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  • Johnny Halliday, le retour de l'enfant prodige : veau gras et célébration

     

     

    johnny halliday est mort

     

                 De sa première télévision au côté de Line Renaud à l’âge de 17 ans, en Jean-Philippe Smet effacé et timide, aux concerts-festins-gargantuesques d'un Johnny Halliday démiurge devant un public composé de plusieurs dizaines de milliers de fans dans les années 70 jusqu’aux années 2000…

    Nietzschéen sans le soupçonner pour n’avoir jamais lu Nietzsche, dans son parcours en forme de « Deviens qui tu es ! », Johnny Halliday aura aussi été, très certainement, un modèle pour son public dans l'intimité d'une relation d'une grande intensité émotionnelle  - modèle de volonté et de persévérance -, deux générations durant.

    Rage de vaincre, dans une dépense d'énergie exceptionnelle sur la durée, Johnny  a conquis la France comme s’il s’agissait de conquérir le monde : avec démesure et dans la surenchère : toujours plus de lumière, toujours plus de musiciens, plus de voix, plus de places à prendre d’assaut.

    Nous qui étions proches d’un Ferré, d’un Bernard Lavilliers, des auteurs- compositeurs-interprètes, dans ces mêmes années 70, jamais avares de mots lorsqu’il s’agissait de conspuer une "chanson de variété" sans queue ni tête, nous tous avons fini par nous y faire (1) : c’est sûr, Johnny Halliday ne partirait pas ; il faudra faire avec ; il sera là pour longtemps et aujourd’hui pour plus longtemps encore : l’éternité ?

    Il faut le rappeler : les publics de tous ces artistes ne se mélangeaient pas ; très clivées ces années 70, jusque dans la chanson dite populaire, à un point que l’on n'imagine pas aujourd’hui ! de Lavilliers à Claude François, de Maxime le Forestier à… Johnny Halliday justement, tous nous nous ignorions superbement. D’un côté l’ouvrier déjà à la tâche au sortir de son adolescence, en majorité mâle – les fans de Johnny, les lève-tôt, ceux qui n’ont pas le droit à l’erreur, lui qui avait tous les droits : droits à tous les excès ; les mêmes qui lui ont permis de se relever, mille fois,  et d’aller jusqu’au bout, tout au bout…toute énergie consommée ; de l’autre, les traînards des lycées et des facs, quelques glandeurs aussi,  qui souhaitaient changer le monde avant même d’y être entrés de plain-pied.

     

                       Authentique artiste populaire aux fans à la dévotion touchante d’une fidélité à toute épreuve, héros auprès d’un public qui ne s’y est pas trompé, il était leur "winner"  à tous ;  eux qui se situaient que trop rarement du côté des vainqueurs.

    Artiste de variété le plus moqué, son public un temps méprisé, avec  « la réconciliation » des années 90 puisque le jeu n’en valait plus la chandelle - avec la trahison du PS, il n’était plus nécessaire de se penser « à gauche » contre une droite et des beaufs -, tout rentra dans l'ordre : Maxime le Forestier écrira pour Johnny et le quotidien Libé saura en dire du bien : c’est vous dire, c’est tout dire ! Un Johnny qui  jouira alors d’une impunité à toute épreuve auprès de tous : public,  médias et classe politique.

    Trente glorieuses, société de consommation.... indissociable de  la frénésie  Rock n'Roll-esque, Johnny Halliday c'est aussi un fait social et un fait économique : il aura été aussi l'instrument  d'un nouveau concept  à but très lucratif venu tout droit, là encore, des USA : "La jeunesse" et le Jeunisme... "Johnny l'idole des jeunes" pilier d'un consumérisme encore en gestation mais qui ne demandera qu'à s'imposer partout, en tout lieu et pour finir, en chacun de nous.

    Caricaturé par tous ceux qui en ont fait un commerce (2), les sarcasmes ne l’atteignaient pas ; du moins, il s’est bien gardé de le montrer ; jamais capricieux, si Johnny Halliday a fait du cinéma, jamais il n’a « fait sa star ». 

    Finalement, c’est le public de Johnny qui s’est imposé à nous car nous aurions été mal venus de continuer de le bouder ou de le ridiculiser plus longtemps : à gauche on pouvait encore « snober » l’artiste mais pas son public ; pas ce public-là en tout cas : classe ouvrière oblige ; c’était donc devenu un devoir que de reconnaître le bien-fondé, la justesse de leur engouement et sa nécessité à la fois émotionnelle et psychique : le partage, l’appropriation, l’intériorisation et la fierté de soi retrouvée dans la communion et le soutien à cet artiste mille fois rappelé sur la scène et  dont ils entretenaient la célébrité et le tonus - ils le maintenaient en tension -  car c’est bel et bien le public de Johnny qui a fait Johnny Halliday et non le matraquage radiophonique et télévisuelle des Maisons de disques.

    La classe politique n’était pas en reste. Tous s’y précipitèrent, tous s’y frottèrent, s’y collèrent – s’y vautrèrent  -, auprès de cette figure maintenant iconique. Il faut croire que Johnny lavait plus blanc que blanc malgré lui qui ne savait pas leur dire non : Giscard, Chirac et Sarkozy. Tous ont gagné leur élection. Johnny porte chance.                      

     

                      Si Eddy Mitchell a épousé le Rock n’roll du bout des lèvres, avec parcimonie, précautionneux – à chaque jour suffit sa peine de chanter et de vivre ; son public plus féminin que celui d'Halliday, n’avait aucun goût pour l’hybris  -, Johnny choisira très vite de prendre  le Rock n'roll au mot, à la lettre ; acteur majeur de la scène Rock à la sauce française,  il y investira tout jusqu’à y laisser sa santé.

    Il s’est approprié le Rock, cette grande gifle rythmique des années 50, jusqu’à en faire une exclusivité française, bien française ; trop français alors Johnny comme on pouvait l’être dans les années 60 et 70, parmi une minorité de quelques millions d’invisibles durs au labeur ; d’où le fait qu’il ait été si peu suivi des Français issus d’une culture autre qu’occidentale.

    Symbole sexuel masculin par excellence, un des premiers dans le contexte français, il a joué, usé et abusé de son corps comme de sa voix ; dans le vacarme et la fureur de vivre, ses fans, au fil des ans, ont sans doute pu craindre qu'il ne soit plus à la hauteur de son destin après un précédent tragique : celui d'un Elvis décédé à l'âge de 44 ans.

    Il savait ce qu'on attendait de lui. Il s'y est plié. Même s’il n’a ni écrit ni composé aucune des chansons de son répertoire,  à l'exception de deux titres, c’est bien lui, en les interprétant, qui leur donnera la vie ; et quelle vie ! A chaque naissance, le nouveau-né dionysiaque venait au monde avec tapage ;  il pouvait alors  être tentant de  confondre les grandes gueules avec les grandes voix.

    Ce Mick Jagger français privé des Rolling Stone roulera sa bosse de scène en scène, 60 années durant. On peut soupçonner que Johnny n’a rien calculé ; d’autres s’en sont très certainement chargés ; lui fonçait tout droit, sans se poser de question, craignant ni le ridicule ni le faux-pas. Les amitiés qui l’entouraient n’étaient pas toujours désintéressées ; faut dire qu’on le disait généreux : il ne savait pas dire non,  là encore.

     

                       Sa mort, la mort de ce gladiateur du rock et de la scène, c’est aussi un retour : le retour de l’enfant prodige. Nul doute que son public saura tuer le veau gras car un Johnny Halliday, ça ne se commémore pas, ça se célèbre porté en triomphe. Aussi, rendons-leur à tous leur idole ;  donnons  à son public la primeur d’une célébration qui n’aura rien à devoir à personne.

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  • Premier... il sera le dernier

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                  Dès les années 50, et plus tard, à sa maturité, ainsi qu'au plus fort de son influence et de sa domination dans les années 70 et 80, Charles Aznavour aura été le chroniqueur des chambres à coucher, là où les couples se font et se défont : drame de la vie conjugale... union, désunion, trahison et ruine. Faut dire que cet artiste n'a jamais su se résoudre à "quitter la table" même et surtout "lorsque l'amour est desservi..."      

                   Authentique artiste populaire, aujourd'hui universel, faisant l'unanimité, ce petit homme (par la taille) a tout osé. Fils d'immigrés arméniens, de lui, il a tout inventé, tout créé... de lui et de son Art (1).

    Auteur-compositeur d'une comédie humaine qui n'en a jamais fini avec l'enfer et le paradis, la chute et l'ascension, il aura hissé le music-hall jusqu'au sommet ; même si l'émotion, et parfois la rage des sentiments, se sont peu à peu étiolées au fil des ans et de sa carrière internationale - sa carrière anglo-saxonne n'ayant rien arrangé : elle aura fait de lui un show-man, et pire encore... un crooner ; comme quoi, la chanson française n'a rien à gagner au contact de la langue anglaise !

     

     

    E io tra di voi (Et moi dans mon coin)

     

                  Dans une carrière menée tambour battant, en expert, jusqu’à ameuter le monde entier (dès les années 50, Aznavour travaillait déjà à la traduction en langue anglaise de ses chansons), les textes du maître couvriront tous les âges de la vie et tous les personnages : la femme, la mère, l’épouse, le mari, l’amant, le père de famille… ils évoqueront toutes les conditions, riches et pauvres, les minorités (Les immigrés), la condition homosexuelle des années 70 (Comme ils disent), les affres du Rideau de fer (Camarade), le compagnonnage fraternel (Au nom de la jeunesse – Nos vertes années) bucolique et juvénile.

                 Artiste composite, artiste de la synthèse, sans aucun doute la marque des plus grands, Aznavour combinera un Jacques Brel à fleur de peau avec son cœur à vif (Je bois), l’esprit caustique d’un Brassens avec l’appui de l’auteur Bernard Dimey, la fantaisie poétique d’un Trenet, Piaf Edith, figure malingre que la vie a ravagée et qui lutte encore debout faisant face… et puis le cabaret, temple des premières années d’un Léo Ferré, avec l’intérêt qu’il portera aux poètes de la bohême, la vraie, celle de la faim : André Salmon entre autres… auquel il offrira une de ses plus belles mélodies.

    Des musiques jazzées des années 50, au twist des Yéyés, puis, après mai 68, le col roulé du chanteur à texte, avant d’embrasser les années 70, années glamour - paillettes, coupe et tissu Ted Lapidus aux motifs extravagants, aux couleurs impossibles d’une élégance pourtant inégalée - en traversant toutes ces époques, toutes ces modes sous la contrainte et le danger d’une relégation et d’un oubli toujours possibles, d'une ambition colossale qui ne connaîtra jamais de repos faute d'assouvissement - plus, toujours plus de succès, de notoriété, de célébrité sur tous les continents -, Aznavour n’a jamais lâché la nécessité d’une qualité irréprochable, textes et mélodies, travaillant avec les meilleurs arrangeurs (Paul Mauriat, Raymond Lefèvre, Christian Gaubert, Del Newman, Kenny Clayton, Marvin Hamlisch) au côté de son beau-frère compositeur Georges Garvarentz. Et si les modes, d'importation principalement anglo-saxonnes, ont pu un temps menacer son Art, il les aura toutes domestiquées et dominées avant de les laisser loin derrière lui car "le style Aznavour" c’est un cocktail savamment dosé :

    - Un visage sans frontières, aux mille kilomètres parcourus et dont l'histoire semble bien plus grande encore que les yeux qu'il abrite et ce regard inquiet, agité, comme aux abois...

    - Un corps chétif qui menace toujours de basculer, oscillant, jamais vraiment stable : c'est ce corps-là qui porte la voix...

    - Une voix, un souffle et un phrasé hors norme...

    - Une gestuelle qui trahit une tension, un désir et une impatience :
    être entendu et convaincre...

    - Un texte impudique qui ne renonce jamais à dire dans le fond comme dans la forme, ce qui est le plus souvent tu ; texte ciselé pour servir un thème récurrent, véritable marque de fabrique de l’artiste : la déception amoureuse et l’usure des sentiments ; thème à la fois universel et d’une proximité et d’une intimité à toute épreuve...

    - Une structure mélodique à la fois savante (classique) et populaire (traditionnelle), métissée à grand renfort d'appoggiatura, de turns, de mordants et autres ornements musicaux que l'on peut aisément retrouver dans tous les chants traditionnels, toutes civilisations confondues, de l'Irlande à l'Asie, en passant par le Maghreb, le Proche et Moyen-orient...

    - Structures mélodique, harmonique et une orchestration, ou bien plutôt une couleur harmonique et instrumentale d’une efficacité redoutable car…  personne n’a les mots de la musique et la musique des mots comme cet artiste (Nougaro et Ferré peuvent seuls rivaliser)…

                  ............Corps, voix, gestes, texte et musique comme autant de personnages d’un théâtre de l’intime, mêlant sublime et catharsis, Aznavour est à la chanson ce que le théâtre est à l'expérience humaine : notre expérience à tous car, personne n'échappe à Aznavour. Et l'on y revient toujours à la première alerte amoureuse comme un amant sur les lieux de sa dernière conquête ou défaite, c'est selon. Et l'artiste le sait avant même que son public n'en fasse l'expérience jubilatoire ou bien amère.

     

                           "Dites-moi que je suis mauvais que je sois meilleur encore !"

     

                      Eternel challenger, lutteur acharné, pourtant favori et sans rival - toujours plus de travail, toujours plus d'entêtement ! -, compétiteur-né, sacrifiant tout à son métier, plus d'un demi-siècle durant, sûr de son talent et de la nécessité de son succès... tel un impératif catégorique, nul autre que cet artiste ne se sera autant construit sur l'échec et sur ce succès qui tardera à venir après 27 ans passés sur les planches - depuis l'enfance -, sur des critiques assassines qui le forceront à se hisser jusqu'au sommet de son Art, jusqu'à produire les meilleurs textes, les meilleures mélodies et les meilleurs arrangements. 

                    Premier dans une carrière internationale de plus de 60 ans, il aura accompagné jusqu'à leur dernière demeure plus de deux générations de chanteurs : de Piaf à Bécaud en passant par Claude François et Michel Delpech, Brel et Brassens, et plus récemment Johnny Halliday ; à l'international : Franck Sinatra et Sammy Davis, jr. D'une longévité hors du commun - à l'âge de 92 ans, Charles Aznavour se produit encore sur toutes les scènes des capitales du monde entier -, TIME Magazine et la chaîne CNN l'ont récemment élu "Artiste du siècle" devant Elvis et Bob Dylan. Toujours sur son 31, si Aznavour est le plus grand hommage qu'un artiste de music-hall puisse rendre à son public, il est aussi et surtout, sans l'ombre d'un doute... le dernier tragédien de la scène artistique populaire mondiale.

     
                                          

     

        

    1 - Néanmoins, Aznavour reconnaît la filiation artistique suivante : Maurice Chevalier pour la carrière internationale, Charles Trenet pour les textes et Piaf pour la dramaturgie scénique.          

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    Aznavour à travers le monde

     

    Une version de "Comme ils disent" par le transformer Lola Lasagne

     

     
                     

     

    Roy Clark dans une interprétation de la version anglaise de "Hier encore".  

     

     

     

    Ray Charles... La Mamma

     

     

     

    Nina Simone : "Tomorrow Is My Turn" sur la mélodie de "L'amour c'est comme un Jour"

     
    Bob Dylan dans la version anglaise (The times we've known) de "Les bons moments"

     

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  • Voyage de noce de Macron sur le Continent noir de la Françafrique

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                          Pour Macron, "... le développement de l’Afrique passe par la baisse de la fécondité"; et ceux qui savent de quoi ils parlent quand ils en parlent, de lui répliquer : "La baisse de la fécondité passe par le développement".

                          La tournée africaine de Macron et le procès de la  surpopulation, comme si la situation africaine aussi complexe soit-elle avait quelque chose à voir avec un diagnostic de surpopulation ; demandez donc à ce qu'on appelle la Françafrique, cette domination du plus faible au service des multinationales françaises, de l'infantilisation des Africains et de la corruption de sa classe politique : des autoroutes là où des hôpitaux sont attendus... des poulets d'exportation qui inondent le marché local contre l'indépendance alimentaire d'un pays, d'un continent...

    Quant à la vieille antienne de la petite bourgeoisie des centre-villes de province ( auquelle Macron ne cessera jamais d'appartenir en président condamné à l'anecdote !) qui reproche à la pauvreté... ses enfants, un seul commentaire s'impose sous la forme d'une injonction : Chiche Macron ! Arrange-toi pour que l'aide au développement versée par l'UE serve les besoins des Africains et plus ceux nos multinationales !


                                         

                 

    Les plus futés auront réalisé que ce voyage en Afrique n'est pas destiné à une audience africaine mais bien française ; on notera au passage que les interventions de Macron, amplement relayées par les médias, sont destinées à flatter le parti-pris d'un électorat qui s'étend du centre-gauche à l'extrême droite ; aussi, ce voyage, c'est encore Macron qui ratisse large et qui ne cesse de ratisser très large ; un Macron en campagne, condamné à l'anecdote et à la démagogie dans un franc-parler qui, là encore, flatte toutes les ignorances, tous les préjugés et autres partis-pris. Après les "fainéants", les faiseurs de bordel, les "gens qui ne sont rien"... c'est le tour de l'Afrique et des Africains mais....... vue de l'Europe.
     
    Décidément, aucune terre ne doit échapper au laboureur qu'est Macron ; pas de friche ; au diable la jachère ! Force est de reconnaître que c'est d'un cynisme d'une efficacité redoutable digne d'un opportunisme rarement égalé ; mais c'est aussi et surtout dégueulasse car c'est le refus la perfectibilité de l'être humain : cet homme-là qu'est Macron et ceux qui l'entourent, le conseillent et le pilotent, tous misent manifestement et sans honte ni pitié, sur un homme stupide et borné, content de l'être, pour mieux servir les intérêts d'une domination qui ne veut à aucun pris de la possibilité de cette perfectibilité.
     
    La Fontaine n'a donc jamais eu autant raison :" Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute". On peut déjà prédire que les imbéciles paieront cher, très cher, cette complaisance de Macron à leur égard.

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    C'est François-Xavier Verschave, décédé en juin 2005, qui a forgé et décrit le concept de « Françafrique » ; terme parodiant l’expression la "France-Afrique" de Félix Houphouët-Boigny.

    La « Françafrique » est ce volet occulte de la politique de la France en Afrique. Les deux principaux ouvrages qui traitent ce sujet sont  : La Françafrique (Stock, 1999) et Noir silence (Les Arènes, 2000) :

                 "... Dès son retour au pouvoir en 1958, De Gaulle comprend qu’il est acculé à accorder les indépendances africaines. Les discours décolonisateurs américain et soviétique renforcent en effet le mouvement des peuples. Il accorde donc ces indépendances : c’est la face émergée de l’iceberg, toute blanche, "la France amie de l’Afrique", etc. En même temps, De Gaulle demande à son bras droit Jacques Foccart de mettre en place un système de dépendance intégrale : il s’agit de conserver un cortège d’États clients, l’accès à des matières premières stratégiques, et la dîme pour son parti politique. Sous la légalité proclamée s’installe donc une illégalité de fait. Organiser cette illégalité sur quarante années n’a pu se faire que par des moyens illégaux, inavoués.

    Foccart commence par sélectionner des chefs d’État "amis de la France" - par la propagande, des fraudes électorales massives, et deux punitions exemplaires : l’épouvantable répression des indépendantistes camerounais, l’élimination du président togolais élu malgré la fraude, Sylvanus Olympio. Le seul rescapé de ses complots, Sékou Touré, en deviendra paranoïaque. Foccart tient son "pré-carré" par un contrôle économique, monétaire, militaire et barbouzard. La convertibilité du franc CFA permet tous les circuits parallèles d’évasion de capitaux, de la rente des matières premières et de l’aide publique au développement. Paris impose une série d’accords militaires léonins, largement secrets. Chaque chef d’État est chaperonné par un officier de la DGSE, qui en principe le protège, mais peut aussi favoriser son élimination, comme dans le cas d’Olympio. Les Services français recourent au besoin à des groupes de mercenaires ou des officines de vente d’armes... " - Association Survie

                                Jamais Macron ne vous contera cette histoire-là.

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                    Jomo Kenyatta, Ruben Um Nyobè, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara...

                   Jamais vous n'entendrez parler de ceux qui ont inspiré et dirigé les luttes d'émancipation et d'indépendance sur le Continent africain.  Quant à leur rendre hommage tout en validant leurs analyses et leurs actions... n'y comptez même pas !

     

     

    Saïd Bouamama : « Les figures de la révolution africaine »

     

     



    Francafrique par survivant

       

    Survie : cette association a trois objectifs principaux : ramener à la raison démocratique la politique de la France en Afrique (lutte contre la Françafrique et le néocolonialisme), combattre la banalisation du génocide et réinventer la solidarité internationale par la promotion des Biens Publics mondiaux.

    Se reporter à l'ouvrage : La gloire des imposteurs par Aminata Traoré, sociologue.

     

               Si en  20 ans, l'association "Survie" a pu une ou deux fois s'exprimer sur les médias nationaux (RFI en autres), les analyses de ce collectif et les révélations du caractère scandaleux de cette Françafrique néo-colonialiste, surpassent de très loin et de très haut le moindre travail dit "journalistique" de toutes les rédactions  sur ce sujet comme sur tous les autres.

     

     

                La complainte, le cri, la révolte à peine contenue d'un Africain, Malick Noël Seck, exaspéré par une francophonie qui n'est que le bras armé de la Françafrique et une élite africaine tout au service des multinationales françaises : des autoroutes là où des hôpitaux sont attendus... des poulets d'exportation qui inondent le marché local contre l'indépendance alimentaire d'un pays, d'un continent...

     

                  Jamais il ne nous sera donné d'entendre cette complainte dans nos médias.

     

    Kemi Seba : panafricaniste de nationalité française exilé pour les uns, de retour sur la terre de ses ascendants pour les autres : l'Afrique.

     

                   Une fois encore, jamais vous ne... etc... etc...

     

    ***

     


                 Là où le football - opium des Peuples africains francophones,  avec ses gladiateurs, ses forçats et ses mercenaires qui en Europe, assurent le spectacle, de Marseille (en 1ère division) à Le Poiré-sur-vie (en national) -, semble servir d'exutoire à une information sous influence et sous conditions, celles dictées par nos multinationales et l'Elysée en VRP de leurs intérêts - financement d'Etat oblige ! -, c'est tout un Continent qui est  méprisé comme aucun autre.

                  

     

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    Pour prolonger, cliquez : La Françafrique sous les présidences Sarkozy et Hollande

     

     

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  • "Les Porcs" : dernier ouvrage de Marc-Edouard Nabe


                      

                       Marc-Édouard Nabe a publié « Les Porcs », livre autobiographique et politique : Internet, la dissidence, les années 2000 ; Alain Soral, Dieudonné et beaucoup d'autres qui ont côtoyé l'écrivain. Cela faisait plus de quatre ans que la sortie du livre était annoncée.

    Dans cette interview, Nabe traite de la chronologie des faits. Mon commentaire, ci-après, concerne la prestation de Nabe chez Taddéï en 2014 ; c'est son retour dans les médias (retour éphémère) ; son sujet  : la galaxie Soral et Dieudonné accusée de « complotisme ».

     


       

                            Les raisons avancées par Nabe à propos de son attaque frontale contre Soral et Dieudonné (leur complotisme) chez Taddéï en 2014 (vidéo ci-dessous), après une longue absence forcée, ne pèsent guère en comparaison des attaques dont ces deux protagonistes font l’objet par le Système depuis dix ans car, dans les faits,  la démarche de Nabe chez Taddéi ( un des épisodes les plus fameux des prestations télévisées de l'auteur) servait admirablement les détracteurs de ces deux activistes ; l’attaque de Nabe apportait de l’eau à leur moulin, sans l’ombre d’un doute ; le fait que Nabe n’en ait tiré aucun profit (Nabe a pour réputation d’être antisémite) ne change rien à l’affaire : Nabe a joué avec le système pour contribuer à discréditer et diaboliser Dieudonné et Soral (après l'antisémitisme - rajout d'une  nouvelle charge portée par Nabe : le complotisme ). D’autant plus que la thèse d’un Dieudonné et d’un Soral complotistes est difficilement soutenable. La guerre faite à Soral et à Dieudonné concerne principalement le fait qu’ils aient "dit la vérité "  quant à l’influence du sionisme sur la France : influence sur la  politique étrangère de la France, contrôle de la parole dans les médias, intervention dans les affaires culturelles ; culpabilisation et diabolisation de tout soutien des populations françaises d’origine arabo-musulmane en majorité, en faveur de la cause palestinienne ; chantage à l'antisémitisme... pour résumer : leur dénonciation à tous les deux de la LICRA, de l’UEJF et du CRIF comme officines israéliennes, est la principale raison de leur persécution. 
        

     
                         

     

                    Nabe ne peut pas avoir ignoré que le Système buvait du petit lait ce soir-là chez Taddéï . Nabe, dans le déni, fait donc preuve d’une mauvaise foi consommée, mâtinée sans doute aussi d’une gêne proche de la honte (et le remords ?) lorsqu'il affirme trois ans plus tard, le contraire car, dans les faits, chez Taddéï, Nabe a bel et bien cherché à retrouver le chemin des médias après de nombreuses années de boycott et à faire le buzz sur le dos d’un Soral et d’un Dieudonné. Il faut dire que Nabe n’a jamais assumé ses choix et leurs conséquences : le bannissement des médias mainstream ; médias qui, dans les années 70 et 80 ont "fait" Marc-Edouard Nabe ; et c’est là toute sa faiblesse contrairement à Soral et à Dieudonné qu’Internet à sauver de l’oubli tout en gardant à l’esprit que  ces derniers se sont données très vite les moyens de rebondir après leur exclusion de la scène médiatique pour l'un et de la scène "tout court" pour l'autre. Nabe, hélas pour lui, n’a rien mis en œuvre à la suite de son bannissement. De cette exclusion, de cet isolement, il en souffre, c’est sûr ! Il n'a jamais cessé d'en souffrir ; pour cet enfant ui a pour père un  artiste de music-hall, le clarinettiste Zanini, rien n’est pire pour lui que ce silence, cette indifférence de la scène médiatique à son égard.

    Son attaque contre Soral et Dieudonné, c’est indéniablement une attaque contre leur succès car force est de reconnaître Dieudonné et Soral n’ont jamais été aussi présents que depuis qu’ils sont absents.

     _____________

     

                      A propos des attentats du 11 septembre 2001 : Nabe face à Thierry Meyssan…

                      Nabe s’est mal remis de l’échec de sa tentative en 2001 de rallier à lui tous ceux qui, en France, s’étaient réjouis des événements du 11 Septembre - il souhaitait cibler en priorité les Français de culture arabo-musulmane -, avec la publication de l’ouvrage "Une lueur d’espoir" – comprenez : espoir pour les Nations arabes suite à ces événements  -, qui fait l’éloge de Ben Laden, ange exterminateur et vengeur d’une Amérique dont il n’y a plus rien à sauver.

    Précisons ceci : profondément blessé par le rejet du Système à son égard  - l'édition, les médias, la classe politique française - , depuis les années 80, Nabe, ce pas-tout-à-fait français (origines italienne, libanaise et grecque)  avait épousé, sans condition, sans nuance, sans vigilance ni auto-critique, la cause, ou du moins ce qu'il croyait être...  la cause du monde arabe -  Arabes musulmans, Musulmans arabes... population la plus détestée, la plus stigmatisée en Europe - contre la France, sa culture, son histoire, son passé et son présent.

    Après son bannissement des médias bien des années plus tôt, ce nouvel  échec de Nabe, cette-fois à propos de son interprétation des événements de septembre 2001, isolera Nabe de la sphère "dissidente"  qui s'était repliée sur Internet  car Nabe commettra une erreur : il refusera de questionner la version de ces événements. Comment le pouvait-il quand on connaît ses motivations réelles ? A ses yeux, ces événements devaient être l’œuvre de Ben-Laden seul. Or, les « Arabes de France » ont voulu le beurre et l’argent du beurre : un « Ben Laden tout puissant » et la dénonciation des opérations sous fausses bannières, ou faux drapeaux, de l’Etat profond américain (CIA et NSA) ; Thierry Meyssan, lui, l’a fait ; il parlera d’imposture à propos de la version US des événements du 11 Septembre et c’est lui qui « raflera la mise ».

                Dépité, Nabe choisira de se faire oublier ; il aura au moins réussi ça ! Après un ouvrage sur DSK jugé "ingérable" par les médias... très vite, Nabe est allé cuver son échec comme on cuve un mauvais vin ; il est retourné à la peinture… ou bien plutôt… au dessin, coloriste pas dépourvu de talent 

     

                      Pour poursuivre, cliquez : Nabe, un regard sur ses années 2000

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