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Cinéma de film en film - Page 4

  • Dans le regard d'Antonioni

     

     

     

     
                Avec Blow-up (1), sorti en 1966, le réalisateur italien Michelangelo Antonioni mettra à mal notre capacité à ne jamais douter d'un fait, même et surtout... irréfutable, agrandissement après agrandissement (traduction du titre du film) aux confins du possible et de l'improbable, jusque dans les dernières secondes de son film, lorsque  Thomas, photographe professionnel (David Hennings dans le rôle), disparaît, là, sous nos yeux, comme happé par une révélation aussi saisissante que salvatrice...

    Et alors qu'à proximité se joue une partie de tennis sans raquettes ni balle, mimée par deux joyeux drilles entourés de gais lurons ; partie de tennis qui sauvera notre photographe de l'angoisse de ne jamais pouvoir partager avec quiconque la découverte d'un corps sans vie étendu dans un parc, assassiné par balle et dont il ne reste au petit matin plus aucune trace (2).

           Privé de son appareil-photo, l'impossibilité de partager une telle découverte et le risque d'enfermement dans une incommunicabilité psychiquement dommageable, cette partie de tennis et la participation active de David Hennings les annuleront d'un coup d'un seul, puisque notre photographe prendra une décision qui le sauvera : il retournera aux deux mimes qui la lui réclament, une balle invisible sortie du cours ; décision qui lui fera prendre conscience de l'existence d'une possibilité jusque là insoupçonnée : ce qui est peut très bien n'avoir jamais été.

                    Alors pourquoi chercher à le partager - ce quelque chose -, avec qui que ce soit tout en étant dans l'incapacité de le faire ?

     

     

                  En effet, cette partie de tennis fantôme (vidéo à 2.40) auquelle il prête son concours comme par inadvertance, lui offre maintenant la possibilité de choisir une autre réalité qui n'aura besoin de l'assentiment de personne : non ! ce corps sans vie étendu dans un parc au pied d'un buisson n'a jamais été ! (d'autant plus que cette découverte est sans témoin et qu'il n'en reste aucune preuve matérielle)...

    Oui ! cette partie de tennis sans balle ni raquettes a bien lieu ici et maintenant... (nombreux sont ceux qui peuvent en témoigner)... Antonioni prenant là quelques risques avec la raison (et la morale ?) en nous suggérant que toutes les réalités se valent pour peu que l'on y souscrive et que l'on ne soit pas le seul... car de nos jours, c'est le nombre qui sanctifie, a fortiori le ralliement au plus grand nombre, même sur la base du mensonge, qui nous apaise ; et plus encore... après une tentative de se désolidariser de ce mensonge - situation anxiogène, toujours !

     

     

    1 - Inspiré d'une nouvelle Las babas del diablo (Les fils de la Vierge) de Julio Cortázar.

    2 - Dans ce film, il n'est pas question de douter de quoi que ce soit, d'une réalité ou d'une autre...  en revanche, il est surtout question d'être le témoin d'un événement majeur, un crime, que l'on ne peut partager avec personne faute de pouvoir apporter la preuve de la réalité de cet événement. Situation anxiogène par excellence : souffrance et perte de repères. Avec Antonioni, il est aussi question de savoir comment, pour rechercher l'apaisement, on choisit de se dire que cet événement peut tout aussi bien n'avoir jamais eu lien. Et plus radical encore : qu'il ait eu lieu importe peu car seul importe ce que l'on peut partager comme expérience. Tout ce qui ne peut pas être partagé n'existe pas ou n'a pas existé, car une expérience traumatique qui ne peut pas être partagée est insoutenable ; cad : invivable... socialement (à moins de vivre sur une île déserte dans un environnement a-social : là où aucun partage n'est envisageable).

    D'où la tentation du déni ou de la négation de l'événement avec l'assentiment et le soutien moral du plus grand nombre.

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  • Danièle Darrieux - Jean Rochefort : leur dernier rôle...

    Danielle darrieux

     

                            Danielle Darrieux est décédée mardi 17 octobre 2017, à l'âge de 100 ans.

     

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                            Un jeu d'une virtuosité inégalée, un physique d'exception, (synthèse féminine d'un Jean Piat pour le physique et le jeu, et d'un Gabin pour la longévité) Danielle Darrieux était née pour jouer et pour se jouer de tous ; son regard à l’écran – regard posé sur ses partenaires - était d'une justesse d'une intelligence précieuse car rare. Il faut bien dire toutefois qu'elle aura eu la chance "d'entrer dans la carrière cinématographique" en plein âge d'or du cinéma populaire français : celui des années trente, quarante et cinquante - nos  meilleurs dialoguistes, scénaristes et réalisateurs s'y sont tous donné rendez-vous.

    Nées trente ans plus tôt, d'autres actrices auraient pu sans doute connaître la même carrière (Jeanne Moreau et Annie Girardot) mais la nouvelle vague, l'arrivée d'un Louis de Funès - personnage de cinéma cynique, espiègle, arriviste et égocentrique - et plus tard, la concurrence internationale émergente dans lesquelles le cinéma français sera englouti, n'offriront jamais plus les mêmes opportunités de rôles et de films qui font aujourd'hui partie du patrimoine mondial ; et c'est alors que la qualité et l'excellence quitteront le cinéma populaire pour se réfugier dans les salles d'art et d'essais.

                           

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    jean rochefort

                                  Le comédien, Jean Rochefort,  est mort à 87 ans dans la nuit de dimanche à lundi 9 octobre 2017.
     
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                            Un des derniers acteurs à la diction parfaite. Il est vrai qu'il fait partie d'une génération qui a pris le temps, et auquelle on a aussi permis de prendre le temps,  d'apprendre à marcher avant de vouloir courir ; pour ne rien dire de ceux qui ne pensent qu'à piquer un sprint.

     

    Il suffit de comparer la prestation de l'acteur (l'articulation de son texte, sa mise en bouche : clarté, aisance, naturel, appropriation, intériorisation, rythme et variations...) dans "Ridicule" de Patrice Leconte (succès commercial d'un film très moyen finalement) à celle de ses deux partenaires -  sa fille et son futur gendre dans le film : Godrèche et Berling -, 20 ou 30 ans de plus chez l'une comme chez l'autre n'y changeront rien. Hélas.

     

     

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  • Twin Peaks, Carnivàle, Lost… Pacôme Thiellement à propos des séries TV



     

     

               Twin Peaks, Carnivàle, Lost… un entretien avec Pacôme Thiellement à propos des séries TV (américaines), relevant du fantastique ou de la science fiction en particulier (1).

     

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                   Pop-culture, Culture-pop et Gnose, la série TV serait au cinéma ce que Warhol est à l’art pictural ?

    Décryptage, mysticisme, hermétisme, Pacôme Thiellement qui semble avoir placé la série TV au centre de son existence… en fait l'exégèse, très impliqué, très inspiré : parfois trop ? 

                       Appropriation, intégration, intériorisation, kidnapping de l’œuvre par le téléspectateur… avec la série TV l'homme démuni reprend illusoirement le contrôle car, arrive un jour où la production - forces financières et économiques sans état d'âme ni vergogne -, décide de mettre un point final à la série sans se soucier de l’avis de ceux qui l’ont fait vivre, à savoir : les téléspectateurs qui l’ont rentabilisée ; arrêt vécu par le téléspectateur-fan sur-investi, sur-impliqué (parallèle avec le football et les supporters des Clubs peut-il être fait ?) comme une dépossession - perte de l’objet de son désir (les personnages de la série, leur devenir)  ; après l’engouement et  l’addiction arrivent alors  la déception, la frustration, le manque, la colère et le deuil.

    Mais alors, comment tous ces fans  vivent-ils ce deuil qui leur est imposé ? En passant à une autre série ? Sur le mode : une série de perdue, dix de retrouvées ?

     


     

                 Si la série, c'est le cinéma de l'homme seul devant son écran d'ordinateur ou télévisuel, cinéma de l'homme dans une société défaite, une société en rupture de lien -  un cinéma sur la durée aussi, longue, très longue durée (parfois sur deux décennies), pour cette raison force est de constater que la série favorise un investissement émotionnel à haut risque ; Pacôme Thiellement nous le rappelle salutairement.

     

                Mais alors, qui fera l’exégèse des inconditionnels des séries-télé principalement américaines (au contenu parfois anti-américain ou anti-occidental soit dit en passant ) et de leur exégètes ?

     

     

    1 - Notez que l'auteur (votre serviteur) n'a visualisé en entier et n'a apprécié que deux séries : Le prisonnier et Breaking bad ; 20 minutes consacrés à un épisode de X-Files et deux épisodes des Soprano.

     

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  • Solaris ou la célébration de la vocation de l’être humain à la conscience et à l’amour

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                  Ecrit en 1961 par l'auteur polonais Stanislas Lem, avec Solaris, présenté à tort comme un roman de science-fiction (d'autant moins oeuvre de science-fiction que dans Solaris, la science est en situation d'échec - 1) car dans ce roman il y a surtout un imaginaire de prodige qui ne cesse d’interroger l’homme sans la science, l’homme d’avant la science et une idéologie positiviste et technicisme qui a tout emporté… nouvelle foi, nouvelle loi, nouvelle religion, nouveau crédo de ces deux derniers siècles : « Dans notre situation, médiocrité et génie, c’est du pareil au même ! Conquérir l’espace ? Nous cherchons un miroir. On s’épuisera à trouver un contact qui ne sera jamais établi. C’est de l’homme dont l’homme a besoin ! »...

    Dans et avec Solaris donc, s’il est question de soleil puisque Solaris signifie « ensoleillé » -, il sera surtout question d’un océan et d’une station orbitale en désordre, occupée par des chercheurs maintenant épuisés, venus pourtant étudier cet océan dit « protoplasmique » ; sorte de gigantesque cerveau liquide capable de dérouter les esprits les plus « rationnels » : et c’est là que réside le champ de forces de Solaris.  

     

     ***

     

                  Contacts d’ordre affectif pour les uns, contacts d’un tout autre ordre pour les autres, lui se souvient de tout ; elle de rien ; lorsqu’elle ferme les yeux, elle oublie son propre visage ; lui, Kris, psychologue de renom qui vient de rejoindre l’équipe de chercheurs de la station, la reconnaît : elle est son épouse défunte, Harey :

    « Comment as-tu vécu tout ce temps ? En as-tu aimé une autre ?

    - Je pensais à toi. Surtout quand ça allait mal.

    - Comment ça s’est fini avec l’autre ?

    - Tu veux dire avec toi ?

    - L’autre...

    - On se disputait. Ce n’était plus vivable. Alors, je suis parti. Trois jours plus tard, je suis revenu : je l’ai trouvée sans vie. Mais… tu ne te souviens donc de rien ?

    - Pourquoi ai-je fait… pourquoi a-t-elle fait ça ?

    - Elle avait sans doute senti que je ne l’aimais plus. Mais à présent, je l’aime, là, maintenant, je l’aime comme jamais ! »

     

     

                 Ces visiteurs qui ne savent pas qui ils sont ni d’où ils viennent, c’est à leurs hôtes de le leur expliquer pour peu qu’ils aient le courage de les accueillir et de les accepter car ces visiteurs dérangent, irritent, indisposent au plus haut point, jusqu’au traumatisme, la folie et le suicide. Et bien heureux celui qui aura ce courage-là !

    Dans le cas contraire, que faire ? Annihiler tous ces visiteurs venus réveiller, entre deux songes, le souvenir d’une mauvaise conscience ? Les détruire eux et Solaris qui semble être le lieu d'accueil et d'hébergement de cette conscience, n'est-ce pas détruire une conscience, bonne ou mauvaise, qui fait de nous pour quelque temps encore, des êtres humains ?

    Reste alors la honte, le seul salut à notre portée ; cette honte à la fois poison et antidote que ces visiteurs ont apportée avec eux ; visiteurs qui ne dorment pas ; le plus souvent, ils ne peuvent compter que sur une torpeur enveloppante alors que leurs hôtes dorment d’un sommeil propice à tous les excès… excès d’ordre onirique.

                 Qui sont ces visiteurs alors ? Une reproduction mécanique d’êtres humains qui ne sont plus de ce monde ? De quel monde ? De la terre ? De Solaris ? Pour tenter de trouver des réponses, doit-on renouer avec une cosmogonie oubliée, aujourd’hui impénétrable ? Une cosmogonie antérieure à un questionnement scientifique qui, en ouvrant en grand notre compréhension rationnelle du monde, en a verrouillé toute autre possibilité ?

     

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                   Résurrection après résurrection, déjà morts, tous ces revenants n’en finissent pourtant pas de « mourir » puis de revenir à la « vie » entre deux convulsions et autres spasmes, à chacun de leurs retours ou bien plutôt : à chacune de leurs réapparitions ; et alors que personne ne semble à même de les sauver d'une errance qui ne connaît aucun repos, c’est Harey, fière mais désespérée, une Harey déterminée qui luttera jusqu’au bout, jusqu’à l’épuisement pour tenter d'obtenir la pleine reconnaissance de son « humanité solaristique » ; et Kris d’y croire avec elle, épris d'une compassion irrésistible, face à l'hostilité de ses compagnons d'infortune dans le contexte d'une station orbitale maintenant tout à fait délabrée au sein d'un environnement chaotique, jusqu’à ce que cette "Harey" devienne alors plus vraie à ses yeux, plus chère encore que toutes les vérités scientifiques de l’univers :

    « Dis-moi : je lui ressemble beaucoup ?

    - Comment ça ? Mais tu es Harey, tu es ma femme ! Tu es elle ! C’est toi. A présent, c’est toi la vraie Harey. Je ne retournerai pas sur terre. Je ne te quitterai plus. »

     

                   Promesse vaine car on ne vit pas avec les morts. Et puis, confronté à la souffrance, en cédant à la compassion, ne court-on pas le risque de se vider de sa propre substance ?

     

     

                      Qu'à cela ne tienne ! Il faut renoncer et rentrer, maintenant serein, la conscience apaisée, semble-t-il ; du moins, on peut être tenté de le croire car il est des voyages dont on ne rentre jamais vraiment ; et plus rien ne sera comme avant car c'est un long voyage jusqu'à Solaris, et plus long encore d'en revenir, trop long et profond, trop profond à côtoyer les tumultes d'un océan insondable et indéchiffrable : existence à jamais irrésolue, comme en suspens ; futur plus qu'incertain car privé de toute dimension spirituelle. Certes, le retour peut offrir le confort et l’assurance d’un lieu familier, que l’on croit retrouver... mais ne sait-on pas que l’on ne pourra plus l'habiter ?

    A notre insu, Solaris a sans doute déjà intégré, absorbé cette nouvelle donnée.

     

    ***

     

                    Avec Solaris, Stanilas Lem nous apporte là une vision poétique et sensuelle d'un romantisme foudroyant ; vison aussi rare que précieuse de ce que pourrait bien signifier la recherche d'une intelligence au-delà de notre système solaire ; il donne un sens et une destination à cette recherche qui nous ramènera très vraisemblablement, et inévitablement, à nous-mêmes, telle un miroir.

    Tarkovski, le cinéaste russe, dans son adaptation du roman en 1972, a partagé un rêve d’amour fou sur écran géant car, avec Solaris, Stanislas Lem a aussi rêvé l’immortalité (2) ; non pas la sienne d’immortalité, mais celle des êtres aimés qui n’auraient jamais dû nous quitter, que nous n’aurions jamais dû quitter, que l’on ne devrait jamais perdre et alors que l’on ne peut pas s’y résoudre. D’ailleurs, à ce sujet, peut-on dire finalement que l’on n’aime que ce que l’on peut perdre et que l’on perdra tôt ou tard fatalement car si la vie est une fatalité pour tous ceux qui naissent, la mort n’est jamais en reste : mort des sentiments, mort de la conscience, elle sait se tailler la meilleure part : celle de la lionne rugissante.

     

     

    1 - En cela, le roman et son adaptation cinématographique se situent à l'opposé de l'ouvrage de 2001 A Space Odyssey écrit en 1968 par Arthur C. Clarke, adapté au cinéma par Stanley Kubrick en 1969 - financé en partie par la NASA. Expérience émotionnelle, et dans une certaine mesure aussi, expérience spirituelle d'un côté ; expérience esthétique et métaphysique inédite de l'autre.

    2 - Proust et l'éternité dans le souvenir de ce qui a été et demeure présent à chaque instant sur simple convocation et appel ; remembrance intime qui perpétue le passé et le fait entrer dans le présent tout en portant en lui une promesse d'avenir car cette convocation peut être renouvelée sans restriction, à l'infini.

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  • Cinéma ! De film en film, de salle en salle...

     

     

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                    Cinéma qui ne cessera jamais de hanter nos mémoires... sons, images, voix, musiques, lieux, acteurs, réalisateurs, auteurs, scénaristes, compositeurs, décorateurs, monteurs (le plus souvent monteuses), chefs opérateurs...


    Cinéma d’hier, de demain, encore à naître...

    Cinéma mort-né !


    Et puis, l’autre cinéma, déjà perdu pour tout le monde : films dont les scénarios dorment à jamais au fond des tiroirs ou dans l’imaginaire de ces mêmes auteurs, cinéastes et producteurs.

    Le Cinéma nous offrira toujours plus que ce qu’il nous donne à voir, à entendre et à comprendre. Art métaphysique par excellence, quand il y a « Cinéma », il y a… transcendance, toujours !

    A la fois indéfinissable et irrésistible, ce à quoi nous sommes confrontés est bien plus grand que nous… spectateurs ! Bien plus grand, et bien plus haut aussi !

    Transcendance donc, et puis… immanence !

    Car, cette imposante confrontation avec tous les réels qu’est le cinéma nous est bien destinée ; elle nous rejoint et nous aussi ; et c’est ensemble que nous cheminons.

    Aussi… à chacun son cinéma !

    Et c’est alors qu’on pensera à un FILM UNIQUE qui réunira tous les films... pour que jamais on n'en soit séparés et qu'on ne les oublie...

     

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  • Sérénade à deux: Lubitsch et Wilder

     

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    Ernst Lubitsch né à Berlin en 1892, décède à Los Angeles en 1947.

     

     

     

     

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    Billy Wilder, né en Pologne en 1906, décède en 2002 à Beverly Hills

     

                Un Ernst Lubitsch européen jusqu'au bout des ongles, aux influences hongroises, allemandes et anglaises...

    Un Billy Wilder satirique et corrosif (avec "Front page" - portrait sans concessions des journalistes de la presse de caniveau, et de la presse... tout court)...

    Eternels optimistes, tous deux indécrottables humanistes, moralistes sans prêchi-prêcha et farouchement opposés à l'apologie du "tout cynisme"...

    Cinéastes des sans-grades, des humbles et des petits... toujours porteurs d'une promesse pour ici et maintenant : les derniers seront les premiers ! Il suffit pour cela de patienter non pas une éternité mais une heure trente : le temps d'un film.

    Deux maîtres incontestables de la Comédie... aux scénarii et dialogues d'une écriture d'une exemplarité et d'une efficacité redoutables, jamais égalée, à l'exception, peut-être, de Sacha Guitry pour la France, et plus récemment : Albert Dupontel avec « Le créateur ».

                  Fort de cet héritage, certes, le rajout de Woody Allen s'imposerait sans l'ombre d'un doute, et celui de Mel Brooks aussi (en particulier, pour son film "Les producteurs")... à cela près : réalisateur-acteur... force est de constater que Woody Allen n'est intéressé que par Woody Allen ; préoccupation en opposition frontale avec la tradition humaniste, altruiste et non égoïstique de Lubitsch et de Wilder ; tradition avec laquelle Mel Brooks, réalisateur-acteur, sera le premier à rompre ; le cynisme triomphant des scénarii de Mel Brooks (le vice a raison sur la vertu : le mensonge sur la vérité) dont il se délectera sans retenue, plantera le premier clou dans le cercueil de l'héritage cinématographiquement moraliste de Lubitsch et de Wilder.

    Notons que ce cynisme-là voit le jour - jusqu'à s'imposer partout en Occident (en France de Funès remplacera Fernandel et Bourvil) - dans les années d'après-guerre.

     

    Mais alors, pourquoi après et pas avant ?

    La question est posée.

     

     ***

     

                Si au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, quand on connaît le niveau des comédies "à la française" -  scénarii indigents, écriture affligeante, aucun idée de rythme et de mise en scène -, on ne peut qu’arriver à la conclusion suivante : les réalisateurs de ces comédies (Blanc, Jugnot, Leconte, Poiré, Chabat, Mergault et consorts) n'ont sans aucun doute jamais vu les films de Lubitsch et de Wilder - pour ne rien dire de Capra ! Car, dans le cas contraire, l'autocensure aidant tous ceux qui ont besoin d'être aidés dans leur jugement, serait-il présomptueux d'affirmer que quatre-vingt-dix pour cent des comédies françaises de ces quarante dernières années n'auraient jamais vu le jour ?

     

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  • Andreï Tarkovski : un cinéaste organique et végétal

     

                 

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                Chez Tarkovski, les racines, les plantes, les arbustes et les arbres sont conscients : ils pensent ; tout un monde sensible donc… alors que les êtres humains ne font que s’agiter, galoper pour rien ou pour si peu.

    La nature en nous ? Tarkovski aimerait la réveiller.

    Chez ce réalisateur, l’eau est partout : murs, sols et plafonds ; eau de pluie, eau tout court, elle coule et s’écoule comme le temps et comme la vie.

    Nature encore et toujours ! Chez ce Russe, les rivières sont peu profondes ; leurs fonds sont riches en couleurs et en herbiers aux mouvements mystérieux comme autant d’arabesques et de danses aquatiques d'un langage pour sourd et muet.

     

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                  Le feu est omniprésent (Le sacrifice ; le Miroir) mais il n’est jamais un danger. Du moins, pas véritablement. Il brûle, il ravage certes ! Avec Tarkovski, on se contente de l’observer, debout, lui faisant face, en spectateur impuissant car, après tout, que sait-il faire d’autre le feu sinon mettre le feu, aux granges, aux poudres - et aux âmes ?

    Et puis le vent ; ce vent ami qui parle à voix basse. Quand il souffle, quand il manifeste sa présente au monde, à la fois caresse et trouble, c’est sans un hurlement ; il souffle par courtes rafales, disparaît aussi vite qu’il est venu nous signifier qu’il n’est jamais très loin, tapi dans l’herbe, attendant son heure avant de se lever, ou bien plutôt, avant de se redresser comme on sort d’une cachette ; tout comme le feu, le vent est juste une donnée avec laquelle il nous faut compter le temps passé à ignorer une nature auquelle les êtres humains n’ont de cesse de manifester une ingratitude irresponsable.  Or, la nature ne pardonne pas l’amnésie arrogante, hautaine, fruit d’une ignorance crasse.

    Si vous ne vous souciez pas de la nature, c’est elle qui s’occupera de vous.

    Neige, plans d’eau gelés, glacés comme autant de représentations picturales  d’une histoire de l’Art de la vie - figures de villageois des siècles passés qui n’en finissent pas de témoigner -, chez Tarkovski, on passe du noir-et-blanc à la couleur au gré du temps qui passe ; le présent est en couleur, le passé et le futur en noir-et-blanc car chez ce réalisateur hier et demain se confondent ; c’est l’éternel retour de ce qui a été et de ce qui sera éternellement.

    Qu’est-ce que le présent chez Tarkovski ? C’est précisément un futur (Solaris) et un passé (Le miroir) sans présent pour le précéder ou lui succéder.

    Un battement d’aile, celui d’une colombe qui traverse l'écran lentement d'est en ouest  - incidemment ? -, et puis soudain, au loin, des voix, des cris, des rires d’enfants et d’adultes hors champ, comme des appels de l’au-delà, des appels à la vie ; c’est le monde dans tous ses sens qui se fait entendre, lui et son mystère qui nous échappe, le plus souvent absents à nous-mêmes que nous sommes.

     

                  Tarkovski est russe mais… sans Tolstoï ni Dostoïevski ! Comme quoi, ces auteurs ne nous avaient pas tout dit.

    Russe donc Tarkovski ! Et puis… bien d’autres choses encore.

     

     

                 On revient toujours à Tarkovski pour y être allé souvent, sans en revenir vraiment. Aussi, on n'y retourne pas à Tarkovski, on y reste pour n'en être jamais parti.

    Tarkovski c’est Bach, la figure musicienne d’un Christianisme en chorale, sans frontière ni chapelle, de Moscou à Rome en passant par Leipzig et Byzance.

    La bande originale des longs métrages de Tarkovski est électro-acoustique car le réalisateur n’a peur de rien et sûrement pas de la modernité et de la technique ; un voyage à la vitesse du son et de la lumière parfois aussi, ces fulgurances sonores qui emportent les images ! Ogresses qui dévorent tout sur leur passage, et en premier lieu, chaque plan dont la couverture sonore vient nous signifier qu’elle est ailleurs cette image, irreprésentable, comme les mots incapables de dire le vrai et le beau !

    Pour Tarkovski, les mots ne peuvent donc que mentir, excepté en poésie car on doit tout lui sacrifier.

     

                  Pas de fiction chez Tarkovski ; jamais vraiment ! Bien plutôt l’archive et le souvenir qui accouchent d’un scénario sans faux-semblant : généalogies et histoires avec un grand et petit H.

    Notez qu’il s’agit encore une fois d‘expulser le présent ! Ce présent qui semble nous être décidément d’aucun secours.

    Gravats, chantiers, décharges, terrains vagues aussi, murs décrépis, délabrement des lieux, la beauté est ailleurs chez Tarkovski ; dans tout ce qui est dit et qui n’est jamais montré puisque le réalisateur refuse le mensonge. Seul Léonardo sous la forme d'une lithographie de son autoportrait, barbu, vieux et beau comme son génie bienveillant de 60 ans, sauve la mise.

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                 Si Tarkovski n'a pas le physique de son cinéma, en revanche, il a les moyens de ses ambitions car, avec Fellini, Tarkovski n’a eu de cesse de faire du cinéma autrement comme on fait de la politique tout aussi autrement ; lui y parvient ; la politique, elle, devra sans doute attendre encore dix mille ans ; quand il n’y aura plus personne pour en faire !

    Depuis sa disparition aucun réalisateur russe n’a su relever le défi ; aucun ne s’est montré à la hauteur de cet héritage.

    Faut-il préciser ici qu’avec Sokourov, contrairement à ce qui nous est demandé de penser, on est encore loin du compte, très loin ?

     

             Maisons, appartements comme autant de foyers du devoir et du laisser-vivre et couler ; pièces en enfilade, sans porte… une ouverture centrale conduit à la  suivante, béante et ouverte sur la prochaine dans une profondeur de champ et de vie car aucun mouvement n’échappe alors au réalisateur, aucun va-t-et vient.…

    Datchas isolées mais sûres ; une femme et ses enfants peuvent s’y reposer des années durant sans craindre le loup qui dévore, saccage et saigne à blanc ses proies ; les lampes à pétrole remplissent le cadre et leur office, posées sur une table ; elles éclairent l’ombre et l’obscurité ; chez Tarkovski comme chez tous les grands cinéastes, il ne fait jamais vraiment jour car à trop vouloir éclairer, on éblouit et on assomme. Chez ce réalisateur, la clarté est ailleurs ; dans l’esprit et jamais dans la lettre ; Tarkovski est sans idéologie.

    Soucoupes, tasses en porcelaine aux couleurs vivres, aux riches motifs, nature morte d’un tableau toujours recommencé, cent fois l’ouvrage remis sur le métier, les miroirs sont partout avec ou sans reflet, muets comme des carpes. Lithographies, livres ouverts sur le temps, de tout temps… icônes lascives,  figées, éternellement présentes à elles-mêmes par-delà l’ignorance des temps qu’elles traversent, la famille résiste encore et se tient debout chez ce cinéaste d’une union et d’une confrérie à toute épreuve : parents, enfants, grands-parents…

    Aussi, chez Tarkovski, les enfants dorment d’un sommeil paisible, profond, sans souci, fenêtres ouvertes ; une brise légère veille sur eux ; leur mère aussi, à la fois ici et ailleurs car elle a sa vie à vivre.

    Le père va et vient, furtif, aussi présent qu’absent, occupé, affairé : qui est-il et quoi ? Pas de réponse : voilà encore un autre mystère.

    Si le sexe est absent, en revanche, les enfants sont partout. C’est qu’il doit bien s’en passer des choses dans les chambres à coucher ! Tarkovski n’en pipent mot car à tout montrer, on oublie l’essentiel : le rêve, le songe et la réalité, tout trois entremêlés.

     

                 Chez Tarkovski, la femme est placée au centre… active, toujours en mouvement ; elle est femme, amante et mère ; elle cimente, colmate les brèches ; l’édifice, son entretien et sa rénovation…  c’est elle ; cathédrale et temple, elle est l’architecte ; elle tient le monde toujours menacé de délitement car, comme pour la folie et la raison, la frontière est ténue ; un mot, un geste et c’est la bascule ; la catastrophe aux millions de morts irrémissibles…

    Pour cette raison, on peut dire que le cinéma de Tarkovski maintient la vie en vie dans le doute et l’affirmation. C’est le propre des êtres humains qui savent d’où ils viennent tout en gardant à l'esprit tout ce qui a été perdu.

     

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  • Django au pays de « Candie land »* : une sucrerie cinématographique amère

     

     

                 Dés-enchaîné dès les premières minutes du film, puis rapidement déchaîné un colt dans chaque main, c’est Django de Quentin Tarantino, le justicier aux bras armés d’une justice vengeresse encore inégalée dans sa représentation … car jamais le châtiment aura été aussi savoureux à partager et la libération aussi belle à contempler !

    Ironie, humour macabre et noir, pastiche, parodie de western, dérision, bande musicale aux voix profondes d'authenticité, dialogues qui claquent comme un fouet, une claque en plein visage aussi, certes Tarantino s’amuse encore, mais quand il rit, sans doute pour ne pas désespérer totalement, c’est d’un rire jaune… un rire inédit chez Tarantino ; il faudra se reporter à « Jackie Brown », réalisé en 1997, pour trouver un tel élan compassionnel pour son personnage principal, l' objet de toute son attention.

     

                   « Pendant des siècles, ils ont été les barbiers de mes ancêtres, le rasoir en main, sous leur menton, sous leur gorge, trois fois par semaine… mais alors, pourquoi ne les ont-ils pas tués ? » questionne Calvin Candie le maître des lieux : Candie land…

    La réponse ne se fera pas attendre. Soudain, on ne joue plus. Le rideau tombe ; ailleurs, il se lève, et tout s’éclaire. Trêve de mascarade ! Bas les masques ! Les armes à feu ont remplacé le rasoir (soyons modernes que diable !) ; la passivité, une servitude résignée trop souvent prisonnière d'un processus de chosification mortifère, s'est muée en courage féroce…

    C’est le théâtre du Grand Guignol à Candie land ! Les balles pleuvent par dizaines, par centaines, par milliers, ça ricoche et ça siffle comme des missiles avant impact, des lambeaux de chair ensanglantée virevoltent, les corps sont criblés et couverts de sang, à flots ce sang, le sang de plusieurs siècles de générations de négriers et de leurs larbins sadiques, l’ancien testament d’une main, fouet de l’autre, pour un protestantisme fanatique qui nous rappelle étrangement ceux qui, la Torah d’une main, le flingue de l’autre, tiennent en respect le Palestinien qui rêve de liberté tout en continuant de lui voler sa terre et sa vie, et d’autres encore, Coran et décapitation, comme autant d’échantillons d’une humanité de cloportes.

    Le sang gicle au passage sur la fleur de coton immaculé d'une plantation au labeur esclavagiste, pétales de sueur, de larmes et de sang… mais aussi... nectar et miel d’une justice expéditive…il faut alors faire vite et frapper fort… car, si la vengeance est impatiente, la liberté l’est tout autant.

                   Un chant choral se fait entendre maintenant car partout ça crie, ça hurle, ça souffre, ça meurt, une fois, dix fois, cent fois, mille fois…

    Mais alors combien de fois faudra-t-il les tuer tous pour qu’ils meurent ?!

    « Candie land », cette terre infâme, est maintenant jonchée de cadavres ! Bientôt, une bâtisse blanche, de la couleur de son commerce - le coton -, contre celui de sa main d’oeuvre, volera en éclats… il n’en restera rien ; en cendres… cendres fumantes.

     

                      Django c'est Zorro chevauchant vers la femme qu'il aime, pour la délivrer ; un Zorro noir qui partage la condition de ceux dont il vole au secours ;  c’est  le retour de d’Artagnan, du nom ironique de l’esclave que son propriétaire donne à dévorer vivant aux chiens ; le d’Artagnan d’un Alexandre Dumas d’outre-atlantique qui rentre à la maison pour régler quelques comptes ; et c'est aussi le Christ, un Christ noir : "Voici leur sang versé, celui de ma liberté ! Voici leurs corps déchiquetés, le juste prix de mon émancipation !"

     

                 La traite, le colonialisme, un monde de gagnants abjectes : tout se tient donc. Surprenant qu’il y ait encore des trous du cul ou des salauds pour s’étonner que de temps à autre, le perdant lève la tête et le bras puis la main pour frapper.

    Si chez Tarantino c'est souvent le Blanc qui sauve le Noir ( voir Jackie Brown), ce que Spike Lee ne supporte pas, il n'en reste pas moins que la représentation du Noir et du Blanc, telle qu'elle nous est le plus souvent donnée par Hollywood - un Noir larmoyant, soumis, résigné, impuissant -, est inversée chez le réalisateur de Django : le Noir est futé, rusé même ; le Blanc est bête et méchant, méchant parce que bête, aussi bête qu’une bête, plus bête encore puisque sadique et cruel… même si c’est elle, cette bête, qui tient le fouet et la laisse.

    Tarantino met un point d’honneur à nous restituer la force et la dignité de l'esclave. En cela, Django c’est l’anti 12 years a slave du réalisateur britannique passé outre-atlantique, Steve Mcqueen, le Josh Randall de la traite négrière, réalisateur noir au producteur blanc ; 12 years a slave remportera l'Oscar du meilleur film : normal, le Blanc sort intact de "12 years a slave". En revanche, chez Tarantino, le Blanc sort laminé, rincé, essoré et couvert d'opprobre : il n'y a rien à sauver.

    Et puis, manifestement, Hollywood ne lui a pas pardonné ce jugement sans appel : « Que voulez-vous, Monsieur Calvin Candie, docteur Schultz est Allemand ; il n’a pas encore l’habitude des Américains et de leurs moeurs ; il ne connaît pas le spectacle d’un être humain que l’on donne à dévorer vivant aux chiens ».

    On pense alors au chaos du Moyen-Orient aux millions de morts (1) ; bilan d'une fausse guerre dite "contre le terrorisme"  lancée par les USA depuis 1990. Toute une région et sa population livrées vivantes aux chiens de la géopolitique.

                   Dans ce monde de la traite, de l’esclavage et des plantations, "le nègre domestique", nègre de l'intérieur (incarné par Samuel Lee Jackson - sans doute le rôle de sa carrière), sait que la force est du côté des Blancs esclavagistes et négriers ;  sa sécurité et prospérité aussi quand il est promu au rang de Major d’homme et qu’il règne alors sur toute une colonie de "nègres des champs". Dans ces conditions, mieux vaut, à ses yeux, être le domestique du Blanc en 1858 que son salarié "libre" cent ans plus tard, à trois dollars de l’heure.

    C'est sûr ! Ce nègre-là avait du flair d’autant plus qu’à son époque, il n’y avait qu’un trou dans la roulette, tout comme aujourd’hui soit dit en passant… car jamais il n’y en aura pour tout le monde aussi longtemps que les bénéfices de la trahison de l’un reposeront sur l’exploitation de tous les autres.

                     

     

                     Django, ce film déterminé, sincère, qui se veut tout sauf malin, est d’une violence d’une beauté rare et renversante car portée par la dénonciation d’un crime d’Etat, le premier d’entre eux, les USA, et dont on peut encore tracer l’argent de ses bénéfices chez ses milliardaires d’aujourd’hui (JP Morgan…)

     

                    « Django, tu ne pourras jamais détruire Candie Land », hurle le nègre domestique avant d'aller rejoindre, des mains de Django, le monde des morts, celui des Blancs auquel il appartient ; pourtant, Tarantino l’a fait le temps d’un film, même si aujourd’hui tout est à refaire.

     

     

    * Du nom du propriétaire esclavagiste de la plantation de Calvin Candie ; rôle tenu par DiCaprio ; Candy - homonyme -, signifie en Français : sucrerie, bonbons, confiserie...

     

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  • saint Matthieu et Pasolini : ou quand le Christ pique sa crise

     

                       C’est au son de toutes les musiques du monde que Pasolini et son Evangile viendront bluffer un Vatican sur le cul qui décernera son prix de l’Office catholique du cinéma à cet Evangile placé sous le patronage de saint Matthieu.

    Pasolini mettra en scène la Parole d'un Christ dont la voix occupera tout l’espace... tout le spectre sonore !


                      Les moins avisés ainsi que ceux qui verront dans cette Parole tout ce que leur fortune et leur puissance ont à redouter, évoqueront une violence inouïe et une pathologie tant dans son énonciation que dans son débit ; une intolérance aussi... qui expliquera sans doute les mille bûchers de l‘inquisition. 

    Ceux qui ont tout à perdre face à la compassion et face à la justice évoqueront le caractère intrinsèquement inquisitorial et dictatorial ; une Parole fanatique.

                     Qu'à cela ne tienne... ne boudons pas notre plaisir... tout en sachant que la langue italienne y contribuera largement car la colère lui sied à merveille !

     

     
                    La colère est nécessaire dit Aristote. Quelle victoire obtient-on sans elle, si elle ne remplit notre âme, si elle n'échauffe pas notre coeur ?

     

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  • Cinéma ! De film en film, de salle en salle

     

     

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                    Cinéma qui ne cessera jamais de hanter nos mémoires... sons, images, voix, musiques, lieux, acteurs, réalisateurs, auteurs, scénaristes, compositeurs, décorateurs, monteurs (le plus souvent monteuses), chefs opérateurs...


    Cinéma d’hier, de demain, encore à naître...

    Cinéma mort-né !


    Et puis, l’autre cinéma, déjà perdu pour tout le monde : films dont les scénarios dorment à jamais au fond des tiroirs ou dans l’imaginaire de ces mêmes auteurs, cinéastes et producteurs.

    Le Cinéma nous offrira toujours plus que ce qu’il nous donne à voir, à entendre et à comprendre. Art métaphysique par excellence, quand il y a « Cinéma », il y a… transcendance, toujours !

    A la fois indéfinissable et irrésistible, ce à quoi nous sommes confrontés est bien plus grand que nous… spectateurs ! Bien plus grand, et bien plus haut aussi !

    Transcendance donc, et puis… immanence !

    Car, cette imposante confrontation avec tous les réels qu’est le cinéma nous est bien destinée ; elle nous rejoint et nous aussi ; et c’est ensemble que nous cheminons.

    Aussi… à chacun son cinéma !

    Et c’est alors qu’on pensera à un FILM UNIQUE qui réunira tous les films... pour que jamais on n'en soit séparés et qu'on ne les oublie...

     

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