Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

- Page 2

  • De la marche des Beurs pour l'égalité à SOS racisme : une histoire inédite...

     

    Manipulation, rejet, condescendance et exploitation...

     

              ... quand cette marche du  au marche fraternelle, se transforme entre les mains de SOS Racisme en une campagne de culpabilisation de tout ce qui de près ou de loin ressemble à un Français dit " de souche" : opposition frontale et division manichéenne et machiavélique du corps social entre racistes et anti-racistes 20 années durant.


                    "À la fin de l'année 1983, suite aux incidents de l'été entre des jeunes de la banlieue lyonnaise et la police, se déroulait la « Marche pour l'égalité et contre le racisme », plus connue sous le nom de "Marche des Beurs"...

     


    Farida Belghoul rencontre E&R (2/2) par ERTV

     


                 "L'année suivante, une jeune femme du nom de Farida Belghoul organisait une seconde marche : « Convergence 84 ». Vingt-neuf ans plus tard, elle livre sa version de l'histoire, qui diffère radicalement du roman antiraciste officiel."

     


              Conférence d’Alain Soral, Farida Belghoul et Mathias Cardet à l’issue de la projection du documentaire : « De l’antiracisme à Égalité & Réconciliation : rencontre avec Farida Belghoul » par ERTV

     


                             

     

                   (à la 30e minute, une analyse percutante de l'anti-racisme à la sauce PS et de l'instrumentalisation des minorités ; à 1h.05  un plaidoyer vibrant pour le vivre-ensemble)

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Quartiers populaires : Saïd Bouamama et d'autres 0 commentaire
  • Antonio Gramsci et le sens commun

     Publié en 2016

     

     

                     La percée électorale des mouvements de gauche radicale en Grèce et en Espagne signe le retour d'un penseur majeur de la gauche italienne du début du XXe siècle, Antonio Gramsci, et de l'idée de partir de l'expérience concrète des gens pour élaborer une vision du monde à laquelle ils adhèrent.

                    Pablo Iglesias a 36 ans, figure montante de la politique espagnole, avec son parti Podemos ("Nous pouvons !", en français), il devance le parti socialiste dans les sondages. Podemos s'inscrit dans la continuation du mouvement des Indignés qui avait secoué l'Espagne voilà 3 ans.

    Parmi les militants, les sympathisants et les électeurs de Podemos, on trouve des chômeurs, des ouvriers et des étudiants. La démocratie participative est l'un des arguments forts de Podemos.
     

     


               Dans cette intervention, Iglesias parle à plusieurs reprises du sens commun, qui, dans l’œuvre d’Antonio Gramsci, relève de ce qui va de soi, de la «forme publique et manifeste» de la pensée commune d’une société donnée. Il s’agit de donner à l’expérience concrète et quotidienne des gens une explication qui lui fasse écho car "l'échec des travailleurs à faire la révolution socialiste était dû à l'emprise de la culture hégémonique bourgeoise sur l'idéologie et les organisations des travailleurs" (Gramsci)

     

                  "Ce sont toujours les petites choses de la vie qui font bouger la société dans un sens ou dans un autre. Ces petites choses de la vie, essentielles à chacun, déterminent aussi le devenir de notre société. Les connecter à une autre vision du monde est l’essentiel du travail politique, qui a tout à voir avec la question du rapport de forces."(Gramsci)

     

    ________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Gramsci dans le texte

     

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais, Politique et actualité 0 commentaire
  • Etudes sur le genre : en être ou ne pas en être... qui et quoi... et comment ?

                       S’il existe un champ de recherches nommé "études sur le genre" (gender studies), travaillant notamment sur la construction sociale des stéréotypes associés au genre, ces études doivent sans doute quelque chose à Simone de Beauvoir et à son "On ne naît pas femme, on le devient" ; affirmation péremptoire, insolente et dogmatique qui cachait à l’époque certainement un sentiment de culpabilité très fort car, se tenir en marge, se savoir à la marge, incapable de complaire aux exigences de son temps, de sa classe et de sa famille et fratrie, n'est pas une mince affaire même si l'oeuvre de Proust, bien antérieure, ne parle que de ce qui va suivre : issue d’un milieu aristocratique et bourgeois (elle est née Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir), elle-même bourgeoise - comme quoi, et pour le coup … on naît bourgeoise et on le demeure ! -, Simone est lesbienne ; nous sommes en 1949 ; de plus, on lui connaît un penchant certain pour les jeunes filles bien plus jeunes ou bien moins âgées qu’elle ; un peu comme son compagnon de fortune… Jean-Paul Sartre qui, s’il était hétéro, avait la réputation d’être un « queutard » d’étudiantes qui buvaient, bouche bée, entre autres breuvages, ses paroles considérées quasi bibliques à cette époque qui fut la sienne et la leur à toutes et à tous.

    Avec Simone de Beauvoir, il sera aussi question d’un deuxième sexe ; le sien en l’occurrence même si… bien des années plus tard, des copines et des lectrices de Simone affirmeront que l’on n’est finalement sûrs de rien en la matière : un sexe, deux, trois, voire quatre, peut-être cinq...

    On y reviendra plus tard.

    Pour l’heure… en voiture Simone !

                     "On ne naît pas femme, on le devient" : affirmation provocatrice en diable pour l’époque qui ne comptait pas que des saints dans les rangs de l’existentialisme sartrien décrété pourtant "humaniste"… entre deux procès de Moscou et le lynchage d’un Kravtchenko

                    "On ne naît pas femme, on le devient" : on s'en doutera... la vérité se situe dans l'entre deux d'un "oui" et d'un "non", en son centre, en plein milieu... à 12h plus précisément, au moment où le soleil est à son Zénith - on y voit alors plus clair.

    Certes ! On naît femme : ça, c’est un constat, une vérité de la nature, de la biologie et de l'anatomie, mais pas seulement : c'est aussi une vérité qui a pour référent… l’expérience au quotidien (comportement, penchants… et sans que l’on nous y invite ou nous y force ; regardez : j’ai moi-même aimé très tôt faire la guerre aux Indiens… ma sœur… non). Même si on ne le devient pas puisque, comme on vient de le voir, on l’est déjà « femme »… disons que… la prise en charge de cette donnée de la nature et d’une grande partie du vécu au quotidien, de son cheminement, développement et variations, dès le plus jeune âge, s’effectuera, d’un être à un autre, bien évidemment selon la personnalité, le caractère, les aptitudes, les préférences (on préfèrera jouer au foot avec les garçons plutôt que de jouer à la marelle) de l’intéressée ; mais aussi… le pays, l’époque, la classe sociale et le milieu familial auront une influence colossale : la mère que l’on a eue, et le père… (vaste programme à lui tout seul que « ce père »… dans le cas qui nous occupe !).

    Toutes sont des femmes donc mais pas de la même manière ni de la même façon.

                   « On ne naît pas femme, on le devient" : tel un lapsus, ce cri du cœur plus que de la raison, ce cri venu du bas ventre aussi… a surtout semblé nous crier : « On peut être une femme et préférer la compagnie rapprochée, très rapprochée même, jusque dans l’intimité, non pas des hommes mais de ses semblables - femmes en l'occurrence ! ».

    En 1949, Simone de Beauvoir a cherché sans aucun doute à faire savoir à tout le genre humain, et pas seulement au café de Flore, qu’elle était lesbienne ; c'était là son « coming out ». Le premier de l’histoire ?

    Virginia Woolf sera plus discrète, il est vrai : mais bon : c’est pas la même « école » non plus, ni le même pays et pas tout à fait la même époque… (Ah ! Contexte ! Contexte ! Quand tu nous tiens…) ; Simone a commencé au moment où Virginia a terminé,  la mort en ayant décidé ainsi, son suicide en particulier en 1941. Ce qui relativise quand même un peu la portée de son « on ne naît pas femme, on le devient » c'est bien le fait que ses intentions ne sont pas... comment dire ?.... pures... car, à y regarder d'un peu plus près, Simone est bel et bien la première intéressée dans cette histoire. De plus, il ne s’agit pas vraiment d'une question d'ordre ontologique mais plus simplement d’une question de préférence « sexuelle » : après tout, dans l’absolu, avec qui on fait l’amour n’est pas constitutif de la totalité de l’être en soi et moins encore, de l’être en les autres – si on fait un moment l’impasse sur leurs préjugés… fluctuants au demeurant.

    En revanche, celui ou celle avec laquelle ou lequel on fonde une famille… oui.

    Or, Simone n’en fondera pas.

    Mais… on y reviendra plus tard.

                   Qu’il soit ici permis de dire que si Simone n’avait pas été lesbienne, ce slogan à multiples tiroirs et cachettes n’aurait sans doute jamais vu le jour.

                  "On ne naît pas femme, on le devient" aura toutefois le mérite d’alerter une société sur le fait que l’on puisse en tant que « petite pisseuse de bac à sable » préférer la castagne avec les garçons à la poupée, au saut à la corde, la marelle ou la dinette.

    A bon entendeur...

     

    ***

     

                   Bien des années plus tard, en 1990, arrive un ouvrage «Trouble dans le genre» de l' auteur Judith Butler : elle a quarante ans ; même si l’auteur s’en défend ICI… cet ouvrage nous conduira tout droit à la «Théorie du genre» dans le cadre des études de genre car jamais rien ne se perd. Il est vrai qu’en tant qu’auteur, on ne saurait être tenu responsable de ce que vos lecteurs font comme choux gras ou maigres de ce que vous publiez car, il est bon de rappeler, qu’un ouvrage échappe à son auteur dès sa parution.

    Dans cet ouvrage, Butler mentionnera Lévi Strauss, l’anthropologie américaine et le structuralisme français comme antécédents ; cet ouvrage (on a oublié depuis Simone de Beauvoir dont tout le monde a digéré et intériorisé une partie de son histoire de femme qui n’en serait pas une a priori, à moins qu'elle le décide) suscitera un véritable débat public et médiatique.

    Notons que Judith Butler, tout comme Simone, est lesbienne mais... en revanche...  pas bourgeoise pour un sou  (comme quoi on progresse, mine de rien !) ; de plus, elle possède une solide formation philosophique.

    Précisons aussi que très tôt, Judith sera en rupture avec son milieu familial qui lui donne une éducation religieuse (le Judaïsme) et un idéal dont elle n'a que faire : le sionisme ; elle fuira très très jeune, en claquant la porte. Aujourd’hui, elle est athée et anti-sioniste même si d'aucuns ne lui en demandaient sûrement pas tant. Qu’à cela ne tienne : un rebelle est toujours plus intéressant qu’un mouton : il vit plus plus dignement, et parfois plus longtemps aussi. Reconnaissons-lui ce courage : celui de s'être reconstruite ;  ce qui est tout à son honneur. Et bien des années plus tard, on constatera avec satisfaction qu'elle ne s’est toujours pas embourgeoisée (quand on vous dit que l'on progresse...).

    Sa fuite du cocon familial lui fera très certainement échapper à la psychanalyse et à la psychiatrie en tant que patiente ; vampire et sangsue auxquels sa famille n’aurait sans doute pas hésité à recourir en désespoir de cause. Tout comme la fuite face à un danger mortel, sa sortie fracassante et précoce l’aura donc « sauvée ».

    Elle avait de l’instinct Judith ! C’est sûr !

    Est-ce exagéré d’écrire que Judith Butler intellectualisera et conceptualisera son malaise existentiel et sociétal (cet impératif catégorique de rupture avec sa famille, sa culture, son histoire et la société qui, très tôt, l’a exclue et comme expulsée, la condamnant à la marginalité)… avec l’écriture et la publication de « Trouble dans le genre » qui outre ses vertus thérapeutiques pour son auteur… remettra en cause toutes les présuppositions du féminisme occidental : c’est Simone et ses suivantes, lesbiennes ou non, que Judith culbute par-dessus leur balcon, ainsi que la notion de « genre » inscrite dans le marbre d’une société qui en ignore une autre : celle pour laquelle le genre féminin ou masculin n’est en aucun cas une réponse à leur questionnement.

    Arrivent alors le temps de la vulgarisation et de la diffusion dans les médias de masse des Gender Studies - études de genre qui conduira tout ce beau petit monde à la dissociation de l’identité sexuelle et de l’identité de genre, à savoir :

    - L’identité sexuelle : je suis biologiquement, anatomiquement une femme ou un homme (vagin pour l’une ; queue pour l’autre).

    - L’identité de genre : je me sens homme, je me sens femme… ou bien encore… ailleurs (Queer) indépendamment de mon identité sexuelle (de mon vagin ou de ma queue) : transsexuels, bisexuels, travestis et transgenres : des hommes et des femmes sortis d’un cadre hétérosexuel et homosexuel trop étroit pour eux.

    On remarquera que cette dissociation va bien au-delà de l’opposition traditionnelle : hétéro/homo.

     

            Judith Butler prend la parole, vingt ans après les faits ; elle a près de soixante ans :

                   « Les études de genre décrivent les normes hétérosexuelles qui pèsent sur nous. Nous les avons reçues par les médias, par les films ou par nos parents, nous les perpétuons à travers nos fantasmes et nos choix de vie. Elles nous disent ce qu'il faut faire pour être un homme ou une femme. Nous devons sans cesse négocier avec elles. Certains d'entre nous les adorent et les incarnent avec passion. D'autres les rejettent. Certains les détestent mais s'y conforment. D'autres jouent de l'ambivalence... Je m'intéresse à l'écart entre ces normes et les différentes façons d'y répondre. »

    Le marketing et la publicité, très bons baromètres sociaux aux enjeux financiers considérables - commerce oblige ! -, ont largement intégré tous les bouleversements dans les « attributs homme/femme » : rôle, pouvoir, tenue vestimentaire…

                  « Il se peut qu'existe une nature féminine, mais comment le savoir ? Et comment la définir? Certes, je peux parler en tant que femme. Suis-je tout entière contenue dans ce mot «femme»? Et est-ce que toutes les femmes sont représentées par ce terme lorsque je l'utilise pour moi? »

    Là, Judith, tu enfonces des portes ouvertes à la réflexion de nos sociétés à ciel ouvert depuis un bon nombre d’années maintenant.

                     « Je pense aux personnes dont le genre ou la sexualité a été rejetée et je voudrais aider à l'avènement d'un monde où elles puissent respirer plus facilement. » A l’heure du mariage gay adopté dans toutes les sociétés occidentales… quant aux autres… transsexuels, bisexuels, BDSM, fétichistes, travestis et transgenres… »

    En ce qui concerne la bisexualité, allez demander à une famille (une mère épouse et ses enfants) de gérer la bisexualité d’un père descendu dans le parking de son immeuble retrouver un amant ou un prostitué mâle avant de remonter partager le repas du soir avec toute sa belle petite famille ; ou bien encore, une épouse et mère descendue dans ce même parking pour se faire godemicher par une copine avant de… (vous connaissez la suite)…

    Certes, cette bi-sexualité doit sans doute être une réalité potentielle, mais... dans un contexte familial (couple avec enfants), doit-on pour autant y succomber ? Au nom de quoi ? Sous prétexte d'avoir des envies de meurtres, doit-on pour autant passer à l'acte ? Que l'on convoite la femme de son voisin, doit-on pour autant tous nous taper les femmes des autres qui se taperont la nôtre aussi ? Quel projet de vie, quel dessein servirait une telle indulgence envers soi-même, un tel laisser-aller ? La jouissance sans entraves ? Avec quelles conséquences ? Et pour qui ?

    Pas évident du tout ma petite Judith de gérer ça en famille ! Alors, tu penses bien… la trans-sexualité… travestis, transgenres … là, tu vas tout faire sauter et je ne suis pas sûr que l’on puisse reconstruire quoi que ce soit.

                    « De même, à propos du genre, nous ne pouvons pas ignorer la sédimentation des normes sexuelles. Nous avons besoin de normes pour que le monde fonctionne, mais nous pouvons chercher des normes qui nous conviennent mieux. »

    C’est bien ce que je disais : il faut des normes ! Mais… attention Judith ! Là, tu vas passer pour une réac !

                    Et cette petite digression, courte au demeurant mais salutaire : « Enlever le voile, pour une musulmane, ce doit être un choix, comme le mariage pour un couple gay: personne ne vous oblige à vous marier, mais on vous en donne la possibilité. C'est une norme, mais ce n'est pas obligatoire. »

    Belle démonstration de tolérance de Judith Butler qui, ici, en France, pourrait encore en remontrer à toute une bande d’activistes intolérante et dogmatique, fruit d’une idéologie qui, dans les faits, ne vous laissera pas un mètre cube d’air pour respirer si d’aventure vous souhaitez vous en écarter : les injonctions toute républicaine dans sa brutalité, celle des baïonnettes, d’un Vincent Peillon ministre de l’éducation à l’endroit de familles inquiètes quant à la nature du programme pilote « ABCD égalité » nous le prouvent une fois encore… brutalité d’un ministre qui doit très certainement cacher, ailleurs, un laxisme inavouable et une vie du type « double standard » car, comme chacun sait, les tartuffes sont légion en politique ; et plus ils hurlent fort, plus ils tentent de couvrir une réalité dérangeante au possible.

    Mais, on y reviendra plus tard, ailleurs.

    On notera qu’aujourd’hui Judith Butler ne conteste plus la réalité des genres masculin et féminin et leurs présupposés à la fois biologiques et psychologiques ou psychiques ; le culturel n’occupant plus qu’une place secondaire.

    Ah sagesse quand tu triomphes... c'est tout le bon sens qui triomphe avec toi !

     

    Judith Butler, philosophe en tout genre (52') from Les Ateliers du Réel on Vimeo.

     

    Pour prolonger, cliquez : Etudes sur le genre - 2

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
  • Penser la dissidence aujourd'hui avec Bartleby de Herman Melville

     

            La nouvelle de Herman Melville (l’auteur de Moby Dick) parue en 1853, n’en a jamais fini avec la postérité semble-t-il : année après année, elle creuse son sillon. Chouchou des philosophes, de nombreux penseurs se sont emparés du personnage de Melville et de son « I would prefer not to » qui fera le tour du Monde.

     

    ______________

     

             Un petit rappel des faits avant d'aller plus loin : le narrateur est un homme de loi de Wall Street qui engage dans son étude un dénommé Bartleby pour un travail de « scribe » : il recopie des textes. Au fil du temps cet employé ne parlant à personne mais travailleur et consciencieux, refuse certains travaux que lui demande son patron ; il ne les refuse pas ouvertement, il dit simplement qu'il « préférerait ne pas » les faire. Peu à peu, Bartleby cesse de travailler, mais aussi de sortir de l'étude ; il y prendra ses repas et y dormira. Finalement congédié, il refusera de quitter les lieux forçant son employeur à déménager laissant au bailleur le soin de traiter le problème « Bartleby » : il sera emprisonné et se laissera mourir d’inanition.

     

    Après le décès de Bartleby « tombé, recroquevillé par terre, face immobile devant le mur de la prison », un petit  appendice nous apprend qu’il a longtemps travaillé à la poste au service des « Lettres au rebut » - service qui gère les courriers qui ne peuvent trouver leur destinataire. Le narrateur s'intéressera à cette information pour la raison suivante : “Imaginez un homme condamné par la nature et l’infortune à une blême désespérance ; peut-on concevoir besogne mieux faite pour l’accroître que celle de manier continuellement ces lettres au rebut et de les préparer pour les flammes ?”

     

    ***

     

    « Que savez-vous de votre douleur en moi ?»

     

               Si Bartleby n’est pas « L’écriture du désastre » (Blanchot), en revanche, Bartleby est bien l’histoire d’un gâchis humain, voire même... de son sacrifice. Alors que la littérature européenne du XIXè nous proposera des personnages juvéniles, fantasques, hédonistes, raisonneurs centrés sur eux-mêmes, mais finalement jouisseurs à la petite semaine, c’est bien une bombe à retardement que Melville a transmise à la postérité : celle d’un discrédit porté, un siècle avant son apogée, sur une révolution industrielle et un productivisme consumériste corrupteurs des âmes jusqu’à l’assèchement, sans oublier le saccage d’une nature bouc émissaire, et ce bien longtemps avant Hiroshima dont les applaudissements sous les hourra et autres cris de joie (parce que la bombe a bien rempli son office - exploser ! -, et la cible a été atteinte en son cœur – impact optimal)… résonnent encore dans les couloirs de toutes les chancelleries.

     

    Située au croisement conflictuel des lignes politiques et morales qui déchirent notre modernité post-moderne, Bartleby serait donc une Œuvre prophétique ?

    Premier personnage littéraire « résistant »  - nous sommes en 1850 -, avec la désobéissance de Bartleby dont la mesure est en lien direct avec ce à quoi elle s’oppose, Melville nous propose un personnage en suspens, figé et qui, manifestement, se trouve – et c’est peu de le dire -,  bien en peine de pouvoir célébrer quoi que ce soit ; un personnage dans l’incapacité de rendre le moindre hommage à cette société déjà marchande, industrielle et financière qui l’a vu naître manifestement et rétrospectivement à son corps défendant.

    Melville était-il donc lui aussi bien en peine de célébrer et de sauver quoi que ce soit de son époque ? Et aujourd'hui, plus d’un siècle et demi après, ne peut-on pas nous aussi nous poser la question : qu'est-ce qui nous reste à célébrer et à sauver ?

    La réponse ne tardera pas : sûrement pas la vie ! La fin, nous sommes ! La fin et les moyens... et rien d'autre. Plus rien devant nous, plus rien derrière. Plus rien ne nous précède. Plus rien ne nous dépasse ! Aussi, il ne nous reste plus qu'à nous consommer tous autant que nous sommes avant de nous entre -dévorer, jour après jour, anthropophages et cannibales. Et tout ça n’a plus aucune importance car quelque part au fond de nous-mêmes, nous savons tous que nous sommes tous... déjà morts. 

    Cette formule de Bartleby « I would prefer not to » serait donc la dernière parole d’un monde défunt, sa dernière volonté : ne plus rien vouloir ni défendre ni sauver ? Peut-on aller jusqu’à parler d’une formule d’extrême onction ?

    La parole Bartleby traduite en français par « je ne préférerais pas », ou « je préférerais ne pas » ou encore « j'aimerais mieux pas » (on remarquera l’usage du conditionnel) clôt tous les débats. Elle n’ouvre aucune porte, elle les ferme toutes, à la fois chez Bartleby et chez celui qui la reçoit en pleine face comme un défi, une insulte et une humiliation. Plus Bartleby en fait usage, plus insoutenable elle devient. Chaque occurrence de cette formule réduit au silence son interlocuteur, comme si elle le   vidait. Forcés au silence, de frustration en humiliation, seul l’usage de la violence à l’encontre de Bartleby délivrera et soulagera ses collègues de bureau, symboles d’une société répressive qui se sent menacée et attaquée par cette formule-refus pourtant explicitée sans haine, sans ironie ni provocation, d’une voix décidée mais douce et avec tous les égards dus à l’interlocuteur (d’où le conditionnel) ; une formule d’une radicalité d’une extrême politesse.

     

    ***

     

             Si l’on en croit la lecture d’un Deleuze pour lequel ce n’est pas Bartleby qui est malade mais la société, et au-delà, l’Occident, en conséquence, on comprend aisément que cet anti­-héros de la moitié du XIXe siècle soit aujourd’hui élevé au rang de super-héros des temps modernes, en objecteur de toutes les consciences qui ne préfère plus rien car il souhaite ne plus rien vouloir sinon se laisser mourir ; ultime conséquence de ce refus. Et Deleuze de conclure par un : « Bartleby, le nouveau Christ, notre frère à tous ! »

    Derrida voyait en Bartleby un sacrificateur… il se serait agi manifestement d’un sacrifice pour rien puisque… pensé en 1853, Bartleby, personnage et symbole tout à la fois, n’aura aucune main, aucun poids sur les événements du siècle à venir.

    Christ, sacrificateur, victime de la violence sociale… toutes ces lectures sont pourtant aux antipodes de ce que Melville nous donne à lire.

    Qu’à cela ne tienne… une fois livré aux lecteurs, le personnage échappe à son auteur, et l’interprétation d’un Deleuze prouve une fois encore qu’en littérature, le meilleur personnage qui soit est bien le lecteur car, c’est lui qui « fait » le livre. Il suffit de penser à tout ce que le lecteur-intellectuel-philosophe est capable d’investir dans sa lecture de la nouvelle de Melville.

     

    *** 

     

     

               Il semble donc que tous ont trouvé dans Bartleby  le contraire exact de ce que Melville nous donne à comprendre. Mais alors… et si le personnage de Bartleby nous renvoyait plus simplement à la schizophrénie ou aux psychotiques bien des années avant Eugen Bleuler qui fut à l'origine de ces diagnostics vers la fin du XIXe ? Chez Melville, la pétrification et l’anorexie de Bartleby ne sont pas des symboles mais des faits d’une objectivité quasi clinique. Melville mentionnera à propos de son personnage “un désordre inné et incurable”, un “mal excessif et organique”. 

    Melville souhaitait-il ôter à Bartleby, préventivement, toute dimension politique ou prophétique, toute métaphysique ? Son personnage l’aurait-t-il effrayé au point que Melville aurait alors cherché à s’en retirer sur la pointe des pieds comme pour mieux nous laisser un Bartleby simplement dérangé ? Bartleby ne serait donc qu'une mise en scène textuelle de la folie, la première depuis Sade ?

    Melville insiste : la folie de Bartleby n’est pas due qu’à la seule nature : « Imaginez un homme condamné par la nature et l’infortune à une blême désespérance ».

    Difficile d’oublier le fait que Bartleby est un contemporain de Baudelaire, et à partir de là, difficile de ne pas penser à son poème Spleen du recueil « Les fleurs du mal » daté de 1857 ; poème symptôme de la grande peste mélancolique qui en Europe fait déjà des ravages avec Baudelaire comme figure de proue : « Quand la terre est changée en un cachot humide/Où l'Espérance, comme une chauve-souris/S'en va battant les murs de son aile timide/Et se cognant la tête à des plafonds pourris...) ; on pensera aussi au tableau Le cri de Charles Munch ; et enfin, la dépression, mal du XXe siècle et très certainement des siècles suivants car nous sommes encore loin d'en avoir fini avec la déshérence et  la dépossession.

     

               Le patron de Bartleby demeure impuissant face son employé. Après s’être enfui (il fermera son étude et déménagera ses bureaux) il reviendra vers Bartleby submergé par une immense vague de pitié qui, plus tard, se changera en compassion - faiblesse de toutes les faiblesses -,  et plus tard encore, en commisération puis en naufrage fusionnel jusqu’à la communion (des saints ?).

    Dans l’esprit, difficile de nier que la nouvelle de Melville exalte entre autres vertus, la charité. Face à Bartleby, personnage comme « mort au monde » (Artaud), très vite le narrateur choisit l’anéantissement et ce nouveau commandement insufflé en lui par Bartleby : « Je ferai tout ce que vous voudrez ! » avant de confesser - Bartleby devenant alors le confesseur de son employeur -, du bout des lèvres : « Que savez-vous de votre douleur en moi ? » ; aveu d’une révélation chez le narrateur : la révélation de son propre néant.

     

                 Que le récit soit porteur d’une vérité humaine universelle, c’est certain. Métaphore poétique inédite, parabole, fable ou conte, c’est bien de la condition humaine qu’il est question : gâchis, catastrophe et sacrifice puis, une fois défait, un genou à terre, rédemption du narrateur dans l’abandon de sa volonté : le renoncement à sa propre vitalité, un quasi renoncement au monde au côté de Bartleby.

     

                A propos du personnage de Melville, on a parlé de solitude et d'incommunicabilité, d’échec de la communication entre un être et la société, de son incapacité à nouer un contact avec autrui, même futile. Comment Melville avait-il pu sentir bien avant tous les défroqués donneurs de sens et d’explications à la pelle du siècle à venir, jusqu’à nos rêves les plus intimes, de Freud aux divans des psys des télés et des radios, que sans une communication avec les autres, sans le récit de soi-même, c’est  l’effondrement ? Un Melville qui reconnaîtra en 1853 la nécessité humaine de cette communication pour conjurer le danger psychotique qui guette quiconque souhaite s’y soustraire.

    C’est l’enracinement qui permet le nomadisme : parce que l’on sait d’où l’on vient, nous sommes alors capables de nous en détacher ; dans le cas contraire, mettre la charrue avec les boeufs, c’est ouvrir la porte à tous les déséquilibres possibles jusqu’à l’anéantissement par la violence. Dans ces conditions, c’est le rapport essentiel entre le langage et le silence qui doit être inversé. Le langage est une libération, - pouvoir se raconter, communiquer -, et le silence une prison. C’est donc par la communication avec autrui, et non par le silence et l’abstention que la vie sociale, et la vie tout court, se dégèle et s’échauffe.

     

              L’amour de la vie ne devrait-il pas nous permettre de nous réconcilier avec ses inconséquences, ses imperfections, voire ses horreurs ? « I would prefer not to », cette formule en forme de procès fait au monde, n’est-elle pas une tentative de fuite hors de l’existence ? Une fascination nostalgique, un “sentiment océanique” porteur de l’idée d’un grand tout universel, ou plus modestement, une mare amniotique pour s'y baigner, embryon jamais venu au monde, fœtus du refus (océan/néant) qu’une mère aura retenu - elle n'a jamais accouché, elle l’a gardé pour elle seule et pour lui seul -, refusant de le jeter en pâture à l’horreur de notre monde dans toute son horreur... monde que l'on ne peut décidément pas refuser d'habiter, volontairement ou bien, comme contraint par un envoutement aujourd'hui encore mystérieux  qu'au prix d'un énorme préjudice à soi-même.

    Poussée jusqu’à son ultime conséquence, Bartleby en aura fait l’amère expérience ; une expérience amère et fatale.   

          

                                                                                       ***

      

                  Où sont aujourd’hui les Bartleby ? Tous ceux qui s'abstiennent comme d'autres se retiennent entre deux «  je préférerais plutôt pas » - véritable sésame de tous les objecteurs de conscience politique, morale et éthique, face à ceux qui toujours tranchent et se jettent à l'eau, et quand ils se noient, ce n'est jamais seuls ; ils prennent toujours soin d'emporter les autres avec eux...

    Il faut avoir lu la nouvelle de Melville et vu Bartleby tel que Maurice Ronet (1) l’a vécu, lui qui savait tout, et plus que quiconque, de la douleur des autres en lui parce qu’elle était aussi la sienne, pour réaliser à quel point ce refus du monde était bien plus grand que le personnage de Melville, bien plus grand que tout ; il y a avait dans son refus tous les refus passés et à venir, grands et petits, anonymes, ignorés de tous, renoncements qui sauvent et protègent... mais fallait-il pour autant porter ce renoncement jusqu’à l’ultime refus et souhaiter mettre un terme à l’aventure humaine ? 

    Certes ! On survit à tout, c’est vrai. Et c’est la raison pour laquelle tout peut arriver. Et c‘est aussi la raison qui fait que finalement... tout arrive. On décide de survivre à l’horreur et à la douleur. C’est notre capacité d’endurance qui rend possible toutes les horreurs. Notre obstination à vouloir vivre coûte que coûte, notre résistance font que l’horreur sera toujours sûre. Si seulement nous étions tous incapables de survivre à cette horreur ! Si seulement nous n'avions pas la folie de lui tenir tête, notre espèce, pour ne pas disparaître, ferait tout pour l’éviter, car la prochaine horreur signerait la fin de l'espèce humaine.

    Bartleby avait-il compris qu'aussi longtemps que nous survivrons à cette horreur, jamais nous n’y mettrons fin ? 

    Cachez toutes ces horreurs que je ne saurais voir ! Bartleby qui n’appartient plus à son créateur Melville depuis longtemps déjà, maintenant autonome, ce Bartleby-là a sans doute refusé d’être un tartuffe de l'horreur et de son indignation car, qu'on le veuille ou non, survivre à cette horreur, c’est accepter qu’elle nous frappe à nouveau, sans discernement comme un aveugle frappe le sol avec sa canne pour ne pas trébucher sur un obstacle ; obstacle qui lui serait fatal. Pour un peu, et à son sujet, on en viendrait à penser qu'il cherche à retrouver quelque chose qu'il aurait perdu car, quel boucan cette canne qui frappe le bitume ! Un vrai boucan d’enfer, cette canne qui cherche à retrouver quelque chose mais... devant elle ! Oui ! Devant elle ! Toujours ! Un quelque chose comme perdu... pour demain.

     

    ***

     

                   Eugène de Rastignac, Julien Sorel, Frédéric Moreau, Du Roy (chez Maupassant), aucun personnage de la littérature française du siècle de Hugo n'est à la hauteur d'un Bartleby, notre contemporain à tous avec près de 200 ans d'avance. On doit donc à la littérature de langue anglaise un personnage sculpté dans le marbre et taillé à la mesure de deux siècles déjà écoulés et de ceux qui sont encore à venir.

     

    ______________________________

     

     

     Bartleby réalisé en 1976 par Maurice Ronet, avec Maxence Mailfort (Bartleby), Michael Lonsdale ; film aujourd’hui oublié, salué en son temps et à sa sortie comme un chef d’œuvre. Un Maurice Ronet anti-Delon par excellence – culture, intelligence et sensibilité – que ce même Delon "tuera" à deux reprises dans les films suivants : Plein soleil et La piscine ; l’industrie du cinéma préférant la plastique d’un Alain Delon, une beauté opaque et aveugle, sans hauteur ni profondeur, sans perspective, une beauté cul-de-sac comme la bêtise qui n’ouvre aucune voie et ne fait résonner aucun appel, contre la beauté blessée d'un Maurice Ronet qui a tenu, souvenons-nous, le rôle d’Alain dans l’adaptation de Louis Malle "Le feu follet" de Pierre Drieu la Rochelle ;  un Alain pendant moderne de Bartleby ?

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais, Penser le monde aujourd'hui avec... 0 commentaire
  • A propos des médias autour du mouvement Les Gilets Jaunes....

      

                  Jamais les propriétaires des médias n'ont traité avec un tel mépris le métier de journaliste ! Ce qu'on ne pourra pas leur enlever, néanmoins, c'est ce flair certain dans leur recrutement d'hommes et des femmes  disposés à mener à bien ce travail de sape, et ce faisant, discréditer définitivement les chaînes et les radio d'info, en continue en particulier : des gourdes,  des valets, des nigauds, des cloches, des stewards et des hôtesses de l'information, à grand renfort d'éditorialistes militants.

    Et même si une hirondelle, voire deux, ne fait (ou ne font) pas le printemps, surtout en hiver... force est de constater en toute impartialité ceci : après plus de huit semaines de couverture médiatique du mouvement des Gilets Jaunes, parmi des dizaines de gourdes, de nigauds, des éditorialistes militants maastrichiens et mondialistes et autres experts, le plus souvent de leurs propres opinions... 

    Deux figures, et seulement deux, ont su sortir du lot quotidien des analyses et des commentaires autour du mouvement des Gilets Jaunes qui, pour faire court, n"expriment qu'un seul souhait à peine dissimulé : "Quand vont-ils donc enfin se décider à rentrer chez eux tous ces gilets jaunes ! Ca va bien comme ça ?!!!"

     

    médias et gilets jaunesmédias et gilets jaunes

     

                    Ils se nomment Charlotte d'Ornellas et Arnaud Benedetti.

    Qu'ils en soient remerciés même si, en tant que journaliste pour l'une et universitaire pour l'autre, ils n'ont fait que leur travail ; un travail nuancé, éclairant, sensible, informé et avisé, sans parti-pris affiché. 

     

    _______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Gilets Jaunes - le dossier

    Lien permanent Catégories : Gilets Jaunes, Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Grand débat national... de diversion : Macron refile la patate chaude Gilets Jaunes aux 36 000 maires de nos communes

     

                 ... Plus libre sera la parole, plus grande sera la frustration si cette parole reste sans conséquence et sans effet...

     

                        les maires à l'élysée grand débat national

                           Dindes, dindons et marrons de la farce "Grand débat national de diversion" ?

     

           ... mais pas fous tous ces maires dont une partie s’est déjà exprimée ! A leurs yeux, il serait, ou bien plutôt… il est surtout question de diversion : l’Elysée cherche un second souffle et à gagner du temps ; il joue la montre, l’épuisement et la confusion ainsi que la désintégration du mouvement les Gilets Jaunes dans un grand tout appelé "Grand débat national" de diversion (GDND) afin de le noyer ou de l’asphyxier, lui et la crise sociale majeure auquel l’Elysée est confronté ; il est aussi question d’ôter de la bouche de ce mouvement le monopole de la parole contestataire, tout en se donnant une bonne conscience : « Vous voyez ! Nous n’évitons pas le débat ! Nous vous donnons la parole tout en la consignant dans des cahiers de doléances ».

    Et c’est alors que l’Elysée n’aura qu’un souci : marginaliser les Gilets Jaunes (GJ) qu’il ne se privera pas de qualifier de mouvement obtus et autiste au terme d’une consultation qui sera suivie d’aucune décision quant au pouvoir d’achat des « petits salariés et retraités » ; une consultation d’un nouveau type : tout en ombres chinoises.

    Garants de la bonne réception des revendications de leurs administrés, de leur compilation et de leur synthèse auprès de l’Etat et de la « représentation » nationale, quand tout ce « cirque consultatoire » s’avérera n’être qu’une mascarade à grands coups de « Soyez raisonnables ! Rome ne s’est pas fait en un jour ! », à qui tous ceux qui auront participé à ce « Grand débat national" de diversion  demanderont-ils des comptes, localement, là, tout près, chez eux, au coin de la rue juste après le 2è rond-point, à gauche ? Aux maires de leur commune, bien évidemment ! Et en ces termes : « Qu’avez-vous fait des cahiers de doléances qui nous avons remplis ? Les avez-vous remis à qui de droit ? Escrocs ! Vous nous avez laissé(s) tomber ! ».

    Les Gilets jaunes et la dynamique qu’ils ont su admirablement mettre en marche, quant à eux, ne seront pas  les derniers à demander des comptes  : « Des mois de lutte, de matraquage, de gazage, de tirs de flash-balls, de bavures sans nombre, de tabassage… et puis ça ? Tout ça pour ça ? »

    Patatra ! Les maires n’auront alors plus que l’embarras de la situation et aucun des mérites de cette consultation qui n’est qu’une pièce de théâtre qui n’aura engagé, tout comme les promesses, que ceux qui auront eu la sottise d’y assister tout en payant de leur personne.

    Ou bien alors : très mal conseillé, l’Elysée compterait-t-il sur les GJ et tous ceux qui auront « donné de l’écriture » tout en donnant de la voix, pour faire preuve de la même résignation que J.L Borloo, l’avocat d’affaire de Tapie - ils ont fait fortune ensemble -, et accessoirement ancien maire de Valenciennes, à propos de son « Rapport sur les quartiers prioritaires » qui a fini à la corbeille ? C’est oublier ceci : Borloo, lui, n’en attendait pas plus. Sans doute a-t-il choisi cette mission, au terme d’une longue convalescence, pour y réaliser un dernier tour de piste médiatique - sorte de baroud d’honneur -, avant de se retirer définitivement de la vie politique…

    Pour les Gilets Jaunes… en revanche, l’enjeu est à la fois social et moral ; aussi, gare à la colère ! Une colère décuplée !

     

             Pourrissement et épuisement, dilution des responsabilités… pris à la gorge, sans pouvoir de décision et sans solutions, l’idée de ce GDND consiste très certainement à mouiller tout le monde en les invitant à prendre un bain tous ensemble : administrés, électeurs, maires, députés, sénateurs…. communes, villes, départements, régions car enfin, ce GDND n’est-il pas qu’un instrument parmi d’autres dans l’arsenal stratégique du clan Macron destiné à la gestion sécuritaire et diffamatoire insultes après insultes, amalgames après amalgames, à défaut d’une gestion politique, de la plus grande crise sociale depuis le « Mai 68 ouvriers »? La personnalité de cet enfant-roi, arrogant, capricieux, orgueilleux ne saurait ne pas être prise en compte car, si l’Agenda économique et budgétaire de l’Elysée appartient à ceux qui sont allés chercher Macron pour lui proposer d’être candidat tout en réunissant toutes les conditions pour qu’il soit élu, il y a aussi du Macron dans le déploiement et la gestion de cet agenda : sa personnalité qui s’est manifestement construite autour d’un orgueil démesuré et d’une vanité qui n’a aucune prise sur le réel : la sur-estimation de soi en politique et par voie de conséquence, la sous-estimation de l’adversaire est fatal à celui qui s’y vautre au-delà de la raison qui cesse alors de raisonner.

    Car enfin, qui est ce Macron qui n’a pas d’avenir politique en France, qui n’en veut pas, n’en cherche pas non plus ? Un avenir dans le sens d’une carrière à la Mitterrand ou à la Chirac… 

    Peu d’observateurs ont voulu comprendre ou faire comprendre, sans doute pour ne pas désespérer l’électorat des couches moyennes qui y croit encore (entre 60 et 40%), que Macron n’a eu qu’un seul souci depuis son entrée dans la haute fonction publique : entretenir son attractivité, son « employabilité », - et les règles d’or qui détiennent toutes les clés de la réussite - à un niveau international. Aussi, aujourd’hui, est-il urgent de comprendre qu’avec cette crise sociale majeure, Macron joue non pas son avenir politique dont il n’a que faire, ici, en France, mais bien plutôt… son avenir professionnel ; un avenir qu’il veut haut-perché, à la plus haute branche de cet arbre qu’est l’oligarchie mondiale et plus précisément l’hyper-classe qui fait et défait les carrières. Si Macron échoue à son poste - poste tremplin destiné à lui permettre de rebondir plus haut, encore plus haut, toujours plus haut -, s’il échoue à remplir l’agenda qui lui a été assigné par ses sponsors-commanditaires  et mentors, c’est toutes ses perspectives de carrière à l’international qui s’effondrent et l’assurance à 43 ans de finir dans un placard, à l’ombre, oublié de tous car il se sera avéré incapable de satisfaire les appétits de l’U.E (à ne pas confondre avec l’Europe ; car l’Europe c’est de la civilisation ; l’U.E c’est du business) et de son projet qui n'est que le relais d’un mondialisme qui a pour cible prioritaire cette zone où les salaires sont les plus élevés et la protection sociale aussi : l’Europe, dans leur ligne de mire à tous depuis 30 ans.

    Le placard donc, assurément ! si le locataire de l’Elysée échoue à faire que les pauvres soient plus nombreux et plus pauvres encore et les riches toujours plus riches tout en livrant des millions de salariés à une concurrence intra-européenne effrénée, sans oublier la remise en cause de la liberté d’expression et de la liberté de l’information avec la main d’une oligarchie vorace sur 90% des médias de masse.

    Tout juste larbin de 2è catégorie Macron, alors qu’il visait le poste de Larbin catégorie Premium à la tête de la Commission européenne ou bien à la direction d’une Institution financière internationale (1) ?

    Après les "médecins sans frontières" et les reporters du même nom, voici venir le président apatride Macron ! Président d'un monde qui n'est ni celui de ses électeurs, moins encore celui de ses opposants. Une première !

    En d’autres termes, pour Macron, l’Elysée n’est qu’une étape intermédiaire car « C’a de la gueule sur un CV ! » c’est sûr !

    Nombreux sont les observateurs qui prédisent que Macron tentera de mener à bien les réformes sur lesquelles il s’est engagé auprès de ceux qui gardent un œil sur lui, même si ces observateurs se gardent bien (ou ignorent) la véritable raison de cette obstination : Macron n’a pas le choix s’il doit garder son employabilité intacte.

                   Aucune base électorale, aucun encrage terrain non plus, sans doute est-ce la raison pour laquelle Macron n’est porteur d’aucun souci de la France, de son peuple, de son histoire, de sa culture, de sa réputation, de sa langue parlée par tous les esprits les plus brillants de par le monde, sa valeur symbolique et son rayonnement ; pour preuve de cette absence de souci et de considération pour un  destin français ainsi que ces gigantesques lapsus révélateurs que sont les critiques du locataire de l'Elysée à propos du « caractère français » lors de ses déplacements à l’étranger ; critiques qu’aucun Président avant lui n’avait formulées car Macron n’a rien à attendre, sur le moyen et long termes, d’une France bien en peine de lui offrir les opportunités nécessaires à son ambition ; la France, c’est trop petit, bien trop petit pour lui ; alors, pourquoi se gêner !

    Alors oui vraiment ! seul le regard de l’oligarchie mondial sur sa personne importe puisque seul ce regard-là le préoccupe car sans le soutien de l’hyper-classe et des acteurs au sein de l’hyper-structure mondiale, il n'aura pas de carrière internationale ; il le sait. D’où le fait qu’il n’ait aucun sens politique (il ne prend pas de gants !) d'autant plus qu' il pense ne pas en avoir besoin,  lorsqu'il s'agit de son mandat de président.

                     Pour toutes ces raisons, on peut affirmer que la venue de Macron à l’Elysée est une faute grave commise par ceux qui l’ont favorisée avant de la rendre inéluctable une fois le second tour de l’élection présidentielle neutralisé en provoquant un duel avec MLP ; n’oublions jamais que Macron a été avec un score de 18% des inscrits au premier tour : pas d'adhésion. 

    Si Macron a été légalement élu, que l’on rappelle toutefois qu’il n’a aucune légitimité politique et morale ; de plus, sa personnalité défiante, orgueilleuse, sa vanité, tout confirme cette absence de légitimité. « Il ne coche aucune case » dirait un professionnel de l’évaluation de candidatures même s’il semble encore n’avoir aucun doute quant à sa capacité à complaire à ceux qui l’accompagneront dans son ascension professionnelle.

    Et c’est alors que le principe de Peter pointe le bout de son nez : « Dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence ».

    Plus dure sera la chute car… insoupçonnée parce qu'impensable cette incompétence par le locataire de l’Elysée, cet individu-grenouille qui a cru se faire aussi gros, plus gros encore, que le bœuf !

    Décidément, La Fontaine aura toujours raison.

     

              Pour revenir à cette faute qu’est l’arrivée de Macron à l’Elysée, un Macron qui incarne un UMPS plébiscité par les médias et un centrisme politique irresponsable, ventre mou de l’engagement et ignorance de ce qu’est la politique et le corps électoral, dans une mauvaise interprétation de l’abstention et du désenchantement - une fausse bonne idée tel un enfer pavé de bonnes intention car le soi-disant réalisme-centriste en politique est un oxymore -, cette faute, c’est bel et bien l’aboutissement de 30 années et plus d’absence d’alternative politique réelle, verrouillée par une construction européenne soutenue par tous les médias et 80% de la classe politique ; une construction qui est une véritable camisole destinée à forcer des réformes et à livrer en pâture les peuples à une guerre de tous contre tous ; une construction qui étrangle et étouffe toutes les marges de manœuvre : d’où la fin du débat politique au profit de l’anathème et du bannissement de tous les opposants : en effet, pas de carrière politique ni médiatique et autres pour tous ceux qui s’opposent à ce projet européen.

             Une chose, une dernière : plus personne ne peut nier que le « Système » est maintenant dans une impasse ; l'UMPS est dos au mur puisqu’il est impensable que Macron soit ré-élu en 2022 ; de plus, il n’existe aucune garantie qu’il aille jusqu’au terme de son mandat.

    grand débat (ou diversion) national:  macron refile la "patate c

            Impasse donc, épuisement, crise sociale doublée d'une crise de la démocratie non-représentative, une seule issue se dessine : une crise de régime qui, seule, permettra de « renverser la table » : en finir avec une démocratie dont la raison d’être est l’exclusion politique et sociale du plus grand nombre car ceci est maintenant admis :  à propos de tout ce qui se dit, se pense et de tout ce qui est pensé et souhaité dans la société l'Assemblée nationale ne représente au mieux que 25% du corps électoral et dans un même pourcentage, les médias ; rien de surprenant à cela en ce qui concerne ces médias puisque leurs clients à tous, c'est la classe politique.

    Oui ! Une crise de régime qui, d’une pierre deux coups, mettra également fin au projet de l’U.E tout en facilitant une refonte complète de nos institutions, des médias et du droit des plus puissants à les contrôler.

    Reste à espérer que les Gilets Jaunes dans leur ensemble sauront évaluer à sa juste valeur mais sans complaisance ni relâchement la nécessité et l'exigence suivantes : que les Gilets jaunes n’oublient surtout pas leur colère à la prochaine élection européenne et à toutes les élections qui vont se succéder : que ceux qui n'ont jamais voté, votent ! Que ceux qui ne votaient plus, reviennent vers les urnes car, pour affaiblir d’avantage l’Elysée, il faut impérativement rejeter à la marge LREM ainsi que « Les Républicains », parti qui n’a pas cessé de poignarder dans le dos le mouvement depuis huit semaines.

    En revanche, il faudra impérativement éviter le piège suivant : une liste « Gilets jaunes » ; liste qui ne fera que diviser les forces capables de provoquer cette crise de régime. Notons que cette liste Gilets Jaunes est vivement souhaitée par les troupes de Macron ainsi que par tous les médias qui ont bien compris le danger d’un vote massif en faveur du RN, des Insoumis, de l'EELV, de l'UPR et du PS (s'il en reste quelque chose) ; à leurs yeux à tous, cette liste permettra de limiter l’impact désastreux du vote-sanction attendu sur les partis LREM et LR tout en réduisant le poids des votes Insoumis et RN. 

             Précisons ceci au passage : vous l'avez compris, tous les partis sont permis (comme tous les coups) car qui veut les fins veut les moyens ! 

             Avec l’occupation de la « rue », ce vote-sanction d’une ampleur inédite, demeure la seule arme à notre disposition.

     

    1 - Tony Blair conseille les sociétés JP Morgan et Zurich Financial. Il pourrait également devenir conseiller haut de gamme chez LVMH32 où il interviendrait 3 à 4 fois par an. Bernard Arnault serait un de ses amis33.

     

    ____________

     

    Pour prolonger,  cliquez : Gilets Jaunes - le dossier

    Lien permanent Catégories : Gilets Jaunes, Présidentielle 2017 et après 0 commentaire
  • Gilets Jaunes, médias, classe politique et syndicats

     

     

     

                             « La branche a cru dompter ses feuilles… mais elle en portera le deuil » - Jean-Michel Caradec Mai 68

     

                                          Vous avez dit « Gilets jaunes » ?

     

    gilets jaunes face aux médias et à la classe politique

     

                         Des médias « ... censés représenter un 4è pouvoir qui ont fusionné avec les 3 premiers - exécutif, législatif et judicaire» !

     

                                 

     

                     Difficile de ne pas déplorer à quel point le métier de journaliste s’est effondré sous le poids d’une caste qui n’est que la représentation de la défense de ses intérêts sur leur propre lieu de travail devant un micro et des caméras ; et tous se lèvent le matin avec une seule idée en tête : fustiger la moindre velléité de remise en cause des privilèges des classes supérieures car les privilèges de cette classe sont les leurs ; aussi, quiconque menace cette classe, menace le personnel médiatique : Elkrief sur BFM-TV demeure l’archétype du journaliste menaçant, le mépris chevillé au corps envers tous ceux qui refusent de se soumettre : grévistes, syndicalistes, activistes. C’est la raison pour laquelle tous sont bien plus à l’aise face à MLP dont l’électorat, par leur vote, neutralise toute possibilité d’alternative politique réelle depuis 30 ans.

    Ce qui a changé au fil des ans c’est qu’on ne peut plus ignorer, pour l’avoir enfin compris, ce qui suit :  tout ce personnel médiatique (au côté du personnel politique, unique client de ces médias avec les annonceurs publicitaires - notez qu’ils se nourrissent l’un l’autre) ne veut pas savoir, ne veut plus savoir et ne doit pas savoir ce qui est vécu par ceux qui vivent mal ;  d’une octogénaire telle que Michèle Cotta présente sur les plateaux de télé aujourd’hui encore (1), à Arlette Chabot sexagénaire (virée de la direction de l'information de France Télévisions mais toujours présente car ces gens-là ne renoncent jamais !) puis la quadragénaire Sonia Mabrouk au ton inquisitorial et relâché, « une maladroite » aux dents aussi longues que son désir de faire carrière mais sans en avoir la manière : ne jamais oublier que l’arrivisme demande des qualités et un savoir-faire - pensez ne serait-ce qu’à un Julien Sorel ou à un Eugène de Rastignac.

    Au côté de ces hyper-cadres et cadres de l’information de classe, gourdes et valets (de Pujadas à un Jean-Michel Aphatie) confortablement installés dans des studios radio et télé hyper protégés, ce sont leurs petites mains, prolétaires-journalistes payés un jour sur deux, qui, sans état d’âme, sont envoyés au casse-pipe, à savoir : sur le terrain, là où une colère va croissante devant une organisation de la représentation du réel qui n’est, au mieux, qu’un mensonge par omission ; au pire, de la propagande de classe.

    Pourquoi cette colère dans les sondages et de la rue à l’égard des médias ? Certainement parce que tous ne supportent plus de les entendre affirmer, matin, midi et soir, qu’il n'y a pas d'alternative et qu'il leur faut s’accoutumer à vivre avec des élites qui sont de véritables traîtres de la cause des Peuples, sous le prétexte suivant : si c'était différent, ce serait pire encore.

    De la colère donc ; colère et exaspération face à des Médias sans courage mais prompts aux anathèmes et qui se refusent à « pénétrer le réel » dans toute sa complexité. En effet, ils n’ont qu’une seule mission : lui "casser la gueule !" à ce réel afin qu’il se taise, alors que cette colère devrait  intéresser tout journaliste digne de ce nom car elle touche à l’actualité sociale, morale et politique de notre société ; actualité que l’on retrouve le soir des élections - abstention massive et vote FN -, à l’heure où un Macron fait « propre sur lui » et par ricochet, fait « France propre sur elle » dans ce miroir aux alouettes que les médias nous tendent chaque jour aux côtés d’une classe politique aux ordres d’un projet européen qui n’est que l’instrument d’un mondialisme fossoyeur de notre contrat social. Cette colère est pourtant essentielle à qui souhaite comprendre les ravages de trente ans de cynisme politique et médiatique et de lâcheté morale.

    La démission face au réel de tous ces médias leur permettra-elle de sauver leurs places et leurs têtes ? Rien n’est moins sûr car médias et classe politique sont inextricablement soudés : la chute du journalisme et la chute de la volonté politique sont concomitantes ; l’une entraîne l’autre et vice versa.

    Après le pourrissement, la putréfaction, de complaisance en relâchement, force est de constater une fois de plus que jamais ces médias ne seront à la hauteur de ce qu’ils croient défendre, alors que seule la recherche de la vérité importe. D'ailleurs, ne devrait-on pas finalement vivre que pour ça : la vérité de soi, et la vérité en soi, surtout lorsqu’elle n’est pas bonne à dire car elle fragilise le pouvoir des dominants ?

     

                     

                         Fabrice Epelboin est un spécialiste des réseaux sociaux et contributeur régulier à Reflets.info : journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking

     

                    Menacés par Internet et les milliers d’internautes créateurs de contenu dédié à la contre-information, les médias ne baissent jamais les bras ; ils ne s’en laissent pas compter ; pyromanes, ils savent allumer des contre-feux comme la dénonciation des fakenews qui sont à ces médias ce que l'hôpital est à la charité car le mensonge par omission qui caractérise une grande partie de l'information ( le refus de la recherche des causes, le refus de nommer les hommes et les femmes derrière ces causes) n’est-ce pas déjà en soi de la fakenews ?

    Propagande pour propagande… quittes à devoir accepter que 80% des Français s'informent principalement auprès des médias dominants, médias de masse (télé, radio, journaux, hebdos),  dans ce contexte, rappelons en passant qu’il est important que tous puissent avoir accès à toutes les propagandes : de RT France (télé russe francophone) à BFM-TV en passant par  Radio et France télévision tout en gardant à l’esprit qu’à la question  "qui fait quoi,  à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui ?"… seuls Internet et les sites dits de ré-information et de contre-information semblent à même d’y répondre avec une franchise et une expertise précieuses ; pour cette raison, ils représentent une richesse décidément inestimable.

    Après la « fakenews », autre arme à la disposition des médias pour contrer Internet : la théorie de "la théorie du complot" ou comment discréditer un adversaire en l'accusant de « complotisme » sans toutefois être capable de répondre à la question suivante :  où finit la ré-information et l’investigation, où commence le complotisme conspirationniste ?

    Ne nous y trompons pas : ce sont précisément ceux que cette ré-information-contre-information met en danger, à savoir les médias dominants soutenus par la classe politique et les grandes entreprises, qui, arbitrairement, en décident.  En cela, le "conspirationniste" est la mauvaise conscience de tous ceux qui ont choisi un jour de placer leur avenir professionnel et leur confort personnel au-dessus de la vérité au profit de la falsification des faits.

    On cache sa honte comme on peut : en procès d'intention récurrents et lâches. Quant à la dénonciation du populisme… même à sciences-Po, on sait que ce vocable n'a qu'une fonction : discréditer auprès d'un électorat bien ordonné un adversaire politique ; pour cette raison, « le populiste » c'est l'autre, toujours ! Sa dénonciation n'explique rien mais révèle tout : un parti pris de classe, tendance « bourgeois des centres-villes, pétés de tunes et morts de trouille » : classe politique, universitaires et journalistes-chroniqueurs.

    Mais alors, que tous se rassurent car, personne n'a besoin de la lanterne des partis dits "populistes" ou des « complotistes » pour éclairer avec justesse la qualité de sa vie, sa dégradation et pour désigner les responsables, ni pour comprendre que l’ennemi des classes populaires n’est pas le Musulman qu’on leur jette en pâture sans sourciller, comme un os à ronger… mais bien plutôt cette bourgeoisie des centres-villes et les rentiers du foncier et de la finance qui regardent travailler les autres.

    Ca aussi, les Gilets Jaunes l’ont bien compris.

    gilets jaunes face aux médias et à la classe politique

                   Pour se racheter, quand la critique les menace d’un peu trop près, pour se donner bonne conscience, il est vrai que la spécialité des médias d'Etat ou privés, France Culture en tête, c'est la célébration des vaincus de l’histoire mais... longtemps après leur défaite et leur décès : Proudhon, Marx, Rosa Luxembourg, Guy Debord… une fois qu’ils ne représentent plus aucun danger pour l’ordre économique : l’économie, le nerf de la guerre de classes.

    Aussi, ce n'est sûrement pas la carte de la France qui s'obscurcit avec ce mouvement des Gilets Jaunes.... ce sont bien plutôt des médias ventriloques de gouvernements qui n'en finissent pas de nous dire qu'il n'y a pas d'alternative ; des médias , notons-le, qui ont adulé un Barack Obama qui flattait leur conscience de Blancs alors que c’est Bernie Sanders qui viendra nous révéler à quel point ces médias se sont moqués comme de l’an 40 du bilan économique et social d’Obama qui, à l’extérieur, il faut le rappeler, affichera le tableau de chasse suivant : la destruction de la Libye ainsi que de la Syrie.

    En définitive, il se pourrait bien que les Gilets Jaunes aient pris conscience de ceci : après la caste politique, cette caste médiatique dont les patrons sont milliardaires, une caste passée au crible depuis 20 ans - le profil de ses membres, leurs agissements, le décryptage de leur manière de traiter l’info (voir les travaux d’Acrimed et de Pierre Carles) - n’a pas cessé d’être un danger pour la démocratie ; un danger croissant.

    Aussi, il est temps que les " journalistes de la désinformation par omission et du mensonge éhonté", assument leurs responsabilités.

    Après tout, qui a dit qu'un bon journaliste est un journaliste au chômage ou bien, un journaliste à la tête de son propre média, indépendant de surcroît et dans la mesure du possible !

     

                          Vous avez dit « Gilets jaunes » ?

     

                     

     

    Comme un fait exprès, dès la première semaine de mobilisation, les médias n’ont pas hésité à se faire l’écho d’« un mensonge d’Etat » car les raisons de la sur-taxation des carburants est à trouver non pas auprès des différents rapports du GIEC mais bien plutôt auprès de Bercy : fange arrogante, autoritaire et anti-démocratique au service d’un fascisme monétariste ; véritable Etat dans l’Etat ce Bercy sur lequel un ministre des finances n’a pas plus de poids qu’un balayeur ! Un Bercy entièrement dédié au respect des directives et des traités signés par des chefs de gouvernement et des chefs d’Etat jean-foutre à la grande satisfaction d’une Commission qui n’en finit pas de travailler à la destruction de l’Europe en s’attaquant à son modèle social, et par voie de conséquence, à sa civilisation.

    Que l’on ne se fasse aucune illusion : il semblerait que la prétendue  « conversion écologique » soit d’une part le cache-sexe d’un racket organisé des foyers français les plus modestes pour commencer et d’autre part, que celle-ci… tout comme la liquidation de notre industrie dans les années 80, se fasse sur le dos des classes populaires et des petites classes moyennes, une nouvelle fois, sacrifiées pour le bien-être à venir des chérubins de l’hyper-classe et des classes supérieures de nos centres-villes.

    Là encore, les médias et la presse confirmeront leur incapacité à faire ce pour quoi les contribuables français subventionnent à hauteur de plusieurs millions d'euros par an des titres au bord de la faillite intellectuelle et financière.

    Non rentable, il est vrai que l’utilité de cette presse est ailleurs : dans l’exercice de moyens de pression sur les concurrents économiques car sa capacité de nuisance envers ceux qui seraient tentés de remettre en cause les intérêts des entreprises de ses actionnaires est infinie ; financement des campagnes électorales, bourrage de crâne et soutien inconditionnel au candidat qui s'engage alors à se faire le gardien des intérêts des entreprises du CAC 40 et bien au-delà, : ceux d'une l'oligarchie mondialisée.

    Aucune diversité des points de vue ; tous appartiennent à la même classe ; tous habitent les mêmes quartiers et dépensent leur argent dans les mêmes lieux,  et tous sont dans des logiques identiques de carrière… là encore, force est de constater que la seule et vraie menace contre la démocratie ce sont ces médias dont les propriétaires n'ont aucun intérêt à une information honnête susceptible de faire de leurs audiences des citoyens avisés, informés et critiques, car tous savent qu'il n'a pas de carrière médiatique, politique, artiste, universitaire et économique dignes de ce nom, pour tous ceux qui partageraient cette aversion pour un mondialisme sans honneur et sans justice. La classe politique n’ignore pas non plus ce risque qui est une véritable menace portée sur eux tous.

    Pour preuve… lorsque le Premier ministre a exposé devant les parlementaires son "plan de sortie de crise Gilets jaunes », notons qu'aucun des intervenants ne mentionnera le lien entre "trois semaines d'obstination de Macron : « On ne change pas de cap !" et un Bercy placé sous l'oeil scrutateur de la Commission européenne... elle-même sous le contrôle des marchés financiers et des acteurs d'un mondialisme sans honneur ni justice qui n'a qu'un but : la baisse des salaires, la paupérisation des services publics et de la protection sociale... (chômage, maladie et retraite) avec l'Europe comme coeur de cible bien évidemment puisque c'est le lieu dans lequel toutes ces protections sont les plus élevées.

    Quant au Parlement de Strasbourg  à l'absentéisme sans égal : on y compte plus de lobbyistes que de députés même lorsque l'hémicycle est au complet.

     

    gilets jaunes face aux médias et à la classe politique

    CRS face aux Gilets jaunes : des pauvres contre des pauvres !

     

     

                     Il est bon de garder à l'esprit que la liberté d'expression, la liberté de rassemblement protègent ceux qui en ont besoin bien qu'ils ne soient pas si nombreux finalement ; d’où la faiblesse avec laquelle ces libertés sont défendues d’autant plus que les politiques n’oublient jamais de mettre à l’honneur la police et la gendarmerie alors que tous les gouvernements les méprisent : les militaires montés sur Paris dans le cadre de la lutte contre le terrorisme seront logés dans des locaux insalubres (couchage indigne, pas de douche), et dans les commissariats ce sont des rats et des cafards qui prospèrent ; là, l’hypocrisie est à son comble ; elle dit tout de la scélératesse de ceux qui font face aux Gilets Jaunes.

    L’hypocrisie et le mépris, encore le mépris ! Et pas un mot des médias à ce sujet.

    Il est surprenant qu’il n’y ait pas eu de défections du côté de ces forces de l’ordre ; et de la justice pareillement méprisée par les gouvernements !

    Devoir de réserve oblige ?

    Des CRS, des gendarmes blessés ? Certes ! Mais... de mentionner dans le détail les centaines de blessés Gilets jaunes (grenades GLI – F4 à l’usage contesté et balles en caoutchouc),  ceux qui ont perdu une main, un oeil.... et d'autres… souffrant de séquelles à vie, les médias s’en sont bien gardés.

     

    gilets jaunes face aux médias et à la classe politique

    Macron, quant à lui, est soupçonné d’avoir cherché le chaos et d'avoir joué la montre dans sa gestion de la contestation, tout en s’assurant que les médias se fassent les relais des dégradations commises ; c’est la raison pour laquelle il choisira, dès son retour d’Argentine, d’aller le matin même, avec les médias « vers la casse et la souillure » dans un seul but : rallier à lui des classes moyennes indignées et effrayées, classes sans lesquelles il ne peut espérer  « avoir le dessus » sur les foyers qui n’ont de cesse de « boire la tasse » sur-représentés et sur-mobilisés chez les Gilets Jaunes ; classe sacrifiée sur l’autel non pas d’une transition écologique fantomatique mais bien plutôt sur les exigences monétaristes des marchés financiers :  ces fossoyeurs de la souveraineté des Etats et des Peuples.

    Cris d’orfraie et posture, la Marianne énuclée de l’Arc de triomphe fera un temps la Une ; un Arc de Triomphe symbole de la République ? Voyons ça de plus près : 1806 construction - 1836 finition ; de Napoléon 1er Empereur à Louis Philippe roi de France issu de la Restauration – volet 2 après Charles X.

    Mais alors, où est alors la République dans ce monument ?

    Tombe du soldat inconnu souillée ? Là encore, où était la République dans cette boucherie des classes populaires de 14-18 ?  

    La Marianne énuclée de l’Arc de triomphe dans la défaite de la macronie, n’est-elle pas finalement le vrai visage de notre République, gueule cassée, borgne, énuclée de ses classes populaires et du souci d’une justice sociale qu’il nous faut toujours et encore déplorer ?

    Casse des vitrines, mobilier urbain, manque à gagner des commerçants…  rappelons que la démocratie, ce n’est pas gratuit : c'est payant. Ca coûte ! Reste alors pour tout un chacun de trouver un pays dans lequel, même au nom de démocratie, il est interdit d'interférer avec la bonne marche des affaires !

     

     

                  Avec un ministre de l’intérieur cynique et manipulateur - de la graine de politicien c’est sûr ! petite main servile de toutes les figures de proue  des grandes erreurs tragiques de l'histoire (les historiens oublient souvent l’entourage de ces figures) -, l'obsession des Etats c'est de faire contre mauvaise fortune un bon usage opportuniste des circonstances auxquelles ils sont confrontés car cette colère du peuple, l’Etat et les médias l’entretiennent - il vous la garde au chaud pour ainsi dire ! - tout au long de l’année dans l’espoir que vous la lui rendiez bientôt au centuple lorsque vous lui remettrez les « pleins pouvoirs » au cri de « Protégez-nous ! » ; une injonction crédule et suicidaire car, l’Etat ne protège que l’Etat. Et l’Etat sort toujours plus fort d'une tentative de remise en cause, et le Peuple plus faible et plus dépendant encore.

    Toute l’année durant, les médias – leurs éditorialistes en particulier - moquent les demandes d’augmentation de salaire, se félicitent des cadeaux fiscaux des plus riches au nom de la sacro-sainte « compétitivité de nos entreprises » dans lesquelles ces chroniqueurs et autres experts ne mettent jamais les pieds ; aujourd'hui, ils reçoivent les Gilets jaunes et feignent de comprendre leur situation. Mais alors, tous ces Gilets jaunes présents dans les médias réalisent-ils qu’ils sont « en garde à vue » ? Car enfin, questions après questions, tous ces médias n’attendent-ils pas qu’ils dérapent ou bien qu’ils cèdent à leur insu, et qu’ils finissent par adhérer à cette logique médiatique et gouvernementale d’une résignation qui n’ose pas dire son nom ou du moins, d’une sorte de fléchissement de leur volonté ?

    La Fontaine n'a jamais eu autant raison :" Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute".

    France Info, BFM-TV, LCI et Cnews qui a sans doute pris la mesure de l’événement en choisissant des commentateurs de football (Pascal Praud entre autres, animateur de propos de café du commerce) pour accueillir les Gilets Jaunes et leur parole, certes pour l’heure les médias flattent le mouvement et pour certains d’entre eux, manifestement pas mécontents d’être face aux caméras, leur ego. Demain viendra la saturation ; et si les résultats ne sont pas au rendez-vous, le sentiment d’être face à une coquille vide ; vide de sens, vide d'efficacité, vide de perspectives et vide d’espoir. C'est alors que la diabolisation, le rejet, le mépris seront de mise à nouveau (chassez le naturel il revient au galop !) car, les yeux rivés sur les sondages quant à leur popularité à tous, déjà à l'affût, bientôt la machine étatique et médiatique se mettra en marche ; un seul objectif discréditer ces hommes et ces femmes : atteinte à la sécurité de l'Etat, poujadisme, populisme, racisme, antisémitisme, fascisme et nazisme, la boucle bouclée … ils seront alors responsables de tous les maux ;  entre autres : des milliards de manque à gagner pour notre économie alors que le seul responsable se trouve à l'Elysée ; l'Elysée et sa catastrophique gestion de la crise depuis 4 semaines. 

    En plein marasme, France Culture apeurée (décidément, on ne peut pas cacher longtemps d’où l’on vient !) pose la question suivante, sans doute dans le but de se rassurer : qu’est-ce qui fonde un refus inconditionnel de la violence ? interroge cette radio à propos de ceux qui, dans leur combat, auraient banni le recours à la violence pour obtenir gain de cause.

    Si on écarte un temps les esprits prompts à la soumission (celui des brebis de l'existence face aux loups), on s'empressera de répondre que ce refus inconditionnel du recours à la violence sur les personnes et sur les biens trouve son fondement auprès d'une classe qui n'a pas besoin d'y recourir (ou qui n'en a plus besoin) excepté dans le cadre et sous le masque de la gestion économique, politique et sociale de leur propre pays ou d'un projet tel que l'U.E : cadeaux fiscaux aux plus aisés, baisses des salaires et des retraites, paupérisation de l'Etat providence, attaque des services publics.... en particulier : l'hôpital et la Sécurité sociale ; violence sourde, intime, extrême dans les faits, dans ses applications, dans son vécu.

    De plus, ignorer que TOUT est violence... c’est ignorer l’Histoire ; certes, la violence des dominants n'est jamais analysée ni commentée par ceux qui les servent (le personnel médiatique, la bourgeoisie et ses universitaires – sociologues principalement)  qui sont aussi les seuls autorisés à prendre la parole dans les médias et à traiter ce sujet ( médias que possèdent les dominants, leurs patrons et clients à tous) ; personnel médiatique payé pour ne commenter que la violence des dominés ; violence dont les médias se repaissent : un vrai régal toutes ces images ! Une opportunité de plus à saisir par ceux dont le travail consiste à discréditer, ridiculiser, fanatiser tous ceux qui refusent de « crever » en silence, humiliés et déshumanisés (alcool, dépérissement physique, suicide) ; victimes collatérales expiatoires… par milliers, par millions… minuscules, anonymes, excepté pour leur famille.

    Il est temps que France Culture cesse de tenter de se hisser plus haut que son véritable souci pour les classes populaires ; il suffit de se reporter au programme « les Matins de France Culture » animé par un Guillaume Erner pour se convaincre de la superficialité de ce souci. Aussi, on conseillera à cette radio de se contenter de diffuser les archives de nos derniers grands esprits (des années 30 aux années 70) avant l’effondrement : le journalisme politique c'est un vrai métier ; or, ce métier n’est pas celui de cette radio.

     

                                   Vous avez dit Gilets Jaunes ?

     

    Les Gilets jaunes, cette alliance inédite du prolétariat, des classes populaires, des retraités, des chômeurs, des classes moyennes et de la petite bourgeoisie (commerçants et artisans) représente un véritable danger pour le Système (2).

    Les causes de cette alliance inespérée sont bien évidemment le déclassement et le tassement qui s’en est suivi des classes moyennes dont les revenus rejoignent à quelques centaines d’euros près, ceux des classes populaires.

     

    gilets jaunes face aux médias et à la classe politique

    Macron et la Macronie, cette bulle politique aurait-elle alors explosé en vol ? Certes, Macron est tout nu ; finies les gamineries jupitériennes de ce Président enfant roi, défiant, arrogant et orgueilleux, qui s’est brûlé les ailes tout seul ; il est tombé du haut de son propre poids : poids plume ; de dédale en dédale, Icare n’est pas près de sortir de son labyrinthe !

    Car c’est toute la com de Macron qui s’effondre et toute la classe politique et médiatique qui n’a pas fini de payer cette « com » dont ils se sont fait les relais, cirque ridicule à leur échelle à tous, mise en scène insultante de bêtise et d’indignité à l’échelle des foyers qui peuvent tout juste nourrir leurs enfants dans l’humiliation d’une mère et d’un père qui ne peuvent répondre à leurs besoins ; ce qui en dit long sur ceux qui entourent et conseillent Macron.

    On évoque à propos des troupes de Macron élues à l’Assemblée, la société civile ? Mais quelle société civile ? La médiocrité et l’inexpérience de ces troupes permet surtout d’imposer le silence et la mise au pas d’hommes et de femmes sans culture politique, sans recul historique, sans caractère, sans volonté. Pour cette raison, est-il présomptueux de prédire que tous ces élus de la dernière heure, dont c’est le premier mandat, ne peuvent plus espérer faire carrière tout comme leur leader et gourou ? Ce qui n’est certainement pas une mauvaise nouvelle en soi. Il leur faudra, comme nous tous, aller bosser ! 

    Trop pressé de répondre aux desiderata de ceux qui l’ont accompagné jusqu’à la porte de l’Elysée, sans doute Macron a-t-il pensé que les classes populaires françaises étaient suffisamment désillusionnées, comme brisées, à genoux - on pensera aux Grecs, aux Portugais ou aux Espagnols (des « peuples paillasson » sur lesquels l’oligarchie mondiale s’essuie les pieds à loisir ?) -,  pour se laisser dévaster et mourir en silence.

                   Lourde responsabilité que celle des médias ; leurs têtes d’affiche ont soutenu la candidature de Macron dans lequel très vite, tous se sont reconnus car, pour les plus jeunes d’entre eux, Macron c’est eux par procuration ; rêves de grandeur et ambitions illimitées (présenter le JT de 20H ?) ; quant aux installés quinquas et sexagénaires : « Lui, Macron, saura enfumer les électeurs et protéger nos intérêts ! » ; lourde responsabilité aussi de ceux qui ont fait de cet enfant pourri-gâté, le pire des hommes à la tête d’un Etat dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, un candidat à la présidence mettant tout en oeuvre pour qu’il soit assuré d’être élu. Ces médias et ces hommes-là issus de la banque, de l'assurance, accessoirement de la politique, magnats des médias et autres millionnaires, ont mis la France en danger pour le seul bénéfice de leurs intérêts : BNP, AXA, Jacques Attali (entremetteur professionnel à la tête d'une agence de cover-girls et de cover-boys de la politique qui ont pour clients l'Hyperclasse), Michel Collomb, Pierre Bergé, Niel et Pigasse, Patrick Drahi (via BFM-TV) … liste "complète" ICI (quotidien régional Sud-Ouest).

    Macron maintenant en difficulté ? Evidemment, rien n’est jamais perdu pour ces mécènes de la politique ; soyons assurés qu’en 2022, de leur chapeau sortira un « non présidentiable » ( attention ! il se pourrait bien que MLP ne puisse plus service de repoussoir) seul opposant au candidat sortant « du système » ( Macron ou un autre si ce dernier n’est plus jugé capable de porter les réformes qu’ils exigent - tout comme pour Hollande ; et ça, ils le sauront très vite...), alors que seule une crise pourrait faire que tout l’édifice érigé voilà 30 ans et plus (depuis la défaite de la gauche en 1983) s’effondre même s’il est pour l’heure impossible de penser à un candidat, un parti, un mouvement... capable d’être à la hauteur de cet enjeu-là ; celui d’une crise aux conséquences irréversibles.

    Quant au Premier ministre, pour le remplacer, on évoque François Bayrou… homme sans qualité qui attend, tapi dans l'ombre, qu'un plus mauvais que lui échoue car Bayrou semble avoir compris que l'on trouve toujours plus médiocre, plus soumis (Bayrou, fils de métayer, est obsédé par le remboursement de la dette) que soi ! C'est sûr ! Macron n'est rien, juste un agent de l'oligarchie mondiale ; Bayrou se propose sans doute d'être un peu moins que rien.

    Aujourd’hui, finalement, être candidat à une élection n'est-ce pas déjà, et surtout, avoir démissionné en trahissant :  refus de tenir tête à ce projet mondialiste sans honneur ni justice qui fracasse les pactes sociaux et les cultures ? Aussi, il faudra sans doute que les Gilets jaunes se débrouillent seuls, ne comptant que sur eux pour inventer des formes alternatives d'organisation de nos existences car la macro-politique est morte et bien morte ; des taux d'abstention record à toutes les élections ne sont pas près de fléchir ; la rupture, le retrait sont consommés.

    Nous y reviendrons plus tard.

     

                     La peur  des éditorialistes, des chroniqueurs et autres intervenants des médias, de Natacha Polony (3) à Philippe Bilger (rebelle sans cause), à propos de ce mouvement - où va-t-il ce mouvement, où s’arrêtera-t-il ?- cette peur-là n’est pas nouvelle ; cette peur est vieille de mille ans ; c’est la peur de la Bourgeoisie ( en tant que catégorie et classe politiques et économiques) quand en bas ça bouge ; il ne s’agit pas d’une peur qui serait le fruit d’une analyse des événements et de leurs acteurs - une analyse distanciée, lucide, objective, informée et avisée -, mais d’une peur propre à ceux qui voient leur confort moral (« Je suis un type bien finalement ! » - jusqu’au jour où il leur faut demander et soutenir que l’on tire sur la foule) et leur confort matériel (« Ce mouvement, qu’est-ce que ça va me coûter, qu’est-ce qu’ils vont me prendre, qu’est-ce que je vais perdre ? ») menacés ; car tout au fond de lui,  le Bourgeois (ou le social-traître quand il est question d’un individu issu des classes populaires maintenant sorti du rang) sait qu’il est un salaud ; c’est la raison pour laquelle il choisit la violence verbale (voyez les prestations des Goupil et des Cohn-Bendit face aux Gilets jaunes  ! Et dire qu’ils ont fait Mai 68 ! Tous ont pris 40 kilos depuis : régime foie gras, caviar, meilleurs crus du bordelais et de la Bourgogne oblige !) ou bien la violence des armes et des véhicules blindés dès qu’il se sait contesté jusqu’à la remise en cause de son statut et de ses privilèges.

    Quant aux syndicats…

    Abandonnés par ces syndicats du public et du privé lâches et veules, à la tête desquels la bourgeoisie, des carriéristes, des planqués ( Comment échapper au travail !), des mous du genou ont su se positionner au fil des ans, de compromis en compromis avec les organisations patronales… on se souviendra longtemps que les syndicats-bastille-république auront refusé de prendre le « train Gilets jaunes » en marche pour la simple raison qu'ils ne souhaitent pas monter dans un train dont ils ne contrôlent ni la vitesse ni la destination, sans oublier le fait qu'ils ne décideront pas non plus du moment où il faudra descendre en marche ou à l'arrêt.

    Ah ! le contrôle, toujours le contrôle !

    Voyez ! Le peuple est dans la rue, les syndicats n'ont qu'un message : " Cachez ce peuple que l'on ne saurait voir sans trembler ! Aussi, qu'il rentre chez eux !" En religion, nous savions tous que c'est le Christ que l’on crucifierait une seconde fois si d'aventure il devait nous rendre visite ; en politique, c'est le petit peuple que l'on abandonne à son désespoir avant sans doute d'ordonner qu'on fasse donner la troupe et tirer au canon : les Guizot et les Thiers sont de retour.

    Obsolètes, caducs, ces syndicats sont eux aussi certainement en sursis. Force est de constater que, là encore, il faudra inventer un autre mode représentation, de résistance et d’établissement d’un rapport de force qui permette d'obtenir des résultats.

    Après les médias et la classe politique, il semblerait que ceux qui souhaitent sortir de la misère, de la pauvreté et de la précarité n’aient plus besoin d’eux non plus.  

     

                 Il faut bien reconnaître que… rusés, les médias ont très tôt exercé un « chantage à la récupération politique » contre les partis et les syndicats tentés de commenter ou de reprendre à leur compte les revendications des Gilets jaunes ; des députés ont été aussi visés par ce chantage ; ils mettront plus de deux semaines à passer outre car enfin, comment un élu local, élu d’une circonscription, pouvait-il rester indifférent ?

    C’était bien essayé de la part des médias qui sont aujourd’hui capables d’entraver en toute impunité le processus démocratique par le contrôle des élus et des corps intermédiaires face à un mouvement hors norme, et ce aux fins de l’isoler car, une règle une seule prévaut : ces mouvements ne doivent en aucun cas bénéficier d’un soutien institutionnel.

    Les médias seront donc parvenus à faire en sorte qu’un intérêt timide, qu’un soutien très confidentiel viennent encourager, voire soutenir, à mi-mot et à mi-voix, les actions et les revendications de Gilets jaunes autonomes et déterminés.

     

     

                   Depuis 20 ans « Le Système » avec la complicité encore une fois des médias et de la classe politique, a cru pouvoir miser sur des élections d’élus élus par défaut ; du député au Président ; dans ce contexte, on ne rappellera jamais assez combien Macron a été mal élu, ce qui n’empêche pas le mépris durant la gestion de la crise des Gilets Jaunes ;  un mépris consubstantiel à l’exercice du « pouvoir » car si tous ne peuvent pas ne pas être vus lorsqu’ils l’exercent, en revanche il est de la plus haute importance qu’aucun d’entre eux, dans la mesure du possible, ne soit le témoin des conséquences de son action au jour le jour. Dans le cas contraire, l’exercice du « pouvoir » deviendrait l’apanage de sociopathes et de pervers narcissiques seuls : des individus étanches ; aucune morale ne les atteindra, aucun regret, aucun remords.

    Pour preuve de ce mépris récurrent : la juxtaposition "menace de fin du monde" et "soucis de fin de mois"  de Macron n’aura qu'un but : écraser des soucis pécuniaires auxquels on ne peut plus apporter de réponse sous le poids d'un fléau mondial, car, en politique, plus on est impuissant, plus le mépris est un recours car ce sont bien des fantômes qui nous font face, des fantômes que ce soit à l’Elysée, à Matignon ou bien encore, à l’Assemblée nationale, tous partis confondus ; des fantômes, trou noir de la politique.

    C’est maintenant entendu : Macron c’est l’homme de Bercy ; un Bercy sous l’œil scrutateur de la Commission européenne (la super-structure)…  une commission sous  contrôle des Marchés financiers (l’hyper-structure)… instruments qui met en concurrence l’ouvrier de Clermont-Ferrand avec l’ouvrier roumain ; ce dernier avec celui de Shanghai.

    Nul doute : c’est bien l’hyper-structure mondialiste qui porte la responsabilité de la bascule de nombre de pays européens en faveur de régimes autoritaires même s’il est difficile de s’en désoler car, c’est bien des hommes de poigne qui seuls peuvent contrer une logique monétariste de type fascisant d’autant plus que ne sont pas l’intelligence, la responsabilité ni la clairvoyance qui guident l’hyper-classe mais une idéologie qui ne connait et ne reconnait que la compétitivité et la rentabilité : optimisation de la ressource humaine, sueur, sang et eau !

                  L’Elysée, Matignon, l’Assemblée Nationale, le Sénat, tous ces lieux de « non pouvoir » ! Bercy, la Commission, les Marchés financiers, c’est Macron qui disparaît minuscule, écrasé puis enseveli. Alors, vous pensez bien : un chef d’Etat pourquoi faire et pour faire quoi ?

    Comme un fait exprès, Macron ne l’est pas « chef d'Etat » et ne le sera jamais d’autant plus qu’il n’est pas nécessaire qu’il le soit ni attendu par ceux qui l’ont désigné même s’il aurait été bien plus approprié de le nommer à la tête d’un paradis fiscal (île de Malte ou de Jersey) là où il aurait fait sans doute des merveilles.

    Les Gilets jaunes eux sont à leur place ; ils persistent et semblent s’installer dans un rapport et une épreuve de force sur la longue durée.

     

                               Vous avez dit Gilets Jaunes ?

                               Médias dominants, classe politique, syndicats… jamais ils ne changeront, rien ni personne !

    Quelle que soit l’issue de ce soulèvement, rappelons que tous peuvent être fiers de leur action, fiers d'eux-mêmes car nous sommes fiers d'eux démesurément ! Qu'ils sachent aussi qu'on les aime et qu’on aime cette France abstentionniste qui est descendue dans la rue ; cette France qui a compris qu’elle n’avait plus rien à attendre des médias, de la classe politique et des syndicats en ce qui concerne ses luttes pour une vie décente car tout ce beau petit monde ne rechignerait pas à les laisser mourir ou bien plutôt, crever, à petit feu, en silence et dans l’indifférence la plus absolue ( comme pour ces agriculteurs, faillite après faillite, suicide après suicide), assurés que les naufragés du continent africain seront à terme appelés alors à occuper leurs emplois mais à 60% du SMIC pour un plein temps, cela va sans dire ! Car, dans le cas contraire, à quoi bon !     

    Les Gilets Jaunes ont créé un précédent : ils ont révélé au grand jour, prouvé au plus grand nombre, qu’il n’était plus nécessaire d’attendre quoi que ce soit de tous ces acteurs alliés et complices : alliés dans l’intérêt ; complice dans le crime pour non-assistance à foyers en danger

                 Aussi...

                 Président, gouvernements, députés, sénateurs, conseillers municipaux, départementaux, régionaux, maires, syndicats, médias dominants... tous devront s’organiser sans eux et à chaque fois que la colère sera nécessaire, et aussi longtemps que la tentation de « les tirer comme des lapins » ne sera pas une option :

     

              « Elections ? Vous avez dit élections ? Mais alors, qu’ils s’élisent tous entre eux ; qu’ils se démerdent ! Que la politique devienne le rendez-vous des partouzards ! Les élus ? Les membres d’un club échangiste pour une vaste orgie incestueuse ! Nous, les classes populaires, nous leur ferons les poches à la sortie des bordels et autres lupanars ! » aurait pu entonner ce petit peuple que Coluche n’aurait certainement pas désavoué.

     

     

    1 - Michèle Cotta, un demi-siècle au service des politiques, principalement de la fausse-gauche. Mais alors, comme elle les a aimés tous ces Mitterrand, ces Jospin, ces Chirac... fascinée qu'elle était et demeure ! Comme elle les a tous accompagnés, un genou à terre, puis deux, à hauteur de braguette… aujourd’hui encore présente sur les plateaux télés, occupée à trouver des excuses au jeune Macron : abjecte destinée que la sienne.

     

    2 - D’aucuns s’aventurent à conjecturer : « Heureusement qu'ils sont majoritairement blancs et catholiques de culture tous ces gilets jaunes ! Arabes et/ou Musulmans, les médias n’auraient sans doute pas hésité à évoquer un « Daech dans les rues de Paris ! Aux armes citoyens ! » ; et c’est alors que des voix se seraient élevées pour qu’on « les tire comme des lapins »... notamment du côté du magazine Causeur et de sa bande, E. Lévy en tête, sans oublier Zemmour, Finkielkraut, BHL, Goldnadel et consorts.

    Quant au FN…

     

    3 – Une Natacha Polony qui semble découvrir le monde chaque matin à son réveil  alors que ce qu’elle croit être « ses analyses » sont présentes sur Internet depuis 10 ans ; sans doute a-t-elle un public qui ne rechigne pas à être informé des années après tout le monde.

     

     ______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Onfray à propos des Gilets jaunes

    Lien permanent Catégories : Gilets Jaunes, Medias, désinformation et ré-information, Présidentielle 2017 et après 1 commentaire
  • L'humanisme européen raconté par Fernand Braudel

     

     

                  Dévastation des nations, des cultures, des coutumes, des usages  au nom d'un mondialisme pour laquelle les êtres humains ne sont que des ventres à remplir ou des Peuples à affamer et à bombarder... c’est selon leur niveau de soumission ou de résistance...

    Diabolisation de tout individu qui refuse d'adhérer à l’univers conceptuel de ce projet mondial… 

    Instrumentalisation de l'Islam aux fins de condamner des régions entières à une marginalisation irréversible...

    Hégémonie d’une alliance américano-israélo-saoudienne (l’Europe en soutien) qui a pour seul programme :  la captation et le pillage des ressources ainsi que le vol de la terre, sans oublier "la casse" des pays récalcitrants et les bombes contre les gouvernements et les Peuples qui s'y opposent...

    Chantage à l’antisémitisme et bannissement contre quiconque critique publiquement le soutien de la France à un Etat qui n'a aujourd'hui plus rien à envier à l'Afrique du Sud du temps de l'Apartheid, de l’Elysée à Matignon, de l’Assemblée au Sénat et de tous les médias dominants et des institutions européennes...

     
    Construction d’une Europe-instrument d’une mondialisation qui n’est dans les faits qu’une guerre contre les salaires et les acquis sociaux...

     

                   A l'heure de toutes ces calamités, remémorons-nous, le temps d'une lecture, ce qui a fait la grandeur de l'Europe, aujourd'hui en danger, sans doute irréversible - son humanisme -, avec Fernand Braudel : extrait de l'ouvrage : "Grammaire des civilisations" rédigé en 1962 - en partie révisé en 1966 et 67.

                  "... Aspect fondamental de la pense européenne, forgé au XIXe siècle  par les historiens allemands, Pierre de Nolhac auteur de Pétrarque et l’humanisme a revendiqué l’honneur d’avoir introduit le mot humanisme dans la langue officielle de l’Université française en 1886. Un mot tardif donc car jusque-là on connaissait les humanistes et le mot s’appliquait à un groupe d’hommes précis qui, aux XVe et XIe siècles, s’étaient eux-mêmes donné ce nom.

    Mais le mot humanisme n’est pas resté lié aux seuls « humanistes » et au seul « esprit de la Renaissance italienne et européenne ». Il a été cela et bien autre chose encore, au point qu’on a relevé les expressions d’humanisme nouveau, humanisme chrétien, humanisme pur, et même technique et scientifique.

    Sur le plan de l’Histoire, on parlera tout aussi bien de l’humanisme du XIIe siècle que de celui de la Renaissance ou de la Réforme, de l’humanisme de la Révolution française.

                 Empruntons à Augustin Renaudet une définition large :

    « On peut définir sous le nom d’humanisme  une éthique de la noblesse humaine. Orientée à la fois vers l’étude et l’action,  elle reconnaît, elle exalte la grandeur du génie humain, la puissance de ses créations, oppose sa force à la force brute de la nature inanimée. L’essentiel demeure l’effort de l’individu pour développer en lui-même, au moyen d’une discipline stricte et méthodique, toutes les puissances humaines, pour ne rien laisser perdre de ce qui grandit l’humain et le magnifie. “Tendre d’un effort ininterrompu, dit Goethe au début du Second Faust, vers la plus haute forme de l’existence“. Pareillement Stendhal disait à Eugène Delacroix en 1850 : Ne négligez rien de ce qui peut vous rendre grand. »

              Cette merveilleuse définition devrait suffire. Mais elle ne signale pas assez fortement le sens même du mouvement. D’une certaine façon aussi, l’humanisme est toujours contre : contre la soumission exclusive à Dieu ; contre toute conception uniquement matérialiste du monde ; contre toute doctrine qui négligerait l’homme ; contre tout système qui réduirait la responsabilité de l’homme car la foi en l’homme est au centre de tout humaniste et humanisme.

    Élan, démarche batailleuse vers une émancipation progressive de l’homme, attention constante aux possibilités, pour l’homme, d’améliorer ou de modifier son destin, l’histoire de l’humanisme, saccadée, coupée d’arrêts, de reculs, de contradictions évidentes dont est pavé le passé entier de l’Europe semble toujours avoir vécu dans la recherche inquiète d’une solution autre que celles de l’heure présente, à ses problèmes et à ses difficultés. D’où un désir presque maladif d’aller vers le nouveau, le difficile, l’interdit aussi, et bien souvent le scandale.

             Trois cas exceptionnels significatifs se présentent à nous : l’humanisme de la Renaissance, l’humanisme de la Réforme qui est son contemporain (1) ou presque, puis, fort loin d’eux, au XVIIIe siècle, l’humanisme véhément de la Révolution française.

              L’humanisme de la Renaissance se présente comme le dialogue de Rome avec Rome, de la Rome païenne avec la Rome du Christ, de la civilisation antique avec la civilisation chrétienne.

    Erasme, Rabelais, Montaigne… à côté de chaque humaniste, latinistes et hellénistes passionnés, on peut reconnaître avec un sourire de complicité ou de malveillance, l’Ancien qui le conduit par la main.

    L’humanisme de la renaissance est-il une lutte contre le Christianisme ?

    Qu’elle se détourne de l’enseignement traditionnel de la scolastique et de la théologie, c’est certain. Qu’elle fasse ses délices d’une littérature antique toute païenne et que le sens du mouvement de sa pensée soit l’exaltation de l’homme et que la conscience aiguë des possibilités multiples de l’homme ait préparé longtemps à l’avance toutes les révolutions de la modernité et aussi l’athéisme, nul ne le contestera.  

             L’humanisme protestant, cet immense fleuve luthérien et calviniste de la Réforme prend sa source entre le XVe et XVIe siècle sous le signe de la révolte et de la liberté. Il touche très vite les masses. Romantique et révolutionnaire, Luther hurlera : «ce n’est plus un monde comme hier où les gens étaient chassés et conduits comme du gibier». L’opposition à Rome, aux abus et aux désordres de l’Eglise est totale.

    Même si les premières églises protestantes n’ont pas créé la liberté religieuse pour laquelle elles avaient pris les armes - persécutions sans nombre dans ses propres rangs, procès, assassinats, crimes, bûchers dressés -, le savoyard Sébastien Castellion sera désormais une des lumières annonçant la voie nouvelle où finalement le Protestantisme  s’engagera.

    Dans un jeu d’influences réciproques, poussant l’Europe vers une indépendance spirituelle, la liberté de conscience chez les Protestants et l’évolution générale de la pensée philosophique et scientifique de l’Europe s’insèrent dans le grand siècle libéral : droit au libre examen, critique historique des textes sacrés jusqu’à ignorer cette scission du laïque et du religieux.

              L’humanisme révolutionnaire d’une Europe qui reste à la fois révolutionnaire et contre-révolutionnaire, issu de la Révolution française au retentissement  européen et mondial, la France devenant alors « l’âme du monde à cheval » - le mot est de Hegel -, cet humanisme-là évoquera la légitimité de la violence au service du droit, de l’égalité et de la justice sociale, de la patrie jalousement aimée car le courage de la violence – courage de mourir ou de frapper -, ne s’accepte que s’il est le seul moyen de fléchir le destin, de le rendre plus humain, plus fraternel.

               Retrouvons à nouveau Auguste Renaudet et son humanisme, éthique de noblesse humaine : « Une telle éthique impose à la société un effort constant pour réaliser, en elle, la plus haute perfection des rapports humains ; une immense conquête, un immense travail de culture, une science toujours plus élargie de l’homme et du monde. Cette humanisme fonde une morale individuelle et collective ; il fonde un droit et une économie ; il aboutit à une politique ; il nourrit un art et une littérature ».

     

    ***

     

             Jamais cette éthique-là n’a été autant moquée, bafouée, méprisée, piétinée, martyrisée puis finalement ignorée d’une oligarchie mondiale vorace, crapuleuse et barbare... au service d'un projet mondial d'une régression sans précédent.

     

     

    1 - Dommage que Braudel n'ait pas su voir dans le Christianisme un humanisme - sans doute le premier -, avec le pardon, la compassion et la miséricorde.

     

     _______________

     

    Pour prolonger,  cliquez : Les enjeux du mondialisme

     

                       

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Etudes sur le genre : en être ou ne pas en être.... qui, quoi et comment - 2

                    

     

                    Simone de Beauvoir, Judith Butler...

                    Les années ont passé, «Trouble dans le genre» a continué son chemin, et avec ceux qui étaient motorisés... sa route, sans son auteur.

    Confusion des genres... le malaise s’est accentué lorsque des prétentions universalistes ont été avancées ; prétentions qui ressemblent fort à une injonction d’obtempérer à propos de l’indétermination des genres, voire… de leur non-existence, faisant des hétéros (et des homos aussi, embourgeoisés et pénards) bien assis sur leurs convictions, debout sur leurs deux jambes mais sans arrogance pour autant, des refoulés névrosés ; c’est Knock qui fait son grand retour car n'en doutez pas un seul instant :  un hétéro bien dans sa peau (et un homo), c’est un Queer et un Transgenre qui s’ignorent.

    Il est bon de rappeler que les "gender studies" sont conduites en majorité par des femmes - une explication s'imposera ; elles ont été longtemps brimées -, militantes lesbiennes, célibataires sans enfant qui ont élu domicile dans des campus universitaires à la vie minuscule - microcosme et ghetto -, comparée à un réel sans bornes ni frontières, d'une complexité et d'une diversité gigantesques et insondables.

    Est-ce à dire que toutes ces études seraient leur mauvaise conscience à tous ? Mauvaise conscience qui alors relativise la portée universaliste et la puissance de raisonnement de tous ces acteurs « juges et partie » pour lesquels ces études sont autant un sujet dans lequel s’investir intellectuellement qu’une thérapie ? Pour ne rien dire d'une recherche de légitimation de leurs choix de vie car, rien n'est plus contraignant et culpabilisant que la marginalité même si l'on se serre les coudes et que l'on se tient chaud les uns les autres dans un entre-soi à la fois sécuritaire et réconfortant, et plus encore, lorsque qu'un désir de reconnaissance sociale vous taraude encore malgré tous vos renoncements, notamment auprès des intellectuels, des cercles universitaires et des médias.

    Certes, on se soigne comme on peut  : soit avec des médocs (merci la psychiatrie !), soit avec un investissement de soi sur soi dans un monde qui n’attend personne au bord de la route et n’écoute qu’une voix : celle du bon sens dans le sens de ses affaires et du contrôle de tous. Encore et toujours le contrôle !

                  Tout questionnement est salutaire d‘où qu’il vienne. Ce qui est regrettable, ce sont les conclusions d’un tel questionnement ; conclusions qui confirment la mauvaise conscience qui taraude leurs auteurs.

    Finalement, on se demandera s'il n'y a pas plus "aliéné" qu'un chercheur- chercheuse-militant-militante en "gender studies". Et puis, qui nous dit que tous ces LGBT (lesbiennes, gays, bi-sexuels et trans) ne sont pas les victimes d’un conditionnement culturel ? Cette nouvelle génération-là, post-de- Beauvoir et post-Butler, ne serait-elle pas aujourd’hui hétéro si elle n’avait pas baigné dans une autre culture que celle des LGBT ?

    Quant à prétendre que la remise en cause des "études sur le genre" est réactionnaire… ce qui est réactionnaire c'est de nier qu'il ne puisse jamais y avoir un décalage entre le sexe biologique et l'identité sexuelle d’une personne ; et rares sont ceux qui s'y collent : tout le monde connaît la problématique transsexuelle depuis les années 70 ; la souffrance d'une femme dans un corps d'homme, d'un homme dans un corps de femme.

    Il n'y a pas plus femme qu'une lesbienne finalement ; pour preuve, le fait qu'elle recherche en priorité la compagnie des femmes et non celle des hommes, et le fait qu’elle ne se trompe jamais ; Simone de Beauvoir non plus quand elle mettait dans son lit de jeunes étudiantes. Idem quant à l’homosexuel qui n'envisage pas d'intimité avec une femme. Eux tous ne s'y sont donc pas trompés quant à leur capacité à pouvoir identifier un homme, partenaire sexuel potentiel, ou une femme… selon le cas.

                   A propos de la domination masculine et hétéro... et si cela peut être considéré comme « ringard » de n’être qu’hétéro… on pensera à Beatriz Preciado (auteure espagnole) qui se dit queer : testostéronnée comme personne, elle a la réputation de ne jamais se déplacer sans un gode- ceinture de 26 cm (rien moins !) avec une seule idée en tête : en faire un usage immodéré sur tout ce qui de près ou de loin ressemble à être humain… à partir de quel âge ? Elle ne précise pas ; et pour les animaux non plus.

    A son sujet, on peut être sûr d’une chose : si elle est queer, elle est aussi et surtout une femme qui n’a qu’un regret : ne pas être un mec obsédé bi-sexuel équipé d’un pénis  de 26 cm de long. Et ça, si c’est pas ringard ou réac comme aspiration, alors, les mots n’ont plus aucun sens.

                  Qu'on se le dise : les hommes existent bien et les femmes aussi. Ceux qui nous le rappellent, et avec quelle acuité et quelle urgence ! sont précisément ceux qui, nés homme, n’ont qu’un désir : être femme ; et celles qui, nées femme, n’ont qu’un souhait : devenir homme.

    Il suffit de se pencher sur leur souffrance à tous - jusqu’à se donner la mort parfois - (même après une opération et un changement d’état civil) -, pour réaliser à quel point l’homme est homme tout simplement parce qu’il ne lui viendrait pas à l’idée de souhaiter être une femme, et la femme… être un homme, en l'absence de tout appel intérieur d'une exigence incompressible pareille à une douleur insoutenable.

    Curieusement, ce n’est pas la norme qui confirme cette loi mais… la rupture avec cette norme qui nous guide, nous tire et nous ramène vers cette loi d’une nature-culture décidément têtue et qui plonge dans le désespoir celles et ceux qu’elle maltraite injustement ; nature-culture qu’il serait vain de dissocier et tout aussi spécieux de dénoncer car après tout, un transsexuel est autant guidé par la nature que par la culture : celle de la civilisation auquelle il appartient et qui lui aura permis l'identification du mal qui le ronge tout en pouvant l’expliciter ( "Oui, je suis bien une femme dans un corps d’homme !"), ainsi que la possibilité de pouvoir en tirer toutes les conséquences ; possibilité encore impensable aujourd'hui sous d’autres tropiques que cette remise en cause d’un état de naissance qui, pour tout le monde, bafoue la liberté car on ne choisit pas son sexe, et qui, pour quelques uns, est à l'origine d'une bévue qui frise la bavure, la nature pour seule responsable.

    Mais alors, qu’il soit donc simplement permis à chaque être humain d’être ce et qui il doit être pour se tenir debout, fier et digne ! Même si on ira jusqu'à lui conseiller, s'il appartient à une minorité, d'éviter de s'attaquer frontalement à une majorité sans pitié à l’endroit de ceux qui osent semer le doute quant au bien-fondé de ses préjugés, fruits d’une ignorance et d’un manque de compassion chroniques, mais pas seulement : la vérité est un mille-feuilles, et rares sont ceux qui demandent du rab car, avec elle, on est très vite rassasiés.

                  Toujours sur le chapitre du « réactionnaire»… que ceux qui souhaitent encore réfléchir là où plus personne n'ose se poser de question - comme à propos du mariage gay -, en soient remerciés car ils nous permettent d’appeler à la barre la culture, et pas simplement un "parce que c'est mon choix et que j'y ai droit" infantile et dictatorial qui clôt tous les débats et empêche la rencontre d’esprits éclairés, informés et avisés. Et cette non-rencontre est à déplorer, toujours !

    Et si d'aucuns ont reproché une mobilisation conservatrice déployée avec énergie et détermination : mieux vaut une confrontation musclée, qu'une indifférence aux faits de société ou une adhésion béate irréfléchie et moutonnière.

    Des questions auront été posés et re-posées à l'occasion de ce projet de loi (Elisabeth Badinter, Sylviane Agacinski) qui fait aujourd'hui Loi ; le débat ré-ouvert au sujet de la filiation, de la famille ;  des notions importantes auront été rappelées. Certes ! Le passé a prévalu chez ceux qui se sont opposés à cette loi. Gardons toutefois à l'esprit le fait que le Passé est une version du Présent, incomplète certes, mais... notez qu'il s'agit quand même du Présent.

    Finalement, c'est un peu une partie de notre histoire qui nous aura été contée.

    Quant à ceux d'en face, qu'avait-il à dire, à rappeler sur la famille, les enfants, la filiation, l'adoption... le rôle parental, les religions... pas grand-chose sinon…moins encore, enfermés qu’ils étaient dans un « même droit pour tous » qui n’explique et n’éclaire rien et qui cache très certainement le vide d’une pensée « slogan » et « valise ».

    Face à cette résistance au "mariage homo", personne ne posait et ne se posait plus aucune question ; un seul verdict a prévalu à l’encontre des opposants : "homophobie" et "fascisme".

    Georges Bernanos (pour ne citer que lui) qui se serait opposé à ce « mariage pour tous » aurait-il pour autant donc rejoint lui aussi, le camp des fascistes et des homophobes ?

    A tous, on leur laissera la responsabilité d’une accusation aussi farfelue qu’intellectuellement indigente tout en sachant que l’on préférera de loin des êtres revêches aux moutons bêlants. Et si la contestation d’un tel projet de loi fait exception partout en Europe, cette exception culturelle propre à la France ne nous rabaisse nullement ; cette exception est porteuse d'espoir car elle fait de nous un Peuple encore insoumis. Et par les temps qui courent, ça peut être utile.

                     On accueillera toujours comme une bonne nouvelle tout débat même intolérant ; et personne ne nous imposera un communautarisme contre un autre.

     

    ***

     


    Entretien avec Alain de Benoist sur la théorie du genre... 

     

                 Sans famille (couple stable dans la durée avec enfants), arc-boutés à une conception et une interprétation conflictuelles des différences (de moeurs entre autres) chez les êtres humains, tous ces militant(e)s-chercheuses de l’anti-genre sont-ils seulement encore capables de comprendre sur quoi se fonde la société et comment le lien social perdure ? S'ils sont en rupture avec leurs origines, noyau familial qui les a fait et vu naître et qui les a accompagnés jusqu’à cette rupture, sont-ils néanmoins encore à même de garder à l’esprit que la société moderne, qui regroupe des individus autonomes, tient par la « convention », des usages et des normes au service d’un ordre social qui se doit de rester stable mais non figé pour autant, mû par la volonté d’agir conformément à la raison et à l’intérêt général ? Une raison qui se développe à travers une adhésion à de normes transmises par les institutions et l'Histoire...

    Et que font-ils de cet homme indéterminé, dans un environnement qui le serait tout autant… un environnement fluctuant, aux normes changeantes, voire…privé de conventions, un homme qui se construirait seul au gré de ses humeurs, de ses envies, de ses pulsions… sans aucun souci de l’intérêt général ? Un monde dans lequel seule importerait la préoccupation suivante : « Qu’est-ce que je veux » et non pas… « qui suis-je ? Et qui sommes-nous, nous tous... tous ensemble ? ».

    Si d’aucuns se complaisent dans l’indéterminisme, devons-nous pour autant faire semblant de partager cette complaisance tout en refusant de comprendre ce que l’on sait et tient pour vrai et d'authentique en nous, à savoir : qui nous sommes, et pourquoi ?

    Ou bien alors, nous proposent-t-ils d’organiser la société autour d’êtres humains incapables de se déterminer, des êtres centrés sur eux-mêmes, sur la satisfaction seule de leurs désirs, sans responsabilité envers quiconque, sans chercher à contribuer au bien-être collectif … errant dans les rues, tels des zombies, la dernière relation dite « sexuelle » qu’ils viennent d’avoir ne leur ayant toujours pas permis de savoir qui ils étaient pour eux-mêmes et pour l’autre non plus qui n’en avait sans doute rien à faire ?

    De plus, la stratégie qui consiste à conspuer la majorité afin de parvenir à trouver sa place en tant que minorité - et plus encore si cette minorité est privée de tout prestige et d'influence -, est une erreur que cette majorité fait payer très cher à quiconque s'obstine à vouloir la discréditer ; quant au choix d'une posture victimaire, déjà très sollicitée sans relâche, il semblerait, aux dernières nouvelles, que l'on ait déjà capté de cette majorité toute l'attention compassionnelle dont elle est humainement capable : premier arrivé, premier servi. Par conséquent, il ne reste que quelques miettes qui combleront difficilement toute espèce d'appétit, pantagruélique de surcroît, de commisération générale pour une cause qui, certes, en vaut bien d'autres.

    Il se pourrait bien que les "gender studies" dans sa composante la plus radicale qui nie le genre, ne soient qu’une version hypertrophiée du féminisme, une sorte d’excroissance : perte de contrôle intellectuel et puis, celui des faits aussi ; insatiabilité : plus, toujours plus de raisonnements et d’affirmations péremptoires qui, là encore, doivent bien cacher une difficulté d’être au monde, et une culpabilité inconsciente ou non ; celle propre à tous les êtres en rupture dans une société du consensus mou et passif.

    Qu'à cela ne tienne : n'oublions jamais que c’est bien la norme qui permet à quelques "happy few", et pour peu qu'ils le soient... "heureux", de s’en affranchir, en sachant que si l’exception est permise, si on peut enfreindre la règle, c’est que cette exception ne la remet pas fondamentalement en question ; et c’est souvent la solidité de cette règle (norme, usage, convention) qui permet de s’en départir en toute sécurité, ouvrant ainsi les portes de la dissidence et de la rébellion au service d’un vivre autrement tout à fait gérable par tous.

                    Aussi, il y a de fortes chances que tous les pourfendeurs du genre aient besoin d’un ordre social solide, qui repose donc sur sa majorité hétéro et sa minorité homo socialement stabilisée – mariage, pacs ; ordre social qui nous protège du chaos d’une indétermination généralisée qui ouvrirait la boîte de Pandore de tous les maux qui jalonnent déjà notre histoire dans son parcours d’une cruauté auquelle la raison ne survivrait pas longtemps.

     

    Pour prolonger, cliquez : Homme et femme assurément

     

    ____________________

     


    La théorie du genre : entretien avec Yann... par JaneBurgermeister

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Le meurtre, moteur de la production humaine

     

             

     

               " Aujourd’hui, il n’est plus question de rentabilité... de retour sur investissement, car le besoin légitime d’un retour sur investissement finit là où commence la recherche effrénée du profit maximal et cette recherche-là, c’est la recherche du seuil de rupture des modes de production et de fonctionnement musculaires et psychiques de l’espèce humaine salariée. Le fameux point mort, c’est ça !

    Le moteur de cette production inhumaine, c’est le meurtre ! C’est la recherche perpétuelle du concurrent à trucider, pour occuper seul la place et imposer sa loi. Et si d’aventure on ne peut pas le tuer ce concurrent, eh bien, on s’entend avec lui sur le dos de tous les autres ou bien, on le neutralise, on l’absorbe, on l’avale et puis, dans le même temps, on expulse tous les éléments non assimilables ; éléments devenus du jour au lendemain des matières fécales dont il faut au plus vite se débarrasser avant de déféquer en douce, à l’abri des regards indiscrets. Et là, triomphants et enfin seuls, ils maintiennent les mêmes cadences infernales pour, cette fois-ci, non pas tuer la concurrence mais engranger des bénéfices colossaux.

    L’entreprise, c’est une machine de guerre incestueuse, scatologique et anthropophage : on bouffe du salarié, du concurrent et du fournisseur et même... du client quand ce client est timoré, dubitatif ou insolvable. Comme vous voyez, ils ne supportent personne ! Ils ne supportent que trois choses : le besoin qu’il faut créer, le monopole pour le satisfaire et le profit pour ne pas perdre son temps et son argent. Une fois la concurrence éliminée et puis, une fois la source tarie, on jette tout le monde : les clients, les salariés improductifs et usés... et les fournisseurs récalcitrants : ces fournisseurs fortes têtes qui ne veulent pas se plier aux conditions de leurs donneurs d’ordres.

    Dans ce système, tout le monde est le client et le fournisseur de tout le monde et seuls les donneurs d’ordres sont aux commandes : plus intolérants, plus misanthropes qu‘eux, vous ne trouverez pas.

    Le commerce, c’est la haine ? On fait des affaires la haine au ventre... et le couteau entre les dents car le moteur de cette production-là, c’est bien le meurtre. Le monde de l’entreprise c’est un monde totalement orienté vers une logique de guerre, et, dans la guerre, on ne laisse aucune chance à l’adversaire. On ne partage pas, non plus, le butin ou les territoires conquis avec les troupes qui vous ont permis de gagner cette guerre. Une fois les objectifs atteints, on démobilise tout le monde. Aux soldats, on leur donne une médaille en chocolat pour toute consolation, pour toute indemnité et pour toute récompense.

    Ils sont prêts à tuer père et mère pour survivre même si ce système les condamne tous ! Oui, tous ! Car ce système de production ne roule pour personne d’autre... sinon pour lui-même, tout en sachant comme nous le savons maintenant qu’il faudra qu’ils se sacrifient tous les uns après les autres quand le moment sera venu pour eux de se retirer parce qu’un plus performant qu’eux les aura balayés, eux et leurs salariés, leurs fournisseurs et leurs clients ! Leurs successeurs pourront toujours se réjouir et ceux à qui ils distribuent des miettes, avec eux, insoucieux qu’ils sont, les pauvres bougres, du sort qui les attend !

    Le moteur de ce système, c’est bien le meurtre : celui du meurtrier et de ses victimes et puis encore... le meurtre de ce même assassin qui se donne la mort... en tuant. Bientôt, il n’aura plus de nom ce système ! On ne sait déjà plus comment le nommer ! Il n’a déjà plus de visage ! Lorsque le sacrifice de tous contre tous sera partagé par tous, en kamikazes d’une défaite universelle, ce système sera sans morale et sans honneur, car sous le couvert de l’anonymat, tout lui sera permis ! Absolument tout !

    Alors, aujourd’hui, qu’est-ce qui nous reste à célébrer ? Je vous le demande ! Sûrement pas la vie ! Pourquoi faire ? Pourquoi croyez-vous que les femmes n’enfantent plus là où ce système triomphe sans conteste ? Il vient de là, le déficit démographique ! Cherchez pas !

    Quelque part au fond de nous-mêmes, nous savons tous que nous sommes tous... déjà morts."

     

    Extrait du titre "Confessions d’un ventriloque


    Copyright © Serge ULESKI. Tous droits réservés.

     

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu