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art - Page 3

  • Nouvelle vague

                       

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                         Godard, Truffaut and Co… ou quand les rebelles ne sont jamais que des domestiques en mal de nouveaux maîtres à servir ! 

     

    ***

    Godard découvre Eastwood ; Truffaut Hitchcock.

    Conspuer le cinéma des années 30,40 et 50, cinéma dit de « papa » comme a pu le faire la « nouvelle vague » pour mieux s’empresser quelques années plus tard de célébrer Hitchcock et Eastwood…

    Comble du ridicule, sinon de bêtise, c’est Godard, fan inconditionnel qui, en 1998, tête baissée, plein d'humilité, remettra intimidé un César d'honneur à son idole : un Eastwood condescendant comme ce n'est pas permis puisque ce dernier se croira obligé de nous expliquer combien les inventions de Godard ont influencé le cinéma mondial... le sien excepté.

    Imperméable le cinéma d’Eastwood !

    Pas touche donc !

     

    ***  

     

            Avec un film tel que "Le mépris", Godard nous montrera avec brio à quel point sa génération n’a pas les outils intellectuels ni culturels pour penser un auteur grec de la stature de Homère, indépendamment de cet autre auteur qu’est Moravia, Godard réduisant l'Odyssée à une histoire de crise du couple ; et la présence de Fritz Lang ne sauvera rien, et pas davantage le pastiche musical de Delerue venu tout droit de chez Mahler !...

    Autant pour cette soi-disant avant-garde cinématographique qui s'appuie sur le top 50 de la musique romantique pour faire « son cinéma » ! Et alors qu’un réalisateur comme Kubrick, qui n’a jamais eu à cracher sur la tombe de quiconque pour exister, tout occupé qu’il était à servir et à parfaire, film après film, son métier et son Art, sera bien plus avisé : en 1969, il ne se contentera pas seulement des Strauss - Richard et Johann ; il nous présentera dans 2001, l’Odyssée de l’espace, un compositeur contemporain majeur : György Ligeti, roumain/hongrois naturalisé autrichien, né en1923 et mort en 2006.

     

                   Après Godard et Eastwood, c’est au tour de Truffaut ; un Truffaut qui découvre Hitchcock et son cinéma cocktail Martini–dry avec cerise et nœud pap, ce qui convenait très bien à la tenue vestimentaire de ce même Truffaut - costume, chemise, cravate en cadre moyen d'une entreprise très moyenne ; un Truffaut qui aura le mauvais goût de nous proposer une Nuit américaine dans un terrain vague situé à la périphérie de la ville de Nice...

    Nuit américaine façon « friches industrielles » ?

    D’une laideur photographique et scénique sans nom ce film, et plus encore lorsque l'on ose penser à ce que l’association « nuit et Amérique » est capable de faire surgir dans l’imaginaire de tout cinéphile qui se respecte...

    Cette bourde, sinon cette bavure artistique, résume à merveille tout le cinéma de la vaguelette qu’aura été ce mouvement, son amateurisme, son absence de maîtrise technique, son cinéma sans souffle qui ne dira jamais rien d'autre que ce qu'il nous donnera à voir et à entendre ; cinéma « … que c’est pas la peine » comme disait Piala…

     

              Une nouvelle vague au vague à l'âme approximatif et au cinéma de terrain du même nom : terrain vague donc ; nouvelle vague dont les films, à de très rares exceptions près, n'arriveront jamais à la cheville du meilleur du cinéma français des années 30, 40 et 50, sinon chez Cassavetes mais… à dix mille kilomètres de là ; ou bien, longtemps, longtemps après : pensez donc ! Il nous faudra attendre 20 ans "Les fantômes du chapelier " et "La cérémonie" de Chabrol.

     

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  • L'art Renaissant - Elie Faure

     

     

                Ce passage plus ou moins graduel ou plus ou moins brutal de l’expression collective à l’expression individuelle n’était pas nouveau. L’histoire est comme un coeur qui bat, comme un poing qui s’ouvre et se ferme. À certaines heures, l’énergie populaire parvenue à son sommet exige, pour se donner toute la liberté d’agir, la concentration momentanée dans un vaste ensemble symphonique de toutes les idées morales, religieuses, sociales jusque-là dispersées en quelques esprits d’avant- garde. C’est l’instant prodigieux où la certitude de vivre l’absolu et de l’arrêter dans nos âmes l’espace d’un éclair entre deux sombres étendues soulève un peuple entier, sans qu’il s’en rende compte, jusqu’au Dieu confus qui l’habite. C’est l’instant prodigieux où l’individu s’efface, où tous les êtres d’une foule réagissent en même temps vis-à-vis des forces extérieures, où de grands édifices sortent tout à coup de terre, voulus de tous, bâtis par tous et subordonnant à leur fonction sociale toutes les expressions isolées par qui les hommes cherchaient encore la veille à se définir séparément.

    La Renaissance doit son nom à ce qu’elle exprima une heure de notre histoire analogue à celle dont Euripide et Praxitèle vécurent les premiers et les plus décisifs instants. Seulement, nous pouvons en mieux saisir les manifestations plastiques. Il nous reste d’elle autre chose que la pensée dissolvante et sacrée des philosophes qui l’affirmèrent, Rabelais, Montaigne, Érasme en qui Socrate et ses disciples ne se fussent pas reconnus, mais qui jouaient en sens inverse vis-à-vis du monde médiéval le rôle qu’avaient joué Socrate et ses disciples vis-à-vis du monde ancien. Il nous reste d’elle autre chose que l’architecture anarchique qu’elle fit éclore en Italie. Il nous reste d’elle la peinture, oeuvre individuelle il est vrai, mais tout de même objective et qui ne peut durer qu’à la condition d’exprimer un continu vivant dans le cerveau de l’artiste et non plus, comme les arts qui la précèdent, dans l’instinct anonyme d’une collectivité.

    C’est par elle surtout que nous savons pourquoi la Renaissance nous fut nécessaire et pourquoi nous l’aimons. Nous savons pourquoi nous ne cesserons pas d’être reconnaissants aux grands individus qui recueillirent dans leur âme l’âme des foules disparues pour en transmettre l’espoir aux foules à venir. Car ce sont eux qui passent le flambeau. Ils sont le trait d’union entre les besoins généraux que les hommes ne sentent plus et les besoins généraux qu’ils ressentiront un jour, entre l’organisme d’hier et l’organisme de demain. Ils sont une foule à eux seuls et la continuité de sentiment qui liait les hommes aux hommes s’est réfugiée dans leur coeur. Le Michel-Ange de la Sixtine, Rubens, Rembrandt, Velazquez sont, plus lisiblement que les littérateurs, les savants ou les philosophes, les symphonies individuelles qui recueillent, au cours des temps critiques, la symphonie populaire dispersée momentanément à tous les vents de la sensation et de l’esprit. On peut les aimer d’un amour égal à celui qu’on porte au temple abandonné. Il y a, entre un vitrail de cathédrale et un tableau de Titien, la distance qui sépare une admirable voix dans le plus beau choeur populaire d’une symphonie de Beethoven.

    C’est ce qui donne à ceux qui se lèvent çà et là pour étayer les colonnes du temple d’un titanique effort, l’apparence de se trouver en opposition radicale avec leur milieu social. Ils y semblent inadaptés, parce qu’ils portent en eux le rythme grandiose, mais invisible pour les multitudes aveugles, des adaptations à venir. Ils ont brisé des rythmes morts pour créer des rythmes nouveaux. Ils sont d’autant plus solitaires qu’ils s’élèvent plus haut et que les symphonies qu’ils entendent dans le silence de leur coeur mettent en action des éléments de vie plus complexes, plus universels, plus permanents et plus profonds.

    Mais puisqu’une synthèse sociale est le but secret de leur effort, puisque les hommes sont joyeux quand elle se réalise, puisque le pessimisme ne se formule que dans les hauts esprits qui souffrent d’être seuls et que l’optimisme est le fruit de la communion entre les hommes, comment se fait-il que les hommes, quand ils ont réalisé cette communion divine, comment se fait-il que les hommes ne puissent la sauvegarder ? C’est qu’aucune société ne résiste à la stagnation générale qu’entraînerait son maintien. C’est que la vie, c’est l’effort même. C’est que l’équilibre des éléments qui la composent n’est jamais une réalisation statique mais toujours une tendance, ou du moins qu’il ne s’effectue qu’un instant trop imperceptible pour que nous puissions l’arrêter autrement que dans les oeuvres qui jaillissent à cet instant de notre coeur.

    Cet équilibre dynamique toujours rompu, toujours devenant, qu’il est impossible de maintenir mais dont il est impossible aussi d’étouffer en nous l’espérance, ce repos que nous poursuivons avec le désir de l’atteindre et le pressentiment de le perdre aussitôt, ne pourrait se prolonger qu’à la condition que tous les organes sociaux s’adaptent d’une manière spontanée, étroite et mobile à la fois, au milieu économique et moral qui évolue sans arrêt. Mais très vite un moment arrive où l’apparition de nouveaux peuples et de méthodes nouvelles, de découvertes imprévues, de courants d’idées extérieures font pencher la balance, où l’un des organes tend à croître aux dépens d’un autre, où l’égoïsme étroit d’une classe, d’une caste, d’un groupe quelconque d’individus accapare à son profit l’action des autres et suscite parmi eux l’apparition de forces isolées qui germeront peu à peu en des intelligences faites pour rechercher la loi d’un équilibre nouveau. La fortune inégalement répartie, les besoins qu’elle développe, les groupements d’intérêts qu’elle crée fatalement, a sans doute été jusqu’à présent le facteur le plus visiblement actif des dissociations sociales que nous observons dans l’histoire, en même temps qu’elle préparait le terrain, par les aristocraties de culture qu’elle contribue à former, aux futures associations des éléments qu’elle sépara les uns des autres. On a toujours cru que le luxe exerçait une action favorable sur le développement de l’art.

    En réalité, les rapports certains qui les unissent ont fait bénéficier la richesse d’un rôle qu’elle n’eut jamais. Les forces intellectuelles d’un peuple naissent de l’effort même d’où jaillissent avec elles la richesse des individus, la puissance de rayonnement et d’expansion de la collectivité. À l’heure où ces forces prennent conscience d’elles-mêmes l’architecture est morte et la sculpture se meurt. Si les aristocraties de fortune recueillent la floraison de la littérature et surtout de la peinture, ce sont elles aussi qui les flétrissent, comme la richesse acquise détruit la puissance d’un peuple en élevant autour de lui des organes d’isolement et de défense qui finissent par l’écraser. Les hommes n’ont qu’une richesse, l’action.

    Le caractère universel et la volonté de discipline intérieure du christianisme primitif imposa aux barbares du Nord et de l’Ouest de l’Europe un cadre nécessaire à l’endiguement et à l’utilisation de leurs énergies inemployées. La Réforme, à son tour, ou du moins le mouvement qui aboutit à la Réforme, leur permit de retrouver leur personnalité compromise à la longue par l’envahissement progressif de l’idéalisme latin, et de dégager leur action économique de la domination romaine. Si la forme extérieure que donnèrent à l’agitation réformatrice les pouvoirs religieux et politiques de l’Allemagne étouffa les puissances spirituelles délivrées par la Renaissance, elle devait ressusciter avec la grande musique dans le génie du Nord désormais libre et maître de verser sa formidable vie dans l’âme des hommes futurs.

    Quels qu’aient été les attentats du catholicisme et des confessions protestantes contre l’innocence de l’homme, il faut les accepter comme des sécrétions sociales nécessaires où l’homme du Midi et l’homme du Nord ont puisé pendant des siècles ce qui leur manquait pour établir leur équilibre avec le milieu naturel et moral où s’écoulait leur vie. L’individualisme passionnel des peuples méridionaux leur imposait le besoin d’une armature sociale puissamment hiérarchisée où toutes les inquiétudes, tous les conflits intérieurs pussent trouver une solution précise et réclamer à la rigueur l’appui d’une force extérieure immuable.

    Ici des artistes d’autant plus puissamment individualisés qu’autour d’eux-mêmes la multitude est anarchique et passionnée, réunissent l’esprit épars en dressant une image idéale, généralisatrice et hiérarchique de la nature. Là des artistes à peine dégagés de l’instinct collectif du moyen âge, divisent l’esprit commun en particularisant tous les aspects d’une nature confuse et détaillée et qu’ils voient sur le même plan. Rubens, homme du Nord et catholique, accordera une minute l’âme de Michel-Ange et l’âme de Dürer.

    Mais il faudra l’attendre un siècle. Jusqu’à lui et malgré les emprunts incessants que les peuples du Nord faisaient à l’Italie, tandis que l’Italie demandait aux coloristes de Flandre des conseils dont il est moins facile de découvrir la trace, il y eut entre l’esprit du Nord et l’esprit du Midi une sorte d’antagonisme nécessaire à l’effort du monde et qui sans doute ne disparaîtra que le jour où, l’unité de l’Europe effectuée, des groupements plus nombreux et plus éloignés les uns des autres confronteront leurs désirs. Les paysages maigres du Midi, leur transparence, les lignes sobres et précises qui les arrêtent dans l’intelligence et font naître en nous des idées claires et des rapports essentiels permirent aux grands Italiens de donner de la nature une interprétation intellectuelle qui, des sculpteurs d’Égypte à Michel-Ange et de Phidias à Titien, n’a changé que d’apparences, et tend à résumer la vie universelle dans la forme humaine aussi purifiée que l’esprit des accidents qui les entravent et des imperfections qui les entourent. La confusion noyée de brume et submergée de feuilles des paysages du Nord, qui fait entrer dans notre émoi de vagues sensations où s’enchevêtrent des images impuissantes à s’organiser en idées, ouvrit aux artistes des pays septentrionaux les portes d’un mystère où les formes flottent et se cherchent, interdisant au sentiment d’éliminer et de choisir. Les uns, en réduisant la nature à une harmonie volontaire, élevaient l’homme jusqu’au Dieu, les autres mêlaient l’homme à la vie générale en considérant la nature comme une symphonie aveugle où la conscience sombre dans le vertige des sons, des formes et des couleurs.

    De là l’exaltation spirituelle de ceux qui, pour mieux saisir la destinée supérieure de l’homme, oubliaient sa misère et leur propre souffrance et le voyaient montant toujours, de là l’humanité de ceux qui, chaque fois qu’ils se penchaient sur l’homme, l’apercevaient roulé dans le flot fraternel de la matière, des idées et des mouvements.

    L’anthropomorphisme des uns, le panthéisme des autres ont donné à notre esprit les deux pôles de sa puissance, entre lesquels il est peut-être condamné à marcher éternellement, mais où il puise, en même temps que le désir et le doute, la volonté de l’action.

     

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    Elie Faure dans "Histoire de l'Art"   - 1914 - Ed. Bartillat

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  • Godard or not Godard ?

     

     

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                   Godard, cet éternel, ce grand, cet immense amateur chez les professionnels ! Godard ou l'anti-cinéma ! Un Godard qui, certes, fait ce qu'il peut, avec les moyens dont il dispose ; et comme il ne et n'y peut pas grand-chose et que ses moyens sont limités...


    Un Godard qui oublie souvent le cinéma en cours de route, trop occupé qu'il est à vouloir à tout prix nous expliquer qu'il est d'une intelligence bien supérieure à la moyenne de ceux qui servent le même Art que lui.  Certes, Godard-là aura eu, malgré tout, le mérite de chercher même s'il lui est souvent arrivé de tourner alors qu'il n'avait rien trouvé : et là... mon Dieu, là... une heure trente, c'est long, très long : une éternité.


    Mais alors, pourquoi se donner autant de mal pour un résultat aussi médiocre ? Fellini, lui, avait tout compris dès 1960 et tout trouvé aussi ( à partir de "La dolce vita" et "Huit et demi "), sans tapage avec une maestra inégalée par tous les réalisateurs dits de la "Nouvelle vague" qui s'est très vite avérée n'être qu'une vaguelette.


    Avec un film tel que "Le mépris", Godard nous montrera avec brio à quel point sa génération n’a pas les outils intellectuels ni culturels pour penser un auteur grec de la stature de Homère - indépendamment de cet autre auteur qu’est Moravia -, Godard réduisant l'Odyssée à une histoire de crise du couple ; et la présence de Fritz Lang ne sauvera rien, et pas davantage le pastiche musical de Delerue venu tout droit de chez Mahler !...


    Godard n'a jamais assumé la responsabilité que tous les cinéastes, même les plus radicaux, ont assumé : la responsabilité de ce que l'on donne à voir et à entendre, comment et pourquoi. Il semblerait que Godard ait fait du cinéma faute de trouver un autre exutoire à son ennui. "Le mépris" avec sa fausse musique et ses guests-stars annonce un cinéma de l'esbroufe, destiné à épater le bourgeois branché, un cinéma de faux érudits, de faux intellectuels bavards car Godard ne travaille aucun texte (ce que lui reprochera Marguerite Duras) bien que ce qu'il croit être "son cinéma" se répande en citations ; ce qui semble le dispenser de lecture.

    L'art contemporain est aussi né, en France du moins, avec ce film et ce réalisateur d'un conformisme confondant. Il ne manquait plus que  Mai 68 et ses libéraux-libertaires escrocs composés de jouisseurs à la petite semaine.


    Autant pour cette soi-disant avant-garde cinématographique, nouvelle vague, qui s'appuie sur le top 50 de la musique romantique pour faire « son cinéma » ! Et alors qu’un réalisateur comme Kubrick, qui n’a jamais eu à cracher sur la tombe de quiconque pour exister, tout occupé qu’il était à servir et à parfaire, film après film, son métier et son Art, sera bien plus avisé : en 1969, il ne se contentera pas seulement des Strauss - Richard et Johann ; il nous présentera dans 2001, l’Odyssée de l’espace, un compositeur contemporain majeur : György Ligeti, roumain/hongrois naturalisé autrichien, né en 1923 et mort en 2006.


    Une nouvelle vague au vague à l'âme approximatif et au cinéma de terrain du même nom : terrain vague dont les films, à de très rares exceptions près, n'arriveront jamais à la cheville du meilleur du cinéma français des années 30, 40 et 50.


     

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    "Film socialisme" (2010) ou quand Godard rempile
     

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             Une souscription est lancée ; souscription qui devrait, nous l'espérons tous, permettre à Godard de s'offrir un chef opérateur et un preneur de son dignes de cet Art cinématographique qu'il est censé servir. A moins qu'il ne se soit agi depuis un demi-siècle d'autre chose en ce qui le concerne car...

    Car enfin... comment trouver une justification à la qualité déplorable de la bande son et de l’image de son dernier opus "Film socialisme" ? Qualité aussi affligeante que tout ce que l’art contemporain - fossoyeur de l’Art Moderne -, nous présente depuis les années 60 - un art de bric et de broc.

    Le titre de son dernier long métrage aurait dû nous alerter avec son emploi inconsidéré et gratuit de social-isme là où l'on serait en droit de trouver social-iste, à la fois adjectif et substantif (et substantiel ?!) - tout comme cette substance dont le film aurait eu bien besoin car...

    Une longue suite de name-dropping... en-veux-tu-en-voilà mais inaudibles, homme de citations (citations le plus souvent pédantes, académiques, scolaires et creuses ) plus que de cinéma (il ne suffit pas de mettre des images sur du texte ou de la musique sur des images pour faire du cinéma), dont les références musicales sont celles de tout le monde, Film socialisme qui ignore superbement le spectateur (film pour Godard seul ?), d'une complaisance rare, ou bien d'une insouciance proche de la négligence, est un véritable défi lancé au cinéma : en effet, dans ce qu'il faut bien appeler "une proposition audio/vidéo" (type de proposition qui force la remarque suivante : n'importe quel quidam sans compétences techniques ni artistique aurait pu être, dans une large mesure, à l'origine de ce film) difficile de trouver un plan de cinéma, une idée, un visage, un regard, une voix dignes du 7è Art ; proposition d'une pauvreté sans nom dans laquelle le "réalisateur" peine à trouver quelque chose à dire, à montrer, à donner à entendre, et qui plus est : quelque chose à nous dire, à nous spectateurs pourtant débordants de bonne volonté.

    On nous promet Odessa, l'Egypte, la Palestine, l'Or espagnol... on n'en verra pourtant qu'un ou deux plans, aussi indéfinis qu'interchangeables.

    Un port turc ?... De nuit ; port qui pourrait être n'importe quel port... avant un bavardage de type bric-à-brac intellectuel indigent et mal inspiré dans un garage et une station service...

     

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               Godard prétend habiter le cinéma ; force est de constater que, dans les faits, Godard n'habite que lui-même car,si on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, au cinéma, les bonnes intentions ne suffisent pas..

             Aussi...qui aura le courage de demander à Godard - le réalisateur le plus sur-évalué de tous, tant sur un plan artistique qu'intellectuel (avec Scorsese... pour d'autres raisons)-, non pas de rempiler mais... de raccrocher avant que l'on en vienne tous à penser que vraiment, cet homme-là n'était pas fait pour le cinéma ?! 

     

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    Pour prolonger et rebondir... Godard chez Mediapart

     

    Ainsi que Cinéma, de film en film, de salle en salle

     

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  • Pina Bausch : danser pour ne pas se perdre et retrouver son chemin

     


              Chorégraphe prolifique…


    Chorégraphe d’une micro virtuosité car, jamais on n’aura autant dansé mais… sur place…

    Chorégraphe de la nostalgie et des quelques heures qu’il nous reste encore à vivre… accueilli, enfin accepté, ne faisant plus qu’un, tous ensemble en rêve et songe - rêves dansants, cauchemars aussi -, les surréalistes n’auraient rien renié d’elle.

     

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    Chorégraphe de l’insolite en nous, exubérance si précieuse pour notre santé mentale… chez Pina Bausch la vieillesse a encore toute sa place ; on peut donc vieillir serein car on danse de 14 à 77 ans, et au-delà mais… les deux pieds sur terre.

    Chorégraphe de la séduction et de la compassion, les femmes souffrent plus souvent que les hommes qui se reposent, spectateurs ; et quand tous deux se retrouvent et se rejoignent, l’un portera l’autre : sa joie comme sa peine, et aucun fardeau n’aura raison de l’amour qu’ils se vouent.

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    Urbanité assumée, avec Pina Bausch, on dansera dans tous les lieux, aux carrefours des grandes villes…

    Des lions en cage, des internés dociles car sans illusions, pour un peu, c’est vivant que l’on menace de vous enterrer. Aussi, après avoir dansé Pina Bausch, souvent une bonne douche s’impose.


                  De l’illusion d’optique, prestidigitateur, deux corps en un parfois, féminin-masculin, chez Pina Bausch les hommes sont néanmoins des hommes et les femmes des femmes, on ne peut pas s’y tromper.

     

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    Buster Keaton et Chaplin, avec la danse, elle les réconcilie tous les deux.


    Chorégraphe de l’épuisement et des corps empêchés qui ont alors recours à leurs propres membres pour en articuler d’autres, en force, d’accord ou pas – les bras pour les jambes, un bras pour le coude de l’autre -, Pina Bausch est dans chacun de ses danseurs et dans chacun de leurs bras tendus vers le ciel qui appellent plus souvent la foudre dans la recherche d’une énergie vitale à renouveler que Dieu.



                Poupées, pantins désarticulés, polichinelles… vertige burlesque, travail et implication totale jusqu'à la fusion, avec Pina Bausch, ceux qui auront peur du ridicule et du grotesque devront aller voir ailleurs si ça se fait que de danser sans risque.


    Chorégraphe de toutes les dispositions physiques (grands, petits, jeunes, vieux...), tous danseurs étoiles... étoiles filantes aux métaphores incandescentes - trait marquant de la danse contemporaine -, toute une humanité, dans laquelle chacun trouve sa place, chacun selon ses qualités,  irremplaçable et unique, loin d'une recherche d'un régime d'exceptions et de faveurs au nom d'une soi-disant "élection", élection de classe ou ethnique à caractère suprémaciste aussi ridicule qu'abjecte, Pina Bausch c’est la langue allemande qui danse le tango et le flamenco dans une union de toute l’espèce humaine, de tous les continents. Et tous les vocabulaires et toutes les cultures chorégraphiques sont appelés à la rescousse ; l’eau, la terre, le vent aussi… et si le feu est absent c’est qu’il brûle dans tous les corps de ses danseurs telluriques.


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    Pour prolonger, cliquez : Pina Bausch, un film de Wim Wenders



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  • L'homme aux trois cents films et aux dix mille mots

     

    Après Prévert et le cinéma... 

     

             Quelles places pour les Michel Audiard d'aujourd'hui à l'heure où le silence qui règne en maître sur tout ce qui devrait être dit, et dans certains cas, hurlé et qui est tu, impose sa loi partout et sur quiconque craint la relégation ?

     


    L'Europe du Capital et des trusts - Simenon, Audiard en 1961

     

                    Audiard était capable de mettre des mots dans la bouche d'un Président du Conseil et dans celle d'un clochard, d'un ouvrier et d'un banquier.

     

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             Grande est la tentation de se poser la question suivante : comment se fait-il qu'il n'y ait plus d'auteurs  (Pagnol, Prévert, Guitry, Jeanson, Audiard, Dabadie) aujourd'hui dans le cinéma populaire ?

    Et la réponse ne tardera pas à venir...

    Il n'y a plus d'auteurs au théâtre et au cinéma tout simplement parce que plus rien ne peut être dit... la chape de plomb de la bien-pensance et du politiquement correct recouvrant tout. Et gare à ceux qui contreviennent à leur diktat !

    On notera aussi le fait suivant : la situation n'a pas cessé de se dégrader depuis l'arrivée du PS au pouvoir (à ne pas confondre avec la gauche), et plus particulièrement depuis le virage de 83.

     

             Pour prolonger cliquez Cinéma, cinéma ! De salle en salle

     

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  • Dieudonné : saint et martyr

     

     

                    Et alors que de nouvelles tentatives d'interdictions des spectacles de Dieudonné se font de plus en plus pressantes - dernièrement en Belgique et à Montpellier ; sans fondement juridique, toutes ces interdictions ou tentatives d’interdictions violent les lois relatives à la liberté d'expression...

    De plus, on ne manquera pas de préciser ce qui suit : jamais un spectacle de Dieudonné n’a été interdit par un tribunal pour quel que délit que ce soit, et tous les arrêtés destinés à interdire les spectacles de Dieudonné ont tous été annulés par le conseil d’Etat.

     


                         Dieudonné à propos de l'arrêté municipal illégal de la mairie de Montpellier

                                    

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                   Le rire reste un mode de résistance d’une efficacité redoutable contre notre impuissance face à la tyrannie.

    Rire pointu, de spécialistes, rire qui ne perd rien pour attendre, et pour avoir trop attendu aussi, rira bien qui rira le dernier, le rire est communion et partage ; grégaire, il rassemble.

    Le rire est germination quand il révèle des savoirs enfouis et volontairement cachés. En s’attaquant au réel, il le démasque. Le rire peut être aussi une force de résistance contre la résignation ou l’impuissance.

    Avec le rire, tous les traumas deviennent gérables. Avec l'humour, toute solennité est exclue ; mais le rire n’est pas pour autant le laisser-aller quand il a pour alliés l'intelligence, la liberté et l'Art ; bien au contraire, celui qui rit, même confortablement assis, se tient mentalement et émotionnellement debout, digne et fier. Toujours !

    Rire inespéré qu'on n'attendait plus, le rire apprivoise l’horreur d’une condition ; rire boomerang et miroir, le rire expose les escrocs de la vertu et de la morale sans oublier les chantres d’une pseudo fraternité - fraternité à géométrie variable, d'un poids d'une mesure jamais égale ; fraternité sournoise qui cache mal un désir violent de domination.

    Si le rire n’est jamais loin du sanglot, c’est qu’il en est la larme sèche.

    Les mécanismes du rire sont complexes ; ils se dérobent à l’analyse exhaustive car avec le rire, son talent, son génie, il reste toujours une part d’inconnu.

    Vertigineux, en funambule de la raison, l’humour tout comme le rire, fraie avec la folie.

    Le rire est libération quand il met en scène un dépeçage des conventions, des hypocrisies et des machinations ; il libère l'esclave et nous permet de sortir de l’enfermement dans lequel nous nous complaisons. 

    Rire, humour… humour et rire, il arrive aussi que le rire rende justice à ceux qui en sont privés.Belle revanche des déshérités alors !

     

     

                            Enquête d'un journaliste Belge sur le lynchage médiatique de dieudonné

     

    ***

     

                     Dieudonné exerce avec courage une vocation d’humoriste satirique à tendance corrosive ; vocation d’équilibriste qui a ses exigences : on doit être capable de prendre la communauté nationale à rebrousse-poil. Le sel de la profession cette capacité : ne jamais être là où l’on vous attend pour vous y avoir maintes fois trouvé.

    Electron libre n’ayant de compte à rendre qu’à son Art. Humoriste au vitriol, enfant de Coluche et Desproges, l’humour tel que l’envisage Dieudonné est une action pratique concrète : plus on raconte le monde moins on raconte d’histoires à un public qui serait venu oublier le temps d’un show, les vicissitudes du quotidien, ses contraintes et ses déceptions car, avec Dieudonné, on oublie rien, et l’on se souvient de tout et surtout, de ce dont on a bien failli ne pas se souvenir, tête en l’air que nous sommes tous ! Avec Dieudonné on quitte son fauteuil  plus que jamais présent au monde, dans le monde, un monde sous influence, celle de l’éternelle tentation de manipuler ou d’assujettir des sociétés, des nations, des populations et des groupes d’individus... tout ce qui rampe, marche et crève…

    Avec Dieudonné, l’humour semble pallier la coupure d’avec une critique sans concession des mécanismes de domination et la diffusion d’une telle critique ; un humour qui pose la question de l’action loin du confort des studios de radios qui nous font l’aumône de 4 minutes d’impertinence souvent sans lendemain et qui n’a pour seule conséquence que de provoquer la mauvaise humeur de petits chefs capricieux et autres hommes de mains d’un pouvoir liberticide ; la grossièreté, voire la vulgarité, prenant le plus souvent le pas sur une critique essentielle et frontale : qui fait quoi, comment, à qui et pour quoi.

    Humour hantée par la politique que celui de Dieudonné ! Rien de surprenant à cela puisque, très tôt, Dieudonné s’est engagé auprès de l’anti-racisme et l’anti-communautarisme dans un effort constant de renouvellement des enjeux de l’action humoristique, son Art, et sa pratique au service d’une analyse critique des mondes que l’on nous somme d’habiter.

    Si l’on parle d’humour ravageur, c’est bien parce qu’il fait ravage et qu’il n’a de cesse d’influer sur le cours d’une prise de conscience toujours plus exigeante et gourmande. En effet, parmi les 20-35 ans, combien ont rencontré la politique avec Dieudonné dans une France où quarante ans de Front national aura fini par avoir raison chez toutes les élites médiatiques (à ne pas confondre avec les élites morales et intellectuelles qui elles, ont déserté les médias) d'un "on ne peut pas tout dire et surtout pas n'importe quoi" : Finkielkraut, Chirac, Zemmour, Hortefeux, Luc Rosenzweig, Frêche, Elisabeth Lévy, jusqu'au Président Sarkozy en campagne et hors campagne...

    Libre à chacun de compléter cette liste...

     

                         Dieudonné : là d'où il vient, là d'où il est parti voilà 15 ans

     

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                   La dérision et la transgression subversive ? Dieudonné est coutumier du fait ; dans ses spectacles, notre humoriste a déjà pris pour cibles sur le même mode, le racisme ainsi que deux des trois religions monothéistes ; en ce qui concerne le Judaïsme, après une première tentative en 2008, il y renoncera très vite, dissuadé par une campagne d’intimidation.

    Un plaisir décuplé que cette transgression subversive, piment d’une vie sociale qui crève lentement sous la chape de plomb d’un politiquement correct qui cache mal une débauche et une orgie de prise de pouvoir et d’intérêts sans nombre et sans précédent – et nous ne sommes qu’au tout début de ce disfonctionnement citoyen et démocratique. 

    Dieudonné est aujourd'hui banni des médias ; phénomène de vendetta jamais rencontré en France contre un artiste dans l’exercice de son art ; sous de Gaulle et Giscard, même les artistes les plus engagés n’auront pas connu un tel bannissement !

    En effet, on n'a pas connu en France un tel climat de chantage et de terrorisme intellectuels exercés sur les institutions et les médias, leurs producteurs, animateurs et journalistes (télés, radios et journaux) depuis l’ère communiste et stalinienne - le PCF en particulier, avec ses intellectuels et ses sympathisants jusqu'aux années 70.

    A moins d'être aveugle ou partisan, difficile de ne pas admettre que leurs méthodes sont étrangement identiques : insultes, discrédit, intimidation physique, calomnie, procès d'intention, amalgames, chantage affectif, chantage professionnel...

     

                     Qui sème la censure, l'exclusion et le bannissement à l'encontre d'un artiste dans l'exercice de son Art, comme ce fut le cas contre Dieudonné, récolte Faurisson - là où ça fait mal -, et en prime… un film l’Antisémite.

    Il semblerait bien que ce pays ne sache faire qu'une chose : rejeter, bâillonner, censurer, stigmatiser, traduire devant les tribunaux la moindre tentative d'exercice de liberté d'expression politique et artistique (rappeurs, auteurs, essayistes, pamphlétaires, artistes de scène, syndicalistes, activistes), tout en privant des millions de Français de parole, de porte-voix, de représentation, et finalement : d'espoir...

    Tous les médias, leurs producteurs et leurs animateurs, chroniqueurs et journalistes y contribuent, chaque jour, chaque semaine... radios, télévisions, journaux ; médias qui ignorent sciemment d'innombrables réalités et expressions culturelles, politiques et sociales. 

     

    ***

     

                    Le scandale fait tache d’huile, et tôt ou tard, il provoque une crise : toute tentative de l’étouffer le renforce car le scandale c’est aussi tout ce qu’on tente de taire. Le scandale éclabousse les tenants du mensonge, dérange toutes les catégories car le scandale c’est l’inédit et l’inouï. 

    Alors oui ! Dieudonné et la transgression… Privilège absolu de l’artiste ! La transgression...  mais la transgression boomerang ! La transgression non pas comme fin en soi mais comme moyen : dénoncer une autre transgression qui a pour objet un mensonge qui dit toujours la vérité sur le fumier d'une bonne conscience d'un mépris sans limite pour le faible, le désarmé, l'inarticulé, le vaincu qui ne vivra point ce qui ne lui sera pas accordé et donné de vivre, et qu'il ne prendra pas non plus car il ne mérite rien

    Jusqu’à ce que l’humour devienne une action collective tant il suscite à la fois l’admiration des uns, le rejet des autres et les indécis au milieu ; lesquels indécis s’en remettront inévitablement à la propagande la plus performante, celle qui contrôle tous les réseaux de diffusion qui font l’opinion ; et en ce qui concerne Dieudonné, il existe une telle dissymétrie de moyens d’action entre ceux qui « veulent sa peau » et ceux qui le soutiennent que ces mêmes indécis ont tôt fait de se dire : « Il est allé trop loin ! Il l’a bien cherché ! ». Dissymétrie que l’on retrouve dans le cadre d’une mondialisation sans retenue aux comportements prédateurs sans foi ni loi, dans les domaines militaire, culturelle et économique comme jamais auparavant. Et cela ne surprendra personne le fait que les forces rassemblées contre Dieudonné participent de près ou de loin, indirectement ou non à ce nouvel ordre mondial : celui du dumping moral(e) et des bombes.

    Dieudonné, à la fois microcosme et mini-théâtre d’opérations qui, à une tout autre échelle, sont destinées à soumettre le plus grand nombre à cet ordre mondialiste qui n’a pour seule devise : « Tout pour ma gueule » ?

    Assurément !

     

                   Bouc émissaire Dieudonné ? Là aussi, sans l’ombre d’un doute. Mais alors… comment rendre les coups que l’on reçoit ? Comment exposer au grand jour les contradictions ou les hypocrisies de ses détracteurs et adversaires souvent puissants et de mauvaise foi ?

    Si nombre d'humoristes sont à l'humour ce que les reality-shows sont à la réalité - une diversion pour le sordide ordinaire de la ménagère de plus de 40ans et autres adultes infantilisés et ados attardé(e)s -, un rire collabo donc à l'humour sans conséquence qui ne gêne personne...

    En revanche, Dieudonné est à l'humour ce que les films catastrophes et autres films d'horreur sont au cinéma : "... et même s'il ne faut pas que ça arrive, tout semble indiquer qu'on n'y échappera pas."

     

     

                           Vidéo conférence de Dieudonné le 25 mai 2012  - Partie 1

     

                       Humour en état de veille et d’alerte constant, oeuvre salubre, Dieudonné devrait être reconnu d'utilité publique. Depuis la déchéance de l’homme politique nous n’avons jamais eu autant besoin d’humoristes à risques, abrupts, dangereux car cet humour-là oblige à choisir son camp comme la politique à identifier l’adversaire. D’un côté Bartleby «  J’aimerais mieux pas… »,  de l’autre Dieudonné et son « Il faut ! »

    Dieudonné a fait de l’humour une exigence plus haute que celle de la plupart des humoristes anecdotiques qui pratiquent l’imitation, la parodie et la caricature, alors que l’humour de Dieudonné est l’exact opposé de tout ce qui est voué à l’amenuisement.En effet, au sortir de son humour, on se sent moins bête (… de somme), moins insignifiant ; on reprend la main et le dessus sur l’abrutissement, l’humiliation et le faible ressac de la désobéissance et de la dénonciation parcimonieuse et timorée.

     

     Partie 2

     

                                                          ***

     

                  On pourra ici saluer le fait que jamais Dieudonné ne s’est laissé intimider : il a rendu coup pour coup tout en évitant le plus souvent les pièges qui lui sont tendus quotidiennement. On sait pourtant comment  les stratèges pervers peuvent provoquer de la violence chez l’autre pour faire écho à la leur si bien calculée, et ainsi, forcer à la faute leur victime qui, ce faisant, dédouane bien involontairement de tout reproche les responsables de ces stratagèmes.

    Qu'à cela ne tienne... longue vie à eux tous ! Car, si la plupart d’entre nous meurt, d’autres crèvent et on aura remarqué que ce sont précisément eux qui partent les derniers ; de là, sans doute, ce monde insortable et imbuvable qu’il nous est quotidiennement demandé de subir ; vieille charogne sur laquelle on se plaira à cracher avant de prendre congé...

    Oui ! Un crachat... épais et lourd, venu non pas du fond des âges mais… du fond de la gorge... bien profond, là où se loge le dégoût et la colère...  après un raclement rhino-pharyngé de tous les diables. De préférence, et quitte à choisir, ce crachat, clair ou coloré, on le souhaitera quasi aqueux, gluant et muqueux… nez, gorge… on le fera descendre pour mieux le faire remonter… poumons, bronches, sécrétion translucide ou opaque… seul importera son poids et la puissance de son expulsion, sa cible et la force de projection…

    On a connu et soutenu l’entartage des années 80 et 90 destiné aux facétieux et aux tartuffes de la conscience humaine, il est grand temps de monter un cran au-dessus : proposons le crachat car, à l'avenir, nul doute... c’est avec ce crachat-là qu’il faudra compter.

    Et lorsque la coupe sera pleine, mais… vraiment pleine, plus tard mais bien avant longtemps, une fois nos selles devenues muqueuses, c’est alors un crachat rectal qui s'imposera à la face du monde. 

     

    Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

     

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  • FIAC 2011 - Galeries Lafayette, partenaire officiel

     

                Pour en finir avec la scène artistique, et l'art contemporain, fossoyeur de l'Art moderne.

                                          

    Que peut-on raisonnablement attendre d’une société dont les élites culturelles ont fait le choix de troquer, entre autres sculpteurs… Rodin, Lambeaux et Meunier, contre des patrons de casses-autos-compresseurs ; et ce sans demander l’avis à qui que ce soit ?

     

     

     

                                                                     ***

     

     

                     Comment ignorer aujourd'hui le fait que nombre de professionnels de l'Art contemporain - directeurs de musée et/ou de centres d'Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d'expositions, critiques d'art, les DRAC et les journalistes ont lamentablement échoué dans leur mission…

    Car, à défaut d'être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d'être les relais serviles d'agences de relations publiques, de créations d'événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l'Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d'entretenir et de promouvoir l'image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles, égoïstiques... abusivement appelés : artistes..

    On pourra aussi et sans risques, les accuser d'être jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l'abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l'Art contemporain (qui vraiment, n'en avait pas besoin !!!), avec de soi-disant artistes cotés à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l'Art avec l'industrie du divertissement... et du luxe, en l'occurrence.

    On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu'ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque - époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l'on croit avoir compris d'elle, qui n'est, le plus souvent, que ce qu'on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l'on est capable de saisir d'elle...

    Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l'esprit qu'il se pourrait bien qu'ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées - sinon dissuadées -, face à l'incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d'être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s'évanouit à jamais.

    Alors...

    Pour tout ce gâchis humain et artistique... réclamons une minute de silence...

    Sinon, l'éternité.

     

    ***

     

     

                   Confronté à toutes ces figures d’une scène prétendument artistique, créateurs aux installations dont les concepts feraient hurler de rire un cheval, énergumènes bavards comme il n'est pas permis, et alors que l'Art est l'incarnation même d'une pensée tacite...

    A quand donc une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte et du crachat, entre désespoir et colère, face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres, foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui, à son tour, embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et/ou jean-foutres...

    Mille événements - en veux-tu, en voilà ! - proposés par des commissaires, dans le meilleur des cas, carriéristes, et dans le pire, tragiquement incultes, bardés de diplômes d’universités-dépotoirs et d‘Écoles nationales dans l'impossibilité de refuser quiconque se présente avec en poche un sésame qui a pour nom : Bac

    Disons les choses...

    Toute cette production tapageuse mais vaine, c'est Warhol qui a triomphé de Picasso, César de Rodin - un Rodin qui pourtant avait pris soin d’ouvrir en grand toutes les portes qu’un César s’est empressé de refermer sur un univers concentrationnaire...

    Tout ce ramdam, c’est aussi - dans une longue liste qui n’épargne aucun art ni aucune discipline -, John Cage qui a triomphé de Boulez, un BHL et un Finkielkraut pour triompher et de Sartre et de Camus et de Deleuze et de Foucault et de Derrida...

    Et pour finir - un malheur n‘arrivant jamais seul -, c’est aussi Mitterrand et le PS qui ont triomphé de Jaurès, Renaud de Léo Ferré, le Rock du Blues ; Guillaume Durand et Franz Olivier Giesbert de... Personne.

     

    ***

     

                   Quand cessera-t-on de penser que l'Art est mort avec Auschwitz et le "pop art" et ses artistes-commerçants cyniques ?

     

    Un art intransmissible parce que... sans métier cette production auquelle il nous est demandé d'adhérer ou bien, de nous taire et de disparaître. Car enfin... allez transmettre des peluches, des homards, des pouces et des concepts qui feraient hurler de rire n'importe quel étudiant en 1ère année de philosophie, et même nos penseurs les plus pusillanimes et les plus indulgents !

    Mais… voici que des voix se font entendre ; elles nous demandent de ne pas nous inquiéter car, personne ne nous demandera des comptes puisque ce qu’on ne vous a pas transmis ne peut en aucun cas vous manquer, à savoir : un art d’aujourd’hui... pour demain ; un art qui renvoie aussi à hier, comme pour nous rappeler d’où l’on vient et sans qu'il ait été nécessaire d'y être allé ni d‘en revenir.

     

    Signe des temps ou maladie d'une époque : on ne compte plus les artistes dont… ce qu’on appelle l’œuvre restera sans héritier : rien de surprenant en la matière puisqu’il s’agit le plus souvent d’une oeuvre sans héritage.

     

    Certes ! Tel ou tel artiste aura été le premier à y penser (?!) et sans aucun doute le dernier, même si après coup, l’on sera bien en peine de déterminer sur un plan artistique et historique ce à quoi l’artiste en question aura pensé et ce qu’il nous aura légué.  

     

    Quant aux discours autour de tout ce tapage ... ils nous rappellent que l’on peut créer du discours autour de tout et de n'importe quoi ; il suffit pour cela d'être un bon discoureur ; ce que sont nombre d’intervenants dans le milieu de l’art, manifestement.

     

    Querelle des Anciens contre les Modernes ? Grande bataille des idées neuves contres des idées anciennes ?

    Encore faut-il qu’il en soit question.

    Mais alors, cet art sans idée, sans art ni artiste sert quel Art ?

    Il n’y a pas si longtemps encore, l’Art nourrissait spirituellement et intellectuellement l’homme ; alors que depuis les années soixante et le pop art, (pour ne pas le nommer) l’art (du moins, celui qui nous est proposé) a non seulement perdu sa majuscule, mais il semble n’avoir qu’un souci : affaiblir l’homme jusqu’à l’avachissement.

    Avec Duchamp, on avait l’audace, le courage, une radicalité assumée et salutaire ; le flair du prophète, mais aussi : l’hilarité et le scandale, le tout encadré par une technique , un savoir-faire et un métier.

    Aujourd’hui sans vision, la production de ces poseurs que l’on nous impose, ne dépasse guère le plus souvent le cadre des toilettes et/ou celui d’une chambre à coucher aux murs tapissés de jeunes filles en fleurs ; le nombril aussi, et plus bas encore mais... jamais plus haut.

    Faut-il leur rappeler à tous que jamais les artistes n'ont été égocentriques mais... absorbés, préoccupés, habités, obsédés par leur Art, précisément ce qu'ils portent en eux qui est... comme un fait exprès, ce qu'ils se proposent d'offrir au monde et de partager avec lui.

     

    Distinguo important.

     

    A la trappe l’Universel ! Fini l’Art qui permet de sortir de soi et de son environnement immédiat : qu’il soit mental et /ou géographique !

    Non ! Aucune vision digne de ce nom : celle d’un monde pour demain ; artistes visionnaires, novateurs et précurseurs.

    Pire encore, on cherchera en vain un savoir-faire pour défendre quelle que valeur esthétique que ce soit : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus...

    Car, cette exigence-là nous restitue ce qu'il ne faut jamais abandonner : le goût de l’effort et le toucher immédiat de l‘esprit qu‘est le talent lorsqu'il s'appuie sur une ascèse indéfectible et un Art de force, de témérité et de victoire.

     

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                  Les artistes de la FIAC cliquez 2861 Artistes exposés

     

     

    l'art contemporain, fossoyeur de l'Art moderne.

    Boltanski en maître chiffonnier qui nous demande de voir dans ce tas de fripes et de loques... devinez quoi ?

    Auschwitz, Hiroshima, le Rwanda...

    Des artRISTES en veux-tu en voilà !

    Fast Cast New Body (His Arm, His Leg), 2011 -

    Sapountzis

     

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  • De Louise Bourgeois à Jeff Koons en passant par Annette Messager

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                 Dernièrement - dieu sait pourquoi -, j’ai pensé à Louise Bourgeois et à son araignée intitulée "Maman" ; sculpture qui, à mes yeux, n'a qu’un seul mérite : celui d’être monumentale (ce qui n'est pas une qualité en soi, bien évidemment) car, pour le reste…

    J’ai pensé aussi à son expo, celle de Beaubourg, en mars dernier ; expo qui peut se résumer à une vidéo bavarde et complaisante diffusée sur un écran devant lequel des fauteuils confortables ont été placés, le tout disposé à l’entrée de la dite Expo comme pour dissuader quiconque d’aller plus loin.

    Dans tous les cas, une "artiste" dont « l‘œuvre » est à chercher sous la moquette épaisse d’un salon cossu ou sous les lattes étriquées d‘un parquet ciré ; et le commissaire de l’expo ne s’y est pas trompé - même involontairement -, en installant ces fauteuils et ce téléviseur.

                  Pour rester avec Beaubourg* qui, manifestement, ne souhaite pas être en reste avec quiconque cotise à la MDA (Maison des artistes - organisme agréé par l'État pour gérer le régime de Sécurité sociale des artistes) : Annette Messager.

    Après le stade oral et le stade anal, voici venir le stade « peluches et souffleries ».

     

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    Dis ! Annette ! Franchement, à ton âge, hein ? T’as pas honte ?

     

                     Jeff Koons maintenant.

                     Cet "artiste" rémunéré à coups de millions de dollars (aussi riche, sinon plus, qu’un joueur de basket de la NBA), cet ancien trader est annoncé au château de Versailles en septembre ; alors... attendez-vous à… petit lapin, homard et cœur géants.

     

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    Vraiment, je suis impatient de lire les papiers des journalistes qui, le moment venu, seront dépêchés sur les lieux (et celui de Mediapart aussi, et surtout !) ; personne n'étant épargné par l'automatisme d'une approbation aussi irréfléchie qu’injustifiée, nul doute, leurs articles ne manqueront pas de mentionner un Koons sulfureux, un Koons futé et drôle avec ça, et irrévérencieux et tellement cocasse dans ce lieu insolite et... et... et...

    Alors oui ! Mille fois oui !

     

                  Confronté à toutes ces figures d’une scène prétendument artistique que des journalistes moutonniers n’hésitent jamais à encenser, à quand une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte et du crachat, courage d'une main, désespoir et colère de l'autre, face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres ; foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui à son tour embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et jean-foutres.

    Mille événements - en veux-tu, en voilà ! - proposés par des commissaires bavards et suffisants parce que... dans le meilleur des cas, franchement et tout bonnement carriéristes, et dans le pire, snobs mais tragiquement incultes, même bardés de diplômes issus d’universités-dépotoirs et d‘Écoles nationales de Dieu sait où et de Dieu sait quoi qui ne peuvent refuser quiconque se présente avec en poche un sésame qui a pour nom : le Bac.

     

    N’est-ce pas ironique de constater que l’exposition René Char à la BNF aura été bien plus proche de l’idée que l’on se fait de l’Art, de l’Artiste et d’une Oeuvre que toute autre expo à Beaubourg, ces derniers mois ? La poésie volant au secours d’un art aujourd’hui indigent parce que.... sans mémoire et sans culture.

     

                                                                 ***

                 Toute cette production tapageuse et vaine, c'est Warhol qui a triomphé de Picasso, César de Rodin, un Rodin qui pourtant avait pris soin d’ouvrir en grand toutes les portes qu’un César s’est empressé de refermer sur un univers concentrationnaire...

    Tout ce ramdam, c’est aussi - dans une longue liste qui n’épargne aucun art ni aucune discipline -, John Cage qui a triomphé de Boulez, un BHL d'un Albert Camus...

    Et pour finir - un malheur n‘arrivant jamais seul -, c’est aussi Mitterrand et le PS qui ont triomphé de Jaurès, Renaud de Léo Ferré, le Rock du Blues, et Guillaume Durand... de Personne.

     

    ***

      

                  Mais... voilà que j'entends des voix ; elles me demandent... surtout de ne pas m’inquiéter car, personne ne nous demandera des comptes.

    Dieu soit loué ! Personne nous demandera d’avoir honte quand il sera temps de passer la main car, ce qu’on ne vous a pas transmis ne peut en aucun cas vous manquer : un art d’aujourd’hui... pour demain qui renvoie aussi à celui d’hier, comme pour nous rappeler d’où l’on vient et sans qu'il ait été nécessaire d'y être allé ni d‘en revenir.

    Un art intransmissible parce que... sans métier ce tapage auquel il nous est demandé d'adhérer ou bien, de nous taire et de disparaître. Car enfin... allez transmettre des peluches, des homards, des pouces et des araignées géantes et sans objet ! Allez donc transmettre des concepts qui feraient hurler de rire n'importe quel étudiant en 1ère année de philosophie et nos penseurs mêmes les plus pusillanimes et les plus indulgents !

     

    ***

      

    Querelle des Anciens contre les Modernes ?

    La bonne blague !

    Grande bataille des idées neuves contres des idées anciennes ?

    Encore faut-il qu’il en soit question car, pour ma part, je n’ai pas vu d’idées dans toute cette production !

    Rien de surprenant à cela : le plus souvent, nous avons affaire à des « artistes » qui n’ont pas idée, justement !

    Mais alors, cet art sans idée, sans art ni artiste sert quel Art ?

    Avec Duchamp, on avait l’audace, le courage, une radicalité assumée et salutaire ; le flair du prophète, mais aussi : l’hilarité et le scandale.

    Aujourd’hui sans vision, la production de ces poseurs que l’on nous impose, ne dépasse guère le plus souvent le cadre des toilettes et/ou celui d’une chambre à coucher aux murs tapissés de jeunes filles en fleurs ; le nombril aussi et plus bas encore mais... jamais plus haut.

    A la trappe l’Universel ! Quid d’une tentative de sortir de soi et de son environnement immédiat : qu’il soit mental et /ou géographique.

    Non ! Aucune vision digne de ce nom : celle d’un monde, celui d’hier, d’aujourd’hui et pourquoi pas, un monde pour demain ; artistes visionnaires, novateurs et précurseurs.

    Pire encore, on cherchera en vain un savoir-faire pour défendre quelle que valeur esthétique que ce soit.

    Oui ! Un savoir-faire : celui de l’artisan et de son métier ; sueur, larmes et sang ; efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration ; témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus.

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                  Là, maintenant, je pense à nombre d‘artistes, rencontrés à l'occasion d‘expositions ; je revois un peintre d’origine russe, Sacha, âgé de 35 ans - vous lui en donneriez 50 ; RMiste, il a pour atelier une chambre d’hôtel de 8m2.

    Je pense aussi à un artiste peintre du nom de Heinrich ; un homme couvert de toiles, à défaut d’honneurs, et qui a derrière lui cinquante ans de peinture.

    On me dit qu’ils sont des milliers tous ces artistes, tous RMistes ayant tout sacrifié pour servir un art qui aurait dû être leur métier ; artistes recalés ou bien, évincés de la Maison Des Artistes, faute d’être capables de déclarer suffisamment de revenus qui auraient pour origine leur production artistique ; eux tous, année après année s’épuisant sur une toile et son châssis, sur une forme, une figure, une teinte ; eux tous encore, à battre la matière comme on bat le pavé, et la misère comme on bat la mesure, et sa coulpe aussi puisque tous ces artistes vous diront qu’ils n’ont pas à se plaindre : leur « on nous a rien demandé, après tout » cachant tant bien que mal un sentiment de culpabilité face à leur inutilité et sociale et économique et commerciale et médiatique et... et... et...

    Artistes anonymes, dans nos villes, dans nos quartiers, dans notre rue, souvent seuls, et pour certains d'entre eux, en rupture, incompris de leur famille depuis longtemps déjà ! Artistes à la pitance et à la sépulture plus qu'incertaines (en effet, qui les enterrera et comment ? Même si l'on ne doit jamais désespérer ni jurer de rien).

    Alors vraiment : comment ne pas leur adresser un sourire et une poignée de main fraternels ? Comment refuser le verre de vin qu’ils vous tendront lors de vernissages quasi confidentiels, par la force des choses ? Comment ne pas les aimer tous ces stakhanovistes de l’Art, chacun dans leur discipline, toutes techniques confondues - et les plus innovantes parfois aussi - car, ils m’ont rendu ce qu'il ne faut jamais perdre : le goût de l’effort et le toucher immédiat de l‘esprit qu‘est le talent lorsqu'il s'appuie sur une ascèse indéfectible et un Art de force, de témérité et de victoire.

     

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