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Quartiers populaires : Saïd Bouamama et d'autres - Page 2

  • Malek Boutih à la mode Chandeleur : le repenti converti et retourné comme une crêpe

     

    Elections régionales 2015


    Mélenchon refuse de "trancher entre des nuances de gris"

     

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                  Malek Boutih ou la nouvelle gauche ! Celle de Valls, dans le cadre d'une répétition générale de l'élection présidentielle de 2017, qui demande à l’électorat de la gauche et du PS de voter LR-UDI pour faire barrage au FN.

    Pas si nouvelle que ça cette gauche-là ! C'est la fausse gauche PS du mois d'Avril 2002... le 21 plus précisément qui a vu Le Pen père au second tour de la présidentielle contre Jacques Chirac ; et Jospin de nous demander de barrer la route au FN ; un FN qui clôturera les élections à 20%.


    Aujourd'hui, le PS a retenu la leçon et demandera en 2017 le même élan « républicain » de solidarité à la droite car… devinez quoi ! Quinze ans plus tard, le PS travaille à un second tour de la présidentielle qui verra cette fois-ci, un François Hollande face à la fille le Pen.

     

     

                  On est le 9 décembre, Malik Boutih fait le job que lui demande Valls ; en service commandé, le député socialiste réagit violemment à l'annonce de Jean-Pierre Masseret, candidat PS : arrivé 3è, il a décidé de se maintenir au second tour des élections régionales dans le Grand Est contre le FN et l’UDI-LR ; i refuse cet élan républicain de 2002 (1).

    Il semblerait donc que la gauche, la vraie, pour Malik Boutih (2) c’est celle qui est cause du FN et qui demande à son électorat de voter à droite.

    Dont acte.

     

    ***

     

                Le 16 novembre, sur France Inter, à la matinale, heures tapantes, à la fraîche, c’est Malek Boutih l’invité : ICI .

    Autre sujet, même registre. La chasse est ouverte ! Député PS, Malek Boutih franchira le Rubicon allègrement. Imaginez-vous ça : 80% de ses interventions, ce matin-là, conviendront à toute la droite, du FN aux centristes :


    « Il faut en finir avec la sociologie, la pleurniche et les soi-disant causes sociales qui seraient responsables de la radicalisation de Français musulmans !»


    « J'en ai marre du procès d'intention qui dit que la France est toujours raciste et les autres toujours victimes" – après 20 ans de militantisme à SOS Racisme et une culpabilisation de chaque instant du « Français de souche », quel retournement !


    « Je suis républicain parce qu'il y avait une bibliothèque en bas de chez moi (Neuilly-sur- Seine – ndlr), et pas une salle de rap » - le Rap rendrait anti-républicain ? Ou bien alors, Boutih essaie de nous dire que le Rap est l’expression d’une prise de conscience du fait suivant : des millions de Français des « quartiers » sont privés de la promesse républicaine et de ses valeurs ?


    « La fameuse séparation entre les quiétistes, ceux qui veulent prier et ceux qui passeraient au terrorisme est artificielle. » Mais alors : tous terroristes potentiels ces Musulmans quiétistes ?


    « Des jeunes issus de ces quartiers n’en peuvent plus, ils ont envie d’être engagées, qu’on leur donne une chance de combattre ces gens-là. Nous avons une armée républicaine potentielle sur le territoire. » - Apologie d’une guerre intestine sur notre territoire entre Français issus de la colonisation et de l'immigration autour de la religion musulmane : croyants hirsutes contre les croyants modérés et les non-croyants ?


           Et puis, last but not least : « On ne peut pas considérer que le port du voile est normal »

                             N'en jetez plus, la poubelle est pleine Monsieur Boutih.

     


             Comme quoi... des attentats, une centaine de morts, et tout le monde rentre se mettre au vert au côté d'une droite expéditive ; c'est l'Assemblée nationale issue du Front populaire qui, un certain Juillet 40, vote les pleins pouvoirs à qui on sait. Heureusement pour Boutih que la "fausse gauche" est à l'Elysée et à Matignon ! Il peut encore faire illusion même s'il s'agit bel et bien d'un ralliement aux idées de droite : l'affirmation de l'absence de déterminisme social dans le destin individuel de chaque être humain.


                  Anti-Musulman, anti-rap, anti-sociologie, Boutih récidivera quelques jours plus tard sur BFMTV face à Finkielkraut avec lequel il finira par faire « risette » : ICI

    Là, Elkrief et BFMTV boivent du petit lait. Faut dire que depuis quelques semaines, au côté de Marine le Pen, Malek Boutih et son biais franchement anti-Musulman - véritable sésame pour quiconque souhaite faire son entrée dans les médias -, a son fauteuil chez BFM : c'est "table ouverte" pour Malek ! "Open bar" aussi ! C'est quand il veut à l'heure qu'il veut. Car enfin... comment dire tout le mal que l'on pense des Musulmans - " antisionistes, antisémites, anti-français, violents, ringards et sous-éduqués" selon la grille de lecture des médias atlantistes et proches d'Israël, sans l'aide de ce qu’on appelle " le beur de service » car si tous les antisémites ont « leur Juif » ( Renaud Camus et Richard Millet… Finkielkraut), tous les racistes ont « leur Arabe » qui dira tout haut ce que vous pensez tout bas... et qui le dira tellement mieux que vous, avec tellement plus de force, décomplexé, dans la mesure où il ne saurait être accusé de racisme ou d'islamophobie.


                  Des millions de chômeurs, des départements et des régions sinistrés, crise du logement, précarité, relégation, des dizaines de millions de salariés qui sont passés par la case chômage et la case SDF en trente ans - divorces, suicides, maladies, pauvreté ; des inégalités qui ont explosées, un mondialisme rapace et vorace qui veut la peau de notre système social européen - véritable civilisation en soi -, et qui n'a qu'un modèle à proposer : travailler plus, gagner moins, baisser la tête et consommer - mal-bouffe et abrutissement !


    Aucun rapport avec un FN à 40% et une abstention à 50  ?

    Que nenni ? Jamais de la vie ?


                Malek Boutih a une autre explication : seule la complaisance de la "gauche" - complaisance à l'endroit de la religion musulmane et des entorses à la laïcité -, est responsable nous dit le député PS aux analyses de droite.

    Et voilà les Musulmans responsables et sans excuses et l'Islam cause de tous les maux !


                   A la tête de SOS-racisme, officine PS pour Français issus des minorités visibles qui savent apprendre à marcher au pas et à la cadence du parti pré-cité, vingt années durant, avec son « touche pas à mon pote – (musulman) » aujourd’hui le même Malek Boutih nous explique que le pote ne l’est plus, et que la condamnation du racisme ordinaire du petit blanc européen de souche cachait une complaisance coupable, voire criminelle, à l’endroit de la menace de l'Islam sur la laïcité.

    Là, c'est Boutih qui rejoint l'analyse du FN à propos de la période "SOS racisme" des années 80 et 90.

    Cherchez l'erreur !

     

    ***

     


                Enthousiaste et pressé, chez BFMTV ou à France Inter... droit et enjoué, Boutih c’est l’élu qui n’en revient pas, qui n’en est jamais revenu, et qui connaît sa chance : la députation ; et tous savent à son sujet que le soupçon d’ingratitude peut être écarté. C'est sûr ! Malek Boutih affiche une loyauté sans bornes pour un système électoral qui privilégie depuis près de 20 ans, des individus falots, des individus gestionnaires de commandes, des chargés de clientèles électorales et d’affaires, selon le principe qui veut que ce soit celui qui paie et qui distribue les récompenses qui décide ; Malek Bouthi le sait mieux que quiconque car la gauche PS c’est la gauche qui n’a jamais donné sa chance à un seul émigré : en ce qui concerne Boutih, le PS mettra vingt ans à accepter qu’il soit député car les petits blancs du PS n’aiment pas partager et moins encore, céder leur place (3).


    Alors, vous pensez bien : Boutih qui est à la politique ce que les Harkis sont à l’histoire de la dé-colonisation, sait ce qu’il doit au PS et au système ; manifestement, les mots ne lui manquent pas quand il s'agit de renvoyer l'ascenseur : l’ingratitude n’est pas de mise chez Boutih !

     

    malek boutih, serge uleski, islamophobie,ps,

    Et d'un !

     

     

    ***


                  Dans les replis sinueux de son cortex cérébral, de circonvolution en circonvolution – faut croire qu'une fois nommé et en place, manifestement on apprend vite, et l'on prend le pli tout aussi rapidement ! -, Malek Boutih n’a de cesse de creuser son sillon. Et c'est alors que... pas à pas, sans éclat ni tapage, par la petite porte, porte de derrière pour ainsi dire... mois après mois, année après année, on s’y traîne, debout mais couché, lentement mais sûrement, alléché par l’odeur d’une promesse de reconnaissance au sein du grand barnum politique et sociétal... et puis, par un beau matin, on retrouve ses chaînes, le bruit de son cliquetis et son entrave, celle dont on croyait s’être débarrassé car la décolonisation doit trop, beaucoup trop à une bourgeoisie européenne indisposée par le spectacle de l’humiliation, de l’exploitation et du mépris - la couleur de son sang, l’odeur de son urine, de sa crasse et de sa sueur ; d’où ce retour, non pas du refoulé, mais bien plutôt, un retour à la case départ ; là d’où l’on vient et que l’on n’avait jamais vraiment quitté faute d’avoir été l’acteur majeur de sa libération. Faut dire que le colonisé esclave « bon à tout faire » et « à servir à tout » a été promu par son maître qui a eu la charité d’en faire son « camarade » de parti ; et c’est le ridicule qui accompagnera tôt ou tard son ascension grotesque.

    Orgueil et fourvoiement, on parlera alors de trahison, d’une rare laideur, qui nous inspirera néanmoins de la pitié… pitié face à cette erreur monumentale : coucher avec le mépris qui a décidé de tout, de votre condition d’être au monde, à peine humain, en l’occurrence.

    A ce sujet, on pourra se reporter aux analyses de Saïd Bouamama : La tradition colonialiste  des socialistes : de la SFIO au PS.


                 Et c'est alors que l'intéressé ira jusqu'à tenir le fouet. Et c'est aussi celui qui a participé à "La marche des beurs pour l’égalité" qui échangera son lexique et son codex de militant du droit et de la justice pour tous contre une logorrhée au service de la domination du plus fort sur le plus faible : encore une fois, le dominé se soumet à son Maître qui l'a en partie affranchi... dans le sens de "mettre au parfum" dans le contexte d'une liberté de parole étroitement surveillée.


    « Django » le long métrage de Quentin Tarantino à propos de l'Esclavage, nous en donnera quelques exemples aussi hilarants et savoureux que pathétiques avec Samuel Lee Jackson incarnant un personnage pitoyable et cruel : « le nègre domestique » ICI.

    Frantz Fanon,, un des penseurs de la colonisation et de la décolonisation avait un nom pour ces gens-là, les repêchés du système qui n’en croient pas leur chance tout en sachant qu'on ne leur en donnera pas une seconde.


    Il est vrai que le PS n'a pas son pareil lorsqu'il s'agit de salir celles et ceux dont il loue les services ; il exigera tout d'eux qui, sur le plan de la morale, de l'éthique et de la rigueur intellectuelle, y laisseront tout ce qu'ils possédaient avant d'y entrer. Prêtez-lui main forte, un bras, et c'est tout votre corps, corps et âme, que vous y abandonnerez car, c'est maintenant bien établi : on sort manchot, cul-de-jatte, lobotomisé et sale - en d'autres termes : discrédité - d'une collaboration, même éphémère, avec un parti tel que le PS qui cultive comme aucun autre, le mépris courtois et sournois envers ceux qui le servent, sans doute à cause d'une trahison politique qui lui sied si bien depuis trente ans ! Mépris que l'on pourrait sans difficulté interpréter comme une sorte de un transfert à des fins thérapeutiques : en effet.... c'est celui qui dit qui est, car... n'est-ce pas une tâche insurmontable à la fois de le dire et de constater qu'on l'est... parjure sans foi ni loi, le matin devant sa glace à l'heure où il faut en remettre une couche ?


               Harlem Désir (il sera le premier chronologiquement), Najat Vallaud-Belkacem, puis Christiane Taubira et maintenant Malek Boutih... même en politique, on leur confiera le sale boulot. Mais alors... est-ce un hasard si ce destin sacrificiel qui ressemble fort à une crucifixion touche en priorité des Français qui appartiennent à des minorités visibles ?

    Manifestement, personne n’a aidé Boutih à penser les dangers de la compromission et le piège qui se referme sur la victime qui choisit de servir son bourreau : celui d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Celui qui est du côté du manche ; bourreau de toujours, qui vous domine des pieds à la tête, entre deux sourires, deux tutoiements, deux embrassades : Judas père et fils. Car si le pouvoir corrompt, le pouvoir « privé du pouvoir de tenir tête » rabaisse et avilit ; on quitte son fauteuil débiteur et sale… endetté à vie.


                  Au sujet de Malek Boutih, difficile de ne pas penser à ce qui suit : si là d’où l’on vient ne saurait en aucun cas empêcher quiconque d’aller voir ailleurs et de s’y installer, en revanche, il n’est sûrement pas nécessaire, une fois arrivé à destination, de courber l’échine aux fins de conjurer le danger d’un éventuel retour à la case départ, défait et humilié pour la seconde fois, par une classe qui ne vous fera jamais oublier d’où vous venez et quel nom vous portez. Toute l’Histoire de France, depuis l’esclavage et la colonisation, plaide contre cette classe. Car... le front encore couvert de sueur, rien n’enhardit le rescapé, ou l'échappé-belle, comme la soumission aux diktats des puissants ! Et d’aucuns s’empresseront d’ajouter : combien de temps encore, les rescapés d’un déterminisme social le plus souvent impitoyable (Souvenons-nous de Bérégovoy et de son CAP de mécanique-auto faisant la première de couverture de Time magazine avant de recevoir un satisfecit du Wall Street journal pour son action en tant que premier ministre-gestionnaire), devront-ils donner des gages de bonne conduite et de fermeté d’âme à ceux auxquels ils pensent devoir leur repêchage social, oublieux qu’ils sont de leurs droits et de leurs mérites ?

    Si les anciennes victimes font d’excellents bourreaux, de même, les anciens fauchés, un peu moins fauchés maintenant - pour ne rien dire de ceux qui le sont restés -, semblent faire d’excellents garçons de course recouvreurs pour le compte de créanciers pressés de rentrer dans leur argent : aussi, Malek Boutih n'a pas fini de rembourser sa dette ; il en est qu'aux premières échéances.

     

    ***


              Ce qui suit pourrait bien être une tentative d’explication, du moins… une piste de réflexion non négligeable : la tentation de la soumission et le syndrome du larbin ICI - empathie avec celui qui vous a longtemps fait marcher et qui vous a fait les poches aussi ;  le syndrome de Stockholm (empathie avec celui qui vous séquestre) n'y suffisant plus manifestement.  

           

                 La faute de Malek Boutih c'est d'avoir oublié d'assumer les origines du nom qu'il porte, et ce à quoi ces origines obligent avec pour conséquence une compromission auprès de ceux qui, en aucun cas, ne peuvent être considérés comme des interlocuteurs dignes de confiance et ce faisant, des interlocuteurs capables de vous aider à porter avec fierté cette histoire de vos origines car toutes leurs allégeances et l'histoire dont ils sont les produits contredisent cette possibilité.

    Pour vous, ils n'accepteront qu'un rôle : que vous soyez l'instrument de leur histoire et non de la vôtre.

    Derrière cette "compromission" nichent la recherche d'une intégration-acceptation à n'importe quel prix, chienne de la soumission, ainsi que la peur du rejet et la fatigue de son vécu, année après année, épuisement après épuisement. Plus profond encore, on trouvera une honte, celle de ses origines - encore et toujours cette honte ! -, cause d'une intériorisation à la fois consciente et inconsciente de tous les discours, au mieux "dépréciatifs", au pire "racistes" qui sont rattachés à cette "origine semelles de plomb" quand sa valeur intrinsèque, qui ne doit faire l'objet d'aucun débat, est niée de part et d'autre.

     

     

    1 - Pour une autre analyse des résultats du premier tour des Régionales de 2015, c'est ICI  et LA

    2 - Il participe en 1983 à la Marche pour l'égalité. Il entre à SOS Racisme en 1984, en devient le vice-président de 1985 à 1992 puis président  de 1999 à 2003 ; secrétaire national du PS de 2003 à 2008, il est membre du bureau national et député de l'Essonne depuis juin 2012.

    3 – Salaire d’un député : Indemnité mensuelle : 7 100,15 € bruts par mois. 

    Indemnité représentative de frais de mandat : 5 770 € bruts par mois, pour faire face aux diverses dépenses liées à la permanence parlementaire.

    Les députés disposent de 9 504 € bruts par mois sous forme de crédit destiné à rémunérer leurs collaborateurs, d'un accès gratuit à l'ensemble du réseau SNCF en 1re classe, du remboursement des forfaits de cinq lignes mobiles et d'un abonnement Internet.

    Un député ne peut cumuler son indemnité parlementaire et les indemnités d'autres mandats électifs que dans la limite d'une fois et demie le montant brut de l'indemnité parlementaire de base, soit 8 272,02 €. Un parlementaire ne peut donc percevoir plus de 2 757,34 € au titre de ses mandats locaux.

     

     

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  • Tout, tout de suite... mais pour qui ?

            


    Sportès, Beaune, le fait divers en fiction 1/3 par rue89 
     

     

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               La vérité, c'est aussi et surtout dans les faits divers que vous la trouverez.

     

               Vous vous demandez dans quel monde vous vivez, dans quel pays, dans quelle ville, dans quel quartier ? Intéressez-vous donc aux faits divers et ne relâchez pas votre attention ! Car tous ces faits divers sont aussi et surtout, des faits emblématiques de notre société qui demeure - quoi qu'on en dise - indomptable malgré tous ses garde-fous.

    Miroir déformant ou pas, le fait divers - pour peu qu'un traitement responsable lui soit réservé - viendra nous rappeler des logiques de comportement que l'on croyait révolues, une géographie urbaine ou rurale insoupçonnable, des conditions de vie scandaleuses mais aussi : mille transgressions, mille intolérances, mille traumatismes, mille injustices...

    Si la rubrique des faits divers est souvent celle des pauvres, rubrique tombeau que personne n'ira fleurir, elle est aussi celle des fous.

    Et le dernier ouvrage de Sportès « Tout, tout de suite » arrive à point nommé.

    Médecin légiste, l’auteur traite d’un fait… fait-divers par excellence… répondant au nom de « Gang des barbares, ou bien encore « Affaire Fofana »… et parfois aussi… « Affaire Halimi » du nom d’une des victimes de ce gang… la dernière.

     

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                Seuls les auteurs et les artistes savent comme personne faire tinter et résonner la cloche des faits de société ; alarme destinée à nous rappeler au bon souvenir de tout ce dont nous sommes aussi capables... collectivement et individuellement.

    Et en ce qui concerne ce fait-divers en particulier, reconnaissons en toute bonne foi que la sortie de l’ouvrage de Sportès nous offre l’opportunité de dénoncer l’action de tous ceux qui, entre 2006 et 2009, ont cherché à instruire, sur le cadavre calciné d’Ilian Halimi, le procès, non pas d’une bande de criminels adolescents ou pré-adultes, mais celui de nos banlieues et d'une religion : l'Islam ; tout en prenant soin d'instrumentaliser un antisémitisme pourtant bien incapable d’expliquer quoi que ce soit de la motivation de ce gang dits « des barbares », pour ne rien dire de tout ce qui, au fil des ans, a bien pu les amener à commettre de tels actes.

    A ce sujet, saluons l’ouvrage de Sportès et les résultats de son autopsie qui remettent à l’heure les pendules d’une recherche de compréhension in situ, de la bouche même de l’auteur : «  mondialisation, quart-monde et régression religieuse » ; Sportès prenant soin de préciser que les marchés financiers et leurs suppôts ont bien été les premiers à pratiquer un « tout, tout de suite » dévastateur tant sur un plan social que moral, et ce bien avant ce gang dits « des barbares ».

    Car enfin... au cours du procès de ce gang, n’a-t-on pas retrouvé tous ceux qui depuis 20 ans, et aujourd’hui encore, cherchent à diviser notre pays ?

    Pseudo-intellectuels... communautarisés, chroniqueurs aux ordres, ligues, associations, conseils, groupuscules... tous ont tenté de prendre à témoin la société française dans son ensemble - d’aucuns parleront de prise d’otage -, pour mieux stigmatiser, en particulier, des populations en souffrance, et ne jamais questionner des politiques qui plongent des pans entiers des sociétés occidentales dans l’abandon et la déshérence ; populations pour lesquelles le passé est plus un boulet qu’un tremplin, le présent un échec couronné par une absence d’avenir vécue sur le fil du rasoir de l’indifférence et de la haine, l’amour étant hors jeu, et la compassion aussi.

    On ne peut rendre que ce qu’on a reçu. Quant à donner ce qu’on n'a pas…

    D’autant plus que… la résignation et la patience ont déserté les pauvres, et l’urgence de posséder « tout, tout de suite » a occupé la place comme partout ailleurs mais… à ceci près : chez les indigents criminels et déments, le cutter et la torture ont remplacé la carte de crédit.

     

    ***

     

              Cinq ans après les faits, plus de deux ans après le procès, force est de constater que ces stratégies de division-diversion sont toujours à l’oeuvre. Nul doute… la sortie de l'ouvrage de Sportès permettra à nombre de ses acteurs de se faire à nouveau entendre ; d'où l'utilité de continuer, sans relâche, de dénoncer leur action...

    Et si le travail d'un auteur tel que Sportès peut nous y aider... so much the better

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     Pour rebondir - cliquez Procès Gang des barbares


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  • Marche de la dignité : le nouveau visage de l'antiracisme *

     

                      "La marche de la dignité" a réuni le 31 octobre 2015 à Paris 20 000 personnes ; une marche sans le CRIF, sans la LICRA, sans SOS racisme, sans la LDH qui ont refusé de participer à un rassemblement jugé pas assez consensuel à leur goût, et par voie de conséquence, beaucoup trop clivant.

                      L'absence de ces associations prouvent, si besoin était, que sans le feu vert du PS, sans son soutien, sans son financement, et sans la récupération et l’instrumentalisation du racisme, les discriminations n'intéressent que les victimes.

    Dont acte.


                      Une marche pour la dignité organisée par la MAFED ; le défilé comptait de nombreuses organisations "antiracistes" et féministes comme le Parti des indigènes de la République, le collectif MWASI (féministes afroféministes), la Brigade Anti Négrophobie, Vérité et justice pour les quartiers populaires ainsi que des organisations pro-palestiniennes et d'ultra-gauche.

                      Fort du succès de ce rassemblement, le sociologue Saïd Bouamama exhortera les villes, les quartiers et les populations concernés par le mépris raciste à s'organiser, conscient du fait que tous, maintenant, ne peuvent compter que sur leur propre force.

     

                      Mais alors, qu'il leur soit donné à tous la force nécessaire à la création d'un environnement qui leur permettra de vaincre au quotidien, un parcours jonché de racisme, de discriminations, de relégation et de mépris.

     

     

    * Courtesy of Info libre

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  • Said Bouamama à propos de "l'offre Soral"

     

                 La "Réconciliation nationale" proposée par Alain Soral : un discours d’intégration et de domination envers les classes populaires ?

    La question est posée dans le cadre de la journée "Reprenons l'initiative dans les quartiers" : combattre le racisme et les idées d'extrême droite.

     


                    Une réponse d'E&R (association d'Alain Soral)

     

     

     

    Said Bouamama : sociologue, auteur notamment de nombreux ouvrages dont "Figures de la libération africaine. De Kenyatta à Sankara", 2014 ; Femmes des quartiers populaires, en résistance contre les discriminations, des femmes de Blanc-Mesnil, Le Temps des Cerises, 2013 ; Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe, Édition Syllepse, 2012.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Reprenons l'initiative dans les quartiers

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  • "Petits blancs" - "Racaille": Différentes approches, même combat.

     

                    Le Club de la presse du Nord Pas de Calais a consacré "Les mardis de l'info" du mois de mai 2014 à un débat sur les petits blancs avec deux auteurs, Aymeric Patricot professeur en ZEP en région parisienne et Said Bouamama, sociologue.

     


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                    Saïd Bouamama à propos d'un système qui génère guerre et racisme avec Que faire la revue militante du NPA - c'était en 2010 :

     

    Que Faire : Peux-tu rapidement retracer ton parcours militant ?

     

    Saïd Bouamama : On peut le dater dès mes 14 ans, dans un quartier populaire de Roubaix. La crise n’est pas encore forte donc ça reste une ville ouvrière avec beaucoup de liens sociaux, avec une dynamique évidente. On est dans l’après 68 et les maoïstes arrivent donc dans les quartiers populaires de manière très offensive. Ils apportent quelque chose de particulier qui est d’autoriser à la révolte : une des premières phrases que je me rappelle c’est « on a raison de se révolter », ce qui correspondait exactement à ce qu’on se disait. Sur Roubaix cent jeunes issus de l’immigration avaient fini par adhérer soit à une structure proche des maoïstes, soit directement chez les maoïstes – le PC-MLF à l’époque, puis le PC-RML. En réalité ce qui nous intéressait le plus ce n’était pas le maoïsme, mais leur discours sur les milieux populaires : « arrêtez de nous considérer comme ne valant rien ». Il y avait une dimension de valorisation extrêmement forte qui nous a beaucoup plu. Deuxièmement, il y avait la question palestinienne qui a été très vite une question centrale pour nous. Et troisièmement ils nous incitaient à lire, et plusieurs trajectoires en ont été transformées : j’aurais été en échec scolaire comme la plupart de mes camarades si je n’avais pas croisé le chemin des maoïstes.

    Et puis très vite ça a clashé sur une question de classe : nous n’avions pas leurs réflexes culturels, leurs goûts etc., Voilà le point de rupture avec les maoïstes : la rupture est née de ce décalage entre ce qu’on vivait, nous enfants d’ouvriers immigrés, et ceux qui prétendaient changer la société. Cela va rester pour moi un des points de vigilance permanents et donc d’engueulade y compris avec des camarades proches : dans le nord je travaille beaucoup avec des gens sortis du PC qui essaient de reconstruire quelque chose, mais en même temps je suis infernal avec eux sur cette question de base sociale : « qui va changer la société ? ».

    Par la suite je m’investis dans la Marche pour l’égalité que je coordonne pour la région du nord, et très vite je suis confronté à l’état de la classe politique de gauche et d’extrême gauche telle qu’elle était à l’époque. Au sein de la même marche, il y avait deux marches : la marche des gens comme nous, de quartiers populaires, voulant dire basta aux crimes racistes, et la seconde marche, celle de tous les soutiens. C’est-à-dire qu’en gros il y avait d’un côté les Arabes et de l’autre, il y avait les blancs, de l’extrême gauche au PS, qui soutenaient l’idée que les jeunes issus de l’immigration que nous faisions uniquement une marche anti-FN. Ca a été la seconde leçon politique sur la trajectoire de mon parcours militant : la prise de conscience qu’il y a une distance d’analyse entre l’essentiel de la classe politique blanche et les autres autour de cette idée de nous mettre comme paravent au FN. Ca va déboucher sur le consensus autour de SOS racisme, de la LCR au PS en passant par le PC, par tout le monde. Entre temps, tout ça m’a donné envie de faire des études. Au fur et à mesure que j’avance dans mes études, je commence à m’intéresser à d’autres questions sociales et à ceux qui prétendent changer la société et je deviens marxiste, mais sans jamais pouvoir me retrouver dans les organisations existantes. J’avais cette espèce de schizophrénie entre d’une part le fait que j’étais persuadé que c’était le système capitaliste qui produisait l’ensemble des dégâts sociaux, et d’autre part le fait que ceux qui se revendiquaient du marxisme étaient incapables de prendre en compte la question des quartiers populaires, de l’immigration, et plus tard de l’islam.

     

                     La suite ICI

     

     

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  • Saïd Bouamama : Palestine, islamophobie, to be or not to be Charlie

     

    Les bons et les mauvais Musulmans

     

    Sur la question palestinienne et l'importation du conflit.

     

     

    Une conséquence de l'islamophobie

     

     

    Que faire face à l'unité nationale de l'après-Charlie

     

     

     

    Saïd Bouamama, né en 1958 à Roubaix, est un sociologue, Docteur en socioéconomie, il est membre de l'IFAR, une association loi 1901 où il est chargé de recherche et formateur de travailleurs sociaux.

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  • Saïd Bouamama revient sur les tueries de janvier 2015 et sur le slogan "Je suis Charlie"

     

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  • Autour des quartiers populaires : analyses et rebonds - 1

                    Pourquoi les quartiers populaires sont-ils impopulaires ? Une réponse du sociologue Saïd Bouamama

     

     

                    A la suite des révoltes de 2005, une rencontre avec Saïd Bouamama à l'occasion du tournage de "Ceci est notre quartier à 93°".

     

                    En 2005, un collectif a vu le jour sur le Blanc-Mesnil en vue d'analyser la flambée de violence de cette année-là. "Ceci est notre quartier à 93°" de Roland MOREAU a été réalisé avec le collectif des femmes du Blanc Mesnil -  Maison des Tilleuls

     
                    Extrait de Notre Monde, de Thomas Lacoste - 2013

                 Hourya Bentouhami est philosophe, ancienne élève de l'École Normale Supérieure de Lyon, agrégée et docteure en philosophie. Ses travaux portent sur la non-violence dans une perspective féministe et postcoloniale.

    Elle a participé à l'ouvrage collectif L'Autre campagne, 80 propositions à débattre d'urgence Ed. La Découverte, 2007.

     

     

     

                      "Garde à vue, garde à toi", documentaire de Roland Moreau.
    Les jeunes du Blanc-Mesnil ont réalisé en 2000 ce film sur les rapports entre les jeunes et la police, parti d'un état des lieux de la garde à vue - depuis les gardes à vue sont filmées, un avocat et un médecin sont présents dès la première heure.

    Retour du balancier, l'état d'urgence sous le gouvernement Valls a remis à nouveau en cause ces dispositions. La Constitution est convoquée ; il serait question de "constitutionnaliser" une grande partie des atteintes à la liberté et à la protection des individus.

                              A suivre.

     

                        Assemblée publique du Printemps des quartiers à Bagnolet en mars 2013 : les Présidentielles... Et le racisme ? Et les quartiers ? Et la Palestine ? Et la Françafrique ? Et les occupations militaires ? etc...

     

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                2000, 2005, 2013... crise économique, mondialisme, des gouvernements aux ordres, mur de l'indifférence, surdité, ségrégation, discriminations... tous les problèmes demeurent.

     

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  • Saïd Bouamama : une heureuse découverte

     

     

                 Absent des médias - lui aussi... un de plus ! -, Saïd Bouamama est sociologue et militant associatif. Engagé professionnellement et personnellement dans les luttes d'émancipation dans toutes leurs dimensions, il est notamment l'auteur de "Les Discriminations racistes : une arme de division massive" chez L'Harmattan en 2010 ;  "La France. Autopsie d'un mythe national" chez Larousse en 2008.

    Avec le Collectif Manouchian dont il est un des animateurs, il a établi un "Dictionnaire des dominations de sexe, de race et de classe" aux éditions Syllepse.

     

     

                  Saïd Bouamama , présente son nouveau livre « Figures de la révolution africaine » : Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara... autour de l’apport théorique de ceux qui ont inspiré et dirigé les luttes d'émancipation et d'indépendance...  sur le Continent africain.

     

                   "... Durant la Traite et la colonisation, les résistances des peuples autochtones ou déportés n’ont jamais cessé ; des dizaines de formes de résistance en fonction du rapport de force ont vu le jour : avortement pour ne pas laisser d’enfants-esclaves au maître, se laisser mourir de faim, révolte dans les plantations, empoisonnement du bétail du maître...

    La résistance des Marrons construisaient dans leurs refuges au sein de communautés d’esclaves fugitifs des manières de vivre qui renouaient avec la tradition...

                  « Le grand facteur d’optimisme,  c’est que quand on est tout au fond du gouffre, au moment de la Traite, la culture a été le lieu dans lequel la dignité a été préservée ; se replier y compris sur des traditions qui peuvent nous apparaître comme réactionnaires était la manière de résister et de maintenir une dignité car quand je suis nié, je réinvestis totalement ce qui me semble être mon passé avant l’arrivée de l’agresseur." -  Amílcar Lopes Cabralhomme politique fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert."

                 Saïd Bouamama nous rappelle qu'il n’y  a pas de domination sans violence, il n’y a pas de domination douce ; et c’est le dominant qui contraint le dominé à la lutte armée : les peuples se transforment dans l’action. Le droit n’est que l’expression d’un rapport de force.

     

     

     

                  Ne pas rater la lecture : La tradition colonialiste  des socialistes : de la SFIO au PS par Saïd Bouamama

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    Pour prolonger, cliquez : Penser le néo-colonialisme avec la Françafrique

     

     

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