Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

artistes - Page 2

  • Penser l'Art aujourd’hui avec le "non-art" de Marcel Duchamp…

     

     

                     Entretien avec Marcel DUCHAMP (1887-1968) sur ses Ready-made, en juin 1967 à Paris, à la galerie GIVAUDAN.


                  On remarquera l’absence d’émotion ; un léger sourire amusé ; pas d’humour ni d’ironie ; une sorte de désinvolture sérieuse, sûre de son fait ; pas de propos moqueurs ou cyniques non plus, même si le discours de Duchamp sur ses Ready-made demeure bel et bien, et ce depuis plus de soixante ans (à l’heure où cet entretien est filmé), une attaque frontale des catégories de l'art à propos desquelles chaque parole de Duchamp exprime le rejet systématique ; soixante années d’une provocation bien maîtrisée, sans haine ni fracas, d’une radicalité d’une bonhomie surprenante - sorte de degré supérieur de la sagesse chez les prévaricateurs de l’Art ? -, qui doit bien malgré tout cacher quelques aspérités de l’âme, dans une fausse distanciation et un détachement feint très certainement symptomatique d’un rapport au monde, et ce dès 1913 - dès les premiers Ready-made -, d’une émotivité explosive... même si l'explosion n'arrivera jamais, ni de sa vie passée ni des quelques mois qu'il lui reste à vivre - nous sommes en 1967.

     

                                                               ***

     

                  

                 En septembre 2014, le Centre Pompidou a consacré une exposition à la peinture de Duchamp : « Duchamp, la peinture même ».

    A propos de l'exposition Beaubourg : une critique ICI

     

    _______________________

     

                     Pour une grande dépression de l'homme Marcel Duchamp qui a très tôt refusé la consolation de l’Art

     Afficher l'image d'origine

    Nu descendant un escalier – 1912 : 146 cm × 89 cm


                   Né dans l’Art, tombé dans la peinture et la sculpture dès sa naissance – grands-parents, frères, sœurs sculpteurs et peintres -, et bien qu’il ait échoué au concours d'entrée des Beaux Arts de Paris, Marcel Duchamp hésitera très tôt entre deux carrières : humoriste ou peintre ; jusqu'au jour où…

    Mais... laissons la parole à Marcel Duchamp à propos de son tableau Nu descendant un escalier : « Je l'avais envoyé aux Indépendants de Paris en février 1912, mais mes amis artistes (cubistes et autres) ne l'aimèrent pas » - (sans doute lui reprochaient-ils de ne pas s'être rincés l'oeil avec ce nu tellement évasif ).

                   L'article 1 du statut de l'association Les Indépendants, dispose que l'objet de la Société des artistes indépendants - fondée sur le principe de l'abolition des jurys d'admission - est de permettre aux artistes de présenter leurs œuvres au jugement du public en toute liberté.

    Si dans ce nu qui descend un escalier « il y avait plus à comprendre qu'à contempler », l’entourage supposément « révolutionnaire » de Duchamp, composé d’artistes cubistes, refusa ce nu (ainsi que son titre) au prétexte qu’il était déjà post-cubiste et un peu trop futuriste. Sans doute Duchamp ne s’est-il jamais remis de ce refus - il a alors une vingtaine d'années -, car des biographes audacieux ont vu à propos de ce rejet les prémisses d’une scène primitive, expérience traumatique qui s’avérera fondatrice d’une vision de l’Art qui, du jour au lendemain, changea du tout au tout : à compter de ce refus ( un an avant son premier "Ready made" - c'est à noter) d’un dogmatisme inattendu proche d’un académisme que ce mouvement cubiste était pourtant censé récuser de tous ses pinceaux et brosses, jamais plus Duchamp ne touchera un tube de peinture. Et c’est dans un immense éclat de rire… jaune de surcroît, le premier et le dernier rire - Duchamp sera tel Buster Keaton, un homme qui jamais ne sourit ni ne rit ! -, que Duchamp est devenu Marcel Duchamp alias R. Mutt, fabricant de sanitaire.

                    Plus de règle, plus de hiérarchie, à compter de ce refus, tout sera de l’Art - une roue, un porte-bouteille, un urinoir -, comprenez : plus rien ne le sera. Renonçant aux catégories de l'Art, au beau, au laid, à la notion même d’œuvre, dans un travail de sape sans précédent qui en annoncera bien d’autres encore (dans les années soixante dix, des artistes, pour ne pas être en reste, exposèrent leurs excréments dûment signés), comme autant de tentatives d’enfoncer le clou profond, bien profond, Duchamp décida alors que rien ne lui résisterait, ni matière ni aucun entendement.

    Afficher l'image d'origine

                         Marcel Duchamp: Roue de bicyclette, ready made de 1913

     

                    C’est à ce moment-là que le Ready-made (1) verra le jour (dès 1913), aube et crépuscule tout à la fois. Désormais, le nom de Duchamp sera associé au détournement d'objets tout faits, sans intérêt visuel de préférence, sélectionnés pour leur neutralité esthétique : roue de bicyclette (1913), porte bouteilles (1914), Fontaine (1917) ; il se contentera de les signer R. Mutt (2)...

    Le Ready-made… « Objet manufacturé promu à la dignité d'objet d'Art par le seul choix de l'artiste » (3) se verra doté d'un discours froid, indifférent à l'image de l'objet choisi, sans humour ni ironie, purement théorique, replié sur lui-même et fermé (discours de façade qui cache un désir de faire payer à l'histoire de l'Art et aux artistes qui l'entouraient, le prix du refus de son propre travail en tant que peintre ?) : pas de descriptions, pas d’explications ni d'intentions affichées, ni revendications ni dénonciation :  « Un ready made ne doit pas être regardé, on prend notion par les yeux qu'il existe, on ne le contemple pas. Le ready made ne peut exister seulement par la mémoire. »

    Anti-rétinien (Circulez y a rien à voir ! Y a qu’à se souvenir !), c'est sûr, de nombreuses carrières se sont alors bâties autour et sur le nom de Duchamp, à partir de l’interprétation de son "non-art" et le commentaire de son "absence d'oeuvre" ; commentaires sur le "comment" et plus rarement sur le "pourquoi" (pourquoi a-t-il fait cette non-œuvre-là et pas une autre ?) ; car si Duchamp a révolutionné la conception de l’art -  là où il commence et là où il ne se termine pas ; ni fin ni commencement puisque tout est Art -, il s'est très certainement agi d'une révolution dans laquelle on ne reconnaîtra à l’être humain qu’un droit et qu'un devoir : celui de marcher sur les plates bandes et de pousser mémère dans les orties, couvrant de ridicule et de quolibets quiconque aurait dans l’idée de célébrer et de défendre par exemple : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus... au profit d’un Art de force, de témérité et de victoire qui s’appuie sur une ascèse indéfectible.

                     Si Duchamp a mené une réflexion sur la notion d’Art et sur l’esthétique, comme on l'a longtemps prétendu, et aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés… à moindre frais, d'une paresse et d'une complaisance inouïes, en suiveurs adeptes du "moindre" jusqu'au "moins que rien" dans un tout qui n'en serait pas davantage, sinon moins encore. Il est vrai que certains d'entre eux furent très vite trop heureux de servir une finalité à l’image du projet de société développé après la Seconde guerre mondiale - le tout marchant, le tout marchandise, jusqu'à l'humain plus récemment -, culminant dans les années 60 avec une société consommatrice de tout et d’un Pop-art - art opportuniste qui, tout comme la musique pop, trouve sa raison d’être produit et diffusé, dans le business que l’on peut y faire et seulement dans cette perspective ! -, dont les "critiques" n’ont jamais pu se départir  pour notre malheur à tous, puisque cet art-pop filiale de ce non-art qu'est l'art contemporain - abrégé AC comme art conceptuel pratiqué par des philosphes-artistes qui n'ont jamais étudié cette discipline qu'est la philosophie ; discipline qui demande, il est vrai, il faut le rappeler, près d'une bonne dizaine d'années d'études -, occupe aujourd’hui une grande partie de la couverture médiatique artistique.

    C'est sûr, l'art contemporain doit tout à Duchamp, et les fortunes faites lui sont plus que redevables du fait que, par voie de conséquence, Duchamp triomphant, tous les jugements ne seront pas seulement suspendus mais tout simplement congédiés : tout le monde aura droit à sa minute non pas de silence mais de tintamarre de reconnaissance, de célébrité et de gloire ! Le mouvement fluxus ne sera pas en reste, sans proposition mais actif, bien décidé à perpétrer l’œuvre sans œuvre du Maître.  

     Afficher l'image d'origine

     

                                 La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le grand Verre) - 1915-1923 - 277,5 cm × 175,9 cm

         
                   Tour à tour cubiste, futuriste, dada, surréaliste, Art, anti-Art, an-art... faites votre choix !

                   Bénéficiant d’un désert artistique dans un pays neuf et sans art (art autre que premier ou primitif des autochtones amérindiens ; si tant est que cet art ait été valorisé à cette époque car on peut toujours après coup, adorer ceux que l'on a massacrés !), privés d’histoire de l’Art, seuls les Etats-Unis pouvaient très tôt, bien avant les années 20, fêter Duchamp.

    Quelques arrières pensées inavouables peuvent-elles expliquer cet engouement ? Comme par exemple : humilier l'Europe et "cracher" sur son histoire de l'Art d'une excellence d'une arrogance insupportable outre-atlantique, un peu comme  avec les dé-constructivistes français des années 70 célébrés dans les universités américaines, et d'une pierre deux coups, saper, après l'Art, les fondements des valeurs européennes et rabaisser la puissance de son histoire philosophique, de Grecs à Rousseau en passant par les penseurs allemands ?

                   Mais alors, malgré les apparences aussi trompeuses qu’elles puissent être quand elles nous dissimulent l’essentiel d’une démarche à la racine de laquelle on trouvera très certainement un désir de vengeance jamais assouvi - d'où son obstination toute sa vie durant -, un désabusement aussi et une mélancolie chronique, qui nous parlera du spleen de Duchamp, de cette grande dépression de l'homme qui a refusé la consolation de l’Art ? Dépressif dans un monde pressenti déprimant avant l’heure, car enfin, comment Duchamp a-t-il pu survivre à un tel refus - refus de l'Art, refus de l'oeuvre, refus des valeurs -, même ludique et distancié au possible ?

    Est-ce la célébrité qui a porté Duchamp ? Cette reconnaissance occidentale lui aurait ainsi permis d’acheminer son existence et de survivre psychiquement (alors que d’autres sombreront très vite dans le non-être à coups d’overdoses) à un tel renoncement très tôt dans son existence - « Tout est art ! » le renoncement de tous les renoncements pour un artiste : le non choix puisque tout se vaut ?

    Dépression, mélancolie assumée comme un moindre mal… on le serait à moins, c’est sûr ! Aussi soyons compatissants... si l'Art est un mirage comme le pensait Duchamp, alors il doit très certainement s'agir d'un mirage dans un désert. Mais alors, que penser d’une société prête à accepter cette proposition de Duchamp ( "tout est art, donc rien ne l'est !"), une société disposée à se tirer une balle dans le pied (4), du gros calibre en l’occurrence, et dont la détonation n’a pas fini de se faire entendre, même si aujourd’hui, essoufflée, cette société a cessé semble-t-il d’en rire ou d’en ricaner préférant tenir des discours très sérieux et posés autour de cet Art que Duchamp n'aurait jamais quitté,  jusqu’à le célébrer car, oeuvre il y a finalement, et Art aussi, et pire ou mieux encore : Duchamp est bel et bien et à jamais, entré dans l'histoire de l'Art - d’autant plus qu’il n’est plus là pour s’élever contre toutes ces louanges et tous ces discours...

    Cette société-là est sans aucun doute sur une pente savonneuse…

     

                    Dada triste  - "Il n'y a pas de solution car il n'y a pas de problème" disait Duchamp ; ce qui signifie aussi que tout fait problème -, surréaliste sans joie  (5), Jeanne Raynal (artiste américaine à ses heures) a dit de lui "qu'il s'est laissé mourir toute sa vie". Individualiste forcené sur le mode "Chacun pour soi comme dans un naufrage", Duchamp tirera sa révérence sans bruit à l’âge de 81 ans, jeune et beau. Mais alors, est-ce que le non-art conserve les non-artistes bien mieux que tous les autres qui revendiquent la poursuite d'une oeuvre ?

    A la décharge de Duchamp, on notera encore une fois l’absence de cynisme et la présence d’une remise en cause radicale proche d’un désespoir aussi profond qu’indéfinissable, sans doute insondable (6), désespoir que l’ART seul peut dépasser même dans la négation ; et c’est là le paradoxe et le questionnement qui naît de la confrontation avec la démarche de Duchamp : comment transcender le désespoir sans l'aide de Dieu et/ou de l'Art (autant dire.... une ambition et une tâche titanesques)  ? Lui, Duchamp, pour qui l’on devait tous faire le deuil de cet Art qui devait mourir parce que Marcel Duchamp en avait décidé ainsi à l’entrée de l’âge adulte qui n’est pourtant que l’enfance de l’Art pour tout artiste qui mettra toute une vie à en venir à bout… souvent en vain, loin de toute reconnaissance et sans postérité non plus ; refus de son travail de cubistes dont Duchamp était loin de se douter qu'ils poseraient un tel acte de censure et de rejet à son égard.

                   "Nu descendant un escalier"...  cet escalier, il ne le descendra pas, il le montera jusqu'à son sommet, là où la célébrité mondiale attend ses quelques élus. Duchamp n'avait donc pas tout perdu.

     

                                             

    ***

              Métier, technique, capable du meilleur face à une toile, artiste lettré doué d'une intuition d'une grande intelligence (et d'une grande sensibilité), plongé dès sa naissance dans un milieu artistique sans cynisme, personne ne nous demandera de croire que Duchamp souhaitait le plus sérieusement du monde "la mort de l'Art" tout en croyant à la nécessité de cette mort. 

    Pour cette raison, s'il avait été compris, et si on avait su lire entre les "Ready-made"  et les commentaires s'y rattachant, comme d'autres entre les lignes des auteurs, les héritiers auto-proclamés de Duchamp n'aurait jamais dû voir le jour ;  en toute logique, il n'en reconnaîtra aucun parmi ceux qui n'ont cessé et ne cesse de s'en réclamer.

    La faute de Duchamp s'est  d'avoir engendré une lignée d'imbéciles et d'agitateurs-provocateurs-transgressifs - à défaut de subversion - artistiquement et politiquement impotents. Mais, ça aussi l'avait-il prévu ?  Prophète, Duchamp avait-il compris dès 1913 que l'avenir de l'Art serait dans le "non-art" assumé dans un monde innommable tel que  l'Art ne pourrait plus y faire face (se reporter à la démarche de Joseph Beuys) ? Prévoyant, mais opportuniste aussi, et puis parce que... vanitas vanitatum, il se serait alors contenté de s'assurer que l'Histoire de l'Art  dans sa version "non-art" retiendrait son nom car sûr de son fait, il savait que ce qui devait arriver ne pouvait pas ne pas arriver, un an avant la grande boucherie de la première guerre mondiale, nouveau siècle de tous les totalitarismes, y compris aujourd’hui avec le mondialisme issue d’une pensée économique ultra-libérale dont tout découle ? 

    Faut bien reconnaître que les émules de Duchamp ("les imbéciles ça ose tout ; c'est à ça qu'on les reconnaît !") et une grande partie des acteurs-animateurs-décideurs de l'art contemporain, lui ont donné raison.

                  Marcel Duchamp nous a demandé de comprendre que « Le ready made ne fait rien, il attend la mort, les questions d'art ne l'intéressent plus ». Et aujourd’hui, qu’est-ce qui intéresse nos sociétés ? Quels projets ?

    Regardons du côté de tous les renoncements dont elles sont capables, et ce au plus haut niveau de décision de toutes les décisions qui concernent ses millions de membres.

    Avec Duchamp, cet artiste non-artiste d’une non-œuvre riche en enseignements qui célèbre en 1913 le plus sérieusement du monde (contrairement à Dada) le non-art ou bien plutôt sa mort prochaine, c'est l'humain qui tire sa révérence et qui attend, lui aussi la fin - Oh non ! pas la fin du monde ! -, mais sa fin à lui, sans projet, à bout de force, résigné, tel un bouchon sur l’eau, sans plus de volonté ; sa petite fin à la fois unique et commune à tous : la mort, sa mort à lui... immense car il n'en aura pas d'autre.

                   Duchamp a allumé une mèche en 1913, depuis, l’étincelle continue son petit bonhomme de chemin… elle se rapproche du baril  ; certains pensent qu’il est vide, d’autres plein d’une substance inoffensive même sous le feu et sa chaleur ; d’autres encore redoutent le pire…

    Pschitt ou boum ? Pile ou face ?

              Et même si un coup de dés jamais n'abolira le hasard, en attendant, qu’est-ce que l’homme est joueur quand même !

     

     

    1 - Déjà Jules Lévy assisté d'Alphonse Allais dans les années 1880 savait sans vergogne moquer l'Art qui s'écrit avec une majuscule ; le mouvement qu'il a fondé "Les arts incohérents" affichait un anti-Art sans retenue ; même Dada ne fera pas pire ( ou mieux, c'est selon).

     

    2 - Alias inspiré par les comic strips - sorte de bande dessinée humoristique bon marché vendue  alors à des millions d’exemplaires aux USA… ce qui tombe plutôt à pic puisque l'urinoir (entre autres objets) est bien à l'Art ce que le comic-strip est à la littérature mondiale. Quitte à choisir, on se permettra toutefois de préférer Kafka.

    3 -  Tout en oubliant d'ajouter... de l'artiste et celui des collectionneurs-investisseurs, spéculateurs, critiques d'art, commissaires et autres agents de la scène artistique d'Etat ou privée.

    4- Ou qu'un Duchamp lui pisse dessus avec cette fontaine urinoir.

    5- Faut dire qu'à la longue, ça doit bien user son homme ! Même s'il faut bien que jeunesse se passe ; et à ce sujet, on pourra aussi s'interroger sur le fait que celle de Duchamp n'est jamais passée ; Picabia, un temps Dada, après avoir fait l'idiot, a repris ses pinceaux et la peinture ; on épargnera à Duchamp l'exemple de Dali.

    6- Sûrement, il doit bien en être question... ce n'est pas possible autrement... une telle constance, une telle obstination, un tel acharnement dans le renoncement.

     

     

                        "Beyond Repetition: Marcel Duchamp's Readymades" – conférence de David Joselit qui s’attachera au « comment » à défaut du « pourquoi ».

     

    Lien permanent Catégories : art contemporain, Penser le monde aujourd'hui avec... 0 commentaire
  • Dis Cesaria, qui étais-tu quand tu n'étais pas encore Evora ?

     

                      Une voix formée dans les vapeurs d'alcool et la fumée des bars du Cap-Vert- volutes d'une célébrité à venir aussi improbable que méritée -, face à des clients, autochtones et touristes, pas toujours prévenants et attentifs... 

    Une voix au caractère forgé dans la poussière de Mindelo, sa ville natale... poussière levée par des pieds nus sous la menace d'un estomac dans les talons : celui d'une famille de quatre enfants à nourrir...

                       Regard doux mais sans illusions, dure à la tâche, pour Cesaria Evora le succès, même tardif, c'était... "... quand on n'a plus à s'inquiéter de savoir comment on va faire manger toute la famille".

    Et c'est ce même succès qui lui fera quitter son île, et non la pauvreté, contrairement à tant de ses compatriotes...

     

     

     

                       Elle a chanté Saudade d'Armando Zeferino Soares, enfin reconnu comme le véritable et unique auteur-compositeur de la chanson, après un long périple judiciaire, bien des années après sa création dans les années 50…

     

                      Saudade, qui est plus qu’une chanson, est l’expression d’un désir intense pour ce qui a été perdu - un pays, l'être aimé -, tout en gardant espoir, et puis sans doute aussi... l’expression de quelque brûlure de l'âme.

     

                       Epuisée (d'aucuns préféreront un "... pressée comme un citron par des tour-managers jamais rassasiés - commission oblige !), Cesaria Evora avait demandé à pouvoir se reposer : elle a été exaucée il y a quelques jours (le 17 décembre 2011) ; en revanche, on sera en droit d'espérer que sa voix ne connaisse, elle, aucun repos.

                       Mais... dis-nous Cesaria : qui as-tu été et comment as-tu vécu (vaincu ?) durant toutes ces années, et alors que tu n'étais pas encore Evora ?  

                          

     .

                  Pour prolonger... cliquez Cesaria Evora - site officiel

                           

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Des nouvelles du Rap avec Kimto Vasquez

     

                 L'artiste s'entretient avec David L'Epée - intellectuel indépendant (tel qu'il se définit) de nationalité suisse engagé en politique.

     

     

                      Une tête bien faite, une maturité accomplie... serein, déterminé et sûr de lui... c'est Kimto Vasquez !

     

    *** 

     

    Tonton du café du commerce (recueil hérétique) - Kimto Vasquez

      

    Une très belle production

     

     

     

     

    Pour prolonger... cliquez Rap et rappeurs

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Rap et rappeurs 0 commentaire
  • George Carlin : l'oncle d'Amérique de Dieudonné

                       Election américaine oblige !

     

     

                Décédé en 2008, à l'âge de 71 ans, George Carlin aura fait rire et penser, 50 années durant, des millions d'Américains et d'anglophones.

     

     

    Cliquez sur " paramètres" (settings) puis sur "subtitles" pour activer la traduction française


    "Ca s'appelle "le rêve américain" car, pour y croire, il faut être endormi".

     

    ***

     

     

                        Dans un monde où la bêtise et le mensonge sont rois, rien n'est plus drôle et plus terrifiante que la vérité.

     

    ***

     

                     Satiriste et polémiste d'origine irlandaise, George Carlin n'épargnera personne : Présidents, gouvernements et leur politique, la société moderne américaine, les religions, les communautés, les lobbies... il ne connaîtra aucun tabou, il s'autorisera tout ; il abordera tous les sujets sans retenue ni auto-censure.

     

     

    ______________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Les vidéos de George Carlin

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Politique et actualité 0 commentaire
  • Le cheval de Turin : Béla Taar ou le refus... envers et contre tous

     

     

     

                  Pour la petite histoire, face au grand artiste qu’est Béla Taar, réalisateur hongrois, Le cheval de Turin film sorti en 2011, a pour origine un incident qui bouleversera la vie d’un certain Friedrich Nietzsche :  le 3 janvier 1889, alors qu'il effectuait un trajet en calèche dans la ville de Turin, le cheval cessa d'avancer. Incapable de le remettre en marche, le cocher battit la bête, ce qui suscita chez le philosophe un élan de compassion irrépressible d'une intensité hors du commun :  Nietzsche se pendit au cou de l'animal et passa, prostré, les dix dernières années de sa vie dans un état de démence.

    De là à penser que Béla Tarr, qui aurait été présent ce jour-là, n’aurait trouvé rien de mieux que de rentrer avec ce cheval et son cocher jusqu’à cette ferme isolée battu par une tempête du diable, un père taiseux et sa fille, une charrette et ce même cheval qu'on attellera puis détellera, une fois, dix fois... avant de renoncer...

    Grande est la tentation !

     

                  Film frugal tout comme le repas qu’un père et sa fille partageront jour après jour - des pommes de terre cuites à l’eau au gros sel -, tandis que dans la grange, un cheval refusera bientôt toute nourriture ; et à propos de cet animal, on sera tenté de se dire que si ce cheval avait eu le don de la parole, nul doute, serait-ce sans un mot qu’il aurait mené sa vie...

     

              

     

                   Cinéaste au rythme cardiaque très lent, cinéma en apnée car, si d'aucuns savent retenir leur souffle, d'autres savent retenir le temps comme personne, tout comme cette musique musclée - organum et cordes dans le grave  -, véritable bombe à retardement lancinante et récurrente (en do mineur), destinée à porter et à accompagner 30 plans-séquences de cinq minutes chacun, plans contemplatifs pour l'uns, pour d’autres,  moins compréhensifs ou pusillanimes, plans interminables...

    Ces plans trouveront pourtant leur raison d’être, leur force, leur efficacité, leur caractère aussi rare que précieux (comme chacun sait, le cinéma ce n’est pas ce qui nous est montré mais ce qui nous est révélé !) dans le fait que, tous ces plans, sans exception, forceront le spectateur à quitter l’image et l'écran pour rentrer dans lui-même et y poursuivre deux heures et demie durant, même et surtout somnolent, sa propre œuvre que devient alors sa vie pour le temps qu'il lui sera donné d'être le spectateur de Béla Tarr.

    Pour cette raison, Le cheval de Turin se rêve autant qu'il se voit. Aussi, et vraiment ! on peut affirmer qu’avec le cinéma de Béla Tarr c’est autant le spectateur qui fait le film que le réalisateur. Et nous devrions tous demander à partager avec lui l’Ours d’argent que le film a reçu à l'occasion du dernier festival de Berlin.

                   Artiste d’une radicalité qui n’a besoin ni de discours ni de justification, fascinés nous sommes face à la volonté de fer de ce réalisateur pour lequel aucun compromis n’est une option ! Et si au cinéma, le noir-et-blanc reste bien le choix de ceux qui ont encore quelque chose à dire, et la couleur, celle de l’industrie cinématographique, avilissant tout ce qu’elle touche et recouvre…

    Le cheval de Turin restera un gigantesque bras d’honneur adressé à cette modernité cinématographique imbécile et veule, film après film - un film chassant l'autre -, d'un Béla Tarr ennemi public numéro un de tous ceux qui ont la faiblesse, la bêtise ou la naïveté de penser que le cinéma n’est qu’un divertissement destiné à nous faire vivre par procuration des vies au suspense insoutenable, dans la fureur, le bruit, le sang, les larmes et la sueur de coïts sans nombre...

    Mais alors... qu'ils passent donc leur chemin ! Le  prochain Eastwood (Eh oui ! Déjà le suivant ! Car, c'est bien connu : les gens qui n'ont pas idée en ont cinquante par jour), avec ses acteurs- tâcherons d’une industrie sans art, y pourvoira, car quelque part, dans une province hongroise, un réalisateur  attend les plus exigeants d'entre nous.

     

    ***

     

                  Après le passage d'un groupe de tziganes que personne n’a invité, chassé à la hache, l’eau du puits s’est tarie,  la tempête s’est tue, le soleil a fondu et l’aube ne s’est plus levée...

     

    (Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin le puits se vide)

     

    Après l'eau, c'est une lampe à pétrole, au réservoir pourtant plein, qui refusera définitivement d'éclairer la demeure d'un père et de sa fille, et bientôt l'écran car,  plus de lumière, plus de cinéma !

     

    ***

     

                  Béla Tarr écrase tout sauf le spectateur, et longtemps on pourra se demander avec lui qui n’en a aucune idée aujourd’hui encore, et même après plus de dix films, quelle peut bien être l’origine (quelle scène primitive au traumatisme fondateur ?) d'un tel parti-pris artistique, d’un tel refus proche d'un Bartleby, obstiné et têtu, d'une telle démarche hors du commun, même si une réponse semble s'imposer :

    A l'origine de cette radicalité sans doute trouvera-t-on le refus (encore le refus !) d'un monde dans lequel il n'est plus possible de vivre sans tuer l’autre ou dans le meilleur des cas, sans pourrir irrémédiablement la vie de son voisin avant de ruiner sa vie propre dans une lutte acharnée et cruelle pour une survie qui n’est déjà plus une vie mais un commencement de mort lente et sinistre. 

                     Et si l'on tend l’oreille, on pourra très certainement entendre de la voix de Béla Tarr nous signifier ceci : « Dans ces circonstances, ce sera sans moi ! ». En effet, Le cheval de Turin est l'ultime film d'un cinéaste qui abandonne le cinéma.

     

    _____________

     

    Pour prolonger... cliquez Cinéma ! De film en film

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Cinéma de film en film 0 commentaire
  • Michel Giroud : un artiste oral

     

     Performance à Artpool, Budapest 2007

     

    I AM

     

    ***

     

    Is He (Easy !) ?

     

    _________________________________

     

    "Au commencement du commencement il y a le commencement"

     

    Performance pour le Festival Poésie Marseille 4eme - 2007

     

    "N'importe qui, n'importe comment, n'importe où, n'importe quand"

    .

    Artiste Dada.

    (de mauvaises langues disent : artiste gaga

     

             Né dans une ferme, quelque part dans les Alpes, entre les années 40 et 50 (personne ne connaît avec certitude la date de sa naissance - lui non plus), Michel Giroud se dit peintre oral (oralien dans un monde électronique), et tailleur en tout genre (mot, son, geste, dessin, objet) sous la protection du Dieu Coyote...

    Historien et théoricien des « non-avant-gardes » (dada et fluxus), des tire-ailleurs ou des tire-à-côté, auteur d’essais sur Audiberti, Nougaro, Hausmann, Bryen, Vostell, Filliou, Dufrène..., journaliste et organisateur d’expositions, mais surtout inventeur de cercles, de clubs, de bulletins et de festivals(performances, happenings...) Michel Giroud est comme une sphère en mouvement permanent.

    Cage pour la musique, Fluxus pour la performance, Joseph Beuys, George Brecht, si l'Art est mort (le pop Art n'étant qu'une vaste entreprise commerciale et le dernier clou dans son cercueil), Michel Géroud danse sur son cadavre comme d'autres avant lui depuis un siècle.

    Et s'il n'en reste qu'un, soyez sûrs d'une chose : Giroud sera celui-là !

    Giroud par Giroud... une autobiographie nocturne et noctambule

     cliquez Giroud 1 /

    Giroud 2 /

    Giroud 3 /

     

    Et puis aussi Actualité de la performance - Toulouse 2010 

     

    Lien permanent Catégories : art contemporain, Michel Giroud : un artiste de l'oralité 0 commentaire
  • William Morris : un homme de son siècle... à venir.

     

                Avant de s’engager vers la quarantaine dans les mouvements sociaux qui agitent l’Angleterre de la fin du XIXe siècle, William Morris (1834-1896) connut la notoriété comme poète puis en tant que protagoniste du mouvement « Arts and Crafts » dont le programme d’une unité à retrouver dans la conception et la production des objets usuels et du décor matériel de la vie fut une source d'inspiration pour nombre d’avant-gardes ultérieures.

    Son engagement prendra pour cibles l’Architecture,  les arts appliqués, l’économie, l'éducation et l’histoire  dans le cadre d’une pensée socialisante : « Certaines personnes pensent que le confort d’une maison bourgeoise constitue l’essence même de la civilisation et que leur jouissance est ce qui sépare cette civilisation de la barbarie. S’il en est ainsi, adieu mes espoirs ! Car j’ai toujours pensé que civilisation signifiait : conquête de la paix, de l’ordre et de la liberté ; une vie libérée de la peur et de la lâcheté mais riche en événements, et non le culte d’une différence toujours plus aiguës entre les classes ».

     

                     Transposé aujourd’hui, difficile de ne pas penser à cette mondialisation qui n’est qu’une guerre contre les salaires, les droits sociaux et la démocratie.

     

    Reprenant  certaines thèses de Charles Fourier, William Morris ira jusqu’à dénoncer le règne de ce qu’il nommera « l’esprit du commerce » : « Aujourd’hui l’altération, la fourberie dominent partout. Le cultivateur est devenu aussi fraudeur que l’est le marchand. Tout est falsifié. La multitude des pauvres ne peut plus se procurer de comestibles naturels ; on ne lui vend que des poisons lents tant l’esprit du commerce a fait des progrès jusque dans les moindres villages ; et c’est la chimie qui donne les moyens de dénaturer toutes  les denrées. Tout n’est alors que travestissement  et c’est sur le pauvre que s’exerce la gargote chimique.»

     

                      On pensera à la mal-bouffe et aux documentaires de Marie Monique Robin sur la domination des multinationales de l’agroalimentaire.

     

    A propos de la transmission des savoir-faire, William Morris écrira : « Les progrès de la dégradation sont manifestes car, s’il subsistait encore quelques bribes de tradition chez les artisans du XVIIIe siècle, la division du travail a maintenant tout avili depuis l’architecte jusqu’au manœuvre ; le niveau de qualification étant tombé beaucoup plus bas  à la grande satisfaction d’une industrie de la camelote : « Manger serait fort ennuyeux pour des gens sans appétit (c'est-à-dire ignorant le plaisir de manger) ; il en va de même de produire des objets sans art ( c'est-à-dire en se privant du plaisir de produire) ; ce plaisir qui adoucit  le labeur, la nature elle-même nous invite à le rechercher et à long terme, l’humanité le trouvera indispensable. »

    Tout en poursuivant : « L’éthique du négociant veut qu’il donne toujours aussi peu que possible aux consommateurs et qu’il leur prenne toujours plus. L’éthique de l’artiste veut qu’il mette le plus possible de lui-même dans tout produit de son activité. Le négociant mène une guerre contre l’artiste : les marchandises qu’il vend doivent être fabriquées autant que possible au moyen d’instruments privés de désirs et de passions, par des machines automatiques dont on attend une qualité propre à une indifférence mécanique avec ou sans le concours de l’individu.

    Les artistes se retrouvent alors marginalisés et la transmission de leur savoir-faire en danger car « cette corporation ne connaît plus le travail artistique pratiqué en commun. Leur isolement constitue un obstacle de taille au progrès de leur formation car la tradition coopérative place l’artiste dans une position où il acquiert une multitude de tours de main grâce au travail fertile et généreux d’innombrables générations antérieures. »

     

                      Arrive alors l’âge de l’Ersatz : le règne sans précédent de la falsification, du succédané, du « sous-équivalent », de la copie et du substitut.

    C'est au choix. Faites votre choix ! Tours de passe-passe... en veux-tu, en voilà !

     

    William Morris, lucide, nous fera remarquer que seuls deux types de marchandises échappent à cette falsification : l’armement pour lequel on déploie une ingéniosité fantastique confinant au génie ; et l’ensemble des machines-outils nécessaires pour la production marchande dont   la finalité même n’est qu’un ersatz, un grand ersatz général que l’on nomme civilisation : ersatz d’habitation, ersatz de travail, ersatz de relations humaines, ersatz de loisirs...

    Art, Culture (avec et sans majuscule)… tout y passera jusqu’à la démocratie et la liberté d’expression sous le contrôle de médias ersatz d’information, d’objectivité, de pluralisme et de tolérance.  

    Aussi, rien de surprenant que seuls demeurent dans les mémoires, même par bribes et sans chronologie : Homère, Shakespeare, Dante, Cervantès, Florence, Venise, la peinture flamande, Picasso, Dali, Victor Hugo, Fellini, Copernic, Aristote, Poincaré,  Descartes, Newton, nos Cathédrales… ce qu’il convient d’appeler : le génie européen.

     

                       A propos de cet âge de l'ersatz, William Morris avancera l'explication suivante : « La raison pour laquelle nous créons tous ces ersatz est que nous sommes trop pauvres (d’esprit, de mémoire, de culture, d’invention, de moyens) pour vivre autrement. Trop pauvres pour vivre avec la nature, trop pauvres pour habiter des villes et des maisons conçues pour et par des honnêtes gens, trop pauvres pour empêcher nos enfants de grandir dans l’ignorance, trop pauvres pour détruire les prisons et les hospices, maisons de retraite et autres mouroirs… trop pauvres pour donner à chacun la chance d’exercer l’activité pour laquelle il a le plus de capacités. Trop pauvres pour que règne la paix ».

                       Ce qui rejoint aujourd’hui les statistiques quant à la répartition de la richesse mondiale : Moins de 10 % de la population mondiale détient 83 % du patrimoine mondial, alors que 3 % vont à 70 % des habitants. L’Amérique du Nord et l’Europe en possèdent 65 %.

     

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Dieudonné : saint et martyr

     

     

                    Et alors que de nouvelles tentatives d'interdictions des spectacles de Dieudonné se font de plus en plus pressantes - dernièrement en Belgique et à Montpellier ; sans fondement juridique, toutes ces interdictions ou tentatives d’interdictions violent les lois relatives à la liberté d'expression...

    De plus, on ne manquera pas de préciser ce qui suit : jamais un spectacle de Dieudonné n’a été interdit par un tribunal pour quel que délit que ce soit, et tous les arrêtés destinés à interdire les spectacles de Dieudonné ont tous été annulés par le conseil d’Etat.

     


                         Dieudonné à propos de l'arrêté municipal illégal de la mairie de Montpellier

                                    

     __________________

     

     

                   Le rire reste un mode de résistance d’une efficacité redoutable contre notre impuissance face à la tyrannie.

    Rire pointu, de spécialistes, rire qui ne perd rien pour attendre, et pour avoir trop attendu aussi, rira bien qui rira le dernier, le rire est communion et partage ; grégaire, il rassemble.

    Le rire est germination quand il révèle des savoirs enfouis et volontairement cachés. En s’attaquant au réel, il le démasque. Le rire peut être aussi une force de résistance contre la résignation ou l’impuissance.

    Avec le rire, tous les traumas deviennent gérables. Avec l'humour, toute solennité est exclue ; mais le rire n’est pas pour autant le laisser-aller quand il a pour alliés l'intelligence, la liberté et l'Art ; bien au contraire, celui qui rit, même confortablement assis, se tient mentalement et émotionnellement debout, digne et fier. Toujours !

    Rire inespéré qu'on n'attendait plus, le rire apprivoise l’horreur d’une condition ; rire boomerang et miroir, le rire expose les escrocs de la vertu et de la morale sans oublier les chantres d’une pseudo fraternité - fraternité à géométrie variable, d'un poids d'une mesure jamais égale ; fraternité sournoise qui cache mal un désir violent de domination.

    Si le rire n’est jamais loin du sanglot, c’est qu’il en est la larme sèche.

    Les mécanismes du rire sont complexes ; ils se dérobent à l’analyse exhaustive car avec le rire, son talent, son génie, il reste toujours une part d’inconnu.

    Vertigineux, en funambule de la raison, l’humour tout comme le rire, fraie avec la folie.

    Le rire est libération quand il met en scène un dépeçage des conventions, des hypocrisies et des machinations ; il libère l'esclave et nous permet de sortir de l’enfermement dans lequel nous nous complaisons. 

    Rire, humour… humour et rire, il arrive aussi que le rire rende justice à ceux qui en sont privés.Belle revanche des déshérités alors !

     

     

                            Enquête d'un journaliste Belge sur le lynchage médiatique de dieudonné

     

    ***

     

                     Dieudonné exerce avec courage une vocation d’humoriste satirique à tendance corrosive ; vocation d’équilibriste qui a ses exigences : on doit être capable de prendre la communauté nationale à rebrousse-poil. Le sel de la profession cette capacité : ne jamais être là où l’on vous attend pour vous y avoir maintes fois trouvé.

    Electron libre n’ayant de compte à rendre qu’à son Art. Humoriste au vitriol, enfant de Coluche et Desproges, l’humour tel que l’envisage Dieudonné est une action pratique concrète : plus on raconte le monde moins on raconte d’histoires à un public qui serait venu oublier le temps d’un show, les vicissitudes du quotidien, ses contraintes et ses déceptions car, avec Dieudonné, on oublie rien, et l’on se souvient de tout et surtout, de ce dont on a bien failli ne pas se souvenir, tête en l’air que nous sommes tous ! Avec Dieudonné on quitte son fauteuil  plus que jamais présent au monde, dans le monde, un monde sous influence, celle de l’éternelle tentation de manipuler ou d’assujettir des sociétés, des nations, des populations et des groupes d’individus... tout ce qui rampe, marche et crève…

    Avec Dieudonné, l’humour semble pallier la coupure d’avec une critique sans concession des mécanismes de domination et la diffusion d’une telle critique ; un humour qui pose la question de l’action loin du confort des studios de radios qui nous font l’aumône de 4 minutes d’impertinence souvent sans lendemain et qui n’a pour seule conséquence que de provoquer la mauvaise humeur de petits chefs capricieux et autres hommes de mains d’un pouvoir liberticide ; la grossièreté, voire la vulgarité, prenant le plus souvent le pas sur une critique essentielle et frontale : qui fait quoi, comment, à qui et pour quoi.

    Humour hantée par la politique que celui de Dieudonné ! Rien de surprenant à cela puisque, très tôt, Dieudonné s’est engagé auprès de l’anti-racisme et l’anti-communautarisme dans un effort constant de renouvellement des enjeux de l’action humoristique, son Art, et sa pratique au service d’une analyse critique des mondes que l’on nous somme d’habiter.

    Si l’on parle d’humour ravageur, c’est bien parce qu’il fait ravage et qu’il n’a de cesse d’influer sur le cours d’une prise de conscience toujours plus exigeante et gourmande. En effet, parmi les 20-35 ans, combien ont rencontré la politique avec Dieudonné dans une France où quarante ans de Front national aura fini par avoir raison chez toutes les élites médiatiques (à ne pas confondre avec les élites morales et intellectuelles qui elles, ont déserté les médias) d'un "on ne peut pas tout dire et surtout pas n'importe quoi" : Finkielkraut, Chirac, Zemmour, Hortefeux, Luc Rosenzweig, Frêche, Elisabeth Lévy, jusqu'au Président Sarkozy en campagne et hors campagne...

    Libre à chacun de compléter cette liste...

     

                         Dieudonné : là d'où il vient, là d'où il est parti voilà 15 ans

     

    ***

     

                   La dérision et la transgression subversive ? Dieudonné est coutumier du fait ; dans ses spectacles, notre humoriste a déjà pris pour cibles sur le même mode, le racisme ainsi que deux des trois religions monothéistes ; en ce qui concerne le Judaïsme, après une première tentative en 2008, il y renoncera très vite, dissuadé par une campagne d’intimidation.

    Un plaisir décuplé que cette transgression subversive, piment d’une vie sociale qui crève lentement sous la chape de plomb d’un politiquement correct qui cache mal une débauche et une orgie de prise de pouvoir et d’intérêts sans nombre et sans précédent – et nous ne sommes qu’au tout début de ce disfonctionnement citoyen et démocratique. 

    Dieudonné est aujourd'hui banni des médias ; phénomène de vendetta jamais rencontré en France contre un artiste dans l’exercice de son art ; sous de Gaulle et Giscard, même les artistes les plus engagés n’auront pas connu un tel bannissement !

    En effet, on n'a pas connu en France un tel climat de chantage et de terrorisme intellectuels exercés sur les institutions et les médias, leurs producteurs, animateurs et journalistes (télés, radios et journaux) depuis l’ère communiste et stalinienne - le PCF en particulier, avec ses intellectuels et ses sympathisants jusqu'aux années 70.

    A moins d'être aveugle ou partisan, difficile de ne pas admettre que leurs méthodes sont étrangement identiques : insultes, discrédit, intimidation physique, calomnie, procès d'intention, amalgames, chantage affectif, chantage professionnel...

     

                     Qui sème la censure, l'exclusion et le bannissement à l'encontre d'un artiste dans l'exercice de son Art, comme ce fut le cas contre Dieudonné, récolte Faurisson - là où ça fait mal -, et en prime… un film l’Antisémite.

    Il semblerait bien que ce pays ne sache faire qu'une chose : rejeter, bâillonner, censurer, stigmatiser, traduire devant les tribunaux la moindre tentative d'exercice de liberté d'expression politique et artistique (rappeurs, auteurs, essayistes, pamphlétaires, artistes de scène, syndicalistes, activistes), tout en privant des millions de Français de parole, de porte-voix, de représentation, et finalement : d'espoir...

    Tous les médias, leurs producteurs et leurs animateurs, chroniqueurs et journalistes y contribuent, chaque jour, chaque semaine... radios, télévisions, journaux ; médias qui ignorent sciemment d'innombrables réalités et expressions culturelles, politiques et sociales. 

     

    ***

     

                    Le scandale fait tache d’huile, et tôt ou tard, il provoque une crise : toute tentative de l’étouffer le renforce car le scandale c’est aussi tout ce qu’on tente de taire. Le scandale éclabousse les tenants du mensonge, dérange toutes les catégories car le scandale c’est l’inédit et l’inouï. 

    Alors oui ! Dieudonné et la transgression… Privilège absolu de l’artiste ! La transgression...  mais la transgression boomerang ! La transgression non pas comme fin en soi mais comme moyen : dénoncer une autre transgression qui a pour objet un mensonge qui dit toujours la vérité sur le fumier d'une bonne conscience d'un mépris sans limite pour le faible, le désarmé, l'inarticulé, le vaincu qui ne vivra point ce qui ne lui sera pas accordé et donné de vivre, et qu'il ne prendra pas non plus car il ne mérite rien

    Jusqu’à ce que l’humour devienne une action collective tant il suscite à la fois l’admiration des uns, le rejet des autres et les indécis au milieu ; lesquels indécis s’en remettront inévitablement à la propagande la plus performante, celle qui contrôle tous les réseaux de diffusion qui font l’opinion ; et en ce qui concerne Dieudonné, il existe une telle dissymétrie de moyens d’action entre ceux qui « veulent sa peau » et ceux qui le soutiennent que ces mêmes indécis ont tôt fait de se dire : « Il est allé trop loin ! Il l’a bien cherché ! ». Dissymétrie que l’on retrouve dans le cadre d’une mondialisation sans retenue aux comportements prédateurs sans foi ni loi, dans les domaines militaire, culturelle et économique comme jamais auparavant. Et cela ne surprendra personne le fait que les forces rassemblées contre Dieudonné participent de près ou de loin, indirectement ou non à ce nouvel ordre mondial : celui du dumping moral(e) et des bombes.

    Dieudonné, à la fois microcosme et mini-théâtre d’opérations qui, à une tout autre échelle, sont destinées à soumettre le plus grand nombre à cet ordre mondialiste qui n’a pour seule devise : « Tout pour ma gueule » ?

    Assurément !

     

                   Bouc émissaire Dieudonné ? Là aussi, sans l’ombre d’un doute. Mais alors… comment rendre les coups que l’on reçoit ? Comment exposer au grand jour les contradictions ou les hypocrisies de ses détracteurs et adversaires souvent puissants et de mauvaise foi ?

    Si nombre d'humoristes sont à l'humour ce que les reality-shows sont à la réalité - une diversion pour le sordide ordinaire de la ménagère de plus de 40ans et autres adultes infantilisés et ados attardé(e)s -, un rire collabo donc à l'humour sans conséquence qui ne gêne personne...

    En revanche, Dieudonné est à l'humour ce que les films catastrophes et autres films d'horreur sont au cinéma : "... et même s'il ne faut pas que ça arrive, tout semble indiquer qu'on n'y échappera pas."

     

     

                           Vidéo conférence de Dieudonné le 25 mai 2012  - Partie 1

     

                       Humour en état de veille et d’alerte constant, oeuvre salubre, Dieudonné devrait être reconnu d'utilité publique. Depuis la déchéance de l’homme politique nous n’avons jamais eu autant besoin d’humoristes à risques, abrupts, dangereux car cet humour-là oblige à choisir son camp comme la politique à identifier l’adversaire. D’un côté Bartleby «  J’aimerais mieux pas… »,  de l’autre Dieudonné et son « Il faut ! »

    Dieudonné a fait de l’humour une exigence plus haute que celle de la plupart des humoristes anecdotiques qui pratiquent l’imitation, la parodie et la caricature, alors que l’humour de Dieudonné est l’exact opposé de tout ce qui est voué à l’amenuisement.En effet, au sortir de son humour, on se sent moins bête (… de somme), moins insignifiant ; on reprend la main et le dessus sur l’abrutissement, l’humiliation et le faible ressac de la désobéissance et de la dénonciation parcimonieuse et timorée.

     

     Partie 2

     

                                                          ***

     

                  On pourra ici saluer le fait que jamais Dieudonné ne s’est laissé intimider : il a rendu coup pour coup tout en évitant le plus souvent les pièges qui lui sont tendus quotidiennement. On sait pourtant comment  les stratèges pervers peuvent provoquer de la violence chez l’autre pour faire écho à la leur si bien calculée, et ainsi, forcer à la faute leur victime qui, ce faisant, dédouane bien involontairement de tout reproche les responsables de ces stratagèmes.

    Qu'à cela ne tienne... longue vie à eux tous ! Car, si la plupart d’entre nous meurt, d’autres crèvent et on aura remarqué que ce sont précisément eux qui partent les derniers ; de là, sans doute, ce monde insortable et imbuvable qu’il nous est quotidiennement demandé de subir ; vieille charogne sur laquelle on se plaira à cracher avant de prendre congé...

    Oui ! Un crachat... épais et lourd, venu non pas du fond des âges mais… du fond de la gorge... bien profond, là où se loge le dégoût et la colère...  après un raclement rhino-pharyngé de tous les diables. De préférence, et quitte à choisir, ce crachat, clair ou coloré, on le souhaitera quasi aqueux, gluant et muqueux… nez, gorge… on le fera descendre pour mieux le faire remonter… poumons, bronches, sécrétion translucide ou opaque… seul importera son poids et la puissance de son expulsion, sa cible et la force de projection…

    On a connu et soutenu l’entartage des années 80 et 90 destiné aux facétieux et aux tartuffes de la conscience humaine, il est grand temps de monter un cran au-dessus : proposons le crachat car, à l'avenir, nul doute... c’est avec ce crachat-là qu’il faudra compter.

    Et lorsque la coupe sera pleine, mais… vraiment pleine, plus tard mais bien avant longtemps, une fois nos selles devenues muqueuses, c’est alors un crachat rectal qui s'imposera à la face du monde. 

     

    Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Dieudonné : le phénomène, Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
  • Mémoire artistique : amnésie et commerce

     

      

                     

           Réponse à Emmanuel Tugny et consorts : Le mémoire artistique ICI

     

     

                 Il est dit que les écoles d’Art préparent les élèves à l’intégration au marché de l’art. Aussi, tous devront savoir se vendre : "le mémoire artistique" est alors censé les préparer à répondre à cette exigence.

     

            Nul doute, "Le mémoire artistique" fera de l'artiste un bavard expansif... très certainement au détriment de toute réalisation... artistique justement, encourageant et privilégiant un artiste sans art, sans métier et sans maîtrise, puis finalement et fatalement... un artiste sans oeuvre... un artiste comme dés-oeuvré. D'où la nécessité du recours à la parlotte.

     

               "Tais-toi, apprends et bosse !" Tel devrait être le message affiché au fronton de toutes les écoles d'Art. Car l'Art n'a pas besoin de discours ou de justification ; en revanche l'Art a besoin d'un regard... celui d'un public confronté à une oeuvre qui le convainc alors de la nécessité de l'Art. A charge pour tout artiste d'être au rendez-vous de cette exigence... exigence qui n'a pas grand-chose à voir avec sa capacité à remplacer l'oeuvre par un discours ou bien une oeuvre d'une faiblesse telle.. que le discours devient sa seule planche de salut en naufragé d'une pratique artistique au clou.

    Mémoire pour mémoire... en revanche, la mémoire artistique - celle d'une histoire de l'Art, en priorité... fera que bon nombre d'artistes iront se faire pendre ailleurs une fois que toute la pauvreté de ce qu'ils croyaient pourtant relever d'un Art majeur leur aura sauté aux yeux comme on recouvre la vue et la mémoire (!) après une longue période d'amnésie.

     

                                                               ***       

     

               Ne plus écrire, ne plus parler...  mais alors, à quand des artistes muets, illettrés et manchots (des fois qu'il leur viendrait à l'idée de nous parler avec les mains) ? Et ce afin que l'artiste se taise et que l'Art hurle à nos oreilles sa victoire... jusqu'à en devenir sourds car, seuls des artistes sans parole ni bras ainsi qu'un public dur de la feuille comme un pot sauveront l'Art contemporain, moderne et autre du naufrage...

               Dans l'attente de l'arrivée ou du retour d'une cécité universelle tout aussi salvatrice qui mettra alors tout le monde d'accord - artistes, critiques et public !

            Après tout, dans la longue nuit d'un art contemporain sans Art, tous les chats ne sont-ils pas gris et nous tous des génies ?

    ____________________

     

    Pour prolonger... cliquez  FIAC 2011 - Galeries Lafayette, partenaire officiel

     

    ainsi que Molière et l'Art contemporain par

    François-Laurent Balssa

     

    Lien permanent Catégories : art contemporain 0 commentaire
  • Nouvelle vague

                       

    843932.jpg

                         Godard, Truffaut and Co… ou quand les rebelles ne sont jamais que des domestiques en mal de nouveaux maîtres à servir ! 

     

    ***

    Godard découvre Eastwood ; Truffaut Hitchcock.

    Conspuer le cinéma des années 30,40 et 50, cinéma dit de « papa » comme a pu le faire la « nouvelle vague » pour mieux s’empresser quelques années plus tard de célébrer Hitchcock et Eastwood…

    Comble du ridicule, sinon de bêtise, c’est Godard, fan inconditionnel qui, en 1998, tête baissée, plein d'humilité, remettra intimidé un César d'honneur à son idole : un Eastwood condescendant comme ce n'est pas permis puisque ce dernier se croira obligé de nous expliquer combien les inventions de Godard ont influencé le cinéma mondial... le sien excepté.

    Imperméable le cinéma d’Eastwood !

    Pas touche donc !

     

    ***  

     

            Avec un film tel que "Le mépris", Godard nous montrera avec brio à quel point sa génération n’a pas les outils intellectuels ni culturels pour penser un auteur grec de la stature de Homère, indépendamment de cet autre auteur qu’est Moravia, Godard réduisant l'Odyssée à une histoire de crise du couple ; et la présence de Fritz Lang ne sauvera rien, et pas davantage le pastiche musical de Delerue venu tout droit de chez Mahler !...

    Autant pour cette soi-disant avant-garde cinématographique qui s'appuie sur le top 50 de la musique romantique pour faire « son cinéma » ! Et alors qu’un réalisateur comme Kubrick, qui n’a jamais eu à cracher sur la tombe de quiconque pour exister, tout occupé qu’il était à servir et à parfaire, film après film, son métier et son Art, sera bien plus avisé : en 1969, il ne se contentera pas seulement des Strauss - Richard et Johann ; il nous présentera dans 2001, l’Odyssée de l’espace, un compositeur contemporain majeur : György Ligeti, roumain/hongrois naturalisé autrichien, né en1923 et mort en 2006.

     

                   Après Godard et Eastwood, c’est au tour de Truffaut ; un Truffaut qui découvre Hitchcock et son cinéma cocktail Martini–dry avec cerise et nœud pap, ce qui convenait très bien à la tenue vestimentaire de ce même Truffaut - costume, chemise, cravate en cadre moyen d'une entreprise très moyenne ; un Truffaut qui aura le mauvais goût de nous proposer une Nuit américaine dans un terrain vague situé à la périphérie de la ville de Nice...

    Nuit américaine façon « friches industrielles » ?

    D’une laideur photographique et scénique sans nom ce film, et plus encore lorsque l'on ose penser à ce que l’association « nuit et Amérique » est capable de faire surgir dans l’imaginaire de tout cinéphile qui se respecte...

    Cette bourde, sinon cette bavure artistique, résume à merveille tout le cinéma de la vaguelette qu’aura été ce mouvement, son amateurisme, son absence de maîtrise technique, son cinéma sans souffle qui ne dira jamais rien d'autre que ce qu'il nous donnera à voir et à entendre ; cinéma « … que c’est pas la peine » comme disait Piala…

     

              Une nouvelle vague au vague à l'âme approximatif et au cinéma de terrain du même nom : terrain vague donc ; nouvelle vague dont les films, à de très rares exceptions près, n'arriveront jamais à la cheville du meilleur du cinéma français des années 30, 40 et 50, sinon chez Cassavetes mais… à dix mille kilomètres de là ; ou bien, longtemps, longtemps après : pensez donc ! Il nous faudra attendre 20 ans "Les fantômes du chapelier " et "La cérémonie" de Chabrol.

     

    Pour prolonger, cliquez : Cinéma, de salle en salle, de film en film

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Cinéma de film en film 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu