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  • Une proposition de sociologie des Gilets Jaunes avec Raphäel Challier

     

     

                             sociologie des gilets jaunes raphaël challier

                Raphaël Challier est docteur en sociologie (Cresppa Gtm) et Ater en science politique à l’Université de Mulhouse (Sage). Ses recherches portent sur les recompositions des classes populaires rurales et urbaines, les séparations politiques entre ces groupes et les classes aisée ainsi que sur les fractures entre professionnels et profanes du champ politique. sociologie des gilets jaunes avec raphaël challier

           

                       "... Le groupe des gilets jaunes reste majoritairement blanc et, à de rares exceptions, inclut peu les habitants membres des minorités, indice des limites potentielles de la solidarité produite. L’évolution du mouvement apparaît d’autant plus imprévisible qu’il s’est déroulé largement en dehors des réseaux militants constitués et repose en premier lieu sur la rencontre entre une dynamique (nationale) de mobilisation et une mise en commun d’expériences (au niveau local), qui active des micro-dispositions politiques chez des primo-engagés membres pour la plupart des classes populaires. "

                   "... Vue du terrain, la mobilisation des gilets jaunes traduit avant tout une réelle aspiration à la justice sociale et à la reconstruction de liens civiques. Pourtant, la faible présence des forces politiques, syndicales et associatives à même de consolider les potentialités constructives du mouvement en rend l’issue hautement incertaine. Si le regroupement massif d’acteurs populaires sur les ronds-points prouve que certains membres de ces groupes aspirent à une citoyenneté active, il rappelle aussi, par contrecoup, leur invisibilité très générale dans l’espace politique institué." 

     

    Article à lire ICI

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  • L'après "Grand Débat... de diversion" : quelles mesures ? Quand et comment ?

    l'après grand débat, macron, les gilets jaunes

     

                     L’après débat...


                     Les mesures...


                     Mais alors, quelles mesures dans le cadre et dans le contexte d'un Système que l’équipe Macron sert, et tous les autres avant lui, qui ne laisse aucune marge de manœuvre financière ?
    Système qui, pour l’heure, est seul capable d’offrir une carrière à celles et ceux qui n’ont qu’un désir : échapper au salariat en se reposant sur les revenus de la politique, et ce à tous les niveaux et de revenus et d'ambitions, les uns se contentant d’un poste de député… (à vie si possible) ;  d’autres, plus ambitieux : Matignon, voire l’Elysée ; et d’autres plus ambitieux encore (Macron) ; un poste à la tête d’une institution internationale : Commission européenne, FMI et autres.

    Côté contestation et impatience, reste l’écologie et ses troupes que l’Elysée compte bien « balader » encore deux ans en attendant la prochaine élection présidentielle et la présence de MLP au second tour, histoire de rafler la mise sans avoir à livrer bataille une fois de plus… mais une fois de trop ?

                     Les Ecolos soit ! En revanche, satisfaire les revendications des Gilets Jaunes - la fin des retraites à 900 euros, la fin des salaires à 1150  euros pour un travail à plein temps au SMIC horaire et la refonte complète de la 5è république, de notre constitution et de nos institutions par voie de conséquence -,  ça, c’est "une autre paire de manches" !

    Un fait est certain : Macron ne pourra pas répondre aux exigences des GJ qu'elles soient d'ordre financier et/ou constitutionnel, pour les raisons explicitées plus haut.

    Un cauchemar pour Macron ces exigences ! D'autant plus qu'il est bon de garder à l'esprit ceci : plus vous aurez libéré la parole, plus grande sera la frustration et la déception si cette parole n'est pas entendue ni suivie d'effets.

                    Aussi, les mois qui sont devant nous seront d’un intérêt rare : comment Macron va-t-il « endormir les Gilets Jaunes» ? Comprenez : comment va-t-il parvenir à les dissuader de continuer d’occuper le terrain ?

    Face à des sondages incitatifs car maintenant majoritairement défavorables au mouvement des GJ, doit-on s'attendre à une répression accrue avec le soutien des médias, des partis LAREM, LR, PS et de l'opinion publique afin de dissuader définitivement la quasi totalité des Gilets Jaunes de revenir le samedi suivant ? Ou bien, résignation des Gilets Jaunes ? Ou bien encore, récupération, absorption et intégration du plus gros des troupes par quelques partis d’opposition ?  

                    Bien malins sont ceux qui peuvent, aujourd'hui, prédire l'avenir des Gilets Jaunes, celui de Macron et le nôtre à tous.

     

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  • Raphaël Glucksmann, tête de liste aux Européennes : le PS tombe enfin le masque

     

    Raphaël Glucksmann tête de liste aux européennes sous l'étiquette socialiste,

     

                  "Samedi, lors de son Conseil national, le PS a adoubé samedi Raphaël Glucksmann comme tête de liste pour les européennes, à une très large majorité, par 128 pour et 5 contre. L'essayiste mènera campagne "en tandem" avec la militante écologiste Claire Nouvian, cofondatrice du mouvement "Place publique" - un mouvement formé avec une vingtaine de personnalités de gauche, dont Raphaël Glucksmann, qui revendique 30 000 adhérents.  

    La résolution prévoit également la constitution d'une liste comportant pour moitié des candidats estampillés PS, pour moitié des candidats issus de "Place publique", de la société civile et des autres formations politiques engagées dans des discussions avec le PS et "Place publique." - L'Express  

     

    ***

     

                   Le mouvement « Place publique" créé voilà quelques mois, ne serait-il pas la continuation du PS sous un autre drapeau - faux en l 'occurrence  ? Ce mouvement n'aurait-il pas à voir avec le désir de poursuivre l’œuvre, pourtant moribonde de ce  PS qui a vu le jour en 1983 - corruption et compromissions idéologiques et politiques en tous genres - par un Raphaël Glucksmann qui n'est que le fils de son père ? Un père dit « nouveau philosophe » dans les années 70, au côté de Bernard-Henri Lévy (ICI) ; un philosophe sans oeuvre si l'on en croit la postérité aussi injuste et cruelle soit-elle.

    Aussi, grande est la tentation de s'adresser comme suit à cet éternel candidat à tout et à rien qu'est Glucksmann-fils, désoeuvré, toujours à la recherche d'un emploi : 

                       "Allez Raphaël ! Sois raisonnable ! Va bosser comme tout le monde ! Trouve-toi un vrai travail, pas une planque subventionnée par ceux qui se crèvent le cul tous les jours, et sûrement pas pour que des gens comme toi fassent le kéké et l'intéressant dans les médias ! D’autant plus tu es atlantiste (point de salut loin de la pax americana !), sioniste (soutien indéfectible à Israël et chantage à l'antisémitisme contre ses détracteurs ici en France)  et mondialiste (abolition des frontières, immigrationniste- fondamentaliste sans jugement ni jugeote). Décidément, tu as tout faux Raphaël ! Quant à ce PS qui n’est pas encore mort...sache que cela ne saurait tarder : on y travail élection après élection depuis plus de 10 ans maintenant !"

     

    ***

     

                 Glucksmann, PS et "Place publique" !

                 Qui va bien pouvoir et vouloir voter pour ça aux Européennes prochaines et à tout autre élection ? 

                 La réponse ne tardera pas car, déçu de la candidature de Glucksmann, l'économiste Thomas Porcher, qui a appelé à voter Jean-Luc Mélenchon en 2017, préfère quitter le mouvement qu'ils avaient fondé ensemble : "Je n'ai pas envie de servir de caution de gauche au PS, ni que Place publique soit le nouvel emballage d'un produit périmé.

    On ne saurait mieux dire. 

     

                Atlantisme, sionisme et mondialisme... avec Raphaël Glucksmann c'est bien le PS qui tombe enfin le masque après plus de 30 ans de louvoiements.  

     

     
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  • L'égalité à la française : un sésame qui ouvre les portes d'un régime de privilèges et d'immunités

     

     

                 La vérité est un mille-feuilles, et rares sont ceux qui demandent du rab car, avec elle, on est très vite rassasiés.

     

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               Si le citoyen français est très attaché à l’égalité, ne cherchez pas, c’est dans l’espoir que cette égalité lui ouvrira des portes qu’il s'empressera de refermer derrière lui, avant de les verrouiller toutes, à double tour.

    Car, pour ce citoyen aux origines souvent modestes (mais pas toujours), l’égalité est le seul moyen d’accéder à un statut privilégié dans le secteur privé comme dans le secteur public, et ce faisant, son seul espoir d'intégrer une classe du même nom, à savoir : la classe des privilégiés.

    Deux siècles de ce régime d'exceptions et d'immunités pour les plus privilégiés parmi les privilégiés, ont fait qu’aujourd’hui, on peut affirmer sans se tromper : il ne reste plus une seule porte ouverte pour quiconque, toutes origines sociales, culturelles et ethniques confondues.

     

    ***

     

                 Sans vouloir être désobligeant à son égard, et au risque de paraître franchement grossier, toutes choses étant égales par ailleurs - même si on sera bien en peine de savoir quoi et où -, dernièrement j'ai pensé à une chose : et si ce citoyen épris d'égalité était un petit enfoiré (1) ? Un enfoiré souvent sympathique, certes, mais... un enfoiré quand même ! Et qui plus est, un enfoiré de la pire espèce : de l'espèce qui niera tout en bloc, même sous la torture.

    Dur à cuir et pervers, ce "rebelle" tartuffe d'une mauvaise foi à fleur de peau,  n'a qu'une seule et unique cause : une place au soleil pour lui seul.

    Alors... diable ! Comment ne pas arriver à la conclusion suivante : il y a bien quelque chose de profondément... pourri... au royaume de France. Ce qui expliquerait en grande partie l’absence de solutions à la fois collectives et individuelles ; car, franchement, aujourd'hui, dans ce pays, on aide qui, à mettre (ou à remettre) un pied à l’étrier.

    Vous en doutez encore ?

    Ecoutez donc un chômeur vous parler de son dernier entretien avec un conseiller de Pôle emploi ; voyez cet employé face à un employeur dont le seul mérite est de créer des emplois de 25H par semaine, payés au minimum horaire ; testez la qualité de l'accueil d'un bénéficiaire du RSA, d'une fille-mère face à une assistante sociale ou bien, d'un titulaire d'une carte CMU dans un centre médical ; voyez ces milliers d'ados et de pré-adultes qui quittent tous les ans (280 000 chaque année), une institution qui, en 10 ans et plus, leur aura tout juste permis de maîtriser l'écrit et la lecture...

    Et puis, rajoutez-y une couleur de peau et un nom venus d'ailleurs...

     

     

    1 - Enfoiré : individu pas foncièrement méchant ni mauvais mais... faut pas lui tourner le dos ; et mieux vaut ne jamais avoir besoin de compter sur lui ; même si l'on ne doit pas oublier la profonde solitude et la fragilité de l'homme moderne, à la fois individualiste forcené (satisfaction de ses besoins) et grégaire (recherche de sécurité dans un groupe) au sein d'une réalité qui a pour fond social : la peur, la précarité et l'instabilité.

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  • « Trois places pour le 26 » de Jacques Demy : le film de trop ?

     

                       

     

                   « Trois places pour le 26 » était un projet vieux de dix ans  lorsque le film sort en novembre 1988 ; aussi, à propos de ce film de Jacques Demy, son dernier, qui aurait donc dû sortir dans les années 70, il semblerait qu’il soit arrivé trop tard pour tout le monde : Yves Montand en premier ; puis Michel Legrand qui a perdu en route, ou à qui l’on a fait prendre, son génie mélodique reconnu internationalement ; un Michel Legrand qui trouve difficilement sa place dans ce brouhaha musicale des années 80 avec ses percussions (batterie et autres) électroniques d’une pauvreté "de timbre" certaine et "de touché" aussi et dont le mixage déplorable n’arrange rien,  même si, en revanche, ce film arrive pile-poêle  pour Mathilda May à propos de laquelle on se gardera bien de trouver quoi que ce soit à lui reprocher. Quant à la chorégraphie, difficile de porter un jugement ; beaucoup de jambes en l’air et de bras aussi mais peu de décollage et d’envolées.  Faut dire qu’il a toujours été difficile de porter un jugement sur toutes les chorégraphies dans les films de Jacques Demy (excepté lorsque cGene Kelly qui prend en main sa propre chorégraphie dans "les demoiselles de Rochefort") : chorégraphies du samedi-soir pour des productions à la « Maritie et Gilbert Carpentier » des années 70 ?

                 Cela précisé… avoir consacré à la carrière de « Yves Montand chanteur interprète » un long métrage, était-ce bien raisonnable ? Un Montand qui peine à exister sur l’écran, à la voix inaudible… un Yves Montand, tout bien considéré, qui n’aura été durant une partie de sa carrière au music-hall qu’une pâle copie de tout ce que Hollywood, la comédie musicale, le vaudeville, Broadway ont été capable de produire à partir des années 30 jusqu’à la fin des années 50 ; un Yves Montand "Fred Aster de comité d’entreprise ", animateur pour retraités désoeuvrés à qui il aurait manqué deux jambes.

    Bien qu’il demeure en tant qu’acteur un des meilleurs de sa génération, et ce quel que soit le choix de ses rôles, le tour de force de « 3 places pour le 26 » c’est sans doute d’avoir mis en scène un Yves Montand qui peinera à exister, à occuper l’écran, à y imposer sa présence à défaut de le « crever » cet écran, Mathilda May éclipsant souvent l’acteur, lui volant la vedette ; un acteur condamné alors à n’être que l’ombre de lui-même.

    Est-ce à cause d’une mise en scène défaillante ? Le projet était-il disproportionné par rapport au personnage d’Yves Montand dont la carrière et l'oeuvre en tant que chanteur ne méritaient pas tant de tapage ? Etait-ce l’âge ? La fatigue ? Une sorte de lassitude ?

    Sorti en 1988, Montand décédera en 1991 ; Jacques Demy, un an plus tôt. Aussi, « 3 places pour le 26 » aura-t-il été une sorte d’enterrement, et pour le malheur de Yves Montand, un enterrement de seconde classe ?

    Un Montand un temps proche du parti communiste, qui débutera dans la carrière comme cowboy " ...dans les plaines du far-ouest" dans les années 40 auprès d’un bivouac pour finir chez les Reagan (Nancy et Ronald) à la Maison Blanche, à leur invitation, armé d’ un gros flingue « modèle Colt Python 357 » sorti tout droit de « Police Python 1976 - A. Corneau » au cours duquel il abattra sans sourciller ( le public et la critique non plus)  d’une balle dans le dos un braqueur en fuite, inoffensif, tellement la police est bonne quand c’est Montand qui l’incarne tout en croyant lui rendre hommage, adressant à cette police de l 'antigang un coup de chapeau… coup de chapeau plutôt sinistre pour l’occasion.

    Comment peut-on alors se fourvoyer à ce point ?

    Une réponse s’impose : fils d’immigré italien, employé dans les chantiers navals de la Ciotat, Montand est l’archétype de l’ouvrier sorti du rang qui commence Cowboy et finit flic pour le compte de la bourgeoisie qui a pourtant maltraité ses parents et ceux des autres, des générations durant et qui continue de les maltraiter et de les exploiter. C’est donc un cliché affligeant et désespérant que cet ouvrier qui croit devoir sa réussite aux classes supérieures jusqu’à les servir et parfois même, jusqu’à singer leurs mœurs.

    Pensez seulement au couple Signoret-Montand qui se voyait déjà à l’Elysée. La bêtise n’a pas de limite quand elle prend le dessus. Et si la vieillesse est un naufrage, elle peut aussi être une noyade et un enterrement.

    Que l'on se rassure : Signoret et Montant auront de très belles obsèques car les beaux quartiers savent rendre hommage à ceux qui les ont servis, amplement servis, surtout après avoir longtemps tenu responsables ses occupants, la bourgeoisie, de tous les malheurs du monde  - à juste titre pourtant !

     

    ***

                Ne nous y trompons pas néanmoins :  « Nouvelle vague » ou pas, malgré l’échec artistique et cinématographique de « 3 places pour le 26 », Jacques Demy demeure sans aucun doute le seul réalisateur-cinéaste-artiste français, qui ait été à la tête de projets cinématographiques réellement novateurs, et ce dès les années 60 : « Les parapluies de Cherbourg », pour commencer, d'une audace sans précédent au côté d'un Michel Legrand et de son traitement, là encore novateur, de l'association mélodie, voix et texte (1) ; tous deux prenant alors tous les risques ; risques  financier et artistique que peu de réalisateurs et de producteurs ont osés avant et après eux.

     

     

    1 - Legrand et Demy connaissaient-ils "Le Sprechgesang" ?

    "....Un style de récitation à mi-chemin entre la déclamation parlée et le chant, créé par Engelbert Humperdinck connu pour avoir été utilisé pleinement par Schönberg dans le Pierrot lunaire (1912) considéré comme la première œuvre "100% sprechgesang".  - Wikipédia

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  • Gilets Jaunes et le grand silence des Marseillais

     

    Marseille gilets jaunes silence jean claude Godin

     

                        2è ville de France à la tête de laquelle sévit un maire "grande gueule" qui cultive ad nauseam l'auto-satisfaction et l'auto-célébration depuis 1995, et dont l'action est sans solutions ni résultats probants...

    Marseille gilets jaunes silence

    ... un stade de football de 35 000 places plein à craquer à chaque match ( Allez l'OM !)... musique et bals musette à la sauce Rap...

    Mais aussi, mais surtout... misère, pauvreté, chômage, des immeubles qui s'effondrent, des "quartiers ghetto", taudis en veux-tu-en-voilà, drogue, délinquance, assassinats mafieux...

    Week-end après week-end, les médias peinent à nous montrer un seul Gilet Jaune mobilisé déambulant de l'avenue de la Canebière jusqu'au vieux Port face à la méditerranée ; même Bordeaux fait mieux, beaucoup mieux... c'est dire  !

     

              Mais alors, comment interpréter cette absence de mobilisation (retraités, auto-entrepreneurs, chômeurs, salariés au SMIC horaire, artisans et commerçants...), ce silence déroutant, semaine après semaine alors que seule l'occupation des centres villes (et des ronds points) par les Gilets Jaunes, permet à ce mouvement d'exister ?

     

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  • Penser le monde aujourd'hui avec Peter Dale Scott et l'Etat profond

     

                    Parapolitique, gouvernements de l'ombre... s'il n’y a de science  que du caché…  (Gaston Bachelard), de même n'y a--t-il de politique que du dissimulé.

    Docteur en sciences politiques et ancien diplomate canadien, Peter Dale SCOTT est  l'auteur de nombreux ouvrages qui analysent la politique étrangère américaine, les narcotrafics et les opérations secrètes. Ces recherches et écrits mettent en lumière le concept de ce qu'il définit comme le « supramonde » ou l’État profond dissimulé au sein de l'État Public.

    Porte-parole du mouvement anti-guerre contre le conflit US au Vietnam, et plus récemment contre les guerres en Irak et en Afghanistan, il cofonda le programme d'études « Paix et Conflit » de la prestigieuse Université de Berkeley, où il enseigna la littérature anglaise durant près de 30 ans.

    Il est à la parapolitique des Etats ce que Noam Chomsky est à l'analyse des médias.

     

     

     

                   Interview de Peter Dale Scott à propos de son ouvrage La Route vers le Nouveau Désordre Mondial

     

                  "Cet ouvrage est une étude ambitieuse, qui décrit avec précision la façon dont, depuis les années 1960, les choix en matière de politique étrangère états-unienne ont conduit à la mise en œuvre d’activités criminelles, et à leur dissimulation, tantôt partielle parfois totale.

    Dans ses précédents essais, Peter Dale SCOTT a témoigné de l’implication de la CIA dans de graves exactions dont différents coups d’État, ou dans la mise en place d’une véritable géopolitique de la drogue et des guerres qu’elle permet de financer. Il sonde ici la manière dont les décisions, irrationnelles (voire paranoïaques) et à courte vue, prises par les Présidents américains depuis Nixon ont contribué à engendrer une plus grande insécurité mondiale, notamment en renforçant les réseaux terroristes responsables des attentats de 2001.

    L’auteur montre comment l’expansion de l’Empire américain depuis la seconde guerre mondiale a conduit à ce processus de décisions iniques et dangereuses dans le plus grand des secrets, souvent à l’insu des responsables démocratiquement élus.

    À partir d’exemples précis, (la « Surprise » et la « Contre-surprise » d’octobre, l’Irangate, la guerre froide en Afghanistan, la géopolitique du pétrole et de l’accès à l’Énergie, …) il illustre comment ces décisions « para-politiques » furent l’apanage de petites factions très influentes au sein d’un « supramonde » qui agit sur l’État public à travers des institutions secrètes (comme la CIA), au détriment de l’État démocratique et de la société civile. L’analyse de l’implémentation de ces programmes établit que les principaux services de renseignement des États-Unis ont collaboré pendant longtemps avec des groupes terroristes, qu’ils ont à la fois aidé à créer et soutenus, dont la fameuse organisation « nébuleuse » al-Qaïda. Dans un autre registre, parallèle et tout aussi fascinant, Peter Dale SCOTT explique clairement le danger que fait peser sur la démocratie l’instauration, sous l’administration Reagan, du programme ultra-secret de « continuité du gouvernement », qui existe toujours…

    D’aucuns crieront sans doute à la « théorie du complot », mais la qualité de l’argumentation, étayée par une documentation encyclopédique fait de ce travail une magistrale et passionnante leçon d’histoire contemporaine, qui nous plonge dans les méandres des rivalités de ceux qui détiennent le vrai pouvoir, pour comprendre le monde tel qu’il est, et non tel qu’il paraît être."


    Traduit de l'anglais par Maxime CHAIX et Anthony SPAGGIARI

     

    ***

     

                   « l’État profond » est un pouvoir qui ne provient pas de la Constitution, mais de sources extérieures et supérieures à celle-ci, et qui est plus puissant que l’État public. Il s’agit d’un système informel et complexe. l’État profond c’est le fil rouge qui se déploie sur les trois dernières décennies et qui explique comment nous avons connu la dérégulation, la financiarisation de l’économie, la faillite de Wall Street, l’érosion des libertés civiles et la guerre sans fin.  « L’état profond » est un niveau de gouvernement ou de super contrôle difficilement perceptible qui se maintient quel que soit le résultat des élections et qui est susceptible de contrecarrer les mouvements sociaux ou les changements radicaux.»

     

                  "Dites-moi de qui et de quoi il ne faut surtout pas parler et je vous dirai qui vous emploie et qui il faut craindre"

             On ne manquera pas de noter que tous les acteurs de la dénonciation de la désinformation, des opérations clandestines ou sous " faux drapeau" et autres violations de l'Etat de droit et des constitutions des Etats, indisposent au plus au point toujours les mêmes ;  les corporations, individus ou groupes d'individus et d'intérêts suivants :

                 - Les journalistes des médias dominants et leurs rédacteurs en chef ; en effet, ils ne peuvent pas se permettre de telles investigations menant à de telles conclusions sans mettre en danger leur carrière professionnelle puisque cela n'aura échappé à personne : leurs employeurs-propriétaires (banque, armement et industrie du luxe) sont le plus souvent à la fois concernés et impliqués dans les agissements mis en cause, directement ou bien indirectement, ou bien à travers leurs clients - les marchés qui sont les leurs  : les gouvernements, les multinationales et l'oligarchie milliardaire.

    Ces médias ont alors recours à la calomnie : l'accusation de "complotiste paranoïaque" sera la plus courante ; elle est destinée à disqualifier tous ceux qui souhaitent nous alerter à propos des agissements de la face cachée des Etats.

                - Les alliés sous-traitants des Etats incriminés car, rares sont les Etats directement mis en cause qui se chargent ouvertement de contrer leurs accusateurs ; à titre d'exemple : c'est la France sous un gouvernement UMP ou PS et des lobbys communautaires qui prendront  ouvertement en charge cette contre-attaque  (souvenons-nous des discours de Sarkozy, et plus récemment, de Valls, de la LICRA ou du CRIF) à l'endroit de tous ceux qui remettent en cause la politique des USA, de l'Otan et d'Israël.

                        Et par extension...

                - Les universitaires et autres employés ade l'Etat.

                - Ceux qui souffrent de ce qu'il est convenu d'appeler "le syndrome du larbin" : faibles au quotidien, formant le groupae le plus nombreux des quidams sans conscience politique ou citoyenne, impuissants, ils ne respectent que la force qui viendra  pourtant demain les anéantir après avoir fait d'eux, jour après jour, des esclaves consentants ; et nul ne sait vraiment au prix de quelles humiliations s'est forgé en eux cet état d'esprit qui toujours nie la réalité des rapports de force, et leur statut de dominés... heureux de l'être, faute de courage.

               - La bourgeoisie des centres villes : pro-mondialisation, pétée de tunes, seuls le déni de la réalité et la réfutation de faits incontestables peuvent les sauver d'une culpabilité inexpiable car ils sont bien les derniers à ignorer que leur confort matériel repose à la fois sur la désinformation et la tyrannie du profit et de l'exploitation ; mode d'organisation de l'existence à l'origine duquel on trouvera les Etats les plus puissants militairement,  économiquement et culturellement : les USA en tête.

                            Et enfin...

     

              - Ceux qui n'ont que pour seule identité que leur appartenance communautaire ou nationale, adeptes de l'expression : "My country, my community... right or wrong !" Très influents, ils pratiquent un chauvinisme et/ou une solidarité communautaire à toute épreuve, même et surtout à l'épreuve de la vérité des faits ; chauvinisme et solidarité proches du niveau zéro de la pensée ; attitude redoutable sans laquelle aucun système corrompu ne peut survivre ; d'où la responsabilité majeure de tous ces individus dans l'asservissement de notre monde à la raison du plus fort porteur de tous les vices : voracité, avarice et domination.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Entretien avec Maxime Chaix, traducteur de Peter Dale Scott

     

     

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  • Le fascisme langagier ou la dictature d’une langue de bois paroxystique

               

                       "... Renoncez à vos pensées, même les plus simples et les plus naturelles ! Aveuglez-vous et privez-vous de la volonté ! Et que la nature meurt en vous ! Acceptez de ne voir la vérité* que lorsqu'il lui plaira de se montrer !"

     

    La religieuse de Diderot - adaptation Rivette 1965.

    (* Dieu, dans l'oeuvre de Diderot)

     

                    Le fascisme langagier consiste à exposer un individu à un vocabulaire - souvent positif pour intimider et dissuader toute critique - qui n'admet aucune ambivalence ni aucun "oui mais". Le fascisme langagier et sa dictature, c’est donc le choix d’un vocabulaire contre lequel personne n’osera énoncer de contradictions sans courir le risque d'un verdict-anathème qui équivaut à une mort sociale, médiatique et professionnelle.

    Aussi, tout individu qui refuse d'adhérer à l’univers conceptuel de ce vocabulaire et de le valider pour mieux l’intérioriser et le reprendre à son compte jusqu’à l’adapter à sa propre personnalité, - l’ajuster à sa taille -, peut se voir qualifier ou bien plutôt disqualifier en tant que…

    C’est au choix…

                   -  Fasciste, raciste, antisémite, complotiste paranoïaque, nationaliste, populiste, homophobe, islamophobe, démagogue, anti-européen, anti-américain...

    Ou plus prosaïquement :

                   - Forte tête, troll (spécifique à Internet), mauvais esprit, réac, trouble-fête, récalcitrant habité par un ressentiment et une aigreur aussi haïssables que coupables.

     

                     La bien-pensance et la langue de bois sont à la fois les causes et les effets de cette dictature du "fascisme langagier" ; une langue de bois paroxysmique sans conteste et sans rivale dans son application pratique au quotidien et dans ses implications dans la pensée comme dans l'action.

    Les terrains de prédilections de cette dictature, là où elle sévit, sont l’économie (l’entreprise), la politique (les élus et les gouvernements) et les médias (animateurs d'une démocratie croupion) : tous la subissent, tous l’entretiennent, tous en seront un jour les victimes, tous contribueront un jour à la ruine d’un de ses acteurs.

    Dissuasif, exercé par le fort sur le faible - poids lourd contre poids plume -, c'est la nature même du verdict-anathème (fasciste, antisémite, complotiste paranoïque - pour les verdicts les plus définitifs) qui est prononcé contre quiconque refuse d'adhérer à cette langue de bois paroxystique (car, on ne peut pas faire plus "langue de bois") qui fait de ce langage une dictature de type fasciste.

    Trente années de cette langue de bois et de "bien-pensance" ont ouvert un boulevard à cette dictature. Et si Internet est aujourd'hui la cible privilégiée de cette dictature qui attend tous les internautes au tournant... c’est que dans les médias de masse, médias dits "dominants", le "ménage" a été fait il y a longtemps déjà : en effet, tous ceux qui étaient susceptibles de refuser de se soumettre à cette langue de bois paroxystique ont été évincés.

     

                       Le « fascisme langagier » est une violence dirigée contre l'altérité, la contradiction, la dissidence... une violence contre le "oui mais..."… violence exercée auprès de millions d’individus par le biais d’un discours qui les met dans une position telle qu’ils n’ont alors qu’une option : l’adhésion-validation.

    Aussi paradoxal que cela puisse paraître, dans ce contexte  - contexte pervers –, ce sont les individus apriori les plus violents qui sont les plus respectueux de l'altérité (dans les faits, ils se débattent dans un univers unidimensionnel qu'ils savent mensongers), et les individus les plus sereins, les bien-pensants (qui se satisfont de cet univers unidimensionnel), qui s'avéreront les plus intolérants et les plus dangereux pour l’intelligence, la liberté et la justice. Et s’ils sont si nombreux à peiner à identifier la dictature de ce "fascisme langagier" pour ce qu'elle est, c'est précisément parce que cette langue de bois paroxysmique triomphe partout et qu’elle n’a rien en commun avec une violence explicitement physique ou verbale dans son articulation et dans son déploiement.

    La dictature du fascisme langagier n’a donc rien en commun avec des chemises noires, des brassards, des bras levés, des matraques et un Duce vociférant  du haut d’une tribune dans le bruit et la fureur même si, comme sous un régime fasciste, vous ne pouvez pas ne pas adhérer ni refuser de valider ce à quoi il vous est demandé de souscrire. Il va sans dire mais… beaucoup mieux en le disant : sous le règne de cette dictature, dire la vérité c’est mentir.

                    La dictature du fascisme langagier n’est pas non plus une sorte de fascisme soft. Il s’agit d’un fascisme d’un nouveau type : un fascisme qui ne sera jamais reconnu pour ce qu'il est, bien qu'il soit omniprésent. Et rares sont ceux qui sont à même de reconnaître cette dictature pour ce qu'elle est : du fascisme ; et ce pour deux raisons :

    - Les uns connaissent toute la violence de la sanction de cette dictature et refusent de sacrifier disons… leur carrière ou leurs ambitions, morts de trouille à l’idée de la relégation et du bannissement.

    -  Les autres refusent de l’identifier sous sa véritable identité de peur de devoir s’y opposer frontalement, se sachant inaptes à un tel affrontement.

                        Le fascisme langagier se distingue par sa sanction à l'endroit de quiconque refuse d'y souscrire. En effet, c'est la sanction qui donne à ce langage son caractère fasciste : ni son vocabulaire - apriori anodin et on ne peut plus positif - ni sa syntaxe ne sont en cause.

    Le fascisme langagier se reconnaît à la violence de sa sanction ; il est indissociable de sa sanction car il porte en lui la sanction suprême : le bannissement... d'une entreprise, des médias, d'une institution, d'un groupe et d'une communauté.

    La bien-pensance aussi nuisible soit-elle, n'en est que sa version naïve, une version articulée par des individus dans la confusion ; individus manipulés à leur insu et dont la bonne foi ne saurait être, dans la grande majorité des cas, remise en cause : ceux que l'on a pu désigner avec humour et ironie sous le vocable Les nouveaux ploucs  ... nouveaux beaufs d'une conscience politique perturbée.

                    Nul doute ! Si les bien-pensants qui sont aussi et surtout les moins-pensants, n'avaient pas existé, cette dictature les aurait inventés ! Ce qu'elle n'a pas eu à faire puisque les bien-pensants sont inséparables de cette dictature, et c'est parmi eux, en priorité, que cette dictature trouve son public, son audience, ses fans et ses relais les plus enthousiastes et jamais rassasiés. Disons que le bien-pensant est l'idiot utile de la dictature du fascisme langagier qui n'est – rappelons-le une nouvelle fois -, que de la langue de bois paroxysmique ;  la bien-pensance est sa caution, son alibi (d’aucuns diront… son larbin) et sa complice par ignorance … ignorance des véritables enjeux…

    Car la langue de bois à son paroxysme c'est une stratégie aux implications multiples ; d'où la violence de sa sanction. Et plus les enjeux sont importants et plus violente est la sanction ; c'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, tous ont intégré à des degrés divers le fait qu’aucun individu ne peut faire carrière dans quoi que ce soit et à quelque niveau que ce soit s'il ne s'y soumet pas totalement, ou si... du moins, il ne met pas tout en oeuvre afin de ne jamais se trouver en porte-à-faux avec ce qui s'avère n'être in fine... qu'une stratégie de domination. Et plus l’individu est ambitieux et plus il s’y soumet avec un zèle qui n’a d’égal que son arrivisme. D’où le silence des uns, l’évitement des autres, ou bien le ralliement explicite à cette dictature qui jamais ne s’affichera comme telle dans la conscience du plus grand nombre, la masse… cette bergerie tantôt bêlante tantôt silencieuse au plus fort de son angoisse, parquée les uns contre les autres... toujours agitée comme si elle pressentait le pire... des centaines de millions en grappes humaines mais seuls car de plus en plus désocialisés.

     

    *** 

     

                    Qu'il soit ici permis de rappeler que cette dictature a vu le jour, dans un contexte purement français, en 1983 (avec l'abandon par le PS de la défense des classes populaires salariées et le sacrifice de notre souveraineté au profit d'un projet européen relais d'un projet mondialiste anti-humaniste sans morale ni justice) ; et à une échelle internationale, à la fin de l’été 2001… en septembre, le 11... et rares sont ceux qui auront pressenti que ces deux dates annonçaient un long hiver, car depuis, cette dictature n’a jamais faibli, et la vérité, la liberté et la justice… ne se sont jamais aussi mal portées.

     

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    Voici un bel exemple de "fascisme langagier" parce que… affirmation a priori incontestable - " Le métissage… c'est l’avenir du Monde !" - car quiconque s'oppose à cette affirmation-slogan qui ne veut rien dire, se verra automatiquement soupçonner de racisme et de nationalisme.

                   Force est de constater que ceux qui relaient ce slogan ont parfaitement  intégré, à leur insu le plus souvent, ce qu'on appellera par confort de langage la "novlangue " d'Orwell.

    ______________ Le novlangue inventée par George Orwell pour son roman 1984 (publié en 1949) une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique, et même la seule « idée » de critique. Ce concept illustre également un propos de Bertrand Russell assurant que nul problème ne pourra être résolu, voire perçu, si l'on prend soin d'éliminer au départ toute possibilité de le poser.

     

                Ce que les adeptes de ce slogan n'ont pas compris... c'est ceci : dans les faits, le métissage c'est la mise en concurrence du travailleur roumain avec le travailleur chinois, le travailleur chinois avec le travailleur africain, et pour revenir au travailleur roumain... le travailleur français en concurrence avec ce dernier.

    Il n'a jamais été question d'un métissage fraternel d'égal à égal, d'êtres humains dans leur plénitude mais bien au contraire... du métissage des forces de travail du monde entier, métissage du sang du travail des travailleurs entre eux dans un concurrence sans pitié et sans morale.

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  • Penser le monde aujourd'hui avec le Web Internet

              

    le web a trente ans , serge uleski sur internet

     

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                     "Internet, c'est toute la mémoire du monde" (- Serge ULESKI) 

     

                   Prolongement du réel, avec Internet, on n'oublie rien et l’on se souvient de tout, surtout de ce dont on a bien failli ne pas se souvenir, tête en l’air que nous sommes tous ! Avec Internet on ne quitte rien, bien au contraire, loin de toute idée de virtuel… on demeure plus que jamais présent au monde, et dans le monde, un monde sous influence, celle de l’éternelle tentation de manipuler ou d’assujettir des sociétés, des nations, des Peuples et des populations…

    Grâce à Internet, on renoue avec une critique sans concession des mécanismes de domination et la diffusion d’une telle critique  loin du confort des médias dominants qui nous font l’aumône de quatre minutes d’impertinence souvent sans lendemain et qui n’a pour seule conséquence : provoquer la mauvaise humeur de petits chefs capricieux et autres hommes de mains d’un pouvoir liberticide, la grossièreté, voire la vulgarité, prenant le plus souvent le pas sur une critique essentielle et frontale : qui fait quoi, à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui.

     

                       Le scandale éclabousse les tenants du mensonge, dérange toutes les catégories car le scandale c’est l’inédit et l’inouï. Le scandale fait tache d’huile, et tôt ou tard, il provoque une crise : toute tentative de l’étouffer le renforce car le scandale c’est aussi tout ce qu’on tente de taire. Alors oui ! Internet c’est aussi le scandale pas simplement de la transgression mais de la subversion  ! La subversion non pas comme fin en soi mais comme moyen : dénoncer un mensonge qui dit toujours la vérité sur le fumier d'une bonne conscience d'un mépris sans limite pour le faible, le désarmé, l'inarticulé, le vaincu qui " ne vivra point ce qui ne lui sera pas accordé et donné de vivre, et qu'il ne prendra pas non plus" car il ne mérite rien

    Un plaisir décuplé que cette subversion, piment d’une vie sociale qui crève lentement sous la chape de plomb d’un politiquement correct - d'une bien-pensance -, qui cache mal une débauche et une orgie de prise de pouvoir et d’intérêts sans nombre et sans précédent – et nous ne sommes qu’au tout début de ce disfonctionnement citoyen et démocratique tant Internet recueille à la fois l’adhésion des uns, le rejet des autres et des indécis… lesquels indécis s’en remettront inévitablement à la propagande la plus performante, celle qui contrôle tous les réseaux de diffusion qui font l’opinion au sein d'une dissymétrie de moyens d’action entre les Internautes et ces médias de masse, que l’on retrouve dans le cadre d’une mondialisation sans retenue aux comportements prédateurs sans foi ni loi, dans les domaines militaire, culturelle et économique comme jamais auparavant. Et cela ne surprendra personne le fait que les forces rassemblées contre la liberté d’Internet participent de près ou de loin, indirectement ou non à ce nouvel ordre mondial : celui du dumping moral(e) et celui du chantage des bombes.

     

                   A l’état de veille et d’alerte constant, oeuvre salubre, Internet devrait être reconnu d'utilité publique car, depuis la déchéance de l’homme politique nous n’avons jamais eu autant besoin  de cet espace de liberté à risques, abrupt, dangereux, imprévisible car Internet oblige à choisir son camp comme la politique à identifier l’adversaire, ou bien à décider de s’en détourner et de regarder ailleurs.

    D’un côté Bartleby «  J’aimerais mieux pas… »,  de l’autre Internet « Il faut ! ». Internet a fait de la conscience une exigence plus haute que celle de la plupart des médias car Internet est l’exact opposé de tout ce qui est voué à l’amenuisement. En effet, comme on est sur le point de le quitter, on se sent moins bête (… de somme) ;  on reprend la main et le dessus sur l’abrutissement et le faible ressac de la désobéissance et de la dénonciation parcimonieuse et timorée des médias dominants aux ordres du moins-disant et du moins-pensant ; médias de masse du secteur public et para-public (réduits à la marge) ne remplissent plus leur mission. Quant au secteur privé qui contrôle 80% des programmes (temps de cerveau disponible), il n'a aucune obligation morale ou contractuelle d'ouvrir qui que ce soit à quoi que ce soit ni d'élever la conscience de quiconque.

    La société, ce n'est pas que de l'économie et de la répartition de richesses. Loin s'en faut. Ce qui fait le lien, ce qui fait société relève aussi de notre capacité à tous de (se dire) dire et d'entendre (de s'entendre dire) la vérité, ce qui implique aussi et surtout la dénonciation des mensonges et des manipulations. Et quand on sait comment  les stratèges pervers peuvent provoquer de la violence chez l’autre pour faire écho à la leur si bien calculée, et ainsi, forcer à la faute leur victime qui, ce faisant, dédouane bien involontairement de tout reproche les responsables de ces stratagèmes…

                   A ce sujet, Internet, la censure à son encontre, et les actions illégales menées contre lui dans l'indifférence la plus totale est en tout point exemplaire ; il annonce déjà un monde cadenassé pour le pire.

     

                   "Qu'il soit sans cesse rappelé que le meilleur des médias dominants n'arrive pas à la plante des pieds du meilleur d'Internet" (- Serge ULESKI)

     

                 Aussi, le constat suivant s'impose, un rien terrifié : ne nous faisons aucune illusion car en l'absence du web Internet, il n'y aurait aujourd'hui plus aucun moyen de diffusion d'une liberté de penser qui ne doive rien à des médias dominants qui, pour leur déshonneur, ont réduit cette liberté à une peau de chagrin mortifère . Car Internet, aujourd'hui, c'est bien toute la mémoire du monde ! Et moins on oublie, plus on se souvient... et plus on se souvient, plus difficile est le mensonge.

     

       La suite... cliquez  Internet et le WEB - penser le monde aujourd'hui - suite.pdf

     

     

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  • Penser aujourd'hui la fin de l'aliénation avec André Gorz

     

                   Marx, Husserl, Sartre, Ivan Illich … la pensée multiforme d’André Gorz,  n’a pas cessé d’être en mouvement tel un véritable work in progress.

    Entièrement tourné vers l’autonomie, la désaliénation, et la libération du travail qui empêche le plus souvent l’épanouissement individuel dans une organisation de l’existence  qui fait de l’individu « une simple pièce dans une mégamachine » à produire plus, toujours plus... avec de moins en moins de bras…

    Figure européenne de la critique sociale depuis les années 1960, faisant œuvre de philosophie sociale et politique, pour les Britanniques André Gorz est  un héritier de Sartre ; pour les Allemands, un descendant de l’École de Francfort (Adorno et Marcuse) ; et pour la France, il passe plutôt pour un disciple d’Ivan Illich (le père de l’écologie politique».

     

                  Si pour Deleuze le philosophe a pour tâche essentielle d’élaborer des concepts, pour André Gorz, pareil à Socrate, la philosophie permet de se penser soi-même : « Je ne comprends donc pas la philosophie à la manière des créateurs de grands systèmes philosophiques, mais comme la tentative de se comprendre, de se découvrir, de se libérer, de se créer » dira-t-il...

    En effet, la question de l’aliénation et la façon de la dépasser sont au cœur des préoccupations d’André Gorz : « L’aliénation a été pour moi la question philosophique qui éclairait le mieux mon expérience personnelle. Dès la prime enfance, j’ai eu le sentiment d’être pour les autres quelqu’un que je ne pouvais être moi-même

     

                 André Gorz n’a jamais cessé de penser l’émancipation des individus et les termes de cette émancipation : « comment les gens peuvent se masquer indéfiniment le décalage fondamental entre ce qu’ils sont pour eux-mêmes et ce qu’ils sont dans et par leurs interactions avec les autres et prétendent coïncider, s’identifier avec leur être social, leur nom, leur appartenance ?»

    Souvent présenté comme un des théoriciens de « la fin du travail », pour André Gorz, le travail reste néanmoins important car il nous permet de produire ce dont nous avons besoin, et la technique de réaliser cette production tout en gardant à l’esprit qu’une vision purement économique de l’existence  - travail et production -, ne saurait en aucun cas définir l’être en société et moins encore… le définir d’une façon unidimensionnelle selon le principe réducteur suivant  : « Dites-moi quel emploi vous occupez et  je vous dirai qui vous êtes... et n’êtes que seulement !

     


     RENCONTRE - DEBAT
    André Gorz et la dynamique du capitalisme
    Avec Carlo VERCELLONE, économiste et Maître de Conférences à Paris 1

     

    ***

     

                 Dans Le socialisme difficile (1967) André Gorz précise que « La production sociale continuera de reposer principalement sur du travail humain ; le travail social de production restera la principale activité de l’individu ; et c’est par son travail, principalement, que celui-ci sera intégré et appartiendra à la société ».

    L’émancipation consiste alors, dans ce cas de figure et dans ce contexte… à s’organiser afin de lutter contre la dévalorisation des savoirs qui a pour objectif principal de permettre à tout un chacun d’effectuer la tâche de tous les autres, tous interchangeable à souhait, à la fois un et pluriel… division du travail oblige !

    Il en sera de même de la responsabilité de tous envers tous les autres :  prison et enfer d’une responsabilité collective qui a pour dessein d’enchaîner l’être humain dans un processus non pas de décision qui, de toutes les façons, lui échappe entièrement, mais bien plutôt, dans un processus de culpabilisation permanente, et ce avant même qu’elle ait trouvé à se nicher dans l’action quotidienne de l’être au travail.

    Qu’on se le dise : nous sommes alors tous apriori coupables car tous susceptibles de faire dérailler la machine productive !

     

                   Autre temps, autre réalité, quelques années plus tard, l’ouvrage le plus controversé d’André Gorz verra le jour : Adieux au prolétariat qui marque une évolution irréversible de sa pensée ; en effet, le travail a cessé de définir socialement les individus : chômage massif, dévitalisation des savoirs, dévalorisation de l’idée de conscience professionnelle par voie de conséquence, déqualification, démotivation, création d’emplois jetables au sein d’un marché du travail d’une perversité sans précédent ; un marché atomisé et en lambeaux, dans un environnement sur lequel plus personne n’a de prise réelle faute d’actions concertées et d’une compréhension globale des enjeux ;  phénomènes qui n’ont fait que s’accentuer depuis la sortie de cette ouvrage dans lequel André Gorz développe l’idée suivante : « Le mouvement ouvrier n’est plus le lieu au sein duquel peut se penser le dépassement du capitalisme. En conséquence, l’émancipation de la classe ouvrière ne peut pas être la condition d’une libération de la société tout entière. 

    Dépassant Marx, André Gorz élabore alors les concepts d’hétéronomie et d’autonomie inspirés par Ivan Illich avec lequel il développera une promiscuité intellectuelle à partir des années 1970. La front de la lutte se déplace maintenant sur le terrain de la réduction du temps de travail grâce aux gains de productivité, car la seule façon de s’émanciper du travail, c’est d’en sortir, ou du moins... d’en subir le moins longtemps possible les contraintes, d’autant plus que...  : « l’économie n’a plus besoin du travail de tous et de toutes. La société de travail est caduque ; le travail ne peut plus servir de fondement à l’intégration sociale ». D’où la nécessité d’une nouvelle « quête du sens ».

    Que faire après le travail ? Quelle vie ? Quels choix ? Quelle existence pour soi ? Quel sens donner à son existence et à la vie en société une fois débarrasser de la place centrale que le travail y occupait ?

     

                  Arrive alors la nécessité d’une redéfinition des rapports entre individu et société car pour André Gorz, grâce à l’autonomie, les acteurs sociaux deviennent non plus une masse à l’identité collective uniforme, au destin identique, à jamais enchaînée à un devenir une fois encore collectif et insaisissable mais bien plutôt des sujets irréductibles car l’autonomie  « est un acte de souveraineté qui marque les limites de la socialisation 

    André Gorz appellera au dépassement de la «société du travail » au profit d’une véritable « société de culture » qu’il définit comme suit : le refus de fonctionner comme des rouages du système de production-consommation.

    Reste alors à établir les modalités de l’établissement d’un rapport de force qui puisse contraindre le capitalisme à accepter un tel refus.

     

               Alors qu’André Gorz nous a quittés en 2007, et à l'heure où l'écologie politique est à l'agonie depuis que tous s'en sont retirés pour embrasser la profession de gestionnaires de carrière, comme un fait exprès, ce capitalisme protéiforme, qui jamais ne renonce, toujours aussi vorace, a décidé de nous rappeler tous vers le travail… de nous y ramener, de nous y tirer, de force, selon son bon vouloir… par intermittence et sans compensation aucune… dans le contexte d'un Etat providence qui est en passe d’être mis sur la paille et les systèmes de protections sociales avec lui : salaires, chômage, santé, retraite. Car personne n'est dupe : le désendettement n’est que la sape de l’Etat providence, sa destruction ou bien sa réduction a minima, pour le plus grand profit des multinationales et de leurs actionnaires.

     

                 Avec la parution de l’ouvrage Les chemins du paradis en 1983, André Gorz persiste et signe : il défendra l’idée d’un « revenu à vie » sous la forme d’un « revenu social ». Lucide, il précisera néanmoins ceci : « la garantie d’un revenu hors  emploi ne peut devenir émancipatrice qu’à la condition qu’il ouvre de nouveaux espaces d’activité individuelle et sociale »

    Vingt ans plus tard, RSA oblige, c’est bien de cela qu’il est question ; et là encore… on ne fera pas l’économie de devoir se donner les moyens d'établir un rapport de force capable de s'opposer à une économie qui n’a que faire des désidératas d’une force de travail qu’elle considère comme sa propriété ; et jamais les moyens à notre disposition n’ont été aussi difficiles à réunir autour de millions d’individus isolés, chacun selon ce qu’il espère pouvoir « arracher » au système, dans l’entreprise et en dehors, secteurs privés et publics confondus ; chacun selon ce qu’il croit être ses propres forces comme autant d’atouts qui pourraient faire de lui un gagnant… du moins… pour le temps qu’il lui sera donner de « se vendre » auprès d’employeurs nomades sans visage…  car s’il est relativement aisé sur le papier de sortir des catégories économiques, négliger de penser le juste rapport de force qui s'impose, c’est livrer l’individu à l’arbitraire des prédateurs et autres marchands de rêves sociétaux sans scrupules ni compétences...

    De plus, les liens de la socialisation ont été décimés car on ne casse pas le travail ou bien plutôt "la valeur travail" en toute impunité... sans casser la rencontre, la communion et une dynamique de pensée autour de la liberté, de l’émancipation et la désaliénation face à une transformation sociale qui n’a qu’un seul but : épuiser les êtres à force de les contraindre (et de les faire tourner en bourrique).

     

                  A la fin de sa vie, pour André Gorz, il s’est agi d’amorcer « l’exode de la société du travail et de la marchandise »...

    Certes, l’œuvre d’André Gorz a vu le jour à une époque où le capitalisme avait su se faire « oublier », et nous faire oublier aussi par la même occasion sa férocité et sa voracité impitoyables telles décrites par Marx, Proudhon, Victor Hugo, Dickens et Zola…

    Aujourd’hui, tous crocs dehors, il redevient ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un loup pour l’homme.

                  Peut-on alors encore espérer que ce retour de flamme ne nous conduise pas vers une nouvelle traversée du désert, sous un soleil de plomb, privés d’eau et de moyens de locomotion susceptibles de nous en faire sortir au plus vite car si une hirondelle ne fait pas le printemps, une oasis pour quelques uns dans le contexte d'une utopie aux ambitions microscopiques... mirage d'une volonté de croire encore à un projet alternatif pour quelques happy few, n’annonce pas davantage un nouveau modèle d’organisation de l’existence vers plus d’autonomie pour chacun d’entre nous mais bien plutôt vers plus de dépendance... et la pire de toute : celle qui brise toutes les solidarités et toutes les fraternités dans un chacun pour soi funeste.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Neuf études sur le travail et l'entreprise

     

     

    « Travailler moins pour Gagner plus » ou l'impensé inouï du salaire
    ...une autre histoire du travail et de la protection sociale...



    Conférence gesticulée par Franck Lepage et Gaël Tanguy de la Scop « Le Pavé » (Coopérative d'éducation populaire). Petits contes politiques et autres récits non autorisés.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI - littérature, art et essais

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