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Art et culture - Page 11

  • Les portraits de femmes de William Shakespeare

    .

                     Après Goneril et Regan (deux des trois filles du Roi Lear), lady Macbeth, et Gertrude reine du Danemark et mère de Hamlet... portraits de femmes tantôt cruelles, vénales et a-morales, tantôt inconstantes ou bien encore, crédules par vanité...

    C'est sur lady Anne, (future épouse de Richard III, le meurtrier de son mari et de son père ) que se porte toute l'attention de Shakespeare dans une scène fameuse de Richard III (Acte I - scène II), ici restituée en partie comme c'est l'usage dans les "adaptations" des pièces de Shakespeare ; du moins... quand il ne s'agit pas simplement de théâtre filmé mais bien de cinéma.

                                                               

    Acte I - scène II - tour de force : théâtre et écriture - vidéo à partir de... 5.26

     

                Lady Anne est penchée sur le corps de son mari assassiné. Son assassin Gloucester, futur Richard III, est, contre toute attente, présent ; il est venu gagner le coeur d'une veuve qui sera sa prochaine épouse et victime. 

                                                                                                                     

    Suite - Vidéo jusqu'à... 2.06

     

    ***

     

    - Did you not kill my husband ?

    - I grant you yes.

    (...)

    - Be damned for that wicked deed ! O, he was so gentle...

    - Fitter for the King of heaven who has him.

    - And you unfit for any place but hell !

    - Yes, one place else, if you will hear me name it : your bed-chamber (...) Your beauty which did haunt me in my sleep could make me undertake the death of all the world, so I might live one hour in your sweet bosom (...) He who bereft you lady of your husband, did it to help you to a better husband.

    (...)

    Lady Anne crache au visage de Gloucester...

     

    - Teach not your lips such scorn for they were made for kissing lady, not for such contempt (...) I humbly beg for death upon my knee. Do not pause !(...) It was I who killed your husband but it is your heavenly face which set me on.

    (...)

    - I would I knew your heart. I fear it's false.

    - Then never man was true.

    (...)

    - Put down the blade.

    (...)

    - Shall I live in hope ?

    - All men, I hope, live so.

    (...)

    - I will with all expedient duty see you

    - With all my heart...

    ______________________

               

    Was ever a woman in this humour won ?

    .

    A-t-on jamais fait de cette manière la conquête d’une femme ? 

    (une femme qui, voilà une minute encore, crachait au visage de l'assassin de son mari et de son père et jurait de les venger)

     

    Ah ! L'inconstance des femmes !

     .

    ***

    .

                Sade n'a-t-il pas dit : "Les femmes jouissent d'abord par l'oreille" ? Et Gloucester, pourleur malheur à toutes, savait parler aux femmes.

    Sade avait lu aussi Shakespeare, sans aucun doute.

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  • Une voix de la faim... de toutes les faims

      

                  Une voix du 13e siècle.. celle du poète Rutebeuf.

     

     ***

     

    Que sont mes amis devenus
    Que j'avais de si près tenus
    Et tant aimés
    Ils ont été trop clairsemés
    Je crois le vent les a ôtés
    L'amour est mort-e

    Ce sont amis que vent emporte
    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta

    .

    Avec le temps qu'arbre défeuille
    Quand il ne reste branche feuille
    Qui n'aille à terre


    Avec pauvreté qui m'atterre
    Qui de partout me fait la guerre
    L'amour est mort-e


    Ne convient pas que vous raconte
    Comment je me suis mis à honte
    En quelle manière



    Que sont mes amis devenus
    Que j'avais de si près tenus
    Et tant aimés
    Ils ont été trop clairsemés
    Je crois le vent les a ôtés
    L'amour est mort-e

    .

    Le mal ne sait pas seul venir
    Tout ce qui m'était à venir
    M'est avenu

     

    Texte de Rutebeuf transcrit par léo Ferré

    Nana Mouskouri sur une musique de Léo Ferré

     


    Pauvre sens et pauvre mémoire
    M'a Dieu donné le roi de gloire
    Et pauvre rente

    Et droit sur moi quand bise vente
    Le vent me vient
    Le vent m'évente
    L'amour est mort-e

     

     .

    Ce sont amis que vent emporte
    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta
    Les emporta...

     

    ________________________________________


     

    Rutebeuf : poète né à une date inconnue, dans les premières décennies du XIIIe siècle, avant 1230 - mort v. 1285...

     

                              cliquez :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Rutebeuf

     

                     Pour prolonger... cliquez Léo Ferré

     

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  • Bob Dylan, prix Nobel de littérature : ou quand la littérature s'effondre

     

                "Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font !"

     

     

                     Léo ferré (1): "la mémoire et la mer" - la meilleure réponse que l'on puisse apporter à cette nomination idiote et décadente qui ouvre la voie à toutes les confusions et autres dérives (2)...

               Une prime au plus connu et au plus riche, ce choix du jury ? Une prime à la langue anglo-saxonne qui plus est : une langue, celle des balles et des bombes avec un Dylan publiciste (chez Apple, Cadillac, Chrysler, les yaourt Chobani) millionnaire en "Che Guevara" de la Warner Bros  ?

     

                              

    1 - Pourquoi Léo Ferré ? Car, il n'y a pas un seul texte de Dylan qui arrive à la cheville d'un texte de Léo Ferré...

     

    2 - A propos de la contestation de ce choix de la part des auteurs et des critiques littéraires, cliquez ICI

     

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  • Andreï Tarkovski : un cinéaste organique et végétal

     

                 

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                Chez Tarkovski, les racines, les plantes, les arbustes et les arbres sont conscients : ils pensent ; tout un monde sensible donc… alors que les êtres humains ne font que s’agiter, galoper pour rien ou pour si peu.

    La nature en nous ? Tarkovski aimerait la réveiller.

    Chez ce réalisateur, l’eau est partout : murs, sols et plafonds ; eau de pluie, eau tout court, elle coule et s’écoule comme le temps et comme la vie.

    Nature encore et toujours ! Chez ce Russe, les rivières sont peu profondes ; leurs fonds sont riches en couleurs et en herbiers aux mouvements mystérieux comme autant d’arabesques et de danses aquatiques d'un langage pour sourd et muet.

     

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                  Le feu est omniprésent (Le sacrifice ; le Miroir) mais il n’est jamais un danger. Du moins, pas véritablement. Il brûle, il ravage certes ! Avec Tarkovski, on se contente de l’observer, debout, lui faisant face, en spectateur impuissant car, après tout, que sait-il faire d’autre le feu sinon mettre le feu, aux granges, aux poudres - et aux âmes ?

    Et puis le vent ; ce vent ami qui parle à voix basse. Quand il souffle, quand il manifeste sa présente au monde, à la fois caresse et trouble, c’est sans un hurlement ; il souffle par courtes rafales, disparaît aussi vite qu’il est venu nous signifier qu’il n’est jamais très loin, tapi dans l’herbe, attendant son heure avant de se lever, ou bien plutôt, avant de se redresser comme on sort d’une cachette ; tout comme le feu, le vent est juste une donnée avec laquelle il nous faut compter le temps passé à ignorer une nature auquelle les êtres humains n’ont de cesse de manifester une ingratitude irresponsable.  Or, la nature ne pardonne pas l’amnésie arrogante, hautaine, fruit d’une ignorance crasse.

    Si vous ne vous souciez pas de la nature, c’est elle qui s’occupera de vous.

    Neige, plans d’eau gelés, glacés comme autant de représentations picturales  d’une histoire de l’Art de la vie - figures de villageois des siècles passés qui n’en finissent pas de témoigner -, chez Tarkovski, on passe du noir-et-blanc à la couleur au gré du temps qui passe ; le présent est en couleur, le passé et le futur en noir-et-blanc car chez ce réalisateur hier et demain se confondent ; c’est l’éternel retour de ce qui a été et de ce qui sera éternellement.

    Qu’est-ce que le présent chez Tarkovski ? C’est précisément un futur (Solaris) et un passé (Le miroir) sans présent pour le précéder ou lui succéder.

    Un battement d’aile, celui d’une colombe qui traverse l'écran lentement d'est en ouest  - incidemment ? -, et puis soudain, au loin, des voix, des cris, des rires d’enfants et d’adultes hors champ, comme des appels de l’au-delà, des appels à la vie ; c’est le monde dans tous ses sens qui se fait entendre, lui et son mystère qui nous échappe, le plus souvent absents à nous-mêmes que nous sommes.

     

                  Tarkovski est russe mais… sans Tolstoï ni Dostoïevski ! Comme quoi, ces auteurs ne nous avaient pas tout dit.

    Russe donc Tarkovski ! Et puis… bien d’autres choses encore.

     

     

                 On revient toujours à Tarkovski pour y être allé souvent, sans en revenir vraiment. Aussi, on n'y retourne pas à Tarkovski, on y reste pour n'en être jamais parti.

    Tarkovski c’est Bach, la figure musicienne d’un Christianisme en chorale, sans frontière ni chapelle, de Moscou à Rome en passant par Leipzig et Byzance.

    La bande originale des longs métrages de Tarkovski est électro-acoustique car le réalisateur n’a peur de rien et sûrement pas de la modernité et de la technique ; un voyage à la vitesse du son et de la lumière parfois aussi, ces fulgurances sonores qui emportent les images ! Ogresses qui dévorent tout sur leur passage, et en premier lieu, chaque plan dont la couverture sonore vient nous signifier qu’elle est ailleurs cette image, irreprésentable, comme les mots incapables de dire le vrai et le beau !

    Pour Tarkovski, les mots ne peuvent donc que mentir, excepté en poésie car on doit tout lui sacrifier.

     

                  Pas de fiction chez Tarkovski ; jamais vraiment ! Bien plutôt l’archive et le souvenir qui accouchent d’un scénario sans faux-semblant : généalogies et histoires avec un grand et petit H.

    Notez qu’il s’agit encore une fois d‘expulser le présent ! Ce présent qui semble nous être décidément d’aucun secours.

    Gravats, chantiers, décharges, terrains vagues aussi, murs décrépis, délabrement des lieux, la beauté est ailleurs chez Tarkovski ; dans tout ce qui est dit et qui n’est jamais montré puisque le réalisateur refuse le mensonge. Seul Léonardo sous la forme d'une lithographie de son autoportrait, barbu, vieux et beau comme son génie bienveillant de 60 ans, sauve la mise.

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                 Si Tarkovski n'a pas le physique de son cinéma, en revanche, il a les moyens de ses ambitions car, avec Fellini, Tarkovski n’a eu de cesse de faire du cinéma autrement comme on fait de la politique tout aussi autrement ; lui y parvient ; la politique, elle, devra sans doute attendre encore dix mille ans ; quand il n’y aura plus personne pour en faire !

    Depuis sa disparition aucun réalisateur russe n’a su relever le défi ; aucun ne s’est montré à la hauteur de cet héritage.

    Faut-il préciser ici qu’avec Sokourov, contrairement à ce qui nous est demandé de penser, on est encore loin du compte, très loin ?

     

             Maisons, appartements comme autant de foyers du devoir et du laisser-vivre et couler ; pièces en enfilade, sans porte… une ouverture centrale conduit à la  suivante, béante et ouverte sur la prochaine dans une profondeur de champ et de vie car aucun mouvement n’échappe alors au réalisateur, aucun va-t-et vient.…

    Datchas isolées mais sûres ; une femme et ses enfants peuvent s’y reposer des années durant sans craindre le loup qui dévore, saccage et saigne à blanc ses proies ; les lampes à pétrole remplissent le cadre et leur office, posées sur une table ; elles éclairent l’ombre et l’obscurité ; chez Tarkovski comme chez tous les grands cinéastes, il ne fait jamais vraiment jour car à trop vouloir éclairer, on éblouit et on assomme. Chez ce réalisateur, la clarté est ailleurs ; dans l’esprit et jamais dans la lettre ; Tarkovski est sans idéologie.

    Soucoupes, tasses en porcelaine aux couleurs vivres, aux riches motifs, nature morte d’un tableau toujours recommencé, cent fois l’ouvrage remis sur le métier, les miroirs sont partout avec ou sans reflet, muets comme des carpes. Lithographies, livres ouverts sur le temps, de tout temps… icônes lascives,  figées, éternellement présentes à elles-mêmes par-delà l’ignorance des temps qu’elles traversent, la famille résiste encore et se tient debout chez ce cinéaste d’une union et d’une confrérie à toute épreuve : parents, enfants, grands-parents…

    Aussi, chez Tarkovski, les enfants dorment d’un sommeil paisible, profond, sans souci, fenêtres ouvertes ; une brise légère veille sur eux ; leur mère aussi, à la fois ici et ailleurs car elle a sa vie à vivre.

    Le père va et vient, furtif, aussi présent qu’absent, occupé, affairé : qui est-il et quoi ? Pas de réponse : voilà encore un autre mystère.

    Si le sexe est absent, en revanche, les enfants sont partout. C’est qu’il doit bien s’en passer des choses dans les chambres à coucher ! Tarkovski n’en pipent mot car à tout montrer, on oublie l’essentiel : le rêve, le songe et la réalité, tout trois entremêlés.

     

                 Chez Tarkovski, la femme est placée au centre… active, toujours en mouvement ; elle est femme, amante et mère ; elle cimente, colmate les brèches ; l’édifice, son entretien et sa rénovation…  c’est elle ; cathédrale et temple, elle est l’architecte ; elle tient le monde toujours menacé de délitement car, comme pour la folie et la raison, la frontière est ténue ; un mot, un geste et c’est la bascule ; la catastrophe aux millions de morts irrémissibles…

    Pour cette raison, on peut dire que le cinéma de Tarkovski maintient la vie en vie dans le doute et l’affirmation. C’est le propre des êtres humains qui savent d’où ils viennent tout en gardant à l'esprit tout ce qui a été perdu.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Solaris

     

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  • Les outrenoirs de Pierre Soulages : une nouvelle géométrie

    Pierre Soulages

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                "Les peintures de Soulages sont des maisons zen, les trois quarts d'une maison zen dont le spectateur fait le quart restant. Ses tries noires, huilées, donnent à voir le rideau de fer baissé du magasin de Dieu." C. Bobin 

     

     

      


    Toutes les photos sont "copyright Serge ULESKI"

     

                            Et les mots du peintre...

     

    "La création d'une oeuvre, c'est le triple rapport qui se crée entre la chose qu'elle est, celui qui l'a produite et celui qui la regarde."

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     "Je ne demande rien au spectateur, je lui propose une peinture : il en est le libre et nécessaire interprète d'autant plus qu'il n'est pas pris à parti à travers cette peinture qui ne renvoie pas à quelque chose d'extérieur à elle-même."

     

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    "Le noir est l'absence de couleur la plus intense, la plus violente

    qui confère une présence intense et violence aux couleurs, même au blanc...".

     

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    "Cet objet qu'est le tableau... ne dit rien. Il ne porte pas de titre. Il ne livre aucun message. Il n'engage l'artiste que vis-à -vis de son art et de lui-même, mais absolument.

     

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    Aussi, la peinture n'est ni image ni langage. Elle est une organisation de formes et de couleurs sur laquelle viennent se faire  et se défaire les sens qu'on lui prête."

     

     

    Toutes les photos sont copyright Serge ULESKI

    .

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     Pour prolonger, cliquez : Les écrits de Soulages

     

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  • Django au pays de « Candie land »* : une sucrerie cinématographique amère

     

     

                 Dés-enchaîné dès les premières minutes du film, puis rapidement déchaîné un colt dans chaque main, c’est Django de Quentin Tarantino, le justicier aux bras armés d’une justice vengeresse encore inégalée dans sa représentation … car jamais le châtiment aura été aussi savoureux à partager et la libération aussi belle à contempler !

    Ironie, humour macabre et noir, pastiche, parodie de western, dérision, bande musicale aux voix profondes d'authenticité, dialogues qui claquent comme un fouet, une claque en plein visage aussi, certes Tarantino s’amuse encore, mais quand il rit, sans doute pour ne pas désespérer totalement, c’est d’un rire jaune… un rire inédit chez Tarantino ; il faudra se reporter à « Jackie Brown », réalisé en 1997, pour trouver un tel élan compassionnel pour son personnage principal, l' objet de toute son attention.

     

                   « Pendant des siècles, ils ont été les barbiers de mes ancêtres, le rasoir en main, sous leur menton, sous leur gorge, trois fois par semaine… mais alors, pourquoi ne les ont-ils pas tués ? » questionne Calvin Candie le maître des lieux : Candie land…

    La réponse ne se fera pas attendre. Soudain, on ne joue plus. Le rideau tombe ; ailleurs, il se lève, et tout s’éclaire. Trêve de mascarade ! Bas les masques ! Les armes à feu ont remplacé le rasoir (soyons modernes que diable !) ; la passivité, une servitude résignée trop souvent prisonnière d'un processus de chosification mortifère, s'est muée en courage féroce…

    C’est le théâtre du Grand Guignol à Candie land ! Les balles pleuvent par dizaines, par centaines, par milliers, ça ricoche et ça siffle comme des missiles avant impact, des lambeaux de chair ensanglantée virevoltent, les corps sont criblés et couverts de sang, à flots ce sang, le sang de plusieurs siècles de générations de négriers et de leurs larbins sadiques, l’ancien testament d’une main, fouet de l’autre, pour un protestantisme fanatique qui nous rappelle étrangement ceux qui, la Torah d’une main, le flingue de l’autre, tiennent en respect le Palestinien qui rêve de liberté tout en continuant de lui voler sa terre et sa vie, et d’autres encore, Coran et décapitation, comme autant d’échantillons d’une humanité de cloportes.

    Le sang gicle au passage sur la fleur de coton immaculé d'une plantation au labeur esclavagiste, pétales de sueur, de larmes et de sang… mais aussi... nectar et miel d’une justice expéditive…il faut alors faire vite et frapper fort… car, si la vengeance est impatiente, la liberté l’est tout autant.

                   Un chant choral se fait entendre maintenant car partout ça crie, ça hurle, ça souffre, ça meurt, une fois, dix fois, cent fois, mille fois…

    Mais alors combien de fois faudra-t-il les tuer tous pour qu’ils meurent ?!

    « Candie land », cette terre infâme, est maintenant jonchée de cadavres ! Bientôt, une bâtisse blanche, de la couleur de son commerce - le coton -, contre celui de sa main d’oeuvre, volera en éclats… il n’en restera rien ; en cendres… cendres fumantes.

     

                      Django c'est Zorro chevauchant vers la femme qu'il aime, pour la délivrer ; un Zorro noir qui partage la condition de ceux dont il vole au secours ;  c’est  le retour de d’Artagnan, du nom ironique de l’esclave que son propriétaire donne à dévorer vivant aux chiens ; le d’Artagnan d’un Alexandre Dumas d’outre-atlantique qui rentre à la maison pour régler quelques comptes ; et c'est aussi le Christ, un Christ noir : "Voici leur sang versé, celui de ma liberté ! Voici leurs corps déchiquetés, le juste prix de mon émancipation !"

     

                 La traite, le colonialisme, un monde de gagnants abjectes : tout se tient donc. Surprenant qu’il y ait encore des trous du cul ou des salauds pour s’étonner que de temps à autre, le perdant lève la tête et le bras puis la main pour frapper.

    Si chez Tarantino c'est souvent le Blanc qui sauve le Noir ( voir Jackie Brown), ce que Spike Lee ne supporte pas, il n'en reste pas moins que la représentation du Noir et du Blanc, telle qu'elle nous est le plus souvent donnée par Hollywood - un Noir larmoyant, soumis, résigné, impuissant -, est inversée chez le réalisateur de Django : le Noir est futé, rusé même ; le Blanc est bête et méchant, méchant parce que bête, aussi bête qu’une bête, plus bête encore puisque sadique et cruel… même si c’est elle, cette bête, qui tient le fouet et la laisse.

    Tarantino met un point d’honneur à nous restituer la force et la dignité de l'esclave. En cela, Django c’est l’anti 12 years a slave du réalisateur britannique passé outre-atlantique, Steve Mcqueen, le Josh Randall de la traite négrière, réalisateur noir au producteur blanc ; 12 years a slave remportera l'Oscar du meilleur film : normal, le Blanc sort intact de "12 years a slave". En revanche, chez Tarantino, le Blanc sort laminé, rincé, essoré et couvert d'opprobre : il n'y a rien à sauver.

    Et puis, manifestement, Hollywood ne lui a pas pardonné ce jugement sans appel : « Que voulez-vous, Monsieur Calvin Candie, docteur Schultz est Allemand ; il n’a pas encore l’habitude des Américains et de leurs moeurs ; il ne connaît pas le spectacle d’un être humain que l’on donne à dévorer vivant aux chiens ».

    On pense alors au chaos du Moyen-Orient aux millions de morts (1) ; bilan d'une fausse guerre dite "contre le terrorisme"  lancée par les USA depuis 1990. Toute une région et sa population livrées vivantes aux chiens de la géopolitique.

                   Dans ce monde de la traite, de l’esclavage et des plantations, "le nègre domestique", nègre de l'intérieur (incarné par Samuel Lee Jackson - sans doute le rôle de sa carrière), sait que la force est du côté des Blancs esclavagistes et négriers ;  sa sécurité et prospérité aussi quand il est promu au rang de Major d’homme et qu’il règne alors sur toute une colonie de "nègres des champs". Dans ces conditions, mieux vaut, à ses yeux, être le domestique du Blanc en 1858 que son salarié "libre" cent ans plus tard, à trois dollars de l’heure.

    C'est sûr ! Ce nègre-là avait du flair d’autant plus qu’à son époque, il n’y avait qu’un trou dans la roulette, tout comme aujourd’hui soit dit en passant… car jamais il n’y en aura pour tout le monde aussi longtemps que les bénéfices de la trahison de l’un reposeront sur l’exploitation de tous les autres.

                     

     

                     Django, ce film déterminé, sincère, qui se veut tout sauf malin, est d’une violence d’une beauté rare et renversante car portée par la dénonciation d’un crime d’Etat, le premier d’entre eux, les USA, et dont on peut encore tracer l’argent de ses bénéfices chez ses milliardaires d’aujourd’hui (JP Morgan…)

     

                    « Django, tu ne pourras jamais détruire Candie Land », hurle le nègre domestique avant d'aller rejoindre, des mains de Django, le monde des morts, celui des Blancs auquel il appartient ; pourtant, Tarantino l’a fait le temps d’un film, même si aujourd’hui tout est à refaire.

     

     

    * Du nom du propriétaire esclavagiste de la plantation de Calvin Candie ; rôle tenu par DiCaprio ; Candy - homonyme -, signifie en Français : sucrerie, bonbons, confiserie...

     

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  • Hadopi face à la "Génération gratuité"

                Que faut-il penser de cette génération qui passe le plus clair de son temps à télécharger des films et des musiques piratés, et à n'écouter que ces musiques et à ne regarder que ces films pour lesquels elle ne donnerait pas un Euro si d‘aventure elle y était contrainte ?

    Pour sûr, cette génération sera vertueuse parce que... écolo : “Comment ça ! Vous vous brossez les dents en laissant couler l’eau ?!! Mais quelle sorte d’homme êtes-vous ? Vous n’avez pas honte ?”

    Ecolo et puis, un rien hygiéniste aussi : “ Qui c’est ce taré incontrôlable qui fout le bordel ?! Débarrassez-nous en au plus vite !”

    Pour le reste, on est libres mais... prévenus : inutile de chercher à éveiller en elle un intérêt quelconque pour ce qui s‘avèrera payant.

     

    ***

     

                La marchandisation de tout ce qui peut a priori faire l’objet d’une transaction commerciale, c’est la société de consommation arrivée au sommet de sa maturité avec pour seule préoccupation la dévalorisation de tout ce qui peut représenter ou prétendre à une valeur autre que marchande ; et son corollaire a pour nom : la gratuité.

    Surtout ne pas y voir là une contradiction ou un paradoxe qui trahiraient un manque de cohérence !

    Si tout ce qui a un prix n’a pas de valeur“, aujourd’hui, tout ce vaut et rien ne vaut la peine de débourser quelque argent pour ce rien qui ne vaut pas plus que ce que peut valoir tout le reste car, on peut difficilement nier la chaîne de causalité suivante : société de consommation = dévalorisation de tout ce qui n’est pas "marchandisable" = tout devient marchandise = tout est interchangeable, fin de la rareté et de l’unicité (caractère unique d’un objet d’une production) = dévalorisation de la marchandise elle-même pour laquelle on n’acceptera plus de payer si on peut l’éviter : vol, piratage,échange...

    Et cette gratuité exigée - sinon souhaitée -, sera accordée à quel prix ?

    Au prix de tout ce qu’on lui fera payer en échange de cette gratuité   qui concerne des secteurs d’activités totalement dévalorisés et désincarnés : journaux gratuits pour la liquidation du métier de journaliste, télévision publique sans garantie de financement, musiques, films... tous devenus interchangeables à souhait...

    Nul doute, ceux qui regardent ces films et écoutent ces musiques ne s'y sont pas trompés ; c'est la raison pour laquelle ils ne souhaitent pas les acheter s'ils peuvent l'éviter ; même si l'on pourra tout de même déplorer le fait que seuls ces musiques et ces films semblent retenir leur attention.

    Car, les véritables enjeux sont ailleurs, et pour commencer : dans tout ce qui a été acquis de haute lutte et que le marché a investi au galop, à savoir : ce qui était hier encore accessible à tous et qui aujourd‘hui ne l‘est qu’à la condition d’être capable de payer rubis sur ongle.

     

                Aussi, toute communication autour de la gratuité avec son message subliminal “Mais... payez donc ! puisqu’on vous dit que c’est gratuit !” a de bonnes chances de faire la fortune de quelques uns avant d’en flouer un très grand nombre, à l’heure où tout espoir de ré-investissement dans de nombreux domaines culturels aujourd'hui délaissés ou privés d’exigence et d’excellence, semble à jamais perdu.

     

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  • saint Matthieu et Pasolini : ou quand le Christ pique sa crise

     

                       C’est au son de toutes les musiques du monde que Pasolini et son Evangile viendront bluffer un Vatican sur le cul qui décernera son prix de l’Office catholique du cinéma à cet Evangile placé sous le patronage de saint Matthieu.

    Pasolini mettra en scène la Parole d'un Christ dont la voix occupera tout l’espace... tout le spectre sonore !


                      Les moins avisés ainsi que ceux qui verront dans cette Parole tout ce que leur fortune et leur puissance ont à redouter, évoqueront une violence inouïe et une pathologie tant dans son énonciation que dans son débit ; une intolérance aussi... qui expliquera sans doute les mille bûchers de l‘inquisition. 

    Ceux qui ont tout à perdre face à la compassion et face à la justice évoqueront le caractère intrinsèquement inquisitorial et dictatorial ; une Parole fanatique.

                     Qu'à cela ne tienne... ne boudons pas notre plaisir... tout en sachant que la langue italienne y contribuera largement car la colère lui sied à merveille !

     

     
                    La colère est nécessaire dit Aristote. Quelle victoire obtient-on sans elle, si elle ne remplit notre âme, si elle n'échauffe pas notre coeur ?

     

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  • Cinéma ! De film en film, de salle en salle

     

     

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                    Cinéma qui ne cessera jamais de hanter nos mémoires... sons, images, voix, musiques, lieux, acteurs, réalisateurs, auteurs, scénaristes, compositeurs, décorateurs, monteurs (le plus souvent monteuses), chefs opérateurs...


    Cinéma d’hier, de demain, encore à naître...

    Cinéma mort-né !


    Et puis, l’autre cinéma, déjà perdu pour tout le monde : films dont les scénarios dorment à jamais au fond des tiroirs ou dans l’imaginaire de ces mêmes auteurs, cinéastes et producteurs.

    Le Cinéma nous offrira toujours plus que ce qu’il nous donne à voir, à entendre et à comprendre. Art métaphysique par excellence, quand il y a « Cinéma », il y a… transcendance, toujours !

    A la fois indéfinissable et irrésistible, ce à quoi nous sommes confrontés est bien plus grand que nous… spectateurs ! Bien plus grand, et bien plus haut aussi !

    Transcendance donc, et puis… immanence !

    Car, cette imposante confrontation avec tous les réels qu’est le cinéma nous est bien destinée ; elle nous rejoint et nous aussi ; et c’est ensemble que nous cheminons.

    Aussi… à chacun son cinéma !

    Et c’est alors qu’on pensera à un FILM UNIQUE qui réunira tous les films... pour que jamais on n'en soit séparés et qu'on ne les oublie...

     

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  • Quand Akhe­na­ton rappe pour les multinationales

     

     

                Coca-Cola-France engage le rappeur Akhenaton pour sa nouvelle campagne publicitaire sur le thème de la quête du bonheur

     

    (Non ! on ne ricane pas, svp !)

     

                 Dans un clip d’une minute, le rappeur interprétera un morceau inédit, écrit par lui, intitulé Vivre maintenant.

     

     

                          

    Il est dit que le cachet du rappeur pour cette colla­bo­ra­tion avec Coca-Cola sera inté­gra­le­ment reversé à 4 associations caritatives.

    Une belle idée, qui ne peut qu’être saluée ?

    Mais alors, pourquoi ce membre emblématique d’un groupe qui l’est tout autant, à savoir IAM (groupe originaire de Marseille créé en 1989), ne finance-t-il pas ces associations avec ses propres revenus, en tant que rappeur, plutôt qu'avec l'argent d’une multinationale tentaculaire et manipulatrice à souhait dans l’art de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ; et cette campagne sur «la quête du bonheur » illustre pleinement le cynisme de cette marque qui n’est qu’une boisson qui favorise l’obésité sur tous les continents, du nord au sud ?

     

                            Un article du Monde à ce sujet est disponible ICI

     

     

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                Agé de 46 ans, rappeur chez le label Def Jam, une multinationale de rap et de jeux vidéo créé en 1984 par Russell Simmons et Rick Rubin, label de rap-game (rap à fric !) avec Columbia comme distributeur...

     Un résumé de l'histoire de ce label est disponible ICI

     

    Depuis quelques années, force est de constater qu'il s'est trouvé des « salauds » assez cruels et cyniques pour donner à penser à ce rappeur qu'il était « intelligent », du moins... un peu plus que la moyenne (1) : Jack Lang, qui n'est jamais très loin du rap et de son instrumentalisation ; l'Institut du monde arabe privé de visiteurs et qui proposera à notre rappeur une expo sur l’histoire du hip-hop ; les médias dominants qui lui tendent un micro à chaque fois qu’il est question de faire diversion et de s’acheter une bonne conscience auprès des quartiers dits « défavorisés » ; en bref : tous ceux qui n'ont pas leurs pareils quand il s'agit de manipuler un pauvre bougre et de le persuader qu'il est aussi intelligent que ceux qui le sont tellement plus que lui ; Lilian Thuram fera l'objet de la même attention perverse ; Jamel Debouzze aussi ; en ce qui concerne ce dernier, il n’a pas fallu le pousser bien fort ! 2bouzze (3, pour les intimes) n’est-il pas toujours disponible quand il s’agit de servir d’alibi « au système » ?

                  Médias hilares ?

                  Vaste dîner de cons orchestré par une caste politico-médiatique et affairiste que toutes ces sollicitations aux arrières pensées à peine avouables à l'endroit de ces nouveaux ploucs d'une conscience politique et sociétale : sport et show-biz !

    Aussi, à quand un Akhenaton en commentateur de l'actualité - chroniqueur sur une radio nationale ? -  pour mieux nous donner à comprendre qu'il n'a rien compris hormis ce que tous les médias dominants s’évertuent à nous faire comprendre depuis des lustres... le tout entre deux pubs et un clip de rap d'animateur pour centre de loisirs, un rap œcuménique et moralisateur, dans le genre : "C'est pas bien de ne pas aimer son prochain" ; ou bien encore :"Aide-toi et le ciel t'aidera. En attendant, arrête de te plaindre et ferme ta gueule !"

    Et puis aussi, à quand un Akhenaton au Resto du cœur derrière un stand et chez les chanteurs des Enfoirés pour sermonner les jeunes et réfuter leurs récriminations : chômage record, salaires de la honte, impossibilité de se loger…

    Oui ? Non ?

     

    Quand le Figaro aime Akhenaton

     

                Mais alors... qu’en est-il du rap, cette grande gifle des années 90, avec un Joey Starr qui enchaîne film sur film – films médiocres et convenus -, et un Akhenaton nouvelle égérie de Coca Cola en pharaon d'un rap qui accouche d'un talus là où une pyramide était attendue ? Qu’est-ce à dire ? Que le rap a trouvé sa place entre une industrie d'un cinéma sans ambition, une industrie de l'abêtissement général, et la multinationale d’une boisson que l’on consomme comme on prend un café au comptoir ?

                  Certes ! On nous répliquera : "Rien ne devrait nous surprendre car le ver était dans le fruit : après tout, Akhenaton ne rime-t-il pas avec…

                                                     devinez !

     

    1 - En effet, n'y a-t-il rien de plus cruel que d'exposer cyniquement un "imbécile" à plus bêtes que lui, dans le seul but de flatter et de tromper une audience que l'on méprise foncièrement ?

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    Pour prolonger, cliquez : Mathias Cardet : une contre-histoire du rap

     

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