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Art et culture - Page 6

  • Musée Soulages : un Rodez d’acier à l’ombre d’une cathédrale

     

     

                 

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    Cinq volumes d’acier, le fruit d’une architecture réduite à sa plus simple dimension et absence d’expression ; cinq conteneurs abandonnés à la rouille – manque plus que les quais d’un port et le son d’une corne de brume -, au service d’une architecture où rien ne doit dépasser, pas un cheveu et sûrement pas une mèche rebelle ; architecture au ras de pâquerettes, rasée de près...

    Dès maintenant, précisons que les parties émergées du musée qui n’abritent aucune œuvre  - les 500 tableaux du peintre sont relégués dans un 2e sous-sol, parking et tombeau -, semblent dans les faits, et contre toute attente, davantage destinées à dissuader les visiteurs de franchir le seuil d’un hall sans accueil, d’une boutique et d’un restaurant... que de s'y ruer. 

     

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     A propos de ce restaurant-brasserie nommé "Café Bras", d’une imbécillité et d’une idiotie rares dans sa prétention à pouvoir assurer la continuité de l’ouvrage, matière, lumière et espace jusque dans l’assiette, une brochure ne reculera devant aucun commentaire : « Café Bras présente une offre alternant bistronomie et gastronomie dans l’esprit de l’œuvre de Soulages.»

    On ne savait pas que la peinture de Soulages était à ce point comestible. Mais alors, il doit s'agir très certainement d’une nourriture de l’âme ! Rassurez-nous !

     

                  Tout comme ce musée inénarrable, ce lieu de "restauration récréative" se voudrait ouvert sur la ville de Rodez et ses habitants ! Quand on connaît le prix moyen d’un repas... c’est à désespérer d’une bourgeoisie qui se paie une nouvelle fois la tête du populo ; et que ce populo soit aveyronnais ne change rien et ne nous sera d'aucune consolation.

    Verrouiller à double tour, imperméable, infranchissable, force est de se dire que ce qui se croit être de l’architecture a cent ans de retard car Le Corbusier n’aurait pas fait pire avec le béton et un bâtiment qui ferme la porte à toute convivialité ou rencontre fortuite avec l’œuvre de Soulages ; mieux vaut alors savoir où l’on va avant de se trouver nez à nez avec cet ouvrage impossible.

    Architecture de mort... et mort de l’architecture - mort représentée par ces bunkers et blockhaus venus tout droit du mur de l’Atlantique et des côtes normandes dans une sorte de fascination-répulsion à rebours pour les édifices du 3e Reich -, c’est donc toujours la même histoire que l’on nous raconte : la mort, encore et toujours la mort !

    Mais alors... à quand le rajout sur un de ces cinq cachots d'acier, d’une DCA qui prendrait pour cibles, pourquoi pas, la cathédrale de Rodez et tous les édifices dans un rayon de 60 kilomètres ne serait-ce que pour rappeler aux architectes à l’origine de cette architecture qui interdit tous les débats, tous les commentaires et toutes les conversations - car, de quoi peut-on bien parler devant une telle dictature de la matière ! -, qu’il a existé, une fois…  une Architecture avec un A majuscule.

     

    ***

     

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                 Si on lève les yeux, tournant le dos au musée, ou bien... passant outre, seule la cathédrale Notre-Dame sauve les lieux, trois cents mètres plus loin, et plus haut. On sera donc charitable pas tant envers les architectes Aranda, Pigem et Vilalta (agence RCR), espagnols-catalans qu'à l'égard du peintre Pierre Soulages dont «… les peintures sont des maisons zen ;  les trois quarts d'une maison zen dont le spectateur fait le quart restant. Ses tries noires, huilées, donnent à voir le rideau de fer baissé du magasin de Dieu. » C. Bobin 

     

                Nul doute qu'en ce qui concerne ce bâtiment qui se voudrait «musée », c’est bien là tout l’art contemporain (pop art, art brut, art conceptuel, peluches et fric, art trou de balle mon cul sur la commode !) qui triomphe encore une fois ; un art contemporain d'une prétention grotesque puisque cet art privé d'Art croit pouvoir encadrer, soutenir et prendre en charge l’Art moderne qui, il faut le rappeler, est l’aboutissement  d’une « tradition », d’une continuité qui va des grottes de Lascaux à Zao Wou-Ki en passant par Dali et Picasso : travail, métier, savoir-faire, recherche... un Art... art de vivre même et surtout fauchés.

    A aucun moment il n’est question de la main de l’homme à propos de ces bâtiments... comme la cathédrale de Rodez nous le rappelle tragiquement, mais bien plutôt de raccourcis-clavier, d’une souris laser et d’un logiciel de la marque Archicad pour une production d’espaces et de volumes à la queue leu leu, aux kilomètres carrés, en veux-tu, en voilà ! Car enfin... où est la fièvre de l’Art dans ces monolithes horizontaux ? Où trouver une fièvre spirituelle comparable à cette fièvre qui a érigé la cathédrale Notre-Dame de Rodez  - cordages, échafaudages,  poutres, sueur, sang et eau… "Ho ! Hisse ! Ho ! Hisse !", petites mains d’un Christianisme aux cent métiers, mille ans de savoir faire ?

    Et à défaut d’une fièvre… où trouver dans cette anomalie environnementale un enthousiasme pour l’architecture, une passion même contrôlée pour l’Art et le partage d’une inspiration ou d’un élan avec le plus grand nombre ?

     

                     Confrontés à une telle indigence conceptuelle, reste alors à développer autour de cette « pathologie » tout un discours… discours-escrocs, discours de commande du type : «... la rouille pestiférée, vecteur du tétanos, se mue en rhizomes de teinte brun-orangé et le noir, honni pour sa connotation mortuaire et satanique en plaques et lames sombres captant chaque variation de l’intensité lumineuse… »

    Il est dit aussi que l’équipe responsable de ce bâtiment est « férue d’une clarté spatiale des espaces » : il est vrai que le message est on ne peut plus clair et l’acier aussi. On nous précise que cet édifice qui se veut ou se voudrait un écho à l’œuvre de Soulages…, serait le fruit d’une admiration partagée, entre l’artiste et les architectes pour les églises romanes : et là, on reste sans voix.

    Certes, on pourra toujours se consoler et saluer le fait que ce bâtiment n’aura pas à vieillir car l'acier Corten, acier auto-patiné à corrosion superficielle forcée, utilisé pour son aspect et sa résistance aux conditions atmosphériques, a tout prévu : personne n’aura à gérer techniquement et financièrement sa décrépitude ; à peine né, le voilà déjà vieillard, pour l’heure encore enraciné dans le sol et encastré dans une colline ; il ne lui reste plus qu’à pourrir sur pied, avant de sombrer : pluies diluviennes, affaissement et glissement de terrain... 

    Pourvu que cela arrive un jour de fermeture !

    Les architectes, maintenant paysagistes - c’est une brochure qui affirme contre toute évidence que l’acier Corten s’intègre dans l’environnement paysager -,  évoquent sans rire un dialogue permanent entre la nature et l’acier ; quand on sait que ce bâtiment raye littéralement de la carte de Rodez le jardin public du Foirail…dont le kiosque de la fin du XIXe siècle modeste en superficie, et pour peu qu’on s’y attarde, a pourtant mille fois plus de présence et de charme que cette menace architecturale qu’est ce « musée »...

    Car enfin, des milliers de tonnes d’acier  et quelques plantes vertes n’ont jamais établi un dialogue quel qu’il soit avec qui et quoi que ce soit mais bien plutôt, dans le camp de l'acier, un  « Ferme ta gueule, c’est moi qui parle ! » sans contestation possible.

     

    ***


                   Certes, Rodez reste une ville médiocre, sans architecture digne de ce nom ; mais alors quelle punition !

                   Qui donc décide dans cette ville, et depuis quand ? Marc Censi, le maire actuel ? Lui et son équipe de la communauté d’agglomération du Grand Rodez ?

    Certes, ce lieu ouvert depuis le mois de mai comble Pierre Soulages ; de plus, c’est une réussite commerciale, et comme l’argent sanctifie et le commerce aussi… on nous priera très certainement d’aller voir ailleurs si cela se fait que de déplorer, non pas tant ce projet car l’œuvre de Pierre Soulages méritent ce retour sur sa terre natale loin d’un Paris de happy-few de moins en moins heureux, mais bien plutôt ce mépris sans doute sans précédent pour l’être humain et pour la vue dans le domaine de l’architecture muséale qu’est cette construction si peu construite finalement.

     

                   Pauvre architecture ! Pauvre enseignement ! Pauvre modèle de prise de décision communale et démocratique ! Contraints et forcés, comme si l’organisation au quotidien de l’existence qui nous est imposée n’y suffisait pas, les Ruthénois, habitants de Rodez,  devront apprendre à vivre avec cette nouvelle violence qui leur est faite car les architectes oublient un peu trop souvent que  l’architecture est malheureusement « publique » : pas moyen d’y échapper et d’en réchapper !

     

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    Les outrenoirs de Pierre Soulages : une nouvelle géométrie par Serge ULESKI

     

                     Sauvons ce qui peut encore l’être : l’œuvre de l’artiste – les outrenoirs

     

               

    Diaporama des œuvres de Pierre Soulages (photos : copyright Serge ULESKI- reproduction interdite sans son accord)  

     

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  • Il y a 30 ans, mourait Pierre Desproges

    desproges pierre

                          "Depuis la disparition du comique Pierre Desproges, son œuvre est convoquée dans le sempiternel débat consistant à savoir si l’on peut rire de tout... "

    Telle est, selon Télérama, la question que soulève le fait de célébrer Pierre Desproges ou plus simplement, le fait d'évoquer son travail d'humoriste. 

    Une fois de plus, il semblerait que Télérama botte en touche ; Télérama se trompe aussi de question car la seule qui vaille  n'est pas "si l'on peut rire de tout", mais bien plutôt :  pourquoi ne peut-on plus rire de tout  ? 

     

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                       Il n'y a que Télérama pour célébrer aujourd'hui "Desproges" qui n'intéresse plus personne ; et pour cause : " Pierre Desproges, petit français blanc sans histoire, au métier et à la vie faciles et à l'humour daté  politiquement : un coup sur l’extrême droite et ses électeurs ( la classe ouvrière), et un coup sur la fausse gauche (celle du caviar) pour ne pas faire de jaloux, et puis les Juifs, histoire de s'encanailler et de se faire quelques frayeurs, et nous avec lui.

                       Les puissants, eux, en revanche, même pas peur !...............

     

                       Ce qui manquait à Desproges, c'est le courage. Or, sans courage ni sacrifice (carrière, argent, reconnaissance médiatique) rien d'important ne peut être accompli. Coluche dans sa dernière période sera plus près du courage et de la prise de risque ; Dieudonné sautera à pieds joints dedans : courage immense et prise de risque total.

    Force est de constater que la grande partie des humoristes s'attaquent aux "effets" (Desproges en était : FN, le Pen, racisme, antisémitisme, et une bonne dose de provocation et de transgression sans suite ni conséquence - aujourd'hui, c'est  Gaspart Proust qui a repris le flambeau de cette transgression gratuite car non subversive),  conscient du fait suivant : c'est quand on s'attaque aux causes que les ennuis commencent. Or, les humoristes et les ennuis ne font pas bon ménage !

    Retour donc à la case départ : celle du courage ou bien plutôt son absence.

     

                    Reconnaissons toutefois ceci à propos de l’actualité de l’humour de Pierre Desproges (on pourra aussi mentionner Coluche) :  son humour d’alors peut servir de base au traitement de cette question du « pourquoi ne peut-on plus rire de tout aujourd’hui » ?

     

                                                                                 ***

     

                      En ce qui concerne les blagues de Desproges sur les Juifs et les événements de la Seconde guerre mondiale, si celles-ci sont impensables aujourd'hui c'est sans doute pour la raison suivante : les critiques croissantes contre l'Etat d'Israël et sa politique coloniale de conquêtes des territoires palestiniens, mondialement condamnée, a forcé, ici en France,  le CRIF a déplacer le débat relatif à cette condamnation, vers la dénonciation d'un antisémitisme censé verrouiller toute parole critique relative à Israël et par extension,  tous commentaires ou analyses critiques qui visent les élites médiatiques (à défaut d'élites intellectuelles et morales) de cette communauté sur-représentée dans les médias.

    Depuis les années 80, on pourra sans difficulté noter ceci  : plus la condamnation de cet "Etat voyou" qu'est Israël se fait entendre, plus les procès et tentatives de procès en antisémitisme prospèrent ; et c'est alors que  tout ce qui concerne de près ou de loin les "Juifs" ( que le sujet soit ou pas leur allégeance indéfectible à la politique coloniale d'Israël), tout ce qui prendrait pour cible un individu qui s'avèrera être juif ( on le fera très vite savoir) devient antisémite car la "question sioniste" est devenue une question antisémite... décrétée comme telle par ceux qui sont chargés de l'évincer.

                   Intimidation, menaces, violence… un seul objectif : imposer un mur de  silence sur tous les abus de pouvoir d'essence sioniste ainsi que sur ses victimes (2).  

     

     

    1 - officine israélienne qui couvre politiquement un spectre qui va de la droite à l'extrême droite dans un contexte français ; dans un contexte israélien :  nationalisme religieux et politique (expansion territoriale  - Torah d'une main, un révolver dans l'autre - et chantage à l'antisémitisme à l'endroit de la communauté internationale) d'essence "fasciste", viscéralement  anti-humaniste, qui ne reconnaît de droit et de légitimité qu'aux Juifs (le Peuple palestinien, ça n'existe pas !) : la mère, le sang, la Torah, Dieu... leader suprême et la puissance des armes pour contraindre et dominer : pas de compassion, aucun sens de la justice et aucun respect pour le droit.

     

    2 - Dieudonné à partir de 2003 ; Pascal Boniface aujourd'hui  - plus d'info ICI

     

    Pour prolonger, cliquez : Coluche, Desproges et Dieudonné

     

               

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  • Intouchables : pourquoi fallait-il un Noir en face de ce Blanc tétraplégique ?

     

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                       Une vraie dynamique, quelques idées de cinéma, d’aucuns parleront de « bon boulot » à propos du film « Intouchables » sorti en 2011.

    Si les réalisateurs ont su le plus souvent éviter les pièges tendus par un scénario à haut risque - ceux, entre autres, du pathos, des larmes et des stéréotypes raciaux et de classes -, contrairement à ce qui a pu être écrit ici et là, pas de bien-pensance dans ce film pour la simple raison qu’on n’y trouvera aucune pensée, et c’est déjà ça de gagner ou de sauver s’empressera-t-on d’ajouter car, le travail passé des scénaristes-réalisateurs est là pour l’attester : si par malheur ces derniers avaient souhaité y prétendre… c’est bien avec une catastrophe qu’on aurait eu rendez-vous.

    Dans « Intouchables » sans doute pourra-t-on y voir en toute bonne foi, outre le souci de se remplir les poches, le désir sincère de raconter avec honnêteté une histoire… vraie de surcroît.

    Conte de fée sans morale donc (référence au fait qu’il n’y a pas de pensée) on pourra quand même regretter que les réalisateurs Toledano et Nakache aient pour les Blacks de la banlieue (1) qu’un seul projet : qu’ils torchent, lavent et essuient le cul des Blancs…

    Parce que ça, c’est quand même pas très nouveau !

    Sans oublier l’incontournable : « Touche pas à la femme blanche ! » - même sous le prétexte qu’elle puisse être lesbienne.

    Aux Etats-Unis, le film sera jugé raciste et choquant.

    Certes, il y a aux USA une vraie culture de l'antiracisme et de l'anti-négrophobie en particulier qui ne doit rien à ce PS bien de chez nous (composé exclusivement de Blancs) qui n'a pas cessé d'instrumentaliser cette lutte sans profit aucun pour ceux qui étaient concernés ; ce qui n'a pas empêché les membres de ce parti de faire de belle carrière autour de la lutte anti-raciste. 

    Le succès de 'Intouchables" n'est que le reflet d'une absence totale de culture telle que définie plus haut. Les bons sentiments n'expliquent ni n'excusent pas cette ignorance. Les réalisateurs ont su admirablement capitaliser dessus ; même la critique n'y a vu que du feu ; de leur part, seul le scénario a fait l'objet de commentaires "ironiques" et "moqueurs" sans pour autant remettre en cause le rôle tenu par un acteur qui se devait d'être noir puisque son personnage l'était.

    On retrouva le même engouement de la part du public pour "La ligne verte" de production américaine cette fois-ci ; film tout aussi scandaleux sur le fond.

     

    ***

                 Pour l’adaptation au cinéma de La case de l'oncle Tom, les volontaires n’ont jamais manqué à l’appel, et Omar Sy (2) semble fin prêt pour une nouvelle adaptation du roman de l'écrivain américaine Harriet Beecher Stowe dont les premières feuilles ont été publiées en 1852…

    En 2011, avec "Intouchables", qu'un acteur nommé Omar Sy ait prêté son concours à un tel projet, c’est déjà en soi une belle déception car enfin… difficile de ne pas se poser la question suivante : pourquoi fallait-il un Noir corvéable à merci ( un noir torche-cul)  en face de ce Blanc tétraplégique et millionnaire ?

    Devinez !

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    1 - Banlieue dont on ne sait pas quoi faire et que l’on commence à peine à savoir filmer… semble-t-il !

    2 - Canal+ oblige : génération grandes gueules et petites têtes.

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  • Casey : un rap France-Antilles au féminin-masculin

     

     

    Imaginaire colonial décomplexé qui délie les langues

     

     

                  Sachez-le : Casey s'accorde au féminin

                  Midinette Casey ? Entretien dans "Studio M" sur France Ô  

              "La crise de l'industrie du disque et du rap ? Ceux qui aiment ce qu'ils font n'ont aucun souci à se faire ; il y aura toujours un bout de trottoir pour eux "

     

                  Vaudou et exorcisme : " La nature a fauté, s'est plantée en beauté ; toi ton identité c'est d'être la créature ratée."

     

                       

    Autobiographie : une et multiple...

     Casey en entretien sur Radio Campus Grenoble

     

                                    Pour prolonger... cliquez Rap et rappeurs

     

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  • Oedipe roi - de Pasolini

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                 "Je suis à l'abri car j'ai la vérité avec moi. Mais… qu'il est horrible  de savoir alors que ce n'est d'aucune utilité pour celui qui sait. Je savais. J'ai voulu oublier. " Tirésias - l'oracle -, s'adressant à Oedipe, roi de Thèbes.

     

    ***

     

                   Personne n’a autant pris au sérieux nos mythes et leur transmission que Pasolini, d'autant plus qu'avec ce cinéaste exigeant et sans concessions, c’est toujours à prendre ou à laisser. Alors on prend, bien sûr ! car l'on sait déjà que Pasolini nous rendra même ce qu'on lui a pris ; on en sera donc doublement récompensés.

                   Pasolini n’est pas un faiseur doué et malin, c’est un visionnaire et un militant. Tourné au Maroc, pour Œdipe roi (tragédie de Sophocle ;  429 av.J.C) porté à l’écran en 1967, Pasolini choisit un décor antique en l'état. Hurlements, cris, plaintes, rythmes, chants et musiques de tous les continents (Asie via le Japon), Œdipe roi de Pasolini c'est la leçon d'Artaud ; Artaud et son théâtre de la cruauté : le texte se tait, plus de bavardage ; c’est aussi un Art brut… brut de décoffrage avec ses visages "rupestres", arides, hommes, femmes et enfants du désert et d'un dur labeur sous la chaleur ; parures et armures fruits d’un choix à la fois extravagant et rustique, le tout appuyé par un casting composé d’amateurs entourés de quelques professionnels, la mise en scène primant sur la psychologie.

    Anti-intellectuel, anti-culturel, a-historique, l’Œdipe de Pasolini peut traverser le temps sans craindre de prendre une ride, une seule ou de s’attirer les quolibets d’un public indigent et avachi, aujourd'hui bien incapable de relever tout défi quel qu'il soit : esthétique, humain, artistique ou politique.

    Plus surprenant encore, ce cinéma-là de Pasolini, c’est aussi Jean Rouch et ses contes du Niger, avec ses mythes et ses jeux de rôles à tour de rôle.

    Et s'il faut bien reconnaître que... in fine, tous peignent, écrivent, composent et tournent le plus souvent pour les pires de la société (la bourgeoisie), l’œuvre de Pasolini (poèmes, romans, essais, films) est irrémédiablement anti-bourgeoise et anti-institutionnelle ; un parti pris quasi unique, cette volonté qui fut la sienne, de ne rien céder à qui et à quoi que ce soit, jusqu’à la fin, tragique au demeurant.

     

                  Aujourd’hui, le monde occidental ne survivrait pas à un film de Pasolini ; et c’est sans doute la raison pour laquelle il les ignore. Aussi, c’est un miracle que l’industrie du cinéma ne lui ait pas coupé les ailes en son temps puisque tout le cinéma de Pasolini est un cinéma contre l’industrie et la rentabilité (saint Matthieu, Médée).

    Le tiroir caisse ? Pasolini connaît pas ! Autant pour tous ces porcs - même quand ils n’en mangent pas - qui placent l’argent au centre de leur existence car ils ignorent tous autant qu’ils sont que l’indépendance financière ne sert pas à acheter une Ferrari mais à dire la vérité.

     

                     Pier Paolo Pasolini est sans doute un des dix réalisateurs  pour lequel on sera encore disposés à se tenir devant un écran de cinéma trois heures durant dans la pénombre d’une salle obscure, pour peu qu’on puisse y trouver un silence propice au recueillement nécessaire à ce 7e Art privé année après année de sa majuscule.

     

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  • Panique chez Julien Duvivier

     

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    "Panique" de Julien Duvivier

     

                  ... ou quand "l'amour c'est la beauté du monde" (1) dans toute sa laideur : trahison, meurtre, manipulation et lynchage.

                  Le corps d'une femme retrouvé étranglée dans un terrain vague ; un locataire Monsieur Hire, tellement différent qu'il en devient d'abord énigmatique, puis antipathique, bientôt franchement indésirable et maintenant coupable de meurtre ( l'Etranger de Albert Camus n'est pas loin avec ce personnage maintenant archétypal de Meursault, condamné à mort pour ne pas avoir pleuré à l'enterrement de sa mère).

    C'en est assez, c'en est de trop ! C'est la panique dans tout un quartier qui bascule alors dans une chasse à l'homme, homme- bouc-émissaire, plutôt réussie puisque l'homme, ou bien plutôt la bête est tuée.

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                  "Panique", sorti en 1946, adapté d'un roman de Georges Simenon ( une fois de plus !) d'une grande modernité dans sa réalisation et son traitement en "post-production" - notamment sur le plan sonore -, c'est aussi, et c'est surtout et encore un autre film qui permet de découvrir ou de re-découvrir le niveau d'excellence du cinéma français des années 30 et 40 ainsi que ceux qui l'ont servi : producteurs, scénaristes, dialoguistes, metteurs en scène et acteurs - ici, Michel Simon, un des plus grands... sinon, le plus grand de sa génération.

     

    1 - Chanson-titre qui ouvre et clôt le film.

     

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  • Mai 68, 50 ans déjà - un autre grand absent : Guy Debord

                   

     

                  Cohn-Bendit par-ci, Cohn-Bendit par-là...

                  Le camelot de la construction européenne qui a fini chez Juppé puis Macron n'a de cesse d'intervenir dans les médias à propos de tout, de rien... et puis, à propos du cinquantenaire de Mai 68 ! Et quand on connaît le bilan politique et social de ce Cohn-Bendit face à tout un électorat de millions de gogos, élection après élection, année après année. …. difficile de cacher à quel point il est maintenant tout nu : sans argument, toujours sans projet et sans capacité d'analyse critique aucune : vide et vidé comme une coquille vide.

                De fausse gauche en fausse écologie, aujourd'hui on surnommera Cohn-Bendit non pas "Dany le rouge" mais bien plutôt "Dany le daltonien". Archétype du parasite en politique, et du parasite social plus généralement, Cohn Bendit n'aura finalement jamais travaillé ! Eternel redoublant de première année de FAC depuis quarante ans et plus, occupé principalement à prendre en main - et à deux mains ! - les nouvelles arrivantes, étudiantes toutes pimpantes, novices et autres ingénues de l'écologie et du baratin politique.

     

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                 Guy Debord, le grand absent et le grand penseur de l'avant Mai 68

     

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                  Bien avant Baudrillard et sa disparition du réel dans la société de consommation (1972)...  Guy Debord ou.. "... quand le vrai est un moment du faux" fondateur de l'Internationale lettriste (1952-1957) puis de l'Internationale situationniste (1957-1972).

                  Dès le début des années 60, Debord prônait déjà la destruction de l'économisme, l'abolition du salariat et de la marchandise :

    "...  Le spectacle moderne  est essentiellement le règne autocratique de l'économie marchande et l'ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne.

    Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. 

     Les images qui se sont détachées de chaque aspect de la vie fusionnent dans un cours commun, où l'unité de cette vie ne peut plus être rétablie. La réalité considérée partiellement se déploie dans sa propre unité générale en tant que pseudo-monde à part, objet de la seule contemplation. La spécialisation des images du monde se retrouve, accomplie, dans le monde de l'image autonomisé, où le mensonger s'est menti à lui même. Le spectacle en général, comme inversion concrète de la vie, est le mouvement autonome du non-vivant. 

    Le spectacle se représente à la fois comme la société même, comme une partie de la société, et comme instrument d'unification. En tant que partie de la société, il est expressément le secteur qui concentre tout regard et toute conscience. Du fait même que ce secteur est séparé, il est le lieu du regard abusé et de la fausse conscience ; et l'unification qu'il accomplit n'est rien d'autre qu'un langage officiel de la séparation généralisée. 

    Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. 

    Le spectacle ne peut être compris comme l'abus d'un mode de la vision, le produit des techniques de diffusion massive des images. Il est bien plutôt une Weltanschauung devenue effective, matériellement traduite. C'est une vision du monde qui s'est objectivée. 

    Le spectacle, compris dans sa totalité, est à la fois le résultat et le projet du mode de production existant. Il n'est pas un supplément au monde réel, sa décoration surajoutée. Il est le coeur de l'irréalisme de la société réelle. Sous toute ses formes particulières, information ou propagande, publicité ou consommation directe de divertissements, le spectacle constitue le modèle présent de la vie socialement dominante. Il est l'affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production, et sa consommation corollaire. Forme et contenu du spectacle sont identiquement la justification totale des conditions et des fins du système existant. Le spectacle est aussi la présence permanente de cette justification, en tant qu'occupation de la part principale du temps vécu hors de la production moderne. 

    La séparation fait elle-même partie de l'unité du monde, de la praxis sociale globale qui s'est scindée en réalité et en image. La pratique sociale, devant laquelle se pose le spectacle autonome, est aussi la totalité réelle qui contient le spectacle. Mais la scission dans cette totalité la mutile au point de faire apparaître le spectacle comme son but. Le langage spectaculaire est constitué par des signes de la production régnante, qui sont en même temps la finalité dernière de cette production. 

    On ne peut opposer abstraitement le spectacle et l'activité sociale effective ; ce dédoublement est lui-même dédoublé. Le spectacle qui inverse le réel est effectivement produit. En même temps la réalité vécue est matériellement envahie par la contemplation du spectacle, et reprend en elle-même l'ordre spectaculaire en lui donnant une adhésion positive. La réalité objective est présente des deux côtés. Chaque notion ainsi fixée n'a pour fond que son passage dans l'opposé : la réalité surgit dans le spectacle, et le spectacle est réel. Cette aliénation réciproque est l'essence et le soutien de la société existante.
      
    Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux."

     

                 Extrait de l'ouvrage : "La société du spectacle" essai de Guy Debord publié en 1967.

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  • En cas de malheur...



     

    Bardot et Gabin

     

                Ce sont Georges Simenon et Claude Autant Lara qui scelleront en 1957 sur un thème du compositeur René Cloërec, le destin de Brigitte Bardot et de Jean Gabin, dans la chambre d’un modeste hôtel de la rue Monsieur le Prince.

    Et si en cas de malheur, et juste avant qu’il ne frappe une dernière fois, on ne pourra compter que sur l’amour pour le temps qu’il lui sera donné de nous soutenir, de nous illuminer et de nous porter jusqu’aux nues avant l’abîme et une désolation qui nous laisseront sans voix…

    On pourra toujours se dire : « Décidément non ! Il ne pouvait pas en être autrement !» tout en ajoutant que Brigitte Bardot teint là un de ses plus beaux rôles, avant de se féliciter qu’il ait été donné à Jean Gabin de l’y accompagner jusqu’à son terme et son dernier souffle de vie.

     

    ***

     


     

     

                        Mais qui donc rendra au film ce plan volé par une censure brutale et imbécile, et dans lequel Brigitte Bardot, nue sous sa jupe, propose gracieusement son corps à un Jean Gabin subjugué ?

     

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  • "Le fils de Saul" : le retour du cinéma "expérimental" dans le palmarès du festival de Cannes en 2015

     

                       Le meilleur du cinéma est un rapport de force tantôt entre un réalisateur et ses producteurs, et tantôt entre ce même réalisateur et ceux qui fréquentent des salles de moins en moins obscures ; un rapport de force entre ce que ces derniers attendent, tout en sachant qu'ils ne sont aucunement en droit de l'attendre, et le réalisateur qui n'est pas un distributeur de friandises mais bien plutôt, un distributeur de coups de pied au cul et à la face.

                     "Alors, casse-toi spectateur ! Y a rien à voir !"

     

                     Pour sûr ! Le spectateur est l'ennemi mortel du cinéma.

     

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                  "Le Fils de Saul”, de László Nemes, réalisateur hongrois francophone, que je viens de découvrir cette semaine, soit un an après tout le monde, est ce long métrage qui a reçu le Grand prix du 68e Festival de Cannes en 2015.

    Ce film signe le retour du cinéma "expérimental" ou tout du moins, un cinéma qui se pose encore des questions de cinéma et cherche des solutions, dans le palmarès de Cannes après de longues années d'absence (1) ; le dernier film expérimental sélectionné fut Elephant de Gus Van Sant en 2003 ; là encore, bien des années après une longue absence de ce même cinéma expérimental ; Elephant recevra la Palme d'or ainsi que le Prix de la mise en scène.

     

                   Le sujet de "Le Fils de Saul", je vous le donne en mille ! Après "La liste de Schindler" (rien à voir avec les ascenseurs du même nom) de Spielberg en 1993 - film vulgaire d'une grossièreté qui s'ignore... parce que démonstratif et complaisant -, et "Le pianiste"  de Polanski - leçon de solfège de la part de néo-nazis hollywoodiens -, et tant d'autres, à raison d'un ou deux par an - films kleenex superfétatoires sans intérêt cinématographique, le plus souvent couronnés d'un échec commercial retentissant parce que... arrive un moment où "Bon, ça va bien comme ça aussi !"...

    "Le Fils de Saul", film d'abord flou puis franchement opaque dans le style "Cachez ces horreurs que je ne saurais voir même si je peux encore vous les entendre !" re-déroule lui aussi la même pelote de laine ; plus qu'un fil cette pelote : un vrai filon ! Faut croire.

    Le film et son sujet donc : "Octobre 1944, Auschwitz-Birkenau. Saul Ausländer est membre du Sonderkommando, ce groupe de prisonniers juifs isolé du reste du camp et forcé d'assister les nazis dans leur plan d'extermination..."

     

                  Sincèrement, il est vraiment dommage que le retour du cinéma dit " d'auteur " dans la sélection officielle se fasse sur un sujet aussi éculé (voire... discrédité - l'industrie de l'holocauste) jusqu'à la saturation et l'épuisement ; et quand on sait quel projet l'instrumentalisation de cet épisode dramatique de la seconde guerre mondiale a bien pu servir (Israël et la colonisation des terres palestinienne), et ici en France et partout ailleurs - chantage à l'antisémitisme), depuis des décennies... on pourra déplorer que ce cinéma n'ait pas trouvé d'autres réalités contemporaines à déchiffrer car enfin... le prix décerné au film de László Nemes, après tant d'autres à Cannes et ailleurs, et indépendamment des intentions du réalisateur, n'est-ce pas la récompense que l'on remet au petit soldat d'une cause brandie au-dessus de nos têtes, semaine après semaine, telle une épée de Damoclès, par des salauds voraces et sans scrupules, ici et puis... là-bas, là où vous savez ! Eux tous constituant une véritable insulte à toutes les mémoires ?

    Assurément.

                  Aussi, gardons-nous bien de fréquenter leurs cercles (CRIF) et leurs lieux de pèlerinages ( Auschwitz) et autres sanctuaires commémoratifs de recueillements obligatoires à grand renfort de couverture médiatique au nom d'une mémoire portée et entretenue le plus souvent par des individus qui sont autant d'atteintes à la justice et à la dignité humaines que le mensonge l'est à la vérité !

    Et puis, que les vivants foutent donc la paix aux morts ! Et plus encore lorsque leur appropriation, qui n'est dans les faits qu'une expropriation, ne sert qu'une exploitation éhontée sans précédent dans l'Histoire ; car, là seul réside bien le caractère exceptionnel de cette tragédie née d'une Seconde guerre mondiale aux 60 millions de morts :  son appropriation-expropriation-exploitation sans vergogne.

     

    ***

     

                   Si d'aucuns sortent leurs révolvers quand on leur parle de culture, d'autres, dès qu'ils entendent parler "justice contre le mépris, les discriminations et l'occupation à des fins d'expansion colonialiste - la Palestine" sortent l'artillerie lourde des crimes nazis dans l'espoir de faire taire ces voix de la révolte.

                   Mais alors, où est le rapport, on se le demande encore.

                       Faut dire que... la morale, quand elle est acculée, finit toujours par recourir au crime.

     

    1 - Absence et baisse de niveau dramatique avec des films récompensés en 2014 et 2015 tels que Carol, The lobster, Foxcatcher, Maps of the star...

                                                          __________________

     

                                                   Sinon... à propos du film... et sur le fond :

     

                     Qu’est-ce qu’un être humain ?

    C'est un être capable de se rendre complice et coupable des pires crimes pour rester en vie ne serait-ce qu’une heure de plus, et alors qu'il se sait condamné à mort (voir à ce propos les Sonderkommando), tout en continuant de prier un dieu introuvable car, la religion (avec le foot !), cette sangsue putassière, ne renonce pas facilement non plus.

     

                     Tel est donc le film que le réalisateur de  "Le Fils de Saul”aurait dû tourner alors que ce dernier choisira un autre film : nous montrer 1H47 durant, combien c'est éprouvant de faire partie d'un Sonderkommando.

    Faut dire que László Nemes est un cinéaste qui ne sait pas ce qu'il dit car "Le fils de Saul" force la conclusion suivante : décidément, il n'y a rien à sauver chez cet être dit "humain" - victimes d'aujourd'hui, bourreaux de demain... et vice-versa ! Et puis, faut dire que c'est tellement plus "acceptable et supportable" quand ce sont les autres qui passent à la trappe ! -, d'une lâcheté et d'une bêtise incommensurables. Dieu (ce concept !) qui sait tout de nous et voit tout, l'a toujours compris puisqu'il n'a sauvé, ne sauve et ne sauvera personne qui ne sache pas se sauver lui-même. 

    Certes, ce n'est pas là le propos du réalisateur qui semble chercher à provoquer auprès du public un élan à la fois admiratif et compassionnel à l'endroit du personnage de Saul. N'empêche !

    A ce réalisateur, on concèdera ceci : ce dernier n'aurait jamais obtenu de financement si tel avait été son projet (pour rappel : ces êtres humains qui se rendent rendre complices et coupables des pires crimes pour rester en vie !). Mais alors, ne vaut-il pas mieux être le non-cinéaste de films qui auraient dû être tournés plutôt que le cinéaste de films qui ne sont pas à faire et pour lesquels on obtient souvent un financement ?

                     Peu importe dirons-nous ! Que ce jeune cinéaste soit comme tant d'autres avant lui et d'autres après lui, le cinéaste de films qui ne sont pas à faire puisque telle semble être sa destiné... la sienne et celle de nombreux de ses confrères et consoeurs !

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  • Monsieur Klein, Franco Solinas, Joseph Losey et Alain Delon : ou quand un autre regard est possible

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                 En pleine Occupation de la France par une Allemagne victorieuse, Robert Klein, marchand d’art, rachète à bas prix des tableaux de maîtres à des Juifs qui tentent de fuir le territoire.

                 Quelques mois plus tard c'est la "Rafle du Vel-d'hiv" qui scellera le destin ce Monsieur Klein peu scrupuleux.

     

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                     Encensé par tout ce qui ressemble de près ou de loin à un téléspectateur, à un cinéphile, à un critique… "Monsieur Klein" de Joseph Losey, produit par le rôle titre Alain Delon sur un scénario de l’écrivain italien Franco Solinas… ce long métrage sorti en 1976  a le prestige, le mérite ou bien, l'inconvénient de l’unanimité ; autant dire, un film culte "Monsieur Kein"!

    Aussi, bon courage à qui s’avisera de formuler quelques réserves à propos de ce monument d’un unanimisme moutonnier ! Grand mal lui en prendra, pour sûr !

    Et pourtant…

     

                    "Monsieur Klein" ne serait-il pas ce qu'on peut appeler un "film menteur", un de plus,  dont le cinéma est coutumier - et pas seulement Hollywood manifestement ? Car, en ce qui concerne la dernière scène et cette voix off qui l'accompagne - écho qui se voudrait sans doute à la fois ironique et moraliste dans le genre - "Bien mal acquis ne profite jamais !" - et puis aussi - "C'est bien fait pour Klein !" -   et contrairement à ce que le scénario semble affirmer,  il n'y a pas de justice : dans la vie, les méchants ne sont jamais punis  car il  n'y a pas de morale non plus  ; ou bien alors, il faudra admettre que ceux qui entourent Klein dans ce train, et  en particulier le personnage joué par Jean Bouise dans ce wagon (à bestiaux)… que tous sont donc tout aussi coupables que lui.

    Monsieur Klein, Franco Solinas, Joseph Losey et Alain Delon : ou quand un autre regard est possible

    Monsieur Klein, Franco Solinas, Joseph Losey et Alain Delon : ou quand un autre regard est possible

               (dernière scène du film : Klein définitivement à l'étroit dans le wagon d'un train en partance - supposément - pour l'Allemagne après une rafle dite "du Vel d'Hiv"  ; dans son dos,  le personnage de Jean Bouise, un Juif spolié par Klein quelques semaines plus tôt  ; personnage censé incarné une justice immanente hélas mensongère ; et c'est alors que  le piège d'une théorie aussi fumeuse que maladroite se referme sur le trio Solinas-Losey-Delon)

     

    Alors, tous coupables : Klein et tous les autres ? Il est vrai qu'il est tentant de faire le constat suivant au regard de notre histoire ; celle de tous  les massacres et autres liquidations de masse depuis la nuit des temps : Dieu ne sauve personne qui ne sache pas se sauver lui-même car Dieu qui sait tout sait qu'il n'y a personne à sauver. Et c'est alors que le scénario se referme, tel un  piège, sur tout le monde : le scénariste, le réalisateur, le producteur, les acteurs, la critique et le public.

                     Autre remarque à propos de ce film manichéen, moralement démagogique ( démagogie communautaire  - recueillir l’estime de la communauté juive ;  sans oublier la culpabilité du non-Juif à propos des événements de la Seconde guerre mondiale) et roublard par ignorance ou par bêtise (Solinas, écrivain et scénariste,  s'est sans doute laissé "abuser" par un Delon producteur du film ; un Delon qui n'a certainement pas la carrure intellectuelle - historique et philosophique non plus - pour "gérer" un tel sujet - 1) : ce "conte" qui, encore une fois, se veut moraliste aurait été bien plus proche de ce qu'est l'être humain, de sa nature, de ce dont il est capable et de ce qu'aura été aussi l'occupation  - et par conséquent,  le film bien plus riche et précieux artistiquement et intellectuellement - si Klein avait été juif (2).

                     Certes, tout ça n'enlève rien à la qualité de la réalisation de Losey ni au film dans sa forme même si le fond ressemble fort à une escroquerie destinée sans doute à assurer le succès du film sur un plan commercial car le public - et la critique ? - aime que le méchant soit sans ambiguïté - et les gentils aussi -...  et que ce méchant soit puni à la fin.

                     Il s'agit indubitablement d'un film destiné à faire l'unanimité ; unanimité que l'on doit toujours questionner ; la vigilance et la lucidité s’en trouvent alors renforcées ainsi que la raison du plus raisonnant par voie de conséquence.

                    Le débat est ouvert. Qui s‘en plaindra ?

     

     

    1 - A ce propos, il faut bien se résoudre à constater que  Delon a sombré le jour où il a cessé d'obéir au cinéma en produisant ses propres films et à ceux qui ont écrit et écrivent encore son histoire qui a maintenant plus de cent ans, en lettres d'or. 

     

    2 - Louis Malle avec son "Lacombe Lucien - 1974" (film a contrario puisqu'il s'agit d'un méchant qui "finit bien" : rédemption amoureuse oblige !) qui n'a pas fait l'unanimité - loin s'en faut -, est certainement bien plus près de la vérité ( vérité qui attire toujours autant d'ennuis manifestement, hier comme aujourd'hui) de notre nature, tous humains que nous sommes, et de cette période maintenant historique (l'Occupation sous la Seconde guerre mondiale), et donc bien loin du mensonge de ce "Monsieur Klein" de Losey-Solinas-Delon. 

     

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