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Art et culture - Page 12

  • Abbaye Notre-Dame du Breuil-Benoît

     

    Janua Coeli Ora Pro Nobis : Porte du ciel, priez pour nous.

     

     

               L'abbaye du Breuil-Benoît ( Marcilly-sur-Eure 27810) a été fondée en 1137 par Foulques de Marcilly avec quelques moines de l'abbaye des Vaux de Cernay. Dépendant d'abord de Savigny, elle sera réunie à l'ordre cistercien dix ans plus tard et contribuera à la fondation de la Trappe à Soligny. C'est Guillaume de Marcilly, fils du fondateur, de retour de croisade, qui permettra la construction de l'abbatiale, consacré en 1224 par l'évêque d'Evreux et l'évêque de Chartres. Un de ses abbés, Thibaut de Marly, sera canonisé.

    C'est l'époque des abbés commendataires qui précipitera sa chute. A la fin du XVIIIe siècle, il ne reste plus que deux moines ; le monastère sera fermé en 1790, puis en partie détruit à la suite de la vente comme bien National.

    Une renaissance du site a lieu entre 1842 et 1905, époque à laquelle il devient notamment propriété du comte de Reiset, qui y fait des aménagements et y installe ses collections.

    Une longue période d'abandon suivra jusqu'en 1995, où de nouveaux propriétaires réalisent depuis une importante réhabilitation.

                  Construction puissante et harmonieuse avec les chapelles du choeur ouvertes sur l'extérieur depuis la destruction du transept qui ajoutent au site un charme romantique,  ce lieu accueille régulièrement des concerts et des expositions -  ainsi que d'autres manifestations : conférences, séminaires -, dans un environnement préservé.

     

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    Diaporama et photos : copyright Serge ULESKI

     

                     Pour prolonger, cliquez : Les petites mains du Christianisme

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  • Szczecin entre Allemagne et Pologne : une histoire d'architecture

     

     

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                       Située à quelques kilomètres de la frontière allemande, à une heure de la mer Baltique, Szczecin (Stettin en allemand, Sztetëno en cachoube, anciennement Stetin en français) est la 7e plus grande ville de Pologne , le chef-lieu de la Voïvodie de Poméranie occidentale ainsi que la 3e plus grande ville portuaire de ce pays.

    La ville se situe dans l'extrême nord-ouest de la Pologne sur deux rives de la rivière Oder tout près de son entrée dans la lagune de Szczecin à Trzebież près de Police. L'archipel qui se trouve entre deux bancs de l'Oder est une zone industrielle et portuaire.

     

           A visualiser en HD - cliquez sur "paramètres" (ustawienia), sélectionnez : 1080p

     



                   Stettin était la capitale du Duché de Poméranie. Dès le premier quart du XVIIIe siècle, la ville a été connu en France sous le nom allemand Stettin, et faisait alors partie de la Poméranie prussienne.

                  Szczecin a une histoire parmi les plus colorées d'Europe. Par le passé, cette ville a appartenu aux Polonais, aux Prussiens, aux Danois, aux Suédois et aux Allemands. Elle était allemande jusqu'en 1945 (province de Poméranie de l'État libre de Prusse). Elle est polonaise depuis les accords de Potsdam (1945).

     

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  • Dieudonné... tout simplement

     

     

               Dans la série... donnons la parole à ceux qui sont à la fois injustement calomniés et ignorés des grands médias.

     

     

                Le cancer : un des sketches les plus récents d'un Dieudonné au sommet de son Art. Chez les humoristes, de loin... de très loin, le meilleur... sinon le seul, loin devant.

     

     Il y a deux choses que ceux qui ont banni Dieudonné n'ont pas pu lui prendre : c'est son Art et son public, toujours aussi nombreux.

     

     

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    Faurisson, le Pen, lui objectera-t-on ?!

     

    Et Dieudonné de répondre...

     

    La transgression !

     

    Transgression réservée à quelques happy few ! La transgression, l'absolu privilège de l'artiste qui a fait la preuve de son talent et de son courage. Oui ! La transgression... boomerang ! La transgression non pas comme fin en soi mais comme moyen : dénoncer une autre transgression qui a pour objet un mensonge qui dit toujours la vérité sur le fumier d'une bonne conscience d'un mépris sans limite pour le faible, le désarmé, l'inarticulé, le vaincu qui ne vivra point ce qui ne lui sera pas accordé et donné de vivre, et qu'il ne prendra pas non plus car il ne mérite rien.

     

                     Pour prolonger... cliquez  Dieudonné sur son métier  : "Je n'ai pas peur, ce qui fait que je suis bien plus drôle que les autres qui ont peur ! Et même si la télé et la radio pour moi c'est fini, et que je n'y serai jamais plus autorisé... qu'ils sachent que je les emmerde tous, profondément - Autre privilège de l'artiste indépendant.

     

     

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  • Jean-Marc le Bihan : chanteur et slameur de rue

     

     

                   Né en 1953, Jean-Marc Le Bihan est chanteur de rue à Lyon, Avignon, Bourges, et en Belgique. Il vit de son métier depuis 20 ans.

     

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               Chanteur-slameur, Jean-Marc le Bihan chante les vieux qui s'aiment, la terre massacrée et les conditions d'existence injustes et cruelles d'une grande partie de l'humanité. 

     

     

     

     

    Jean-Marc Le Bihan, le 24 août 2013 à Aurillac sur le thème de la violence sociale.

     

     

     

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    Pour prolonger, cliquez : Jean-Marc le Bihan

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  • Elie Faure à propos de l'Art japonais

     

               Dans ce monde de brutes et de salauds, faisons un peu de place à la Culture, à l'Art et à l'écriture

     

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               L'Art japonais a surpris le vaste monde en ses inquiétudes les plus humbles.

     

    Tout bouge, autour des Japonais, les floraisons des jardins qu’ils cultivent  avec une passion inquiète, les nuances du sol, les brouillards qui modifient à tout instant le profil des montagnes, se traînent par lambeaux pour laisser apparaître ou dissimuler tour à tour les toits d’une ville fantôme, un lac, une sombre étendue tachée de voiles blanches, un cône  éclatant qui s’élance dans la lumière, les forêts de pins noirs, les forêts rouges des automnes.

    Il vit sur une terre qui ne cesse pas de trembler, et les crépuscules changent suivant le feu des volcans. L’art japonais ira saisir, dans le changement universel, les caractères de l’objet, mais de l’objet en mouvement, qui vit, et qui se déplace et qui donne, malgré sa forme à peu près constante, la sensation de l’instabilité. Il est aussi loin de la mobilité du récent impressionnisme occidental qui a fixé avec tant de vivacité les variations de la lumière, que de l’immobilité des Chinois.

    Le Français qui travaillait sur la nature finissait par perdre de vue, à force de fidélité à la sensation directe, les caractères de l’objet. Le Japonais, qui compose de souvenir, ne voit plus qu’eux. L’analyse, là, va jusqu’à la dissociation, et la synthèse, ici, jusqu’au schéma.

    L’art des Japonais tient à tel point à caractériser les choses que nos yeux d’Occidentaux ne savent pas toujours différencier chez eux une œuvre de caractère d’un schéma caricatural. La caricature apparaît au moment où l’élément descriptif tend à absorber l’ensemble au lieu de lui rester subordonné. Mais où saisir ce moment-là ? Le caractère et la caricature oscillent autour d’un point purement idéal que tous les yeux ne placent pas au même endroit. Pour un œil japonais, sans doute, le caractère continue, alors que la caricature a déjà commencé pour nous.

    Ce qui entraîne peut-être au delà du but l’artiste du Japon, c’est à la fois la tournure ironique de son esprit et sa miraculeuse adresse, dont il ne se défie pas assez. Quand il saisit dans un éclair la forme en mouvement, – la forme des petits animaux surtout, car Sôsen à part, le peintre sauvage et pur qui vivait dans les bois comme une bête pour surprendre les grappes de singes blottis sur les maîtresses branches et grelottant dans la neige ou le froid de l’aube, le Japonais n’a peut-être pas aussi bien compris les grands mammifères dont son œil un peu myope ne sait pas embrasser la masse, – il donne une impression d’infaillibilité. Il a scruté les microcosmes d’un si patient et sagace regard, que c’est au travers d’eux qu’il a refait le monde, comme le reconstruit un savant dans le champ de l’objectif. Le soleil lui est apparu derrière des toiles d’araignées.

    Près de lui, l’Occident semble avoir négligé, pour ramener tout à l’homme et au milieu général de son action, ce qui est à ras du sol, près de notre œil, à la portée de notre main, ce qui ne se voit qu’en inclinant la tête, en fixant longuement le même point, en ne levant le front que pour reposer ses regards d’avoir trop longtemps regardé. Il a bien vu des formes, et des lignes, et des couleurs, et leurs larges combinaisons, jamais il n’a vu une fleur, ni une plante, il n’a jamais étudié le friselis léger d’une eau, ni le tremblement d’une feuille. Comme il s’enfermait pendant la rafale, il n’a pas vu comment la pluie griffe l’espace ou rebondit dans les flaques du sol, et comme il sortait dès qu’il faisait soleil, il n’a pas étudié la poussière qui danse dans les rayons. Le Japonais, lui, a classifié comme une science les révélations les plus secrètes de sa curiosité ardente.

    Il a l’œil un peu myope, il est fort méticuleux, il s’accroupit pour surveiller ses légumes, soigner ses fleurs, greffer ses arbustes et faire la chasse aux insectes ennemis. La vie de son jardin devient le motif principal de sa méditation qui chemine ironique à travers de minuscules anecdotes et de petits concerts bruissants.

    Mori_Sosen_BaikaEnkou-zu.jpgIl a surpris le vaste monde en ses inquiétudes les plus humbles. Il a visité les fleurs aquatiques avec la brusque libellule, rôdé avec l’abeille de la ruche aux fleurs de glycine, piqué le fruit sucré avec la guêpe, noté la flexion du brin d’herbe sous le poids du papillon. Il a entendu sous les élytres soulevés, se déplisser les ailes transparentes, il a observé avec une sympathie passionnée la tragédie qui se joue entre la mouche et le crapaud, et c’est en regardant les muscles circulaires rouler au flanc des couleuvres qu’il a compris le drame silencieux de l’universelle faim. Il a longuement surveillé les stations mélancoliques sur une haute patte grêle et les immobilités ivres dans la fraîcheur des soleils matinaux. Il a vu, dans les vols rigides, s’allonger les cous, et les yeux ronds clignoter au ras des têtes plates et les becs spatules ou pointus repasser les plumes vernies. Il a décrit les cercles concentriques que font les araignées d’eau sur les mares, il a découvert l’attente des roseaux quand le vent va se lever, l’agitation que l’action des rosées et le voisinage des sources donnent aux graminées et aux fougères. Et comme il avait vécu toutes ces menues aventures, il n’a eu qu’à lever les yeux vers la ligne de l’horizon pour être pénétré au premier choc par la sérénité des montagnes dans la lumière de l’aurore, pour sentir son cœur s’apaiser avec la venue de la nuit, pour laisser alors errer son rêve sur l’immobilité lointaine ou le bercement des mers.

     

     

              Elie Faure - Histoire de l'Art - L'Art médiéval - Le Japon - L'impressionnisme schématique

     

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     * Oeuvre de Mori Sôsen - 18è.

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  • Pourquoi Michel Foucault est-il partout ?

     

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                        En 2013, la revue littéraire en ligne du Nouvelobs « Bibliobs » posait la question suivante : « Pourquoi Michel Foucault est-il partout ? »

    Et une réponse ne tarda pas à pointer le bout de son nez ; ma réponse, en l'occurrence :

                       Eh bien, Michel Foucault est partout car Michel Foucault ne dérange personne ; la production philosophico-sociologico-historique de cet intellectuel affable mais un peu austère, ne perturbe ni ne met en danger aucun système car, avec Michel Foucault, tout le monde peut y trouver son compte : les pauvres, les riches, les homos, les hétéros, les jeunes, les vieux, les cons et les autres ; même les matons et les taulards, c'est vous dire ! Et puis, avec Michel Foucault, ce qui est commode c'est qu'on peut être de gauche, rouler en grosse berline allemande et passer ses vacances au Maroc pour y chercher et y trouver de la chair fraîche à bon marché, mineure dans le meilleur des cas. Faut dire que là-bas, ça ne compte pas. D'ailleurs, rien ne compte ou si peu dans ces régions-là : nos intellos et ministres le savent trop bien.

     

                      Pourquoi Michel Foucault est-il partout demandez-vous ?

                      Bien loin de faire l'unanimité chez les historiens - ce que les médias se gardent bien de préciser à son sujet -, Michel Foucault est un « penseur » de la marginalité : délinquance, homosexualité et folie - ou si l'on préfère : prison, backroom gay et asile psychiatrique -, car Michel Foucault était surtout concerné par Foucault.

    Un penseur en marge Foucault et à la marge de tout ce qui nous permet de trouver des réponses au questionnement suivant : qui fait quoi, à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui. De plus, chez Foucault, on ne nomme personne ; ce qui arrange bien des gens et le système en particulier. C’est la raison pour laquelle tous ceux qui aspirent à une longue et riche carrière lui sont reconnaissants de laisser ses lecteurs dans cette ignorance-là (qui fait quoi, à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui).

    Reconnaissants, on le serait à moins quand on connaît ce qui est aujourd’hui en jeu dans ce questionnement aux multiples entrées et sorties !

    Tenez ! L’Amérique elle non plus, ne s’y est pas trompée comme avec Deleuze et d’autres encore ; dans la subversion des mœurs et de toutes les conventions du quotidien, après l’échec cuisant de mai 68 chez les ouvriers - pas de révolution politique à l’horizon mais libération sexuelle il y aura ! On jouira sans entrave -, Foucault deviendra très vite et très tôt une « pop star des campus universitaires ».

    Bourgeois mondain d'une gauche abstraite, fantasque et bavarde…fossoyeur avec d'autres du rationalisme progressiste, l’Amérique est venu chercher chez Foucault  devinez quoi ?  Cette Amérique qui recycle tout et tout le monde est venue chercher la déconstruction  de l’histoire, de la pensée, de la culture et de l’art européens ; ce qui servait admirablement  les préoccupations  des Etats-Unis des années 70 et 80 : trouver une issue à ce complexe à la fois morale et intellectuelle d’infériorité face à l’Europe, ce berceau multimillénaire de la civilisation occidentale à l’excellence arrogante et plus que dérangeante : Athènes, Rome, Christianisme, Renaissance, les Lumières… deux mille ans de philosophie, d’art et d’histoire…

    Alors, c’est sûr… vous pensez bien ! un poids, un handicap énormes que cet héritage pour tous ceux qui souhaitent se positionner sur une ligne de départ et franchir en tête une ligne d’arrivée et ainsi imposer le triomphe du mercantilisme et l’apothéose du « tout marchandise », une fois l’Europe à poil et  sans chair ; une Europe squelettique.

                    Notons au passage ceci : si Deleuze, Foucault, Derrida furent appelés par les USA et accueillis à bras ouverts, en revanche, le penseur Michel Clouscard qui est à l’origine du concept de «libéral-libertaire » ne fera jamais recette ; il sera superbement ignoré car, avec ce penseur-là, c'est l'ouvrier qui sera appelé à jouir sans entrave, de ses droits principalement, et non les fils de ceux qui l'emploient, à savoir : les patrons et les cadres.

    Et ça, l'Amérique, elle n'aime pas... mais pas du tout !

     

                    On n’en aura donc pas fini avec Foucault ou bien plutôt avec ceux qui n’ont de cesse de confondre progrès et innovation, art et animation culturelle, le prix de la baguette de pain et celui d’une barrette de shit vendue à la sauvette ou bien sous licence d’Etat une fois légalisées les effluves de cette herbe folle ; la prostituée libérée et son client et la traite des êtres humains ; l’homosexualité qui confirme la règle et l’hystérie immature gay qui frappent des individus désoeuvrés ; et puis enfin, une fois la boucle bouclée et parce qu’il faut occuper ses soirées dans des vernissages sans queue ni tête : l’art moderne avec l’art contemporain ; et ce même art contemporain sans culture ni toit avec La révolution.


    D'où l'abus que les médias font de Michel Foucault car on abuse de Foucault comme on abuse de l'alcool ; un abus de consommation et de citations sans risque puisque sans danger pour quiconque souhaite voir sa carrière principalement médiatique et/ou universitaire ainsi que sa tranquillité physique et tranquillité d’esprit prospérer, une fois repu de consensus et de soumission.

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    Pour prolonger, cliquez : Michel Clouscard

     

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  • L'homme de Londres : Simenon, Decoin et Béla Tarr

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                 "Toute la vie durant, on ne fait qu'attendre ; attendre quelque chose qui va changer nos vies ; quelque chose qui nous rende meilleur aussi- Béla Tarr

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                       L'homme de Londres de Georges Simenon - adaptation pour le cinéma d'Henri Decoin - 1943

      

                   Maloin, homme marié, père de deux enfants, mène une vie simple, stable et monotone ; une vie sans but. Lorsqu'il devient témoin d'un meurtre et met la main sur une grosse somme d'argent, sa vie bascule : Maloin incarnera alors l'indestructible désir des êtres pour la vie, la dignité, la liberté et le bonheur. 

     

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                  Là où Henri Decoin a besoin de raconter une histoire pour faire son cinéma dans son adaptation du roman de Simenon en 1943, Béla Tarr, avec le même roman, n'aura besoin que de représenter un homme car, pour Bélar Tarr, faire un film ce n'est pas raconter une histoire mais... représenter quelque chose :

     

                 "Je déteste les histoires" précise-t-il. Quant à la réalité : "La réalité est difficilement saisissable (1) et donc... représentable ; je préfère l'imaginaire."

                 Bélar Tarr n'a pas besoin d'acteurs non plus... mais de personnalités : " Je choisis des personnalités et des situations proches de leur vécu". 

     

                                                   

               L'homme de Londres  - représentation de Béla Tarr pour le cinéma - 2007

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                A ceux qui ignorent encore tout ce qui sépare un réalisateur d'un cinéaste-auteur, et qui plus est... cinéaste-artiste... il leur suffira, après lecture du roman de Simenon, et pour lever ce doute, de visualiser son adaptation par Decoin et sa représentation lancinante par Bélar Tarr.                 

                  L'homme de Londres : un roman, deux films, deux maîtres d'oeuvre donc : l'un réalisateur, l'autre... cinéaste-artiste ; deux protagonistes qui, une fois encore, entre adaptation et représentation, posent la question du lien entre la littérature et le cinéma et de son traitement (2); et au-delà : la place de l'artiste.           

     

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    Béla Tarr apporte une réponse : le cinéma face au roman n'a qu'un rôle à jouer : sublimer ce roman qui viendra à son tour métamorphoser sa représentation cinématographique comme un effet boomerang - transcendance et transfiguration -, jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible de ne pas (re)penser la lecture de l'un suite à la visualisation de l'autre ; et vice versa

     

    1 - Les frères Dardenne sont sans doute les seuls à y parvenir depuis 20 ans.

    2 - La quasi totalité de la production cinématographique - même la meilleure -, a pour origine un texte - romans, nouvelles, théâtre, essais, BD... sans oublier le fait-divers ; ce qui pose la question de l'autonomie du 7è Art et de sa qualification en tant que discipline auto-génératrice d'un univers créatif artistique de premier plan. Et là encore, Béla Tarr apporte une réponse on ne peut plus convaincante.

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  • Euro 2016 : volte-face du cours de l'Histoire

     

                        Euro 2016 : réflexions et enseignements

     

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                    Même moyens, même médiocres, même très en-dessous en termes d’efficacité et de « finish », individuellement ou collectivement, les Allemands restent un adversaire redoutable : l'Euro 2016 nous l'a rappelé.

    Ni l’Italie, ni le Brésil ne nous menacent autant à chaque rencontre. Il y a quelque chose qui, dans notre football, les rend plus forts à chaque fois et nous laisse le plus souvent sans solution. Cette capacité qu’ils ont de nous priver de notre football est chaque fois au rendez-vous.

     Un penalty qu’un autre arbitre aurait très bien pu ne pas siffler ; un geste, un seul, d’un Griezmann toujours à l’affût, droit sur ses jambes, placé au bon endroit, pour saisir une opportunité - un ballon que le gardien de but allemand n'aura pas su saisir dans les airs -, si c’est la première fois que l’Allemagne perd contre la France dans une compétition européenne, 2014 (match de coupe du monde contre la France) n’est sûrement pas la dernière fois qu’elle gagne.

     Il n’en reste pas moins qu’avec ce 2-0 en faveur de la France, c’est une page qui est tournée. Et jamais plus on ne pourra dire : « Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et à la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne ».

     

                      L'Allemagne a dominé, l'équipe de France a gagné. Qui pourra lui reprocher cette victoire ? Certainement pas les Allemands car, être dominé puis gagner, c'est là le résumé de l'histoire du football allemand face à la France depuis les années 70.

    En étant dominée et en gagnant, l'équipe de France a donc fait ce soir un pas de géant : là voilà qui marche sur les traces du football allemand  ; cela nous promet donc d'autres victoires nées de défaites consommées le temps d'un match, statistiquement parlant : possession de balle, tirs cadrés, passes réussies inférieurs à l'équipe adverse... soit ! Mais alors, que la victoire est belle hors statistiques !

     Réalisme et patience, nul doute : la culture du résultat est désormais ancrée dans l'équipe de France.

     

                    Avec cette victoire de la France sur l'Allemagne, l'Euro a inversé le cours de l'histoire du football français : là où il échouait, il gagne mais c'est oublier que cette inversion implique un autre cas de figure : là où le football français gagnait, aujourd'hui il perd ; la défaite contre le Portugal est là pour nous rappeler que l'Histoire n'a pas pour vocation de favoriser la victoire car au football on gagne avec sa tête, ses jambes, ses pieds et son coeur.

     Comme quoi, même quand l'Allemagne perd contre la France, elle ne perd jamais vraiment puisqu'elle réussit dans sa défaite, à nous voler la victoire de l'Euro 2016 par procuration.

     

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                     Dominer et perdre... subir et gagner... 

                     Et d'aucuns de s'interroger, un rien perplexes : "Mais alors, quand est-ce que le football récompensera d'une victoire l'équipe qui crée le meilleur jeu ?"

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    Pour prolonger, cliquez : Euro 2016

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  • Corrida : la vache et le prisonnier

     

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               Espagne : un jeune torero trouve la mort dans l’arène

    Le jeune torero espagnol Victor Barrio, 29 ans, est mort, samedi 9 juillet 2016, lors de la feria de Teruel devant des milliers de spectateurs. Selon les médias espagnols, il s’agit de la première mort d’un torero depuis 1985.

     

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                     Qu'en est-il du courage et de la Corrida ? Corrida au cours de laquelle des milliers d'être humains très certainement lâches et veules au quotidien, s'offrent, toutes classes confondues (1), trente minutes de courage sur le dos d’un taureau expiateur de leur lâcheté à eux tous, et d’un torero bravache, tendu comme un arc, arc-bouté à un orgueil aussi ridicule et désuet que rigide comme la féodalité...

    Torero-serf (2) qui aura pris tous les risques qu'il soit possible de calculer au plus près des probabilités d’une mort aussi symbolique que chimérique en ce qui le concerne puisque cela n’aura échappé à personne : c’est bien toujours le même qui cède et succombe (3), un genou à terre puis deux.

                    Torero dupe néanmoins, dans son habit de lumière car, bougie, il se croit flamme alors qu'il n'en est que la cire, et pas davantage la mèche non plus.

     

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    1 - Qu'importe le niveau d'instruction de ceux qui fréquentent les arènes... on ne compte plus les discours aux justifications aussi fantasques que dévoyées autour de cet engouement pour la vache et son prisonnier, car nul n'ignore ceci : le barbare hautement civilisé a des arguments à nous revendre à chaque fois qu'il s’agit d’expliquer la tauromachie, la civilisation ayant fait de lui un bavard talentueux mais inconséquent. En revanche, regardez donc les grands primitifs : toute leur force et tout leur pouvoir ne sont-ils pas comme ramassés tout entier dans leur silence et parfois même, dans leur immobilité ?

    2 - Rien de surprenant à cela : nombre d'entre eux sont issus de milieux populaires ; d'autres encore... d'une adolescence délinquante ; forçats et gladiateurs tout à la fois.

    – La corrida serait sans aucun doute un métier, un spectacle et un engouement respectables si le Torero mourait plus souvent - disons… une fois sur trois - et le taureau « porté » en triomphe d’autant.

     

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  • Vladimir Veličković... artiste peintre à la recherche d'une frontière...

     

    ... en témoin d'un ici et d'un ailleurs hors de portée. 

     

     

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    Terre, feu et cendres...

     

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                S'il existe une société... en société, trouvez-la-moi cette communauté au destin unique et fraternel !

     

    Ici, et à perte de vue, tous les chantiers sont ouverts. Mais une fois les travaux finis, tout reste à faire car tout, absolument tout, est illisible. Plus on avance plus on s'enferme. Tout est donc clos. Pour améliorer la visibilité de ces territoires, il faudrait tout raser, tout éventrer, tout lacérer.

    Prisonniers d'une architecture conçue hors-sol, sans passé et sans avenir digne de ce nom puisque sans vision, ici, on s'interdit tout. Ici, l'envers c'est l'endroit. Ici, le paysage est un mur géant qui repose sur des fondations d'une profondeur inouïe, aussi profondes que tous les abîmes de tous les gouffres de la condition humaine. Pas moyen de franchir ce mur par en haut ou par en bas même si quelquefois, il se laisse contourner. C'est selon son humeur.

     

     

    Corps meurtris et mutilés...

     

     

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              Ici, le paysage est à genoux, ruiné et vaincu par la toute puissance des calculs au mètre carré, humilié d'une portion congrue.

              Ici, tout est frontière ; une frontière qui traverse chaque centimètre carré ; une frontière floue, dessinée sous la menace car, chaque matin, c'est une nouvelle barrière que l'on dresse et que l’on déplace au gré des rapports de force établis la veille à l'insu de tous ceux qui ont commis l'imprudence de s'absenter quelques jours ou de s'assoupir quelques heures car, si ailleurs les absents ont toujours tort, ici, les absents ont toujours une nouvelle frontière, un nouveau bastion de retard.

    Fraîchement dessinée, cette frontière peut aussi aller s'établir sur votre palier si vous n'y prenez pas garde. Elle peut sournoisement ramper jusqu'au seuil de votre porte et vous déposséder en un tour de main. Entre deux bonds, deux soubresauts, tantôt en avant, tantôt en arrière, cette frontière décide de tout : qui avancera, qui reculera et sur quelle distance. L'accessibilité pour les uns et l'inaccessibilité pour les autres sont les deux domaines qui relèvent tout particulièrement de sa compétence. Cette frontière décide chaque de mouvement, de chaque pause. Elle distribue les places au soleil et à l'ombre. Avec elle, tout peut arriver ou bien... rien. Tout peut donc rester figé pendant des semaines.

    Ici, dans son intérieur comme dans son extérieur, tout est cible ; tout ce qui vit, tout ce qui bouge est suspect. Ici, rien n'est dû, tout est à conquérir.

    Ici, on n'habite pas les lieux, on les occupe, on les subit car tout est inhabitable.

     

    Territoires improbables

    Zones dévastées

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    __________________

     

     

               Né à Belgrade en 1935, diplômé en architecture, Vladimir Veličković vit et travaille à Paris depuis 1965. 

     


     

    (Entretien-vidéo avec le peintre)

     

    Galerie du peintre : cliquez peinture, dessins, autoportrait

     

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