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Le fascisme langagier ou la dictature d’une langue de bois paroxystique

           

                   "... Renoncez à vos pensées, même les plus simples et les plus naturelles ! Aveuglez-vous et privez-vous de la volonté ! Et que la nature meurt en vous ! Acceptez de ne voir la vérité* que lorsqu'il lui plaira de se montrer !"

 

La religieuse de Diderot - adaptation Rivette 1965.

(* Dieu, dans l'original)

 

                Le fascisme langagier consiste à exposer un individu à un vocabulaire - souvent positif pour intimider et dissuader toute critique - qui n'admet aucune ambivalence ni aucun "oui mais". Le fascisme langagier et sa dictature, c’est donc le choix d’un vocabulaire contre lequel personne n’osera énoncer de contradictions sans courir le risque d'un verdict-anathème qui équivaut à une mort sociale, médiatique et professionnelle.

Aussi, tout individu qui refuse d'adhérer à l’univers conceptuel de ce vocabulaire et de le valider pour mieux l’intérioriser et le reprendre à son compte jusqu’à l’adapter à sa propre personnalité, - l’ajuster à sa taille -, peut se voir qualifier ou bien plutôt disqualifier en tant que…

C’est au choix…

               -  Fasciste, raciste, antisémite, complotiste paranoïaque, nationaliste, populiste, homophobe, islamophobe, démagogue, anti-européen, anti-américain...

Ou plus prosaïquement :

               - Forte tête, troll (spécifique à Internet), mauvais esprit, réac, trouble-fête, récalcitrant habité par un ressentiment et une aigreur aussi haïssables que coupables.

 

                 La bien-pensance et la langue de bois sont à la fois les causes et les effets de cette dictature du "fascisme langagier" ; une langue de bois paroxysmique sans conteste et sans rivale dans son application pratique au quotidien et dans ses implications dans la pensée comme dans l'action.

Les terrains de prédilections de cette dictature sont l’économie (l’entreprise), la politique (les élus et les gouvernements) et les médias (animateurs d'une démocratie croupion) : tous la subissent, tous l’entretiennent, tous en seront un jour les victimes, tous contribueront un jour à la ruine d’un de ses acteurs.

Dissuasif, exercé par le fort sur le faible - poids lourd contre poids plume -, c'est la nature même du verdict-anathème (fasciste, antisémite, complotiste paranoïque - pour les verdicts les plus définitifs) qui est prononcé contre quiconque refuse d'adhérer à cette langue de bois paroxystique (car, on ne peut pas faire plus "langue de bois") qui fait de ce langage une dictature de type fasciste.

Trente années de cette langue de bois et de "bien-pensance" ont ouvert un boulevard à cette dictature. Et si Internet est aujourd'hui la cible privilégiée de cette dictature qui attend tous les internautes au tournant... c’est que dans les médias de masse, médias dits "dominants", le "ménage" a été fait il y a longtemps déjà : en effet, tous ceux qui étaient susceptibles de refuser de se soumettre à cette langue de bois paroxystique ont été évincés.

 

                   Le « fascisme langagier » n'est pas concerné par l'insulte car le fascisme langagier n' est pas une violence faite au langage mais une violence dirigée contre l'altérité, la contradiction, la dissidence... une violence contre le "oui mais..."… violence exercée auprès de millions d’individus par le biais d’un discours qui les met dans une position telle qu’ils n’ont alors qu’une option : l’adhésion-validation.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, dans ce contexte  - contexte pervers –, ce sont les individus apriori les plus violents qui sont les plus respectueux de l'altérité (dans les faits, ils se débattent dans un univers unidimensionnel qu'ils savent mensongers), et les individus les plus sereins, les bien-pensants (qui se satisfont de cet univers unidimensionnel), qui s'avéreront les plus intolérants et les plus dangereux pour l’intelligence, la liberté et la justice. Et s’ils sont si nombreux à peiner à identifier la dictature de ce "fascisme langagier" pour ce qu'elle est, c'est précisément parce que cette langue de bois paroxysmique triomphe partout et qu’elle n’a rien en commun avec une violence explicitement physique ou verbale dans son articulation et dans son déploiement.

La dictature du fascisme langagier n’a donc rien en commun avec des chemises noires, des brassards, des bras levés, des matraques et un Duce vociférant  du haut d’une tribune dans le bruit et la fureur même si, comme sous un régime fasciste, vous ne pouvez pas ne pas adhérer ni refuser de valider ce à quoi il vous est demandé de souscrire. Il va sans dire mais… beaucoup mieux en le disant : sous le règne de cette dictature, dire la vérité c’est mentir.

                La dictature du fascisme langagier n’est pas non plus une sorte de fascisme soft. Il s’agit d’un fascisme d’un nouveau type : un fascisme qui ne sera jamais reconnu pour ce qu'il est, bien qu'il soit omniprésent. Et rares sont ceux qui sont à même de reconnaître cette dictature pour ce qu'elle est : du fascisme ; et ce pour deux raisons :

- Les uns connaissent toute la violence de la sanction de cette dictature et refusent de sacrifier disons… leur carrière ou leurs ambitions, morts de trouille à l’idée de la relégation et du bannissement.

-  Les autres refusent de l’identifier sous sa véritable identité de peur de devoir s’y opposer frontalement, se sachant inaptes à un tel affrontement.

                    Le fascisme langagier se distingue par sa sanction à l'endroit de quiconque refuse d'y souscrire. En effet, c'est la sanction qui donne à ce langage son caractère fasciste : ni son vocabulaire - apriori anodin et on ne peut plus positif - ni sa syntaxe ne sont en cause.

Le fascisme langagier se reconnaît à la violence de sa sanction ; il est indissociable de sa sanction car il porte en lui la sanction suprême : le bannissement... d'une entreprise, des médias, d'une institution, d'un groupe et d'une communauté.

La bien-pensance aussi nuisible soit-elle, n'en est que sa version naïve, une version articulée par des individus dans la confusion ; individus manipulés à leur insu et dont la bonne foi ne saurait être, dans la grande majorité des cas, remise en cause : ceux que l'on a pu désigner avec humour et ironie sous le vocable Les nouveaux ploucs  ... nouveaux beaufs d'une conscience politique perturbée.

                Nul doute ! Si les bien-pensants qui sont aussi et surtout les moins-pensants, n'avaient pas existé, cette dictature les aurait inventés ! Ce qu'elle n'a pas eu à faire puisque les bien-pensants sont inséparables de cette dictature, et c'est parmi eux, en priorité, que cette dictature trouve son public, son audience, ses fans et ses relais les plus enthousiastes et jamais rassasiés. Disons que le bien-pensant est l'idiot utile de la dictature du fascisme langagier qui n'est – rappelons-le une nouvelle fois -, que de la langue de bois paroxysmique ;  la bien-pensance est sa caution, son alibi (d’aucuns diront… son larbin) et sa complice par ignorance … ignorance des véritables enjeux…

Car la langue de bois à son paroxysme c'est une stratégie aux implications multiples ; d'où la violence, non pas de son discours, mais de sa sanction. Et plus les enjeux sont importants et plus violente est la sanction ; c'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, tous ont intégré à des degrés divers le fait qu’aucun individu ne peut faire carrière dans quoi que ce soit et à quelque niveau que ce soit s'il ne s'y soumet pas totalement, ou si... du moins, il ne met pas tout en oeuvre afin de ne jamais se trouver en porte-à-faux avec ce qui s'avère n'être in fine... qu'une stratégie de domination. Et plus l’individu est ambitieux et plus il s’y soumet avec un zèle qui n’a d’égal que son arrivisme. D’où le silence des uns, l’évitement des autres, ou bien le ralliement explicite à cette dictature qui jamais ne s’affichera comme telle dans la conscience du plus grand nombre, la masse… cette bergerie tantôt bêlante tantôt silencieuse au plus fort de son angoisse, parquée les uns contre les autres... toujours agitée comme si elle pressentait le pire... des centaines de millions en grappes humaines mais seuls car de plus en plus désocialisés.

*** 

                Qu'il soit ici permis de rappeler que cette dictature a vu le jour à la fin de l’été… en septembre, le 11 de l'année 2001... et rares sont ceux qui auront pressenti que ce mois de septembre annonçait un long hiver, car depuis, cette dictature n’a jamais faibli, et la vérité, la liberté et la justice… ne se sont jamais aussi mal portées.

 

________________________

 

Voici un bel exemple de "fascisme langagier" parce que… affirmation a priori incontestable - " Le métissage… c'est l’avenir du Monde !" - car quiconque s'oppose à cette affirmation-slogan qui ne veut rien dire, se verra automatiquement soupçonner de racisme et de nationalisme.

               Force est de constater que ceux qui relaient ce slogan ont parfaitement  intégré, à leur insu le plus souvent, ce qu'on appellera par confort de langage la "novlangue " d'Orwell.

______________ Le novlangue inventée par George Orwell pour son roman 1984 (publié en 1949) une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique, et même la seule « idée » de critique. Ce concept illustre également un propos de Bertrand Russell assurant que nul problème ne pourra être résolu, voire perçu, si l'on prend soin d'éliminer au départ toute possibilité de le poser.

 

            Ce que les adeptes de ce slogan n'ont pas compris... c'est ceci : dans les faits, le métissage c'est la mise en concurrence du travailleur roumain avec le travailleur chinois, le travailleur chinois avec le travailleur africain, et pour revenir au travailleur roumain... le travailleur français en concurrence avec ce dernier.

Il n'a jamais été question d'un métissage fraternel d'égal à égal, d'êtres humains dans leur plénitude mais bien au contraire... du métissage des forces de travail du monde entier, métissage du sang du travail des travailleurs entre eux dans un concurrence sans pitié et sans morale.

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