Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

  • Progrès et innovation

     

    "J'aimerais tant avoir la science infuse...

                                     enfin, entre deux tasses de thé".

     

    ________________



    « Les opinions vous savez, ça va, ça vient. Du reste je ne suis pas contre l’opinion aussi saugrenue soit-elle qui consiste à penser qu’il est important d’avoir des opinions sur tous les sujets sur lesquels il est notoirement recommandé d’en avoir...  et même si la majeur partie d’entre nous a des opinions sur un nombre restreint de sujets, il faut bien avouer qu’ici bas, seuls les sujets qui nous touchent sont des sujets sur lesquels nous ne pouvons éviter d’avoir une opinion, tout en gardant à l'esprit le fait qu’une opinion est une bonne opinion si celle-ci se rapporte à un sujet qui nous terrasse avant de nous anéantir si par malheur nous ne formulons pas, dans la seconde qui précède cette menace d’anéantissement, une opinion tranchée et réflexive, une opinion que personne n’osera contester car la contestation efficace d’une opinion est une contestation qui anéantit l’opinion de l’autre sur un sujet qui le mine et le tue à petit feu, comme dans une séance d'auto-flagellation, ou bien de plein fouet au volant d’une voiture qui vous percute, elle, de biais pour faire diversion et créer un effet de surprise qui ne vous laissera pas le temps de formuler une opinion sur le choc mortel que vous venez de subir.

    Écoutez ! L’important c’est d’être encore capable de dormir la nuit avec ou sans opinion car, si vous perdez cette faculté, c’est fini. Il n’y a plus de repos compensateur... il n’y a plus d’espoir : l’espoir d’avoir la paix quelques heures par jour. D’ailleurs, au train où vont les choses... on parle de nostalgie, et certains la dénoncent, mais je vais vous dire une chose : la nostalgie ne finit-elle pas là où commence le grave déséquilibre psychologique de l'espèce humaine occasionné par cet environnement qui fait que l’être humain se sent de plus en plus, jour après jour, étranger à ce qu’il est... indubitablement ? Oui, étranger ! Comme... absent de lui-même parce qu’il n'adhérera jamais à cet environnement. La science et toutes les psychothérapies avec leur cohorte de psys défroqués n'y changeront rien : ce dénominateur commun, le plus petit dénominateur commun qui unit notre espèce, non pas dans sa géographie contemporaine mais dans sa nature et son histoire, eh bien, c'est ce plus petit dénominateur universellement commun-là qui fait que nous sommes tous capables de donner un sens à cet environnement qui nous rappelle, quotidiennement d’où nous venons et où nous allons. Et j’entends par environnement, tout ce qui conditionne notre manière de penser et d’agir. Alors, dites-vous bien une chose : ce n'est pas de nostalgie qu'il s'agit mais de manque ; ce sont bien des pans entiers de notre humanité qui vivent dans le manque et qui souffrent. Vous comprenez ?


    Mais… diable ! Qu'est-ce qu'on nous a fait perdre et qu’est-ce qu’on a perdu au cours des siècles qui se sont écoulés ? Qu'est-ce qu'on a perdu et qu'on n'aurait jamais dû perdre et qui nous sera fatal pour notre malheur à tous ? On a sûrement gagné quelque chose en chemin mais en gagnant, on a aussi perdu.

    Alors, je vous le dis tout net : on ne peut plus balayer d'un revers de main tous ces gémissements et toutes ces plaintes. Quelque chose de précieux et de vital a sûrement été perdu. Mais comment savoir ? Comment identifier ce qui a été perdu et qu'on ne retrouvera plus et qu'on n'aurait jamais dû perdre ? Ou bien alors, comment être sûr que ce qui a été abandonné ne fragilise pas nos chances de laisser derrière nous et à ceux qui nous survivront, un monde encore et, un tant soit peu, humainement humain ? Et c'est pas fini ! Si on continue à nous dépouiller, on finira plumés, sans un rond, à sec, à poil, sans droits, sans valeurs et sans un être humain à l'horizon. On sera des milliards mais on ne comptera pas un seul être humain parmi nous. Alors... bien sûr, il y a la science, cette satanée science ! Cette science qui hurle son arrogance dans un monde scientifiquement appréhendé et pris en otage. Mais cette science, dont les découvertes aujourd'hui n'en finissent pas de nous faire bâiller, est-elle seulement capable d'identifier ce quelque chose qu'on a perdu et qui nous fragilise et nous condamne tous davantage chaque jour, nous tous, collectivement ? Plus nous innovons, plus nous gagnons de la vitesse, certes ! Mais... plus nous innovons, plus les chances de progrès semblent s'éloigner de nous car, le progrès, ce n'est pas l'innovation, le progrès, c'est tout ce qui renforce la justice ; et la justice, c'est ce qui nous protège du pire et nous éloigne de la barbarie, de l'arbitraire et du ressentiment dévastateur de ceux qui se sentent dépossédés ou bien, relégués et qui ne manqueront pas de nous le faire savoir avant de nous le faire payer. »

     

     
    Extrait du titre  : "Paroles d'hommes" - chapitre 5 - copyright Serge ULESKI.

     

    Pour prolonger, cliquez Serge ULESKI en littérature

     

    _________________________

     

     



    Françoise Bonardel sur la crise de l'identité 

     

                  Nietzsche, Simone Weil et l'enracinement, Thomas Mann, Bernanos, Julien Benda  :

     

    " ... on mentionnera un exil intérieur pour nombre d'Européens en perte de repères, vacillant entre une identité nationale frappée de suspicion et une identité supranationale qui n'est qu’un cache misère abstrait puisque c'est sous la bannière de la société marchande que s'étend à l'échelle planétaire un déracinement humain généralisé ."

     


    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • FIAC 2016 : comment en finir avec l'art contemporain ?

     

                         

    FIAC GRAND PALAIS & HORS LES MURS

     

    20-23 OCTOBRE 2016

     

     

                     Combien de temps encore devra-t-on supporter cet art sans Art, cet art contemporain fossoyeur de l'Art moderne ?

                 

     

    ***

     

    art contemporain,art moderne,plasticiens,ac,picasso,dali

    FIAC 2016

     

     

    " Quand j'entends le mot Culture*, je sors mon révolver ! "

                        Baldur von Shirach, chef des Jeunesses hitlériennes

     

     

    * dans toutes les acceptions du mot : art, histoire, philosophie...

     

     

    Billet rédigé en octobre 2011

     

     

                         Que peut-on raisonnablement attendre d’une société dont les élites culturelles ont fait le choix de troquer, entre autres sculpteurs… Rodin, Lambeaux et Meunier, contre des patrons de casses-autos-compresseurs (César ; Arman) ; et ce sans demander l’avis à qui que ce soit ?

     

     

     

     ____________________

     

     

               Comment ignorer aujourd'hui le fait que nombre de professionnels de l'Art contemporain - directeurs de musée et/ou de centres d'Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d'expositions, critiques d'art, les DRAC et les journalistes ont lamentablement échoué dans leur mission…

    Car, à défaut d'être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d'être les relais serviles d'agences de relations publiques, de créations d'événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l'Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d'entretenir et de promouvoir l'image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles, égoïstiques... abusivement appelés : artistes...

    On pourra aussi et sans risques, les accuser d'être jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l'abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l'Art contemporain (qui vraiment, n'en avait pas besoin !!!), avec de soi-disant artistes cotés à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l'Art avec l'industrie du divertissement... et du luxe, en l'occurrence.

    On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu'ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque - époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l'on croit avoir compris d'elle, qui n'est, le plus souvent, que ce qu'on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l'on est capable de saisir d'elle...

    Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l'esprit qu'il se pourrait bien qu'ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées - sinon dissuadées -, face à l'incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d'être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s'évanouit à jamais.

    Alors...

    Pour tout ce gâchis humain et artistique... réclamons une minute de silence...

    Sinon, l'éternité.

     

               Confrontés à toutes ces figures d’une scène prétendument artistique, créateurs aux installations dont les concepts feraient hurler de rire un cheval, énergumènes bavards comme il n'est pas permis, et alors que l'Art est l'incarnation même d'une pensée tacite...

    A quand donc une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte et du crachat face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres, foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui, à son tour, embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et/ou jean-foutres...

    Mille événements - en veux-tu, en voilà ! - proposés par des commissaires, dans le meilleur des cas, carriéristes, et dans le pire, tragiquement incultes, bardés de diplômes d’universités-dépotoirs et d‘Écoles nationales dans l'impossibilité de refuser quiconque se présente avec en poche un sésame qui a pour nom : Bac

                   Disons les choses...

                   Toute cette production tapageuse mais vaine, c'est Warhol (1) qui a triomphé de Picasso, César de Rodin - un Rodin qui pourtant avait pris soin d’ouvrir en grand toutes les portes qu’un César s’est empressé de refermer sur un univers concentrationnaire...

    Tout ce ramdam, c’est aussi - dans une longue liste qui n’épargne aucun art ni aucune discipline -, John Cage qui a triomphé de Pierre Boulez, un BHL de tout philosphe digne de ce nom...

    Et pour finir - un malheur n‘arrivant jamais seul -, c’est aussi Mitterrand et le PS qui ont triomphé de Jaurès...

    Le chanteur Renaud de Léo Ferré...

    Le Rock du Blues...

    Laurent Joffrin et Jean-Pierre Elkabbach du métier de journaliste.

     

    ***

     

               Quand cessera-t-on de penser que l'Art est mort avec la Seconde guerre mondiale et ses 60 millions de victimes mais pas le "Pop art" animé par des artistes-commerçants ?

     

    Un art intransmissible parce que...sans métier cette production auquelle il nous est demandé d'adhérer ou bien, de nous taire et de disparaître. Car enfin... allez transmettre des peluches, des homards, des pouces et des concepts qui feraient hurler de rire n'importe quel étudiant en 1ère année de philosophie, et même nos penseurs les plus pusillanimes et les plus indulgents !

                Mais… voici que des voix se font entendre ; elles nous demandent de ne pas nous inquiéter car, personne ne nous demandera des comptes puisque ce qu’on ne vous a pas transmis ne peut en aucun cas vous manquer, à savoir : un art d’aujourd’hui... pour demain ; un art qui renvoie aussi à hier, comme pour nous rappeler d’où l’on vient et sans qu'il ait été nécessaire d'y être allé ni d‘en revenir.

     

    Signe des temps ou maladie d'une époque : on ne compte plus les artistes dont… ce qu’on appelle l’œuvre restera sans héritier ; rien de surprenant en la matière puisqu’il s’agit le plus souvent d’une oeuvre sans héritage.

     

    Certes ! Tel ou tel artiste aura été le premier à y penser (?!) et sans aucun doute le dernier, même si après coup, on sera bien en peine de déterminer sur un plan artistique et historique ce à quoi l’artiste en question aura pensé et ce qu’il nous aura légué.  

     

    Quant aux discours autour de tout ce tapage ... ils nous rappellent que l’on peut créer du discours autour de tout et de n'importe quoi ; il suffit pour cela d'être un bon discoureur ; ce que sont nombre d’intervenants dans le milieu de l’art, manifestement : discourir ou travailler, il faut choisir ! Ils ont choisi et avec eux tous les intervenants de la scène "artistique" contemporaine : Etat, ministère, collectivités, fonctionnaires, médias et critiques.

     

                     Querelle des Anciens contre les Modernes ? Grande bataille des idées neuves contres des idées anciennes ?

    Encore faut-il qu’il en soit question.

    Mais alors, cet art sans idée, sans art ni artiste sert quel Art ?

    Il n’y a pas si longtemps encore, l’Art nourrissait spirituellement et intellectuellement l’homme ; alors que depuis les années soixante et le pop art, (pour ne pas le nommer) l’art (du moins, celui qui nous est proposé) a non seulement perdu sa majuscule, mais il semble n’avoir qu’un souci : affaiblir l’homme jusqu’à l’avachissement.

    Avec Marcel Duchamp, on avait l’audace, le courage, une radicalité assumée et salutaire ; le flair du prophète, mais aussi : l’hilarité et le scandale, le tout encadré par une technique , un savoir-faire et un métier.

    Aujourd’hui sans vision, la production de ces poseurs que l’on nous impose, ne dépasse guère le plus souvent le cadre des toilettes et/ou celui d’une chambre à coucher aux murs tapissés de jeunes filles en fleurs ; le nombril aussi, et plus bas encore mais... jamais plus haut.

    Faut-il leur rappeler à tous que jamais les artistes n'ont été égocentriques mais... absorbés, préoccupés, habités, obsédés par leur Art, précisément ce qu'ils portent en eux qui est... comme un fait exprès, ce qu'ils se proposent d'offrir au monde et de partager avec lui.

     

    Distinguo important.

     

    A la trappe l’Universel ! Fini l’Art qui permet de sortir de soi mentalement ou géographiquement.

    Non ! Aucune vision digne de ce nom : celle d’un monde pour demain ; artistes visionnaires, novateurs et précurseurs.

    Pire encore, on cherchera en vain un savoir-faire pour défendre quelle que valeur esthétique que ce soit : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus...

    Car, cette exigence-là nous restitue ce qu'il ne faut jamais abandonner : le goût de l’effort et le toucher immédiat de l‘esprit qu‘est le talent lorsqu'il s'appuie sur une ascèse indéfectible et un Art de force, de témérité et de victoire.

    ___________________________

     

    1 - Il faut le dire et le redire : le pop-art, c’est de la pop music ; musique pop qui n’a bien évidemment rien à voir avec Bach, Beethoven, Wagner, Debussy, Stravinsky et Boulez... ni avec Michel-Ange, Picasso ou Dali pour le dessin, la peinture et la sculpture.

    Le Pop-art c’est un film avec Julia Roberts et Richard Gere ; rien d'équivalent à Fellini ou à Tarkovski. Le pop-art c’est un roman de Levy de Musso ou de Beigbeder et sûrement pas une oeuvre de Proust, de Céline ou de Kundera.

    Qu'à cela ne tienne ! On nous présente les acteurs-animateurs de cet art contemporain, Pop-art en tête, qui occupe 80% de la couverture médiatique de l’actualité de l’art tout court, comme s’il s’agissait de Boulez, de Tarkovski ou de Kundera… sous prétexte que des journaleux sortis ou non d’écoles dites d’Art où plus rien n’est enseigné, n'ont tout simplement pas idée ; et puis aussi et surtout, parce que le fric est dans le pop-art comme le fric est dans la pop-music !

    Et pour l'avoir intégré, tous savent ceci : il n'y a pas de carrière pour quiconque s'avise de remettre en cause cet art contemporain dans ses fondements.

    A ce sujet, merci de vous reporter à Baudrillard dans "Le complot de l'art" - 1996

     

    ___________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Les dissidents de l'art contemporain ainsi que

     Les mirages de l'art contemporain

    Lien permanent Catégories : art contemporain 0 commentaire
  • Les portraits de femmes de William Shakespeare

    .

                     Après Goneril et Regan (deux des trois filles du Roi Lear), lady Macbeth, et Gertrude reine du Danemark et mère de Hamlet... portraits de femmes tantôt cruelles, vénales et a-morales, tantôt inconstantes ou bien encore, crédules par vanité...

     

    C'est sur lady Anne, (future épouse du meurtrier de son mari et de son père) que se porte toute l'attention de Shakespeare dans une scène fameuse de Richard III (Acte I - scène II), ici restituée en partie - la scène a été largement amputée par le réalisateur Richard Loncraine comme c'est l'usage dans les "adaptations" des pièces de Shakespeare ; du moins... quand il ne s'agit pas simplement de théâtre filmé mais bien de cinéma.

                                                               

    Acte I - scène II - tour de force : théâtre et écriture - vidéo à partir de... 5.26

     

                Lady Anne est penchée sur le corps de son mari assassiné. Son assassin Gloucester, futur Richard III, est, contre toute attente, présent ; il est venu gagner le coeur d'une veuve qui sera sa prochaine épouse et victime. 

                                                                                                                     

    Suite - Vidéo jusqu'à... 2.06

     

    ***

     

    - Did you not kill my husband ?

    - I grant you yes.

    (...)

    - Be damned for that wicked deed ! O, he was so gentle...

    - Fitter for the King of heaven who has him.

    - And you unfit for any place but hell !

    - Yes, one place else, if you will hear me name it : your bed-chamber (...) Your beauty which did haunt me in my sleep could make me undertake the death of all the world, so I might live one hour in your sweet bosom (...) He who bereft you lady of your husband, did it to help you to a better husband.

    (...)

    Lady Anne crache au visage de Gloucester...

     

    - Teach not your lips such scorn for they were made for kissing lady, not for such contempt (...) I humbly beg for death upon my knee. Do not pause !(...) It was I who killed your husband but it is your heavenly face which set me on.

    (...)

    - I would I knew your heart. I fear it's false.

    - Then never man was true.

    (...)

    - Put down the blade.

    (...)

    - Shall I live in hope ?

    - All men, I hope, live so.

    (...)

    - I will with all expedient duty see you

    - With all my heart...

    ______________________

               

    Was ever a woman in this humour won ?

    .

    A-t-on jamais fait de cette manière la conquête d’une femme ? 

    (une femme qui, voilà une minute encore, crachait au visage de l'assassin de son mari et de son père et jurait de les venger)

     

    Ah ! L'inconstance des femmes !

     .

    ***

    .

                Sade n'a-t-il pas dit : "Les femmes jouissent d'abord par l'oreille" ? Et Gloucester, pourleur malheur à toutes, savait parler aux femmes.

    Sade avait lu aussi Shakespeare, sans aucun doute.

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Une voix de la faim... de toutes les faims

      

                  Une voix du 13e siècle.. celle du poète Rutebeuf.

     

     ***

     

    Que sont mes amis devenus
    Que j'avais de si près tenus
    Et tant aimés
    Ils ont été trop clairsemés
    Je crois le vent les a ôtés
    L'amour est mort-e

    Ce sont amis que vent emporte
    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta

    .

    Avec le temps qu'arbre défeuille
    Quand il ne reste branche feuille
    Qui n'aille à terre


    Avec pauvreté qui m'atterre
    Qui de partout me fait la guerre
    L'amour est mort-e


    Ne convient pas que vous raconte
    Comment je me suis mis à honte
    En quelle manière



    Que sont mes amis devenus
    Que j'avais de si près tenus
    Et tant aimés
    Ils ont été trop clairsemés
    Je crois le vent les a ôtés
    L'amour est mort-e

    .

    Le mal ne sait pas seul venir
    Tout ce qui m'était à venir
    M'est avenu

     

    Texte de Rutebeuf transcrit par léo Ferré

    Nana Mouskouri sur une musique de Léo Ferré

     


    Pauvre sens et pauvre mémoire
    M'a Dieu donné le roi de gloire
    Et pauvre rente

    Et droit sur moi quand bise vente
    Le vent me vient
    Le vent m'évente
    L'amour est mort-e

     

     .

    Ce sont amis que vent emporte
    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta
    Les emporta...

     

    ________________________________________


     

    Rutebeuf : poète né à une date inconnue, dans les premières décennies du XIIIe siècle, avant 1230 - mort v. 1285...

     

                              cliquez :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Rutebeuf

     

                     Pour prolonger... cliquez Léo Ferré

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Bob Dylan, prix Nobel de littérature : ou quand la littérature s'effondre

     

                "Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font !"

     

     

                     Léo ferré (1): "la mémoire et la mer" - la meilleure réponse que l'on puisse apporter à cette nomination idiote et décadente qui ouvre la voie à toutes les confusions et autres dérives (2)...

               Une prime au plus connu et au plus riche, ce choix du jury ? Une prime à la langue anglo-saxonne qui plus est : une langue, celle des balles et des bombes avec un Dylan publiciste (chez Apple, Cadillac, Chrysler, les yaourt Chobani) millionnaire en "Che Guevara" de la Warner Bros  ?

     

                              

    1 - Pourquoi Léo Ferré ? Car, il n'y a pas un seul texte de Dylan qui arrive à la cheville d'un texte de Léo Ferré...

     

    2 - A propos de la contestation de ce choix de la part des auteurs et des critiques littéraires, cliquez ICI

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture 1 commentaire
  • Penser le monde aujourd'hui avec un nouveau Conseil National de la Résistance

                

                        Qui fait quoi, à qui, pour-quoi, où, comment et pour le compte de qui...

                

    _____________________

     

     

      

                (Pour la deuxième étape de son voyage européen en tant que nouveau chef du gouvernement italien, Enrico Letta a tenu une conférence de presse commune avec le président de la République, François Hollande, mercredi 1er mai.)

      

                Mélenchon : « Letta et Hollande, deux ectoplasmes de la même tribu. »

     

               Qui a bien pu penser un seul instant que de tels hommes puissent dans un premier temps endosser les habits de chef d’Etat, dans un second temps, être capables de trancher en faveur de l’intérêt général  - celui des Peuples et des Nations -, avant d’en remontrer qui au MEDEF, qui à la BCE, , au Président de la Commission européenne et à ses commissaires, aux Banques, aux paradis fiscaux, à la corruption, à Wallstreet, à l'ONU, à l’OTAN ?

     

    Qui donc ?

     

    *** 

     

              Penchons-nous un instant sur notre passé – passé riche en enseignements quant au présent -, et plus précisément sur ceux qui, depuis le départ de de Gaulle, ont présidé, ou du moins, on tenté de présider au destin de la France et de l’Europe, d’une pierre deux coups.  

    C’est Pompidou qui ouvre le bal après la démission quasi forcée d'un de Gaulle dépité. Venu de la Banque, Pompidou n’aura pas tardé à y retourner en nous vendant tous à cette même Banque avec la loi Pompidou-Giscard- Rothschild qui empêchera l'Etat de battre monnaie ; loi... véritable bombe à retardement d’un endettement diabolique. Faut dire que… Président ou pas, Pompidou semblait, une fois cette loi votée, le devoir accompli donc, bien plus intéressé par la publication d’une anthologie de la poésie française que par la fonction de chef d’Etat ; quarante ans après, personne ne l'en blâmera : l'homme était condamné par un cancer ;  quant à ses successeurs, ils ne feront guère mieux côté leadership comme on le verra. 

    Lui succédant, Giscard d’Estaing n’aura pas cessé pendant sept ans de chercher dans les penderies de l’Elysée ses habits de Président sans y parvenir ; en lui, on ne voyait que l’effort, vain de surcroît et dans la confusion des genres entre deux petits déjeuners avec ceux qui vident nos poubelles… histoire sans doute de nous faire oublier ce qu’il aurait dû être : un véritable chef d’Etat Président.

    Pour Mitterrand, élu à la fonction suprême après une cinquante années d’une activité politique bien remplie, riche en péripéties de toutes sortes, une fois ses fesses posées dans le fauteuil présidentiel, très vite on se rendit compte qu’il n’y avait plus que lui qui l’intéressait finalement, lui et la postérité.

    Certes, Jacques Chirac qui lui succéda sans enthousiasme aura su provoquer et précipiter des événements dignes d’un Président chef d’Etat… mais pas longtemps, et trop rarement… avant de baisser les bras et de céder la place à un agité qui répond au nom de Sarkozy, arriviste et inculte dans tous ses états excepté celui auquel il est d’usage de mettre une majuscule. 

    Une précision tout de même : caste tuyau de poêle... tous ont servi les uns et les autres  sous les uns, dans et sur les autres...

     

                   Aujourd’hui l’Elysée est occupé par un certain François Hollande qui a tout l' air d’un pharmacien ou d’un notaire de province sans histoire. Un Hollande sans vitalité, Président à la Obama qui sans doute n’aura de cesse pendant cinq ans de rembourser le crédit qui lui a été généreusement accordé ainsi que le bénéfice du doute sans lesquels son élection eut été inenvisageable.

                   Aussi, depuis le départ de de Gaulle, le seul Président chef d’Etat de la cinquième république semble-t-il,  force est de constater que la droite n’a pas cessé de ne pas présider, et quand elle l’a fait, c’était au profit d’aucun d’entre nous car, ce qu’il faut bien comprendre c’est que depuis les années 70, il s’est agi, et aujourd’hui encore il s’agit bien, de deux droites : une première droite (le PS) qui a abandonné son projet socialiste une fois installée à l’Elysée et une autre droite (RPR - UMP) qui a renié son héritage Gaulliste.

     

    ________________

     


    Restaurer la souveraineté abondonnée il y a cinquante ans,

              Un nouveau Conseil National de la Résistance avec pour figures tutélaires : Jeanne d'Arc  (le mystère de la foi et de la résistance), Victor Hugo, Jean Jaurès, Jean Moulin et Charles de Gaulle.

     

     

     

               

                 A l'occasion du 70e anniversaire du Conseil National de la Résistance (CNR) : un meeting organisé par le M'PEP (Mouvement politique d'émancipation populaire M'PEP), en marge de son Université d'Automne, tentera de répondre à la question : un nouveau CNR est-il possible ? Avec : François Asselineau (UPR), Georges Gastaud (PRCF), Jacques Nikonoff (M'PEP), Jacky Omer (Front syndical de classe), Jean-Luc Pujo (Clubs Penser la France).

     

    Georges GASTAUD du PRCF

     

            

    _________________________

     

    CNR  : Le Conseil National de la Résistance était l'organe qui dirigea et coordonna les différents mouvements de la Résistance intérieure française, de la presse, des syndicats et des membres de partis politiques hostiles au gouvernement de Vichy à partir de mi-1943.

     


               Pour prolonger, cliquez : Penser le monde aujourd'hui avec...

    Lien permanent Catégories : Politique et actualité 0 commentaire
  • Colonialisme, nazisme et crime contre l’humanité : anachronisme, amalgames et confusion

     

                  Combien sommes-nous à nous souvenir de cet historien qui, dans les années 90, d'une équation, avait tenté la résolution suivante : « communisme = fascisme » ?

    Il s’agissait de François Furet (1) et avec lui, de toute une bande de révisionnistes passés à droite après de bons et loyaux services à gauche ; un Furet, déterminé à tuer le père, et pas n’importe lequel, celui qui s’était longtemps fait appeler « le petit père des peuples », sans doute dans le but de devenir enfin adulte – comprenez : raisonnable ; et donc à droite toute !-, au sortir d’une adolescence idéologique jugée très certainement encore boutonneuse et imparfaite, telle une crise post-adolescente, à un âge où il est pourtant et généralement admis (Furet avait alors 60 ans passés !) qu’il est déjà bien tard pour envisager un saut idéologique d’une telle ampleur, pour ne rien dire d’une telle métamorphose à la fois psychique et physique : passer du communisme à l’anti-communisme caricatural et forcené.

    Communisme = fascisme a recueilli peu de suffrages, sinon ceux de Furet lui-même et de quelques hurluberlus de droite et d’extrême droite ; une extrême droite qui soutenait alors Reagan et qui ira jusqu’à oser un communisme=nazisme  pas piqué des hannetons mais tout aussi inopérant et absurde.

    Communisme = fascisme

    Personne n’a donc été convaincu. Rien de surprenant à cela : allez donc demander que quiconque… qui aurait eu un père communiste… reconnaisse que ce même père était un salaud de la pire espère ; celle des fascistes en l’occurrence, voire même… celle des nazis pour les plus téméraires et les plus impliqués d’entre eux.

    Rongés très certainement par une culpabilité étouffante, proche de la suffocation (Soljenitsyne n’avait fait de cadeau à personne, il fallait donc bien en finir au plus vite, cracher le morceau et sa pastille et brûler tout ce qu’on avait adoré !), sans oublier l’air du temps qui passe et qui reste et empoisonne l’atmosphère  – Souvenez-vous ! Le monde occidental était alors sous le charme, ou la coupe et le joug, c’est selon, d’un couple halluciné nommé Thatcher-Reagan...

    Communisme = fascisme...

    Ces stakhanovismes du revirement, historiens ou pas, n’ont trouvé en Europe aucun fils pour porter un tel jugement sur son père ; et bien des années plus tard, à l’heure de toutes les trahisons de l’Ouest à l’égard de l’Est (trahisons économique et politique) il n’est pas sûr que les populations de l’Est (les Polonais exceptés) soient disposés à un tel raccourci historique. Quant à la Russie ? Poutine, ancien agent du KGB, n’a jamais été aussi populaire - Nostalgie ! Nostalgie ! Quand tu nous tiens, tu nous tiens bien !

    ***

    Communisme = fascisme...

    Une fois épuisée cette équation absurde, arrive alors un Colonialisme =nazisme.

    Avec cette nouvelle résolution coup de poing et coup de semonce, c’est bien une plongée dans un anachronisme imbécile qu’on nous propose ; en effet, la dernière conquête de l’Afrique, dernier coup de reins sabres au clair dans la chair - l’arrière train plus précisément -, d’une humanité-instrument économique, stratégique et idéologique, cette conquête donc ne date-t-elle pas de 1830 ? Alors que le nazisme, lui, trouve ses balbutiements dans les années 20… celles du XXe siècle ?

    Colonialisme = nazisme (2)…

    Existe-t-il seulement un historien désintéressé, honnête et responsable pour faire sienne une telle corrélation ? A moins qu’il ne s’agisse de ré-écrire l’histoire,  "colonialisme = nazisme" ne tente-t-il pas de nous dire que si le nazisme avait été antérieur au colonialisme… le colonialisme aurait été assimilable au nazisme ?

    Après l’anachronisme, c’est bien d’uchronie qu’il s’agit.

    De plus, cet amalgame fâcheux qui n’explique rien, qui n’informe sur rien mais ouvre la porte à des débats sans fin, sans but et sans intérêt, dessert la cause de l’anti-colonialisme en appauvrissant tout son potentiel d’analyse, de critique, jusqu’à la négation d’une complexité et d’une ambivalence que le creuset nazi ne pourra jamais contenir ; une complexité riche d'enseignements incomparables avec ceux du nazisme.

    Si assimiler le colonialisme au nazisme, c’est ouvrir une porte, celle de dissensions stériles, c’est aussi en fermer une : celle d’un travail d’analyse, et c’est clore tout débat car, on ne débat pas du nazisme car, avec le nazisme, il n'y a pas de "oui mais..." : rien à sauver et rien à partager ! Avec le nazisme, aucun héritage, aucune transmission possibles et souhaitables.

    Pour preuve : rien n’a demeuré.

     

    ***

     

                Certes, dans le passé, des historiens et des auteurs ont rapproché le colonialisme du nazisme sans toutefois aller, en ogres d’une pseudo-vérité historique, jusqu’à la fusion/absorption.

    L’historien Olivier Le Cour Grandmaison : Coloniser. Exterminer (il en restera toujours quelque chose ! ndlr). Sur la guerre et l’Etat colonial :

               « …La violence coloniale n’a pas été un épiphénomène qu’on aurait pu à la rigueur éviter... elle a été partie constitutive du système. Racisme d’État ? La formule peut paraître forte pour qui ignore l’histoire coloniale. C’est pourtant bien d’une xénophobie quasi généralisée qu’a souffert la société française plus d’un siècle durant. »

    Grandmaison s’appuie sur une multitude d’auteurs : Voltaire, Tocqueville, Lamartine, Jules Verne, Maupassant, Zola et les « petits », mille et un idéologues et vulgarisateurs de la pensée coloniale. Ces auteurs étaient donc les Goebbels de la colonisation ? Oui ? Non ?

    Soit. Il se serait alors agi d'un nazisme d'un nouveau type, ou bien plutôt d’un prototype : un nazisme sans penseurs nazis ?

    On peut aussi discuter le fait que Jules Ferry  - en Eichmann ou Himmler de la première heure, et bien avant l’heure -, partisan de l’expansion coloniale contre Clémenceau à qui on devra plus tard l’humiliation de l’Allemagne en 1918 et  sa tentative de revanche (à chacun ses aveuglements !) ; que Ferry ait été un nazi… à l'heure où cette idéologie de mort assurée - et il en fut bien question -, était impensable parce que… encore impensée à la fin du XIXè siècle même si le philosophe allemand Friedrich Nietzsche  - le petit père de nombre d'intellectuels-philosophes plongés dans la confusion -, n’était pas loin d'y réfléchir avant tout le monde avec la publication de son Antéchrist.

    Autre rapprochement colonialisme/nazisme : "De la barbarie coloniale à la politique nazie d’extermination", par Rosa Amelia Plummelle-Uribe, militante afro-descendante qui fera le lien entre les politiques d’anéantissement colonial et l’ensauvagement des sociétés européennes.

    Aimé Césaire lui aussi évitera soigneusement l'anachronisme colonialisme=nazisme, préférant raisonner (poétiser ?) autour des "Origines du Nazisme » - il est vrai que les nazis n’ont pas inventé grand-chose même si l'on ne doit jamais oublier le fait suivant : dans les années 20 et 30, tous les prix Nobel à caractère scientifique étaient allemands ou de langue allemande… du nom de ce peuple discipliné qui a toujours porté en lui l’amour du travail bien fait : aujourd’hui encore, leurs train arrivent toujours à l’heure, et leurs automobiles sont d’un rapport qualité-prix imbattable.

    Aimé Césaire d’une intuition d’une intelligence folle, même s’il s’agit là très certainement d’une prophétie mais a postériori, auto-réalisatrice a priori, s'adressera à nous en ces termes :

    "...nul ne colonise innocemment, que nul non plus ne colonise impunément ; qu’une nation qui colonise, qu’une civilisation qui justifie la colonisation — donc la force — est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment."

    Ce qui ne valide toujours pas l'équation colonialisme=nazisme.

    En revanche, on trouve là, chez Aimé Césaire - la tentation était sans doute trop grande -, le désir de récupérer à son profit un événement-catastrophe pour mieux l’investir avant de le vampiriser et de devenir celui qui, le bras vengeur, en désignera la cible. Evénement d'une Seconde guerre mondiale qui a pourtant aux yeux des historiens ses racines dans un inconscient européen qui n’a jamais eu besoin de l’aide d’une extension territoriale quelconque et de sa population pour s’étriper à loisir.

    A partir de cette analyse quasi mystique de Césaire, façon ancien-testament, là où tout se paie, mais interprétation naïve et plutôt optimiste quand on sait à quel point l’Homme-impunité triomphe de siècle en siècle… et puis, n’est-ce pas les meilleurs qui partent en premier et les salauds en dernier… sans oublier les immortels, ceux que l’on nous ressert génération après génération, et sur lesquels la vérité des faits n’a aucune prise ?

    Ceux qui ont donc cherché à détourner la sentence de Césaire au profit d’un colonialisme =nazisme, en seront pour leurs frais : Aimé Césaire a fini Maire de Fort de France après la Présidence du Conseil régional de la Martinique, et non en Che Guevara ou en «Serge Klarsfeld » pourchasseur de nazis négriers et colonialistes.

    Colonialisme = nazisme…

               Et puis de dérive en dérive.. . Colonialisme = nazisme=crime contre l’humanité

               Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour que l’épopée coloniale française, de sa sédentarisation à sa maturation (sur plusieurs siècles) au terme de laquelle le dernier bastion colonial que fut l’Algérie, tombera, soit reconnue comme « crime contre l'humanité » : une « violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d'un groupe d'individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ».   

    « Colonisation - rôle et bilan globalement positifs » d'un côté, « Colonisation - crime contre l’humanité » de l’autre, deux faces d’une même pièce - déni et revanche pour les uns comme les autres ; une colonisation dont on chérit et caresse sans cesse le souvenir comme on caresse un espoir... contre une colonisation haïssable à rejeter en bloc ; seuls les gens pressés d’en découdre avec dieu sait quelle nécessité historique choisiront leur camp ;  les autres, plus avisés, patienteront car il y a fort à parier que les descendants des peuples colonisés ne nous en demandent pas tant ; il semble même qu’ils soient plus intéressés par la liberté et des visas que par des excuses ; quant à réunir des tribunaux et à dresser des bûchers…

    Certes ! Quelques Etats y trouveront leur compte sur le dos de leurs peuples toujours humiliés, plantés, là, sans avenir… derrière les barreaux d'une vaste prison qu’est devenue ce nouvel Empire post-colonial indépendant. Mais... de là à leur donner un coup de main...

     

                Contrairement au nazisme, qu'on le veuille ou non, quelque chose a bel et bien été sauvé de ce période coloniale... une langue, la langue française ; une langue parlée et respectée par des milliers d’êtres humains de tous les continents parmi les plus doués, les plus talentueux du monde dans les domaines des sciences et des arts ; preuve qu'il y avait bien quelque chose à sauver ! Et ce quelque chose l'a été par qui ? Aux plus sceptiques, on leur conseillera de voyager... et de rencontrer et d'écouter des Africains et des Maghrébins de tous les âges (3).

    Certes les êtres humains sont passés maîtres dans l'art de mentir et de se mentir ! Et dans une condamnation sans nuance du passé colonial de la France, une condamnation solennelle du type « crime contre l’humanité », il y a aurait là quelque chose qui relèverait du mensonge. En revanche, que des événements précis qui engageraient toute la responsabilité d'une France coloniale puissent faire l'objet d'un examen et qu'ils soient reconnus comme "crime contre l'humanité", pourquoi pas ! Une telle condamnation aurait alors un sens car c'est bien dans le souci d'une recherche de la vérité qu'un tribunal se serait prononcé, et non... dans le but de servir les intérêts d'un humanisme de culpabilité, et cet autre humanisme ignorant tout de l'être humain et de l'Histoire, pour ne rien dire d'un humanisme manipulateur et revanchard, un humanisme de Tartuffe, dans les faits... soucieux d'aucune condition humaine.

     _____________________

    1 - Avec deux ouvrages : "Le passé d'une illusion" et "Fascisme et communisme".

    2 - Affirmation d'une violence émotionnelle rare comme si d'aucuns avaient des comptes à régler davantage avec leur propre histoire (culpabilité et transmission d'une génération à l'autre ?) qu'avec une "Histoire de la colonisation" digne de ce nom. Qu'il soit ici permis de rappeler ce qui suit : tout comme ceux qui n’ont pas eu de parents communistes – et ils existent -, nombreux sont ceux qui sont issus de milieux qui ne doivent rien à une colonisation quelle qu’elle soit : nazi ou pas.

    3 - Est-ce qu’un groupe de néo-nazis désireux de sillonner l’Europe en Autocar à la rencontre des descendants des victimes de cette idéologie recevrait le même accueil ? On peut en douter.

     

    Lien permanent Catégories : Actu internationale, Politique et actualité 0 commentaire
  • Marie-France Garaud au plus près d'une réalité sans conteste : la fin de la politique avec la disparition de l'Etat souverain

     

     

     

                        Parmi les invités de Taddéï à "Ce soir ou jamais"(1), seule Marie-France Garaud saura poser le problème de la situation économique et sociale de la France : la fin de la politique avec la disparition de l'Etat souverain au service d'un Peuple tout aussi souverain, là où plus aucune volonté ne peut s'exercer à propos de la question suivante : quelle doit être la relation de la France avec l'Europe, le monde et les forces économiques et politiques qui dictent depuis le triomphe du trio infernal Thatcher-Reagan-Friedman des années 80, sa loi d'airain à tous les Etats dans le cadre d'une Europe-instrument d'une mondialisation qui n'est qu'une guerre contre les Etats-Nations, les salariés ; et par ricochet, une guerre contre la démocratie et la liberté d'expression et d'information ?

                    Après Garaud, d'autres rendront le bon diagnostic quant aux effets de la crise sociale et politique française sans toutefois se résoudre à identifier les causes contrairement à Marie-France Garaud.

     

     

                    Quant à Bernard Stiegler, fidèle à lui -même, il évoquera une innovation technique tueuse d'emplois par millions comme une fatalité ; lui aussi a manifestement intégré, inconsciemment sans doute, la mort de la politique car, à aucun moment il ne lui vient à l'idée de questionner cette technique, ou plus directement et plus explicitement, de préciser ou de suggérer qu'il pourrait encore nous appartenir de choisir, dans le cadre de la destruction des emplois par cette même technique et la recherche d'un profit optimal, quels sont ceux, de ces emplois, qui doivent mourir et ceux que l'on souhaite garder.

    Stiegler, comme tant d'autres, a déjà renoncé, entre deux voyages aux USA et à Berlin - il y enseigne ! -, (2) à poser en ces termes notre relation avec l'innovation technique : ce qui est techniquement possible n'est pas nécessairement souhaitable car enfin, ce n'est pas à la technique de décider dans quel monde nous souhaitons et devons vivre mais bien plutôt, à la politique et au politique.

    Stiegler nous demande de nous préparer à la disparition de millions d’emplois ; son reproche majeur concerne notre refus de nous y préparer, non pas en nous y opposant mais en accompagnant cette destruction massive avec l'espoir de concurrencer le monopole du monde anglo-saxon dans ce domaine : numérisation du monde oui ! A condition que l'Europe soit un acteur majeur aux côtés des USA.

                    Mais alors, qu'en est-il d'un : "Non à la numérisation du monde ! Et que l'Europe en soit un frein majeur !" ????

    Aussi, à propos de ce qu'on nommera un "syndrome d’accompagnement", surprenant que Stiegler n’ait pas eu, à un moment ou un autre, sa carte au PS ! Cette fausse gauche qui n’a de cesse d’accompagner la droite, justement !

    L’accompagnement, encore et toujours !

     

                       "La technique, c'est plus fort que toi !"

                       Stiegler n'est-il pas trop proche des "techniques nouvelles" et de l’innovation numérique pour ne pas s’être laissé, au fil des ans, "bouffer" par leur pouvoir de dé-conscientisation gigantesque, un peu comme pour le pouvoir de l’argent sur ceux qui n’en ont jamais eu ou la soif de reconnaissance ? Hypnotique et corrupteur ce pouvoir !

    Comme un fait exprès, on notera au passage le fait que les références de Stiegler ont souvent pour origine le monde anglo-saxon ; les USA en particulier.

     

                   Ce qu’on pouvait reprocher à Cassandre finalement c’est de prédire le malheur sans pour autant être capable de le prévenir : pointer du doigt le poison sans pour autant désigner l'anti-dote. 

    Prédire ou prévenir une catastrophe... il est vrai que ce n’est pas le même talent, voire... le même génie, qui est alors requis : talent et génie politiques s’entend. Et là, on retrouve Marie-France Garaud issue d’une tradition qui a su accoucher, quoi que l’on dise, d’hommes politiques d’exception.

    La politique donc, encore et toujours ! Et c'est la raison pour laquelle il nous reste à souhaiter que Madame Garaud ne cesse de prendre soin d'elle afin qu'elle puisse vivre le plus longtemps possible car elle seule semble à même de nous rappeler cette vérité aussi cruelle qu'embarrassante qui éclaire d'une lumière crue notre lâcheté et complaisance face à notre propre devenir : notre acceptation de la mort de la politique et la consécration de l'impuissance publique ainsi qu'une crise sans précédent de la résistance et d'une mobilisation massive et soutenue.

     

     

    1 - "Ce soir ou jamais" vit ses dernières heures. L'élection présidentielle n'est pas loin... elle approche, c'est sûr ! Le ménage a donc commencé ; et seuls Ruquier et Fogiel seront maintenus. People-isation des esprits oblige ! Mais... qui a dit que ce sont les moins politisés qui votent encore ?

    Faut bien dire que ça fait des années que Taddéï accepte de se faire "balader" par France-télévisons et ses responsables de programmes. Il ne s'en plaint pas du reste ; ses émissions vont et viennent... tantôt ils le déprogramment, tantôt ils le changent de créneau horaire... Taddéï se laisse guider... promener... l'important pour lui, semble-t-il, c'est de continuer de passer à la télé et à la radio... France Culture puis Europe 1... alors qu'à l'heure d'internet, il existe des solutions pour ceux qui souhaitent vraiment nous donner des nouvelles de la société et du monde autour d'acteurs majeurs quant à la compréhension de qui fait quoi, à qui , où, comment,pour-quoi et pour le compte de qui.

    2 - Oui ! Il y enseigne, nous affirme-t-il ! A moins, qu'à son insu, il n'y soit enseigné ! Et c'est alors que l'on se croît le maître avant de découvrir que l'on est qu'un élève et payé comme tel ; ce qui peut en consoler plus d'un, malgré tout.

    USA, Berlin, Paris... oublieux Stiegler du fait suivant : qui trop embrasse mal étreint ! 

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
  • Ainsi va la recherche

     

                    Aujourd’hui, si nous ne sommes sûrs de rien ni de personne, c’est tout simplement que nous sommes infiniment plus nombreux qu’hier à chercher à savoir ; et plus nous serons nombreux à trouver et moins les évidences auxquelles il nous a si longtemps été demandé d’adhérer s’imposeront à notre esprit.

    Ainsi va la recherche ! Vers un savoir de plus en plus complexe mais sans surprise car, ce savoir doublé d’une compréhension dévastatrice nous renverra fatalement à ce que nous sommes : à cette nature en trompe l’oeil, dissimulatrice, accapareuse et rétentrice qu’est la nôtre.

     

                       Porteuse de tous les dangers, cette recherche expansionniste toujours plus performante et exigeante : le danger de nous laisser sans évidences et sans certitudes. Viendra alors une haine têtue et démesurée : haine de notre espèce à l’endroit de sa propre espèce, jusqu’à l’abolir.

                       Des nanotechnologies au service de la biologie, contribueront-elles à cette recherche d'abolition jusqu'aux confins de l'humain, et au-delà ?

    __________________

     

    “Dites Monsieur ! Hé ! Vous m’entendez ?


    - Qu’est-ce que c’est ?


    - Je me présente : je suis généticien et je suis chargé de vous prendre en main.


    - Encore ! Mais ça n’en finira donc jamais ?


    - Du calme. Vous avez fait la connaissance de mon ami l’anthropologue ?
    - Oui, oui !


    - Il vous a tout expliqué ?


    - Justement, il m’a tout dit. Alors… peut-être qu’on pourrait…


    - Il vous a soûlé, c’est ça ? Faut dire qu’il se la raconte un peu, l’anthropologue. D’ailleurs, ils se la racontent tous.

     

    - Moi, j’ai rien dit. Je vous écoute comme je les ai écoutés. Mais… j’ai pas fait de commentaires. Notez-le ! J’ai rien dit. Je ne veux pas d’histoires !


    - Rassurez-vous ! Ca ne sortira pas d’ici. Et puis, faut bien se la raconter un peu si on veut y croire et progresser ! Mais, je vous rassure, nous, les généticiens, on ne se la raconte pas. On n’a pas le temps. On est forcés de passer à l’action tout de suite car, vous savez, les gènes, ça cavale vite, ces petites bêtes-là ! Alors, quand on en identifie un, faut lui mettre la main dessus illico presto sinon c’est trop tard. L’ADN, ça vous dit quelque chose ?


    - L’AD quoi ?


    - L’ ADN !


    - A cette heure-ci, je dois dire que je ne suis plus très sûr de rien. L’ADN ? C’est pas… des fois… une Association… une Association De Naturistes ?


    - Ah lala lala ! Quelle catastrophe ! C’est pas Dieu possible ! Une telle ignorance, ça ne s’invente pas !


    - On me parle de mille choses à la fois. On me dit que je suis un déviant et un pervers. L’anthropologue m’a parlé de masochisme et de Dieu sait quoi d’autres. Vous, vous me demandez mon avis sur l’ADN. Je suis désolé mais si vous me parlez d’ADN, eh bien moi, je pense tout de suite à une Association De Naturistes. C’est comme ça. Oui ! Une Association De Naturistes. Je vois des femmes, des hommes et des enfants nus et moi aussi qui suis nu avec eux et nous tous, nous formons un cercle et nous tournons… main dans la main, nous tournons en rond car nous dansons… tout nus. Voilà ! J’y peux rien. C’est comme ça. Et puis, j’en ai assez ! Vous les trouvez où toutes vos histoires ? Hein ? Vous les trouvez où ? Dites ! Jamais, vous vous reposez ? Je veux sortir d’ici ! J’en ai assez ! Je veux rentrer à la maison ! Je veux rentrer chez-moi.


    - Du calme ! C’est fini ! Là, allongez-vous ! Comme ça ! Voyez ! Ca va mieux maintenant, n’est-ce pas ? Alors, je peux continuer si ça ne vous dérange pas trop ?


    - Faites ce que vous voulez ! Je m’en…


    - Bon ! Sachez Monsieur que l’ADN n’est pas une Association De Naturistes mais l’ADN est la base de toute vie. Programme de toute existence, aussi misérable et inutile qu’elle puisse être cette existence pitoyable, eh bien, cette molécule appelée ADN, molécule d’une complexité et d’une richesse inouïes, nous permettra d’écrire la prochaine et la dernière page d’histoire de notre espèce. Ces trois lettres, ADN, on les répètera autant de fois qu’il le faudra et à l’infinie, jusqu’à ce qu’ils comprennent tous ce qu’on attend d’eux. Ce nouveau moyen d’investigation et de communication réduit à sa plus simple expression est la nouvelle et la dernière ligne de départ parce qu’il est la nouvelle et la dernière ligne d’arrivée. Il est le début et il est déjà… la fin. Cette molécule jusqu’à présent commandait toute chose et maintenant que nous sommes sur le point de lui donner des ordres, nous entendons bien l’utiliser afin d’assurer pour les siècles à venir la pérennité du bon fonctionnement de tous nos programmes de vie en société au sein d‘un système immunitaire sans faille. Tenez ! Pensez à…


    - Pensez ? Ah ! Non ! Je ne veux plus penser. Je veux dormir.


    - Ca viendra. Un peu de patience ! Je vous disais donc… vous êtes, mais ça vous ne le soupçonnez sans doute pas encore, vous êtes donc, vous et vos semblables, au centre d’enjeux considérables car le gène, pour ne prendre qu’un exemple parmi tant d’autres, est devenu une véritable matière première. Nous allons enfin pouvoir in vivo et ex vivo remplir le vide, combler les manques, réparer les derniers disfonctionnements en contrôlant tous les facteurs, tous les transferts, tous les échanges, toutes les mutations dans le but de modifier, dans un premier temps, le patrimoine génétique de notre espèce pour, dans un deuxième temps, outil implacable d’évaluation, calibrer ce patrimoine au milliardième près, le stabiliser, le formater afin que notre descendance à tous puisse reproduire un modèle génétique pour la demande qui en aura été faite. On peut donc parler d’une nouvelle organisation du vivant et d’un nouveau flux et d’un nouveau brassage dont on pourra à tout moment contrôler la qualité, la quantité et la cadence, loin de toute sélection naturelle et arbitraire, cause de tensions internes insurmontables. Finis donc les mutations et les mélanges génétiques aléatoires qui favorisaient jadis les chances d’une meilleure adaptation car, ce n’est plus la nature mais nos investisseurs qui décident des modalités de cette adaptation. Il nous faut donc des êtres sur mesure dans un milieu tiré à quatre épingles. Le délai qui nous sépare encore de la fabrication du vivant se réduit de jour en jour. Encore quelques manipulations et nous serons enfin capables de rationaliser et de maîtriser totalement la vie en passant de l’aide à la procréation à la fabrication et à la reproduction du même avec le même et vice versa et sans passer par la case départ ; celle de l’autre… cet autre potentiellement tout autre, étranger, perturbateur, pollueur, rebelle et chaotique ! Il ne doit plus y avoir d’autrement… autrement… autre ! Vous comprenez ? Cette rupture majeure altérera la nature humaine en brisant l‘indéterminabilité de ses modes de fonctionnement. A long terme, nous ne souhaitons plus soigner qui que ce soit. Les débouchées thérapeutiques de notre travail ne nous intéressent pas. Nous ne voulons plus de ce matériau génétiquement contaminé, vérolé et imparfait parce que… humain, trop humain. Nous entrons dans l’ère de la fabrication du vivant pour en contrôler tous les maillons et toutes les liaisons. Inutile de vous dire que la tâche est immense ! Tenez ! Buvez ça ! Ca vous remontera.


    - Je ne bois pas.


    - Vous avez tort ! Qu’est-ce que je disais ? Ah oui ! Vous nous servirez de matière première comme tous ceux qui vous ont précédé et tous ceux qui vous succéderont. Ceux qui financent nos recherches s’intéressent à vous aussi ; et comme vous le savez : ceux qui paient sont ceux qui décident : pas d‘argent… pas de science… pas de recherche… pas de solutions… et pas d‘espoir ! Nos partenaires financiers sont les seuls à décider et ils ont décidé pour vous et pour nous. Comme vous voyez, il n’y a rien de personnel là-dedans. Moi, je suis généticien et mon métier, c‘est la génétique. Je l’ai étudiée, alors je ne peux que l’exercer. C’est toute ma vie maintenant. Et de vie, on n’en a qu’une ! Alors, autant que ce soit la bonne.


    - C’est ça.


    - Mon outil à moi, c’est le microscope. L’échange quotidien avec cet instrument représente le sel de ma profession. On peut nouer des relations d’une richesse inouïe avec un microscope. Avec lui, on se plonge dans l’inconnu, dans l’aventure, dans l’incertitude et puis soudain, tout devient clair et lumineux ; même si, et le plus souvent, lui et moi, au cours de nos multiples échanges, on avance à l’aveuglette ; mais quand une réponse, une solution se dressent là sous nos yeux, alors, dans ces moments-là, mon microscope et moi, on jubile. C’est la fête ! Champagne pour tout le monde ! Oui, vraiment, dans ces moments-là, c’est l’extase. Bouche bée, l’œil écarquillé, pour un peu, on s’évanouirait. Vous savez, finalement, nous les scientifiques, on ne vit que pour ça : chercher, trouver et puis, chercher encore et encore et toujours. Et quand on trouve, on peut dire que l’on jouit. Oui, on jouit ! Alors, c’est un peu comme pour les femmes : on ne jouit pas souvent car, ces moments-là sont plutôt rares mais quand on trouve, mon microscope et moi, eh bien… on est comme ivres. Pour un peu, on en viendrait même à en perdre la raison car, la découverte, c’est le sperme de notre profession. Oui, Monsieur : le sperme ! Trouver c’est… jouir et jouir, c’est éjaculer ! Tenez, je vous fais une confidence : savez-vous que je tutoie mon microscope ? Oui, je le tutoie, Monsieur ! Je sais, c’est bête. Alors, vous comprenez maintenant ? Comme vous voyez, tout ça n’a rien de personnel. Il ne faut pas m’en vouloir. D‘ailleurs, on ne se connaît pas. Comment peut-on en vouloir à quelqu’un qu’on ne connaît pas ? Hein ? Quant à moi, je ne connais que vos antécédents médicaux et c‘est tout. Mais venez ! Levez-vous ! Dans un instant vous prendrez un train. Nous serons trois à vous accompagner : votre instructeur, mon collègue anthropologue et moi-même, votre serviteur dévoué.”

     

     

    Extrait du titre "Des apôtres, des anges et des démons" - copyright Serge ULESKI

     

     

                   Pour prolonger, cliquez : Des apôtres, des anges et des démons - entretien avec l'auteur

     

    ______________________

     

    Un monde sans humains

     


                Derrière l'objectif de Philippe Borrel, des savants et des experts prônent l'avènement d'une société dans laquelle des hommes hybrides seraient connectés en réseau et se verraient remplacer par des cyborgs pour les tâches pénibles.

    Ce documentaire lève le voile sur un univers futuriste, plus réel et imminent qu'il n'y paraît.

    .

     

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • L'Art contemporain : Spinoza et Frédéric Lordon...

     

                                     

                       A propos de l'art contemporain, Frédéric Lordon convoque Spinoza pour lequel " Il n'y a pas de valeur. Il n'y a que des processus de valorisation ; les affects seuls sont les opérateurs de cette valorisation".

    Et Lordon de valider (ou de valoriser) ce qui, dans les faits, n'est qu'un parti pris Spinoziste qui a sans doute à voir avec les origines culturelles du philosophe, brillant au demeurant, et l'expérience de cette origine : une culture juive iconoclaste dans un siècle pictural par excellence (triomphe de la perspective en peinture ;  art italien et flamand à son apogée) avec le bannissement délibéré de représentations religieuses de type figuratif car l'interdit de la représentation est bel et bien présent dans le Judaïsme.

    Dans ce contexte, c’est sûr : se tenir loin de l’Art n’aide certainement pas à se forger un jugement sûr, informé et avisé sur les œuvres et les artistes.

     

                      « Il n'y a pas de valeur. Il n'y a que des processus de valorisation ; les affects seuls sont les opérateurs de cette valorisation. »

     

                      Il serait vraiment temps car salvateur, que des universitaires comme Lordon soient capables de se dire et de nous dire : "Et si Spinoza se trompait ?" Car, pour tout philosophe valorisé à la hauteur d'un Spinoza, pourquoi ne pourrait-on pas poser la question suivante :  "Là, Spinoza aurait-il atteint son niveau d'incompétence ?" En d’autres termes, pourquoi un philosophe ne serait-il pas condamné, tout comme le commun des mortels, à s'élever à son niveau d'incompétence selon un principe bien connu ; celui de Peter ? A charge pour des universitaires comme Lordon de nous alerter, nous pauvres lecteurs non-philologues, lorsqu’ils rencontrent une telle éventualité : celle de l’erreur qui aurait pour fondement l’ignorance et par voie de conséquence : l’incompétence.

    Aussi, à propos de l’Art, osons la question : "Et si Spinoza était incompétent ?"

    Et puis, comment l’en blâmer : qui peut tout savoir et tout comprendre, sur tout à tout moment ?

    Personne.

     

                   Le diagnostic d’erreur serait-il interdit à propos de Spinoza parce ce qu’il est un philosophe reconnu comme tel et qu’un philosophe ne peut pas se tromper ? La philosophie serait alors une science exacte ? Depuis quand ?

    De plus, gardons à l’esprit, pour appuyer notre démonstration, tout renvoyant à l’expéditeur l’argument tel un effet boomerang, que Spinoza est un philosophe que parce qu’il a bénéficié « d’un processus de valorisation » qui l’a élevé à ce rang de philosophe (thèse complotiste de Lordon ce processus de valorisation ? Quelqu’un, quelque part aurait décidé que Spinoza doit être un philosophe important et reconnu comme tel par le monde entier ?) : de plus, Spinoza n'est-il pas un être humain, et par conséquent... esclave de ses affects tout comme le commun des mortels puisque tout ne serait qu’affects, affections, afflictions affreuses et laides !

                      Sans ce regard lucide et vigilant à propos de tout philosophe, aussi valorisé soit-il, force est de constater que des universitaires comme Lordon se condamnent à passer alors de la philosophie au music-hall en se faisant les ventriloques qui, d’un Spinoza, qui d’un Descartes.

     

                       « Il n'y a pas de valeur. Il n'y a que des processus de valorisation ; les affects seuls sont les opérateurs de cette valorisation. »

     

                        Pour revenir à l'affirmation de Spinoza, reprise par Lordon, appliquée à la philosophie et aux philosophes, on pourrait alors tout aussi bien affirmer ceci : "Il n'y a pas de philosophes ni de philosophie. Il n'y a que des processus de valorisation ; et seuls les affects sont les opérateurs de cette valorisation."

    En d’autres termes, sans ce processus de valorisation, Spinoza ne serait qu'une anecdote car, tout bien considéré, Spinoza n’est pas un philosophe en soi ; il a simplement bénéficié d’un processus de valorisation qui a fait de lui un philosophe reconnu comme tel par tous les universitaires  !

    Proposition absurde, bien évidemment car, Spinoza est un philosophe non pas grâce à ce processus de valorisation mais bien plutôt parce qu’il y a eu des philosophes avant Spinoza -  Platon, Aristote -, et parce qu’on a philosophé avant lui ; aussi, pas d’erreur possible : Spinoza est bien un philosophe parce qu’il existe ce qu’on appelle  « une histoire de la philosophie » à la lumière de laquelle on peut juger si Spinoza est un philosophe et de quelle importance, qui plus est.

     

                      Ludwig est un compositeur de la trempe d’un Beethoven parce qu’il y a eu avant lui, ou simultanément, Bach et Mozart ; Picasso parce… Goya, Vélasquez, l’Art africain… Pierre Boulez parce que (dans le désordre chronologique)… Stravinski, Debussy, Wagner, Webern, Schoenberg, la musique d'extrême-orient…

    A ce propos, Lordon semble ignorer que l’art contemporain, fossoyeur de l’art moderne, c’est la rupture ; et pas n’importe quelle rupture ; c’est la rupture propre au refus de l’histoire de l’Art, de la technique, de l’apprentissage et d’une forme de dépassement de soi devant son propre sujet, celui de l’artiste lui-même et de l’œuvre sur laquelle il travaille à un instant donné car l’art contemporain est plus un symptôme que le produit d’une affirmation esthétique, spirituel et civilisationnel ; un symptôme d’ordre économique pour l'occasion (qui nous renseigne sur ce qu’est devenue l’économie et la place qu'elle occupe !) et un malaise culturel (quels systèmes de valeurs pour quel type de projet de société ?) jusqu’à l’impasse et la mort de l’Art ; un Art suicidé par les « artistes » eux-mêmes, enfants d’une culture sans Histoire et sans passé, sans héritage et sans intimité ; une œuvre étrangère à l’artiste qui se regarde « faire l’artiste » avec plus ou moins de cynisme décadent. 

    Au royaume de l’indistinction, là où « tout se vaut », il n’empêche que tous doivent servir, artistes, salariés et patrons, la marchandise et la marchandisation du monde. Et tous ceux qui ont longtemps cru que l’Art, c’est « tout ce qui est indispensable et qui ne sert à rien » -  un peu comme affirmer, dans un autre domaine, celui du cinéma, qu’Hollywood ne fait pas de politique -, ceux-là n’ont rien compris : car rien n’a été plus instrumentalisé que l’Art, de tout temps, en tant que formidable vecteur de propagande au sens de propager, répandre, diffuser… une idéologie, une religion ; aujourd’hui, un ordre économique du "tout marchandise" ; et dans ce contexte-là, tout ce qui est cher, tout ce qui s’évalue à la hauteur de plusieurs millions d’euros a de la valeur ; et plus c’est cher plus c’est une valeur sûre parce que chère !

    Surprenant que Lordon ne cite pas Marcel Duchamp alors qu'il mentionne Warhol à propos de la question : « Qu’est-ce que l’Art ? Qu’est-ce qui fait Art ? Quelle valeur accordée à une œuvre en particulier ? »

    Dommage vraiment car, la ou les réponses de Duchamp à ce sujet sont très certainement bien plus riches en enseignements que celles de Spinoza repris par Lordon.

    Duchamp prophète, dénonce le « Tout est Art » à venir avant de se retirer dans un immense éclat de rire de désespoir et d'attendre la mort toute sa vie durant aprés avoir refusé la consolation de l’Art ; sa mort à lui Duchamp donc et puis aussi, la mort de l’Art ; un Art au service d’un ordre économique qui n’en finit pas de crever crise après crise tout en faisant mourir des millions d’hommes et de femmes dans des guerres économiques qui ont pour enjeu : l’accaparement des dernières ressources naturelles.

    Andy Warhol, jouisseur, quant à lui, célèbre la civilisation du « dollar » et s‘en remplit les poches. Warhol est de son temps, c’est-à-dire qu’il appartient au passé ; Duchamp prophète n’a de cesse de prédire l’avenir depuis plus d’un siècle.

     

                   A propos de l'Art, à l’écoute de Lordon, deux ignorances semblent se renforcer : celle de Lordon (génération pop-art et pop-music à la portée de tous ! Et si les artistes n’ont plus besoin de l’Histoire de l'Art et d’un apprentissage, leur public non plus ! Et ça tombe plutôt bien puisque ces deux exigences n’ont pratiquement plus droit de cité dans les écoles dites d’Art et les écoles tout court !) et celle de Spinoza qui ignore tout simplement l'histoire de l'Art : la peinture a ses maîtres, le dessin aussi, car l'Art c'est de l'histoire et de la technique.

    Entre le relativisme absolu d'un Spinoza (seuls les affects sont juges) et l'impasse académique d'un Kant sur le jugement esthétique, qui fait courir le danger d’un Art figé, sclérosé, bégayant qui n’a de cesse de se répéter,  il existe une autre voie : le talent ou le génie devant lequel tous sont contraints au silence, qu'ils aiment ou qu'ils n'aiment pas – adhésion, rejet, indifférence -, quels que soient leurs affects ou bien encore, pour revenir à Kant, quelle que soit la tradition auquelle l'oeuvre fulgurante est censée appartenir ou bien, semble s’en détacher avec plus ou moins de détermination, de préméditation et de virulence...

    L’œuvre s’impose alors d’elle-même, sans qu’elle ait pu faire l’objet d’un processus de valorisation ; tous les affects sont congédiés. Le complot n’a pas sa place ; il ne peut pas se déployer…

                     Le jugement par l'affect c'est le jugement par excellence de l'ignorance car l'émotion est le pire des mensonges lorsqu'il s'agit d'éclairer la vérité de l'Art qui est une transcendance... avec ou sans Dieu.

     

     

                      Extrait tiré d'une version longue de la conférence gesticulée - inculture 1 où Franck Lepage développe une demi-heure son propos sur l'art contemporain . filmé à Amiens pour associations d'éducation populaire : "la Boite sans projet" http://www.boite-sans-projet.org

    La conf. complète : https://www.youtube.com/watch?v=ixSI7...

    _______________

     

    Pour prolonger, cliquez : l'art contemporain fossoyeur de l'Art moderne

    ainsi que

     Les mirages de l'art contemporain

    Lien permanent Catégories : art contemporain 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu