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Art et culture - Page 2

  • Aznavour ici et ailleurs... et là où l'on ne l'attend pas aussi...


                                     

                                                        Sur un poème d'André Salmon 

     


                         

                                                 Aznavour et la guerre... 

     


                                         
                             

                                                                 Sur un texte de Bernard Dimey

     


                                             

                                                                 Le cantique des cantiques.... 

     


                                               

                                               A l'époque de Soljenitsyne et de son "Archipel du Goulag" 

     

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                   cliquez : Aznavour - Premier... il sera le dernier.

     

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  • André Salmon : un poète de la fraternité dans la tourmente... par Aznavour

                   Né à Paris en 1881 et décédé en 1969 à Sanary-sur- mer (83 - Var), André Salmon aura connu, pour s'y être battu, la guerre de 14-18, puis la défaite et l'occupation de juin 40.

    Ecrivain, poète, romancier, journaliste, critique d'art, Apollinaire, Picasso, Max Jacob furent ses amis... la faim et le froid ses ennemis, et la bohème... son unique drapeau.

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    Fraternité

     

    Nous rentrions très tard, mêlant
    Des vers purs à des chants obscènes
    Et l'on s'asseyait sur un banc
    Pour regarder rêver la Seine.

     

    Sur l'eau, rien ne vivait encore
    Ainsi qu'une ouvrière lasse
    Pressant sur son flanc ses fils morts
    La Seine dormait dans sa crasse.

     

    Nos cœurs d'ivrognes s'emplissaient
    D'une bienfaisante latrie
    Si le soleil levant dorait
    Les marronniers des Tuileries.


    Pour mieux évoquer certains soirs,
    Le plâtre et le vin des tavernes
    Égayaient nos vieux habits noirs
    Et nos plastrons d'hommes modernes.

    Alors, ayant honte, vraiment,
    De nous connaître aussi lyriques
    Nous offrions un coup de blanc
    Au balayeur mélancolique.


    Vaine ruse ! et l'on découvrait
    Dans le balayeur un poète,
    Si bien que les verres tremblaient
    Sur le comptoir, autel de fête !

    Et pour que ce soir sans égal
    Fût perpétué, un pandore
    En dressait le procès-verbal
    Parsemé d'attendus sonores.

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  • "Roland à Roncevaux" par le sculpteur catalan Appel. les Fenosa

    Bronze du Port juvénal "Orlando Furioso"            Bronze signée par le sculpteur catalan Appel. les Fenosa. il s'agirait de Rolland portant sur son dos son cheval mort de fatigue en arrivant au col de Roncevaux.      Appel. les Fenosa (Barcelone, 16 mai 1899 - Paris, 25 mars 1988 )

     

                                        Bronze du Port juvénal ( Montpellier) : "Orlando Furioso"  d'après Arioste (1) 

     

     

    Bronze du Port juvénal "Orlando Furioso"            Bronze signée par le sculpteur catalan Appel. les Fenosa. il s'agirait de Rolland portant sur son dos son cheval mort de fatigue en arrivant au col de Roncevaux.      Appel. les Fenosa (Barcelone, 16 mai 1899 - Paris, 25 mars 1988 )

     

                     Par le sculpteur catalan Appel. les Fenosa (Barcelone, 16 mai 1899 - Paris, 25 mars 1988 )

     Bronze signée par le sculpteur catalan Appel. les Fenosa (Barcelone, 16 mai 1899 - Paris, 25 mars 1988 )         il s'agirait de Rolland portant sur son dos son cheval mort de fatigue en arrivant au col de Roncevaux.      Appel. les Fenosa (Barcelone, 16 mai 1899 - Paris, 25 mars 1988 )

                       "Rolland portant sur son dos son cheval mort de fatigue en arrivant au col de Roncevaux. "

     

    1 - Poète italien de la renaissance - traduction  du titre de l'oeuvre du sculpteur catalan :  Le Roland furieux : ICI

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  • La France en question chez les artistes populaires : une longue tradition qui n'est pas près de mourir

                           

                                        La France de Ferré comparée à une prostituée... 


                                       

     

                                          La France de Renaud : Vichy et ce sport national qu'est la délation qui n'en finissent pas de hanter son présent... 


                               

                         La France de Kery James qui, sous une forme hexagonale, n'est jamais que le reflet de la nature et de l'état de la relation nord-sud (à une échelle mondiale cette fois-ci) depuis quatre siècles : colonialisme, pillage des ressources et infériorisation. 

     

    ***

     

                        Ferré, Renaud, Kery James.... des années 60 à  aujourd'hui, de la chanson dite "à texte" à la chanson populaire (non moins authentique et engagée... même si moins écrite), plus tard encore, avec les slameurs du rap, nombreux sont les artistes qui ont convoqué la France au tribunal de son passé et de son présent. 

                    Seul Jean Ferrat tentera la synthèse, dressant un tableau que d'aucuns qualifieront d'équilibré et d'honnête de cette même France : 


                                   

     

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  • Un rap de patriote avec Tepa

     


     

     

                   "Le chant des partisans 2.0" 

                   

                Asselineau en voix off, clocher et cloches d'église, 403 Peugeot, drapeau tricolore...  c'est Tepa avec son rap de patriote.

     

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  • Blanche Gardin : un humour pour rien ou pour si peu

     
     
                  De Blanche Gardin, nouvelle coqueluche féminine de la scène du rire, peut-on dire qu'elle est à l'humour chez les lectrices de "Elle" ce que JM Bigard est à l'humour chez celles de "Télé -7 jours" : un humour pour rien ou pour si peu ?
     
    Car, là où une grossièreté transgressive serait attendue ( à défaut d'un humour subversif d'activiste militante ; mais pour ça, encore faut-il être politisé ! ), c'est bien une trivialité vulgaire qui semble dominer : une faute impardonnable pour tout artiste, humoriste qui plus est, cette vulgarité qui est le plus souvent "de la grossièreté sans talent ni art".
     

                           
     
                   Privée de charisme ( aucune manière d'être ce qu'elle est... sinon dans " l'insignifiant" contrairement à disons.... une Foresti dont on peut penser ce que l'on voudra - n'empêche ! -, et dans les années 70-80... la remarquable Zouc), une mise en scène au panier (de son corps, de son visage... aucun accompagnement ni soutien de son texte excepté des bras qui brassent de l'air, maladroite), sans métier, difficile de ne pas voir chez Gardin la lycéenne de Terminale (privée de mecs dignes de ce nom ; par exemple : des mecs dont on n'aurait pas à se plaindre ; et de la pratique de la fellation non plus - 1),  occupée à faire rire ses copines pour compenser un manque d'audace relationnelle inter-sexe et d'aptitude et d'appétence pour les études ; une dissipée qui n'aurait toujours pas raccroché 20 ans plus tard ; rien de surprenant à cela cependant car, à faire l'intéressante, Gardin a tout simplement oublié de passer son BAC contrairement à ces mêmes copines qui, tout en couchant avec des mecs dignes de ce nom avec force fellation, n'ont pas raté cette épreuve déterminante par tout avenir académique.
     
    Humour sexué (préoccupations et points de vue féminins) - voire sexiste -, humour destiné à des femmes trentenaires (sans doute diplômées... même si d'universités médiocres, par opposition à la clientèle de caissières de supermarché de JM Bigard), se jugeant sûrement vigilantes et futées car conscientes bien que dépolitisées (2), Gardin est à l'humour ce que peut être un Philippe Katerine à la chanson ; et elle n'est pas la seule, lui non plus, hélas ; toute une génération aussi translucide que transparente qui n'a rien vécu, à qui l'on n'a rien donné à vivre non plus, et qui, par conséquent, n'a pour seule grille de lecture du monde et de son quotidien, qu'un nombril, un cordon ombilical mal sectionné gisant à portée de main dans une expérience de vie minuscule, sans profondeur ni hauteur ; d'où les thématiques abordés par tous ces humoristes sans histoire.
     
    Un vrai tour de force dans "l'inadéquat" cette nouvelle école du rire (majoritairement féminine) et de la chansonnette !
     
                    "Blanche Ariel Marie Gardin", c'est son nom ! Ou bien plutôt celui de ses parents. Ce qui confirme nos craintes : Gardin a rejoint le business-show (Pas de show si pas de business !) "en l'état" si l'on peut dire, brut de surcroît ; de sa chambre d'ado (attardée ?) à la scène : direct ! Sans transition, sans médiation, sans transformation (sans transmutation-transfiguration ?) et sans réflexion : qu'est-ce qu'un artiste ? Comment il se construit ? Qu'est-ce qui sépare l'artiste de son audience : celui ou celle qui fait et celle ou celui qui regarde faire ? Qu'est-ce que l'humour ? Qu'est-ce que le rire ? Sa finalité ? Son utilité ?
     
    Autant de questions qu'elle ne s'est jamais posée : ce constat est criant de vérité lorsqu'elle monte sur scène ; même si elle n'est pas la seule ; en effet, ils et elles sont des dizaines dans son cas ; ce qui en dit long sur leur ambition artistique à tous et sur ceux qui les pilotent.
     
    A ce sujet, Gardin ( et d'autres) pourra toujours se reporter à l'ouvrage suivant  : "Paradoxe sur le comédien" de Denis Diderot (ICI)
     
                             
     
                   ( de la part de Gardin on notera la lèche en faveur de ceux qui pensent que, bon an mal an, la liberté d'expression se porte bien  dans les médias dominants tout en apportant la contraction à ceux qui se plaignent d'une censure sans précédent dans ces mêmes médias (vidéo à 2.00) - au moins, Blanche sait-elle qui et quoi il faut craindre quand on veut faire son trou dans l'humour  ; on pourra néanmoins saluer sa petite pique à propos du cas "Polanski")
     
     
     
                    Culottée et transgressive Blanche Gardin ? En comparaison.. . un Gaspart Proust - autre humoriste politiquement-incorrect décidément très correct - pourrait paraître vraiment subversif dans le sens de : remise en cause de l'ordre établi, de tout l'ordre établi ; ce qui n'est pas le cas bien évidemment en ce qui concerne ce dernier : provocateur transgressif en pure perte pour tout le monde.
     
    Certes, on pourra objecter que Gardin aurait tort de bouder son succès ( un peu de notoriété et d'argent) : c'est vrai ! même si elle doit bien ignorer qu'elle entre dans la carrière avec un CDD en poche ; en effet, difficile de voir en Blanche Gardin entre autres, un potentiel laissant présager une longue carrière, pour ne rien dire de ceux qui font la pluie et le beau temps et qui décideront, un jour, qu'il est grand temps de passer à autre chose en ce qui concerne l'humour et les humoristes : on a pris, on jettera !
     
                      Rappelons toutefois que ce n'est pas la personne "Blanche Gardin née en telle année à tel endroit" qui est en cause mais ceux qui s'évertuent à nous faire croire que Blanche Gardin - et combien d'autres récemment ? -, c'est important : à savoir... Canal + qui, en 20 ans, a évacué l'intelligence, le courage et la subversion de toute ambition d'ordre humoristique. Canal +... l'humour merdique (dépolitisé et sans culture - les Nuls, Jamel Debouzze... humour collabo - 3 ) qui n'en finit pas de ruisseler sur deux générations...
     
    Merci pour l'odeur !
     
    Dans les faits, tous ces intervenants, leurs sketchs et autres chansons, n'auraient jamais dû quitter les chambres à coucher qui ont vus naître deux ou trois blagues pour les uns et deux accords de guitare pour les autres.
     
    Mais alors, qui les en a donc sortis, et pour quel dessein ?
     
    Les producteurs, les agents artistiques ne s'y sont pas trompés : ruiner à jamais tout esprit d'excellence et de courage au profit d'un projet qui aurait pour seule ambition : "Musique et rire mis à la portée de tous", public et artistes ?
     
    Il est vrai que cela fait 20 ans que l'on a autorisé le public à monter sur la scène... et pour quel résultat !
     
                       Si la jeunesse (même toute relative) est devenue un véritable naufrage et la vieillesse une calamité sociale et économique ingérable, pour toutes ces raisons qui en valent bien d'autres, Blanche Gardin, ses consoeurs et confrères (ainsi que leur public) sont plus un symptôme socio-culturel qu'un courant auquel l'on pourrait attribuer une quelconque valeur d'ordre artistique ! alors qu'il s'agit pour ces humoristes d'aller chercher dans le public une thérapie susceptibles de soigner les bobos de la petite enfance et de l'adolescence.... mais vingt ans après.
     
    Aussi, c'est bien un humour régressif qui nous est proposé ; un humour dépressif aussi qui rabaisse et vous rend plus faible encore ; un humour qui a pour seuls engagement... et position : celle du foetus suçant son pouce. Et c'est encore la même entreprise d'infantilisation qui se poursuit, et ce depuis les années 60 avec son consumérisme débilitant.
     
    Car enfin...
     
    Où est cet art qu'est le rire dans cette démarche de Gardin, consoeurs et confrères ? Parmi tous ces "comiques" où trouver un rire de résistance contre notre impuissance, un rire qui permet de reprendre la main et le pouvoir sur nos vies, où donc ? 
     
                      Tout comme pour la littérature ( Houellebecq), c'est la déprime, encore et toujours la déprime qui nous est servie. 
     
     
    1 - Gardin oublie de préciser que la vaste majorité des femmes sont incompétentes sur une fellation ; rien de surprenant puisque seules les prostituées savent y faire : normal, c'est leur métier. Pour ce qui est du cunilingus, même constat du côté des hommes : seules les lesbiennes sont compétentes pour des raisons évidentes.
     
    2 - A propos de son mini-sketch sur "la merde à la télé", Gardin se garde bien de mentionner les émissions, les producteurs et les animateurs concernés.
     
    En ce qui concerne son traitement des réfugiés, là encore Gardin se dégonfle : le politiquement-incorrect ne consiste pas à dénoncer la xénophobie mais ceux qui sont responsables de la destruction de toute une région (depuis 2001) avec pour conséquence des millions de morts et de déplacés : Bush junior, Obama, Cameron et Sarkozy (Afghanistan, Irak, Syrie et Libye) pour le plus grand bénéfice de trois Etats voyous : USA, Israël et Arabie Saoudite.
     
                    "Allez, encore un effort Blanche : t'y est presque ! Mais ça va vite tanguer si tu t'y mets sérieusement ! j'espère que t'as le pied marin."
     
     
    3 - Debouzze qui dans ses sketchs n'a pas cessé d'incarner le petit beur menteur, voleur et inculte : merci pour eux !
     
     
     
                                             
                                                                             L'admirable Zouc
     
     
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  • Jean Piat "Acteur dans l'acteur" n'est plus...

                

    jean piat les rois maudits, Claude Barma d'après l'oeuvre de Maurice Druon adaptée par Marcel Jullian

     
     
                     Jean Piat n'est plus... même s'il demeure et demeurera dans toutes les bonnes mémoires comme les auteurs dans les bonnes librairies et bibliothèques.
     
    En 1972, dans "Les Rois Maudits" (1) - série dramatique française en six épisodes réalisée par Claude Barma d'après l'oeuvre de Maurice Druon adaptée par Marcel Jullian -, Jean Piat représentera la plus grande prestation d'un acteur à la télévision, aujourd'hui encore... dans le rôle du sanguinaire Robert d'Artois dans un siècle tout aussi sanglant, le XIVè.
     
    Sociétaire de la Comédie française, plus tard rejoignant le théâtre privé et la comédie de boulevard, un regret persiste toutefois : que Jean Piat n'ait pas fait le choix de la carrière qui aurait pu être la sienne dans le répertoire contemporain (2) avec les meilleurs auteurs et les meilleurs metteurs en scène des années 70, 80 et 90 ; en ce qui concerne le répertoire classique, on pense bien évidemment à Shakespeare ;  il en avait l'étoffe sans l'ombre d'un doute ; il aurait fait un excellent Macbeth, et plus tard, un très beau Roi Lear.
     
    Un physique exceptionnel, une technique vocale et corporelle gigantesque - diction, intonation, modulation, changements de rythme époustouflants -, Jean Piat n'était pas acteur, il était l'Acteur dans l'acteur ; il l' était doublement donc !
     
     
     
    1- On pouvait avoir alors 12 ou 13 ans, et si on ne comprenait pas tout, avec cette série "Les rois maudits", on savait qu'il y avait, là, sous nos yeux, quelque chose d'important et d'unique qui nous était proposé.
     
    2 - Est-ce Jean Piat qui a refusé de travailler avec des metteurs en scène qui, depuis les années 80,  maltraitent les oeuvres... de Shakespeare à Beckett ?
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  • Il était une fois un Prisonnier : Patrick Mc Goohan

                       

     

                        « Un agent secret britannique démissionne et s’apprête à quitter la Grande Bretagne ; gazé, il est ensuite enlevé. Quand il reprend conscience, cet agent ne tarde pas à comprendre qu’il est prisonnier dans un lieu inconnu, un village - le Village ! - d'où il semble impossible de s'échapper. Dépossédé de son identité, "Le Prisonnier" n'aura alors avec pour seul nom un numéro : le 6.  Très vite, il tentera tout pour quitter le Village bien que constamment épié, interrogé sur les motifs de sa démission, harcelé et traqué. »

                Qu’est-ce que cache la démission du numéro 6 ? A-t-elle pour but de vendre à prix d’or des informations au camp d’en face ? 

    De le découvrir, telle est la tâche de tous les « numéro 2 » (N2) qui gèrent le Village et qui se succéderont car, à chaque échec de ces N2 qui obéissent aux ordres d’un unique Numéro 1 (N1) (dont on nous privera de son visage et de sa voix), ils seront remplacés.

     

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                 "Le prisonnier" (1967-1968), c'est le Grand-œuvre de l’acteur, auteur, metteur en scène qu’est Patrick McGoohan (décédé en 2009), entouré du producteur David Tomblin,  du scénariste en chef George Markstein et de Lew Grade maître d'ouvrage de la série, fondateur de la chaîne ITC  ainsi que des auteurs et réalisateurs (une vingtaine au total)  qui se sont succédé durant la durée de la série et qui ont su assurer au fil des épisodes une cohérence et une continuité convaincantes et toujours novatrices ; car McGoohan est bien à l’origine de cette série mythique qui met en scène un agent des services secrets britanniques qui n’a eu qu’un seul tort : vouloir démissionner et passer à autre chose.  

                  Epopée épique…. surréaliste dans la forme, réaliste dans le fond, chef d’œuvre télévisuel inégalé, série au temps suspendu car au fil des épisodes, il est décidément impossible de déterminer combien de temps s’est écoulé depuis le premier jour de captivité du Prisonnier : un an, six mois, cinq ans ?  17 épisodes plus tard, on n’en saura toujours rien...

    Ambitieux et exigeant, dialogues ciselés d’un niveau bien supérieur à tout ce que l’on pouvait attendre des séries de la même période… c’est bien d’une liberté de création télévisuelle sans précédent dont l’acteur a pu jouir  comme peu de réalisateurs-télé avant lui et après lui  car nombreux sont ceux qui font le constat que rien depuis  n’a été fait comme cette série ; d’où son caractère précieux qui, génération après génération, n’a de cesse de susciter nombre de commentaires et d’analyses car tous y sont venus, y viennent et y viendront à cet OVNI télévisuel qu’est  « Le Prisonnier » car tous reconnaîtront qu’en 1967 on savait déjà regarder loin, loin devant et voir juste, qui plus est.

    Le prisonnier il était une fois Patrick Mc Goohan

     

                    Allégorie anxiogène au possible et visionnaire donc, avec « Le Prisonnier » ne nous y trompons pas : c’est  toute la société occidentale (et la société plus anglaise que britannique en particulier, avec ses rituels figés et l’arrogance des classes dirigeantes) qui, en pleine guerre froide, est mise en accusation : pseudo démocratie, pseudo liberté de penser, pseudo indépendance d’esprit, propagande à tous les étages, et ce 20 ans avant Noam Chomsky et Edward Herman et leur étude sur  « la fabrication du consentement dans les sociétés modernes ».

    Forme cyclique, suite récurrente, dans un éternel retour que Nietzsche n’aurait pas désavoué - retour au Village et à une détention psychiquement préjudiciable -, puisque le N6 n’a de cesse d’échouer dans toutes ses tentatives d'évasion… avec la série "Le Prisonnier" on retrouve le mythe de Sisyphe.

    Variations sur un thème unique - l’impossibilité d’une évasion pérenne et réellement libératrice, une libération non instrumentalisée –, avec « Le Prisonnier » c’est tout le concept de la liberté qui s’en trouve malmené.

                   Acteur aux critères moraux très exigeants… ( McGoohan refusera le rôle de James Bond jugé trop manichéen pour son goût), les deux derniers épisodes écrits et réalisés par l’acteur, confirmeront  le caractère allégorique de la série ainsi que le courage et le talent d’auteur de Mc Goohan.

    Un physique exceptionnel, une manière d’être à l’écran  à la fois détachée, sereine et inquiétante, c’est l’intelligence de Mc Goohan qui place cet acteur-auteur-réalisateur  au-dessus de ces contemporains ; le sommet est atteint lors du dénouement (épisodes 16 et 17), dans le face à face, le huit clos à la scénographie très contemporaine, de Becket et Ionesco à Pinter, entre le N6 et le N2, petit homme barbu, monomaniaque, l’acteur australien époustouflant Léo McKern,Le prisonnier il était une fois Patrick Mc Goohangesticulateur vindicatif ; sans doute le N2 le plus extravagant, le plus tonitruant que la série nous proposera.

    L’intelligence de McGoohan c’est aussi d’avoir compris qu’il importait peu, finalement, de connaître l’identité du N1 car l’enjeu est ailleurs ; McGoohan s’orientera alors, au grand désespoir des groupies de la série qui attendaient tout du dévoilement de cette identité, vers un choix jugé énigmatique et elliptique dans le contexte d’un projet destiné à une audience télévisuelle : celui de la figure de « l’ennemi de l’intérieur » ; concept complexe, aussi évasif qu’évanescent car il s’agirait de surcroît d’un ennemi logé en chacun de nous.

    Cet thèse de l’ennemi de l’intérieur, l’acteur nous  le confirmera comme suit : « Le N 1  pourrait tout aussi bien être l’alter égo du N6 » - et ce, bien que leur projet respectif diffère ;  en d’autres termes, il y aurait du N1 chez le N6 et vice-versa.

    Le Prisonnier serait  donc comme « en prison avec lui-même » : il serait alors à la fois geôlier, détenu et gardien de son propre emprisonnement.

    Dépersonnalisation achevée, le Village, son mode de fonctionnement ont bel et bien triomphé.

    « Ennemi de l’intérieur », « en prison avec lui-même »,  soit ! Et si tel est le cas, que la nuance suivante soit apportée à cette interprétation de Mc Goohan dont l’analyse (ou le diagnostic) omet de préciser que ce « lui-même", celui du Prisonnier ( ou/et ce "nous-mêmes" étendus au public de la série), ne lui appartenait plus depuis longtemps déjà ; en effet,  cet ennemi, c’est aussi et surtout un « ennemi extérieur » qui a vampirisé et qui peu à peu, dévore l'humanité du N6 et par ricochet, notre humanité à tous. Le « Je » est bel et bien définitivement un autre... à notre insu ou bien en toute conscience.

    Dans le cas contraire ("Nous sommes notre propre et seul ennemi"), cela reviendra à faire porter l’unique responsabilité d’un régime totalitaire sur les victimes et sur elles seules ; responsabilité bien trop lourde, bien trop abstraite pour expliquer la nature et les conditions de maintien dans le temps d’un tel régime (n’en déplaise à Soljenitsyne qui était d’avis que si l’on doit juger le régime soviétique un jour, c’est 250 millions de Russes qu’il faudra faire tenir dans le banc des accusés).

                Le N6 triomphera  (ou du moins croira avoir triomphé) une fois pour toutes du N2, le dernier, qu’il épuisera jusqu’à sa mort sur la question du « pourquoi » de sa démission puisque cette question n’obtiendra aucune réponse.

    Le N6 triomphant, reconnu comme tel, demandera à rencontrer le N1. Son vœu sera exaucé au-delà de ses attentes. En effet, il se verra proposer d’assumer le leadership du Village car il est maintenant un exemple, une exception qui enfreint la règle : il n’a pas cédé ; il est resté un « individu » capable de jugement autonome et d’une résistance à toute épreuve. Néanmoins, il refusera ce leadership, préférant la liberté : son départ du Village ; d’autant plus que pour McGoohan créateur de la série, l’enjeu est finalement ailleurs : ni dans la découverte de l'identité du N1 ni dans la fin de la captivité du N6 ; il est dans le potentiel inépuisable de l’allégorie que cette série décline épisode après épisode.

    Ce fameux N1 sans visage (sinon celui que le N6 hilare derrière le masque d’un chimpanzé nous proposera), et sans voix audible par le spectateur, cet ennemi à l’intérieur plutôt que cet « ennemi de l’intérieur », n'est-ce pas finalement ce qu’on nomme aujourd’hui le « Système » ? Une énergie, une force, une contrainte plutôt qu'une présence, qui ne connaît aucun repos, aucune baisse de régime ; le Système et ceux qui le servent ; ses « victimes » aussi ; victimes consentantes débarrassées de la « tentation victimaire » et de la nécessité de la révolte  : victimes comblées, qui en redemandent ? 

                  Mc Goohan dévoile son jeu et joue carte sur table ;  il nous fait remarquer le fait suivant dans la dernière scène du dernier épisode : recouvrant sa liberté, de retour chez lui, à Londres, accompagné du majordome qui n'a pas cessé de servir tous les  N2 qui se sont succédé, Le prisonnier il était une fois Patrick Mc Goohanet alors que ce dernier se dirige vers l'entrée de l’appartement de son nouveau « maître »,  appartement situé au rez-de-chaussée, la porte s’ouvrira sans son intervention tout comme lorsque le N6  entrait et sortait de son logement-prison situé dans le Village.

    A ce sujet, là encore, McGoohan est sans ambiguïté ; inutile de se bercer d’illusions : le Prisonnier restera prisonnier ; et tout recommencera, au Village ou ailleurs car sa nouvelle liberté est déjà sous surveillance et sous réserve ; le « Système » a déjà commencé à la "traiter".

    La liberté est un leurre pour chacun d’entre nous, conclut Mc Goohan. Il n’y aura pas d’exception.

     

    ***

     Le prisonnier il était une fois Patrick Mc Goohan

    Le trio final ( Le N2, le N6 et le majordome) 

     

     

                    Kafka, Edward Bernays, Huxley, H.G Wells, Orwell... tels sont les auteurs « fantômes » derrière cette série qui ne vieillit pas ; série hors du temps, intemporel, novateur ; sa critique d’un progrès technique au service d’une  technologie intrusive et intolérante - progrès que, soit dit en passant, l’on confond souvent avec l’innovation (car dans les faits, le progrès c’est tout ce qui nous rapproche de la justice… justice des conditions de vie et dans le fait d’être au monde avec les autres), demeure valide ; ce progrès-là  fera de nous, a déjà fait de nous tous, des instruments au service d’une finalité d’une force contre laquelle il est à la fois difficile de lutter  et de résister : celle du tout marchand ( McGoohan dénonçait dans une interview à la télé canadienne en 1977, tout en la plaçant au centre de nos préoccupations présentes et à avenir,  cette société  du tout marchand - "C’est le Pentagone, Hollywood et Wall-street qui commandent et qui font de nous des esclaves ...") aux effets dévastateurs sur un plan psychique (individuel) et sociétal (collectif) et le verrouillage de sa remise en cause.

    Aujourd’hui, nous ne sommes qu’au début de ce destin qui sera celui de l’humanité : de moins en moins d’humains, de plus en plus de pions sur un échiquier à couches multiples, dont le sens reste caché aux yeux du plus grand nombre, comme autant de strates impénétrables pour une réalité intimidante qui force  la résignation.

                    Habitants captifs, nous sommes tous dans ce Village tel qu’il nous a été donné de l’observer dans son mode de fonctionnement au cours de cette série saisissante qu’est « Le Prisonnier ».

    Saisissante ?  Voyez : il est encore question de captation ! On en n'aura donc jamais fini avec l'enfermement et l'anéantissement ?

     

                Pour prolonger, cliquez : Le Prisonnier - analyse complète en 4 parties.

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  • Un pygmée occitan*

     Le 4 mars 2004, Claude Nougaro s’éteignait à l’âge de 74 ans

     

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                    Il a été et demeure notre meilleur auteur avec Léo Ferré, notre plus grande voix aussi et notre meilleur musicien (même s'il n'était pas instrumentiste... il y a des voix bien plus musiciennes encore !) - le plus complet, le plus authentique.

    "L'âme basanée", aucune musique ne lui résistait... aucune ne résistait à sa voix, à son verbe ; aucun rythme ne l'intimidait, aucune culture ! Preuve irréfutable d'un talent immense ; et peut-être aussi... de génie. 

    Alors oui, le "pygmée occitan" - tel il se définissait -, a bel et bien fini par grimper sur les cimes !

     

                           Toulouse to win (un des textes les plus aboutis de l'artiste)

     

    Cette musique aimée du fond de mes minimes

    Ce paquebot volant illuminé de rythmes

    Manhattan scintillant un arbre de Noël

    Dans la pénombre bleue ses cuivres en sourdine,

    Ses chanteurs enchaînés à la beauté d’un hymne...

    Je les ai autour de moi comme un arc-en-ciel

     Le pygmée occitan a grimpé sur les cimes

    où neigent souplement des flocons de soleil

     

     

     

     

    ***

     

                     A l'heure où des marchands de soupe nous donnent à consommer de la musique comme on boit un café au comptoir, on réalise trop souvent tout le chemin parcouru à fuir tout ce que cet artiste (avec Léo Ferré) a laissé en héritage : rigueur, intégrité et excellence... tout ce que doit, pourtant, tout artiste à son public : le respect en retour de ce que cet artiste reçoit... pour avoir, il est vrai, tant donné, même et surtout ce qu'on n'attendait pas de lui parce qu'on ne le soupçonnait pas encore en lui... ni l'artiste non plus, peut-être.

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     * Se reporter au titre "Toulouse to win".

     

    Pour prolonger... cliquez Le Rap au secours de la chanson française

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  • Nina Simone : il n'y a pas de cause heureuse

                          

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                   "Aucun homme n'a été insulté comme l'homme noir"

     

                                                                               A. Césaire

     

                      

                             "What happened, Miss Simone ?" - documentaire de 2015

     

     

                      « Artiste légendaire et militante passionnée des droits civiques, Nina Simone a marqué son époque autant que son époque l’a marquée. Comment une enfant prodige du piano est-elle devenue une icône controversée du Black Power ? "What Happened, Miss Simone ?" retrace le parcours hors-norme d’une des artistes les plus appréciées et les moins comprises du XXe siècle signé par la réalisatrice Liz Garbus. »        

     

                   Nina Simone (née en 1933 - décédée en 2003) n’a eu qu’un regret : n’être pas devenue la première pianiste noire concertiste alors qu’elle avait étudié pour ça.

    A l'heure où Aretha Franklin décorée par Bush junior courait les "talk shows" produits et présentés par des Blancs, Nina Simone, dans son engagement pour les droits civiques, y laissera sa carrière puisque cet engagement lui fermera plus de portes qu'il ne lui en ouvrira ; elle y laissera aussi sa santé mentale, et sa santé tout court.

     

                                   Résultat de recherche d'images pour "noirs pendus"

                "Dès mon plus jeune âge, avec les Blancs de la ville, je savais inconsciemment, je savais que si l’homme noir se soulève il serait assassiné."

     

                   

    Mr Backlash blues : « Du sang sur les feuilles, des corps noirs suspendus dans la brise du sud »

     

     

                        

                                         Texte de Louis Aragon : ICI - Mélodie de Georges Brassens

                           

                                   "Mon amour,mon bel amour, ma déchirure"

                  Chahutée, bousculée, malmenée puis battue dans sa chair, Nina Simone connaissait tout le malheur d'une mésalliance amoureuse : un compagnon brutal et sans nuances.

                  Aussi...

                 Si seulement tous les êtres malheureux étaient sans talent, sans importance, sans doute, n'aurions-nous alors jamais mené ce combat de tous les jours contre le malheur des conditions d'existence et le destin tragique individuel contre lequel les êtres restent parfois sinon souvent même, sans défense.

                  

     

                    

               (sur une mélodie de Charles Aznavour - "L'amour c'est comme un jour")

                                                      

                            "Finis les pleurs ! Finie la peur, demain c'est mon tour"

              

                     «  “Afro-américain, une race perdue ! Pas de pays, pas d’histoire, pas de maison, pas d’origines ; il nous faut tout savoir sur nous !

                     Quand le moment  des droits civiques a surgi soudainement j’ai pu exprimer ce que je ressentais depuis tout ce temps. Quand j’étais jeune, je savais que pour survivre en tant que famille noire on devait garder des secrets. On ne se plaignait jamais de la pauvreté, ni du fait d’être exploités ni d’être défavorisés, on devait se taire. Je savais donc que briser le silence signifiait la confrontation. »

     

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                       Années 80 et Nina Simone : « Les droits civiques ? Quels droits ? Il n’y a pas de droits civiques. Tout le monde a disparu. »

     

     

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                  44e président des États-Unis, élu pour un premier mandat le 4 novembre 2008 puis réélu, pour un second, le 6 novembre 2012, la présidence de Barack Hussein Obama touche à sa fin ; durant ces huit années, il aura été toujours autant périlleux d'être pauvres et noirs aux Etats-Unis ainsi qu'ouvriers payés à quelques Dollards de l'heure ; la candidature éphémère de Bernie Sanders et les événements dramatiques de "maintien de l'ordre" de la société américaine auront  au moins permis de le rappeler au monde entier. Autant pour ceux qui, en 2008, ont salué la victoire de ce Président noir, comme un miracle.

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