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  • George Steiner : Le pèlerin de tous les possibles

     

     

              george-steiner.jpgGeorge Steiner, c'est ce ver luisant de l'intelligence à chaque fois que la nuit recouvre l'entendement. Ôte de l’humanité, cette humanité, il la reçoit tout en étant reçu par elle : " La patrie c’est là où on peut travailler… là où on vous laisse travailler."

     

    ***

              Il est un des plus virulents critiques de la politique d’Israël : « Torturer un être humain, c’est le transcendant du mal absolu ; plutôt se tuer que le faire !"

    Or, Israël devra continuer de torturer.

    George Steiner, c'est aussi et surtout la meilleure réponse que l’on puisse adresser, ici en France, à un BHL, à un Zemmour, à un Finkielkraut, à une E. Lévy, à un Goldnadel, à des médias et une grande partie de la classe politique… comme autant de figures emblématique du naufrage de tout un héritage et de la descente aux enfers d'une raison d'être au monde défaillante et corrompue ; déliquescence qui semble aujourd’hui irréversible.

     

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                   George Steiner : La barbarie de l'ignorance

     

     

                 Antoine Spire jadis producteur sur France Culture, remercié par une gourde, Laure Adler alors qu'elle prenait la direction de France Culture... s'entretient avec George Steiner autour de la re-publication de son ouvrage sur Heidegger. 

    Ils évoquent la fascination des penseurs juifs pour Wagner, Nietzsche et Heidegger et plus largement, la fascination des intellectuels pour les systèmes totalitaires : URSS et Chine.

    Au sujet de Heidegger et son engagement auprès des Nazis, un Heidegger qui a formé une grande partie des intellectuels du XXè siècle, Steiner fera la remarque suivante : "Le plus grand des penseurs peut être le plus petit des hommes."

    Antoine Spire insiste sur l'absence de l’être humain, de l’individu humain, l’a-humanisme de Heidegger comme une sorte de « planète vide dans le soleil grec du matin ».

    Héritier des pré-socratiques, très grand élève d’Aristote, peut-on suggérer que « Heidegger s’est retiré du monde dans le langage » ?

    Steiner réplique que tout notre vocabulaire écologique pourrait bel et bien venir des premiers écrits de Heidegger, ceux des années 20 après la catastrophe de la première guerre mondiale : la dénonciation de la mécanisation totale, brutale, anonyme de la vie par l’être humain pour une exploitation totale de la planète en lieu et place d’un désir de vie, un désir de laisser vivre la vie.

    Plus tard, il sera question du langage et de son origine ; ce miracle qui définit l’homme car l’homme c’est l’animal qui parle, puis la déconstruction qui mettra en cause la correspondance entre le langage et la réalité : la communication. Arrive alors le doute généralisé qui a pour conséquence la remise en cause de l’autorité qui repose sur la confiance et la compétence.

    Déconstruction de la personne humaine aussi qui nous laisse avec une énergie terrible d’absence : le vide plein du souvenir de ce qui n’est plus.

     

                 Sans Dieu, avec la perte du sujet, qu’est-ce qui est encore possible ?

    Michel-Ange, Bach, Beethoven, Shakespeare, Dostoïevski…  les anciennes formes ne reviendront pas. L’Histoire ne serait alors que du passé ? Et notre époque... l'épilogue, comme une grande fatigue de l’Histoire?

     

                George Steiner souhaite conclure avec ceci : "L’esprit humain est indestructible."

    Et c'est là une raison d'espérer encore.

     

    ***

     

    George Steiner à propos de son roman "Le Transport de A.H".

     

     

                 Si on peut regretter chez Steiner des lacunes dans le domaine de la politique - qui fait quoi, à qui, où, comment, pourquoi et pour le compte de qui -, ainsi qu'à propos des apports de la psychanalyse que George Steiner rejette, la psychologie des Peuples et des Nations aussi, lui, le voyageur solitaire, il n’en demeure pas moins qu’il y a un reproche que l’on ne pourra jamais adresser à George Steiner : c’est de ne pas comprendre ceux qui ont fait l'Histoire ainsi que les auteurs qu’il a lus, contrairement à d'autres, aussi cultivés que bêtes.

     

     

    Pour prolonger, cliquez : Steiner, un diamant d'intelligence

     

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                  Version Papier : de l'Art, de la littérature et autres considérations

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  • George Steiner : un diamant d'intelligence

     

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                "Un souci extrême de la vérité cache très certainement une passion dévorante pour le mensonge. Quant à savoir comment l'esprit se masque lui-même cette probabilité...

    Dominer cette dualité, c'est être envers soi-même un agent double, c'est se nourrir à un ultime degré d'ironie à la fois juvénile et raffinée, de la trahison de soi-même."

     

    George Steiner à propos de l'historien et critique d'art Anthony Blunt, espion britannique, agent double au profit de l'URSS.

     

               

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    Ecrivain anglo-franco-américain, né à Paris le 23 avril 1929. Théoricien de la traduction, expert en littérature comparée et docteur honoris causa d’un grand nombre d’universités de par le monde, George Steiner est plus connu du grand public comme essayiste, critique littéraire et philosophe.

     

     

                  Sur Soljenitsyne...

    Sciemment ou non, quiconque offre une explication diagnostique, si pieuse, voire réprobatrice soit-elle, érode, aplanit jusqu'à vouer à l'oubli l'irrémédiable concrétude de la mort sous la torture de tel homme ou de telle femme, de la mort de faim de cet enfant-ci. La sainteté du détail infime obsède Soljenitsyne. Comme chez Dante, les noms propres sortent en cascade de sa plume. Si nous voulons prier pour les torturés à mort, il le sait, nous devons mémoriser leurs noms et les articuler, par millions, dans un incessant requiem de nomination.

     

                  A propos de l'oeuvre de Graham Greene...

    Greene sait que le plus esseulé des hommes est celui qui n'a point de secret - ou, plus exactement, qui n'a personne auprès de qui trahir un secret.

     

                  Thomas Bernhard : Vienne et l'Autriche...

    Le pays, la société, qu'il a mille fois raison de fustiger pour son passé nazi, sa bigoterie et ses risibles autosatisfactions est aussi le berceau et le cadre d'une large part de ce que la modernité compte de plus fécond et de plus significatif. La culture qui a accouché d'Hitler a aussi nourri Freud, Wittgenstein, Mahler, Rilke, Kafka, Kraus, Broch, Musil...

     

                   Après la chute du mur de Berlin...

    Seule la violence tyrannique peut étouffer l'égotisme humain, l'appétit de gaspillage et d'ostentation. Et ceux qui exercent cette violence se flétrissent à leur tour dans la corruption. Cette connaissance nous diminue car, elle amplifie le beuglement de l'argent.

     

                      Naturellement, il n'est pas insignifiant que Steiner soit un lecteur fabuleusement savant, qu'il parle couramment plusieurs langues et qu'il soit aussi à l'aise pour disserter de Platon, Heidegger et de Simone Weil que pour nous entretenir de Fernando Pessoa ou d'Alexandre Soljenitsyne (Robert Boyers - en introduction à l'ouvrage " Chroniques du New Yorker).

     

                 Sur B.B, plus connu sous le nom de Bertolt Brecht...

    Aucun poète lyrique, aucun dramaturge, aucun pamphlétaire n'a donné une voix aussi perçante aux hymnes à l'argent, n'a rendu plus tangible la puanteur de la cupidité.

     

                 Et puis cette longue élégie, cette souffrance amoureuse pour un peuple martyr...

    L'histoire russe est faite de souffrances et d'humiliations presque inconcevables. Mais le tourment comme l'abjection nourrissent les racines d'une vision messianique... jusqu'à se traduire dans l'idiome du slavophile orthodoxe ou dans le sécularisme du communisme. Le seul fait que la Russie ait survécu sous un Staline, comme sous un Ivan le Terrible témoigne d'une étrangeté de destinée créatrice ; et tous les grands écrivains russes sont là pour en témoigner.

     

                   Sur Céline...

    La haine chez Céline est le ressort de l'imagination, du déchaînement d'éloquence. D'ordinaire la haine a le souffle court mais chez une poignée de maîtres une misanthropie enragée, une nausée à la face du monde engendrent de grands desseins. Le monotone de l'abomination devient symphonique. Mettez "l'homme" là où une formule insensée indique "le y...pin", et vous aurez chez Céline des passages d'une grandeur biblique.

     

                 Au sujet du "couple" de Gaulle-Malraux...

    Pour l'un comme pour l'autre, la vie était essentiellement affaire de style. Tous deux avaient une conscience presque sensuelle des grands mouvements de l'éternité. En de Gaulle, Malraux reconnut l'incarnation suprême du "pouvoir comme geste imaginatif". En Malraux, de Gaulle perçut un témoin idéal et le mémorialiste de son propre scénario de grandeur (La condition humaine, L'espoir...).

     

               Soudain, une apparition-recension d'outre-tombe : Celan

    La syntaxe est comprimée dans une sorte de tension implosive. Les modificatifs, les détours pronominaux, les conjonctions  qui ont donné au discours occidental moderne sa fluidité logique, son ouverture à la compréhension et à la paraphrase sont finement éliminés au burin. Celan frappe d'anathème la causerie qui est le contraire du "dire".

     

                Et d'autres encore... Simone Weil, Russel, Canetti, Koestler, Foucault...

     

                 Plus de cent trente articles écrits par George Steiner pour le prestigieux magazine américain The New Yorker entre 1967 et 1997.

     

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  • Une contre-histoire de la construction européenne avec François Asselineau

               Conférence de François Asselineau sur la construction européenne :extrait - Vidéo de la conférence dans son intégralité (4 heures) à l'adresse suivante http://www.youtube.com/watch?v=V98JGcnlTOQ

     

               Révolution américaine – liberté du commerce, libre échange et domination -, contre  Révolution française - liberté, égalité et fraternité -,...

    Deux Révolutions, deux projets irréconciliables.. l'un devant s'effacer devant la détermination et la puissance de l'autre...

    Monet et Robert Schuman dont les discours étaient écrits à Washington, Margaret Thatcher et son importation d'un Friedman étasunien à la théorie économique et financière destructrice de la civilisation européenne, et Tony Blair comme autant d’agents américains au service d’une Europe qui jamais ne sera autorisée à faire contrepoids aux Etats-Unis avec un Jacques Delors en imbécile-utile d'un projet anti-européen...

    La vision française d'une Europe indépendante à six ne progressera plus après la chute de Gaulle face aux Etats-Unis maître d’ouvrage d'une Europe sans pouvoir et sans voix, Président après Président, de Eisenhower à Clinton, et ses agents maîtres d’œuvre dont la collaboration et l'action culmineront avec l'intervention anglo-française en Libye : les Etats-Unis l'avaient rêvé (et ordonné ?), l'Europe l'a fait !

    De l'élargissement à 27 comme pour mieux étouffer en elle toutes velléités d’indépendance ou d’autonomie... à la tentative d’intégration de la Turquie (œuvre de Tony Blair - avec l’élargissement) comme ultime  tentative de noyer l'Europe une bonne fois pour toutes...

    Enchaîner l’adversaire (La France en priorité) jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se mouvoir, se défendre et contre-attaquer… c'est le stratagème des chaînes: Otan et U.E pour une domination à la fois militaire et civile d'une Europe de 27 co-propriétaires avec pour syndic les Etats-Unis dans le rôle de fédérateur d'un projet européen sur lequel on ne crachera jamais assez.

     

                 Merci à François Asselineau pour cette contre-histoire de la construction européenne. Et au passage on ne manquera pas de remarquer qu’il n'y a plus aujourd'hui que ces "gens-là", les "infréquentables"  - et pour cause -,  qui soient capables d'éclairer le mensonge d’où qu’il vienne….

    Rien de surprenant à cela :  les hommes brillants ne sont jamais aussi brillants que lorsqu’ils ne sont pas aux affaires… et plus encore quand ils n’ont pratiquement aucun espoir d'y parvenir.

    Le bannissement aurait-il  finalement du bon ?

     

                 Mais alors, que celui qui n'a été encore banni se taise à jamais ! C'est qu'il n'a jamais eu et n'aura jamais quoi que ce soit d'important à nous révéler sur le passé, le présent... et pour l'avenir.

    Au passage, on ne remerciera jamais assez Internet, preuve irréfutable s’il en est une… parmi tant d’autres… que le système est capable aussi de se tirer une balle dans le pied avec cette possibilité donnée à tout un chacun d’éclairer le mensonge et de rétablir la vérité.

    Mais alors… que toute la mémoire du monde qu’est Internet demeure à jamais accessible, et son danger sera plus grand encore et le mensonge plus vulnérable que jamais !

    Car, une conférence comme celle d’Asselineau force la réflexion suivante : il est grand temps de se décider à sortir de l’ombre et de l’oubli tous ceux qui, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ont été bannis de toutes les ressources et références textuelles, lexicales et bibliographiques, black-listés par centaines, exclus de tous les podiums et dont la moindre évocation condamne à l’exil et à la ruine… 

    Mais alors... que la lumière soit ! 

    Précipitons-nous sans plus attendre dans tous les cimetières ! Tels des feux follets, parcourons leurs allées ! Dès maintenant, dans l'urgence d'une nécessité absolue, ouvrons les tombeaux, fouillons les tombes et les cercueils ! Que l'on perquisitionne les bibliothèques aussi.. et leur sous-sol ! Investissons les vestiaires ! Faisons les poches des manteaux pour à coup sûr, y trouver des ouvrages vendus sous cape mais sans rire, avec le plus grand sérieux du monde donc, d’un murmure, d’un signe, d’un regard à la fois complice et anxieux, avide de vérités encore insoupçonnables…

    Car l’ignorance et la falsification sont bel et bien les armes les plus efficace de toutes les tyrannies molles…

    Et que ceux qui n’ont pas renoncé à affronter tout ce qu’ils ignorent encore contribuent jour après jour à cette nouvelle exigence de réhabilitation fruit d’une pensée qui ne reconnaît qu’un seul intérêt : celui de la vérité des faits et des stratégies qui se cachent derrière le mensonge qui a pour vitrine des hommes et des femmes dont la médiocrité des analyses et des exposés depuis plus d’un demi-siècle - médiocrité et lâcheté sans précédents dans l’Histoire -, n’a d’égale que la pauvreté de leur curriculum vitae. 

              Car notre salut, et celui d'une époque humiliée et résignée, c’est bien dans la haine que nous ne manquerons de susciter que nous le trouverons.

     

     

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                Une Europe à 27, une Europe inopérante, une Grande-Bretagne cheval de Troie étasunien… c’est sûr, de Gaulle n’avait rien à faire dans ce tableau, il n'avait aucune place dans ce projet !


    De Gaulle contre les USA (4sur4) par gaune_692

     

               Pour illustrer cette contre-histoire de la construction européenne, le rappel de l'action d’un de Gaulle aux commandes de la France.

    De Gaulle en 1962 : « Dans un monde où tout se ramène à la menace d'un conflit général, l'idée d'une Europe occidentale unie et qui aurait assez de force, assez de moyens et assez de cohésion pour exister par elle -même,  cette idée - là apparaît tout naturellement. L’Europe occidentale - qu'il s'agisse de son action vis-à-vis des autres Peuples, ou de sa propre défense, ou de sa contribution au développement des régions qui en ont besoin, ou de son devoir d'équilibre et de détente internationale - doit se constituer politiquement. »

    Reconnaissance de la Chine de Mao, traité d’union avec l’Allemagne contre les USA, politique de détente avec l’URSS, retrait de la France de l’Otan en 1966…

    De Gaulle est condamné.

    Et c’est alors que Mai 68 arrive, celui des étudiants - faut-il y voir la main des Etat-Unis ? Coup de grâce qui mettra K.O en moins d’un an le Gaullisme.

     

                Le référendum sur « le projet de loi relatif à la création de régions et à la rénovation du Sénat » aura lieu un certain 27 avril 1969. La proposition est rejetée. Fidèle à sa promesse de Gaulle démissionne.

    Référendum-prétexte à sa démission ? De Gaulle avait-il tout simplement compris qu’il n’était pas de taille à livrer seul, sans majorité politique et sans soutien en Europe, cette bataille d'une France autonome dans une Europe indépendante ?

     

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  • Duo Marsault dessinateur, Papacito chroniqueur bloggeur


     

                             

     

                                              Marsault dessinateur-créateur BD pour lequel la virilité c'est  se tenir droits sur ses valeurs et ne pas céder de terrain : honnêteté et responsabilité individuelle.

     

                                              Son site : Marsault Breum


                                           

     

                                                       Drôle, sérieux et chaotique

                           

     

    Punchlines parodiques, richesse lexicale, invention langagière époustouflante ...

    délire et maîtrise

     

     


     

     

                                                                             Editions RING ICI

     

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                         Un autre regard sur nos deux comparses : regard critique et sarcastique de Alain Soral, tout aussi drôle...

     

                             
                                    

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  • L'Autre... encore et toujours !

     

                  Pas moyen d'échapper à l'Autre ! Rien à faire ! Non ! Vraiment !

                  Il est nos moindres gestes. Il est ce qu'on n'osait plus être ou bien, ce qu'on ne soupçonnait pas. Il est celui par qui le scandale arrive cet Autre qui nous mine car, il est la liberté qu'on se refuse à soi-même dans l'espoir qu'il en fasse de même. Passe-droit, il aura tous les devoirs de notre charge. Impulsion du matin, insomnie du soir, il est toutes nos craintes, aussi irraisonnées soient-elles. Par son absence, il est tous les reflets devant le miroir. Il est toutes nos humeurs. Il est celui qu'on chérit le plus au monde et celui qu'on maudit quand impitoyablement, le manque nous gratifie d'un doute insupportable car il est la peur ! Oui ! La peur ! Quand de le perdre, on a peur et puis, peur encore... peur qu'il ne s'égare et qu'il oublie de rebrousser chemin et ce faisant, qu'il nous oublie à jamais car, on n'en sort pas. Non !

    L'Autre, c'est l'enclos, la barrière et le dernier horizon. Il nous prive de toute issue. Après lui, le précipice ! Brisé, démembré, disloqué, en miettes inconsolables ! Volets fermés, rideaux tirés, porte verrouillée, il est la suffocation et la panique dans un espace qui se réduit à quatre murs et un plafond. Un ravage cet Autre ! Un cauchemar torrentiel son absence dont la rage et l'irréductibilité absolue de sa force vous terrifient et charrient des flots d'images avec pour seul thème récurrent le manque, encore le manque et la peur de ne jamais pouvoir le combler ce manque insondable, qui vous aveugle et vous pousse au vertige.

     

    ***

     

                   Et c'est alors qu'elle a pensé : "Un lit ! Vite ! Un lit !" Sa vie et tous les empires de tous les sens contre un lit ! Un lit pour s'y retrouver seule avant de l'y retrouver et donner libre cours à une nouvelle tentative héroïque de survie et ne pas... surtout pas, sombrer dans la folie du manque.

    Un lit ! Vite ! un lit pour y faire le lit de retrouvailles fantasmées jusqu'à la déraison et s'empresser de le rêver... lui, encore et toujours ! Se lover dans son souvenir, le cajoler, le contempler béate et puis, l'écouter et lui parler aussi. Plus qu'un lit, son dernier refuge d'une urgence absolue dans lequel elle ira chercher un apaisement et un soulagement qui viendront résorber les hématomes d'un quotidien qui... pour ne pas l'épargner, invente sans cesse de nouvelles exigences, de nouveaux devoirs ; ecchymoses d'une existence dont elle ne retire rien faute de pouvoir en extraire quoi que ce soit qui en vaille la peine, sinon, les restes qu'on voudra bien lui laisser : miettes d'accalmie et de bonheur.


    Vite ! La chambre et puis, un lit avant l'arrivée de cet intrus insupportable dont la présence, même passive vous révolte et vous indigne. Une gêne haïssable la venue de ce conjoint. Bien plus encore... un viol, cette présence dans ce lit qu'elle avait cru pouvoir destiner à la remémoration de leur dernière rencontre : regards, paroles, gestes, sourires, éclats de voix, rires, gémissements, pleurs et puis, le silence quand tout est dit, lui à ses côtés comme une unique et dernière assurance contre la désespérance, toute peur maîtrisée, tout danger écarté, apaisée.

    Un lit mais… une porte aussi ! Dernier rempart ! Forteresse de son désir de ne plus rien voir et de ne plus rien entendre. Ah ! Cette porte que l'on ouvre pour mieux la refermer sur un monde qui a la prétention de vous faire oublier une raison d'être et de demeurer enjouée et debout envers et contre tous. Un monde étouffant d'inutilité et d'agitations incompréhensibles, à la longue... devenues étrangères, incongrues ; une vie aux responsabilités épuisantes, aux contraintes stériles et sans équivalence et sans réciprocité : un fardeau indigne cette vie !

    Oui ! Un lit et une porte pour ne plus entendre cette voix qui gronde sans raison et qui porte au delà des murs de ce foyer guerrier toute l'étendue d'une autorité dont l'exercice imbécile et veule achève de vous faire désespérer de tout, et de soi-même. Jappements inconséquents, aboiements indistincts et assommants ; ceux d'un chien face au danger qui se retire et qui n'avait de menace que l'idée que s'en faisait cet animal ; mille injonctions aux motifs inavouables d'intolérance et d'égoïsme ; intarissables de prétextes, ces injonctions qui viennent une nouvelle fois signifier à cette humanité maintenant inconsolable, eh bien, que rien ne saurait justifier l'éventualité de la menace d'une tentative de rébellion.

    Oui ! Une porte et puis, un lit. Un lit pour y trouver enfin le sommeil et poursuivre en rêve le grand récit de leurs rencontres, après y avoir pleuré toutes les larmes dont notre humanité est capable quand tout la heurte, la blesse, face à cette vie qui lui refuse un destin juste et enviable.

    Et encore un lit mais... pour y prier aussi... quand elle ne pourra plus le quitter ce lit, vaincue au terme d'une résistance farouche, terrassée par l'immensité de la tâche qui l'attend... au pied et au saut de ce même lit, et derrière cette porte, incapable de retrousser ses manches et de revêtir le tablier d'un laminoir haïssable qui a raison et vient à bout de tous les entêtements aussi légitimes soient-ils.

    Un lit pour y prier qu'il ne devienne jamais sa tombe ; une tombe au marbre noir et lourd d'une défaite que d'aucuns jugeront... sans gloire et sans honneur.

     

     

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    Extrait du titre : " Cinq ans, cinq nuits"

     

    A propos de l'ouvrage... cliquez Cinq ans, cinq nuits

     

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  • Rapport Borloo sur les banlieues : pour Alain Finkielkraut, un investissement sur l’anéantissement de notre civilisation

     

     

     

                  

                                             Finkielkraut à propos du "Plan banlieues" de Jean-Louis Borloo à 16:52

     

                    Et Finkielkraut de moquer Jean-Louis Borloo dans cette vidéo ..... lorsque ce dernier affirme à propos de son rapport sur les banlieues, ce qui s'avère être pourtant une évidence : " Ces jeunes des quartiers populaires relégués, c'est notre avenir, c'est la France demain !" - jeunes d'origine arabo-musulmane et sub-saharienne, cela va sans dire.

    Finkielkraut après Zemmour et quelques autres, qui a "carte blanche" quand il s'agit de vider son sac en public, semaine après semaine, jouissant d'une impunité à toute épreuve - impunité qui est en soi une véritable déclaration de haine -....

    Finkielkraut donc de sur-enchérir (vidéo à 19:30) : " Dans cent ans, les historiens pourront nous expliquer comment notre civilisation a investi des milliards dans son propre anéantissement !"

    Même Zemmour n'aurait pas osé.

                   Manifestement, Finkielkraut ne s'entend plus parler et son entourage avec lui car, ne nous trompons pas, ce ne sont pas les mots qui ont dépassé sa pensée, mais bien plutôt sa pensée qui ne s'autorise plus aucune retenue ; absence de retenue qui rend illusoire tout espoir de remédier à la difficulté de la mise en oeuvre d'un "vivre ensemble" même a minima.

    Et si la bêtise, le manque de jugement et de discernement, l'absence de retenue et de décence sont sans vergogne opposés à toute démarche éprise de justice et d'humanité au nom d'une soi-disant nécessité à débattre, c'est bien avec l'horreur de notre monde dans toute son horreur que l'on nous demandera de dialoguer ; nul doute, nombreux sont ceux qui sortiront laminés face à cette horreur : les propos de Finkielkraut, dans le contexte de notre actualité en particulier, c'est aussi toute l'horreur du monde dans toute son horreur.

    Dont acte.

                      Membre de l'Académie française, producteur à France Culture Finkielkraut ! Mais alors, que ces deux "institutions" ne se fassent aucune illusion : c'est bel et bien un salaud qu'ils ont accueilli dans leur rang.

    Une seule conclusion s'impose maintenant à propos de cet individu : flirtant avec un racisme éhonté, heureusement pour nous tous et en particulier, pour la lutte contre l'antisémitisme, que Finkielkraut est juif, dans le cas contraire, il n'est pas difficile de conjecturer de quelle infamie supplémentaire il se couvrirait.

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  • La nécessité de "Brigitte Macron à l'Elysée" aujourd'hui.... et demain bien plus encore...

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                    Macron n'a qu'un électorat : la quinzaine d'oligarques et leurs relais sur le terrain qui lui ont permis d'être candidat et de se retrouver au second tour de l'élection présidentielle face à MLP ( coaching, financement, mise au pas des rédactions des médias qui font l'opinion par leurs propriétaires, flingage de Fillon au profit de MLP et la disparition concomitante du PS, avec un Mélenchon non présidentiable pour seul recours).

    Et si Macron demeure le Président le plus mal élu de la 5è République, reconnaissons toutefois qu’il a fallu à cette oligarchie miser plus que parier pour  un candidat qui soit, après un travail de mise à niveau,  "présidentiable" et pas seulement par défaut ! Ce qu'aura été Macron.

    C'est donc bel et bien cette oligarchie, cet  "électorat de niche" qui décidera de la reconduction ou non de Macron à l'Elysée selon qu'il sera ou non encore capable de porter leur projet.

                  Condamné à sur-jouer son rôle de "président", si ceux qui seront appelés à valider une nouvelle fois sa candidature se lassent de cet instrument (entre les mains de stratèges cyniques et machiavéliques) qu'est Macron (instrument de la Commission européenne, elle-même à la solde du projet mondialiste de ces 20 dernières années), il se pourrait bien que "Brigitte" soit appelée à la rescousse pour faire diversion ; une Brigitte écran de fumée ; arbre qui cacherait une adhésion minoritaire au renouvellement du mandat de Macron à l’Elysée ; et c'est alors que Macron serait ré-élu ( même et surtout dans le contexte d'une abstention record au second tour en 2022) par une "minorité majoritaire" d'électeurs qui auront préféré comme Première dame, Brigitte à toute autre ainsi qu'un candidat - époux de Brigitte  - déjà président malgré tout, pour ne rien dire d'électeurs people-isés comme jamais.

                    N'oublions pas que ce sont les moins politisés mais les plus intéressés ( classe moyenne dans le souci de préserver leur niveau de vie sans prendre le risque d'un candidat soucieux de réduire les inégalités ou bien d'un candidat "frexit") qui votent au second tour.

                      Dans les mois à venir, attendons-nous donc, à la manière du couple Kennedy, le premier couple de la "politique- spectacle" et  de la Com comme concept outrancier (1), à devoir faire face à une intensification d'une communication qui aura pour centralité...  l'identité du "couple Macron" avec "Brigitte" en première ligne : nul doute, les rédactions de Gala, Elle et Paris Match s'en pourlèchent déjà les babines.  

     

     

    1 - John Kennedy... jeune et beau gosse, Chef d'Etat "people" (avec son épouse Jacqueline qu'il a très vite délaissée une fois son devoir accompli - lui faire deux enfants) pour des gogos assoiffés de boniments (Jacqueline Kennedy n'aura jamais été heureuse en ménage)

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  • Macron aux USA : de Funès en Amérique

    macron aux usa avec trump

     

                          ".. dans l'intimité affective..... " Voilà que France culture tombe dans le panneau ou bien feint d'y tomber  ; FC doit sans doute prendre son auditoire pour des gogos : ce qui n'est entièrement faux !

                         Mais alors, jusqu'où FC va sombrer ?

                         A suivre..

     
     
     
    ______________________
                  Accolades et embrassades, esbroufe et rhétorique stérile car sans moyens, comme pour mieux se soumettre ensuite............... c'est tout ce que Macron, la grenouille face au beauf, était venu chercher ; c'est tout ce que Macron peut s'offrir ;  c'est tout ce que Macron peut espérer...
    last but not least : c'est tout ce que Macron a besoin pour, une fois de retour en France, obtenir des médias des commentaires plus que positifs qui feront que, dans quelques jours, des sondages complaisants annonceront qu'une majorité d'électeurs considèrent la visite de "Macron aux USA" a été un franc succès.
     
                L'image, l'image, l'image, l'image !
     
                Pauvres sondés ! Qui vous sauvera du naufrage de vos réponses ?
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  • Pascal Boniface agressé et insulté à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv

     

                     Si dans les années 70, la parole était plus difficile à faire entendre, en revanche, la parole était plus authentique car il n'y avait pas autant de choses à ne pas dire"- Serge ULESKI

     
                           
                                      

                             Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), a été agressé à son arrivée en Israël à l'aéroport de Tel-Aviv. Alors qu’il était invité pour une conférence par le Consul général de France à Jérusalem, il a été victime d’insultes et de crachats dans l'indifférence générale.

    Le Consul général de France à Jérusalem, Pierre Cochard, a décidé de réagir de manière diplomatique et a dénoncé cette agression.

     

     

    ___________

     

     

                  Pascal Boniface insulté et bousculé à l'aéroport de Tel-Aviv,dans l'indifférence générale ! Décidément, il y a bien quelque chose de pourri sous le ciel israélien et plus grand-chose à sauver non plus.

                 Ici en France, pas un commentaire, aucune prise de parole individuelle, pas un mot pour dénoncer cette agression délibérée : seul un compte-rendu dans le pure style d'une dépêche de l'AFP  est privilégié : ni dénonciation, ni solidarité, ni compassion.

    Là, force est de constater qu'il ne s'agit plus simplement d'un "deux-poids-deux-mensures" d'un cynisme consommé mais bien plutôt d'un désir punitif qui a pour arme "le silence" ; un silence qui en dit long : "Boniface ne méritait pas mieux !" Voilà ce qui nous est hurlé ! Punition que l'on réserve à tous ceux qui disent la vérité à propos de ce qu'il nous faut bien nous résoudre à appeler "Israël en France" - sionisme et chantage à l'antisémitisme -, de Dieudonné en 2003 (ceux qui ont cru pouvoir en réchapper en restant indifférent au sort de cet humoriste dans les mois qui ont suivi son sketch sur France 3, en seront pour leurs frais !), à Pascal Boniface en 2018, sans oublier ces milliers d'anonymes dont les carrières ont été brisées : universitaires, hommes et femmes politiques, journalistes et artistes. La France n'a plus rien à envier au maccarthysme des années 50 (aux USA) : après la chasse aux communistes, la chasse à tous ceux qui refusent de se taire à propos de cet "Israël en France" et de ses officines (CRIF, UEJF) est ouverte.

                Tous les amoureux de la liberté d'opinion doivent se faire entendre sans hésiter et sans tarder.

    Lien permanent Catégories : Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Ce qu'on laisse dans la mémoire de ceux qui restent...

     

    Décès de Lucienne L. le 2 juillet 2011 à l'âge de 87 ans

     

    _______________________

     

           La cloche a sonné. C’est la rentrée des classes. Haut les cœurs !

     

    ***

     

    « Vous êtes le Monsieur de la télé, n'est-ce pas ? J’espère que vous m’avez pas attendu trop longtemps !
    - Non ! Non ! Je parcourais mes notes. Vous êtes Gérard Louvier ?
    - En personne. Excusez mon retard, j'étais à un enterrement.
    - Vous êtes tout excusé.
    - Tenez ! Puisque vous êtes là, autant que je vous en parle.

    - Me parler de quoi ?

    - Sur le chemin du retour, j'ai pensé à quelque chose. Vous savez pourquoi ils mettent des graviers dans les allées des cimetières ?
    - Non.
    - En plus, ça fait un boucan d'enfer quand on marche. Vous êtes d'accord ?
    - C'est vrai.
    - Je vais vous dire : en fait, c'est fait exprès.
    - Exprès ?
    - Oui. C'est fait pour.

    - Pour ?

    - C'est fait pour éviter qu'on surprenne les morts, qu'on les visite à l'improviste. Avec le gravier dans les allées et le bruit qu'on fait, ils nous entendent venir de loin. Alors, comme ça, ils ont le temps de se préparer. Par exemple, s'ils sont en robe de chambre, ils ont le temps d'enfiler un pantalon ou une robe et de mettre un T-shirt. Vous voyez ?
    - Je vois.
    - Regardez ! Vous connaissez beaucoup de gens qui aiment qu'on leur tombe dessus par surprise ?
    - Non.
    - On veut tous être prévenus. Toujours ! Nous surprendre c'est un peu nous faire honte. Et personne n'aime avoir honte. C'est vous dire à quel point il est difficile de faire confiance... confiance aux autres et puis, à leur regard surtout. Oui ! Leur regard. Parce que... si on s'est pas préparé, eh bien, ils auront vite fait de nous juger. C'est fatal. Et vous faites pas d'illusion ! Leur jugement fera de nous des moins que rien parce que… dans ces moments-là, leur regard fait qu'on devient tout sauf ce qu'on a toujours souhaité être aux yeux des autres et aux yeux de celui-là en particulier qui nous tombe dessus sans prévenir. J'vais vous dire : si on pouvait plus cacher quoi que ce soit à qui que ce soit, eh bien, ce serait l'enfer pour tout le monde. J'en suis sûr.
    - Sans doute. Sinon, ça s'est bien passé cet enterrement ?

    - Bien passé ?

    - Oubliez ma question. Elle est idiote.
    - Je sais pas si ça s'est bien passé. On était deux à son enterrement.
    - Deux ?
    - Y'avait juste sa fille et moi.
    - Sa fille ?
    - Oui. On a enterré sa mère. Sinon, c'était bien la peine de faire toutes ces dépenses : le voyage, la cérémonie, le transport du cercueil, la place au cimetière. Et puis, sa fille n'avait pas un rond. Fauchée, qu'elle est sa fille ! Alors, je me dis qu'une incinération aurait suffi. Les cendres dans une urne, et hop ! Le tour est joué.
    - Elle avait quel âge ?
    - Sa fille ?
    - Non, sa mère.
    - Soixante treize ans, je crois.
    - Soixante treize ans ! Et vous n'étiez que deux ?
    - Oui, deux.
    - Et les autres ?
    - Quels autres ?
    - Elle est morte à soixante treize ans, elle a dû connaître du monde, non ?
    - Oui, peut-être ! Mais faut croire que j'étais le dernier à l'avoir connue. Quant à sa fille, eh bien, c'est différent. J'imagine qu'elle a connu sa mère depuis sa naissance.
    - Sa naissance ?
    - Oui, sa naissance à elle, sa fille. L'autre jour, je me disais : avec la mort, c'est énorme ce qu'on abandonne. Quand on pense à tout ce qu'on laisse derrière soi et tout ce qu'on quitte. Vous imaginez un peu ? Toute une vie, la nôtre et puis, celles des autres aussi. Toutes ces agitations ! Agitations de toute une vie. Pensez à toutes ces paroles échangées, à tous ces visages croisés, ces mains serrées, tous ces corps rencontrés, touchés. Et puis, les voix, les bruits, les larmes, les cris ! Ca doit être énorme ce qu'on laisse dans la mémoire de ceux qui restent.
    - Mais là, vous me dites que vous n'étiez que deux.
    - Je sais ce que vous pensez. Vous vous dites : "Deux à son enterrement ! C'est comme si il n'y avait eu personne, finalement." Remarquez, moi-même je serais plutôt tenté de penser la même chose : deux à son enterrement, c'est comme si personne n'était venu.
    - Et sa fille ?
    - Sa fille, elle a pleuré. C'a fait du bruit et du tapage.
    - Et vous, vous avez pleuré ?
    - Non. Comme je viens de vous le dire, il y avait sa fille et ça suffisait bien. Et puis, pour moi, c'était différent. Je m'occupais d'elle de temps en temps seulement... quand sa fille pouvait pas venir. Voilà. D'où mon retard à cause de cet enterrement.
    - C'est rien Monsieur Louvier. Tout va bien."

    __________________

     

    Extrait du titre : Paroles d’hommes

     

    A propos de l'ouvrage... cliquez Paroles d'hommes


     

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