Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

  • "Les nuits de Paris" de Nicolas Edmé Rétif de la Bretonne

    rétif de la bretonne,paris,révolution,1789,littérature,sébastien mercier,récits,feuilleton,zola,balzac,flaubert,hugo,sade,contes,mille et une nuits,schéhérazade,disette,eugène sue,nuits révolutionnaires,nuits de paris

     

     

     

     

     

     

     

    « Les Nuits de Paris » : une œuvre de plus de 3000 pages rédigées entre 1786 et 1788 par un auteur-journaliste ("publiciste" on disait au 18è siècle) témoin d’une France urbaine et nocturne à l’aube de la chute de la monarchie ; notes dont les historiens feront des choux gras un siècle et demi plus tard. 

     

    Contemporain de Sade et de Laclos, Nicolas Edmé Rétif de la Bretonne est resté méconnu deux siècles durant. Si Sébastien Mercier auteur d’un "Tableau de Paris" de plusieurs milliers de pages a devancé Rétif de la Bretonne de quelques années comme premier auteur d’un récit urbain à la fois mythologique et pittoresque, Rétif y ajoutera une dimension picaresque et plus important encore : un auteur-conteur, acteur, témoin, spectateur... noctambule de surcroît.

    Trait essentiel de l’originalité de ces « Nuits de Paris »  est le regard que Rétif porte sur ses contemporains. Sade le disait « écrivain poissard » … car il peignait souvent un tableau misérabiliste. Conteur-né, à l’aise dans le quotidien et sa fiction, ses nuits parisiennes collent au vivant et à l’événement ; et si la nuit renforce l’acuité du regard et le silence l’ouïe, notre hibou-spectateur du ruisseau – tel on le nommait -, se régale, et ses lecteurs aussi.

    Des centaines de récits courts, incisifs, d’une diversité peu commune ;  tous les sujets sont traités, tous les métiers, tous les lieux publics et privés, toutes les classes aussi, des « filles du commun » aux domestiques en passant par les  artisans ; de la noblesse à la bourgeoisie, des filles publics (prostituées) aux voleurs, escrocs, bandits, oisifs, mendiants, débrouillards,  et puis, une Marquise ; vraie ou fausse,  réelle ou fictive, (c’est la Schéhérazade des contes des mille et une nuits), elle sera sa première auditrice ; Rétif lui contera ses anecdotes nocturnes, fruits de ses promenades, avant de rentrer à l’aube dans son logis de la rue de la Bûcherie ; une Marquise bienfaitrice dont il sollicitera la charité et le salut pour celles et ceux qu’il prendra sous son aile au cours de  ses pérégrinations nocturnes, tel un pasteur avec ses ouailles  en perdition ou en grand danger de l’être, car, à ses yeux, seule l'action individuelle est garante de la bonne conscience.

     

                Alors que la noblesse de province faisait monter leurs filles encore adolescentes à la cour de Versailles pour les marier (les vendre ?) aux plus offrants des vieillards moribonds, la petite bourgeoisie du coeur de Paris courait la nuit, à la lueur des bougies de leurs domestiques, à la recherche de leur fille cadette qu’un séducteur bavard et cynique déflorait à grand renfort de beaux discours et de promesses qui n'engageaient le plus souvent que celles qui les recevaient, sous les portes cochères…

    Rocambole un demi-siècle avant son auteur, tantôt à l’affût, tantôt en mouvement mais sans précipitation, excepté lorsqu’il lui faut échapper à des poursuivants aussi malfamés que mal intentionnés, appelant à la garde quand les risques sont trop grands, Rétif nous rapportera un fait peu connu de cette époque : les viols collectifs en public, de jour comme de nuit, par des bandes savamment organisées lors des fêtes de rue  et des feux d’artifice qui mobilisent des foules entières, là où toutes les classes se retrouvent : on choisit soigneusement une victime, une jeune fille de préférence, mais pas toujours, on l’entoure, on l’encercle, on l’isole de ses parents ou de ceux qui l’accompagnent pour lui faire subir dans le tumulte, le bruit et la fureur des festivités de rue – cris, fusées et pétards -, tous les outrages avant de s’éclipser  sans être inquiétés.

    Précisons ici que toute l’œuvre de Rétif ne vit que par les femmes et pour les femmes, tout comme son auteur ; femmes de tous les âges et de toutes les conditions, faibles et crédules, ou parfois dans la nécessité d’exercer des activités que la morale réprouve mais auxquelles la société tout entière a recours sans sourciller, il sera souvent question de jeunes filles abusées et meurtries ou dont la vertu en danger semble galvaniser chez Rétif un courage physique aussi rare que précieux car dans ce Paris de la fin du XVIIIe siècle, jamais les femmes du peuple et de la petite bourgeoisie auront été autant en danger ; chair à plaisir convoitée par tous les hommes  de tous les âges et là encore, de toutes les conditions : les petits Sade sont légion à cette époque ; le marquis a fait d’innombrables émules qui ne leur demanderont pas leur avis.


                rétif de la bretonne,paris,révolution,1789,littérature,sébastien mercier,récits,feuilleton,zola,balzac,flaubert,hugo,sade,contes,mille et une nuits,schéhérazade,disette,eugène sue,nuits révolutionnaires,nuits de paris En rupture avec la tradition romanesque d’un Antoine Prévost,  ces « Nuits de Paris » n’ont pas d’histoire suivie car la diversité des récits y contribue guère ; de plus, les personnages que l’on rencontre  et côtoie avec l’auteur ont pour seule réalité, une réalité collective, quasi sociologique : toute une époque donc !


    Rétif annonce Balzac mais sans le Père Goriot ou Flaubert mais sans Madame Bovary. Pas de figures archétypales sinon des conditions de vie, des comportements et des manières d’être au monde emblématiques d’un ordre social qui appartient à la fois au passé et à l’avenir ; un avenir révolutionnaire : la noblesse déclinera avant de sombrer au profit d’une bourgeoisie qui aura pour unique exigence : que les affaires tournent ! Petites et grandes ; honorables ou affligeantes… pour les siècles des siècles... 

                 La rue est le domaine de la marginalité, et la nuit, celui du malheur qui accable des êtres déjà bien fragilisés ; c’est le Paris du peuple dans son entier à une époque où toutes les classes sociales cohabitent encore : la ségrégation est seulement verticale ; elle dépend de l’étage. Un Paris « occupé » par une main d’œuvre chassée des provinces par la disette ; c'est aussi le Paris des cabarets et des coupe-gorge ; cours, jardins, escaliers étroits, Rétif ira jusqu’à pénétrer l’intimité des logements parfois à l’insu des occupants pour écouter, entendre, observer, comprendre ou bien secourir…

    Ce sera quelques dizaines d’années plus tard, le Paris de Balzac, d’Eugène Sue et d’Hugo. Et c’est aussi le Paris du piéton et le Paris pré-révolutionnaire même si dans ses récits, aucune révolution semble pointer le bout de son nez - il faudra se reporter à cette autre œuvre nocturne de Rétif qui porte le nom de « Nuits révolutionnaires » ; si la nuit, tous les chats sont gris, les révolutionnaires eux cuvent leurs idées comme d’autres leur vin car face au sommeil nous sommes tous égaux.

    Le Paris de Rétif de la Bretonne, c’est le Paris de l’île de la Cité, de l’hôtel Dieu, le cœur de la Capitale qui comportait alors que six arrondissements… place Maubert, rue de la Bûcherie, le Paris des imprimeurs et des libraires (Rétif était lui-même imprimeur), l’Ecole de médecine et des hurlements de femmes en couches. C’est le Marais… la rue Saintonge… les Halles, sans oublier les faubourgs : Saint-Germain et Saint-Marcel.

     

                Né en 1734 d’un père paysan aisé et instruit, Rétif de la Bretonne sera l’ainé d’une famille de sept enfants (ainsi que de sept demi-frères du premier mariage de son père) ;  il se considérait lui-même comme faisant partie des « couches inférieures de la roture ». Typographe de formation - il en fera son métier -, Rétif s’élèvera grâce à son intelligence et son talent. Ascension qui renforce chez ce travailleur infatigable une solidarité indéracinable envers les « infortunés ». Et c’est ce regard-là, regard compassionnel, qui lui fera écrire : « Ce sont une multitude de petites choses vues et senties par l’observateur qui fréquente toutes les classes qui échappent les plus souvent aux autres hommes ».

    Les ancêtres huguenots de Rétif, sa formation janséniste à Auxerre puis à Bicêtre feront de lui l’ennemi de l’oisiveté : « la religion veut que l’on s’occupe utilement pour soi-même et pour les autres » ; volontiers sermonneur de haut de sa chaire de moraliste réaliste, rigoriste et parfois, franchement austère, sa vie privée n'aura pas été pour autant un modèle de vertu : en effet, on lui connaît une relation incestueuse avec sa fille ainée.

    Sans doute s’agit-il là encore d’une histoire de paille et de poutre et d’un « Faites ce que je dis mais pas ce que je fais ! »… pour ne rien dire d’un « Pour vous la vertu, pour moi la licence ! »

    C’est Molière qui n’a de cesse d’avoir raison.

     

                Confiant dans la science, disciple de Buffon et proche de Rousseau, les "Nuits de Paris" sont souvent éclairées des idées philosophiques et politiques de l'auteur ; chaque récit peut avoir alors pour conclusion nombre de propositions destinées à mettre fin à une carence, à une insuffisance ou à un excès dommageable pour le bien commun car, comme pour tous les honnêtes gens, l’intérêt général était  son souci premier.

    Avec Rousseau, Rétif réaffirme que le peuple est la seule réalité politique. Le Souverain n’est que le « réunisseur du Pouvoir », et le peuple la nation.

    Il craignait néanmoins les fermentations populaires : « Comme mon bras doit toujours obéir à ma tête, toute résistance des membres affaiblit  un corps.» Ni révolutionnaire ni utopiste même s’il imagina pour ses lecteurs "l’An 1888", prudent, il pensait « que l’on ne doit attaquer les préjugés du peuple qu’avec ménagement et lorsqu’ils sont réellement nuisibles ».


    Ennemi du luxe, du superflu, toujours sans le sou et endetté - les visites les plus fréquentes à son domicile étaient celles des hommes de loi, huissiers de préférence -, il pensait que le « riche » est utile aussi longtemps qu’il œuvre en faveur du développement.

    Se rangeant du côté des stoïciens - lucidité et réalisme - contre les Epicuriens – à chaque jour suffit sa peine -, une série de livres sur ce qu’il appelait «  la réformation » verra le jour aux côtés d’autres ouvrages (une quarantaine de titres) rédigés dans le souci d’une recherche d’un mode de gouvernement qui placera le bien public au centre de son action. Il était contre la propriété du sol. Il se méfiait des physiocrates et des économistes (nos libéraux d'aujourd'hui en matière économique) ; il les considérait comme des « systématiques dangereux » ; des idéologues dogmatiques.

    Il nous quittera en 1806 après avoir lancé à la cantonade : « Quand le supplice est trop grand pour le crime (et a fortiori pour un délit), on n’effraie pas (on ne dissuade pas) : on indigne. »

    Et c'est déjà la voix d'un Victor Hugo et d'un Emile Zola.

     

    ***

     

               Entre rêve et réalité, "Les Nuits parisiennes" de Rétif de la Bretonne - nuits en noir et blanc -, avec son clair-obscur, inspireront Baudelaire, Nerval, les grands romans populaires du XIXe siècle, puis Apollinaire, Soupault, Breton, Aragon et Carco : Paris la nuit, encore et toujours…

     

               Car... « Le spectateur nocturne est aussi acteur par l’écriture, il projette son ombre sur la scène, un personnage tout nouveau : il fait alors éclater Paris dans la littérature » - Jean Varbot.

     

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Le temps de l’Avent : que tous nous soyons le messie de l'autre !

                                            

     

               Contre le développement insidieux de la culture de la peur qui paralyse et endort nos capacités de résistance ; contre le sommeil - cet état de relâchement…

    Pour ne pas laisser s’endormir notre conscience… tenir ferme…

               Voici l’Espérance… qui a pour centre vital la lutte et la désobéissance… car, plus on lutte plus on espère. Plus on se résigne à subir, plus grand est notre désespoir. Forfaiture de l’âme, pour cette raison, le désespoir est sans doute la plus haute trahison qui soit envers soi-même et notre prochain.

    L’Espérance n’est pas un don : elle se construit. L’Espérance va à l’encontre de la peur et conduit à une liberté intérieure sans précédent, à une écoute authentique des autres et de soi aussi. Elle annonce notre conversion : conversion à la résistance et à la dissidence.

    Faisons-nous disciples d’une seule maîtresse : l’Espérance !

              Joie d'être, joie d'accomplir chaque jour une tâche salutaire ! Verbe fait chair pour rassasier notre soif de justice pour tous les humiliés de la terre, l’Espérance est Action : ouverture enthousiaste au monde.

    L’avènement de cette Espérance est à la fois l’accomplissement de l’aventure humaine et l’achèvement d’une promesse car, il n’est pas dit ni écrit nulle part que nous soyons les esclaves d'une organisation de l'existence d'un cynisme d'une rare violence. Et si ce cynisme-là doit triompher, n'ayons aucune illusion : c'est bien toute notre humanité qui s'effondre.

    Règne de vie et de vérité, l’Espérance est endurance : nous devons avoir en elle une confiance absolue. Elle est le seul joug que nous acceptons de porter. Notre dépendance à la nature vorace et cruelle de ceux qui souhaitent nous dominer ne doit pas nous décourager ; notre Espérance nous rassemble et la pleine délivrance viendra de cette Espérance capable de franchir des montagnes car l’assise de cette Espérance, c’est notre détermination.

    A nous de transmettre des raisons d’espérer, tous ensemble, comme dans une course de relais. Aussi, relayons-nous les uns les autres. 

     

    ***


     

                 Le temps de l’Avent c’est la venue de cette Espérance qui nous enseigne la patience et nous fortifie chaque jour car nous savons que l’Espérance veille sur nous, même dans les heures les plus sombres et dans les prisons des corps et des âmes humiliés.

                  Le travail qui a été commencé ici ne s’arrêtera pas ; il ne connaîtra aucun achèvement ; il se poursuivra ici comme ailleurs avec le soutien de tous, et le mien à l'endroit de tous les autres : aussi, que tous nous soyons le messie de l'autre.

     

    * L'Avent du latin adventus : avènement, arrivée du Messie.

    ___________________________

     

             
                                       

     

    Howard Zinn est connu en tant qu’historien et politologue américain, Professeur au département de science politique de l’Université de Boston durant 24 ans. Il a également été un acteur de premier plan du mouvement des droits civiques et du courant pacifiste aux États-Unis.

    Matt Damon a fait ce discours le 31 Janvier 2012 dans le cadre d’un événement appelé "The People Speak, Live !", qui donne la parole aux rebelles, aux dissidents, et aux visionnaires d’hier et d’aujourd’hui.

    Lien permanent Catégories : Politique et actualité 0 commentaire
  • Benjamin Stora, l'Algérie, la France et nous...


                         En réponse au billet suivant : Benjamin Stora : avec l'Algérie, Hollande doit faire des «gestes d’apaisement mémoriel»


                              A l'occasion du 50è anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.


                                                                          __________________


     
                        Difficile de manœuvrer avec cet Etat algérien non démocratique et non républicain, qui n'a eu de cesse d'humilier sa population depuis l'Indépendance ; Etat policier et militaire dirigé par un FLN historique qui s'est avéré n'avoir aucun projet pour le Peuple algérien excepté pour les cadres de ce même FLN : que les villas des colons acquises sur le dos, les muscles, la sueur, le sang et les larmes des indigènes changent de propriétaires.


    Et le fait que cet Etat ne gêne personne à l'International et qu'on lui fiche une paix royale, ne change rien à l'affaire : il s'agit bien d'un Etat auquel on doit s'abstenir d'adresser des signes de soutien quels qu'ils soient.


    Aussi…


    Dans tout le travail sur la mémoire, la responsabilité et la condamnation des crimes de la colonisation, gardons-nous bien d'y associer de près ou de loin, directement ou indirectement, cet Etat algérien et ses nombreux relais universitaires et autres chercheurs, intellectuels propagandistes qui mangent à la gamelle du FLN depuis l’Indépendance.


    Ce qui n'exclue pas, bien évidemment, de collaborer avec des intellectuels résistants algériens réfugiés en France.


    Avec ce travail que nous nous devons d’abord à nous-mêmes, le Peuple algérien saura sans aucun doute y voir de la part de la France le désir de continuer de scruter son Histoire coloniale et de poursuivre cette recherche d’une  réconciliation féconde (1) entre les deux Peuples des deux rives de la Méditerranée.


    Et c’est là le meilleur service que l’on puisse rendre au Peuple algérien ; Peuple autant meurtri par la colonisation que par l’échec de son Indépendance.


    Car, si l'on doit quoi que ce soit à qui que ce soit, ce n'est certainement pas à cet Etat algérien mais bien plutôt au Peuple algérien, tout en gardant à l'esprit qu'il serait mal venu de lui donner plus qu'il n'en demande à ce sujet : souvenez-vous, à l'occasion de la dernière visite de Jacques Chirac, il était bien plus question de visas que de repentance (2).
     

                                                                 ***
     

                   A l'occasion de cette entretien de Monsieur Stora repris par le Journal Algérie 360°, ce dernier déclare : "...l’Algérie a aujourd’hui les clefs de toute une série de conflits qui secouent la région saharienne."


    Qu'il soit permis ici de répondre ceci : de grâce, que l'avenir nous préserve d'une telle Algérie ! car alors, realpolitik oblige ! le Peuple algérien ne serait pas près de voir la fin de son calvaire.


    Monsieur Stora poursuit : "S’il peut y avoir une relance d’une stratégie d’union méditerranéenne, cela devra passer, pour beaucoup, par l’Algérie."


    Si Monsieur Stora doit s'occuper d'autre chose que d'Histoire - de géo-politique par exemple, et de formulation des voeux pieux qui ne reposent sur aucune réalité de terrain -, qu'il lui soit vivement conseillé de se soucier en priorité du Peuple algérien, de sa liberté et de son bien-être... et moins de cet Etat algérien et ce régime FLN dont il n'y a rien à sauver depuis la confiscation des richesses de l'Algérie qu'on appelle abusivement : Indépendance.

    La realpolitik n'est pas l'affaire de la société civile et moins encore, des historiens. Chacun sa place selon ses compétences et ses attributions. Elu par personne, Monsieur Stora (3) n'a aucune légitimité ; et le fait qu’il soit originaire d’Algérie ne l’oblige en rien vis-à-vis du FLN et ne l'autorise pas non plus à trahir le Peuple algérien. De plus, les gouvernements français successifs ont très bien su jusqu'à présent doser leurs rapports avec l'Etat algérien (4).


    L'Histoire n'est pas tout (même si... moins on fait de politique plus on fait d'Histoire !). Aussi, on devrait pouvoir attendre des historiens chercheurs comme Monsieur Stora qu’ils fassent preuve d’un minimum de sens politique ; les bonnes intentions et les bons sentiments n’excusent rien ; il suffit de se rendre dans un tribunal pour le vérifier (5).


    Et si ce qui semble être une proximité de Monsieur Stora avec l'Etat algérien devait se confirmer, elle serait aussi regrettable que condamnable car ce n'est pas là la place d'un chercheur, et qui plus est, un chercheur comptable et redevable de fonds publics.


    _____________


     
    1 - Au sujet de cette soi-disant absence de réconciliation entre les deux Peuples... avec une population qui, pour 75% d'entre elle, n'était pas née au moment de la guerre d'Algérie, une population qui est loin d'être dupe d'un FLN manipulateur et diviseur ; FLN auquel cette population n'accorde plus aucune attention ni aucun crédit...


    Français de France, rendez-vous en Algérie, vous y serez très bien reçus par la population, dans les grandes villes comme dans les campagnes ; et plus encore si vous et vos ascendants n'ont jamais gagné un centime sur le dos d'un autochtone du Maghreb à l'époque de la colonisation, et même après.

     
    2 - C'est le 50è anniversaire de l'Indépendance de l'Algérie. C'est l'occasion ou jamais pour le Peuple algérien de poser  la question suivante à ceux qui dirigent l'Algérie depuis 50 ans :" Qu'avez-vous fait de notre Indépendance ?".

     
    3 - Stora, pourquoi lui ? Et pourquoi faire ? Par condescendance à l'égard du Peuple algérien et de son Etat ? Par culpabilité ? Stora appartenant à une communauté qui a fait le choix d’une Algérie française, et puis… l'exil. Ou bien parce que Monsieur Stora qui se rend souvent en Algérie, aime le confort des villas du FLN et leurs piscines ? Par méconnaissance des enjeux politiques et diplomatiques ?

    Bien qu'expatrié (les Juifs étaient chez eux en Algérie, d'où le terme "expatrié"), Stora semble afficher une condescendance digne d'une mentalité de colon faisant l'aumône à un Peuple pourtant doublement humilié par la colonisation et par l'échec de son indépendance.

    Paradoxe suprême : cet historien n'a pas de mots assez durs contre la colonisation française de l'Algérie  dont il pense qu'il n'y a rien à sauver même si on doit tout de même risquer cette question : originaire d'Algérie, sans cette colonisation, Monsieur Stora aurait-il fait des études à lycée Janson-de-Sailly à Paris avant un doctorat en histoire ?

    Cette autre question aussi : si cette colonisation était aussi détestable et criminelle, pourquoi la famille Stora a-t-elle quitté l'Algérie au moment où le Peuple Algérien s'est donné les moyens militaires et politiques d'une autodétermination qui porte le nom d'indépendance ? Ou bien, alors, une fois adulte, pourquoi Monsieur Stora n'est-il pas retourné en Algérie pour partager avec ce peuple tout le potentiel d'une telle indépendance ?

    On l'aura compris : le souci majeur de Stora n'est pas le bien-être du peuple algérien ; la cible de Stora, c'est la France : l'abaisser, l'empêcher  de redresse la tête sur la scène internationale ; une France dont la politique étrangère serait d'inspiration gaulliste ; et là, c'est Israël, toujours et encore Israël qui pointe le bout de son nez ; Israël et le refus d'une grande partie de la France d'accepter la politique de cet Etat "voyou" qui ne respecte aucune loi internationale.

    La psychanalyse aurait sans doute aussi son mot à dire en ce qui concerne "le cas Stora" : cet Algérien d'adoption française qui a refusé de partager le sort des Algériens d'une Algérie indépendante et qui a fait le choix du colonisateur : le procès fait à la France dispense manifestement les "Stora" de l'histoire coloniale française - et ils sont nombreux - de faire leur propre examen de conscience ; du moins, le croient-ils car... qu'ils sachent que nous ne sommes pas dupes : nous, dont les parents n'ont jamais gagné un seul kopeck sur le dos d'un Algérien exploité, spolié et humilié, ne porterons certainement pas le poids de cette culpabilité qui doit être celle des "Stora de l'histoire coloniale française" et la leur seule face aux colonisés de tous les temps.


    4 - En ce qui concerne l'Etat français, ce qui peut empêcher, sinon retarder, un éventuel geste de reconnaissance d'une  responsabilité  et d'une culpabilité à propos de l'histoire coloniale franco-algérienne, et ce au plus haut niveau, c'est la nature du régime qui lui ferait alors face ; régime qui interdit toute faiblesse car cette faiblesse serait alors exploitée au détriment du Peuple algérien et contre ses intérêts ; si par intérêts on entend : liberté et justice.
     
    5 - Monsieur Stora qui est considéré par ceux qui s'opposent au régime algérien comme l'historien agréé auprès de ce régime qu'il conseille par ailleurs non pas à propos de la justice et de la liberté pour le Peuple algérien mais en ce qui concerne une politique géostratégique, n'est sûrement pas autorisé à faire de la politique avec l'Histoire, et moins encore sur un sujet qui engage la France face à un Etat qui n'est pas un Etat comme les autres ; et cela change tout.
     
    Même si, en fin d'analyse, ici en France, c'est bien la même complaisance que l'on retrouve ; une complaisance  de clientélisme à l'égard de l'Etat d'Israël comme de l'Etat algérien - parce que... les Juifs de France, parce que... les Français algériens ; complaisance (ou soumission) directement proportionnelle au poids culturel, économique, politique et historique des clientèles concernées par cette soumission : moindre avec l'Algérie, quasi totale avec Israël.

    Lien permanent Catégories : Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, Politique et actualité 0 commentaire
  • Le nouveaux Plouc de la conscience humaine et politique

       

                 Le nouveau Plouc est une sorte de concept "organique" ; concept appelé à se développer et à se métamorphoser donc.

    Attention à ne pas confondre le nouveau Plouc, tel que nous nous apprêtons à le définir, avec le Bobo qui, contrairement au Plouc, possède une sérieuse éducation supérieure, de l'argent et le pouvoir (trois attributs indissociables en ce qui le concerne) car dans les faits, ce nouveau Plouc n'appartient pas à la bourgeoisie, et par voie de conséquence, il ne peut pas être considéré comme un authentique Bobo.

    Les vrais Bobos sont finalement bien moins nombreux que les faux que sont les Ploucs qui fourmillent parmi les adhérents et les sympathisants du PS ainsi que chez une partie des Verts  ; ce que l’on nomme depuis une bonne vingtaine d’années maintenant : la fausse gauche.

     

              Faut-il rappeler que dans « Bobo » il y a « bourgeois » ? Or, un bourgeois occupe une place bien spécifique dans la société et en particulier, dans la chaîne de production des biens et des services ; production intellectuelle aussi (les universitaires), sans oublier le rentier-héritier ; et ce qui fait de ce bourgeois un Bobo (un bourgeois bohème), c'est sa façon de dépenser son argent : où, comment et avec qui. Pour sûr, ce Bobo-là qui vote PS et/ou Ecolo est du côté de la domination ! car, en ce qui concerne la recherche, la production et le commandement (management), cet individu est très proche de l’élaboration des process ainsi que de la redistribution de leurs gains soit comme concepteur, soit comme maître d’oeuvre ou bien encore en tant qu’intermédiaire-parasitaire ou actionnaire.

    Quant au faux-Bobo qui oublie que pour être un vrai Bobo il faut d’abord être un bourgeois, et que pour être un bourgeois il faut occuper une place spécifique dans la chaîne de production… ce faux-Bobo-là, souvent larbins aux ordres et simples exécutants… même bien payés, n'est, en définitive, qu'une sorte de grenouille qui souhaite se faire aussi grosse que le bœuf bobo... même et surtout sous un régime bio.

    Et pour conclure, on se rassurera avec ceci : contrairement à un homme de droite, on n’a jamais vu un authentique homme de gauche peiner à définir ce qu’est un Bobo : l’ennemi mortel de la gauche, une enculade assurée ;  et le nouveau  Plouc : l’idiot utile, sorte d'armée de réserve, des Bobos.

                   Mais trêve de commentaire : place au nouveau Plouc donc !

     

    ***

     

           Bigot qui se dit et se croit "de gauche", urbanisé et connecté, dont les indignations sont celles de tout le monde - indignations suscitées le plus souvent par des médias racoleurs -, sans imagination, d'une bêtise dévastatrice mais de bonne foi (1) - du moins pour la majorité d'entre eux -, courageux mais pas téméraire, la tripe sensible mais le coeur dur comme la pierre, très politisé mais moyennement informé tout en l’ignorant puisqu'il se croit au courant de tout, le nouveau plouc a longtemps voté PS, EELV et dernièrement : Macron ; il peut être chômeur ou cadre moyen, déclassé ou bien CSP+, universitaire (médiocre) ou ouvrier, homme ou femme, quoi qu'il en soit... le moment venu, face à ses propres contradictions, finalement bête et méchant, le nouveau Plouc, et c’est à cela qu’on le reconnaît, penchera toujours du côté de la censure et de la répression au nom même de la liberté et de la démocratie qu'il croit soutenir à bon compte et sans frais ; en effet, le nouveau Plouc ignore que soutenir la liberté d'expression est un véritable engagement et un sacrifice : c'est accepter ce qu'on n'aurait jamais osé ou bien désiré lire et entendre ; car... il n'y a pas de liberté, il n'y a que des preuves de tolérance ; et le nouveau plouc en est incapable.

            Certes ! Difficile d’ignorer le fait que c’est avec de tels Ploucs que sur Internet, aujourd'hui -  et demain plus encore -, un  journal au contenu payant peut espérer prospérer (Nouvelobs, Libération et une grande partie des abonnés de Médiapart) car, il faut le savoir : en France, il n'y a guère plus de 50 000 personnes déterminées à mourir debout tout en faisant face à ceux qui les exécuteront... et qui les exécutent chaque jour, en silence, jour après jour, dans une vie de chien ou le martyre, dans l'héroïsme et le sacrifice d'un voyage en RER à 5h30 du matin, rentré à 20h le soir, cinq jours par semaine, ou dans le retraité à 400 Euros par mois.

    Quel rapport demanderez-vous... ?

    Seul un Plouc osera poser une telle question !

     

    ***

     

                  Mais alors… qu’est-ce que pense un Plouc aujourd'hui ? La réponse, vous la trouverez dans l’énumération suivante (liste non-exhaustive établie en 2012 ; réactualisée aujourd'hui ; vous pouvez suggérer d'autres entrées qu'on ne manquera pas d'ajouter)...

     

                           C'est parti !

     

    Le nouveau Plouc pense qu'en dehors de l'Euro, point de salut...

    Le nouveau Plouc pense que sous la direction de Philippe Val, Charlie Hebdo défendait la liberté d’expression…

    Le nouveau Plouc pense que rire ça fait du bien mais que tous ceux qui vont aux spectacles de Dieudonné sont antisémites et fascistes…

    Le nouveau Plouc pense que Hollande était à gauche, Sarkozy à droite et Bayrou au centre…

    Le nouveau Plouc pense que le FN est un danger pour la République,  oublieux qu'il est du chômage, de la corruption, de la pauvreté et des discriminations et d'une construction européenne qui n'est que l'instrument d'un mondialisme sans honneur ni justice …

    Le nouveau Plouc pense que si tout n’a pas été dit au sujet du 11 Septembre, néanmoins ce qui nous a été caché ne saurait en aucun cas remettre en cause la version officielle...

    Le nouveau Plouc pense que tous ceux qui pensent le contraire sont des conspirationnistes paranoïaques…

    Le nouveau Plouc pense que... "l'avenir ne dépend que de nous"...

    Le nouveau Plouc pense que Bernard-Henri Lévy est un philosophe...

    Le nouveau Plouc pense que l'Islam c'est bien mais que Tariq Ramadan c'est mal...

    Le nouveau Plouc pense que l’Irak d’aujourd’hui c'est quand même mieux que l’Irak d’hier tout en omettant de nous dire pour qui...

    Le nouveau Plouc pense que Daniel Cohn-Bendit est un écolo de gauche...

    Le nouveau Plouc pense que l'élection d'Harlem Désir à la tête du PS a fait avancer la cause des Français issus de l'immigration, de la traite et de la colonisation...

    Le nouveau Plouc pense que le Nouvelobs et Libération sont à gauche...

    Le nouveau Plouc pense que l’Iran souhaite détruire Israël avec La bombe… tout en épargnant les palestiniens et le Hezbollah (une sorte de bombe atomique aux retombées aussi chirurgicales que sélectives) car le Plouc ignore que La bombe représente la seule chance pour l’Iran de ne pas finir comme l’Irak...

    Le nouveau Plouc pense que la France est la patrie des Droits de l'homme, ignorant l'Histoire de l'Angleterre et des Etats-Unis...

    Le nouveau Plouc pense que Chavez était un affreux dictateur, bien qu’élu démocratiquement car il soutenait l’Iran…

    Le nouveau Plouc pense, là aussi, que Michel Onfray est un philosophe... qui plus est dissident...

    Le nouveau Plouc, surtout chômeur, pense que le mondialisme est inévitable et le protectionnisme un fléau ; même si toutes les économies "performantes" l'ont pratiqué et le pratiquent encore aujourd'hui...

    Le nouveau Plouc pense que la Libye d'aujourd'hui c'est mieux que la Libye d'hier, et là aussi, sans toutefois préciser pour qui...

    Le nouveau Plouc pense que l'Afrique a souffert et souffre encore, mais  que Kémi Seba est raciste...

    Le nouveau Plouc ne sait pas qu’il pense que tous ceux qui ne pensent pas comme lui doivent être censurés, bannis et interdits de communication et de diffusion... jusqu'au jour où...

    Le nouveau Plouc pense la LICRA c'est la ligue internationale contre le racisme... et le CRIF, le représentant des institutions juives de France...

    Le nouveau Plouc pense que Marianne est un journal indépendant...

    Le nouveau Plouc pense que l'Europe née de Maastricht et du traité de Lisbonne est la meilleure Europe possible...

    Le nouveau Plouc pense que si c'était différent ce serait pire encore...

    Le nouveau Plouc pense que Bernard-Henri Lévy (eh oui ! encore lui ! car le nouveau Plouc est un multi-récidiviste impénitent) est à gauche...

    Le nouveau Plouc pense qu’en Syrie il s’agit bel et bien d’un soulèvement populaire contre une dictature sanglante et certainement pas de provoquer la chute d'un régime, voire... du Pays tout entier, qui n’a plus sa place dans le nouvel ordre mondial dominé dans cette région par les USA, Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar...

    Le nouveau Plouc pense que le "pouvoir" est à l'Elysée et que... lorsqu'on s'y rend... on a de grandes chances d'y trouver un Président de la République...

    Le nouveau Plouc pense que Arte fait de la télé et du journalisme "autrement"...

    Le nouveau Plouc pense que sans le Hamas, Israël aurait consenti à la création d'un Etat palestinien, le favorisant même, depuis longtemps déjà...

    Le nouveau Plouc pense que les Russes c'est bien mais que Poutine c'est mal... car il a oublié que Poutine l'est aussi...

    Le nouveau Plouc pense que tous ceux qui, à gauche, ne pensent pas comme lui, sont dans les faits... des militants d'extrême droite infiltrés...

    Le nouveau Plouc pense que Laurent Fabius a bel et bien été  le ministre des affaires étrangères de la France...

    Le nouveau Plouc pense qu'Obama c’était beaucoup mieux pour les pauvres en général - les Noirs en particulier -, et les Palestiniens... oublieux de son bilan social et de la destruction de la Syrie et de la Libye.

    Le nouveau Plouc pense que si la corruption c'est mal, elle ne concerne qu'une petite partie de la société en général et de la classe politique en particulier...

    Le nouveau Plouc pense que Christine Ockrent a été et qu'elle est encore... une journaliste ; de même en ce concerne Anne Sinclair et de plein d'autres encore...

    Le nouveau Plouc pense qu’il n'est pas un Plouc...

    Le nouveau Plouc pense qu'il est de gauche et il est bien le seul...

    Le nouveau Plouc pense qu'il pense, et là aussi, on ne trouvera personne pour soutenir cette assertion...

    Le nouveau Plouc pense qu'on ne fait pas de la bonne littérature avec Sade, Céline et Drieu la Rochelle qu'il juge infréquentables car le Plouc mélange tout...

    Le nouveau Plouc pense que le Pop-art a quelque chose à voir avec l'Art...

    Le nouveau Plouc pense qu'on peut faire de la bonne littérature avec Christine Angot...

    Le nouveau Plouc pense que tous ceux qui ne sont pas de gauche sont de droite...

     

                     Et puis... en guise de conclusion toute provisoire... on l'aura maintenant compris :

     

              Ce nouveau Plouc n'a rien de commun avec l'ancien. Plutôt sympathique et loin d'être aussi crédule et ignorant ;  aujourd'hui, cet ancien Plouc force le respect.

     

    _____________________

     

    1 - Distinction majeure car cette bonne foi protège le nouveau Plouc de cet autre concept : le nouveau Salaud de mauvaise foi et cynique.

     


    Michel Fugain - Les gentils & les méchants

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
  • Taki Ghounaris : lumière et sortilèges

     

    "La peinture est aussi la musique du monde."

     

    taki ghounaris, eucharistie

     

                                 Eucharistie -120 x 97 - 2011 - Bénédiction du Patriarche de Constantinople.

     

                         "Rencontrer c’est voir ; voir est une action créatrice, elle est ultérieurement une subtile métamorphose de l’être quand le regard est celui d’un enfant. Une icône n’a pas pour vocation la ressemblance, elle est un miroir pour la transcendance. Elaborée avec jubilation par sa propre thématique, ici l’icône, de couleurs mécaniques, est un appel par le jeu des mouvements ; son rôle : la réflexion et la vision contemplative du moi intérieur" - Taki Ghounaris

     

    ***

     

    Dès l’âge de 17 ans, Taki Ghounaris expose et vend ses premiers tableaux rue Saint Honoré. Elève de Goetz, dans la mouvance des peintres de l’Ecole de Paris, il rencontre chez le galeriste Albert Hervieu, Antoni Clavé qui le confirme dans sa vocation...                                           

     

    taki ghounaris

                                                     Filet de Pêche - 120 x 97 - La pêche en mer

     

                       "Il s’agit d’une méditation ; ici chaque couleur est un instant unique ; l’image dans son ensemble n’est pas une nécessité ; la lumière est magique ; les fins minéraux qui composent la peinture, mariés aux pigments de couleur, comme la madeleine de Proust, évoquent peut-être aussi, par l’irisation de feux minuscules et multicolores… des milliers de cartes postales pailletées envoyées dans l’univers pour les fêtes. Là, le parfum marin en ce qui concerne la réflexion  du jaune pécheur « l’origine du monde au travail » est évident." Taki Ghounaris

                                                       

     

    ***

     

                       

    taki ghounaris artiste peintre, ville d'avray artistes peintres

                    A 20 ans, Taki Ghounaris est appelé sous les drapeaux en Algérie, ce qui changera sa destinée : il abandonnera la peinture à son retour avant d’y revenir bien des années plus tard, pour ne plus la quitter avec l'artiste peintre et enseignante Agnès Monteilhet qui l'aidera à remettre un pied à l'étrier.

    Sûr de lui et de son Art, le travail de Taki Ghounaris, vécu intime, est lié, dans son inspiration « ... à la lumière que dégage la matière mélangée à la couleur ». 

     

                                                         Né en 1940, Taki Ghounaris, nous a quittés en octobre 2015

     
                      
                                 
                           
                             

     

    Pour prolonger, cliquez : Taki Ghounaris en vidéo

     

     

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Dans le regard d'Antonioni

     

     

     

     
                Avec Blow-up (1), sorti en 1966, le réalisateur italien Michelangelo Antonioni mettra à mal notre capacité à ne jamais douter d'un fait, même et surtout... irréfutable, agrandissement après agrandissement (traduction du titre du film) aux confins du possible et de l'improbable, jusque dans les dernières secondes de son film, lorsque  Thomas, photographe professionnel (David Hennings dans le rôle), disparaît, là, sous nos yeux, comme happé par une révélation aussi saisissante que salvatrice...

    Et alors qu'à proximité se joue une partie de tennis sans raquettes ni balle, mimée par deux joyeux drilles entourés de gais lurons ; partie de tennis qui sauvera notre photographe de l'angoisse de ne jamais pouvoir partager avec quiconque la découverte d'un corps sans vie étendu dans un parc, assassiné par balle et dont il ne reste au petit matin plus aucune trace (2).

           Privé de son appareil-photo, l'impossibilité de partager une telle découverte et le risque d'enfermement dans une incommunicabilité psychiquement dommageable, cette partie de tennis et la participation active de David Hennings les annuleront d'un coup d'un seul, puisque notre photographe prendra une décision qui le sauvera : il retournera aux deux mimes qui la lui réclament, une balle invisible sortie du cours ; décision qui lui fera prendre conscience de l'existence d'une possibilité jusque là insoupçonnée : ce qui est peut très bien n'avoir jamais été.

                    Alors pourquoi chercher à le partager - ce quelque chose -, avec qui que ce soit tout en étant dans l'incapacité de le faire ?

     

     

                  En effet, cette partie de tennis fantôme (vidéo à 2.40) auquelle il prête son concours comme par inadvertance, lui offre maintenant la possibilité de choisir une autre réalité qui n'aura besoin de l'assentiment de personne : non ! ce corps sans vie étendu dans un parc au pied d'un buisson n'a jamais été ! (d'autant plus que cette découverte est sans témoin et qu'il n'en reste aucune preuve matérielle)...

    Oui ! cette partie de tennis sans balle ni raquettes a bien lieu ici et maintenant... (nombreux sont ceux qui peuvent en témoigner)... Antonioni prenant là quelques risques avec la raison (et la morale ?) en nous suggérant que toutes les réalités se valent pour peu que l'on y souscrive et que l'on ne soit pas le seul... car de nos jours, c'est le nombre qui sanctifie, a fortiori le ralliement au plus grand nombre, même sur la base du mensonge, qui nous apaise ; et plus encore... après une tentative de se désolidariser de ce mensonge - situation anxiogène, toujours !

     

     

    1 - Inspiré d'une nouvelle Las babas del diablo (Les fils de la Vierge) de Julio Cortázar.

    2 - Dans ce film, il n'est pas question de douter de quoi que ce soit, d'une réalité ou d'une autre...  en revanche, il est surtout question d'être le témoin d'un événement majeur, un crime, que l'on ne peut partager avec personne faute de pouvoir apporter la preuve de la réalité de cet événement. Situation anxiogène par excellence : souffrance et perte de repères. Avec Antonioni, il est aussi question de savoir comment, pour rechercher l'apaisement, on choisit de se dire que cet événement peut tout aussi bien n'avoir jamais eu lien. Et plus radical encore : qu'il ait eu lieu importe peu car seul importe ce que l'on peut partager comme expérience. Tout ce qui ne peut pas être partagé n'existe pas ou n'a pas existé, car une expérience traumatique qui ne peut pas être partagée est insoutenable ; cad : invivable... socialement (à moins de vivre sur une île déserte dans un environnement a-social : là où aucun partage n'est envisageable).

    D'où la tentation du déni ou de la négation de l'événement avec l'assentiment et le soutien moral du plus grand nombre.

    ________________

     

    Pour rebondir et prolonger... cliquez Cinéma, de film en film

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Cinéma de film en film 0 commentaire
  • Johnny Hallyday, le retour de l'enfant prodige : veau gras et célébration

     

     

    johnny halliday est mort

     

                 De sa première télévision au côté de Line Renaud à l’âge de 17 ans, en Jean-Philippe Smet effacé et timide, aux concerts-festins-gargantuesques d'un Johnny Hallyday démiurge devant un public composé de plusieurs dizaines de milliers de fans dans les années 70 jusqu’aux années 2000…

    Nietzschéen sans le soupçonner pour n’avoir jamais lu Nietzsche, dans son parcours en forme de « Deviens qui tu es ! », Johnny Hallyday aura aussi été, très certainement, un modèle pour son public dans l'intimité d'une relation d'une grande intensité émotionnelle  - modèle de volonté et de persévérance -, deux générations durant.

    Rage de vaincre dans une dépense d'énergie exceptionnelle sur la durée, Johnny  a conquis la France comme s’il s’agissait de conquérir le monde : avec démesure et dans la surenchère : toujours plus de lumière, toujours plus de musiciens, plus de voix, plus de places à prendre d’assaut.

    Nous qui étions proches d’un Ferré, d’un Bernard Lavilliers, des auteurs- compositeurs-interprètes, dans ces mêmes années 70, jamais avares de mots lorsqu’il s’agissait de conspuer une "chanson de variété" sans queue ni tête, nous tous avons fini par nous y faire (1) : c’est sûr, Johnny Hallyday ne partirait pas ; il faudra faire avec ; il sera là pour longtemps et aujourd’hui pour plus longtemps encore : l’éternité ?

    Il faut le rappeler : les publics de tous ces artistes ne se mélangeaient pas ; très clivées ces années 70, jusque dans la chanson dite populaire, à un point que l’on n'imagine pas aujourd’hui ! de Lavilliers à Claude François, de Maxime le Forestier à… Johnny Hallyday justement, tous nous nous ignorions superbement. D’un côté l’ouvrier déjà à la tâche au sortir de son adolescence, en majorité mâle – les fans de Johnny, les lève-tôt, ceux qui n’ont pas le droit à l’erreur, lui qui avait tous les droits : droits à tous les excès ; les mêmes qui lui ont permis de se relever, mille fois,  et d’aller jusqu’au bout, tout au bout…toute énergie consommée ; de l’autre, les traînards des lycées et des facs, quelques glandeurs aussi,  qui souhaitaient changer le monde avant même d’y être entrés de plain-pied.

     

                       Authentique artiste populaire aux fans à la dévotion touchante d’une fidélité à toute épreuve, héros auprès d’un public qui ne s’y est pas trompé, il était leur "winner"  à tous ;  eux qui se situaient que trop rarement du côté des vainqueurs.

    Artiste de variété le plus moqué, son public un temps méprisé, avec  « la réconciliation » des années 90 puisque le jeu n’en valait plus la chandelle - suite à la trahison du PS, il n’était plus nécessaire de se penser « à gauche » contre une droite et ses beaufs -, tout rentra dans l'ordre : Maxime le Forestier écrira pour Johnny et le quotidien Libé saura en dire du bien : c’est vous dire, c’est tout dire ! Un Johnny qui  jouira alors d’une impunité à toute épreuve auprès de tous : public,  médias et classe politique.

    Trente glorieuses, société de consommation.... indissociable de  la frénésie  Rock n'Roll-esque, Johnny Hallyday c'est aussi un fait social et un fait économique : il aura été l'instrument  d'un nouveau concept  à but très lucratif venu tout droit, là encore, des USA : "La jeunesse" et le Jeunisme... "Johnny l'idole des jeunes" en pilier d'un consumérisme encore en gestation mais qui ne demandera qu'à s'imposer partout, en tout lieu et pour finir, en chacun de nous.

    Caricaturé par tous ceux qui en ont fait un commerce (2), les sarcasmes ne l’atteignaient pas ; du moins, il s’est bien gardé de le montrer ; jamais capricieux, si Johnny Hallyday a fait du cinéma, jamais il n’a « fait sa star ». 

    Finalement, c’est le public de Johnny qui s’est imposé à nous car nous aurions été mal venus de continuer de le bouder ou de le ridiculiser plus longtemps : à gauche on pouvait encore « snober » l’artiste mais pas son public ; pas ce public-là en tout cas : classe ouvrière oblige ; c’était donc devenu un devoir que de reconnaître le bien-fondé, la justesse de leur engouement et sa nécessité à la fois émotionnelle et psychique : le partage, l’appropriation, l’intériorisation et la fierté de soi retrouvée dans la communion et le soutien à cet artiste mille fois rappelé sur la scène et  dont ils entretenaient la célébrité et le tonus - ils le maintenaient en tension -  car c’est bel et bien le public de Johnny qui a fait Johnny Hallyday et non le matraquage radiophonique et télévisuelle des maisons de disques.

    La classe politique n’était pas en reste. Tous s’y précipitèrent, tous s’y frottèrent, s’y collèrent – s’y vautrèrent  -, auprès de cette figure maintenant iconique. Il faut croire que Johnny lavait plus blanc que blanc malgré lui qui ne savait pas leur dire non : Giscard, Chirac et Sarkozy. Tous ont gagné leur élection. Johnny portait chance.                      

     

                      Si Eddy Mitchell a épousé le Rock n’roll du bout des lèvres, avec parcimonie, précautionneux – à chaque jour suffit sa peine de chanter et de vivre ; son public plus féminin que celui d'Hallyday, n’avait aucun goût pour l’hybris  -, Johnny choisira très vite de prendre  le Rock n'roll au mot, à la lettre ; acteur majeur de la scène Rock à la sauce française,  il y investira tout jusqu’à y laisser sa santé.

    Il s’est approprié le Rock, cette grande gifle rythmique des années 50, jusqu’à en faire une exclusivité française, bien française ; trop français alors Johnny comme on pouvait l’être dans les années 60 et 70, parmi une minorité de quelques millions d’invisibles durs au labeur ; d’où le fait qu’il ait été si peu suivi des Français issus d’une culture autre qu’occidentale.

    Symbole sexuel masculin par excellence, un des premiers dans le contexte français, il a joué, usé et abusé de son corps comme de sa voix ; dans le vacarme et la fureur de vivre, ses fans, au fil des ans, ont sans doute pu craindre qu'il ne soit plus à la hauteur de son destin après un précédent tragique : celui d'un Elvis décédé à l'âge de 44 ans.

    Halliday savait ce qu'on attendait de lui. Il s'y est plié. Même s’il n’a ni écrit ni composé aucune des chansons de son répertoire,  à l'exception de deux titres, c’est bien lui, en les interprétant, qui leur donnera la vie ; et quelle vie ! A chaque naissance, le nouveau-né dionysiaque venait au monde avec tapage ;  il pouvait alors  être tentant de  confondre les grandes gueules avec les grandes voix.

    Ce Mick Jagger français privé des Rolling Stone roulera sa bosse de scène en scène, 60 années durant. On peut soupçonner que Johnny n’a rien calculé ; d’autres s’en sont très certainement chargés ; lui fonçait tout droit, sans se poser de question, craignant ni le ridicule ni le faux-pas. Les amitiés qui l’entouraient n’étaient pas toujours désintéressées ; faut dire qu’on le disait généreux : il ne savait pas dire non,  là encore.

     

                       Sa mort, la mort de ce gladiateur du rock et de la scène, c’est aussi un retour : le retour de l’enfant prodige. Nul doute que son public saura tuer le veau gras car un Johnny Hallyday, ça ne se commémore pas, ça se célèbre porté en triomphe. Aussi, rendons-leur à tous leur idole ;  donnons  à son public la primeur d’une célébration qui n’aura rien à devoir à personne.

     

    1 - Un peu comme avec Jean d’Ormesson qui vient de nous quitter : d'Ormesson n'avait pas grand-chose à dire mais il le disait bien ; ce qui fait qu'on a tous fini par croire qu'il avait quelque chose à dire : en cela, c'était bien un homme de son temps. Et tous s’y sont laissés prendre.

    2 - La dernière "Une" de Charlie Hebdo aurait été drôle si Johnny avait pu triompher de cette maladie qui l’a emporté ; parti quelques jours après sa publication, la blague tombe à l’eau ; mais c’est là, les risques du métier de caricaturiste.

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Voyage de noce de Macron sur le Continent noir de la Françafrique

    françafrique,macron en afrique,macron

     

                          Pour Macron, "... le développement de l’Afrique passe par la baisse de la fécondité"; et ceux qui savent de quoi ils parlent quand ils en parlent, de lui répliquer : "La baisse de la fécondité passe par le développement".

                          La tournée africaine de Macron et le procès de la  surpopulation, comme si la situation africaine aussi complexe soit-elle avait quelque chose à voir avec un diagnostic de surpopulation ; demandez donc à ce qu'on appelle la Françafrique, cette domination du plus faible au service des multinationales françaises, de l'infantilisation des Africains et de la corruption de sa classe politique : des autoroutes là où des hôpitaux sont attendus... des poulets d'exportation qui inondent le marché local contre l'indépendance alimentaire d'un pays, d'un continent...

    Quant à la vieille antienne de la petite bourgeoisie des centre-villes de province ( auquelle Macron ne cessera jamais d'appartenir en président condamné à l'anecdote !) qui reproche à la pauvreté... ses enfants, un seul commentaire s'impose sous la forme d'une injonction : Chiche Macron ! Arrange-toi pour que l'aide au développement versée par l'UE serve les besoins des Africains et plus ceux nos multinationales !


                                         

                 

    Les plus futés auront réalisé que ce voyage en Afrique n'est pas destiné à une audience africaine mais bien française ; on notera au passage que les interventions de Macron, amplement relayées par les médias, sont destinées à flatter le parti-pris d'un électorat qui s'étend du centre-gauche à l'extrême droite ; aussi, ce voyage, c'est encore Macron qui ratisse large et qui ne cesse de ratisser très large ; un Macron en campagne, condamné à l'anecdote et à la démagogie dans un franc-parler qui, là encore, flatte toutes les ignorances, tous les préjugés et autres partis-pris. Après les "fainéants", les faiseurs de bordel, les "gens qui ne sont rien"... c'est le tour de l'Afrique et des Africains mais....... vue de l'Europe.
     
    Décidément, aucune terre ne doit échapper au laboureur qu'est Macron ; pas de friche ; au diable la jachère ! Force est de reconnaître que c'est d'un cynisme d'une efficacité redoutable digne d'un opportunisme rarement égalé ; mais c'est aussi et surtout dégueulasse car c'est le refus la perfectibilité de l'être humain : cet homme-là qu'est Macron et ceux qui l'entourent, le conseillent et le pilotent, tous misent manifestement et sans honte ni pitié, sur un homme stupide et borné, content de l'être, pour mieux servir les intérêts d'une domination qui ne veut à aucun pris de la possibilité de cette perfectibilité.
     
    La Fontaine n'a donc jamais eu autant raison :" Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute". On peut déjà prédire que les imbéciles paieront cher, très cher, cette complaisance de Macron à leur égard.

    _____________

     

    C'est François-Xavier Verschave, décédé en juin 2005, qui a forgé et décrit le concept de « Françafrique » ; terme parodiant l’expression la "France-Afrique" de Félix Houphouët-Boigny.

    La « Françafrique » est ce volet occulte de la politique de la France en Afrique. Les deux principaux ouvrages qui traitent ce sujet sont  : La Françafrique (Stock, 1999) et Noir silence (Les Arènes, 2000) :

                 "... Dès son retour au pouvoir en 1958, De Gaulle comprend qu’il est acculé à accorder les indépendances africaines. Les discours décolonisateurs américain et soviétique renforcent en effet le mouvement des peuples. Il accorde donc ces indépendances : c’est la face émergée de l’iceberg, toute blanche, "la France amie de l’Afrique", etc. En même temps, De Gaulle demande à son bras droit Jacques Foccart de mettre en place un système de dépendance intégrale : il s’agit de conserver un cortège d’États clients, l’accès à des matières premières stratégiques, et la dîme pour son parti politique. Sous la légalité proclamée s’installe donc une illégalité de fait. Organiser cette illégalité sur quarante années n’a pu se faire que par des moyens illégaux, inavoués.

    Foccart commence par sélectionner des chefs d’État "amis de la France" - par la propagande, des fraudes électorales massives, et deux punitions exemplaires : l’épouvantable répression des indépendantistes camerounais, l’élimination du président togolais élu malgré la fraude, Sylvanus Olympio. Le seul rescapé de ses complots, Sékou Touré, en deviendra paranoïaque. Foccart tient son "pré-carré" par un contrôle économique, monétaire, militaire et barbouzard. La convertibilité du franc CFA permet tous les circuits parallèles d’évasion de capitaux, de la rente des matières premières et de l’aide publique au développement. Paris impose une série d’accords militaires léonins, largement secrets. Chaque chef d’État est chaperonné par un officier de la DGSE, qui en principe le protège, mais peut aussi favoriser son élimination, comme dans le cas d’Olympio. Les Services français recourent au besoin à des groupes de mercenaires ou des officines de vente d’armes... " - Association Survie

                                Jamais Macron ne vous contera cette histoire-là.

    __________________

     

                    Jomo Kenyatta, Ruben Um Nyobè, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara...

                   Jamais vous n'entendrez parler de ceux qui ont inspiré et dirigé les luttes d'émancipation et d'indépendance sur le Continent africain.  Quant à leur rendre hommage tout en validant leurs analyses et leurs actions... n'y comptez même pas !

     

     

    Saïd Bouamama : « Les figures de la révolution africaine »

     

     



    Francafrique par survivant

       

    Survie : cette association a trois objectifs principaux : ramener à la raison démocratique la politique de la France en Afrique (lutte contre la Françafrique et le néocolonialisme), combattre la banalisation du génocide et réinventer la solidarité internationale par la promotion des Biens Publics mondiaux.

    Se reporter à l'ouvrage : La gloire des imposteurs par Aminata Traoré, sociologue.

     

               Si en  20 ans, l'association "Survie" a pu une ou deux fois s'exprimer sur les médias nationaux (RFI en autres), les analyses de ce collectif et les révélations du caractère scandaleux de cette Françafrique néo-colonialiste, surpassent de très loin et de très haut le moindre travail dit "journalistique" de toutes les rédactions  sur ce sujet comme sur tous les autres.

     

     

                La complainte, le cri, la révolte à peine contenue d'un Africain, Malick Noël Seck, exaspéré par une francophonie qui n'est que le bras armé de la Françafrique et une élite africaine tout au service des multinationales françaises : des autoroutes là où des hôpitaux sont attendus... des poulets d'exportation qui inondent le marché local contre l'indépendance alimentaire d'un pays, d'un continent...

     

                  Jamais il ne nous sera donné d'entendre cette complainte dans nos médias.

     

    Kemi Seba : panafricaniste de nationalité française exilé pour les uns, de retour sur la terre de ses ascendants pour les autres : l'Afrique.

     

                   Une fois encore, jamais vous ne... etc... etc...

     

    ***

     


                 Là où le football - opium des Peuples africains francophones,  avec ses gladiateurs, ses forçats et ses mercenaires qui en Europe, assurent le spectacle, de Marseille (en 1ère division) à Le Poiré-sur-vie (en national) -, semble servir d'exutoire à une information sous influence et sous conditions, celles dictées par nos multinationales et l'Elysée en VRP de leurs intérêts - financement d'Etat oblige ! -, c'est tout un Continent qui est  méprisé comme aucun autre.

                  

     

    ___________________

     

    Pour prolonger, cliquez : La Françafrique sous les présidences Sarkozy et Hollande

     

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Présidentielle 2017 et après 0 commentaire
  • "Les Porcs" : dernier ouvrage de Marc-Edouard Nabe


                      

                       Marc-Édouard Nabe a publié « Les Porcs », livre autobiographique et politique : Internet, la dissidence, les années 2000 ; Alain Soral, Dieudonné et beaucoup d'autres qui ont côtoyé l'écrivain. Cela faisait plus de quatre ans que la sortie du livre était annoncée.

    Dans cette interview, Nabe traite de la chronologie des faits. Mon commentaire, ci-après, concerne la prestation de Nabe chez Taddéï en 2014 ; c'est son retour dans les médias (retour éphémère) ; son sujet  : la galaxie Soral et Dieudonné accusée de « complotisme ».

     


       

                            Les raisons avancées par Nabe à propos de son attaque frontale contre Soral et Dieudonné (leur complotisme) chez Taddéï en 2014 (vidéo ci-dessous), après une longue absence forcée, ne pèsent guère en comparaison des attaques dont ces deux protagonistes font l’objet par le Système depuis dix ans car, dans les faits,  la démarche de Nabe chez Taddéi ( un des épisodes les plus fameux des prestations télévisées de l'auteur) servait admirablement les détracteurs de ces deux activistes ; l’attaque de Nabe apportait de l’eau à leur moulin, sans l’ombre d’un doute ; le fait que Nabe n’en ait tiré aucun profit (Nabe a pour réputation d’être antisémite) ne change rien à l’affaire : Nabe a joué avec le système pour contribuer à discréditer et diaboliser Dieudonné et Soral (après l'antisémitisme - rajout d'une  nouvelle charge portée par Nabe : le complotisme ). D’autant plus que la thèse d’un Dieudonné et d’un Soral complotistes est difficilement soutenable. La guerre faite à Soral et à Dieudonné concerne principalement le fait qu’ils aient "dit la vérité "  quant à l’influence du sionisme sur la France : influence sur la  politique étrangère de la France, contrôle de la parole dans les médias, intervention dans les affaires culturelles ; culpabilisation et diabolisation de tout soutien des populations françaises d’origine arabo-musulmane en majorité, en faveur de la cause palestinienne ; chantage à l'antisémitisme... pour résumer : leur dénonciation à tous les deux de la LICRA, de l’UEJF et du CRIF comme officines israéliennes, est la principale raison de leur persécution. 
        

     
                         

     

                    Nabe ne peut pas avoir ignoré que le Système buvait du petit lait ce soir-là chez Taddéï . Nabe, dans le déni, fait donc preuve d’une mauvaise foi consommée, mâtinée sans doute aussi d’une gêne proche de la honte (et le remords ?) lorsqu'il affirme trois ans plus tard, le contraire car, dans les faits, chez Taddéï, Nabe a bel et bien cherché à retrouver le chemin des médias après de nombreuses années de boycott et à faire le buzz sur le dos d’un Soral et d’un Dieudonné. Il faut dire que Nabe n’a jamais assumé ses choix et leurs conséquences : le bannissement des médias mainstream ; médias qui, dans les années 70 et 80 ont "fait" Marc-Edouard Nabe ; et c’est là toute sa faiblesse contrairement à Soral et à Dieudonné qu’Internet à sauver de l’oubli tout en gardant à l’esprit que  ces derniers se sont données très vite les moyens de rebondir après leur exclusion de la scène médiatique pour l'un et de la scène "tout court" pour l'autre. Nabe, hélas pour lui, n’a rien mis en œuvre à la suite de son bannissement. De cette exclusion, de cet isolement, il en souffre, c’est sûr ! Il n'a jamais cessé d'en souffrir ; pour cet enfant ui a pour père un  artiste de music-hall, le clarinettiste Zanini, rien n’est pire pour lui que ce silence, cette indifférence de la scène médiatique à son égard.

    Son attaque contre Soral et Dieudonné, c’est indéniablement une attaque contre leur succès car force est de reconnaître Dieudonné et Soral n’ont jamais été aussi présents que depuis qu’ils sont absents.

     _____________

     

                      A propos des attentats du 11 septembre 2001 : Nabe face à Thierry Meyssan…

                      Nabe s’est mal remis de l’échec de sa tentative en 2001 de rallier à lui tous ceux qui, en France, s’étaient réjouis des événements du 11 Septembre - il souhaitait cibler en priorité les Français de culture arabo-musulmane -, avec la publication de l’ouvrage "Une lueur d’espoir" – comprenez : espoir pour les Nations arabes suite à ces événements  -, qui fait l’éloge de Ben Laden, ange exterminateur et vengeur d’une Amérique dont il n’y a plus rien à sauver.

    Précisons ceci : profondément blessé par le rejet du Système à son égard  - l'édition, les médias, la classe politique française - , depuis les années 80, Nabe, ce pas-tout-à-fait français (origines italienne, libanaise et grecque)  avait épousé, sans condition, sans nuance, sans vigilance ni auto-critique, la cause, ou du moins ce qu'il croyait être...  la cause du monde arabe -  Arabes musulmans, Musulmans arabes... population la plus détestée, la plus stigmatisée en Europe - contre la France, sa culture, son histoire, son passé et son présent.

    Après son bannissement des médias bien des années plus tôt, ce nouvel  échec de Nabe, cette-fois à propos de son interprétation des événements de septembre 2001, isolera Nabe de la sphère "dissidente"  qui s'était repliée sur Internet  car Nabe commettra une erreur : il refusera de questionner la version de ces événements. Comment le pouvait-il quand on connaît ses motivations réelles ? A ses yeux, ces événements devaient être l’œuvre de Ben-Laden seul. Or, les « Arabes de France » ont voulu le beurre et l’argent du beurre : un « Ben Laden tout puissant » et la dénonciation des opérations sous fausses bannières, ou faux drapeaux, de l’Etat profond américain (CIA et NSA) ; Thierry Meyssan, lui, l’a fait ; il parlera d’imposture à propos de la version US des événements du 11 Septembre et c’est lui qui « raflera la mise ».

                Dépité, Nabe choisira de se faire oublier ; il aura au moins réussi ça ! Après un ouvrage sur DSK jugé "ingérable" par les médias... très vite, Nabe est allé cuver son échec comme on cuve un mauvais vin ; il est retourné à la peinture… ou bien plutôt… au dessin, coloriste pas dépourvu de talent 

     

                      Pour poursuivre, cliquez : Nabe, un regard sur ses années 2000

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais, Marc Edouard Nabe 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu