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  • L'horreur médiatique avec Jean-François Kahn

     

     

                  
                   Quand JFK s'en prend, ou du moins, croit... s'en prendre aux médias dominants, médias de masse... c'est Papy qui fait de la résistance... avec des armes en plastique et des fusils painball face à un ennemi pourtant redoutable : les actionnaires des médias et l’Etat.

    Car, après Pierre Carles, Acrimed, et tout dernièrement, le sociologue allemand Niklas Luhman qui nous montre que les médias n’informent pas sur le réel mais le sélectionne par bribes et le fabriquent (à propos de Luhman, c’est ICI)… force est de constater que la dernière publication de JFK, "L'Horreur médiatique" (chez Plon, 178 p., 10 euros que vous n'aurez nul besoin de dépenser... rassurez-vous !) ne se donne les moyens de rien et sûrement pas de nous expliquer quoi que ce soit sur qui que ce soit.

     

    Quant aux exemples que notre papy a sélectionnés aux fins d'illustrer ce qu’il croit sans doute être une attaque sans précédent contre le mode de fonctionnement des médias…  - jugez plutôt : l'affaire Léonarda, l’affaire Clément Méric et l’affaire Abdelhakim Dekhar - le tireur fou -, là encore, force est de conclure que Papy Kahn prend soin de ne se fâcher avec personne… ses amis, collègues et autres compagnons de route d’une carrière médiatique à propos de laquelle il y a fort à parier qu'elle ne laissera aucune trace… ou bien alors… sous la forme d'une longue trainée de bave, celle d'un escargot qu’il aura été, long et lent à la comprenette.

                 En effet, tout au long de l'ouvrage, JFK évite de poser la question suivante : pourquoi les médias se refusent à toute analyse exhaustive pour une représentation objective, contextuelle et prospective des personnalités, sujets, catégories et pays suivants :

     

                 - Dans un premier temps : Poutine, l'Iran, le Hamas, Dieudonné, Mélenchon,Tariq Ramadan, Alain Soral, Hugo Chavez, Taddéï, les représentants syndicaux en rupture de ban et grandes gueules, les classes populaires, les rappeurs, les Musulmans, les femmes voilées, les économistes alternatifs, les partisans d'une autre Europe avec ou sans l'Euro, la critique de l'Otan, les anti-nucléaires (1)…

     

                  - Et dans un second temps :  - Pourquoi les médias ne s'autorisent plus aucune critique des USA et d’Israël ?

                                                           - Pourquoi les médias sont complaisants avec les Femen et impitoyable avec les représentants de "la manif pour tous" ?

                                                           - Pourquoi les médias refusent, à propos des conflits dans lesquels sont impliqués les USA, Israël, l'Arabie Saoudite et le Qatar, toute mise en perspective géopolitique, historique et économique qui prendrait en compte les intérêts de toutes les parties  concernées, du Liban à la chute du mur de Berlin, de la Somalie aux événements du 11 Septembre, de l'Afghanistan à l'Irak, la Libye, la Syrie et la menace qui pèse sur l'Iran... jusqu'aux derniers soulèvements de l'Egypte... quand on sait qu'en dernier ressort,  ce sont rarement les peuples qui décident de leur avenir mais plutôt les véritables protagonistes-instigateurs de tous ces conflits… car, se refuser à toute mise en perspective globale, c'est encore une fois prendre le risque de déconsidérer la profession de journaliste à propos de laquelle la rumeur va bon train : "Qu'est-ce qu'il y a de plus bête qu'un journaliste ? Un autre journaliste, grand-reporter de préférence !"

     

                A propos de toutes ces questions, nos réponses ne se feront pas attendre.

     

           Sont en cause...

     

                             1 - Les actionnaires de ces médias : la Banque, l’Industrie du luxe et de l’armement, tous voués, l'Etat compris, à la cause d’une mondialisation sans scrupules, sans honneur ni justice, dévastatrice des cultures, des peuples, des nations, des démocraties, des souverainetés, des régimes et de la moindre aspiration à plus de justice pour tous dans un environnement qui aurait pris toute la mesure de la nécessité de repenser la complexité du monde, pour mieux nous proposer un monde virtuel, sans altérité ni pluralisme.

     

                           2 – Les salariés de ces médias, plus connus sous le nom de "journalistes"… qui occupent ce qui n'est plus que des « jobs » dont on ose à peine montrer la feuille de paie, de honte et de peur du ridicule selon le principe suivant : « Dites-moi combien on vous paie et je vous dirai quelle idée on se fait de l’emploi que vous occupez ». Et puis, les gros salaires de «patrons de presse» qui, dans les faits, ne sont que des salariés sur-payés dont la tâche principale consiste à maintenir un statu quo autour du métier de journaliste : Laurent Joffrin qui vient d’être remercié par les actionnaires du "Nouvel Observateur" pour mauvais résultats, tout chef de vente qu’il était… et sûrement pas pour manquement à ce pour quoi il avait été embauché - "pas de vague, pas de vague, surtout pas de vague !" - était l'archétype même du salarié sur-payé pour veiller sur une omerta et sur un "politiquement correct" lucratifs certes ! mais déshonorants.

    Profession chaque jour humiliée : une formation au rabais, un statut précaire, pas de culture politique, moins encore… de connaissances géopolitique, philosophique et historique ; quant à l’économie… en dehors du crédo libéral voire ultra libéral... « le marché, tout le marché rien que le marché et Wallstreet !»… on déplorera une méconnaissance abyssale des  « théories de rupture économique » ; profession dans laquelle une soumission totale est exigée… sinon... c’est la porte et Pôle-emploi avec obligation de reconversion car la presse est un petit milieu ; on a vite fait d’être black-listé (2).

     

                             3 - La passivité des lecteurs car il semblerait que... très vite, tout abonné qui pense avoir trouvé son journal fasse rapidement le choix de se réfugier dans une acceptation quasi totale de ce qui lui est à la fois donné à lire et de ce qui ne lui est jamais donné à découvrir et à comprendre, sans doute dans le souci d'une tranquillité d'esprit et d'un meilleur confort mental car, il est vrai que rien n'est plus anxiogène que la dissidence quand on n'y est pas préparé soit en tant qu'acteur ou soit en tant que témoin-lecteur-téléspectateur.


    Surprenante la rapidité avec laquelle des lecteurs et autres auditeurs renoncent à chercher à savoir ce qu'ils ignorent sous prétexte qu'ils croient que leur journal ou leur radio leur dit tout ! Et comment tout esprit critique leur apparaît soudain comme une attaque frontale intolérable contre ce nouvel ordre médiatique auquel ils ont choisi de se soumettre. Il est vrai que le meilleur des esclaves est celui qui se passe lui-même la chaîne autour du coup avant de verrouiller le cadenas et de jeter la clé.

    Arrive alors la certitude suivante chez des lecteurs critiques et avisés : si d'aventure, un journaliste devait penser différemment, il ne pourrait à aucun moment l'écrire. D'où, les raisons du discrédit de ces médias (83% des Français ne leur font pas confiance) dont les propriétaires refusent que des points de vue divergents puissent s'exprimer au sein des rédactions car toutes doivent converger : du Nouvelobs au Figaro ; et c’est la raison pour laquelle tous vont et viennent d’une rédaction à l’autre ; il suffit de penser à un Franz-Olivier-Giesbert : il les a toutes faites !

     

              Sans doute dans le souci d'échapper à une mise en accusation redoutable, quasi mortelle professionnellement, commercialement et socialement  - à savoir : l'accusation de conspirationnisme contre tous ceux qui auraient la malveillance de voir un tout petit peu plus loin que le bout de leur nez et leur fiche de paie -, les rédactions demeurent comme pétrifiées et redoutent le faux pas, celui que leurs actionnaires et leurs alliés - la caste politico-économique et quelques leaders communautaires et d'opinions -, ne lui pardonneront pas.


    Et pourtant... souvenez-vous : il y a 40 ans, les "conspirationnistes" d'aujourd'hui portaient tout simplement le nom de "journaliste d'investigation". Mais alors... comment en 20 ans est-on passé d'un journalisme spécialisé et d'investigation à la parole d'experts à la solde des multinationales et des chancelleries, jusqu’à l’arrivée d’Internet qui permet aujourd’hui une prise en charge alternative de cette information qui n’est plus... car, n'étions-nous pas tous en droit d’espérer que les médias soient un outil dédié à la diffusion... à partir d’une actualité donnée, un fait de société, une préoccupation d’ordre politique ou économique, une question qui toucherait à l’éthique, de toutes les analyses disponibles émanant d'acteurs avisés et informés ?

    Ou pour le dire autrement : n'étions-nous pas tous autorisés à appeler de nos vœux des médias ouverts à tout ce qui se pense sur un sujet en particulier et pas simplement à ce que la rédaction du journal souhaite donner à penser à ses lecteurs car, à bien y réfléchir, les journaux indépendants financièrement (après tout, le groupe médias Lagardère est lui aussi financièrement indépendant !), sont libres de tout sauf de l’opinion de ceux qui les financent, lesquels sont à l’origine de tous les choix éditoriaux qui sont faits (3). Or, des choix éditoriaux n’ont jamais fait avancer l’information quelle qu’elle soit sur quelque sujet que ce soit car, si un journal peut être libre, il ne l’est sûrement pas de sa propre propagande – choix par avance biaisé donc parce qu’en faveur d'une information aux couleurs du drapeau de la rédaction du journal.

    Pour cette raison, l’avenir n’est pas à « une information libre » qui n’est qu’un slogan. Non, l’avenir est bien à toute l’information disponible sur un sujet donné ; une information qui, à un instant T, reprendrait toutes les analyses produites. Et cet avenir-là, qu’on le veuille ou non, souhaitable ou pas, c'est Internet et son temps réel qui l’a déjà sculptée et rendue quasiment inévitable.

     

                Aussi, le constat suivant s'impose, un rien terrifié : en l'absence d'Internet, force est de constater qu'il n'y aurait aujourd'hui plus aucun moyen de diffusion d'une liberté de penser qui ne doive rien à des médias sous influence et qui, pour leur déshonneur, ont réduit cette liberté à une peau de chagrin.

    Mais alors, est-ce à dire qu'il y aurait un ange qui veille sur nous ? Car si Internet permet encore la liberté d'expression, Internet, c'est aussi la balle qu'un système verrouillé à double tour, est encore capable de se tirer dans le pied, et ce à notre grande satisfaction.


                Décidément, personne n'aura ce qu'il veut ! Ni eux qui ne veulent rien pour nous, ni nous qui voulons tout face à ce rien qui nous est proposé, car Internet, aujourd'hui, c'est bien toute la mémoire du  monde ! Et moins on oublie, plus on se souvient... et plus on se souvient, plus difficile est le mensonge.

     

    ***

     

                Allez papy JFK... encore un effort ! Côté dissidence, t'y es presque même si... à des années lumière !

     

     

    1 - Ceux qui seraient tentés de penser qu'il manque MLP (Marine le Pen) à cette liste seraient avisés de prendre en compte le fait suivant : MLP est bien mieux traitée par les médias que Mélenchon pour la simple raison qu’elle est utile au PS qui, bon an mal an, contrôle le score du FN... contrairement à Mélenchon : son ennemi juré. De plus, on peut chaque jour faire le constat suivant : les médias ont bien plus de mépris pour Mélenchon d’autant plus que MLP remplit admirablement son rôle qui consiste à stigmatiser les Français issus de l'immigration maghrébine, les Musulmans et l’Islam... autres ennemis jurés de médias sionistes qui peinent à cacher un biais anti-Arabe et anti-Musulman.

     

    2 - Qui a dit : "Un bon et un vrai journaliste est un journaliste non pas mort mais un journaliste au chômage ou bien, un journaliste à la tête de son propre journal" ? A ce propos, on peut se reporter à la vidéo de Guillaume de Rouville : ICI

     

    3 - Il suffit de penser au dernier né (il y a cinq ans) : Médiapart, un journal dit indépendant... obnubilé par les effets mais absent sur les causes... et qui valide grosso modo tous les choix atlantistes de la France et de l'Europe ainsi que toutes les réformes sociétales du PS qui n'ont pourtant qu'un seul but : masquer la liquidation des droits sociaux et démocratiques, diviser le pays et continuer "de l'occuper" en alternance avec l'UMP pour le plus grand profit d'une l'oligarchie mondialiste auquelle tous sont redevables : carrière, niveau et qualité de vie.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Médiapart à cinq ans, un abonné témoigne

     

     

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  • Gilets Jaunes : hyper violence policière sans précédent - silence des médecins urgentistes et de la Ligue des Droits de l'Homme

     (cliquez pour démarrer la vidéo)

     

                 

                      Lynchage, tabassage gratuit, autant d'actes infâmes commis par une police maintenant indigne de toute considération dans le silence assourdissant des médecins, des corps intermédiaires, des avocats, de la ligne des droits de l'homme... de la classe politique et médiatique...

    Echec du pourrissement, est arrivé alors le choix du recours à l'ultra-violence policière destinée à dissuader les GJ qui, pour une grande majorité d'entre eux, n'étaient jamais sortis manifester, de "revenir" la semaine suivante : c'est bel et bien un service d'ordre sur le mode de la terreur qui sévit depuis la mi-décembre. 

    Longtemps, nous serons nombreux à nous en souvenir. 

                            Pour prolonger, cliquez Le journaliste indépendant David Dufresne qui recense depuis début décembre les violences policières dénoncées par des gilets jaunes. Interview.

    :  

     

     

                 Témoignage  : Adrien, blessé à la tête par un tir de flashball à Nantes : 5 jours en service de réanimation

     


     

                         Depuis trois semaines, les violences policières s'amplifient contre les Gilets Jaunes ; plus récemment, contre les journalistes indépendants travaillant pour des organes de presse associatifs : flashballs, grenades et gaz lacrymogènes ; on ne compte plus les blessés : amputations, perte d'un oeil, d'une main, séquelles à vie... sous les vifs encouragements du gouvernement, le ministère de l'intérieur en particulier, à  la tête duquel on trouve un Christophe Castaner instable, insultant, cynique et manipulateur : de la graine de politicien, assurément ! Mais aussi : petite main servile ( souvent anonyme et absente des archives historiques) des figures de proue des grandes erreurs politiques de l'histoire aux conséquences tragiques.

     

     


     

    Le Vent Se Lève est un média d'opinion indépendant fondé en 2016  

     

                         Et dire que.... début décembre, la rumeur suivante a couru, au sprint qui plus est : le gouvernement craindrait la possibilité d’une connivence des forces de l’ordre avec les Gilets jaunes ; une sorte de retenue de leur part dans ce qui était exigé d’elles : le rétablissement et le maintien d'un ordre profondément injustice et méprisant. Du moins, c’est ce que les médias ont tenté de nous vendre, histoire sans doute de mettre un peu de piment dans l’actualité du mouvement : une poignée d’euros suffiront à écarter ce danger inexistant après la visite des syndicats de police au ministère de l'intérieur.

     

    ***

     

                  Côté condamnations et emprisonnements, on compte plus de 3700 jugements et près de 260 incarcérations.

     

    Gilets Jaunes : une répression policière d'une brutalité sans précédent face au silence des médecins des hôpitaux

    Source France Info

     

     

    Gilets Jaunes : une répression policière d'une brutalité sans précédent face au silence des médecins des hôpitaux

     

                             Une "justice" totalement sous influence du ministère de l'intérieur : l'inversion des valeurs propres à un Etat de droit

     

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    gilets jaunes : une répression policière d'une brutalité sans pr

     

                  Des milliers d'arrestations, des jugements rendus "en comparution immédiate", qui se soucie des GJ qui ont été condamnés à des peines de prison ferme (parce qu'ils ne couraient pas assez vite ou bien parce qu'ils se trouvaient au mauvais endroit ) ? Qui se soucie de savoir combien de GJ sont concernés ? Parmi ceux qui ont une famille à charge, qui se soucie des conditions dans lesquelles cette famille va pouvoir faire face ? Les GJ sont-ils accompagnés et soutenus par des avocats  susceptibles de les conseiller gracieusement ?

                 Face à leur abandon par tous les corps intermédiaires indépendants et autonomes (corps situés entre le citoyen et l'Etat qui le monopole du droit  et du recours à la violence), au mutisme de la presse ( se reporter à l'analyse d'Acrimed) ainsi que des grands corps (en nombre) tels que ceux des enseignants et du personnel de santé, faut-il que les Gilets Jaunes s'organisent, qui plus est... ailleurs que sur une liste électorale sans avenir pour une élection dont le premier parti sera l'abstention à 60% : les Européennes ?

     

    gilets jaunes : une répression policière d'une brutalité sans pr

                          Un « gilet jaune » blessé secouru par d'autres manifestants, le 15 décembre, à Nantes. JEREMIE LUSSEAU / HANS LUCAS POUR "LE MONDE"

     

    gilets jaunes : une répression policière d'une brutalité sans pr

     

    Journal Le Monde le 20 décembre ICI

     

    gilets jaunes : une répression policière d'une brutalité sans pr

    gilets jaunes : une répression policière d'une brutalité sans pr

    La suite de cet article ICI

     

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        gilets jaunes : une répression policière d'une brutalité sans pr

    L'article ICI

     

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    Une courte analyse de la nature de la relation du couple Etat-Police :

     

    La raison pour laquelle l’Etat couvre à chaque fois qu’il le peut, les bavures d'une police qu'il méprise ( salaires indignes, commissariats infestés de rats et de punaises, suppression de milliers d'emplois, des véhicules vétustes, des policiers dans l'obligation de financer leur matériel et leurs vêtements de protection etc.... ICI un billet à ce propos), est la suivante : cette complaisance à son égard permet à cet Etat d’éviter que cette même police comprenne qu'il la méprise au plus au point sans pouvoir en faire l'économie pour autant car force est de constater ceci : plus l’Etat flatte et couvre les policiers, entre deux suicides, plus l'Etat se protège d’une prise de conscience qui remettrait en cause la servitude du policier vis à vis de son maître qu’est cet Etat méprisant.

    Les victimes des bavures tout au long de l'année, aujourd'hui le passage à tabac du gilet jaune isolé, sans défense ni protection (des dizaines de vidéos sur internet peuvent en témoigner) par les DAR (dispositif d'action rapide - 1 ), c'est l'exutoire auquel les deux partis, le couple Etat-Police, ont recours :  l'une pour éviter de rendre des comptes à sa police ; l'autre, pour trouver un peu de consolation face à leur humiliation que représentent leurs conditions de travail et leur rémunération, la lâcheté de leur hiérarchie et de leurs syndicats, dans l'exercice d'une violence dite "légale" car lorsque le faible est sans courage face au fort qui l'humilie, c'est alors qu'il prend pour cible un plus faible que lui. 

     

    1 - L'aristocratie de la racaille policière livrée à elle-même en toute impunité ce dispositif  ?Composés d'éléments piétons très mobiles dont le comportement semble plus près des groupes d'hooligans que d'une police sous contrôle d'une hiérarchie, le tabassage à cinq contre un, d'un manifestant isolé, sans défense, sans protection ni recours est leur spécialité comme des centaines de vidéos l'attestent ; ils manient la matraque sans discernement ; il suffit de croiser leur chemin ; composé d'éléments jeunes et casqués,  ce DAR est bel et bien un dispositif pensé par des voyous pour des "voyous du service d'ordre" ; limite "barbouze". Nul doute. 

     

    Pour prolonger, cliquez : Gilets Jaunes - le dossier

     

     

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  • Contre Sénèque : l'éloge de "La Colère"

     

                   Victime de la colère de Caligula puis de son successeur, Claude, dans le livre III de « La Colère » (titre original : De ira), Sénèque, exilé en Corse, ne pourra que condamner cette colère chez les Césars, Empereurs de Rome (il en aura connus ou « subis » cinq) ; mais pas seulement chez ces derniers : il déconseillera la colère à l’esclave car, en bon stoïcien qu'il était, Sénèque était d’avis que « … l’on ne se révolte pas pour le seul bénéfice d’une souffrance plus grande encore », refusant même d’accorder à l’amour-propre la moindre considération.

                 En revanche, Aristote vantait la colère comme un aiguillon nécessaire et efficace. Aussi, qu’il soit permis ici de faire l’éloge de La Colère : celle des humbles, des sans-grades et des humiliés contre la colère d’un notable aux ambitions sociale et politique contrariées, comme ce fut le cas de Sénèque.

     

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               On aura beau chercher à nous expliquer comment on extirpe la colère ; à défaut, comment on y met un frein, comment on la réprime et la refoule quand son torrent menace de tout emporter...

    Pour la juguler, d’aucuns comptent sur le temps qui guérit bien des maux ; d’autres jugent ce remède trop lent car la colère, impétueuse, emportée par elle-même, avance à pas de géant.

    Si nul âge n'en est exempt, néanmoins, rien n’est plus difficile que de cultiver cette colère - de « rester en colère » -, jusqu’à un âge avancé car plus on vieillit plus on est tenté de baisser les bras : la résignation puis la soumission guettent,patientes : en effet, tôt ou tard...

    Et c’est déjà la mort, cette résignation et cette soumission ! Son anti-chambre, pour sûr ! car la grande faucheuse n’est alors, elle non plus, jamais bien loin.

     

               La colère n’est pas une manifestation de faiblesse. Élan, ardeur, elle croît du fait des obstacles : ceux dressés par l’injustice et l’arbitraire. Elle sévit là où la loi commande aussi bien que là où la force fait le droit. Des foules ont marché en masse sous son drapeau sans rien craindre, se jetant au devant d’innombrables périls.

    La colère est la plus constructive des frénésies.  Sans elle, aucune victoire n’est permise, ou bien alors... que l’on nous cite un Peuple,un seul, qui ait renoncé à la colère et qui n'ait pas été livré à un arbitraire plus insoutenable encore ? Humiliation accrue pour toute victoire et pour toute récompense.

    Aussi…

    Malheur aux Peuples qui n’ont pas connu la colère ! Esclaves ils sont, esclaves ils demeureront !

     

                Vertige effréné, flétrir la colère, cet utile auxiliaire de tous les combats, c’est faire l’éloge de la servitude.

    Rien de ce qui relève de l’humain n’est étranger à la colère ; la colère est le propre de l’homme, et le rire n’est que la manifestation de son triomphe. Se priver de la colère, c’est désarmer l’âme, lui ôter son élan et c’est se condamner à l’inertie.

    Dard enfoncé dans le flanc de la conscience humaine et de sa condition, la colère ne confie sa vengeance à personne d’autre qu’à celui qui la porte : l’exécuteur.

    Feux autour des places, supplices, rien n’est comparable à la fureur de la colère, et rien ne réjouit autant que son visage menaçant ; visage pourpre, d’une teinte sanglante, impatient de dévorer une proie qui déjà exhale les restes de sa vie : en seconde et en poids de chair humaine.

    Respiration entrecoupée, agitations, exclamations, des hommes les plus sages, les plus éclairés l’ont cultivée et entretenue jusqu’à  l’embrasement.

    Sans la colère, pas de liberté. Vertu tournée contre tous les vices, la colère ne coûte cher qu’à celui qu’elle prend pour cible. On ne peut la ramener qu’à une seule raison : frapper encore plus fort.

    Voyez ! Par la colère, un père est fier de son fils, un enfant fier de ses parents, un époux fier de son épouse.

     

               La colère surpasse toutes les vertus.  Si les guerres sont l’expression de la force des oppresseurs, la colère d’essence plébéienne est l’explosion de la révolte des humiliés.

    Soulèvement de l’amour-propre, la colère est le plus haut des sentiments : elle rassemble les nuages, éclate en tempêtes, tourbillonne en un cyclone.  Rien au-dessus car la majesté l’accompagne. 

    Où trouver une telle majesté chez l’homme résigné et soumis ? Ne cherchez pas ! Vous ne trouverez rien, sinon... l'abaissement et la laideur de la soumission.

    Aucune vertu à souffrir par humilité ni à tolérer l’outrage par humanité donc.

     

                  Adapter ses forces aux obstacles, et ses moyens au but, la colère ne s’épuise alors jamais. Laissons à la colère le plus de liberté possible sans chercher à modérer son intempérance. 

    Jaillissant en traits de flamme, bouleversant toute la condition humaine, avec la colère, l’intention est tout, et l’acte n’est rien.

    La colère n’ignore aucune injure.  La colère vient à nous, tout comme nous qui venons à elle... elle qui nous attendait, qui nous espérait comme aucune autre. C’est la plus fervente et la plus chaleureuse des maîtresses. Quand elle survient, impossible de la repousser. Elle nous attire, tout comme nous la charmons.

    La colère appelle aux armes. La colère n’amortit rien ; elle éclaircit le nuage qui offusque la bienséance.  La colère n’abandonne rien au temps car seul le flux et le reflux du présent importent.

    De colères, n’en refoulons aucune. Permettez tout à la colère car tel est son souhait. Contentez-la !

     

              Vaincre la colère c’est refuser de vivre debout, en homme libre ; c’est  se soumettre à l’oppresseur. 

    A la fois ordre et commandement, face à la colère, ne réclamons le secours de personne. Bien au contraire : accompagnons-la  jusque dans ses dernières témérités…

     

                La colère est une plainte qu’arrachent les grandes injustices. Seule la colère ouvre la voie à la liberté, jamais la servitude. La colère est courage. Succédant à la réflexion sans l’inspirer entièrement - même s’il est bon que la colère puisse être à la source de tous les questionnements -, la colère n’accroît aucun tourment car elle est bel et bien l’unique allégement des souffrances les plus vives.

    Seul le complot frappe de nuit ; la colère, elle, frappe en plein jour.

    La colère ne connaît le pardon qu’une fois l’adversaire terrassé.

    La résignation est un vice qui encourage tous les vices. La colère est une vertu qui se propose de donner l’exemple : celui d’une « saine colère » car la colère n’est ni rancune ni vengeance, elle est jugement. Face à la surdité de la tyrannie, la colère est donc bien la meilleure des conseillères.

    La colère n’est pas ébranlement de l’âme mais sa résurrection et son affermissement  car elle sert à la fois la nature et la raison. Transformation intérieure, la colère doit être contenue dans un seul cas : lorsqu’elle sert l’ennemi.

    La  colère n’est pas une maladie mais un symptôme : celui d’une prise de conscience qui n’admet plus l’infamie.

     

                 La colère est libération. Pensons à tous ces hommes illustres dont l’Histoire retient le courage de leur résistance ! Et gardons à l’esprit que seuls les pleutres résignés, les classes dominantes et leurs larbins condamnent la colère aussi bien individuelle que collective, et plus encore lorsqu'elle les prend pour cibles.

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  • Matthieu et le journalisme d'investigation

     

     

                  Pour ne rien vous cacher, Matthieu avait pour ambition de remettre à l’heure toutes les pendules du journalisme, loin des connivences et du ronflement indigent et déshonorant des rédactions somnolentes de l’investigation à la papa ; incapables, ces rédactions, de résister à tout ce dont il est important de résister quand on souhaite faire son métier.

    En tant que journaliste, il n’était plus question de plaire à qui que ce soit. Il s’agissait de rechercher et de traquer la vérité, loin des honneurs qui plombent la profession et des commentateurs illustres de l’actualité qui, à défaut de la contextualiser pour mieux nous la faire comprendre, commentent cette même actualité comme d’autres commentent, un verre de pastis à la main, une partie de pétanque, à l’ombre de leurs salaires mirobolants parce que...  "Tout va bien finalement et pour le mieux ! Et si d’aventure ça va plutôt mal, c’est sans aucun doute la faute de ceux qui s’obstinent à ne pas vouloir comprendre que c’est comme ça et pas autrement puisque c’est comme ça et que si c’était autrement, eh bien, ça serait bien pire encore !"

     

    Matthieu comptait isoler l’information de tous les pouvoirs pour mieux dénoncer au sein de cette fratrie la frilosité face au courage et les archaïsmes d’une caste nostalgique d’une époque encore contemporaine où pour défendre son bout de gras, il suffit de se baisser pour mieux ramasser les cadeaux et les privilèges empoisonnés de la servitude volontaire.

     

    Il s’agissait ni plus ni moins d’enquêter sur celles et ceux qui, à genoux, pantalon ou jupe baissés, frétillent de l’arrière-train à toutes les heures du jour et de la nuit, scouts et cheftaines avachis, courbés à force de courbettes, incestueux et consanguins, tube de vaseline en poche parce qu’on ne sait jamais ce qu’on ne peut pas prévoir et puis, la proximité crée des liens à défaut de créer une information digne de ce nom.

     

    Mais... rien de surprenant en soi ! Les têtes d’affiche de l’information ne sont-elles pas... finalement et... après coup, les meilleures clientes des proctologues ?

     

    ***

     

                A la télévision, à la radio, Matthieu rêvait de débats invraisemblables, d’affrontements salutaires, de commentaires impertinents, de reportages irrévérencieux.

    Un exemple parmi tant d’autres. Et nombreux sont ceux qui gardent encore en mémoire une prestation télévisuelle fameuse de Matthieu ; prestation que voici :

     

    "Alors Madame, comment était-il ? Dites-nous tout ! Vous l’avez bien connu. Sauf erreur de ma part, vous avez été son épouse pendant quarante ans.
    - C’est vrai. J’ai été sa seule et unique épouse pendant quarante ans. Quarante ans ! Vous imaginez ? Alors... pour répondre à votre question, je dirais qu’il était... mais... comment vous dire ?
    - Dites-nous.
    - Allez, je me lance... C’était un être exceptionnel. Vraiment, c’était un être exceptionnel ! Voilà.
    - Un être exceptionnel ? Un être d’exception, donc ?
    - Oui, c’est ça ! Il avait des yeux... mais, des yeux d’un bleu... indescriptible... un bleu comme... envoûtant ce bleu... envoûtant, vraiment ! Ses yeux étaient comme un phare...
    - Un phare envoûtant, avez-vous dit ? En effet ! C’est pas rien !
    - Vous voulez une autre confidence ?
    - Mais je vous en prie et... je vous supplie de nous en dire davantage et je vous encourage vivement à le faire.
    - Sa voix était d’une profondeur abyssale. Elle était... inouïe sa voix ! Et puis... elle portait loin sa voix ! Sa voix... c’était comme un porte-voix, un haut-parleur, un gyrophare. Le phare ! Vous voyez : encore le phare !
    - Comme un leitmotiv ! Un gyrophare, vous avez dit ! Un gyrophare... comme quand il y a urgence, comme quand il y a... le feu ?
    - Et je vous ai gardé le plus beau pour la fin. Je vous livre là un détail intime qui concerne notre vie de couple. Quand il se mettait au lit pour dormir... quand il se mettait au lit, mon mari, mais... comment vous dire ?
    - Je vous en prie ! Dites-nous !
    - C’est... délicat.
    - Faites ! Faites ! C’est important que nous sachions et que nous comprenions tout.
    - Bon. Puisque vous insistez tant. Quand il se mettait au lit, eh bien, pour dormir, mon mari... quand il se mettait au lit, mon mari enfilait... un pyjama de couleur rouge ! Oui ! Il se brossait les dents et il enfilait un pyjama rouge !
    - Non !?
    - Si !
    - Alors là ! Je comprends mieux maintenant ! Mais c’est... bien sûr ! Tout devient clair et limpide. C’est pas rien quand on y pense. C’est pas rien ces dents que l’on brosse et ce pyjama qu’on enfile comme on... comme quand on enfile une aiguille ?
    - Il était si mince, au fond.
    - Au fond et... dans le fond aussi ? Et puis, léger, très léger, non ?
    - Oui, c’est tout à fait ça.
    - Madame, sa mort fait de nous, ce soir, des orphelins, vraiment !
    - Oui Monsieur. Moi, complètement veuve et vous tous... entièrement orphelins.
    - Dites-moi : c’était aussi un acteur ?
    - Oui, bien sûr ! C’est d’ailleurs pour ça que vous êtes là, ce soir, à m’interviewer, n’est-ce pas ?
    - Mais... où avais-je la tête ! Vous avez raison. En tant qu’acteur, sa réputation et sa célébrité reposaient sur son jeu. Jeu médiocre, je crois ?
    - En tant qu’acteur, il était plutôt médiocre. C’est vrai. Mais, c’était un être exceptionnel.
    - Exceptionnel mais... médiocre, alors ?
    - D’ailleurs, à ce sujet, je ne sais pas s’il était médiocre comme acteur ou bien si c’étaient les films qu’il tournait qui l’étaient. On en parlait souvent tous les deux.
    - Et que disait-il ?
    - Pas grand-chose. Il n’avait pas d’idée sur la question et moi non plus.
    - Mais vous en parliez souvent !
    - Oui. Mais on n’a jamais pu se décider. Était-il médiocre parce qu’il tournait dans des films médiocres ou bien, les films étaient-ils médiocres parce qu’il tournait dedans ?
    - En effet ! C’est l’histoire de l’œuf et de la poule. Cela dit, et si vous permettez cet aparté : ce sont toujours les mêmes qui tournent dans des films médiocres. Alors, il doit sûrement y avoir une relation de cause à effet. Quand on est médiocre, on a des goûts médiocres et on fait des choix médiocres et à la longue, on finit par n’intéresser que des réalisateurs médiocres. Les médiocres, entre eux, se reconnaissent au premier coup d’œil. Remarquez, à ce rythme, bientôt, on n’aura plus besoin des critiques de cinéma. Dites-moi quels acteurs vous recrutez et je vous dirai quel film vous vous apprêtez à tourner et vice versa.
    - Cela dit, c’était une grande figure quand même. C’était une star... une étoile qui éclairait notre galaxie. C’était une étoile d’une intensité hors du commun...
    - Et peu commune, donc. Une étoile comme l’étoile qui guide le berger et le berger qui guide son troupeau. Nous, comme brebis, lui, étoile et berger tout à la fois. Alors, ce soir, on a comme perdu un de nos parents. On a perdu le Père. On a perdu notre Père... qui es aux cieux, que Ton nom soit...
    - Oui, c’est ça ! C’est tout à fait ça.
    - Mais médiocre, quand même ?
    - C’est vrai. Médiocre comme acteur et puis, mauvais comme amant. Je suis plutôt bien placée pour le dire. Vous imaginez bien.
    - Comme amant aussi ? Comme c’est étrange ! Étrange ? Non, c’est... c’est surprenant. Je comprends tout maintenant. Mais dites-moi : vous avez eu deux enfants avec lui ? Comment était-il en tant que père ?
    - En tant que père ? Il était... en tant que père ? Laissez-moi réfléchir pour mieux me souvenir. A mon âge, vous savez, c’est pas toujours facile... En tant que père... en tant que père ? Il était absent. Mes enfants ne l’ont jamais vu. Oui, c’est ça : il était absent et indifférent. Ces enfants ne l’ont pas connu puisqu’il ne souhaitait pas ce faire connaître d’eux. Au fond, il était tellement distrait et puis, discret aussi.
    - Star mais... discret alors.
    - Attendez ! Maintenant que vous m’y faites penser : ses enfants qui sont aussi... mes enfants, eh bien, ce soir, c’est vrai, ils ne sont pas à mes côtés. Ils ne sont pas venus me soutenir et me consoler. Mais qu’est-ce que...
    - Le temps presse Madame. Parlons maintenant de ses livres. Parce que... comme il n’avait peur de rien, je crois qu’il écrivait aussi, n’est-ce pas ? Son style était d’une banalité affligeante. Il n’avait rien à dire, en fait.
    - Mais ça marchait. Ses livres se vendaient comme des petits pains. Mais... c’est vrai ! Maintenant que vous me le dites... il n’avait rien à dire. Il n’a jamais eu rien à dire et... rien à me dire non plus. Quant à ses enfants...
    - Vous voyez, il suffit de le dire. Pour résumer, c’était donc un acteur médiocre, un écrivain affligeant, un père absent et un amant vraiment mauvais.
    - Oui. Je suppose qu’on peut résumer les choses comme ça.
    - Mais alors, de lui, il nous reste quoi ce soir ? Un père indigne, des livres médiocres, des films mauvais et des érections... des érections molles, dirons-nous ?
    - C’est tout à fait ça. Mais... je n’y avais pas pensé avant. C’est drôle, toutes ces érections molles et puis, moi son épouse et toutes ces années à ses côtés, toutes ces années... per... perdues. On peut dire ça comme ça, j’imagine.
    - Sans doute Madame, même si ce n’est pas le sujet qui nous occupe ce soir.
    - C’est terrible. Maintenant que j’y pense. Toutes ces années à ses côtés, lui, vraiment mauvais comme père, comme amant, comme acteur, comme écrivain et comme mari. Comment une telle chose a-t-elle pu m’échapper ?
    - Merci Madame. Nous interrogerons ses maîtresses. Peut-être que là, nous trouverons matière à...
    - Ses maîtresses, avez-vous dit ?
    - Oui. Ses maîtresses.
    - C’est bizarre, mais, ça aussi, ça m’a comme échappé. J’avais oublié ses maîtresses ! Toutes ces années à ses côtés et toutes ces maîtresses ! Mais qu’ai-je donc fait ?
    - Nous devons maintenant rendre...
    - Comment tout cela a-t-il pu m’échapper ? Comment ? J’ai honte pour moi, pour lui, pour...
    - Merci Madame. Mais, nous devons...
    - Ô malheur !
    - Madame ! Excusez-nous mais, nous devons maintenant rendre l’antenne.
    - Ô tyrannie !
    - Madame, je regrette mais...
    - Non, attendez ! Attendez ! Ne me laissez pas seule ! Restez !
    - Désolé, Madame."

     

            Allez, prends du bon temps Matthieu ! C’est ça ! Profite ! Profite Matthieu !

    Faut dire qu'à cette époque, Matthieu était capable de pousser ses interlocuteurs dans leurs derniers retranchements et aussi parfois, jusqu'au suicide, comme ce fut le cas de cette pauvre femme, seule, abandonnée des siens et de tous les autres.

    Le ridicule ne tue plus, certes, mais la honte... elle... toujours ! Car elle ne fait... jamais... jamais recette, la honte ! Cette femme semble l'avoir appris à ses dépens et pour son seul malheur à elle.

     

     

    Extrait du titre : "Des apôtres, des anges et des démons" - chapitre 1 - Copyright Serge ULESKI

     

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  • Impensable : Jean-Michel Aphatie trouve "son chemin de Damas" !

     

     

     

     

    Jean-Michel Aphatie aurait-il trouvé "son chemin de Damas" en dénonçant les violences policières et le silence de l'Elysée à leur sujet ? 

     

     

                                      Impensable ! Jean-Michel Aphatie touché par la grâce en soutenant la cagnotte en faveur de la famille ( une épouse et trois enfants) du boxeur Dettinger ?

     

    Ne formulons qu''un souhait : pourvu que ça dure !

     

    ______________

     

    Une courte analyse de la nature de la relation du couple Etat-Police :

     

    La raison pour laquelle l’Etat couvre à chaque fois qu’il le peut, les bavures d'une police qu'il méprise ( salaires indignes, commissariats infestés de rats et de punaises, suppression de milliers d'emplois, des véhicules vétustes, des policiers dans l'obligation de financer leur matériel et leurs vêtements de protection etc.... ICI un billet à ce propos), est la suivante : cette complaisance à leur égard permet à cet Etat d’éviter que cette même police comprenne qu'il est leur pire ennemi car force est de constater ceci : plus l’Etat flatte et couvre les policiers, entre deux suicides, plus l'Etat se protège d’une prise de conscience qui remettrait en cause la servitude du policier vis à vis de son maître qu’est cet Etat méprisant.

    Les victimes des bavures tout au long de l'année, aujourd'hui le passage à tabac d'un gilet jaune isolé, sans défense ni protection, c'est l'exutoire auquel les deux partis, le couple Etat-Police, ont recours :  l'une pour éviter de rendre des comptes à sa police ; l'autre, pour trouver un peu de consolation face à leur humiliation que représentent leurs conditions de travail et leur rémunération, la lâcheté de leur hiérarchie et de leurs syndicats, dans l'exercice d'une violence dite "légale" car lorsque le faible est sans courage face au fort qui l'humilie, c'est alors qu'il prend pour cible un plus faible que lui. 

     

     

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  • Gilets Jaunes : quand gourdes, nigauds et éditorialistes militants maastrichiens et mondialistes signent la fin du journalisme

     

     

                Jamais les propriétaires des médias n'ont traité avec un tel mépris le métier de journaliste ! Ce qu'on ne pourra pas leur enlever, néanmoins, c'est ce flair certain dans leur recrutement d'hommes et des femmes  disposés à mener à bien ce travail de sape, et ce faisant, discréditer définitivement les chaînes et les radio d'info... en continue en particulier : des gourdes,  des valets, des nigauds, des cloches, des stewards et des hôtesses de l'information, à grand renfort d'éditorialistes militants (Europe de Maastricht et mondialisation)...

    Ci-dessous, quelques figures emblématiques de ce désastre et de cette escroquerie difficilement dissociable d'une autre catastrophe : l'effondrement du niveau professionnel, moral et intellectuel d'une grande partie de la classe politique et des Universitaires médiatiques :  

     

    Pour LCI

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    Prix spécial du jury pour Sonia Mabrouk et Arlette Chabot

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    Suite du trombinoscope ICI

     

    Pour C-News 

     

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                                         Prix spécial du jury pour Pascal Praud

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                                              Suite du trombinoscope ICI

     

     Pour BFM-TV

     

     

    bfm tv.jpg

     

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    Prix spécial du jury pour ces deux individus qu'on ne peut plus nommer sans...

     

    bfm tv 4.jpg

    Suite du trombinoscope ICI 

     

    Pour Le Parisien : 

     

    jannick-alimi.jpg

    Jannick Alimi : la femme qui ne sourit jamais 

       Prix spécial de la haine envers les Gilets jaunes 

     

    et le pire pour la fin... plus spécialement dans son format Radio

     

                FRANCE- INFO

     

    france-info-sera-lancee-le-1er-septembre-prochain_5635241.jpg

    Et à ce sujet ... un courrier adressé à la médiatrice de radio-France

     

    ***

     

                   Madame la médiatrice,


                  A propos de la couverture du mouvement "les Gilets Jaunes" par France-info dans son format radio :

                  Il s'est passé quelque chose chez France info : une nouvelle direction ? Une nouvelle nomination ? Car jamais une radio publique ou privée n'a été autant la voix des intérêts du locataire de l'Elysée, ou du moins, jamais leurs commentaires de et sur l'actualité n'ont semblé soutenir avec une telle insistance ses intérêts politiques.

                  A propos de l'actualité des Gilets Jaunes, les commentaires et les "analyses" de la rédaction ne semblent avoir qu'un but : discréditer ce mouvement, influencer l'opinion jusqu'à ce que cette opinion renonce majoritairement à le soutenir ; en effet, à chacune des manifestations des Gilets Jaunes, France-Info ne couvre que les violences (même et surtout lorsqu’elles sont très marginales) tout en prenant soin de ne jamais rappeler que toutes les manifestations de ces 20 dernières années sont un prétexte au pillage et à la destruction.

    Silence sur les centaines de lynchages et de tabassages  (on ne compte plus les vidéos de ces passages à tabac sur internet depuis des semaines) de Gilets jaunes isolés, sans protection contre les coups assénés par une police qui semble jouir d'une impunité totale ; une police dont les agissement illégaux semblent couverts non seulement par l'Etat ( ce qui ne serait pas nouveau en soi) mais par tous les médias. 

    Or, France-Info est financé par l'impôt ; nos impôts ; on ne peut pas simplement « aller entendre ailleurs ! » alors que le travail de sape de l'image des Gilets jaunes, un travail indigne qui représente une véritable trahison de l’éthique de la profession de "journaliste", tourne à plein régime.

    Le CSA sera alerté prochainement et mis face à ses responsabilités : celle de s'assurer qu'une information pluraliste, honnête car impartiale, soit bien la règle et non l'exception.

     

                              (Courrier adressé le 7 janvier 2019 resté à ce jour sans réponse)

     

    __________________

     

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  • Gilets Jaunes : quand les représentants de syndicats de police lâche la proie pour l'ombre

     

        

                      Représentation syndicale de police par-ci et leurs secrétaires généraux  par-là, nouveaux piliers des plateaux de télé, BFM-TV en particulier, depuis les premiers jours du mouvement Les Gilets Jaunes (LGJ), représentants si prompts à soutenir et à saluer la réponse exclusivement sécuritaire (1) de l'Elysée, ces syndicalistes ne se tromperaient-il pas d'adversaire ? 

    Pareillement, en soutenant la non-résolution politique de ce conflit social lorsqu'ils soutiennent les dernières mesures prises par le gouvernement Philippe à propos des violences, tout en prenant soin de ne jamais rappeler que toutes les manifestations depuis 20 ans sont un prétexte au pillage et à la destruction !

    Et puis encore : en niant  la nécessité, ou bien en l'ignorant, de rappeler aux locataires de l'Elysée et de Matignon ( et accessoirement à leur ministre de tutelle) les yeux rivés sur les sondages, attendant patiemment que la popularité du mouvement des Gilets Jaunes passe sous la barre des 50%, que seule une issue politique est à envisager dans un Etat qui, s'il a le monopole de la violence, a surtout le devoir de créer un climat propice à la paix civile, ces syndicalistes ne se fourvoierait-il pas , et ce faisant, ne seraient-ils pas en train de desservir la cause des policiers présents ( eux !) sur le terrain tout au long de l'année, Gilets Jaunes ou pas ? 

                         David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, explique sur BFMTV pourquoi la présence et les agissements des black blocs sont difficiles à anticiper.

    Et puis aussi et puis surtout : en dénonçant le mépris, voire la haine, du peuple à l'endroit des policiers, les Gilets jaunes en particulier, à longueur d’émissions télé aussi vaines qu’indigentes, ne seraient-ils pas tous ces représentants de syndicats de policier, tout simplement en train de lâcher la proie pour l'ombre tout en se montrant en-dessous, très en-dessous de leur tâche ? 

    Car enfin... est-ce ces mêmes représentants qui auraient négocié :

    - Des salaires insultants et indignes ?

    - Des millions d’heures de travail (en cumul) non rémunérées ?

    - Des rats et des punaises dans les commissariats ? 

    - Des véhicules vétustes ?

    - Le fait que les policiers doivent acheter leurs vêtements de protection avec leur propre argent ?

    - Un président qui fait campagne sur une politique sécuritaire au karcher sous les applaudissements nourris des représentants des forces de l’ordre et qui supprime 10 000 emplois de policiers en 5  ans ?

    - Le flic contraint de se suicider parce que sa hiérarchie ne le soutient pas dans sa dénonciation des conditions d'exercice de son travail : Maggy Biskupski , abandonnée de tous ?

                  Est-ce alors ces mêmes représentants qui auraient négocié ce mépris-là ? Car c’est bien de mépris qu’il s’agit.

                  Aussi, n'est-il pas temps que tous ces représentants comprennent que le mépris, ce n’est certainement pas dans le Peuple qu’il faut aller le chercher et moins encore chez les Gilets jaunes, nouveaux bouc-émissaires d’une parole syndicale intellectuellement lacunaire, au courage parcimonieux... non ! Mille fois non ! Le mépris, ce mépris, c’est auprès de l’Elysée, de Matignon et de l’Assemblée nationale - auprès de l’exécutif et du législatif - qu’il faut se décider à le dénoncer…

    - Le mépris dans les salaires indignes…

    - Le mépris dans le non-paiement de millions d’heures de travail non rémunérées…

    - Le mépris dans ces commissariats infestés de rats et de punaises…

    - Le mépris dans le fait que les policiers doivent acheter leurs vêtements de protection avec leur propre argent…

    - Le mépris dans leur refus de remplacer les véhicules vétustes ? 

    - Le mépris d’un « président » qui fait campagne sur une politique sécuritaire au karcher et qui supprime 10 000 emplois de policiers en 5  ans…

    - Le mépris à l’endroit du policier contraint de se suicider parce que sa hiérarchie ne le soutient pas dans sa dénonciation des conditions d'exercice de son travail : Maggy Biskupski abandonnée de tous ?

    Oui ! Le mépris de l’Etat…

    Ce mépris de l’Etat pour les policiers (2) donne une caractère d'autant plus abject aux discours lénifiants de tartuffes tenus par les locataires de l'Elysée, de Matignon et de Ministère de l'intérieur - qui ne font que "passer" ; un jour ici, un autre ailleurs ! - que tous leurs hommages semblent recueillir auprès des représentants syndicaux un écho favorable sur les dos de milliers de policiers sacrifiés au quotidien au nom de l'intérêt supérieur de leurs carrières à tous ;  pour preuve... le fait que les "appelés syndicaux" des plateaux télé de ces dernières semaines qui n'ont de "policier" que le titre, semblent remplir à merveille auprès de cette caste cynique aux ambitions jamais assouvies, le rôle qui leur est confié dans un "Je te tiens, tu me tiens par la barbichette.." à ciel ouvert. 

    Ce mépris de l'Etat pour les policiers, leurs policiers et puis aussi, un peu... nos policiers,, avec la complicité de législateurs qui n’oublient jamais de s’octroyer des augmentations de salaires conséquentes, on le retrouve pour les métiers de santé et leur personnel non-cadre, pour les juges ( budget de la justice inférieur à ceux tous les pays européens), pour les enseignants (rémunérés 30% en dessous de la moyenne européenne), pour les matons,les pompiers... car tous sont méprisés par un Etat placé sous la domination d’agents d’une rationalité économique du mépris… encore le mépris ! pour des professions sans plus-value en monnaie sonnante et trébuchante  aux yeux des actionnaires du CAC 40 et de leurs protecteurs – contraints ou non -  qui ont élu domicile à l’Elysée depuis 30 ans ; tous ces métiers, tout ce personnel qui se comptent en millions vécus comme une charge, un fardeau, sorte de masse informe sans visage et sans identité, poids mort nécessaire mais méprisable parce que… sans profit aux yeux de ceux qui sont chargés de faire la guerre à tout ce qui « coûte », à tout ce qui n’enrichit aucun portefeuille d’actionnaires ( et leurs gestionnaires) voraces, d’une avarice et d’une vénalité pathologiques, véritables sociopathes du « Plus, toujours plus, et plus encore ! Moins, toujours moins pour tous autres ! »

    Il est bien là le mépris et nulle part ailleurs !

     

                    Aussi,  il serait temps que les syndicats de policiers cessent de prendre l’ombre d’un mépris chez le peuple à leur égard pour mieux abandonner « leurs responsabilités syndicales » face à un Etat champion toute catégorie du mépris et ne jamais assumer cette réalité  pour ne pas avoir à en tirer des conclusions aussi inconfortables qu’intimidantes, car si le courage est sans doute la première des qualités humaines, elle est aussi la moins répandue. Assurément.

     

     

    1 -  L'option sécuritaire (vindicative et stigmatisante au passage) à défaut d'une option de résolution de la crise par "La case politique", semble destinée autant à flatter qu'à rassurer les classes supérieures actives et retraitées qui composent la base électorale du locataire de l'Elysée ; car la peur de cette couche de la société n’est pas nouvelle ; cette peur est vieille de mille ans ; c’est la peur de la Bourgeoisie ( en tant que catégorie et classe politiques et économiques) quand "en bas" ça bouge et que ça n'en finit pas de bouger ; il s’agit d’une peur propre à ceux qui voient leur confort moral (« Je suis un type bien finalement ! ») et leur confort matériel et physique (« Ce mouvement, qu’est-ce que ça va me coûter, qu’est-ce qu’ils vont me prendre, qu’est-ce que je vais y perdre ? ») menacés ; car tout au fond de lui,  le Bourgeois (petit ou grand) dont le statut repose sur la spoliation du plus grand nombre, sait qu'il est un salaud et qu'il se comportera comme tel le moment  venu : il suffit de se reporter aux propos tenus par Luc Ferry qui recommande que la police "tire dans le tas".

    Bombe lacrymogène, matraque, flashballs, grenades, Pasolini aurait écrit à propos de la relation forces de l'ordre/manifestants :  " Des pauvres violentent d'autres pauvres !" Aussi, un seul conseil à donner aux membres dits "des forces de l'ordre" nous viendra à l'esprit : "Faites-vous une faveur : quittez ce métier indigne et qui le sera davantage encore dans les années à venir !"

      

     

                                                                 

     

                       Lynchage, tabassage gratuits d'une police maintenant indigne de toute considération dans le silence assourdissant des avocats, des médecins, des corps intermédiaires, de la ligne des droits de l'homme... de la classe politique et médiatique...

     

     

                     

     

     

    2La raison pour laquelle l’Etat couvre à chaque fois qu’il le peut, les bavures d'une police qu'il méprise ( salaires indignes, commissariats infestés de rats et de punaises, suppression de milliers d'emplois, des véhicules vétustes, des policiers dans l'obligation de financer leur matériel et leurs vêtements de protection etc.... ICI un billet à ce propos), est la suivante : cette complaisance à son égard permet à cet Etat d’éviter que cette même police comprenne qu'il la méprise au plus au point sans pouvoir en faire l'économie pour autant car force est de constater ceci : plus l’Etat flatte et couvre les policiers, entre deux suicides, plus l'Etat se protège d’une prise de conscience qui remettrait en cause la servitude du policier vis à vis de son maître qu’est cet Etat méprisant.

    Les victimes des bavures tout au long de l'année, aujourd'hui le passage à tabac du gilet jaune isolé, sans défense ni protection (des dizaines de vidéos sur internet peuvent en témoigner) par les DAR (dispositif d'action rapide), c'est l'exutoire auquel les deux partis, le couple Etat-Police, ont recours :  l'une pour éviter de rendre des comptes à sa police ; l'autre, pour trouver un peu de consolation face à leur humiliation que représentent leurs conditions de travail et leur rémunération, la lâcheté de leur hiérarchie et de leurs syndicats, dans l'exercice d'une violence dite "légale" car lorsque le faible est sans courage face au fort qui l'humilie, c'est alors qu'il prend pour cible un plus faible que lui. 

     

     

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  • Laurent Chollet : « L’insurrection situationniste »

     

     

                  "L’IS (Internationale Situationniste) a su développer autour d’elle, contre elle ou concurremment à elle un courant de pensée radicale qui sans nul doute marque aujourd’hui plus que jamais  l’évolution des idées politiques en général. Il est sûr que le radicalisme  de l’IS a plus fortement marqué son temps  qu’aucun autre courant n’avait pu le faire."

     

                 Roland Biard, Dictionnaire de l’extrême gauche, de 1945 à nos jours 1978.

     

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              « Souvent calomniés et souverainement occultés pendant près d’un quart de siècle, alors que leurs idées étaient pillées de toute part, les situationnistes même si on n’identifie ni ne distingue pas toujours très bien le sens de l’épithète, occupent une place à part dans l’historiographie contemporaine. On songe, dans les meilleurs cas, aux événements de Mai 68, à une organisation, et à une revue homonyme appelée Internationale situationniste (IS), ainsi qu’à deux ouvrages : « La Société du spectacle » de Guy Debord et le « Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations » de Raoul Vaneigem sortis en 1967 n’ont pas seulement anticipé sur le « Printemps des enragés » ( Mai 68 - ndlr), ils ont rencontré leur époque. En revanche, on oublie ou l’on ignore que l’aventure situationniste a dépassé, et de loin, le cadre de la seule IS, fondée en 1957 et autodissoute en 1972, puisque cette organisation a donné naissance à partir du milieu des années soixante à un vaste mouvement international dont l’âge d’or se situa dans les années soixante-dix. Il n’est donc pas étonnant d’en avoir trouvé la trace au cœur des mouvements Provo en Hollande, punk en Angleterre, autonome en Italie ou alternatif en Allemagne.

    La structure, née de la fusion de plusieurs groupes d’avant-garde artistique, a compté 70 membres de 16 nationalités différentes, en douze ans et six mois d’existence. La pratique coutumière des exclusions  et des démissions a cependant  toujours limité à une dizaine  le nombre de participants simultanément présents en son sein. Autre source d’allégations fantaisistes : leur projet révolutionnaire. Cette cause, fruit d’une singulière rencontre entre radicalités artistique et politique, ils avaient choisi de la fonder eux-mêmes. L’origine, le parcours, le tempérament et les aspirations de ces agitateurs s’avéraient pour le moins atypiques. « Insurgés », les définirait d’un mot. Ces adeptes d’un « refus total » s’étaient d’abord révoltés au sortir de l’adolescence contre la vie même. « Ne travaillez jamais !», assénaient-ils, en commençant par donner l’exemple à travers des conduites en tout point « scandaleuses », tout à la fois fondements et applications de leurs premières théories. « Bohèmes » par choix, et en majorité autodidactes, ils s’étaient dressés contre les mouvements dadaïste et surréaliste, dont ils étaient les héritiers directs et les enfants terribles, une rupture salvatrice destinée à assurer leur complète émancipation. Ce combat contre l’ordre du monde, ils le préparèrent  en se composant progressivement un vaste champ culturel, mêlant à des auteurs ou des créateurs d’avant-garde (Breton, Artaud, Malevitch, Joyce…), les œuvres de romanciers(Sade, De Quincey…) et de poètes (Lautréamont…) de mémorialistes (Le cardinal de Retz, Casanova…) et d’essayistes (Machiavel, Clausewitz, Hegel…). Leur politisation résulta, elle, d’une lecture critique des écrits de Marx, de Bakounine, de Fourier et de Nietzsche, sans ignorer ceux des « marginaux » du marxisme (Korsch, Pannecoek, Lukacs…) et de l’anarchisme (Stirner, Darien…). Pétris d’histoire, ils manifestèrent un intérêt tout aussi vif pour les bandits « sociaux » (Cartouche,Mandrin…) et « asociaux » (Villon, Lacenaire…), les grands insurgés oubliés (Makhno , Durruti, Villa…), ainsi que les hérésies et autres mouvements religieux millénaristes. Cette culture livresque, liée à l’étude du mouvement ouvrier, de la Commune de Paris à la Catalogue libertaire de 1937, les conduisit rapidement à propulser la social-démocratie, le marxisme-léninisme et l’orthodoxie anarchiste dans les poubelles de l’histoire, pour faire du courant situationniste une pratique, une critique et une théorie radicales.

    Considérablement influencés par les travaux de quelques pionniers dont ils croisèrent souvent la route (Isou, Lefebvre, Castoriadis…), et par la fusion qu’avaient forgée les surréalistes, à partir des mots d’ordre de Rimbaud et de Marx, les situationnistes souhaitaient à leur tour « changer la vie » et « transformer le monde », en « réalisant » l’art et la philosophie. Se voulant  l’aiguillon d’une révolution intégrale, ils considéraient que le prolétariat, organisé en conseils ouvriers, pouvait désormais accomplir sa « mission historique » grâce à l’automation et à la cybernétique, en réalisant le vieux rêve d’une société sans maîtres ni esclaves. L’abolition du travail, du salariat, du capital et de la marchandise devait ouvrir une ère nouvelle. La vie quotidienne libérée, reposerait sur une suite ininterrompue de situations, autrement dit  « de moments construits de la vie », dont on ne connaissait encore que les contours par le biais d’un ensemble de comportements expérimentaux.

    Dans leur optique insurrectionnelle, les situationnistes ont d’abord pensé utiliser la culture comme ligne de front, avant d’opter pour une stratégie ouvertement politique, à distance des organisations et des partis existants. L’IS, compte tenu de ses origines et ses interventions, entendait ne plus opérer de distinctions entre les domaines politique et culturel.

    La modernité que représentait l’IS, au-delà de ses analyses et de ses propositions, reposait aussi sur sa manière de s’exprimer. Grands lecteurs de « romans populaires », de Dumas à Sax Rohmer, ils ont chéri les bandes dessinées, la Série noire et ses adaptations cinématographiques ou la science-fiction, soit l’univers des productions « commerciales » découvertes depuis la Libération, que les bien-pensants tenaient déjà pour une sous-culture des plus douteuses.

    Dès 1963, on pouvait en effet lire dans son bulletin : « L’IS ne peut pas être une organisation massive et ne saurait même accepter des disciples, l’IS ne peut être qu’une conspiration des Egaux, un état-major qui ne veut pas de troupes ».

    Le diminutif de « situ » désigne tous ceux qui ont soutenu et développé des perspectives situationnistes en dehors de l’IS. 

               Le « mouvement situationniste » quant à lui, loin d’être un concept fourre-tout, inclut de fait l’ensemble des structures et individus, organisés ou non, qui se sont reconnus dans tout ou partie des pratiques, des analyses et des théories de l’Internationale situationniste.

    S’ils n’ont partagé aucune des illusions soviétique, Khmers rouges et de l’engrenage terroriste, cette insurrection à épisodes, à la fois artistique, politique et sociale, cette entreprise de dépassement de l’art, de sa réalisation dans la vie quotidienne à partir d’expériences nouvelles, jusqu’aux créations picturales, architecturales, cinématographiques (Themroc, l’An 01) ou autres, réflexions politiques… ceux qui se sont risqués à renverser leur vie, au sein du mouvement ou sous son influence, la délinquance politisée, la lutte armée, la pratique d’un terrorisme burlesque, le combat pour la libération des mœurs ou la libéralisation des médias… toute cette effervescence a composé ce qu’on pourrait appeler un puzzle situationniste dont il est urgent de réunir les pièces. »

                         

                           Laurent Chollet.  "L'insurrection situationniste" public en 2000 chez Dagorno ;  toujours disponible.

      

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  • Progrès et innovation

     

    "J'aimerais tant avoir la science infuse...

                                     enfin, entre deux tasses de thé".

     

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    « Les opinions vous savez, ça va, ça vient. Du reste je ne suis pas contre l’opinion aussi saugrenue soit-elle qui consiste à penser qu’il est important d’avoir des opinions sur tous les sujets sur lesquels il est notoirement recommandé d’en avoir...  et même si la majeur partie d’entre nous a des opinions sur un nombre restreint de sujets, il faut bien avouer qu’ici bas, seuls les sujets qui nous touchent sont des sujets sur lesquels nous ne pouvons éviter d’avoir une opinion, tout en gardant à l'esprit le fait qu’une opinion est une bonne opinion si celle-ci se rapporte à un sujet qui nous terrasse avant de nous anéantir si par malheur nous ne formulons pas, dans la seconde qui précède cette menace d’anéantissement, une opinion tranchée et réflexive, une opinion que personne n’osera contester car la contestation efficace d’une opinion est une contestation qui anéantit l’opinion de l’autre sur un sujet qui le mine et le tue à petit feu, comme dans une séance d'auto-flagellation, ou bien de plein fouet au volant d’une voiture qui vous percute, elle, de biais pour faire diversion et créer un effet de surprise qui ne vous laissera pas le temps de formuler une opinion sur le choc mortel que vous venez de subir.

    Écoutez ! L’important c’est d’être encore capable de dormir la nuit avec ou sans opinion car, si vous perdez cette faculté, c’est fini. Il n’y a plus de repos compensateur... il n’y a plus d’espoir : l’espoir d’avoir la paix quelques heures par jour. D’ailleurs, au train où vont les choses... on parle de nostalgie, et certains la dénoncent, mais je vais vous dire une chose : la nostalgie ne finit-elle pas là où commence le grave déséquilibre psychologique de l'espèce humaine occasionné par cet environnement qui fait que l’être humain se sent de plus en plus, jour après jour, étranger à ce qu’il est... indubitablement ? Oui, étranger ! Comme... absent de lui-même parce qu’il n'adhérera jamais à cet environnement. La science et toutes les psychothérapies avec leur cohorte de psys défroqués n'y changeront rien : ce dénominateur commun, le plus petit dénominateur commun qui unit notre espèce, non pas dans sa géographie contemporaine mais dans sa nature et son histoire, eh bien, c'est ce plus petit dénominateur universellement commun-là qui fait que nous sommes tous capables de donner un sens à cet environnement qui nous rappelle, quotidiennement d’où nous venons et où nous allons. Et j’entends par environnement, tout ce qui conditionne notre manière de penser et d’agir. Alors, dites-vous bien une chose : ce n'est pas de nostalgie qu'il s'agit mais de manque ; ce sont bien des pans entiers de notre humanité qui vivent dans le manque et qui souffrent. Vous comprenez ?


    Mais… diable ! Qu'est-ce qu'on nous a fait perdre et qu’est-ce qu’on a perdu au cours des siècles qui se sont écoulés ? Qu'est-ce qu'on a perdu et qu'on n'aurait jamais dû perdre et qui nous sera fatal pour notre malheur à tous ? On a sûrement gagné quelque chose en chemin mais en gagnant, on a aussi perdu.

    Alors, je vous le dis tout net : on ne peut plus balayer d'un revers de main tous ces gémissements et toutes ces plaintes. Quelque chose de précieux et de vital a sûrement été perdu. Mais comment savoir ? Comment identifier ce qui a été perdu et qu'on ne retrouvera plus et qu'on n'aurait jamais dû perdre ? Ou bien alors, comment être sûr que ce qui a été abandonné ne fragilise pas nos chances de laisser derrière nous et à ceux qui nous survivront, un monde encore et, un tant soit peu, humainement humain ? Et c'est pas fini ! Si on continue à nous dépouiller, on finira plumés, sans un rond, à sec, à poil, sans droits, sans valeurs et sans un être humain à l'horizon. On sera des milliards mais on ne comptera pas un seul être humain parmi nous. Alors... bien sûr, il y a la science, cette satanée science ! Cette science qui hurle son arrogance dans un monde scientifiquement appréhendé et pris en otage. Mais cette science, dont les découvertes aujourd'hui n'en finissent pas de nous faire bâiller, est-elle seulement capable d'identifier ce quelque chose qu'on a perdu et qui nous fragilise et nous condamne tous davantage chaque jour, nous tous, collectivement ? Plus nous innovons, plus nous gagnons de la vitesse, certes ! Mais... plus nous innovons, plus les chances de progrès semblent s'éloigner de nous car, le progrès, ce n'est pas l'innovation, le progrès, c'est tout ce qui renforce la justice ; et la justice, c'est ce qui nous protège du pire et nous éloigne de la barbarie, de l'arbitraire et du ressentiment dévastateur de ceux qui se sentent dépossédés ou bien, relégués et qui ne manqueront pas de nous le faire savoir avant de nous le faire payer. »

     

     
    Extrait du titre  : "Paroles d'hommes" - chapitre 5 - copyright Serge ULESKI.

     

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    Françoise Bonardel sur la crise de l'identité 

     

                  Nietzsche, Simone Weil et l'enracinement, Thomas Mann, Bernanos, Julien Benda  :

     

    " ... on mentionnera un exil intérieur pour nombre d'Européens en perte de repères, vacillant entre une identité nationale frappée de suspicion et une identité supranationale qui n'est qu’un cache misère abstrait puisque c'est sous la bannière de la société marchande que s'étend à l'échelle planétaire un déracinement humain généralisé ."

     


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  • Mourir pour Charlie Hebdo

     

                     Charlie Hebdo : 4 ans déjà !

     

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    Billet de blog publié en Janvier 2016

     

                       Le 5 Janvier 2016, un hommage a été rendu aux victimes de la rédaction de Charlie Hebdo ; victimes de ce qui peut être considéré comme un assassinat politique. Une plaque commémorative a ainsi été inaugurée à Paris sur les lieux de l'attentat.

     

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                    Philippe Val, patron de Charlie Hebdo avant sa nomination à France Inter sous Sarkozy en 2009.

     

     

    Attentat dans les locaux du journal Charlie Hebdo

     

    Wolinski et Cabu, deux membres historiques de ce journal sont décédés.

     

                  Longtemps on pourra se demander ce que ces deux caricaturistes, figures majeures de la presse satirique, faisaient encore à Charlie Hebdo qui, depuis dix ans, a fait de l'insulte, de l'humiliation de l'Islam et de son prophète à coups de pleines pages plus dégradantes les unes que les autres, son fonds de commerce au nom d'une liberté d'expression sans but ni raison, sans queue ni tête, une liberté à fonds perdus qui n’explique rien et n’entrevoie rien ; une liberté sans conscience ni intelligence : pas d’analyse ni de mise en perspective ; une liberté d’enfants terribles qui, tragiquement, ont oublié les enjeux politiques et géo-stratégiques derrière l'instrumentalisation d'un Islamisme aveugle et cruel, à l’heure de la volte face diplomatique de la France menée par le trio Hollande-Valls-Fabius en violation de notre tradition ; une France qui se tient désormais aux côtés de l’Empire (Atlantisme, sionisme et monarchies pétrolières) sans nuances et sans complexe.

    Aussi, on peut être légitimement autorisés à se demander ce qui faisait courir Charlie Hebdo : la liberté d’expression ?

     

              Tous ceux qui pensent pouvoir tenir le monde en respect un crayon à la main à coups de caricatures souvent talentueuses devront au plus vite réaliser que le refus de prendre en compte le monde qui est le nôtre aujourd’hui, dans toute sa complexité et plus important encore, dans toute sa perversité, ce refus-là devra manifestement se payer très cher au moment où « l’humanité est sur le point de connaître en quelques décennies, le plus important changement global de toute son histoire, le choix de la stratégie du chaos étant ouvertement assumé par les puissances de l’argent. »

    Cette politique du chaos ciblera une terre en particulier, celle de l'Islam : Moyen-Orient, Proche-Orient et une partie du grand Maghreb.

    Il semblerait que Wolinski et Cabu, septuagénaires, aient décroché de cette réalité-là depuis une bonne vingtaine d’années et qu’ils en aient payé le prix le plus élevé : la mort. Philippe Val, un temps leur patron, qui a conduit le virage idéologique de Charlie Hebdo avant d'être nommé à la tête de France Inter en 2009 sous la présidence de Sarkozy (1) - virage qui rapprochera l'hebdomadaire d'une idéologie mondialiste, atlantiste et sioniste -, portera une lourde responsabilité dans l'acharnement vécu comme anti-musulman d'une rédaction contre une religion en particulier.

    Le dessinateur Siné, licencié par Val, aura été le premier à vivre avec violence cette volte-face éditoriale qui ne pouvait que conduire l'hebdomadaire et ses salariés droit dans le mur. 

     

                 Mais alors, fallait-il, et faut-il mourir pour Charlie Hebdo ?

    Bêtes et méchants - tels  ils se revendiquaient -, il semblerait que Wolinski et Cabu aient fini par trouver plus méchants qu'eux, et sans doute aussi, plus bêtes. Et la question suivante s'impose : pourquoi ces deux-là sont-ils restés si longtemps, non pas "méchants" mais "bêtes" ?

    Intégrisme religieux contre intégrisme anti-religieux (2), la liberté de représenter le prophète de la deuxième religion de France, Mahomet nu couché sur le ventre les fesses à l’air, tout en accompagnant cette représentation du commentaire  suivant : « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? »… fallait-il mourir pour cette liberté-là ?

    Il est vraiment temps que l’on nous remémore dans quelles circonstances le combat pour la liberté d’expression a gagné ses titres et ses lettres de noblesse qui sont les siens aujourd’hui.

     

               Rappelons que la critique de la religion, le Catholicisme en particulier, ici en France, a toujours reposé sur la dénonciation d’une chape de plomb sur les consciences et la lutte contre une organisation de l’existence liberticide et intransigeante, parfois cruelle, tentaculaire, de l’Ancien régime à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, et bien après encore… jusque dans le dernier village français, jusqu’à la dernière chasuble et soutane et le dernier viol d’une conscience qui aspire à une liberté seule capable de hisser l’être humain au sommet de tous les possibles.

    Tout au long de cette lutte, les représailles de l'institution religieuse n'épargneront personne.

    La critique du sionisme, bras armé du Judaïsme, trouve elle sa justification dans le fait que cette idéologie a pris en otage les Juifs de France (3), les médias et occupe tous les lieux de pouvoir et de la représentation politique jusqu’au plus haut niveau de l’Etat français ; cette critique sans complaisance, critique jusqu’à la dernière kippa, trouve sa légitimité dans la lutte contre une idéologie qui divise notre pays, ternit son image sur la scène mondiale et paralyse son pouvoir d’initiative au service de l’instauration d’un autre rapport au monde entre les Etats, les Continents, les Nations, les Cultures et les Civilisations.

    Là encore, dans cette lutte contre cette idéologie d'une intolérance inouïe - soumettez-vous ou disparaissez ! -, les représailles n'épargnent personne. Dieudonné, entre autres, en paiera le prix fort : le bannissement ; car c'est en 2003 qu'un pays s'est laissé dicter que la liberté d'expression s'arrêtait à Dieudonné. Depuis, l'étau ne s'est pas desserré.

     

                 En revanche, s’en prendre à l’Islam, semaine après semaine, une religion, la religion la plus pauvre de France, une religion sans pouvoir, sans moyens, sans représentation autre que dégradante à dessein - notez que les plus lettrés, articulés et avisés de cette communauté sont le plus souvent ignorés ou exclus par les médias dominants -, dont les fidèles ont pour lieux de prière des locaux sordides et dont une grande partie partage une condition sociale déterminée par l’occupation d’emplois ingrats et pénibles… tout ça avait-il vraiment quelque chose d’héroïque ?

    Quant aux groupes qui, de par le monde, commettent des actes inqualifiables au nom d’une certaine conception de l’Islam, s’en repaître à longueur de colonnes, des mois durant, et là encore, sans travail d’information digne de ce nom, - qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Qui les finance ? Quels intérêts servent-ils ? -, relevait d’une conception quelque peu immature et irresponsable de ce que sont la presse, l’information, le lecteur et ce à quoi Charlie Hebdo pouvait bien penser contribuer : à une meilleure compréhension de tous les mécanismes de désinformation et de manipulation destinés à nous renvoyer l’image d’un monde décidément illisible et ainsi nous inciter à nous en désengager ?

    De ça, on peut en douter.

     

    ***

     

               "Ne vous arrêtez jamais à la mort car elle n'éclaire à la fois rien et tout !"

     

                Cet attentat très ciblé - véritable assassinat politique - arrive au pire moment pour la communauté musulmane prise en tenaille, d'aucuns diront "pris en otage", entre les livres de Zemmour et de Houellebecq, les interventions d'un Finkielkraut ou d'une Elisabeth Lévy,  et des médias impliqués dans une course à l’audience qui les condamne inévitablement à commettre les pires outrages contre l’intelligence et la justice dans la stigmatisation d'une communauté et d'une géographie (les quartiers, les banlieues...) qui n’avaient vraiment pas besoin d’une telle attention.

     

                De plus, avec un Président au fond du trou, un Crif toujours sur le pied de guerre, une presse subventionnée courageuse mais pas téméraire, souvent de parti pris, et des médias de masse qui feront, nul doute, entre deux pauses publicitaires, des choux gras de cette tragédie… le moment est vraiment venu de se taire et de les observer tous autant qu’ils sont : ils nous en apprendront tellement sur eux-mêmes et sur le monde qu’ils nous préparent pour demain. Il sera toujours temps alors de revenir et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

    On pense déjà au pire.

     

     

                Charlie Hebdo par Denis Robert

     

     

    1 - Qui, dans les années 70 et 80 aurait pu prédire que le rédacteur en chef de Charlie Hebdo serait nommé par la droite, et qui plus est, par un Sarkozy... à la direction de France Inter ? Avec Val, Charlie Hebdo a tranquillement descendu la même pente que le PS. Profits records... distribution de dividendes de plusieurs centaines de milliers d'Euros pour Val et Cabu, les deux principaux actionnaires.

     

    2 - On peut douter qu’il y ait jamais eu ce qu’on peut appeler « une pensée » chez un Wolinski ou chez un Cabu ; moins encore chez un Choron professeur auto-proclamé...

    Et l'on se souviendra que cette "petite bande de joyeux lurons" avait quand même beaucoup de mal avec ceux qui ne pensaient pas comme eux. On les disait plutôt sectaires... pour ne rien dire de leur caricature récurrente du Français moyen - et toute la classe ouvrière avec lui -, systématiquement assimilé à un beauf raciste, alcoolique, et antisémite, accompagnée d'une représentation le plus souvent machiste et dégradante des femmes.

     

    3 - Le questionnement à propos du danger que représente l'élite juive sioniste pour le Juif du quotidien (en France ou en Israël) n'est pas nouveau. Le dernier questionnement concerne le génocide nazi. Une étude qui répond au titre de "Quels juifs furent exterminés ?" est disponible ICI ; une étude qui interroge l'histoire du génocide des Juifs à travers le prisme de "la lutte des classes" au sein de cette communauté : à partir de 1933, qui a décidé, au sein de la communauté juive, de "qui pourra quitter l'Europe - pour la Grande Bretagne, la Palestine ou les USA -, et qui ne le pourra pas" ; "Qui vivra et qui mourra".

     

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