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  • Des nouvelles du Rap avec Kimto Vasquez

     

                 L'artiste s'entretient avec David L'Epée - intellectuel indépendant (tel qu'il se définit) de nationalité suisse engagé en politique.

     

     

                      Une tête bien faite, une maturité accomplie... serein, déterminé et sûr de lui... c'est Kimto Vasquez !

     

    *** 

     

    Tonton du café du commerce (recueil hérétique) - Kimto Vasquez

      

    Une très belle production

     

     

     

     

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  • Intouchables : pourquoi fallait-il un Noir en face de ce Blanc tétraplégique ?

     

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                       Une vraie dynamique, quelques idées de cinéma, d’aucuns parleront de « bon boulot » à propos du film « Intouchables » sorti en 2011.

    Si les réalisateurs ont su le plus souvent éviter les pièges tendus par un scénario à haut risque - ceux, entre autres, du pathos, des larmes et des stéréotypes raciaux et de classes -, contrairement à ce qui a pu être écrit ici et là, pas de bien-pensance dans ce film pour la simple raison qu’on n’y trouvera aucune pensée, et c’est déjà ça de gagner ou de sauver s’empressera-t-on d’ajouter car, le travail passé des scénaristes-réalisateurs est là pour l’attester : si par malheur ces derniers avaient souhaité y prétendre… c’est bien avec une catastrophe qu’on aurait eu rendez-vous.

    Dans « Intouchables » sans doute pourra-t-on y voir en toute bonne foi, outre le souci de se remplir les poches, le désir sincère de raconter avec honnêteté une histoire… vraie de surcroît.

    Conte de fée sans morale donc (référence au fait qu’il n’y a pas de pensée) on pourra quand même regretter que les réalisateurs Toledano et Nakache aient pour les Blacks de la banlieue (1) qu’un seul projet : qu’ils torchent, lavent et essuient le cul des Blancs…

    Parce que ça, c’est quand même pas très nouveau !

    Sans oublier l’incontournable : « Touche pas à la femme blanche ! » - même sous le prétexte qu’elle puisse être lesbienne.

    Aux Etats-Unis, le film sera jugé raciste et choquant.

    Certes, il y a aux USA une vraie culture de l'antiracisme et de l'anti-négrophobie en particulier qui ne doit rien à ce PS bien de chez nous (composé exclusivement de Blancs) qui n'a pas cessé d'instrumentaliser cette lutte sans profit aucun pour ceux qui étaient concernés ; ce qui n'a pas empêché les membres de ce parti de faire de belle carrière autour de la lutte anti-raciste. 

    Le succès de 'Intouchables" n'est que le reflet d'une absence totale de culture telle que définie plus haut. Les bons sentiments n'expliquent ni n'excusent pas cette ignorance. Les réalisateurs ont su admirablement capitaliser dessus ; même la critique n'y a vu que du feu ; de leur part, seul le scénario a fait l'objet de commentaires "ironiques" et "moqueurs" sans pour autant remettre en cause le rôle tenu par un acteur qui se devait d'être noir puisque son personnage l'était.

    On retrouva le même engouement de la part du public pour "La ligne verte" de production américaine cette fois-ci ; film tout aussi scandaleux sur le fond.

     

    ***

                 Pour l’adaptation au cinéma de La case de l'oncle Tom, les volontaires n’ont jamais manqué à l’appel, et Omar Sy (2) semble fin prêt pour une nouvelle adaptation du roman de l'écrivain américaine Harriet Beecher Stowe dont les premières feuilles ont été publiées en 1852…

    En 2011, avec "Intouchables", qu'un acteur nommé Omar Sy ait prêté son concours à un tel projet, c’est déjà en soi une belle déception car enfin… difficile de ne pas se poser la question suivante : pourquoi fallait-il un Noir corvéable à merci ( un noir torche-cul)  en face de ce Blanc tétraplégique et millionnaire ?

    Devinez !

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    1 - Banlieue dont on ne sait pas quoi faire et que l’on commence à peine à savoir filmer… semble-t-il !

    2 - Canal+ oblige : génération grandes gueules et petites têtes.

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  • Le cheval de Turin : Béla Taar ou le refus... envers et contre tous

     

     

     

                  Pour la petite histoire, face au grand artiste qu’est Béla Taar, réalisateur hongrois, Le cheval de Turin film sorti en 2011, a pour origine un incident qui bouleversera la vie d’un certain Friedrich Nietzsche :  le 3 janvier 1889, alors qu'il effectuait un trajet en calèche dans la ville de Turin, le cheval cessa d'avancer. Incapable de le remettre en marche, le cocher battit la bête, ce qui suscita chez le philosophe un élan de compassion irrépressible d'une intensité hors du commun :  Nietzsche se pendit au cou de l'animal et passa, prostré, les dix dernières années de sa vie dans un état de démence.

    De là à penser que Béla Tarr, qui aurait été présent ce jour-là, n’aurait trouvé rien de mieux que de rentrer avec ce cheval et son cocher jusqu’à cette ferme isolée battu par une tempête du diable, un père taiseux et sa fille, une charrette et ce même cheval qu'on attellera puis détellera, une fois, dix fois... avant de renoncer...

    Grande est la tentation !

     

                  Film frugal tout comme le repas qu’un père et sa fille partageront jour après jour - des pommes de terre cuites à l’eau au gros sel -, tandis que dans la grange, un cheval refusera bientôt toute nourriture ; et à propos de cet animal, on sera tenté de se dire que si ce cheval avait eu le don de la parole, nul doute, serait-ce sans un mot qu’il aurait mené sa vie...

     

              

     

                   Cinéaste au rythme cardiaque très lent, cinéma en apnée car, si d'aucuns savent retenir leur souffle, d'autres savent retenir le temps comme personne, tout comme cette musique musclée - organum et cordes dans le grave  -, véritable bombe à retardement lancinante et récurrente (en do mineur), destinée à porter et à accompagner 30 plans-séquences de cinq minutes chacun, plans contemplatifs pour l'uns, pour d’autres,  moins compréhensifs ou pusillanimes, plans interminables...

    Ces plans trouveront pourtant leur raison d’être, leur force, leur efficacité, leur caractère aussi rare que précieux (comme chacun sait, le cinéma ce n’est pas ce qui nous est montré mais ce qui nous est révélé !) dans le fait que, tous ces plans, sans exception, forceront le spectateur à quitter l’image et l'écran pour rentrer dans lui-même et y poursuivre deux heures et demie durant, même et surtout somnolent, sa propre œuvre que devient alors sa vie pour le temps qu'il lui sera donné d'être le spectateur de Béla Tarr.

    Pour cette raison, Le cheval de Turin se rêve autant qu'il se voit. Aussi, et vraiment ! on peut affirmer qu’avec le cinéma de Béla Tarr c’est autant le spectateur qui fait le film que le réalisateur. Et nous devrions tous demander à partager avec lui l’Ours d’argent que le film a reçu à l'occasion du dernier festival de Berlin.

                   Artiste d’une radicalité qui n’a besoin ni de discours ni de justification, fascinés nous sommes face à la volonté de fer de ce réalisateur pour lequel aucun compromis n’est une option ! Et si au cinéma, le noir-et-blanc reste bien le choix de ceux qui ont encore quelque chose à dire, et la couleur, celle de l’industrie cinématographique, avilissant tout ce qu’elle touche et recouvre…

    Le cheval de Turin restera un gigantesque bras d’honneur adressé à cette modernité cinématographique imbécile et veule, film après film - un film chassant l'autre -, d'un Béla Tarr ennemi public numéro un de tous ceux qui ont la faiblesse, la bêtise ou la naïveté de penser que le cinéma n’est qu’un divertissement destiné à nous faire vivre par procuration des vies au suspense insoutenable, dans la fureur, le bruit, le sang, les larmes et la sueur de coïts sans nombre...

    Mais alors... qu'ils passent donc leur chemin ! Le  prochain Eastwood (Eh oui ! Déjà le suivant ! Car, c'est bien connu : les gens qui n'ont pas idée en ont cinquante par jour), avec ses acteurs- tâcherons d’une industrie sans art, y pourvoira, car quelque part, dans une province hongroise, un réalisateur  attend les plus exigeants d'entre nous.

     

    ***

     

                  Après le passage d'un groupe de tziganes que personne n’a invité, chassé à la hache, l’eau du puits s’est tarie,  la tempête s’est tue, le soleil a fondu et l’aube ne s’est plus levée...

     

    (Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin le puits se vide)

     

    Après l'eau, c'est une lampe à pétrole, au réservoir pourtant plein, qui refusera définitivement d'éclairer la demeure d'un père et de sa fille, et bientôt l'écran car,  plus de lumière, plus de cinéma !

     

    ***

     

                  Béla Tarr écrase tout sauf le spectateur, et longtemps on pourra se demander avec lui qui n’en a aucune idée aujourd’hui encore, et même après plus de dix films, quelle peut bien être l’origine (quelle scène primitive au traumatisme fondateur ?) d'un tel parti-pris artistique, d’un tel refus proche d'un Bartleby, obstiné et têtu, d'une telle démarche hors du commun, même si une réponse semble s'imposer :

    A l'origine de cette radicalité sans doute trouvera-t-on le refus (encore le refus !) d'un monde dans lequel il n'est plus possible de vivre sans tuer l’autre ou dans le meilleur des cas, sans pourrir irrémédiablement la vie de son voisin avant de ruiner sa vie propre dans une lutte acharnée et cruelle pour une survie qui n’est déjà plus une vie mais un commencement de mort lente et sinistre. 

                     Et si l'on tend l’oreille, on pourra très certainement entendre de la voix de Béla Tarr nous signifier ceci : « Dans ces circonstances, ce sera sans moi ! ». En effet, Le cheval de Turin est l'ultime film d'un cinéaste qui abandonne le cinéma.

     

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  • L'ère du bonheur avec Raoul Vaneigem

     

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                      "... dans le royaume  de la consommation, le citoyen est roi ; une royauté démocratique : égalité devant la consommation, fraternité dans la consommation, liberté selon la consommation. La dictature du consommable a contribué à l’effacement des barrières de sang, de lignage ou de race ; il conviendrait de s’en réjouir sans réserve si elle n’avait interdit par la logique des choses toute différenciation qualitative, pour ne plus tolérer entre les valeurs et les hommes que des différences de quantité.

     

    Entre ceux qui possèdent beaucoup et ceux qui possèdent peu, mais toujours davantage, la distance n’a pas changé, mais les degrés intermédiaires se sont multipliés, rapprochant en quelque sorte les extrêmes, dirigeants et dirigés, d’un même centre de médiocrité : être riche se réduit aujourd’hui à posséder un grand nombre d’objets pauvres.

     

    Les biens de consommation tendent à n’avoir plus de valeur d’usage. Leur nature est d’être consommable à tout prix. Et comme l’expliquait très sincèrement le général Dwight Eisenhower, l’économie actuelle ne peut se sauver qu’en transformant l’homme en consommateur, en l’identifiant  à la plus grande quantité possible de valeurs consommables, c’est-à-dire de non-valeurs ou de valeurs vides, fictives et abstraites. Après avoir été le « capital le plus précieux », selon l’heureuse expression de Staline, l’homme doit devenir le bien de consommation le plus apprécié. L’image, le stéréotype de la star, du pauvre, du meurtrier par amour, de l’honnête citoyen, du révolté, du bourgeois, va substituer à l’homme un système de catégories mécanographiquement rangées selon la logique irréfutable de la robotisation.

     

    Déjà la notion de teen-ager (l’ados) tend à conformer l’acheteur au produit acheté, à réduire sa variété à une gamme variée mais limitée d’objets à vendre : on n’a plus l’âge du cœur ou de la peau, mais l’âge de ce que l’on achète. Le temps de production qui était, disait-on , de l’argent, va devenir en se mesurant au rythme de succession des produits achetés, usés, jetés, un temps de consommation et de consomption, un temps de vieillissement précoce.

     

    Le concept de paupérisation trouve aujourd’hui son éclatante démonstration non, comme le pensait Marx, dans le cadre des biens nécessaires à la survie, puisque ceux-ci, loin de se raréfier, n’ont cessé d’augmenter, mais bien dans la survie elle-même, toujours antagosniste à la vraie vie. Le confort, dont on espérait  un enrichissement  de la vie déjà vécue richement par l’aristocratie féodale, n’aura été  que l’enfant de la productivité capitaliste, un enfant prématurément destiné à vieillir sitôt que le circuit de la distribution l’aura métamorphosé en simple objet de consommation passive. Travailler pour survivre, survivre en consommant et pour consommer, le cycle infernal est bouclé. Survivre est, sous le règne de l’économie, à la fois nécessaire et suffisant. C’est la vérité première qui fonde l’ère bourgeoise. Et il est vrai qu’une étape historique fondée sur une vérité aussi antihumaine ne peut constituer qu’une étape de transition, un passage entre la vie obscurément vécue des maîtres féodaux et la vie rationnellement et passionnellement construite des maîtres sans esclaves. Il reste une trentaine d’années pour empêcher que l’ère transitoire des esclaves sans maître ne dure deux siècles."

     

                    L'ère du bonheur - 1967  Raoul Vaneigem, l’un des leaders, avec Guy Debord, du mouvement situationniste des années soixante.

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  • Dans le regard d'Antonioni

     

     

     

     
                Avec Blow-up (1), sorti en 1966, le réalisateur italien Michelangelo Antonioni mettra à mal notre capacité à ne jamais douter d'un fait, même et surtout... irréfutable, agrandissement après agrandissement (traduction du titre du film) aux confins du possible et de l'improbable, jusque dans les dernières secondes de son film, lorsque  Thomas, photographe professionnel (David Hennings dans le rôle), disparaît, là, sous nos yeux, comme happé par une révélation aussi saisissante que salvatrice...

    Et alors qu'à proximité se joue une partie de tennis sans raquettes ni balle, mimée par deux joyeux drilles entourés de gais lurons ; partie de tennis qui sauvera notre photographe de l'angoisse de ne jamais pouvoir partager avec quiconque la découverte d'un corps sans vie étendu dans un parc, assassiné par balle et dont il ne reste au petit matin plus aucune trace (2).

           Privé de son appareil-photo, l'impossibilité de partager une telle découverte et le risque d'enfermement dans une incommunicabilité psychiquement dommageable, cette partie de tennis et la participation active de David Hennings les annuleront d'un coup d'un seul, puisque notre photographe prendra une décision qui le sauvera : il retournera aux deux mimes qui la lui réclament, une balle invisible sortie du cours ; décision qui lui fera prendre conscience de l'existence d'une possibilité jusque là insoupçonnée : ce qui est peut très bien n'avoir jamais été.

                    Alors pourquoi chercher à le partager - ce quelque chose -, avec qui que ce soit tout en étant dans l'incapacité de le faire ?

     

     

                  En effet, cette partie de tennis fantôme (vidéo à 2.40) auquelle il prête son concours comme par inadvertance, lui offre maintenant la possibilité de choisir une autre réalité qui n'aura besoin de l'assentiment de personne : non ! ce corps sans vie étendu dans un parc au pied d'un buisson n'a jamais été ! (d'autant plus que cette découverte est sans témoin et qu'il n'en reste aucune preuve matérielle)...

    Oui ! cette partie de tennis sans balle ni raquettes a bien lieu ici et maintenant... (nombreux sont ceux qui peuvent en témoigner)... Antonioni prenant là quelques risques avec la raison (et la morale ?) en nous suggérant que toutes les réalités se valent pour peu que l'on y souscrive et que l'on ne soit pas le seul... car de nos jours, c'est le nombre qui sanctifie, a fortiori le ralliement au plus grand nombre, même sur la base du mensonge, qui nous apaise ; et plus encore... après une tentative de se désolidariser de ce mensonge - situation anxiogène, toujours !

     

     

    1 - Inspiré d'une nouvelle Las babas del diablo (Les fils de la Vierge) de Julio Cortázar.

    2 - Dans ce film, il n'est pas question de douter de quoi que ce soit, d'une réalité ou d'une autre...  en revanche, il est surtout question d'être le témoin d'un événement majeur, un crime, que l'on ne peut partager avec personne faute de pouvoir apporter la preuve de la réalité de cet événement. Situation anxiogène par excellence : souffrance et perte de repères. Avec Antonioni, il est aussi question de savoir comment, pour rechercher l'apaisement, on choisit de se dire que cet événement peut tout aussi bien n'avoir jamais eu lien. Et plus radical encore : qu'il ait eu lieu importe peu car seul importe ce que l'on peut partager comme expérience. Tout ce qui ne peut pas être partagé n'existe pas ou n'a pas existé, car une expérience traumatique qui ne peut pas être partagée est insoutenable ; cad : invivable... socialement (à moins de vivre sur une île déserte dans un environnement a-social : là où aucun partage n'est envisageable).

    D'où la tentation du déni ou de la négation de l'événement avec l'assentiment et le soutien moral du plus grand nombre.

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  • Dieudonné : saint et martyr

     

     

                    Et alors que de nouvelles tentatives d'interdictions des spectacles de Dieudonné se font de plus en plus pressantes - dernièrement en Belgique et à Montpellier ; sans fondement juridique, toutes ces interdictions ou tentatives d’interdictions violent les lois relatives à la liberté d'expression...

    De plus, on ne manquera pas de préciser ce qui suit : jamais un spectacle de Dieudonné n’a été interdit par un tribunal pour quel que délit que ce soit, et tous les arrêtés destinés à interdire les spectacles de Dieudonné ont tous été annulés par le conseil d’Etat.

     


                         Dieudonné à propos de l'arrêté municipal illégal de la mairie de Montpellier

                                    

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                   Le rire reste un mode de résistance d’une efficacité redoutable contre notre impuissance face à la tyrannie.

    Rire pointu, de spécialistes, rire qui ne perd rien pour attendre, et pour avoir trop attendu aussi, rira bien qui rira le dernier, le rire est communion et partage ; grégaire, il rassemble.

    Le rire est germination quand il révèle des savoirs enfouis et volontairement cachés. En s’attaquant au réel, il le démasque. Le rire peut être aussi une force de résistance contre la résignation ou l’impuissance.

    Avec le rire, tous les traumas deviennent gérables. Avec l'humour, toute solennité est exclue ; mais le rire n’est pas pour autant le laisser-aller quand il a pour alliés l'intelligence, la liberté et l'Art ; bien au contraire, celui qui rit, même confortablement assis, se tient mentalement et émotionnellement debout, digne et fier. Toujours !

    Rire inespéré qu'on n'attendait plus, le rire apprivoise l’horreur d’une condition ; rire boomerang et miroir, le rire expose les escrocs de la vertu et de la morale sans oublier les chantres d’une pseudo fraternité - fraternité à géométrie variable, d'un poids d'une mesure jamais égale ; fraternité sournoise qui cache mal un désir violent de domination.

    Si le rire n’est jamais loin du sanglot, c’est qu’il en est la larme sèche.

    Les mécanismes du rire sont complexes ; ils se dérobent à l’analyse exhaustive car avec le rire, son talent, son génie, il reste toujours une part d’inconnu.

    Vertigineux, en funambule de la raison, l’humour tout comme le rire, fraie avec la folie.

    Le rire est libération quand il met en scène un dépeçage des conventions, des hypocrisies et des machinations ; il libère l'esclave et nous permet de sortir de l’enfermement dans lequel nous nous complaisons. 

    Rire, humour… humour et rire, il arrive aussi que le rire rende justice à ceux qui en sont privés.Belle revanche des déshérités alors !

     

     

                            Enquête d'un journaliste Belge sur le lynchage médiatique de dieudonné

     

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                     Dieudonné exerce avec courage une vocation d’humoriste satirique à tendance corrosive ; vocation d’équilibriste qui a ses exigences : on doit être capable de prendre la communauté nationale à rebrousse-poil. Le sel de la profession cette capacité : ne jamais être là où l’on vous attend pour vous y avoir maintes fois trouvé.

    Electron libre n’ayant de compte à rendre qu’à son Art. Humoriste au vitriol, enfant de Coluche et Desproges, l’humour tel que l’envisage Dieudonné est une action pratique concrète : plus on raconte le monde moins on raconte d’histoires à un public qui serait venu oublier le temps d’un show, les vicissitudes du quotidien, ses contraintes et ses déceptions car, avec Dieudonné, on oublie rien, et l’on se souvient de tout et surtout, de ce dont on a bien failli ne pas se souvenir, tête en l’air que nous sommes tous ! Avec Dieudonné on quitte son fauteuil  plus que jamais présent au monde, dans le monde, un monde sous influence, celle de l’éternelle tentation de manipuler ou d’assujettir des sociétés, des nations, des populations et des groupes d’individus... tout ce qui rampe, marche et crève…

    Avec Dieudonné, l’humour semble pallier la coupure d’avec une critique sans concession des mécanismes de domination et la diffusion d’une telle critique ; un humour qui pose la question de l’action loin du confort des studios de radios qui nous font l’aumône de 4 minutes d’impertinence souvent sans lendemain et qui n’a pour seule conséquence que de provoquer la mauvaise humeur de petits chefs capricieux et autres hommes de mains d’un pouvoir liberticide ; la grossièreté, voire la vulgarité, prenant le plus souvent le pas sur une critique essentielle et frontale : qui fait quoi, comment, à qui et pour quoi.

    Humour hantée par la politique que celui de Dieudonné ! Rien de surprenant à cela puisque, très tôt, Dieudonné s’est engagé auprès de l’anti-racisme et l’anti-communautarisme dans un effort constant de renouvellement des enjeux de l’action humoristique, son Art, et sa pratique au service d’une analyse critique des mondes que l’on nous somme d’habiter.

    Si l’on parle d’humour ravageur, c’est bien parce qu’il fait ravage et qu’il n’a de cesse d’influer sur le cours d’une prise de conscience toujours plus exigeante et gourmande. En effet, parmi les 20-35 ans, combien ont rencontré la politique avec Dieudonné dans une France où quarante ans de Front national aura fini par avoir raison chez toutes les élites médiatiques (à ne pas confondre avec les élites morales et intellectuelles qui elles, ont déserté les médias) d'un "on ne peut pas tout dire et surtout pas n'importe quoi" : Finkielkraut, Chirac, Zemmour, Hortefeux, Luc Rosenzweig, Frêche, Elisabeth Lévy, jusqu'au Président Sarkozy en campagne et hors campagne...

    Libre à chacun de compléter cette liste...

     

                         Dieudonné : là d'où il vient, là d'où il est parti voilà 15 ans

     

    ***

     

                   La dérision et la transgression subversive ? Dieudonné est coutumier du fait ; dans ses spectacles, notre humoriste a déjà pris pour cibles sur le même mode, le racisme ainsi que deux des trois religions monothéistes ; en ce qui concerne le Judaïsme, après une première tentative en 2008, il y renoncera très vite, dissuadé par une campagne d’intimidation.

    Un plaisir décuplé que cette transgression subversive, piment d’une vie sociale qui crève lentement sous la chape de plomb d’un politiquement correct qui cache mal une débauche et une orgie de prise de pouvoir et d’intérêts sans nombre et sans précédent – et nous ne sommes qu’au tout début de ce disfonctionnement citoyen et démocratique. 

    Dieudonné est aujourd'hui banni des médias ; phénomène de vendetta jamais rencontré en France contre un artiste dans l’exercice de son art ; sous de Gaulle et Giscard, même les artistes les plus engagés n’auront pas connu un tel bannissement !

    En effet, on n'a pas connu en France un tel climat de chantage et de terrorisme intellectuels exercés sur les institutions et les médias, leurs producteurs, animateurs et journalistes (télés, radios et journaux) depuis l’ère communiste et stalinienne - le PCF en particulier, avec ses intellectuels et ses sympathisants jusqu'aux années 70.

    A moins d'être aveugle ou partisan, difficile de ne pas admettre que leurs méthodes sont étrangement identiques : insultes, discrédit, intimidation physique, calomnie, procès d'intention, amalgames, chantage affectif, chantage professionnel...

     

                     Qui sème la censure, l'exclusion et le bannissement à l'encontre d'un artiste dans l'exercice de son Art, comme ce fut le cas contre Dieudonné, récolte Faurisson - là où ça fait mal -, et en prime… un film l’Antisémite.

    Il semblerait bien que ce pays ne sache faire qu'une chose : rejeter, bâillonner, censurer, stigmatiser, traduire devant les tribunaux la moindre tentative d'exercice de liberté d'expression politique et artistique (rappeurs, auteurs, essayistes, pamphlétaires, artistes de scène, syndicalistes, activistes), tout en privant des millions de Français de parole, de porte-voix, de représentation, et finalement : d'espoir...

    Tous les médias, leurs producteurs et leurs animateurs, chroniqueurs et journalistes y contribuent, chaque jour, chaque semaine... radios, télévisions, journaux ; médias qui ignorent sciemment d'innombrables réalités et expressions culturelles, politiques et sociales. 

     

    ***

     

                    Le scandale fait tache d’huile, et tôt ou tard, il provoque une crise : toute tentative de l’étouffer le renforce car le scandale c’est aussi tout ce qu’on tente de taire. Le scandale éclabousse les tenants du mensonge, dérange toutes les catégories car le scandale c’est l’inédit et l’inouï. 

    Alors oui ! Dieudonné et la transgression… Privilège absolu de l’artiste ! La transgression...  mais la transgression boomerang ! La transgression non pas comme fin en soi mais comme moyen : dénoncer une autre transgression qui a pour objet un mensonge qui dit toujours la vérité sur le fumier d'une bonne conscience d'un mépris sans limite pour le faible, le désarmé, l'inarticulé, le vaincu qui ne vivra point ce qui ne lui sera pas accordé et donné de vivre, et qu'il ne prendra pas non plus car il ne mérite rien

    Jusqu’à ce que l’humour devienne une action collective tant il suscite à la fois l’admiration des uns, le rejet des autres et les indécis au milieu ; lesquels indécis s’en remettront inévitablement à la propagande la plus performante, celle qui contrôle tous les réseaux de diffusion qui font l’opinion ; et en ce qui concerne Dieudonné, il existe une telle dissymétrie de moyens d’action entre ceux qui « veulent sa peau » et ceux qui le soutiennent que ces mêmes indécis ont tôt fait de se dire : « Il est allé trop loin ! Il l’a bien cherché ! ». Dissymétrie que l’on retrouve dans le cadre d’une mondialisation sans retenue aux comportements prédateurs sans foi ni loi, dans les domaines militaire, culturelle et économique comme jamais auparavant. Et cela ne surprendra personne le fait que les forces rassemblées contre Dieudonné participent de près ou de loin, indirectement ou non à ce nouvel ordre mondial : celui du dumping moral(e) et des bombes.

    Dieudonné, à la fois microcosme et mini-théâtre d’opérations qui, à une tout autre échelle, sont destinées à soumettre le plus grand nombre à cet ordre mondialiste qui n’a pour seule devise : « Tout pour ma gueule » ?

    Assurément !

     

                   Bouc émissaire Dieudonné ? Là aussi, sans l’ombre d’un doute. Mais alors… comment rendre les coups que l’on reçoit ? Comment exposer au grand jour les contradictions ou les hypocrisies de ses détracteurs et adversaires souvent puissants et de mauvaise foi ?

    Si nombre d'humoristes sont à l'humour ce que les reality-shows sont à la réalité - une diversion pour le sordide ordinaire de la ménagère de plus de 40ans et autres adultes infantilisés et ados attardé(e)s -, un rire collabo donc à l'humour sans conséquence qui ne gêne personne...

    En revanche, Dieudonné est à l'humour ce que les films catastrophes et autres films d'horreur sont au cinéma : "... et même s'il ne faut pas que ça arrive, tout semble indiquer qu'on n'y échappera pas."

     

     

                           Vidéo conférence de Dieudonné le 25 mai 2012  - Partie 1

     

                       Humour en état de veille et d’alerte constant, oeuvre salubre, Dieudonné devrait être reconnu d'utilité publique. Depuis la déchéance de l’homme politique nous n’avons jamais eu autant besoin d’humoristes à risques, abrupts, dangereux car cet humour-là oblige à choisir son camp comme la politique à identifier l’adversaire. D’un côté Bartleby «  J’aimerais mieux pas… »,  de l’autre Dieudonné et son « Il faut ! »

    Dieudonné a fait de l’humour une exigence plus haute que celle de la plupart des humoristes anecdotiques qui pratiquent l’imitation, la parodie et la caricature, alors que l’humour de Dieudonné est l’exact opposé de tout ce qui est voué à l’amenuisement.En effet, au sortir de son humour, on se sent moins bête (… de somme), moins insignifiant ; on reprend la main et le dessus sur l’abrutissement, l’humiliation et le faible ressac de la désobéissance et de la dénonciation parcimonieuse et timorée.

     

     Partie 2

     

                                                          ***

     

                  On pourra ici saluer le fait que jamais Dieudonné ne s’est laissé intimider : il a rendu coup pour coup tout en évitant le plus souvent les pièges qui lui sont tendus quotidiennement. On sait pourtant comment  les stratèges pervers peuvent provoquer de la violence chez l’autre pour faire écho à la leur si bien calculée, et ainsi, forcer à la faute leur victime qui, ce faisant, dédouane bien involontairement de tout reproche les responsables de ces stratagèmes.

    Qu'à cela ne tienne... longue vie à eux tous ! Car, si la plupart d’entre nous meurt, d’autres crèvent et on aura remarqué que ce sont précisément eux qui partent les derniers ; de là, sans doute, ce monde insortable et imbuvable qu’il nous est quotidiennement demandé de subir ; vieille charogne sur laquelle on se plaira à cracher avant de prendre congé...

    Oui ! Un crachat... épais et lourd, venu non pas du fond des âges mais… du fond de la gorge... bien profond, là où se loge le dégoût et la colère...  après un raclement rhino-pharyngé de tous les diables. De préférence, et quitte à choisir, ce crachat, clair ou coloré, on le souhaitera quasi aqueux, gluant et muqueux… nez, gorge… on le fera descendre pour mieux le faire remonter… poumons, bronches, sécrétion translucide ou opaque… seul importera son poids et la puissance de son expulsion, sa cible et la force de projection…

    On a connu et soutenu l’entartage des années 80 et 90 destiné aux facétieux et aux tartuffes de la conscience humaine, il est grand temps de monter un cran au-dessus : proposons le crachat car, à l'avenir, nul doute... c’est avec ce crachat-là qu’il faudra compter.

    Et lorsque la coupe sera pleine, mais… vraiment pleine, plus tard mais bien avant longtemps, une fois nos selles devenues muqueuses, c’est alors un crachat rectal qui s'imposera à la face du monde. 

     

    Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

     

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  • FIAC 2016 : comment en finir avec l'art contemporain ?

     

           fiac2016   Combien de temps encore devra-t-on supporter cet art sans Art, cet art contemporain fossoyeur de l'Art moderne ?

                 

     

    ***

     

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    " Quand j'entends le mot Culture*, je sors mon révolver ! "

                        Baldur von Shirach, chef des Jeunesses hitlériennes

     

     

    * dans toutes les acceptions du mot : art, histoire, philosophie...

     

     

    Billet rédigé en octobre 2011

     

     

                         Que peut-on raisonnablement attendre d’une société dont les élites culturelles ont fait le choix de troquer, entre autres sculpteurs… Rodin, Lambeaux et Meunier, contre des patrons de casses-autos-compresseurs (César ; Arman) ; et ce sans demander l’avis à qui que ce soit ?

     

     

     ____________________

     

     

               Comment ignorer aujourd'hui le fait que nombre de professionnels de l'Art contemporain - directeurs de musée et/ou de centres d'Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d'expositions, critiques d'art, les DRAC et les journalistes ont lamentablement échoué dans leur mission…

    Car, à défaut d'être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d'être les relais serviles d'agences de relations publiques, de créations d'événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l'Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d'entretenir et de promouvoir l'image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles, égoïstiques... abusivement appelés : artistes...

    On pourra aussi et sans risques, les accuser d'être jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l'abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l'Art contemporain (qui vraiment, n'en avait pas besoin !!!), avec de soi-disant artistes cotés à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l'Art avec l'industrie du divertissement... et du luxe, en l'occurrence.

    On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu'ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque - époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l'on croit avoir compris d'elle, qui n'est, le plus souvent, que ce qu'on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l'on est capable de saisir d'elle...

    Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l'esprit qu'il se pourrait bien qu'ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées - sinon dissuadées -, face à l'incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d'être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s'évanouit à jamais.

    Alors...

    Pour tout ce gâchis humain et artistique... réclamons une minute de silence...

    Sinon, l'éternité.

     

               Confrontés à toutes ces figures d’une scène prétendument artistique, créateurs aux installations dont les concepts feraient hurler de rire un cheval, énergumènes bavards comme il n'est pas permis, et alors que l'Art est l'incarnation même d'une pensée tacite...

    A quand donc une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte et du crachat face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres, foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui, à son tour, embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et/ou jean-foutres...

    Mille événements - en veux-tu, en voilà ! - proposés par des commissaires, dans le meilleur des cas, carriéristes, et dans le pire, tragiquement incultes, bardés de diplômes d’universités-dépotoirs et d‘Écoles nationales dans l'impossibilité de refuser quiconque se présente avec en poche un sésame qui a pour nom : Bac

                   Disons les choses...

                   Toute cette production tapageuse mais vaine, c'est Warhol (1) qui a triomphé de Picasso, César de Rodin - un Rodin qui pourtant avait pris soin d’ouvrir en grand toutes les portes qu’un César s’est empressé de refermer sur un univers concentrationnaire...

    Tout ce ramdam, c’est aussi - dans une longue liste qui n’épargne aucun art ni aucune discipline -, John Cage qui a triomphé de Pierre Boulez, un BHL de tout philosophe digne de ce nom...

    Et pour finir - un malheur n‘arrivant jamais seul -, c’est aussi Mitterrand et le PS qui ont triomphé de Jaurès...

    Le chanteur Renaud de Léo Ferré...

    Le Rock du Blues...

    Laurent Joffrin et Jean-Pierre Elkabbach du métier de journaliste.

     

    ***

     

               Quand cessera-t-on de penser que l'Art est mort avec la Seconde guerre mondiale et ses 60 millions de victimes mais pas le "Pop art" animé par des artistes-commerçants ?

     

    Un art intransmissible parce que...sans métier cette production auquelle il nous est demandé d'adhérer ou bien, de nous taire et de disparaître. Car enfin... allez transmettre des peluches, des homards, des pouces et des concepts qui feraient hurler de rire n'importe quel étudiant en 1ère année de philosophie, et même nos penseurs les plus pusillanimes et les plus indulgents !

                Mais… voici que des voix se font entendre ; elles nous demandent de ne pas nous inquiéter car, personne ne nous demandera des comptes puisque ce qu’on ne vous a pas transmis ne peut en aucun cas vous manquer, à savoir : un art d’aujourd’hui... pour demain ; un art qui renvoie aussi à hier, comme pour nous rappeler d’où l’on vient et sans qu'il ait été nécessaire d'y être allé ni d‘en revenir.

     

    Signe des temps ou maladie d'une époque : on ne compte plus les artistes dont… ce qu’on appelle l’œuvre restera sans héritier ; rien de surprenant en la matière puisqu’il s’agit le plus souvent d’une oeuvre sans héritage.

     

    Certes ! Tel ou tel artiste aura été le premier à y penser (?!) et sans aucun doute le dernier, même si après coup, on sera bien en peine de déterminer sur un plan artistique et historique ce à quoi l’artiste en question aura pensé et ce qu’il nous aura légué.  

     

    Quant aux discours autour de tout ce tapage ... ils nous rappellent que l’on peut créer du discours autour de tout et de n'importe quoi ; il suffit pour cela d'être un bon discoureur ; ce que sont nombre d’intervenants dans le milieu de l’art, manifestement : discourir ou travailler, il faut choisir ! Ils ont choisi et avec eux tous les intervenants de la scène "artistique" contemporaine : Etat, ministère, collectivités, fonctionnaires, médias et critiques.

     

                     Querelle des Anciens contre les Modernes ? Grande bataille des idées neuves contres des idées anciennes ?

    Encore faut-il qu’il en soit question.

    Mais alors, cet art sans idée, sans art ni artiste sert quel Art ?

    Il n’y a pas si longtemps encore, l’Art nourrissait spirituellement et intellectuellement l’homme ; alors que depuis les années soixante et le pop art, (pour ne pas le nommer) l’art (du moins, celui qui nous est proposé) a non seulement perdu sa majuscule, mais il semble n’avoir qu’un souci : affaiblir l’homme jusqu’à l’avachissement.

    Avec Marcel Duchamp, on avait l’audace, le courage, une radicalité assumée et salutaire ; le flair du prophète, mais aussi : l’hilarité et le scandale, le tout encadré par une technique , un savoir-faire et un métier.

    Aujourd’hui sans vision, la production de ces poseurs que l’on nous impose, ne dépasse guère le plus souvent le cadre des toilettes et/ou celui d’une chambre à coucher aux murs tapissés de jeunes filles en fleurs ; le nombril aussi, et plus bas encore mais... jamais plus haut.

    Faut-il leur rappeler à tous que jamais les artistes n'ont été égocentriques mais... absorbés, préoccupés, habités, obsédés par leur Art, précisément ce qu'ils portent en eux qui est... comme un fait exprès, ce qu'ils se proposent d'offrir au monde et de partager avec lui.

     

    Distinguo important.

     

    A la trappe l’Universel ! Fini l’Art qui permet de sortir de soi mentalement ou géographiquement.

    Non ! Aucune vision digne de ce nom : celle d’un monde pour demain ; artistes visionnaires, novateurs et précurseurs.

    Pire encore, on cherchera en vain un savoir-faire pour défendre quelle que valeur esthétique que ce soit : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus...

    Car, cette exigence-là nous restitue ce qu'il ne faut jamais abandonner : le goût de l’effort et le toucher immédiat de l‘esprit qu‘est le talent lorsqu'il s'appuie sur une ascèse indéfectible et un Art de force, de témérité et de victoire.

    ___________________________

     

    1 - Il faut le dire et le redire : le pop-art, c’est de la pop music ; musique pop qui n’a bien évidemment rien à voir avec Bach, Beethoven, Wagner, Debussy, Stravinsky et Boulez... ni avec Michel-Ange, Picasso ou Dali pour le dessin, la peinture et la sculpture.

    Le Pop-art c’est un film avec Julia Roberts et Richard Gere ; rien d'équivalent à Fellini ou à Tarkovski. Le pop-art c’est un roman de Levy de Musso ou de Beigbeder et sûrement pas une oeuvre de Proust, de Céline ou de Kundera.

    Qu'à cela ne tienne ! On nous présente les acteurs-animateurs de cet art contemporain, Pop-art en tête, qui occupe 80% de la couverture médiatique de l’actualité de l’art tout court, comme s’il s’agissait de Boulez, de Tarkovski ou de Kundera… sous prétexte que des journaleux sortis ou non d’écoles dites d’Art où plus rien n’est enseigné, n'ont tout simplement pas idée ; et puis aussi et surtout, parce que le fric est dans le pop-art comme le fric est dans la pop-music !

    Et pour l'avoir intégré, tous savent ceci : il n'y a pas de carrière pour quiconque s'avise de remettre en cause cet art contemporain dans ses fondements.

    A ce sujet, merci de vous reporter à Baudrillard dans "Le complot de l'art" - 1996

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les dissidents de l'art contemporain ainsi que

     Les mirages de l'art contemporain

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  • Moderato cantabile

     

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                  Peter Brook aidé de Marguerite Duras délaissera un temps le théâtre pour nous offrir et nous servir sur un plateau en argent massif, un Jean-Paul Belmondo rare et placide, un peu à la manière d’un feu sous la cendre, et une Jeanne Moreau pour souffler sur les braises.

           

     

                   Automne, hiver - saisons de tout ce qui meurt -, arbres rachitiques sur fond d’estuaire, celui de la Gironde, tout à l’image de la vie que l’on y mène....    

     

                 Le cri final de Jeanne Moreau pareil à celui d’un condamné à mort à la lecture de sa sentence, restera à jamais le cri d’une bête mortellement touchée, au moment où son maître ( son époux grand bourgeois) lui re-passe son collier autour du cou, et alors qu’elle avait bien cru pouvoir s'en défaire.

     

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                 Pour prolonger ... cliquez Cinéma, de film en film

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  • Mémoire artistique : amnésie et commerce

     

      

                     

           Réponse à Emmanuel Tugny et consorts : Le mémoire artistique ICI

     

     

                 Il est dit que les écoles d’Art préparent les élèves à l’intégration au marché de l’art. Aussi, tous devront savoir se vendre : "le mémoire artistique" est alors censé les préparer à répondre à cette exigence.

     

            Nul doute, "Le mémoire artistique" fera de l'artiste un bavard expansif... très certainement au détriment de toute réalisation... artistique justement, encourageant et privilégiant un artiste sans art, sans métier et sans maîtrise, puis finalement et fatalement... un artiste sans oeuvre... un artiste comme dés-oeuvré. D'où la nécessité du recours à la parlotte.

     

               "Tais-toi, apprends et bosse !" Tel devrait être le message affiché au fronton de toutes les écoles d'Art. Car l'Art n'a pas besoin de discours ou de justification ; en revanche l'Art a besoin d'un regard... celui d'un public confronté à une oeuvre qui le convainc alors de la nécessité de l'Art. A charge pour tout artiste d'être au rendez-vous de cette exigence... exigence qui n'a pas grand-chose à voir avec sa capacité à remplacer l'oeuvre par un discours ou bien une oeuvre d'une faiblesse telle.. que le discours devient sa seule planche de salut en naufragé d'une pratique artistique au clou.

    Mémoire pour mémoire... en revanche, la mémoire artistique - celle d'une histoire de l'Art, en priorité... fera que bon nombre d'artistes iront se faire pendre ailleurs une fois que toute la pauvreté de ce qu'ils croyaient pourtant relever d'un Art majeur leur aura sauté aux yeux comme on recouvre la vue et la mémoire (!) après une longue période d'amnésie.

     

                                                               ***       

     

               Ne plus écrire, ne plus parler...  mais alors, à quand des artistes muets, illettrés et manchots (des fois qu'il leur viendrait à l'idée de nous parler avec les mains) ? Et ce afin que l'artiste se taise et que l'Art hurle à nos oreilles sa victoire... jusqu'à en devenir sourds car, seuls des artistes sans parole ni bras ainsi qu'un public dur de la feuille comme un pot sauveront l'Art contemporain, moderne et autre du naufrage...

               Dans l'attente de l'arrivée ou du retour d'une cécité universelle tout aussi salvatrice qui mettra alors tout le monde d'accord - artistes, critiques et public !

            Après tout, dans la longue nuit d'un art contemporain sans Art, tous les chats ne sont-ils pas gris et nous tous des génies ?

    ____________________

     

    Pour prolonger... cliquez  FIAC 2011 - Galeries Lafayette, partenaire officiel

     

    ainsi que Molière et l'Art contemporain par

    François-Laurent Balssa

     

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  • Guitry père et fils...

                    ... ou quand le père, Lucien Guitry (1860 -1925)lucien guitry,sacha guitry,serge uleski, théâtre, cinéma, acteur célébrissime, trouve son aboutissement, voire son apothéose, dans le fils Sacha sacha guitry, serge uleski(1885-1957) , auteur de génie, acteur et cinéaste jouissant d'un prestige considérable.

    C'est suffisamment rare pour être salué, à l'heure où les filles et fils de... ne sont le plus souvent que la pâle, très pâle copie d'un ascendant qui a brillé de tous les feux dans la discipline artistique - ou autres -, qui fut la sienne ; sans toutefois oublier le cas où les ascendants n'ont brillé que d'une pâle étoile, celle du soir qui annonce déjà le crépuscule pour leur descendance qui aurait le malheur d'emprunter la même voie ; car enfin, force est de constater que le génie, à défaut... le talent, est beaucoup plus rarement héréditaire que la médiocrité.

     

     

                   Aussi...

                   Lucien, Sacha... face à cette prodigieuse filiation, on pourra regretter que Sacha Guitry n'ait pas eu de descendance ; les opportunités ne manquaient pourtant pas puisque Sacha Guitry n'a jamais pu envisager son existence sans une femme à ses côtés, pour le meilleur et pour le pire ; femmes auxquelles il doit une bonne partie de son oeuvre.

    Sans doute a-t-il craint que sa descendance ne soit pas à la hauteur de l'enjeu ; pensez donc : l'Everest accouchant du mont Ventoux ! Ou pire encore... de la dune du Pyla... la montagne d'une souris.

    Il faut le savoir : Sacha Guitry a toujours craint le ridicule par-dessus tout.

     

    ***

     

                     Et c'est alors qu'arrive l'hommage du fils au père.

     

    lucien guitry,sacha guitry,serge uleski,théâtre, cinéma

     

               "Il s’agit du premier film de Guitry tourné après la Deuxième Guerre, et tout se passe comme si, après ses déboires de la Libération, il avait ressenti le besoin de revenir à ses fondamentaux : l’amour du théâtre, la figure du père, Lucien, comédien illustre, célébré en son temps comme le plus grand de sa génération, l’émule masculin de Sarah Bernhardt. Comme toujours lorsqu’il raconte la vie d’un grand homme, le ton est à l’hagiographie."

     

    Une analyse du film est disponible ICI

     

     

     

    1 - Se reporter à l'ouvrage "Filles et fils de..." ICI

     

    _________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Cinéma, cinéma, de salle en salle

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