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Etudes sur le genre : en être ou ne pas en être.... qui, quoi et comment - 2

                

 

                Simone de Beauvoir, Judith Butler...

                Les années ont passé, «Trouble dans le genre» a continué son chemin, et avec ceux qui étaient motorisés, sa route, sans son auteur.

Confusion des genres... le malaise s’est accentué lorsque des prétentions universalistes ont été avancées ; prétentions qui ressemblent fort à une injonction d’obtempérer à propos de l’indétermination des genres, voire… de leur non-existence, faisant des hétéros (et des homos aussi, embourgeoisés et pénards) bien assis sur leurs convictions, debout sur leurs deux jambes mais sans arrogance pour autant, des refoulés névrosés ; c’est Knock qui fait son grand retour : un hétéro bien dans sa peau (et un homo), c’est un Queer et un Transgenre qui s’ignorent.

Il est bon de rappeler que les "gender studies" sont conduites en majorité par des femmes - une explication s'imposera ; elles ont été longtemps brimées -, militantes lesbiennes, célibataires sans enfant qui ont élu domicile dans des campus universitaires à la vie minuscule - microcosme et ghetto -, comparée à un réel sans bornes ni frontières, d'une complexité et d'une diversité gigantesques et insondables.

Est-ce à dire que toutes ces études seraient leur mauvaise conscience à tous ? Mauvaise conscience qui alors relativise la portée universaliste et la puissance de raisonnement de tous ces acteurs « juges et partie » pour lesquels ces études sont autant un sujet dans lequel s’investir intellectuellement qu’une thérapie ? Pour ne rien dire d'une recherche de légitimation de leurs choix de vie, et de légitimité aussi car, rien n'est plus contraignant et culpabilisant que la marginalité même si l'on se serre les coudes et que l'on se tient chaud les uns les autres dans un entre-soi à la fois sécuritaire et réconfortant, et plus encore, lorsque qu'un désir de reconnaissance sociale vous taraude encore malgré tous vos renoncements, notamment auprès des intellectuels, des cercles universitaires et des médias.

Certes, on se soigne comme on peut  : soit avec des médocs (merci la psychiatrie !), soit avec un investissement de soi sur soi dans un monde qui n’attend personne au bord de la route et n’écoute qu’une voix : celle du bon sens dans le sens de ses affaires et du contrôle de tous. Encore et toujours le contrôle !

Tout questionnement est salutaire d‘où qu’il vienne. Ce qui est regrettable, ce sont les conclusions d’un tel questionnement ; conclusions qui confirment la mauvaise conscience qui taraude leurs auteurs.

Finalement, on se demandera s'il n'y a pas plus "aliéné" qu'un chercheur- chercheuse-militant-militante en "gender studies". Et puis, qui nous dit que tous ces LGBT (lesbiennes, gays, bi-sexuels et trans) ne sont pas les victimes d’un conditionnement culturel ? Cette nouvelle génération-là, post-de- Beauvoir et post-Butler, ne serait-elle pas aujourd’hui hétéro si elle n’avait pas baigné dans une autre culture que celle des LGBT ?

Quant à prétendre que la remise en cause des "études sur le genre" est réactionnaire… ce qui est réactionnaire c'est de nier qu'il ne puisse jamais y avoir un décalage entre le sexe biologique et l'identité sexuelle d’une personne ; et rares sont ceux qui s'y collent : tout le monde connaît la problématique transsexuelle depuis les années 70 ; la souffrance d'une femme dans un corps d'homme, d'un homme dans un corps de femme.

Il n'y a pas plus femme qu'une lesbienne finalement ; pour preuve, le fait qu'elle recherche en priorité la compagnie des femmes et non celle des hommes, et le fait qu’elle ne se trompe jamais ; Simone de Beauvoir non plus quand elle mettait dans son lit de jeunes étudiantes. Idem quant à l’homosexuel qui n'envisage pas d'intimité avec une femme. Eux tous ne s'y sont donc pas trompés quant à leur capacité à pouvoir identifier un homme, partenaire sexuel potentiel, ou une femme… selon le cas.

               A propos de la domination masculine et hétéro... et si cela peut être considéré comme « ringard » de n’être qu’hétéro… on pensera à Beatriz Preciado (auteure espagnole) qui se dit queer : testostéronnée ras la gueule, elle a la réputation de ne jamais se déplacer sans un gode ceinture de 26 cm (rien moins !) avec une seule idée en tête : en faire un usage immodéré sur tout ce qui de près ou de loin ressemble à être humain… à partir de quel âge ? Elle ne précise pas ; et pour les animaux non plus.

A son sujet, on peut être sûr d’une chose : si elle est queer, elle est aussi et surtout une femme qui n’a qu’un regret : ne pas être un mec obsédé bi-sexuel équipé d’un pénis  de 26 cm de long. Et ça, si c’est pas ringard ou réac comme aspiration, alors, les mots n’ont plus aucun sens.

              Qu'on se le dise : les hommes existent bien et les femmes aussi. Ceux qui nous le rappellent, et avec quelle acuité et quelle urgence ! sont précisément ceux qui, nés homme, n’ont qu’un désir : être femme ; et celles qui, nées femme, n’ont qu’un souhait : devenir homme.

Il suffit de se pencher sur leur souffrance à tous - jusqu’à se donner la mort parfois - (même après une opération et un changement d’état civil) -, pour réaliser à quel point l’homme est homme tout simplement parce qu’il ne lui viendrait pas à l’idée de souhaiter être une femme, et la femme… être un homme, en l'absence de tout appel intérieur d'une exigence incompressible pareille à une douleur insoutenable.

Curieusement, ce n’est pas la norme qui confirme cette loi mais… la rupture avec cette norme qui nous guide, nous tire et nous ramène vers cette loi d’une nature-culture décidément têtue et qui plonge dans le désespoir celles et ceux qu’elle maltraite injustement ; nature-culture qu’il serait vain de dissocier et tout aussi spécieux de dénoncer car après tout, un transsexuel est autant guidé par la nature que par la culture : celle de la civilisation auquelle il appartient et qui lui aura permis l'identification du mal qui le ronge tout en pouvant l’expliciter ( "Oui, je suis bien une femme dans un corps d’homme !"), ainsi que la possibilité de pouvoir en tirer toutes les conséquences ; possibilité encore impensable aujourd'hui sous d’autres tropiques ; la remise en cause d’un état de naissance qui, pour tout le monde, bafoue la liberté car on ne choisit pas son sexe, et qui, pour quelques uns, est à l'origine d'une bévue qui frise la bavure, la nature pour seule responsable.

Mais alors, qu’il soit donc simplement permis à chaque être humain d’être ce qu’il doit être et qui... pour se tenir debout, fier et digne ! Même si on ira jusqu'à lui conseiller, s'il appartient à une minorité, d'éviter de s'attaquer frontalement à une majorité sans pitié à l’endroit de ceux qui osent semer le doute quant au bien-fondé de ses préjugés, fruits d’une ignorance et d’un manque de compassion chroniques, mais pas seulement : la vérité est un mille-feuilles, et rares sont ceux qui demandent du rab car, avec elle, on est très vite rassasiés.

              Toujours sur le chapitre du « réactionnaire»… que ceux qui souhaitent encore réfléchir là où plus personne ne se pose de question - le mariage gay fut exemplaire à ce sujet -, en soient remerciés car ils nous permettent d’appeler à la barre la culture, et pas simplement à un "parce que c'est mon choix et que j'y ai droit" infantile et dictatorial qui clôt tous les débats et empêche la rencontre d’esprits éclairés, informés et avisés. Et cette non-rencontre est à déplorer, toujours !

Et si d'aucuns ont reproché une mobilisation conservatrice déployée avec énergie et détermination : mieux vaut une confrontation musclée, qu'une indifférence aux faits de société ou une adhésion béate irréfléchie et moutonnière.

Des questions auront été posés et re-posées à l'occasion de ce projet de loi (Elisabeth Badinter, Sylviane Agacinski) qui fait aujourd'hui Loi. Le débat ré-ouvert au sujet de la filiation, de la famille... des notions importantes auront été rappelées à ce sujet. Certes ! Le passé a prévalu chez ceux qui se sont opposés à cette loi. Gardons toutefois à l'esprit le fait que le Passé est une version du Présent, incomplète certes ! mais... notez qu'il s'agit quand même du Présent. Finalement, c'est un peu une partie de notre histoire qui nous aura été contée.

Quant à ceux d'en face, qu'avait-il à dire, à rappeler sur la famille, les enfants, la filiation, l'adoption... le rôle parental, les religions... pas grand-chose sinon…moins encore, enfermés qu’ils étaient dans un « même droit pour tous » qui n’explique et n’éclaire rien et qui cache très certainement le vide d’une pensée « slogan » et « valise ».

Face à cette résistance au "mariage homo", personne ne posait et ne se posait plus aucune question ; un seul verdict a prévalu à l’encontre des opposants : "homophobie" et "fascisme".

Georges Bernanos (pour ne citer que lui) qui se serait opposé à ce « mariage pour tous » aurait-il pour autant donc rejoint lui aussi, le camp des fascistes et des homophobes ?

A tous, on leur laissera la responsabilité d’une accusation aussi farfelue qu’intellectuellement indigente tout en sachant que l’on préférera de loin des êtres revêches aux moutons bêlants. Et si la contestation d’un tel projet de loi fait exception partout en Europe, cette exception culturelle propre à la France ne nous rabaisse nullement ; cette exception est porteuse d'espoir car elle fait de nous un Peuple encore insoumis. Et par les temps qui courent, ça peut être utile.

                 On accueillera toujours comme une bonne nouvelle tout débat même intolérant ; et personne ne nous imposera un communautarisme contre un autre.

 

***

 


Entretien avec Alain de Benoist sur la théorie du genre... 

 

             Sans famille (couple stable dans la durée avec enfants), arc-boutés à une conception et une interprétation conflictuelles des différences (de moeurs entre autres) chez les êtres humains, tous ces militant(e)s-chercheuses de l’anti-genre sont-ils seulement encore capables de comprendre sur quoi se fonde la société et comment le lien social perdure ? S'ils sont en rupture avec leurs origines, noyau familial qui les a fait et vu naître et qui les a accompagnés jusqu’à cette rupture, sont-ils néanmoins encore à même de garder à l’esprit que la société moderne, qui regroupe des individus autonomes, tient par la « convention », des usages et des normes au service d’un ordre social qui se doit de rester stable mais non figé pour autant, mû par la volonté d’agir conformément à la raison et à l’intérêt général ? Une raison qui se développe à travers une adhésion à de normes transmises par les institutions et l'Histoire...

Et que font-ils de cet homme indéterminé, dans un environnement qui le serait tout autant… un environnement fluctuant, aux normes changeantes, voire…privé de conventions, un homme qui se construirait seul au gré de ses humeurs, de ses envies, de ses pulsions… sans aucun souci de l’intérêt général ? Un monde dans lequel seule importerait la préoccupation suivante : « Qu’est-ce que je veux » et non pas… « qui suis-je ? Et qui sommes-nous, nous tous... tous ensemble ? ».

Si d’aucuns se complaisent dans l’indéterminisme, devons-nous pour autant faire semblant de partager cette complaisance tout en refusant de comprendre ce que l’on sait et tient pour vrai et d'authentique en nous, à savoir : qui nous sommes, et pourquoi ?

Ou bien alors, nous proposent-t-ils d’organiser la société autour d’êtres humains incapables de se déterminer, des êtres centrés sur eux-mêmes, sur la satisfaction seule de leurs désirs, sans responsabilité envers quiconque, sans chercher à contribuer au bien-être collectif … errant dans les rues, tels des zombies, la dernière relation dite « sexuelle » qu’ils viennent d’avoir ne leur ayant toujours pas permis de savoir qui ils étaient pour eux-mêmes et pour l’autre non plus qui n’en avait sans doute rien à faire… et de son partenaire pas davantage ?

De plus, la stratégie qui consiste à conspuer la majorité afin de parvenir à trouver sa place en tant que minorité - et plus encore si cette minorité est privée de tout prestige et d'influence -, est une erreur que cette majorité fait payer très cher à quiconque s'obstine à vouloir la discréditer ; quant au choix d'une posture victimaire, déjà très sollicitée sans relâche, il semblerait, aux dernières nouvelles, que l'on ait déjà capté de cette majorité toute l'attention compassionnelle dont elle est humainement capable : premier arrivé, premier servi. Par conséquent, il ne reste que quelques miettes qui combleront difficilement toute espèce d'appétit, pantagruélique de surcroît, de commisération générale pour une cause qui, certes, en vaut bien d'autres.

Il se pourrait bien que les "gender studies" dans sa composante la plus radicale qui nie le genre, ne soient qu’une version hypertrophiée du féminisme, une sorte d’excroissance : perte de contrôle intellectuel et puis, celui des faits aussi ; insatiabilité : plus, toujours plus de raisonnements et d’affirmations péremptoires qui, là encore, doivent bien cacher une difficulté d’être au monde, et une culpabilité inconsciente ou non ; celle propre à tous les êtres en rupture dans une société du consensus mou et passif.

Qu'à cela ne tienne : n'oublions jamais que c’est bien la norme qui permet à quelques "happy few", et pour peu qu'ils le soient... "heureux", de s’en affranchir, en sachant que si l’exception est permise, si on peut enfreindre la règle, c’est que cette exception ne la remet pas fondamentalement en question ; et c’est souvent la solidité de cette règle (norme, usage, convention) qui permet de s’en départir en toute sécurité, ouvrant ainsi les portes de la dissidence et de la rébellion au service d’un vivre autrement tout à fait gérable par tous.

                Aussi, il y a de fortes chances que tous les pourfendeurs du genre aient besoin d’un ordre social solide, qui repose donc sur sa majorité hétéro et sa minorité homo socialement stabilisée – mariage, pacs ; ordre social qui nous protège du chaos d’une indétermination généralisée qui ouvrirait la boîte de Pandore de tous les maux qui jalonnent déjà notre histoire dans son parcours d’une cruauté auquelle la raison ne survivrait pas longtemps.

 

Pour prolonger, cliquez : Homme et femme assurément

 

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La théorie du genre : entretien avec Yann... par JaneBurgermeister

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