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Médiapart a dix ans : un ex-abonné de la première heure témoigne

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                            Votre serviteur... abonné de 2008 à 2013 avant d'être interdit de publication dans la partie "Club" et interdit de commentaires dans la partie "Journal"... d'où ma décision de résilier mon abonnement. 

 

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        S’il faut bien reconnaître que l’information se porte mieux avec Médiapart que sans Médiapart – l’information et le métier de journaliste -, et si Médiapart comble un déficit de plus en plus croissant quant aux réponses à apporter à la question suivante : « qui fait quoi, à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui » on aurait néanmoins tort de penser que Médiapart joue un rôle important d’un point de vue à la fois qualitatif et quantitatif dans la réduction de ce déficit… 

Affaire Bettancourt, Cahuzac et Sarkozy…

Le MEDEF, L'Elysée, Matignon, l'Assemblée nationale, le Sénat, le Conseiller constitutionnel, le CSA, les Médias dominants, la Commission européenne, Wallstreet, la City, l’Otan, Israël et ses officines françaises - Crif, Licra, UEJF -, Davos, Arabie Saoudite, Bush-Abama-Trump… et tous les acteurs de la domination ainsi que les donneurs-d’ordres et autres larbins d’une mondialisation sans honneur ni justice… même pas peur ! !!!

 

       Avec Médiapart, après dix ans d’existence, force est de constater que l’on reste un peu sur notre faim quant au traitement de la question précédemment explicitée : le qui, le où, le comment et le pour-quoi. 

Dans les faits, on ne peut que faire le constat suivant : seul Internet, en dehors de tout encadrement institutionnel et commercial (Médiapart est un média « partout chez lui » avec un très fort souci de rentabilité) permet de combler la quasi totalité de la part d’ombre qui recouvre les tenants et les aboutissants d’une réalité de plus en plus opaque puisque de plus en plus illégale et immorale, voire… a-morale.

Médiapart demeure un média mainstream sans aucun doute ; ses fondateurs et une grande partie de ses journalistes ont pour CV la fréquentation d’une presse institutionnelle où l’on apprend à sélectionner soigneusement les sujets qui feront l’objet d’une investigation à la fois honnête et courageuse ; en d’autres termes, on y apprend aussi, et très vite, jusqu’où ne pas aller trop loin ; l’auto-censure qui veille – sorte de sur-moi inversé -, y pourvoie amplement. 

Ce qui n’arrange rien c’est le fait qu’une grande partie des abonnés de Médiapart sont des lecteurs et anciens lecteurs de Libé, le Monde et le Figaro. Leur moyenne d’âge est élevée : plus de 55 ans ; des abonnés qui ont encore la fâcheuse habitude de penser que l’information est mieux servie par des journalistes détenteurs d’une carte de presse (dure dure la révolution au service d’une information citoyenne qui remettrait en cause ceci : qui est autorisé à « proposer » de l’information et qui a l’autorité pour le faire !) alors que la fréquentation d’internet et des acteurs dits de la contre-information et de la ré-information nous prouvent chaque jour le contraire.

Si Internet est capable du pire, et nombreux sont ceux qui ne souhaitent voir que le pire car tous se sentent à la fois exposés et en danger face à la liberté d'expression - les tartuffes ont de plus en plus de mal à trouver un coin où se cacher -, aucun média (télés, radios, presse papier et en ligne) n’arrive à la cheville du meilleur d’internet.

        Quelques faits maintenant ; des faits révélateurs d'un souci d'éviter l'isolement tout en souhaitant ménager des abonnés soucieux du qu'en-dira-t-on : un temps en rupture avec Charlie-hebdo, Médiapart n’aura de cesse néanmoins de chercher à se rabibocher avec ce journal ; un Charlie-Hebdo que Plenel qualifie de journal indépendant oeuvrant tout comme lui, à faire jaillir la vérité des faits vrais et avérés tels : la vérité d’un Arabe-Musulman dont il n’y a rien à sauver déclinée en première page semaine après semaine peut-être ?

Après dix ans d’activité, Médiapart mettra un point d'honneur à conseiller à ses abonnés de voter Macron au second tour de la Présidentielle de 2017 contre le péril « fasciste » que représenterait MLP et le risque d’un électorat votant majoritairement pour ce péril alors que tous savent que cette candidate n’avait aucune chance. N’empêche, Médiapart contribuera à faire élire un Macron avec l’illusion d’un score artificiellement haut ; en vérité le plus mal élu des présidents de la 5è République. Ce jour-là Médiapart a contribué à soutenir un mensonge tout en nous signifiant qu’il validait cette dictature et cette escroquerie démocratiques ( le soi-disant péril FN et son instrumentalisation pour toute la classe politico-médiatique) qui veut que plus aucune alternative n’est envisageable puisque MLP ( et dans les années à venir, ceux qui auront repris le flambeau FN) ne peut pas être une option pour un pays comme la France qui n’est ni l’Albanie, la Roumanie ou la Hongrie.

Chassez le naturel, c’est Edwy Plenel, ex-dirigeant du quotidien le Monde, qui revient au galop. 

 

       Difficile néanmoins de prendre Edwy Plenel en faute ou bien de lui apporter la contradiction pour la bonne raison qu’il a choisi très tôt, d’endosser le beau rôle (défense de la veuve et de l’orphelin informationnels ) ; d’autant plus que les investigations de sa rédaction ont la fâcheuse habitude d’exposer des hommes et non des systèmes ; ce qui permet à cette rédaction de continuer son petit bonhomme de chemin dans l’indifférence générale des puissants et des rouages de la domination.

Il est vrai qu’au royaume des aveugles les borgnes sont rois ; Plenel, sans difficulté, trône d'autant mieux et d'autant plus haut que l'environnement médiatique, organes et acteurs de l’information de masse, est d’une médiocrité sans précédent.

Inutiles de préciser que les têtes de turcs de Médiapart sont Poutine, Erdogan et Trump ; ceux de tous les autres... partout ailleurs.

Plenel, sur le service public, sur les chaînes privées, est partout chez lui, ce qui confirme ce que l’on pouvait craindre : Plenel et son journal ne dérangent personne, et l'on peut affirmer le plus sérieusement du monde que c'est là une faute impardonnable, un constat d’échec aussi ; échec cuisant de ce pure-player sur-évalué d'où aucune individualité n'a émergé, aucune écriture, aucune  voix... excepté celle du chef Plenel ; il est vrai que le ver était dans le fruit car, en choisissant de faire l'unanimité ( à quelques exceptions près, très marginales au demeurant), Plenel niait volontairement  ce qui suit : rien d'important, jamais, ne peut être accompli sans sacrifice ; or, Plenel n'aura rien sacrifié. Et comme un fait exprès, à  aucun moment il ne cherchera la rupture, alors que, là encore, sans cette rupture, rien de durable, d'une dimension quasi historique, ne peut être envisagé.

C'est sûr :  ça rapporte plus que cela ne coûte d'être Edwy Plenel à la tête de médiapart ; et c'est en cela qu'il rejoint les nombreux tartuffes d'un engagement sans risque et sans gêne aucune. 

        Certes, Médiapart a eu l’avantage d’être en mesure de lancer son projet d’une presse en ligne payante dès 2008, raflant ainsi tous les mécontents d’une presse déjà bien discrédité (Le Monde, Libé et le Nouvelobs principalement). Aujourd’hui, il ne lui reste plus qu’à continuer de siphonner les lecteurs des titres pré-cités.  

« Le MédiaTV » lancé très récemment et qui plafonne à 12 000 abonnés, le comprendra très vite : le marché de la dissidence et de la contre-information est un marché à la fois exigent, déterminé et déjà bien rodé qui ne doit rien à Médiapart et qui ne devra rien à "Le média TV" non plus ; un marché non pas passif (donnez-nous de l’information !) mais très actifs, chaque acteur étant à la fois auteur et lecteur, émetteur et récepteur, sans rapport hiérarchique car seul la pertinence de ce qui est communiquée importe… mais c’est un marché pas toujours solvable, qui connaît donc bien l’environnement internet de cette remise en cause d’une information du mensonge par omission, et ce depuis 12 ans ; composées d’esthètes, de passionnés, d’universitaires et autres hauts fonctionnaires en rupture de ban ou plus simplement à la retraite, de scientifiques indépendants, de chercheurs, d’érudits généreux dans le partage de leur connaissance, la réinformation et la contre-information ... c'est gratuit ! 

Quant à draguer le marché de Médiapart, cela demande un sens du commerce développé tout en sachant que cette clientèle capricieuse, versatile, à l’esprit changeant qui compose les abonnés de ce journal, est capable d’une volte-face déconcertante si acculée, une fois incapable de gérer ses propres contradictions et autres insuffisances. Il faut savoir la caresser dans le sens du poil cette clientèle d’abonnés ! Ce que fait très bien Médiapart ; il faut aussi, sans attendre, savoir prendre la décision d’ écarter les troublions ; cette mauvaise conscience d’une classe moyenne qui se dit et se croit à gauche et de gauche qui s’est embourgeoisée au-delà de toute rédemption possible. Seule condition du succès commercial de Médiapart, le choix de cette cible, son « traitement » et de son « exploitation » le plus souvent émotionnelle : « abonnés et journalistes groupies » ; « directeur de la publication-gourou ».

 

        Tout bien considéré, Médiapart n’a rien laissé, sinon des miettes, à ceux qui souhaiteraient le concurrencer ou bien cheminer à ses côtés : possessif et jaloux ( « C’est mon marché, c’est mon lectorat ! N’y touchez pas, sinon gare !) Plenel n’aime pas qu’on le colle de trop près , lui, ses journalistes et ses abonnés. 

Certes médiapart a créé un nombre conséquent d’emplois. Tant mieux pour la baisse du chômage !Pour le reste… la petite entreprise de Plenel continuera sans doute de prospérer et de nourrir son ou sa journaliste... mais l’histoire de Médiapart restera surtout l’histoire de la réussite d’un projet commercial plus que celle d’un projet véritablement journalistique et citoyen aux ramifications politiques décisives pour l’avenir de la démocratie et de la liberté d’information et d’expression. 

        Après dix ans, on peut déjà écrire, sans risquer de se tromper, qu’il n’y aura pas « un avant et un après Médiapart. »

 

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Pour prolonger, cliquez : La réalité de Médiapart en 11 leçons

 

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