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actualité - Page 4

  • Ainsi va la recherche

     

                    Aujourd’hui, si nous ne sommes sûrs de rien ni de personne, c’est tout simplement que nous sommes infiniment plus nombreux qu’hier à chercher à savoir ; et plus nous serons nombreux à trouver et moins les évidences auxquelles il nous a si longtemps été demandé d’adhérer s’imposeront à notre esprit.

    Ainsi va la recherche ! Vers un savoir de plus en plus complexe mais sans surprise car, ce savoir doublé d’une compréhension dévastatrice nous renverra fatalement à ce que nous sommes : à cette nature en trompe l’oeil, dissimulatrice, accapareuse et rétentrice qu’est la nôtre.

     

                       Porteuse de tous les dangers, cette recherche expansionniste toujours plus performante et exigeante : le danger de nous laisser sans évidences et sans certitudes. Viendra alors une haine têtue et démesurée : haine de notre espèce à l’endroit de sa propre espèce, jusqu’à l’abolir.

                       Des nanotechnologies au service de la biologie, contribueront-elles à cette recherche d'abolition jusqu'aux confins de l'humain, et au-delà ?

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    “Dites Monsieur ! Hé ! Vous m’entendez ?


    - Qu’est-ce que c’est ?


    - Je me présente : je suis généticien et je suis chargé de vous prendre en main.


    - Encore ! Mais ça n’en finira donc jamais ?


    - Du calme. Vous avez fait la connaissance de mon ami l’anthropologue ?
    - Oui, oui !


    - Il vous a tout expliqué ?


    - Justement, il m’a tout dit. Alors… peut-être qu’on pourrait…


    - Il vous a soûlé, c’est ça ? Faut dire qu’il se la raconte un peu, l’anthropologue. D’ailleurs, ils se la racontent tous.

     

    - Moi, j’ai rien dit. Je vous écoute comme je les ai écoutés. Mais… j’ai pas fait de commentaires. Notez-le ! J’ai rien dit. Je ne veux pas d’histoires !


    - Rassurez-vous ! Ca ne sortira pas d’ici. Et puis, faut bien se la raconter un peu si on veut y croire et progresser ! Mais, je vous rassure, nous, les généticiens, on ne se la raconte pas. On n’a pas le temps. On est forcés de passer à l’action tout de suite car, vous savez, les gènes, ça cavale vite, ces petites bêtes-là ! Alors, quand on en identifie un, faut lui mettre la main dessus illico presto sinon c’est trop tard. L’ADN, ça vous dit quelque chose ?


    - L’AD quoi ?


    - L’ ADN !


    - A cette heure-ci, je dois dire que je ne suis plus très sûr de rien. L’ADN ? C’est pas… des fois… une Association… une Association De Naturistes ?


    - Ah lala lala ! Quelle catastrophe ! C’est pas Dieu possible ! Une telle ignorance, ça ne s’invente pas !


    - On me parle de mille choses à la fois. On me dit que je suis un déviant et un pervers. L’anthropologue m’a parlé de masochisme et de Dieu sait quoi d’autres. Vous, vous me demandez mon avis sur l’ADN. Je suis désolé mais si vous me parlez d’ADN, eh bien moi, je pense tout de suite à une Association De Naturistes. C’est comme ça. Oui ! Une Association De Naturistes. Je vois des femmes, des hommes et des enfants nus et moi aussi qui suis nu avec eux et nous tous, nous formons un cercle et nous tournons… main dans la main, nous tournons en rond car nous dansons… tout nus. Voilà ! J’y peux rien. C’est comme ça. Et puis, j’en ai assez ! Vous les trouvez où toutes vos histoires ? Hein ? Vous les trouvez où ? Dites ! Jamais, vous vous reposez ? Je veux sortir d’ici ! J’en ai assez ! Je veux rentrer à la maison ! Je veux rentrer chez-moi.


    - Du calme ! C’est fini ! Là, allongez-vous ! Comme ça ! Voyez ! Ca va mieux maintenant, n’est-ce pas ? Alors, je peux continuer si ça ne vous dérange pas trop ?


    - Faites ce que vous voulez ! Je m’en…


    - Bon ! Sachez Monsieur que l’ADN n’est pas une Association De Naturistes mais l’ADN est la base de toute vie. Programme de toute existence, aussi misérable et inutile qu’elle puisse être cette existence pitoyable, eh bien, cette molécule appelée ADN, molécule d’une complexité et d’une richesse inouïes, nous permettra d’écrire la prochaine et la dernière page d’histoire de notre espèce. Ces trois lettres, ADN, on les répètera autant de fois qu’il le faudra et à l’infinie, jusqu’à ce qu’ils comprennent tous ce qu’on attend d’eux. Ce nouveau moyen d’investigation et de communication réduit à sa plus simple expression est la nouvelle et la dernière ligne de départ parce qu’il est la nouvelle et la dernière ligne d’arrivée. Il est le début et il est déjà… la fin. Cette molécule jusqu’à présent commandait toute chose et maintenant que nous sommes sur le point de lui donner des ordres, nous entendons bien l’utiliser afin d’assurer pour les siècles à venir la pérennité du bon fonctionnement de tous nos programmes de vie en société au sein d‘un système immunitaire sans faille. Tenez ! Pensez à…


    - Pensez ? Ah ! Non ! Je ne veux plus penser. Je veux dormir.


    - Ca viendra. Un peu de patience ! Je vous disais donc… vous êtes, mais ça vous ne le soupçonnez sans doute pas encore, vous êtes donc, vous et vos semblables, au centre d’enjeux considérables car le gène, pour ne prendre qu’un exemple parmi tant d’autres, est devenu une véritable matière première. Nous allons enfin pouvoir in vivo et ex vivo remplir le vide, combler les manques, réparer les derniers disfonctionnements en contrôlant tous les facteurs, tous les transferts, tous les échanges, toutes les mutations dans le but de modifier, dans un premier temps, le patrimoine génétique de notre espèce pour, dans un deuxième temps, outil implacable d’évaluation, calibrer ce patrimoine au milliardième près, le stabiliser, le formater afin que notre descendance à tous puisse reproduire un modèle génétique pour la demande qui en aura été faite. On peut donc parler d’une nouvelle organisation du vivant et d’un nouveau flux et d’un nouveau brassage dont on pourra à tout moment contrôler la qualité, la quantité et la cadence, loin de toute sélection naturelle et arbitraire, cause de tensions internes insurmontables. Finis donc les mutations et les mélanges génétiques aléatoires qui favorisaient jadis les chances d’une meilleure adaptation car, ce n’est plus la nature mais nos investisseurs qui décident des modalités de cette adaptation. Il nous faut donc des êtres sur mesure dans un milieu tiré à quatre épingles. Le délai qui nous sépare encore de la fabrication du vivant se réduit de jour en jour. Encore quelques manipulations et nous serons enfin capables de rationaliser et de maîtriser totalement la vie en passant de l’aide à la procréation à la fabrication et à la reproduction du même avec le même et vice versa et sans passer par la case départ ; celle de l’autre… cet autre potentiellement tout autre, étranger, perturbateur, pollueur, rebelle et chaotique ! Il ne doit plus y avoir d’autrement… autrement… autre ! Vous comprenez ? Cette rupture majeure altérera la nature humaine en brisant l‘indéterminabilité de ses modes de fonctionnement. A long terme, nous ne souhaitons plus soigner qui que ce soit. Les débouchées thérapeutiques de notre travail ne nous intéressent pas. Nous ne voulons plus de ce matériau génétiquement contaminé, vérolé et imparfait parce que… humain, trop humain. Nous entrons dans l’ère de la fabrication du vivant pour en contrôler tous les maillons et toutes les liaisons. Inutile de vous dire que la tâche est immense ! Tenez ! Buvez ça ! Ca vous remontera.


    - Je ne bois pas.


    - Vous avez tort ! Qu’est-ce que je disais ? Ah oui ! Vous nous servirez de matière première comme tous ceux qui vous ont précédé et tous ceux qui vous succéderont. Ceux qui financent nos recherches s’intéressent à vous aussi ; et comme vous le savez : ceux qui paient sont ceux qui décident : pas d‘argent… pas de science… pas de recherche… pas de solutions… et pas d‘espoir ! Nos partenaires financiers sont les seuls à décider et ils ont décidé pour vous et pour nous. Comme vous voyez, il n’y a rien de personnel là-dedans. Moi, je suis généticien et mon métier, c‘est la génétique. Je l’ai étudiée, alors je ne peux que l’exercer. C’est toute ma vie maintenant. Et de vie, on n’en a qu’une ! Alors, autant que ce soit la bonne.


    - C’est ça.


    - Mon outil à moi, c’est le microscope. L’échange quotidien avec cet instrument représente le sel de ma profession. On peut nouer des relations d’une richesse inouïe avec un microscope. Avec lui, on se plonge dans l’inconnu, dans l’aventure, dans l’incertitude et puis soudain, tout devient clair et lumineux ; même si, et le plus souvent, lui et moi, au cours de nos multiples échanges, on avance à l’aveuglette ; mais quand une réponse, une solution se dressent là sous nos yeux, alors, dans ces moments-là, mon microscope et moi, on jubile. C’est la fête ! Champagne pour tout le monde ! Oui, vraiment, dans ces moments-là, c’est l’extase. Bouche bée, l’œil écarquillé, pour un peu, on s’évanouirait. Vous savez, finalement, nous les scientifiques, on ne vit que pour ça : chercher, trouver et puis, chercher encore et encore et toujours. Et quand on trouve, on peut dire que l’on jouit. Oui, on jouit ! Alors, c’est un peu comme pour les femmes : on ne jouit pas souvent car, ces moments-là sont plutôt rares mais quand on trouve, mon microscope et moi, eh bien… on est comme ivres. Pour un peu, on en viendrait même à en perdre la raison car, la découverte, c’est le sperme de notre profession. Oui, Monsieur : le sperme ! Trouver c’est… jouir et jouir, c’est éjaculer ! Tenez, je vous fais une confidence : savez-vous que je tutoie mon microscope ? Oui, je le tutoie, Monsieur ! Je sais, c’est bête. Alors, vous comprenez maintenant ? Comme vous voyez, tout ça n’a rien de personnel. Il ne faut pas m’en vouloir. D‘ailleurs, on ne se connaît pas. Comment peut-on en vouloir à quelqu’un qu’on ne connaît pas ? Hein ? Quant à moi, je ne connais que vos antécédents médicaux et c‘est tout. Mais venez ! Levez-vous ! Dans un instant vous prendrez un train. Nous serons trois à vous accompagner : votre instructeur, mon collègue anthropologue et moi-même, votre serviteur dévoué.”

     

     

    Extrait du titre "Des apôtres, des anges et des démons" - copyright Serge ULESKI

     

     

                   Pour prolonger, cliquez : Des apôtres, des anges et des démons - entretien avec l'auteur

     

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    Un monde sans humains

     


                Derrière l'objectif de Philippe Borrel, des savants et des experts prônent l'avènement d'une société dans laquelle des hommes hybrides seraient connectés en réseau et se verraient remplacer par des cyborgs pour les tâches pénibles.

    Ce documentaire lève le voile sur un univers futuriste, plus réel et imminent qu'il n'y paraît.

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  • Django au pays de « Candie land »* : une sucrerie cinématographique amère

     

     

                 Dés-enchaîné dès les premières minutes du film, puis rapidement déchaîné un colt dans chaque main, c’est Django de Quentin Tarantino, le justicier aux bras armés d’une justice vengeresse encore inégalée dans sa représentation … car jamais le châtiment aura été aussi savoureux à partager et la libération aussi belle à contempler !

    Ironie, humour macabre et noir, pastiche, parodie de western, dérision, bande musicale aux voix profondes d'authenticité, dialogues qui claquent comme un fouet, une claque en plein visage aussi, certes Tarantino s’amuse encore, mais quand il rit, sans doute pour ne pas désespérer totalement, c’est d’un rire jaune… un rire inédit chez Tarantino ; il faudra se reporter à « Jackie Brown », réalisé en 1997, pour trouver un tel élan compassionnel pour son personnage principal, l' objet de toute son attention.

     

                   « Pendant des siècles, ils ont été les barbiers de mes ancêtres, le rasoir en main, sous leur menton, sous leur gorge, trois fois par semaine… mais alors, pourquoi ne les ont-ils pas tués ? » questionne Calvin Candie le maître des lieux : Candie land…

    La réponse ne se fera pas attendre. Soudain, on ne joue plus. Le rideau tombe ; ailleurs, il se lève, et tout s’éclaire. Trêve de mascarade ! Bas les masques ! Les armes à feu ont remplacé le rasoir (soyons modernes que diable !) ; la passivité, une servitude résignée trop souvent prisonnière d'un processus de chosification mortifère, s'est muée en courage féroce…

    C’est le théâtre du Grand Guignol à Candie land ! Les balles pleuvent par dizaines, par centaines, par milliers, ça ricoche et ça siffle comme des missiles avant impact, des lambeaux de chair ensanglantée virevoltent, les corps sont criblés et couverts de sang, à flots ce sang, le sang de plusieurs siècles de générations de négriers et de leurs larbins sadiques, l’ancien testament d’une main, fouet de l’autre, pour un protestantisme fanatique qui nous rappelle étrangement ceux qui, la Torah d’une main, le flingue de l’autre, tiennent en respect le Palestinien qui rêve de liberté tout en continuant de lui voler sa terre et sa vie, et d’autres encore, Coran et décapitation, comme autant d’échantillons d’une humanité de cloportes.

    Le sang gicle au passage sur la fleur de coton immaculé d'une plantation au labeur esclavagiste, pétales de sueur, de larmes et de sang… mais aussi... nectar et miel d’une justice expéditive…il faut alors faire vite et frapper fort… car, si la vengeance est impatiente, la liberté l’est tout autant.

                   Un chant choral se fait entendre maintenant car partout ça crie, ça hurle, ça souffre, ça meurt, une fois, dix fois, cent fois, mille fois…

    Mais alors combien de fois faudra-t-il les tuer tous pour qu’ils meurent ?!

    « Candie land », cette terre infâme, est maintenant jonchée de cadavres ! Bientôt, une bâtisse blanche, de la couleur de son commerce - le coton -, contre celui de sa main d’oeuvre, volera en éclats… il n’en restera rien ; en cendres… cendres fumantes.

     

                      Django c'est Zorro chevauchant vers la femme qu'il aime, pour la délivrer ; un Zorro noir qui partage la condition de ceux dont il vole au secours ;  c’est  le retour de d’Artagnan, du nom ironique de l’esclave que son propriétaire donne à dévorer vivant aux chiens ; le d’Artagnan d’un Alexandre Dumas d’outre-atlantique qui rentre à la maison pour régler quelques comptes ; et c'est aussi le Christ, un Christ noir : "Voici leur sang versé, celui de ma liberté ! Voici leurs corps déchiquetés, le juste prix de mon émancipation !"

     

                 La traite, le colonialisme, un monde de gagnants abjectes : tout se tient donc. Surprenant qu’il y ait encore des trous du cul ou des salauds pour s’étonner que de temps à autre, le perdant lève la tête et le bras puis la main pour frapper.

    Si chez Tarantino c'est souvent le Blanc qui sauve le Noir ( voir Jackie Brown), ce que Spike Lee ne supporte pas, il n'en reste pas moins que la représentation du Noir et du Blanc, telle qu'elle nous est le plus souvent donnée par Hollywood - un Noir larmoyant, soumis, résigné, impuissant -, est inversée chez le réalisateur de Django : le Noir est futé, rusé même ; le Blanc est bête et méchant, méchant parce que bête, aussi bête qu’une bête, plus bête encore puisque sadique et cruel… même si c’est elle, cette bête, qui tient le fouet et la laisse.

    Tarantino met un point d’honneur à nous restituer la force et la dignité de l'esclave. En cela, Django c’est l’anti 12 years a slave du réalisateur britannique passé outre-atlantique, Steve Mcqueen, le Josh Randall de la traite négrière, réalisateur noir au producteur blanc ; 12 years a slave remportera l'Oscar du meilleur film : normal, le Blanc sort intact de "12 years a slave". En revanche, chez Tarantino, le Blanc sort laminé, rincé, essoré et couvert d'opprobre : il n'y a rien à sauver.

    Et puis, manifestement, Hollywood ne lui a pas pardonné ce jugement sans appel : « Que voulez-vous, Monsieur Calvin Candie, docteur Schultz est Allemand ; il n’a pas encore l’habitude des Américains et de leurs moeurs ; il ne connaît pas le spectacle d’un être humain que l’on donne à dévorer vivant aux chiens ».

    On pense alors au chaos du Moyen-Orient aux millions de morts (1) ; bilan d'une fausse guerre dite "contre le terrorisme"  lancée par les USA depuis 1990. Toute une région et sa population livrées vivantes aux chiens de la géopolitique.

     

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                   Dans ce monde de la traite, de l’esclavage et des plantations, "le nègre domestique", nègre de l'intérieur (incarné par Samuel Lee Jackson - sans doute le rôle de sa carrière), sait que la force est du côté des Blancs esclavagistes et négriers ;  sa sécurité et prospérité aussi quand il est promu au rang de Major d’homme et qu’il règne alors sur toute une colonie de "nègres des champs". Dans ces conditions, mieux vaut, à ses yeux, être le domestique du Blanc en 1858 que son salarié "libre" cent ans plus tard, à trois dollars de l’heure.

    C'est sûr ! Ce nègre-là avait du flair d’autant plus qu’à son époque, il n’y avait qu’un trou dans la roulette, tout comme aujourd’hui soit dit en passant… car jamais il n’y en aura pour tout le monde aussi longtemps que les bénéfices de la trahison de l’un reposeront sur l’exploitation de tous les autres.

                     

     

                     Django, ce film déterminé, sincère, qui se veut tout sauf malin, est d’une violence d’une beauté rare et renversante car portée par la dénonciation d’un crime d’Etat, le premier d’entre eux, les USA, et dont on peut encore tracer l’argent de ses bénéfices chez ses milliardaires d’aujourd’hui (JP Morgan…)

     

                    « Django, tu ne pourras jamais détruire Candie Land », hurle le nègre domestique avant d'aller rejoindre, des mains de Django, le monde des morts, celui des Blancs auquel il appartient ; pourtant, Tarantino l’a fait le temps d’un film, même si aujourd’hui tout est à refaire.

     

     

    * Du nom du propriétaire esclavagiste de la plantation de Calvin Candie ; rôle tenu par DiCaprio ; Candy - homonyme -, signifie en Français : sucrerie, bonbons, confiserie...

     

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  • Hadopi face à la "Génération gratuité"

                Que faut-il penser de cette génération qui passe le plus clair de son temps à télécharger des films et des musiques piratés, et à n'écouter que ces musiques et à ne regarder que ces films pour lesquels elle ne donnerait pas un Euro si d‘aventure elle y était contrainte ?

    Pour sûr, cette génération sera vertueuse parce que... écolo : “Comment ça ! Vous vous brossez les dents en laissant couler l’eau ?!! Mais quelle sorte d’homme êtes-vous ? Vous n’avez pas honte ?”

    Ecolo et puis, un rien hygiéniste aussi : “ Qui c’est ce taré incontrôlable qui fout le bordel ?! Débarrassez-nous en au plus vite !”

    Pour le reste, on est libres mais... prévenus : inutile de chercher à éveiller en elle un intérêt quelconque pour ce qui s‘avèrera payant.

     

    ***

     

                La marchandisation de tout ce qui peut a priori faire l’objet d’une transaction commerciale, c’est la société de consommation arrivée au sommet de sa maturité avec pour seule préoccupation la dévalorisation de tout ce qui peut représenter ou prétendre à une valeur autre que marchande ; et son corollaire a pour nom : la gratuité.

    Surtout ne pas y voir là une contradiction ou un paradoxe qui trahiraient un manque de cohérence !

    Si tout ce qui a un prix n’a pas de valeur“, aujourd’hui, tout ce vaut et rien ne vaut la peine de débourser quelque argent pour ce rien qui ne vaut pas plus que ce que peut valoir tout le reste car, on peut difficilement nier la chaîne de causalité suivante : société de consommation = dévalorisation de tout ce qui n’est pas "marchandisable" = tout devient marchandise = tout est interchangeable, fin de la rareté et de l’unicité (caractère unique d’un objet d’une production) = dévalorisation de la marchandise elle-même pour laquelle on n’acceptera plus de payer si on peut l’éviter : vol, piratage,échange...

    Et cette gratuité exigée - sinon souhaitée -, sera accordée à quel prix ?

    Au prix de tout ce qu’on lui fera payer en échange de cette gratuité   qui concerne des secteurs d’activités totalement dévalorisés et désincarnés : journaux gratuits pour la liquidation du métier de journaliste, télévision publique sans garantie de financement, musiques, films... tous devenus interchangeables à souhait...

    Nul doute, ceux qui regardent ces films et écoutent ces musiques ne s'y sont pas trompés ; c'est la raison pour laquelle ils ne souhaitent pas les acheter s'ils peuvent l'éviter ; même si l'on pourra tout de même déplorer le fait que seuls ces musiques et ces films semblent retenir leur attention.

    Car, les véritables enjeux sont ailleurs, et pour commencer : dans tout ce qui a été acquis de haute lutte et que le marché a investi au galop, à savoir : ce qui était hier encore accessible à tous et qui aujourd‘hui ne l‘est qu’à la condition d’être capable de payer rubis sur ongle.

     

                Aussi, toute communication autour de la gratuité avec son message subliminal “Mais... payez donc ! puisqu’on vous dit que c’est gratuit !” a de bonnes chances de faire la fortune de quelques uns avant d’en flouer un très grand nombre, à l’heure où tout espoir de ré-investissement dans de nombreux domaines culturels aujourd'hui délaissés ou privés d’exigence et d’excellence, semble à jamais perdu.

     

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  • saint Matthieu et Pasolini : ou quand le Christ pique sa crise

     

                       C’est au son de toutes les musiques du monde que Pasolini et son Evangile viendront bluffer un Vatican sur le cul qui décernera son prix de l’Office catholique du cinéma à cet Evangile placé sous le patronage de saint Matthieu.

    Pasolini mettra en scène la Parole d'un Christ dont la voix occupera tout l’espace... tout le spectre sonore !


                      Les moins avisés ainsi que ceux qui verront dans cette Parole tout ce que leur fortune et leur puissance ont à redouter, évoqueront une violence inouïe et une pathologie tant dans son énonciation que dans son débit ; une intolérance aussi... qui expliquera sans doute les mille bûchers de l‘inquisition. 

    Ceux qui ont tout à perdre face à la compassion et face à la justice évoqueront le caractère intrinsèquement inquisitorial et dictatorial ; une Parole fanatique.

                     Qu'à cela ne tienne... ne boudons pas notre plaisir... tout en sachant que la langue italienne y contribuera largement car la colère lui sied à merveille !

     

     
                    La colère est nécessaire dit Aristote. Quelle victoire obtient-on sans elle, si elle ne remplit notre âme, si elle n'échauffe pas notre coeur ?

     

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    Pour prolonger, cliquez : Cinéma de film en film de salle en salle

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  • La consolation : Serge ULESKI en littérature

     

    Soutenir un auteur, c'est le lire et en parler autour de soi

     

     

     

    Merci à celles et ceux qui me soutiennent en commandant mes ouvrages

     

     

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                                     "Comment vivre sans choisir ? Comment vivre sans inconnu devant soi, sans espoir d'inédit, d'inattendu et d'inouï ?"

     

                Ce texte se déploie autour d'une femme divorcée après 25 ans de mariage. Les cinq premières années qui ont suivi son divorce sont des années fastes : elle recouvre, sa liberté. Mais très vite, à cinquante ans passés, c'est l'impasse : celle d'une organisation de l'existence au jour le jour.

     

                                "Depuis son divorce, voilà trois ans, elle a pris la vie, l'a quittée, l'a reprise, faisant l'impasse sur des jours, des semaines entières pendant lesquelles rien ne se passait et puis, hésitante, elle y est revenue à cette vie qui est la sienne aujourd'hui."

     

                La forme de ce roman est discursive. Le narrateur alterne le "elle" (le personnage de la femme), le "nous" (le personnage intégré à la communauté humaine) et le "on" que le lecteur (femme ou homme) aura tout le loisir de s’approprier ; il personnalise pour mieux dépersonnaliser, son personnage s'effaçant au profit d'une réalité plus vaste qu'elle : la condition de toutes celles - et accessoirement, de tous ceux - qui partagent... sa condition.

     

                               "Pourquoi nos vies seraient-elles si différentes puisque nous suivons tous, à quelques exceptions près, le même chemin ? Ne sommes-nous pas tous issus de la même branche, du même arbre, fruit d'une nécessité commune dictée par une loi dont les règles ne nous laissent guère le choix quand il s'agit de quitter les racines qui nous ont vus naître ?"

     

                Ce titre compte onze chapitres ; au neuvième, le lecteur possède tous les tenants et les aboutissants du personnage. Arrivent alors les deux derniers chapitres : le personnage a 55 ans et son destin, produit d’une sélection impitoyable, sera parfaitement accompli.

    Destin non conclusif, toutefois, puisque le lecteur se verra proposer un épilogue à deux voies, l'auteur ayant décidé de ne pas trancher.

     

                  Thèmes abordés : divorce, célibat, la souffrance au travail, la maternité, deuil, pardon et mémoire. 

           

               Extrait proposé : cliquez la consolation extrait.pdf

               (après lecture, ne pas fermer le PDF : faire "page précédente")

     


                                                                        Extrait audio

     


    L'ouvrage est disponible ICI

     

     

     

     

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  • Rencontres de Pétrarque avec France Culture et le journal Le Monde : un non-événement

     Débattre ! Réinventer la politique

     

          30ème anniversaire des Rencontres de Pétrarque, organisées chaque année en juillet par France Culture et Le Monde, en public dans la cour du rectorat de l'académie de Montpellier.

     

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                    Les rencontres de Pétrarque… un non-événement !

                    En effet, on ne manquera pas de noter ceci : ceux qui participent à ces rencontres sont ceux qui interviennent partout ailleurs dans les médias tout au long de l’année, et sur France Culture en particulier.

    Par voie de conséquence, à ces rencontres entre gens comme il faut qui parlent le même langage - même vocabulaire et même syntaxe - issus de la bourgeoisie de la Capitale et des centres-villes de l’ouest parisien, qui conduisent de grosses berlines allemandes (1) aux frais du contribuable et sur le dos d'une réalité sociale qui n'est à leurs yeux à tous qu'un ouvrage de plus que personne ne lira mais qui fera avancer leur carrière universitaire et/ou médiatique... au cours de ces entretiens, c'est bel et bien le même qui rencontre le même, et tous ces gens pourraient donc tout aussi bien se retrouver à la même table à déjeuner ou à dîner sans qu’aucun d'entre eux n’en soit gêné car, à ces entretiens, c'est un consensus scandaleux qui y règne, sur le fond, et sur la forme une politesse responsable depuis 20 ans d’une société française au bord de l’asphyxie…

    Consensus et politesse entretenus en grande partie par des fonctionnaires de l’université encore en service actif - même passifs et sans courage en pantouflards carriéristes -, ou bien à la retraite.

     

                  A ces rencontres, pas de controverse, pas d’interventions contradictoires, pas de confrontation, pas de francs-tireurs !

    Sans danger, sans risque ces rencontres pour ceux qui y participent et ceux qui les organisent ! Nul doute : le Journal Le Monde et France Culture sont bien à l'image de ce qu'est devenue la France, un pays qui ne sait plus faire qu'une chose : rejeter, bâillonner, censurer la moindre tentative d'exercice de liberté d'expression politique et artistique (rappeurs, auteurs, essayistes, pamphlétaires, artistes de scène, journalistes, syndicalistes, activistes)... tout en prenant soin d’ignorer sciemment d'innombrables réalités et expressions culturelles, intellectuelles, politiques et sociales.

                     Il est vrai, quand on a l’insouciance de se pencher sur les noms de ceux qui encadrent ces professionnels de la non-pensée… entre autres Hervé Gardette (un non-événement à lui tout seul sur France Culture du lundi au jeudi) et sur le partenaire de ces rencontres… le Journal Le Monde en l'occurrence… plus rien ne nous surprend, la boucle bouclée :

                     Médias, classe politique, universitaires, tous ne se rencontrent pas simplement à Montpellier, tous les ans au mois de juillet ; tous s'y retrouvent, s'y reconnaissent, s'y saluent, s'y congratulent à ces rencontres de Pétrarque autour d'un... "... de toute façon, si c'était différent ce serait pire encore !" à peine dissimulé.

                          Et puis, qui n'informe pas, désinforme, c'est sûr !



     

    1 - On pensera en particulier à un Thierry Pech du magazine "Alternatives économiques" (s'il y a toujours autant d'économie, en revanche, il y a de moins en moins de place pour l'alternative dans les colonnes de ce magazine qui est passé du vin rouge à l'eau minérale en moins de temps qu'il faut pour le dénoncer tout en le déplorant), membre fondateur de Terra Nova, secrétaire général de "La République des idées" créé par Pierre Rosanvallon ; comme on peut le voir, cet homme représente à lui tout seul tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué depuis trente ans à la marginalisation politique des classes populaires et de la gauche, avec pour conséquence une abstention record.

     

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  • Prince Mychkine : le prophète de l'apocalypse de la condition humaine

     

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                          Dans les yeux des êtres dont il sonde l’existence au premier regard, il y verra un profond désespoir ; dans leurs éclats de rires extravagants, une souffrance infinie. Par lui, la honte vous monte aux joues ; la honte rouge du malheur qui hante chacune des vies qu’il rencontre.

    C’est lui, c'est Mychkine, personnage du roman "L'Idiot" de Fiodor Dostoïevski publié en 1868 ; Mychkine, prince de son état, enfant pour les uns ; «bêlement de mouton malade » pour les autres.

    Mychkine, c’est ce Prince qui se croyait sans héritage, dont on disait la famille ruinée, qui hérite de deux millions de roubles et qui fond en larmes.

    Intransigeant avec ceux qui mêlent Dieu à leurs calculs et qui ne respectent ni la misère ni la douleur des plus faibles et qui n’épargnent ni l’innocence ni la naïveté, Mychkine s’est mis en route avec toute la volonté du monde ; il est venu pointer de l’index la catastrophe qui les attend tous, sans rémission cette fois-ci car personne ne souhaitera racheter leurs péchés sinon par et dans le sang. Il est vrai qu'un octobre rouge, rouge sang, guette au loin et attend son heure.

     

                    « Pardonnez à ceux qui vous ont fait souffrir et vous serez délivrés du mal qu’ils vous ont fait » annonce-t-il.

    C’est la haine du pardon et de l’amour qu’il est venu combattre.

    Non coupables aux yeux de ce nouveau Christ épileptique (comme son auteur) d’un Dostoïevski en quête d’une raison de ne pas désespérer des temps présent et à venir, de lui, tous mériteront un mot de pitié même si… croyant un instant leur rendre la paix, il précipitera leur déchéance.

    Qui a dit que l’enfer était pavé de bonnes intentions ?

    Pour cette raison, nombreux sont ceux qui auraient préféré ne jamais le rencontrer. Mais lui n’a pas cédé. Il s’est obstiné, il s’est incrusté, et tous sont morts de ne pas pouvoir se délivrer d’eux-mêmes car, Mychkine, tout comme Dieu, c’est tout l’amour dont nous sommes incapables les uns envers les autres.

    En les sauvant, il les rendra malades d’un trop plein de lucidité ; et tous devront « faire » leur maladie jusqu’au bout, ne serait-ce que pour connaître leurs chances de guérison. Trop tard hélas ! En les révélant à eux-mêmes, il les condamnera à un désespoir sans limites car, bien qu’habité d’une ambition immense, fruit d'un orgueil démesuré, Mychkine est sans solution ; faut dire que ce prophète sans disciple les aura tous placés entre le meilleur et le pire,  les guidant vers une impasse, un cul de sac, ignorant qu’ils ne pourraient jamais choisir car l’être humain doit apprendre à vivre avec ce meilleur et  avec ce pire, incurable qu’il est.

    Dostoïevski ne le savait pas encore comme nous le savons aujourd’hui.

     

                   Qu’est-ce qu’aimer ? Qu’est-ce que donner ? L’amour vient-il en aimant ? Et puis : comment aimer l’autre si nous ne cédons sur rien ?

    Questionnement contemporain à l’heure où hommes et femmes se regardent en chiens de faïence et dorment en chiens de fusil.

                   Chercher un souffle, les uns dans la vie, les autres dans la mort ! Ce prince Mychkine qui ne faisait pas grand cas de son titre, était leur frère, il était le fils de leurs pères et de leurs mères à toutes et à tous.

    Chez Dostoïevski, l’idiot c’est l’adulte-enfant qui raisonne mal mais qui sent juste ; c’est aussi le seul être au monde qui ne sache pas mentir.

    Un couteau dissimulé dans une bible qui a pour propriétaire le dernier des hommes ; bible qu’il vendra pour boire, boire encore et encore, ayant déjà tout vendu, tout perdu et tout bu - l’acheteur lui en donnera 100 roubles ; une fortune pour ce soiffard ! -, chez Dostoïevski, l’idiot c’est celui qui ne sait pas et ne peut pas tricher ; c’est aussi celui qui vit plus malheureux du malheur des autres que les autres de leur propre malheur ; plus malheureux donc que le plus malheureux des êtres humains alors que cet être ne lui avait rien demandé, et que dans son malheur, il pouvait y trouver son salut.

    Parce que… chacun de ses éclats de rire termine sa course en larmes dans une grimace hideuse, sans doute le Prince Mychkine, ce Tirésias perdu dans un siècle trop petit pour lui face à des êtres au ras de l'existence qui n'aura rencontré ni son Oedipe ni son Créon,  sans doute Mychkine a-t-il vu dans le malheur de ses contemporains son propre malheur ? Celui de son inadaptation au monde ; un monde sans âge d’or passé, présent et à venir ; un monde sans espoir pour quiconque se trouve dans l’impossibilité de vivre sans une de ses lueurs ; celle d’un Dieu maître des étoiles… filantes pour l’occasion car, si Dostoïevski était bien un homme de son temps, s'il savait que Dieu est mort tout en reconnaissant la menace que cette disparition fait peser sur notre humanité, néanmoins, il n'avait toujours pas compris que l'on n'avait jamais pu compter sur lui non plus. Tous l'auront noté : plus ça barde, plus ce Dieu introuvable regarde ailleurs.

     

                     Nastassia sera son unique tentation ; une Marie Madeleine russe auprès d’un Christ orthodoxe : « Je lui donnerai ma vie pour lui rendre la paix de l’âme » confessera-t-il.

    « Sauvez-moi ! Je veux être sauvée ! Epousez-moi ! Je veux un mariage en blanc ! » suppliera-t-elle à genoux.

    Et sous le soleil de Satan, c’est ce même couteau cachée dans cette bible d’ivrogne, bible que plus personne ne lit et alors que l'auteur semble le regretter, c'est ce couteau qui scellera plus tard le destin de cette Nastassia ; celle d’une vie très tôt abusée, gâchée et irrécouvrable.

    Nastassia puis Aglaé… Aglaé et Nastassia… en les épousant, c’est toutes les femmes qu’il épouse ; la femme humiliée au sortir de l'adolescence et la femme adulte mais contrainte ; en mari éternel, il les épousera toutes fraternellement sans en épouser aucune faute de pouvoir choisir car, choisir c’est exclure, exclure c’est trahir…et tout chez cet être l’interdit. L’amour marital aurait pourtant fait de lui un homme entier, une fois descendu de sa croix, refusant alors une charge aussi inhumaine qu'irraisonnée - on retrouve là l'enfant : sauver l’humanité qui ne sait pas qu’il est impératif qu’elle le soit, tout en ignorant qu’il est encore possible pour elle de sortir du néant.

     

                     L'idiot, Prince Michkine, Dostoïevski... littérature et cri d'alarme, mais alors, pourquoi aime-t-on croire autant aux histoires invraisemblables ? Mais parce que ces histoires et les personnages qui les hantent, nous apportent l’illusion qu’un autre monde est possible ; par conséquent, qu'une autre vie aussi pour chacun d’entre nous ! Et c’est alors que la magie opère :  l’espoir renaît le temps qu’il nous est donné de les entendre ou de les lire toutes ces histoires invraisemblables et si nécessaires !

    Insatiables, nous sommes !

    Tenez, la politique, le temps d’une élection, relève de ces histoires-là un peu aussi, tout comme la révolution bolchévique à venir, après la nôtre de 89, dans le contexte d'un roman écrit un demi-siècle avant la grande illusion des possédés d'octobre 17.

    Là encore, on a fini par apprendre que ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre ; mais... comment alors ?

                  Une dernière prière de Dostoïevski sur l’autel de la condition humaine, face aux icônes d’une religion déjà impuissante, avec un « pourquoi » qui a pour écho un  « Mon Dieu, faites que… » :

                  « Pourquoi les êtres sont si pauvres ? Pourquoi ne chantent-ils pas de joie ? Pourquoi ne s’embrassent-ils pas ? Pourquoi leurs visages à tous sont si sombres ? »...

    Et c’est le Christ de Dostoïevski, un Christ d'une humanité sans Dieu, qui retourne à son désespoir, péché d'orgueil - encore l'orgueil ! -, péché pourtant mortel ; un désespoir, le sien propre, à la fois immense et minuscule face au monde, avec lequel il lui faudra continuer de désespérer et de vivre tel un fantôme maintenant silencieux, sans bruit de chaînes, un fantôme le plus seul au monde car, la boucle bouclée, pour le prince Mychkine, ce sera l’éternel retour du même avec le même, comme une maladie chronique que seule la mort est capable de guérir.

                    Le malheur de ce prince, c'est de n'avoir pas été plus capable de se sauver que de sauver les autres tout en n'ayant pas compris ce que, vingt ans plus tôt, Bartleby a hurlé à la face du monde, tout en se taisant : "Plus on parle, plus on ment, plus on se salit et les autres avec nous !"

                   Herman Melville avait quelques longueurs d'avance sur Dostoïevski. Faut croire.

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  • Jean-Marc le Bihan : chanteur et slameur de rue

     

     

                   Né en 1953, Jean-Marc Le Bihan est chanteur de rue à Lyon, Avignon, Bourges, et en Belgique. Il vit de son métier depuis 20 ans.

     

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               Chanteur-slameur, Jean-Marc le Bihan chante les vieux qui s'aiment, la terre massacrée et les conditions d'existence injustes et cruelles d'une grande partie de l'humanité. 

     

     

     

     

    Jean-Marc Le Bihan, le 24 août 2013 à Aurillac sur le thème de la violence sociale.

     

     

     

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  • L'Art africain : plus d'un siècle de redécouverte...

     

     

              Qui dressera le chapiteau d’un monde qui nous abritera tous ?

     

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                   Et si l’art africain était là aujourd’hui pour nous consoler de l’art contemporain fossoyeur de l’art moderne tout au long du 20e siècle ?

    Pour s'en convaincre il suffit d'évoquer l'art brut (une bonne partie de la production), le pop art, l’art conceptuel et autres complaisances dans lesquels on trouvera le refus de l'effort et d'un travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus... ainsi que le rejet de l'abnégation et du sacrifice avec ses conséquences matérielles et sociales car l’art ne nourrit toujours pas son homme !

    Aujourd’hui, cet art africain, tel qu'il nous a été révélé à partir des années 20, semble représenter un véritable refuge pour tous les déçus de l’art contemporain.

     

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                     Si Gobineau au 19e siècle attribue la paternité de l’Art à l’Afrique, et plus encore à l'heure où l'origine africaine de l'homme moderne est maintenant scientifiquement établie… l'Art africain n'est-il pas une redécouverte de nous-mêmes ?

                    Mais alors, que pense cet art ? Et qui le pense ? Que regardent-ils tous ces visages sculptés dans le bois ? Ces bustes ? Ces masques, que cachent-ils ? Quel regard adresse-t-il et à qui ? Et puis enfin : qui es-tu toi qui les as sculptés ? Quel est ton nom ? Ton visage ? Quelle a été ton existence ?

                     Comment se faire une idée au plus près de leur intimité de toutes ces figures ? Une origine géographique déterminée, la désignation d’une ethnie en particulier, d’un roi, d’un royaume, suffisent-elles à nous apporter une compréhension de ce qui nous est donné à regarder cause d’un attachement qui se voudrait confraternel et quasi-universel ?

     

                  Les surréalistes ne s'y sont pas trompés ; ils furent très tôt les meilleurs clients des marchands d'art africain ( Charles Ratton entre autres marchands) car, bien que l’art africain ait laissé en particulier André Breton indifférent, ce dernier a su toutefois résumer tout l’intérêt du mouvement surréaliste pour cet art : «... ces objets-dieux dont nous jalousons très particulièrement le pouvoir évocateur que nous tenons pour dépositaires, en art, de la grâce même que nous voudrions reconquérir. »

    Pour ce groupe, l’art africain c’est déjà la surprise et l’émotion, le choc esthétique et la rupture qui font cruellement défaut à l’art contemporain aujourd’hui : 

                "Les peintres et les sculpteurs aussi voyaient dans cet art africain la confirmation de leurs théories cubistes, engagés qu’ils étaient dans des expérimentations révolutionnaires. Les artistes de l’avant-garde sont néanmoins loin d’être les premiers à estimer l’esthétique des objets rapportés des colonies. Avant eux, ethnologues et amateurs ont contribué à faire évoluer les mentalités et à sortir de l’approche racialiste et hiérarchisée du 19è siècle."

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    Discipline ethnologique, musées ethnographiques, face publique d’une politique nationale impérialiste… c’est la colonisation qui aura donc révélé au monde l’art nègre avant de l’assassiner.

    Déjà en 1937, Charles Ratton un des plus grands experts et marchands d’art africain et océanien des années 30 écrivait : « La sculpture nègre est morte maintenant, avec les dieux. C’est pour les touristes que sous peu d’années s’exécuteront les tam-tams et les danses. »

    De cet art africain, Jean Rouch ressuscitera quand même quelques uns des dieux qui veillent encore sur le fleuve le Niger et ses pêcheurs et leurs familles.

    Il est vrai que dans les années 30,  les cultures dont sculptures et masques sont originaires étaient à l’agonie ou mortes. Resnais et Marker dans «  Les statues meurent aussi » dresseront une anthologie de ces œuvres tout en condamnant le sort des populations en Afrique-occidentale française.

    Ratton, Rouch, Marker... une autre figure a occupé une place importante dans la révélation de cet Art : Madeleine Rousseau de l’association APAM (musée et culture pour tous !) née du Front populaire en 1936 et rédactrice en chef de la revue Musée Vivant débute sa collection des arts africains et océaniens à la fin des années 30. Elle inscrira le monde noir au tableau de l’association.

                       

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                   Rois et royaume de Danhomè, divinités guerrières, Bénin, Nigéria, République démocratique du Congo, Cameroun… cuivre, bronze, ivoire, bois, feuilles d’argent, perles et cauris, raphia…

                  "L’art africain, très en vogue à New-York dès 1917, joua un rôle important de promotion d’une fierté identitaire afro-américaine. Certains membres du mouvement culturel noir américain devinrent eux-mêmes actifs sur ce marché de l’art."

    Fétiches, objets magiques, totems, poteaux, masques, sculpteurs inégalés sur bois et sur ivoire, dès les années 30, et des années durant, la demande en biens culturels africains qualifiés de « objets sauvages » (la sauvagerie, une vertu infiniment désirable chez les surréalistes, signe d’un sous-développement chez d’autres) dans les annonces publicitaires des marchants, sera nettement supérieure à l’offre.

    D’où le pillage d’une grande partie du continent par des prédateurs sans considérations éthiques. L’interdiction de l’exportation illicite des biens culturels africains sera rendue effective par l’UNESCO en 1972 seulement ; et les principaux pays importateurs – la France en particulier -, ne ratifieront que dans les années 90 cette convention à l’exception des USA.

     

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                   Culture et histoire – mystères de l’art africain -, contre perfection formelle ? Ethnographie ou bien, histoire de l’art  et des beaux-arts qui plus est ? Connaître et comprendre ou bien, plus simplement, ne considérer qu’une seule dimension esthétique ?

    Alioune Diop fondateur de la revenue « Présence africaine » écrit en 1951 à propos de l’acquisition de cet art africain par des collectionneurs, marchands et experts : « Ces œuvres ne vous sont pas destinées. La subjectivité du Noir anime leur présence d’une valeur qui découle de son génie, de son histoire, de son isolement. Le public d’Europe leur confère une autre signification assez théorique et liée à ses propres besoins spéculatifs et idéologiques ».

    Confronté à des commentaires à propos de l’art africain tels que «  cette imagination échevelée, satanique, cruelle, animale (sic !) faite d’exaltation, de fièvre de délire religieux et de sensualité hyperbolique » Diop souligne l’ignorance du public et souvent aussi, des collectionneurs et marchands, des structures sociales et des croyances religieuses qui leur donnaient fonctions et sens à cet art :

                      "Très tôt, une double identité est projetée sur les œuvres africaines : provocatrices de modernité, elles sont aussi simultanément perçues comme des antiquités ; voie d’évolution et non de régression pour les artistes et galeristes (Brummer, de Zayas dans les années 30), ces œuvres continueront néanmoins de subir les préjugés liés à l’Afrique et aux Africains.

    Des visiteurs et des visiteuses pouvaient s’offusquer à propos de statuettes jugées obscènes (sexes en érection, poses jugées indécentes), elles étaient très vite retirées des expositions.

    Aussi, nombreux sont les marchands et les collectionneurs à manipuler, couper, retirer des éléments des sculptures pour les rendre conformes à l’esthétique et aux critères du goût occidental : plus de barbe de raphia, plus de pagnes, plus de camisoles, d’ombrelles ou de gris-gris. Les éléments de l’art africain sont alors rendus propres et brillants comme des meubles...

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    Car l’attrait pour la nouveauté des formes pouvait être combiné à l’attrait pour un certain mystère. Si le regardeur occidental n’en saisissait pas le sens originel, il pouvait néanmoins y projeter l’image d’une Afrique fantasmée, d’un monde inconnu, souvent ingénu, accès possible à une simplicité et une naïveté perdues que les premiers collectionneurs pensaient percevoir dans ces objets. Les œuvres africaines devenaient les réceptacles d’une large part « de subjectivité, d’emphase mal interprétée et de spéculations romantiques. Cette forme d’appréciation se situait entre la condescendance et la nostalgie d’un passé plus proche de la nature. Ces deux sentiments – mélange de certitude d’une supériorité morale et de paternalisme pour le premier, et association du mode de vie des peuples non occidentaux avant l’enfance de l’humanité pour le second -, puisent leur source dans l’idéologie impérialiste, dont l’intérêt était bien entendu de mettre en avant et d’exacerber les différences et la dichotomie entre le sauvage et le civilisé."

     

     

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    Tous les écrits en italiques se rapportent à l'ouvrage édité à l'occasion de l'exposition "Charles Ratton - l'invention des arts primitifs" du quai Branly en 2003. L'ouvrage est disponible à la librairie : "Mona lisait" rue du fbg saint Antoine - Paris

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  • Pour vos vacances, une idée à un prix imbattable !

     

     

    N'attendez plus !

    RESTEZ CHEZ VOUS !

     

     

            On nous invite à changer d'air, de pays ; on nous parle d'évasion. Sommes-nous des forçats pour chercher à fuir ?

      

            Dans les premières années qui ont suivi son divorce, une boulimie de voyages s'est emparée d'elle ; voyages en couple ou bien, avec les copines, en célibataires enjouées et hilares ; destinations bon marché pour une semaine, voire deux, à l'hôtel... parfois le Club quand ses moyens le lui permettaient, mais toujours dans des lieux sans risques, des lieux privés de rencontres et d'enseignements inattendus.

    Touriste à bagage unique et léger donc, aux allers-retours multiples ! Jusqu'au jour où une lassitude énorme est venue mettre fin à ses envies de voyage : elle ne supportait plus les aéroports, les retards, l'attente dans les salles de transit, les sourires imbéciles à la réception des hôtels, les taxis et les chameliers racketteurs : harassement de la mendicité sous le couvert d'un commerce hasardeux et si peu convaincant dans sa pratique.

     

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              Le soleil et l'argent, encore le soleil et toujours l'argent ! Pas d'argent pas de sourire, et pour un peu, pas de soleil. Dans les rues, on ne voit rien - comprenez : on ne peut rien évaluer -, puisque rien ne nous est expliqué ; et si d'aventure des autochtones lettrés et avisés devaient proposer leur service... nul doute ! le mensonge serait au rendez-vous : ils nous diraient ce qu'ils pensent devoir nous faire entendre, qui n'est, dans leur esprit, que ce que l'on souhaite s'entendre dire.

    Et l'eau que l'on peut tantôt boire, tantôt ne pas boire, et sous aucun prétexte ; de même pour la nourriture !

    Et encore le soleil et la chaleur qui n'en finissent pas de vous aveugler, de vous ramollir physiquement et mentalement ; une fatigue épouvantable en fin de journée quand on regagne son hôtel non loin d'un bidonville qu'on tentera de nous cacher, jusqu'au jour où l'on trouvera bien des volontaires zélés pour y parcourir, entre deux monticules de détritus, les sentiers nauséeux et purulents d'une misère ensoleillée : la curiosité n'a pas de prix puisqu'elle passe après l'ignorance de ceux qui ne soupçonnent pas un instant qu'ils puissent l'être, ignorants et obscènes.

     

              Si on renonce à tout, et pour occuper nos journées, on disposera d'une piscine et d'un transat, ou bien un hamac, derrière une clôture, du matin au soir, avec le petit personnel, prisonnier tout comme nous et dont l'occupation principale consistera à changer nos draps, à vider nos poubelles, à lustrer nos lavabos, baignoires et toilettes, et ce pour notre plus grand confort et notre plus grand bonheur, jusqu'au moment où l'on ne supporte plus leur présence, témoignage embarrassant d'une relation impossible de nous à eux sinon dans le mensonge, l'assujettissement, et encore le mensonge de tous ces visages qui mentent, même réjouis, même hilares ou bien, indifférents.

    Quant au nôtre de visage face aux leurs, c'est déjà un départ dans quelques jours, et c'est aussi un rien qu'on aura laissé derrière nous et qu'on aura pris d'eux, sans oublier l’inévitable sentiment d'être allés jouer les riches chez les pauvres.

    Un tel déséquilibre rend tout rapport impossible en l’état ; même la sincérité, la bonté vraies nous sont tout aussi insupportables car, quoiqu'il arrive, on ne sera jamais à la hauteur : on ne pourra jamais rendre la pareille. Et tous les parfums, les senteurs et les couleurs n'y changeront rien : quelque chose a été saisi et ce saisissement nous empêche d'en saisir davantage.

    Culpabilité accablante : on s’est fourvoyés dans un lieu qui n‘en est pas un.

     

    ***

     

           Au retour, le sentiment de n'avoir rencontré personne sinon des êtres interchangeables à souhait, tels des voisins de palier, des collègues de bureau : là d'où l'on vient.

    Être parti si loin pour retrouver les mêmes, bavards et suffisants ! Décidément, on mérite beaucoup mieux et ce mieux indisponible, on ira le chercher chez soi, là où l'on nous épargnera le pire : la bêtise et la honte.

    C'est déjà pas si mal.

     

     

    Extrait du titre : "La consolation" - chapitre 5 - copyright Serge ULESKI

     

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    Les vacances de Monsieur Hulot - Jacques Tati

    Un contre modèle ?

     


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