Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

  • Igmar Bergman : une intelligence supérieure au service du 7è art

    le cinéma d'igmar bergman

               La honte (1968) : bientôt l’orage, le tonnerre et la foudre déchireront le ciel en deux ; et au même moment, un aigle suspendra son vol  comme on retient son souffle, avant le septième sceau et l‘apocalypse qu’une peste endémique annonce sans détour.

     

    ***

     

                  Indépendamment de son oeuvre cinématographique et de ses mises en scène de théâtre, difficile de ne pas prendre en compte le fait suivant : Ingmar Bergman ( 1918 -2007) réalisateur de cinéma de nationalité suédoise, est, sans aucun doute, un des hommes les plus intelligents de la seconde moitié du 20è siècle ; intelligence, entre autres, dans sa compréhension de la psychologie humaine et son psychisme ; relation entre les hommes et les femmes en particulier (1).

    Cette intelligence mérite d'être saluée car, comme chacun sait, l'intelligence des réalisateurs de cinéma est à trouver, le plus souvent, chez les auteurs dont ils adaptent les oeuvres ( à noter que 80% de la production cinématographique a pour origine une oeuvre dite littéraire - d'une qualité qui peut varier).

    Autre trait précieux car rare à propos de ce créateur prolifique : privés d'images, on reconnaît un film de Bergman à sa signature sonore : la langue suédoise et la voix de ses acteurs.

     

     

    1 - A noter au passage que les enfants sont "physiquement absents" du cinéma de Bergman ; ni champ ni hors-champ même s'il peut être fait mention de leur existence, notamment lorsque c'est un couple que Bergman met en scène comme c'est souvent le cas.  

    Lien permanent Catégories : Cinéma de film en film 0 commentaire
  • Italie : une situation équivoque

                     

     

                     L'administration Trump et l'argent des banques US soutiendraient la coalition italienne : gauche alternative et droite identitaire. Intérêt pour les USA : la division puis la fin de l'UE et du leadership allemand.

     

                                                                 ***

     

    Que penser alors de cette option italienne : alliance de tous ceux qui souhaitent débarquer la classe politique qui a soutenu le projet mondialiste de la Commission européenne sous domination allemande.

    Option politique d’une Italie qui n'est pas la France : Mussolini y est encore très largement respecté, alors qu’ici, c'est la figure de Charles de Gaulle (contre Pétain) ;  traduit en terme électoral, c’est donc à une véritable incompatibilité historique, politique et morale auquelle  toute possibilité d'une alternative à Macron et à ceux qui lui succèderont se trouve confrontée :  : une droite identitaire alliée aux Insoumis de Mélenchon.

    Et c’est alors que le piège se referme sur eux tous pour le plus grand profit de qui ? Devinez ! 

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Pierre Rosanvallon, l'auto-critique interdite

                           Pierre Rosanvallon (né 1948) historien et sociologue 

     

                                                                                   ***

     

     ROSANVALLON sur France Culture, encore et encore !

    Ah, cette paresse de France culture qui nous sert du Rosanvallon depuis 20 ans, France Culture qui refuse  de renouveler son carnet d'adresses .....

    Un Rosanvallon adepte d'une sociale démocratie en faillite, qui aura été incapable de contrer, de faire barrage aux ultra-libéraux et autres mondialistes politiquement et socialement irresponsables.

    Aucune auto-critique de Rosanvallon; personne à France Culture pour l'y inviter... faillite radiophonique aussi !

     

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Destinée collective... avec ou sans nous

             

                    Nous venons au monde sans missions, sans projets, sans agenda, sans responsabilités et sans obligations. Très vite, les circonstances de notre naissance, notre volonté, notre talent et plus tard, ceux que l’on rencontrera, viendront contredire ou bien confirmer cet état de fait même si... une fois adulte, on pourra toujours regretter d'être livré en pâture au monde. Regret aussi irraisonnable qu’inopérant. Mais notre imagination y pourvoira, elle qui saura nous faire croire qu’il aurait pu en être autrement, alors qu’il n’y a pas d’autrement ; il n’y a que des contingences et un héritage : les effets de toutes les causes qui nous ont précédés et qui, en aucun cas, n’auraient dû nous concerner.

     

                   Fatalité hideuse, de tout temps ! Fatalité que d’aucuns s’évertueront à dénoncer sans relâche mais sans jamais parvenir à la vaincre ; et la soumission involontaire à cette loi d’airain doit bien avoir quelques avantages quand on sait à quel point notre monde a de bonnes raisons d’être ce qu’il est, comme nous tous ; monde qui ne s’est jamais embarrassé d’inconvénients qui n’aient pas quelques avantages juteux, ou plus simplement, des avantages capables d’assurer les moyens de sa survie et de son développement.

     

     

    ***

     

     

                  Ceux qui nous ont précédés et ceux qui nous succèderont, ne se sont inquiétés et ne s’inquiéteront que d’une chose : de la disparition de ce qui leur est familier ; ce familier qui se change très vite en une valeur intemporelle et universelle qui a pour corollaire : un jugement sûr quant à sa propre inquiétude telle une lanterne suspendue au-dessus du monde et qui se balance ; sa lumière va et vient, balaie, têtue, la surface de la terre à la recherche de tout ce que nous avons perdu, éclairant tantôt ce qui est, tantôt ce qui n’est plus car...

     

                 A vouloir jeter l’eau du bain avec les nénuphars qui y coulaient des jours paisibles à sa surface, et dont les feuilles accueillantes, larges et généreuses ont longtemps permis à bon nombre d’entre nous de faire une halte pour reprendre notre souffle, on finit à la longue par faire de l’instabilité foncière de notre univers, un prétexte au chaos qui n’accouchera de rien d’autre, sinon… de son propre chaos originel, mais… faut-il le préciser : sans nous.

     

     

             Oui ! Nous qui cherchions une nouvelle voie, acharnés à effacer la trace de nos pas, comme un fait exprès, sans doute pour ne plus jamais y revenir, tellement la douleur d’une appartenance à une catégorie sociale stigmatisée, à une origine ethnique décriée, et le souvenir des barbaries de l’Histoire inspirent, aujourd’hui encore, aux uns, honte et colère, et aux autres, une peur panique.

     

     

             C’est incontestable : on vit toujours mieux là où on vivait bien et plus encore quand une fois ailleurs, on vit mal. La nostalgie n’épargnera donc personne aussi longtemps que le monde saura se mouvoir dans les eaux tumultueuses de son dernier bain de jouvence coulé par une main serviable et anonyme qui porte pourtant le nom de « Destinée collective » : destinée qui ne connaîtra pas de repos.

     

     

     

    ***

     

     

             S’il n’y a qu’un amour dans une vie, il n’y a qu’une loi, la même pour tous ; libre à chacun de l’enfreindre pour adresser un pied de nez à ceux qui s’en sont écartés comme pour mieux nous demander de la respecter ; et cette loi est la suivante : comment comprendre à temps ce que personne aujourd’hui ne nous enseignera, sinon en l’apprenant à nos dépens comme une punition sans cause ?

             Et là, tout le monde en conviendra : plus nous sommes nombreux à subir cette loi, plus serein sera le sommeil de ceux qui ont pu ou su en réchapper, l’ignorance du plus grand nombre facilitant toujours la tâche d’une sélection d’une clairvoyance intraitable et impénitente.

     

    __________

    .

    Extrait du titre  : "La consolation"  - copyright Serge ULESKI

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • George Soros, toute critique interdite...

     

                      Valeurs actuelles a publié une enquête (ICI) le 9 mai sur l’homme d’affaires hongrois George Soros. Pour le magazine, « l’empire » de George Soros, « n’hésite pas à employer sa fortune pour influencer la société » avec sa fondation "Open society ( budget annuel : 1 à 2 Md de dollars). Enquête qui a fortement déplu à certains intellectuels français, juifs majoritairement et/ou proches d'Israël ; et d'autres encore, ni juif ni rien... sans doute pour que l'on ne puisse pas leur reprocher d'avoir rater le coche : celui du chantage à l'antisémitisme. 

     

    ________________

     
     
                      Peut-on critiquer Soros ? La question est posée car elle se pose bel et bien.
     
                      Autre question : Soros est-il au-dessus de la critique parce que juif ?
     
                      Et puis encore : Soros est-il d'abord juif avant d'être un acteur sur la scène mondiale critiquable comme tout un chacun ?
     
     
                                                       
     
                      Celle-ci aussi : qui peut bien avoir besoin de savoir que Soros est juif avant de dénoncer ce mondialiste cet "homme d'Etat sans Etat" (tel il se définit) qui prône la fin des frontières et des nations ? Un milliardaire généreux avec l'argent des autres - il a fait et continue de faire fortune en spéculant ( la Livre Sterling pour commencer puis les matières premières) faute d'être capable d'inventer quoi que ce soit ou de contribuer intellectuellement à l'élévation de la condition et de la conscience humaines).
     
                      Et puis enfin : qui a systématiquement recours au chantage à l'antisémitisme à l'endroit de ceux qui contestent la légitimité de l'influence de Soros sur les Etats et sur, entre autres, leur intégrité territoriale ?
     

    plenel et glucksmann fils au secours de george soros

                Glucksmann Raphaël (qui n'est  jamais que le fils de son père) volant au secours de George Soros
     
     
                           La tentative de neutraliser et de discréditer toute critique, toute hostilité à l'égard de George Soros en la qualifiant d'antisémite doit impérativement être dénoncée tout en nous incitant à suivre de près les agissements de cet homme. Censurez, diffamez, plus virulente encore sera la critique !
     

    plenel et glucksmann fils au secours de george soros

                      Idem pour Plenel qui souhaitait sans doute ne pas être en reste
     
     
    Aussi, face au chantage à l'antisémitisme (procédé crapuleux) c'est aujourd'hui devenu une nécessité de mener une investigation exhaustive quant aux finalités de l'action du personnage Soros.
     
     
     

     
     
     
     
    1 - A ce sujet, merci de vous reporter au billet de blog suivant : ICI
     
     
    Pour prolonger, cliquezSoros connection
     

                               
     
     
    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Retour sur les Présidentielles 2017 au "QG Décolonial"

     

                       

                        Paroles engagées de militants chevronnés, paroles "amateur", paroles sacrées, paroles profanes, paroles d'universitaires, paroles d'autodidactes, paroles d'une parole propre, en son nom ou bien au nom de tous les autres, paroles de professionnels de la parole...

    Paroles de Français - ou de résidents - originaires d'Afrique noire et du Maghreb...

                     

     

                     Paroles stigmatisantes, paroles en forme de "procès" aussi, paroles re-fermées sur elles-mêmes, en boucle... contre un pays d'accueil, d'adoption ou de naissance... on ne manquera pas de noter à propos de cette parole, ceci : pas un mot pour la France, pas un mot en faveur de la France de la part des intervenants de ces quartiers populaires.

    Mais alors, s'agit-il de mots qui dépassent une pensée, puis une pensée qui dépasse la nature psychique et affective du lien qui relie cette pensée et ces mots à la communauté nationale en tant qu'entité une et indivisible, pareille à nulle autre (autres pays européens) de par sa langue et son histoire si tant est que ce lien existe bien, même enfoui, même inconscient, même refoulé ?

    Car enfin, comment vivre et survivre dans un environnement social raciste, racialiste et fasciste dans lequel il n'y aurait rien à sauver ? D'autant plus que la tentation de l'enfermement viendrait très vite apporter de l'eau au moulin d'une autre parole ; celle qui entretient le soupçon quant aux motivation réelles qui se cachent derrière toutes ces récriminations.

    Et puis arrive alors la question de l'obligation de résultats : est-ce que ce parti-pris laisse vos adversaires, voire vos ennemis, loin derrière vous ou bien loin devant ?

     

                    Nul doute : il faudra bien y revenir à ces paroles, c'est sûr ! Y revenir et y réfléchir dans le but d'y trouver des pistes de compréhension multiples ; de les identifier, de les explorer toutes ces pistes, toutes ces voies, autant que faire se peut.

    Paroles apprises, paroles auto-réalisatrices, paroles induites, paroles vécues, paroles par procuration, paroles automatiques comme l'écriture du même nom, paroles incantatoires, paroles auto-révélatrices, paroles exorcistes... d'une grande complexité la nature et les ressorts de ces paroles qui ouvrent un nombre conséquent de portes d'accès à un vécu et à une réalité composites ; complexité labyrinthique aux oreilles de celui qui n'a jamais connu le racisme, la discrimination raciale, la "gestion" sociale et psychique d'une appartenance multiculturelle, l'enfermement rhétorique ou une hyper-sensibilité à propos de sa condition d'être au monde.

                  Car enfin : qui parle à qui ? Et puis : qui écoute qui ? Et puis aussi : d'où parle celui qui parle ? Quel vécu vraiment vécu a inspiré cette parole ? Quel réel vraiment réel ? Quelles cohérences trouver dans le vécu et la dénonciation de ce même vécu ? Quelles incohérences y déceler ? Quelles retombées à la suite de ces paroles ? Où donc et auprès de qui ? Pour quel écho ? Avec quels résultats ? 

    Paroles pour soi ? Paroles pour l'autre ? Paroles raisonnées ? Paroles irraisonnables ? Paroles qui avancent ? Paroles qui reculent ? Paroles qui rapprochent ? Paroles qui éloignent ? Paroles qui vous sauvent ? Ou bien, paroles qui vous noient ? 

    La question suivante se pose aussi :  qu'est-ce qui a formé cette parole exclusive, privée de "mais", de "aussi" et de "pas seulement" ? L'expérience seule ? Un vécu seul ? Expérience directe ou indirecte ?

    Autant de questions adressées à la fois à celui qui reçoit ces paroles - celui et celle auxquels ces paroles sont destinées - ainsi qu'à celle ou celui qui porte cette parole qui fait sans doute autant de bien qu'elle fait de mal : chez l'auditeur autant que chez la voix émettrice ?

                     

     

    ***

     

                    A l'écoute de toutes ces paroles, surprenant ce refus - cette incapacité sans doute aussi -, d'analyser la nature d'un vote FN (en autres phénomènes politique, social et culturel !). Incapacité pour les uns, ignorance pour les autres (ignorance de la nécessité de faire cette analyse), et d'autres encore par dogmatisme idéologique (1)... avec cette absence d'analyse et de compréhension, c'est là encore une autre-réalité sociale qui est ignorée par ceux  qui, comme un fait exprès, dénoncent à juste titre, une autre ignorance : celle d'une France de l'immigration et de la colonisation victime de discriminations et de relégation ; deux réalités donc qui s'ignorent l'une l'autre et qui servent sans l'ombre d'un doute les intérêts (principalement carriéristes faute de pouvoir prétendre au pouvoir, au vrai pouvoir !) de ceux qui occupent l'Elysée et Matignon depuis 30 ans.

    Alors que les "mais" et "aussi" et les "pas seulement" n'ont aucune place dans les interventions de ce "QG décolonial" et que les vocables "fasciste" et "raciste" dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui, ne peuvent en aucun tout expliquer - même une partie de ce tout -, il semble que le piège de l'association "SOS racisme" tendu par le PS - pourtant dénoncé depuis sa création par ceux qui s'expriment dans les vidéos - et qui a pour principale caractéristique "l'instrumentalisation du racisme", se soit refermé sur eux tous tel un étau : eux tous ayant intégré le procès en dé-légitimation de l'autre, de son vécu, de sa parole et de ses griefs.

    Aussi, force est de constater que la réconciliation n'est donc pas pour demain au sein des classes populaires.

                          Mais alors, comment avons-nous pu nous laisser piéger aussi facilement ?

     

    1 - Aveuglement idéologique plus ou moins "prémédité" de la part d'intervenants universitaires, issus des minorités qui plus est, et qui, sans doute par on ne sait quel miracle, ont réussi à vaincre un environnement social sans espoir, hostile à leur égard,  en parvenant pourtant à rejoindre une communauté d'enseignants d'élite : le corps universitaire - "miracle" qu'ils se gardent bien d'expliquer à ceux auxquels il ne manque jamais de rappeler qu'il n'y a rien à attendre d'une communauté nationale raciste et fasciste ;  lourde est leur irresponsabilité dans ce refus. 

    _________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Paroles d'honneur

    Lien permanent Catégories : Présidentielle 2017 et après, Quartiers populaires : Saïd Bouamama et d'autres 0 commentaire
  • Paroles d'honneur - QG décolonial : rebonds

     

                       Après la publication du billet Les Présidentielles 2017 au "QG Décolonial" : paroles de militants des quartiers populaires sur Agoravox (ICI) un complément d’argumentation s’est très vite imposé.

                                           ________________                                                 

     


                Chez ces intervenants réunis au "QG décolonial", intervenants de tous les âges, de tous les sexes, de toutes les conditions sociales, du prof d’université au chômeur ou salarié précaire -  notons au passage le nombre très réduit de femmes voilées présentes à cette soirée, et parmi elles, leur non-intervention, et sans que cela soit remarqué et souligné - à propos de cette France dite "monstrueuse composée d’islamophobes, de racistes et de fascistes qui a placé le FN et Macron au 2è tour de la présidentielle de 2017", tout en n’épargnant pas Mélenchon non plus du soupçon d’islamophobie et de racisme…

    Les analyses qui nous sont proposées sont à ce point irrévocables, sans appel donc, qu’un tel raccourci doit inévitablement cacher un « univers émotionnel » d’une ambivalence et d’une complexité inouïes, quasi ingérable par les intéressés eux-mêmes, jeunes de préférence : d’où une simplification à outrance des raisons de leur mal-être au monde - oui, au monde ! puisqu’un retour vers une « patrie » des origines n'est pas une option et donc une solution non plus.

    Précisons au passage ceci : à propos des discours tenus par des adultes matures cette fois-ci, discours identiques dans ses conclusions à ceux des adolescents, on n'hésitera pas à faire intervenir la notion de responsabilité dans la transmission de grilles d'analyses qui condamnent l’adolescent ou le jeune adulte à une interprétation aussi désespérée que mortifère de son environnement social présent et à venir. Ces adultes, universitaires le plus souvent, auraient été bien avisés de nuancer des conclusions empreintes de déception, de dépit et de colère, tout en rappelant ceci : jeter le bébé avec l'eau du bain, c'est se condamner à ne jamais trouver de remède au mal.

                   Dans leur refus de nuancer leurs diagnostics et leurs conclusions à propos de la France, doit-on y voir un lapsus qui nous donnerait à comprendre ce qui suit : l’ambivalence chez tout citoyen français issu de la colonisation et/ou de l’immigration, indépendamment de la présence de discriminations avérées, de ses sentiments à l’égard de son pays d’adoption - pays autre que celui de ses origines, ou bien celui d'une partie d'entre elles ; pays d’accueil d'un de ses parents, sinon les deux, pays de rapatriement ou de secours tel une roue, faute de mieux et par crainte du pire…

    Citoyen français qui peut aussi avoir été lésé, sinon abandonné, par l’histoire culturelle de cette autre identité dont il lui faut assumer l’histoire - pour ne rien dire de cette appartenance culturelle et affective multiple, double, triple, voire quadruple dans le cas de figure d'un français algérien musulman chômeur (qui peut bien vouloir s’y coller à cette quadruple identité dans le contexte de la France ?) - et la difficulté de cet héritage à la racine de laquelle on trouvera un pays des origines dont les mœurs lui sont quasi étrangères ; et parfois même, pays de la honte car entaché de non-droit, corruption, injustices, massacres de masse, pauvreté et parfois misère que des médias impitoyables ne manqueront pas, sans retenue ni nuances, de relayer jour après jour ; médias qui ne s’occupent que des crimes et châtiments de l’Homme qui n’est qu’un loup pour quiconque a la faiblesse de se montrer brebis…

    Et alors que ce Français du Maghreb ou d’Afrique noire aura pour principal référant appartenant à une ethnie et une histoire ultra-majoritaire, la figure tutélaire d’un homme blanc au passé colonial couvert d’opprobre - du moins telle est le plus souvent la représentation qui lui sera faite de ce passé détestable -, mais qu’il ne peut haïr qu’au prix de ce qui pourrait bien s'avérer représenter un préjudice psycho-affectif important, tout en restant confronté, encore et toujours, à cette identité des origines

    Français à qui il peut être donné de réussir, ici, dans ce pays auquel il se trouvera bien en peine de rendre quoi que ce soit, d'autant plus que ce pays, la France, refusera très certainement ce don au prix, là encore, d'un malaise identitaire préjudiciable pour la société tout entière…

    Prenant en compte tous ces éléments et d'autres encore, qui pourra nier le fait suivant : derrière chaque adoption il y a toujours un abandon ; et rien ni personne, jamais, ne peut remplacer ce qui aurait dû être sa famille, qu’elle ait été absente ou bien, écrasée par le poids culturel d’une autre famille dite d’accueil,  et plus encore lorsque l’histoire et la culture de cette famille des origines sont jugées par une grande partie de la société infréquentables jusqu’à… l’irreprésentable (1).

                      Aussi, ne finit-on pas par mordre la main qui vous a accompagné bon an mal an quand le destin vous a refusé une autre main qui aurait dû, elle aussi, contribuer à faire de vous un adulte autonome et responsable ? Une main qui, pour votre malheur, n’aura ni su ni pu le faire…

    Reste alors ce verdict qui pourrait bien s'avérer n'être dans les faits qu'un lapsus compensatoire : « La France monstrueuse qui vote FN, Macron et Mélenchon » sans autre formalité.

     

    1 – Reconnaissons en toute bonne foi et en toute lucidité…  qu’il est très certainement plus facile de se lever le matin quand on est un Français-italien avec pour références la grandeur de Rome et la splendeur de la Renaissance, ou bien un Français-juif avec Marx, Freud et Einstein.

    Ne sommes-nous pas aussi tout ce que nos prédécesseurs et nos contemporains ont tenté d'accomplir ? Pays, Etats, régimes, nations, continents, cultures, individus, seuls ou bien en grappes indissociables, tous... n'héritons-nous pas de leurs échecs comme de leurs réussites ?

     

    ***

     

                   A contrario… suite aux réactions que ces vidéos ont suscitées… apportons les précisions suivantes :

                    - Parler négativement de multiculturalisme c’est déjà faire, et c’est encore faire, le procès de ceux qui, discriminés et relégués, souhaitent trouver des solutions pour eux-mêmes en l’absence d’un engagement ferme en leur faveur de la part de la communauté nationale : Etat, partis de gouvernement et électeurs.

    Parlons de "repli et rejet" et traitons bien plutôt la tentation isolationniste dont on pourra distinguer deux sources :

    - "Vous ne voulez pas de nous, eh bien, nous on ne veut pas de vous !" - notons qu’il a bien été question un temps de désir d’intégration - d’être acceptés et de se fondre dans la masse - de ceux qui optent en désespoir de cause, épuisés et désillusionnés, pour l’isolement et le repli qui ne peut être que communautaire puisqu’à l’origine de cette décision, on trouvera une communauté ethnique et historique facilement identifiable victime de cette discrimination, voire du racisme - c’est donc une lapalissade qui n’explique rien et ne rend compte de rien que de parler de repli communautaire.

    - "Vos valeurs occidentales, pour ne rien dire de votre hypocrisie constante à notre égard, nous n’en voulons pas. Nous ne vous demandons rien d’autant plus que nous n’avons pas choisi de naitre en Europe. Simplement : ignorez-nous... nous on s’occupe de nous" – Dans ce cas figure, on peut en déduire qu’aucun désir d’intégration ne s’est jamais manifesté ; un désir d’appartenance à la communauté nationale majoritairement européenne de culture n’est pas à l’ordre du jour. Reste à savoir si derrière ce refus catégorique, on ne trouvera pas un peu de dépit. Un refus d’origine religieuse simplifiera l’analyse ; aucun doute possible alors, il s’agit bien d’une remise en cause des valeurs de la majorité.

    Indépendamment de ces deux cas, précisons ceci : nos sociétés occidentales sont multiculturelles : Europe, Afrique Asie sont les trois continents qui les composent à la hauteur de près de 15% de leur population. Aussi, comment pourrait-il en être autrement ? Qu’on nous l’explique.

    Si on peut parler d’échec à une intégration citoyenne « pleine et entière » tout en établissant des responsabilités multifactorielles, à la fois exclusives et inclusives, responsabilités tantôt partagées, tantôt non-mutualisables, on ne peut factuellement ni moralement parler « d’échec du multiculturalisme » sans tomber dans une essentialisation d’une mauvaise foi consommée de cet échec puisque nos sociétés sont devenues depuis les années 70 des sociétés multiculturelles de fait.

                      - La « discrimination positive » est évoquée négativement ici et là ; précisons ceci à son sujet : quiconque est vraiment sérieux, vraiment soucieux de combler le retard accumulé par des populations discriminées, ne pourra pas s’y opposer d’autant plus que les bienfaits surpassent de loin les inconvénients pour les intéressés et la société dans son ensemble. Le procès fait à la "discrimination positive" cache le plus souvent une indifférence, voire une complaisance coupable, à propos du sort injuste et cruel des discriminés dans les sociétés occidentales.

     

                     - Affirmer que prendre le parti de présenter les discriminations raciales  « comme la conséquence des préjugés qui traversent la société » empêcherait toute critique sociale c’est oublier un peu vite que la dénonciation des préjugés reste une nécessité absolue car... avec le FN, la question de l’immigration post-coloniale et des Français qui en sont issus est au cœur de la rhétorique de ce parti ; il est donc bien question aussi d’une responsabilité individuelle en tant que citoyen et électeur et pas simplement de s’en prendre au "système social" lui-même ; de plus, dénoncer ces préjugés et l’indifférence à leur sujet c’est aussi et c’est encore faire de la critique sociale ; celle du pouvoir des médias dans la propagation de ces préjugés par exemple. 

    Car, avec ce souci de vouloir coller au plus près de la critique sociale, s’il doit être encore question d’un "Classes populaires (travailleurs !) unissez-vous !", il serait bon qu’on n'oublie pas le fait que le chômage touche parfois jusqu’à 30 à 50% de ces "populations".

    Aussi : "Dure, dure l’unité des luttes sur les lieux de travail auprès d’une population qui en est absente !"

     

     ***

     

                     C'est sûr : ces deux vidéos de « QG décolonial » doivent nous alerter car elles nous révèlent comment au fil des ans la fêlure s'est accentuée pour devenir une véritable rupture du lien, rupture d'appartenance, notamment chez les plus jeunes - jeunes filles en particulier - qui font usage d’une rhétorique sans nuance, d'un verdict sans appel (notez que les interventions des universitaires n’arrangeront rien !) d'une virulence qui ferme toutes les portes et qui les condamne à plus de rejet et à plus d’isolement et de discrimination.

    Certes, il s’agit là d’intervenants hyper-conscients socialement ((j’allais dire à tort... hyper-politisés) des mécanismes de l’exclusion alors même qu’il existe encore, sur un plan individuel, des possibilités de rejoindre la communauté nationale... il est vrai qu’il ne peut s’agir pour l’heure que de tenter individuellement sa chance ; aussi, à la lecture de ces vidéos, il se pourrait bien qu'il nous faille arriver au constat suivant : les sœurs refusent maintenant de s’en sortir sans les frères ; et les frères sans leurs parents ; ce qui complique singulièrement le problème.

                       Après avoir visualisé ces deux vidéos, parviendrons-nous  à déchiffrer, comprendre et accepter finalement les discours qui nous sont "jetés" à la figure avec une injustice et une violence rares ?

     

    ________________

     Pour prolonger, cliquez : Quartiers populaires et conscience de classe

     

     

     

                    

    Lien permanent Catégories : Islam, Coran et Musulmans, Medias, désinformation et ré-information, Quartiers populaires : Saïd Bouamama et d'autres 0 commentaire
  • Slate.fr : un journalisme de Tartufe

    erdogan la turquie les musulmans français slare.fr

                Le sujet de cet article de Slate.fr n'est pas Erdogan, tout le monde l'aura compris, et en particulier, les lecteurs de bonne foi et vigilants qui savent décrypter un article de presse, qui plus est...  issu de la rédaction de Slate.fr .

    Cet article c'est bien évidemment la continuation par d'autres moyens - sans doute pour ne pas être en reste -, de la campagne de dénigrement systématique à l'endroit des Musulmans français au côté des Unes insultantes de Charlie Hebdeo semaine après semaine et de tous ceux qui s'en donnent à coeur joie depuis des années quand il s'agit de stigmatiser toute une communauté.

    En effet, force est de constater que... tout ce que la rédaction de Slate souhaite faire passer comme "message" à ses lecteurs - plus groupies que lecteurs soit dit en passant (se reporter aux commentaires sur Facebook) c'est bel et bien celui-ci : "Regardez ces Musulmans français qui préfèrent la Turquie d'Erdogan à la France qui a tant fait pour eux tous !".  Car, plus faux-cul que Slate.fr (webzine atlantiste, mondialiste et très proche d'Israël - cherchez l'erreur dans cette coincidence pour peu qu'il y en ait une.... et ça, c'est pas sûr du tout !)... vous ne trouverez pas !

    Mais... qu'à cela ne tienne ! Jouons le jeu des questions et des réponses.

     

    ***

    "Pourquoi Erdogan séduit tant de jeunes musulmans franco-maghrébins ? "

     

                  Pourquoi, demandez-vous ? Tout simplement pour retrouver un peu de fierté, de considération (la Turquie musulmane est un pays qui compte sur la scène internationale) et  reprendre un peu de "pouvoir"... avec Erdogan à la tête de la Turqui, même si la seule question qui vaille devrait être  : pourquoi nos Musulmans français en sont "réduits" à regarder du côté de la Turquie pour retrouver un peu de dignité ?

    Question qui en appelle une série d'autres : de quoi un Musulman français peut-il bien être fier en ce qui concerne ce qui aurait dû être son pays, la France ? De la destruction de la Libye, de la Syrie, de l'Irak et de l'Afghanistan ? Des Unes de Charlie Hebdo semaine après semaine ? Des sorties médiatiques d'un Zemmour et d'un Finkielkraut ? Et de la lâcheté incommensurable de l'Europe vis à vis d'Israël et de sa politique envers leurs "frères palestiniens" ? Pour ne rien dire, car beaucoup a déjà été dit, du passé colonial de la France, de l'Europe et l'humiliation de l'Afrique et du Maghreb ?

    Et comme un malheur n'arrive jamais seul : des années durant, depuis leur plus jeune âge... les cas psychiatriques d'une délinquance multirécidiviste, une délinquance de délinquants sans solution pour eux-mêmes et nous pour eux, ont trouvé une résolution et une sortie définitive, hors du monde qui plus est : l'Islam.

    Sales temps pour cette religion !

                  Mais alors, que Slate.fr assume ses partis-pris ; que ce webzine nous dise qu'il n'en a rien à battre du ressenti des Franco-musulmans ; mais surtout, que Slate.fr ne vienne pas nous faire croire qu'il n'y comprend rien  à ce "désamour" d'une partie des Français Musulmans pour la France ou plus simplement des Français issus de la culture arabo-musulmane.

     

     

    Lien permanent Catégories : Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Première guerre mondiale : Stanley Kubrick contre Jean Renoir

                    A 20 ans d'intervalle, deux films, deux réalisateurs sur un sujet identique : la Première guerre mondiale ; c'est un océan qui sépare ces deux films et ces deux réalisateurs. 

     

    renoir kubrick sur la première guerre mondiale

    La Grande Illusion de Jean Renoir - 1937

     

    Encensé par tout ce qui ressemble de près ou de loin à un cinéphile, à un critique… "La grande illusion" a le prestige, le mérite ou bien, l'inconvénient de l’unanimité ; autant dire, un film culte. Aussi, bon courage à qui s’avisera de formuler quelques réserves à propos de ce monument d’un unanimisme moutonnier ! Grand mal lui en prendra, pour sûr ! Et pourtant…

    Première Guerre mondiale...

    Huit millions et demi de Français seront appelés ; un sur cinq y laissera sa vie, sa pauvre et maigre vie, à raison de 900 par jour, et autant de mutilés - un bras, une jambe, des yeux, la vue… -, en Flandres, en Artois, dans la Somme, en Île-de-France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine…

    Tenez ! 27000 morts en une seule journée le 22 août 1914 «à coups de crosse, à coups de poignards, à coups de bombes et de mitraille». 

    Pour une guerre joyeuse dans ses premières semaines… on peut dire qu’en 4 ans, le spectacle tournera au cauchemar puis à la tragédie car cette boucherie et ce scandale qu’est cette guerre dont on cherche encore aujourd’hui la grandeur.

     

               Jean Renoir dans « La grande illusion » nous présentera un conflit mené dans un esprit chevaleresque et aristocratique, alors qu’il s’est le plus souvent agi de bouchers gantés, le petit doigt sur la couture du pantalon civil et militaire, impeccables certes !  Habiles dans le maniement de leur lorgnon, c’est vrai ! mais bouchers quand même ! Et leurs épouses, marraines de guerre, n’y changeront rien ; chacun de leurs colis viendra ajouter une touche obscène à ce sacrifice sans scrupule et sans objet qu’est cette première guerre mondiale.

    S’il faut parfois savoir se taire avant de parler, décidément, il y a des réalisateurs qui feraient bien de retenir un « Moteur ! » avant de donner le signal de faire tourner la caméra d'un projet cinématographique qui soumettra à notre perspicacité des questions qui n’en sont pas et des réponses… pas davantage. En effet, les de Boëldieu et les von Rauffenstein (les rentiers et les banquiers), héros d’un film fâcheux d'un fils dont le père était quand même mieux inspiré, pinceau d’une main, palette de l’autre, n’étaient au mieux qu’une exception qui confirme la règle, au pire une fiction d’une naïveté insultante pour les millions de pauvres bougres qui y laissèrent leur vie. Dans les faits, les Rauffenstein et de Boëldieu de ces années-là avaient la rancune sournoise ; n'en doutons pas un seul instant, ils étaient bien trop contents de précipiter sous la mitraille des gueux souvent grévistes et revêches, sans doute pour leur apprendre à obéir une fois pour toutes les fois, la dernière, où ils auront été tentés de n’en faire qu’à leur tête d’ouvriers et d’artisans décidément indomptables.

    Quelques jours avant sa mort et le début d'un grand chambardement, Jaurès ne s'est-il pas adressé à eux en ces termes :

                  « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar ». Discours de jean Jaurès – le dernier -, contre la menace de la guerre totale cinq jours avant son assassinat - prononcé à Lyon-Vaise le 25 Juillet 1914.

     

    renoir kubrick sur la première guerre mondiale grande illusion sentiers de la gloire

    Les sentiers de la gloire : Stanley Kubrick - 1957

     

                  Cette boucherie de 14-18  qui semble avoir échappé à Renoir - durant la Première guerre mondiale, il sera affecté dans une escadrille  de reconnaissance - et les de Boëldieu de ce conflit, c'est Stanley Kubrick qui nous les servira sans réserve dans un film militant basé sur des faits réels (affaire des caporaux de Souain).

    "Les sentiers de la gloire", véritable cri anti-guerre,  retentira comme un appel vibrant à la fraternité  humaine : "Soldats de tous les pays, unissez-vous contre votre hiérarchie et vos gouvernements !" car le soldat, chair à canon, simple pion, n'a qu'un seul ennemi : cette même hiérarchie et ces mêmes gouvernements.

     

    ***

             

                  Longtemps on pourra regretter que la critique cinématographique ( celle de la tradition d'un Michel Ciment - plus groupie que critique notamment envers tous les réalisateurs dits "culte") restera absente dans la dénonciation de cette faute à la fois morale et historique qu'est "La grande illusion" ; et  si cette « illusion » sur grand écran  a été bien accueillie par la critique et le public dès sa sortie en 1937 – contrairement à « La règle du jeu » tournée une année plus tard -, c’est sans doute parce que  personne ne s’y est trompé : seule la vérité dérange,  le mensonge, lui, en rassure plus d’un et plus d’une.

     

     

    1 - A noter le fait que Renoir proposera ses services à Vichy dès 1940. Esprit confus que celui de Renoir ! sans doute parce qu'il n'a pas reçu d'éducation politique, morale et philosophique poussée. Double discours aussi : "La règle du jeu" et "La grande illusion" : Renoir valide quoi dans ces deux films ? Où est Renoir et avec qui ? On pensera au "... en même temps" de Macron et d'autres : ce fameux centre, le ventre mou de la morale et de l'engagement. Souvenons-nous de cette remarque du personnage Octave tenu par le réalisateur dans la Règle du jeu : "Tout le monde a une bonne raison d'être ce qu'il est et de faire ce qu'il fait". Le mot (l'adjectif) en trop est "bonne"... car une raison n'est pas nécessairement une "bonne" raison. Cette nuance a échappé à Renoir tout au long de son oeuvre : Renoir semble ne juger ni le mal ni le bien : relativisme lâche et opportuniste ? - retour alors à la case départ : la première ligne de ce commentaire-ci.

     

     

    Lien permanent Catégories : Cinéma de film en film 0 commentaire
  • Comme l'absence est lente !

     

     

               Comme l'absence est lente. Elle s'écoule sans fin. Un fleuve à l'eau verdâtre et croupie, mauvaise à boire : un vrai poison, cette absence !

     

     

    ***

     

               Elle n'a pas oublié l'état de rêve dans lequel elle baignait, intimidée par ce malaise délicieux, à lui tout entière dans le tremblement indéfinissable de l'embarras de leur première rencontre. Elle n'a pas cherché à contenir ce désir affolé, cette flamme fébrile et claire surgie d'une braise brûlante de découverte, volutes de l'enchantement et de l'émoi. Elle n'a pas refusé cet instant suspendu, cette convulsion qui l'a cueillie au passage, un après-midi.


    Comme elle s'y est engouffrée avant de s'y enfermer, absorbée, avec une hâte juvénile et déterminée, dans ce désir effréné que tous deux assouvissaient dans la solitude !


    Le temps d'une vision crue et brutale qu'aucune retenue ne peut voiler, elle le voit tel quel... ce corps d'une clarté sans ombre. Et quelle nudité ! Une révélation, cette nudité qui prenait racine dans un sursaut d'étonnement tendre et joyeux ! Un enchantement, ce désir qui faisait que le corps de son amant, grand et robuste se détendait et qu'il devenait enfin possible de l'approcher, de l'apprivoiser, de le découvrir de fond en comble et de s'en troubler. Ce corps était capable de faire taire tous les scandales d'une bienséance supposée bafouée et jugée comme telle par ceux qui n'ont pour seule connaissance de leur propre corps et accessoirement de celui de leur partenaire, que la somme de leur incapacité à pouvoir l'appréhender, faute d'imagination et d'application.

    Le temps d'une buée fiévreuse dont elle a longtemps pleuré la privation, voilà que l'image réfléchie à l'infini de son immense et beau secret s'imprime et achève de la dissoudre. Aucun effort. Dans un long soupir, profond et lourd, elle ferme les yeux. Une envie sauvage arrache ce qui lui reste de raison. Tout se met en place au premier désir, à la première volonté : son regard à lui, son sourire, sa voix comme un espoir qui déroule le tapis rouge de son enchantement, sûr de lui, virtuose dans ses caresses et puis, la lumière et la pénombre une fois les rideaux tirés, elle, blottie sans pudeur, réfugiée contre lui, acceptée sans condition ou bien à la seule condition qu'il le soit aussi.

    Une main la guide sur le chemin à parcourir. Ses doigts à fleur de peau affinent le relief et les contours et assurent une cadence, un rythme soutenu vers une ascension certaine et puis, une autre main pour ne pas être en reste avec tout ce qui porte à rêver, tout ce qui ouvre, tout ce qui entre et se referme dans la confusion d'un monde reconstitué dans l'urgence ; membres ivres de consentement qui ne desserreront pas leur étau avant la combustion du désir qui emportera et aura raison de tout, une perle de sueur sur le front venue témoigner de l'effort consenti et de la chaleur ainsi provoquée comme une dernière preuve d'existence dont personne ne pourra souiller la raison d'être.


    Car elle s'enfonce maintenant dans ce qui lui reste d'intact et de vivant : cette partie d'elle-même inviolable, inatteignable, à l'abri de toutes les violences, de toutes les humiliations, de toutes les déceptions quand de la solitude étouffante on souhaite sortir à tout prix pour s'empresser de retrouver les mille et une caresses qui l'ont tant de fois menée là où pour rien au monde elle aurait souhaité céder sa place et à la sienne, ne pas l'y trouver pour l'avoir tant désiré comme on convoite le bien d'autrui, sans scrupules, jusqu'à tout immoler, avant de rejoindre une jouissance éprouvée et indéfinissable, étroitement mêlée à l'angoisse de ne plus pouvoir en renouveler l'expérience...

     

    ***

     

              Dieu ! Pourquoi cet étonnement soudain, ce retour haïssable vers tout ce qui nous blesse et nous rabaisse ? Mais... où était-elle partie ? D'où revient-elle ? Que lui est-il arrivé ?

    Rien. Presque rien. Quand on a pleuré une privation cruelle et douce et assouvi un désir qui n'aura sans doute rien résolu mais qui lui aura permis un court instant de ne pas désespérer de tout et d'elle-même, eh bien, dans ces moments-là, on sèche ses larmes avec la paume de ses mains, on sourit presque, car on se sent plus léger et la peine est moins étouffante, une fois la douleur atténuée.

     


    _______________________________

     

    Extrait du titre : " Cinq ans, cinq nuits"

     

               A propos de l'ouvrage... cliquez Cinq ans, cinq nuits

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu