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actualité - Page 4

  • Médiapart face à ses abonnés, ex-abonnés et autres commentateurs

                 

                                     Mediapart face à quelques abonnés, ex-abonnés et autres commentateurs  en février 2017 

     

                Une mise au point : si la censure dans le club de médiapart est très peu exercée, en revanche, hypocrite - et c'est là une des "qualités" de la direction de médiapart, la duplicité et le mensonge par omission - Christian Bonnet omettra de mentionner (et les invités aussi sans doute intimidés) la désindexation de Google de tous les billets de blogs qui dérangent la ligne éditoriale du journal ; ce qui est jugé indésirable ne doit pas sortir de Médiapart car aucune libre parole ne doit effrayer des abonnés potentiels et faire courir le risque d'un désabonnement incontrôlable. Faut dire que Médiapart a la réputation de ne prendre aucun risque avec le désabonnement et ses chances de conquête de nouveaux abonnés.

    Censure  sournoise !

    Durs durs l'apprentissage et la pratique de la liberté d'expression ! Même chez Médiapart.

    Et si Médiapart maintient la possibilité de déposer des commentaires (modéré à postériori) sur ses articles, contrairement à d'autres publications en ligne qui les ont supprimés, c'est tout simplement pour éviter un désabonnement massif de ceux qui en seraient privés : près de 10% des abonnés soit 10 000 à 9euros par mois, soit la somme de 90 000 x 12 = 918 000 euros par exercice.  

         

     ________________________

     

    Médiapart  un abonné témoigne

     

      ... abonné de la première heure : 2008 ; contraint au silence en juin 2013

     

    Billet publié en 2013 sur Médiapart sous le titre "Médiapart à 5 ans", deux mois avant l'éviction de votre serviteur.

     

    ***

     

                 Hormis le fait de nous dévoiler de temps à autre les noms de ceux qui ont piqué dans la caisse et de ceux qui ont frauduleusement mis un peu de blé de côté ou qui en ont distribué tout aussi illégalement, après cinq ans d’abonnement, force est de constater qu’il ne se passe pas grand-chose sur Médiapart :

    Rien sur la géo-politique.

    Rien sur le « Printemps arabe » et la superficialité des dites « révolutions »… excepté un soutien béat qui n’explique et n’entrevoit rien.

    Rien sur "Le pouvoir" et "Les Pouvoirs" et leurs nouvelles structures et centres de décision : qui décident quoi, qui dirigent qui ? - profils, antécédents, formation...

    Aucune mise en perspective régionale sur la Syrie ou sur tout autre conflit (1)...

    On savait que l’analyse de l’actualité internationale est le talon d’Achille du journalisme français mais tout de même !

    Refus du débat contradictoire ou plus simplement... pluraliste...

    Dans les faits, Médiapart semble n’avoir qu’un intérêt, louable au demeurant : les frasques de la caste politique, médiatique et affairiste ; et un engagement : contribuer à la moralisation (?) de la vie politique et économique.

    Rien moins !

    Mais rien de plus manifestement.

     

               Là encore, c’est imparable, sur Médiapart comme ailleurs : plus le maître des lieux aboie au nom des grands principes, plus le maître se dit déterminé face à ce qu’il considère être une exigence, plus il aboie fort donc, et  plus dans les faits, il recule. Et d’ailleurs, n’ayez aucune illusion : s’il aboie aussi fort c’est aussi et surtout parce qu'il sait qu'il est sur le point de battre en retraite sur nombre de sujets pourtant d’une importance pourtant capitale : est-ce le prix à payer en contrepartie d’une affaire Bettencourt ici, d’une affaire Cahuzac là, en attendant la prochaine ?

    Aussi, la preuve semble établie : l'anti-sarkozysme ne vous aide pas à penser grand-chose d'autre que l'anti-sarkozysme, en boucle, matin, midi et soir jusqu'à finalement ne plus oser penser rien du tout.


                 
    Certes, « Le droit de savoir » de Médiapart n’implique pas le droit de TOUT savoir sur TOUT. Quant au terme malheureux de  "moralisation"... parlons plutôt d’éthique tout en gardant à l'esprit qu'une campagne en faveur d’un assainissement de la vie politique  - qui fait de la politique, pour qui et à quelle fin ? - qui ne tienne aucunement compte de  cette nouvelle donne qu'est la Mondialisation, se résume dans le meilleur des cas, à une posture, et dans le pire... à une sorte d'imposture malencontreuse un peu dans le genre de celui qui regarde le doigt qui lui montre la lune.

    Des miettes d’investigation donc, et Médipart semble s'en contenter car cela suffit à son bonheur et à celui de ses abonnés qui croient vraiment que quelque chose d'important est arrivé avec la démission et les aveux de Cahuzac.

    La financiarisation de la politique est inséparable de la financiarisation de l'économie et la libération des capitaux qui ne souffrent à l'heure de l'informatique ni frontière ni délai. Et jamais une presse d’investigation, minoritaire de surcroît, n'y suffira.  Seul un mouvement populaire - on pourra parler aussi d’engouement -, soutenu si possible par quelques médias... seuls une dynamique et un engagement capables d’établir un rapport de force qui permette une réelle pénétration d'investigation jusqu’à forcer un Etat (et non un gouvernement) à se doter des moyens nécessaires à la poursuite impitoyable des outils, des acteurs et des filières de la corruption, feront que l’on pourra alors véritablement envisager des résultats probants même localement car si la corruption est mondiale, ses bénéficiaires sont aussi locaux et facilement identifiables pour peu qu’on y mettre des moyens tout en gardant à l'esprit qu'un pays de l'importance de la France déterminé à lutter contre la corruption  - ce qui implique une remise en cause de la mondialisation et de la CE -, courra inévitablement le risque de se voir ostracisé tant sur un plan économique que diplomatique : c'est donc un vrai projet politique de société que cette lutte.

     

              Du côté du Club de Médiapart...  - sorte de forum des abonnés en accès libre,  tout un chacun pouvant donc s’y rendre -, on retrouve la même politique : on privilégie les abonnés les "moins-pensant" qui se contentent le plus souvent de valider, tels des ventriloques, les articles qui sont mis en ligne. Peu nombreux mais récurrents, ils sont une quinzaine. Adeptes d'une bien-pensance qui s'ignore, petite meute de groupies proche de la rédaction, très solidaires, ils n’hésitent pas à trainer dans la boue les abonnés dissidents ou dissonants ; et quand ce sont des salariés de la rédaction qui se joignent à eux, la suppression des commentaires est monnaie courante ainsi que les insultes.

    Le Club de Médiapart  reste néanmoins, et c'est sans doute là son intérêt majeur, un laboratoire fascinant côté soumission et flagornerie  - tout l'abaissement dont un être humain est capable -, d’une petite classe moyenne née au début des années 50, largement majoritaire sur Médiapart - adulte en Mai 68 donc ! -, aujourd’hui totalement dépassée et larguée qui s’accroche mordicus à des schémas qui ne concernent déjà plus, depuis 20 ans maintenant, une réalité d’une complexité inédite derrière laquelle se cachent un ordre et une logique d’une perversité sans précédent (2).

     

                A sa création, il est vrai que Médiapart a su réunir des compétences de journalisme d'investigation, les hommes et le temps qui permettent un travail de longue haleine jusqu'à forcer la justice à y mettre son nez… même si cette dernière n’en a finalement aucune envie : pour un juge, il n’y a que des coups à prendre et aucune perspective d’avancement dans la perspective d'incessants retours de flammes et de bâtons à chaque changement de majorité.

    Quelques compétences en économie avec Laurent Mauduit même si ce dernier consacre le plus clair de son temps à critiquer les économistes et leurs soutiens médiatiques - à juste titre ! -, sans toutefois proposer de nouvelles orientations...

    Pour le reste, pas grand-chose ou si peu.

    Après réflexion, et le plus sérieusement du monde, il semble que Médiapart souffre d'une absence de culture politique de la part de ses fondateurs et de son équipe. Certes, Plenel est un ancien trotskiste... mais... une fois que l'on a grandi, une fois adulte, une fois que l'on est sorti de ce qui n'aura été finalement qu'un endoctrinement parmi beaucoup d'autres, endoctrinement qui aura fait de vous un être borné entre l'âge de 17 et 25 ans....que vous reste-t-il ? Quelle culture pour démêler toutes les stratégies de domination et de diversion ?

    Il n'y a finalement qu'une culture politique : celle acquise au contact de l'Histoire ; ce qui a été et qui continue d'être car, comme avec le mensonge, on n'en a jamais fini avec l'Histoire, et toutes les histoires...

    Sans doute dans le souci d'échapper à une mise en accusation redoutable, quasi mortelle professionnellement, commercialement et socialement... une fois discrédité - à savoir : accusation de conspirationnisme contre tous ceux qui auraient la malveillance de voir un tout petit peu plus loin que le bout de leur nez et leur fiche de paie -, Médiapart donne l’impression d’une rédaction pétrifiée, d'une rédaction qui redoute le faux pas, celui que des médias sous influence appuyés par une caste politique et économique et quelques leaders communautaires et d'opinions ne lui pardonneront pas.


    Et pourtant... souvenez-vous : il y a 40 ans, les "conspirationnistes" d'aujourd'hui portaient tout simplement le nom de "journaliste d'investigation".

    Mais alors... comment en 20 ans est-on passé d'un journalisme spécialisé et d'investigation (les spécialistes du Moyen-Orient, de la Russie... etc.) à la parole d'experts à la solde (conseillers) de grandes entreprises et des chancelleries, jusqu’à l’arrivée d’Internet qui permet aujourd’hui une prise en charge alternative de cette information qui n’est plus ; prise en charge qualifiée encore une fois de parano-conspirationniste par des partis intéressés et des journalistes (pour ce qu'il en reste !) aujourd’hui aux ordres de rédactions terrorisées : chantages professionnel et financier.

    Sur l’actualité internationale… même RFI fait cent fois mieux ! Médiapart se réfugie le plus souvent dans l’émotion ou le soutien digne d'activistes mais loin de toute idée de journalisme : images de désolation, sang et haine... parce que… jamais personne ne vous les reprochera et puis, avec ces images-là, on ne risque pas de se tromper : elles n’expliquent rien du passé et rien de l’avenir. Quant aux véritables enjeux….

    Sur la politique intérieure ou européenne aucune couverture de ceux qui pensent autrement, plus loin… ailleurs…

    Alors fatalement on finit par tendre un micro à Bayrou.

    Dure dure la dissidence !

     

                  Si des considérations mercantiles dictent souvent les choix éditoriaux de Médiapart (dans la partie Club aussi, et surtout ! Là où tout peut arriver, et là où un contrôle draconien doit être exercé) en revanche, on notera l'absence d'idéologie et de parti-pris… dans un  monde pourtant hautement idéologisé... d’où les limites de son journalisme d’investigation qui a pour moteur la « moralisation » de la vie politique et économique hexagonale, et seulement hexagonale - à chaque jour suffit sa peine sans doute ! Démarche qui court le risque de se terminer, inévitablement, et à la longue, faute de perspectives, de hauteur et de largeur de vue et de profondeur de champ, en moraline à bon compte qui n’explique et n’entrevoit rien du monde de demain, telle un ultime point aveugle.

    Médiapart a fait à peine la moitié du chemin qui aurait dû être le sien : celui d'une presse alternative d'information. Médiapart ne s'y est jamais mis tout simplement parce que ses fondateurs n'en ont pas la culture ; quoi qu'ils puissent penser et dire, on ne sort pas indemnes d'une vie consacré à un journalisme de grands-médias même au journal Le Monde que personne ne lisait déjà plus, du moins ceux qui, plus tard, seront appelés à s'intéresser vivement à une information autre, voire… tout autre.

    Il est vrai qu'Internet a tout remis en cause même s'il a permis la création de "Médiapart" puisqu'avec Internet on peut lancer un journal avec une mise de fonds minimale, en condamnant à terme la fausse dissidence payante (genre... "Arrêt sur Images") à l'heure où la vraie dissidence est gratuite partout ailleurs... une dissidence conduite par des experts et des universitaires en rupture de ban, des documentaristes auto-produits, des acteurs  issus de la société civile, des artistes, des  intellectuels bannis des médias de masse.......

    Dure dure la concurrence !

     

                   Médiapart n'a pas joué la carte de la rupture avec tous les anciens modèles du journalisme. Etant donné l'âge de ses fondateurs, Médiapart ressemble plus à un projet de fin de carrière qu'à une vraie dynamique avec un futur assuré parce que... en avance sur son temps. Et c'est sans doute trop tard aujourd'hui. En dehors de Plenel qui porte Médiapart à bout de bras, de sa rédaction, aucune individualité n'a émergé en 5 ans.

    A l’heure où Médiapart s'affiche comme "journal indépendant", on sera vraiment tentés d’espérer en un journalisme qui, à partir d’une actualité donnée, un fait de société, une préoccupation d’ordre politique ou économique, une question qui toucherait à l’éthique, se proposera de nous présenter toutes les analyses disponibles émanant d'acteurs avisés et informés, y  compris celle du journal en question pour peu que sa rédaction l'ait jugé approprié.

    Pour le dire autrement… on appellera de nos vœux une presse qui nous présentera tout ce qui se pense sur un sujet en particulier et pas simplement ce que la rédaction du journal souhaite donner à penser à ses lecteurs.

    Car à bien y réfléchir, les journaux indépendants financièrement (après tout, le groupe médias Lagardère est lui aussi financièrement indépendant !), sont libres de tout sauf de l’opinion de ceux qui les dirigent, lesquels sont à l’origine de tous les choix éditoriaux qui sont faits. Or, des choix éditoriaux n’ont jamais fait avancer l’information quelle qu’elle soit sur quelque sujet que ce soit car, si un journal peut être libre, il ne l’est sûrement pas de sa propre propagande – choix par avance biaisé donc parce qu’en faveur d'une information aux couleurs du drapeau de la rédaction du journal.

    L’avenir n’est pas à « une information libre » qui n’est qu’un slogan (3)… non, l’avenir est bien à toute l’information disponible sur un sujet donné ; une information qui, à un instant T, reprendrait toutes les analyses produites. Et cet avenir-là, qu’on le veuille ou non, souhaitable ou pas, c'est Internet et son temps réel qui l’a déjà sculptée et rendue quasiment inévitable.

     

                 L'audience d'Internet en tant qu'outil de diffusion d'une contre-information opposée aux médias dominants, d'après les recoupements qui ont pu être faits... c'est un "marché " d'un million de francophones, et seulement un million. Ce qui sous-entend que tous les autres lecteurs, auditeurs et téléspectateurs sont bon an mal an plutôt satisfaits. Et ce n'est pas une surprise car sur ces médias majoritaires on retrouve un peu près les mêmes attentes et donc les mêmes réticences et aversions quant à l'exposition d'un point de vue dissident ou dissonant. Et si les auditeurs ou les téléspectateurs n'attendent pas particulièrement de tous ces médias une autre approche, un autre contenu... c'est sans doute aussi  parce qu'au fond, ils pensent que l'information c'est le métier des journalistes et pas le leur ; ce qui explique l'absence de mobilisation critique ; et là, on retrouve les documentaires d'une Caroline Fourest : une documentariste pour une audience somnolente.

    Aurait-on alors les médias que l'on mérite ou bien, des médias que notre niveau de conscience et de disponiblité vigilantes peut encore se permettre tout en sachant qu'en face de nous, rien ne nous sera épargné ni accordé tellement le mépris et les intérêts de classe dictent nombre de comportements ?

    Médiapart n’échappe pas à la règle : on rencontre le même refus d'un regard et d'une mobilisation critiques de la part de ses abonnés ; ceux qui s'y risquent s'attirent très vite les foudres d'un lectorat totalement inféodé à la rédaction de Médiapart car il semblerait que... très vite, tout abonné qui pense avoir trouvé son journal fasse rapidement le choix de se réfugier dans une acceptation quasi totale de ce qui lui est à la fois donné à lire et de ce qui ne lui est jamais donné à découvrir et à comprendre, sans doute dans le souci d'une tranquillité d'esprit et d'un meilleur confort mental car, il est vrai que rien n'est plus anxiogène que la dissidence quand on n'y est pas préparé soit en tant qu'acteur ou soit en tant que témoin-lecteur-téléspectateur (4).

                  La France est passée en cinq ans, dans le classement de Reporters sans frontières, du 11e rang au 44e rang de la liberté d'informer. Finira-t-on alors derrière la Chine ?

    Sans doute Médiapart contribue-t-il à faire en sorte que jamais cela n'arrive ! Et si on peut être idéaliste ou utopiste avec soi-même, quand il s'agit des autres, mieux vaut leur accorder le bénéfice du doute et se dire qu'ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'il leur est donné de craindre et d'espérer en toute lucidité à la fois professionnelle et commerciale ; et même s'il est difficile de nier le fait que Médiapart défend une certaine idée du journalisme, Médiapart reste très en deçà de tout ce qu'on pouvait légitimement attendre d'un média dit indépendant même si en restant abonné, on peut encore défendre un principe : celui d'une presse qui n'aurait de service à rendre à personne.

              La contre-information intéresse peu de gens. On peut le déplorer pour une seule raison : moins ils sont nombreux à souhaiter défendre cette contre-information plus la liberté d'informer et de penser est en danger.

    A ce sujet, Internet est plutôt un miroir aux alouettes : déformant la réalité, comme une loupe ou un verre grossissant, il laisse penser qu'il existe dans le domaine de la contre-information une communauté importante... alors qu'il n'en est rien.

    Certes, les journalistes des grands médias sont discrédités (toutes les études le montrent), n'empêche... tout comme cette classe politique impuissante et sans pouvoir, sinon dans les marges... marges très étroites, les élections mobilisent quand même une majorité du corps électoral, et les médias dominants - surtout radios et télés -, une audience de loin majoritaire qui s'évalue entre 15 et 20 millions en cumul.

    Le constat suivant s'impose, un rien terrifié : sans l'arrivée d'Internet (5), il n'y aurait aujourd'hui plus aucun moyen de diffusion d'une liberté de penser qui ne doive rien à des médias sous influence qui, pour leur déshonneur, ont réduit cette liberté à une peau de chagrin mortifère.

    Car Internet, aujourd'hui, c'est bien toute la mémoire du monde ! Et moins on oublie, plus on se souvient... et plus on se souvient, plus difficile est le mensonge.

     

    ___________________

     

    1 - Qu'il soit ici permis de préciser ce qui suit : on peut intégrer les événements de Syrie dans un contexte historique et géographique bien plus large que les frontières de ce pays - de la chute du mur de Berlin à la Somalie, des événements du 11 Septembre à l'Afghanistan puis l'Irak jusqu'aux derniers soulèvements de l'Egype, de la Tunisie et la Libye et la menace qui pèse sur l'Iran -,  impliquant le Qatar, l'Arabie Saoudite, les USA, Israël et la Russie sans pour autant porter atteinte à la légitimité (et la nécessité ?) de cette révolte syrienne qui n'est pas encore une Révolution... puisque c'est bien ce que craint Médiapart qui a la faiblesse de penser qu'il n' y a que des coups à prendre et des abonnés à perdre en adoptant une telle approche analytique d'investigation qui est pourtant, à l'en croire, sa vocation première.

    Et plus encore quand on sait qu'en dernier ressort, tout comme pour l'Egypte et la Tunisie... ce n'est pas le Peuple syrien qui décidera de la suite des événements : démocratie, dictature militaire, dictature religieuse ou bien chaos ?

    Se refuser à toute mise en perspective globale, c'est prendre le risque de déconsidérer la profession de journaliste à propos de laquelle la rumeur va bon train : "Qu'est-ce qu'il y a de plus bête qu'un journaliste ? Un autre journaliste, grand-reporter de préférence !"

    Voir à ce sujet… http://litteratureetecriture.20minutes-blogs.fr/archive/2012/10/27/quand-mediapart-baisse-son-froc.html

     

    2 -  Autre témoignage des déçus du "participatif" à la sauce Médiapart ICI

     

    3 - Questionnez un journaliste, une rédaction : tous vous diront qu'ils sont libres. En revanche, demandez-leur s'ils ont fait le tour de tout ce que se pensait et de tout ce qui était pensé sur un sujet donné... là, vous pourrez sans difficulté les prendre en faute.

     

    4 - C'est fou la rapidité avec laquelle des lecteurs et autres auditeurs renoncent à chercher à savoir ce qu'ils ignorent sous prétexte qu'ils croient que leur journal ou leur radio leur dit tout !

     
    5
    -  Mais alors, est-ce à dire qu'il y aurait un ange qui veille sur nous ? Car si Internet permet encore la liberté d'expression, Internet, c'est aussi la balle qu'un système soi-disant verrouillé à double tour, est encore capable de se tirer dans le pied, et ce pour notre plus grand bonheur.


    Décidément, personne n'aura ce qu'il veut ! Ni eux qui ne veulent rien pour nous, ni nous qui voulons tout face à ce rien qui nous est proposé et promis.

     

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  • François Bayrou : opportunisme et renoncement - Matignon pour tout lot de consolation ?

     François Bayrou et Emmanuel Macron lors de leur rencontre le 23 février 2017.

     

                  Privé de parti, privé de militants, privé de moyens financiers et sans doute aussi des 500 parrainages nécessaires pour concourir à l'Election présidentielle, François Bayrou renonce à briguer l'Élysée et propose une alliance à un Emmanuel Macron qui stagne dans les sondages ; un Macron trop heureux de relancer sa campagne.

            

                   Mais au fait... qui est François Bayrou ?

    _______________

     

     

    Billet rédigé en 2011

     

                                   Bayrou et les esclaves de la dette

     

                 Bayrou n'a de cesse de se vanter d'être le seul candidat qui ose aborder sans complexe, sans peur ni reproche, la question de la dette dite souveraine ; et alors que des Etats du même nom ne se comptent plus que sur les doigts d'une seule main... le plus souvent introuvable, ce même Bayrou et ses partisans manchots avec lesquels ils partagent peu ou prou les mêmes origines sociales et la même profession de foi religieuse (même credo, même combat - on y reviendra) n'ont que ce mot à la bouche : la dette, encore la dette, et toujours la dette comme un bégaiement chronique ; détail biographique d'importance : à partir de l'âge de six ans, Bayrou en a longtemps souffert.

    La dette donc, seule ligne d'horizon, horizon indépassable (c'est pas la peine d'aller voir au-delà !), point aveugle et angle de mort… la dette, au coucher, au réveil, avant,  pendant... et longtemps après… la dette, encore la dette, toujours la dette, et bien évidemment et surtout... son paiement, son remboursement selon l’adage couillon (dommage ! il faudrait pouvoir le dire avec l’accent du sud-ouest !) pour couillons impénitents  : qui paie ses dettes s’enrichit…

    Alors qu’il s’agit en l’occurrence de n’enrichir qu’une seule source : des créanciers… banquiers de leur état.

     

     

                  (candeur et servitude - sueur, larmes, remboursement et rédemption)

     

                 Il est vrai que cette obsession de la dette a un avantage : elle permet de faire l'économie d'un programme quel qu'il soit puisque... si la priorité, c'est la dette, son paiement, son remboursement, rien ne sert alors de partir dieu sait où et de tirer des plans sur  quelque comète que ce soit : l’important, c’est de savoir rembourser à temps.

    S’il fut une époque où certaines promesses de candidats excédaient si prodigieusement la fortune du pays que tout ce qu’ils promettaient se transformait inévitablement en dette (à ce sujet, merci de vous reporter à « Timon d’Athènes » de William Shakespeare), chez Bayrou et ses scribes, tête baissée, un genou à terre, l'autre sur le prie-dieu d'une culpabilité induite par une religion sournoise et rusée, vous ne trouverez qu’une promesse, vous n'entendrez qu’un refrain ou bien plutôt qu’un psaume… cantique des cantiques et antienne tout à la fois : « Braves gens et chers paroissiens, il faut coûte que coûte rembourser la dette ! » ; slogan et priorité qui excluent toute perspective à moyen et long termes, si ce n’est encore et toujours : rembourser la dette !

    Vous aurez remarqué qu’avec Bayrou et sa petite cour, fidèle et aux ordres – pour le temps qu’il leur sera donné d’obéir… d’autres en sont revenus très vite du Modem et de son chef  -, dans leurs prêches, jamais il n’est question de remettre en cause les taux d’intérêt de cette dette ! Dans leurs sermons, jamais il n’est question d'interroger l'origine de cette dette ! Dans leurs homélies, jamais il n’est question de nous préciser quel argent n’aurait jamais dû être dépensé, pour qui, pour où, dans qui, dans quoi et pourquoi ! Et enfin, dans leurs avertissements (menaces ?) sur un ton prophétique, jamais il n’est question de mentionner les économies qui devront être faites, les ministères concernés ou plus prosaïquement : quels sont les pauvres bougres qui feront les frais des prochaines coupes budgétaires.

    Côté analyse et remise en cause, avec Bayrou et ses acolytes, c’est… jamais, jamais, jamais et jamais ! En revanche, avec le remboursement de la dette, Bayrou et ces mêmes énergumènes, c’est… toujours, toujours, toujours et toujours !

    De là à croire que cet argent sortait des caisses du Vatican et qu'ils n'ont qu'un souhait... qu'il y retourne...

    Aussi, revenons encore une fois à Shakespeare, histoire de nous remonter le moral (opus déjà cité) : "Rembourser ? Vous avez dit rembourser ? Pourquoi serais-je l’esclave de ce que vous appelez - mes dettes ?"

     

    ***

      

    Si on oublie un moment un parti pris d'obédience catholique et une culpabilité consubstantielle (même innocent, surtout innocent ! d'aucuns rajouteront) -, fils d'agriculteur béarnais dur à la tâche, un temps dans l'obligation de combiner les études et le travail à la ferme de ses parents, au sujet de Bayrou, difficile de ne pas penser à ce qui suit : si là d’où l’on vient ne saurait en aucun cas empêcher quiconque d’aller voir ailleurs et de s’y installer, en revanche, il n’est sûrement pas nécessaire, une fois arrivé à destination, de courber l’échine aux fins de conjurer le danger d’un éventuel retour à la case départ, défait et humilié, sans doute pour la seconde fois, par une classe qui ne vous fera jamais oublier que Bordères et Pau ne seront jamais Neuilly ni Paris… 

    Car... rien n’enhardit le parvenu, le rescapé, ou l'échappé-belle, le front encore couvert de sueur, comme la soumission aux diktats des puissants ! Et d’aucuns s’empresseront d’ajouter : combien de temps encore, les rescapés d’un déterminisme social le plus souvent impitoyable (Souvenons-nous de Bérégovoy et de son CAP de mécanique-auto faisant la première de couverture de Time magazine avoir de recevoir un satisfecit du Wall Street journal pour son action en tant que premier ministre), devront-ils donner des gages de bonne conduite et de fermeté d’âme à ceux auxquels ils pensent devoir leur repêchage social, oublieux qu’ils sont de leurs droits et de leurs mérites ? 

    Si les anciennes victimes font d’excellents bourreaux, de même, les anciens fauchés, un peu moins fauchés maintenant - pour ne rien dire de ceux qui le sont restés -, semblent faire d’excellents garçons de course, d'excellents recouvreurs et porte-parole de créanciers à bout de patience et d’agences de notation en mal de mauvaises notes à distribuer aux cancres que nous sommes tous...

    Et la vidéo qui suit pourrait bien être une tentative d’explication, du moins… une piste de réflexion non négligeable quant au pourquoi de ce qu'il faut bien appeler... la tentation de la soumission.

    Aussi, à bon entendeur… passons au syndrome du larbin (empathie avec celui qui vous plume), celui de Stockholm n'y suffisant plus manifestement.

     

    _______________

     

    Pour prolonger, cliquez : François Bayrou, le monsieur-tout-le-monde en politique

     

                           
    Le syndrome du larbin par ULESKI

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  • Dis Cesaria, qui étais-tu quand tu n'étais pas encore Evora ?

     

                      Une voix formée dans les vapeurs d'alcool et la fumée des bars du Cap-Vert- volutes d'une célébrité à venir aussi improbable que méritée -, face à des clients, autochtones et touristes, pas toujours prévenants et attentifs... 

    Une voix au caractère forgé dans la poussière de Mindelo, sa ville natale... poussière levée par des pieds nus sous la menace d'un estomac dans les talons : celui d'une famille de quatre enfants à nourrir...

                       Regard doux mais sans illusions, dure à la tâche, pour Cesaria Evora le succès, même tardif, c'était... "... quand on n'a plus à s'inquiéter de savoir comment on va faire manger toute la famille".

    Et c'est ce même succès qui lui fera quitter son île, et non la pauvreté, contrairement à tant de ses compatriotes...

     

     

     

                       Elle a chanté Saudade d'Armando Zeferino Soares, enfin reconnu comme le véritable et unique auteur-compositeur de la chanson, après un long périple judiciaire, bien des années après sa création dans les années 50…

     

                      Saudade, qui est plus qu’une chanson, est l’expression d’un désir intense pour ce qui a été perdu - un pays, l'être aimé -, tout en gardant espoir, et puis sans doute aussi... l’expression de quelque brûlure de l'âme.

     

                       Epuisée (d'aucuns préféreront un "... pressée comme un citron par des tour-managers jamais rassasiés), Cesaria Evora avait demandé à pouvoir se reposer : elle a été exaucée il y a quelques jours ; en revanche, on sera en droit d'espérer que sa voix ne connaisse, elle, aucun repos.

                       Mais... dis-nous Cesaria : qui as-tu été et comment as-tu vécu (vaincu ?) durant toutes ces années, et alors que tu n'étais pas encore Evora ?  

                           

     

                                                     Saudade d'Armando Zeferino Soares 

     

     .

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  • Privés de serrure, de porte, de murs, de toit, ils n'avaient pour seule demeure… qu'une clé.

                       Deux étages que l'on monte à pied dans la précipitation, une porte que l'on ouvre et que l'on s'empresse de refermer, et c'est le monde dans son entier qui meurt sur le seuil comme une nécessité absolue, une rage de vaincre et d’abandonner ce monde à sa belle mort ; et sans regrets.

    Une petite chambre sans confort les accueille. Ils n'en espéraient pas plus. C'est leur cinquième rencontre. Ils ne sont pas vus depuis quatre semaines. Jouir de l'instant : tel est l'objet de leurs retrouvailles ; un instant suspendu entre ce qu'ils ont quitté et ce qu'ils devront retrouver dans quelques heures.

    Plantés au milieu de la chambre, ils se regardent un long moment, immobiles et muets, un peu essoufflés. Ils se sourient. Lui a pensé : « Ce qui importe c'est que mon premier geste soit le bon. Le premier geste ! Tout est dans ce premier geste. »

    Elle ferme les yeux un instant puis les ouvre. Elle lève la tête ; son visage à lui affiche un air grave, celui d'une émotion contenue, fruit d'une concentration qui n'a qu'un seul souhait : savourer son émoi à elle. Il caresse ses cheveux, cherche ses lèvres, les trouve, les effleure puis les embrasse tendrement pour, quelques instants plus tard, dévorer sa bouche, sa langue, son visage... tout ce qui se trouve à sa portée, s'y donnant tout entier comme si le temps lui manquait.

    Défaillance sublime ! Une fois de plus, le charme de son amant se change en désir ; le désir en frénésie et la frénésie en une fièvre incontrôlable.

    Une énigme déconcertante, cette réaction immédiate au toucher ! Une connaissance frissonnée par tous les pores de sa peau, chair et sang, cette prise de conscience inédite car, rien dans son quotidien ne pouvait se rapprocher de cette félicité irréfléchie qui n'a plus rien à attendre du passé, sans appréhension face à l'avenir... puisque tournée vers un devenir éternellement présent au jour le jour et à chaque heure !

    Leurs mains se joignent, démentes puis s'élèvent comme pour prendre leur envol. C'est l'adieu aux armes ; le triomphe inespéré et impudique d'une espérance folle enfin comblée. D'une main légère, il relève lentement sa jupe sans cesser de l'embrasser pour prévenir et taire toute objection. Son autre main se perd là où ses doigts rencontrent immanquablement un terreau humide. Patiemment, il extirpe d'elle sa nudité. Elle ferme les yeux.

    Chacun de ses gestes contribue à son glissement aveugle vers une extase lente dans la soumission, l'acquiescement tacite, un flot de volupté miraculeux en cadeau d'où aucune gêne, aucun remords ne sortiront.

    Fasciné, comme... hypnotisé, il la regarde avec une extrême attention. Il contemple un court instant son corps porteur d'une énergie folle et qui laisse présager des excès sans nombre et inédits ; un corps mince mais plein car, rien ne manque. Tout est là ! Oui ! Là ! Bien là ! Tout est là, lourd et céleste... tout à la fois.

    Debout, lui faisant face, les yeux baissés dans la mémoire des timidités de l'adolescence, mise à nu plus nue que la nudité nue, sans plus de mystère, la poitrine dressée avec au centre d'une gravité solennelle et précieuse, une toison clairsemée, elle cherche une dernière fois son regard dans l'espoir d'y trouver l'assurance d'une acceptation totale avant de refermer les yeux.

    Il s'agenouille lentement et coule inexorablement à ses pieds comme une fontaine. Il descend à sa source, assoiffé. Il y descend tandis que ses deux mains glissent sur son dos, puis ses reins, pour finir leur parcours sur ses hanches d'une finesse de peau surprenante. Il embrasse longuement son ventre rond avant d'entrouvrir ses cuisses d'un geste précis et doux mais rapide. Il lève une de ses jambes pour la faire reposer sur son épaule et sans mot dire, son visage disparaît.

    Vorace, il est allé chercher ce qu'il était assuré de trouver : la lumière ! Sa lumière à elle ; et un chant aussi : un long cantique.

     

                                                   ***

     

                    Frisson prémonitoire. C'est la rupture avec tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Sûr de lui, de sa maîtrise émerge un sang-froid qui ignore tout de l'équivoque pour mieux privilégier l'audace jusqu'à ce qu'elle en perde tous ses moyens car, des doigts humectés l'ont contournée et cherchent, déterminés, là... où son imagination n'aurait jamais pu la conduire, une issue extravagante, une ligne qui la sépare en deux, une voie d'éblouissement entre deux obscurités.

    Comme tombe un couperet mais sans verser de sang, dans sa tête, un dérangement sans précédent est venu tout bouleverser : les idées, les préjugés, les croyances, les lieux, les itinéraires. Elle n'a plus d'assise. Un déluge d'émotions la paralyse. Un éclat effarant, son visage congestionné sous l'activité innommable de ses doigts. Ses genoux se mettent à trembler. Dans ses veines, une panique se déverse. En bas, son ventre bout. Ses mains à elle saisissent son visage, ses cheveux, pour y chercher un appui précaire.

    Le sol lui manque. Elle a pensé à la chute comme pour mieux la précipiter. Elle va rompre. Elle le prévoit et le redoute. Elle va céder et elle le sait. Elle va céder comme une attache, un nœud à bout de résistance car, son centre à elle qui jusqu'à présent la maintenait debout et forte, son centre a perdu ce qu'il ne faut jamais perdre en de pareilles circonstances, à savoir : son équilibre vital.


    Perdue d'angoisse, coulée comme dans de la chaux, elle s'effrite, elle s'émiette, elle se consume, elle se désintègre et elle s'évapore. Pour un peu, elle en viendrait à penser qu'elle n'existe plus que pour lui seul. Encore un instant et tout en elle chavirera dans le consentement.

    Ses jambes fléchissent. Flageolante, sa petite masse s'apprête à vaciller, faute de pouvoir trouver un appui ferme. Anticipant l'inévitable, il fait basculer son corps mince et le renverse sur le lit.

    Malade, il n'a plus qu'une seule conscience : celle de son désir tendu et dressé comme un impératif. Plus qu'une seule réalité : l'ambition impérieuse et démesurée d'une fièvre brûlante. Plus qu'une seule préoccupation : son apaisement.

    Sans attendre, ses doigts ouvrent en deux l'abîme d'une ligne tirée sur une peau ferme et tendre pour reprendre, déterminés, leur chahut innommable. C'est au tour de sa langue. Une langue surhumaine, puis à nouveau ses doigts puis sa langue et encore ses doigts qui redoublent d'audace.

    Couchée sur le ventre, ce qu'elle s'apprête à vivre lui a ôté toute faculté d'action et de réflexion. Incapable de faire le moindre geste et de prononcer un mot, elle accepte tout, enfermée dans l'instant : celui de la conduite de son amant et d'une appréhension jusque là, inconnue.

    Voilà qu'elle s'entrouvre et dans un instant, elle s'ouvrira à la plénitude de son désir. La tête renversée, les flancs à découvert, son écorce se fend. Il touche au but et elle, y aboutit déliquescente. Elle fond. Elle n'en finit pas de fondre. Elle se dilate et se liquéfie sous l'action extravagante de ses doigts qui ne veulent pas renoncer. Elle s'entrouvre, tout illuminée, et à la pointe, à la cime, c'est l'enivrement ; au pied et sur le tronc, ça palpite; plus bas encore, c'est la peur et au centre, dans son plein milieu à elle, c'est l'abandon et le desserrement.

    Ô ! Admirable sillon creusé pour lui ! Admirable et inespéré ce tracé sans lacets pour s'égarer et qui le conduira sans détour vers une ouverture sans précédent, une échappée vierge, entrée et sortie tout à la fois, et dans laquelle il achèvera de transpirer toute sa fièvre.

    Une folie, sa fièvre ! Une folie, cette marée destinée au déferlement de son délire ! Instinct de vie qui disloque les volontés les plus déterminées et les plus morbides, cette charge, cette folie des sens ! Car, elle s'entrouvre et c'est l'émotion qui l'étouffe. Trop pour un seul homme ! Beaucoup trop. Il aurait fallu être à plusieurs pour partager cette déflagration inédite et rendre possible sa gestion, trouver un second souffle car, qu'est-ce que la jouissance comparée à la pénétration torrentielle d'un sens inné pour l'extase, sinon un voluptueux déchirement qui n'en finit pas de fendre, dans son accomplissement, la carapace d’interdits inconscients, fruits d'une retenue qui ignore tout maintenant de sa propre inhibition.

    Abolition de toutes les limites et de tous les interdits. Maître mot que cette transgression qui vous laisse non pas orphelin mais pantois face à cette démesure et cette frénésie qui nous élève, nous grandit, divinisés que nous sommes. Mais... une divination séculière alors ! Une divination humaine qui ne transcende rien mais qui nous cloue dans ce monde de chair et de sang.

    Immanence parfaite donc ! De quoi rassurer les mystiques les plus exigeants avant de les désarçonner, en les ramenant vers nous et avec nous ; seule condition qui puisse nous les rendre enfin fréquentables car, de ce monde, on ne se retranche plus. Non ! On l'habite la joie collée au visage ; une joie qui déploie son rayonnement par ricochet et qui engendre dans sa démultiplication, l'hilarité générale des êtres qui se reconnaissent enfin pour ce qu'ils sont… qui est ce qu'ils n'auraient jamais dû cesser d'être.

    Il ne s'agit pas d'un paradis perdu puis retrouvé... mais d'un constat qui ne souffrira aucune contestation : notre vie est bien ici et pas ailleurs !

    Alors... non ! Elle ne sera plus jamais superficielle. Jamais plus ! Désormais, elle sera... avisée et profonde, immensément profonde car, une fois l'extase des possibilités infinies consommée, mille désordres éperdus hanteront longtemps, longtemps encore, sa mémoire en bataille, chahutée par un tohu-bohu de voix, de cris et de rires venus du fond des âges.

     

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  • La liseuse

     

     

                     N'avoir pour seul avenir qu'une poignée de mots ! Ceux des auteurs qui l'accompagnent tard dans la nuit. Car, lorsque Internet ne lui offre pas ce qu'elle attend, elle lit jusqu'à l'épuisement ; la lecture devient alors le sablier qui la conduit au sommeil.

                     Si lire c'est s'oublier soi-même et le monde tel que nous le vivons pour mieux en habiter un autre - celui qui au quotidien nous demeure étranger, impénétrable ; lire c'est aussi redécouvrir qu'il encore possible de toucher du doigt une vérité sur chacun de nous ; mille témoignages d'une vie hors des livres : la vraie vie, celle qui fait du succès une montagne à la vue imprenable et de l'échec, une tombe.

    Bonne ou mauvaise, la littérature nous absout et nous réconcilie, tout comme ce silence qu'elle impose à ses lecteurs : silence avec soi-même. Elle ne va pas y chercher une guérison ; ses lectures ne résorbent aucune de ses fièvres ; elle y abandonne le plus souvent les dernières forces de la journée qui s'achève.

    Lumière et obscurité ; partir loin de soi pour mieux y revenir ; dérives infinies. Miroir de sa propre existence, seule avec le monde, ses lectures tracent les cartes de territoires innombrables qui, en ce qui la concerne, ont la fâcheuse habitude de s'ouvrir et de se refermer sur des contrées inhospitalières, aux invocations et aux suppliques sans nombre ; lectures qui la submergent, la pénètrent et l'engloutissent.

    Un bouquant d'enfer, ses lectures ! Une page d'espérance, une page de désespoir, c'est bien sa propre vie qu'elle va chercher dans une littérature de substitution jusqu'à se perdre dans le labyrinthe de l'oubli de soi en tant qu'impuissance.

    Les livres, elle les ouvre au hasard, elle les feuillette et puis soudain, elle plonge et les dévore dans une lecture obsessionnelle : une flamme qui finit toujours par la brûler cette lecture ; et dans ces moments-là, c'est l'éternité qu'elle embrasse, pour un temps non répertorié, un temps sans partage possible ; un temps pour sentir battre le monde avec sa veine gorgée de sang et des larmes qu'elle ne peut plus verser sur elle-même.

    Ce qu'on fait de mieux dans ce qu'il y a de pire ! D'un état ordinaire, on descend vers l'abîme, et là, les exemples ne manquent pas : amours aussi extravagantes qu'impossibles, inceste, tueurs en série, femmes humiliées, couples défaits, « La petite du Vel'd'hiv » ; des biographies qui mettent en scène des pères abusifs, des mères soumises, femmes afghanes ou africaines quand la lumière était encore sur elles, pour finir avec Proust qu'elle lit sans fin et sans force ; auteur vers lequel on se tourne une fois que l'on a baissé les bras et qu'on s'est juré de ne plus porter aucun livre - à bout de bras, justement ! -, en y cherchant dans cette lecture, sa propre terminaison, prisonnière d'une chambre tombeau, dernière sépulture de vie pour les convalescents et les agonisants de l'existence.

    Arrivée à saturation, c'est alors qu'elle chavire dans un sommeil de plomb, exténuée.

     

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    Extrait du titre : "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     

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  • George Steiner : un diamant d'intelligence

     

    9782070126927

                "Un souci extrême de la vérité cache très certainement une passion dévorante pour le mensonge. Quant à savoir comment l'esprit se masque lui-même cette probabilité...

    Dominer cette dualité, c'est être envers soi-même un agent double, c'est se nourrir à un ultime degré d'ironie à la fois juvénile et raffinée, de la trahison de soi-même."

     

    George Steiner à propos de l'historien et critique d'art Anthony Blunt, espion britannique, agent double au profit de l'URSS.

     

               

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    Ecrivain anglo-franco-américain, né à Paris le 23 avril 1929. Théoricien de la traduction, expert en littérature comparée et docteur honoris causa d’un grand nombre d’universités de par le monde, George Steiner est plus connu du grand public comme essayiste, critique littéraire et philosophe.

     

     

                  Sur Soljenitsyne...

    Sciemment ou non, quiconque offre une explication diagnostique, si pieuse, voire réprobatrice soit-elle, érode, aplanit jusqu'à vouer à l'oubli l'irrémédiable concrétude de la mort sous la torture de tel homme ou de telle femme, de la mort de faim de cet enfant-ci. La sainteté du détail infime obsède Soljenitsyne. Comme chez Dante, les noms propres sortent en cascade de sa plume. Si nous voulons prier pour les torturés à mort, il le sait, nous devons mémoriser leurs noms et les articuler, par millions, dans un incessant requiem de nomination.

     

                  A propos de l'oeuvre de Graham Greene...

    Greene sait que le plus esseulé des hommes est celui qui n'a point de secret - ou, plus exactement, qui n'a personne auprès de qui trahir un secret.

     

                  Thomas Bernhard : Vienne et l'Autriche...

    Le pays, la société, qu'il a mille fois raison de fustiger pour son passé nazi, sa bigoterie et ses risibles autosatisfactions est aussi le berceau et le cadre d'une large part de ce que la modernité compte de plus fécond et de plus significatif. La culture qui a accouché d'Hitler a aussi nourri Freud, Wittgenstein, Mahler, Rilke, Kafka, Kraus, Broch, Musil...

     

    George Steiner - Serge ULESKI.jpgAprès la chute du mur de Berlin...

    Seule la violence tyrannique peut étouffer l'égotisme humain, l'appétit de gaspillage et d'ostentation. Et ceux qui exercent cette violence se flétrissent à leur tour dans la corruption. Cette connaissance nous diminue car, elle amplifie le beuglement de l'argent.

     

     

    Naturellement, il n'est pas insignifiant que Steiner soit un lecteur fabuleusement savant, qu'il parle couramment plusieurs langues et qu'il soit aussi à l'aise pour disserter de Platon, Heidegger et de Simone Weil que pour nous entretenir de Fernando Pessoa ou d'Alexandre Soljenitsyne (Robert Boyers - en introduction à l'ouvrage " Chroniques du New Yorker).

     

                 Sur B.B, plus connu sous le nom de Bertolt Brecht...

    Aucun poète lyrique, aucun dramaturge, aucun pamphlétaire n'a donné une voix aussi perçante aux hymnes à l'argent, n'a rendu plus tangible la puanteur de la cupidité.

     

                 Et puis cette longue élégie, cette souffrance amoureuse pour un peuple martyr...

    L'histoire russe est faite de souffrances et d'humiliations presque inconcevables. Mais le tourment comme l'abjection nourrissent les racines d'une vision messianique... jusqu'à se traduire dans l'idiome du slavophile orthodoxe ou dans le sécularisme du communisme. Le seul fait que la Russie ait survécu sous un Staline, comme sous un Ivan le Terrible témoigne d'une étrangeté de destinée créatrice ; et tous les grands écrivains russes sont là pour en témoigner.

     

                   Sur Céline...

    La haine chez Céline est le ressort de l'imagination, du déchaînement d'éloquence. D'ordinaire la haine a le souffle court mais chez une poignée de maîtres une misanthropie enragée, une nausée à la face du monde engendrent de grands desseins. Le monotone de l'abomination devient symphonique. Mettez "l'homme" là où une formule insensée indique "le y...pin", et vous aurez chez Céline des passages d'une grandeur biblique.

     

                 Au sujet du "couple" de Gaulle-Malraux...

    Pour l'un comme pour l'autre, la vie était essentiellement affaire de style. Tous deux avaient une conscience presque sensuelle des grands mouvements de l'éternité. En de Gaulle, Malraux reconnut l'incarnation suprême du "pouvoir comme geste imaginatif". En Malraux, de Gaulle perçut un témoin idéal et le mémorialiste de son propre scénario de grandeur (La condition humaine, L'espoir...).

     

               Soudain, une apparition-recension d'outre-tombe : Celan

    La syntaxe est comprimée dans une sorte de tension implosive. Les modificatifs, les détours pronominaux, les conjonctions  qui ont donné au discours occidental moderne sa fluidité logique, son ouverture à la compréhension et à la paraphrase sont finement éliminés au burin. Celan frappe d'anathème la causerie qui est le contraire du "dire".

     

                Et d'autres encore... Simone Weil, Russel, Canetti, Koestler, Foucault...

     

                 Plus de cent trente articles écrits par George Steiner pour le prestigieux magazine américain The New Yorker entre 1967 et 1997.

     

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  • Le temps d'un voyage... en commun

                  

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               Que l'on ne s'y trompe pas... le sujet de cette photo, ce sont les transports en commun. Pour quiconque entreprend un déplacement en autobus, le composter et le boîtier de demande d'arrêt feront l'objet d'une attention toute particulière ; attention à l'origine de laquelle on trouvera deux préoccupations : en cas de contrôle, être en règle, et puis  descendre là où l'on envisage de le faire, ni avant ni après si possible.

                A noter chez cette jeune femme la direction de son regard : en effet, dans les transports dits "en commun", le regard des passagers est tourné, le plus souvent, sinon toujours, vers l'extérieur ; car, dans les faits, on ne voyage pas "en commun" ; on n'a qu'un souci : voyager seul ; et qu'une hâte : s'extraire de ce "collectif" et de cet environnement "en commun" qui nous sont imposés ; tenter ou feindre d'y échapper (et d'en réchapper) mentalement à défaut de pouvoir le faire physiquement, devient une nécessité absolue.
     
    Autant pour la sociabilité et le lien social donc. Doit-on alors évoquer une sorte d'insociable sociabilité de l'être humain depuis qu'il ne "choisit plus" ou bien plutôt... depuis que les circonstances de sa naissance ne décident plus, une fois adulte, ni de son lieu de résidence ni de son lieu de travail, ni de ses voisins, et moins encore, de ceux avec lesquels il devra composer par voie de conséquence, tous partageant le même sort sans pour autant désirer en communiquer tout le malaise (toute la solitude ?) et parfois même, toute la souffrance ?
     
               Décidément, dès qu'il n'est plus question de "nous"... l'étranger est partout ! C'est à croire.
     
     
     
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                "J'entends ici par antagonisme l'insociable sociabilité des hommes, c'est-à-dire leur penchant à entrer en société, penchant lié toutefois à une répulsion générale à le faire, qui menace constamment de dissoudre cette société. Une telle disposition est très manifeste dans la nature humaine. L'homme possède une inclination à s'associer parce que, dans un tel état, il se sent davantage homme, c'est-à-dire qu'il sent le développement de ses dispositions naturelles. Mais il a aussi un grand penchant à se séparer (s'isoler) : en effet il trouve en même temps en lui ce caractère insociable qui le pousse à vouloir tout régler à sa guise." - Simone Manon, philosophe.
     
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  • Un hiver séculaire

     

     

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                C’est l’hiver. La terre tremble de froid, et sous son étreinte, dans un instant, elle se fendra en deux. Un froid palpable et tangible marche sur le monde : celui des anciens temps, revenu là pour en finir avec l’immense peuple des marais, des joncs et des grands herbages.

    Rien n’est plus troublant, plus inquiétant, plus effrayant que ce silence des marais gelés avec ces brouillards épais qui cachent des corps livides, des bouches muettes de vase ; dernier germe de vie dans une eau piégée sous la glace.

    Une rumeur passe dans les roseaux avant le retour d’un silence profond que le froid impose à quiconque tente d’afficher un semblant de vie. Même les brumes qui traînent sur les troncs d’arbres et qui enveloppent leurs branches les plus basses comme des voiles blancs de reines veuves restent là en suspend, figées.

    Soudain un cri, puis le gémissement bas d’une dernière clameur de vie. En chasse, le froid a frappé une nouvelle fois ; les yeux de sa victime le regardent résignée : un monde inconnaissable qui a eu sa vie propre, ses cris, ses voyages et ses mystères, palpite encore dans sa poitrine. Mais pour combien de temps encore ? Déchirée sa chair avant d’être brûlée par un froid du feu de dieu !

     

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                Au même instant, une chose noire au ventre d’argent tombe comme si l’on avait coupé la corde qui la tenait suspendue, laissant dans sa chute apparaître de longues taches rapides sur le firmament : c'est la mort hivernale qui raidit les joncs, fige le silence et gèle les eaux comme on glace le sang ; c'est le froid qui pénètre l'âme du monde.

    Quelque part au-dessus des marais, maintenant durs comme la pierre, un diamant en forme de cône s’élève lentement. Le cœur en feu, il monte à la rencontre d’un soleil qui n’éclaire plus : il est midi et il fait nuit.

    Une dernière plainte courte, répétée et déchirante après un cri strident... cette âme sans voix que le froid a abattue, a crié là sa dernière espérance de vie et son dernier adieu. 

     

                         Texte inspiré par la lecture de "l’Auberge" et "Amour" : deux contes de Guy Maupassant.

     

     

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    Toutes les photos sont "copyright Serge ULESKI"

     

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  • Jean Eustache : saint et martyr

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    "La Maman et la putain" - 1973

     

                     Une longue prière émouvante... sans fin ou quand "la nausée est un malaise noble."

     

                   "Tu as recommencé à vivre sans que l’angoisse t’étreigne. Tu crois que tu te relèves, alors que tu t’accoutumes lentement à la médiocrité. Après les crises, il faut tout oublier, tout effacer."

     

     

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    Auteur à trois voix ; celui d'un choeur qui nous laisse... sans voix.

    Veronika, Alexandre et Marie

    Jean-Pierre Léaud, Françoise Lebrun et Bernadette Lafont

     

     

     

                  "... J’allai voir Jean Eustache qui habitait chez sa grand-mère. Quand je le rencontrai, il me fit l’effet d’être très timide et très vrai (...) avec ses longs cheveux raides tombant sur ses épaules et ses fines lunettes à monture dorée, l’air ailleurs.  (...) Jean Eustache était un grand solitaire dont le malheur fut de n’avoir pas su s’accommoder du crétinisme ambiant de son époque (critiques, producteurs, etc.) : Samuel Brussell, éditeur et écrivain.

     

     

     

    Jean Eustache, né à Pessac en 1938, se suicidera à Paris en 1981.

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  • Manuel Valls : los craignos et les fables de la Fontaine*

     Publié en 2012

     

     

                  Il y a des hommes en comparaison desquels on peut nourrir de hautes pensées sur soi-même jusqu'à parfois atteindre des sommets  - (inspiré par Hobbes)

     

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    Manuel Valls et la motoculture de plaisance*

     

                   Enfant d'immigrés espagnol et italien, naturalisé français dans les années 80, fraichement nommé Premier ministre, Valls de ses deux prénoms Manuel y Carlos, semble n'avoir qu'une préoccupation : couper l'herbe sous le pied du FN et de l'aile droite de l'UMP chaque fois qu'il est question d'un délinquant, d'un étranger, d'un Rom, d'un Tzigane ou d'un "Sans-papier".

    Roi de la tondeuse à gazon, on le dit "Sarkozyste de gauche" - autant dire... homme de droite ; et ceux qui ont foulé du pied sa propriété privée sont unanimes : son gazon est impeccable, pas une herbe plus haute que l'autre, un peu comme sa coupe de cheveux de bon élève d'une classe de CM2 que sa Maman ne manquera de féliciter à la prochaine remise des prix. Cela ne surprendra personne puisque le loisir de prédilection de Valls sont le jardinage et la motoculture de plaisance ; il est un des meilleurs clients des marques John Deere et Husqvarna.

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                 Atlantiste comme il n'est plus permis de l'être aujourd'hui (USA, Israël, Arabie Saoudite... même combat !), sans vision, sans projet autre qu'une ambition personnelle aussi démesurée que risible - la Présidence de la République -, une ambition sans originalité puisqu'elle est partagée par tout le personnel politique, les yeux rivés sur les sondages de popularité, Valls, - et il le sait -, est, à droite, le plus populaire des membre du PS, un peu comme son mentor DSK à propos duquel il a longtemps déploré, sur les plateaux de télé et aux micros des radios, et ce jusqu’aux larmes, la persévérance (qualifiée par Valls de "acharnement judiciaire") d'une justice qui n'a pourtant eu qu'un seul souci : tenter comme un fait exprès de rendre justice aux victimes de ce même DSK.

    Est-ce à dire que DSK ne s’intéressait pas seulement qu’aux femmes, les hommes jeunes et novices du PS pouvant de temps à autre être aussi l'objet de toute son attention - les jours de vaches maigres peut-être ?

    Là, seuls les Renseignements Généraux (ou leurs successeurs de la DCRI) sauront, en particulier, nous renseigner. C'est sûr !

    En attendant... faisons une pause musicale :

     

           
    ***
     

                    La rumeur va bon train : le cul assis dans son fauteuil de Matignon, ce Premier ministre déborde déjà dans son uniforme ; il est dit que Manuel Valls se voit en homme providentieldernier recours, dans trois ans, une fois Hollande au fond du trou. Mais alors... qu'il soit permis de dire ceci : après Sarkozy et Hollande, si par malheur Valls devait un jour se présenter à la présidence de la République, on n'aura qu’un souci et qu'une exigence : tout mettre en oeuvre pour qu'il ne soit jamais élu, et ce sous aucun prétexte et à n'importe quel prix ! Car la France ne sera pas un camp de colonies de vacances encadré par un animateur de centre aéré acariâtre ! Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf  et qui s'avèrera n'être qu’un moustique au service d’un nouvel ordre mondial qui n’a besoin pour tout Premier ministre ou chef d'Etat... que d’auxiliaires (larbins ?) sans courage et sans honneur, interchangeables à souhait.
     
             Dans la popularité de Valls auprès de l'électorat de droite... on pourra y trouver une raison supplémentaire de désespérer d'un Parti avec lequel tout homme de gauche qui se respecte aura la plus grande difficulté de se réconcilier ; un parti qui, avant même de formuler la moindre promesse, a déjà commencé de renier ses engagements, trahissant plus vite que son ombre. De là à penser que sa seule raison d'être, son seul talent, sa vraie vocation est la trahison...

    Car, et pour revenir à Valls, si là d’où l’on vient ne saurait en aucun cas empêcher quiconque d’aller voir ailleurs et de s’y installer, en revanche, il n’est sûrement pas nécessaire, une fois arrivé à destination, de servir plus de plats qu’il ne vous en a été commandé aux fins de se protéger du danger et de conjurer la peur d’un éventuel retour à la case départ exigé par une classe qui n’aura pas oublié que l'Espagne n'est pas la France et qu'Evry dans laquelle - souvenez-vous ! -,  Valls aurait ouvertement aimé qu'il y ait plus de blancs, ne sera jamais ni Neuilly ni Paris. 

    Et d’aucuns s’empresseront d’ajouter : combien de temps encore, les rescapés d’un déterminisme social le plus souvent impitoyable devront-ils donner des gages de bonne conduite et de fermeté d’âme (cachez donc toute cette compassion insupportable !) à ceux auxquels ils pensent devoir leur repêchage social, oublieux qu’ils sont de leurs droits et de leurs mérites, avant de se précipiter dans le camp des puissants, à droite de l’échiquier politique, comme pour mieux se persuader de la supériorité de la raison du plus fort (tripes sensibles mais coeur de pierre) sur les affects qui minent les plus faibles, pressés de se ranger du côté de ceux qui, bon an mal an et pour faire court, n'ont qu'une seule politique : contrôler, asservir et cogner sur tous ceux qui de près ou de loin contrecarrent leur stratégie.

                   Mais... ne prête-t-on pas qu’aux riches, puissants et forts, une attention à la hauteur de ses propres ambitions sociale et politique ?

    ____________________

     

    * Billet publié en septembre 2012. Ré-actualisé depuis la nomination de Valls à Matignon.

     

    Pour prolonger... cliquez : Porter la crise au coeur du PS

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