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  • Proust ou la négation de la modernité

     

                 Chez un auteur, le style, c’est un point de vue, un regard sur le monde qui lui est propre ; c’est un angle de vue particulier sur les choses, les êtres, la réalité ; un angle d’attaque aussi, pour peu qu'il soit guerrier. Le style, c'est aussi la culture de l'auteur. En littérature, il y a « style » à chaque fois qu’il nous est donné à lire une langue re-construite, une langue recomposée et ré-assemblée. 

    Prenons Proust et sa tentative de réconciliation des humanités avec les sciences sociales (démarche très certainement inconsciente) - la littérature avec la sociologie...

    Proust donc ! Et à son sujet… tout ce qu'il n'a pas écrit et tout ce qu’il ignorait de et sur lui-même, ainsi que la question : pourquoi a-t-il fait cette œuvre-là et pas une autre ?

    Proust et la fulgurance du passé ; fulgurance du souvenir - celui de l’enfance, de l’adolescence et des premières années de l’âge adulte -, qui vient comme un boomerang terrasser Proust, et le cloue au lit. 

    Même si l'on ne chasse pas le passé comme on chasse une mouche d'un revers de la main, chez Proust, tout appartient au passé dont le moindre rappel lui fait l'effet d'un événement capital, d'une importance démesurée : une importance extra-ordinaire. Indissociable de sa personne, ce passé commence dès son plus jeune âge : à 20 ans, il est déjà dans le passé de ses 10 ans ; à 30, dans celui de ses 20 ans. Passé dont les souvenirs n'en finissent pas d'envahir sa conscience d'être au présent.

    Proust ne disait-il pas : " Un livre est un cimetière" ?

     

    ***

     

    Moins on a d'avenir, plus on a besoin du passé (1).

     

                  En tant qu’être humain - être humain au sens moderne du terme : s’entreprendre et advenir -, Proust a cessé d’avoir un avenir, très tôt. Pour cette raison, Proust ne peut que se retourner sur lui-même. Et plus il se retourne, plus ses souvenirs le terrassent d’émotion.

    Proust est né très vieux dans un monde très jeune. C’est le paradoxe. N’oublions pas que Proust a 29 ans en 1900 ; et ce siècle qui arrive est le siècle d’avenir par excellence, quand on sait ce qu’il adviendra. A l’entrée de ce nouveau siècle qui grandira très très vite, Proust est déjà un homme du passé dans la conduite de sa vie, en ne lui donnant, justement, à cette vie, aucune direction, sinon une seule : le passé, et alors que l'avenir est la seule direction envisageable pour un individu de son âge. De là à penser que Proust (rentier-boursicoteur) serait la négation même de la modernité - s’entreprendre, advenir, mettre en échec tous les déterminismes...

    D'autre part, on ne manquera pas de noter que l'oeuvre de Proust est le plus souvent une oeuvre-refuge pour ses admirateurs inconditionnels ; un rempart, l'oeuvre de Proust, contre ce monde moderne dont la nécessité historique leur échappe : tout ce qui nous y a conduit et continuera de nous y conduire ; même si l’on se gardera bien de leur demander d’y adhérer. En effet, comment pourraient-ils, comment pourrait-on, nous tous ?

    Proust serait-il alors un auteur vers lequel on se tourne une fois que l’on a baissé les bras et que l’on s’est juré de ne plus porter aucun livre – à bout de bras, justement ! –, en y cherchant dans la lecture de son oeuvre, sa propre terminaison, prisonnier d’une chambre tombeau ; dernière sépulture de vie pour les convalescents et les agonisants de l’existence ?

    C'est à voir.

     

    ***

     

                  Certes, vivre, c'est accumuler du passé. Etre capable, à tout moment, de convoquer ce passé, c'est prétendre à l'immortalité : adoration perpétuelle de soi jusqu'à l'extase ; grandissement épique de sa propre histoire familiale et sociale avec l'éternité pour leurre et le mensonge comme clé de voûte car, le plus souvent, se souvenir, n'est-ce pas se mentir ?

    Aussi, chez Proust, chaque souvenir est un traumatisme en puissance car le présent, qui fait l'objet d'aucun investissement de sa part, faute d'en reconnaître la nécessité, et à propos duquel il est décidément plus difficile de se mentir, ne sera jamais à la hauteur de son passé... passé mythifié à loisir ( jusqu'à la mystification ?).

    Et si, ce qui nous attire, nous séduit, nous émeut dans tout ce qui touche de près et de loin à hier, était le fait que ce morceau de vie qu'est le passé, est derrière nous ? Et on ajoutera, soulagés : "Ouf ! Plus de peur que de mal !" Car... qui nous rappellera que vivre demeure une expérience que l'on préféra toujours avoir derrière soi et non... devant ?

     

     

                 L’expérience existentielle de Proust - expérience initiatique -, c’est une vérité sur lui-même, et cette vérité le désarçonne, lui fait perdre tous ses moyens et le condamne très tôt, à son insu et tous ses personnages avec lui, à l'immobilisme, l'oisiveté et la mort - et pas seulement à cause d’une santé fragile -, avec pour seul secours : l’écriture ; et seul recours : le souvenir et l’émotion suscitée par cet exercice épuisant de remémoration qui a tous les accents d’une... auto-commémoration.

     

    Tel est son style.

     

                          Aussi,  reconnaissons en toute bonne foi que “La nausée” de Sartre, à côté de cette expérience fulgurante qui frappe Proust de plein fouet et au plus profond, c’est trois fois rien : juste une petite déprime.


                           

     

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    Raoul Ruiz : "Le temps retrouvé" - chef d'oeuvre cinématographique absolu.

     

     

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  • Solaris ou la célébration de la vocation de l’être humain à la conscience et à l’amour

    solaris 1972, tarkovski, stanislas lem,

     

     

                  Ecrit en 1961 par l'auteur polonais Stanislas Lem, avec Solaris, présenté à tort comme un roman de science-fiction (d'autant moins oeuvre de science-fiction que dans Solaris, la science est en situation d'échec - 1) car dans ce roman il y a surtout un imaginaire de prodige qui ne cesse d’interroger l’homme sans la science, l’homme d’avant la science et une idéologie positiviste et technicisme qui a tout emporté… nouvelle foi, nouvelle loi, nouvelle religion, nouveau crédo de ces deux derniers siècles : « Dans notre situation, médiocrité et génie, c’est du pareil au même ! Conquérir l’espace ? Nous cherchons un miroir. On s’épuisera à trouver un contact qui ne sera jamais établi. C’est de l’homme dont l’homme a besoin ! »...

    Dans et avec Solaris donc, s’il est question de soleil puisque Solaris signifie « ensoleillé » -, il sera surtout question d’un océan et d’une station orbitale en désordre, occupée par des chercheurs maintenant épuisés, venus pourtant étudier cet océan dit « protoplasmique » ; sorte de gigantesque cerveau liquide capable de dérouter les esprits les plus « rationnels » : et c’est là que réside le champ de forces de Solaris.  

     

     ***

     

                  Contacts d’ordre affectif pour les uns, contacts d’un tout autre ordre pour les autres, lui se souvient de tout ; elle de rien ; lorsqu’elle ferme les yeux, elle oublie son propre visage ; lui, Kris, psychologue de renom qui vient de rejoindre l’équipe de chercheurs de la station, la reconnaît : elle est son épouse défunte, Harey :

    « Comment as-tu vécu tout ce temps ? En as-tu aimé une autre ?

    - Je pensais à toi. Surtout quand ça allait mal.

    - Comment ça s’est fini avec l’autre ?

    - Tu veux dire avec toi ?

    - L’autre...

    - On se disputait. Ce n’était plus vivable. Alors, je suis parti. Trois jours plus tard, je suis revenu : je l’ai trouvée sans vie. Mais… tu ne te souviens donc de rien ?

    - Pourquoi ai-je fait… pourquoi a-t-elle fait ça ?

    - Elle avait sans doute senti que je ne l’aimais plus. Mais à présent, je l’aime, là, maintenant, je l’aime comme jamais ! »

     

     

                 Ces visiteurs qui ne savent pas qui ils sont ni d’où ils viennent, c’est à leurs hôtes de le leur expliquer pour peu qu’ils aient le courage de les accueillir et de les accepter car ces visiteurs dérangent, irritent, indisposent au plus haut point, jusqu’au traumatisme, la folie et le suicide. Et bien heureux celui qui aura ce courage-là !

    Dans le cas contraire, que faire ? Annihiler tous ces visiteurs venus réveiller, entre deux songes, le souvenir d’une mauvaise conscience ? Les détruire eux et Solaris qui semble être le lieu d'accueil et d'hébergement de cette conscience, n'est-ce pas détruire une conscience, bonne ou mauvaise, qui fait de nous pour quelque temps encore, des êtres humains ?

    Reste alors la honte, le seul salut à notre portée ; cette honte à la fois poison et antidote que ces visiteurs ont apportée avec eux ; visiteurs qui ne dorment pas ; le plus souvent, ils ne peuvent compter que sur une torpeur enveloppante alors que leurs hôtes dorment d’un sommeil propice à tous les excès… excès d’ordre onirique.

                 Qui sont ces visiteurs alors ? Une reproduction mécanique d’êtres humains qui ne sont plus de ce monde ? De quel monde ? De la terre ? De Solaris ? Pour tenter de trouver des réponses, doit-on renouer avec une cosmogonie oubliée, aujourd’hui impénétrable ? Une cosmogonie antérieure à un questionnement scientifique qui, en ouvrant en grand notre compréhension rationnelle du monde, en a verrouillé toute autre possibilité ?

     

    solaris-1972-featured-1400x590.jpg

                   Résurrection après résurrection, déjà morts, tous ces revenants n’en finissent pourtant pas de « mourir » puis de revenir à la « vie » entre deux convulsions et autres spasmes, à chacun de leurs retours ou bien plutôt : à chacune de leurs réapparitions ; et alors que personne ne semble à même de les sauver d'une errance qui ne connaît aucun repos, c’est Harey, fière mais désespérée, une Harey déterminée qui luttera jusqu’au bout, jusqu’à l’épuisement pour tenter d'obtenir la pleine reconnaissance de son « humanité solaristique » ; et Kris d’y croire avec elle, épris d'une compassion irrésistible, face à l'hostilité de ses compagnons d'infortune dans le contexte d'une station orbitale maintenant tout à fait délabrée au sein d'un environnement chaotique, jusqu’à ce que cette "Harey" devienne alors plus vraie à ses yeux, plus chère encore que toutes les vérités scientifiques de l’univers :

    « Dis-moi : je lui ressemble beaucoup ?

    - Comment ça ? Mais tu es Harey, tu es ma femme ! Tu es elle ! C’est toi. A présent, c’est toi la vraie Harey. Je ne retournerai pas sur terre. Je ne te quitterai plus. »

     

                   Promesse vaine car on ne vit pas avec les morts. Et puis, confronté à la souffrance, en cédant à la compassion, ne court-on pas le risque de se vider de sa propre substance ?

     

     

                      Qu'à cela ne tienne ! Il faut renoncer et rentrer, maintenant serein, la conscience apaisée, semble-t-il ; du moins, on peut être tenté de le croire car il est des voyages dont on ne rentre jamais vraiment ; et plus rien ne sera comme avant car c'est un long voyage jusqu'à Solaris, et plus long encore d'en revenir, trop long et profond, trop profond à côtoyer les tumultes d'un océan insondable et indéchiffrable : existence à jamais irrésolue, comme en suspens ; futur plus qu'incertain car privé de toute dimension spirituelle. Certes, le retour peut offrir le confort et l’assurance d’un lieu familier, que l’on croit retrouver... mais ne sait-on pas que l’on ne pourra plus l'habiter ?

    A notre insu, Solaris a sans doute déjà intégré, absorbé cette nouvelle donnée.

     

    ***

     

                    Avec Solaris, Stanilas Lem nous apporte là une vision poétique et sensuelle d'un romantisme foudroyant ; vison aussi rare que précieuse de ce que pourrait bien signifier la recherche d'une intelligence au-delà de notre système solaire ; il donne un sens et une destination à cette recherche qui nous ramènera très vraisemblablement, et inévitablement, à nous-mêmes, telle un miroir.

    Tarkovski, le cinéaste russe, dans son adaptation du roman en 1972, a partagé un rêve d’amour fou sur écran géant car, avec Solaris, Stanislas Lem a aussi rêvé l’immortalité (2) ; non pas la sienne d’immortalité, mais celle des êtres aimés qui n’auraient jamais dû nous quitter, que nous n’aurions jamais dû quitter, que l’on ne devrait jamais perdre et alors que l’on ne peut pas s’y résoudre. D’ailleurs, à ce sujet, peut-on dire finalement que l’on n’aime que ce que l’on peut perdre et que l’on perdra tôt ou tard fatalement car si la vie est une fatalité pour tous ceux qui naissent, la mort n’est jamais en reste : mort des sentiments, mort de la conscience, elle sait se tailler la meilleure part : celle de la lionne rugissante.

     

     

    1 - En cela, le roman et son adaptation cinématographique se situent à l'opposé de l'ouvrage de 2001 A Space Odyssey écrit en 1968 par Arthur C. Clarke, adapté au cinéma par Stanley Kubrick en 1969 - financé en partie par la NASA. Expérience émotionnelle, et dans une certaine mesure aussi, expérience spirituelle d'un côté ; expérience esthétique et métaphysique inédite de l'autre.

    2 - Proust et l'éternité dans le souvenir de ce qui a été et demeure présent à chaque instant sur simple convocation et appel ; remembrance intime qui perpétue le passé et le fait entrer dans le présent tout en portant en lui une promesse d'avenir car cette convocation peut être renouvelée sans restriction, à l'infini.

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  • Musique nouvelle pour guitare classique : Serge ULESKI compositeur

                    
     
                       

    Tempi insaisissables, rubato irreprésentable, écrite sur et avec l’instrument, bien que structurée, cette pièce d’une durée de 45 minutes, s’est développée dans un esprit d’improvisation ; une improvisation maintes fois re-visitée sur une période de trois ans.

    Oeuvre "en suspens" puisqu’il n’existe aucune raison structurelle pour qu’elle s’arrête, à propos de la forme, on dira que sa construction musicale repose sur ce qu'on pourrait appeler "l'effet écho" : plus la musique s...e déploie plus elle semble se référer à celle qui l'a précédée.

    Cette pièce est « pensée » d’un seul tenant, ici et maintenant ; erratique, instable, voire imprévisible (vers quoi, vers où la musique s'oriente-t-elle ?), ce n’est pas simplement l’émotion que cette musique va chercher mais la beauté ; c’est-à-dire, le meilleur son au bon endroit et au bon moment.

    "Pour la guitare" est dédiée à la mémoire de Oliver Hunt, compositeur anglais (pour la guitare principalement) et enseignant très inspiré de cet instrument.

     
    Déposée à la SACEM, protégée par le droit d'auteur (work under copyright law) - la partition de cette pièce est disponible chez Serge-ULESKI-éditions,  Amazon-distributeur, à l'adresse suivante : https://www.amazon.fr/Pour-guitare-Ho...
     
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                  Tempi ungraspable, rubato unrepresentable, this 45 minutes long piece  written "with and on" the instrument must be performed as if one is improvising for that this piece written during a period of over three years has developped in such a way ; that is the reason why the music, as it unfold, seems constantly to refer to what has already been heard.
     
    If the interpretation must favour an unpredictable and unstable rendering, this very temperamental piece  is not only looking for emotion but also for beauty - that is : the right sound at the right place at the right moment -, bearing in mind that the instrument is meant to sound like an orchestra whenever the writing offers this opportunity.
     
    Sections numbered from 1 to 8 are not to be assimilated to «movements » as in a sonata ; therefore, one must not pause for 45 minutes, the duration (acknowledging exceptional for the guitar), of the work.
     
                 "For the guitar - hommage" is dedicated to the memory of Oliver Hunt, english composer for the guitar (mainly) and a very inspired teacher of that instrument.
     
     
                      A proper score under copyright law is available on demand here : https://www.amazon.fr/Pour-guitare-Ho...
     
     
    Serge ULESKI – Août 2017
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  • L’art caché : les dissidents de l’art contemporain

     

     

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    Art moderne, art contemporain...

               " Deux voies s’ouvrent désormais devant chaque artiste ; celle de l’accomplissement de la forme pour atteindre les mondes intérieurs, et celle qui cherchera au contraire à élaborer un concept pur."

    Peu à peu les notions « art moderne » et « art contemporain » prendront des voies divergentes :

                "L’art contemporain se nourrit du dépeçage de l’art, quand le meilleur de l’art s’élabore en mûrissant cette remise en cause. L’art contemporain en usant de ses transgressions et événements, a une efficacité médiatique ; l’art n’émeut les êtres qu’un par un."

    Le conceptualisme opérera une rupture avec l’art moderne qu'est ce passage de la modernité à la post-modernité : un monde dominé par des conceptions morales, philosophiques et économiques et non plus par des questions et des considérations d'ordre esthétique et sensoriel.

     

                   Aude de Kerros dans son ouvrage à propos de l'escroquerie de l'art contemporain (A.C.), n'y va pas par quatre chemins : " Très vite, l'art contemporain nous donnera à comprendre que la dimension esthétique de l’art est abolie au profit d’un contenu moralisateur."

    Vérité, beauté, sacré… l’art contemporain se donnera un contenu théorique particulier en rupture avec le « grand art » mais aussi avec l’art moderne en refusant la démarche esthétique pour mieux adopter une démarche conceptuelle qui n'est dans les faits qu'une idéologie nominaliste répondant à la formule : « Est de l’art ce que les artistes et le milieu de l’art déclarent être de l’art ».

     

                 Le transfert de la capitale des arts de Paris à New York dans les années 50, aura pour arrière-plan, la lutte contre le communisme ; en effet, cela n’a pas échappé à l'Amérique : tous les artistes européens de l’après -guerre sont proches de l’URSS et des partis communistes plus ou moins inféodés (France et Italie) ; New York deviendra alors le siège artistique conceptuellement apolitique, c’est-à-dire : de droite. La CIA sera la maîtresse d’œuvre de ce transfert.

    A partir de 1960, entourée de ses marchands, de ses collectionneurs et de ses fondations, l'Amérique se trouvera en mesure de créer un réseau international capable de déterminer instantanément qui relève de l'avant-garde et qui n'en relève pas ; dit autrement, il sera question d'expulser tout contenu politique et révolutionnaire dans l'art.

    Après Marcel Duchamp, les représentants de la « french theory » ne seront pas en reste ni oublié puisque dans les années 70, les Deleuze, Foucault, Derrida, Lyotard deviendront de véritables « pop stars de campus » ; et tous devront leur consécration à l’Amérique. Révolutionnaires en France, outre atlantique, seule leur subversion cantonnée le plus souvent à la sphère privée - libération des moeurs en particulier - sera retenue ; elle servira admirablement les préoccupations des Etats-Unis qui élaborent dans ces années-là l’idéologie multiculturaliste.

    A la même époque, le terme « avant-garde » sera jugé à la fois trop politique pour les milieux capitalistes et financiers internationaux. Un label plus neutre va apparaître : « art contemporain » ; un art contemporain (AC) qui servira de machine de guerre au libéralisme américain.

    En France, à la gauche ou bien plutôt, à "la fausse gauche" (Jack Lang et l'Etat PS) l'art conceptuel, sociologique, politique et moralisateur ! A la droite les artistes de la main, les peintres dits « réactionnaires » !

    Et l'auteure de dénoncer un manichéisme cause d’enfermement et de sclérose de l’art français sur la scène internationale tout en nous rappelant au passage que « l’artiste représente, transpose, transforme la matière avec les mains, visant à provoquer une émotion d’ordre esthétique et sensible » même si toute chose peinte n’est pas forcément "de la peinture" ("il faut être capable de créer un temps, un espace et une nécessité formelle unique").

     


    Aude de Kerros: "L'art caché" 1 de 4 par Meinaufeldt

     

     

                  "Avec l’AC, activité "sans les mains" qui confisque très tôt l’appellation d’art, l’œuvre, pour exister, a aussi besoin du contexte. Le « contexte » lui donne son statut mais aussi son sens. Une pissotière fonctionnant dans une vespasienne n’est pas une œuvre d’art, mais, exposée à Beaubourg, elle le devient.

    Les théoriciens énoncent le dogme et donnent le sens de l’œuvre. Ils ont remplacé les critiques. Ils n’évaluent pas la valeur de l’œuvre, ils la légitiment.  Leur discours n’est pas esthétique, il est moral ou sociologique avec l’appui des institutions appelées à cautionner cette démarche en la finançant : l’Etat en Europe."

     

                   Si malgré la rupture, l' « art moderne » a continué de croire au génie à la suite de l’art dit « académique » qui croit aux lois, confronté au rouleau compresseur de l'AC avec sa puissance financière et idéologique d'ordre étatique en Europe (ministère de la culture), privé en Amérique (fondations et mécènes), c'est tout l’art non conceptuel qui rentrera alors en clandestinité ; il n’en sera fait plus aucun état. Il deviendra ce que l’auteure appelle : l’art caché. Les dissidents de l’art contemporain s’y reconnaîtront avant de s’y retrouver, anonymes, oubliés ;  précarité pour les uns, pauvreté pour les autres.

                          "Après la mort symbolique de l’art et la fin de l’histoire, si souvent évoquées dans les années 1980, l’art semble être désormais sorti du temps. Il n’y a plus de Révolution ni de Progrès. Au tournant du millénaire, l’AC se présente comme un éternel présent. Tout est bloqué. De rupture en rupture, on tourne en rond, tout se répète, rien n’évolue, ne mûrit, ne croît ou ne se développe."

    Art sans culture, sans racines, sans logis, sans toit…  l’art contemporain (AC)  est désormais assurément un des grands vecteurs du mondialisme. L’AC ne cache plus sa fonction : il est devenu le support de la communication du "tout marchandise" à une échelle mondiale.

     

     

    1 -   Aude Kerros… : sculpteur et peintre (son site ICI) est manifestement meilleure en tant qu'essayiste qu'en tant que peintre... dont on pourra trouver l'oeuvre peu convaincante.Qu'à cela ne tienne, son ouvrage est incontournable pour quiconque souhaite comprendre ce qui est arrivé à l'art.

     

    Pour prolonger, cliquez FIAC 2015 : en finir avec l'art contemporain ?

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  • Cinéma ! De film en film, de salle en salle...

     

     

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                    Cinéma qui ne cessera jamais de hanter nos mémoires... sons, images, voix, musiques, lieux, acteurs, réalisateurs, auteurs, scénaristes, compositeurs, décorateurs, monteurs (le plus souvent monteuses), chefs opérateurs...


    Cinéma d’hier, de demain, encore à naître...

    Cinéma mort-né !


    Et puis, l’autre cinéma, déjà perdu pour tout le monde : films dont les scénarios dorment à jamais au fond des tiroirs ou dans l’imaginaire de ces mêmes auteurs, cinéastes et producteurs.

    Le Cinéma nous offrira toujours plus que ce qu’il nous donne à voir, à entendre et à comprendre. Art métaphysique par excellence, quand il y a « Cinéma », il y a… transcendance, toujours !

    A la fois indéfinissable et irrésistible, ce à quoi nous sommes confrontés est bien plus grand que nous… spectateurs ! Bien plus grand, et bien plus haut aussi !

    Transcendance donc, et puis… immanence !

    Car, cette imposante confrontation avec tous les réels qu’est le cinéma nous est bien destinée ; elle nous rejoint et nous aussi ; et c’est ensemble que nous cheminons.

    Aussi… à chacun son cinéma !

    Et c’est alors qu’on pensera à un FILM UNIQUE qui réunira tous les films... pour que jamais on n'en soit séparés et qu'on ne les oublie...

     

    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI sur le cinéma

     

     

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  • Ad hominem: Politique et médias - Serge ULESKI dans l'actualité

     

     

    ad hominem avec serge uleski politique, actualité et élections


                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, les articles et billet publiés sous le titre "Ad hominem" appartiennent aux catégories suivantes du blog de l’auteur : Politique, médias, minorités, société et actualité…

               Hommes et femmes politique, hommes et femmes des médias, penseurs, historiens, acteurs de la dissidence sur Internet… on y retrouvera entre autres : Jacques Attali, Julien Assenge, François Bayrou, Bush junior, Michel Collon, Harlem Désir, Dieudonné, Robert Faurisson, Michel Glouscard, Bernard-Henri Lévy, Obama, Karl Marx, Audrey Pulvar, Michel Rocard, Saint Augustin, Nicolas Sarkozy, Alain Soral, Benjamain Stora, Christiane Taubira, Manuel Valls, Hubert Védrine, Zemmour… et beaucoup d’autres encore… dans un regard tantôt féroce, tantôt caustique, compassionnel aussi, sur ceux qui font l’actualité, parfois à leur corps défendant , et alors qu’ils souhaiteraient sûrement qu’on les oublie.

     

    Pour prolonger, cliquez : Médias et désinformation ainsi que Politique et actualité

     

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  • Morceaux choisis : Serge ULESKI en littérature

     

     

     

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                La réalité psychologique de l’écriture est très complexe : tactique et stratégie y occupent une place importante. L’inspiration n’est pas tout : le but que l‘on s‘est fixé importe aussi.

      Comme un poisson dans l'eau... dans le vrai comme dans le faux, dans le bien comme dans le mal jusqu'à brouiller leurs frontières... pourquoi pas ? Tout en sachant comme nous le savons maintenant, que nous avons tous de bonnes raisons d'être ce que nous sommes et de le penser aussi (que nous avons de bonnes raisons) ; et bien malin ou présomptueux qui saura opposer La Vérité - et toute la vérité ! - au mensonge et exalter le Bien comme pour mieux conjurer tout le Mal qui est en nous et ce, sans sourciller et douter une seule seconde, insoucieux du fait suivant :
                Ce qui est... n'est pas ! Car il s'agit toujours d'autre chose ; autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi.

     

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                 Rédigé sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de ces morceaux choisis est issu des textes de l’auteur – romans et récits -, chez AMAZON ou bien, à paraître très prochainement chez ce dernier.

     

    Pour prolonger, cliquez : Littérature et écriture

     

     

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  • TRANSIT : Serge ULESKI - théâtre et littérature

     

     

     

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                Les personnages principaux de cette pièce de théâtre en un acte sont les suivants : un juge, un philosophe, un syndicaliste et un député.

    Autres personnages : un médecin, un infirmier, une jeune femme et un tire-au-flanc manchot (bras droit amputé).


    Le lieu : la salle commune et vétuste d'un foyer d'hébergement.

     

                 Tout au long de la pièce, le silence sera la règle et la parole, l'exception : surdité, mutisme et immobilisme - on ne veut pas entendre, on ne veut pas répondre, on ne veut pas bouger.
    Ces silences devront néanmoins... être joués. Ils le seront par le syndicaliste et le juge seuls, sauf instruction contraire. Durant ces pauses, tous deux doivent se montrer très tendus, exaspérés et accablés : ils sont plongés dans leurs pensées, un poids énorme semble les écraser, à l'intérieur d'eux, se livre une bataille.


    A titre d'exemples, ils pourront utiliser des éclats de rires brefs, des ricanements, des haussements d'épaules, tête que l'on jette en arrière, gémissements ponctués de longs silences, soupirs lourds et bruyants, râles, gestes furtifs, des bribes de phrases incohérentes et des phrases courtes mais compréhensibles celles-là (ces phrases sont notées dans le texte).

      Le député qui ne connaît ni l'identité ni la fonction du juge, du syndicaliste et du philosophe, accueillera ces silences avec anxiété. Il n'aura qu'un souci : les rompre.
    Le philosophe, lui, demeurera étranger à tout ce qui peut se faire ou se dire dans la salle commune de ce foyer.

     

    ***

                        Qui a forcé tous ces personnages à se retrouver dans ce lieu ? Qu'est-ce qui les réunit ? Pourquoi ce silence que tous cherchent à imposer à l'exception du député ? 

    C'est là tout l'enjeu de cette pièce.

     

     

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  • de l'Art, de la littérature et autres considérations : Serge ULESKI en littérature

     

     

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                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de cet ouvrage a pour origine le blog de l’auteur ; les articles reproduits ici appartiennent aux deux catégories suivantes : « Littérature, auteurs et écriture » - « Artistes pour, envers et contre tous »

               Angot, Antonioni, Arendt à propos de la crise de culture, Michel Audiard père et fils, Bobin Christian, Céline, Camus et Sartre, Casanova, Césaria Evora, Virginie Despentes, Dieudonné, Marcel Duchamp, Clint Easwood, Finkielkraut, de Funès, Godard, Haenel, Houellebecq, Lanzmann et d’autres encore… comme autant d’entrées et de sorties vers une meilleure, sinon une autre compréhension des auteurs, des artistes et autres, tantôt controversés, tantôt unanimement salués.

     

    Pour prolonger, cliquez : Art et culture et Littérature et écriture

     

     

     

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  • Dieudonné - chronique d'une résistance inespérée : Serge ULESKI en littérature

     

     

     

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                   Banni des médias dominants - presse, télés, radios - depuis plus de dix ans à la suite d’un sketch sur FR3 qui mettait en scène un colon juif de Cisjordanie… Dieudonné a essuyé tous les affronts tout en faisant l’objet d’un nombre incalculables de mesures vexatoires et liberticides.

    D’une résistance et d’une persévérance hors du commun, Dieudonné a tenu bon ; et son public n’a jamais été aussi solidaire et nombreux qu’aujourd’hui.

     

    ***

     

                   Que l'on ne s'y trompe pas : « raconter » Dieudonné, ce phénomène... ce n'est pas seulement parler de Dieudonné ; c'est aussi, et surtout, s'intéresser à tous ceux qui ont tenté de l’empêcher de travailler et d’exercer librement son Art.

    Dates, noms, faits et gestes, ce qui a été dit et écrit par les uns et par les autres… raconter Dieudonné, c'est mettre à jour le fait suivant :  de cette étude, de cet examen, ni les magistrats, ni les médias, ni la classe politique, ni les gouvernements n'en sortent grandis, et moins encore les associations communautaires acharnées à abattre professionnellement et socialement un humoriste fils spirituel de Molière, de Voltaire et d'Alfred Jarry.

                   Ces chroniques sont présentées dans leur chronologie… de 2007 à aujourd’hui. On pourra ainsi mesurer l’évolution des analyses de l’auteur et le chemin parcouru par celui-ci vis-à-vis de la démarche d’un Dieudonné artiste et activiste politique.

     

    Pour prolonger, cliquez  : le phénomène Dieudonné

     

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