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actualité - Page 4

  • 14-18 : du chemin des Dames à Verdun

     

                               Première grande boucherie du 20ème siècle après celle des guerres napoléoniennes du 19e.

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               Première Guerre mondiale...

               Huit millions et demi de Français seront appelés ; un sur cinq y laissera sa vie, sa pauvre et maigre vie, à raison de 900 par jour, et autant de mutilés - un bras, une jambe, des yeux, la vue… -, en Flandres, en Artois, dans la Somme, en Île-de-France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine

    Tenez ! 27000 morts en une seule journée le 22 août 1914 «à coups de crosse, à coups de poignards, à coups de bombes et de mitraille». 

    Pour une guerre joyeuse dans ses premières semaines… on peut dire qu’en 4 ans, le spectacle tournera au cauchemar puis à la tragédie car cette boucherie et ce scandale qu’est cette guerre dont on cherche encore aujourd’hui la grandeur, feront des Français un indécrottable Peuple pacifiste au cri de « plus jamais ça ! » et des Allemands humiliés par un traité de Versailles et un Clemenceau intraitables et imprévoyants, d’impatients revanchards trépignant jusqu’à l’arrivée du Guide suprême  - le Führer -, pour porter cette rage-là, cette fureur justement ! à son paroxysme à la hauteur de 60 millions de morts, dont 40 millions de civils.

                 Tiens, au fait ! 18 millions de morts pour la première, 60 pour la seconde… combien pour la prochaine ?

     

               Jean Renoir dans « La grande illusion » nous présentera un conflit mené dans un esprit chevaleresque et aristocratique, alors qu’il s’est le plus souvent agi de bouchers gantés, le petit doigt sur la couture du pantalon civil et militaire, impeccables certes !  Habiles dans le maniement de leur lorgnon, c’est vrai ! mais bouchers quand même ! Et leurs épouses, marraines de guerre, n’y changeront rien ; chacun de leurs colis viendra ajouter une touche obscène à ce sacrifice sans scrupule et sans objet qu’est cette première guerre mondiale.

    S’il faut parfois savoir se taire avant de parler, décidément, il y a des réalisateurs qui feraient bien de retenir un « Moteur ! » avant de donner le signal de faire tourner la caméra d'un projet cinématographique qui soumettra à notre perspicacité des questions qui n’en sont pas et des réponses… pas davantage. En effet, les de Boëldieu et les von Rauffenstein, héros d’un film fâcheux d'un fils dont le père était quand même mieux inspiré, pinceau d’une main, palette de l’autre, n’étaient au mieux qu’une exception qui confirme la règle, au pire une fiction d’une naïveté insultante pour les millions de pauvres bougres qui y laissèrent leur vie. Dans les faits, les Rauffenstein et de Boëldieu de ces années-là avaient la rancune sournoise ; n'en doutons pas un seul instant, ils étaient bien trop contents de précipiter sous la mitraille des gueux souvent grévistes et revêches, sans doute pour leur apprendre à obéir une fois pour toutes les fois, la dernière, où ils auront été tentés de n’en faire qu’à leur tête d’ouvriers et d’artisans décidément indomptables.

    Quelques jours avant sa mort et le début d'un grand chambardement, Jaurès ne s'est-il pas adressé à eux en ces termes :

                  « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar ». Discours de jean Jaurès – le dernier -, contre la menace de la guerre totale cinq jours avant son assassinat - prononcé à Lyon-Vaise le 25 Juillet 1914.

     

                      Mille assauts mortels pour rien, pour une médaille, l’avancement d’un officier, et à l’arrière, une société civile qui demande de l’action, du sang et des obus, de la chair qui virevolte. Des millions d’êtres humains dont on a disposé sans retenue, sans compter, en toute impunité ; du « prolétaire », de la « populace » que l’on prenait soin de soûler avant la charge hors des tranchées  - de la vinasse d’êtres humain -,  sans jamais devoir rendre des comptes sur la mort d’un seul d’entre eux.

    En revanche, gare à ceux qui refusaient d’y aller…  de monter à l’ennemi, de jaillir hors du parapet pour s’en prendre une, une première pour quelques uns, mais surtout : une dernière pour un grand nombre d’entre eux !

    Le « on » de «dont on a disposé sans retenue », ce sont les castes nobles, castes féodales et bourgeoises,  Ancien Régime  - faut croire  que la Révolution française n’avait pas pu finir son travail -,  et Révolution industrielle qui accouchera d’une bourgeoisie marchande et affairiste qui a fait fortune à la tête des mouroirs industriels du XIX siècle ; des noms à rallonge donc, des noms à particule, et puis, les autres… privés d’ancêtres illustres mais dont le porte-monnaie débordait de la sueur, du sang et des larmes des personnages des romans de Dickens, de Hugo, de Zola et bien plus tard d’Orwell.

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    Que tous retrouvent leur visage !

     

     

                  " Le ravin et les talus qui s’étendent sur plusieurs kilomètres ne sont plus qu’une vaste nécropole. Partout, des cadavres momifiés, squelettiques, réduits à l’état de petits tas mêlés de boue rougeâtre... parfois un pied ou bien un morceau d’étoffe émergent çà et là et indiquent un cadavre. Il y en a des quantités formidables... On voit une face à la Ramsès qui émerge d’un sac haché, recroquevillé dessous, des tibias, des fémurs, des os des mains ou des pieds serrés comme des osselets... Ce ne sont plus des cadavres mais des amas d’ordures desséchés... affreusement mutilés, la figure gonflée, noire comme une tête de nègre, la chair tuméfiée pleine d’insectes et de vers ramassés en tas..." - Henri Barbusse, le 15 octobre 1915.

               Oui ! Derrière le bleuet de la couleur de l’uniforme que portaient les nouveaux appelés – d’un bleu horizon -. se cachait la fleur de Lys et les bilans des entreprises esclavagistes et prospères du Comité des forges  (aujourd’hui Medef) sur le dos d'une condition ouvrière dont les accès de révolte et de colère étaient régulièrement réprimés dans le sang du sabre, de la baïonnette et de la mitraille. Eh oui ! Déjà !

    Alors, vraiment ! Octobre 1917 en mémoire, il est regrettable que cette guerre n’ait pas mené, ici en France, à une seconde Révolution française avec force guillotine et autres pelotons d’exécution ! Regrettable encore que toutes ces gueules cassées, reflet que leur tendait le miroir d’un mental traumatique, n’aient pas pu casser la gueule à d’autres visages, rasés de près ceux-là, intacts, le nez fier et arrogant, sûr de son droit, la mâchoire puissante, prête à broyer d’un coup d’un seul n’importe quelle insoumission comme on casse du prolo emmerdeur et syndiqué à la CGT qui avait alors tout juste 20 ans.

     

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                Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage" (Jean Jaurès)

     

                Certes, pendant et après cette guerre menée aux frais des travailleurs de tous les pays, la chirurgie en général et la chirurgie faciale en particulier, auront fait un grand bon en avant,  même si en 1870, et bien avant encore, avec l’Empereur  - ce Corse qui ne tenait pas en place -, porteur de guerres incessantes, cette chirurgie-là avait déjà été abondamment sollicitée !

    Notons au passage que toutes ces guerres dévastatrices trouveront leur apogée dans la première guerre mondiale, la dernière boucherie militaire qui mettra à contribution le soldat et son barda de plusieurs kilos en attendant  les grandes boucheries des bombardements massifs de civils de la seconde guerre mondiale - 75000 morts en quelques secondes à Hiroshima et à Nagasaki, le plus grand crime raciste de l’histoire -, et des guerres suivantes : Indochine, Algérie, Vietnam, Cambodge, Timor Oriental, Bangladesh, Irak, Gaza …  

     

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                 Centenaire de la bataille de Verdun...

    Un Président, une Chancelière, des képis en veux-tu en voilà, des poitrines bardées de médailles - espérons qu’elles n’auront pas été volées sur la vie de pauvres bougres qui auront eu tout juste le temps de voir, le temps d'une image- éclair, et pour la dernière fois, le visage d’un être aimé -, il ne manquait plus que le Medef, porte parole du CAC 40.

                Tous réunis donc... soit dit en passant... belle brochette qui ne ferait pas le poids, même tous ensemble, devant n’importe quel conseil d’administration d’une de nos trans-nationales ! Alors sous la mitraille, vous pensez bien ! Quant à contrevenir aux ordres que leur auraient été donnés…

    Seules les familles endeuillées des soldats récemment tombés au champ du déshonneur de la Françafrique et quelques médaillés octogénaires forceront le respect ; on aurait aimé les serrer dans nos bras… pour sûr, ils méritaient le déplacement, à défaut… un regard par la fenêtre ouverte du petit écran.

    Car la guerre de 14-18 dans le bruit et la fureur de l’acier et des agonisants qui hurlent, ce sont des luttes économiques qui opposent les grandes puissances du moment : Allemagne, France, Angleterre ; expansion impérialiste, conquête coloniale, conquête des marchés, les Balkans, le Moyen Orient et les premières gouttes de pétrole…

    Fiez-vous à l’odeur du sang si vous voulez trouver de l’or ! C’est imparable !

     

                   Ernst Hasse, président de la Ligue pangermaniste en 1905 : "L’égoisme sain de la race nous commande de planter nos poteaux frontières dans le territoire étranger, comme nous l’avons fait à Metz, plutôt... Ces terres coloniales de l’avenir se composent ... des vastes territoires occupés par les Polonais, les Tchèques, les Magyars, les Slovaques, les Slovènes, les Ladins, les Rhétiens, les Wallons, les Lituaniens, les Estoniens et les Finlandais. Tant que les territoires de ces petits peuples, mal faits pour créer des Etats nationaux, n’auront pas été répartis entre les grands Etats de l’Europe centrale, l’Europe ne pourra jamais avoir, n’aura jamais la paix. Cette répartition coûtera naturellement de dures guerres" (1).

     

               Et devenez quoi ! Dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, à l’heure de toutes les destructions de ces vingt dernières années au Moyen-Orient et en Afrique-noire avec pour seule motivation le contrôle des ressources énergétiques car, qui contrôle ces ressources contrôle le développement des concurrents et leur place dans le concert des Nations ainsi que leur influence, la France y jouant un rôle de supplétif avec la destruction de la Libye qui aura pour conséquence la déstabilisation du Mali et une autre intervention française qui n’a pas, il est vrai, que des inconvénients non plus - elle met l'aviation française à une heure de toutes les capitales de l’Afrique francophone subsaharienne -,

    Pas étonnant donc que notre classe, ou caste, politique et médiatique soit si à l’aise avec toutes ces commémorations et qu’elle se fasse l’écho de ce sacrifice-là, celui de 14-18, avec autant de pompe en porte-parole d’une parole de l’arrière, celle des planqués et des larbins consciencieux contre la promesse de carrières mirobolantes ; et même s’ils ne tirent plus les ficelles, n’empêche que leur assurance vie à tous est tout aussi à l’épreuve des balles que celle de leurs prédécesseurs ! Bien à l’abri qu’ils sont de cette autre guerre mondiale qu’est le mondialisme et dans laquelle les injonctions « Engagez-vous ! » et « Mobilisation générale !» ont été remplacées par « Soumettez-vous ! » ; comprenez : accepter de renoncer à vos droits, à vos salaires, à l’espoir d’une démocratie toujours en mouvement et florissante et à la protection d’un Etat-arbitre prévoyant et innovant.

               A ce centenaire de la boucherie de Verdun, à cette marseillaise-là, refuge en dernier ressort des crapules d’un patriotisme dont seuls les sans-grade paient chèrement le prix, on opposera le Chant des partisans et un maquis : celui de la dissidence car, face au mondialisme, à cette classe politique-là et à cette caste médiatique jean-foutre d’une complaisance inouïe face à ses devoirs, qu’il soit permis ici d’affirmer en toute lucidité, que nous… héros du quotidien, sommes tous, à terme, des poilus en sursis aux gueules cassées.

     

     

    1 - Cela ne nous rappelle donc pas l’expansionnisme de l’Empire étasunien ?

    Hasse (phonétiquement « trou du cul » en anglais) sera le défenseur d'un nationalisme völkisch, consistant notamment dans l'acquisition et le développement d'un Empire colonial allemand, dans l'expansion territoriale de la puissance allemande en Europe, et dans l'accroissement de sa puissance navale et militaire.

     

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  • Qui a peur de Robert Faurisson ?


                          Décès de Robert Faurisson le 22 octobre 2018 à l'âge de 89 ans. Pour les uns "révisionniste", pour les autres "négationniste", il avait placé l'étude des événements de la Seconde guerre mondiale au centre de son existence.

     

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                  Billet publié en Septembre 2014

     

                 “ Ce qu’il faut sauvegarder avant tout, ce qui est le bien inestimable conquis par l’homme à travers tous les préjugés, toutes les souffrances et tous les combats, c’est cette idée qu’il n’y a pas de vérité sacrée, c’est-à-dire interdite à la pleine investigation de l’homme ; c’est cette idée que ce qu’il y a de plus grand dans le monde, c’est la liberté souveraine de l’esprit; c’est cette idée qu’aucune puissance ou intérieure ou extérieure, aucun pouvoir et aucun dogme ne doit limiter le perpétuel effort et la perpétuelle recherche de la raison humaine ; Cette idée que l’humanité dans l’univers est une grande commission d’enquête dont aucune intervention gouvernementale, aucune intrigue céleste ou terrestre ne doit jamais restreindre ou fausser les opérations ; cette idée que toute vérité qui ne vient pas de nous est un mensonge ; que jusque dans les adhésions que nous donnons, notre sens critique doit toujours rester en éveil et qu’une révolte secrète doit se mêler à toutes nos affirmations et à toutes nos pensées ; que si l’idée même de Dieu prenait une forme palpable, si Dieu lui-même se dressait, visible, sur les multitudes, le premier devoir de l’homme serait de refuser l’obéissance et de le traiter comme l’égal avec qui l’on discute, mais non comme le maître que l’on subit. ” - Jean Jaurès

     

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                  Faut-il craindre Robert Faurisson, le grand méchant loup d'une discipline qui a pour nom : H(h)istoire... avec ou sans majuscule ? Une discipline malmenée par les historiens eux-mêmes car tous savent que l'Histoire, c'est la guerre ! Mensonges contre vérités ; vérités contre mensonges... sans oublier le fait suivant : il n'y a pas plus tête en l'air qu'un historien ; et d'autres encore, experts du mensonge par omission.

    Ce qui nous amène à penser que, décidément, nous avons besoin de tous les historiens pour que les mensonges des uns (mensonge par omission le plus souvent) soient dénoncés par tous les autres et vice versa.

                 A nouveau la question se pose : faut-il craindre Robert Faurisson comme on peut craindre son ombre ou un fantôme ? Car, force est de rappeler ici que  jamais Faurisson ne nous privera de notre liberté d'expression ! Jamais Faurisson ne nous fera la guerre sous une tonne de bombes ! Jamais Faurisson ne nous reprendra ce qu'on avait arraché à une organisation de l'existence qui n'avait qu'un seul mot d'ordre : malheur aux faibles et aux vaincus !

    En revanche, ceux qui ont bâillonné Faurisson sont bien ceux qui depuis... n'ont pas cessé de réduire à néant toutes nos tentatives d'exposer au grand jour et au plus grand nombre l'arnaque incommensurable d'un nouvel ordre mondial en tous points semblables à tout ce qu'on avait longtemps redouté pour nous-mêmes et nos enfants, à savoir : une caste politico-médiatique sans honneur.


                           
                                 

     

    Interview de l'été 2014

     

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             Il faudra bien un jour que l’on nous « raconte » Robert Faurisson. Mais... que l’on ne s’y trompe pas : raconter Robert Faurisson ce n’est pas nous parler de Faurisson mais de tous ceux qui ont fait de sa vie un chemin de croix et un enfer : prévaricateurs communautaires et associatifs, avocats, plaignants, parties civiles, juges, procureurs, patrons de presse, classe politique…  et puis, ceux qui l’ont laissé pour mort, un jour, dans un jardin public alors qu’il y promenait son chien ; c’était en novembre 1989 ; il avait près de 70 ans.

              Dates, noms, faits et gestes, ce qui aura été dit et écrit par les uns et par les autres… quand le jour viendra de nous conter Faurisson, c’est de l’histoire qu’il faudra faire, encore et toujours l’histoire... toute l'histoire.

    Mais… qui s’en chargera ? Ou bien plutôt, qui osera s’en charger ? Car, on ne peut guère ne pas pressentir ce qui suit : il y a de fortes chances que personne n’en sorte… comment dire… grandi de et dans cette histoire.

               A suivre donc…

     


                           

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    Pour prolonger, cliquez : Robert Faurisson : la parole interdite

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  • Privés de serrure, de porte, de murs, de toit, ils n'avaient pour seule demeure… qu'une clé.

                       Deux étages que l'on monte à pied dans la précipitation, une porte que l'on ouvre et que l'on s'empresse de refermer, et c'est le monde dans son entier qui meurt sur le seuil comme une nécessité absolue, une rage de vaincre et d’abandonner ce monde à sa belle mort ; et sans regrets.

    Une petite chambre sans confort les accueille. Ils n'en espéraient pas plus. C'est leur cinquième rencontre. Ils ne sont pas vus depuis quatre semaines. Jouir de l'instant : tel est l'objet de leurs retrouvailles ; un instant suspendu entre ce qu'ils ont quitté et ce qu'ils devront retrouver dans quelques heures.

    Plantés au milieu de la chambre, ils se regardent un long moment, immobiles et muets, un peu essoufflés. Ils se sourient. Lui a pensé : « Ce qui importe c'est que mon premier geste soit le bon. Le premier geste ! Tout est dans ce premier geste. »

    Elle ferme les yeux un instant puis les ouvre. Elle lève la tête ; son visage à lui affiche un air grave, celui d'une émotion contenue, fruit d'une concentration qui n'a qu'un seul souhait : savourer son émoi à elle. Il caresse ses cheveux, cherche ses lèvres, les trouve, les effleure puis les embrasse tendrement pour, quelques instants plus tard, dévorer sa bouche, sa langue, son visage... tout ce qui se trouve à sa portée, s'y donnant tout entier comme si le temps lui manquait.

    Défaillance sublime ! Une fois de plus, le charme de son amant se change en désir ; le désir en frénésie et la frénésie en une fièvre incontrôlable.

    Une énigme déconcertante, cette réaction immédiate au toucher ! Une connaissance frissonnée par tous les pores de sa peau, chair et sang, cette prise de conscience inédite car, rien dans son quotidien ne pouvait se rapprocher de cette félicité irréfléchie qui n'a plus rien à attendre du passé, sans appréhension face à l'avenir... puisque tournée vers un devenir éternellement présent au jour le jour et à chaque heure !

    Leurs mains se joignent, démentes puis s'élèvent comme pour prendre leur envol. C'est l'adieu aux armes ; le triomphe inespéré et impudique d'une espérance folle enfin comblée. D'une main légère, il relève lentement sa jupe sans cesser de l'embrasser pour prévenir et taire toute objection. Son autre main se perd là où ses doigts rencontrent immanquablement un terreau humide. Patiemment, il extirpe d'elle sa nudité. Elle ferme les yeux.

    Chacun de ses gestes contribue à son glissement aveugle vers une extase lente dans la soumission, l'acquiescement tacite, un flot de volupté miraculeux en cadeau d'où aucune gêne, aucun remords ne sortiront.

    Fasciné, comme... hypnotisé, il la regarde avec une extrême attention. Il contemple un court instant son corps porteur d'une énergie folle et qui laisse présager des excès sans nombre et inédits ; un corps mince mais plein car, rien ne manque. Tout est là ! Oui ! Là ! Bien là ! Tout est là, lourd et céleste... tout à la fois.

    Debout, lui faisant face, les yeux baissés dans la mémoire des timidités de l'adolescence, mise à nu plus nue que la nudité nue, sans plus de mystère, la poitrine dressée avec au centre d'une gravité solennelle et précieuse, une toison clairsemée, elle cherche une dernière fois son regard dans l'espoir d'y trouver l'assurance d'une acceptation totale avant de refermer les yeux.

    Il s'agenouille lentement et coule inexorablement à ses pieds comme une fontaine. Il descend à sa source, assoiffé. Il y descend tandis que ses deux mains glissent sur son dos, puis ses reins, pour finir leur parcours sur ses hanches d'une finesse de peau surprenante. Il embrasse longuement son ventre rond avant d'entrouvrir ses cuisses d'un geste précis et doux mais rapide. Il lève une de ses jambes pour la faire reposer sur son épaule et sans mot dire, son visage disparaît.

    Vorace, il est allé chercher ce qu'il était assuré de trouver : la lumière ! Sa lumière à elle ; et un chant aussi : un long cantique.

     

                                                   ***

     

                    Frisson prémonitoire. C'est la rupture avec tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Sûr de lui, de sa maîtrise émerge un sang-froid qui ignore tout de l'équivoque pour mieux privilégier l'audace jusqu'à ce qu'elle en perde tous ses moyens car, des doigts humectés l'ont contournée et cherchent, déterminés, là... où son imagination n'aurait jamais pu la conduire, une issue extravagante, une ligne qui la sépare en deux, une voie d'éblouissement entre deux obscurités.

    Comme tombe un couperet mais sans verser de sang, dans sa tête, un dérangement sans précédent est venu tout bouleverser : les idées, les préjugés, les croyances, les lieux, les itinéraires. Elle n'a plus d'assise. Un déluge d'émotions la paralyse. Un éclat effarant, son visage congestionné sous l'activité innommable de ses doigts. Ses genoux se mettent à trembler. Dans ses veines, une panique se déverse. En bas, son ventre bout. Ses mains à elle saisissent son visage, ses cheveux, pour y chercher un appui précaire.

    Le sol lui manque. Elle a pensé à la chute comme pour mieux la précipiter. Elle va rompre. Elle le prévoit et le redoute. Elle va céder et elle le sait. Elle va céder comme une attache, un nœud à bout de résistance car, son centre à elle qui jusqu'à présent la maintenait debout et forte, son centre a perdu ce qu'il ne faut jamais perdre en de pareilles circonstances, à savoir : son équilibre vital.


    Perdue d'angoisse, coulée comme dans de la chaux, elle s'effrite, elle s'émiette, elle se consume, elle se désintègre et elle s'évapore. Pour un peu, elle en viendrait à penser qu'elle n'existe plus que pour lui seul. Encore un instant et tout en elle chavirera dans le consentement.

    Ses jambes fléchissent. Flageolante, sa petite masse s'apprête à vaciller, faute de pouvoir trouver un appui ferme. Anticipant l'inévitable, il fait basculer son corps mince et le renverse sur le lit.

    Malade, il n'a plus qu'une seule conscience : celle de son désir tendu et dressé comme un impératif. Plus qu'une seule réalité : l'ambition impérieuse et démesurée d'une fièvre brûlante. Plus qu'une seule préoccupation : son apaisement.

    Sans attendre, ses doigts ouvrent en deux l'abîme d'une ligne tirée sur une peau ferme et tendre pour reprendre, déterminés, leur chahut innommable. C'est au tour de sa langue. Une langue surhumaine, puis à nouveau ses doigts puis sa langue et encore ses doigts qui redoublent d'audace.

    Couchée sur le ventre, ce qu'elle s'apprête à vivre lui a ôté toute faculté d'action et de réflexion. Incapable de faire le moindre geste et de prononcer un mot, elle accepte tout, enfermée dans l'instant : celui de la conduite de son amant et d'une appréhension jusque là, inconnue.

    Voilà qu'elle s'entrouvre et dans un instant, elle s'ouvrira à la plénitude de son désir. La tête renversée, les flancs à découvert, son écorce se fend. Il touche au but et elle, y aboutit déliquescente. Elle fond. Elle n'en finit pas de fondre. Elle se dilate et se liquéfie sous l'action extravagante de ses doigts qui ne veulent pas renoncer. Elle s'entrouvre, tout illuminée, et à la pointe, à la cime, c'est l'enivrement ; au pied et sur le tronc, ça palpite; plus bas encore, c'est la peur et au centre, dans son plein milieu à elle, c'est l'abandon et le desserrement.

    Ô ! Admirable sillon creusé pour lui ! Admirable et inespéré ce tracé sans lacets pour s'égarer et qui le conduira sans détour vers une ouverture sans précédent, une échappée vierge, entrée et sortie tout à la fois, et dans laquelle il achèvera de transpirer toute sa fièvre.

    Une folie, sa fièvre ! Une folie, cette marée destinée au déferlement de son délire ! Instinct de vie qui disloque les volontés les plus déterminées et les plus morbides, cette charge, cette folie des sens ! Car, elle s'entrouvre et c'est l'émotion qui l'étouffe. Trop pour un seul homme ! Beaucoup trop. Il aurait fallu être à plusieurs pour partager cette déflagration inédite et rendre possible sa gestion, trouver un second souffle car, qu'est-ce que la jouissance comparée à la pénétration torrentielle d'un sens inné pour l'extase, sinon un voluptueux déchirement qui n'en finit pas de fendre, dans son accomplissement, la carapace d’interdits inconscients, fruits d'une retenue qui ignore tout maintenant de sa propre inhibition.

    Abolition de toutes les limites et de tous les interdits. Maître mot que cette transgression qui vous laisse non pas orphelin mais pantois face à cette démesure et cette frénésie qui nous élève, nous grandit, divinisés que nous sommes. Mais... une divination séculière alors ! Une divination humaine qui ne transcende rien mais qui nous cloue dans ce monde de chair et de sang.

    Immanence parfaite donc ! De quoi rassurer les mystiques les plus exigeants avant de les désarçonner, en les ramenant vers nous et avec nous ; seule condition qui puisse nous les rendre enfin fréquentables car, de ce monde, on ne se retranche plus. Non ! On l'habite la joie collée au visage ; une joie qui déploie son rayonnement par ricochet et qui engendre dans sa démultiplication, l'hilarité générale des êtres qui se reconnaissent enfin pour ce qu'ils sont… qui est ce qu'ils n'auraient jamais dû cesser d'être.

    Il ne s'agit pas d'un paradis perdu puis retrouvé... mais d'un constat qui ne souffrira aucune contestation : notre vie est bien ici et pas ailleurs !

    Alors... non ! Elle ne sera plus jamais superficielle. Jamais plus ! Désormais, elle sera... avisée et profonde, immensément profonde car, une fois l'extase des possibilités infinies consommée, mille désordres éperdus hanteront longtemps, longtemps encore, sa mémoire en bataille, chahutée par un tohu-bohu de voix, de cris et de rires venus du fond des âges.

     

              Extrait proposé : Cliquez cinq ans cinq nuits extrait blog.pdf

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  • Education nationale... idéologie, candeur et complaisance

    politique,société,actualité,peillon,justice,éducation,sarkozy

                  Revenons un instant sur ce ministère, celui de l'éducation ; ministère qui regarde les ministres passer et dont la tradition pédagogique et républicaine serait respectable si elle ne signait pas systématiquement l'échec programmé des classes populaires ; celui d'une génération, voire deux, des 25 au 40 ans que l'on a laissés sans orthographe, sans grammaire et sans syntaxe et alors que des milliers de parents savaient cet échec programmé ; d'aucuns eurent recours au retrait de leurs enfants d'un système éducatif qui les condamnait par avance.

                

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    Classement PISA : la France championne des inégalités scolaires

     

                Mauvaise note attribuée par l'OCDE à la France, dans le cadre de son Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA)

     

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                 Faut-il ici énumérer les politiques sociales, culturelles et économiques qui ont pu conduire en trente ans et plus, des pans entiers de la population française marginalisés à rejeter l'école, les savoirs et la Culture : celles des livres, des auteurs, des sciences, des langues ?...

    Des dizaines de milliers d'ados ou pré-adultes quittent l'Education Nationale chaque année sans maîtriser l'écrit ou la lecture ; 50% des étudiants inscrits à la Fac abandonnent leurs études dès la fin de leur première année.

    D'aucuns seraient tentés de croire que l'Education Nationale est principalement occupée à gérer un échec de masse, sans oublier la gestion des carrières des pédophiles qu'il faut muter de temps à autre, ici et là, quand vraiment, ça sent le roussi parce que la presse locale, alertée par des parents dégoûtés et en colère, s'en mêle...

    Occupée aussi cette institution à préparer les nouveaux outils et les méthodes pédagogiques qui, nul doute, plomberont l'avenir des gosses des classes populaires - et plus particulièrement ceux de l'immigration -, au grand désespoir de leurs parents, impuissants face à cette montagne qu'est devenue l'accès à une réussite scolaire digne de ce nom...

    Et si l'on en croit les témoignages : institution dont la vocation consiste aussi à broyer les enseignants qui tenteraient de se révolter...

    Et n'oublions pas leurs représentants syndicaux (1), bedonnants (même les femmes !), à force de déjeuners bien arrosés, avant d'aller négocier sur le dos des gosses... qui... une heure en plus, qui... une heure en moins, qui... une augmentation... enfin bref, tout ce que vous voudrez, sauf  les conditions d'une prochaine réussite scolaire des classes populaires.

    Il est vrai que l'on nomme depuis quarante ans des ministres de l'Education de gauche comme de droite qui confient leurs enfants aux meilleurs lycées, et aussi et surtout, aux écoles privées (2), tellement la confiance y règne et les résultats y sont encourageants... dans ces établissements publics...

    Quant aux enseignants : aussi préparés à affronter une réalité sociale dont aucun mur ne pourra les protéger que leurs élèves le sont à recevoir un enseignement qui les ignore puisqu'ils ne sont pas supposés s'y épanouir ou y triompher dans et avec cet enseignement...

    D'autres enseignants et d'autres établissements y pourvoient, ailleurs.

    Voyez donc ! En 2012, seulement 15% des jeunes sont diplômés du Supérieur ( Licence et plus) ; un des taux les plus faibles des pays occidentaux, sinon... le plus faible).

    La caste des diplômés n'a pas de souci à se faire et les enseignants non plus puisque ce sont majoritairement leurs chers progénitures qui obtiennent ces diplômes ; enseignants qui, à propos de leurs élèves, n'hésitent pas à nous parler d'enfants coupables de tous les maux - racisme anti-français et antisémitisme -, et d'ados porteurs de tous les germes de la délinquance et du crime…

    Comment peut-on faire preuve d'un tel manque de discernement, alors qu'à l'endroit de leurs propres enfants, ces mêmes enseignants sont capables de toutes les mansuétudes, de toutes les complaisances, voire de toutes les lâchetés ?

    Faudra-t-il un jour parler de la haine des profs face à leurs élèves auprès desquels ils auront épuisé toute capacité de pardon et de compréhension, en vertu d'une nouvelle loi (peut-être pas si nouvelle que ça !) selon laquelle : quiconque empêche un enseignant de faire son métier n'aura qu'un devoir et qu'un droit : s'effacer et disparaître.

    Confrontées à un environnement difficile, souvent violent, les enseignants auraient-ils sombré, à l'instar de leurs élèves, dans le fatalisme, le désintérêt, le mépris, le défaitisme et la colère ? Mais à une différence près - et elle est de taille -, car, si ces enseignants sont face à des enfants ou des ados parfois totalement démotivés, en revanche, leurs élèves ont bien pour référents des adultes éduqués et instruits, des adultes capables de discernement et de sang froid, quand bien même ils l'auraient oublié depuis qu'à Noël, ils se font offrir, tous ces adultes enseignants ou pas, les mêmes cadeaux que leurs progénitures, à savoir : jeux vidéo et consoles.

     

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                   Aujourd'hui, il y a urgence : ce sont les causes qu'il faut aller chercher, exposer et attaquer ; et une fois qu'on les a saisies, la mâchoire serrée, tel un chien, ne pas les lâcher !

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    1 - " ...vaste mouvement de grève pour dénoncer la CASSE ORGANISEE des conditions d'enseignement... " C’était en février 2012 - le public et le privé défilent bras dessus, bras dessous…

    Cette casse n'aurait jamais eu lieu sans le concours, le soutien, le développement  et l'accompagnement du secteur privé trop content d'y participer ; secteur privé qui, si l’on en croit les informations recueillies auprès des parents, profite d’une demande bien supérieure à l'offre pour pratiquer au lycée, la sélection à l'entrée et le renvoi, même après des années de scolarité dans leurs établissements,  vers le secteur public et ses filières BAC PRO -, de nombre de lycéens, et ce afin de préserver un taux record de réussite au BAC général, S et L.

    Que penser alors de cette union du public avec le privé… de cette Gauche qui s’en va coucher avec la Droite ?

    De cette Gauche-là, celle de l’Education nationale, Gauche de toutes les trahisons au nom d'un Grand Soir toujours remis à plus tard, il n’y a décidément plus rien à sauver.

     

    2 - Enseignement privé subventionné à la hauteur de 500 milliards depuis 50 ans, complice d’une politique de l’abandon d’un enseignement public performant pour tous ; politique dont les syndicats de l’enseignement public (minoritaires de surcroît chez les enseignants !) peuvent être tenus responsables car, faute de pouvoir réformer ce système d'enseignement, l’Etat depuis trente ans a dû se résigner à financer un secteur privé destiné à offrir à des millions de familles écoeurées une porte de sortie hors d’un système qui n’a, excepté pour les enfants des profs, qu’échec et relégation à proposer aux classes populaires qui représentent 60% des effectifs ; système figé, irresponsable  car idéologisé jusqu’à l’absurde et le sacrifice de l'avenir de millions d’enfants, toujours les mêmes, génération après génération.

     

    Deux réactions d'enseignants suite à la publication de ce billet de blog sur Médiapart en 2013 :

     

    "....nous plaçons nos valeurs ailleurs que dans le fric et la consommation. La culture, les idées, les amis........ c'est peut être une des clés de la réussite de nos enfants."

    "Si tous les enfants des classes populaires réussissaient, ce serait bien embêtant parce que logiquement il ne devrait plus exister de classes populaires..."

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  • Buffalo'66... where fools rush in : Vincent Gallo aussi

     

     

    "When we met, I felt my life begin

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    Buffalo'66 : écrit et réalisé par Vincent Gallo en 1998

     

                 Billy Brown sort de prison après cinq ans. Il décide d'aller voir ses parents à qui il n'a pas souhaité avouer la raison de son absence, choisissant de leur dire qu'il était parti se marier. Il kidnappe une jeune femme en chemin, Layla, et l'oblige à se faire passer pour sa femme devant ses parents.

     

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              Sensibilité, charme... puissance et profondeur du cinéma indépendant américain aujourd'hui décimé... si le cinéma d'Hollywood part du vraisemblable pour nous parler d'une réalité qui n'existe pas et nous vendre le plus souvent un mensonge plus ou moins énorme, en revanche,  le cinéma indépendant américain (ou autre) part de l'invraisemblable ( ici : kidnapper une jeune fille et la faire passer pour son épouse auprès de ses parents) pour mieux coller à la réalité et nous proposer une des nombreuses vérités qui touchent à l'être humain, et dans Buffalo's 66... à la naissance de l'amour entre deux êtres.

     

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               Dans Buffalo's 66, Ben Gazzara (invité d'honneur) chante (en playback sur la voix de Johnny Desmond) "Fools rush in" (de Bloom et Mercer) à la partenaire de Vincent Gallo, Christina Ricci :

     

    Fools rush in, where angels fear to tread
    And so I come to you my love
    My heart above my head
    Though I see the danger there
    If there's a chance for me
    Then I don't care, oh-oh-oh-oh

    Fools rush in, where wise men never go
    But wise men never fall in love
    So how are they to know
    When we met, I felt my life begin
    So open up your heart and let
    This fool rush in

     

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              Vincent Gallo (acteur, réalisateur, artiste peintre, auteur compositeur et musicien pop) s'explique tout en expliquant : Buffalo'66, l'industrie du cinéma, la critique cinématographique, son travail d'artiste.

     

                         Des nouvelles de Vincent Gallo Mars 2018 ICI

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    Pour prolonger... cliquez Cinéma, de film en film

     

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  • Penser le monde aujourd'hui avec Michel Collon

     

                              

     

               Journaliste et essayiste belge, Michel Collon est le fondateur du collectif indépendant : Investig'Action. Pour décoder l’info, ce collectif propose chaque semaine des articles et des vidéos conférences venus du monde entier.

     

                Dans une domination mondiale par la corruption, le chantage et les bombes, Michel Colon est considéré par ceux qui se sont manifestement rangés du côté de ceux qui cognent, et qui plus est...  sur les plus faibles sans aucun souci de justice, comme un des chefs de file des complotistes.

     

    Mais... souvenez-vous, dans les années 60 et 70 ne parlait-on pas simplement de journalistes d'investigations ? Des journalistes politiquement engagés certes ! Plutôt à gauche, voire à l'extrême gauche, c’est vrai ! Des "vendus à Moscou et à Cuba" : là encore, souvenez-vous ! Mais journalistes quand même. Alors qu'aujourd'hui, on évoque à leur sujet à tous, l'hôpital psychiatrique pour soigner des cas de paranoïa gravissime...

     

                  A l’heure où, comme un fait exprès…

     

                 Trillés sur le volet, les professionnels de l’information sont de moins en moins à même de pouvoir nous éclairer a propos de "qui fait quoi, à qui, où, comment, pour-quoi et pour le compte de qui ?" pour la simple raison que ceux qui les rémunèrent, ceux qui font et défont leurs carrières et qui sont tout aussi soigneusement sélectionnés, sont à leur tour récompensés par une oligarchie dont les projets de société et de gouvernance – local ou mondiale -,  sont de moins en moins à même de pouvoir s’afficher pour ce qu’ils sont puisque… sans aucun doute, les masses s’y opposeraient si elles devaient en connaître, bien avant que le mal ne soit fait, les tenants et les aboutissants...

     

                 Et là encore… comme un fait exprès…

     

                   - Pensez un instant à ces 30 dernières années : l'Europe, la monnaie unique,  libéralisation des capitaux, mondialisation...

     

    La régression sociale et démocratique ne s'est jamais aussi bien portée ! Régression des conditions de travail et des protections des salariés, mise en concurrence de toutes les forces de travail entre elles, chômage, augmentation de la pauvreté et de la misère, augmentation des cartels et des multinationales-empires, de la corruption, des mafias, de la part du commerce illicite dans l’économie mondiale, des guerres…

     

              Et pour nous donner des nouvelles du monde... des médias passifs, des médias-relais, simples pourvoyeurs de sons et d'images qui n'expliquent rien : une couverture médiatico-journalistique sans nom et sans visage ; une information tête en l'air qui n'est qu'un perpétuel mensonge par omission ; ou bien, une information démagogique et cynique de boutiquiers : "Pourquoi donner aux téléspectateurs ce qu'ils ne nous demandent pas !".

     

                D'où la contre-offensive (avec plus ou moins de bonheur) sur Internet - un Internet ouvert à   tous -, de ceux qui n'ont pas renoncé à une information à la fois honnête et exhaustive. 

     

    Aussi, qu'ils soient tous salués et encouragés car, il faudra bien commencer tôt ou tard par réaliser que d'eux seuls dépend la survie de nos ambitions et de nos espoirs démocratiques toujours à entretenir, comme on entretien un feu... pour nous protéger de l'arbitraire glacial de la domination et de l'esclavage qui, lui, ne renonce jamais !

     

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  • L'Art africain : plus d'un siècle de redécouverte...

     

     

              Qui dressera le chapiteau d’un monde qui nous abritera tous ?

     

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                   Et si l’art africain était là aujourd’hui pour nous consoler de l’art contemporain fossoyeur de l’art moderne tout au long du 20e siècle ?

    Pour s'en convaincre il suffit d'évoquer l'art brut (une bonne partie de la production), le pop art, l’art conceptuel et autres complaisances dans lesquels on trouvera le refus de l'effort et d'un travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus... ainsi que le rejet de l'abnégation et du sacrifice avec ses conséquences matérielles et sociales car l’art ne nourrit toujours pas son homme !

    Aujourd’hui, cet art africain, tel qu'il nous a été révélé à partir des années 20, semble représenter un véritable refuge pour tous les déçus de l’art contemporain.

     

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                     Si Gobineau au 19e siècle attribue la paternité de l’Art à l’Afrique, et plus encore à l'heure où l'origine africaine de l'homme moderne est maintenant scientifiquement établie… l'Art africain n'est-il pas une redécouverte de nous-mêmes ?

                    Mais alors, que pense cet art ? Et qui le pense ? Que regardent-ils tous ces visages sculptés dans le bois ? Ces bustes ? Ces masques, que cachent-ils ? Quel regard adresse-t-il et à qui ? Et puis enfin : qui es-tu toi qui les as sculptés ? Quel est ton nom ? Ton visage ? Quelle a été ton existence ?

                     Comment se faire une idée au plus près de leur intimité de toutes ces figures ? Une origine géographique déterminée, la désignation d’une ethnie en particulier, d’un roi, d’un royaume, suffisent-elles à nous apporter une compréhension de ce qui nous est donné à regarder cause d’un attachement qui se voudrait confraternel et quasi-universel ?

     

                  Les surréalistes ne s'y sont pas trompés ; ils furent très tôt les meilleurs clients des marchands d'art africain ( Charles Ratton entre autres marchands) car, bien que l’art africain ait laissé en particulier André Breton indifférent, ce dernier a su toutefois résumer tout l’intérêt du mouvement surréaliste pour cet art : «... ces objets-dieux dont nous jalousons très particulièrement le pouvoir évocateur que nous tenons pour dépositaires, en art, de la grâce même que nous voudrions reconquérir. »

    Pour ce groupe, l’art africain c’est déjà la surprise et l’émotion, le choc esthétique et la rupture qui font cruellement défaut à l’art contemporain aujourd’hui : 

                "Les peintres et les sculpteurs aussi voyaient dans cet art africain la confirmation de leurs théories cubistes, engagés qu’ils étaient dans des expérimentations révolutionnaires. Les artistes de l’avant-garde sont néanmoins loin d’être les premiers à estimer l’esthétique des objets rapportés des colonies. Avant eux, ethnologues et amateurs ont contribué à faire évoluer les mentalités et à sortir de l’approche racialiste et hiérarchisée du 19è siècle."

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                  Discipline ethnologique, musées ethnographiques, face publique d’une politique nationale impérialiste… c’est la colonisation qui aura donc révélé au monde l’art nègre avant de l’assassiner.

    Déjà en 1937, Charles Ratton un des plus grands experts et marchands d’art africain et océanien des années 30 écrivait : « La sculpture nègre est morte maintenant, avec les dieux. C’est pour les touristes que sous peu d’années s’exécuteront les tam-tams et les danses. »

    De cet art africain, Jean Rouch ressuscitera quand même quelques uns des dieux qui veillent encore sur le fleuve le Niger et ses pêcheurs et leurs familles.

    Il est vrai que dans les années 30,  les cultures dont sculptures et masques sont originaires étaient à l’agonie ou mortes. Resnais et Marker dans «  Les statues meurent aussi » dresseront une anthologie de ces œuvres tout en condamnant le sort des populations en Afrique-occidentale française.

    Ratton, Rouch, Marker... une autre figure a occupé une place importante dans la révélation de cet Art : Madeleine Rousseau de l’association APAM (musée et culture pour tous !) née du Front populaire en 1936 et rédactrice en chef de la revue Musée Vivant débute sa collection des arts africains et océaniens à la fin des années 30. Elle inscrira le monde noir au tableau de l’association.

                       

                   Rois et royaume de Danhomè, divinités guerrières, Bénin, Nigéria, République démocratique du Congo, Cameroun… cuivre, bronze, ivoire, bois, feuilles d’argent, perles et cauris, raphia…

                  "L’art africain, très en vogue à New-York dès 1917, joua un rôle important de promotion d’une fierté identitaire afro-américaine. Certains membres du mouvement culturel noir américain devinrent eux-mêmes actifs sur ce marché de l’art."

    Fétiches, objets magiques, totems, poteaux, masques, sculpteurs inégalés sur bois et sur ivoire, dès les années 30, et des années durant, la demande en biens culturels africains qualifiés de « objets sauvages » (la sauvagerie, une vertu infiniment désirable chez les surréalistes, signe d’un sous-développement chez d’autres) dans les annonces publicitaires des marchants, sera nettement supérieure à l’offre.

    D’où le pillage d’une grande partie du continent par des prédateurs sans considérations éthiques. L’interdiction de l’exportation illicite des biens culturels africains sera rendue effective par l’UNESCO en 1972 seulement ; et les principaux pays importateurs – la France en particulier -, ne ratifieront que dans les années 90 cette convention à l’exception des USA.

     

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                   Culture et histoire – mystères de l’art africain -, contre perfection formelle ? Ethnographie ou bien, histoire de l’art  et des beaux-arts qui plus est ? Connaître et comprendre ou bien, plus simplement, ne considérer qu’une seule dimension esthétique ?

    Alioune Diop fondateur de la revenue « Présence africaine » écrit en 1951 à propos de l’acquisition de cet art africain par des collectionneurs, marchands et experts : « Ces œuvres ne vous sont pas destinées. La subjectivité du Noir anime leur présence d’une valeur qui découle de son génie, de son histoire, de son isolement. Le public d’Europe leur confère une autre signification assez théorique et liée à ses propres besoins spéculatifs et idéologiques ».

    Confronté à des commentaires à propos de l’art africain tels que «  cette imagination échevelée, satanique, cruelle, animale (sic !) faite d’exaltation, de fièvre de délire religieux et de sensualité hyperbolique » Diop souligne l’ignorance du public et souvent aussi, des collectionneurs et marchands, des structures sociales et des croyances religieuses qui leur donnaient fonctions et sens à cet art :

                      "Très tôt, une double identité est projetée sur les œuvres africaines : provocatrices de modernité, elles sont aussi simultanément perçues comme des antiquités ; voie d’évolution et non de régression pour les artistes et galeristes (Brummer, de Zayas dans les années 30), ces œuvres continueront néanmoins de subir les préjugés liés à l’Afrique et aux Africains.

    Des visiteurs et des visiteuses pouvaient s’offusquer à propos de statuettes jugées obscènes (sexes en érection, poses jugées indécentes), elles étaient très vite retirées des expositions.

    Aussi, nombreux sont les marchands et les collectionneurs à manipuler, couper, retirer des éléments des sculptures pour les rendre conformes à l’esthétique et aux critères du goût occidental : plus de barbe de raphia, plus de pagnes, plus de camisoles, d’ombrelles ou de gris-gris. Les éléments de l’art africain sont alors rendus propres et brillants comme des meubles...

    Car l’attrait pour la nouveauté des formes pouvait être combiné à l’attrait pour un certain mystère. Si le regardeur occidental n’en saisissait pas le sens originel, il pouvait néanmoins y projeter l’image d’une Afrique fantasmée, d’un monde inconnu, souvent ingénu, accès possible à une simplicité et une naïveté perdues que les premiers collectionneurs pensaient percevoir dans ces objets. Les œuvres africaines devenaient les réceptacles d’une large part « de subjectivité, d’emphase mal interprétée et de spéculations romantiques. Cette forme d’appréciation se situait entre la condescendance et la nostalgie d’un passé plus proche de la nature. Ces deux sentiments – mélange de certitude d’une supériorité morale et de paternalisme pour le premier, et association du mode de vie des peuples non occidentaux avant l’enfance de l’humanité pour le second -, puisent leur source dans l’idéologie impérialiste, dont l’intérêt était bien entendu de mettre en avant et d’exacerber les différences et la dichotomie entre le sauvage et le civilisé."

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    Tous les écrits en italiques se rapportent à l'ouvrage édité à l'occasion de l'exposition "Charles Ratton - l'invention des arts primitifs" du quai Branly en 2003. L'ouvrage est disponible à la librairie : "Mona lisait" rue du fbg saint Antoine - Paris

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  • Alain Badiou : la Pompadour du PAF

     

     

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               Certes Louis Althusser  est son maître, et non Louis XV ! Et Platon protège son sommeil puisqu’il le précède comme auteur de chevet.

    Privé de château et de domaine, sa seule dot... c'est la philosophie et son engagement à l’extrême gauche. Grand monarque-communiste et maoïste, pourfendeur d'une démocratie qui n'est qu'un outil de propagande et de domination du capitalisme (difficile de le contredire là-dessus !), Alain Badiou est sans aucun doute une figure de renom de la vie intellectuelle française.

    Issu de la bourgeoisie, roturier donc (il est le fils d’un normalien rocardien) - terreau des plus fertiles pour toute engagement à l’extrême gauche ; en effet, rien ne prédispose autant à la révolte que cet esprit bourgeois, un peu comme la fréquentation à un jeune âge des curés pour vous passer l’envie de vous confesser -, le « style Badiou » est sobre, d’un grand classicisme. A son sujet, on a évoqué un esprit « radicale-chic » et le château de Versailles, à une époque où il faisait encore bon discourir.

    Révolutionnaire dit "de chambre et de salon", là où l’on trouve immanquablement une télé et une radio, serein, jamais un mot plus haut que l’autre, avec lui la Révolution sera sans douleur, un peu comme un accouchement. Il est dit que le badiou-isme serait à ce point formel qu'il échapperait à tout entendement et à toute critique… ainsi qu’ à toute réalité tangible, un peu comme une pensée et une expression en suspension, d’aucuns diront, un rien  ésotériques… en lévitation, hors-sol par voie de conséquence ( après les écolos du même nom).

    Est-ce la raison pour laquelle il est devenu au fil des ans le favori, le protégé, le chouchou des radios et des plateaux de télévisions ?

    Inoffensif Alain Badiou ?

    En effet, anobli par les médias, depuis une dizaine d’années... Alain Badiou tient salon ; quand il est reçu, très vite c’est lui qui reçoit, émission après émission - France 2, France 3, France Culture, France musique, France Inter, Nouvelobs, Libération… hauts lieux de l’information révolutionnaire, courageuse et dissidente, c'est sûr !  -, semaine après semaine, mois après mois…

                  Mais alors, après un tel "sacre" médiatique, à quand un Badiou effigie d'une pièce éditée par la Monnaie de Paris ? Et puis… à quand un Badiou invité du 20H ! Car, si rien n’est moins sûr, rien n’est cependant moins improbable ! Les médias n’aiment rien moins que recevoir leurs ennemis jurés lorsqu’ils ont la réputation de tirer à blanc et même si en ce qui concerne notre philosophe, il lui arrive de mettre le plus souvent dans le mille. Solide formation politique et philosophique oblige !

    Et puis, cela permet de contenter le CSA qui peut se targuer alors d’entretenir la flamme d’un service public où la pluralité des points de vue fait rage, même mezzo voce, un peu comme en creux, mais… profond, très profond, là où il faut vraiment tendre l’oreille. 

    Quand aux animateurs dits "journalistes", le temps d’une interview, voilà qu'ils se sentent un peu moins ignorants, veules et lâches qu’à l’ordinaire ! Car avec Alain Badiou, on s’achète facilement une bonne conduite et une bonne conscience à moindre frais.

    Et quand on connaît leurs salaires à tous… c’est vraiment pas cher payé.

     

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    1 - Alain Badiou ne croit pas aux élections. Le bulletin de vote n'a pas sa préférence sans doute parce qu'il n'a pas pensé à aucun moment que ce bulletin pourrait bel et bien un jour, servir une stratégie qui consisterait à ouvrir une crise sans précédent au coeur d'un dispositif politique corrompu ; une crise telle que tout retour à un ordre antérieur serait alors impossible.

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  • Les 3A : un label incontournable

     

     

    "Dites, vous là-bas ! Venez donc par ici, deux minutes !

    - Qui ? Moi ?

    - Oui, vous !
    - Pourquoi moi ? J’ai rien dit. J’ai rien fait.
    - C’est à nous d’en décider. Et puis, nous vous trouvons un peu trop bavard ces temps-ci. Sachez que nous vous surveillons, et dernièrement on a relevé des déviances.

    - Des... dév...

    - Oui ! Des déviances ! Aussi, il va nous falloir, une nouvelle fois, corriger vos écarts. Nous devons nous assurer de la conformité de votre comportement avec l’ensemble de lois qui régissent ce lieu. Nous allons à nouveau tenter de vous aider à raisonner comme il faut afin d‘infléchir vos choix en notre faveur. Mais ce sera la dernière fois ! La dernière tentative ! Allez ! Suivez-moi !
    - Vous suivre ? Mais où ?
    - Vous le saurez toujours assez tôt. Pour l'heure, nous allons vous conditionner comme on conditionne une marchandise. C’est là, le prix à payer. Je vous propose un bocal comme premier conditionnement. Vous serez poisson rouge pendant une petite semaine. A heure fixe, dans votre aquarium, vous goberez les ressources matérielles et symboliques dont vous avez besoin pour prospérer parmi nous. Ces ressources qui sont aussi des remèdes, feront de vous le contraire de ce que vous êtes. Ils réveilleront l’autre vous-même que vous refusez de nous révéler. On va tenter encore une fois de vous réguler. Et puis, ensuite on va vous réformer.

    - Me réformer ? Ca peut pas attendre deux minutes ? Faut que je...
    - Allez ! Pas d'histoire ! Entrez ! Mais... essuyez-vous les pieds. Voilà. C'est bien. Prenez un siège et écoutez : le réalisme doit triompher de l’idéalisme qui lutte encore en vous ; manifestement, ce qu'il est raisonnable d'espérer n’a pas encore occupé la juste place qui lui revient car vous semblez résister. Il est donc temps pour vous d'adhérer. Alors, préparez-vous à passer de l’autre côté !
    - De l’autre côté ? Mais... de quel côté parlez-vous !
    - Cessez de vous distinguer et rangez-vous ! Rangez-vous des voitures, des autobus, des trains et des avions. Rangez-vous aussi au fond d’un placard. Rangez tout et laissez sortir cet autre vous-même qui fera de vous un adepte du consensus car, si vous persistez, vous finirez par souffrir d’une forme de mépris de vous-même ; épuisé par votre entêtement, effrayé par la peur du rejet, envoûté par les illusions nombreuses qui hantent votre univers clos et stérile, un sentiment d’insignifiance viendra bientôt vous engloutir. Alors, cessez de lutter contre ce réalisme que nous tentons de vous inculquer ; ce réalisme qui doit nous permettre de faire en sorte que vous soyez... non pas heureux car le bonheur ne nous est et ne vous sera d’aucune utilité... mais... comme neutralisé sur ordre et au pied levé.

    - Neutralisé ?

    - Oui ! Pour bien faire, vous serez et la majorité tapageuse et la majorité silencieuse ; une majorité non soumise, non rebelle ; une majorité neutre, comblée et assouvie.

    - ..............

    - Ah ! Mais... comment dire ? Comment décrire cet état ? Comprenez bien que ce concept est tout nouveau. Alors, c’est pas facile. Il faut pouvoir trouver des mots nouveaux pour décrire ce nouvel état de conscience qui frise... l’inconscience.

    - ..............

    - Disons que prochainement vous ne vous ferez plus d’illusion sur quoi que ce soit et sur qui que ce soit ; bientôt vous n'attendrez plus rien. Dans un état cotonneux, confiant et raisonnable comme la raison qui guide nos pas et tous nos choix, vous flotterez entre deux eaux. Vous serez... attendez voir ! Vous serez... Adulte, apolitique et... abruti ! Oui ! C'est ça ! Les 3A !

    - Les 3A ?

    - Un nouveau label incontournable ! La norme, la référence absolue : les 3A - Adulte, Apolitique et Abruti...

    - Abruti ?

    - Oui. Abruti. Je vous explique : épuré, stabilisé, indécis mais ouvert à toutes les propositions et à tous les vents, fasciné par les courants d'air, bientôt vous ne ferez plus qu'un avec les désirs du plus grand nombre car les indécis se rangent toujours du côté de l’avis de ceux qui n’en ont pas. Pour vous, la raison du plus fort en gueule et en image sera la meilleure des raisons qui soit et celui qui possédera l’écran le plus grand, sur écran géant - écran de la plus haute définition -, celui-là remportera votre vote. Le premier qui parlera et qui sera le dernier à l‘ouvrir recueillera votre assentiment et votre suffrage universellement exprimé. Comme vous pouvez le constater, notre système fait appel à l’ouïe et à la vue : l'audio et la vidéo ! Son et images ! Eh oui Monsieur ! C’est tout un monde que nous mettons en scène. Tout un monde ! Le nôtre ! Le seul disponible désormais !"

    __________

     

    Pour prolonger, cliquez : Des apôtres, des anges et des démons

     

     

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais, Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
  • Internet, écriture et édition : bilan et perspectives

     

     

                 Janvier 2016 : entretien avec Jan Kapriski... un temps rédacteur en chef de la revue (éphémère) : Littérature et écriture.

     

     

    ***



    Jan - « L’heure du bilan a sonné !» m’as-tu annoncé Serge. Tu es venu me voir et tu m’as demandé de conduire cet entretien. Il sera donc question de ta présence sur le Web depuis trois ans, et de ce que tu souhaites nous dire à ce sujet ; ça peut être utile auprès des auteurs qui se posent la question suivante : « Qu’est-ce qu’Internet peut bien m’apporter ? ». On commence par l’audience de ton blog, ou plus généralement, ton audience sur le web...

     

    Serge ULESKI - Difficile d’évaluer mon lectorat mais… je le situe entre 8000 et 10000 par mois, parfois plus - ce qu’on appelle les « visiteurs uniques » -, en audience cumulée sur les trois sites suivants : 20-minutes, Agoravox et Le monde.fr.

     

    - Depuis huit ans, tu es très présent sur les réseaux-sociaux et pas simplement sur ces plateformes d'info.

    - C’est ma manière à moi de me démultiplier ; notion très importante avec Internet : si vous voulez qu’on vienne chez vous, il faut aller chez tous les autres. Aussi, je suis partout où il y a de la lumière... même celle d’une bougie. Chaque billet publié sur ce qu'on pourrait appeler mon blog-maître, celui de 20-minutes depuis que le Nouvelobs a fermé sa plateforme blog que j'ai occupée dix années durant, fait l'objet d'une publication sur de nombreux autres sites.

     

    - D’où ton Pagerank de 5.   

     

    - C’a demandé pas mal de travail ; un travail à plein temps : il faut pouvoir intervenir sur l'actualité, avoir un avis sur tout ou presque... Même si je cible en priorité les sites à forte audience.

    - Et les sites qui traitent de littérature ?

    - La plupart de ces sites n’acceptent pas de contributions extérieures. Ces sites sont fermés ; ils fonctionnent en vase clos ; de plus, ce sont des sites très confidentiels, à faible, voire très faible audience. Sinon, j'interviens régulièrement sur Exigence littérature.

     

    - Pour reprendre cette idée de « démultiplication »… tu interviens sur les sites tantôt en tant que contributeur, ou bien alors, tu utilises la fonction « commentaire »…



    - Avec cette fonction propre à Internet, j’interviens sur les journaux en ligne à partir de leur publication sur Facebook...

     

    - Tes interventions vont bien au-delà du simple commentaire. Il est plutôt question de rebond ou de prolongement…

    - On répond à un texte par un texte. C’est ma position en ce qui concerne le "commentaire" ; commentaire qui peut occuper une place qui ne lui est pas destinée, et ce faisant devenir le centre d'une parution dont le contenu initial se trouve renvoyé à la périphérie.

    - Le commentaire peut alors devenir le nouveau centre d’attention ?

     

    - C'est ça. Une seule règle néanmoins : il faut respecter le sujet traité par le billet.


    - Ta démarche peut être à l’origine de quelques tensions...

     

    - C’est le risque. Tensions du côté de l’auteur du billet original ou bien, des internautes qui interviennent, eux, sous la forme concise du commentaire. Faut bien dire qu’il y a sur Internet et les sites généralistes à forte audience, un refus de tout ce qui est disons écrit ou étoffé ; sur Internet, on aime la concision, et donc  les commentaires courts. C'est sans doute la BD qui est responsable de cette situation ; la BD et ses effets sur deux générations ainsi que les méthodes d'enseignement du français ; les nouveaux outils de communication sont aussi en cause ; pour faire court : l'hégémonie irréversible de l'image et du son, et par voie de conséquence... les problèmes que rencontrent les internautes quand il faut passer à l'écrit.


    - Avec Internet, le niveau est toujours un problème, non ?

    - C'est vrai : on y trouve pas que des as de l'écrit ou du raisonnement. Mais... il faut le dire : Internet permet à nombre d’auteurs, d'artistes et de créateurs à la marge des milieux culturel, artistique et médiatique de s’exprimer ou de présenter leur travail ; et ces internautes-là représentent de surcroît près de 99% de ceux qui créent ; et j'en fais partie. Internet est aussi là pour pallier la disparition de ce qui s’est longtemps appelé « Le café du commerce » : lieux où l’on pouvait dire ce qu’on pense, donner son opinion quelle qu’elle soit ; ces lieux ont pratiquement disparu. Internet a pris le relais ; une différence de taille quand même : avec Internet, la parole libérée est souvent une parole anonyme, sans nom ni visage...

     

    - D'où les excès.

     

    - Et qui plus est : une parole formulée dans l'instant, dans l'humeur ; une parole sans recul qui se propage à une vitesse vertigineuse auprès d’une audience potentiellement illimitée.

     

    - Toi-même, comment gères-tu les commentaires des internautes ?

     

     

    -  Sur le Monde.fr et sur Agoravox, je peux gérer les commentaires. En règle générale, je valide tous les commentaires – quelle que soit leur longueur -, sauf les insultes et les commentaires incompétents ou de mauvaise foi. Dans l’ensemble, les commentaires que l’on me soumet sont plutôt constructifs, même sur DSK ou sur Alain Soral et alors que cet auteur fait l’objet d’une haine inextinguible ; ainsi que Dieudonné qui garantira des records d’audience à quiconque poste un billet à son sujet. Sur Godard, Eastwood, Marc-Edouard Nabe et Bayrou, j'ai essuyé quelques insultes. Comme quoi, il y a encore des gens intouchables !

     

    -  Quelle est la fréquence de tous ces commentaires ?



    - Toutes les études le montrent : moins de 10 pour cent des lecteurs-internautes laisse un commentaire. Ce pourcentage semble invariable.



    - Beaucoup se plaignent d'Internet. A son sujet, ils n’hésitent pas à parler de "poubelle".

    - Les critiques les plus virulentes ont pour origines ceux dont la notoriété est antérieure à Internet ; notoriété qui repose sur la télé, la radio et la presse écrite. Et puis, il faut bien aussi mentionner cette caste médiatique qui, depuis toujours, prétend au monopole de l'analyse et du commentaire ; et cette caste médiatique découvre avec Internet qu’elle est loin de faire l'unanimité auprès d'un public spectateur-lecteur-auditeur-critique avec lequel elle n'avait, jusqu'à présent, aucun contact direct ; protégée qu'elle était, aujourd'hui cette caste accepte mal la liberté d'opinion. C’est la raison pour laquelle elle a recours au rejet et au mépris.

     

    - Quels sont tes billets qui ont rencontré le plus de lecteurs ?

     

    - Un billet sur Dieudonné, un Billet sur le PS et puis un autre, sur l’affaire Fofana.

     

    - Et la censure ? As-tu eu à t’en plaindre ?

     

    - Sur Internet, c'est une constante : plus un site touche un large public, plus il est liberticide ; le niveau de tolérance est vite atteint. Sur le Net, il s'agit surtout de censure préventive : dans le doute, on préfère bâillonner le blogueur. Pour exercer cette censure, la grande majorité des hébergeurs qui n'a pas les moyens de contrôler tous les contenus se repose sur la délation par l'intermédiaire de la fonction Alerter (ou avertir - bel euphémisme pour dénoncer) ; en un clic on alerte, celui qui dénonce restant anonyme : pas de visage ni de nom ; juste une adresse IP. Sur Facebook, ce sont les "community managers" qui censurent ; très vite, ils interviennent que ce soit France Culture ou Atlantico ou bien encore Marianne : tous censurent ce qui ne convient pas à leur ligne éditoriale 

     

    - J'imagine... ils doivent tous s'en donner à coeur joie !

     

    - On peut dire ça, oui. Cela dit, l'ironie est la suivante : je me suis fait "jeter" à deux reprises : de la plateforme "RFI - atelier des médias" et de Médiapart... et détrompe-toi, non pas pour mon soutien à la dissidence (Soral, Dieudonné et d'autres) mais pour avoir critiqué ces deux médias : RFI à propos de la France-Afrique, et Médiapart à propos de l'incompétence de sa rédaction en politique internationale et plus particulièrement, en géopolitique. RFI à supprimer toutes mes contributions qui représentaient plusieurs années de collaboration. Médiapart les a toutefois maintenues.

     

    - On a évoqué ton audience sur Internet. Qu'en est-il de tes ouvrages ?

     

    - Depuis la mise en ligne progressive de mes titres sur Amazon, j'en suis à un moyenne de 600 exemplaires par titre.

     

    - C'est plutôt encourageant non ?

     

    - Comme on a pu le voir avec les commentaires, les ventes représentent grosso-modo un peu moins de 10% de l'audience. Aussi, si 10% des lecteurs laisse un commentaire, il semblerait qu'il y ait le même pourcentage qui achète mes ouvrages.

    - Seule solution pour augmenter les ventes : augmenter l'audience.

    - En effet.

     

    - Cela dit, pourquoi ce faible taux de retour sur ton "investissement", si j'ose dire : investissement  dans la toile en général et dans ton blog en particulier ?

     

    - Plusieurs raisons ; j'en retiendrai deux : parmi les lecteurs de mon blog, les plus nombreux viennent simplement pour y lire ce que j'ai à dire sur tel ou tel sujet plus ou moins d'actualité ; tous ne viennent pour y découvrir de la littérature, la mienne en l'occurrence ; Et puis, tous n'en lisent pas. Quant aux autres, laisse-moi éclairer un aspect parfois négligé, pourtant primordial de la lecture ou de la non-lecture d’une œuvre à l’égard de laquelle tout lecteur serait tenté de se détourner d’instinct, avec à l’esprit cette considération imparable et fatale à tout auteur non estampillé écrivain : à quoi bon la lecture d’un texte dont on n’est pas assuré de la légitimité

    - Un peu comme la signature sur un tableau ?

    - Oui.

    - Et cette légitimité, où le lecteur ira-t-il la chercher ?

    - Le lecteur ira la chercher dans un premier temps, auprès des éditeurs (un ouvrage estampillé Gallimard jouira d’une légitimité et d’un prestige incomparables), et dans un second temps : auprès des critiques, des éditorialistes, des commères en tous genres, magazines, radios, télés, bien évidemment. Et si par malchance l’auteur et son texte n’ont pas été validés par une bonne partie de tout ce beau petit monde, le lecteur aura très vite le sentiment de perdre son temps en s’adonnant à une lecture pour rien ou pour si peu ; une lecture et un livre pour personne sinon les proches de l’auteur. Quant à la critique... elle n'achète pas les livres qu'elle couvre, aussi, ceux qui sont auto-édités passent automatiquement à la trappe. La critique se repose uniquement sur le service de presse des éditeurs ; ce sont eux qui décident de ce que la critique lira ou ne lira pas.

     

    - Ce regard des lecteurs et de la critique sur les auteurs auto-édités peut-il changer un jour ?

     

    - Ca prendra du temps.

     

    - Que penses-tu de l’expérience de Marc-Edouard Nabe et son anti-édition dont on nous a rebattu les oreilles ?

     

    - Rien à dire de particulier. Ce que Nabe appelle l’anti-édition est une formule pompeuse et creuse que tous les imbéciles autour de lui – et on me dit qu’ils sont nombreux -, ont reprise. Si Nabe fait de l’anti-édition, il s’agit tout bêtement d’édition anti-éditeurs et anti-libraires : anti-FNAC disons. No big deal ! La véritable anti-édition signerait l’arrêt de mort du livre et de l’écrit au bénéfice d’une littérature orale ; une littérature de l’ouïe, une littérature du bouche à oreille qui se déclamerait sous (ou derrière) le « masque ». La seule originalité de la démarche de NABE c’est son passage de l’édition à compte d’éditeur à l’édition à compte d’auteur, même si les éditeurs l'ont un peu aidé puisqu'il n'en trouvait plus. Nabe fait simplement de l’auto-édition mais… avec un siècle de retard : l’auto-édition de Nabe date d’une époque où les auteurs devaient payer leurs exemplaires avant de les écouler auprès de leurs lecteurs. Nabe n’a manifestement jamais entendu parler de l’impression papier à la commande qui se pratique sur le Net depuis quelques années maintenant ; système d’impression dans lequel l’auteur n’a rien à débourser, excepté le lecteur lorsqu’il commande un ouvrage.



    - Tu as recours à Amazon

     

    Amazon gère toute la chaîne de l’édition : de l’impression à la facturation et l’envoi du manuscrit commandé par le lecteur. En ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage - mise en page et mise en forme -, l'auteur contrôle tout à la virgule près. On peut aussi à tout moment effectuer des corrections, des modifications... le livre que reçoit le lecteur étant la dernière version chargée par l'auteur sur l'interface de l'imprimeur.

    - Tu veux dire qu'aujourd'hui, il peut circuler des versions différentes de chacun de tes titres ?

    - Je parlerais de corrections ou de modifications mineures en ce qui me concerne, même si des changements majeurs sont possibles. C'est bien de savoir que l'on peut toujours intervenir sur ses textes. Rien n'est figé, jamais, avec Internet et ce système d'impression papier à la demande ! Ensuite, je n’ai qu’à toucher la part qui me revient sur le prix de vente. Avec ce système de publication, l'auteur est vraiment rémunéré ; et le prix de son livre n'en est pas plus élevé pour autant.

     

    - Rien à voir avec les 8% d'un éditeur donc !

     

    - Et plus encore quand il s'agit d’un éditeur qui n’a pas les moyens de faire connaître les ouvrages qu’il publie. Franchement, je ne vois pas comment des auteurs peuvent encore aujourd’hui accepter les conditions qui leur sont faites  ; et notamment la cession à vie et au-delà, des droits sur leur propre travail, sur leur sueur et leur sang ?! Et en échange de quoi, franchement ? Disons les choses : des pans entiers de l’édition ont longtemps eu pour occupation principale la chasse aux subventions ; notamment les petits-éditeurs-sangsues de la province, gérants-salariés de leur propre maison, installés dans des communes aux codes postaux du type 64258 ou 34878 ou bien encore 12145 (ne cherche pas : ces codes sont fictifs), bien au vert dans des hameaux, des villages et autres lieux-dits, un salaire confortable en fin de mois, le tout sur le dos des auteurs qu’ils éditent et qui ne verront jamais leurs livres dans les bacs des points de vente qui comptent. Nul besoin de le déplorer, personne n’aurait pu soupçonner qu’ils y étaient… puisque ces éditeurs n’ont pas les moyens de faire connaître les ouvrages qu’ils éditent. Sans oublier le fait suivant : compte d’éditeur ou d’auteur, n’est-ce pas toujours l’auteur qui paie la fabrication et la diffusion de son livre ?! Pourquoi crois-tu qu’un éditeur donne 8% à son auteur ? 8% du fruit de son travail ? Où donc sont passés les 92% restant ?

    - On parle depuis quelques années maintenant d'une crise du livre…

    - Est-ce vraiment le livre qui se porte mal ou bien les éditeurs ? Et plus particulièrement ceux qui n’ont pas les moyens de faire connaître les livres et/ou les auteurs qu’ils éditent ? A l’avenir, je crois que les éditeurs qui ne seront pas capables de “rapporter” des lecteurs à leurs auteurs auront du souci à se faire. Avec Internet et l'impression numérique à la commande, l'auteur pourra voler de ses propres ailes.

    - Tu veux dire qu'Internet lui fournira des lecteurs ?

    - Oui. Même si cela demandera de la part de l'auteur, un travail quotidien pour développer sa notoriété et sa crédibilité : sites, plateformes communautaires, forums...

     

    - Tu penses que d’ici peu, le seul intermédiaire “toléré” par les auteurs entre un livre et son lecteur sera l’imprimeur, et seulement l’imprimeur ?

    - C'est fort possible à moyen terme pour les auteurs dont les livres sont appelés à occuper un petit segment du marché ; et plus ce segment est limité, plus l'auteur a besoin d'un pourcentage de rémunération élevé : seule l'auto-édition est capable de le lui garantir.

     

    - Sujet à suivre donc…

     

    - Même si la course s’annonce bien plus courte qu’elle n’en a l’air ! D’ici dix ans, ce sera plié.

     

    - Sinon, tu comptes sortir combien de titres ?

     

    - 18 au total. Une quinzaine d'entre eux est en ligne et peut être commandée sur Amazon dès maintenant.



    - Alors, ce bilan ?

    - Positif ; encourageant. On ne lâche rien. On continue : de l'audience, encore de l'audience, toujours plus d'audience ! Et je salue ceux qui me lisent, et doublement ceux qui me soutiennent :  et je les salue tous fraternellement et même... confraternellement."

     

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