Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

ps - Page 2

  • Attentats, Paris 13 novembre 2015 : revue de presse pour rappel

     

                      Billet de blog rédigé en novembre 2015, quelques jours après le 13 novembre

     

     

                      Après Hollande, Valls, Fabius (et Sarkozy) auxquels nous devons 15 années d'une diplomatie en rupture avec notre tradition d'équilibre et d'indépendance - rupture qui explique aussi cette fracture dans la société française car enfin, de qui sommes-nous devenus les esclaves ? -, d'autres voix de la domination et de ses portes-flingues se sont fait très vite entendre sur Internet ; voix de la domination impériale de l’Otan, des USA et de ses acolytes et autres complices : Europe, Israël, Arabie Saoudite…

    Voix d’une bêtise crasse, voix d'un cynisme inqualifiable... voix de ceux qui n'ont plus peur de rien car ces attentats de vendredi soir apportent de l'eau fétide à leur petite machinerie, à ses rouages et à sa production le plus souvent pestilentielle :

     

    Elisabeth LévyElisabeth Lévy fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur, cette petite musique israélienne et islamophobe de France, Elisabeth Lévy titre "Djihadistes contre Homo festivus" ICI

    Le point de vue  d'Elisabeth qui a toujours autant de mal à « penser » c'est-à-dire à se méfier comme de la peste de ce qu’elle pense, le voici : « Daech veut nous exterminer car en France, on aime bien s’amuser et eux pas».

    Ca, c’est ce qu'on appelle de l’analyse...  géo-politique qui plus est !

     

    Toujours sur Causeur, c'est àLuc Rosenzweig Luc Rosenzweig, un des contributeurs majeurs de ce webzine, que la patronne confiera le soin de se vautrer dans la fange, communautariste de surcroît - Israël, Tsahal, ses troupes et ses colons. En effet, Rosenzweig, sans honte, titre : « Pour vaincre le terrorisme, apprenons d’Israël » ICI

    Rosenzwieg, si vous avez bien saisi son conseil, propose donc une ratonnade de Palestiniens à la sauce française : les Musulmans français qui ne marcheraient pas droit.

    Abjection et bêtise incommensurables dont il est coutumier, il est vrai, ce titre de Rosenzweig explique bien des choses et des situations  ; non content d'importer la question du maintien de l'ordre colonial israélien en Palestine au pire moment qui soit, ce billet d'humeur explique aussi des choix politiques criminels tout en nous incitant à élever notre niveau d'alerte générale car nous sommes tous, sans l'ombre d'un doute, en danger de mort avec des individus de cette espèce, ici, chez nous.

     

    "La règle du jeu" maintenant.

    Revue incontournable pour quiconque souhaite prendre des nouvelles de la tartufferie ambiante à la cour de BHL puisqu'il en est le fondateur, cette revue de "philosophie, littérature, politique et Art" qui est aussi la voix d’Israël en France (une de plus !), nous offre un point de vue digne du café du commerce juste avant la fermeture de l’établissement à une heure tardive donc : c’est dire !

    L'incitation à la haine sera placée au coeur du dispositif avec un BHL qui fait dire à propos des attentats de vendredi dernier, par David-HazizaDavid Isaac Haziza (?) ce que sa duplicité légendaire lui interdit d'expliciter : « Il y a un temps pour tout sous le soleil. Il y a un temps pour aimer, certes, mais il y a aussi un temps pour haïr. En vérité, on eût même dû haïr plus tôt !"

     

    Le Huffington Post, un pur player dit "d'information" dirigé par Anne Sinclair fera appel à la plume d'un Jacques Tarnero "essayiste", toujours à propos des auteurs des attentats et de la tentative de se risquer à quelques introspections salutaires fruit d'une pensée réflexive tout aussi salvatrice.

    Ce webzine tout acquis à la cause atlantiste et sioniste s'en prendra ouvertement aux anti-islamophobes et aux partisans du « Pas d’amalgame » lesquels seraient responsables des attentats en France.

    Quant à l’Islam, il serait la cause première du malheur des Arabes, ici et là-bas : « Le malheur arabe, le malheur palestinien, le malheur des jeunes-des-banlieues c'est l'Islam la cause de ce malheur ainsi que ce qui est arrivé à cette culture née dans l'islam ou née dans l'héritage arabe pour toujours aller chercher ailleurs qu'en elle même la source du désastre actuel."

    Qui a détruit le Moyen-Orient et une partie de l’Afrique sub-saharienne ? Les Arabes ? L'Islam ? Qui fait des affaires avec l’Arabie Saoudite ?

     

    Afficher l'image d'origineCaroline Fourest qui souhaitait très certainement ne pas être en reste, une Caroline Fourest - faut-il le rappeler ? -, qui voyage dans les bagages d'un BHL qui la porte à bout de bras depuis quelques années maintenant, ce matin sur France Culture, Fourest récitera son catéchisme : « Il y aura toujours des gens pour trouver des excuses aux assassins »

    N'en doutez pas un seul instant : c’est sa manière à elle de clore tout débat et de disqualifier tous ceux qui seraient tentés de remettre en cause la politique pro-américaine et pro-israélienne de la France qui nous mène à la guerre tout en provoquant la mort de centaines de civils  : le Moyen-Orient quoi !

                   Mais quand on vous dit que tous ces gens-là ne rêvent que de ça ! Tous les parfums d’Arabie ! Spectacle de « danse orientale » pour Caroline entre deux explosions et quelques corps déchiquetés !

     

    Ce matin aussi, sur France Inter, lundi 16 novembre, heures tapantes , c’est Résultat de recherche d'images pour "Malek Boutih l’invité"Malek Boutih l’invité : ICI . Député PS, Malek Boutih se rangera sans l'ombre d'une hésitation au côté de Manuel Valls ; il en profitera  - car pourquoi faire les choses à moitié ! -, pour franchir le Rubicon allègrement. Imaginez-vous ça : 80% de ses interventions sur l'antenne conviendront à toute la droite, du FN aux centristes : « Il faut en finir avec la sociologie, la pleurniche et les soi-disant causes sociales qui seraient responsables de la radicalisation de Français musulmans !»

    Enorme !

    Comme quoi... des attentats, une centaine de morts, et tout le monde rentre se mettre au vert au côté d'une droite expéditive ; c'est l'Assemblée nationale issue du Front populaire qui vote les pleins pouvoirs à qui on sait. Heureusement pour Boutih que la "fausse gauche" est à l'Elysée et à Matignon ! Il peut encore faire illusion même s'il s'agit bel et bien d'un ralliement aux idées de droite : l'affirmation de l'absence de déterminisme social dans le destin individuel de chaque être humain.

    Des dizaines de millions de salariés qui sont passés par la case chômage et la case SDF en trente ans - divorces, suicides, maladies, pauvreté ; des inégalités qui ont explosées, des millions d'individus qui n'ont connu et qui ne connaissent qu'un parcours de discriminations et de vexations sans nombre, un mondialisme rapace et vorace qui veut la peau de notre système social européen - véritable civilisation en soi -, et qui n'a qu'un modèle à proposer : travailler plus, gagner moins, baisser la tête et consommer - mal-bouffe et abrutissement !

    Tout ça n'a bien évidemment aucun impact...

                     Les dirigeants successifs du PS ont mis 20 ans à accepter que Boutih soit député ; il a longtemps galéré après son départ de SOS racisme, chez Skyrock notamment, chez les 10-15ans… alors, vous pensez bien : Boutih sait ce qu’il doit au PS et au système ; manifestement, les mots ne lui manquent pas quand il s'agit de renvoyer l'ascenseur. C’est sûr, l’ingratitude n’est pas de mise chez Boutih !

    Frantz Fanon, un des penseurs de la colonisation et de la décolonisation avait un nom pour ces gens-là, les repêchés du système qui n’en croient pas leur chance tout en sachant qu'on ne leur en donnera pas une seconde.

     

                   On achèvera ce tour d'horizon du côté de la bêtise, du cynisme et de l'opportunisme avec le commentaire d'un internaute... un internaute lambda, internaute sans visage comme tout internaute lambda dépourvu de courage mais qui se respecte. Jugez plutôt :

                   "Epiloguer sur les horribles événements d'hier soir ne sert pas à grand chose. aujourd'hui, c'est l'action de la police et de l'armée qui nous sauvera, non le baratin. La France vaincra !"

                 Et notre réponse, elle, à défaut de vaincre l'incommensurable connerie de ce commentaire car, il y a des cas irréversibles, et celui-là en est un... notre réponse donc ne tardera pas à lui parvenir :

                                      "Pauvre de toi, va !"

     

     

    ***

     

                      Après les voix du chaos programmé et de la domination,  les voix de la reddition aussi… accordons un peu d'espace aux voix de la sagesse :

     

                   Pour Alain ChouetAlain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la « guerre de civilisation » et celle contre le « terrorisme » brandies par le gouvernement comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad :

    Arabie Saoudite et Qatar.

     

                  A l’annonce des attentats  Au lendemain des attentats de Paris, Michel Onfray réclame une politique française moins islamophobe.Michel Onfray fut le premier à twitter : « Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l'islam politique récoltent nationalement la guerre de l'islam politique. » 

     

     

                  Michel Colon d'Investig-Action, que l'on ne présente plus, s’exprime, de sa Belgique natale, sur les attentats Paris avec calme et lucidité.

     

     

            Clôturons cette courte revue de presse avec      CaptureJean-Luc Mélenchon qui aura tout saisi des véritables enjeux pour la France et l'Europe, ce dimanche 15 novembre 2015 au sortir de l'Elysée : "La réponse aux assassins doit être plus de fraternité, plus de démocratie, plus d'amour mais pas moins de débat."

     

                          Débattons alors ! Et ne laissons personne nous l'interdire !

     

    Lien permanent Catégories : Attentats, terrorisme, Charlie..., Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Michel Rocard, de l'autogestion au Médef : un concert d'hommages à la mesure de son inaction politique un demi-siècle durant

     

                   L'ancien Premier ministre Michel Rocard est décédé samedi 2 juin 2016 à l'âge de 85 ans.

     

    _________________

     

    "Patronat de tous les pays, unissez-vous !"

    Michel Rocard, toute honte bue à l'invitation du Medef. C'était en 2010.

     

               

             Tenez-le-vous pour dit ! Après le PSU, l'auto-gestion à la yougoslave, le socialisme et son parti, la boucle bouclée avec François Hollande à l’Elysée, Michel Rocard y fait un nœud supplémentaire avec une conviction que l'on ne lui connaissait plus, tel un évangéliste sûr de son fait et de sa foi en déclarant en 2010 à l'Université du Medef qu'il faut remettre le monopole de l'interprétation du monde, de sa réalité et de sa conduite entre les mains du Patronat car, désormais, seuls les milieux d'affaires sont compétents en la matière : ICI

    Dont acte.

     

    ***

     

                    "Tout sauf la marge, le rejet, l'exclusion, le bannissement... "en être" coûte que coûte, tenir bon, plaire et complaire !

                    Tous des orphelins en quête d'adoption, vous dis-je !"

     

                    Au crépuscule de ce qui fut une longue, et sans doute, beaucoup trop longue carrière, des années 50 à aujourd’hui... le plus pathétique dans cette prestation de Rocard face au Medef, c'est que les patrons présents ce jour-là ne lui en demandaient peut-être pas tant !

    En effet, il se pourrait bien que tout ce beau petit monde ait attendu de lui un autre type d'analyse, sans doute dans la mémoire de ses engagements passés, à gauche puis au centre-gauche ; petit monde constitué de patrons et d’entreprises eux-mêmes malmenés par un système économique qui ne se reconnait ni honneur ni loyauté.

    Aussi... confrontés à une telle débauche de soumission aussi obscène et avilissante qu’inutile, fruit d'un orgueil imbécile (vous êtes puissants, vous m'avez invité... j'en suis flatté ; je demeure votre obligé !) au soir d'une carrière politique bavarde et décevante tel un soufflet... si tôt levé, si tôt retombé, couché... qui aurait osé alors demander à Michel Rocard de se retirer et d'aller cultiver son jardin ? Fruits et légumes à volonté !

    Pas grand monde, hélas !

                    Courtisé par les journalistes d'une presse aux ordres de la finance et de l'économie - il fallait avoir interviewé Rocard au moins une fois dans sa vie -, Michel Rocard était leur chouchou à tous ; il faisait l'unanimité.

    Son plus grand défaut, impardonnable pour un Rocard qui se disait à gauche et de gauche, c'est bien de n'avoir jamais déplu à qui que ce soit : les syndicats, les patrons, le "camp opposé" appréciaient sa compagnie ; tous ne s'y sont pas trompés : faut dire que Michel Rocard leur est très vite apparu comme un homme de consensus qui, comme de juste, a commencé sa carrière à gauche – anticolonialisme et pouvoir aux ouvriers ! -, et l'a finie au Medef, sûr de lui et tranquille en conseiller des Princes, petits et moyens, hexagonaux de surcroît.

                    « Rocard », c’est plus qu'un homme, plus qu'un être humain tout compte fait et en comptant bien ; Michel Rocard, c'est un concept qui aura fait "flop" ou « pschitt » à la moindre validation : une eau gazeuse.

    A Matignon, quatre années durant, à l'heure où le PS avait tourné casaque en remerciant Pierre Mauroy et en accueillant Fabius, Michel Rocard aura été sans imagination, recherchant sans cesse le consensus... mou en l'occurrence.

    Hors les murs de Matignon, il aura été bavard, et pour un peu, on se serait laissé prendre à rêver d'un grand soir réformateur, radical et futuriste.

    Mais alors, que lui manquait-il à ce Rocard ? Sans doute le courage de déplaire contrairement à Mitterrand qui, tout en n'étant pas "un honnête homme", savait déplaire pour son seul profit hélas : sa longévité à l'Elysée.

    C'est donc une France malchanceuse qui aura vu ces deux hommes s’affronter alors qu’ils occupaient l’un l’Elysée, l’autre Matignon, deux lieux de non-pouvoirs destinés à ceux dont le parcours politique doit tout à leur ennui ; cet ennui mortel dont il faut fuir les affres : en premier lieu, le sentiment d’inutilité.

    Un temps ministre de l'agriculture, il ne fera rien pour sauver l'agriculture paysanne d'un productivisme encadré d'une main de fer par un syndicat agricole nommé FN-SEA. Les chômeurs en fin de droits lui doivent, non pas un emploi, mais le RMI, aujourd'hui le RSA... revenu minimum etc... etc... pour un homme politique du minimum garanti, un temps inspecteur des finances. Les salariés eux, lui doivent une ponction supplémentaire sur leur salaire - la CSG ; ponction étendue aux revenus financiers pour toute consolation ; une CSG non déductible, s'il vous plaît !

    Et c'est alors que les salariés seront imposés sur des revenus non perçus. On pourra toujours penser que tous ont évité le pire : en effet, Rocard aurait pu taxer les charges salariales car dès son arrivée à Matignon, notre Premier ministre avait tout simplement compris ceci : il n'y a pas d'avenir pour un gouvernement qui souhaite re-prendre et l'argent et le pouvoir là où ils se trouvent. Il ne sera pas le dernier à le comprendre. Loin s'en faut.

     

                    Démocrate mais pas trop - il était opposé à la proportionnelle - Michel Rocard aura recours au 49.3 à 28 reprises sans profit pour la gauche et les classes populaires. Partisan de la décentralisation qui consacrera le règne des barons, il sera l'initiateur de la "deuxième gauche" au congrès socialiste de Nantes en 1977, qui sonnera le glas de "la première" six ans avant son enterrement définitif en 1983 ; une gauche seulement à l'aise à droite, une gauche du renoncement et de l'adaptation à la loi du plus fort,  le néo-libéralisme.

    Rocard aimait se payer de mots ; il n'en était pas avare, c'est sûr ! Sans doute a-t-il rêvé sa vie politique plus qu'il ne l'a vécue ; quant à l’action, Rocard accordait manifestement plus d'importance à la pensée, une pensée le plus souvent abstraite, sommaire ou générique, une non-pensée finalement qui n’encourage pas à l’action, de ces actions qui marquent un homme, une carrière, un parcours et toute une époque... peut-être même l'Histoire.

    Rocard ne fera donc pas date.

     

                   Canonisé par les médias... de son vivant, car tous se reconnaissaient en lui,  tempéré, pusillanime avec leurs employeurs à tous qui étaient aussi un peu les siens -  "Pas de vague, surtout pas de vague !" -, aux ordres finalement... maintenant qu'il n'est plus de ce monde, a fortiori de notre monde qu'il avait quitté il y a longtemps déjà, des voix se sont élevées au PS ainsi qu'à la droite de l'échiquier politique : Michel Rocard mériterait une place au Panthéon.

    Fichtre ! Est-ce que tous ces gens réalisent que Michel Rocard... c'est pas Jean Moulin non plus ? Un Jean Moulin mort sous la torture dans une cave de la gestapo de Lyon, alors que l'on peut être assurés que jamais Michel Rocard n'aurait donné sa vie pour la Gauche, la vraie, celle qui est capable d'une résistance acharnée contre les forces de la maximisation de l'exploitation humaine.

    Pour sûr, le Panthéon devra l'attendre longtemps, longtemps encore !

     

                     Gestionnaire scrupuleux qui connaissait bien ses dossiers, besogneux, chez lui, seuls la fonction, les diplômes importaient, et les honneurs ; éthique, travail bien fait et soif de reconnaissance ; Michel Rocard avait donc finalement tout d’un rond-de-cuir, honnête et serviable pantouflard à faux-semblant.

    D'aucuns aujourd'hui voient tantôt Valls comme héritier légitime, tantôt Macron : une compagnie de CRS, le Medef et des salariés qui n’ont qu’un droit :  s’estimer heureux d’avoir un emploi.

                  Quand on vous dit qu’il y a bien quelque chose de pourri au PS. Nul doute : le concert d'hommages au PS comme à droite qui accompagne cet homme jusqu'à sa dernière demeure médiatique, est à la mesure de toute son inaction en politique !

     

    _______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Il faut que le PS meure pour qu'une alternative politique renaisse

     

    Lien permanent Catégories : Politique et actualité 0 commentaire
  • Mélenchon and Co : le rendez-vous avec les Législatives de 2017 à ne pas manquer ?

                     Place Stalingrad à Paris, dimanche 5 juin 2016, était organisé à Paris un défilé de la France insoumise qui s'est terminé par une prise de parole de Jean-Luc Mélenchon.

     

     

                   Rassemblements, meetings, campagne présidentielle...

    In fine, on jugera Mélenchon sur sa capacité à parler à tous ceux qui, à gauche, ne veulent plus du PS - élus et électeurs confondus -, ainsi qu’aux gaullistes et à l'extrême gauche, en passant par les Verts, les dissidents du PS, les communistes et le premier parti de France : les abstentionnistes des classes populaires ; en particulier, celles issues de l’immigration et de la colonisation.

     

    ______________

     

                  Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon qui aura mis trente ans à réaliser qu'il est "de gauche" et le PS "de droite" vit sa vie d'homme de gauche, tentant d'animer le débat... ou bien plutôt, s'animant ici et là...

    Mais au fait : que sait, qu'a compris Jean-Luc Mélenchon des classes populaires, de tous ceux et celles qui votent FN, de ceux et celles qui ne votent plus ? Que sait-il des "quartiers" ?

    Député européen, force est de constater qu'aujourd'hui Mélenchon se situe le plus loin qui soit de ceux sans lesquels une gauche digne de ce nom ne peut espérer imposer un nouvel ordre politique et économique dans une Europe-instrument d'une mondialisation qui n'est qu'une guerre faite aux Etats-nations, à l'Etat- providence, aux droits des salariés, à la démocratie et la liberté d'expression.

     

                Mélenchon ici, Mélenchon là, avec les médias, manifestement il prend du plaisir ; ne ferait-il pas mieux de s'adresser aux électeurs ? Car, accepter les invitations des médias à répondre aux questions de leurs "journalistes" est vain et sans doute contre-productif... d'autant plus qu'on ne convainc personne. Jamais !

    Aussi, ce qu’il faut aujourd’hui, c’est questionner la question, puis celui qui la pose (2) et celui qui paie celui qui l’a posée. C’est sans doute le seul service à rendre à ceux qui, à l’heure d’internet, ont encore la naïveté d’attendre quoi que ce soit de la télévision en générale et de ce type d’émission en particulier.

    C'est là que l'efficacité est au plus haut ; là où chacun demeure libre de tirer les conclusions qui s'imposent ; maïeutique d'ordres politique et social au sens le plus riche, le plus complet et le plus authentique du terme, l'esprit accouchant alors d'un questionnement salutaire : que nous est-il fait, par qui, comment, pour-quoi et pour le compte de qui ?

     

    1 - Ambition tout à fait réaliste ; ce qui situerait cette force entre 14 et 17% - estimation la plus pessimiste.

    2 - Des journalistes ultra-libéraux en économie dont les salaires sont pourtant subventionnés à hauteur de millions d'euros par le contribuable : près de 230 millions d'aides d'Etat répartis sur 200 titres de presse ont été versés en 2014. De quoi leur clouer le bec à tous en les mettant face à leurs contradictions.

     

    ***

     

                      Mondialisation oblige ! Notons le fait que toutes les lois antisociales et les traités qui remettent en cause la souveraineté des peuples nous sont imposés soit au détriment d'un vote de l'Assemblée nationale (le 49.3) soit en dépit d'une consultation de l'électorat par référendum. A chaque fois, on sort du cadre démocratique.

    Le Mardi 10 mai, Jean-Luc Mélenchon a fort justement dénoncé l’utilisation du 49.3 par le gouvernement pour faire passer en force la loi El Khomri. Au moment de son retour à l’Assemblée après un passage chez les sénateurs qui, en majorité, s'oppose à son détricotage  - un projet de loi vidé de son contenu à force de compromis… ces sénateurs comptent revenir à sa version originelle -, Mélenchon a appelé les députés PS à prendre leurs responsabilités en votant la motion de censure contre le gouvernement, d’où qu’elle vienne…

    Seulement, il y a fort à parier que les frondeurs du PS en particulier - et  les Verts aussi, trop souvent dépendants du PS aux élections nationales  - refusent de remettre leur mandat de député en jeu en mai 2017 sans le soutien (l'investiture) du PS ; un PS qui ne manquera pas d'exiger de ces frondeurs qu'ils quittent le parti en cas de vote de la motion de censure au côté de la droite ; sans doute n'ont-ils pas encore compris ceci : frondeurs PS ou pas, tous sombreront en 2017 avec ce parti car tous peuvent compter sur un électorat de gauche rassemblé autour des représentants d’une gauche alternative à la Présidentielle de 2017 et aux Législatives qui s'en suivront : un électorat qui ne vote plus PS depuis trois ans déjà.

                    Faut-il rappeler que la priorité reste la reconstruction de la gauche sans le PS ? Même s’il n’est pas sûr que tout le monde ait compris qu’il doit s’agir d’une gauche d’une République refondée (ICI), accueillante aux républicains des deux rives (gaullistes). A ce sujet, le refus de Mélenchon adressé à Jean-Pierre Chevènement qui défend un tel projet augure mal pour la suite des événements à propos de cette gauche à reconstruire un peu sur le modèle du CNR : « Conseil National de la Résistance ».

    Car l'urgence est bien celle-ci : créer une force qui fera que jamais plus un Président dit de gauche et qui aura fait campagne à gauche, ne s’autorisera à nommer un gouvernement de droite ; une force capable donc de tenir en laisse cette fausse gauche qu'est le PS aujourd’hui totalement décomplexé entre les mains d’un Valls et d’un Macron...

    Une force électorale appuyée par un véritable engagement sur le terrain  - être capable de mobiliser des centaines de milliers de militants dans les rues -, car... acculé, le PS en tant que parti de gouvernement en quête d'une majorité, n'hésitera pas à faire alliance avec une partie de l'UDI et de LR.

     

                   Jean-Luc Mélenchon (ICI) a donc répondu "niet !"  à Jean-Pierre Chevènement ; à la place, il propose une "conférence internationale pour le plan B"... avec qui ? Devinez !

    Avec la Grèce (Tsipras ? Syriza ? Les dissidents de Syriza ? Varoufakis ?)  et Podemos en Espagne ; un Podemos en chute libre dans les sondages !

    Alors, c'est sûr, tout ce beau petit monde va peser lourd, très lourd sur la scène internationale ! Et Mélenchon aussi.

     

     

    2 - Le Conseil National de la Résistance était l'organe qui dirigea et coordonna les différents mouvements de la Résistance intérieure française, de la presse, des syndicats et des membres de partis politiques hostiles au gouvernement de Vichy à partir de mi-1943 et qui conduira à un vaste programme de rénovation sociale à la Libération : retraite, sécurité sociale, nationalisation, indépendance de la presse...          

     

    ***

     

                   Pour changer la donne et faire bouger les lignes, il faut tout miser sur le poids à la fois symbolique et réel de la France. C'est donc bel et bien d'une alliance patriotique et européenne qu'il s'agit ; une alliance libérée de l'axe américano-israélo-qatari-saoudien ; une alliance proche de la Chine, de l'Inde, de la Russie ; une alliance fraternelle (et respectueuse) avec l'Afrique et l'Amérique du Sud, tout en soutenant sans faille la cause palestinienne - et s'en donner réellement les moyens ! - et tout en reconnaissant à l'Iran un rôle majeur à un niveau régional et international ; sans oublier un retrait total de nos troupes et de nos agents de la Libye à l'Afghanistan, de l’Irak à la Syrie dans une région plongée dans un chaos géopolitique savamment organisé par l’axe précédemment cité. Car, en ce qui concerne cette région, c'est l'après chaos qu'il nous faut préparer : et la meilleure façon de le faire, c'est, pour l'heure, de s'en tenir éloignés.

    Aussi, que ceux qui ont mis le feu l'éteignent !

                    Mélenchon a-t-il compris que le mondialisme, notre ennemi mortel (et non la mondialisation qui relève de la technique et de la science) - cette guerre contre l'Etat nation, l'Etat providence, les salaires, le droit du travail, la liberté d'information et d'expression -, n'est ni de droite ni de gauche mais ailleurs : là où triomphe la maximisation du retour sur investissement du capital humain ; un être humain comme moyen et non comme fin.

                    Nul doute : ce mondialisme-là nécessite une autre lecture de la scène politique française ; une lecture stratégique et tacticienne.

     

     _________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Le PS doit mourir pour que la gauche renaisse

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 1 commentaire
  • Nuit debout : en être ou ne pas en être et comment ?

     

    5679083_nuitdebout-24-new.jpg

     

                      Tout a commencé le 31 mars 2016 à l'occasion de la manifestation contre le Projet de loi El Khomri dont les réformes sont exigées par la Commission européenne depuis 10 ans.

    A la fin de cette manifestation, une rumeur s'est répandue : "Et si on ne rentrait pas à la maison ?!"

    Depuis cette date, des citoyens se sont installés sur différentes places dans nos villes.  Ces rassemblements visent à réinvestir l’espace public pour échanger et débattre.

                    Un seul mot d'ordre : « la convergence des luttes », de toutes les luttes de toutes les "France" : quartiers populaires, paysans, ruraux, populations des centres-villes...

     

    ___________

     

    Emmanuel Todd et "Nuit debout"

     

    Fakir : C’est un petit truc, Nuit debout…

    Emmanuel Todd : Il ne faut pas dire ça. D’abord, c’est peut-être une petite chose mais au milieu de rien. Et ça, le fait que les médias s’intéressent à cette petite chose, c’est aussi un signe du grand vide. Les journalistes, qui certes appartiennent à des grands groupes, liés à l’argent, qui certes ne remettront jamais en cause ni l’euro ni l’Europe ni le libre-échange, mais qui sont des gens diplômés, pas toujours bêtes, ils sentent ce grand vide. Ils savent qu’ils donnent la parole à des hommes politiques méprisables, inexistants, tellement creux. Eh bien, ce qui se dit, ce qui se passe place de la République, et sur les places de province, parce qu’il faut regarder l’ouest de la France, Rennes, Nantes, Toulouse, la jeunesse des villes universitaires, ce qui se dit sur ces places, pour aussi farfelus que ce soit, ça vaut toujours mieux que ce grand vide. Et il ne s’agit pas seulement de remplir des pages, de vendre du papier…

    Fakir : Ça remplit l’âme ? C’est l’indice d’une crise métaphysique ?

    E.T. : Presque ! Et puis, pour aussi petit que ce soit, c’est peut-être un signe avant-coureur. Regardez Occupy Wall Street. Quelques mois après, je regardais les sondages qui paraissaient aux Etats-Unis, les jeunes devenaient favorables à l’Etat, à du protectionnisme. Et aujourd’hui, certes Bernie Sanders a perdu contre Hillary Clinton, mais il s’est revendiqué du « socialisme » aux Etats-Unis, et ses thèmes font maintenant partie de la campagne.

    « Il y a là une ouverture pour se débarrasser du parti socialiste ! »

    Fakir : Donc ça pourrait mener à un basculement ?

    E.T. : C’est sans doute une étape dans la maturation des esprits. Déjà, si ça pouvait conduire à un engagement simple, chez les jeunes : « Plus jamais nous ne voterons PS ! » Je me porte beaucoup mieux, c’est une libération spirituelle, depuis que j’ai fait ce serment pour moi-même. Je rêverais de la mise à mort du PS. C’est peut-être ce que va nous apporter Hollande, il y a là une ouverture pour se débarrasser du parti socialiste. Et il existe désormais un boulevard à gauche.

     

                     La suite ICI

     

     

    ***

     

                    Nuit Debout, comment ça marche?

     


    Nuit Debout - Démocratie en travaux par latelelibre

     

    ____________________

     

                    La démocratie est-elle encore représentative ?

                    L'historien Pierre Rosanvallon, dit spécialiste des mutations de la démocratie, nous livre ses réflexions :

     

    ***

                   

                       Crise démocratique avez-vous dit ?

                       Offrez donc la possibilité, l'opportunité d'un travail, d'un logement et des salaires décents à tout le monde, de réelles  perspectives pour chacun, un monde qui ne place pas la marchandise et la compétition au coeur de son identité, et vous verrez, il n’y aura plus de crise démocratique ! Place de la République, les animateurs de « Nuit debout » choisiront alors de passer la nuit couchés, dans un lit bien douillet avant de dormir du sommeil du juste, contentés, sereins quant à leur avenir même s'il nous faut bien garder à l'esprit ceci : il n'est vraiment pas certain qu'ils soient si nombreux à vouloir "renverser la table".

                       Qu'à cela ne tienne !

                      Crise de la démocratie ?

                      Pierre Rosanvallon, cette semaine, sur France Culture passe à côté de l’essentiel, incapable qu’il est d’identifier cette crise et d’en fournir une analyse pertinente, se contentant de parler de malaise mais sans pouvoir nous expliquer là où les « contre-pouvoirs » ont échoué dans leur mission, et plus important encore : quelle devait et devrait être cette mission. Rien de surprenant à cela : si sa bonne foi et sa bonne volonté ne sauraient être remises en cause, il n'en demeure pas moins que Rosanvallon est un social-démocrate, bourgeois de centre-ville à position dominante ; il sera donc le dernier à vouloir "renverser la table".

     

                      Car enfin...

                      Dans le contexte d’une mondialisation qui n’est qu’une guerre contre les Etats nations, la démocratie, l’Etat providence, les droits des salariés et la liberté d’expression – mondialisation encadrée ici en Europe par la Commission de Bruxelles avec la complicité du parlement de Strasbourg totalement  sous influence des lobbies...

    Avec la construction d’une Europe-instrument de cette mondialisation, c’est bel et bien contre un projet mondialiste liberticide et cruel qu'une vaste majorité de citoyens ne veut pas soutenir qu’aucun rapport de force ne peut être établi ; de plus, aucun recours ne peut être envisagé pour contrer ce projet puisque la quasi-totalité du corps politique et institutionnel (Matignon, Elysée, Assemblée nationale, Sénat, Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat) ainsi que tous les médias dominants de masse ou non (de TF1 à BFM-TV en passant par France Culture et Public Sénat) et le CSA, sont entièrement dédiés à la mise en oeuvre de ce projet en nous martelant avec plus ou moins de régularité qu’il ne saurait y avoir d’alternative crédible.

                     Elle est donc là, et bien là, la crise dite démocratique ou bien encore « crise de la représentation » qui n'est dans les faits qu'une "crise de la mobilisation" : l'incapacité d’opposer à ce projet mondialiste guerrier un contre-projet, ou à défaut, d’empêcher son déploiement.

                    Consumérisme, divertissement et dépolitisation, effondrement des acteurs d'une tradition de mobilisation sociale, apathie, désenchantement, retrait de la vie politique et citoyenne, dégoût, abstention massive, vote à l'extrême droite, pour cette alternative privée d'appuis institutionnel, politique et social, décidément, trop de citoyens comme autant d'électeurs potentiels, manquent à l'appel.

     

    ______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Il faut que le PS meure pour qu'une alternative politique renaisse

     

     

    Lien permanent Catégories : Politique et actualité 0 commentaire
  • 49.3 et motion de censure : Mélenchon est sans ambiguïté

     

                 Mardi 10 mai, Jean-Luc Mélenchon dénonce l’utilisation du 49.3 par le gouvernement pour faire passer en force la loi El Khomri. Il appelle les députés qui sont contre cette loi, en particulier les députés socialistes, à prendre leurs responsabilités et à voter la motion de censure contre le gouvernement, d’où qu’elle vienne, non sans arrière pensée électoraliste.

     

                Mondialisation oblige ! Notons le fait que toutes les lois antisociales et les traités qui remettent en cause la souveraineté des peuples nous sont imposés soit au détriment d'un vote de l'Assemblée nationale (le 49.3) soit en dépit d'une consultation de l'électorat par référendum. 

    A chaque fois, on sort du cadre démocratique.

     

    ____________

     

     

                 La gauche parlementaire - dissidents PS, PC et les Verts -, votera-t-elle la censure avec la droite comme le recommande Mélenchon faute de pouvoir déposer sa propre motion ?

    Les dissidents du PS et les Verts en particulier, se réfugieront-ils dans l'abstention si cette motion est déposée par la droite ? En l'absence de courage et de cohérence politiques, battront-ils en retraite par peur des représailles du PS à leur encontre ?

    Tous ont une occasion de faire tomber le gouvernement Valls et de précipiter des législatives anticipées, et sans doute aussi, une élection présidentielle avant l'heure...

    Seulement, il y a de fortes chances que les frondeurs du PS en particulier - et  les Verts aussi, trop souvent dépendants du PS aux élections nationales  - refusent de remettre leur mandat de député en jeu, et qui plus est, sans le soutien (l'investiture) du PS ; un PS qui ne manquera pas d'exiger de ces frondeurs qu'ils quittent le parti en cas de vote au côté de la droite ; sans doute n'ont-ils pas encore compris ceci : frondeurs PS ou pas, tous sombreront en 2017 avec ce parti car tous peuvent compter sur un électorat de gauche qui sera au rendez-vous à la Présidentielle de 2017 et aux Législatives qui s'en suivront : un électorat qui ne vote plus PS depuis trois ans déjà.

    Il ne pourrait bien que ces frondeurs aient fait le mauvais calcul car ils ne sauveront pas leur poste de député s'ils se re-présentent en 2017 sous la bannière PS.

    En revanche, le Front de gauche a tout à gagner dans le vote de cette motion de censure ; il fait cavalier seul depuis quatre ans ; de plus, son identité s'est construite contre le PS.

     

     

    ***

     

                 Faut-il rappeler que la priorité reste la reconstruction de la gauche sans le PS ? Le plus tôt sera le mieux. En attendant, que la droite occupe donc les places à défaut d'occuper les lieux de pouvoir ! Lieux qui sont ailleurs : à Bruxelles et à la Commission ainsi que dans les Instances internationales qui veillent tendrement sur le mondialisme : cette guerre contre l'Etat nation, les salariés, l'Etat providence et la liberté d'expression ! Dans les faits : une guerre contre l'Europe !

     

                 Oui ! Que la droite reprenne donc la main ! Dans les dix années à venir, on peut déjà prédire ceci : nombreux sont ceux qui regretteront d'être restés en politique alors qu'il était largement temps pour eux tous de prendre leur retraite car, sur les questions sociales (à ne pas confondre avec les questions sociétales), n'y a-t-il jamais autant de monde dans les rues que sous un gouvernement de droite ?

    La réponse est positive, assurément !

     

    ____________

     

    Pour prolonger, cliquez : Le PS doit mourir pour que la gauche renaisse

    Lien permanent Catégories : Politique et actualité 1 commentaire
  • Rama Yade est candidate à l’élection présidentielle

     

               Billet de blog publié en 2015

     

     

    Enquête et débat - Le cercle des volontaires

     

    Quand Rama Yade crache dans la soupe - février 2015

     

    ***

     

                      Cela fait des années que Rama Yade essaie de décrocher un mandat de députée ou de maire mais sans y parvenir car la droite des Hauts-de-Seine - là où Rama Yade souhaite faire carrière -, a décidément beaucoup de mal à lui trouver une place ; elle devrait savoir pourtant que dans ce département, les places sont chères, très chères, et pour tout le monde. Et quand on en tient une... de municipalité, de circonscription, on ne la lâche pas : on la garde. Qu'elle se renseigne donc auprès des Thénardiers de la politique que sont les Balkany, ou bien auprès d'un Devedjian ! Ils le lui confirmeront sans difficultés.

                       Radiée des listes électorales de Colombes en 2011 pour irrégularité sur sa domiciliation (Rama Yade nourrissait des ambitions politiques sur cette commune à défaut sans doute d'en avoir pour ses habitants), un temps à l'UMP, un autre à l'UDI, aujourd'hui inscrite chez les Radicaux, occupant des postes subalternes dont elle n'a de cesse de démissionner - au Sénat, à l'Unesco, à la présidence d'un parti fantôme -, manifestement la politique ne sait pas quoi faire de Rama Yade, nous non plus en tant qu'électeurs, et elle... pas davantage.

    Issue d'un milieu aisé - sa mère est professeur de lettres et son père, professeur d’histoire -, entrée en politique à partir d'aucune expérience personnelle susceptible de la "qualifier" et de lui conférer un minimum de crédibilité et d'autorité sur quelque sujet que ce soit, comme d'autres avant elle, et beaucoup d'autres encore après elle,  porteuse de rien ou de si peu, Rama Yade fait partie de tous ces gens qui entrent en politique pour ne pas aller bosser chaque matin que le salariat fait car tous savent que l'entreprise c'est le bagne et que l'argent qu'on y gagne et qui est rarement volé... l'est au prix d'une existence qui s'épuise à courir après un feu follet, celui d'une réussite qui a très vite un goût d'échec : divorce, enfants en déshérence, sur-endettement, maladies professionnelles, dépression et burn-out.

    Aussi... pas folle la guêpe ! Rama Yade n'en démord pas : ce sera "Une place au soleil, sinon rien !" Comprenez : un mandat de députée ou de maire, voire de sénatrice, dans l'Ouest parisien de préférence et si possible, auprès d'un électorat blanc issu des classes moyennes et supérieures.

    Un mandat donc....  mais deux aussi - maire et députée -, aspirant(e) cumulard(e) comme tant d'autres ! Pourquoi pas, après tout ! Et ce jour-là, ce sera le jack pot ! Pensez donc : entre 15 et 20 000 euros mensuels, dont la moitié net d'impôts !

     

                      Proche de Sarkozy et de l'Etat d'Israël (Pourquoi faire ? On se le demande bien !), elle s'accroche Rama Yade... car elle sait qu'en politique, tout arrive à qui sait attendre... même si, en attendant, dépitée, elle balance et crache dans la soupe ; et quand elle crache, on ne peut s'empêcher de penser que c'est elle qu'elle éclabousse ; ce qui nous décharge de la nécessité de devoir le faire car... de quoi vit Rama Yade aujourd'hui si tant est qu'il nous soit possible de le savoir avec exactitude et d'une manière exhaustive ?

    Eh bien, devinez !

    Elle est conseillère régionale d'île de France car, aussi déçue qu'elle puisse être, Rama Yade est quand même parvenue à gratter, mine de rien, un petit billet de 3000 euros mensuels ! Comme quoi, ces gens-là ne renoncent jamais ! A défaut de grives, ils savent manger des merles, patients mais jamais résignés.


                     Et pourtant... originaire du Sénégal, nombreux sont ceux qui auraient sans doute aimé trouver une Rama Yade militante aux côtés de la minorité noire de France, Antilles et Afrique, à soutenir cette communauté en dénonçant l'ostracisme dont elle fait l'objet et le racisme institutionnel à son endroit. Qui sait même : une Rama Yade proche du CRAN (soyons fous ! Tenez : un Rama Yade membre du CRAN ! Même si c'est pas grand-chose le CRAN) ; et plus récemment, une Rama Yade qui se serait rangée du côté de l'opposition farouche d'artistes noires contre l'expo-installation Exhibit B à Paris, qui avait la prétention de représenter le racisme négrophobe pour mieux le dénoncer !

    Là encore : rien ! Rien de rien ou si peu.


    Il est vrai que ce n'est pas le même tarif non plus ni le même salaire ; et si l'on peut sortir grandi de ce militantisme-là, la tête haute, on peut aussi trouver la paye ingrate et le temps long, puis renoncer tout à fait avant de rejoindre la foule anonyme des humiliés, une fois épuisés à force de se battre contre des moulins à vent ; sans oublier ceux qui quitteront la France ; on pensera à un Kémi Seba.

     

    ***

     

                     Mais alors, comment ne pas adresser à Rama Yade le conseil suivant faute de pouvoir lui venir en aide : "Rama, prépare un CV, prends le Figaro-emploi lundi prochain et va donc chercher du boulot ! T'es mignonne mais... arrête de courir après notre pognon ! Oui ! Le blé des contribuables que nous sommes ! Va taffer !"

     

                     Mais... serons-nous entendus ? Rien n'est moins sûr, hélas.

     

    ___________________

     

     Pour prolonger, cliquez : Les Thénardiers de la politique

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
  • Le nouveau Plouc de la conscience politique et autres...

       

                 Le nouveau Plouc est une sorte de concept "organique" ; concept appelé à se développer et à se métamorphoser.

    Attention à ne pas confondre le nouveau Plouc, tel que nous nous apprêtons à le définir, avec le Bobo qui, contrairement au Plouc, possède une sérieuse éducation supérieure, argent et pouvoir (trois attributs indissociables en ce qui le concerne) car dans les faits, ce nouveau Plouc n'appartient pas à la bourgeoisie, et par voie de conséquence, il ne peut pas être considéré comme un authentique Bobo.

    Les vrais Bobos sont finalement bien moins nombreux que les faux que sont les Ploucs qui fourmillent parmi les adhérents et les sympathisants de ce que l’on nomme depuis une bonne vingtaine d’années maintenant : la fausse gauche : PS et EELV.

              Faut-il rappeler que dans « Bobo » il y a « bourgeois » ? Or, un bourgeois occupe une place bien spécifique dans la société et en particulier, dans la chaîne de production des biens et des services ; production intellectuelle aussi (les universitaires), sans oublier le rentier-héritier ; et ce qui fait de ce bourgeois un bohème, c'est sa façon de dépenser son argent : où, comment et avec qui. Pour sûr ! Ce Bobo-là qui vote PS et/ou Ecolo est du côté de la domination car, en ce qui concerne la recherche, la production et le commandement (management), il est très proche de l’élaboration des process ainsi que de la redistribution des gains soit en tant que concepteur, ou bien en tant que maître d’oeuvre ou bien encore en tant qu’intermédiaire-parasitaire ou actionnaire.

    Quant aux faux-Bobos qui ne sont pas toujours de vrais nouveaux Ploucs pour autant, et qui oublient que pour être un Bobo il faut d’abord être un bourgeois, et que pour être un bourgeois il faut occuper une place spécifique dans la chaîne de production… ces faux-Bobos-là, souvent larbins aux ordres et simples exécutants… même bien payés, ne sont qu'une sorte de grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf Bobo... même sous régime bio.

    Et pour conclure, on se rassurera avec  ceci : on n’a jamais vu un authentique homme de gauche peiner à définir ce qu’est un Bobo : l’ennemi mortel de la gauche, une enculade assurée ;  et le nouveau  Plouc : l’idiot utile, sorte d'armée de réserve, des Bobos.

                   Mais trêve de commentaire : place au nouveau Plouc donc !

     

    ***

     

           Urbanisé et connecté, le nouveau Plouc se dit et se croit "de gauche". Bigot, ses indignations sont celles de tout le monde - indignations suscitées le plus souvent par des médias racoleurs. Sans imagination, d'une bêtise dévastatrice mais de bonne foi (1) - du moins pour la majorité d'entre eux -, courageux mais pas téméraire, la tripe sensible mais le coeur dur comme la pierre, très politisé mais moyennement informé tout en l’ignorant puisqu'il se croit au courant de tout, le nouveau plouc vote PS, EELV et quelquefois Bayrou ; il est chômeur ou cadre moyen, déclassé ou bien CSP+, universitaire (médiocre) ou ouvrier, homme ou femme, quoi qu'il en soit... le moment venu, face à ses propres contradictions, finalement bête et méchant, le nouveau Plouc, et c’est à cela qu’on le reconnaît, penchera toujours du côté de la censure et de la répression au nom même de la liberté et de la démocratie qu'il croit soutenir à bon compte et sans frais ; en effet, le nouveau Plouc ignore que soutenir la liberté d'expression est un véritable engagement et un   sacrifice : accepter ce qu'on n'aurait jamais osé ou bien désiré lire et entendre ; car... il n'y a pas de liberté, il n'y a que des preuves de  tolérance ; et le nouveau plouc en est incapable.

            Certes ! Difficile d’ignorer le fait que c’est avec de tels Ploucs que sur Internet, aujourd'hui -  et demain plus encore -, un  journal au contenu payant peut espérer prospérer (Libération, Marianne et une partie des abonnés de Médiapart) car, il faut le savoir : en France, il n'y a guère plus de 50 000 personnes déterminées à mourir debout tout en faisant face à ceux qui les exécuteront... et les exécutent chaque jour, en silence, jour après jour, dans une vie de chien ou le martyre, dans l'héroïsme et le sacrifice d'un voyage en RER à 5h30 du matin, rentré à 20h le soir, cinq jours par semaine, ou dans le retraité à 400 Euros par mois.

    Quel rapport demanderez-vous... ?

    Seul un Plouc osera poser une telle question !

     

    ***

     

                  Mais alors… qu’est-ce que pense un Plouc aujourd'hui ? La réponse, vous la trouverez dans l’énumération suivante (liste non-exhaustive établie en 2012 ; mise à jour aujourd'hui ; vous pouvez suggérer d'autres entrées qu'on ne manquera pas d'ajouter)...

                           C'est parti !

     

    Le nouveau Plouc pense qu'en dehors de l'Euro, point de salut !

    Le nouveau Plouc pense que Hollande est à gauche, Sarkozy à droite et Bayrou au centre…

    Le nouveau Plouc pense que le FN est un danger pour la République, oublieux du chômage, de la corruption, de la pauvreté et des discriminations …

    Le nouveau Plouc pense que si tout n’a pas été dit au sujet du 11 Septembre, néanmoins ce qui nous a été caché ne saurait en aucun cas remettre en cause la version officielle...

    Le nouveau Plouc pense que tous ceux qui pensent le contraire sont des conspirationnistes paranoïaques…

    Le nouveau Plouc pense que... "l'avenir ne dépend que de nous"...

    Le nouveau Plouc pense que Charlie Hebdo défend la liberté d’expression…

    Le nouveau Plouc pense que Dieudonné est antisémite ainsi que tous ceux qui vont à ses spectacles qui, soit dit en passant, n’ont jamais fait l’objet d’une interdiction légale…

    Le nouveau Plouc pense que Bernard-Henri Lévy est un philosophe...

    Le nouveau Plouc pense que l'Islam c'est bien mais que Tariq Ramadan c'est mal...

    Le nouveau Plouc pense que l’Irak d’aujourd’hui c'est quand même mieux que l’Irak d’hier tout en omettant de nous dire pour qui...

    Le nouveau Plouc pense que Daniel Cohn-Bendit est un écolo...

    Le nouveau Plouc pense qu'en Ukraine, il s'agit d'un soulèvement populaire en faveur de la liberté...

    Le nouveau Plouc pense que l'élection d'Harlem Désir à la tête du PS a fait avancer la cause des Français issus de l'immigration, de la traite et de la colonisation...

    Le nouveau Plouc pense que le Figaro est à droite et Libération à gauche...

    Le nouveau Plouc pense que l’Iran souhaite détruire Israël avec La bombe… tout en épargnant les palestiniens et le Hezbollah (une sorte de bombe atomique aux retombées aussi chirurgicales que sélectives) car le Plouc ignore que La bombe représente la seule chance pour l’Iran de ne pas finir comme l’Irak...

    Le nouveau Plouc pense que la France est la patrie des Droits de l'homme, ignorant l'Histoire de l'Angleterre et des Etats-Unis...

    Le nouveau Plouc pense que Chavez a été un affreux dictateur, bien qu’élu démocratiquement car il soutenait l’Iran…

    Le nouveau Plouc pense que Michel Onfray est un philosophe... qui plus est dissident...

    Le nouveau Plouc, surtout chômeur, pense que le mondialisme est inévitable et le protectionnisme un fléau ; même si toutes les économies "performantes" l'ont pratiqué et le pratiquent encore aujourd'hui...

    Le nouveau Plouc pense que la Libye d'aujourd'hui c'est mieux que la Libye d'hier, et là encore, sans toutefois préciser pour qui...

    Le nouveau Plouc pense que l'Afrique a souffert et souffre encore, mais que Kémi Seba est raciste...

    Le nouveau Plouc ne sait pas qu’il pense que tous ceux qui ne pensent pas comme lui doivent être censurés, bannis et interdits de communication et de diffusion... jusqu'au jour où...

    Le nouveau Plouc pense que la LICRA c'est la ligue internationale contre le racisme... et le CRIF, le représentant des institutions juives de France...

    Le nouveau Plouc pense que les Journaux de 20h c'est du journalisme...

    Le nouveau Plouc pense que l'Europe née de Maastricht et du traité de Lisbonne est la meilleure Europe possible...

    Le nouveau Plouc pense que si c'était différent ce serait pire encore...

    Le nouveau Plouc pense que Bernard-Henri Lévy (eh oui ! encore lui ! car le nouveau Plouc est un multi-récidiviste impénitent) est de gauche...

    Le nouveau Plouc pense qu’en Syrie il s’agit bel et bien d’un soulèvement populaire contre une dictature sanglante, et certainement pas de provoquer la chute d'un régime, voire... du Pays tout entier, qui n’aurait plus sa place dans le nouvel ordre mondial dominé par les USA, Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar...

    Le nouveau Plouc pense que le "pouvoir" est à l'Elysée et que... lorsqu'on s'y rend... on a de grandes chances d'y trouver un Président de la République...

    Le nouveau Plouc pense que Arte fait de la télé et du journalisme "autrement"...

    Le nouveau Plouc pense que sans le Hamas, Israël aurait consenti à la création d'un Etat palestinien, le favorisant même, depuis longtemps déjà...

    Le nouveau Plouc (journaliste ?) pense que l'élection présidentielle américaine c'est important...

    Le nouveau Plouc pense que la Russie c'est bien mais que Poutine c'est mal... car il a oublié que Poutine est russe....

    Le nouveau Plouc pense que François Hollande ne savait pas en mai 2012 ce qu'il sait aujourd'hui en mars 2015, notamment en ce qui concerne la finance et l'économie...

    Le nouveau Plouc pense que tous ceux qui, à gauche, ne pensent pas comme lui, sont dans les faits... des militants d'extrême droite infiltrés...

    Le nouveau Plouc pense que Laurent Fabius est le ministre des affaires étrangères de La France...

    Le nouveau Plouc pense qu'Obama c’est beaucoup mieux pour les pauvres en général et les Noirs en particulier, sans oublier les Palestiniens...

    Le nouveau Plouc pense que si la corruption c'est mal, elle ne concerne qu'une petite partie de la société en général et de la classe politique en particulier...

    Le nouveau Plouc pense que Christine Ockrent a été et qu'elle est encore une journaliste ; de même en ce concerne Anne Sinclair et de plein d'autres encore...

    Le nouveau Plouc pense qu’il n'est pas un Plouc...

    Le nouveau Plouc pense qu'il est de gauche et il est bien le seul...

    Le nouveau Plouc pense qu'il pense, et là aussi, on ne trouvera personne pour soutenir cette assertion...

    Le nouveau Plouc pense qu'on ne fait pas de la bonne littérature avec Sade, Céline et Drieu la Rochelle qu'il juge infréquentables car le Plouc mélange tout...

    Le nouveau Plouc pense que le Pop-art a quelque chose à voir avec l'Art...

    Le nouveau Plouc pense qu'on peut faire de la bonne littérature avec Christine Angot...

    Le nouveau Plouc pense que tous ceux qui ne sont pas de gauche sont de droite...

     

                     Et puis... en guise de conclusion toute provisoire... on l'aura maintenant compris :

              Ce nouveau Plouc n'a rien de commun avec l'ancien. Plutôt sympathique et loin d'être aussi crédule et ignorant, aujourd'hui, cet ancien Plouc force le respect.

     

    _____________________

     

    1 - Distinction majeure car cette bonne foi protège le nouveau Plouc de cet autre concept : le nouveau Salaud (ou le "faux plouc") de mauvaise foi et cynique, généralement proche de ce qu'on appelle l'Empire : une coalition deWall-Street, de la City, du FMI, de la Banque Mondiale, de la Commission européenne, USA, Israël, Qatar et Arabie Saoudite : racket, chaos, bombardement, intimidation et domination.

     


    Michel Fugain - Les gentils & les méchants

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
  • "Qui est Charlie ?" un ouvrage d'Emmanuel Todd

     

                   Le 5 Janvier 2015, un hommage a été rendu aux victimes de la rédaction de Charlie Hebdo en Janvier 2014 ; les commémorations se poursuivent cette semaine encore. Faut dire que... " Quand on ne fait plus l'Histoire, on la commémore" - Régis Debray

    _____________

     

     

    Billet de blog publié en mai  2015

     

     

              Que la stupeur et l’effroi des tueries de Janvier dernier nous aient privés d’analyses susceptibles de nous aider à sortir d’une confusion à la fois politique, sociale et intellectuelle, cela était plus que prévisible.

    Les médias, les premiers, ainsi que la classe politique, n’auront pas résisté longtemps à la tentation de faire taire ceux qui, héroïques, auront pris sur eux, au risque du mépris, de la relégation, voire de l’excommunication, de garder leurs capacités de discernement intactes, tripe sensible mais tête froide, face à des événements dramatiques et face à ce qui restera comme le plus important rassemblement de l’histoire moderne du pays : plusieurs millions de "Je suis Charlie" dans les rues des principales villes de France.

    Après les questionnements passés quasiment inaperçus dans les médias de masse de  Frédéric Lordon et d’Alain Badiou à propos de ces événements et du slogan "Je suis Charlie", c'est au tour d'Emmanuel Todd de "sortir du bois" avec son dernier ouvrage : « Qui est Charlie ? ».

     

    ***

     

             CQFD : "Ce livre, c’est aussi la révélation du rôle du PS dans la destruction de la République.”

     

              En ce qui concerne les causes qui ont conduit à la mobilisation massive du 11 Janvier 2015, Todd évoque une crise religieuse car, pour Todd, c’est lorsqu’une religion disparaît qu’il faut la prendre au sérieux : l’effondrement du catholicisme dans les années 60.

    Le spirituel, tout comme le temporel, a le vide en horreur. Chassez le spirituel et il revient au galop ! Mais sous quelle forme ? Todd évoque alors une France laïque, voire laïcarde, une France d'une classe moyenne privée de religion et de transcendance qui vote sans doute majoritairement PS unie autour d’un bouc émissaire : les classes populaires en général et les Musulmans en particulier sur-représentés au sein de ces classes ; et c'est l'assaut meurtrier des locaux de Charlie Hebdo qui servira d’exutoire contre l’Islam, une religion qui, en France, n'est pas que symboliquement la religion des dominés et des plus faibles économiquement ; une religion qui est sans doute la seule fierté d’une grande partie de ses pratiquants et des non-pratiquants issus de cette culture.

              "l'Islam, cette religion qui ne veut pas mourir !"  ; 'L'Islam cette religion qui menace notre identité !"

    Tout le monde s'y retrouvera donc ce jour-là : les athées, laïcs et laïcards qui n'ont plus de religion ; mais pas seulement car, comme on pourra le voir plus loin, il manque à ce bouquet garni quelques arômes, et pas des moindres.

     

     

     

              Todd oppose un contenu latent qui force une approche à la fois sociologique et psychologique à un contenu manifeste : ce qui est explicité par les intéressés eux-mêmes - les "Je suis Charlie" rassemblés dans les rues le 11 janvier dernier -, avec l’appui de tous les médias dominants et le grand cirque et barnum de la politique et du showbusiness.

    Dans sa traduction et sa transposition politiques, Todd nous donne à penser à une sorte d’union sacrée contre le Musulman et les classes populaires rurales et péri-urbaines - "les banlieues" en priorité -, absentes des défilés de ce 11 Janvier 2015. Ce qui s’avère être juste dans les faits puisque ce sont ces classes et ce Musulman en particulier qui souffrent le plus du mépris des médias et plus récemment du PS sous l'influence d'un Manuel Valls (1).

    Tous se retrouvent alors autour d’un projet anti-égalitaire ; la présence du PS dans ce projet est tout à fait cohérente : que l’on pense un instant que les inégalités ne se sont jamais aussi bien portées sous un gouvernement et une présidence PS depuis 1983) ; un PS composé de "catholiques zombies" ; comprenez : des "catholiques" privés de leur religion depuis deux générations.

     

    ***

     

             Si l’exposé de Todd se défend et se tient, reste que notre démographe-historien-sociologue oublie d’être un peu plus explicite. Courageux mais pas téméraire  Todd ? Car, cette union sacrée a pour point nodal un soutien électoral inconditionnel par le "vote PS" principalement, à toutes les politiques à la fois économiques et militaires développées par les USA et une Europe supplétive depuis les événements du 11 septembre 2001 ; ce qui se fait appeler "La guerre mondiale contre le terrorisme", de l’Afghanistan à la Libye, en passant par l’Irak, se soldera par près de 3 millions de morts Musulmans, embargo irakien non inclus. Bilan provisoire puisque cette "guerre" qui est loin d'être gagnée - et ce n'est pas le but non plus -, ne connaîtra sans doute aucune fin.

    Faut dire que le chaos a des vertus qu'une morale humaniste ignore.

    D'autre part, avec l'introduction du concept de "catholique zombie", là encore, Todd botte en touche pour ne pas avoir à nommer les choses et les gens ; Todd passe à côté des véritables enjeux car... en ce qui concerne l'islamophobie, sa mise en scène, son déploiement, son entretien et son écho dans les médias de masse, difficile de ne pas constater que cette campagne a pour principales têtes d'affiche un grand nombre, sinon la totalité, des "leaders" médiatiques juifs et/ou sionistes : E. Lévy, E. Badinter, E. Zemmour, Finkielkraut, BHL, Goldnadel, Prasquier, Cukierman, Klasfled-fils, Glucksman père et fils et Taguieff (2); tout en précisant qu'à ce sujet, il semblerait qu'un rapprochement se confirme entre ces leaders communautaires et le Front national ; rapprochement contre les Musulmans et l'Islam au service d'une islamophobie qui n'est dans les faits que le nouveau visage de la "vieille" haine raciste anti-arabe ; et c'est plus récent (une trentaine d'années) : haine envers les activistes pro-palestiniens issus de l'immigration arabo-musulmane ainsi que contre nous tous, d'origine européenne, occupés à soutenir cette cause.

     

     

     

     

    1 - Quand le PS vote les pleins pouvoirs à Manuel Walls, c'est l'histoire qui bégaie : celle d'un certain 10 juillet 1940.

    Après la tragédie, la farce... parce... bon, le niveau n'est pas le même non plus : Charles Maurras et le Front populaire... ensemble pour tenter de "modérer" et d'amadouer l'Allemand aux portes de Paris en leur offrant Pétain comme interlocuteur-sauveur, c'est quand même autre chose que le Maire d'une commune sans importance, aujourd'hui premier ministre... grenouille qui n'en finit pas de vouloir se faire aussi grosse que le boeuf.

     

    2 - Mais alors, qu'est-ce à dire ? L'islamophobie délirante et obsessionnelle chez ces "Juifs médiatiques" serait donc l'équivalent d'un antisémitisme tout aussi forcenée ? Sorte de haine-miroir ?

    _________________________

     

    "Je suis Charlie" : phénomène religieux ?

     

              Une conférence de Michel Drac à propos de l'ouvrage de Emmanuel Todd.

     

     

    Pour prolonger, cliquez : le PS doit mourir pour que la gauche renaisse

    Lien permanent Catégories : Attentats, terrorisme, Charlie..., Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, Politique et actualité 0 commentaire
  • En attendant Tulle : Jarnac, cinq minutes d'arrêt !

     

     

    François Mitterrand : 20 ans déjà

    _______________________

     

             

                Paris, gare Montparnasse : nous sommes jeudi, il est 7h. Départ TGV en direction d’Angoulême avant un changement et un TER vétuste et bruyant. Et puis... quatre heures plus tard...

     

    actualité,politique,justice,ps,hollande,jarnac,mai 81,mitterrand,président,social,société,uleski

     

    Bienvenue à Jarnac ! 

    Ville d'origine contrôlée, côtés Cognac et Pineau, 5000 âmes à peine, et une Histoire comme toutes les autres communes de la région, et de beaucoup d'autres régions encore, de la pré-histoire à aujourd'hui.

    Un petit couac néanmoins : Jarnac rime avec arnaque ; quant à la truffe des Charentes… la truffe...

    Des truffes ?..................

     

    ***

     

     

                    Laissant la gare derrière moi, j'ai remonté à pied l'avenue Carnot par un temps froid et humide, puis tout droit après le pont de la Charente, fleuve calme et docile qui prend sa source là où on lui dit et, comme tout bon fleuve qui se respecte, termine sa course dans la mer : l’Atlantique pour ne pas la nommer. 

    J'ai réservé une chambre à l’hôtel Ligaro ; un hôtel situé dans une vieille maison charentaise à deux pas de la mairie. Je suis descendu seul, aussi je ne me refuse rien : pension complète à 300 euros-jour ; les repas seront servis au Restaurant du château, non loin de là, à 200m.

    Un détail néanmoins. Oh ! Trois fois rien ! De ce côté-ci de la ville, à mon arrivée, les rues étaient désertes : pas une âme qui vive.

    Avant d’aller là où je comptais me rendre comme tant d’autres avant moi, et comme tant d'autres après moi, plus nombreux encore, j’avais prévu un petit détour par le quai de l’Orangerie, au numéro 10 plus précisément. Un musée consacré à qui vous savez faisant face à la Charente m’y attendait. En revanche, personne n’était là pour m’accueillir à l'entrée et tout semblait abandonné : porte éventrée, volets fermés, pas d’électricité, pas de lumière mais une odeur. Oui ! Une odeur...

     

    actualité,politique,justice,ps,hollande,jarnac,mai 81,mitterrand,président,social,société,uleski

     

    A peine entré, j'en suis très vite resorti intrigué et déçu.

     

                D’un pas décidé, j’ai emprunté la rue du Chail, avant de me retrouver face à la maison natale de celui que l’on ne peut plus nommer sans éprouver une colère à peine maîtrisable, pour ne rien dire de la rage qui peut nous emporter tous autant que nous sommes, et ce à tout moment. Levant la tête, je me suis rendu compte que le toit de la maison avait été soufflé, les volets arrachés, les vitres brisées... et cette odeur, la même odeur, une odeur… mais comment dire ?

    Inquiet maintenant, faisant demi-tour avant d'emprunter la 2e rue à droite en direction du cimetière des Grands-Maisons situé dans le quartier du même nom, là où se trouve la sépulture de celui qui s’est fait un jour élire Président de la République française, c'était en Mai 1981, qu’elle n’a pas été ma surprise : une longue file d’attente obstruait les trottoirs et la rue qui mène au cimetière, ainsi que son entrée.

    Des centaines ils étaient ! Sortant de ma poche une fausse carte de presse, accompagné de la gardienne des lieux, j’ai pu me frayer un passage jusqu’à la sépulture tant convoitée ; et toujours cette odeur, la même, maintenant insupportable. Et devinez quoi ?

     

    actualité,politique,justice,ps,hollande,jarnac,mai 81,mitterrand,président,social,société,uleski

      

    Dans un défilé ininterrompu, jeunes, vieux, hommes, femmes, blancs, noirs, bruns, jaunes (rouges et verts !), chacun y allait de son crachat ! Oui ! Au passage, devant l’entrée du caveau, tous crachaient d’un crachat épais et lourd, du fond de la gorge, bien profond, après un raclement rhino-pharyngé de tous les diables. Et tous attendaient leur tour dans le froid et l'humidité, patiemment, anonymes, silencieux, mais déterminés.

    Des milliers de crachats depuis le début de la matinée m’a fait remarquer la gardienne ! « Sans doute, des millions de crachats en cumul depuis son décès », ai-je ajouté. Coloré, aqueux, gluant et muqueux, nez, gorge… tous mettaient un point d’honneur à le faire descendre ce crachat comme pour mieux le faire remonter . Poumons, bronches, de leurs crachats à tous, translucides ou opaques, seuls importaient le poids, la cible, la puissance d’expulsion et la force de projection : « Le glaire… contre le glaive de la finance, du profit sans retenue et de l’humiliation » m’a susurré à l’oreille un homme bien mis qui attendait calmement son tour.

    La gardienne du cimetière censée pourtant surveiller les lieux et veiller au respect du règlement me l'a confirmé : les crachats n'ont jamais cessé, et ce dès les premiers jours ; les médias en ont parlé un moment, puis plus rien afin d'éviter une trop grande publicité, sur instruction de l'Etat et d'un commun accord et puis... connivence oblige ! La SNCF, elle, a refusé de fournir les trains supplémentaires qui étaient demandés (une fois n'est pas coutume ! En 40, la SNCF se faisait moins prier !) ; la police quant à elle, a très vite renoncé à intervenir.

    C’est donc dans l’indifférence la plus totale que des centaines de milliers, d’hommes et de femmes - voire des millions -, faisaient ce voyage à Jarnac depuis des années ; voyage en train, en voiture, en autocar, à pied, en auto-stop, à moto, à vélo, à dos d'âne et charrette à bras ! Ils venaient de toute la France, seuls ou accompagnés, en famille parfois... le dimanche ; d'autres d'Afrique noire, d'autres encore, du Maghreb, et tous sans exception y crachaient tout leur saoul avant de quitter le cimetière et la commune discrètement sans demander leur reste car, si tous avaient soutenu l’entartage des années 80 et 90 destiné aux facétieux et aux tartuffes de la conscience humaine, tous étaient maintenant partisans d'une approche plus radicale.

     

                  « Un crachat sur la tombe de celui qui a démissionné devant les puissances de l’argent et de la guerre, et ce faisant… a abandonné l’idée que l’on se faisait de la Gauche ? » me suis-je aventuré à suggérer à l’un d’entre eux…

    D'un simple regard, un jeune homme acquiesça.

     

                   « Cent crachats sur 60 ans d'une vie politique au cours de laquelle on s'épuisera à chercher ne serait-ce qu'un seul acte courageux ? »

    Et puis encore...

                     "Mille crachats sur la sépulture de celui  qui a fait d’une gauche dite de gouvernement  qui ne se résume plus aujourd'hui qu'au PS et à quelques écolos égarés dans la poursuite d'une carrière sans honneur, un beau tas de lâchetés munichoises ? Vraiment, on ne peut pas cacher d'où l'on vient : après la Francisque !...» ai-je surenchéri…

     

    On me fit "oui" de la tête ; une jeune femme, jeune et bien mise.

     

                     « Des millions de crachats pour nous avoir tous livrés en pâture, traité après traité, à une Europe qui n'a jamais fait qu'un seul choix depuis Maastricht : celui d'un moins-disant social, culturel, intellectuel et moral ? »

    Pareillement, cette suggestion recueillit la même approbation mais d’un vieillard cette fois-ci ; un vieillard encore vigoureux de cœur et d’esprit.

     

                 Pour mon information, dans un souci d’exhaustivité qui l’honore, la gardienne a tenu à mentionner la présence d’un crachat dit « rectal » : assurément, la nuit, on fait le mur ; et au petit matin, on trouve les lieux souillés ; l'urine aussi semble y avoir trouvé toute sa place auprès de ce caveau. Inutile de préciser que la coupe était vraiment pleine pour cette gardienne de cimetière reconvertie malgré elle en Madame-pipi. « Ce n'est plus une sépulture mais une porcherie ! Et quelle porcherie ! Même les chiens viennent y faire leurs besoins ! Et cette odeur ! Ah ! Cette odeur, mon Dieu ! »

    Urine, excréments…cette odeur qui n'avait pas cessé de m'indisposer tout en me guidant, m'ouvrant pour ainsi dire la voie, c'était bien évidemment l'odeur du fumier ; ce qui explique un centre ville désert : les habitants de Jarnac se terrent chez yeux tout en se bouchant le nez depuis des mois sans doute.

    On ne le dira jamais assez : si d'aucuns meurent d'une mort qui les illuminent (Hugo, Jaurès), d'autres crèvent d'une mort qui n’a rien à envier à celle des rats quand ils descendent le fil de l'eau, le ventre à l'air, accompagnés d'une nuage de mouches et d’une odeur qui ne trompe maintenant plus personne. Terrassés d’effroi, un seul recours alors pour les croyants : se signer au plus vite. Pour les autres...

     

    *** 

     

                  En quittant les lieux, sur le chemin du retour, crachant tout du long (ne voulant pas être en reste, et puis... juste pour être sûr !), comme je rentrais à l'hôtel, une certitude est venue et ne m’a plus quitté : après Saint-Jacques-de-Compostelle, Lourdes - d'autres mentionneront la Mecque -, ce sont bien avec le pèlerinage de Jarnac ainsi qu'avec tous ces crachats-là qu’il faudra désormais compter ! Oui ! Chers frères et chères soeurs ! Notre salut à tous viendra de lui, et de lui seul ! De ce crachat car c’est toute notre dignité d'hommes et de femmes de gauche que l’on retrouvera alors à Jarnac, en attendant Tulle, pour y être allés, et plus important encore, pour y avoir craché tout notre mépris et notre colère, et puis aussi... la gorge en feu, la gorge desséchée, pour en être revenus assoiffés de justice, le coude bien haut ! 

               Alors oui, Jarnac ! Cinq minutes d'arrêt, et tout le monde repart : destination Tulle.

    ________________

     

    Lien permanent Catégories : Politique et actualité 0 commentaire
  • Le cas Taubira

     

    politique,actualité,société,christiane taubira,garde des sceaux,ministre de la justice,ps,élections présidentielles de 2017

            « Après avoir assuré mardi 22 décembre à la radio algérienne que la déchéance de nationalité ne serait pas retenue dans la Constitution, Christiane Taubira a subi l'humiliation du désaveu public ce mercredi 23 après le Conseil des ministres. La déchéance de nationalité est maintenue. Elle ne démissionnera pas. Mieux, elle la défendra devant le Parlement. »

                                  Médiapart le 23 décembre 2015

     

     

              Volte-face de François Hollande et de Manuel Valls... à cette pauvre Christiane Taubira, ils lui auront vraiment tout fait et elle aura tout avalé sans en perdre une goutte ! Alors qu'il y a une semaine, la non-introduction dans le projet de loi constitutionnelle de la déchéance de nationalité pour les personnes nées en France était acquise.

    Christiane Taubira garde néanmoins le sourire, à l'aise, Blaise ! La déchéance de nationalité est donc maintenue, Christiane Taubira devra la défendre devant le Parlement et vivre son naufrage politique et moral jusqu'à la noyade comme d'autres de boire leur vin jusqu'à la lie.

     

    ______________

     

                                 Le cas Taubira

     

                Brillante candidate à la présidentielle de 2002, une tête bien faite et bien pleine, des convictions qui ne sont pas simplement des humeurs (celles de tout le monde) ni un positionnement ethnique et démagogique ou plus simplement carriériste...

    Rapporteuse de la loi du 21 mai 2001 qui reconnaît enfin que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien constituent un crime contre l'humanité…

    Garde des Sceaux, star du gouvernement Ayrault, si Christiane Taubira est en politique un de nos derniers intellectuels engagés, dans les replis sinueux de son cortex cérébral, de circonvolution en circonvolution, Christiane Taubira n’a de cesse de creuse son sillon ; toujours le même depuis qu’elle a été nommée à son poste de garde des sceaux ; il a pour nom : solidarité gouvernementale.

    De la solidarité au renoncement, du renoncement à la soumission, de la soumission à l'asservissement, rappelons qu'il n'y a parfois qu'un pas... d'autant plus que le ministère de Madame Taubira se trouve tout près de l'Elysée et de Matignon, là où elle reçoit ses ordres.

    politique,actualité,société,christiane taubira,garde des sceaux,ministre de la justice,ps,élections présidentielles de 2017

                N'oublions pas ceci : bien avant les péripéties à propos du projet de loi constitutionnelle et de la remise en cause du "droit du sol" qu'il implique, on pouvait déjà assister aux manifestations de flics dans les rues, à des avocats faisant la grève de l'aide juridictionnelle ; plus tôt en février de cette année, des enfants et leurs parents ont été arrêtés à l'occasion d'une traque contre les "anti-Charlie" ;   une mineure de 14 ans a été mise en examen pour apologie du terrorisme ; un adolescent de 16 ans a été placé en garde à vue ; un homme de 34 ans, qui avait fait l'apologie des frères Kouachi lors de son arrestation en état d'ivresse ; ainsi que des dizaines de procédures ouvertes pour "apologie" du terrorisme.

    Vint ensuite la confirmation par la Cour de cassation du caractère illégal de la campagne BDS (boycott d'Israël) ; les persécutions judiciaires de Dieudonné et d'Alain Soral qu'aucune justice en Europe se cautionnerait ; des « affaires » qui n'avancent pas (comme si l'Etat PS gardait sous la main l'épouvantail Sarkozy avec celui de Marine le Pen) ; et toujours des policiers et des gendarmes acquittés à propos de bavures avérées, des prisons surchargées et toujours une justice sous financée ; des syndicalistes mis en examen, et aujourd'hui même : condamné pour contrôles au faciès, l'Etat se pourvoit en cassation alors que François Hollande s'était engagé à lutter contre ce type de contrôle lors de sa campagne présidentielle.

    Le ver était dans le fruit, très tôt.

    Aujourd’hui c’est l’état d’urgence décrété par Hollande dans la nuit du 13 au 14 novembre dernier qui vient assombrir le tableau avec des assignations à résidence d’écologistes considérés dangereux, des perquisitions par centaines sans résultats et des interdictions de rassemblements et de manifestation... Christiane Taubira, infatigable Garde des sceaux, la ministre "J'y suis bien, j'y reste !" persiste et signe : souriante et enjouée, elle demeure.

     

    politique,actualité,société,christiane taubira,garde des sceaux,ministre de la justice,ps,élections présidentielles de 2017

               Et c'est alors que... pas à pas, sans éclat ni tapage, par la petite porte, porte de derrière pour ainsi dire... mois après mois, année après année, on s’y traîne, debout mais couché, lentement mais sûrement, de flatterie en flagornerie, alléché par l’odeur d’une promesse de reconnaissance au sein du grand barnum politique et sociétal... et puis, par un beau matin, on retrouve ses chaînes, le bruit de son cliquetis et son entrave, celle dont on croyait s’être débarrassé.

    Et c'est alors que l'intéressée ira jusqu'à tenir le fouet qui punira ses congénères. Et c'est aussi l'indépendantiste guyanaise qui échange son lexique et son codex de militante des droits des Peuples à disposer d'eux-mêmes contre une langue de bois au service de la domination du plus fort sur le plus faible : l'élève a dépassé le Maître.

    politique,actualité,société,christiane taubira,garde des sceaux,ministre de la justice,ps,élections présidentielles de 2017

     

    Mais alors, esclave un jour, esclave toujours ?

    « Django » le long métrage de Quentin Tarantino sur la traite, nous en donnera quelques exemples aussi hilarants et savoureux que pathétiques car, dans ce monde de la traite, de l’esclavage et des plantations, "le nègre domestique", nègre de l'intérieur, qui bichonne le maître, le pomponne, s’assure de son bien-être, de la propreté des lieux et de l’excellence des mets qu’il trouvera dans son assiette, sait que la force est du côté des Blancs esclavagistes et négriers ;  sa sécurité et prospérité aussi quand il est promu au rang de Major d’homme. Dans ces conditions, mieux vaut, à ses yeux, être le domestique du Blanc au 19e siècle que son salarié "libre" cent ans plus tard, à trois dollars de l’heure.

     

                   D’autre temps, d’autres mœurs… soit !  Mais quand on sait qu’aujourd’hui personne n’ est contraint à ce déshonneur - et sûrement pas Madame Taubira -… sinon par désoeuvrement, orgueil et vanité ; encore et toujours la vanité ! Que dire alors ?

    Frantz Fanon, Aimé Césaire et Edouard Glissant  (auteurs cravatés qui n’ont fait finalement que servir la langue des maîtres) dont Christiane Taubira se réclame, ont donc échoué : leur littérature ne l’a pas aidée à penser les dangers de la compromission et le piège qui se referme sur la victime qui choisit de servir son bourreau : celui d'hier, d'aujourd'hui et de demain ; celui qui est du côté du manche ; bourreau de toujours qui vous domine des pieds à la tête, entre deux sourires, deux tutoiements, deux embrassades : Judas père et fils. 

    Autant pour la vigilance de Madame Taubira qui avait pourtant tous les atouts en main – intelligence, talent, culture -, pour démasquer un tel stratagème. Car si le pouvoir corrompt, le pouvoir « privé du pouvoir de dire non et de lui tourner le dos » rabaisse et avilit ; on quitte alors son fauteuil débiteur et sale… endetté à vie.

    Aussi, à propos de la relation du PS avec Christiane Taubira, force est de conclure ce qui suit : ce parti n'a pas son pareil lorsqu'il s'agit de salir celles et ceux dont il loue les services le temps d'un passage dans un de ses gouvernements iniques dont il a le secret ; il exigera tout d'eux qui, sur le plan de la morale, de l'éthique et de la rigueur intellectuelle, y laisseront tout ce qu'ils possédaient avant d'y entrer.

    Prêtez-leur un bras et main forte, et c'est tout votre corps, corps et âme, que vous y abandonnerez car, c'est maintenant bien établi : on sort manchot, cul-de-jatte, lobotomisé et sale - en d'autres termes : discrédité - d'une collaboration, même éphémère,  avec un parti qui cultive comme aucun autre, le mépris courtois et sournois envers ceux qui le servent, sans doute à cause d'une trahison politique qui lui sied si bien depuis trente ans !

    Après leur départ, reste alors pour tous ceux qui ont un jour succombé à l'appel du PS à se faire oublier au plus vite dans le confort d'une retraite rondelette ; et pour ceux qui auront gardé un minimum de conscience morale... retraite amère qui ressemble étrangement à une cavale : rompre tout contact avec son passé tout en renonçant à une vie sociale digne de ce nom.

     

    politique,actualité,société,christiane taubira,garde des sceaux,ministre de la justice,ps,élections présidentielles de 2017

              Mais alors... est-ce un hasard si ce destin sacrificiel qui ressemble fort à une crucifixion touche en priorité des Français qui appartiennent à des minorités visibles ?

    On pourra longtemps s'interroger sur le fait que le PS ait pu confier à Christiane Taubira un projet de loi aussi clivant et controversé que "Le mariage pour tous" ou bien une réforme pénale aussi ambitieuse que controversée. Doit-on y voir là, une fois encore, un désir du PS de gonfler les scores du vote FN avant de l'instrumentaliser à la prochaine présidentielle de 2017 ?

    Ah ! Mépris quand tu nous tiens.....................   Harlem Désir (il sera le premier), Malik Boutih, Najat Vallaud-Belkacem et maintenant Christiane Taubira...

    Même en politique, on leur confie le sale boulot.

     

    ***

     

    politique,actualité,société,christiane taubira,garde des sceaux,ministre de la justice,ps,élections présidentielles de 2017

                   La pire des choses pour un être humain c’est de mal vieillir car, on ne devrait jamais vieillir comme on ne devrait jamais cesser de hurler ! Tous devraient alors pousser leur cri puis mourir tout de suite après pour mieux laisser résonner ce cri.

    Attention des médias, confort matériel, prestige de la fonction, à ce sujet, on reprochera à ChristianeTaubira d’avoir tué ce cri pour une bataille de chiffonniers de mauvaise foi à l’Assemblée nationale le mercredi au moment des questions de gouvernement, tout en ayant la faiblesse ou la fourberie de croire que cette bataille valait une seconde d’attention et une seule journée d'investissement.

    Christiane Taubira, une authentique femme de gauche dans un gouvernement de droite aura accepté de gérer, durant cinq années, la pénurie d’un budget d’une justice à 60 Euros par tête d'habitant, le plus faible d’Europe…

    Une femme politique Christiane Taubira, faite pour le combat politique mais sûrement pas destinée à occuper un poste de ministre car, si la politique c’est un métier dans une démocratie squelettique, être ministre c’est la poursuite de cette carrière politique par d’autres moyens ; ne rien faire, attendre, sourire, s’agiter, ménager la chèvre et le chou puis frapper très vite et fort au bon moment : ascension assurée.

    Mauvaise fille, ChristianeTaubira n’a fait finalement que donner des coups de pieds dans les tibias de tout le monde, renonçant très vite à mener jusqu’au bout une réforme dès les premiers coups de sifflet de l'Elysée et Matignon qui annoncent la fin de la partie en attendant la prochaine.

    Ministre militante mais impuissante, c’est alors que l’on développe un comportement de petit chef, puis de capot, la boucle bouclée.

    Christiane Taubira avait une opportunité de quitter ce gouvernement d'une présidence de la honte et du ridicule, au moment de l’arrivée de Valls ; son erreur, sa faute sera d’être restée ; ce qui la condamne déjà. D’autres ministres avaient compris qu’il fallait quitter ce gouvernement de renégats ; elle s’est obstinée : la peur du désoeuvrement suite à un retour à la vie civile ?

     

               Dans ces conditions, comment alors ne pas souhaiter que Christiane Taubira se fasse oublier dès 2017. Un retour à la Guyane peut-être auprès d’une population qui n’a pour seule avenir que le RSA. Tout le monde a le droit à la rédemption. Espérons qu’elle ira la chercher et qu’elle trouvera cette rédemption auprès des déshérités de l'Outre-mer, abjecte dans son organisation économique, et par voie de conséquence, dans son organisation sociale.

     ____________

     

    Pour prolonger, cliquez : continuer de porter la crise au coeur du PS

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu