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  • Reconstruire la gauche...

     

                Une gauche incontournable d'opposition et d'alliance gouvernementale

    melenchon, pierre laurent, jadot, hamon, reconstruire la gauche

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    1 - Dissoudre les partis socialiste, communiste et EELV...

    2 - Reconstruire un mouvement-parti (mouvement social qui place en son centre les militants dans le cadre d'une structure capable d'être systématisée) autour des Verts, des Communistes, des Socialistes soutiens de Hamon et de Jean-Luc Mélenchon : direction collégiale renouvelable tous les ans ; porte-parole multiples et tournant ; forte présence sur les réseaux sociaux et sur le terrain d’une force mobilisable de plusieurs centaines de milliers d'activistes.

    Avec pour objectif : un mouvement que l'on pourrait situer entre 15 et 18% incontournable pour quiconque, situé au centre et au centre-gauche, souhaite former un gouvernement, gardant à l'esprit que l'important en politique c'est de se rendre indispensable ; faire en sorte que l'on ne puisse pas se passer de vous.

     

                     Quand bouger ? Avant la défaite à la présidentielle ou bien après à quelques semaines des Législatives ?

    Valls qui veille dans l'ombre pourrait très bien prendre la direction du PS au lendemain de la défaite annoncée de Hamon à l'élection présidentielle. Or, perdre la direction d'un PS même en sursis peut être un handicap plus qu'un atout car Valls rebondira plus rapidement et mettra en danger le ralliement des élus socialistes autour de la création de ce mouvement-parti né de la dissolution entre autres, du PS.


    ***

                       D'aucuns parleront d'utopie à propos de ce projet de dissolution et de reconstruction ; qu'ils sachent que l'utopie sert aussi à mettre en lumière les manquements et le fait qu'en politique, rares sont ceux qui se montrent capables de se donner les moyens d'atteindre les objectifs et les résultats qu'ils se sont fixés ; en d'autres termes, rares sont ceux qui se montrent à leur hauteur des véritables enjeux (1).

    Or, en ce qui concerne la situation de la gauche, avec cette défaite annoncée de Hamon à la Présidentielle, l'enjeux pour les dix années à venir se définie comme suit : refondre, réunir, fédérer, construire un véritable projet autour de...

                        -  L'écologie au sens le plus large du terme : quel modèle énergétique, quel modèle d'urbanisme, quelle place doit occuper le travail et le salariat...

                        - L'U.E : remise en cause de l'intégration de la France dans une U.E qui se montrerait incapable de se réformer autour des axes suivants : une U.E qui aurait pour projet de contenir et de réguler le mondialisme ; une U.E qui accepterait de se soumettre à l'épreuve d'un contrôle démocratique sans précédent...

                        - La diplomatie française dans le monde une fois le constat suivant établi : l'Europe de l'U.E est bien trop petite pour la France qui a vocation à rencontrer et à s'adresser au monde entier : revoir notre positionnement avec la Russie et la Chine ; mettre un terme aux influences américaines, israéliennes et celles des monarchies du golfe sur notre diplomatie ; repenser notre relation avec l'Afrique en remettant en cause ce concept de Françafrique qui n'a qu'un objet : infantiliser ce Continent et continuer d’encourager la corruption de ses élites politiques et économiques pour le plus grand profit des multinationales françaises.

     

    1 – Il est vrai que si aucun des protagonistes ne se montre à la hauteur de la situation, au sortir de la présidentielle, Mélenchon affichera un score de 8%, EELV de 2% et le vote PS de ses trente dernières années aura été dilué dans les manigances de Valls et les candidatures d’un Hamon vaincu et d’un Macron dans l’attente de jours meilleurs.

     
     
                     
     
                  La réponse de Mélenchon à la proposition de rapprochement de Benoît Hamon n'est pas à la hauteur des enjeux explicités précédemment.
     
    Aussi, force est de constater ceci à son sujet : Mélenchon fait les bonnes analyses... c'est un tribun de talent... mais pour le reste... il faudrait qu'il comprenne que la France n'est pas le Guatemala, une petite république d'Amérique du Sud.
     
                  Sur cette vidéo, Mélenchon semble très très fatigué ; cet homme s’épuise... il est seul, « liked » par milliers mais seul.... entouré mais seul avec son public de "groupies" qui a beaucoup mal avec la remise en cause de "leur" Mélenchon et sa stratégie de solitaire qui les conduit tout droit dans le mur là où gît l'espoir au pied de la déception.

     

     

     

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    Pour prolonger, cliquez : Le PS doit mourir pour que la gauche renaisse

     

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  • Olivier Messiaen : un document exceptionnel...

     

                          

                       ... d'un homme d'exception !

     

     

     

     

                Compositeur français (1909-1992), dévot catholique (1), organiste, théoricien, compositeur, enseignant (professeur de Pierre Boulez et de Karlheinz Stockhausen ) Olivier Messiaen improvise à l'orgue de l'église de la Sainte-Trinité (Paris 09) là où il fut organiste 60 années durant.

     

     

     

    1 - Personne n'est parfait !

     

     
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    Pour prolonger... cliquez Olivier Messiaen
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  • Manifestation des infirmières en colère...

                

                                           ... C'était en novembre dernier

     

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                 Débats, analyses... universitaires, chercheurs, experts en tous genres, opposants politiques, ils parlent, ils parlent... ça jacte...

    Dans les faits, il y a aujourd'hui en France trois ou quatre professions qui savent vraiment de quoi elles parlent quand elles en parlent ; infirmières et infirmiers, aides-soignants et soignantes, sapeurs-pompiers qui interviennent en premier secours dans les zones urbaines, le plus souvent sur la voie publique, SAMU social...

    Ce qui se passe, de quoi il est question et ce à quoi nos compatriotes de tous les âges, français ou pas, des classes populaires aux classes moyennes déclassées et paupérisées sont confrontés, ce qu'ils vivent, comment ils le vivent... n'ayez aucun doute là-dessus : ces professions le savent !

    Quant aux médecins... là c'est déjà moins sûr ! A l'exception des internes des hôpitaux sans doute.

     

                 Pourquoi les infirmières, les aides soignants et les sapeurs pompiers  en particulier demanderez-vous ? Mais... tout simplement parce qu'il n'y a pas d'argent dans ces professions, pas de salaires mirobolants, pas de carrière prestigieuse, pas d'enjeux de pouvoir, pas de renvoi d'ascenseur arriviste. Aussi, ces professions n'ont-elles rien à perdre - ni à gagner soit en passant -, à nous expliquer sans arrière pensée ce à quoi elles sont confrontées chaque jour, de quoi elles sont les témoins.

     

     

     

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  • La gifle... quand Manuel Valls se croit intouchable

     

                  Lors d'un déplacement à Lamballe, en Bretagne, mardi 17 janvier 2017 un jeune homme Nolan L. âgé de 18 ans a donné - ou bien plutôt " a tenté " -, de donner une gifle à Manuel Valls. La scène s'est déroulée quand l'ancien Premier ministre, sortait de la mairie de cette commune des Côtes-d'Armor.

    Déjà visé il y a quelques semaines par un jet de farine, Manuel Valls a déclaré qu'il allait porter plainte.

     

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                   Que Valls ait pu juger nécessaire de porter plainte contre l’auteur de cette « gifle » nous donne à penser que Valls se juge intouchable alors que… de par sa fonction et la classe auquelle il appartient - classe politique s’entend -, ce même Valls est bel et bien le dernier à pouvoir prétendre n’avoir aucun compte à rendre à qui que ce soit. De plus, Valls semble avoir oublié ceci : il y a mille façons de rendre des comptes quand on a été chef de gouvernement car rappelons qu’en démocratie, il appartient à celles et ceux auxquels on se doit de rendre des comptes de choisir les modalités de cette obligation : et en ce qui concerne l’actualité qui nous occupe, une gifle rentre tout à fait dans ce cadre : c’est une modalité légitime.

    Certes, des hommes comme Valls ne se posent jamais la question de la légitimité et moins encore, celle de la crédibilité : leur légitimité et leur crédibilité en l’occurrence. Et puis ceci aussi :

     

                   

     

                                           Qui sème une claque récolte une gifle.

     

                      

     

                     Il y a des hommes qui suscitent, appellent la violence pour la pratiquer verbalement ou physiquement eux-mêmes : Sarkozy était de ces hommes ; Valls - ce Sarkozy du PS -, a pris le même chemin.

     

                   

     

                           Jugé en comparution immédiate, l’auteur de la gifle, un jeune homme de 20 ans, a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travaux d’intérêt général.                  

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    Pour prolonger, cliquez : Manuel Valls - une grenouille chez Jean de La Fontaine

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  • Jean Vasca & Co: des mains tendues dans l'axe du soleil

     

     

                              

     Amis soyez toujours... 
                         

     

    Amis soyez toujours ces veilleuses qui tremblent
    Cette fièvre dans l'air comme une onde passant
    Laissez fumer longtemps la cendre des paroles
    Ne verrouillez jamais la vie à double tour

    Je suis là cœur battant dans certains soirs d'été
    A vous imaginer à vous réinventer

    Amis soyez toujours ces voix sur l'autre rive
    Qui prolongent dans moi la fête et la ferveur
    Des fois vous le savez il fait encore si froid
    Le voyage est si long jusqu'aux terres promises

    Je suis là cœur battant dans tous les trains de nuit
    Traversant comme vous tant de gares désertes

    Amis soyez toujours l'ombre d'un bateau ivre
    Ce vieux rêve têtu qui nous tenait debout
    Peut-être vivrons-nous des lambeaux d'avenir
    Et puis nous vieillirons comme le veut l'usage

    Je suis là cœur battant à tous les carrefours
    A vous tendre les mains dans l'axe du soleil

                                             Jean Vasca.

     

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    ***

     

                   Henri Tachan, Colette Magny, François Béranger (pour les plus diffusés) et tant d'autres, Allain Leprest, Romain Didier - garde prétorienne et force d'appoint derrière un Ferré, un Jean Ferrat, un Claude Nougaro -, auteurs, compositeurs, sans oublier quelques interprètes (Mouloudji, Marc Oger...), jamais la production discographique ne s'est aussi bien portée  dans ces années-là, années 70, même si la diffusion pouvait quelquefois traîner un peu la patte !

    Il y avait alors, semble-t-il, une place et des moyens (orchestre, arrangement, direction artistique) pour tout le monde, même pour les plus engagés, les plus têtus, les plus exigeants... avant le resserrement, le rétrécissement et puis, l'étouffement et la rupture : la table rase des financiers et la fin de la transmission.

                Ce que vous n'avez pas connu ne peut en aucun cas vous manquer ? En sommes-nous si sûrs aujourd'hui ?

     

    Allain Leprest qu'on a pu rater de peu ; il est  décédé en 2011

     

     

                 40 ans plus tard, ceux qui sont encore là parmi nous, à nos côtés sans que nous soupçonnions leur présence au monde, et ceux qui se produisent sur scène, n'ont pas cédé ; ils n'ont ni renoncé ni baissé le niveau de leurs exigences :

     

                             

     Jacques Bertin

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    Pour prolonger, cliquez : Le rap au secours de la langue française

     

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  • Au bas mot... Obama

         

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                  44e président des États-Unis, élu pour un premier mandat le 4 novembre 2008 puis réélu, pour un second, le 6 novembre 2012, la présidence de Barack Hussein Obama touche à sa fin, et force est de constater que l'on ne compte plus les éloges à son endroit ; une présidence décontractée est évoquée, un président-animateur et orateur sans rival aussi ; une animateur des intérêts de son pays comme d'autres... des ventes de la firme qui les emploie, et bon baratineur ce président ? Tous se gardent bien de le préciser.

    Qu'à cela ne tienne ! d'autres plus lucides ou simplement, libres et courageux, n'hésitent pas à résumer la présidence Obama comme suit : Obama, c'est la continuation de la politique de Bush-fils par d'autres moyens, à savoir les mêmes : bombes et re-bombes !

    Bush fils détruira l'Irak. Obama qui ne voulait sans doute pas être en reste, réservera le même sort à la Syrie et à la Libye car, en ce qui concerne ce pays, si les balles et les bombes étaient françaises et britanniques, on sait que le renseignement aérien et terrestre était américain ; politique étrangère qui, de Bush à Obama, laissera des millions d'Arabes - musulmans pratiquants ou non -, sans secours, sans protection, sans frontières, sans Etat, sans droits, sans armée, sans police (en dehors des sociétés privées américaines de mise à disposition de mercenaires sans foi ni loi) et sans recours ; des millions d'êtres humains à la merci de prédateurs sortis d’on ne sait de quel chapeau ; groupes « jihadistes » qui ne cessent de croître comme des champignons après la pluie depuis l'arrivée d'Obama  :  Al-Qaïda, Al-Nosra, Aqmi, Boko Haram, l’Etat islamique... et d'autres encore.

    Toujours à propos du bilan de la présidence Obama, et dans la foulée, évoquons brièvement le fait que jamais la cause palestinienne n'a été autant bafouée car jamais Israël et les Monarchies du Golfe, deux alliés incontournables des USA,  n'ont autant dominé au détriment de la liberté et de la justice des Peuples de cette région.

    En ce qui concerne l'Europe, là encore, jamais l'étau américain  (avec l'allemagne en soutien) et son rouleau compresseur ne se sont autant opposés à une construction européenne un tant soit peu indépendante sur un plan économique et politique, jusqu'à créer sans hésiter ni sourciller, les conditions d'un conflit ouvert entre l'Europe et la Russie de Poutine.

    Et puis enfin, à l'intérieur des frontières des USA, jamais, sous Obama, il n'a été aussi périlleux d'être pauvres et noirs aux Etats-Unis ainsi qu'ouvriers payés à quelques Dollards de l'heure ; la candidature éphémère de Bernie Sanders et les événements dramatiques de "maintien de l'ordre" de la société américaine auront  au moins permis de le rappeler au monde entier. Autant pour ceux qui, en 2008, ont salué la victoire de ce Président noir, comme un miracle - miracle poétique ; deux auteurs auront mérité la palme d'or et de la bêtise et de l'ignorance à ce sujet : Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau ; deux auteurs antillais, qui plus est.

    Quand on vous dit que la littérature contemporaine est incapable de penser le monde !

    Et puis, allez donc chercher et trouver ne serait-ce qu'une seule excuse à ces deux acolytes car ces derniers auraient dû se souvenir que l'on ne juge pas un homme sur la couleur de sa peau.

     

                    Cerise sur le gâteau indigeste d'une présidence d'un égoïsme sans précédent - "Tout pour ma gueule ! Ma gueule à moi d'Américain affairiste et dominateur !' -, car jamais les USA ne nous ont autant donné à comprendre qu'ils ne partageront le monde avec personne, la présidence Obama, présidence tout en ombre chinoise, accouchera de crises financières sans égard pour notre économie, ici, en Europe.

    Qui aime bien, châtie bien sans doute !

     

     

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                  Pour faire court, on dira qu'Obama, ce Président bavard monté en chaire et qui n'a jamais vraiment quitté l'estrade de son église -  l’Église unie du Christ, une branche progressiste de l’Église protestante réformée -, n'aura donc pas cessé, huit années durant, de rembourser l'argent collecté en 2008 lors de sa campagne ;  une collecte record nous avait-on précisé.

                   Une chose, une dernière.... oh ! trois fois rien : de leur côté, jamais les médias dominants français, publics comme privés n'ont autant fait l'éloge d'une présidence américaine, celle d'Obama ; une présidence en trompe l'oeil... pour des aveugles en particulier.

    Et puis, finalement, n'est-ce pas, quelque part, ce nouvel ordre mondial (USA, Otan, Israël, les Monarchies du Golfe et les banques) né d'un mondialisme pour multinationales seules qui paient leurs salaires à tous ?

    C'est à croire... tellement l'engouement des médias pour cet ordre est manifeste, eux tous serviles, flagorneurs impénitents aux ordres du Grand mensonge par omission.

                  Qu'est-ce à dire alors ?

                  Il sera dit que ces médias viennent, une fois de plus,  confirmer ce divorce tant décrié avec le réel ; notre réel, et celui des Peuples, au quotidien, car jamais la vérité n'aura été autant méprisée par ceux qui sont pourtant censés la protéger ; la vérité des faits et leur chronologie.

    Aussi, pour cette raison, on ne méprisera sans doute jamais assez tout le personnel de ces médias, et un métier en particulier (pour ce qu'il en reste !) : celui de journaliste.

     

     

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                               Au bas mot... Obama...

                               Ou l'excellence d'une candidature et d'une campagne sans programme

     

                                 Billet de blog publié au lendemain de l'élection d'Obama à la présidence des USA : en 2008 donc.

     

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                  Suite à la victoire de Barack Obama, et face à tous les changements attendus (ou mal-entendus ?), à quand... l'énumération de tout ce qui... dans la société américaine et dans la politique étrangère des Etats-Unis ne changera pas sous la présidence Obama ?                 

                  Voici quelques pistes...


                  L’Irak, l’Afghanistan, la pauvreté et les inégalités dans la société américaine, Israël-Palestine et la politique du "as little as possible", la crise financière en attendant une crise économique, la peine de mort, In God we trust, la rivalité idéologique et économique Europe-Etats-Unis, la gestion de la relation avec une Chine devenue "Hyper-puissance financière et économique", l'Otan et la Russie...

                 (N'hésitez pas à contribuer à cette énumération ! Pour cela, utilisez la fonction "commentaires" !)

     

                  Et dans cette attente... qu'il soit permis de dire, ici, que Barack Obama, avant d’occuper la Maison Blanche en janvier, pourra longuement remercier les politiques de ces trente dernières années, de Reagan à Bush, en passant par le couple affairiste des Clinton car, si ces politiques n’avaient pas finalement condamné des pans entiers de la société américaine blanche à partager le sort de la grande majorité des noirs dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement et des salaires, jamais Obama n’aurait été élu...

    La crise financière étant le dernier clou dans le cercueil des Républicains, de la présidence en lambeaux de Bush, les Américains n’ont rien trouvé à sauver ; et les élites économiques et financières dangereusement discréditées, elles, ne se sont pas gênées pour financer la campagne d’Obama au-delà de ses espérances car... elles ont très vite compris que Barack Obama, l'homme sans passé, l'homme neuf, était seul capable de les sauver eux tous avant le retour de...  "business as usual !"

    Au crédit d'Obama, toutefois : l'excellence de sa candidature ; une candidature sans programme, certes ! mais néanmoins parfaite* ; dans le cas contraire, crise ou pas, les Américains n’auraient vu en Obama qu’un noir de plus (et de trop), avant de s'empresser de lui opposer une fin de non recevoir ; et son propre parti n'aurait pas été le dernier à le faire.

     

    Et puis très lisse et très policée la candidature d'Obama sortie tout droit d'un casting pour une pub de la Silicon Valley : Microsoft, par exemple ; world company, world people, world President pour un monde... "world", cette candidature ?

                                    

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               Nul doute, Obama aura bénéficié de circonstances exceptionnelles ; les Clintons le savaient : il suffisait de se baisser pour ramasser la victoire - eux qui n’étaient pas disposés à laisser le premier noir venu de nulle part la leur rafler.

              Aussi, ne nous réjouissons pas trop vite : noir ou pas, avec Obama, la question raciale demeurera encore et pour longtemps, au coeur de la société américaine, indissociable de son fonctionnement, les appartenances ethniques étant un critère absolu de détermination et ce, bien avant celles de la classe sociale ou du parti politique auxquels on peut appartenir.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Obama : 26 bombes sur 7 pays en 8 années de présidence

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  • Le temps d'un voyage... en commun

                  

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               Que l'on ne s'y trompe pas... le sujet de cette photo, ce sont les transports en commun. Pour quiconque entreprend un déplacement en autobus, le composter et le boîtier de demande d'arrêt feront l'objet d'une attention toute particulière ; attention à l'origine de laquelle on trouvera deux préoccupations : en cas de contrôle, être en règle, et puis  descendre là où l'on envisage de le faire, ni avant ni après si possible.

                A noter chez cette jeune femme la direction de son regard : en effet, dans les transports dits "en commun", le regard des passagers est tourné, le plus souvent, sinon toujours, vers l'extérieur ; car, dans les faits, on ne voyage pas "en commun" ; on n'a qu'un souci : voyager seul ; et qu'une hâte : s'extraire de ce "collectif" et de cet environnement "en commun" qui nous sont imposés ; tenter ou feindre d'y échapper (et d'en réchapper) mentalement à défaut de pouvoir le faire physiquement, devient une nécessité absolue.
     
    Autant pour la sociabilité et le lien social donc. Doit-on alors évoquer une sorte d'insociable sociabilité de l'être humain depuis qu'il ne "choisit plus" ou bien plutôt... depuis que les circonstances de sa naissance ne décident plus, une fois adulte, ni de son lieu de résidence ni de son lieu de travail, ni de ses voisins, et moins encore, de ceux avec lesquels il devra composer par voie de conséquence, tous partageant le même sort sans pour autant désirer en communiquer tout le malaise (toute la solitude ?) et parfois même, toute la souffrance ?
     
               Décidément, dès qu'il n'est plus question de "nous"... l'étranger est partout ! C'est à croire.
     
     
     
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                "J'entends ici par antagonisme l'insociable sociabilité des hommes, c'est-à-dire leur penchant à entrer en société, penchant lié toutefois à une répulsion générale à le faire, qui menace constamment de dissoudre cette société. Une telle disposition est très manifeste dans la nature humaine. L'homme possède une inclination à s'associer parce que, dans un tel état, il se sent davantage homme, c'est-à-dire qu'il sent le développement de ses dispositions naturelles. Mais il a aussi un grand penchant à se séparer (s'isoler) : en effet il trouve en même temps en lui ce caractère insociable qui le pousse à vouloir tout régler à sa guise." - Simone Manon, philosophe.
     
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    Pour prolonger... cliquez Serge ULESKI en littérature
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  • Election présidentielle 2017 : le spectre d'un François Mitterrand vampire

     

     

    le spectre de mitterrand, élection présidentielle 2017

                   Avec un FN aujourd'hui donné en tête au premier tour, et par voie de conséquence... présent demain au second tour de l'élection présidentielle 2017, et ce pour la seconde fois… c'est bel et bien une élection à un seul tour qui se dessine.

                  Toute la classe politique en avait rêvé de cette élection présidentielle à un tour, Mitterrand l’a fait !

                   Merci à ce François Mitterrand tout occupé à boire le sang de notre vie démocratique jusqu'à son assèchement ! Merci à François Mitterrand-vampire pour ce rapt, pour cette captation d'un processus démocratique propre à une 5è République maintenant moribonde ; un Mitterrand qui n'aura pas d'autre souci que d'aider le Front National de Jean-Marie le Pen à mettre un pied à l’étrier médiatique avec pour conséquence : un FN passant de 2% à 26% en 30 ans ; un succès politique qui ne s'est pas démenti. S'ensuivra alors  l’instrumentalisation éhontée par un homme et  par un parti (le PS) de ce Front National  avec pour seul objectif : diviser la droite et assurer la ré-élection d'un président qui aura placé, très tôt, dès les années 30, sa carrière politique seule - longévité et ascension - au centre de son existence.

    Il est vrai que l'on ne peut cacher très longtemps d'où l'on vient.

     

                   Car force est de constater ceci : dorénavant, sera Président celle ou celui, qui, dès le premier tour, occupera la deuxième ou la première place derrière ou devant le candidat FN : hier, le Pen père, aujourd'hui sa fille, demain sa petite-fille car tout se passe en famille comme pour Fillon.

    23% des voix suffiront pour rafler la mise : l’Elysée, cinq années durant, 10 peut-être... tout en continuant non pas à donner mais bien plutôt à obéir aux ordres... tout en affichant des allures de patron, fanfaronnant du haut du perron... pour n'avoir finalement, privé de courage, le plus souvent qu'un seul talent : celui des manigances politiciennes destinées à se maintenir cinq années de plus !

     

                  Et c'est alors que le voyage à Jarnac prend aujourd'hui encore tout son sens : aller cracher sur la tombe d'un président ruminant des années durant sa victoire ; un président auto-centré qui n'avait finalement, et malgré ses digressions littéraires à caractère rural - étable et bouse de vache -, aucune idée de la France et de son peuple : et aucune ambition pour eux deux non plus.

     

    Pour prolonger, cliquez : Jarnac, 5 minutes d'arrêt

     

     

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  • Personne ne nous préservera, aujourd’hui moins qu’hier

                  Son travail est devenu un mensonge. Il n’est plus ce qu’elle aurait souhaité qu’il soit. Même si elle s’est bien gardée d’en parler pour ne pas s’attirer les foudres de son entourage, elle a pensé à un départ. Une folie à son âge. Quelles seraient ses chances de retrouver un emploi à 53 ans ?

    Brillante ascension ! Rapide cette évolution professionnelle entre trente et quarante ans ! Et puis, soudain, plus rien. Spectatrice, elle s’est contentée de regarder ses collègues gravir les marches d’une ascension professionnelle sans limite, les félicitant à chacune de leur nouvelle nomination, jusqu’au retour de ces derniers après des allers et venus incessants dans les filiales, les agences, pour finir  - ironie de l’histoire des carrières évolutives ! -, par devoir rendre des comptes à ceux-là mêmes qu’elle a vus naître et qu’elle a encadrés des années durant.

    Dans ces moments-là, on réalise toute l’étendue parcourue… sur-place ! Son étendue et sa durée aussi, face à ceux qui n’ont pas cessé de progresser, de croître et de dominer leur parcours professionnel.

     

              Il lui aurait fallu faire preuve d’une mobilité à toute épreuve : Paris, Toulouse, Lille, deux ans là, trois ici, quatre ailleurs…en SDF de l’encadrement tel un individu réduit à cette part de son identité la plus faible et la plus fragile qui soit : celle qui ne dépend pas de lui mais des autres et du regard qui sera porté sur son travail, son motivation, sa capacité à accomplir et à faire accomplir ce qui doit l’être. Identité qui a pour socle : le jugement d’autrui. A terme, un enfer cette dépendance et cet œil scrutateur de tout.


    La fonction fait l’homme quand l’homme n’attend plus rien de lui et qu’il espère tout de la fonction qu’il exerce et remplit à satiété : croissance, épanouissement, pouvoir, gratifications, reconnaissance. Tout un projet de vie. Unique projet de vie.

    Si elle n’a jamais voulu ou pu conduire sa carrière, désireuse qu’elle était de privilégier et de protéger sa vie privée, son rôle de mère et d’épouse, en revanche, d’autres femmes s’y sont essayées au triptyque famille, couple et travail.

    D’autres encore s’y sont noyées jusqu’à s’y oublier : pas de famille et pas de couple mais du travail, encore du travail et puis un jour, plus de travail, à quarante cinq ans passés ou bien, plus qu’un travail qui n’est que l’ombre du travail qu’on a effectué des années durant et le salaire aussi, après une mise au placard douloureuse. Et toujours pas de famille, pas de couple. Panique ! Aigreur ! Pas d’enfants et pas d’épaules sur laquelle s’appuyer quand le moral est au plus bas.

    Se sont-elles imaginées pouvoir vivre sans ? Sans doute ont-elles pensé pouvoir gérer le manque, la solitude, la frustration. Et même s’il leur est arrivé d’être invitées le samedi soir par des amies mariées et mères de famille, nombreux sont les couples qui n’ont jamais vraiment su quoi faire d’elles.

    Une femme seule, jolie de surcroît, c’est déjà une rivale, une prédatrice - et qui sait même ! -  une chasseuse sans scrupules : « T’avise pas de lorgner sur mon mari… sinon !!! »

    Femmes sans passé, sans avenir puisqu’aux yeux de leur entourage, elles ont longtemps donné le sentiment de n’avoir rien cherché à construire. Au fil des ans, leurs relations amoureuses n’ont débouché sur aucun concubinage, aucun mariage et pire encore, aucune maternité. De là à les juger, toutes ces femmes de carrière sans mari et sans enfant, incomplètes et comme inachevée…


    Une femme seule est une femme sans projet en dehors de sa carrière qu’on peut ou ne pas leur envier- le salaire, du moins - car, pour le reste : pas d’enfant, pas de mari, pas de foyer… non merci !

    De leurs amies, ils peuvent encore en attendre un peu de compassion, du moins, pour ce qu’elle est encore capable d’exprimer dans le cadre d’une relation de femme mariée avec enfant face à une autre femme, seule et sans emploi depuis la veille au soir : « Tu vas faire quoi ? Pas de boulot et toujours pas d’enfant, pas de mari ? T’as quelqu’un sous le coude, au moins ?»

    Et puis, une fois que le mal est fait, viennent les encouragements : « Bon. T’en fais pas. Tu trouveras bien quelqu’un. Mais là, faut foncer ! Mariage, enfants et tout. Te pose pas de question ! Tu le lâches pas !!!! »

                   Les belles années passent vite d’autant plus vite qu’elles sont courtes. On a donné, on a tout donné. On a un temps reçu : honneurs, sourires, attention, un peu d’argent, un salaire confortable. Tout reçu donc ? Des miettes rétrospectivement, une fois qu’on mesure l’ampleur des dégâts sur soi.

    Il y a une chose qui ne se mérite pas et qu’on n’achètera pas non plus, car elle ne se vend pas ; cette chose, elle se donne gracieusement à quiconque souhaite l’acquérir : c’est la juste évaluation des risques que l’on court à vouloir les courir tous  ; évaluation à des fins d’anticipation qui nous permet d’entrevoir ce que l’on s’évertuera à nous cacher aussi longtemps que notre engagement servira, non pas notre intérêt - celui de notre propre existence sur toute une vie - mais ceux des autres, pour le temps qu’il leur sera donné de nous les confier pour les faire fructifier.

                  Car, personne ne nous préservera, aujourd’hui moins qu’hier, depuis que l'on nous somme de nous exposer. Alors, autant retenir la leçon de ceux qui choisissent de ne jamais cesser de cultiver leur jardin entre deux avions, deux TGV et deux séminaires - brain storming ou pas !

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    Extrait du titre : "La consolation"

     

    A propos de l'ouvrage... cliquez La consolation

     

     

     

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  • La ballade de Luc : "Je veux rentrer chez moi !"

     

     

                     "Quand je pense à la majesté de cette nature qui ne ressemble à rien d‘autre qu‘à sa propre image et qu’à sa propre nature qui est d’être ce qu’elle est, sans chercher à être ce qu‘elle ne sera jamais. Il faut l’avoir vue cette nature et y avoir vécu dans cet environnement pour réaliser à quel point la force paisible et rassurante de cet environnement si banalement cohérent parce que... cohérent de l’intérieur… à quel point l’évidence de cette cohérence vous rend fort et respectueux. Là-bas, je me sentais protégé, dans ces grands espaces car j’étais à l’abri de l’arbitraire dans ces forêts denses mais hospitalières, là où rien n’existe, là où rien ne jaillit sous la contrainte d’une recherche effrénée d'une prise de pouvoir.
    - C’est sûr Luc ! On vit toujours mieux là où on vivait bien ; et plus encore quand une fois ailleurs, on vit mal.

    - Te moque pas Matthieu ! Là-bas, l’expérience de la nature est immédiate. Le temps s’écoule - c’est vrai ! -, les heures, les semaines, les mois, les années mais le temps reste immobile aussi car je sais que je retrouverai toujours ce que j’ai quitté la veille au soir ou la saison dernière. Et... seule la nature est capable de vous rappeler qu‘hier, c‘est demain et qu‘aujourd‘hui...  c‘est aussi hier. C’est comme un éternel retour... en boucle : un vrai cycle, cette boucle qui a la forme d’une roue…

    - Je vois.

    - Tu sais de quoi j'ai besoin, finalement ?

    - Non, Luc. Dis un peu pour voir.

    - Je veux du statique, Matthieu ; de la stagnation. Je veux qu’on me repasse les mêmes plats, toujours ! Qu’ai-je à faire de leur Histoire universellement humaine et de ses soubresauts ? Matthieu, je veux de la monarchie ! Oui, de la monarchie mais... sans monarque ! Et puis, non ! Je sais ! Je veux... du féodal. Mieux encore, Matthieu ! Je veux de l’antique. Non, et non ! C’est pas encore ça.

    - Encore un effort Luc, tu vas y arriver.

    - Je veux des grottes, des cavernes, des horizons bouchées par la peur de l’inconnu... cet inconnu qui nous menace quotidiennement et contre lequel rien n‘est envisageable parce que rien n‘est possible parce qu‘on ne saurait rien de rien sur rien. Non, on ne saurait rien, Matthieu. Tu imagines un peu ? On ignorerait tout sur tout. Alors, je veux l’ignorance crasse de ceux qui ignorent tout car je veux ne plus rien savoir. Je veux une absence totale d’imagination et de compréhension. Je ne veux plus d’interrogation, plus d’anticipation et plus de suspense. Matthieu, ça y est : j'ai trouvé ! Je veux de la pré-histoire. Oui, c’est bien ça ! Je me fous des grandes marches en avant, des luttes armés et de ce progrès qui serait un progrès. Il n’y a de place pour personne dans ce mouvement abstrait de la production et de l’exploitation à tout va. M’approprier ce temps que l’on dit historique pour m’assurer que demain sera irréversible et commencer chaque jour à faire le deuil de la minute qui vient de s’écouler, à quoi bon ? Je veux vivre loin de cette contemporanéité en perpétuel mouvement, et dans laquelle je sais que je serai sacrifié. Oui, Matthieu, je serai englouti et sacrifié en pure perte dans cet environnement. Alors… pourquoi irai-je docilement à l’abattoir ? Hein ? Pour être sûr, je veux être un étranger de l’histoire de mon temps et des temps à venir. Plus rien ne doit s’acheminer ou tendre vers moi. Je veux tirer le rideau. Je ne veux plus y prendre ni... en prendre ma part. Je veux qu’au cadran de ma montre il soit midi... toujours et encore ! Je veux que midi vienne me sonner les cloches à toutes les heures du jour et de la nuit. Je veux un ordre immuable, mythique et cyclique. Je veux retrouver les mêmes couleurs, les mêmes odeurs dans la succession des saisons immuables. Je ne veux pas orienter dans le temps, dans la production, dans la transformation, dans l’accumulation, l‘expansion, l'optimisation, la découverte et dans l‘expérimentation à tout craindre, d'un environnement qui serait malléable et corvéable à merci. Je veux... ne rien pouvoir et ne rien vouloir. Je ne veux plus rien produire et je ne veux plus que l‘on produise quoi que ce soit pour moi. Je ne veux plus que l’on commande et qu’on... me... commande quoi que ce soit ; que ce soit au comptoir, au bar ou bien, à table. D’ailleurs, je quitte le banquet. Je n’ai plus faim... plus faim de rien du tout. Je te le dis Matthieu : je ne veux plus que l’on cherche à me communiquer quoi que ce soit. Je veux de l’indicible. Je veux le gèle, l’hiver, le froid. Je veux retrouver une réalité commune dans la permanence du temps qui s’écoule et qui me revient comme un écho des temps immémoriaux, loin de la menace de l’oubli. Je veux du réversible, de la marche arrière, du rétrograde, du ringard. Je veux qu’aujourd’hui soit demain et demain... la veille, comme quand on veille et qu'on s‘endort... pour mieux renaître, somnambule. Je veux une histoire sans pouvoir, une histoire stérile et impuissante. Je veux qu’on lui coupe les couilles à l’Histoire et les ovaires aussi ! Je ne veux plus de procréation. Je veux une histoire qui n’accouche plus de rien du tout ; une histoire qui n’engendre pas d’histoires à raconter et à hurler de rire pour se dépêcher de ne pas en pleurer de honte et de dégoût. Je ne veux pas du temps qui passe et qui efface toutes les traces. Je veux un temps qui revient, à heure fixe, chaque année et à chaque saison. Je veux entendre la même musique, jouée par le même orchestre sous la même baguette cinglante d’un chef sans vision, sans projet, sans ambition et sans lubies. Un chef éteint, à l‘ampoule grillée. Je veux aussi une histoire sans heurts, figée pour hier, aujourd’hui et demain. Je veux un temps présent perpétuellement présent et qui ne soit pas rongé par une histoire en marche. Je veux de l’inépuisable. Je rêve d’un espace clos et moi dedans mais libre de ne rien vouloir. Je ne veux plus d’orientation et... ensuite et... enfin... à la fin des fins, je passerai dans l’au-delà, là où plus rien ne se passe, et là où rien ne passe. Mais... en attendant et entre temps, dans le compte à rebours, je veux vivre dans le mythe, tel un mythe, en équilibre, tel un funambule entre ce qui a été et ce qui sera... de tout temps... ce temps qui est ce qu'il a toujours été, loin des passions messianiques. Quant aux utopies millénaristes, je leur souhaite qu’une chose : de crever de leur belle mort d’illusions paradisiaques de pacotilles millénaristes. Je veux, aux mêmes conditions et dans les mêmes termes, retrouver encore et toujours, les mêmes conditions de vie et de mort. Je ne veux plus de lieux personnalisés, historiquement chargés d’histoires à dormir debout. Je veux tout arrêter, prendre mes jambes à mon coup et crier : "Au secours !" pour mieux m'en retourner ; et puis, une fois arrivé sur place, me dire que plus jamais rien ne viendra bouleverser cet ordre retrouvé dans l’ancien ordre qui sommeillait en moi comme une enveloppe d‘éternité. Matthieu, je veux être un arbre, un chêne, planté là sur mes deux troncs en forme de pattes et mes deux pattes en forme de jambes et je veux être reconnu comme tel. Je veux de l’ordre ancien comme cet arbre ancien enraciné dans la mémoire des plus anciens maîtres. Je ne veux plus de flexibilité. Je ne veux plus de dissolution. Je ne veux plus d’appropriation ni d‘expropriation. Je ne veux plus de mouvement général et de processus historique. Je me veux fossile et momie. Je ne veux plus rien de collectif. Je me veux, moi, tout entier et... personnel. Je veux comme seule réponse aux maux et aux crimes de notre époque, attendre l’imminence de mon grand retour parmi les sauvages et les primitifs, et avec eux, je veux me bercer d’illusions jusqu’au vertige et jusqu’à l’ivresse. Je ne veux plus d’histoires avec personne. Je veux qu’on me foute la paix ! Je veux qu’on me serve les mêmes balivernes, sempiternelles balivernes, parce que celles-là, au moins, on sait d’où elles viennent. Tu comprends, Matthieu ? Car, elles viennent de loin, de très loin même, toutes ces vieilles balivernes de vieille lanterne qui n‘éclaire plus rien au-delà de sa propre myopie chronique et mythique ! Matthieu, est-ce que tu comprends ?! Je veux la nature mais ... sans l’homme et sans cette société. Je veux... tout et plus encore, tout ce que l’on veut quand on ne veut plus rien du tout ; et... contre toute attente... et alors... et aussi... je veux rentrer chez moi Matthieu ! Oui ! Je veux rentrer à la maison !

    - Je comprends Luc ! Je comprends. Bon. En attendant, il faut que je retourne à ma table de travail. Je te laisse. Je vais lutter contre les ténèbres. Lutter et vaincre !

    - C’est ça Matthieu, c’est ça. Va ! Ca t‘occupera."

     


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    Extrait du titre : « Des apôtres, des anges et des démons » - copyright Serge ULESKI

     


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