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  • Alain Badiou : la Pompadour du PAF

     

     

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               Certes Louis Althusser  est son maître, et non Louis XV ! Et Platon protège son sommeil puisqu’il le précède comme auteur de chevet.

    Privé de château et de domaine, sa seule dot... c'est la philosophie et son engagement à l’extrême gauche. Grand monarque-communiste et maoïste, pourfendeur d'une démocratie qui n'est qu'un outil de propagande et de domination du capitalisme (difficile de le contredire là-dessus !), Alain Badiou est sans aucun doute une figure de renom de la vie intellectuelle française.

    Issu de la bourgeoisie, roturier donc (il est le fils d’un normalien rocardien) - terreau des plus fertiles pour toute engagement à l’extrême gauche ; en effet, rien ne prédispose autant à la révolte que cet esprit bourgeois, un peu comme la fréquentation à un jeune âge des curés pour vous passer l’envie de vous confesser -, le « style Badiou » est sobre, d’un grand classicisme. A son sujet, on a évoqué un esprit « radicale-chic » et le château de Versailles, à une époque où il faisait encore bon discourir.

    Révolutionnaire dit "de chambre et de salon", là où l’on trouve immanquablement une télé et une radio, serein, jamais un mot plus haut que l’autre, avec lui la Révolution sera sans douleur, un peu comme un accouchement. Il est dit que le badiou-isme serait à ce point formel qu'il échapperait à tout entendement et à toute critique… ainsi qu’ à toute réalité tangible, un peu comme une pensée et une expression en suspension, d’aucuns diront, un rien  ésotériques… en lévitation, hors-sol par voie de conséquence ( après les écolos du même nom).

    Est-ce la raison pour laquelle il est devenu au fil des ans le favori, le protégé, le chouchou des radios et des plateaux de télévisions ?

    Inoffensif Alain Badiou ?

    En effet, anobli par les médias, depuis une dizaine d’années... Alain Badiou tient salon ; quand il est reçu, très vite c’est lui qui reçoit, émission après émission - France 2, France 3, France Culture, France musique, France Inter, Nouvelobs, Libération… hauts lieux de l’information révolutionnaire, courageuse et dissidente, c'est sûr !  -, semaine après semaine, mois après mois…

                  Mais alors, après un tel "sacre" médiatique, à quand un Badiou effigie d'une pièce éditée par la Monnaie de Paris ? Et puis… à quand un Badiou invité du 20H ! Car, si rien n’est moins sûr, rien n’est cependant moins improbable ! Les médias n’aiment rien moins que recevoir leurs ennemis jurés lorsqu’ils ont la réputation de tirer à blanc et même si en ce qui concerne notre philosophe, il lui arrive de mettre le plus souvent dans le mille. Solide formation politique et philosophique oblige !

    Et puis, cela permet de contenter le CSA qui peut se targuer alors d’entretenir la flamme d’un service public où la pluralité des points de vue fait rage, même mezzo voce, un peu comme en creux, mais… profond, très profond, là où il faut vraiment tendre l’oreille. 

    Quand aux animateurs dits "journalistes", le temps d’une interview, voilà qu'ils se sentent un peu moins ignorants, veules et lâches qu’à l’ordinaire ! Car avec Alain Badiou, on s’achète facilement une bonne conduite et une bonne conscience à moindre frais.

    Et quand on connaît leurs salaires à tous… c’est vraiment pas cher payé.

     

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    1 - Alain Badiou ne croit pas aux élections. Le bulletin de vote n'a pas sa préférence sans doute parce qu'il n'a pas pensé à aucun moment que ce bulletin pourrait bel et bien un jour, servir une stratégie qui consisterait à ouvrir une crise sans précédent au coeur d'un dispositif politique corrompu ; une crise telle que tout retour à un ordre antérieur serait alors impossible.

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  • Eric Zemmour : la perfectibilité de l'être humain en question

                     Eric Zemmour...  à l'heure où Hapsatou Sy, Yassine Belattar, Jean-Michel Aphatie  et d'autres demandent qu'il soit interdit d'antenne : télés et radios

     

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    Billet de blog publié en 2013

     

                       Zemmour ou la continuation de la guerre d'Algérie et de la haine de l'Arabe par d'autres moyens !

     

     

                   Zemmour par-ci, Zemmour par-là… presse, télé, radio…

    Au fil des ans et de ses interventions, dans le choix de ses cibles privilégiées, difficile de ne pas faire le constat suivant en toute lucidité et en toute bonne foi, loin de tout procès d’intention : décidément, Zemmour n’acceptera qu’une France ; celle qui lui a permis (et lui permet) d’occuper dans les médias dominants un statut et une place de choix, sans partage et sans considération aucune pour qui et quoi que ce soit d’autres : une France taillée sur mesure pour Zemmour seul sur le dos de tous les autres qui n’auront jamais assez d’une vie pour gravir les marches d’une réussite fantomatique : de préférence, les minorités ethnique, sexuelle et culturelle.

    Mais où est le rapport… on se le demande !

                    Même une Christiane Taubira insultée n’aura pas droit à un mot de compassion ou de soutien direct et franc, sans ambiguïté donc, de Zemmour qui fait le choix délibéré et on ne peut plus conscient, comme une gifle à peine retenue, de reléguer les insultes racistes sans précédent à l’égard d’une ministre de la République au rang de ce qui peut bien se dire dans les cours d’écoles : interprétation triviale à dessein : celle du mépris pour la victime ; et comme une calamité n’arrive jamais seule… on mentionnera aussi, à l’aune de ce qu’un Zemmour est encore capable d’énoncer, une Christiane Taubira Ministre de la justice frappée du soupçon d’une nomination dans le cadre d’une discrimination qui se voudrait positive (1) ; ce qui, aux yeux de Zemmour, mérite déjà en soi une condamnation sans rémission, Zemmour ne reconnaissant qu’aux Européens de souche et les siens (mais de qui donc peut-il bien s’agir dans les faits ?), et même dans le cadre d’une incompétente et d’une malhonnêteté aux relents mafieux plus qu’avérés, une légitimité incontestable.

    Il est vrai que le traitement de ce que Zemmour doit sans doute considérer comme « l’affaire Taubira » est à l’image du mépris à peine déguisé (et dans le meilleur des cas : dédain et condescendance) dans lequel, en France, les communautés noire et musulmane, ou plus simplement arabe, sont tenues… pour quantités négligeables, et les radios et télés manifestement ne s’en plaindront pas et leur auditoire non plus que l’on flatte, caresse dans le sens du poil. A quelques exceptions près, chaque intervention de Zemmour n’élève personne et rabaisse tout le monde, toujours, jusqu’à conforter les préjugés les plus éculés et les moins constructifs.

    Dans les médias, la réconciliation avec les minorités visibles n’est donc pas pour demain. On a pourtant connu des minorités plus chanceuses face à l’adversité à chaque fois qu’il a été question de recueillir à l’unanimité le soutien de la communauté nationale.

    Mais là encore, où est le rapport, on se le demande !

                      Doit-on alors établir le fait suivant  : la boucle bouclée, si Zemmour n’avait pas été juif, aurait-il été tenté par l’antisémitisme, la dernière calamité qui manque à son tableau quand il part à la chasse contre tout ce qui de près ou de loin n’est pas Zemmour ( idem en ce qui concerne Alain Finkielkraut), faisant feu sur tous les gibiers susceptibles de remettre en cause son permis de chasser sur une terre, un territoire dont il prétend connaître seul les contours. Car Zemmour fait partie de ceux qui, après avoir déserté le champ de l’intelligence et de la compassion, s’autorisent tout, sans retenue loin des analyses des déséquilibres sociaux toujours croissants.

     

                    Mais enfin, pourquoi Zemmour a-t-il besoin de penser ce qu’il pense ?

    Si Zemmour dit tout, s'autorise tout, personne ne maîtrise comme Zemmour la dissimulation des véritables motivations qui se cachent derrière chacune de ses interventions dans les médias de masse qui l'accueillent à bras ouverts du matin au soir.

    S'il lui arrive d'avoir raison contre la bêtise, et trop souvent tort face à l'intelligence d'un intervenant - il est vrai qu'au royaume des aveugles les borgnes sont rois -, manifestement, Sciences-Po ne lui aura été d’aucun secours car, diplômé ou pas, on ne peut jamais cacher très longtemps d’où l’on vient, et plus encore quand on n’en est jamais vraiment parti. Et à ce propos, force est de constater que Zemmour n'est autre que le fils de ses parents et d’une seule histoire : la leur - colonialisme, Algérie française, guerre, OAS, expatriation, ressentiment ad vitam æternam (2); histoire qu’il a faite sienne, l’intériorisant  sans doute bien au-delà de ce que pouvaient attendre de lui ses ascendants car enfin, est-ce que les parents tiennent à ce que leurs enfants leur ressemblent à ce point ? Rien n’est moins sûr !


    Fier de cet héritage, garant de sa transmission - ressentiment, isolement et fermeture à l’autre.-, Zemmour contre Rama Yade, contre Taubira, contre Thuram, contre les groupes de Rap, contre ce qui de près ou de loin touche à l'Islam, inutile d'aller chercher plus loin... c'est Zemmour qui n'a de cesse de régler les comptes de ses ascendants sans jamais les solder, contre les Peuples colonisés, aujourd'hui indépendants, et leurs descendants français ou non.

    Et c'est sans doute là son drame le plus intime : Zemmour n'aura finalement rien choisi pour lui-même et de lui-même ; il n’aura fait que subir une histoire traumatique : celle de ses origines ; destin balayé par les vents d'une Histoire dont on n'avait rien anticipé faute d'une conscience appropriée  ; l'ignorance, l'insouciance et l'arrogance n'étant d'aucun secours face à la puissance d'une volonté de justice et d'autodétermination.

     

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                   Et si Zemmour n’était in fine qu’un petit machiste méditerranéen mal dégrossi (bien que malingre) qui n'a jamais vraiment quitté son bled (et ce bien qu'il n'y soit jamais né ni allé !) ni les jupes de sa mère dont il n’a de cesse de louer le dévouement, dans sa cuisine dès 6H le matin toute sa vie durant, devant ses fourneaux jusque tard le soir, pour le grand bonheur d'Eric Zemmour enfant, et le plus grand malheur de tout ce dont on est en droit d'attendre d'un être humain : intelligence, générosité, compassion et courage.

               Pour sûr ! Un coup majeur porté à la croyance à la perfectibilité de l’être humain, fondement de notre civilisation pourtant bel et bien européenne celle-là... que ce Zemmour !

     

     

     

    1 - En effet, n’a-t-il pas dit à Rama Yade : «Ce n’est pas moi qui ai été nommé ministre parce que j’étais noire et femme !»

    Mais alors, à partir de quand et sous quelles conditions, aux yeux de Zemmour, est-ce que l’on cesse d’occuper la place que l’on occupe parce qu’on est noir ou bien homosexuel ou bien encore… une femme ?

     

    2 - Haine à peine contenue, vengeance et revanche pour des dizaines de milliers d'entre eux ;  fonds de commerce du FN dans le bassin méditerranéen, de Nice à Perpignan.

     

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    Le syndrome du larbin

     

                Vidéo jointe à titre d'information... même s'il semblerait que Zemmour soit aussi concerné par ce syndrome : celui de larbin. Car, si là d’où l’on vient ne saurait en aucun cas empêcher quiconque d’aller voir ailleurs et de s’y installer, en revanche, il n’est sûrement pas nécessaire, une fois arrivé à destination, de conspuer à des fins de les rabaisser, celles et ceux qui n’ont pas eu la chance – ou su la saisir, faute d’aptitudes ou de volonté -, d’effectuer un tel déplacement à la fois horizontal et vertical même et surtout, si ce mépris et ce déni semblent n’avoir qu’une seule préoccupation : se protéger du danger et conjurer la peur d’un éventuel retour à la case départ, défait et humilié, pour la seconde fois, par une classe qui n’aura pas oublié que Montreuil (ville de naissance de Monsieur Zemmour) ne sera jamais ni Neuilly ni Paris.

    Et d’aucuns s’empresseront d’ajouter : combien de temps encore, les rescapés d’un déterminisme social le plus souvent impitoyable devront-ils donner des gages de bonne conduite et de fermeté d’âme (cachez donc toute cette compassion insupportable pour les dominés !) à ceux auxquels ils pensent devoir leur repêchage social, oublieux qu’ils sont de leurs droits et de leurs mérites ?

     

    Pour prolonger, cliquez : Qui sauvera Eric Zemmour

     

     

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  • BHL ou "Le beau rôle" érigé au rang de véritable concept

     

    L'émotion est le pire des mensonges quand il s'agit d'éclairer la vérité !

     

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               Dites, je ne vous connais pas mais... au sujet de BHL, je voulais vous dire... faites attention quand même parce que... il a plutôt tendance à enfoncer des portes ouvertes votre BHL ; et de plus, il n'hésitera pas à vous faire croire qu'elles étaient fermées, voire... verrouillées à double tour, et que ç'a même été la croix et la bannière pour les ouvrir.

               - Non ?

               Si ! Si ! Et puis, BHL n'est pas dupe : il sait qu'il n'y a que 24 heures dans une journée et qu'il existe de fortes chances pour que vous n'ayez pas trop le temps d'aller voir si, sur le même sujet, ce qui est dit ailleurs, ne serait pas plus juste et plus pertinent... et comme un fait exprès, les télé-spectateurs  - puisque sans la télé, les "Je ne sais pas comment les nommer" comme BHL ne peuvent pas exister -, n'ont que rarement le temps de le vérifier.

    Et je vous rassure : si vous êtes souvent d'accord avec BHL, ne cherchez pas ! C'est tout simplement parce que BHL pense comme vous car, il y a de fortes chances pour que... ce que BHL pense soit ce que le commun des mortels serait tenté de penser. C'est ce qu'on appelle "le bon sens" ; et BHL n'en est pas dépourvu. Pourquoi le serait-il ?

    Non mais... je dis ça comme ça ! Je ne voudrais pas non plus me mêler de ce qui me regarde, à savoir : si quelqu'un quelque part me prend ou pas pour un imbécile, et si on veut me voler sur la qualité du produit et/ou de la marchandise qu‘on cherche à me vendre.

    Et je ne m'étendrai pas sur le fait suivant car, je suis persuadé que cela ne vous a pas échappé : plus BHL s'intéresse à l'étranger (Yougoslavie, Darfour), plus on parle de lui en France. Eh oui ! Même si, aujourd'hui encore, cet étranger qui l'intéresse tant n'a toujours pas entendu parler de lui.

                - Vous êtes sûr ?

    Interrogez donc un réfugié du Darfour, ou un bosniaque... et vous verrez : « Qui ? Quoi ? BHL vous dites ? Connais pas ! Jamais entendu parler ! »

    Quant à saisir de tous ses voyages incessants et dans toute leur complexité le comment et le pourquoi des peuples martyrs et des Etats bourreaux... ne comptez pas sur BHL : l'émotion est mauvaise conseillère ; elle est toujours le pire des mensonges quand il s'agit d'éclairer la vérité.

    Aussi... de grâce, arrêtons tous de faire de BHL un escroc en le prenant pour ce qu'il n'est pas car, je suis sûr qu'il n'en demande pas tant ! Et puis... lâchez donc ce pauvre bougre ! Il ne vous a rien fait après tout ! Pitié pour lui ! Acharnez-vous sur quelqu'un d'autre ! Je sais pas moi... sur... tenez ! Bernard-Henri Lévy... par exem...

    Qui ? Quoi ? C'est le même ? Ah zut ! Autant pour moi !

     

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                     BHL ou... comment s’attribuer, en toutes circonstances, le beau rôle

     

                  La force de BHL, après toutes ces années, ça reste son culot qu’il met inlassablement au service de la recherche d’un beau rôle qui est toujours... le meilleur des rôles : celui qu’il faut occuper et tenir d‘une main de fer, une fois tous les prétendants évincés.

    Une gueule, un look d‘enfer, une parole compassionnelle, et bien qu'il sache aussi se faire oublier, patient, dans l'attente de la prochaine opportunité qui lui permettra de briller seul, jamais BHL n'hésite à s’attribuer le beau rôle, et l'on pourra que difficilement le lui reprocher car, enfin, qui d'entre nous, n'a pas rêvé de pouvoir en toutes circonstances, occuper ce rôle, le beau rôle, pour ne plus le quitter, offrant ainsi à notre entourage médusé et comme envoûté, le meilleur de nous-mêmes - magnificence, probité, admiration, rayonnement ...

    Un avantage d'une valeur inestimable, ce beau rôle érigé au rang de véritable concept chez BHL (doit-on accueillir là une de ses rares contributions à la philosophie, sinon la seule ?) et qui le protège de toute remise en cause sur le fond - pour peu qu'il y en ait un... de fond : abysses ou bien, petit bassin pour poissons rouges.

    Ce beau rôle fera de tout détracteur un jaloux, un envieux ou bien, un individu sans coeur lorsque BHL se répand dans les médias pour sauver un pays, un peuple, le temps pour lui de se préparer à en sauver un autre, ailleurs, quelque part, et plus tard, à son heure qui est la sienne et celle de personne d’autre.

     

                  Plus BHL se produit en public, plus la critique s'acharne sur lui. Contre productive, plus la critique s'acharne sur BHL, virulente, plus elle contribue à forger son image, à la sculpter et à la renforcer ; elle est aujourd'hui indissociable du personnage qui s'en nourrit, voire même, s'en délecte car, sans cette critique, BHL peine à exister.

    Inatteignable car ne vivant que pour l'instant présent, celui de sa dernière et prochaine interventions médiatiques (privé d'oeuvre, BHL a manifestement fait une croix sur la postérité), intellectuel et philosophe pour une classe moyenne dont le flirt avec ce qu'elle croit être "le monde des idées" aussi famélique et timoré soit-il, trahit sans aucun doute un besoin de supplément d'âme...

    Une classe admirative aussi de ses coups de gueule qui ressemblent le plus souvent à un coup de force sur nos consciences, à défaut d'un Tapie parti en congé - BHL étant chez les Intellectuels ce que Tapie est à la politique : un intermittent amoureux de son propre spectacle, de sa propre image dans le gigantesque miroir médiatique auquel il a librement accès jusqu'à en abuser -, nombreux sont ceux qui ressentent le comportement et l’omniprésente de BHL dans les médias - incantations, effets de manche, ton péremptoire -, comme une gêne, un malaise et parfois même, jusqu'à la colère : en nous, le sentiment qu’on nous vole notre intelligence, qu’on nous prend en otage ; et puis, surtout : la certitude que BHL parle des autres pour mieux parler de lui.

    Pour tout interlocuteur, pas d’échappatoire ni de contestation possible : il doit se soumettre ou bien, quitter les lieux au plus vite ; avec BHL, il n'y a de place que pour BHL.

                 La couverture médiatique de BHL est à ce point disproportionnée comparée à sa production intellectuelle, philosophique et littéraire, sans oublier sa contribution (ou son absence totale de contribution) aux débats autour des graves questions économiques et sociales qui secouent régulièrement la société française (après trente ans de carrière, on cite à son sujet un ou deux livres, et seulement !) que très vite on a le sentiment que l’on cherche à nous tromper ; et c’est alors que BHL en devient plus insupportable encore aux yeux de ceux qui connaissent d’authentiques acteurs sociaux, auteurs, intellectuels ou philosophes contemporains.

    Comme une injure ou bien, une blessure, lancinant en nous le sentiment que... plus BHL semble vouloir s’occuper des autres, plus il s’occupe de lui.

     

    ***

     

                 Avec BHL on peut sans peine identifier le profil type de l’escroc... mais, on ajoutera : escroc honnête - escroc malgré lui, dirons-nous ; on lui épargnera donc l'attribut de Tartuffe, puisqu'on lui accordera, en dépit de tout, le bénéfice du doute : la main dans le sac, à la sortie du supermarché, entre deux vigiles, il niera tout en bloc car, jamais Bernard Henri Lévy ne se résoudra à avouer que BHL est seulement intéressé par BHL, incapable qu'il est - du moins, c'est à espérer -, de soupçonner en lui une telle duplicité, et ce malgré les nombreuses « alertes » qui lui sont adressées depuis vingt ans.

    C’est à se demander de quoi BHL est conscient ? (Peut-on y trouver là une piste quant à la rareté, voire la pauvreté de sa production en tant qu’intellectuel ?)

     

                 Plus largement, et dans un Don Quichottisme qui, nul doute, en fera sourire plus d’un, peut-on et doit-on continuer de dénoncer la complaisance et la paresse de médias qui ne manquent jamais de nous servir tout au long de l’année des émissions aux débats non-contradictoires, par avance, verrouillés - émissions faire-valoir aux contenus promotionnels à peine cachés, aux invités plus indigents les uns que les autres, tout en nous promettant le Panthéon -, et alors que cette pratique s’est généralisée dans tous les médias quels qu’ils soient - télés, radios, journaux, revues, internet ?

    Et la réponse ne se fera pas attendre...

                 Plutôt l’indignation, même au prix du ridicule, que l’indifférence et la résignation qui se répandent telles un poison dans le sang, dès qu’on cesse de dénoncer les abus de pouvoir, les mystifications, les connivences et les supercheries de toutes sortes, même et surtout, sous prétexte et sous le couvert de tenir le "beau rôle".

     

     

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                    Saisir quelque chose du réel et nous le faire partager - prise de risque, courage, pertinence, bon sens, intelligence et flair... c'est Alain Soral à propos de BHL.

     


     BHL mis à nu par Jade Lindgaard

     

     

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  • Penser aujourd'hui la citoyenneté avec la publicité

     
                                 

     

                   La publicité est partout ; et tout comme Dieu, elle sait tout... tout de vous : qui vous êtes, qui vous voulez être ; et si d’aventure vous n’en avez aucune idée, n'ayez aucune crainte : elle se chargera de vous le faire savoir en temps et en heure mais... à son heure.

    Ce que vous ne serez jamais, elle le sait aussi ; c’est la raison pour laquelle elle ne rate jamais sa cible et ne perd jamais son temps à tenter de convaincre les grincheux rabat-joie et les pauvres... pauvres et insolvables, aujourd'hui rendus aphones et exclus de tous les débats.

    La publicité n‘en démord pas et ne renonce jamais. Avec elle, on jurerait que la vie vaut la peine d’être vécue par tous. Chacun de ses messages ridiculise et abêtit l'adulte, le parent, l'homme et la femme ; en revanche, elle idolâtre l'adolescent et l'enfant (1) tout en salissant la conscience humaine et sa condition précaire car avec la publicité, l'annonceur est roi et le consommateur un sujet.

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                   Son idéologie infantilisante est tellement oppressante, qu’insolvable, on réfléchirait à deux fois avant de la remettre en question ; mieux vaut alors baisser la tête et disparaître au plus vite.

    Pensez à tous ces centres commerciaux ! C'est tout émus et larme à l'œil, qu'on prend sa place dans la file d‘attente et sous les néons d'un univers de cartes de crédit et de tiroirs-caisses car, si vous les écoutez un instant, ces publicitaires vous diront qu'aujourd’hui, le monde, ça ne s'habite plus, non, mille fois non ! Le monde, ça s'avale d'un coup d'un seul, ça se digère et ça s'évacue... dans les toilettes.

    Pourquoi le nier : loin de cette merveilleuse abondance de clinquant, on souffre tellement et on se sent très vite impuissant et comme abandonné. En un mot qui en vaut bien d'autres : une merde ! Oui ! Une merde, on se sent, une fois exclu.

                   Cette idéologie intimidante d'une violence qui ne s'affichera jamais comme telle, est capable au pied levé de faire face à toutes les contestations et à toutes les révolutions de moeurs et de palais. Ironie, humour, cynisme... ses propres contradictions ne l'effraient même plus : elle recycle, récupère tout, comme on fait les poubelles car la publicité n'épargne personne : tout le genre humain est concerné : l'homme et la femme, l'enfant et puis, les bêtes aussi. 

    La femme :

    Pour l'heure, faisons l'impasse sur celles qui reportent leur frustration sur la lecture assidue des biographes du dernier tueur en série dont le procès retentissant vient de s'achever, dans l'espoir d'oublier une surcharge pondérale avilissante, une feuille de paie qui se compte sur les doigts d'une seule main, deux mômes à charge et pas de mari...

    La femme donc, la vraie ! Femme balaie et serpillère allègre et rayonnante ; la femme mère protectrice et quasi... exclusive ; la femme de tête face à mari sans, et la femme délinquante sexuelle multirécidiviste par excellence placée pour l'occasion en tête de gondole...

    L'homme, lui, beaucoup moins libidineux, maintenant dévirilisé, compréhensif et respectueux, est placé derrière elle, tel un chariot élévateur pour une levrette frénétique ; il lui demandera sa permission avant de passer à l'action, sans toutefois se douter qu'il est sur le point de se faire mettre bien avant qu'il ait eu le temps de la lui mettre à elle... qui s'éloigne déjà en hurlant de rire.

    L'enfant :

    Espèce encore protégée sous nos latitudes depuis que ceux des autres, sous d'autres longitudes, corvéables à merci, nous sont offerts pour pas un rond ou pour si peu, en conversion... l'enfant donc est exhibé sans vergogne sur la place publique comme futur adepte de la contemplation et de la consommation de soi dans le but de lui apprendre à jouer à l'adulte qu'il n'est pas encore et qu'il ne sera sans doute jamais pour peu qu'on permette à ces marchands de soupe, de faire de cet enfant, un étourdi infantile et docile pour la vie ; et longtemps, longtemps après sa mort d'adulte déboussolé, aussi.

     

     

     

                Pour un Kinder Bueno ou un paquet de chips, la publicité vous encouragera, mine de rien, à trucider votre voisin de palier tout en s'empressant de faire l’impasse sur notre condition de mortels car à ses yeux, la société de consommation a le devoir de nous la faire oublier.

    En ce qui concerne le vide affectif de millions de vies mutilées, là encore, la publicité a la prétention de compenser largement les souffrances de l'homo oeconomicus d’une perte de repères due à la destruction des identités collectives et individuelles ; et à ce sujet, les marques ne nous servent-elles pas déjà de prothèses identitaires ?

    Aussi... à l 'aune de cet univers unidimensionnel,  grande est la tentation d'imaginer maintenant des slogans publicitaires d’une radicalité bouleversante - mépris et haine du consommateur avec pour seule cible à atteindre et à abattre : le consommateur fauché ou récalcitrant...

    Mépris assénée sans détour, loin des circonvolutions de rigueur et de principe qui ont toujours permis à ces professionnels de la litote, de prendre la terre entière pour un asile d'aliénés... aliénés et immatures.

                     Allez ! Foin de notre devoir de réserve ! Osons l'impensable :

    Pour une grande marque de chaussure, on pensera au slogan : "Marche ou crève !" Pour une grande marque de luminaire : "Casse-toi, sale pauvre, tu nous fais de l’ombre !" Pour une agence d’intérim : "Un travail chez nous, c’est mieux que... pas de travail du tout !" Pour une grande, très grande compagnie d’assurance, on imaginera une affiche représentant des hordes de sans-abri et un texte d’accroche : "Soyez prévoyants ! Prévoyez donc le pire pour vous et vos proches !"

    Pour une grande maison de crédit à la consommation, un slogan d’un courage insensé : "Endette-toi, connard ! On a besoin de ton blé !" Pour les agences de voyage, un slogan novateur et lucide, une proposition de rêve : "Allez donc jouer les riches dans les pays pauvres ! Bande de fauchés !"

    L'industrie automobile ne doit pas être en reste, aussi, accouchons sans douleur d'une idée insensée ! Insensée mais pleine de bon sens quand on s'en rapproche et qu'on y regarde de près.

    Jugez plutôt : "Alors, tocard ! Tu la changes quand ta caisse ? Faut-il qu'on t'la brûle?" 

     

     

    1 Jusqu'au nourrisson, et ce au grand dam de L'ARPP, ex BVP : l'organisme de régulation visant à promouvoir une publicité saine, véridique et loyale ainsi qu'une communication responsable.

     

    Pour prolonger, cliquez : "La société de consommation" par Jean Baudrillard

     


    Intégrisme marchand et manipulations par nature-boy-79

     

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  • En cas de malheur...



     

    Bardot et Gabin

     

                Ce sont Georges Simenon et Claude Autant Lara qui scelleront en 1957 sur un thème du compositeur René Cloërec, le destin de Brigitte Bardot et de Jean Gabin, dans la chambre d’un modeste hôtel de la rue Monsieur le Prince.

    Et si en cas de malheur, et juste avant qu’il ne frappe une dernière fois, on ne pourra compter que sur l’amour pour le temps qu’il lui sera donné de nous soutenir, de nous illuminer et de nous porter jusqu’aux nues avant l’abîme et une désolation qui nous laisseront sans voix…

    On pourra toujours se dire : « Décidément non ! Il ne pouvait pas en être autrement !» tout en ajoutant que Brigitte Bardot teint là un de ses plus beaux rôles, avant de se féliciter qu’il ait été donné à Jean Gabin de l’y accompagner jusqu’à son terme et son dernier souffle de vie.

     

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                        Mais qui donc rendra au film ce plan volé par une censure brutale et imbécile, et dans lequel Brigitte Bardot, nue sous sa jupe, propose gracieusement son corps à un Jean Gabin subjugué ?

     

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  • Le cheval de Turin : Béla Taar ou le refus... envers et contre tous

     

     

     

                  Pour la petite histoire, face au grand artiste qu’est Béla Taar, réalisateur hongrois, Le cheval de Turin film sorti en 2011, a pour origine un incident qui bouleversera la vie d’un certain Friedrich Nietzsche :  le 3 janvier 1889, alors qu'il effectuait un trajet en calèche dans la ville de Turin, le cheval cessa d'avancer. Incapable de le remettre en marche, le cocher battit la bête, ce qui suscita chez le philosophe un élan de compassion irrépressible d'une intensité hors du commun :  Nietzsche se pendit au cou de l'animal et passa, prostré, les dix dernières années de sa vie dans un état de démence.

    De là à penser que Béla Tarr, qui aurait été présent ce jour-là, n’aurait trouvé rien de mieux que de rentrer avec ce cheval et son cocher jusqu’à cette ferme isolée battu par une tempête du diable, un père taiseux et sa fille, une charrette et ce même cheval qu'on attellera puis détellera, une fois, dix fois... avant de renoncer...

    Grande est la tentation !

     

                  Film frugal tout comme le repas qu’un père et sa fille partageront jour après jour - des pommes de terre cuites à l’eau au gros sel -, tandis que dans la grange, un cheval refusera bientôt toute nourriture ; et à propos de cet animal, on sera tenté de se dire que si ce cheval avait eu le don de la parole, nul doute, serait-ce sans un mot qu’il aurait mené sa vie...

     

              

     

                   Cinéaste au rythme cardiaque très lent, cinéma en apnée car, si d'aucuns savent retenir leur souffle, d'autres savent retenir le temps comme personne, tout comme cette musique musclée - organum et cordes dans le grave  -, véritable bombe à retardement lancinante et récurrente (en do mineur), destinée à porter et à accompagner 30 plans-séquences de cinq minutes chacun, plans contemplatifs pour l'uns, pour d’autres,  moins compréhensifs ou pusillanimes, plans interminables...

    Ces plans trouveront pourtant leur raison d’être, leur force, leur efficacité, leur caractère aussi rare que précieux (comme chacun sait, le cinéma ce n’est pas ce qui nous est montré mais ce qui nous est révélé !) dans le fait que, tous ces plans, sans exception, forceront le spectateur à quitter l’image et l'écran pour rentrer dans lui-même et y poursuivre deux heures et demie durant, même et surtout somnolent, sa propre œuvre que devient alors sa vie pour le temps qu'il lui sera donné d'être le spectateur de Béla Tarr.

    Pour cette raison, Le cheval de Turin se rêve autant qu'il se voit. Aussi, et vraiment ! on peut affirmer qu’avec le cinéma de Béla Tarr c’est autant le spectateur qui fait le film que le réalisateur. Et nous devrions tous demander à partager avec lui l’Ours d’argent que le film a reçu à l'occasion du dernier festival de Berlin.

                   Artiste d’une radicalité qui n’a besoin ni de discours ni de justification, fascinés nous sommes face à la volonté de fer de ce réalisateur pour lequel aucun compromis n’est une option ! Et si au cinéma, le noir-et-blanc reste bien le choix de ceux qui ont encore quelque chose à dire, et la couleur, celle de l’industrie cinématographique, avilissant tout ce qu’elle touche et recouvre…

    Le cheval de Turin restera un gigantesque bras d’honneur adressé à cette modernité cinématographique imbécile et veule, film après film - un film chassant l'autre -, d'un Béla Tarr ennemi public numéro un de tous ceux qui ont la faiblesse, la bêtise ou la naïveté de penser que le cinéma n’est qu’un divertissement destiné à nous faire vivre par procuration des vies au suspense insoutenable, dans la fureur, le bruit, le sang, les larmes et la sueur de coïts sans nombre...

    Mais alors... qu'ils passent donc leur chemin ! Le  prochain Eastwood (Eh oui ! Déjà le suivant ! Car, c'est bien connu : les gens qui n'ont pas idée en ont cinquante par jour), avec ses acteurs- tâcherons d’une industrie sans art, y pourvoira, car quelque part, dans une province hongroise, un réalisateur  attend les plus exigeants d'entre nous.

     

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                  Après le passage d'un groupe de tziganes que personne n’a invité, chassé à la hache, l’eau du puits s’est tarie,  la tempête s’est tue, le soleil a fondu et l’aube ne s’est plus levée...

     

    (Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin le puits se vide)

     

    Après l'eau, c'est une lampe à pétrole, au réservoir pourtant plein, qui refusera définitivement d'éclairer la demeure d'un père et de sa fille, et bientôt l'écran car,  plus de lumière, plus de cinéma !

     

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                  Béla Tarr écrase tout sauf le spectateur, et longtemps on pourra se demander avec lui qui n’en a aucune idée aujourd’hui encore, et même après plus de dix films, quelle peut bien être l’origine (quelle scène primitive au traumatisme fondateur ?) d'un tel parti-pris artistique, d’un tel refus proche d'un Bartleby, obstiné et têtu, d'une telle démarche hors du commun, même si une réponse semble s'imposer :

    A l'origine de cette radicalité sans doute trouvera-t-on le refus (encore le refus !) d'un monde dans lequel il n'est plus possible de vivre sans tuer l’autre ou dans le meilleur des cas, sans pourrir irrémédiablement la vie de son voisin avant de ruiner sa vie propre dans une lutte acharnée et cruelle pour une survie qui n’est déjà plus une vie mais un commencement de mort lente et sinistre. 

                     Et si l'on tend l’oreille, on pourra très certainement entendre de la voix de Béla Tarr nous signifier ceci : « Dans ces circonstances, ce sera sans moi ! ». En effet, Le cheval de Turin est l'ultime film d'un cinéaste qui abandonne le cinéma.

     

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  • George Steiner : Le pèlerin de tous les possibles

     

              george-steiner.jpgGeorge Steiner, c'est ce ver luisant de l'intelligence à chaque fois que la nuit recouvre l'entendement. Ôte de l’humanité, cette humanité, il la reçoit tout en étant reçu par elle : " La patrie c’est là où on peut travailler… là où on vous laisse travailler."

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              Il est un des plus virulents critiques de la politique d’Israël : « Torturer un être humain, c’est le transcendant du mal absolu ; plutôt se tuer que le faire !"

    Or, Israël devra continuer de torturer.

    George Steiner, c'est aussi et surtout la meilleure réponse que l’on puisse adresser, ici en France, à un BHL, à un Zemmour, à un Finkielkraut, à une E. Lévy, à un Goldnadel, à des médias et une grande partie de la classe politique… comme autant de figures emblématique du naufrage de tout un héritage et de la descente aux enfers d'une raison d'être au monde défaillante et corrompue ; déliquescence qui semble aujourd’hui irréversible.

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                   George Steiner : La barbarie de l'ignorance

                 Antoine Spire jadis producteur sur France Culture, remercié par une gourde, Laure Adler alors qu'elle prenait la direction de France Culture... s'entretient avec George Steiner autour de la re-publication de son ouvrage sur Heidegger. 

    Ils évoquent la fascination des penseurs juifs pour Wagner, Nietzsche et Heidegger et plus largement, la fascination des intellectuels pour les systèmes totalitaires : URSS et Chine.

    Au sujet de Heidegger et son engagement auprès des Nazis, un Heidegger qui a formé une grande partie des intellectuels du XXè siècle, Steiner fera la remarque suivante : "Le plus grand des penseurs peut être le plus petit des hommes."

    Antoine Spire insiste sur l'absence de l’être humain, de l’individu humain, l’a-humanisme de Heidegger comme une sorte de « planète vide dans le soleil grec du matin ».

    Héritier des pré-socratiques, très grand élève d’Aristote, peut-on suggérer que « Heidegger s’est retiré du monde dans le langage » ?

    Steiner réplique que tout notre vocabulaire écologique pourrait bel et bien venir des premiers écrits de Heidegger, ceux des années 20 après la catastrophe de la première guerre mondiale : la dénonciation de la mécanisation totale, brutale, anonyme de la vie par l’être humain pour une exploitation totale de la planète en lieu et place d’un désir de vie, un désir de laisser vivre la vie.

    Plus tard, il sera question du langage et de son origine ; ce miracle qui définit l’homme car l’homme c’est l’animal qui parle, puis la déconstruction qui mettra en cause la correspondance entre le langage et la réalité : la communication. Arrive alors le doute généralisé qui a pour conséquence la remise en cause de l’autorité qui repose sur la confiance et la compétence.

    Déconstruction de la personne humaine aussi qui nous laisse avec une énergie terrible d’absence : le vide plein du souvenir de ce qui n’est plus.

                 Sans Dieu, avec la perte du sujet, qu’est-ce qui est encore possible ?

    Michel-Ange, Bach, Beethoven, Shakespeare, Dostoïevski…  les anciennes formes ne reviendront pas. L’Histoire ne serait alors que du passé ? Et notre époque... l'épilogue, comme une grande fatigue de l’Histoire?

                George Steiner souhaite conclure avec ceci : "L’esprit humain est indestructible."

    Et c'est là une raison d'espérer encore.

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    George Steiner à propos de son roman "Le Transport de A.H".

                 Si on peut regretter chez Steiner des lacunes dans le domaine de la politique - qui fait quoi, à qui, où, comment, pourquoi et pour le compte de qui -, ainsi qu'à propos des apports de la psychanalyse que George Steiner rejette, la psychologie des Peuples et des Nations aussi, lui, le voyageur solitaire, il n’en demeure pas moins qu’il y a un reproche que l’on ne pourra jamais adresser à George Steiner : c’est de ne pas comprendre ceux qui ont fait l'Histoire ainsi que les auteurs qu’il a lus, contrairement à d'autres, aussi cultivés que bêtes.

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  • Là où il y a de la gêne, pas d’information !

    Billet de blog publié en mai 2016

     

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                   Qui nous parlera de cette génération de femmes-journalistes-politiques pour lesquelles… le lit et l’oreiller auront été le nouvel horizon indépassable d’un métier porteur d’un concept novateur : la journaliste-fonceuse et racoleuse impénitente, en jupe courte et bas résille…

    Avec pour conséquence depuis quarante ans, le fait que l’on ne compte plus les hommes politiques qui ont (et ont eu) pour maîtresse(s) des journalistes ainsi capables d'une complaisance indécente (autre conséquence) à l'égard de l'objet même de leur étude et de leur vigilance, à savoir… la classe politique - combien de biographies politiques écrites en collaboration très étroite avec les intéressés ?

    Et ce... bien que les femmes chefs de file de cette génération se soient bien gardées de préciser à leurs nouvelles recrues, qu’une fois la quarantaine passée - stress, pression, planning et horaires infernaux… les femmes journalistes vieillissant plus vite que les autres (le corps se rebelle parfois bien avant les consciences) -, les journaux qui les emploient auront tôt fait de leur proposer comme dernier horizon, après une carrière courte mais mouvementée : le service « société et faits-divers » de leur rédaction.

    En effet... les plus mignonnes et les plus sexy au service (de la) politique ! Les autres…

     

                   Aussi, faut-il vraiment s’étonner que toute une génération d’hommes politiques se soit crue autorisée à se servir au passage, les pères transmettant ce droit à leurs fils… même si aujourd’hui, il semblerait que les filles et femmes journalistes aient commencé de se rebeller contre leurs mères (maquerelles ?) ; elles n’accepteraient plus aussi facilement que leur métier ait pour principal lieu d’exercice : les chambres d’hôtel (luxueuses ou pas).

    Qui s’en plaindra ?

    politique,actualité,justice,journalistes,médias,journauxSûrement pas celles qui, la mort dans l’âme, ont dû se plier à cet impératif catégorique aussi complaisant que détestable, imposé le plus souvent par des femmes à d’autres femmes ; sans oublier celles qui, menacées d’être jetées en pâture, ont quitté le métier de journaliste avant même que son étreinte-étau ne les emporte dans sa tanière de fauve jamais rassasié, pour mieux les broyer avant de les dépecer à l’abri des regards indiscrets mais… pas de la rumeur, ni des promotions scandaleuses parce que... injustifiées (ne reposant ni sur le talent ni sur le travail fourni) ou bien, des reconversions juteuses, loin de toute éthique ; et parfois même, d’unions aux conflits d’intérêts tout aussi évidents mais réfutés bec et ongles par les intéressés - faut croire que la déontologie a ceci en commun avec la morale : elle ne s’applique qu’aux autres.

    Quant aux femmes journalistes qui, au fil de l’actualité de l’affaire DSK et de ses débats sans nombre, s’étonnent encore des révélations de harcèlement, de droit de cuissage et autres abus d’autorité dans leur profession et chez le politique : au mieux, a-t-on affaire à des femmes très chanceuses… jusqu’à l’amnésie, au pire… à des femmes complices et bourreaux de leurs congénères : « Comment ça, non ?! Pourtant, je connais nombre de vos consœurs qui disent toujours oui ! Parfois… avant même qu’on ait eu le temps de leur proposer quoi que ce soit !» - s'étonne alors le harceleur.

     

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                   Assurément, l’affaire DSK d'hier, celles de Baupin et de Sapin d'aujourd'hui, auront ouvert une porte jusqu’à présent verrouillée à double-tour : la condition des femmes dans le journalisme et la politique ; condition qui en rejoint bien d’autres dans d’autres métiers – et pas des moindres (architecture, santé, culture...)

    Mais alors… que toutes témoignent !

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  • Dieudonné : Coluche et Desproges... trente ans après

     

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                        Quand Dieudonné "se paie" Zemmour, c'est le fantôme de Coluche et de Desproges qui remue ses chaînes et qui vient hanter une France tout autre, et dont ils auraient sans doute le plus grand mal à déchiffrer les ressorts, comme pris de vitesse et de vertige, avant de tenter de s'y reconnaître et de s’y retrouver. Et pourtant, dans cette France des années 70 et 80 qui savait encore rire d'elle-même et des autres sans avoir à demander l'avis à qui que ce soit, tout était déjà bien en place : les ghettos et les discriminations prospéraient, il est vrai, à l’ombre et dans le silence de la honte - existences tuées dans l'œuf, d’autres bientôt menacées d'étouffement au grand dam d'une majorité silencieuse -, avant que cette honte, celle des pères et des mères, ne cède la place au ressentiment, puis... la haine - celle des filles et des fils -, qui surgira d’une vraie-fausse-nouvelle France : la France du Rap.
     
     
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    Coluche de son vrai nom Michel Gérard Joseph Colucci, né le 28 octobre 1944 dans le 14e arrondissement de Paris, meurt le 19 juin 1986. Avec Coluche, c’est la France d’une immigration italienne qui n’est déjà plus, et depuis longtemps,  un sujet de dissertation (combien étions-nous à connaître cette origine italienne de Coluche ?)  - une immigration assimilée jusqu’à l’indifférence et sa disparition du paysage français -, qui prend et monopolise la parole pendant une bonne dizaine d’années…
     
    Un Coluche dont le talent comique cachait pourtant, tel un arbre, une forêt dense de discriminations (1) ainsi que maintes explosions à venir ; discriminations dont les victimes, aujourd’hui, ne nous lâcheront pas de si tôt…
     

    dieudonné,coluche,déprosges,société,politique,médias,mediaPierre Desproges, né en 1939 à Pantin, meurt le 18 avril 1988 à Paris. D’aucuns ajouteront : petit français blanc sans histoire, au métier et à la vie faciles : un coup sur l’extrême droite et ses électeurs ( la classe ouvrière), et un coup sur la fausse gauche (celle du foie gras et du caviar) pour ne pas faire de jaloux. 

     
     
     
    1 - On n'oubliera pas La Marche des beurs, de son vrai nom "La Marche pour l'égalité et contre le racisme" qui s'est déroulée en France en 1983 ...
     
     
     
     
                 Et puis… une fois Coluche et Desproges contraints au silence…
     
    Voici la France de la Traite, de la Colonisation, de l'immigration et de toutes les discriminations qu'un Dieudonné tente d'incarner avec plus au moins de bonheur depuis 15 ans, qui monte sur scène sans demander la permission à quiconque.
     
    Avec Dieudonné, nom d’artiste de Dieudonné M'bala M'bala né le 11 février 1966, force est de constater que Coluche et Desproges prennent comme un sacré coup de vieux ! Pour un peu, et rétrospectivement, la France des années 70 et 80 nous semblerait douce à vivre, facile à plaisanter, à sourire et à rire : une France d’une force tranquille (2). Rien de surprenant à cela puisqu’il s’agira d’une France qui ignorera superbement les plus faibles : des laissé-pour-compte par millions.
     
    Une France à retardement donc, comme la bombe du même nom. 
     
     
     
    2 - On n’oubliera pas ce sketch de Dieudonné chez Fogiel en 2008 qui mettait en scène un colon religieux israélien ; sketch qui n'était ni raciste, ni antisémite, et pas nécessairement anti-sioniste non plus : ce sketch ne remettait pas en cause l’existence d’Israël, en revanche, il dénonçait une frange extrémiste du judaïsme (après le Christianisme et l’Islam que Dieudonné avait moqués dans deux spectacles précédents) encouragée et soutenue par l’Etat israélien à des fins d’expansion territoriale via la colonisation des territoires palestiniens ; une politique du fait accompli qui se veut irréversible.
     
    A la suite de ce sketch, très vite, Dieudonné fut banni des médias (télé, presse, radio), et plus tard... interdit de salles de spectacle sur le territoire français ; phénomène de vendetta jamais rencontré en France contre un artiste dans l’exercice de son art ; sous de Gaulle et Giscard, même les artistes engagés n’ont pas connu un tel acharnement !
     
     
                     Bien sûr, Dieudonné et son public, aujourd'hui, c'est aussi, et surtout, la France du ghetto, de tous les ghettos et de toutes les discriminations, ainsi qu' une tranche d’Histoire qui peine à trouver sa place et à se faire accepter même au prix d’un froissement de l’orgueil national…
     
    Une France du délabrement politique et social ; un délabrement maintenant consommé, proche du pourrissement...
     
    Une France dans laquelle quarante ans de Front national aura fini par avoir raison chez toutes les élites médiatiques (à ne pas confondre avec les élites morales et intellectuelles qui, elles, ont déserté les médias) d'un "on ne peut pas tout dire et surtout pas n'importe quoi" : Finkielkraut, Chirac, Zemmour, Hortefeux, Luc Rosenzweig, Frêche, Elisabeth Lévy, jusqu'au Président Sarkozy en campagne et hors campagne...
     
    Libre à chacun de compléter cette liste... 
     
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                  Violence sociale, violence verbale, discrédit des élites politiques, économiques et médiatiques ; tout comme cette mondialisation qui n'a de compte à rendre à personne…
     
    Plus rien ne fait peur puisque tout est destiné à faire peur…
     
    Voici alors venu le temps de la catharsis, chacun selon ses moyens, son statut et son pouvoir dans une épuration de toutes les peurs et de toutes les frustrations pour les uns, et de toutes les injustices pour les autres : à chacun son spectacle et son public ; décomplexés, on se libère enfin ; et les coups donnés sont et seront de ceux que l'ont a et aura reçus.
     
    Mais… c’est là que le bât blesse car c’est bien sur le dos des plus faibles que cette catharsis s’opère ! Communautés démunies, sans pouvoir politique, économique et médiatique, et qui, aux yeux d’une majorité qui se croit encore non concernée parce que… à l’abri, n'ont que deux visages : ceux de l'extrémisme religieux et de la délinquance...              
     
    Communautés qui n’auraient plus qu'une arme : dénoncer sans relâche une hypocrisie qui ne se cache même plus, assumée comme telle, à prendre ou à laisser, jetée au visage de ceux que la justice a désertés ; hypocrisie d’une arrogance nouvelle : celle d’un mépris affiché qui sonne le glas de la politique, de l'intelligence et de tout principe de causalité ; mépris que seuls les imbéciles (ou bien, les salauds ) prendront pour une franchise courageuse et salutaire...               
     
    Et alors qu'il n'est question que d'un... "Tu ne vivras point ce qui ne te sera pas donné à vivre, et que tu ne prendras pas non plus !" sans appel et sans recours.              
     
                    Reste à espérer que jamais ces communautés ne seront un jour tentées de reprendre à leur compte la parole suivante de Dieudonné : "La mort sera plus confortable que la soumission à ces chiens." 
     
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  • Penser la censure aujourd'hui avec Jean Bricmont

     

     

             Jean Bricmont ou la réhabilitation du réel... 

     

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                 La démocratie ce n'est pas un débat à la télé ou à la radio, sûrement pas non plus une presse entre les mains de la Banque, du lobby de l’armement et de l’industrie du luxe, et pas davantage les élections depuis qu'il n'y a plus d'offre politique, les gouvernements étant prisonniers d'un carcan économique et financier qui ne permet plus aucune rupture ni bifurcation.

    La démocratie, c'est la libre circulation des idées - dissidentes et/ou minoritaires de surcroît -, ainsi que le droit à l'opinion et à une information honnête et indépendante pour le plus grand nombre ; et la défense de ce droit dans une critique essentielle et frontale à propos de… qui fait quoi, à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui.

    La démocratie c'est aussi un mode de résistance contre la tyrannie exercée contre le droit à une critique sans concession des mécanismes de domination et la diffusion d’une telle critique sans laquelle toute vie sociale crève lentement sous la chape de plomb d’un politiquement correct qui cache mal une débauche et une orgie de prise de pouvoir et d’intérêts sans nombre et sans précédents. Et nous ne sommes qu’au tout début de ce disfonctionnement citoyen et démocratique.

     
               La liberté d’expression est une et indivisible ; elle est bel et bien la première des libertés, et parfois aussi, la dernière : celle des déshérités.

    Nul doute... le véritable enjeu aujourd’hui, en France, c’est la défense de cette liberté ou bien plutôt, sa reconquête, et le soutien qu'il faut apporter à tous ceux qui la font vivre car, une liberté d’expression qui privilégie une opinion qui est celle de tout le monde n’est pas une liberté mais une dictature molle qui porte le nom de consensus... jusqu'au jour où cette dictature lève le masque : s'ensuivent alors... racket, procès en dommages-intérêts, calomnies, bannissement médiatique et intimidation physique.

     

     

                       Jean Bricmont nous rappelle avec raison que c'est bien l'instrumentalisation à des fins politiques (diviser pour mieux continuer de régner et de trahir tous ses engagements) de l'antifascisme, de l'antiracisme et de l'antisémitisme (et du génocide juif par la même occasion : d'une pierre deux coups) qui est responsable du climat délétère qui empoisonne la société française.

    A noter que cette instrumentalisation trouve sa source chez le PS et que l’on peut facilement la dater : 1983 ; année au cours de laquelle le PS fera volte-face et renoncera à peser sur le cours de l’Histoire avant de jeter en pâture son électorat à un libéralisme économique funeste.

     

    ***

                 

               La France est passée en cinq ans, dans le classement de Reporters sans frontières, du 11e rang au 38e rang de la liberté d'informer. Finira-t-on alors derrière la Chine ?

    25 condamnations pour violation de la liberté d'expression... la France au 3e rang des condamnations loin devant la Russie à la Cour Européenne des droits de l'homme.

    Il semblerait qu'en France, on ne sache faire qu'une chose : rejeter, bâillonner, censurer, stigmatiser, traduire devant les tribunaux la moindre tentative d'exercice de liberté d'expression politique et artistique (rappeurs, auteurs, essayistes, pamphlétaires, artistes de scène, humoristes, syndicalistes, activistes)...

    Tous les médias, leurs producteurs et leurs animateurs, chroniqueurs et journalistes y contribuent, chaque jour, chaque semaine... radios, télévisions, journaux ; médias qui ignorent sciemment d'innombrables réalités et expressions culturelles, politiques et sociales.

                  Soutenir la liberté d'expression est un véritable engagement et un sacrifice (accepter ce qu'on n'aurait jamais osé ou bien désiré lire et entendre), car... il n'y a pas de liberté, il n'y a que des preuves de tolérance, et la liberté de parole de l'un est la garantie de la liberté d'expression de tous les autre.


    Seule la liberté est capable de rendre compte de toutes les mémoires du monde ! Et moins on oublie, plus on se souvient... et plus on se souvient, plus difficile est le mensonge. En état de veille et d’alerte constant, oeuvre salubre, ce combat-là devrait être reconnu d'utilité publique car, depuis la déchéance de l’homme politique nous n’avons jamais eu autant besoin de cette liberté d'expression qui est l’exact opposé de tout ce qui est voué à l’amenuisement (les libéraux et ultra-libéraux le savent mieux que quiconque quand il s'agit du commerce). En effet, au contact de cette liberté, on reprend la main et le dessus sur l’abrutissement et le faible ressac de la désobéissance et de la dénonciation parcimonieuse et timorée des médias dominants aux ordres du moins-disant et du moins-pensant ; médias de masse du secteur public et para-public (réduits à la marge) ne remplissent plus leur mission. Quant au secteur privé qui contrôle 80% des programmes (temps de cerveau disponible), il n'a aucune obligation morale ou contractuelle d'ouvrir qui que ce soit à quoi que ce soit ni d'élever la conscience de quiconque.


              Qu'il soit ici permis de rappeler que la société, ce n'est pas simplement l'économie et la répartition de richesses. Loin s'en faut. Ce qui fait le lien, ce qui fait société relève aussi de notre capacité à tous de dire et d'entendre la vérité ; ce qui implique aussi et surtout la dénonciation des mensonges et des manipulations.

    Nous tous devons accepter d’être remis en cause ne serait-ce que pour notre propre salut individuel et collectif, même s’il ne saurait être question de sauver qui que ce soit malgré lui mais bien plutôt d’exposer au grand jour les contradictions et les faux-semblants d'une caste politico-médiatique qui n’entend recevoir de leçons de personne : ce qui est déjà un signe inquiétant d’auto-exclusion du champ de la critique, champ démocratique ;  contraintes et libertés, servitude et grandeur.

    Cette remise en cause est le moyen le plus sûr de lutter contre toutes les tentatives d’instauration d’un régime dans laquelle un groupe de pression (religieux, politique ou économique) déciderait de l’état d’exception jusqu’à la suspension du droit dans son intérêt seul, - tentation toujours présente chez les êtres humains regroupés en communauté  et quelle que soit cette communauté - , telle une véritable juridiction d’exception, là où précisément l’Etat de droit vacille et la cohésion sociale implose car aucune société n’est à l’abri des conséquences d’une telle remise en cause de ses équilibres toujours précaires.

    Pour cette raison, on ne peut que dénoncer un tel danger à l’heure où toute une caste politique et intellectuelle a baissé les bras ; caste qui s’est ralliée à un nouvel ordre mondial du dumping moral et social, ainsi que du bannissement des Peuples qu'on affame et des Nations que l’on détruit sous des tonnes de bombes.

     

     

                 Alors oui ! La censure... encore et toujours la censure ! Cette maladie bien française sous tous les régimes ! La censure et le bannissement à l’endroit de toutes les voix dissonantes et dissidentes… véritable chasse aux sorcières qui ferait passer, pour un peu, le maccarthysme  pour un jeu de société un peu pervers certes ! mais bon enfant, et les procès de Moscou pour des joutes oratoires dignes de l’agora grecque.

    Ce qui confirme, jour après jour, le fait que les médias ont définitivement tourné le dos à la liberté d’expression sans doute dans le souci d'échapper à une mise en accusation redoutable, quasi mortelle professionnellement, commercialement et socialement... une fois discrédité, à savoir : l’accusation de conspirationnisme contre tous ceux qui auraient la malveillance de voir un tout petit peu plus loin que le bout de leur nez et leur fiche de paie.


    Et pourtant... souvenez-vous : il y a 40 ans, les "conspirationnistes" d'aujourd'hui portaient tout simplement le nom de "journalistes d'investigations".

     

               Mais alors, comment est-on passé en 20 ans d'un journalisme spécialisé et d'investigation à la parole d'experts carriéristes à la solde des multinationales et des chancelleries ?

     

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