement faire la gueule ! -, de Rio ou d’ailleurs, ce qui est à l’honneur, nul doute, ce n’est certes pas le sport - pour peu qu’il puisse en être question dans ce contexte et ces conditions -, mais bien plutôt la couverture médiatique de l'événement : l’audience télévisuelle ; pour cette raison, tous doivent pouvoir y trouver leur compte ! Les insatiables du foot et du basket sur canapé et ceux qui n'ont que le badminton l’été sur les plages pour se dépenser, faute de moyens (un jeu de 2 raquettes et un volant pour 10 euros - made in china svp !).

    Le plus insupportable dans le cadre de ces Jeux de Rio, car on n'aura pas pu ne pas remarquer, c'est le sérieux avec lequel des « athlètes » qui, il faut ici le dire, font injure à ce terme à chaque coup de raquette, fournissent leur prestation olympique ; des athlètes que personne ne pourra raisonnablement désirer fréquenter, moins encore, serrer les mains ou pire, leur adresser la parole car, quand on met autant d’application et de sérieux, le visage fermé et tendu, comme s’il pouvait bien être là maintenant question de vie ou de mort,  à pratiquer ce qui n’est même pas un divertissement, on appelle inévitablement le jugement suivant ; un jugement sans équivoque et sans nuances : la vacuité humaine n’a pas de limite ; pour cette raison, la remise d’une médaille quelle qu’elle soit, d’or, d’argent, de bronze ou même en chocolat, à ceux qui pratiquent cette activité, ne peut être considérée que comme un outrage.

    Aussi, on devrait pouvoir intenter un procès à ceux qui ont l’incommensurable prétention et bêtise (on ne sait plus comment les nommer !) de juger digne de figurer au palmarès des Jeux olympiques cet amusement pour cul-de-basse-fosse, jadis destiné à des jeunes filles qui n’avaient qu’un droit, se marier, faire des enfants et se taire ; sans oublier ceux qui le pratiquent dans le cadre de cette compétition ainsi que ceux qui les regardent.

     

                   Beach-volley, planche à voile, badminton... qu'est-ce à dire ?

                   Quid de l’athlétisme, demanderez-vous ?

                   Ah ! L’athlétisme, le vrai, le seul, proprement dit ou salement évoqué ! A propos d’un 110 m avec ou sans haies, qu’il soit couru en un trentième de seconde de moins que les années précédentes, excepté celui ou celle qui a « travaillé » des heures, des jours, des mois durant à cette performance toute relative, cela peut bien intéresser qui, franchement, ?

    Le téléspectateur vautré dans son canapé, ventripotent, un pack de bière à ses pieds, rotant plus souvent qu’à son tour ?

     

                    Avec la retransmission du badminton, c’est dans un tonitruant éclat de rire que l’on plongera dans l’obscurité la retransmission de ces Jeux au service d'un comité non pas sportif mais de sponsors et d’annonceurs publicitaires racketteurs rackettés par plus voraces et plus corrompus qu'eux : cet autre comité avec ses exigences financières exorbitantes.

    Quant à cette fièvre nationaliste que ces jeux sont capables de réveiller, dans le top 5 du classement des médailles, on retrouve les puissances économiques et militaires dominantes, les deux ou trois plus grands emmerdeurs de la planète ( c'est un euphémisme) et leurs larbins docteurs es chaos ; rien de surprenant à cela : la guerre c’est du sport et le sport c’est la guerre pour ceux pour lesquels la défaite n’est pas une option ; tous donc se retrouvent au cours de ces jeux : arrogants et dominateurs ; qu’il soit permis ici de rappeler que les Peuples ne se souviennent que d’une chose : des bombes qu’ils se sont prises sur la gueule mais jamais, au grand jamais, d’une médaille d’or gagnée par un athlète… en attendant qu’elle lui soit retirée pour dopage quelques années plus tard, car à vaincre sans péril, sinon pour sa santé, on triomphe sans gloire dans la guerre comme dans le sport.

    Et à ce propos, que deviennent nos médaillés, une fois la trentaine passée ? Dépression, prise de poids, cancer précoce, suicide... autant de sujets tabous.

     

                    Mais alors.. tenez : rendez-nous les Jeux du cirque ! Gladiateurs et lutteurs ! Dans l’arène, au centre, là où la poussière recouvre tout, et face aux lions, on y trouvera les membres du CIO (Comité International Olympique) aux voix et à la charte sonnantes et trébuchantes - jeux de quilles et pots de vin ; du meilleur cru, nous affirme-t-on ! Et l'on aura aucun mal à remplir la fosse puisque chaque jour la presse nous révèle qu’ils sont légion… (romaine !). Inutile de préciser qu’à chaque demande de grâce, c’est bel et bien une fin de non-recevoir qui viendra ponctuer un recours qui n’a pas lieu d’être exercé, pouce bien bas, le plus bas possible jusque dans les profondeurs de notre dépit amusé dans l'obligation que nous sommes de devoir rire de tout avant de nous en moquer allègrement.

     

     

    1 - N'empêche, si demain je dois absolument faire la connaissance d'une sportive - imaginez que cela devienne obligatoire ! -, il faudra impérativement qu'il soit question de planche à voile. C'est décidé.

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  • Dieudonné... tout simplement

     

     

               Dans la série... donnons la parole à ceux qui sont à la fois injustement calomniés et ignorés des grands médias.

     

     

                Le cancer : un des sketches les plus récents d'un Dieudonné au sommet de son Art. Chez les humoristes, de loin... de très loin, le meilleur... sinon le seul, loin devant.

     

     Il y a deux choses que ceux qui ont banni Dieudonné n'ont pas pu lui prendre : c'est son Art et son public, toujours aussi nombreux.

     

     

    ***

     

     

    Faurisson, le Pen, lui objectera-t-on ?!

     

    Et Dieudonné de répondre...

     

    La transgression !

     

    Transgression réservée à quelques happy few ! La transgression, l'absolu privilège de l'artiste qui a fait la preuve de son talent et de son courage. Oui ! La transgression... boomerang ! La transgression non pas comme fin en soi mais comme moyen : dénoncer une autre transgression qui a pour objet un mensonge qui dit toujours la vérité sur le fumier d'une bonne conscience d'un mépris sans limite pour le faible, le désarmé, l'inarticulé, le vaincu qui ne vivra point ce qui ne lui sera pas accordé et donné de vivre, et qu'il ne prendra pas non plus car il ne mérite rien.

     

                     Pour prolonger... cliquez  Dieudonné sur son métier  : "Je n'ai pas peur, ce qui fait que je suis bien plus drôle que les autres qui ont peur ! Et même si la télé et la radio pour moi c'est fini, et que je n'y serai jamais plus autorisé... qu'ils sachent que je les emmerde tous, profondément - Autre privilège de l'artiste indépendant.

     

     

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  • Jean-Marc le Bihan : chanteur et slameur de rue

     

     

                   Né en 1953, Jean-Marc Le Bihan est chanteur de rue à Lyon, Avignon, Bourges, et en Belgique. Il vit de son métier depuis 20 ans.

     

    JM Le bihan.jpg

     

     

     

               Chanteur-slameur, Jean-Marc le Bihan chante les vieux qui s'aiment, la terre massacrée et les conditions d'existence injustes et cruelles d'une grande partie de l'humanité. 

     

     

     

     

    Jean-Marc Le Bihan, le 24 août 2013 à Aurillac sur le thème de la violence sociale.

     

     

     

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    Pour prolonger, cliquez : Jean-Marc le Bihan

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