Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

- Page 2

  • André Salmon : un poète de la fraternité dans la tourmente... chanté par Charles Aznavour

                 andré salmon,aznavour,picasso,poète,max jacob,apollinaire  

     

     

     

     

     

     

     

     

    Né à Paris en 1881 et décédé en 1969 à Sanary-sur- mer (83 - Var), André Salmon aura connu, pour s'y être battu, la guerre de 14-18, puis la défaite et l'occupation de juin 40.

    Ecrivain, poète, romancier, journaliste, critique d'art, Apollinaire, Picasso, Max Jacob furent ses amis... la faim et le froid ses ennemis, et la bohème... son unique drapeau.

     

     

     ____________________

     

     

    Fraternité



     

     

     

    Nous rentrions très tard, mêlant
    Des vers purs à des chants obscènes
    Et l'on s'asseyait sur un banc
    Pour regarder rêver la Seine.

     

    Sur l'eau, rien ne vivait encore
    Ainsi qu'une ouvrière lasse
    Pressant sur son flanc ses fils morts
    La Seine dormait dans sa crasse.

     

    Nos cœurs d'ivrognes s'emplissaient
    D'une bienfaisante latrie
    Si le soleil levant dorait
    Les marronniers des Tuileries.


    Pour mieux évoquer certains soirs,
    Le plâtre et le vin des tavernes
    Égayaient nos vieux habits noirs
    Et nos plastrons d'hommes modernes.

    Alors, ayant honte, vraiment,
    De nous connaître aussi lyriques
    Nous offrions un coup de blanc
    Au balayeur mélancolique.


    Vaine ruse ! et l'on découvrait
    Dans le balayeur un poète,
    Si bien que les verres tremblaient
    Sur le comptoir, autel de fête !

    Et pour que ce soir sans égal
    Fût perpétué, un pandore
    En dressait le procès-verbal
    Parsemé d'attendus sonores.

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Charles Aznavour 0 commentaire
  • Léon Blum : autopsie par l'historienne Annie Lacroix-Riz

     

                    Historienne banni des médias dominants ( elle aussi !) de France Culture à France Inter, et de la production de documentaires historiques, Annie Lacroix-Riz ne reconnaît qu'une histoire : la grande Histoire, celle que nous comptent les archives.

    Vent debout contre les historiens du "consensus", mou qui plus est, des historiens comme en panne, Annie Lacroix-Riz s'est spécialisée dans la période qui s'étend de 1870 à  la fin des années 40. Période tabou. Période où tout est tabou. 

    Dans cette vidéo qui suit, notre historienne  - tendance "médecin légiste" -, choisit de se pencher sur le cadavre de Léon Blum, tout en prenant soin de dénoncer ceux qui n'ont pas cessé depuis trente ans de nous vendre un Blum-de-gauche qui, dans les faits... car les faits sont têtus, n'a jamais existé ou bien si peu, dans les marges, en fin de soirée peut-être ou bien après un repas bien arrosé, ou bien encore : pendant son sommeil. Un Léon Blum-France culture ; une radio publique qui ne raconte le plus souvent que des cracks quand il s'agit de l'Histoire. 

    Léon Blum se serait donc rêvé "de gauche" et "à gauche" et tous les gens de droite avec lui ? Mais alors, fallait-il être sacrément de droite pour penser que Blum était de gauche ?

    Oui et non. Il suffisait simplement d'être un bourgeois de centre-ville des beaux quartiers, universitaires ou non, historiens ou non, qui vote PS depuis les années 70. 

     

                    A propos des documentaires et des ouvrages de ces trente dernières années qui ont pour sujet la personne de Léon Blum - sa vie, son oeuvre -, dithyrambes, hagiographies en-veux-tu-en-voilà ! Annie Lacroix-Riz ne manquera pas de citer des noms ; elle mentionnera Serge Berstein Pierre Birnbaum, Ilan Greilsammer, biographes attitrés de Blum, figures emblématiques d'auteurs communautarisés et communautaires qui sont à l'Histoire ce qu'est la voyance à la science, l'art contemporain à l'Art tout court et McDonald's à la tradition culinaire de dizaines de pays de notre belle planète. Car, à propos de Léon Blum, tous, ouvrage après ouvrage, nous proposeront "un produit" sur-fait, voire carrément fantaisiste, une sorte de fable... sans toutefois la pertinence ni le talent de notre Jean de la Fontaine national. Et c'est regrettable car cette pertinence et ce talent auraient pu les sauver à nos yeux.

    Mais qu'à cela ne tienne... passons maintenant aux faits. 

                      

    ***

     

    Léon_Blum_1937.jpg

     

     

     

     

    Né le 9 avril 1872 à Paris, Léon Blum entre en politique à la fin du 19è siècle.

    Issu de la grande bourgeoisie parisienne, coopté et soutenu durant toute sa carrière par la Synarchie ( les fameuses "50 Familles" - et non pas 200 :  les grandes banques et les syndicats patronaux -  Les Houillères et le Comité des Forges : Schneider, de Wendel, la banque Worms -  qui décident du sort économique et politique de la France - tout comme aujourd'hui  car jamais le politique n'a dicté quoi que ce soit à l'économie et à la finance), anti-communiste forcené, figure de la social-démocratie et de la SFIO (le PS aujourd'hui... et pour ce qu'il en reste) Blum décédera le 30 mars 1950 à Jouy-en-Josas ( 78 - les Yvelines).

    Avocat d'affaires, en contact permanent avec le Grand Capital, entre les 2 guerres, il participera  à de nombreux gouvernement briseurs de grèves et répressifs à l'endroit de la classe ouvrière.

     

                               

     

                      « L’entrée des socialistes dans un gouvernement bourgeois n’est donc pas, comme on le croit, une conquête partielle de l’État bourgeois par les socialistes, mais une conquête partielle du parti socialiste par l’État bourgeois » - dixit la grande Rosa Luxembourg ignorée des historiens médiatiques. 

     

                     Situé à la droite non pas du Père mais d'une SFIO centriste, et bien qu'il n'ait jamais côtoyé la classe ouvrière, Blum a 66 ans lorsqu'il occupe le siège de Président du conseil en 1936 dans le premier gouvernement du Front Populaire.

    A ce poste durant un an et quelques mois, il n'aura qu'une préoccupation : combattre les Communistes et la CGT. 

    Pour cette raison, le Front populaire et son succès, bien que de courte durée, ne devra rien à ce président du Conseil mais tout à la mobilisation des salariés.

    Notons au passage que son Gouvernement qui n'aura pas le courage de braver la droite en refusant de se porter au secours des Républicains espagnols menacés par le coup d'état du général Franco. Et c'est Daladier, l'homme des accords de Munich, ministre du gouvernement Blum qui lui succédera ; un blum qui se dira soulagé après la signature des dits accords.

     

    léon blum autopsie d'un conte et d'une légende

     

                      Quant à l'héritage de Blum... Annie Lacroix-Riz nous rappelle que ce dernier fera deux émules : François Mitterrand et François Hollande qui ne s'y sont pas trompés ; ils ont retenu la leçon, toutes les leçons, une en particulier :  parler à gauche, vivez, agissez et faites commerce à droite.

    Tout est dit, la boucle bouclée. 

     

                       Une question demeure néanmoins : comment cet homme frileux, a-t-il pu passer pour une des figures majeures de la gauche française, notre gauche ?

    Dans son intervention radiophonique, Annie Lacroix-Riz nous apporte des éléments de réponse d'une pertinence difficilement contestable. 

     

     

    1 - Proche du parti communiste au temps de l'URSS, aujourd'hui du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), restant lucides, on peut légitimement soupçonner notre historienne  affranchie d'être susceptible de faire preuve de complaisance à l'endroit de l'URSS ; aussi, on se gardera bien de commander à Annie Lacroix-Riz une biographie de... disons Staline, de peur de devoir lui reprocher ce qu'elle dénonce chez ses confrères historiens mais néanmoins collègues : le mensonge par omission ;  et plus particulièrement à ce qui pourrait la concerner, un militantisme déplacé étant donné le sujet : une URSS de l'échec économique et humaniste ;  crimes de masse ; des millions de  Russes qui se réfugient dans l'alcoolisme ; tous tenus en laisse par une police politique infâme.  

    ______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Les conférences d'Annie Lacroix-Riz

     

     

     

    Lien permanent Catégories : Histoire et révisionnisme 0 commentaire
  • Gaston Bachelard : Alchimie et symbolisme

     

     

                "L'expérience alchimique, plus que toute autre, est double : elle est objective ; elle est subjective.

    La condamnation de l'Alchimie a été portée par des chimistes et par des écrivains. Au XIXe siècle, tous les historiens de la Chimie se sont plu à reconnaître la fureur expérimentale des alchimistes ; ils ont rendu hommage à quelques-unes de leurs découvertes positives ; enfin ils ont montré que la Chimie moderne était sortie lentement du laboratoire des alchimistes. Mais, à lire les historiens, il semble que les faits se soient péniblement imposés malgré les idées, sans qu'on ne donne jamais une raison et une mesure de cette résistance. Les chimistes du XIXe siècle, animés par l'esprit positif, ont été entraînés à un jugement sur la valeur objective, jugement qui ne tient aucun compte de la cohésion psychologique remarquable de la culture alchimiste.

    Du côté des littérateurs, le jugement est encore plus superficiel : l'alchimiste est représenté comme un esprit dérangé au service d'un cœur avide.

     

           L'alchimiste est, pour nous, l'amant, jamais comblé, d'une Chimère, et nous devrions bien plutôt nous étonner que des doctrines si vaines pussent continuer à se propager, au cours même du progrès scientifique, jusqu'à nos jours. On pourrait poursuivre cet examen tout le long du XIXe siècle. On verrait l'attrait de l'Alchimie sur des âmes nombreuses, à la source d’œuvres psychologiquement profondes comme l’œuvre de Villiers de l'Isle-Adam. Le centre de résistance doit donc être plus caché que ne l'imagine le rationalisme naïf. L'Alchimie doit avoir, dans l'inconscient, des sources plus profondes.

              Pour expliquer la persistance des doctrines alchimiques, certains historiens de la Franc-maçonnerie, tout férus de mystères, ont dépeint l'Alchimie comme un système d'initiation politique, d'autant plus caché, d'autant plus obscur, qu'il paraissait avoir, dans l'œuvre chimique, un sens plus manifeste. Ainsi M. G. Kolpaktchy, dans un intéressant article sur l'Alchimie et la Franc-maçonnerie écrit : « Il y avait donc derrière une façade purement alchimique (ou chimique) très réelle, un système initiatique non moins réel... ce système initiatique se retrouve à la base de tout ésotérisme européen, à partir du XIe siècle, par conséquent à la base de l'initiation rosicrucienne et à la base de la franc-maçonnerie ».

    Mais cette interprétation ne peut nous donner une vraie mesure de la résistance psychologique de l'obstacle alchimique devant les attaques de la pensée scientifique objective. Il faut donc en venir à examiner des conditions psychologiques plus intimes pour expliquer un symbolisme aussi puissant, aussi complet, aussi durable. Ce symbolisme ne pouvait se transmettre comme de simples formes allégoriques, sans recouvrir une réalité  psychologique incontestable. Pour être enseigné, il faut qu'un symbolisme s'attache à des forces symbolisantes qui préexistent dans l'inconscient.

    Examinée au foyer de la conviction personnelle, la culture de l'alchimiste se révèle alors comme une pensée clairement achevée qui reçoit, tout le long du cycle expérimental, des confirmations psychologiques bien révélatrices de l'intimité et de la solidité de ses symboles. En vérité, l'amour d'une Chimère est le plus fidèle des amours. Pour bien juger du caractère complet de la conviction de l'alchimiste, nous ne devons pas perdre de vue que la doctrine philosophique qui affirme la science comme essentiellement inachevée est d'inspiration moderne. Il est moderne aussi, ce type de pensée en attente, de pensée se développant en partant d'hypothèses longtemps tenues en suspicion et qui restent toujours révocables. Au contraire, dans les âges pré-scientifiques, une hypothèse s'appuie sur une conviction profonde : elle illustre un état d'âme. Ainsi, avec son échelle de symboles, l'alchimie est un memento pour un ordre de méditations intimes. Ce ne sont pas les choses et les substances qui sont mises à l'essai, ce sont des symboles psychologiques correspondant aux choses, ou mieux encore, les différents degrés de la symbolisation intime dont on veut éprouver la hiérarchie. Il semble en effet que l'alchimiste « symbolise » de tout son être, de toute son âme, avec son expérience du monde des objets. C'est plus que les biens terrestres que poursuivent ces rêveurs, c'est le bien de l'âme. Sans cette inversion de l'intérêt, on juge mal le sens et la profondeur de la mentalité alchimique.

    Dès lors, si l'action matérielle attendue venait à manquer, cet accident opératoire ne ruinerait pas la valeur psychologique de la tension qu'est cette attente. On n'hésiterait guère à négliger cette expérience matérielle malheureuse : les forces de l'espérance resteraient intactes car la vive conscience de l'espérance est déjà une réussite.

    Qu'une expérience d'Alchimie ne réussisse pas, on en conclut tout simplement qu'on n'a pas mis en expérience la juste matière, les germes requis, ou même que les temps de la production ne sont pas encore arrivés. On pourrait presque dire que l'expérience alchimique se développe dans une durée biologique et psychologique. Il faut à chaque être, pour qu'il croisse, pour qu'il produise, son juste temps, sa durée concrète, sa durée individuelle. Dès lors, quand on peut accuser le temps qui languit, la vague ambiance qui manque à mûrir, la molle poussée intime qui paresse, on a tout ce qu'il faut pour expliquer, par l'interne, les accidents de l'expérience.

     

    bachelard,alchimie,chimie,mysticisme,sciences modernes,villiers de l'isle-adam,chimère,méditations intimes,philalethe,eyrénée philalèthe,george starkey,nature,jacob boehme


    (Bruegel, L'Alchimiste, détail, 1556)

     

            Mais il y a une façon encore plus intime d'interpréter l'échec matériel d'une expérience alchimique. C'est de mettre en doute la pureté morale de l'expérimentateur. Manquer à produire le phénomène attendu en s'appuyant sur les justes symboles, ce n'est pas un simple échec, c'est un déficit psychologique, c'est une faute morale. C'est le signe d'une méditation moins profonde, d'une lâche détente psychologique, d'une prière moins attentive et moins fervente.

    Comment l'alchimiste purifierait-il la matière sans purifier d'abord sa propre âme ! Comment l'ouvrier entrerait-il tout entier, comme le veulent les prescriptions des maîtres, dans le cycle de l'ouvrage s'il se présentait avec un corps impur, avec une âme impure, avec un cœur avide ? Il n'est pas rare de trouver sous la plume d'un alchimiste une diatribe contre l'or. Le Philalethe écrit : « J'ai de l'aversion pour l'or, l'argent et les pierres précieuses, non pas comme créatures de Dieu, je les respecte à ce titre, mais parce qu'elles servaient à l'idolâtrie du monde ». Souvent, l'alchimiste devra, pour réussir son expérience, pratiquer de longues austérités : un cœur honnête, une âme blanche, animée de forces saines, réconciliant sa nature particulière et la nature universelle trouvera naturellement la vérité. Il la trouvera dans la nature parce qu'il la sent en lui-même. La vérité du cœur est la vérité du Monde. Jamais les qualités d'abnégation, de probité, de patience, de méthode scrupuleuse, de travail acharné, n'ont été si intimement intégrées au métier que dans l'ère alchimique.

    En effet, l'Alchimie, tout bien considéré, n'est pas tant une initiation intellectuelle qu'une initiation morale. Aussi, avant de la juger du point de vue objectif, sur les résultats expérimentaux, il faut la juger, du point de vue subjectif, sur les résultats moraux. Ainsi, au-dessus de l'interprétation matérialiste de l'Alchimie doit trouver place une psychanalyse anagogique de l'Alchimiste.

    C'est dans les lentes et douces manœuvres des matières, dans les dissolutions et les cristallisations alternatives comme le rythme des jours et des nuits, que se trouvent les meilleurs thèmes de la contemplation morale, les plus clairs symboles d'une échelle de perfection intime, cette illumination spirituelle et cette initiation morale. La nature peut être admirée en extension, dans le Ciel et la terre. La nature peut être admirée en compréhension, dans sa profondeur, dans le jeu de ses mutations substantielles. Mais cette admiration en profondeur, comme elle est, de toute évidence, solidaire d'une intimité méditée ! Tous les symboles de l'expérience objective se traduisent immédiatement en symboles de la culture subjective. Infinie simplicité d'une intuition pure ! Le soleil joue et rit sur la surface d'un vase d'étain. Le jovial étain, coordonné à Jupiter, est contradictoire comme un dieu : il absorbe et réfléchit la lumière, sa surface est opaque et polie, claire et sombre. L'étain est une matière terne qui jette soudain un bel éclat. Il ne faut pour cela qu'un rayon bien placé, qu'une sympathie de la lumière, alors il se révèle. N'est-ce pas là pour un Jacob Boehme « le vrai symbole de Dieu, de la lumière divine qui, pour se révéler et se manifester, avait besoin d'un autre, d'une résistance, d'une opposition ; qui, pour tout dire, avait besoin du monde pour s'y réfléchir, S'y exprimer, s'y opposer, s'en séparer ».

              Si la contemplation d'un simple objet, d'un vase oublié aux rayons du couchant, nous procure tant de lumière sur Dieu et sur notre âme, combien plus détaillée et plus évocatrice sera la contemplation des phénomènes successifs dans les expériences précises de la transmutation alchimique ! Ainsi comprise, la déduction des symboles ne se déroule plus sur un plan logique ou expérimental, mais bien sur le plan de l'intimité toute personnelle. Il s'agit bien moins de prouver que d'éprouver. Qui saura jamais ce qu'est une renaissance spirituelle et quelle valeur de purification a toute renaissance, s'il n'a dissout un sel grossier dans son juste mercure et s'il ne l'a rénové en une cristallisation patiente et méthodique, en épiant la première moire cristalline avec un cœur anxieux ? Alors retrouver l'objet c'est vraiment retrouver le sujet : c'est se retrouver à l'occasion d'une renaissance matérielle. On avait la matière dans le creux de la main. Pour qu'elle soit plus pure et plus belle, on l'a plongée dans le sein perfide des acides ; on a risqué son bien. Un jour l'acide adouci a rendu le cristal. Toute l'âme est en fête pour le retour du fils prodigue. Il est frappant que toutes les expériences alchimiques se laissent interpréter de deux manières, chimiquement et moralement.

                Mais alors une question surgit : où est l'or ? Dans la matière ou dans le cœur ? L'Alchimie est une culture intime. C'est dans l'intimité du sujet, dans l'expérience psychologiquement concrète qu'elle trouve la première leçon magique. Comprendre ensuite que la nature opère magiquement, c'est appliquer au monde l'expérience intime. Il faut passer par l'intermédiaire de la magie spirituelle où l'être intime éprouve sa propre ascension pour comprendre la valorisation active des substances primitivement impures et souillées : la Nature agit magiquement. Mais c'est là une découverte tardive ; il faut la mériter moralement pour qu'elle éblouisse, après l'esprit, l'expérience.

    Cette magie n'est pas une thaumaturgie. La lettre ne commande pas l'esprit. Il faut une adhésion du cœur, non des lèvres. Et toutes les plaisanteries faciles sur les mots cabalistiques que murmurait l'expérimentateur méconnaissent précisément l'expérience psychologique qui accompagnait l'expérience matérielle. L'expérimentateur se donne tout entier, et lui d'abord. L'Alchimie règne dans un temps où l'homme aime plus la nature qu'il ne l'utilise. Ce mot Amour entraîne tout. Il est le mot de passe entre l'ouvrage et l'ouvrier. On ne peut, sans douceur et sans amour étudier la naissance et le comportement des substances chimiques. Brûler d'un tendre amour est à peine une image pour qui sait chauffer un mercure à feu doux. Lenteur, douceur, espoir, voilà la secrète force de la perfection morale et de la transmutation matérielle ». Si l'on accepte ces images d'un amour plus sacré que profane, on ne s'étonnera plus que la Bible ait été un ouvrage de pratique constante dans les laboratoires des alchimistes. On pourrait sans peine trouver, dans les paroles des Prophètes, des milliers d'exemples où le plomb, la terre, l'or, le sel disent les vertus et les vices des hommes. L'Alchimie n'a fait souvent que codifier cette homologie. En effet tous les degrés de la transmutation magique et matérielle apparaissent à certains comme homologues aux degrés de la contemplation mystique.

     

    ***

     

          Ce paragraphe sur la culture alchimique nous permet de comprendre ce qu'il y a de trop concret, de trop intuitif, de trop personnel dans une mentalité préscientifique. Quelquefois, en enseignant la Chimie, j'ai eu l'occasion de suivre les traînées d'Alchimie qui cheminent encore dans de jeunes esprits.  Devant cet intérêt pour tout ce qui foisonne et grandit, pour tout ce qu'on pétrit, je me souvenais de ces anciennes paroles d'Eyrénée Philalèthe : « Réjouissez-vous donc si vous voyez votre matière s'enfler comme de la pâte ; parce que l'esprit de vie y est enfermé et dans son temps, par la permission de Dieu, il rendra la vie aux cadavres. »

    Ainsi dans la classe de chimie moderne comme dans l'atelier de l'Alchimiste, l'élève et l'adepte ne se présentent pas de prime abord comme de purs esprits. Au spectacle des phénomènes les plus frappants, l'homme va naturellement avec tous ses désirs, avec toutes ses passions, avec toute son âme. On ne doit donc pas s'étonner que la première connaissance objective soit une première erreur."

     

              Extrait de l'ouvrage : La Formation de l'esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective : essai d'épistémologie de Gaston Bachelard (1884-1962) publié en 1938. Bachelard y propose une analyse de la transition entre l'esprit pré-scientifique et l'esprit scientifique au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

     

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Police et suicide : le flic et l'homme

    suicide dans la police

                         Pour être sortie ainsi de son devoir de réserve - elle avait créé son association après la grave attaque contre des policiers à Viry-Châtillon (Essonne) en 2016 -, la gardienne de la paix avait été un temps dans le collimateur de l’IGPN. Une sanction sous forme d’avertissement avait un temps été évoquée, mais la hiérarchie policière avait décidé de ne pas y faire suite. « Rien n’a changé après Viry-Châtillon », expliquait-elle encore début novembre.

    ***

                        Des collègues témoignent ; des syndicats de police aussi.... mais si cette femme a mis fin à ses jours c'est aussi et surtout parce qu'elle s'est sentie isolée, non soutenue, abandonnée dans son combat.

     

    ____________________

     

    police et suicide

    Si c’est la fonction qui fait l’homme, la fonction de policier est sans doute une des fonctions les plus accaparantes, les plus dévorantes qui soient, car, en effet, c’est bien à l’intérieur et de l’intérieur que cette fonction agit. 

    Aussi, ce qu'il y a d’émouvant - ce qui fait qu’on y prête une attention toute particulière -, dans le suicide d’un policier qui le redevient après avoir été longtemps considéré comme un flic, un flic de plus aux pouvoirs aussi étendus qu'exceptionnels - force de loi sans loi parfois aussi -, c’est qu’avec ce suicide, c'est l'homme et non plus le flic et le policier, qui reprend "la main" sur la fonction qui a été la sienne ; maintenant vulnérable et fragile, sa fonction cesse de le définir ; c’est alors que ce policier dont on ne voyait plus que la fonction - fonction qui nous cachait l'homme - se tient là devant nous... "tout nu", débarrassé de cette fonction qui l’a tué en le poussant à mettre fin à ses jours - dans le cadre d’un suicide professionnel avéré comme tel.
     
    Avec son suicide, dans son suicide, le flic, puis le policier, semble avoir retrouver en lui l’homme qu'il est, a été... et nous avec lui ; l’homme et sa conscience, conscience de soi, conscience d’être au monde, autour de questions souvent moquées : "Qui suis-je ? Quel sens donner à cette fonction qui m’a totalement dévoré ? Quel sens ma vie a-t-elle ?"
     
    Oubliez l’homme derrière une fonction quelle qu’elle soit, et c’est un homme doublement homme qui vous fait face comme une révélation inattendue et donc surprenante ; deux fois l’homme que l’on avait oublié tellement sa fonction le définissait à nos yeux.
     
    D’où cette émotion et ce questionnement particuliers à l’annonce du suicide d’un flic-policier-homme.
     
    Une courte réflexion sur le couple Etat-Police ICI

    _______________

     


                         

                          La condition policière avec A. Langlois du syndicat Vigi

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
  • Une courte réflexion à propos du couple Etat-Police-Armée dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes

     Billet publié en janvier 2019

     

    police l'état et macron

     

                    Il n'y a pas a priori de police républicaine ; il n'y a que des gouvernements républicains et une chaîne de commandement du même nom ; et de là, par voie de conséquence, des ordres et des agissements républicains ou non.

      

                    L'option sécuritaire (dans un "mode terreur" censé dissuader les Gilets Jaunes de revenir la semaine suivante), choisi depuis trois mois par le locataire de l'Elysée et ceux qui l'entourent et le conseillent, à défaut d'une option de résolution de la crise par l'action politique, semble destinée autant à flatter qu'à rassurer les classes supérieures actives et retraitées qui composent sa base électorale ; car la peur de cette couche de la société n’est pas nouvelle ; cette peur est vieille de mille ans ; c’est la peur de la Bourgeoisie ( en tant que catégorie et classe politiques et économiques) quand "en bas" ça bouge et que ça n'en finit pas de bouger ; il s’agit d’une peur propre à ceux qui voient leur confort moral (« Je suis quelqu'un de bien finalement ! ») et leur confort matériel et physique (« Ce mouvement, qu’est-ce que ça va me coûter, qu’est-ce qu’ils vont me prendre, qu’est-ce que je vais y perdre ? ») menacés ; car tout au fond de lui, le Bourgeois (petit ou grand) dont le statut repose sur la spoliation du plus grand nombre, sait qu'il est un salaud et qu'il se comportera comme tel le moment  venu : il suffit de se reporter aux propos tenus par Luc Ferry qui recommande que la police "tire dans le tas".

    Bombe lacrymogène, matraque, flashballs, grenades de désencerclement, canon à eau, Pasolini aurait écrit à propos de la relation manifestants/forces de l'ordre : "Des pauvres violentent d'autres pauvres !"

    Aussi, grande est la tentation de conseiller aux membres dits "des forces de l'ordre" au service d'un ordre injuste et cynique, à ceux qui le peuvent, ceci  : "Quittez donc ce métier indigne et qui le sera davantage encore dans les années à venir car vous n'en avez pas fini de matraquer, d'éborgner du retraités à 800 euros et du salariés à 1200 euros mensuels !"

     

    ***

      

     

                                                                 

     Cliquez ICI pour visioner la vidéo

     

                       Lynchage et tabassage gratuits d'une police maintenant indigne de toute considération dans le silence assourdissant des médecins, des avocats, des juges, de la ligne des droits de l'homme, de tous les corps intermédiaires et de la classe politique et médiatique...

     

     

                     

     

                 Témoignage de la mère d’un gilet jaune, Adrien, blessé à la tête par un tir de flashball à Nantes : 5 jours en service de réanimation

      

    gilets jaunes à terre.jpg

                   La raison pour laquelle l’Etat couvre à chaque fois qu’il le peut, les bavures d'une police qu'il méprise ( salaires indignes, commissariats infestés de rats et de punaises, suppression de milliers d'emplois, des véhicules vétustes, des policiers dans l'obligation de financer leur matériel et leurs vêtements de protection etc.... ICI un billet à ce propos), est la suivante : cette complaisance à son égard permet à cet Etat d’éviter que cette même police comprenne qu'il la méprise au plus haut point sans pouvoir en faire l'économie pour autant car force est de constater ceci : plus l’Etat flatte et couvre les policiers, entre deux suicides, plus l'Etat se protège d’une prise de conscience qui remettrait en cause la servitude du policier vis à vis de son maître qu’est cet Etat méprisant. Les victimes des bavures tout au long de l'année, aujourd'hui le passage à tabac du gilet jaune isolé, sans défense ni protection (des dizaines de vidéo sur internet en témoignent), c'est l'exutoire auquel les deux partis, le couple Etat-Police, ont recours :  l'une pour éviter de rendre des comptes à sa police ; l'autre, pour trouver un peu de consolation face à leur humiliation que représentent leurs conditions de travail et leur rémunération, la lâcheté de leur hiérarchie et de leurs syndicats, dans l'exercice d'une violence dite "légale" car lorsque le faible est sans courage face au fort qui l'humilie, c'est alors qu'il prend pour cible un plus faible que lui. 

    _______________

     


                         

                          La condition policière avec A. Langlois du syndicat Vigi

     

    Pour prolonger, cliquez : Gilets Jaunes - le dossier

     

    Lien permanent Catégories : Gilets Jaunes 0 commentaire
  • Dupont-Moretti, le coup de pied de l'âne à la face des Gilets Jaunes

    moretti avocat contre les gilets jaunes

                          "Si de nombreuses personnalités ont déjà apporté leur soutien aux Gilets jaunes depuis le début du mouvement, ce n'est pas le cas d'Éric Dupond-Moretti : déjà très critique dès les premières manifestations en novembre, il en a remis une couche sur le plateau des "Terriens du samedi !" animé par Thierry Ardisson. Le Point 

     

         

      

                      Pour le petite et la grande histoire, jamais l'insulte "sale juif" n'a été entendu sur les lieux qui ont vu Finkiekraut confronté à la colère d'une poignée de Gilets Jaunes. Dupont-Moretti, qui est sur le point de faire le procès des Gilets Jaunes en direct chez Ardisson  - le fort s'apprête à trucider le faible -, le regard fuyant, a très certainement éprouvé le besoin, à ce moment précis,  de cacher la faute morale qu'il s'apprête à commettre - s'en prendre à un mouvement sans défense et privé du soutien des médias - derrière une plus grande faute encore qu'aurait consisté le fait d'invectiver Finkielkraut en ces termes : "Sale juif !" 

     

     

    ***

     

     

                       Quelque part, nous tous savions que cet individu finirait par en venir là : Dupont-Moretti en avait, en a... comme "la tête" : à la fois garçon de course (larbin) et Judas  libre dans la soumission ; et puis, il dépensait depuis des années, dans les médias, vraiment trop d'énergie à nous expliquer à quel point il était un type bien pour que cela puisse correspondre à une vérité quelle qu'elle soit.

    Aussi, son jugement sur les Gilets Jaunes, c'est le coup pied de l'âne d'un avocat issu d'un milieu modeste qui croit avoir réussi ; Dupont-Moretti se pense très certainement "flamme" alors qu'il n'est que "suie" ; cette tache noire de la résignation en flagorneur des puissants qui lui assurent une pitance très très confortable au côté de la défense de quelques pauvres bougres pour la pub qu'elle vous rapporte, pour l'image et la bonne conscience qu'elle procure.

                   Soit dit en passant, faut-il aller chercher les vraies motivations de cet avocat là où personne n'aura la témérité de les y trouver ? Car, défenseur de Abdelkader Merah, à grand renfort de publicité et de reportages réalisés avec la collaboration de l'intéressé en personne et de son équipe, un Abdelkader Merah auteur en mars 2012 de l'assassinat de sept personnes - trois militaires et de quatre civils, dont trois enfants d'une école juive -; Dupont-Moretti aurait-il cherché à se faire pardonner cet engagement à caractère purement promotionnel ? 

    Ah, le buzz ! Quand ça vous tient, ça ne vous lâche pas. 

     

                   Quoi qu'il en soit, en traînant le mouvement Gilets Jaunes dans la boue de l'antisémitisme, Dupont-Moretti a oublié d'où il vient, sans doute dans l'idée de ne jamais devoir y retourner  ; et puis, il doit se sentir plus propre loin de la pauvreté qui salit socialement. Or, Dupont-Moretti se veut propre sur lui : aussi, en salissant les Gilets Jaunes, il salit les pauvres et leur milieu car c'est aux contacts des riches qu'il se nettoie et c’est auprès d’eux qu’il purge sa peine : celle d'en être issu de ce milieu Gilets Jaunes si coupable et haïssable à ses yeux.

                  Sans doute, y-a-t-il des injustices que l’on ne se pardonne pas et qu’on ne pardonne pas aux autres non plus (même et surtout quand ils en sont aussi les victimes) comme... ses propres origines, par exemple.

     

    _________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Gilets jaunes - le dossier

     

    Lien permanent Catégories : Gilets Jaunes, Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Au-delà des fréquences hertziennes audibles

    entreprise,travail,carrière,burn out,littérature,livres,édition,auteurs,éditeurs,serge uleski,la consolation

                       

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

                  Jadis perfectionniste, exigeante envers elle-même, aujourd’hui cherchant à fuir le moindre désagrément, la moindre gêne, elle n’est plus ce que son travail est devenu, et pour l’accomplir, ce qu’elle se doit d’afficher : adhésion et motivation.

    Elle le sait, elle le pressent : un danger guette ; et ce danger viendra des trentenaires bardés de diplômes, en veux-tu en voilà ! Et intelligents avec ça ! car, ceux-là seuls sont capables de déceler chez elle sa désapprobation à l'égard des nouvelles stratégies d'organisation que son service est chargé de mener jusqu'à ses ultimes conséquences.

    L’intelligence dans le travail tient en trois étapes : on voit, on comprend, on agit. Ils fonctionnent à cent à l’heure, ces trentenaires ! Avec eux, c’est la défaite assurée pour quiconque possède les mêmes qualités - analyse, synthèse, action -, mais à une vitesse de moitié inférieure à la leur. Ils n'ont pas leurs pareils quand il s'agit d'évaluer les dysfonctionnements humains - si tant est qu'un être humain puisse dis-fonctionner ! Et c'est possible dans un environnement où la fonction fait l'homme !

    Soucieux de maximiser tout ce qui se trouve à leur portée, ils sont imbattables lorsqu’il est question d’identifier les désordres organisationnels en mettant en place une logistique impitoyable : indicateurs de mesure, contrôle et évaluation de la qualité des résultats obtenus.

    Des visionnaires ils sont. Mais ne nous y trompons pas : des visionnaires adaptés… adaptés à leur temps. Autant dire, des suiveurs ou des opportunistes. Ils ne verront jamais la fin dans ce début dont ils souhaitent être les acteurs enthousiastes. Ils seront tout aussi incapables de penser le renouveau après cette fin. Ils sont à l'heure, certes ! Mais déjà en retard d'une nouvelle stratégie.

    Et puis, il y a les autres, guère plus âgés, parfois plus jeunes encore, porteurs de nouvelles aspirations : se former, se reconvertir, bouger, partir, revenir, s'absenter, choisir sa mobilité. En un mot : ne plus subir !

    Chimériques ces aspirations ! Oublieux qu'ils sont d'interroger un élément incontournable : leur emploi et sa fonction ; oubli qui les condamne eux aussi à la déception une fois que les règles du jeu auront changé.

    Autre danger pour elle : les intervenants extérieurs. Non contents de proposer des recommandations après un diagnostic intimidant qui ne souffrira aucune contestation, voilà qu’aujourd'hui, ils se proposent de partir à l'assaut de l'objectif d'efficience assigné. Au prix qu'ils se font payer... c'est la moindre des choses, serait-on tenté d‘ajouter.

    Conseillers et acteurs donc mais... toujours pas payeurs, ces intervenants opiniâtres et zélés car, partout où ils sévissent, ils contribuent grandement à désosser le travail pour installer un espace pour personne et un travail pour quiconque en redemande à son corps défendant, et pour peu qu'on interroge le candidat embauché depuis six mois dans l'anonymat d'une confidence susurrée à l'oreille et dans le brouhaha de cris hurlés au-delà des fréquences hertziennes audibles par l'oreille humaine ; cris que seuls les sourds et les muets ainsi que les bêtes... sont capables de déchiffrer.

     __________

     Le Cri
    Sculpture
    François-Auguste-René Rodin (Auguste Rodin)
    (vers 1886)

    ______________

    Extrait du titre inédit : "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     


    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Les petites mains du Christianisme à l'heure où Notre Dame semble rendre l'âme : hommage


                        Flèches et nefs...

     

    Amiens.JPG

     

                       Lyrisme et puissance : architecture religieuse qui empruntera sa grandeur à la fièvre qui la créa... 

     

    Amiens - petites mains du Christianisme 2.JPG

     

                               A la fois consolation, menace et terreur...

     

                        Dans la foi et l'instinct des Peuples pour cette Grande Inconnue  - Dieu penseur du monde -, qui longtemps donnera un sens à la vie de centaines de millions d'êtres humains vivant aux pieds de ces édifices...

     

    Amiens - petites mains du Christianisme 3.JPG

     

                                      Art, politique et mysticisme...

    Amiens - petites mains du Christianisme 1.JPG

     

                         Que les petites mains qui ont servi cette fièvre spirituelle - anachronique, on parlera aujourd'hui plus prosaïquement de projet de société (!) - soient ici remerciées.

    ________________

     

    Photos 2.4.5 sont extraites du portail central, dit Beau Dieu, de la cathédrale d'Amiens.

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Philippe Muray ou la réhabilitation de l’intolérance

     

                        Quatre ans après sa mort, l'écrivain et polémiste, dont on publie les «Essais», n'en finit pas de conquérir des adeptes.

     

    ____________________

     

                    Après plus de 2000 pages de lecture de cet auteur... lecture de ce qui, pour faire court, s'avère être une critique apocalyptique de tout ce qui n'est pas Philippe Muray...

    Ou comment cultiver l'art de jeter le bébé avec l'eau du bain et la baignoire avant de dynamiter la salle de bains et la demeure qui l'abrite, dans un... « Après-moi le désert ! » non-assumé faute de pouvoir être consciemment revendiqué comme tel...

    Loin de toute tentative d'analyse d'aucune cause...

    Misanthrope sympathique dans le meilleur des cas, ou bien aversion profonde pour le genre humain, dans le pire, et plus encore quand ce dernier n'a pas pour maître à penser un certain Philippe Muray (il faut toujours accueillir avec prudence les auteurs qui citent Céline à profusion, non pas pour son style mais bien pour ce qu'ils croient être sa "pensée)...

    Ce qui fait de Philippe Muray ce qu’il est, ce ne sont pas tant ses choix "politiques" que le refus (ou bien l'incapacité) de comprendre la nécessité historique de ce monde dit "moderne" : tout ce qui nous y a conduits et continuera de nous y conduire ; même si l'on peut avoir de bonnes raisons de refuser, en totalité ou en partie, d'adhérer à cette "modernité"…

    Mais… vous remarquerez que l'on peut toujours en concevoir une autre !

    Un Muray incapable donc de proposer un avenir quel qu’il soit. En panne Muray ! De là sa frustration, son acharnement sur le présent et la violence de ses positions.

    Et ceux qui, aujourd’hui, se réclament de cet auteur sont très certainement tout aussi en panne d’avenir que lui ; individus dont le tempérament – et ça existe : la preuve ! -, leur a fait très tôt prendre conscience qu’ils étaient nés tout simplement trop tard dans un monde décidément beaucoup trop jeune pour eux : d'où leur prédilection pour la thématique "Fin de l'Histoire"...

    Et sans doute était-il là... question, tel un effet boomerang imprévu et insoupçonnable en eux, de leur propre fin à tous.

    Quant au "dernier homme" (der letzte Mensch) de Muray, homme post-historique venu tout droit de chez Nietzsche et de son Zarazaza (autre dada de Muray), vraiment, si l'Histoire nous est d'un enseignement quelconque (même très quelconque), ce n'est sûrement pas demain la veille que notre espèce cessera de déjouer les prophéties les plus talentueuses.

    Non ! Ce qui fait de Muray ce qu’il est en tant qu’auteur (et non en tant qu'intellectuel car, il n'y a pas de « pensée Muray » mais bien plutôt des idées, des opinions « à la Muray »), c'est le caractère exclusivement a-politique ou anti-politique de ses choix, et ce à chaque fois qu’il est question de l’organisation de notre existence en société (pour ce qui est de la politique, se reporter à la définition d'Arendt); caractère qui nous renvoie à l'Ancien Régime, sinon au moyen-âge (oui ! sans rire) ; ou bien, plus proche de nous, à la "Révolution Nationale" d'un certain Pétain (à chacun ses casseroles !).

     

    ***

     

                    La plus grosse erreur (1) de Muray aura été de s’être laissé abuser et vampiriser tel Frankenstein, par sa propre création… Homos Festivus, jusqu’à penser qu’il s’agissait là d’un vrai projet de société et qu’il y avait, par conséquent, péril en la demeure ; projet durable qui recueillerait l’assentiment et le soutien sinon de la quasi-totalité, du moins, d’une importante majorité des électeurs (électeurs ou pas)...

    Notre auteur, et parce que cela l’arrangeait, feignant d’ignorer que l’Homme sera toujours plus que ce qu’il croit savoir sur lui-même qui n’est - le plus souvent -, que ce que l’on a daigné lui enseigner ou bien, ce qu’on lui a laissé espérer... pour lui-même.

    Quant à Delanoë, Maire de Paris, sa cour, son électorat bobos et leur influence supposée, fallait-il vraiment y consacrer autant d’années et autant de pages quand on sait que tout ce beau petit monde représente tout au plus que quelques centaines de milliers d’individus confinés, parqués dans une capitale qui ne nous appartient plus depuis longtemps déjà – Chirac n’ayant eu besoin de personne pour inaugurer cette dépossession.

     

    1 - Erreur qui trahit une méconnaissance profonde des conditions de vie des classes populaires et des petites-classes moyennes de la banlieue parisienne et de la province rurale et urbaine. Muray aurait-il été, à son insu, plus parisien dans ses analyses que tous les parisianismes réunis - et notamment celui de ses adversaires idéologiques ?

     

    ***

     

                    Qui peut aujourd’hui douter du fait que si Muray avait été « au pouvoir », ses ennemis idéologiques n'auraient jamais pu bénéficier de la liberté d'expression et de publication qui fut la sienne ?! 

    Homme d’obsessions – la principale étant la sexualité, et plus particulièrement celle des autres… à la sexualité tout autre), on notera chez Muray l’absente de compréhension et de compassion à l’endroit de quiconque ne partage pas ses choix d’existence…

    Car, le principal moteur de cet esprit hautement critique (critique plus que nécessaire, on en conviendra car, quiconque aujourd’hui n’est pas en colère est soit un salaud, soit un imbécile soit un escroc) aura été son intolérance congénitale jusqu’à l’aveuglement, telle une infirmité...

    Intolérance qui a très tôt, et très certainement, décidé de tout. Et seule la mort a été capable de l’en délivrer (2).

    Aussi…

    Si l'on doit comprendre pourquoi Muray a fait cette oeuvre-là et pas une autre, reste à étudier, l’origine de cette intolérance (haine ?!) auquelle il a consacré toute son énergie créatrice, tout son talent et toute son intelligence aussi incontestables que rares.

    Intolérance jamais assouvie de son vivant parce que… jamais rassasiée.

    .

    2 -Vraiment, on est en droit de s’interroger sur le fait de savoir si des gens comme Muray ont eu vingt ans, ne serait-ce qu’une fois… et ce qu’ils en ont fait !

    Absence de don pour la vie ? Muray se vante d’avoir lu très tôt Céline ; cette inclinaison aurait dû alerter notre auteur et ses proches car, avec Proust, Céline est certainement un auteur que l’on ne devrait jamais lire avant 50 ans, sinon bien plus tard encore, lorsque, par exemple, le moment est venu d’aller chercher chez ces auteurs (et chez d'autres) sa propre terminaison dans une lecture-tombeau, dernière sépulture de vie pour des lecteurs convalescents et agonisants de l’existence.

     

     

    ***

    .

                   Ironie suprême... bien que relative... car les exemples ne manquent pas : cet auteur s'est voulu l'avocat de l'altérité et de la différence contre l'uniformité du monde alors que tout dans son œuvre laisse à penser que Muray avait beaucoup, mais vraiment beaucoup de mal avec tout ce qui n'était pas lui-même... Philippe Muray.

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Taki Ghounaris : lumière et sortilèges

     

    "La peinture est aussi la musique du monde."

     

    taki ghounaris, eucharistie 

                                 Eucharistie -120 x 97 - 2011 - Bénédiction du Patriarche de Constantinople.

     

                         "Rencontrer c’est voir ; voir est une action créatrice, elle est ultérieurement une subtile métamorphose de l’être quand le regard est celui d’un enfant. Une icône n’a pas pour vocation la ressemblance, elle est un miroir pour la transcendance. Elaborée avec jubilation par sa propre thématique, ici l’icône, de couleurs mécaniques, est un appel par le jeu des mouvements ; son rôle : la réflexion et la vision contemplative du moi intérieur" - Taki Ghounaris

     

    ***

     

                     Dès l’âge de 17 ans, Taki Ghounaris expose et vend ses premiers tableaux rue Saint Honoré. Elève de Goetz, dans la mouvance des peintres de l’Ecole de Paris, il rencontre chez le galeriste Albert Hervieu, Antoni Clavé qui le confirme dans sa vocation...                                           

                                                 
                       

     

                       "Il s’agit d’une méditation ; ici chaque couleur est un instant unique ; l’image dans son ensemble n’est pas une nécessité ; la lumière est magique ; les fins minéraux qui composent la peinture, mariés aux pigments de couleur, comme la madeleine de Proust, évoquent peut-être aussi, par l’irisation de feux minuscules et multicolores… des milliers de cartes postales pailletées envoyées dans l’univers pour les fêtes. Là, le parfum marin en ce qui concerne la réflexion  du jaune pécheur « l’origine du monde au travail » est évident." Taki Ghounaris

                                                       

    ***

    taki ghounaris artiste peintre, ville d'avray artistes peintres

                    A 20 ans, Taki Ghounaris est appelé sous les drapeaux en Algérie, ce qui changera sa destinée : il abandonnera la peinture à son retour avant d’y revenir bien des années plus tard, pour ne plus la quitter avec l'artiste peintre et enseignante Agnès Monteilhet qui l'aidera à remettre un pied à l'étrier.

    Sûr de lui et de son Art, le travail de Taki Ghounaris, vécu intime, est lié, dans son inspiration « ... à la lumière que dégage la matière mélangée à la couleur ». 

     

                  Né en 1940, Taki Ghounaris nous a quittés en octobre 2015


                   

                                 
                          

    Pour prolonger, cliquez : Taki Ghounaris en vidéo

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu