Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

  • Le cinéma de Joël Séria

     

    cinéma,films,ciné,joël seria,joel séria,«  ne nous délivrez pas du mal »,« charlie et ses deux nénettes »,« les galettes de pont-aven »,« les deux crocodiles »,« comme la lune »,jean-pierre marielle,jeanne goupil,artistes,septième art

     

     

                

     

     

     

     

     

     

     

              «  Ne nous délivrez pas du mal », « Charlie et ses deux nénettes », « Les Galettes de Pont-Aven », « Les deux crocodiles »,  « Comme la lune »...

    Le cinéma de Joël Séria, cinéma des années 70 et 80, c’est tout ce que l'on ne peut plus aujourd'hui faire, dire et montrer sans passer pour un affreux jojo machiste, misogyne, franchouillard et beauf...

    Ce qu’on pourra vivement regretter.

     

                Absent des rediffusions télévisées, mais alors, ce cinéma de Joël Séria a-t-il été oublié ?

                Cinéma truculent, cinéma de la vie que l'on prend comme elle vient ... cinéma les deux pieds sur terre et la tête dans les nuages, cinéma de l'absolu, extravagant, proche d'un Bertrand Blier ou d'un Mocky mais tellement plus riche, plus "documenté", plus ambitieux aussi... Joël Séria a tout inventé, ou presque, de son cinéma.

     

    cinéma,films,ciné,joël seria,joel séria,«  ne nous délivrez pas du mal »,« charlie et ses deux nénettes »,« les galettes de pont-aven »,« les deux crocodiles »,« comme la lune »,jean-pierre marielle,jeanne goupil,artistes,septième art

                 Né en 1936, élevé en Anjou, le cinéma de Joël Séria c’est un portrait de notre province française, et parfois... d'une France profonde, dont il ne reste plus dans son évocation et dans sa représentation que l’image qu’en donneront la troupe de théâtre Les Deschiens dans les années 90.


    Cette province, Joël Séria la parcourt avec tendresse, amour et passion car, le cinéma de Joël Séria, c’est la célébration de cette province héroïque qui n’a pas vraiment connu le Mai 68-estudiantin ; une province qui s’est « libérée toute seule » ; province des cours de fermes et des maisons villageoises qui donnent sur la rue… une province que Paris ne parviendra jamais à appréhender car jamais cette province-là ne se laissera mettre en bouteille.


                  Cinéma anti-Claude-Sautet, cinéma anti-Truffaut dont le cinéma "costume cravate" de petits bourgeois de centre-ville peine aujourd’hui à nous enthousiasmer, à l’exception peut-être de « Les quatre-cents coups » et « l’Enfance sauvage » en ce qui concerne Truffaut... l'oeuvre de Joël Séria, auteur, réalisateur, dialoguiste, ne doit rien à la littérature ou aux faits divers ; un vrai tour de force en soi.

    VRP, dépanneurs en électroménager, commerçants itinérants, bistrotiers, si la politique est absente des films de Joël Séria, pour Joël Séria en Bergman rabelaisien, les troubles de la société ne sont qu’une grande et vaste scène de ménage ; scène de la vie conjugale ; on se rabiboche, on pardonne ; on se sépare ; on revient  : le plus heureux n’est pas toujours le plus avisé mais bien plutôt celui ou celle qui accepte de ne pas tout savoir, de ne pas tout comprendre, de ne pas tout dominer, comme pour mieux se laisser porter et guider, quitte à se faire "rouler dans la farine" car, on a confiance a priori ; même si a posteriori, on se voit dans l'obligation de réviser son jugement tout en continuant néanmoins d’espérer car la déception et la trahison font partie de ce voyage qu’est la vie, de vie à trépas ; et si on ne meurt jamais dans le cinéma de Joël Séria, jamais vraiment, c’est sans doute l’amour du réalisateur pour ses personnages et ses acteurs qui leur garantit cette immortalité.

     

                  Certes, chez  Joël Séria, entre les hommes et les femmes, la bataille est rude ; ils ne se font pas de cadeaux même si jamais la rupture n’est consommée : c’est la comédie de la vie, comédie à l’italienne aussi ; et si les cons sont flamboyants, grandes gueules, sûrs d’eux-mêmes, ils restent modestes finalement…car ils ne prétendent qu’à un peu d’attention ; loin d’eux l’idée de dominer le monde  car enfin, nul n'ignore que l'on ne doit et qu'on ne peut compter que sur soi et sur ses proches, tout proches car seule la proximité vous sauve.

    Belle leçon pour notre époque.

    Mais cons, le sont-ils vraiment  tous ces personnages attachants, le plus souvent masculins ? Ne sont-ils pas plus simplement occupés à continuer de prendre leurs rêves pour la réalité car il faut le savoir : les personnages de Joël Séria, hommes et femmes, rêvent encore, rêvent toujours ; c’est comme une seconde nature chez eux.

                  Il est dit que, jeune adulte, Joël Séria était monté à Paris pour devenir poète ; sans doute ne savait-il pas qu’il l’était déjà et qu’il n’avait donc pas à le devenir car on ne devient pas poète, on l’est et on le demeure jusqu’à sa dernière illusion, illusionniste de son état.

    Qu’à cela ne tienne : Joël Séria n’aura rien perdu puisque…  film après film, notre réalisateur aura fait de son acteur fétiche, Jean-Pierre Marielle (ainsi que Bernard Fresson venu en soutien), son alter égo, un poète généreux et habité ; et de Jeanne Goupil : sa compagne pour la vie.

     

    ***

     

                Cinéma pas si populaire que ça finalement que l’œuvre de ce réalisateur ! puisqu’il faut bien le reconnaître : le cinéma de Joël Séria semble destiné en priorité à ceux qui souffrent d’une indigestion de cinéma guindé de cadres moyens et supérieurs : celui des années 70.

    Avec des personnages hauts en couleurs, Joël Séria souhaitait échapper au réel, s’évader ; ironie du sort, socialement et géographiquement bien ancrés, tous ses films nous y plongent et nous y re-plongent sans fin dans ce réel comme tout bon surréaliste qui se respecte.

    La bouffe, le cul et l’argent vite dépensé parce que c’est fait pour ça l’argent ! Si au lit, la vie de couple est fatalement un échec après un temps - et c'est dans l'ordre des choses, aussi pourquoi s'en désoler ! -, cet échec offre néanmoins pour l'homme comme pour la femme, tous deux parfois égaux, plus souvent complémentaires, de nouvelles voies insoupçonnées et des passages secrets libérateurs.

    Tendresse, amour et sexe... d’une énergie rare puisée au fin fond d’une libido, d’une pulsion de vie qui emporte tout sur son passage, le cinéma de Joël Séria ne connaît pas l’instinct de mort avec sa pulsion destructrice d’un pessimisme noir et complaisant.

    L’accordéon est toujours de la fête, le tango ainsi que la musique brésilienne et cubaine. Joël Séria qui connaît bien la sociologie de ses personnages, n’hésite pas à donner dans le mauvais goût ; les intérieurs sont saturés de tout, de rien, de tout ce dont on a pu faire l’acquisition dans les années 60 et 70, « Les trente glorieuses » oblige ! Reste que les tenues vestimentaires de ses « nénettes » sont colorées et aguichantes ; Jean- Pierre Marielle, lui, est vêtu comme un prince du haut de ses 1m95.

     

                   Le cynisme est absent chez Joël Séria ; seules l’ironie et la dérision ont voix au chapitre, et celui qui a le dessus n’est pas le plus malin mais celui qui a raison ; et le plus talentueux aussi. Moraliste Séria ? C’est sans doute là son côté « Billy Wilder » !

    Dialogues puissants, au ras des sentiments, du réel et des étoiles, la langue de notre cinéaste est d’une invention de chaque instant, à chaque mot, à chaque phrase, après chaque virgule… une écriture digne des meilleurs dialogues du cinéma français des années 30 avec Prévert et d’autres, plus tard avec Jeanson ;  cette langue qui est la sienne a très tôt compris la nécessité de sauver cette tradition avant qu’elle ne sombre totalement.

     

                  Dix ans d’éducation religieuse, d’école en école - messe le matin, confession tous les 15 jours -, ont bien failli avoir raison de notre cinéaste qui n’était pas encore Joël Séria mais Joël Lichtlé – nom d’origine alsacienne.

    Après dix ans de cet étouffement carcéral, le cinéma offrira à notre réalisateur la possibilité de respirer la vie à plein poumons ; il ne s’en privera pas, et ce… dès son premier long métrage, tout entier du côté du vécu.

                  Joël Séria ne connaît ni la caricature ni le pastiche, et moins encore la parodie ; il a beaucoup trop d’imagination pour ça ! Et puis… ne sait-il pas de quoi il parle lorsqu’il nous en parle ?

    Un temps imité mais jamais égalé car le succès attire les plagiaires et ceux pour lesquels le cinéma est une affaire de recette de cuisine, chez Séria, les femmes ont tous les âges : généreuses et naïves, les plus jeunes n’ont de cesse de vouloir croquer la vie, tandis que les moins jeunes s’accrochent et les hommes aussi.

    Quant aux féministes d'aujourd'hui, en particulier celles qui n'ont rien compris aux femmes qui ne le sont pas "féministes" (si l'on met de côté la question de l'égalité des salaires homme-femme dans laquelle toutes les femmes peuvent se reconnaître, et pour peu qu'il s'agisse là d'un combat que l'on peut qualifier de "féministe" !), sans doute s'arracheront-elles les cheveux car le cinéma de Joël Séria c’est l’homme et la femme non pas réconciliés puisque chez notre réalisateur, il n'y a jamais eu divorce, mais bien plutôt l'homme et la femme qui se regardent dans les yeux, se parlent au plus près de l’oreille, s'effleurent et puis finalement et fatalement, se mélangent et s'unissent dans un élan irrésistible, d’une nécessité absolue ; sel de la vie là où nichent les expériences émotionnelles et esthétiques les plus fortes ; et si la jalousie et le ressentiment peuvent quelquefois prévaloir, jamais la haine ni l’envie prennent le dessus car les personnages de Joël Séria ne sont pas résignés mais bien plutôt sages… sages d’une sagesse d’autant plus sage qu’elle a épuisé tous les excès possibles et toutes les expériences.

     

    ***

     

              Trente ans plus tard, ne comptez plus sur un nouveau Joël Séria car il faudrait pour ça que le cinéma français d’aujourd’hui ait quelque chose à nous dire, à nous montrer, autre que le nombril de ses réalisateurs (archétype de ce cinéma pour rien ou pour si peu, celui de la famille Garrel) et celui de leurs petites amies actrices - un cul chassant l’autre -, eux qui n’ont rien vécu, ou bien si peu, et qui n’ont rien cherché, rien vu et rien trouvé. La littérature et les faits divers n’y changeront rien car, in fine, le cinéma doit pouvoir reposer sur son propre imaginaire loin de ces deux béquilles ; ce que le cinéma de Joël Séria a largement prouvé, film après film ; l’admiration que voue Joël Séria à Fellini n’y est sans doute pas pour rien non plus.

     

                    Dans une interview en 2011, Joël Séria regrette de ne pas avoir pu tourner plus de films (une dizaine au total), à l’heure où, en France, chaque année, des centaines de millions d’euros sont dépensés dans des productions médiocres, voire affligeantes.

    Et là, il faudra bien le dire : ce qui condamne aussi notre époque, c’est le fait que ce cinéma de Joël Séria ne soit même plus envisageable pas seulement parce qu'il ne correspondrait plus à une réalité sociale mais bien plutôt parce que la bien-pensance l’interdirait : personne ne misera donc un Kopeck dessus.

    En revanche, les comédies fleurissent comme autant de mensonges qui se prennent pour la vérité (La famille Bélier, Les intouchables, Les Ch'tis, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu) ; dans les faits, un cinéma non pas populaire (il suffit de penser au cinéma de Christian Jaque en comparaison) mais un cinéma du pauvre, très pauvre, sans saveur ni vérité aucune. Ersatz d’une réalité insaisissable, tellement le talent lui fait défaut, avec l'ultime recours à la caricature et à la parodie, tout y est faussement vrai dans ce cinéma-là à un niveau sans doute jamais égalé dans la longue histoire du Mensonge qui se prend pour la vérité.

                     Aussi, pour cette raison, ne cessons jamais de défendre l’œuvre de Joël Séria contre tous les pourfendeurs de la vie car cette oeuvre-là en déborde, incontrôlable et imprévisible.

    ________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Joël Séria en entretien

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Cinéma de film en film 0 commentaire
  • André Salmon : un poète de la fraternité dans la tourmente... chanté par Charles Aznavour

                 andré salmon,aznavour,picasso,poète,max jacob,apollinaire  

     

     

     

     

     

     

     

     

    Né à Paris en 1881 et décédé en 1969 à Sanary-sur- mer (83 - Var), André Salmon aura connu, pour s'y être battu, la guerre de 14-18, puis la défaite et l'occupation de juin 40.

    Ecrivain, poète, romancier, journaliste, critique d'art, Apollinaire, Picasso, Max Jacob furent ses amis... la faim et le froid ses ennemis, et la bohème... son unique drapeau.

     

     

    Fraternité

     

    Nous rentrions très tard, mêlant
    Des vers purs à des chants obscènes
    Et l'on s'asseyait sur un banc
    Pour regarder rêver la Seine.

     

    Sur l'eau, rien ne vivait encore
    Ainsi qu'une ouvrière lasse
    Pressant sur son flanc ses fils morts
    La Seine dormait dans sa crasse.

     

    Nos cœurs d'ivrognes s'emplissaient
    D'une bienfaisante latrie
    Si le soleil levant dorait
    Les marronniers des Tuileries.


    Pour mieux évoquer certains soirs,
    Le plâtre et le vin des tavernes
    Égayaient nos vieux habits noirs
    Et nos plastrons d'hommes modernes.

    Alors, ayant honte, vraiment,
    De nous connaître aussi lyriques
    Nous offrions un coup de blanc
    Au balayeur mélancolique.


    Vaine ruse ! et l'on découvrait
    Dans le balayeur un poète,
    Si bien que les verres tremblaient
    Sur le comptoir, autel de fête !

    Et pour que ce soir sans égal
    Fût perpétué, un pandore
    En dressait le procès-verbal
    Parsemé d'attendus sonores.

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Léon Blum : autopsie par l'historienne Annie Lacroix-Riz

     

                    Historienne banni des médias dominants ( elle aussi !) de France Culture à France Inter, et de la production de documentaires historiques, Annie Lacroix-Riz ne reconnaît qu'une histoire : la grande Histoire, celle que nous comptent les archives.

    Vent debout contre les historiens du "consensus", mou qui plus est, des historiens comme en panne, Annie Lacroix-Riz s'est spécialisée dans la période qui s'étend de 1870 à  la fin des années 40. Période tabou. Période où tout est tabou. 

    Dans cette vidéo qui suit, notre historienne  - tendance "médecin légiste" -, choisit de se pencher sur le cadavre de Léon Blum, tout en prenant soin de dénoncer ceux qui n'ont pas cessé depuis trente ans de nous vendre un Blum-de-gauche qui, dans les faits... car les faits sont têtus, n'a jamais existé ou bien si peu, dans les marges, en fin de soirée peut-être ou bien après un repas bien arrosé, ou bien encore : pendant son sommeil. Un Léon Blum-France culture ; une radio publique qui ne raconte le plus souvent que des cracks quand il s'agit de l'Histoire. 

    Léon Blum se serait donc rêvé "de gauche" et "à gauche" et tous les gens de droite avec lui ? Mais alors, fallait-il être sacrément de droite pour penser que Blum était de gauche ?

    Oui et non. Il suffisait simplement d'être un bourgeois de centre-ville des beaux quartiers, universitaires ou non, historiens ou non, qui vote PS depuis les années 70. 

     

                    A propos des documentaires et des ouvrages de ces trente dernières années qui ont pour sujet la personne de Léon Blum - sa vie, son oeuvre -, dithyrambes, hagiographies en-veux-tu-en-voilà ! Annie Lacroix-Riz ne manquera pas de citer des noms ; elle mentionnera Serge Berstein Pierre Birnbaum, Ilan Greilsammer, biographes attitrés de Blum, figures emblématiques d'auteurs communautarisés et communautaires qui sont à l'Histoire ce qu'est la voyance à la science, l'art contemporain à l'Art tout court et McDonald's à la tradition culinaire de dizaines de pays de notre belle planète. Car, à propos de Léon Blum, tous, ouvrage après ouvrage, nous proposeront "un produit" sur-fait, voire carrément fantaisiste, une sorte de fable... sans toutefois la pertinence ni le talent de notre Jean de la Fontaine national. Et c'est regrettable car cette pertinence et ce talent auraient pu les sauver à nos yeux.

    Mais qu'à cela ne tienne... passons maintenant aux faits. 

                      

    ***

     

    Léon_Blum_1937.jpg

     

     

     

     

    Né le 9 avril 1872 à Paris, Léon Blum entre en politique à la fin du 19è siècle.

    Issu de la grande bourgeoisie parisienne, coopté et soutenu durant toute sa carrière par la Synarchie ( les fameuses "50 Familles" - et non pas 200 :  les grandes banques et les syndicats patronaux -  Les Houillères et le Comité des Forges -  qui décident du sort économique et politique de la France - tout comme aujourd'hui  car jamais le politique n'a dicté quoi que ce soit à l'économie et à la finance), anti-communiste forcené, figure de la social-démocratie et de la SFIO (le PS aujourd'hui... et pour ce qu'il en reste) Blum décédera le 30 mars 1950 à Jouy-en-Josas ( 78 - les Yvelines).

    Avocat d'affaires, en contact permanent avec le Grand Capital, entre les 2 guerres, il participera  à de nombreux gouvernement briseurs de grèves et répressifs à l'endroit de la classe ouvrière.

     

                               

     

                      « L’entrée des socialistes dans un gouvernement bourgeois n’est donc pas, comme on le croit, une conquête partielle de l’État bourgeois par les socialistes, mais une conquête partielle du parti socialiste par l’État bourgeois » - dixit la grande Rosa Luxembourg ignorée des historiens médiatiques. 

     

                     Situé à la droite non pas du Père mais d'une SFIO centriste, et bien qu'il n'ait jamais côtoyé la classe ouvrière, Blum a 66 ans lorsqu'il occupe le siège de Président du conseil en 1936 dans le premier gouvernement du Front Populaire.

    A ce poste durant un an et quelques mois, il n'aura qu'une préoccupation : combattre les Communistes et la CGT. 

    Pour cette raison, le Front populaire et son succès, bien que de courte durée, ne devra rien à ce président du Conseil mais tout à la mobilisation des salariés.

    Notons au passage que son Gouvernement qui n'aura pas le courage de braver la droite en refusant de se porter au secours des Républicains espagnols menacés par le coup d'état du général Franco. Et c'est Daladier, l'homme des accords de Munich, ministre du gouvernement Blum qui lui succédera ; un blum qui se dira soulagé après la signature des dits accords.

     

    léon blum autopsie d'un conte et d'une légende

     

                      Quant à l'héritage de Blum... Annie Lacroix-Riz nous rappelle que ce dernier fera deux émules : François Mitterrand et François Hollande qui ne s'y sont pas trompés ; ils ont retenu la leçon, toutes les leçons, une en particulier :  parler à gauche, vivez, agissez et faites commerce à droite.

    Tout est dit, la boucle bouclée. 

     

                       Une question demeure néanmoins : comment cet homme frileux, a-t-il pu passer pour une des figures majeures de la gauche française, notre gauche ?

    Dans son intervention radiophonique, Annie Lacroix-Riz nous apporte des éléments de réponse d'une pertinence difficilement contestable. 

     

     

    1 - Proche du parti communiste au temps de l'URSS, aujourd'hui du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), restant lucides, on peut légitimement soupçonner notre historienne  affranchie d'être susceptible de faire preuve de complaisance à l'endroit de l'URSS ; aussi, on se gardera bien de commander à Annie Lacroix-Riz une biographie de... disons Staline, de peur de devoir lui reprocher ce qu'elle dénonce chez ses confrères historiens mais néanmoins collègues : le mensonge par omission ;  et plus particulièrement à ce qui pourrait la concerner, un militantisme déplacé étant donné le sujet : une URSS de l'échec économique et humaniste ;  crimes de masse ; des millions de  Russes qui se réfugient dans l'alcoolisme ; tous tenus en laisse par une police politique infâme.  

    ______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Les conférences d'Annie Lacroix-Riz

     

     

     

    Lien permanent Catégories : Histoire et révisionnisme 0 commentaire
  • Gaston Bachelard : Alchimie et symbolisme

     

     

                "L'expérience alchimique, plus que toute autre, est double : elle est objective ; elle est subjective.

    La condamnation de l'Alchimie a été portée par des chimistes et par des écrivains. Au XIXe siècle, tous les historiens de la Chimie se sont plu à reconnaître la fureur expérimentale des alchimistes ; ils ont rendu hommage à quelques-unes de leurs découvertes positives ; enfin ils ont montré que la Chimie moderne était sortie lentement du laboratoire des alchimistes. Mais, à lire les historiens, il semble que les faits se soient péniblement imposés malgré les idées, sans qu'on ne donne jamais une raison et une mesure de cette résistance. Les chimistes du XIXe siècle, animés par l'esprit positif, ont été entraînés à un jugement sur la valeur objective, jugement qui ne tient aucun compte de la cohésion psychologique remarquable de la culture alchimiste.

    Du côté des littérateurs, le jugement est encore plus superficiel : l'alchimiste est représenté comme un esprit dérangé au service d'un cœur avide.

     

           L'alchimiste est, pour nous, l'amant, jamais comblé, d'une Chimère, et nous devrions bien plutôt nous étonner que des doctrines si vaines pussent continuer à se propager, au cours même du progrès scientifique, jusqu'à nos jours. On pourrait poursuivre cet examen tout le long du XIXe siècle. On verrait l'attrait de l'Alchimie sur des âmes nombreuses, à la source d’œuvres psychologiquement profondes comme l’œuvre de Villiers de l'Isle-Adam. Le centre de résistance doit donc être plus caché que ne l'imagine le rationalisme naïf. L'Alchimie doit avoir, dans l'inconscient, des sources plus profondes.

              Pour expliquer la persistance des doctrines alchimiques, certains historiens de la Franc-maçonnerie, tout férus de mystères, ont dépeint l'Alchimie comme un système d'initiation politique, d'autant plus caché, d'autant plus obscur, qu'il paraissait avoir, dans l'œuvre chimique, un sens plus manifeste. Ainsi M. G. Kolpaktchy, dans un intéressant article sur l'Alchimie et la Franc-maçonnerie écrit : « Il y avait donc derrière une façade purement alchimique (ou chimique) très réelle, un système initiatique non moins réel... ce système initiatique se retrouve à la base de tout ésotérisme européen, à partir du XIe siècle, par conséquent à la base de l'initiation rosicrucienne et à la base de la franc-maçonnerie ».

    Mais cette interprétation ne peut nous donner une vraie mesure de la résistance psychologique de l'obstacle alchimique devant les attaques de la pensée scientifique objective. Il faut donc en venir à examiner des conditions psychologiques plus intimes pour expliquer un symbolisme aussi puissant, aussi complet, aussi durable. Ce symbolisme ne pouvait se transmettre comme de simples formes allégoriques, sans recouvrir une réalité  psychologique incontestable. Pour être enseigné, il faut qu'un symbolisme s'attache à des forces symbolisantes qui préexistent dans l'inconscient.

    Examinée au foyer de la conviction personnelle, la culture de l'alchimiste se révèle alors comme une pensée clairement achevée qui reçoit, tout le long du cycle expérimental, des confirmations psychologiques bien révélatrices de l'intimité et de la solidité de ses symboles. En vérité, l'amour d'une Chimère est le plus fidèle des amours. Pour bien juger du caractère complet de la conviction de l'alchimiste, nous ne devons pas perdre de vue que la doctrine philosophique qui affirme la science comme essentiellement inachevée est d'inspiration moderne. Il est moderne aussi, ce type de pensée en attente, de pensée se développant en partant d'hypothèses longtemps tenues en suspicion et qui restent toujours révocables. Au contraire, dans les âges pré-scientifiques, une hypothèse s'appuie sur une conviction profonde : elle illustre un état d'âme. Ainsi, avec son échelle de symboles, l'alchimie est un memento pour un ordre de méditations intimes. Ce ne sont pas les choses et les substances qui sont mises à l'essai, ce sont des symboles psychologiques correspondant aux choses, ou mieux encore, les différents degrés de la symbolisation intime dont on veut éprouver la hiérarchie. Il semble en effet que l'alchimiste « symbolise » de tout son être, de toute son âme, avec son expérience du monde des objets. C'est plus que les biens terrestres que poursuivent ces rêveurs, c'est le bien de l'âme. Sans cette inversion de l'intérêt, on juge mal le sens et la profondeur de la mentalité alchimique.

    Dès lors, si l'action matérielle attendue venait à manquer, cet accident opératoire ne ruinerait pas la valeur psychologique de la tension qu'est cette attente. On n'hésiterait guère à négliger cette expérience matérielle malheureuse : les forces de l'espérance resteraient intactes car la vive conscience de l'espérance est déjà une réussite.

    Qu'une expérience d'Alchimie ne réussisse pas, on en conclut tout simplement qu'on n'a pas mis en expérience la juste matière, les germes requis, ou même que les temps de la production ne sont pas encore arrivés. On pourrait presque dire que l'expérience alchimique se développe dans une durée biologique et psychologique. Il faut à chaque être, pour qu'il croisse, pour qu'il produise, son juste temps, sa durée concrète, sa durée individuelle. Dès lors, quand on peut accuser le temps qui languit, la vague ambiance qui manque à mûrir, la molle poussée intime qui paresse, on a tout ce qu'il faut pour expliquer, par l'interne, les accidents de l'expérience.

     

    bachelard,alchimie,chimie,mysticisme,sciences modernes,villiers de l'isle-adam,chimère,méditations intimes,philalethe,eyrénée philalèthe,george starkey,nature,jacob boehme


    (Bruegel, L'Alchimiste, détail, 1556)

     

            Mais il y a une façon encore plus intime d'interpréter l'échec matériel d'une expérience alchimique. C'est de mettre en doute la pureté morale de l'expérimentateur. Manquer à produire le phénomène attendu en s'appuyant sur les justes symboles, ce n'est pas un simple échec, c'est un déficit psychologique, c'est une faute morale. C'est le signe d'une méditation moins profonde, d'une lâche détente psychologique, d'une prière moins attentive et moins fervente.

    Comment l'alchimiste purifierait-il la matière sans purifier d'abord sa propre âme ! Comment l'ouvrier entrerait-il tout entier, comme le veulent les prescriptions des maîtres, dans le cycle de l'ouvrage s'il se présentait avec un corps impur, avec une âme impure, avec un cœur avide ? Il n'est pas rare de trouver sous la plume d'un alchimiste une diatribe contre l'or. Le Philalethe écrit : « J'ai de l'aversion pour l'or, l'argent et les pierres précieuses, non pas comme créatures de Dieu, je les respecte à ce titre, mais parce qu'elles servaient à l'idolâtrie du monde ». Souvent, l'alchimiste devra, pour réussir son expérience, pratiquer de longues austérités : un cœur honnête, une âme blanche, animée de forces saines, réconciliant sa nature particulière et la nature universelle trouvera naturellement la vérité. Il la trouvera dans la nature parce qu'il la sent en lui-même. La vérité du cœur est la vérité du Monde. Jamais les qualités d'abnégation, de probité, de patience, de méthode scrupuleuse, de travail acharné, n'ont été si intimement intégrées au métier que dans l'ère alchimique.

    En effet, l'Alchimie, tout bien considéré, n'est pas tant une initiation intellectuelle qu'une initiation morale. Aussi, avant de la juger du point de vue objectif, sur les résultats expérimentaux, il faut la juger, du point de vue subjectif, sur les résultats moraux. Ainsi, au-dessus de l'interprétation matérialiste de l'Alchimie doit trouver place une psychanalyse anagogique de l'Alchimiste.

    C'est dans les lentes et douces manœuvres des matières, dans les dissolutions et les cristallisations alternatives comme le rythme des jours et des nuits, que se trouvent les meilleurs thèmes de la contemplation morale, les plus clairs symboles d'une échelle de perfection intime, cette illumination spirituelle et cette initiation morale. La nature peut être admirée en extension, dans le Ciel et la terre. La nature peut être admirée en compréhension, dans sa profondeur, dans le jeu de ses mutations substantielles. Mais cette admiration en profondeur, comme elle est, de toute évidence, solidaire d'une intimité méditée ! Tous les symboles de l'expérience objective se traduisent immédiatement en symboles de la culture subjective. Infinie simplicité d'une intuition pure ! Le soleil joue et rit sur la surface d'un vase d'étain. Le jovial étain, coordonné à Jupiter, est contradictoire comme un dieu : il absorbe et réfléchit la lumière, sa surface est opaque et polie, claire et sombre. L'étain est une matière terne qui jette soudain un bel éclat. Il ne faut pour cela qu'un rayon bien placé, qu'une sympathie de la lumière, alors il se révèle. N'est-ce pas là pour un Jacob Boehme « le vrai symbole de Dieu, de la lumière divine qui, pour se révéler et se manifester, avait besoin d'un autre, d'une résistance, d'une opposition ; qui, pour tout dire, avait besoin du monde pour s'y réfléchir, S'y exprimer, s'y opposer, s'en séparer ».

              Si la contemplation d'un simple objet, d'un vase oublié aux rayons du couchant, nous procure tant de lumière sur Dieu et sur notre âme, combien plus détaillée et plus évocatrice sera la contemplation des phénomènes successifs dans les expériences précises de la transmutation alchimique ! Ainsi comprise, la déduction des symboles ne se déroule plus sur un plan logique ou expérimental, mais bien sur le plan de l'intimité toute personnelle. Il s'agit bien moins de prouver que d'éprouver. Qui saura jamais ce qu'est une renaissance spirituelle et quelle valeur de purification a toute renaissance, s'il n'a dissout un sel grossier dans son juste mercure et s'il ne l'a rénové en une cristallisation patiente et méthodique, en épiant la première moire cristalline avec un cœur anxieux ? Alors retrouver l'objet c'est vraiment retrouver le sujet : c'est se retrouver à l'occasion d'une renaissance matérielle. On avait la matière dans le creux de la main. Pour qu'elle soit plus pure et plus belle, on l'a plongée dans le sein perfide des acides ; on a risqué son bien. Un jour l'acide adouci a rendu le cristal. Toute l'âme est en fête pour le retour du fils prodigue. Il est frappant que toutes les expériences alchimiques se laissent interpréter de deux manières, chimiquement et moralement.

                Mais alors une question surgit : où est l'or ? Dans la matière ou dans le cœur ? L'Alchimie est une culture intime. C'est dans l'intimité du sujet, dans l'expérience psychologiquement concrète qu'elle trouve la première leçon magique. Comprendre ensuite que la nature opère magiquement, c'est appliquer au monde l'expérience intime. Il faut passer par l'intermédiaire de la magie spirituelle où l'être intime éprouve sa propre ascension pour comprendre la valorisation active des substances primitivement impures et souillées : la Nature agit magiquement. Mais c'est là une découverte tardive ; il faut la mériter moralement pour qu'elle éblouisse, après l'esprit, l'expérience.

    Cette magie n'est pas une thaumaturgie. La lettre ne commande pas l'esprit. Il faut une adhésion du cœur, non des lèvres. Et toutes les plaisanteries faciles sur les mots cabalistiques que murmurait l'expérimentateur méconnaissent précisément l'expérience psychologique qui accompagnait l'expérience matérielle. L'expérimentateur se donne tout entier, et lui d'abord. L'Alchimie règne dans un temps où l'homme aime plus la nature qu'il ne l'utilise. Ce mot Amour entraîne tout. Il est le mot de passe entre l'ouvrage et l'ouvrier. On ne peut, sans douceur et sans amour étudier la naissance et le comportement des substances chimiques. Brûler d'un tendre amour est à peine une image pour qui sait chauffer un mercure à feu doux. Lenteur, douceur, espoir, voilà la secrète force de la perfection morale et de la transmutation matérielle ». Si l'on accepte ces images d'un amour plus sacré que profane, on ne s'étonnera plus que la Bible ait été un ouvrage de pratique constante dans les laboratoires des alchimistes. On pourrait sans peine trouver, dans les paroles des Prophètes, des milliers d'exemples où le plomb, la terre, l'or, le sel disent les vertus et les vices des hommes. L'Alchimie n'a fait souvent que codifier cette homologie. En effet tous les degrés de la transmutation magique et matérielle apparaissent à certains comme homologues aux degrés de la contemplation mystique.

     

    ***

     

          Ce paragraphe sur la culture alchimique nous permet de comprendre ce qu'il y a de trop concret, de trop intuitif, de trop personnel dans une mentalité préscientifique. Quelquefois, en enseignant la Chimie, j'ai eu l'occasion de suivre les traînées d'Alchimie qui cheminent encore dans de jeunes esprits.  Devant cet intérêt pour tout ce qui foisonne et grandit, pour tout ce qu'on pétrit, je me souvenais de ces anciennes paroles d'Eyrénée Philalèthe : « Réjouissez-vous donc si vous voyez votre matière s'enfler comme de la pâte ; parce que l'esprit de vie y est enfermé et dans son temps, par la permission de Dieu, il rendra la vie aux cadavres. »

    Ainsi dans la classe de chimie moderne comme dans l'atelier de l'Alchimiste, l'élève et l'adepte ne se présentent pas de prime abord comme de purs esprits. Au spectacle des phénomènes les plus frappants, l'homme va naturellement avec tous ses désirs, avec toutes ses passions, avec toute son âme. On ne doit donc pas s'étonner que la première connaissance objective soit une première erreur."

     

              Extrait de l'ouvrage : La Formation de l'esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective : essai d'épistémologie de Gaston Bachelard (1884-1962) publié en 1938. Bachelard y propose une analyse de la transition entre l'esprit pré-scientifique et l'esprit scientifique au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

     

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Police et suicide : le flic et l'homme

    suicide dans la police

                         Pour être sortie ainsi de son devoir de réserve - elle avait créé son association après la grave attaque contre des policiers à Viry-Châtillon (Essonne) en 2016 -, la gardienne de la paix avait été un temps dans le collimateur de l’IGPN. Une sanction sous forme d’avertissement avait un temps été évoquée, mais la hiérarchie policière avait décidé de ne pas y faire suite. « Rien n’a changé après Viry-Châtillon », expliquait-elle encore début novembre.

    ***

                        Des collègues témoignent ; des syndicats de police aussi.... mais si cette femme a mis fin à ses jours c'est aussi et surtout parce qu'elle s'est sentie isolée, non soutenue, abandonnée dans son combat.

     

    ____________________

     

    police et suicide

    Si c’est la fonction qui fait l’homme, la fonction de policier est sans doute une des fonctions les plus accaparantes, les plus dévorantes qui soient, car, en effet, c’est bien à l’intérieur et de l’intérieur que cette fonction agit. 

    Aussi, ce qu'il y a d’émouvant - ce qui fait qu’on y prête une attention toute particulière -, dans le suicide d’un policier qui le redevient après avoir été longtemps considéré comme un flic, un flic de plus aux pouvoirs aussi étendus qu'exceptionnels - force de loi sans loi parfois aussi -, c’est qu’avec ce suicide, c'est l'homme et non plus le flic et le policier, qui reprend "la main" sur la fonction qui a été la sienne ; maintenant vulnérable et fragile, sa fonction cesse de le définir ; c’est alors que ce policier dont on ne voyait plus que la fonction - fonction qui nous cachait l'homme - se tient là devant nous... "tout nu", débarrassé de cette fonction qui l’a tué en le poussant à mettre fin à ses jours - dans le cadre d’un suicide professionnel avéré comme tel.
     
    Avec son suicide, dans son suicide, le flic, puis le policier, semble avoir retrouver en lui l’homme qu'il est, a été... et nous avec lui ; l’homme et sa conscience, conscience de soi, conscience d’être au monde, autour de questions souvent moquées : "Qui suis-je ? Quel sens donner à cette fonction qui m’a totalement dévoré ? Quel sens ma vie a-t-elle ?"
     
    Oubliez l’homme derrière une fonction quelle qu’elle soit, et c’est un homme doublement homme qui vous fait face comme une révélation inattendue et donc surprenante ; deux fois l’homme que l’on avait oublié tellement sa fonction le définissait à nos yeux.
     
    D’où cette émotion et ce questionnement particuliers à l’annonce du suicide d’un flic-policier-homme.
     
    Une courte réflexion sur le couple Etat-Police ICI

    _______________

     


                         

                          La condition policière avec A. Langlois du syndicat Vigi

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
  • Une courte réflexion à propos du couple Etat-Police-Armée dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes

     Billet publié en janvier 2019

     

    police l'état et macron

     

                    Il n'y a pas a priori de police républicaine ; il n'y a que des gouvernements républicains et une chaîne de commandement du même nom ; et de là, par voie de conséquence, des ordres et des agissements républicains ou non.

      

                    L'option sécuritaire (dans un "mode terreur" censé dissuader les Gilets Jaunes de revenir la semaine suivante), choisi depuis trois mois par le locataire de l'Elysée et ceux qui l'entourent et le conseillent, à défaut d'une option de résolution de la crise par l'action politique, semble destinée autant à flatter qu'à rassurer les classes supérieures actives et retraitées qui composent sa base électorale ; car la peur de cette couche de la société n’est pas nouvelle ; cette peur est vieille de mille ans ; c’est la peur de la Bourgeoisie ( en tant que catégorie et classe politiques et économiques) quand "en bas" ça bouge et que ça n'en finit pas de bouger ; il s’agit d’une peur propre à ceux qui voient leur confort moral (« Je suis quelqu'un de bien finalement ! ») et leur confort matériel et physique (« Ce mouvement, qu’est-ce que ça va me coûter, qu’est-ce qu’ils vont me prendre, qu’est-ce que je vais y perdre ? ») menacés ; car tout au fond de lui, le Bourgeois (petit ou grand) dont le statut repose sur la spoliation du plus grand nombre, sait qu'il est un salaud et qu'il se comportera comme tel le moment  venu : il suffit de se reporter aux propos tenus par Luc Ferry qui recommande que la police "tire dans le tas".

    Bombe lacrymogène, matraque, flashballs, grenades de désencerclement, canon à eau, Pasolini aurait écrit à propos de la relation manifestants/forces de l'ordre : "Des pauvres violentent d'autres pauvres !"

    Aussi, grande est la tentation de conseiller aux membres dits "des forces de l'ordre" au service d'un ordre injuste et cynique, à ceux qui le peuvent, ceci  : "Quittez donc ce métier indigne et qui le sera davantage encore dans les années à venir car vous n'en avez pas fini de matraquer, d'éborgner du retraités à 800 euros et du salariés à 1200 euros mensuels !"

     

    ***

      

     

                                                                 

     (cliquez pour actionner la vidéo)

     

                       Lynchage et tabassage gratuits d'une police maintenant indigne de toute considération dans le silence assourdissant des médecins, des avocats, des juges, de la ligne des droits de l'homme, de tous les corps intermédiaires et de la classe politique et médiatique...

     

     

                     

     

                 Témoignage de la mère d’un gilet jaune, Adrien, blessé à la tête par un tir de flashball à Nantes : 5 jours en service de réanimation

      

    gilets jaunes à terre.jpg

                   La raison pour laquelle l’Etat couvre à chaque fois qu’il le peut, les bavures d'une police qu'il méprise ( salaires indignes, commissariats infestés de rats et de punaises, suppression de milliers d'emplois, des véhicules vétustes, des policiers dans l'obligation de financer leur matériel et leurs vêtements de protection etc.... ICI un billet à ce propos), est la suivante : cette complaisance à son égard permet à cet Etat d’éviter que cette même police comprenne qu'il la méprise au plus haut point sans pouvoir en faire l'économie pour autant car force est de constater ceci : plus l’Etat flatte et couvre les policiers, entre deux suicides, plus l'Etat se protège d’une prise de conscience qui remettrait en cause la servitude du policier vis à vis de son maître qu’est cet Etat méprisant. Les victimes des bavures tout au long de l'année, aujourd'hui le passage à tabac du gilet jaune isolé, sans défense ni protection (des dizaines de vidéo sur internet en témoignent), c'est l'exutoire auquel les deux partis, le couple Etat-Police, ont recours :  l'une pour éviter de rendre des comptes à sa police ; l'autre, pour trouver un peu de consolation face à leur humiliation que représentent leurs conditions de travail et leur rémunération, la lâcheté de leur hiérarchie et de leurs syndicats, dans l'exercice d'une violence dite "légale" car lorsque le faible est sans courage face au fort qui l'humilie, c'est alors qu'il prend pour cible un plus faible que lui. 

    _______________

     


                         

                          La condition policière avec A. Langlois du syndicat Vigi

     

    Pour prolonger, cliquez : Gilets Jaunes - le dossier

     

    Lien permanent Catégories : Gilets Jaunes 0 commentaire
  • Dupont-Moretti, le coup de pied de l'âne à la face des Gilets Jaunes

    moretti avocat contre les gilets jaunes

                          "Si de nombreuses personnalités ont déjà apporté leur soutien aux Gilets jaunes depuis le début du mouvement, ce n'est pas le cas d'Éric Dupond-Moretti : déjà très critique dès les premières manifestations en novembre, il en a remis une couche sur le plateau des "Terriens du samedi !" animé par Thierry Ardisson. Le Point 

     

         

      

                      Pour le petite et la grande histoire, jamais l'insulte "sale juif" n'a été entendu sur les lieux qui ont vu Finkiekraut confronté à la colère d'une poignée de Gilets Jaunes. Dupont-Moretti, qui est sur le point de faire le procès des Gilets Jaunes en direct chez Ardisson  - le fort s'apprête à trucider le faible -, le regard fuyant, a très certainement éprouvé le besoin, à ce moment précis,  de cacher la faute morale qu'il s'apprête à commettre - s'en prendre à un mouvement sans défense et privé du soutien des médias - derrière une plus grande faute encore qu'aurait consisté le fait d'invectiver Finkielkraut en ces termes : "Sale juif !" 

     

     

    ***

     

     

                       Quelque part, nous tous savions que cet individu finirait par en venir là : Dupont-Moretti en avait, en a... comme "la tête" : à la fois garçon de course (larbin) et Judas  libre dans la soumission ; et puis, il dépensait depuis des années, dans les médias, vraiment trop d'énergie à nous expliquer à quel point il était un type bien pour que cela puisse correspondre à une vérité quelle qu'elle soit.

    Aussi, son jugement sur les Gilets Jaunes, c'est le coup pied de l'âne d'un avocat issu d'un milieu modeste qui croit avoir réussi ; Dupont-Moretti se pense très certainement "flamme" alors qu'il n'est que "suie" ; cette tache noire de la résignation en flagorneur des puissants qui lui assurent une pitance très très confortable au côté de la défense de quelques pauvres bougres pour la pub qu'elle vous rapporte, pour l'image et la bonne conscience qu'elle procure.

                   Soit dit en passant, faut-il aller chercher les vraies motivations de cet avocat là où personne n'aura la témérité de les y trouver ? Car, défenseur de Abdelkader Merah, à grand renfort de publicité et de reportages réalisés avec la collaboration de l'intéressé en personne et de son équipe, un Abdelkader Merah auteur en mars 2012 de l'assassinat de sept personnes - trois militaires et de quatre civils, dont trois enfants d'une école juive -; Dupont-Moretti aurait-il cherché à se faire pardonner cet engagement à caractère purement promotionnel ? 

    Ah, le buzz ! Quand ça vous tient, ça ne vous lâche pas. 

     

                   Quoi qu'il en soit, en traînant le mouvement Gilets Jaunes dans la boue de l'antisémitisme, Dupont-Moretti a oublié d'où il vient, sans doute dans l'idée de ne jamais devoir y retourner  ; et puis, il doit se sentir plus propre loin de la pauvreté qui salit socialement. Or, Dupont-Moretti se veut propre sur lui : aussi, en salissant les Gilets Jaunes, il salit les pauvres et leur milieu car c'est aux contacts des riches qu'il se nettoie et c’est auprès d’eux qu’il purge sa peine : celle d'en être issu de ce milieu Gilets Jaunes si coupable et haïssable à ses yeux.

                  Sans doute, y-a-t-il des injustices que l’on ne se pardonne pas et qu’on ne pardonne pas aux autres non plus (même et surtout quand ils en sont aussi les victimes) comme... ses propres origines, par exemple.

     

    _________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Gilets jaunes - le dossier

     

    Lien permanent Catégories : Gilets Jaunes, Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • L'Histoire, cette continuation de la guerre par d'autres moyens

     

                   Doit-on, peut-on rappeler que l’histoire c’est la guerre ?  

    C'est sûr ! L'histoire c'est certainement autre chose qu’une émission quotidienne de 30 minutes avec Jean Lebrun sur France Inter ou J.M Jeanneney sur France Culture le samedi matin ou bien encore E. Laurentin à ce même micro, chaque jour,  du lundi au vendredi, qu'il pleuve ou qu'il vente.

     

                   Oui ! L’histoire c’est la guerre. 

                   Si la spécialité des historiens c'est l'histoire des vainqueurs telle que ces derniers souhaitent qu'elle nous soit comptée, car force est de constater que peu d'historiens prennent le risque d'oeuvrer pour l'histoire des vaincus sous peine d'être bannis des médias et de toute possibilité de carrière universitaire ou autre, doit-on en déduire qu'il n’y a pas plus lâche, plus partial qu'un historien qui souhaite faire carrière en tant qu'expert du mensonge par omission ?

    Car enfin, la Vérité de l'histoire, la vérité d'une histoire... ne se situerait-t-elle pas entre les mensonges par omission des uns et ceux des autres, vainqueurs et vaincus confondus ?

     

                   L’histoire et les historiens sous influence… 

                   Si tous les historiens ont leurs "biais"  - biais idéologique, carriériste ou de classe -, il semblerait qu’une lecture de l’histoire ouvre les portes médiatiques et universitaires, et qu’une autre les ferme toutes.

    Nul doute, cette exclusion pour les uns, cette consécration pour les autres, sont riches en enseignements.

    Il est vrai que les faits ne sont pas les mêmes pour tout le monde ni leur interprétation. De là à penser que les faits ne sont rien et que seules importent leur interprétation...

    Regardez :

    • Hiroshima
    • La France, Pétain et la collaboration
    • La guerre d'Algérie
    • URSS
    • Charles de Gaulle
    • De Bonaparte à Napoléon Empereur
    • Robespierre
    • Le PCF
    • L’Ancien régime
    • La révolution française
    • Robespierre

                   Si l’histoire c’est la guerre, c’est que les historiens font la guerre à l’histoire et n’hésite pas à se faire la guerre entre eux. Dans certains cercles, on affirme même qu’il n’y a pas plus belliqueux qu’un historien, pas plus tête en l’air aussi ; c’est selon… et pas seulement leur humeur ; loin s’en faut ! Car d’aucuns ont souvent la fâcheuse habitude de négliger certaines archives :

    « Comment ça ? Elle était là cette archive ?  Vous êtes sûr ?

    • Ah oui ! Elle n’a jamais bougé. Je la connais bien en plus.
    • Bon ben… elle a dû m’échapper. J’ai sans doute été dérangé.
    • Cette archive change tout.
    • « Change tout » quoi ?
    • Ben tout.
    • Oui mais bon… moi, j’en reste là ! Ca va comme ça vos histoires d’archives qui auraient été là, puis plus, et à nouveau là !... »

    D’autres encore se gardent bien de les consulter toutes ces archives.

                  Mais alors, spécialistes du mensonge par omission tous ces historiens ?

     

                  A propos de la Seconde guerre mondiale, un événement sera interdit « d’histoire », expulsé, exfiltré dans l'urgence, dans un mouvement de panique, puisque nul historien ne sera autorisé à le revisiter, à le réviser, à le ré-interpréter cet événement : il s'agit de la déportation et à la tentative d’extermination des Juifs.

    C’est la loi Gayssot (Gayssot-Fabius) qui se chargera de faire respecter cette congélation de l’histoire.

     

    ***

     

                Historiens du consensus, médiatiques et carriéristes ou sans courage, historiens suivistes, historiens militants, historiens de la falsification délibérée des faits, historiens des archives, historiens rapporteurs de rumeurs et de ragots...

    Guerre idéologique, guerre de classes, guerre à la vérité, guerre au mensonge... 

    Voyez :

    François Furet : le grand guerrier de l’anticommuniste ; un repenti du PCF...

    Jacques Blainville : et son histoire de France  honteusement écarté parce qu’il était un grand guerrier de l’Ancien régime...

    Jules Michelet : un guerrier romantique de la littérature historique au service d’une histoire fantasmagorique qui confondra la vérité avec le style d’un auteur qui se paie de mots...

    Robert Paxon : historien de la Seconde guerre mondiale en guerre contre une France forte et indépendante, phare du monde, pour le plus grand bénéfice des USA et sa conquête culturelle et marchande de l’Europe...


              Ces historiens, à un degré ou à un autre, auraient-ils les attributs des diseurs de bonne aventure… au passé ?

    ___________

     

     Pour prolonger, cliquez : Annie Lacroix-Riz sur Blum

     

                    Annie Lacroix-Riz sur « les historiens sous influence » ICI.

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais, Politique et actualité 0 commentaire
  • "La malédiction Macron" ?

    macron,notre dame de paris en feu,arc de triomphe gilets jaunes

    macron,notre dame de paris en feu,arc de triomphe gilets jaunes 

    notre dame en feu la flèche a sombré

    Photo FRANCOIS GUILLOT / AFP

     macron,notre dame de paris en feu,arc de triomphe gilets jaunes

     

     

    macron malédiction, arc de triomphe gilets jaunes

     

                      Aujourd'hui Notre-Dame en feu en pleine semaine sainte, après l'Arc de triomphe et Marianne, peut-on alors, doit-on évoquer une "malédiction Macron", ce mal-président, si mal élu, le président de trop d'une 5è République aussi discréditée qu’épuisée, dont il ne sortira plus rien de bon ?...

     

    macron,notre dame de paris en feu,arc de triomphe gilets jaunes

     

    la malédiction macron, arc de triomphe

     

                      Nombreux sont ceux qui ne manqueront pas de s’interroger d'autant plus que l'Histoire qui n’aime pas qu’on lui force la main, qu’on lui torde le bras, qu'on la méprise et qu'on la moque, ne manque jamais de se venger. En effet, la France, de par son rang, son rayonnement et son petit-peuple dont la classe politique et les médias ont cru pouvoir faire l'économie des années durant, méritait sans aucun doute, d'emprunter une autre voie sous la conduite d'un leader à sa hauteur.

     

    macron,notre dame de paris en feu,arc de triomphe gilets jaunes

    macron,notre dame de paris en feu,arc de triomphe gilets jaunes

    Une septuagénaire Gilet Jaune à terre : Geneviève Legay


     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité, Présidentielle 2017 et après 0 commentaire
  • Les petites mains du Christianisme à l'heure où Notre Dame semble rendre l'âme : hommage


                        Flèches et nefs...

     

    Amiens.JPG

     

                       Lyrisme et puissance : architecture religieuse qui empruntera sa grandeur à la fièvre qui la créa... 

     

    Amiens - petites mains du Christianisme 2.JPG

     

                               A la fois consolation, menace et terreur...

     

                        Dans la foi et l'instinct des Peuples pour cette Grande Inconnue  - Dieu penseur du monde -, qui longtemps donnera un sens à la vie de centaines de millions d'êtres humains vivant aux pieds de ces édifices...

     

    Amiens - petites mains du Christianisme 3.JPG

     

                                      Art, politique et mysticisme...

    Amiens - petites mains du Christianisme 1.JPG

     

                         Que les petites mains qui ont servi cette fièvre spirituelle - anachronique, on parlera aujourd'hui plus prosaïquement de projet de société (!) - soient ici remerciées.

    ________________

     

    Photos 2.4.5 sont extraites du portail central, dit Beau Dieu, de la cathédrale d'Amiens.

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu