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Art et culture - Page 5

  • “Le Guépard” ou quand Visconti est en "panne" de cinéma

    le guépard de visconti, la mafia sicilienne et Le Guépard (Il Gattopardo) est l'unique roman de l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa, paru en 1958 à titre posthume 

                     Le Guépard (Il Gattopardo) est l'unique roman de l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa, paru en 1958 à titre posthume adapté pour le cinéma par le réalisateur italien Luchino Visconti en 1963.

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                   .... adulé par toute la critique, génération après génération, dans un mimétisme sans courage ni discernement... (le premier critique de cinéma qui dira du mal de ce film perdra son boulot, c'est à croire !) "Le Guépard" ne souffre donc aucun reproche, aucune critique.

    Et pourtant ! Avec ce long métrage de 3 heures qui a toutes les allures d'une longue cérémonie d'ouverture d'un festival de cinéma (Cannes, pour ne pas le citer), il se pourrait bien qu'il s'agisse là d'un des films les plus sur-évalués qui soit ; un film hyper-académique dans sa mise en scène - c'est-à-dire : sans dynamisme, sans volonté ni imagination -, même si Burt Lancaster crève l'écran car cet acteur crève tous les écrans de tous les films dans lesquels il tourne.
     
    Un détail néanmoins, oh... trois fois rien ! Claudia Cardinale, pseudo icône féminine, fait franchement "bonniche" ; Alain Delon, lui, n'a que son sourire et une interpellation sur le mode "Mon oncle ! mon oncle ! mon oncle !....."(Burt Lancaster) aussi récurrente que superfétatoire puisque les deux personnages n'ont rien à échanger ; rien à dire, Delon n'a pratiquement rien à faire non plus et c'est peut-être mieux comme ça.
     

    Le Guépard (Il Gattopardo) est l'unique roman de l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa, paru en 1958 à titre posthume, burt lancaster visconti

    Cela étant posé, autres parenthèses : le meilleur de Delon, on le trouve dans "Plein Soleil" trois ans plus tôt ; le cinéma ne lui confiera jamais un si bon rôle (rôle identique à celui de "La piscine" soit dit en passant, même si Deray n'est bien évidemment pas Clément - à noter le fait que Delon "tuera" à ces deux occasions, un homme, un acteur tellement plus "intéressant" que son "meurtrier Delon", dans la vie comme dans le cinéma : Maurice Ronet).
     
    Le Guépard (Il Gattopardo) est l'unique roman de l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa, paru en 1958 à titre posthume
       
    Mais... revenons au fond du film... tout au fond...
     
    Hormis le fait que "Le guépard" c'est "Visconti en panne de cinéma"... difficile néanmoins de contester le caractère historique de ce qui nous est donné à voir et à entendre puisque ce film cache un ouvrage qui nous rappelle une vérité tout aussi historique : alors que la révolution garibaldienne fait irruption en Sicile en 1860, c'est bel et bien la Mafia qui s'apprête à succéder à l'aristocratie et non une hypothétique République sortie d'un chapeau car rien ne prédispose cette société sicilienne  à un tel destin historique ; rien ne l'y a préparée ; ce qui n'a, là encore, rien de surprenant puisque la Mafia repose sur le vol de la propriété d'autrui, de son travail et de son savoir-faire via le racket et le blanchiment de capitaux issus d'activités criminelles (traite humaine et drogue), et  l'aristocratie, elle, repose sur l'oisiveté : on fait travailler les autres ( le vol, encore le vol et le détournement des richesses !).
     
    Dans ces deux modes d'organisation de l'existence - captation, paternalisme et dépendance totale -, l'individu ne compte pas en tant que tel ; il n'a aucun droit sinon un seul qui n'est qu'un devoir : servir un collectif indivisible et indifférencié. La Mafia supplantera et singera donc l'aristocratie (1) : et c'est le cinéma qui ne s'y est pas trompé puisque...  aux USA et au Japon,  les réalisateurs que sont Coppola et Kitano filmeront cette Mafia comme Visconti, 20 ans plus tôt,  le prince Fabrizio Corbera de Salina (Lancaster), à son arrivée dans son domaine : des hommes, des femmes, des enfants se sont rassemblés : c’est « la main d’œuvre du prince » encadrée par un maire aussi flagorneur que déférant, aussi déférant que craintif, de courbettes en courbettes ; tous sont venus accueillir le maître des lieux, intimidés et reconnaissants car, révolution garibaldienne ou non, tous sont manifestement incapables d'imaginer un autre sort pour eux-mêmes.
     
    Inutile de préciser que la Mafia mettra un point d'honneur à les y enfermer à double tour dans cette résignation qui est la leur.
     
     
     
    1 - " Nous sommes des léopards , des lions et les chacals et les hyènes nous substitueront et tutti quanti , les lions , les chacals , les moutons, continueront à croire au sel de la terre »...... ainsi prophétise le conte Salina. Ce n'est que le point de vue de l'auteur (et de Visconti) ; point de vue fort discutable puisqu'il s'agit d'un point de vue partisan ; celui d'une classe : l'aristocratie. Dans les faits, la Mafia s'appuiera sur l'Aristocratie, son mode de fonctionnement et d'organisation de l'existence des Siciliens pour se développer et prospérer sans rencontrer d'opposition notoire puisque tout était déjà en place ; il suffisait simplement de changer les Maîtres.
     
    Le personne de Delon, républicain garibaldien,  ne croit pas si bien dire lorsqu'il affirme, un rien cynique comme pour rassurer son oncle (le conte Salina) : "Il faut que tout change pour que rien ne change".... car ce personnage oublie un détail important : ce n'est pas la République qui servira de paravent mais la Mafia. Et dans ce contexte, le personne de Delon n'y aura pas sa place. Il sera balayé. 
     
    Ce que semble ignorer nombre de commentateurs de l'ouvrage de Giuseppe Tomasi di Lampedusa.
     
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  • Le cheval de Turin : Béla Taar ou le refus... envers et contre tous

     

     

     

                  Pour la petite histoire, face au grand artiste qu’est Béla Taar, réalisateur hongrois, Le cheval de Turin film sorti en 2011, a pour origine un incident qui bouleversera la vie d’un certain Friedrich Nietzsche :  le 3 janvier 1889, alors qu'il effectuait un trajet en calèche dans la ville de Turin, le cheval cessa d'avancer. Incapable de le remettre en marche, le cocher battit la bête, ce qui suscita chez le philosophe un élan de compassion irrépressible d'une intensité hors du commun :  Nietzsche se pendit au cou de l'animal et passa, prostré, les dix dernières années de sa vie dans un état de démence.

    De là à penser que Béla Tarr, qui aurait été présent ce jour-là, n’aurait trouvé rien de mieux que de rentrer avec ce cheval et son cocher jusqu’à cette ferme isolée battu par une tempête du diable, un père taiseux et sa fille, une charrette et ce même cheval qu'on attellera puis détellera, une fois, dix fois... avant de renoncer...

    Grande est la tentation !

     

                  Film frugal tout comme le repas qu’un père et sa fille partageront jour après jour - des pommes de terre cuites à l’eau au gros sel -, tandis que dans la grange, un cheval refusera bientôt toute nourriture ; et à propos de cet animal, on sera tenté de se dire que si ce cheval avait eu le don de la parole, nul doute, serait-ce sans un mot qu’il aurait mené sa vie...

     

              

     

                   Cinéaste au rythme cardiaque très lent, cinéma en apnée car, si d'aucuns savent retenir leur souffle, d'autres savent retenir le temps comme personne, tout comme cette musique musclée - organum et cordes dans le grave  -, véritable bombe à retardement lancinante et récurrente (en do mineur), destinée à porter et à accompagner 30 plans-séquences de cinq minutes chacun, plans contemplatifs pour l'uns, pour d’autres,  moins compréhensifs ou pusillanimes, plans interminables...

    Ces plans trouveront pourtant leur raison d’être, leur force, leur efficacité, leur caractère aussi rare que précieux (comme chacun sait, le cinéma ce n’est pas ce qui nous est montré mais ce qui nous est révélé !) dans le fait que, tous ces plans, sans exception, forceront le spectateur à quitter l’image et l'écran pour rentrer dans lui-même et y poursuivre deux heures et demie durant, même et surtout somnolent, sa propre œuvre que devient alors sa vie pour le temps qu'il lui sera donné d'être le spectateur de Béla Tarr.

    Pour cette raison, Le cheval de Turin se rêve autant qu'il se voit. Aussi, et vraiment ! on peut affirmer qu’avec le cinéma de Béla Tarr c’est autant le spectateur qui fait le film que le réalisateur. Et nous devrions tous demander à partager avec lui l’Ours d’argent que le film a reçu à l'occasion du dernier festival de Berlin.

                   Artiste d’une radicalité qui n’a besoin ni de discours ni de justification, fascinés nous sommes face à la volonté de fer de ce réalisateur pour lequel aucun compromis n’est une option ! Et si au cinéma, le noir-et-blanc reste bien le choix de ceux qui ont encore quelque chose à dire, et la couleur, celle de l’industrie cinématographique, avilissant tout ce qu’elle touche et recouvre…

    Le cheval de Turin restera un gigantesque bras d’honneur adressé à cette modernité cinématographique imbécile et veule, film après film - un film chassant l'autre -, d'un Béla Tarr ennemi public numéro un de tous ceux qui ont la faiblesse, la bêtise ou la naïveté de penser que le cinéma n’est qu’un divertissement destiné à nous faire vivre par procuration des vies au suspense insoutenable, dans la fureur, le bruit, le sang, les larmes et la sueur de coïts sans nombre...

    Mais alors... qu'ils passent donc leur chemin ! Le  prochain Eastwood (Eh oui ! Déjà le suivant ! Car, c'est bien connu : les gens qui n'ont pas idée en ont cinquante par jour), avec ses acteurs- tâcherons d’une industrie sans art, y pourvoira, car quelque part, dans une province hongroise, un réalisateur  attend les plus exigeants d'entre nous.

     

    ***

     

                  Après le passage d'un groupe de tziganes que personne n’a invité, chassé à la hache, l’eau du puits s’est tarie,  la tempête s’est tue, le soleil a fondu et l’aube ne s’est plus levée...

     

    (Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin le puits se vide)

     

    Après l'eau, c'est une lampe à pétrole, au réservoir pourtant plein, qui refusera définitivement d'éclairer la demeure d'un père et de sa fille, et bientôt l'écran car,  plus de lumière, plus de cinéma !

     

    ***

     

                  Béla Tarr écrase tout sauf le spectateur, et longtemps on pourra se demander avec lui qui n’en a aucune idée aujourd’hui encore, et même après plus de dix films, quelle peut bien être l’origine (quelle scène primitive au traumatisme fondateur ?) d'un tel parti-pris artistique, d’un tel refus proche d'un Bartleby, obstiné et têtu, d'une telle démarche hors du commun, même si une réponse semble s'imposer :

    A l'origine de cette radicalité sans doute trouvera-t-on le refus (encore le refus !) d'un monde dans lequel il n'est plus possible de vivre sans tuer l’autre ou dans le meilleur des cas, sans pourrir irrémédiablement la vie de son voisin avant de ruiner sa vie propre dans une lutte acharnée et cruelle pour une survie qui n’est déjà plus une vie mais un commencement de mort lente et sinistre. 

                     Et si l'on tend l’oreille, on pourra très certainement entendre de la voix de Béla Tarr nous signifier ceci : « Dans ces circonstances, ce sera sans moi ! ». En effet, Le cheval de Turin est l'ultime film d'un cinéaste qui abandonne le cinéma.

     

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  • Crise de la transmission et deuil de l'oubli - 3

     

     

                   Ce que vous n'avez pas connu ne peut en aucun cas vous manquer !

           En sommes-nous si sûrs aujourd'hui ?

     

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    Le dernier des hommes de Friedrich Wilhelm Murnau - 1924

    ou l'homme au rebut.

     

     
                                 

     

                            Ordet (La Parole), de Carl Dreyer - 1955 ; d'après la pièce de théâtre du Danois Kaj Munk

                     Comment embrasser la totalité de l'univers, alors que le matérialisme et le scepticisme n'en voient qu'une partie dont ils ont la folie de croire qu'elle est le tout ?

     

     

    Le sacrifice d'Andrei Tarkovski - 1986

    Comment combler l'absence d'un espace réservé à la vie spirituelle ? Et la menace que cette absence fait peser sur chacun d'entre nous.

     

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                Le dernier des hommes, Ordet, Le sacrifice... Murnau, Dreyer, Tarkovski... et d'autres...

    Qui les protègera de l'oubli, de cette perte de mémoire, de cette amnésie savamment organisée et entretenue par des marchands de succédanés et une économie de l'ersatz qui a tout emporté sur son passage ?

    Au sujet de cet oubli, le véritable deuil, finalement, n’a pas pour objet la perte - à l'heure du numérique, plus rien ne se perd, et pour peu qu’il s’agisse d’une œuvre, celle-ci est indestructible : désormais, ce qui a été le sera à jamais !

    Non ! Aujourd'hui, le deuil a bien plutôt pour objet l’absence de transmission et l’ignorance certaine de ceux à qui aucune chance ne sera donnée de découvrir et de connaître tout ce dont il nous a été donné d'être les témoins...

    Car si Internet c'est toute la mémoire du monde, avec le concours de millions d'acteurs du web déterminés à transmettre le passé, même récent, encore faut-il soupçonner l'existence de tout ce qu'une génération a pu faire advenir intellectuellement et artistiquement.

     

                  Le deuil, c’est donc le deuil de la non-transmission avec lequel il nous faut vivre ; le deuil de notre incapacité à pouvoir transmettre et « raconter l’autre » qui n’est plus ; le raconter auprès d’un public absent, indisponible ; des millions d'êtres humains privés de leurs capacités à faire un pas en arrière car, aujourd’hui,  il n’est donné à personne de se retourner : "Pas le temps ! Et puis j'étais pas né !"

    Et ce deuil-là est sans recours ni consolation.

     

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  • Une contre-histoire de la construction européenne avec François Asselineau

               Conférence de François Asselineau sur la construction européenne :extrait - Vidéo de la conférence dans son intégralité (4 heures) à l'adresse suivante http://www.youtube.com/watch?v=V98JGcnlTOQ

     

               Révolution américaine – liberté du commerce, libre échange et domination -, contre  Révolution française - liberté, égalité et fraternité -,...

    Deux Révolutions, deux projets irréconciliables.. l'un devant s'effacer devant la détermination et la puissance de l'autre...

    Monet et Robert Schuman dont les discours étaient écrits à Washington, Margaret Thatcher et son importation d'un Friedman étasunien à la théorie économique et financière destructrice de la civilisation européenne, et Tony Blair comme autant d’agents américains au service d’une Europe qui jamais ne sera autorisée à faire contrepoids aux Etats-Unis avec un Jacques Delors en imbécile-utile d'un projet anti-européen...

    La vision française d'une Europe indépendante à six ne progressera plus après la chute de Gaulle face aux Etats-Unis maître d’ouvrage d'une Europe sans pouvoir et sans voix, Président après Président, de Eisenhower à Clinton, et ses agents maîtres d’œuvre dont la collaboration et l'action culmineront avec l'intervention anglo-française en Libye : les Etats-Unis l'avaient rêvé (et ordonné ?), l'Europe l'a fait !

    De l'élargissement à 27 comme pour mieux étouffer en elle toutes velléités d’indépendance ou d’autonomie... à la tentative d’intégration de la Turquie (œuvre de Tony Blair - avec l’élargissement) comme ultime  tentative de noyer l'Europe une bonne fois pour toutes...

    Enchaîner l’adversaire (La France en priorité) jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se mouvoir, se défendre et contre-attaquer… c'est le stratagème des chaînes: Otan et U.E pour une domination à la fois militaire et civile d'une Europe de 27 co-propriétaires avec pour syndic les Etats-Unis dans le rôle de fédérateur d'un projet européen sur lequel on ne crachera jamais assez.

     

                 Merci à François Asselineau pour cette contre-histoire de la construction européenne. Et au passage on ne manquera pas de remarquer qu’il n'y a plus aujourd'hui que ces "gens-là", les "infréquentables"  - et pour cause -,  qui soient capables d'éclairer le mensonge d’où qu’il vienne….

    Rien de surprenant à cela :  les hommes brillants ne sont jamais aussi brillants que lorsqu’ils ne sont pas aux affaires… et plus encore quand ils n’ont pratiquement aucun espoir d'y parvenir.

    Le bannissement aurait-il  finalement du bon ?

     

                 Mais alors, que celui qui n'a été encore banni se taise à jamais ! C'est qu'il n'a jamais eu et n'aura jamais quoi que ce soit d'important à nous révéler sur le passé, le présent... et pour l'avenir.

    Au passage, on ne remerciera jamais assez Internet, preuve irréfutable s’il en est une… parmi tant d’autres… que le système est capable aussi de se tirer une balle dans le pied avec cette possibilité donnée à tout un chacun d’éclairer le mensonge et de rétablir la vérité.

    Mais alors… que toute la mémoire du monde qu’est Internet demeure à jamais accessible, et son danger sera plus grand encore et le mensonge plus vulnérable que jamais !

    Car, une conférence comme celle d’Asselineau force la réflexion suivante : il est grand temps de se décider à sortir de l’ombre et de l’oubli tous ceux qui, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ont été bannis de toutes les ressources et références textuelles, lexicales et bibliographiques, black-listés par centaines, exclus de tous les podiums et dont la moindre évocation condamne à l’exil et à la ruine… 

    Mais alors... que la lumière soit ! 

    Précipitons-nous sans plus attendre dans tous les cimetières ! Tels des feux follets, parcourons leurs allées ! Dès maintenant, dans l'urgence d'une nécessité absolue, ouvrons les tombeaux, fouillons les tombes et les cercueils ! Que l'on perquisitionne les bibliothèques aussi.. et leur sous-sol ! Investissons les vestiaires ! Faisons les poches des manteaux pour à coup sûr, y trouver des ouvrages vendus sous cape mais sans rire, avec le plus grand sérieux du monde donc, d’un murmure, d’un signe, d’un regard à la fois complice et anxieux, avide de vérités encore insoupçonnables…

    Car l’ignorance et la falsification sont bel et bien les armes les plus efficace de toutes les tyrannies molles…

    Et que ceux qui n’ont pas renoncé à affronter tout ce qu’ils ignorent encore contribuent jour après jour à cette nouvelle exigence de réhabilitation fruit d’une pensée qui ne reconnaît qu’un seul intérêt : celui de la vérité des faits et des stratégies qui se cachent derrière le mensonge qui a pour vitrine des hommes et des femmes dont la médiocrité des analyses et des exposés depuis plus d’un demi-siècle - médiocrité et lâcheté sans précédents dans l’Histoire -, n’a d’égale que la pauvreté de leur curriculum vitae. 

              Car notre salut, et celui d'une époque humiliée et résignée, c’est bien dans la haine que nous ne manquerons de susciter que nous le trouverons.

     

     

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                Une Europe à 27, une Europe inopérante, une Grande-Bretagne cheval de Troie étasunien… c’est sûr, de Gaulle n’avait rien à faire dans ce tableau, il n'avait aucune place dans ce projet !


    De Gaulle contre les USA (4sur4) par gaune_692

     

               Pour illustrer cette contre-histoire de la construction européenne, le rappel de l'action d’un de Gaulle aux commandes de la France.

    De Gaulle en 1962 : « Dans un monde où tout se ramène à la menace d'un conflit général, l'idée d'une Europe occidentale unie et qui aurait assez de force, assez de moyens et assez de cohésion pour exister par elle -même,  cette idée - là apparaît tout naturellement. L’Europe occidentale - qu'il s'agisse de son action vis-à-vis des autres Peuples, ou de sa propre défense, ou de sa contribution au développement des régions qui en ont besoin, ou de son devoir d'équilibre et de détente internationale - doit se constituer politiquement. »

    Reconnaissance de la Chine de Mao, traité d’union avec l’Allemagne contre les USA, politique de détente avec l’URSS, retrait de la France de l’Otan en 1966…

    De Gaulle est condamné.

    Et c’est alors que Mai 68 arrive, celui des étudiants - faut-il y voir la main des Etat-Unis ? Coup de grâce qui mettra K.O en moins d’un an le Gaullisme.

     

                Le référendum sur « le projet de loi relatif à la création de régions et à la rénovation du Sénat » aura lieu un certain 27 avril 1969. La proposition est rejetée. Fidèle à sa promesse de Gaulle démissionne.

    Référendum-prétexte à sa démission ? De Gaulle avait-il tout simplement compris qu’il n’était pas de taille à livrer seul, sans majorité politique et sans soutien en Europe, cette bataille d'une France autonome dans une Europe indépendante ?

     

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  • Duo Marsault dessinateur, Papacito chroniqueur bloggeur


     

                             

     

                                              Marsault dessinateur-créateur BD pour lequel la virilité c'est  se tenir droits sur ses valeurs et ne pas céder de terrain : honnêteté et responsabilité individuelle.

     

                                              Son site : Marsault Breum


                                           

     

                                                       Drôle, sérieux et chaotique

                           

     

    Punchlines parodiques, richesse lexicale, invention langagière époustouflante ...

    délire et maîtrise

     

     


     

     

                                                                             Editions RING ICI

     

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                         Un autre regard sur nos deux comparses : regard critique et sarcastique de Alain Soral, tout aussi drôle...

     

                             
                                    

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  • Polisse : le sans-faute de Maïwenn ?

                  

              Que du talent, de l'intelligence et du culot dans ce dernier opus de Maïwenn ? Très certainement.

    Un casting à vous couper le souffle (du plus petit intervenant aux acteurs principaux), une direction d'acteurs et une mise en scène d'une qualité aujourd'hui bien trop rare (parfois même... quasi inexistante) dans le cinéma français pour ne pas être saluée...

    C'est admiratif que l'on quitte ce film. Même si.... 

                 Deux bémols toutefois : 

                 - Il est vrai que l'on peut trouver plutôt détestable qu'un acteur quel qu'il soit, accepte de se voir attribuer le "beau rôle" ; un rôle sans ambivalence... un personnage à la "je suis vraiment un type bien ! Pas vrai ?" que sa compagne et réalisatrice ont réservé à Joey Star (la réalisatrice ne s'en cache pas ; elle a fait ce film pour son compagnon qu'est l'acteur)..... ça en devient même embarrassant après une heure ! Avoir placé Joey Star au centre du film, c'était finalement assez opportuniste sur un plan commercial et démago aussi. En revanche, les personnes joués par Karine Viard et Marina Fois sont bien plus riches, et puis surtout, bien plus près de ce que nous sommes tous : avec elles, la vérité reprend ses droits après le mensonge du personnage de Joey Star.

              - Plus proche du petit que du grand écran - génération télé oblige, sans doute ! -, avec Polisse, le cinéma (1)... tel qu'il est né avec Metropolis et tel qu'il a pu se développer avec Citizen Kane semble s'être fait la malle, même si Cassavetes n'est pas parti bien loin.

     

              Qu'importe ! Puisque l'on peut raisonnablement penser que l'oeuvre de Maïwenn n'en avait pas besoin.  

     

     

    1 - Ce qui tente une nouvelle fois à prouver que le cinéma, ce n'est pas que de la mise en scène et de la direction d'acteurs...

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  • Jean-Michel Ribes, l'iconoclaste de l'Etat PS

     

     

                    Jean-Michel Ribes (1), directeur du théâtre du Rond point, à propos de la sortie de son ouvrage "Mille et un morceaux".

    Cinq cent dix pages soi-disant "bourrées d'anecdotes et de piques" ; la critique ose même parler "de réflexions" ... que personne ne lira en dehors du cercle de l'auteur et de quelques unes de ses têtes de turque.

               Pour sûr ! Encore du papier de perdu !

     

     

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                Jean-Michel Ribes ou la fausse gauche PS subventionnée ras la gueule avec les impôts de la classe ouvrière (Si, si ! Les classes populaires paient des impôts ! La TVA, premier revenu du budget de l'Etat) et dont l'anti-système se résume à l'anti-sarkozisme.

                C'est sûr ! De quoi faire trembler la bourgeoisie des centres-villes qui, depuis trente ans, reconduit des gouvernements de la "fausse gauche" et de la droite qui n'ont de cesse de précariser des millions de salariés tout en se faisant les complices d'une instrumentalisation du Front national destinée à garantir à cette même bourgeoisie mondialiste la continuité de sa domination.

     

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                   Faut dire que Jean-Michel Ribes n'est jamais très loin d'un banquier non plus. Ici avec Pierre Berger, mécène de tous ceux qui pensent comme lui ; un Pierre Berger qui voit dans le corps humain en général, et dans celui de la femme en particulier, l'optimisation de la ressource humaine jusque dans l'accouchement pour autrui : le ventre travailleur, l'utérus productif ; et l'extraction de la plus-value par le vagin.

                   Encore un homme de cette nouvelle gauche, assurément ! Celle qui se situe tout simplement à droite.

     

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                   Mais alors.. qui a dit : "On peint pour les pires de la société" comme on aurait pu le dire à propos du théâtre ?

     

     

     

    1 - Jean-Michel Ribes, né le 15 décembre 1946 à Paris, est un acteur, dramaturge, metteur en scène de théâtre, réalisateur, scénariste français et auteur de publicités. Il dirige actuellement le Théâtre du Rond-Point à Paris.

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  • "Le locataire" de Roman Polanski et la France des années 70...

    le locataire de polanski, topor le locataire chimérique

     

                 "Le Locataire chimérique" est un roman de Roland Topor, publié en 1964. 

                 "Le locataire" dans son adaptation cinématographique met en scène un jeune homme trentenaire, d'origine étrangère qui emménage dans un petit deux-pièces parisien dont la locataire qui l'a précédé s'est suicidée ; il suscitera d'emblée l'hostilité du propriétaire et de ses voisins."

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                  Univers sournois, hostile, étouffant, à la fois sordide et morbide... délire de persécution, délire paranoïaque... c'est sûr, avec ce long métrage du réalisateur Roman Polanski, l'oeuvre de Kafka n'est pas loin.

    Laideur des lieux, laideur des visages (un casting sur mesure nous est présenté), laideur des comportements... seul le personnage confié à Isabelle Adjani trouvera grâce aux yeux du réalisateur  ; un personnage attentionné, modeste et sans prétention aucune. 

                   Logé dans un immeuble de pétitionnaires et de délateurs (on pétitionne contre les plus faibles : une mère et sa fille de 12 ans paralysée)...  ce locataire  - le rôle titre est tenu par le réalisateur lui-même ;  ce qui est loin de n'être qu'un détail... anodin qui plus est -, petit bonhomme au corps chétif, à la voix fluette et à l'accent étranger (le seul accent étranger du film même si le casting fait appel en partie à des acteurs anglophones), naturalisé français - il y tient ! -, ce locataire nommé Trelkovsky n'a de cesse de compenser en se montrant en toute occasion accommodant et serviable sans doute dans l'espoir d'être accepté par son entourage composé principalement de ce qu'il faut bien nommer des "porcs" (ces collègues de travail en l'occurrence)  et des "salauds" (les locataires et le propriétaire de l'immeuble).

    Laideur, encore la laideur ! 

    Force est de constater qu'il ne peut s'agir d'une simple coïncidence un tel parti pris à la fois sociologique,  esthétique et psychologique ! Ce choix délibéré a bel et bien sa raison d'être. Aussi, grande est la tentation de voir dans "Le locataire" l'expérience personnelle de Roman Polanski  à son arrivée ( et retour) dans l'hexagone ainsi qu' un portrait sans concession de la société française dressé par un "étranger" qui n'a pas oublié, dans les années 60 et 70 ( et l'auteur Roland Topor dans d'autres circonstances), cette expérience décevante et humiliante avec la France bien qu'il y soit pourtant né dans les années 20 avant de rejoindre la Pologne à l'âge de trois ans.

                  Portrait de la société française ? La France et cet étranger qui n'a qu'à bien se tenir ?  Avec "Le locataire"... manifestement Polanski a gardé en mémoire  les années de "vaches maigres", l'ostracisme et le dédain de notre industrie du cinéma à son égard ; personne n'étant désireux de lui faire une place.

    Rappelons ceci : n'arrivant à rien, Polanski quittera la France pour Londres.

     

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                    Il est vrai que.... de "Polanski le sur-doué", nos réalisateurs - en particulier ceux de la nouvelle vague  aux grosses lacunes techniques et scénaristiques  -, avaient tout à craindre car leur cinéma à eux tous restera longtemps très très en deçà de tout ce que Polanski aura déjà produit ; formé en Pologne dans la célèbre école de cinéma de Lotz, à la sortie en salle du "Locataire" en 1976, Roman Polanski a plus de quinze années de cinéma derrière lui ; cinéma primé aux USA, à Berlin, à Venise et à Londres ;  lui si jeune encore : il a à peine 40 ans. 

                   Parabole allégorique -  au cours d'une scène brève, dans le cadrage, et encore une fois, avec le choix de l'acteur dans le rôle d'un commissaire de police, c'est Vichy qui est là, présent, encore, comme à l'affût ; nous sommes en 1976 certes, sous la présidence de Giscard d'Estaing,  et pourtant la période de la collaboration n'est pas loin ; on la sent tout près. C'est Polanski qui nous met la tête sous l'eau jusqu'à la suffocation  à propos d'un épisode historique pas encore contée ni élucidée dans ces années-là...

    Satire de la bêtise humaine et de sa cruauté, exploration de la folie et de son cheminement - trouble de la personnalité en particulier : thème récurrent chez le réalisateur (1)-, la dernière réplique du locataire Trelkovsky  "Vous êtes tous des assassins !" n'est sûrement pas à mettre sur le compte de cette folie seule. Cette accusation sonne comme un verdict ; un verdict exagéré, disproportionné sans doute, un verdict qui s'appuie sur l'émotion plus que sur la raison... - raison des faits en particulier -, cependant,  il y a dans ce dernier cri comme une vérité après plus d'une heure-trente passée au côté de ce petit homme sans histoire mais dont l'Histoire de toute sa vie,  brève et immense puisqu'il n'en aura pas d'autre, aura pour sortie, très théâtrale au demeurant , un saut dans le vide d'une existence devenue non-négociable et par voie de conséquence : inassimilable. 

    Il faut bien dire, à la décharge de tous, que l'être  humain est sans rival lorsqu'il s'agit d'enfermer et de s'enfermer à double tour. Le personnage  de Polanski ne se sera, semble-t-il, accordé aucune chance d'éviter cette tentation qui lui ressemblait trop sans doute.

     

     

    1 - A l'aune des accusations de viol portées contre le réalisateur - accusations le plus souvent avérées -, que l'on rappelle ici que tous les films de Polanski, les meilleurs de ses films, ne parlent que de ça : trouble de la personnalité, ligne rouge franchie sous l’emprise de pulsions irrépressibles ; pensez à Chinatown et la confession du personnage joué par John Huston  qui, soit dit en passant, vole la vedette à tous les acteurs masculins de la distribution ; confession comme suit : « Peu d’hommes savent qu’au cours d’une vie, dans certaines circonstances, n’importe qui peut commettre le pire » - référence à l’inceste et au viol en ce qui concerne Chinatown. Voyez  "Répulsion", "Tess" (encore le viol) ; La Jeune Fille et la Mort (confession du violeur : « j’ai aimé le faire à ces femmes terrorisées »......

    Hors de la fiction, dans la vie, la vraie, témoignage après témoignage, il semblerait bien que l’on s'oriente définitivement vers cette évidence : avec Polanski, il est manifestement question d'un pervers sexuel et violeur multirécidivistes d’adolescentes et de femmes très jeunes. 

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  • "Blind shaft" de Li Yan

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     " J'élimine tout obstacle à mon enrichissement" professe un mineur meurtrier.

     

               A l’autre bout du monde… avec Blind Shaft en 2003, le réalisateur chinois Li Yang met en scène une Chine issue du passage d’un communisme dur à un capitalisme sauvage d'Etat : individualisme forcené et a-moralité sont cultivés sans vergogne et contaminent les plus humbles et les plus fragiles, dans le contexte d’une mine de charbon illégale qui prospère grâce à la corruption des autorités locales.

    Un puits sans fond cette mine occupée par des migrants, loin de leur village et de leur famille, très loin, dans ce vaste territoire privé d’horizon, jusqu’à en devenir aveugle. Une mine "tonneau des Danaïdes" pour y engloutir des êtres humains qui ne valent que ce que la famille réclamera comme indemnité en cas de décès (accidentel ou pas !), et ce que le propriétaire sera disposé à verser comme indemnités : situation donnant lieu à des tractations indignes entre les intéressés ; une mort est vite indemnisée et le poste vacant très vite occupé.

                    Dans la dernière scène, un crématorium - le corps d’un mineur y est incinéré -, et son conduit de cheminée d’où une fumée épaisse et noire s’échappe, sont placés sous le regard figé d’un jeune mineur héros malgré lui d’un film sans complaisance ; son regard à la fois absent et hébété nous conduira sans équivoque à une prise de conscience d’une réalité dévoreuse de toute considération pour quelque vie humaine que ce soit.

    Cette dernière scène forcera la réflexion suivante : jamais dans aucun pays (sinon dans l’Europe des 18è et 19è siècles) de telles conditions ont été réunies pour un développement économique auquel on sacrifiera tout car, en son nom, tout sera permis : le capitalisme occidental l’avait rêvé - et en rêve aujourd’hui encore ! Le capitalisme chinois, lui, l’a fait.

     

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  • American sniper - American bastard

     

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               "American sniper" de Clint Eastwood aura battu tous les records aux Etats-Unis dans les 2 premières semaines de son exploitation en décembre 2014 ; ce sera le plus gros succès commercial de la carrière du réalisateur.

     

    ***

     

              Sorti en France en février 2015,  American sniper "raconte" l’histoire de Chris Kyle de l’US Navy Seal aujourd'hui célèbre, et tout aussi célébré, pour sa remarquable efficacité durant son engagement en Irak ; efficacité en tant que sniper... bien entendu. 

    L’effet direct du film sur le public américain ne tardera pas à se faire sentir ; les retombées seront islamophobes et racistes :

    « Un p*** de bon film et maintenant je veux vraiment tuer certains de ces p*** d’enturbannés ! »

    ou bien encore...

    « Amerian Sniper me donne envie d’aller tirer sur quelques p*** d’arabes ! » déclare un autre spectateur.

     

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                 Quant au réalisateur, ce pauvre Eastwood, il ne se sera décidément rien épargné durant sa longue, trop longue carrière (1) - un film tous les ans depuis trente ans -, puisqu'il signe là son film le plus affligeant ; un film d'une ignorance et d'une bêtise crasses, et par voix de conséquence, moralement (et politiquement... pour peu qu'Easwood et son public soient capables de comprendre ce que cet adverbe implique) abject.

    Comme quoi, on ne se refait pas ! Jamais ! Et plus encore lorsque l'on ne peut pas cacher très longtemps d'où l'on vient ! C'est sûr : Eastwood n'aurait jamais dû quitter le western spaghetti et s'effacer avec lui, ou bien encore, garder son costume d'inspecteur Harry, de triste mémoire, avant de prendre sa retraite dans l'oubli. Cela fait des années que nous sommes nombreux à tenter de convaincre la critique cinématographique à ce sujet, en particulier Télérama, les Inrocks, Positif (Michel Ciment en particulier qui ne jure que par lui - faut dire qu'ils ont le même âge et qu'aucun des deux n'a le courage de raccrocher)  et "Les cahiers" : en vain (1).

     

                  Car... mais faut-il le préciser ?... avec "American Sniper", le réalisateur et son public dont il n'y a définitivement plus rien à sauver, semblent avoir tout simplement oublié, eh bien... que les Irakiens sont chez eux. Eh oui !

     

                 Vous dites ? Les troupes américaines ont le soutien d'un gouvernement dit "irakien" de ce que l'on nomme encore l'Irak ? 

     

    Oui, sans doute, mais... ce gouvernement et sa proximité avec les troupes américaines ne vous rappelle pas un passé franco-français pas si éloigné ? Car enfin, ce gouvernement irakien sorti des urnes de Washington, n'est-ce pas un peu aussi, et surtout, Vichy et la collaboration avec l'occupant allemand ?

              

                      Comment ça ? Ca vous avait échappé ?

     

               Avec ce film qui a tous les attributs d'une commande du Pentagone, ainsi qu'à la lecture des commentaires de ceux qui l'ont vu dès les premières semaines, une pensée vient à l 'esprit : heureusement qu'Hitler était nazi et accessoirement antisémite, car, dans le cas contraire, ils lèveraient aujourd'hui tous le bras. Oui ! Bien haut le bras !

    D'ailleurs, ils le lèvent ce bras, même manchots ! tellement la connerie et la scélératesse ne connaissent plus, chez tout ce beau monde, de limites, de frontières, de retenue.

    Oui ! Ils le lèvent ce bras, à l'heure où ceux qui le baissent sont poursuivis en justice (voir la quenelle)... tous le lèvent, de Washington à Tel-Aviv en passant par l'Elysée et Bruxelles !  Et c'est la gerbe ! Encore et toujours la gerbe !

     

               Aussi, pour cette raison, on vous épargnera une analyse du film d'Eastwood puisque ce film, vous le connaissez tous, il a déjà été tourné mille fois : avant hier les Indiens, puis vinrent les Vietnamiens ; aujourd'hui, les Arabes et les Musulmans ; John Wayne, De Niro (The deer hunter) et un dénommé Bradley... dont on se fout, du reste ! Et cette fois-ci en pire : amalgame, manipulation, diabolisation, voire... déshumanisation de tout ce qui de près ou de loin ressemble à un Irakien, un Arabe, un Musulman, hommes, femmes et enfants sur fond de bonne conscience, bien évidemment ! Bonne conscience propre aux pompiers-pyromanes venus faire un tour pour constater l'ampleur de la dévastation (2).

    Faut dire qu'à huit euros la place, à ce tarif là, c'est donné ! On fait le voyage sans hésiter. Alors, pourquoi s'en priver ? Les occasions de passer un bon moment en cassant du bougnou** en toute impunité - encore et toujours le bougnou** ! -,  ne sont pas si fréquentes de nos jours !

     

                  Après le tourisme sexuel, voici le tourisme guerrier avec "American Sniper" ! Là encore, pour trois fois rien, et sur le dos de la vérité du plus faible. 

     

    ***

                     Il est vrai que  les films d'Eastwood ne sont  jamais très loin de son public et son public du réalisateur dont le cinéma se montre juste à la hauteur, et jamais au-dessus, jamais ! Cinéma qui n'a de cesse de flatter son public, le cinéma d'Eastwood n'élève la conscience et l'esprit de personne. 

                    Réalisateur le plus sur-évalué de la critique française avec Scorsese, nominé pour six Oscars dont celui du meilleur film, "American sniper", sera récompensé pour le "montage sonore" seul. Là, c'est Hollywood qui sauve la mise, et peut-être aussi son honneur car il était un temps question de remettre à cet "American sniper" l'Oscar du meilleur film.

     

     

    1 - Les réalisateurs qui comptent vraiment ont compris depuis plus de trente ans que les films de guerre n'ont aucun intérêt ; les films sur la guerre seuls importent : Apocalyspe now, les sentiers de la gloire et docteur folamour ( éventuellement " la ligne rouge" bien que le film repose sur un mensonge : la perte d'un paradis originel - sans doute n'a-t-il jamais lu Levi-Strauss), trouveront grâce à nos yeux. Que Easwood ne l'ait toujours pas compris, cela ne surprendra personne : il est un réalisateur pour lequel le cinéma s'est arrêté aux années 50. Tous les films de ce réalisateur ont déjà été tournés ; il est le seul à ne pas le savoir ; lui et son public.

    Easwood est cohérent : il a voté tour à tour Bush et Trump.

     

    Pour prolonger, cliquez : Eastwood par Serge ULESKI : rebond sur Agoravox

     

    2 - La politique conduite par les USA et ses complices, de la Libye à l’Afghanistan en passant par le Yémen et l’Afrique subsaharienne depuis septembre 2001 a fait près de 3 millions de morts... musulmans bien évidemment - embargo irakien inclus sous Saddam Hussein !

     

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    Pour prolonger, cliquez : Clint Easwood : quand la critique s'effondre

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