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A découvrir : Serge ULESKI, ouvrages et entretien - Page 3

  • LES BREVES (plus ou moins brèves) DE SERGE ULESKI

     

    Soutenir un auteur, c'est le lire et en parler autour de soi

     

    Merci à celles et ceux qui me soutiennent en commandant mes ouvrages

     

    ________________________________ 

     

     

                La vérité tient en quelques mots, et le mensonge... en tout un roman.

     

    ***

     

    En proie à la nostalgie... 

    Et si, ce qui nous attire, nous séduit, nous émeut dans tout ce qui touche de près et de loin à hier, était le fait que ce morceau de vie qu'est le passé, est derrière nous ? Et on ajoutera, soulagés : "Ouf ! Plus de peur que de mal !" 

    Car... qui nous rappellera que vivre demeure une expérience que l'on préféra toujours avoir derrière soi et non... devant ?

     

     

    Fragments, figures de style, effets rhétoriques, parfois satiriques ou caricaturales…

    Maximes, syllogismes, aphorismes, tantôt inédits, tantôt glanés dans les textes de l’auteur (romans et billets de blogs)…

    Plus de trois cents brèves – plus ou moins brèves -, pour se dépêcher d’en sourire ou d’en rire ; ou bien encore, d’y réfléchir.

     

     

    Il faut taire les crimes, ceux de tous les jours car, les nommer, tous ces crimes d'exception, anonymes et insoupçonnables, c'est en faire des maux incurables, des maux privés de l'espoir de l'oubli.  

    Heureuse soit la victime à qui la société n'a pas notifié et qualifié le crime commis sur elle ! Car, elle n'aura alors qu'un seul poids à porter : celui de son propre jugement et seulement le sien. Et là, ô miracle ! L'esprit peut se révéler d'une magnanimité surprenante, lui qui est capable d'accueillir le pardon, ou bien l'oubli comme le naufragé accueille son sauveteur.

     

     

    L'ouvrage est disponible ICI

     

    Lien permanent Catégories : A découvrir : Serge ULESKI, ouvrages et entretien, AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Serge ULESKI - ouvrages et entretiens

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    ____________de l'Art, de la littérature et autres considérations

     

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                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de cet ouvrage a pour origine le blog de l’auteur ; les articles reproduits ici appartiennent aux deux catégories suivantes : « Littérature, auteurs et écriture » - « Artistes pour, envers et contre tous »

               Angot, Antonioni, Arendt à propos de la crise de culture, Michel Audiard père et fils, Bobin Christian, Céline, Camus et Sartre, Casanova, Césaria Evora, Virginie Despentes, Dieudonné, Marcel Duchamp, Clint Easwood, Finkielkraut, de Funès, Godard, Haenel, Houellebecq, Lanzmann et d’autres encore… comme autant d’entrées et de sorties vers une meilleure, sinon une autre compréhension des auteurs, des artistes et autres, tantôt controversés, tantôt unanimement salués.

     

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    ____________des apôtres, des anges et des démons

                                 

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                « Le monde moderne regorge de disgraciés obscurs, de déclassés sans nombre, d'otages en sursis dans l'attente de la sentence que ne manquera pas de prononcer une organisation de l'existence qui a pour seul moteur : la haine de l'échec. Alors... aujourd'hui, sans honte et en toute impunité, et sans risquer d'être contredit, on peut crier à l'endroit de tous les Bouvard et Pécuchet et Don Quichotte de la réussite : Malheur aux ratés ! »

                Ce récit réunit dans le fond et dans la forme, les caractéristiques du roman, du conte, de l'essai et du pamphlet jusqu'aux confins de l'ironie et de la satire.

    Les trois premiers chapitres nous présentent un à un, Matthieu, Gabriel et Luc ; le lecteur aura tout le loisir de définir ce à quoi ces trois figures se rapportent, même si l'on peut d'ores et déjà parler d'abandon, d'échec et de folie, tantôt douce tantôt amère.

    Le quatrième chapitre introduit une dernière figure - Paul - et réunit, pour la première fois, les quatre personnages dans un même lieu, au cours d'une soirée d'une brutalité insoupçonnable.

    Le cinquième et avant-dernier chapitre abandonne Matthieu, Gabriel, Luc et Paul. Maintenant seul, comme coupé de ses personnages, un destin funeste viendra percuter de plein fouet notre narrateur.

    Dans le sixième et dernier chapitre qui n'occupe qu'une trentaine de lignes, une nouvelle voix se fait entendre en nous livrant une des nombreuses clés possibles de cette épopée.



    Thèmes abordés : le journalisme, la médecine, les femmes, la traite négrière, le show-business, l'art contemporain, la publicité, le marketing, le milieu de l'édition, le couple, la vie urbaine, l'évolution de notre espèce, la guerre, le ressentiment et la revanche de "classe", l'ingénierie sociale, l'anthropologie politique et la génétique.



              Texte libertin, assurément ! Dans la tradition du 18è siècle (Diderot ?) : libertinage de libre penseur dans l'exercice d'une prospective qui ouvre la porte à toutes les fictions sociales et politiques.

     

               A propos "Des apôtres..." cliquez entretien avec l'auteur

     

                       Extrait proposé - cliquez   Des apôtres extrait.pdf

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    ________Cinéma ! De film en film, de salle en salle

     

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                    Cinéma qui ne cessera jamais de hanter nos mémoires... sons, images, voix, musiques, lieux, acteurs, réalisateurs, auteurs, scénaristes, compositeurs, décorateurs, monteurs (le plus souvent monteuses), chefs opérateurs...


    Cinéma d’hier, de demain, encore à naître...

    Cinéma mort-né !


    Et puis, l’autre cinéma, déjà perdu pour tout le monde : films dont les scénarios dorment à jamais au fond des tiroirs ou dans l’imaginaire de ces mêmes auteurs, cinéastes et producteurs.

    Le Cinéma nous offrira toujours plus que ce qu’il nous donne à voir, à entendre et à comprendre. Art métaphysique par excellence, quand il y a « Cinéma », il y a… transcendance, toujours !

    A la fois indéfinissable et irrésistible, ce à quoi nous sommes confrontés est bien plus grand que nous… spectateurs ! Bien plus grand, et bien plus haut aussi !

    Transcendance donc, et puis… immanence !

    Car, cette imposante confrontation avec tous les réels qu’est le cinéma nous est bien destinée ; elle nous rejoint et nous aussi ; et c’est ensemble que nous cheminons.

    Aussi… à chacun son cinéma !

    Et c’est alors qu’on pensera à un FILM UNIQUE qui réunira tous les films... pour que jamais on n'en soit séparés et qu'on ne les oublie...

     

     Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI sur le cinéma

     

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    ___________Je me souviens

     

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              Work in progress par définition, et puis... par nécessité aussi, sinon par nature, ce "Je me souviens" puisqu’on n’en finit jamais de se souvenir comme on ne cesse jamais d’oublier !


    Dans la première partie de cet ouvrage, et dans une certaine mesure, l'esprit de mes "Je me souviens" s'inspirera des "Je me souviens" de Georges Perec venus tout droit de chez Joe Brainard dont, aujourd'hui encore, nul ne sait de qui il s'est inspiré pour écrire ses "I remember".

    Dans la seconde partie, c'est de... demain dont je tenterai de me souvenir : de demain... dans... disons 50 ou 100 ans.

                Quant à savoir si ma tentative aura pour but de " retrouver un souvenir presque oublié... commun, sinon à tous, du moins à beaucoup" …

    Comme il s'agira de demain, on comprendra aisément que cette section s'adresse en priorité à des lecteurs qui ont une très bonne mémoire de l'avenir : pas du leur mais de l'avenir de ceux qui les suivront et qu'ils auront - par voie de conséquence -, précédés de peu mais suffisamment pour qu'ils les considèrent déjà - tous ces suiveurs -, comme leurs successeurs.

     

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    ___________Pièce à conviction

     

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    La vérité, c'est aussi et surtout dans les faits divers que vous la trouverez.

     

               Vous vous demandez dans quel monde vous vivez, dans quel pays, dans quelle ville, dans quel quartier ? Intéressez-vous donc aux faits divers et ne relâchez pas votre attention car tous ces faits divers sont aussi et surtout, des faits emblématiques de notre société qui demeure - quoi qu'on en dise - indomptable malgré tous ses garde-fous.

    Miroir déformant ou pas, le fait divers - pour peu qu'un traitement responsable lui soit réservé - viendra nous rappeler des logiques de comportement que l'on croyait révolues, une géographie urbaine ou rurale insoupçonnable, des conditions de vie scandaleuses mais aussi : mille transgressions, mille intolérances, mille traumatismes, mille injustices...

    Si la rubrique des faits divers est souvent celle des pauvres - rubrique-tombeau que personne n'ira fleurir - elle est aussi celle des fous.

     

    ***

     

    NB : ce texte n'est pas un polar !

     

                Trois longues années à découvrir les cadavres de dix adolescentes. Trois ans d'enquête à interroger des dizaines de suspects et des centaines de témoins éventuels, jusqu'au jour où l'on découvre dans le baluchon d'un sans-abri mort de froid, huit carnets. Après la lecture de ces carnets, la police ne tardera pas à faire un rapprochement entre ce cadavre et les viols et meurtres des dix adolescentes. Ce sont les analyses scientifiques qui finiront par établir avec certitude la culpabilité de l'auteur de ce "Journal" désormais considéré comme... "Pièce à conviction".

     

    Ce qui ne vous tue pas... fait de vous... un monstre !

     

    Comment revisiter le monde érotique et cruel du Marquis de Sade et chez Lautréamont, les forces obscures de l'irrationnel et de l'inconscient ?

    Ce récit est une tentative de réponse loin de toute analyse psychologique. D'où la forme adoptée : celle du "Journal intime".

    Parole de tueur donc ! Loin de la parole psychiatrique et, en ce qui concerne la parole du journalisme d'enquête, cette dernière est réduite à sa plus simple expression : celle de l'exposition des faits.

     

    Choix stylistique : celui d'une écriture subliminale censée incarner l'enfermement de notre tueur dans la négation de la réalité et du caractère injustifiable des actes qu'il commet. Des coupures de presse, insérées tout du long, renverront sans ménagement le lecteur à cette réalité décidément... têtue ! Aussi têtue que les faits qui nous sont rapportés dans ce journal.

     

     

    Extrait proposé - cliquez :  Pièce à conviction carnet 6 extrait.pdf

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                                                                        Extrait audio

     

     

     

    Entretien avec l'auteur : cliquez Pièce à conviction

     

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    ________Serge ULESKI - Morceaux choisis

     

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                La réalité psychologique de l’écriture est très complexe : tactique et stratégie y occupent une place importante. L’inspiration n’est pas tout : le but que l‘on s‘est fixé importe aussi.

     
    Comme un poisson dans l'eau... dans le vrai comme dans le faux, dans le bien comme dans le mal jusqu'à brouiller leurs frontières... pourquoi pas ? Tout en sachant comme nous le savons maintenant, que nous avons tous de bonnes raisons d'être ce que nous sommes et de le penser aussi (que nous avons de bonnes raisons) ; et bien malin ou présomptueux qui saura opposer La Vérité - et toute la vérité ! - au mensonge et exalter le Bien comme pour mieux conjurer tout le Mal qui est en nous et ce, sans sourciller et douter une seule seconde, insoucieux du fait suivant :

                Ce qui est... n'est pas ! Car il s'agit toujours d'autre chose ; autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi.

     

    ***

     

                 Rédigé sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de ces morceaux choisis est issu des textes de l’auteur – romans et récits -, chez AMAZON ou bien, à paraître très prochainement chez ce dernier.

     

     

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    _____Dieudonné, une résistance inespérée

     

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                   Banni des médias dominants - presse, télés, radios - depuis plus de dix ans à la suite d’un sketch sur FR3 qui mettait en scène un colon juif de Cisjordanie… Dieudonné a essuyé tous les affronts tout en faisant l’objet d’un nombre incalculables de mesures vexatoires et liberticides.

    D’une résistance et d’une persévérance hors du commun, Dieudonné a tenu bon ; et son public n’a jamais été aussi solidaire et nombreux qu’aujourd’hui.

     

    ***

     

                   Que l'on ne s'y trompe pas : « raconter » Dieudonné, ce phénomène... ce n'est pas seulement parler de Dieudonné ; c'est aussi, et surtout, s'intéresser à tous ceux qui ont tenté de l’empêcher de travailler et d’exercer librement son Art.

    Dates, noms, faits et gestes, ce qui a été dit et écrit par les uns et par les autres… raconter Dieudonné, c'est mettre à jour le fait suivant :  de cette étude, de cet examen, ni les magistrats, ni les médias, ni la classe politique, ni les gouvernements n'en sortent grandis, et moins encore les associations communautaires acharnées à abattre professionnellement et socialement un humoriste fils spirituel de Molière, de Voltaire et d'Alfred Jarry.

                   Ces chroniques sont présentées dans leur chronologie… de 2007 à aujourd’hui. On pourra ainsi mesurer l’évolution des analyses de l’auteur et le chemin parcouru par celui-ci vis-à-vis de la démarche d’un Dieudonné artiste et activiste politique.

     

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                     Et si en littérature, le meilleur personnage qui soit était le lecteur ?! Car, n’est-ce pas le lecteur qui « fait » le livre ?

    Il suffit de penser à tout ce qu’un lecteur est capable d’investir dans la lecture d’un texte : le pire comme le meilleur !

     

     

    ___________Paroles d'hommes 

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                  Arrive un jour où l'on décide de tout quitter pour échapper à tout ce qui nous empêche d’être... ce que l‘on croit pouvoir être, pensant à tort qu’il est encore possible d’être quelqu’un d’autre. Sur son chemin, on croise le rédacteur en chef auto-proclamé d'un magazine à la publication aussi hasardeuse qu'hypothétique ; ce personnage qui est aux sciences sociales ce que Knock est à la médecine, a comme projet un reportage sur une communauté rurale soupçonnée d'abriter des hommes aux mœurs d’une sauvagerie inqualifiable.

    Sans emploi et sans attaches, pensant n'avoir plus rien à perdre, ayant déjà tout perdu ou presque, on se dit : "Pourquoi pas ? Allez ! Va pour l’enquête ! Et puis... vogue la galère !" On prend la route. Les rencontres et les interviews se succèdent, l'enquête progresse mais... patatras ! L’itinéraire emprunté est un piège, et notre enquêteur malheureux progressera pas à pas vers une crucifixion sans gloire, sans honneur et sans rédemption.

     

    Thèmes abordés : l'impossibilité du pardon - La trans-sexualité et la question ontologique - Pulsions libidinales : frustrations et conflits - L'incommunicabilité - Le dépit amoureux et la trahison - Manipulation : mensonge et/ou vérité ?

    Et bien d'autres thèmes encore puisque... comme annoncé précédemment : "Ce qui est, n'est pas car il s'agit toujours d'autre chose... autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi !"

     

    Choix stylistique : cette farce tragique est écrite comme on diffuserait un événement en direct : dans l'urgence, caméra sur l'épaule.

     

     

    Entretien avec l'auteur : cliquez Paroles d'hommes

     

     

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                   En tant qu'auteur, on peut n'avoir qu'un souhait : que son projet d'écriture, une fois arrivé à son terme, se transforme en un véritable projet de lecture de la part du lecteur.

     

    __________Cinq ans, cinq nuits

     

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    Prix  "Littérature et Internet" Edition 2014

     

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                    Seul existe ce que l'on fait exister, avec détermination, après un travail acharné, pour ne pas se contenter, négligeant et sans courage, de le rêver.

                     Substituant à une vie conjugale en situation d'échec une voie large et resplendissante qui devra la mener jusqu'à son parachèvement, une femme se propose d'intervenir dans son propre destin. Une rencontre, comme un nouvel éclairage inattendu sur une existence qui semblait à jamais figée, avec celui qui deviendra très vite son amant, et c'est l'ébranlement de tous les repères, l'abolition de tous les interdits.

    Dépendance totale ! Absorption, fusion ! A l'effort que fournira cette femme pour échapper à l'étouffement, on pourra mesurer la puissance de sa réaction contre un mariage insipide, sans souffle et épuisé. Dans cette quête d'un Nouveau Monde - fief de tous les excès - dans ce réarmement contre les forces de la désagrégation, ce sont vingt années qu'elle rachètera et expiera auprès de cet amant-étoile décroché contre toute raison ; vingt années d'une existence qui n'a connu de la volupté que le regret de son absence.

    Une ambition d'une intelligence folle et subversive, cet érotisme qui ne produit rien et qui n'a qu'un seul but : s'extraire d'un monde interdit d'extase. Mais... pour plus d'un, pour plus d'une, un outrage ce sursaut, cet élan, cette ambition démesurée !

    Alors... rien, non rien, ne lui sera épargné ni pardonné.

     

    ***

    Thèmes abordés : l'extase et la volupté, le culte de l'Autre, l'absence et le manque, vie conjugale et atrophie.

    Choix stylistique : préciosité et emphase jusqu'à l'exubérance et parfois même, l'extravagance mais... à dessein - bien évidemment ! -, puisqu'à la source de ce choix, on trouvera une provocation en règle et un procès d'intention contre toutes les formes de dépréciation de soi et contre une organisation de l'existence qui a pour seule mécanique infernale : la soumission à un moins-disant émotionnel et érotique qui engorge tous nos désirs.

     

              Extrait proposé : Cliquez cinq ans cinq nuits extrait blog.pdf

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    CliquezEntretien avec l'auteur

     


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    ______________LA CONSOLATION

     

     

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                                     "Comment vivre sans choisir ? Comment vivre sans inconnu devant soi, sans espoir d'inédit, d'inattendu et d'inouï ?"

     

                Ce texte se déploie autour d'une femme divorcée après 25 ans de mariage. Les cinq premières années qui ont suivi son divorce sont des années fastes : elle recouvre, sa liberté. Mais très vite, à cinquante ans passés, c'est l'impasse : celle d'une organisation de l'existence au jour le jour.

     

                                "Depuis son divorce, voilà trois ans, elle a pris la vie, l'a quittée, l'a reprise, faisant l'impasse sur des jours, des semaines entières pendant lesquelles rien ne se passait et puis, hésitante, elle y est revenue à cette vie qui est la sienne aujourd'hui."

     

                La forme de ce roman est discursive. Le narrateur alterne le "elle" (le personnage de la femme), le "nous" (le personnage intégré à la communauté humaine) et le "on" que le lecteur (femme ou homme) aura tout le loisir de s’approprier ; il personnalise pour mieux dépersonnaliser, son personnage s'effaçant au profit d'une réalité plus vaste qu'elle : la condition de toutes celles - et accessoirement, de tous ceux - qui partagent... sa condition.

     

                               "Pourquoi nos vies seraient-elles si différentes puisque nous suivons tous, à quelques exceptions près, le même chemin ? Ne sommes-nous pas tous issus de la même branche, du même arbre, fruit d'une nécessité commune dictée par une loi dont les règles ne nous laissent guère le choix quand il s'agit de quitter les racines qui nous ont vus naître ?"

     

                Ce titre compte onze chapitres ; au neuvième, le lecteur possède tous les tenants et les aboutissants du personnage. Arrivent alors les deux derniers chapitres : le personnage a 55 ans et son destin, produit d’une sélection impitoyable, sera parfaitement accompli.

    Destin non conclusif, toutefois, puisque le lecteur se verra proposer un épilogue à deux voies, l'auteur ayant décidé de ne pas trancher.

     

                  Thèmes abordés : divorce, célibat, la souffrance au travail, la maternité, deuil, pardon et mémoire. 

           

               Extrait proposé : cliquez la consolation extrait.pdf

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    _________CONFESSIONS D'UN VENTRILOQUE

     

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                 Et si nous nous taisions ? Oui ! Nous taire pour mieux tendre l'oreille...

    Vous l'entendez maintenant ? L'entendez-vous cette plainte ?
      Elle gonfle. Elle exhale. Elle pousse ! Elle enfle. Elle est énorme à présent, et dans un instant, elle va éclater... Et tout s'achèvera en larmes, bien sûr.

     

    ***


                   Qui parle quand on parle ? Qui parle à qui ? Et qui écoute qui ?

                  Une voix s'est imposée à moi ; une voix venue témoigner et confesser un enfant martyr, le meurtre d'une femme, le décès accidentel d'une autre, une résistance aussi héroïque que vaine, et pour finir : un vieillard désabusé. De quoi remplir une vie... sans aucun doute !

    Composé de touches d'imprécations, de réflexions, de déclamations, de soliloques joints en forme de dialogue, d'impulsions violentes et de moments de silences, ces confessions sont une tentative d'écriture atonale qui offre la possibilité de lire les quatre premiers chapitres dans l'ordre que l'on veut ; ce qui devrait autoriser un grand nombre de combinaisons de lecture.


    Thèmes abordés : l'irrécusable douleur de l'insurmontable ; la révolte face au tragique dans l'existence, et l'espoir de la résilience.

     


     
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    ______Les brèves (plus ou moins brèves) de Serge ULESKI

     

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                  La vérité tient en quelques mots, et le mensonge... en tout un roman.

      

                 

    En proie à la nostalgie... 

    Et si, ce qui nous attire, nous séduit, nous émeut dans tout ce qui touche de près et de loin à hier, était le fait que ce morceau de vie qu'est le passé, est derrière nous ? Et on ajoutera, soulagés : "Ouf ! Plus de peur que de mal !" 

    Car... qui nous rappellera que vivre demeure une expérience que l'on préféra toujours avoir derrière soi et non... devant ?

     

     

    Fragments, figures de style, effets rhétoriques, parfois satiriques ou caricaturales…

    Maximes, syllogismes, aphorismes, tantôt inédits, tantôt glanés dans les textes de l’auteur (romans et billets de blogs)…

    Plus de trois cents brèves – plus ou moins brèves -, pour se dépêcher d’en sourire ou d’en rire ; ou bien encore, d’y réfléchir.

     

     

    Il faut taire les crimes, ceux de tous les jours car, les nommer, tous ces crimes d'exception, anonymes et insoupçonnables, c'est en faire des maux incurables, des maux privés de l'espoir de l'oubli.  

    Heureuse soit la victime à qui la société n'a pas notifié et qualifié le crime commis sur elle ! Car, elle n'aura alors qu'un seul poids à porter : celui de son propre jugement et seulement le sien. Et là, ô miracle ! L'esprit peut se révéler d'une magnanimité surprenante, lui qui est capable d'accueillir le pardon, ou bien l'oubli comme le naufragé accueille son sauveteur.

     

     
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    _______________TRANSIT (Théâtre)

     

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                Les personnages principaux de cette pièce de théâtre en un acte sont les suivants : un juge, un philosophe, un syndicaliste et un député.

    Autres personnages : un médecin, un infirmier, une jeune femme et un tire-au-flanc manchot (bras droit amputé).

    Le lieu : la salle commune et vétuste d'un foyer d'hébergement.

                 Tout au long de la pièce, le silence sera la règle et la parole, l'exception : surdité, mutisme et immobilisme - on ne veut pas entendre, on ne veut pas répondre, on ne veut pas bouger.

    Ces silences devront néanmoins... être joués. Ils le seront par le syndicaliste et le juge seuls, sauf instruction contraire. Durant ces pauses, tous deux doivent se montrer très tendus, exaspérés et accablés : ils sont plongés dans leurs pensées, un poids énorme semble les écraser, à l'intérieur d'eux, se livre une bataille.

    A titre d'exemples, ils pourront utiliser des éclats de rires brefs, des ricanements, des haussements d'épaules, tête que l'on jette en arrière, gémissements ponctués de longs silences, soupirs lourds et bruyants, râles, gestes furtifs, des bribes de phrases incohérentes et des phrases courtes mais compréhensibles celles-là (ces phrases sont notées dans le texte).

     
    Le député qui ne connaît ni l'identité ni la fonction du juge, du syndicaliste et du philosophe, accueillera ces silences avec anxiété. Il n'aura qu'un souci : les rompre.

    Le philosophe, lui, demeurera étranger à tout ce qui peut se faire ou se dire dans la salle commune de ce foyer.

     

    ***


                        Qui a forcé tous ces personnages à se retrouver dans ce lieu ? Qu'est-ce qui les réunit ? Pourquoi ce silence que tous cherchent à imposer à l'exception du député ? 

    C'est là tout l'enjeu de cette pièce.

     

     

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    _____Marquis de Sade : complaisance et omissions

     

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                « Célébration » du bicentenaire de la mort de Sade, exposition au Musée d’Orsay… manifestement, on n’en a jamais fini avec Sade ! Il va, il vient ; des universitaires,  des chercheurs, des auteurs  et autres « animateurs culturels médiatiques » nous le rappellent régulièrement à notre bon souvenir.

               Mais au fait, qui est Sade ? Et qui sont ceux qui s’obstinent à le faire exister ?  Pour(-)quoi et contre qui ?

              C’est tout le sujet de cet ouvrage dont toutes les citations (en italique) sont extraites de  « La philosophie dans le boudoir » qui a pour auteur Donatien Alphonse François de Sade, tantôt comte, tantôt marquis.

     

     

    ***

     


    Conférence inaugurale "Sade. Attaquer le soleil... par musee-orsay

     

                   A l’ouverture de la conférence de presse, en tant que commissaire générale de l’exposition « Sade. Attraper le soleil », Annie Lebrun aura ces mots : « Sade, c’est un changement de sensibilité. »

                      Tout est dit. Nous sommes maintenant prévenus.

     

                           L'ouvrage est disponible ICI

     

     

    _______Ad hominem: Politique et médias

     

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                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, les articles et billet publiés sous le titre "Ad hominem" appartiennent aux catégories suivantes du blog de l’auteur : Politique, médias, minorités, société et actualité…

               Hommes et femmes politique, hommes et femmes des médias, penseurs, historiens, acteurs de la dissidence sur Internet… on y retrouvera entre autres : Jacques Attali, Julien Assenge, François Bayrou, Bush junior, Michel Collon, Harlem Désir, Dieudonné, Robert Faurisson, Michel Glouscard, Bernard-Henri Lévy, Obama, Karl Marx, Audrey Pulvar, Michel Rocard, Saint Augustin, Nicolas Sarkozy, Alain Soral, Benjamain Stora, Christiane Taubira, Manuel Valls, Hubert Védrine, Zemmour… et beaucoup d’autres encore… dans un regard tantôt féroce, tantôt caustique, compassionnel aussi, sur ceux qui font l’actualité, parfois à leur corps défendant , et alors qu’ils souhaiteraient sûrement qu’on les oublie.


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    _______La France et le fascisme

     

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                   Qu'en est-il de cette France que l'on dit "fille aînée du fascisme" ? A l'heure où  "Ni droite ni gauche. L’idéologie fasciste en France",  paru en 1983, est repris en collection de poche avec une nouvelle préface de l’auteur sur près de 150 pages ; en effet, à en croire l'historien Sternhell, la France serait aussi " la fille aînée du fascisme". Rien moins.

                   Cet opuscule d'une cinquantaine de pages se propose de répondre à cette question et d'en proposer d'autres à la réflexion du lecteur car, ce qui doit nous intéresser n’est pas tant de savoir si la France est la « fille aînée du fascisme » mais bien plutôt ce questionnement-ci : pourquoi certains historiens et politologues ont manifestement besoin de le penser alors qu'aucune définition du fascisme ne semble possible, tout en tenant compte du fait que jamais en France il n’a existé un Etat fasciste, et qui plus est… librement consenti ?

     

    Pour prolonger, cliquez : La France et le fascisme : autant de questions sans

    réponses 


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    __________La France et le sionisme : domination et chantage  

     

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              A l’heure où, en voyage d’Etat en Israël en novembre 2013 , François Hollande, Président de la République française, adresse un chant d’amour éternel à Israël dans la résidence privée de Netanyahu, chef d’un gouvernement à la tête d’une coalition d’extrême droite…

    A l’heure du bannissement de Dieudonné - plus de dix ans de persécution -, à la suite d’un sketch qui dénonçait la politique d’un Etat qui n’a, aujourd’hui, plus rien à envier à l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid…

    Et alors que l'Etat israélien jouit, ici en France, d'un soutien quasi inconditionnel de la classe politique en général et du PS en particulier, et ce jusqu'au sommet de l'Etat français, soutien concomitant avec une adhésion pleine et entière à la politique de l’Otan et à un mondialisme qui n’est dans les faits qu’une remise en cause de tous nos acquis sociaux et démocratiques ainsi que de notre patrimoine culturel, le tout en violation de notre tradition diplomatique qui a fait notre rayonnement et notre force une tradition qui avait pour objectif la recherche d'un équilibre face à des pays et des cultures hégémoniques à la soif excessive de domination...

                Cet ouvrage se propose d’exposer au grand jour, jour après jour, la démission de l’Etat, de la quasi-totalité de la classe politique, des intellectuels, du monde de la culture et des médias, tous terrorisés à l’idée de s’opposer à la préséance d’une idéologie seulement capable, d’organiser le malheur partout où elle est dominante : là-bas : bombardements civils, assassinats et expropriation ; ici : division, violence, chantage et bannissement.

     

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  • Des apôtres, des anges et des démons - entretien

     

                 Texte libertin, assurément ! Dans la tradition du 18è siècle (Diderot ?) : libertinage de libre penseur dans l'exercice d'une prospective qui ouvre la porte à toutes les fictions sociales et politiques.

     

     

     

     

    Entretien réalisé par Jan Kaprisky

     

     

    J.K. - Corrige-moi si je me trompe : la construction du titre "Des apôtres, des anges et des démons" est la suivante : un chapitre, un personnage. Chaque nouveau chapitre introduit un nouveau personnage, tout en gardant le précédent. Il y a quatre personnages, au quatrième chapitre, ils sont donc tous réunis.

     

    S.U. - C’est bien ça.

     

    - Gros pavé de près de 600 pages, édité en deux volumes... avec ce titre, on est dans la satire, l'humour noir, l'ironie, le pamphlet, l'absurde : tout est bon, la fin justifiant les moyens.


     - Il ne faut pas avoir peur. La littérature pourvoira. Elle saura nous absoudre.

     - En introduction à ce texte, il y a ces quelques mots : "Le monde moderne regorge de disgraciés obscurs, de déclassés sans nombre, d'otages en sursis dans l'attente de la sentence que ne manquera pas de prononcer une organisation de l'existence qui a pour seul moteur : la haine de l'échec. Alors... aujourd'hui, en toute impunité et sans risquer d'être contredit, on peut sans honte crier à l'endroit de tous les Bouvard et Pécuchet et Don Quichotte de la réussite : Malheur aux ratés !" Flaubert aurait quelque chose à voir avec "Des apôtres, des anges et des démons" ? 


    - Oui, sans doute.


    - Même si toi, en revanche, et à aucun moment, tu ne te moques de tes personnages, même si tu peux avoir, à leur égard, quelques jugements cruels.


    - Disons que je suis un peu plus lucide qu'eux.

     
    - Ton texte aborde de nombreux sujets : le journalisme, la médecine, les femmes, la traite négrière, le show-business, l'art contemporain, la publicité, le marketing, le milieu de l'édition, le couple, la vie urbaine, l'évolution de notre espèce, la guerre, le ressentiment et la revanche de "classe", l'ingénierie sociale, l'anthropologie politique et la génétique...

     

    - Disons que ce texte touche à tout ce qu'on appelle "la modernité".

     

    - J'ai pensé, en ce qui concerne la forme - et parfois aussi, le fond - à Diderot et à Voltaire ; et pour le dernier chapitre, à Rousseau. Ce qui nous donne : Jacques le fataliste, Candide et Emile. Plus près de nous, y a-t-il d’autres auteurs qui ont retenu ton attention ?

     

    - Chevillard m’a intéressé un temps ; la forme surtout ; car sur le fond, le propos est plutôt creux ; son discours cache difficilement un esprit nostalgique et désabusé ; un esprit conservateur, finalement : « Avant, c’était mieux ! » Et ça, tu penses bien que ça m’intéresse beaucoup moins.

     

    - Tous tes personnages ont un point commun : l'échec ; avoir entrepris, avoir échoué et le prix qu'ils doivent payer. Chacun d'eux a une manière personnelle de vivre cet échec.

     - Comment juger, sans brouiller les pistes d'un réel réellement possible, ce qu’il est encore raisonnable d’espérer ? Dans la tentation de ne plus rien tenter de peur de devoir rendre des comptes, un risque existe : le monde peut nous échapper. On peut très bien passer à côté de lui sans le voir et sans le comprendre ; et puis, la perte du sens des réalités fait le reste sans autre formalité : elle nous sépare de tout.

     

    - De tous tes personnages – on en compte quatre -, Matthieu, avec deux « t » on aura noté, est le plus complexe, le plus riche, le plus imprévisible aussi.


    - C'est le personnage idéal. Avec lui, je sais que je peux tout envisager. Il dit, il fait tout ce que les autres taisent ou ne font pas, ou bien qu’à moitié. Il va jusqu'au bout : il n'a aucun tabou.


    - Avec cet autre personnage qu’est Paul, tu restes neutre. Tu te contentes de le mettre en scène. Tu fais peu de commentaires.


    - Paul est un mercenaire. Son métier, c'est la guerre.


    - Après les "Bouvard et Pécuchet" que peuvent être les deux autres personnages, Luc et Gabriel, arrive Don Quichotte dans le chapitre 4 : la "ballade de Matthieu". Dis-nous quelques mots à son propos.
    .

    - Imagine que Don Quichotte ait vécu, disons entre 1920 et 1990, et que ses références n'aient pas été la littérature chevaleresque du XVIe siècle mais la déclaration des Droits de l'Homme : on obtient quoi ?
    .

    - On obtient, non pas Cervantès mais "la ballade de Matthieu" : "Votre plus grand crime, c’est d’avoir abusé des mots, de tous les mots, en les mystifiant. Vous nous avez parlé de droits naturels, inaliénables et sacrés. Vous nous avez dit que nous étions tous égaux en droits, alors que nous le sommes... qu'une fois morts et enterrés ! Vous nous avez dit que nous étions tous libres mais vous vous êtes bien gardés de réunir les conditions nécessaires à la jouissance de cette liberté puisque vous nous avez concocté un monde dans lequel... sans argent, point de salut et point de liberté, si par liberté, on entend la liberté de faire des choix qui nous permettent de vivre... debout et dignes ! Vous nous avez déclaré la main sur le cœur que nul ne doit être inquiété pour ses opinions pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public. Alors, dites-nous comment fait-on pour ne pas vous déranger si nos opinions ont pour objet de dénoncer votre ordre qui n’a de public que le cercle restreint de votre caste dirigeante qui a le monopole du pouvoir, des médias et de l‘argent ? Est-ce là une reconnaissance du droit de prêche dans le désert ?" Etc... etc... Matthieu reprend un à un les articles de cette déclaration et demande des comptes. Puisque nous y sommes, venons à cette question des Droits de l‘Homme. Je cite un dialogue qui met en scène Luc et Matthieu : "Mais alors... le progrès, la justice et puis, cette histoire de droits de l'homme ? Plus de progrès, plus de justice... plus de droits, plus plus plus... pour tout le monde ! - Une parenthèse cette histoire de droits de l'homme, de progrès et de justice dans ce processus de conservation de nos atomes et de nos molécules".


    - Je me suis évertué à placer cette période qui va de la fin du 17e siècle jusqu'à nos jours, celle des Lumières donc… dix mille ans avant et dix mille ans après, et nous au milieu. Une perspective absurde mais qui force la réflexion, le questionnement. Dans dix mille ans, je ne suis pas sûr que les Droits de l'Homme soient toujours à l’ordre du jour, si on entend par Droits de l'Homme autre chose que le droit de vaquer à ses occupations et de faire des affaires juteuses.


    - Toujours dans ce passage qui met en scène Luc et Matthieu : "Les droits de l'homme ? Il s'est très certainement agi d'un accident de parcours. Un caprice, une lubie, une sorte de... laisser-faire. Je sais pas moi, on a dû se dire : les droits de l'homme, la justice, le progrès, pourquoi pas, après tout ! Et puis, on a du temps devant nous... parce que... quand on y réfléchit : qu'est-ce que trois cents ans sur une période de vingt mille ans ?"


    - Dans l'avenir, je doute que l'homme soit plus intelligent et plus juste envers ses semblables, alors qu'il a su durant des milliers d’années ne pas s'en soucier. Je doute que nous allions vers plus d'intelligence, plus de générosité et plus de justice. Pour faire court, je doute que le plus faible soit moins en danger demain qu'hier. Le plus faible est au centre de la période dont onparle : celle de la définition des Droits de l'Homme et de leur application : comment le protéger, comment lui garantir une vie décente, comment l'aider à lutter contre tous les déterminismes de sa naissance, comment faire en sorte que le faible le soit un peu moins, comment réduire la force du fort. Sans oublier le fait qu'à une certaine période, le faible a pu devenir le fort et le fort le faible.


    - Toujours dans le même passage : "La finalité ? Eh bien, c'est la conservation de notre espèce : molécules et atomes. C'est tout. La finalité... ce sont les moyens qu'il nous a fallu et qu'il nous faudra encore et toujours développer pour assurer notre survie : la conservation de notre espèce."


    - Il se pourrait bien que le fort s'affranchisse de toutes considérations pour ce qu'on appelle encore aujourd'hui les Droits de l'Homme, recouvrant le monopole de la force, même si je pense que d'ici là, on ne raisonnera plus qu'en terme de préservation de notre espèce : molécules, atomes...

     

    -Tu fais référence à une sorte de processus automatique. Mais...les processus automatiques, on peut les interrompre ? L'homme, la politique et l'action l'ont déjà fait.

     

    - Oui, justement ! On l'a déjà beaucoup fait avec les droits de l'homme. C'a demandé beaucoup d'énergie. Et toutes les énergies s'épuisent un jour.

     

    - Ta conclusion tient en peu de mots : "Notre finalité, c'est la conservation de notre espèce et sûrement pas, les Droits de l'homme".

    - Mais... c'est énorme comme projet ! Et louable en plus ! Regarde : c'est la mère qui cherche à protéger son enfant pour qu'il vive le plus longtemps possible. C'est de ça dont on parle : la mère, c'est la science, la technique ; et l'enfant, c'est notre espèce. Et personne n'y trouvera à redire. C'est là toute notre histoire. Il n'y en a pas d'autre à ma connaissance ; et il n'y en aura pas d'autre non plus. Vraiment, je pense qu'il s'agit de la plus honnête et de la plus réaliste des prospectives concernant le genre humain. Notre souci majeur, quoiqu'on en dise, c'est de mourir le plus tard possible et de souffrir le moins possible. Et vouloir souffrir le moins possible, pour certains d'entre nous, cela peut aussi vouloir dire, mourir le plus tôt possible. Alors, entre ceux qui auront tout intérêt à mourir le plus tôt possible - puisque leur vie sera invivable - et ceux qui auront toutes les chances de pouvoir mourir le plus tard possible, le monde s'organisera autour de ces deux aspirations, toutes deux légitimes. Comme tu peux le constater, tout cela n’a pas grand-chose à voir avec les Droits de l'Homme.

    - Je cite un autre passage. C'est Luc qui s'exprime avec une touche d'ironie : "Il ne reste au soleil que quelques milliards d’années à vivre. Alors, le temps presse ! Les dégâts engendrés par notre système de production pèseront lourd, très lourd sur nos enfants qui devront vivre dans ce gâchis. Des entreprises ont confisqué notre environnement. Résultat : notre environnement est à l’agonie. Aujourd'hui, ces mêmes entreprises s’intéressent à notre identité génétique, alors, on peut légitimement être inquiets ! Et si "La fin du monde" existait bien ? Oui, la fin de la morale et de la justice comme "Fin du monde" car seule l‘économie - une économie sans visage et par conséquent, sans morale et sans honneur car, sous le couvert de l'anonymat tout est permis - seule cette économie-là a voix au chapitre. Elle et ses alliées - la science et la technique - monopolisent tous les savoirs pour mieux étouffer tous les principes. Alors, vous pouvez en être sûrs : ils feront de nous et de notre identité ce qu’ils ont fait de notre environnement."


                                                                

     

    - Là, je défie quiconque qui ne soit pas un imbécile d'avancer un argument contraire.


    - Autre passage. C’est Paul qui s'exprime : "Aujourd’hui, on ne valorise qu'un seul type de relation : la relation vendeur-acheteur. Mais à condition que vous sachiez vendre et que vous puissiez acheter cette relation à sens unique. Sinon, tu peux bien crever. Alors, je vous le dis : l’environnement, la santé, la sécurité, le droit à la vie... tout y passera ! Et nous devrons tous prochainement nous soumettre à cette relation marchande souverainement barbare, inculte et cynique. Les chantres de cette relation n’ont qu’un seul maître : Al Capone ! C’est lui, le maître à penser cette relation... et à pourrir tout ce qui ne l’a pas encore été. Oui, c’est bien lui : Al Capone ! Alors... qu’on se le dise : la racaille marchande et illettrée contrôlera ce nouveau siècle - et même si nous y entrons à reculons et sur la pointe des pieds, sans tambour ni trompette, en retenant notre souffle, dans ce nouveau siècle réglé d'avance - c’est bien cette racaille-là qui contrôlera tout."

    .

    - Encore une fois, qui peut prétendre le contraire ?

    .

    - Autre citation. Toujours Paul : "Le monde est contrôlé par les multinationales, la pègre et leurs valets lâches et veules, à savoir : les états et leurs gouvernements qui ont baissé les bras et qui sont au pouvoir ce que la liberté est à la contrainte et la torture à la confession. Dans cet univers, un être humain n’est qu’une merde sans nom car, si vous tentez de dénoncer ce trio infernal, vous mourez ! On n’hésite pas un seul instant : on vous tue ! A côté de ces gens-là, nos tueurs en série qui occupent la une de nos journaux adeptes de la diversion, ne sont que de pathétiques gesticulateurs !"


    - Je suis allé peut-être un peu vite. Ce n'est pas encore tout à fait la réalité, mais ça ne va pas tarder.


    - Revenons à "La ballade de Matthieu". Pour la première fois, tous les personnages sont réunis dans un même lieu : Matthieu, Gabriel, Luc et Paul. Nouvel extrait ; c'est Paul qui parle : "Passez-moi toute cette assemblée au peigne fin et au crible ! Criblez-leur le cul nom de Dieu ! Une bonne louche pour une bonne bouchée. Et s’ils mordent, triplez la dose. Mettez-vous y à deux, à trois, mais... démerdez-vous ! Il faut qu’on avance ! Souillez-les ! Polluez-les ! Un bon renvoi d'ascenseur ! Un Tchernobyl dans le cul !“ C'est le massacre des "prétendants". Prétendants qui prétendent à tous les monopoles : pouvoir, argent, parole -, et qui décident de tout. Paul c'est Ulysse. Dans ce chapitre, tu laisses clairement entendre qu'il s'agit du retour d'Ulysse. Il est de retour mais il n'est pas seul. Il est entouré d'un groupe d'individus, hommes et femmes relégués, condamnés au silence et à la non-existence. Ithaque, dans ton récit, c'est ce Château dans lequel tous se donnent rendez-vous. Arrive alors le cinquième chapitre. Le narrateur est seul. Ses personnages ne sont plus de ce monde. Et ce narrateur va plonger dans la réalité qu'il n'a pas cessé de nous décrire. Il est entre les mains d'un anthropologue, d'un biologiste, et de ce qu'on aurait pu appeler à une autre époque, un commissaire politique ; tous les trois alcooliques.

    .

    - Ce chapitre, c'est le roman de Kessel "Le zéro et l‘infini" mais... inversé. Dans ce chapitre - pour schématiser -, ce n’est pas la démocratie associée au capitalisme qui dénonce le stalinisme, c'est la démocratie qui triomphe aux côtés de ses deux alliées que sont l'économie mondialisée et les techno-sciences ; alliées qui menacent de nous mener tout droit en enfer ; et ce nouvel enfer est explicité par une voix qui se situe au-delà de tous les clivages idéologiques puisque cette mondialisation et les techno-sciences ne se situent ni à gauche ni à droite mais... ailleurs... par-delà le bien et le mal comme aurait dit l'Autre.

    .

    - Ironie de l'Histoire.


    - Ironie toute relative en ce qui concerne le capitalisme. Depuis près de deux siècles maintenant, les hommes n'ont pas cessé de dénoncer le capitalisme comme étant aussi une machine de guerre, une machine à provoquer et à faire la guerre, ainsi qu’une machine à broyer les  individus : tout ce combat ouvrier et syndical pour humaniser le capitalisme que l'on semble avoir oublié.


    - L'instructeur politique, l'anthropologue et le biologiste sont mis en scène d'une manière grotesque. Je cite un passage ; c'est l'anthropologue qui parle : "Les psychiatres, les sociologues, tous ces représentants d’une science approximative et mollassonne, sans oublier les commentateurs, les politologues, les éditorialistes, les éducateurs et animateurs de quartiers, chefs de bandes compris... tous ces gens-là ne progressent plus dans leurs analyses depuis des années ; ils font du surplace. Ils bégayent. Ils tergiversent sans fin et sans but et sans résultats. Mais on va les mettre tous d‘accord car l’entrée dans le nouveau siècle se fait sous l’empire des sciences fondamentales, sciences pures et dures ; biologie génétique et anthropologie en tête. Finies donc... les sciences discursives, pareuses et lâches ! Fini l'amour de son prochain par amour pour soi ! Finie la charité ! Finie l'aumône ! Fini le soulagement de la souffrance pour atténuer le malaise de ceux que cette souffrance dérange ! Finie la culpabilité intermittente et éphémère parce que... culpabilité d'humeur et non de conviction, des classes supérieurement émotives ! Finies les tentatives de médiations, d'explications et d'insertion et de réinsertion structurantes. A compter d'aujourd'hui, on ne cherche plus les arrangements à l'amiable. On n'explique plus, on n'insère plus ! On ordonne et on exige le silence ! Nous avons élaboré une stratégie de substitution face à l’incurie de tous ces acteurs politiques et sociaux. Déboutés, ils sont ! Car, nous sommes sur le point de conclure et de transformer tous les essais. L'anthropologie et la génétique sont maintenant capables d’apporter des solutions à tous les problèmes. Comprenez bien une chose : l’histoire de l'humanité est une bombe à retardement qui court à sa perte. On peut assister, les bras croisés, à cette déchéance et à cette perte de conscience lentes, progressives et laborieuses de l’humanité mais... on peut aussi faire quelque chose, et vous savez quoi ? Supprimez l’être humain en tant que tel. Voilà ce qu'on doit faire. Sachez qu'on ne guérit un malade mortellement atteint qu‘en le supprimant. Et supprimer l’être humain, c’est supprimer sa déchéance." Sans jamais le nommer, tu parles de "l'homme génétiquement modifié" à des fins de supprimer cet homme ?


    - Oui. Ou plutôt non : à des fins qu'il n'ait plus rien à voir avec ce que nous sommes et avons été tout au long des siècles. Un homme sur mesure, disons.


    - Je cite un autre passage : "Nous sommes au début d'une conclusion et d'une forclusion exemplaires : celles de l'homme concluant, définitif et forclos dans une finitude à sens unique et sans issue : sans échappatoire ! Un vrai cul de sac, cette forclusion ! Enfin libre et responsable, l'homme n'aura plus qu'une seule origine : lui-même comme début et comme fin avec pour seul géniteur : la science. La seule origine de l'homme sera sa naissance, le jour de sa naissance et seule la science sera autorisée à se pencher sur son berceau. L'homme sera à lui tout seul... le père, le fils, la mère, l'œuf, le coq, la poule et seule la science sera autorisée à pondre. Nous supprimons l’être humain pour mieux le libérer des malédictions de sa condition et des imperfections de sa nature car, c’est au delà de l’humain et de son histoire chaotique que nous irons chercher les outils nécessaires à la construction d’un monde enfin prévisible, un monde qui saura triompher de la nature humaine : nature égoïste, paresseuse, immature ; nature rebelle et réfractaire au changement et au sacrifice. Nous voulons un homme qui n’aura d’humain que le nom, un homme coulé dans un moule unique, indifférencié, un homme né sans cordon ombilical, un homme au-dessus de tout soupçon, sans mémoire, sans tradition et fatalement sans imagination, sans conscience et sans contradictions."

    .

    - Eh bien voilà. Tout est dit.


    - Un mot sur le dernier chapitre : le sixième ; chapitre-épilogue qui fait vingt lignes. Il semble nous dire que le pire n'est jamais sûr.


    - Pas tout à fait. Ce qui est sûr c'est le fait de croire que le pire n'est jamais sûr. De ça, on peut être certain. Nous préférons croire que le pire n'est jamais sûr tout simplement parce que nous n'arrivons jamais à l'éviter, faute de pouvoir le prévenir.

     

     

    - Je cite un passage ; référence à Shakespeare : "La tempête est passée finalement et nous tous ici, avons survécu. Oui, nous avons..."survécu" puisque le pire n'est jamais sûr et puis, à quoi bon le nier : nous sommes faits aussi et surtout... d'optimisme, et nous le sommes... incurablement. Et l'étoffe de cet optimisme, c'est notre sommeil et le rêve qui l'accompagne : nous tous ici, éveillés mais... pas trop ; juste assez pour nous rendormir crédules et sereins." On dort debout ? C'est ça ?


    - Oui. Bien sûr. Toujours !

     

    -Quel extrait de l’œuvre tu nous proposes ?

     

    -Le deuxième chapitre

     

    -Celui consacré à Gabriel ?

     

    -Oui.

     

    -Bonne découverte à tous donc.

     .

     

       Extrait proposé - cliquez   Des apôtres extrait.pdf

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  • Paroles d'hommes - entretien avec l'auteur

         

                Arrive un jour où l'on décide de tout quitter. Sur son chemin, on croise le rédacteur en chef auto-proclamé d'un magazine à la publication aussi hasardeuse qu'hypothétique qui a comme projet un reportage sur une communauté rurale soupçonnée d'abriter des hommes aux mœurs d’une sauvagerie inqualifiable. Sans emploi et sans attaches, on se dit : "Va pour l’enquête ! Et puis... vogue la galère !"

                On prend la route. Les rencontres et les interviews se succèdent, l'enquête progresse mais... patatras ! L’itinéraire emprunté est un piège, et notre enquêteur malheureux progressera pas à pas vers une crucifixion sans gloire, sans honneur et sans rédemption.

     

     

     

    Entretien réalisé par Michel Tarkovski 

     

     

    M. T.  – En exergue du titre "Paroles d'hommes" on pourra lire ceci : « Ce qui est n'est pas, car il s'agit toujours d'autre chose ; autre chose et autre part ; et puis... ailleurs aussi. »

     

    Serge ULESKI – Il s'agit de ce que nous sommes tous réellement et de ce que nous donnons à voir, à entendre, à comprendre aux autres, et ce que nous sommes capables de comprendre de et sur nous-mêmes. Dans ce récit, il s'agira toujours question d'autre chose : ce qui sera dit ne sera jamais ce qui est important de dire ou de comprendre, jusqu'au moment où chacun de ces hommes, dont notre enquêteur recueille les témoignages, finira par « avouer » - dans le sens de « se confesser » ; même si les choses sont dites de telle manière que l'on n'est jamais sûr d'approcher une quelconque vérité concernant toutes ces confessions.

    - Tu ouvres le titre « Paroles d’hommes » avec une série de « J'ai tout quitté » : il y en a une bonne trentaine. Le narrateur n’a de cesse de nous dire qu’il a tout quitté, alors que c’est son entourage qui l'a forcé à tout abandonner : femme, enfants et travail.


     

    - C’est vrai, dès les premières pages, on est déjà dans le simulacre ; dans une perception de la réalité, pour le moins, très particulière.


     

    - Ton synopsis commence ainsi : « Arrive un jour où l'on décide de tout quitter. Sur son chemin, on croise le rédacteur en chef d'un magazine qui a comme projet un reportage sur une communauté rurale soupçonnée d'abriter des hommes aux mœurs d’une sauvagerie sans nom. » La ruralité auquelle ce rédacteur en chef se réfère relève du pure fantasme…

     

    - Oui, sans aucun doute. Il s’agit bien d’une ruralité fantasmée ; une pseudo-ruralité absurde et grotesque dépourvue de toute réalité socio-économique.

    - Aspect sans lequel on est à peu près assuré de passer à côté de son sujet.

    - Sans oublier le fait qu’il y a autant de « ruralités » qu’il y a de ruraux.

    - Et plus tard dans ce récit, on découvrira une autre facette du rédacteur en chef de la revue pour laquelle le personnage principal effectue son reportage : ses analyses des témoignages que l’enquêteur recueille, nous rapprochent-elles de la vérité ? Vérité qui semble, à chaque fois, échapper au narrateur-enquêteur.

    - Moi-même, je ne le sais pas. Ce rédacteur en chef peut très bien mentir pour des raisons qui ont plus à voir avec le côté commercial de son projet : éditer une revue et la vendre ; sa version des faits serait disons, plus "vendeuse". Ou bien, son projet de départ - cette enquête auprès d'une communauté rurale soupçonnée d'abriter des hommes aux mœurs d’une sauvagerie sans nom -, n'a peut-être aucun rapport avec l'édition d'une revue. Et puis, ce rédacteur en Chef que l’on retrouve à l'avant-dernier chapitre, qui nous dit qu'il s'agit bien du même personnage ? Si le narrateur est aussi le personnage principal, à savoir l'enquêteur, pense au fait que moi, Serge ULESKI, je peux très bien décider de finir le roman à la place du narrateur ; je peux très bien vouloir reprendre la main et "lâcher" les deux personnages que sont l’enquêteur et le rédacteur en chef, pour suivre une autre route ; une route qui dépasse de loin le cadre de l'enquête qui a été confiée au personnage principal.

    - Une route sacrément plus large et plus longue. On passe d'un chemin forestier à une autoroute. C'est à ce moment qu'arrive la référence à Jules Romain et sa pièce Knock. Je te cite : "Ce rédacteur en chef auto-proclamé qui est aux sciences sociales ce que Knock est à la médecine..."

    - Dans Knock - pièce d’un Jules Romains prophétique -,  la question est : qui est malade, qui le sera et qui l’est potentiellement. Et la réponse est la suivante : tout le monde puisqu'un bien portant n’est qu’un malade qui s’ignore. Dans "Paroles d‘hommes", il sera finalement question de pouvoir, de contrôle et plus important encore, du monopole du jugement de culpabilité : qui est coupable, qui le sera, qui l’est potentiellement et qui est autorisé à rendre ce verdict de culpabilité, tout en affirmant qu’un innocent n'est qu’un coupable qui s’ignore.                                                                                                                                                        - Revenons à cet avant-dernier chapitre. Je cite un passage ; c’est le rédacteur en chef qui parle : « Sachez une chose Monsieur le reporter : ce qui est n'est pas car, il s'agit toujours d'autre chose ; autre chose et autre part et puis, ailleurs aussi. Le but affiché n'est pas le but qu'on se propose d'atteindre puisqu'il n'est pas le but qui a été secrètement fixé. Aussi, ne vous étonnez surtout pas si l'itinéraire conseillé n'est jamais le chemin qu'il faut emprunter car, quand vous y serez arrivé, tout en pensant y être allé avec les autres, eh bien, vous y serez arrivé mais... seul ! Car, dans les faits, personne, n'aura souhaité vous y accompagner ou vous y retrouver puisque ce n'est pas là qu'il fallait être. Alors, on peut dire sans risquer de se tromper, qu'ici, tout est leurre, diversion et boniment. Et ceux qui prétendent à la cohérence et à la vérité sont à l'intelligence ce que les feux d'artifices sont aux miracles : le secret de polichinelle d'un esprit infantile. »

    - Là, on est dans la farce et le mensonge, ou ce que j’appelle le « boniment ». Je suis persuadé qu’il y a un lien entre ce monde qui n’est pas ce qu’il est - et qui ne s'affiche jamais comme tel -, et notre personnalité en trompe l'œil.

    - L’homme serait un énorme mensonge à lui tout seul ?

    - Mensonge et farce, on dira.

    - Nous serions tous leurre, diversion et boniment ? Et par ricochet et comme par voie de conséquence, le monde entier avec nous ?

    - C’est une question de proportion : quelle place occupe la part, qui en nous, n’est que leurre, diversion et boniment ? Et cette part qui relève du mensonge et de la farce, est destinée à qui ? Cette part est dirigée contre qui ? Sans oublier les cas où, à notre insu ou consciemment - stratégie de survie, dans ce cas -, cette part est dirigée, vers ou bien, contre nous-mêmes. Si le monde est un énorme mensonge doublé d’une énorme farce, nous sommes aussi ce mensonge et cette farce. Et plus on est puissant, plus ce mensonge a de poids sur le monde extérieur ; plus nous sommes faibles, isolés, limités dans notre capacité à pouvoir agir sur le monde, plus ce mensonge n’a d’incidence que sur nous-mêmes et sur notre entourage.

    - Les puissants auraient donc les moyens du mensonge qui toucherait le monde entier ; et les faibles, les moyens d’un mensonge qui ne toucherait qu’eux-mêmes et leurs proches ?

    - Oui. On peut résumer ça comme ça. »

     

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                   Seul existe ce que l'on fait exister, avec détermination, après un travail acharné, pour ne pas se contenter, négligeant et sans courage, de le rêver.

     

    ***

     

              Substituant à une vie conjugale en situation d'échec une voie large et resplendissante qui devra la mener jusqu'à son parachèvement, une femme se propose d'intervenir dans son propre destin. Une rencontre, comme un nouvel éclairage inattendu sur une existence qui semblait à jamais figée, avec celui qui deviendra très vite son amant, et c'est l'ébranlement de tous les repères, l'abolition de tous les interdits.

    Dépendance totale ! Absorption, fusion ! A l'effort que fournira cette femme pour échapper à l'étouffement, on pourra mesurer la puissance de sa réaction contre un mariage insipide, sans souffle et épuisé. Dans cette quête d'un Nouveau Monde - fief de tous les excès - dans ce réarmement contre les forces de la désagrégation, ce sont vingt années qu'elle rachètera et expiera auprès de cet amant-étoile décroché contre toute raison ; vingt années d'une existence qui n'a connu de la volupté que le regret de son absence.

    Une ambition d'une intelligence folle et subversive, cet érotisme qui ne produit rien et qui n'a qu'un seul but : s'extraire d'un monde interdit d'extase.

    Mais... pour plus d'un, pour plus d'une, un outrage ce sursaut, cet élan, cette ambition démesurée !

     

    Alors... rien, non rien, ne lui sera épargné ni pardonné.

     

    ***

     

    Thèmes abordés : l'extase et la volupté, le culte de l'Autre, l'absence et le manque, vie conjugale et atrophie.

     

    Choix stylistique : préciosité et emphase jusqu'à l'exubérance et parfois même, l'extravagance mais... à dessein - bien évidemment ! -, puisqu'à la source de ce choix, on trouvera une provocation en règle et un procès d'intention contre toutes les formes de dépréciation de soi et contre une organisation de l'existence qui a pour seule mécanique infernale : la soumission à un moins-disant émotionnel et érotique qui engorge tous nos désirs.

     

     

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