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  • François Asselineau chez Ruquier : enquête sur une tentative de meurtre

     


    ONPC du 20/09 - Francois Asselineau

     

     

               Si sur Internet le fondateur de l’Union Populaire Républicaine qu’est François Asselineau est une « star » - ses vidéos-conférences sur l’Europe et la mondialisation réunissent des centaines de milliers d’internautes -, en revanche, dans ce qu’il est convenu d’appeler les médias dominants ou médias de masse, force est d’admettre que François Asselineau est inconnu, et qui plus est, de ceux qui, le samedi soir, ont pris l’habitude (fâcheuse ?) de penser qu’ils ne pouvaient décemment rien avoir de mieux à faire que de regarder l’émission « On n’est pas couché » animée par l’animateur toujours enjoué qu’est Laurent Ruquier, bon pied bon oeil, encadré par la productrice, fille de son père, Catherine Barma, sous la vigilance de ceux qui - non ! rien à voir avec le CSA dont les membres doivent très certainement se trouver dans un état d’endormissement profond à l’heure où cette émission s’éternise sans fin -, n’aiment rien tant que décider qui est respectable, et par conséquent, qui est digne d’être invité chez Ruquier et partout ailleurs, et qui ne l’est pas : pour celle-là ou celui-là, se sera niet ! Service public oblige  sans doute ? L’argent des contribuables, ça coûte cher ! De plus, il se fait de plus en plus rare par ces temps de pénurie financière ! Aussi, cet argent s’en portera mieux avec l’exclusion des trouble-fête, nous est-il murmuré dans le creux de  l’oreille.

     

    Car tous ces exécutants auront à cœur de nous éviter de côtoyer le pire qui soit et qui est… pour sûr ! Et vous savez quoi et qui ? Tout simplement, ceux qui ont la fantaisie ou le malheur, c’est selon, de ne pas raisonner comme il faut : les décalés, les dissidents, les… comment dire ? Les trous du cul insoumis et autres farfelus malades mentaux.

     

                "On n’est pas couché" ? Une punition suprême cette émission ! Vraiment ! Merci à Internet de nous permettre d’en faire le tour en 20 minutes quand on veut et où on veut ! Car, personne ne nous fera croire qu’il n’y a rien de mieux à faire un samedi soir ? Ou bien alors, c’est vraiment à désespérer de tout et de tout le monde.

    Aussi, samedi prochain, et tous les samedis suivants, faites-vous une faveur ! Ne restez pas, ne restez plus devant votre écran, même géant ! Sortez faire la fête ! Jouez avec vos enfants ! Ouvrez un livre, un vrai ! Quoi d’autre encore ? Ah tenez ! Faites l’amour ! et pas la guerre qui se joue à la télé, là, sous vos yeux : la guerre, toujours et encore la guerre, contre le « penser-autrement » !

    Relativisons néanmoins car il n’y pas péril en la demeure car, au dernier pointage, il semblerait qu’ils soient entre 2 et 3% de la population française âgée de plus de 18 ans à penser que cela vaut encore la peine de sacrifier à cette émission un samedi soir, pourtant si précieux car si rare puisqu’il ne revient qu’une fois par semaine.


    Dieu soit loué, s’il existe !

    Alors, quand on pense à Caron qui reproche au parti d’Asselineau un score inférieur à 1% à la dernière présidentielle… c’est un peu l’ambulance qui se moque des urgences, non ?

     

    ***

     

                Mais revenons à François Asselineau, à son parti et à son programme… quand même !!!!

     

    Souverainiste indécrottable, surtout s’il est question de « vendre »  la France, et pas n’importe laquelle, celle de de Gaulle et du Conseil National de la Résistance - Jean Moulin et la Gauche, la vraie ! -  socle d’un nouveau contrat social à la fin de la seconde guerre mondiale, tel un nouveau départ collectif…  vendre cette France-là donc, une France livrée au moins offrant,  plus connu sous le nom de « Oligarchie mondiale » ; un oligarchie sans culture, sans frontières ni morale, François Asselineau et son parti ont commis le crime suivant dans le choix de leur politique ; crime aussi impardonnable qu’inexpiable :

     

               - Sortir la France de l’U.E, du moins cette U.E qui nous a conduits à cette guerre contre les salaires, les acquis sociaux et l’Etat providence qu’est le projet européen ; projet piloté par la commission européenne, l’Allemagne, la B.E qui siège à Francfort,  et les USA…

     

              - Quitter  l’Otan, cette alliance qui n’est que le bras armé de la politique des USA  et un formidable levier auprès d’une Europe sommée d’adhérer sans conditions : tout dernièrement, la déstabilisation de l’Ukraine avec pour seul objectif, affaiblir une Russie souverainiste - le péché absolu par les temps qui courent ! -, afin de l’isoler de l’Europe en la forçant à commettre ce qui sera considéré comme une faute : défendre des intérêts vitaux en Crimée ; adhésion à une politique qui n’est capable de prendre en considération qu’un seul paradigme aussi sommaire qu’une exécution : « Quiconque n’est pas avec moi est contre moi ! Son châtiment sera le suivant : chaos, bombardement, ruine économique et meurtre de masse ! » … de la Lybie à l’Afghanistan, car cela n’aura échappé à personne : les USA qui n’ont pas besoin d’alliés mais de complices pour les accompagner dans chacun de leur forfait (ou crime)… ne sont disposés à partager le monde avec personne.

     

              - Sortir de l’Euro, du moins… sortir de cette monnaie unique qui n’a plus rien à envier au Deutschemark depuis que nos premiers ministres et Présidents sont régulièrement convoqués chez la chancelière allemande. Tout récemment : Valls qui a tenu à rassurer l’Allemagne : « Oui, les réformes qui vous avez faites voilà dix ans, nous les ferons ! Rassurez-vous !»

    Quelles réformes ? Pourquoi nous ? A quel titre ? Qui décide ? Qui a raison ? Qui est du côté du bon sens et de la justice ? Qui, où, comment, et pour(-)quoi ?

     

                  "Ne discutez pas ! Marchez au pas ! Pas de l’oie pour les oies que vous êtes tous !"

     

    Quiconque, il y a quinze ans, se serait aventurer à affirmer dans le but de nous alerter, que la France, soixante ans après la défaite du nazisme duquel les Alliés ont « sauvé » l’Allemagne, que la France aurait des comptes à rendre au sujet de ses recettes et de ses dépenses non seulement à la Commission européenne mais à l’Allemagne et à son chancelier en personne, nul doute que toute la classe politique et les médias dominants tout acquis à la cause de cette Europe et de sa monnaie unique, aurait hurlé à la désinformation, au complot, à la paranoïa et à la germanophobie primaire et irresponsable.

    Alors qu’aujourd’hui…

     

                   Et enfin…

     

             - Recours au référendum sur des sujets de société et de politique générale sur le modèle de la Suisse ; consultation indissociable du processus démocratique dans son ensemble. Et là, c’est franchement la panique chez nos élites qui ne craignent rien tant que le jugement du Peuple hors campagnes électorales car la classe politique qui n’a de cesse pourtant de céder devant les exigences du Capital pour un démantèlement du droit du travail,supporte mal, en revanche, les menaces de précarisation de leur statut d’élus que ce recours ferait peser : élus rémunérés entre 7000 et 15000 Euros mensuels, indemnités incluses ; ces dernières  non imposables.

    Certes ! Les conseilleurs ne sont pas les payeurs ! On le savait.

     

    La Suisse ? Après tout, pourquoi pas ! Pas de chômage, des salaires élevés et une démocratie qui pourrait sans hésiter donner des leçons à n’importe quel pays européen mais qui s’en garde bien pourtant ! Certes, il a bien son parasitisme bancaire et cette prospérité économique et financière qui repose en partie sur l’évasion fiscale ; évasion responsable en partie, dans les pays d’origine, des déficits budgétaires des Etats et des comptes sociaux... n’empêche !

                

     

    ***

     

                  Voilà résumé une partie du programme de François Asselineau. Face à quoi, on s’en doutera, les deux acolytes de Ruquier, conscients comme personne ( car… placés au cœur d’un dispositif à propos duquel on reviendra plus tard) des enjeux colossaux que ce « programme » remet en question et en cause… se devaient de réagir sans délai et sans faute : lui rentrer d'dans à cet Asselineau ; lui voler dans les plumes ; le discréditer ; voire même… le ridiculiser ; mais surtout… ne pas prendre le temps de débattre même sommairement car c’était sans aucun doute lui offrir l’opportunité de développer des idées jugées inaudibles et quasi blasphématoires.

     

                 Le danger, ces deux-là l’ont flairé tout de suite ; et il était inconcevable que l’on puisse leur reprocher d’avoir été quelque peu complaisants à l’endroit d'une critique radicale des USA, de l’Europe et de l’Otan (.... manquait plus qu'une critique du sionisme !) car, tous deux le savent : ils sont aussi et surtout payés pour ça... pour ne jamais l’oublier : pour preuve… dans les médias dominants, on n’a jamais vu la carrière d’aucun « journaliste » qui se serait montré disons « fair-play » - « fair-play » et à la hauteur de son métier -, face au programme politique d’un François Asselineau  prospérer ; ceux qui ont pu un jour s’y risquer, ont été débarqués. Ou bien alors que l’on nous donne des noms.

     

               "On reçoit François Asselineau ! Panique à bord ! Souquez ferme les gars (et les filles) !"

     

    Ces deux ventriloques se devaient de frapper fort, très fort, très vite, non pas sur le fond… car ces deux-là n’ont ni les compétences requises ni l’esprit ; de plus le cadre de l’émission de Ruquier ne s’y prête pas, comme quoi les choses sont bien faites finalement ! D’où, à ce propos, l’inutilité de placer auprès de Ruquier deux pointures disons « intellectuelles » mais  bien plutôt, des intervenants de 3è zone et de 4è catégorie, journalistes-animateurs de plateau télévisé car pourquoi gâcher des compétences… et puis, faire l’âne pour continuer à toucher son avoine n’est pas à la portée de tout le monde ; il faut quand même être un peu bourricot depuis la naissance contrairement à ce qu’on peut penser  de ce qu’il est convenu d’appeler « la politique du caméléon », genre : « Ne vous y fiez pas : je ne suis pas ce que  j’affiche ! » - car, chassez le naturel (l’intelligence, le courage et l’expertise), il revient tôt ou tard au galop ! C’est un risque que la productrice de Ruquier ne peut pas se permettre d’envisager, encore moins, de prendre.

    Caron et Salamé se devaient donc de cogner fort sans jamais aborder le fond (pas le temps, pas de compétences pour ça, et puis, pas folle la guêpe non plus !) : procès d’intention, résumé caricatural, amalgame avec le FN alors que la tradition politique auquel Asselineau appartient (de Gaulle et le CNR) est par essence anti-FN (un FN d'une tradition nationaliste discriminatoire et raciste - entre autres calamités)  jusqu’au moment où Caron reprochera à Asselineau son public, ceux qui, sur Internet, écoutent et relayent ses conférences ; un peu comme si l’on devait, ou pouvait, en toute bonne foi, reprocher à un auteur une partie de ses lecteurs…

    Sauf erreur, même l’œuvre de George Orwell n’avait pas anticipé une telle inquisition ! Faut bien dire que chez Orwell, il ne devait plus y avoir, d’ici 1984, ni lecteur ni téléspectateur dignes de ce nom. Aussi…

     

                 Mais alors, comment Asselineau a-t-il pu penser qu’il pourrait développer sereinement deux ou trois analyses face à ces deux joueurs qui ont, un jour, gagné le jackpot à la loterie : le droit de poser leurs fesses chaque samedi soir dans le siège qui est le leur ?

                « François, tu t’es pris pour BHL ou quoi ?Tu ne peux rien contre Caron et Salamé ; ils le savent. Alors, c’était couru d’avance : ils allaient te trucider allégrement et sans risques pour eux ! »

     

                Caron et Salamé avaient vraiment tout à gagner en portant le discrédit sur le programme d’Asselineau, et sur sa personne car, pourquoi se gêner après tout ! D’autant plus que Caron avait de par sa prestation face à BHL, la semaine précédente, très certainement des gages de bonne conduite (comprenez « de penser-correct » servile et craintif) à re-donner sans tarder, et nombre de « commanditaires » à rassurer (Dis Caron, dis-nous que tu sais encore ce qu’on attend de toi parce que là, on a des doutes !)  car le domestique dont les petites révoltes ne sont le plus souvent que des sautes d’humeur donnera volontiers une pichenette à son maître qui préférera en sourire sans lui en tenir vraiment rigueur ; en revanche, le chauffeur-livreur qui sonne à la porte devra craindre le pire ; ce domestique, le même, le trucidera car le courage des faibles est comme un écran de fumée : il donne l’illusion de s’en prendre aux forts pour mieux s’en prendre à plus faible encore.

    Pour son malheur, François Asselineau était le chauffeur-livreur ce soir-là chez Ruquier.

    Quant à Léa Salamé, si elle n’avait sans doute personne à rassurer après sa prestation face à BHL, elle a toutefois (on n’est jamais assez prudent !) tenu à en rajouter pour ne pas être en reste vis-à-vis de son binôme ; et puis, un salaire est un salaire, il faut le justifier surtout s’il est confortable et inespéré : « Avec votre histoire de référendum, de retrait de l’Otan, de l’Europe et de l’Euro, vous voulez que  la France rejoigne la Suisse ? C’est ça ? ».

     

    No comment.

     

    Si : une gourde !

     

     

                  Mais diable ! Qui a décidé et quand…  que c’était « bien » de soutenir les USA, la Commission européenne, la B.E de Francfort, le modèle économique et social de l’Allemagne, et « mal »… carrément irresponsable, voire fascisant, de proposer un autre angle de vue, une autre analyse... bref ! de raisonner en dehors de ce carcan qu’est l’allégeance à des politiques belliqueuses et mortifères qui méritent à la fois d’être sérieusement questionnées ; et plus important encore, auxquelles on doit pouvoir opposer une critique radicale avant de proposer un projet tout autre, et ce afin d’éviter à terme, une conflagration quasi générale, des sociétés aux libertés minées par des actes qui seront qualifiés de « terroristes » par des pompiers-pyromanes éhontés, pour ne rien dire de la remise en cause de notre contrat social… pour faire court : afin d’éviter d’y laisser notre dignité dans une existence sans avenir car sans promesses, sinon une seule :  la soumission ?

     

    ***

     

                Revenons à ce reproche de Caron et de Salamé fait à Asselineau, on ne sait au nom de quoi et de qui,  à propos du score de son parti lors de la présidentielle de 2012.

    Asselineau s’en expliquera ou bien plutôt, tentera de l’expliquer comme suit : « On ne me connaît pas, mon parti et moi, ni son programme car je ne suis jamais invité dans les médias.»

    Et nos deux siamois s’étonneront, ou bien plutôt… feindront de s’étonner : « Comment ça ! Asselineau pense sérieusement que son absence des médias de masse est responsable du score de son parti ? Asselineau ferait donc un lien entre la couverture médiatique d’un parti, et plus encore d’un candidat, et son résultat dans les urnes ? Invraisemblable cet Asselineau, vraiment ! »

     

    Caron et Salamé nous donneront alors à penser, contre toute attente, car il en faut du culot,  ou bien, n’être plus capables de se voir descendre au plus bas de l’échelle de la tartufferie tellement on y est descendus, que les médias de masse en général, et la télé en particulier, n’ont aucune incidence sur le succès d’une campagne électorale : le dernier constat à ce sujet concernera le FN avec un score de 25% aux élections européennes ; parti qui aura été omniprésent dans les médias ; le CSA le confirmera sans pour autant s’en inquiéter ; pour ce Conseil.

    Mais personne n’est dupe ! Du moins, c’est à espérer. Ce reproche de Caron et Salamé au sujet du score du parti d’Asselineau avait trois objectifs :

                - Faire comprendre à ceux qui ne connaissent pas Asselineau qu’ils n’avaient rien perdu…

     

               - Le sérieux du programme d’Asselineau (la faisabilité de sa mise en oeuvre et de son exécution, dirons-nous ! Ou la logique et la véracité des analyses qui le sous-tendent… )  se mesure à l’aune du score obtenu par son parti (mais alors, un FN à 25%, qu’est-ce à dire Monsieur Caron ?) Autant dire : nul ce programme !

     

                        Et puis aussi…

     

             - Remplir le rôle pour lequel Salamé et Caron sont payés sans que l’on ait besoin de le leur rappeler : légitimer autant que faire se peut un projet mondialiste dans lequel la France et l’Europe seront appelés à se fondre avant de s’y noyer et d’y sombrer tout à fait, là où le commun des mortels et les plus avisés d’entre nous y laisseront leur liberté et un avenir dynamique car porteur de remises en cause salutaires et salvatrices de tout projet qui serait un véritable attentat à nos vies pour le plus grand profit d'une survie, une non-vie ou sous-vie, dans la peau d’êtres humains « marchandise » qui ne seront plus une fin mais un moyen : remplir les poches d’actionnaires voraces…


    On l’aura compris : le crime d’Asselineau (tout comme celui de Dupont-Aignan, soit dit en passant !) c’est de ne pas se tenir auprès du FN ; nationaliste et raciste. Ce qui aurait grandement simplifié les choses pour Caron et Salamé ; à ce propos, peut-on parier qu'Asselineau aurait été reçu avec déférence et écouté d'une tout autre oreille, fort d'un 25% aux dernières élections européennes ?

     

    Car, Salamé et Caron savent parfaitement ce qu’il en est du rôle des médias et de l’incidence de leur influence sur l’électorat. Aussi, là est la clé de la compréhension de ce qui se joue aujourd’hui dans les médias ; le jeu auquel il nous est demandé non pas de participer derrière nos écrans mais simplement d’assister en téléspectateurs passifs et attentifs, impressionnables à souhait, sous-informés aussi et surtout, désireux de ne pas s’engager dans des voies anxiogènes : celle d’un questionnement qui, fatalement, mène à une remise en cause de ce qui, quotidiennement, nous est donné à penser.  

    In fine, on nous demandera de ne retenir qu’une leçon de la prestation "Salamé-Caron" :

     

                 « Seuls sont gagnants ceux qui acceptent d’adhérer sans conditions ;  ils passeront à la télé, occuperont des places enviables par tous ;  les autres non. Vous n’êtes pas convaincu ? Regardez donc Asselineau : personne ne le connaît car, dans les faits, personne n’a besoin de le connaître ; c’est un rabat-joie ! Ses fréquentations, même accidentelles ou passagères, sont inexcusables… et son programme au mieux loufoque, au pire dangereux ; c’est un infréquentable, un paria. Alors, ça vous tente le sort d’Asselineau ? »

    -      Non merci M’sieur !

    -     Très bien. Souvenez-vous-en quand vous retournerez travailler lundi et la prochaine fois que vous irez voter. »

     

                 Qu’est-ce à dire ? Face à ces deux marionnettes sorties tout droit du théâtre de Guignol mais… sans Guignol car, seuls les gendarmes sont autorisés à se produire, à quoi assistons-nous ?

    A la  mauvaise foi ! Rien moins. Rien de plus. Oui, la mauvaise foi ! Une mauvaise foi sans complexe, déterminée, d’un sang-froid d’une rare violence, d’un mépris total pour sa victime ; aussi, une telle mauvaise foi méprisante ne peut être le prolongement que d'un autre mépris : celui que l’on finit par cultiver envers soi-même à force de renoncements car, cette mauvaise foi c’est celle de l’auto-humiliation non assumée et que l’on fait payer à l’autre  ; et cette mauvaise foi-là est bien de cette nature : plus qu’une diversion, plus qu’une arme…  un réflexe pavlovien de survie ontologique menacée par un compromis professionnel déshonorant et, faut-il le préciser, un train de vie dispendieux : la louche de caviar que l’on a saisie quand elle s’est présentée et qui ne repassera pas deux fois.

    Oui ! Une mauvaise foi qui a pour origine le fait que Salamé et Caron ne peuvent en aucun cas, ouvertement du moins, reconnaître face à Asselineau, qu’il y a bien un lien entre le score d’un parti  à une élection et la fréquence de son passage (quel média, quel créneau horaire, quels conditions d’accueil et quelle durée) dans les médias, car reconnaître ce lien c’est reconnaître qu’ Asselineau est volontairement ostracisé ; le reconnaître c’est reprocher cet ostracisme à ceux qui décident de qui passera ou ne passera pas chez Ruquier et partout ailleurs ; le leur reprocher c’est les remettre en cause ; les remettre en cause, c’est laisser entendre qu’Asselineau est tout à fait digne d'être reçu dans les médias de masse ; le penser revient à affirmer que le programme d’Asselineau peut se défendre ; laisser entendre qu’Asselineau, ça tient debout finalement, cela reviendrait à  remettre en cause l’accord tacite qui lie nos deux compères  - et qui les engage plus sûrement qu’une signature sur un contrat - à ceux qui ont décidé de leur accorder la place qu’ils occupent chaque samedi soir ; dénoncer cet accord… c’est bien évidemment prendre le risque d’une non-reconduction de leur contrat chez Ruquier-Barma, ou à défaut, de devoir gérer le stress qui consiste à re-donner dans les semaines qui suivront, et chaque semaine, des gages de ralliements à une pensée unique et indépassable dont les règles ne souffriront aucune entorse ; or, personne ne prendra à un tel risque car personne ne fera l’économie d’un revenu qui s’élève à plusieurs centaines de milliers d’Euros au nom d’un intérêt supérieur, intérêt opposé à ce qui n'est qu'une guerre, une autre ! contre ce que le fronton de nos mairies affichent encore :  « liberté, égalité et fraternité » ; projet qui signe la mort d’une ambition toujours menacée, et qu'il nous faut remettre cent fois sur le métier d’une détermination qui n'est jamais à l'abri d'un fléchissement.

    Car enfin, au nom de quoi sacrifieraient-ils le confort, l’aisance, la tranquillité d’esprit que confèrent des revenus qui représentent des dizaines de fois le revenu moyen (revenus qui, dans les médias, sont plus proches du "pot de vin" ou d'une rémunération de tueur à gage que d'un salaire) ? Quand on a placé au centre de son existence et pour toute réussite à la fois personnelle et sociale, la notoriété et le confort matériel, que peut-on bien vouloir pour les autres ? Projet de vie qui… qu’on le veuille ou non, ouvre la porte à toutes les bassesses dont un être humain est capable face à une dépendance matérielle et un narcissisme consommé et maintenant… irrésistible : se voir et se regarder être vu et entendu chaque semaine par des millions de téléspectateurs.

          

    Lâcheté des faibles, absence de courage, celui de l’intelligence... c’est sûr ! Aujourd’hui il faut un courage immense pour refuser de faire l’idiot, refuser d’accepter de faire sciemment l’imbécile  - journalistes, personnel politique, artistes (voyez le cas Dieudonné !) ! Car, ce dont il est question, c’est de courage et de son absence ; et pour revenir à François Asselineau et à son programme, tout un chacun, un tant soit peu informé, est capable d’identifier et de dresser le bilan de politiques qui ne prennent même plus la peine de cacher le fait qu’elles ne placent plus au centre de ses préoccupations notre devenir à la fois unique, individuel et collectif d’êtres humains.

     

                Ce soir-là c'était donc François Asselineau... de la trempe de ceux qui savent conduire une analyse jusqu'à son ultime conséquence, et d’autres encore pour lesquels seule l’Histoire est une lumière incomparable - ce qui a été, comment et pourquoi ;  la vérité des faits ; et ceux-là aussi, capables de trancher le noeud gordien du mensonge, nous révéler les dessous des cartes ; et puis, plus précaires car plus exposés… les lanceurs d’alertes - Assange et Snowden -, et bien… tous devront accepter, au mieux, de se faire sermonner et taper sur les doigts à coups de règle par ceux qui, face aux domaines de compétences de tous ces « fêlés » de la dissidence - connaître, comprendre et dénoncer -, ne sont que le pâle reflet de ce qu'on pourra nommer « la raison citoyenne et politique », non pas de celui qui est du côté du manche pour le temps qu’il lui sera accordé de le tenir contre celui qui se prend la lame en pleine face, mais bien « la raison » de celui qui a longtemps laissé mûrir en lui les tenants et les aboutissants de notre "être au monde", au terme d’un long voyage aux périples sans nombre comme autant d’expériences qui forgent et le caractère et l’esprit : une personnalité entière, riche et cohérente.

    Pensez un instant à tous ces Ulysse maintenant rentrés au port ! Au moment où ils sont sur le point de nous conter leur histoire, car tout homme est une histoire, privés d'arc et de flèches, les voilà sans défense ; et c'est alors que des nains de l'existence et de l'engagement citoyen les assassinent, Homère avec eux bien évidemment ! Homère à qui il ne sera pas donné de nous rapporter ce qu’il a vu, entendu et compris… même pas une ligne, rien.

    Si les spectateurs peuvent être autorisés à monter sur scène pour prendre leur destiné en main à des moments-clés de leur histoire  - on pensera aux révolutions -, depuis quand, est-ce que des élèves de première année, condamnés à redoubler sans fin, qui plus est, sont-ils autorisés à monter sur l’estrade de celle ou celui qui, des années durant, loin des lumières de la notoriété et de salaires mirobolants qui achètent au prix fort celui qui, trop faible pour résister, accepte de se vendre pieds et poings liés… a oeuvré d’arrache-pied afin que nous ne mourions pas tous idiots, mais debout, sûrs de notre droit, que l’on puisse leur tenir tête à tous, ou plus simplement, leur signifier qu’ils n’ont qu’un devoir : exécuter les ordres qu’ils ont reçus sans pour autant chercher à expliquer qu’il n’y aurait rien de personnel là dedans, alors que si : tout est personnel ! Toujours ! Celui d’un confort matériel et moral qui repose sur un asservissement face à ceux qui savent encore d’où l’on vient tous : de la dernière catastrophe que nos pères n’ont pas su éviter et de la prochaine qui pointe à l’horizon.

    Chez Ruquier ce soir-là, ce sont des élèves qui ont fait la leçon, ceux du fond de la classe, et comme un malheur n’arrive jamais seul, et que le ridicule ne tue plus, une vedette de variété, Michel Sardou, a cru bon de se joindre à eux ; il est vrai qu’une grande partie des téléspectateurs peuvent avoir la faiblesse de penser : « Si on est connu et quand on a un peu de blé, c'est qu'on a sûrement raison ! »

    Raisonnement à caractère censitaire de ploucs de la conscience politique, qui se tirent une balle dans le pied. Bientôt ils se retrouveront estropiés et tout surpris de ne plus pouvoir se mouvoir sinon dans un fauteuil roulant !

    La bonne blague !

    Autant pour Asselineau donc qui n’est justement pas « connu » ni  plus argenté qu’il est sans doute raisonnable de l’être (à vérifier quand même !)

    Avec Michel Sardou, Salamé et Caron ont trouvé là un soutien de taille, le seul qu'ils méritaient sans doute. Rien de surprenant, ce duo chez Ruquier est un peu à la raison du plus honnête, du plus intelligent et du plus courageux ce que le répertoire de Michel Sardou est à l’œuvre d'un artiste tel que... disons, Léo Ferré. 

     

                 Mais alors, quel sens peuvent-ils tous donner à leur existence, tous ces prévaricateurs car si la vocation d’un être humain c’est, par exemple, de se lever le matin et d’aller cueillir des champignons : très bien alors ! Il y a va, il s’en retourne, il n’a maltraité personne ; s’il s’est baissé, du moins ne s’est-il jamais a-baissé au cours de sa cueillette, pas plus qu’il n’aura rabaissé qui que ce soit, alors que si vous faites le choix de vous produire tous les samedis soirs devant deux à trois millions de téléspectateurs dans les conditions dans lesquelles Ruquier et son duo se produisent, à quoi peut-on bien servir alors ? A quoi servent-ils et à qui, si on oublie un moment les motivations de ceux qui les rémunèrent ? Car si l’on sait qui vous servez, au moins est-on encore en droit de vous demander à quoi vous servez, à quoi vous nous servez ? Et à quoi vous aurez servi quand le moment sera venu de passer la main ?

    On nous objectera que si l'auteur Céline était né 50 ans plus tard, tous les médias lui auraient fermé leurs portes au nez ! Soit.

    Lui, Céline, aujourd'hui considéré comme un des plus grands auteurs de la littérature mondiale, avait compris bien avant tout le monde, dès les années 20, après la conflagration de 14, que l’avenir appartiendrait à quelques millions de caniches nains, de la trempe bien humide, voire détrempée, le fond de culotte un peu lourd aussi, d’une Salamé et d’un Caron, aux ordres d'une oligarchie tout occupée à asservir quelques milliards d’êtres humains hébétés.

    Et si Caron et Salamé ont pu se comporter comme ils l’ont fait ce soir-là du haut de leur clocher… aux et de pauvres cloches, ne cherchez pas : c’est qu’ils sont couverts et re-couverts d’une carapace mentale d’une épaisseur telle qu’ils ne se voient même plus déchoir tellement l’environnement dont lequel il baigne, eux et tous les autres, est propice à un aveuglément dans la déchéance ; et si par malheur, demain, tout le monde devait se soustraire au jugement de ses contemporains ou que ces jugements ne puissent plus se faire entendre, notre humanité y laisserait tout ce qu’elle a de plus précieux : la capacité de pouvoir se relever, se remettre, se rétablir de la prochaine catastrophe qui ne manquera pas de la frapper, balle au centre avec remise en jeu incertaine cette fois-ci ; elle pourra quand même, cette humanité, se vanter d’avoir connu l’ivresse du combattant qui sort de sa tranchée ivre mort, sous les ordres hurlés de son chef,  pour mieux mourir quelques mètres plus loin criblé de balles.


                Aussi, que François Asselineau se console : c'était perdu d'avance, les dés étaient pipés : Caron et Salamé nous en ont magistralement apporté la confirmation.

     

    ***

     

                D’aucuns, pessimistes, penseront que le rapport  de force est tellement en défaveur de ce qu’on appellera la « dissidence » que l’on peut raisonnablement en conclure qu’il est vain de se laisser tenter par un passage télévisé ( Etienne Chouard chez Taddéï, vendredi dernier…. en aura fait l’amère expérience et nous avec lui), avec un CSA intouchable et inaccessible à ceux qui ne sont pas en position d’exiger qu’il rende des comptes, lui qui a la prétention de pouvoir en demander...

    Certes, il se peut que plus rien ne puisse plus être tenté. Aussi, un repli sur Internet demeure la solution avec l'auto-production et l'appui d'un collectif  tout en partant à la rencontre de l'autre, de tous les autres… et là, nous avons dix ans d’avance… une fois le petit écran déserté, ses starlettes aux oubliettes.

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    Pour prolonger, cliquez : Liberté chérie !

     

     

     

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  • Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin...

                                       

    BHL chez Ruquier une heure durant ! Rien moins !

     

                    BHL face à Caron ou bien Caron face à BHL ? La réponse se trouve chez Ruquier ; un Ruquier comme à l'habitude... passif, complaisant, faussement débonnaire, sûrement craintif et tendu... un Ruquier dont il nous faudra bien un jour dresser le portrait : il s'agira bien évidemment d'un portrait psychologique puisque... sans substance et transparent jusqu'à disparaître, chez des individus comme Ruquier, au talent somme toute modeste d'amuseur public... tout est psychologique : larbinisme, soumission professionnelle, gratitude sans bornes pour un système qui lui a ouvert la voie d'un devenir social sans doute inespéré vu de sa ville natale du Havre...

                  Seul Aymeric Caron "fera le job" face à BHL, le test suprême côté courage et pertinence pour tout animateur radio-télé. Léa Salamé, son acolyte, a ressemblé très vite à un gardien de but à genoux devant un joueur adverse, et ce avant même que la balle ait été tirée : choix délibéré de sa part... c'est sûr. 

     

                    Protection policière renforcée, moins d’une semaine après son intervention  sur le plateau de... On n’est pas couché face à Bernard-Henri Lévy, Aymeric Caron a reçu des menaces : son numéro de téléphone, son adresse ainsi que celle de ses parents ont été diffusés sur Internet.

     

    ***

     

    Tout arrive à point à qui sait attendre

     

                Si BHL a pu incarner, des années durant, l'homme des causes ignorées et des Peuples oubliés dans leur malheur, occupant par la même occasion "le beau rôle" qu'il a érigé au rang de véritable concept, les jours passant, les mois, les années... le masque s'effrite et la carapace se fend ;  le grand public, d'ordinaire si bon public car complaisant et mal informé, semble enfin ouvrir les yeux à son sujet  car, dans les faits, BHL ne se soucie que de lui-même, de son image et d'un pays, un seul... Israël, tout en s'assurant du soutien de l'Etat français à cet Etat ainsi qu'à ses bailleurs de fonds que sont les USA  et l'Otan.

     


    BHL mis à nu par Jade Lingaard, journaliste à Médiapart

     

     

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  • Taddéï fait sa rentrée...

     

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    Ce soir ou jamais... Vendredi 5 septembre 2014.

     

               C'est vers 23 heures que j’ai allumé mon écran avec trente minutes de retard - en effet, l'émission présentée par Taddéï était à l'antenne depuis 22h30 -, même si, dix minutes plus tard… je me suis trouvé contraint d’éteindre cet écran pour fuir l’ennui qui m’a assailli ; un ennui insupportable : une punition injuste.

    Faut dire qu'une pensée m'était venue : "A cette heure-ci, il n'y a sans doute déjà plus personne devant leur écran... sinon quelques chômeurs, quelques retraités, un ou deux universitaires venus écouter d’autres universitaires : Alors j’étais comment vendredi soir chez Taddéï ?"

    Les autres, les salariés, sont très certainement déjà dans un état comateux : le travail, les transports, les embouteillages, les enfants, les courses du vendredi ... une maison à 60 kilomètres de paris, là où on peut encore se l'offrir dans un environnement à peu près décent... 1h30 de route et de bouchons...

    A 23h15 devant son écran, il ou elle n'écoute déjà plus personne. C'est sûr !


     

                Les invités pour la première émission de la rentrée ?


                Cécile Philippe, une « économiste » qui n'a besoin de rien ; rémunérée par l'Etat - l'argent des contribuables... précisément ceux qui assument le principe de réalité et que l’on trouve dans les RER dès 6 heures du matin -, cette jeune femme, paradoxalement, n'aura pas de mots assez durs contre les déçus du hollandisme (ça existe le hollandisme !!!???) et ceux qui attendent tout de l'Etat ; une universitaire à qui il n'arrivera jamais rien de fâcheux sur un plan professionnel ; alors, qu'importe la mondialisation, cette guerre contre les salaires - mise en concurrence de tous contre tous -, guerre contre les acquis sociaux et la démocratie ! Elle est entrée dans la carrière à 2500 euros, elle en sortira à 4500, et si elle est un peu futée et docile, à 7500... à raison de deux heures de cours par semaine dans une grande école de la République, occupée, mais si peu, à faire la leçon aux enfants des classes supérieures ; justement là où leurs parents ont reçu la leur... de leçon : même banc, même fond de culotte.


               Jacques Attali qu'on ne présente plus faute de pouvoir en dire quoi que ce soit d'intéressant à son sujet ; un Attali qui, depuis quarante ans, vit sur le dos de la République et de l’Etat.

    Si on sait ce qu'on doit à un boulanger lorsqu'il prend sa retraite et cède son commerce - il se sera levé tous les matins à 4heures pour faire son pain et nourrir sa rue, son quartier -, en revanche, on est nombreux à se demander ce qu'on peut bien devoir à un individu tel que Jacques Attali, omniprésent dans les médias depuis un demi siècle et dans tous les lieux de "non-pouvoir", là où on sert sans états d’âme une oligarchie à la fois nationale, européenne et mondiale.


               Robert Hue maintenant... Robert Hue le laborieux ! Orateur à hue et à dia ! Petit talent, petites capacités, tout désigné pour la trahison mais... malgré lui, et qui plus est... à son insu – d’où son aplomb alors qu’il a toutes les raisons du monde de se faire oublier. Le croirez-vous : Robert Hue est venu nous donner des leçons d'homme de gauche... la bonne blague ! Quand on sait qu'à gauche, il est considéré, avec Mitterrand, comme le fossoyeur du parti communiste, reniement après reniement, compromis tous plus bancals les uns que les autres...

    Il a sorti ce qui se voudrait être un "livre". Il est venu le vendre. Seulement, il y a fort à parier que son éditeur et lui ne sachent pas encore que personne ne l'achètera car personne ne peut décemment souhaiter le lire. Ou bien alors... c'est à désespérer de tout.


             Autre invité : un philosophe respecté et sans doute respectable, Marcel Gauchet... à qui, il n'est rien arrivé, lui non plus, et qui ne fera jamais rien advenir ; vu son âge, il est sans doute déjà trop tard (1).


            Et puis... deux ou trois autres invités (je ne sais plus très bien combien et qui) dont la présence est destinée très certainement à réduire le temps de parole de ceux qui ont la langue un peu trop pendue car, le risque est toujours là, menaçant tel un couperet : les téléspectateurs se lassent vite ; or, le zapping n’est pas une option chez ceux qui produisent "CSOJ".... d’autant plus que France 2 court après l'audience de TF1, entreprise pourtant déficitaire : mais alors, l'échec aussi ferait donc des envieux ?



              Un dernier invité...  - ô surprise ! - Etienne Chouard (2), star du web et du tirage au sort ! Sauf erreur, il s’agit là de sa première télé… à une heure d’écoute somnolente ; un Chouard très vite contré par Attali : il y avait urgence sans doute.

    Star du net, on serait vraiment tentés de demander gentiment à Etienne Chouard que nous respectons tous sur la toile, de ne pas perdre son temps et son énergie avec ce qu’on appelle « la télé ». Car, comme il le fera si justement remarquer : si seuls les électeurs non politisés y croient encore lorsqu'ils votent… avec la télé, seuls ceux qui n’attendent rien ou qui n’ont besoin de rien, éprouvent le besoin de se figer deux, voire… quatre heures durant devant un écran, même géant et dernier cri :

          « Qu’est-ce que tu as fait hier soir ?

        - Rien. J’ai regardé la télé ».

     

    Il y a des confessions qui se passent de commentaire.


    ***

     

               Mais alors... au diable la télé ! Vraiment !


               Empressons-nous bien plutôt de retourner sur Internet, là où il est encore possible de construire quelque chose. Les internautes y sont actifs, inter-actifs même, voire hyper-actifs pour certains d'entre eux, et motivés ; ils ont soif : soif de savoir et de comprendre, même et surtout à leurs risques et périls ; et quittes à en sortir atterrés, ils auront toutefois la satisfaction de mourir dans le pire des cas, assis, sinon debout… mais certainement pas vautrés devant un écran qui ne peut plus et qui n’a plus rien à transmettre ni à partager.

     

             Aussi, dans ces conditions, grande est la tentation de signifier à l'animateur de "Ce soir ou jamais"...

     

             Allez Taddéï, laisse tomber ! Ton émission, c’est plié d'avance ! (3)

     

     

     

     

     1 - On peut néanmoins s'estimer heureux, Taddéï nous a épargné la venue d'un d'Ormesson : l'homme qui n'a rien à dire et qui le dit bien, paraît-il.

     

    2 - On aura noter le fait que… Attali, le parasite, s'est tout de suite senti visé par l'intervention d'Etienne Chouard ; d’où le ton disqualifiant de notre « expert en tout et à toute heure »  face à Etienne Chouard ; mépris qui a pour cause, n'en doutons pas un instant, une culpabilité et une honte devenues ingérables au fil des ans chez tous ces individus si mal préparés à une remise en cause pourtant salutaire car, si bien mal acquis profite toujours par les temps qui courent à grande vitesse, il n’en demeure pas moins que les habits d’un usurpateur et d'un faussaire sont lourds à porter en présence de ceux qui, sans prétention mais socialement novateurs et constructifs, même à perte, s’habillent léger… très léger… aérien même.

    Qu'il soit permis toutefois de conseiller ceci à Etienne Chouard : il est grand temps qu'il apprenne à faire face à la contradiction et à la mauvaise foi, en soumettant ses arguments à l’épreuve de ses détracteurs. Raisonner, c'est aussi une discipline quasi sportive après tout ! Il faut être athlétique ; et seule la concurrence  - celui qui menace de raisonner plus vite, sinon mieux -, permet de se maintenir à niveau.


    Dans tous les cas, on peut parier sur le fait qu'Etienne Chouard ne sera pas réinvité. Taddéï n’invite pas deux fois ceux que tous les autres n’invitent jamais. Il s’est acheté, et le service public avec lui, une bonne conscience en invitant Chouard, c’est tout.



    3 - Si Taddéï était vraiment sérieux et libre, il inviterait régulièrement Soral, Dieudonné, Chouard, Asselineau, Sapir, Berruyer, Colon, Kemi Seba, Laurent Louis, les responsables du site 9.11 pour nous donner des nouvelles de la version officielle des événements du 11 septembre car, ça bouge aussi de ce côté là... et puis, tant d’autres...


    Avec CSOJ, le service public est « à fond » ... il ne peut pas faire plus !
    Aussi, le meilleur service que l’on puisse rendre à Taddéï, c’est de dénoncer ses émissions faussement pluralistes et sa bonne conscience à moindre frais, à moindre coût, à moindre risque.


    Temps de parole des invités à "Ce soir ou jamais"  :


    Attali 18mn10 (29%)
    Hue 9mn13
    Philippe 7mn59
    Gauchet 7mn55
    Chouard 7mn09
    Goyet 5mn51
    Delaume 4mn01
    de Vitry 2mn11

     

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    Pour prolonger, cliquez : Penser la démocratie avec Etienne Chouard

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  • Godard or not Godard ?

     

     

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                   Godard, cet éternel, ce grand, cet immense amateur chez les professionnels ! Godard ou l'anti-cinéma ! Un Godard qui, certes, fait ce qu'il peut, avec les moyens dont il dispose ; et comme il ne et n'y peut pas grand-chose et que ses moyens sont limités...


    Un Godard qui oublie souvent le cinéma en cours de route, trop occupé qu'il est à vouloir à tout prix nous expliquer qu'il est d'une intelligence bien supérieure à la moyenne de ceux qui servent le même Art que lui.  Certes, Godard-là aura eu, malgré tout, le mérite de chercher même s'il lui est souvent arrivé de tourner alors qu'il n'avait rien trouvé : et là... mon Dieu, là... une heure trente, c'est long, très long : une éternité.


    Mais alors, pourquoi se donner autant de mal pour un résultat aussi médiocre ? Fellini, lui, avait tout compris dès 1960 et tout trouvé aussi ( à partir de "La dolce vita" et "Huit et demi "), sans tapage avec une maestra inégalée par tous les réalisateurs dits de la "Nouvelle vague" qui s'est très vite avérée n'être qu'une vaguelette.


    Avec un film tel que "Le mépris", Godard nous montrera avec brio à quel point sa génération n’a pas les outils intellectuels ni culturels pour penser un auteur grec de la stature de Homère - indépendamment de cet autre auteur qu’est Moravia -, Godard réduisant l'Odyssée à une histoire de crise du couple ; et la présence de Fritz Lang ne sauvera rien, et pas davantage le pastiche musical de Delerue venu tout droit de chez Mahler !...


    Godard n'a jamais assumé la responsabilité que tous les cinéastes, même les plus radicaux, ont assumé : la responsabilité de ce que l'on donne à voir et à entendre, comment et pourquoi. Il semblerait que Godard ait fait du cinéma faute de trouver un autre exutoire à son ennui. "Le mépris" avec sa fausse musique et ses guests-stars annonce un cinéma de l'esbroufe, destiné à épater le bourgeois branché, un cinéma de faux érudits, de faux intellectuels bavards car Godard ne travaille aucun texte (ce que lui reprochera Marguerite Duras) bien que ce qu'il croit être "son cinéma" se répande en citations ; ce qui semble le dispenser de lecture.

    L'art contemporain est aussi né, en France du moins, avec ce film et ce réalisateur d'un conformisme confondant. Il ne manquait plus que  Mai 68 et ses libéraux-libertaires escrocs composés de jouisseurs à la petite semaine.


    Autant pour cette soi-disant avant-garde cinématographique, nouvelle vague, qui s'appuie sur le top 50 de la musique romantique pour faire « son cinéma » ! Et alors qu’un réalisateur comme Kubrick, qui n’a jamais eu à cracher sur la tombe de quiconque pour exister, tout occupé qu’il était à servir et à parfaire, film après film, son métier et son Art, sera bien plus avisé : en 1969, il ne se contentera pas seulement des Strauss - Richard et Johann ; il nous présentera dans 2001, l’Odyssée de l’espace, un compositeur contemporain majeur : György Ligeti, roumain/hongrois naturalisé autrichien, né en 1923 et mort en 2006.


    Une nouvelle vague au vague à l'âme approximatif et au cinéma de terrain du même nom : terrain vague dont les films, à de très rares exceptions près, n'arriveront jamais à la cheville du meilleur du cinéma français des années 30, 40 et 50.


     

                                           _________________

     

    "Film socialisme" (2010) ou quand Godard rempile
     

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             Une souscription est lancée ; souscription qui devrait, nous l'espérons tous, permettre à Godard de s'offrir un chef opérateur et un preneur de son dignes de cet Art cinématographique qu'il est censé servir. A moins qu'il ne se soit agi depuis un demi-siècle d'autre chose en ce qui le concerne car...

    Car enfin... comment trouver une justification à la qualité déplorable de la bande son et de l’image de son dernier opus "Film socialisme" ? Qualité aussi affligeante que tout ce que l’art contemporain - fossoyeur de l’Art Moderne -, nous présente depuis les années 60 - un art de bric et de broc.

    Le titre de son dernier long métrage aurait dû nous alerter avec son emploi inconsidéré et gratuit de social-isme là où l'on serait en droit de trouver social-iste, à la fois adjectif et substantif (et substantiel ?!) - tout comme cette substance dont le film aurait eu bien besoin car...

    Une longue suite de name-dropping... en-veux-tu-en-voilà mais inaudibles, homme de citations (citations le plus souvent pédantes, académiques, scolaires et creuses ) plus que de cinéma (il ne suffit pas de mettre des images sur du texte ou de la musique sur des images pour faire du cinéma), dont les références musicales sont celles de tout le monde, Film socialisme qui ignore superbement le spectateur (film pour Godard seul ?), d'une complaisance rare, ou bien d'une insouciance proche de la négligence, est un véritable défi lancé au cinéma : en effet, dans ce qu'il faut bien appeler "une proposition audio/vidéo" (type de proposition qui force la remarque suivante : n'importe quel quidam sans compétences techniques ni artistique aurait pu être, dans une large mesure, à l'origine de ce film) difficile de trouver un plan de cinéma, une idée, un visage, un regard, une voix dignes du 7è Art ; proposition d'une pauvreté sans nom dans laquelle le "réalisateur" peine à trouver quelque chose à dire, à montrer, à donner à entendre, et qui plus est : quelque chose à nous dire, à nous spectateurs pourtant débordants de bonne volonté.

    On nous promet Odessa, l'Egypte, la Palestine, l'Or espagnol... on n'en verra pourtant qu'un ou deux plans, aussi indéfinis qu'interchangeables.

    Un port turc ?... De nuit ; port qui pourrait être n'importe quel port... avant un bavardage de type bric-à-brac intellectuel indigent et mal inspiré dans un garage et une station service...

     

                                                                      ***

     

               Godard prétend habiter le cinéma ; force est de constater que, dans les faits, Godard n'habite que lui-même car,si on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, au cinéma, les bonnes intentions ne suffisent pas..

             Aussi...qui aura le courage de demander à Godard - le réalisateur le plus sur-évalué de tous, tant sur un plan artistique qu'intellectuel (avec Scorsese... pour d'autres raisons)-, non pas de rempiler mais... de raccrocher avant que l'on en vienne tous à penser que vraiment, cet homme-là n'était pas fait pour le cinéma ?! 

     

    ____________________________

     

    Pour prolonger et rebondir... Godard chez Mediapart

     

    Ainsi que Cinéma, de film en film, de salle en salle

     

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  • Godard or not Godard ?

     

     

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                   Godard, cet éternel, ce grand, cet immense amateur chez les professionnels ! Godard ou l'anti-cinéma ! Un Godard qui, certes, fait ce qu'il peut, avec les moyens dont il dispose ; et comme il ne et n'y peut pas grand-chose et que ses moyens sont limités...


    Un Godard qui oublie souvent le cinéma en cours de route, trop occupé qu'il est à vouloir à tout prix nous expliquer qu'il est d'une intelligence bien supérieure à la moyenne de ceux qui servent le même Art que lui.  Certes, Godard-là aura eu, malgré tout, le mérite de chercher même s'il lui est souvent arrivé de tourner alors qu'il n'avait rien trouvé : et là... mon Dieu, là... une heure trente, c'est long, très long : une éternité.


    Mais alors, pourquoi se donner autant de mal pour un résultat aussi médiocre ? Fellini, lui, avait tout compris dès 1960 et tout trouvé aussi ( à partir de "La dolce vita" et "Huit et demi "), sans tapage avec une maestra inégalée par tous les réalisateurs dits de la "Nouvelle vague" qui s'est très vite avérée n'être qu'une vaguelette.


    Avec un film tel que "Le mépris", Godard nous montrera avec brio à quel point sa génération n’a pas les outils intellectuels ni culturels pour penser un auteur grec de la stature de Homère - indépendamment de cet autre auteur qu’est Moravia -, Godard réduisant l'Odyssée à une histoire de crise du couple ; et la présence de Fritz Lang ne sauvera rien, et pas davantage le pastiche musical de Delerue venu tout droit de chez Mahler !...


    Godard n'a jamais assumé la responsabilité que tous les cinéastes, même les plus radicaux, ont assumé : la responsabilité de ce que l'on donne à voir et à entendre, comment et pourquoi. Il semblerait que Godard ait fait du cinéma faute de trouver un autre exutoire à son ennui. "Le mépris" avec sa fausse musique et ses guests-stars annonce un cinéma de l'esbroufe, destiné à épater le bourgeois branché, un cinéma de faux érudits, de faux intellectuels bavards car Godard ne travaille aucun texte (ce que lui reprochera Marguerite Duras) bien que ce qu'il croit être "son cinéma" se répande en citations ; ce qui semble le dispenser de lecture.

    L'art contemporain est aussi né, en France du moins, avec ce film et ce réalisateur d'un conformisme confondant. Il ne manquait plus que  Mai 68 et ses libéraux-libertaires escrocs composés de jouisseurs à la petite semaine.


    Autant pour cette soi-disant avant-garde cinématographique, nouvelle vague, qui s'appuie sur le top 50 de la musique romantique pour faire « son cinéma » ! Et alors qu’un réalisateur comme Kubrick, qui n’a jamais eu à cracher sur la tombe de quiconque pour exister, tout occupé qu’il était à servir et à parfaire, film après film, son métier et son Art, sera bien plus avisé : en 1969, il ne se contentera pas seulement des Strauss - Richard et Johann ; il nous présentera dans 2001, l’Odyssée de l’espace, un compositeur contemporain majeur : György Ligeti, roumain/hongrois naturalisé autrichien, né en 1923 et mort en 2006.


    Une nouvelle vague au vague à l'âme approximatif et au cinéma de terrain du même nom : terrain vague dont les films, à de très rares exceptions près, n'arriveront jamais à la cheville du meilleur du cinéma français des années 30, 40 et 50.


     

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    "Film socialisme" (2010) ou quand Godard rempile
     

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             Une souscription est lancée ; souscription qui devrait, nous l'espérons tous, permettre à Godard de s'offrir un chef opérateur et un preneur de son dignes de cet Art cinématographique qu'il est censé servir. A moins qu'il ne se soit agi depuis un demi-siècle d'autre chose en ce qui le concerne car...

    Car enfin... comment trouver une justification à la qualité déplorable de la bande son et de l’image de son dernier opus "Film socialisme" ? Qualité aussi affligeante que tout ce que l’art contemporain - fossoyeur de l’Art Moderne -, nous présente depuis les années 60 - un art de bric et de broc.

    Le titre de son dernier long métrage aurait dû nous alerter avec son emploi inconsidéré et gratuit de social-isme là où l'on serait en droit de trouver social-iste, à la fois adjectif et substantif (et substantiel ?!) - tout comme cette substance dont le film aurait eu bien besoin car...

    Une longue suite de name-dropping... en-veux-tu-en-voilà mais inaudibles, homme de citations (citations le plus souvent pédantes, académiques, scolaires et creuses ) plus que de cinéma (il ne suffit pas de mettre des images sur du texte ou de la musique sur des images pour faire du cinéma), dont les références musicales sont celles de tout le monde, Film socialisme qui ignore superbement le spectateur (film pour Godard seul ?), d'une complaisance rare, ou bien d'une insouciance proche de la négligence, est un véritable défi lancé au cinéma : en effet, dans ce qu'il faut bien appeler "une proposition audio/vidéo" (type de proposition qui force la remarque suivante : n'importe quel quidam sans compétences techniques ni artistique aurait pu être, dans une large mesure, à l'origine de ce film) difficile de trouver un plan de cinéma, une idée, un visage, un regard, une voix dignes du 7è Art ; proposition d'une pauvreté sans nom dans laquelle le "réalisateur" peine à trouver quelque chose à dire, à montrer, à donner à entendre, et qui plus est : quelque chose à nous dire, à nous spectateurs pourtant débordants de bonne volonté.

    On nous promet Odessa, l'Egypte, la Palestine, l'Or espagnol... on n'en verra pourtant qu'un ou deux plans, aussi indéfinis qu'interchangeables.

    Un port turc ?... De nuit ; port qui pourrait être n'importe quel port... avant un bavardage de type bric-à-brac intellectuel indigent et mal inspiré dans un garage et une station service...

     

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               Godard prétend habiter le cinéma ; force est de constater que, dans les faits, Godard n'habite que lui-même car,si on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, au cinéma, les bonnes intentions ne suffisent pas..

             Aussi...qui aura le courage de demander à Godard - le réalisateur le plus sur-évalué de tous, tant sur un plan artistique qu'intellectuel (avec Scorsese... pour d'autres raisons)-, non pas de rempiler mais... de raccrocher avant que l'on en vienne tous à penser que vraiment, cet homme-là n'était pas fait pour le cinéma ?! 

     

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    Pour prolonger et rebondir... Godard chez Mediapart

     

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  • Comment ne pas se défendre des accusations d’antisémitisme

     

    ... une mise au point de Jean Bricmont* :

     

              "Récemment, le Parti du Travail de Belgique (PTB) a pris des positions courageuses, en tout cas pour un parti représenté au parlement, sur la question palestinienne, appelant par exemple à suspendre certaines relations commerciales entre la Belgique et Israël (ICI). Cette position, qui devrait être généralisée, est assez rare et doit être applaudie. Le PTB a aussi été, surprise, surprise, accusé d’antisémitisme, ce dont il s’est défendu dans un communiqué : (ICI)

    Il y a malheureusement beaucoup de choses critiquables dans cette « défense » du PTB face à l’accusation d’antisémitisme : bien sûr, ils ne sont pas antisémites et le soutien aux Palestiniens ne l’est pas non plus. Mais leur défense sous-estime les effets que l’accusation d’antisémitisme a dans nos sociétés, bien au-delà de la question palestinienne.

    En effet, ils écrivent qu’il vont continuer « à réagir contre toutes les expressions d’antisémitisme », sans définir ce qu’est l’antisémitisme. Or tout le problème est de savoir de quoi il s’agit. L’antisémitisme, est-ce la défense de la liberté d’expression? Le fait de rire aux spectacles de Dieudonné? De lire des ouvrages interdits à propos de l’holocauste? De considérer comme déterminante l’action du lobby pro-israélien dans la politique américaine au Moyen-Orient? Tout cela est stigmatisé au nom de la « lutte contre l’antisémitisme ». Tant que le mot « antisémitisme » n’est pas défini, dire qu’on va réagir contre son expression mène à l’arbitraire.

    Si l’antisémitisme c’est « détester les juifs pour ce qu’ils sont et pas pour ce qu’ils font » (ou que certains d’entre eux font), il faudrait donner des exemples de gens rentrant dans cette catégorie, c’est-à-dire de gens qui auraient les opinions qu’ils ont sur les juifs indépendamment des actions d’Israël, de celles des organisations communautaires, des campagnes de haine menée au nom de l’antiracisme etc. Et comment démontrer une telle accusation?

    Ensuite le PTB « rappelle qu’il a été fondé en 1979 par la résistante juive Juliette Broder, pour qui l’engagement pendant la Deuxième Guerre Mondiale dans la résistance contre le régime meurtrier d’Hitler faisait intégralement partie de son engagement marxiste. » J’ai connu Juliette Broder mais je ne peux pas m’en réclamer, vu que j’étais en désaccord avec elle sur beaucoup de points, en particulier l’URSS et Staline.

    Je n’ai pas non plus combattu « le régime meurtrier d’Hitler », vu qu’il était mort quand je suis né et que j’ai peu de goût pour les combats aussi faciles qu’imaginaires.

    Mais, cela étant, ai-je néanmoins des droits, en particulier ceux qui me sont conférés en principe par la constitution de mon pays, à commencer par le droit à la liberté d’expression? C’est toute la question qui est occultée par la défense adoptée par le PTB.

    Les gens qui ne sont ni juifs, ni marxistes, qui n’ont pas combattu le fascisme, et qui ne croient pas à une société-bisounours (une « perspective socialiste d’une société solidaire, chaleureuse et tolérante ») devraient néanmoins avoir des droits. Je note au passage qu’en 1979 le socialisme du PTB (et de Juliette Broder) était fondé sur l’idée de dictature du prolétariat, ce qui n’est pas tout-à-fait la même chose que la « solidarité et la tolérance »; on peut d’ailleurs se demander si, dans la société-bisounours envisagée, les mal pensants (ceux qui n’aiment pas la tolérance par exemple) auraient les droits que la dictature du prolétariat leur refusait.

    Avant de parler de bons sentiments (chaleur et tolérance), il faudrait parler d’égalité des droits, pas en Palestine, mais dans nos propres sociétés, pour ceux qui aiment les spectacles de Dieudonné et ceux qui ne les aiment pas, pour ceux qui pensent qu’il y a un lien entre judaïsme et sionisme et pour ceux qui ne le pensent pas, et pour tous ceux qui ont des vues hétérodoxes en histoire, sur Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, Pétain, De Gaulle ou Napoléon. On pourrait allonger la liste, mais il est évident qu’une telle égalité aujourd’hui n’existe pas.

    Le remplacement du droit par les bons sentiments est sans doute la plus grande menace pour ce qu’il y a de relativement civilisé dans nos sociétés, à savoir le respect de règles légales qui sont les mêmes pour tous. Cela menace même à terme le « vivre ensemble » que les bonnes âmes prétendent défendre.

    La réponse correcte aux accusations d’antisémitisme n’est pas de s’en défendre pour soi-même (« c’est pas moi, Monsieur, c’est l’autre »), mais de défendre la liberté d’expression pour tous. Si quelqu’un crie au loup, on n’est pas obligé de démontrer qu’on ne marche pas à quatre pattes, qu’on ne hurle pas à la pleine lune et qu’on ne dévore pas les brebis. La croyance à la nécessité de se défendre de l’accusation d’antisémitisme comme le fait le PTB n’est d’ailleurs pas propre à ce parti, mais contamine presque toute la gauche et est une des sources de sa faiblesse.

    On ne peut rendre de pire service aux Palestiniens que de refuser à nos propres concitoyens, au nom d’une lutte mal définie contre l’antisémitisme, leur droit à leurs libertés les plus fondamentales. Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner si, une fois ce droit détruit, les journalistes et politiques ici sont si biaisés sur la question palestinienne (alors que beaucoup d’entre eux n’en pensent pas moins en privé).

    Tant que nous n’assumerons pas collectivement nos droits, nous continuerons à être soumis au chantage des organisations et des individus qui défendent Israël (et les Etats-Unis). Le jour où nous les assumerons, cette accusation d’antisémitisme rejoindra celle de mécréant ou d’ennemi du peuple qui aussi a été une arme de terrorisme intellectuel en d’autres temps et d’autres lieux."

     

              Jean Bricmont – 10 août 2014

     

     

    * Jean Bricmont est Professeur de physique théorique et mathématique à l'Université de Louvain, Belgique. Auteur de plusieurs articles sur Chomsky, co-directeur du Cahier de L’Herne n° 88 consacré à Noam Chomsky. Il a publié notamment avec Alan Sokal Impostures intellectuelles (1997), À l’ombre des Lumières avec Régis Debray (2003) et Impérialisme humanitaire (2005). Son dernier ouvrage : La République des censeurs. Editions de l’Herne, 2014

     

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  • Gaza, la rebelle

     

                Une trêve de 72 heures a démarré dans la bande de Gaza, mardi à 8h00, heure locale (5h00 TU). Trois jours de répit pour la population palestinienne, sous le feu des bombardements depuis 29 jours.

    L’armée israélienne a annoncé son retrait total de la bande de Gaza.

     

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                  Anéantir un des derniers foyers de la résistance palestinienne à la colonisation israélienne, Gaza - le blocus n'y suffisant pas -, ainsi que la composante religieuse de cette résistance, le Hamas, diviser politiquement les Palestiniens, maintenir la tête de ce Peuple sous l'eau jusqu'à l'asphyxie sur le modèle de la Cisjordanie, occupée et humiliée...  tel est le but affiché par Israël.

                 En 29 jours de conflits et de bombardements, l'opération Bordure Protectrice aura fait côté palestinien plus de 1850 tués et près de 10 000 blessés, 200 000 déplacés. Selon l'Onu, les deux tiers des victimes sont des civils, dont un grand nombre de femmes et d'enfants.

     

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                  « Ils étaient là comme dans une cage dont la porte eût été grande ouverte sans qu’ils puissent s’en évader. Rien n’avait plus d’importance en dehors de cette cage, parce qu’il n’existait plus rien d’autre. Ils demeuraient dans cette cage, étrangers à tout ce qui n’était pas au-delà des barreaux. Il eût été anormal, impossible même de s’évader vers quelque chose qui n’avait ni réalité ni importance. Absolument impossible. Car à l’intérieur de cette cage où ils étaient nés et où ils mourraient, le seul climat d’expérience tolérable était le réel, qui était simplement un instinct irréversible de faire en sorte que les choses eussent de l’importance. Ce n’est que si les choses avaient quelque importance que l’on pouvait respirer, et souffrir. La vie était ce qui avait de l’importance, et le réel faisait partie de l’instinct qui donnait à la vie un peu de sens. L’instinct n’envisageait pas ce qui pouvait exister au-delà du réel parce qu’au-delà il n’y avait rien qui eût de l’importance : nous ne sommes jamais sortis du temps des négriers. » - Raoul Vaneigem - Isolement

     

     

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                  Il y a des cartes géographiques qui dévoilent tout : bas les masques !

     

                     Sécurité d’abord ! hurle le gardien aux prisonniers

     

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               Le droit à la sécurité dû à Israël, comme à tout autre pays, n’est pas critiquable en soi ; il devient odieux que parce qu’il se fonde sur le droit d’humilier et de dominer  depuis 1967 : vol de la terre, assassinats, bombardements civils et chantage à l’antisémitisme. 

    Si la solidarité indéfectible et pathologique dans l’humiliation, le meurtre et le vol est sans doute ce qui peut arriver de pire à un Peuple, le mépris, l’impunité et la religion ont gâché Israël, et tout l’Occident est responsable : tous ceux qui l’ont servi ces 40 dernières années : chefs d’Etat, chefs d’exécutifs, classe politique et médiatique ainsi que l’intelligentsia.

                  Car, avec cet Etat, seul est visible son aspect le plus repoussant. Enfant gâté, pourri, enfant-roi d’un Occident lâche et veule, si l’or noir aura été un cadeau empoisonné pour les populations arabes auxquelles ni la liberté ni la justice ne sourient, l’exploitation à des fins politiques et économiques ad nauseam du génocide juif  aura été pour Israël son tombeau sur un plan humain et moral, reléguant cet Etat au ban de la communauté internationale : en effet, on ne compte plus les condamnations par l'ONU à son endroit. 

    Finalement, Israël, porte-avion américain sur-armé et sur-entraîné à la prédation et à la domination coloniale, c’est toute l’histoire de l’Occident sans fard, à visage ouvert, de ces deux derniers siècles... mais avec 60 ans de retard : occupation, domination, exploitation, vol, crimes au nom des grands principes : hier - droits de l’homme et civilisation ;  aujourd’hui - holocauste et sécurité. 

    En cela, cette théocratie militaire fait preuve d’un archaïque qui n’a de cesse de nous surprendre : superstitions, religion, loi du talion, exercice brutal d’une domination totale sur le plus faible....

    Et en cela aussi, Israël est bien le monde tel qu’il est et tel qu'il va, ; et c'est à la fois l'humiliation de trop pour des populations arabes déjà bien humiliées et l'exercice moralement inacceptable d'une realpolitik dans laquelle le plus fort rafle la mise et le plus faible n'a qu'un droit : se soumettre ou mourir,  pour des populations européennes scandalisées... et plus encore depuis qu’une mondialisation qui est, elle aussi, un gigantesque archaïsme sur un plan humain (ou humaniste) a triomphé ; archaïsme que dénonçait en son temps un Bertolt Brecht  lucide : l’argent, la marchandise et la cupidité ; la puanteur du désir de « tout rafler » matériellement, politiquement et humainement. 

     

                Pour cette raison, nous sommes aujourd'hui plus que jamais dans l’obligation de dénoncer une alliance avec un des rares Etats qui n'a décidément rien à proposer ou à offrir au monde depuis sa création -  Etat et Nation sans culture de dimension universelle et sans morale -, depuis qu’il s’est mis en tête de vivre au dépens, sur le dos et au détriment de centaines de milliers d'êtres humains - les Palestiniens ! et ce aussi longtemps qu’ici, en France, toute la classe politique et médiatique soutiendra cet Etat et une politique dont il n’y a plus rien à sauver à l'heure où des associations communautaires ont le pouvoir de bannir des médias et de persécuter tous ceux qui n'acceptent plus cette compromission de la France avec une idéologie mortifère, le sionisme... car, on peut sans exagérer affirmer que l'on n'a pas connu en France un tel climat de chantage moral et de terrorisme intellectuel exercés sur les institutions et ces mêmes médias, leurs producteurs, animateurs et journalistes (télés, radios et journaux) depuis l’ère communiste et stalinienne - l’URSS, ses satellites et ses relais - le PCF en particulier, avec ses intellectuels et ses sympathisants -, des années 30 aux années 70. Car, à moins d'être aveugle ou partisan, difficile de ne pas admettre que leurs méthodes sont étrangement identiques : insultes, discrédit, intimidation, calomnie, procès d'intention, amalgames, chantage affectif, chantage professionnel...

    Et d'aucuns seraient vraiment tentés d'en conclure que Le Maccarthysme, c’était vraiment de la rigolade en comparaison.

     

                   Face à de tels agissements, nous n'avons qu'un devoir : les dénoncer sans relâche si nous voulons continuer de protéger notre démocratie qui est aussi et surtout, le droit de tout un chacun de clamer bien haut et bien fort la vérité... toute la vérité.
           

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  • Israël contre Gaza : une information biaisée... télés, presse papier et internet, radios,

     

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                       Trio de la honte, trio infernal dans le scandale d'une soumission totale et sans précédent aux desiderata des USA et d'Israël en violation de notre tradition diplomatique d'indépendance et d'équilibre qui nous a longtemps permis de gagner le respect de nombre de nations.

    Mais alors, qui, demain, nous respectera ?


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                       Offensive israélienne contre Gaza : les partis pris du traitement médiatique

    par Julien Salingue, le 18 juillet 2014 - ACRIMED


     

                 "Depuis le 8 juillet 2014, une offensive militaire israélienne est en cours contre la bande de Gaza. Au moment où nous écrivons, plus de 240 Palestiniens sont morts sous les bombes israéliennes, tandis qu’un Israélien a été tué par un tir de roquette. Ces événements donnent lieu à une large couverture médiatique, et nous ne prétendons pas fournir ici un article traitant de manière exhaustive de cette couverture. Dans la presse écrite comme à la radio et à la télévision, certains journalistes font au mieux leur travail et produisent, comme nous le rappellerons parfois, exemples à l’appui, une information de qualité.


    Force est toutefois de constater que le traitement médiatique dominant de cette nouvelle séquence du conflit opposant Israël aux Palestiniens demeure prisonnier de bien des travers que nous avons déjà eu l’occasion d’identifier. Il existe ainsi un « bruit médiatique » largement critiquable, qui ne résume pas l’ensemble du travail journalistique mais qui malheureusement l’étouffe ou le fait quasiment disparaître. C’est à ce bruit médiatique et à la tonalité générale qu’il donne à la couverture des événements que nous nous intéresserons ici, en nous concentrant notamment sur les titres de presse écrite et leurs sites internet, tout en allant également parfois chercher des exemples du côté des télévisions.


    Nous l’avions déjà souligné dans un précédent article traitant de l’information concernant le Proche-Orient : l’un des principaux biais du traitement médiatique du conflit opposant Israël aux Palestiniens est l’injonction permanente à un traitement « équilibré ». Or cette recherche d’un improbable « équilibre » entre Israël et les Palestiniens, quels que soient les intentions des uns ou des autres, conduit nécessairement à la production d’une information biaisée, incomplète, dépolitisée et, volontairement ou non, orientée."

     

                                La suite ICI

     

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  • Bal des quenelles 2014 : le Woodstock de la dissidence

     

              Alors que la France est au 39e rang dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2014, aujourd'hui, le constat suivant s'impose : en l'absence d'Internet, il n'y aurait plus aucun moyen de diffusion d'une liberté de penser et d'informer qui ne doive rien à des médias sous influence qui, pour leur déshonneur, ont réduit cette liberté à une peau de chagrin. Car Internet, c'est bien toute la mémoire du monde ; et moins on oublie, plus on se souvient... et plus on se souvient, plus difficile est le mensonge.

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                Le samedi 21 juin dernier, la désormais traditionnelle cérémonie du bal des quenelles a récompensé les personnalités, qui par leurs actions ou leurs paroles, ont dénoncé l'idéologie dominante ou apporté leur soutien à l'humoriste-satiriste Dieudonné Mbala Mbala, véritable Molière des temps modernes.

             Derniers soubresauts du refus d'un monde cadenassé avant une soumission générale, ou bien, avant-garde d'un grand mouvement de révolte à venir...

     

    (Cérémonie de remise des quenelles d'or filmée par l'Agence Info Libre)

     

              ... des artistes, un député, des dessinateurs, des chanteurs, rappeurs, militaires, auteurs, internautes, vidéastes, salariés licenciés pour "quenelle", acteurs de la dissidence du Net, sont nominés, et certains d'entre eux récompensés d'une quenelle d'or.

                Pour rappel, la quenelle est un geste subversif que l’on peut assimiler au doigt d’honneur contre l’ordre établi et une pensée unique qui se déploie autour d’un projet mondial qui ne souffrira aucune contestation : ici… la menace du chômage et de la relégation (d'où l'unanimité de médias et de leurs salariés précaires ou richissimes contre cette quenelle) ; ailleurs… les bombes contre quiconque s’y oppose : individus, Peuples et Etats.

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  • Du chantage à la concurrence victimaire...



                    La France est passée en cinq ans, dans le classement de Reporters sans frontières, du 11e rang au 37e rang de la liberté d'informer. Finira-t-on alors derrière la Chine ? 25 condamnations pour violation de la liberté d'expression... la France au 3e rang des condamnations loin devant la Russie à la Cour Européenne des droits de l'homme.


                    Qu'à cela ne tienne : dénoncez ! Dénoncez ! Il en restera toujours quelque chose !


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                   A l'heure où sur le service public, et sur LCP seul, Rokhaya DIALLO avait obtenu, quand elle y travaillait encore, 26 minutes par mois pour nous parler des minorités visibles - discrimination, racisme et histoire coloniale -, (en comparaison : sur France Culture, le génocide juif - plus connu sous le nom de Shoah dans sa version commerciale et politique -, c'est... toutes les deux heures, tous les jours, 365 jours par an, même de nuit à l'occasion des redifs) ... et alors que la demande d’une juste répartition des commémorations et de la transmission de la mémoire, à propos de la colonisation et de ses crimes ainsi que de la traite négrière par un individu ou un groupe d'individus quels qu'ils soient, est qualifiée de "concurrence victimaire", voire... purement et simplement de revendication à caractère antisémite... un chef de service s'entretient avec un de ses employés...


    Où est le rapport ?... d'aucuns ne manqueront pas de se le demander ; quant aux autres...


    ***

     

    "Asseyez-vous donc.


    - Merci.


    -Dites-moi, j'ai entendu dire que vous vouliez une augmentation ?

     

    - Oui, je... enfin… mon salaire, c'est un peu juste quand même.

     

    - Un peu quoi ?

     

    - Juste... un peu court... si vous préférez.

     

    - Comment ça ?

     

    - Je gagne à peine 1600 euros net, et je me suis laissé dire que...

     

    - "Laissé dire" quoi ?

     

    - Ben, que le vôtre de salaire c'était plutôt dans les 6000.

     

    - Et alors ?

     

    - Ben, j'ai pensé que vous pourriez peut-être appuyer ma demande...

     

    - Appuyer votre demande ?

     

    - Oui. J’ai demandé  50 euros.

     

    - 50 euros ?

     

    - Parce que les fins de mois sont difficiles, vous savez.

     

    - Je vais vous dire : tout comme il y a 24 heures dans une journée pour tout le monde, pareillement, il y a dans un mois le même nombre de jours … et ce pour tout le monde aussi. Vous comprenez ?

     

    -......................................

     

    - Oui ?


    - .....................


    - Non ?

     

    - Oui chef, mais...

     

    - Allez, n'insistez pas. Vous ne voulez pas non plus que l'on vous soupçonne de...

     

    - Ah non chef ! Ah non, sûrement pas !

     

    - Parce que... être soupçonné, c’est pas rien non plus…

     

    - Ah non pas ça ! Tout... mais pas ça ! 

     

    - C’est pas rien et puis, c’est quelque chose d’être soupçonné de…

     

    - Oubliez tout. J’ai rien dit chef.

     

    - C'est mieux.

     

    - Jamais je ne…

     

    - C'est bien.

     

    - Loin de moi l'idée...


    - C'est parfait.


    - Loin de moi l'idée de mettre en concurrence votre salaire et le mien…

     

    - Et de convoiter mon poste, peut-être aussi, n’est-ce pas ?

     

    - Votre poste ? Comment pourrais-je… Ah, non jamais ! Je le jure sur tout ce que j’ai de plus cher... cher et sacré ! Ca non chef ! Je vous jure ! Jamais… Jamais, je n'oserais... enfin... vous imaginez bien. Tenez … ces 50 euros, je vous en fais cadeau.

     

    - Cadeau ?

     

    - Oui, oui ! C’est tout pour vous. 

     

    - Sur votre salaire ?

     

    - Oui, oui !

     

    - Chaque mois ?

     

    - Oui bien sûr ! Après tout,  50 euros de plus ou de moins.

     

    - Et vos fins de mois difficiles dont vous me parliez tout à l’heure ?

     

    - Je m’arrangerai chef.

     

    - Je vois que l’on s’est compris.

     

    - Oui chef.

     

    - Allez, retournez à votre travail maintenant.


    - Merci chef.


    - Y a pas de quoi."


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           Un rappel salutaire : état des lieux de la production audiovisuelle - films et documentaires -, autour de la traite négrière, de l'esclavage et de la colonisation.


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