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Art et culture

  • Le cinéma de Joël Séria

     

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              «  Ne nous délivrez pas du mal », « Charlie et ses deux nénettes », « Les Galettes de Pont-Aven », « Les deux crocodiles »,  « Comme la lune »...

    Le cinéma de Joël Séria, cinéma des années 70 et 80, c’est tout ce que l'on ne peut plus aujourd'hui faire, dire et montrer sans passer pour un affreux jojo machiste, misogyne, franchouillard et beauf...

    Ce qu’on pourra vivement regretter.

     

                Absent des rediffusions télévisées, mais alors, ce cinéma de Joël Séria a-t-il été oublié ?

                Cinéma truculent, cinéma de la vie que l'on prend comme elle vient ... cinéma les deux pieds sur terre et la tête dans les nuages, cinéma de l'absolu, extravagant, proche d'un Bertrand Blier ou d'un Mocky mais tellement plus riche, plus "documenté", plus ambitieux aussi... Joël Séria a tout inventé, ou presque, de son cinéma.

     

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                 Né en 1936, élevé en Anjou, le cinéma de Joël Séria c’est un portrait de notre province française, et parfois... d'une France profonde, dont il ne reste plus dans son évocation et dans sa représentation que l’image qu’en donneront la troupe de théâtre Les Deschiens dans les années 90.


    Cette province, Joël Séria la parcourt avec tendresse, amour et passion car, le cinéma de Joël Séria, c’est la célébration de cette province héroïque qui n’a pas vraiment connu le Mai 68-estudiantin ; une province qui s’est « libérée toute seule » ; province des cours de fermes et des maisons villageoises qui donnent sur la rue… une province que Paris ne parviendra jamais à appréhender car jamais cette province-là ne se laissera mettre en bouteille.


                  Cinéma anti-Claude-Sautet, cinéma anti-Truffaut dont le cinéma "costume cravate" de petits bourgeois de centre-ville peine aujourd’hui à nous enthousiasmer, à l’exception peut-être de « Les quatre-cents coups » et « l’Enfance sauvage » en ce qui concerne Truffaut... l'oeuvre de Joël Séria, auteur, réalisateur, dialoguiste, ne doit rien à la littérature ou aux faits divers ; un vrai tour de force en soi.

    VRP, dépanneurs en électroménager, commerçants itinérants, bistrotiers, si la politique est absente des films de Joël Séria, pour Joël Séria en Bergman rabelaisien, les troubles de la société ne sont qu’une grande et vaste scène de ménage ; scène de la vie conjugale ; on se rabiboche, on pardonne ; on se sépare ; on revient  : le plus heureux n’est pas toujours le plus avisé mais bien plutôt celui ou celle qui accepte de ne pas tout savoir, de ne pas tout comprendre, de ne pas tout dominer, comme pour mieux se laisser porter et guider, quitte à se faire "rouler dans la farine" car, on a confiance a priori ; même si a posteriori, on se voit dans l'obligation de réviser son jugement tout en continuant néanmoins d’espérer car la déception et la trahison font partie de ce voyage qu’est la vie, de vie à trépas ; et si on ne meurt jamais dans le cinéma de Joël Séria, jamais vraiment, c’est sans doute l’amour du réalisateur pour ses personnages et ses acteurs qui leur garantit cette immortalité.

     

                  Certes, chez  Joël Séria, entre les hommes et les femmes, la bataille est rude ; ils ne se font pas de cadeaux même si jamais la rupture n’est consommée : c’est la comédie de la vie, comédie à l’italienne aussi ; et si les cons sont flamboyants, grandes gueules, sûrs d’eux-mêmes, ils restent modestes finalement…car ils ne prétendent qu’à un peu d’attention ; loin d’eux l’idée de dominer le monde  car enfin, nul n'ignore que l'on ne doit et qu'on ne peut compter que sur soi et sur ses proches, tout proches car seule la proximité vous sauve.

    Belle leçon pour notre époque.

    Mais cons, le sont-ils vraiment  tous ces personnages attachants, le plus souvent masculins ? Ne sont-ils pas plus simplement occupés à continuer de prendre leurs rêves pour la réalité car il faut le savoir : les personnages de Joël Séria, hommes et femmes, rêvent encore, rêvent toujours ; c’est comme une seconde nature chez eux.

                  Il est dit que, jeune adulte, Joël Séria était monté à Paris pour devenir poète ; sans doute ne savait-il pas qu’il l’était déjà et qu’il n’avait donc pas à le devenir car on ne devient pas poète, on l’est et on le demeure jusqu’à sa dernière illusion, illusionniste de son état.

    Qu’à cela ne tienne : Joël Séria n’aura rien perdu puisque…  film après film, notre réalisateur aura fait de son acteur fétiche, Jean-Pierre Marielle (ainsi que Bernard Fresson venu en soutien), son alter égo, un poète généreux et habité ; et de Jeanne Goupil : sa compagne pour la vie.

     

    ***

     

                Cinéma pas si populaire que ça finalement que l’œuvre de ce réalisateur ! puisqu’il faut bien le reconnaître : le cinéma de Joël Séria semble destiné en priorité à ceux qui souffrent d’une indigestion de cinéma guindé de cadres moyens et supérieurs : celui des années 70.

    Avec des personnages hauts en couleurs, Joël Séria souhaitait échapper au réel, s’évader ; ironie du sort, socialement et géographiquement bien ancrés, tous ses films nous y plongent et nous y re-plongent sans fin dans ce réel comme tout bon surréaliste qui se respecte.

    La bouffe, le cul et l’argent vite dépensé parce que c’est fait pour ça l’argent ! Si au lit, la vie de couple est fatalement un échec après un temps - et c'est dans l'ordre des choses, aussi pourquoi s'en désoler ! -, cet échec offre néanmoins pour l'homme comme pour la femme, tous deux parfois égaux, plus souvent complémentaires, de nouvelles voies insoupçonnées et des passages secrets libérateurs.

    Tendresse, amour et sexe... d’une énergie rare puisée au fin fond d’une libido, d’une pulsion de vie qui emporte tout sur son passage, le cinéma de Joël Séria ne connaît pas l’instinct de mort avec sa pulsion destructrice d’un pessimisme noir et complaisant.

    L’accordéon est toujours de la fête, le tango ainsi que la musique brésilienne et cubaine. Joël Séria qui connaît bien la sociologie de ses personnages, n’hésite pas à donner dans le mauvais goût ; les intérieurs sont saturés de tout, de rien, de tout ce dont on a pu faire l’acquisition dans les années 60 et 70, « Les trente glorieuses » oblige ! Reste que les tenues vestimentaires de ses « nénettes » sont colorées et aguichantes ; Jean- Pierre Marielle, lui, est vêtu comme un prince du haut de ses 1m95.

     

                   Le cynisme est absent chez Joël Séria ; seules l’ironie et la dérision ont voix au chapitre, et celui qui a le dessus n’est pas le plus malin mais celui qui a raison ; et le plus talentueux aussi. Moraliste Séria ? C’est sans doute là son côté « Billy Wilder » !

    Dialogues puissants, au ras des sentiments, du réel et des étoiles, la langue de notre cinéaste est d’une invention de chaque instant, à chaque mot, à chaque phrase, après chaque virgule… une écriture digne des meilleurs dialogues du cinéma français des années 30 avec Prévert et d’autres, plus tard avec Jeanson ;  cette langue qui est la sienne a très tôt compris la nécessité de sauver cette tradition avant qu’elle ne sombre totalement.

     

                  Dix ans d’éducation religieuse, d’école en école - messe le matin, confession tous les 15 jours -, ont bien failli avoir raison de notre cinéaste qui n’était pas encore Joël Séria mais Joël Lichtlé – nom d’origine alsacienne.

    Après dix ans de cet étouffement carcéral, le cinéma offrira à notre réalisateur la possibilité de respirer la vie à plein poumons ; il ne s’en privera pas, et ce… dès son premier long métrage, tout entier du côté du vécu.

                  Joël Séria ne connaît ni la caricature ni le pastiche, et moins encore la parodie ; il a beaucoup trop d’imagination pour ça ! Et puis… ne sait-il pas de quoi il parle lorsqu’il nous en parle ?

    Un temps imité mais jamais égalé car le succès attire les plagiaires et ceux pour lesquels le cinéma est une affaire de recette de cuisine, chez Séria, les femmes ont tous les âges : généreuses et naïves, les plus jeunes n’ont de cesse de vouloir croquer la vie, tandis que les moins jeunes s’accrochent et les hommes aussi.

    Quant aux féministes d'aujourd'hui, en particulier celles qui n'ont rien compris aux femmes qui ne le sont pas "féministes" (si l'on met de côté la question de l'égalité des salaires homme-femme dans laquelle toutes les femmes peuvent se reconnaître, et pour peu qu'il s'agisse là d'un combat que l'on peut qualifier de "féministe" !), sans doute s'arracheront-elles les cheveux car le cinéma de Joël Séria c’est l’homme et la femme non pas réconciliés puisque chez notre réalisateur, il n'y a jamais eu divorce, mais bien plutôt l'homme et la femme qui se regardent dans les yeux, se parlent au plus près de l’oreille, s'effleurent et puis finalement et fatalement, se mélangent et s'unissent dans un élan irrésistible, d’une nécessité absolue ; sel de la vie là où nichent les expériences émotionnelles et esthétiques les plus fortes ; et si la jalousie et le ressentiment peuvent quelquefois prévaloir, jamais la haine ni l’envie prennent le dessus car les personnages de Joël Séria ne sont pas résignés mais bien plutôt sages… sages d’une sagesse d’autant plus sage qu’elle a épuisé tous les excès possibles et toutes les expériences.

     

    ***

     

              Trente ans plus tard, ne comptez plus sur un nouveau Joël Séria car il faudrait pour ça que le cinéma français d’aujourd’hui ait quelque chose à nous dire, à nous montrer, autre que le nombril de ses réalisateurs (archétype de ce cinéma pour rien ou pour si peu, celui de la famille Garrel) et celui de leurs petites amies actrices - un cul chassant l’autre -, eux qui n’ont rien vécu, ou bien si peu, et qui n’ont rien cherché, rien vu et rien trouvé. La littérature et les faits divers n’y changeront rien car, in fine, le cinéma doit pouvoir reposer sur son propre imaginaire loin de ces deux béquilles ; ce que le cinéma de Joël Séria a largement prouvé, film après film ; l’admiration que voue Joël Séria à Fellini n’y est sans doute pas pour rien non plus.

     

                    Dans une interview en 2011, Joël Séria regrette de ne pas avoir pu tourner plus de films (une dizaine au total), à l’heure où, en France, chaque année, des centaines de millions d’euros sont dépensés dans des productions médiocres, voire affligeantes.

    Et là, il faudra bien le dire : ce qui condamne aussi notre époque, c’est le fait que ce cinéma de Joël Séria ne soit même plus envisageable pas seulement parce qu'il ne correspondrait plus à une réalité sociale mais bien plutôt parce que la bien-pensance l’interdirait : personne ne misera donc un Kopeck dessus.

    En revanche, les comédies fleurissent comme autant de mensonges qui se prennent pour la vérité (La famille Bélier, Les intouchables, Les Ch'tis, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu) ; dans les faits, un cinéma non pas populaire (il suffit de penser au cinéma de Christian Jaque en comparaison) mais un cinéma du pauvre, très pauvre, sans saveur ni vérité aucune. Ersatz d’une réalité insaisissable, tellement le talent lui fait défaut, avec l'ultime recours à la caricature et à la parodie, tout y est faussement vrai dans ce cinéma-là à un niveau sans doute jamais égalé dans la longue histoire du Mensonge qui se prend pour la vérité.

                     Aussi, pour cette raison, ne cessons jamais de défendre l’œuvre de Joël Séria contre tous les pourfendeurs de la vie car cette oeuvre-là en déborde, incontrôlable et imprévisible.

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    Pour prolonger, cliquez : Joël Séria en entretien

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  • André Salmon : un poète de la fraternité dans la tourmente... chanté par Charles Aznavour

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    Né à Paris en 1881 et décédé en 1969 à Sanary-sur- mer (83 - Var), André Salmon aura connu, pour s'y être battu, la guerre de 14-18, puis la défaite et l'occupation de juin 40.

    Ecrivain, poète, romancier, journaliste, critique d'art, Apollinaire, Picasso, Max Jacob furent ses amis... la faim et le froid ses ennemis, et la bohème... son unique drapeau.

     

     

    Fraternité

     

    Nous rentrions très tard, mêlant
    Des vers purs à des chants obscènes
    Et l'on s'asseyait sur un banc
    Pour regarder rêver la Seine.

     

    Sur l'eau, rien ne vivait encore
    Ainsi qu'une ouvrière lasse
    Pressant sur son flanc ses fils morts
    La Seine dormait dans sa crasse.

     

    Nos cœurs d'ivrognes s'emplissaient
    D'une bienfaisante latrie
    Si le soleil levant dorait
    Les marronniers des Tuileries.


    Pour mieux évoquer certains soirs,
    Le plâtre et le vin des tavernes
    Égayaient nos vieux habits noirs
    Et nos plastrons d'hommes modernes.

    Alors, ayant honte, vraiment,
    De nous connaître aussi lyriques
    Nous offrions un coup de blanc
    Au balayeur mélancolique.


    Vaine ruse ! et l'on découvrait
    Dans le balayeur un poète,
    Si bien que les verres tremblaient
    Sur le comptoir, autel de fête !

    Et pour que ce soir sans égal
    Fût perpétué, un pandore
    En dressait le procès-verbal
    Parsemé d'attendus sonores.

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  • Les petites mains du Christianisme à l'heure où Notre Dame semble rendre l'âme : hommage


                        Flèches et nefs...

     

    Amiens.JPG

     

                       Lyrisme et puissance : architecture religieuse qui empruntera sa grandeur à la fièvre qui la créa... 

     

    Amiens - petites mains du Christianisme 2.JPG

     

                               A la fois consolation, menace et terreur...

     

                        Dans la foi et l'instinct des Peuples pour cette Grande Inconnue  - Dieu penseur du monde -, qui longtemps donnera un sens à la vie de centaines de millions d'êtres humains vivant aux pieds de ces édifices...

     

    Amiens - petites mains du Christianisme 3.JPG

     

                                      Art, politique et mysticisme...

    Amiens - petites mains du Christianisme 1.JPG

     

                         Que les petites mains qui ont servi cette fièvre spirituelle - anachronique, on parlera aujourd'hui plus prosaïquement de projet de société (!) - soient ici remerciées.

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    Photos 2.4.5 sont extraites du portail central, dit Beau Dieu, de la cathédrale d'Amiens.

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  • Taki Ghounaris : lumière et sortilèges

     

    "La peinture est aussi la musique du monde."

     

    taki ghounaris, eucharistie 

                                 Eucharistie -120 x 97 - 2011 - Bénédiction du Patriarche de Constantinople.

     

                         "Rencontrer c’est voir ; voir est une action créatrice, elle est ultérieurement une subtile métamorphose de l’être quand le regard est celui d’un enfant. Une icône n’a pas pour vocation la ressemblance, elle est un miroir pour la transcendance. Elaborée avec jubilation par sa propre thématique, ici l’icône, de couleurs mécaniques, est un appel par le jeu des mouvements ; son rôle : la réflexion et la vision contemplative du moi intérieur" - Taki Ghounaris

     

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                     Dès l’âge de 17 ans, Taki Ghounaris expose et vend ses premiers tableaux rue Saint Honoré. Elève de Goetz, dans la mouvance des peintres de l’Ecole de Paris, il rencontre chez le galeriste Albert Hervieu, Antoni Clavé qui le confirme dans sa vocation...                                           

                                                 
                       

     

                       "Il s’agit d’une méditation ; ici chaque couleur est un instant unique ; l’image dans son ensemble n’est pas une nécessité ; la lumière est magique ; les fins minéraux qui composent la peinture, mariés aux pigments de couleur, comme la madeleine de Proust, évoquent peut-être aussi, par l’irisation de feux minuscules et multicolores… des milliers de cartes postales pailletées envoyées dans l’univers pour les fêtes. Là, le parfum marin en ce qui concerne la réflexion  du jaune pécheur « l’origine du monde au travail » est évident." Taki Ghounaris

                                                       

    ***

    taki ghounaris artiste peintre, ville d'avray artistes peintres

                    A 20 ans, Taki Ghounaris est appelé sous les drapeaux en Algérie, ce qui changera sa destinée : il abandonnera la peinture à son retour avant d’y revenir bien des années plus tard, pour ne plus la quitter avec l'artiste peintre et enseignante Agnès Monteilhet qui l'aidera à remettre un pied à l'étrier.

    Sûr de lui et de son Art, le travail de Taki Ghounaris, vécu intime, est lié, dans son inspiration « ... à la lumière que dégage la matière mélangée à la couleur ». 

     

                  Né en 1940, Taki Ghounaris nous a quittés en octobre 2015


                   

                                 
                          

    Pour prolonger, cliquez : Taki Ghounaris en vidéo

     

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  • L'anguille... mystère, obscurité et solitude

    anguille.JPG

     

                   Etangs, mares à canard, ruisseau, estuaire...  saumâtres, douces ou salées, l'anguille est de toutes les eaux. Peu avenante avec ses yeux aveugles, peu engageante, personne ne souhaitera s'attarder sur ce poisson ; seule sa nage, une nage d'une élégance rare, sereine, sauve l'anguille de la vindicte populaire injuste et parfois superstitieuse, qui touche la plupart des espèces serpentiformes car, quoi que l'on puisse dire à son sujet, il y a définitivement quelque chose de mystérieux chez l'anguille ; quelque chose d'indéchiffrable aussi.

    D'ailleurs, le vocable "poisson" ne convient pas car il y a de l'animal chez ce poisson solitaire et hautain ; de plus, sa capacité à vivre et à survivre hors de l'eau, des jours durant, increvable, est surprenante ; et cette endurance force un questionnement admiratif.

     

    La nage de l'anguille argentée

     

                   Un instant captive, l'anguille ne se trompe jamais de direction lorsqu'elle vous échappe et qu'il est question pour elle de regagner l'eau, serpentant parmi les hautes herbes, très vite insaisissable. Elle ne se résout jamais une fois prise à l'hameçon, la gueule grande ouverte, se débattant, impuissante mais courageuse ; pour un peu on jugerait qu'on pourrait l'entendre hurler au supplice ; et pourtant, l’anguille est sans doute le plus silencieux de tous les poissons, et plus encore lorsqu'elle se déplace tout près du fond comme pour ne jamais perdre le contact avec la terre.

    Jusqu'à une profondeur qui s'évalue en milliers de brasses lorsque la mer des Sargasses l'accueille à nouveau, bien des années plus tard, dans l’océan Atlantique nord bordé par le Gulf Stream, c'est là que l'anguille se reproduit avant de mourir, devoir et destin accomplis, toujours silencieuse, à l'abri de tous les regards, car c'est là aussi qu'elle a vu le jour dans l’obscurité de profundis et des abysses – ne la nomme-t-on pas « anguille abyssale » ! -, avant de remonter nos cours d’eau douce ou saumâtre pour y vivre sa vie d'anguille adulte après un voyage de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres.

    Aujourd’hui, on parle de "mythe" à propos de ce voyage à la Jules Verne, l’anguille étant tout à fait capable, nous affirme-t-on, de frayer dans nos estuaires salés et vaseux, plus près, bien plus près donc du lieu où elle passera sa vie d’adulte.

     

                    Alors que la carpe avec ses yeux tout ronds, son regard tendre et ses lèvres charnues,  recherche  la main de l’homme qui la nourrit au pain, argentée, jaune, grise, l’anguille l’ignore superbement ; paisible, laissant à sa cousine de mer, la murène, l’agressivité propre aux prédateurs, indépendante, elle ne compte que sur elle qui ne sort de son trou que la nuit pour se nourrir avant de regagner l’obscurité... encore l’obscurité ! Faut bien dire que la lumière l'agresse et que les rayons du soleil sont une souffrance. Sans doute ne cesse-t-elle jamais de revivre sa naissance et le milieu marin qui a recueilli ses premières ondulations de civelle dans des eaux insondables.

    Alors que d'autres s'agitent, vont et viennent, montent et descendent, sautent, jaillissent, tout saumons qu'ils sont, du fond de sa cache toute la journée durant, trou vaseux et noir comme la nuit, immobile, détachée de tout, à quoi peut bien penser cette anguille à l'oisiveté aristocratique ?

    Mystère ! Encore le mystère !

     

    ***

     

                    Dégradation et fragmentation de son habitat, métaux lourds, dioxines, pesticides... bien que son espérance de vie soit évaluée à 25 ans, on dit l'anguille en voie d’extinction, menacée de toutes parts comme tant d’autres espèces.

                    La comtesse des eaux douces, saumâtres et salées, se laissera-t-elle décimer, impuissante, résignée puis définitivement vaincue ?

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  • Claude Nougaro : un pygmée occitan*

     Le 4 mars 2004, Claude Nougaro s’éteignait à l’âge de 74 ans

     

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                    Il a été et demeure notre meilleur auteur avec Léo Ferré, notre plus grande voix aussi et notre meilleur musicien (même s'il n'était pas instrumentiste... il y a des voix bien plus musiciennes encore !) - le plus complet, le plus authentique.

    "L'âme basanée", aucune musique ne lui résistait... aucune ne résistait à sa voix, à son verbe ; aucun rythme ne l'intimidait, aucune culture ! Preuve irréfutable d'un talent immense ; et peut-être aussi... de génie. 

    Alors oui, le "pygmée occitan" - tel il se définissait -, a bel et bien fini par grimper sur les cimes !

     

                        Un des textes les plus aboutis  de Nougaro : Toulouse to win, 30 ans après le Toulouse de l'enfance de l'artiste. C'est maintenant d'un Toulouse de la relégation, de la délinquance, du radicalisme religieux et de la drogue - la peste -, qu'il s'agit.

     

    La console du son nous console du reste
    Nous savons qu’il y a des bombes sous les vestes
    Et la misère sombre à couper au couteau
    Des colères qui luisent et des cames que testent
    Des enfants allumés par le feu de la peste
    Le monde est rempli de gangsters de Chicago
    Enfer et paradis entremêlent leurs tresses
    Je fabrique mes joies au prix de mes détresses
    Comme la môme Piaf je repars à zéro

     

     

    ***

     

                     A l'heure où des marchands de soupe nous donnent à consommer de la musique comme on boit un café au comptoir, on réalise trop souvent tout le chemin parcouru à fuir tout ce que cet artiste (avec Léo Ferré) a laissé en héritage : rigueur, intégrité et excellence... tout ce que doit, pourtant, tout artiste à son public : le respect en retour de ce que cet artiste reçoit... pour avoir, il est vrai, tant donné, même et surtout ce qu'on n'attendait pas de lui parce qu'on ne le soupçonnait pas encore en lui... ni l'artiste non plus, peut-être.

     

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     * Se reporter au titre "Toulouse to win".

     

    Pour prolonger... cliquez Le Rap au secours de la chanson française

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  • Humour, rire et justice

     

     

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              Sortie par effraction de toutes les impasses, hors de l’espace et hors du temps, dans une autre dimension, les mécanismes du rire sont complexes ; ils se dérobent à l’analyse exhaustive car avec le rire, le talent et le génie, il reste toujours une part d’inconnu.

    Le rire est magique d’une magie blanche et noire ; quand il est gris, le rire est retournement et détournement de l’insupportable même s’il en garde la trace et la marque car il n’oblitère rien, ne répare rien mais il permet de souffler un peu, consolateur, avant de côtoyer à nouveau des oppresseurs têtus et insatiables.

    Le rire est libération quand il met en scène un dépeçage des conventions, des hypocrisies et des machinations ; il libère l'esclave ; il permet de sortir de l’enfermement.

               Bergson disait : « Le rire n’a pas plus grand ennemi que l’émotion. Le comique s’adresse à l’intelligence pure ». Coeur de pierre donc, mais source d’énergie radicale, il est une ouverture sans précédent vers l’inouï, l’inédit et la liberté.

              Rire, humour… humour et rire, il arrive aussi que le rire rende justice à ceux qui en sont privés. Belle revanche des déshérités alors !

     

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                      Dieudonné, parce que... le plus talentueux et le plus courageux, sinon le seul.

    Un Dieudonné Spartacus du rire, là où l'humoriste, ainsi nommé, cesse d'être un esclave et ce faisant, libère tous les autres humoristes de la malédiction d'un humour tiroir-caisse, un humour de flagorneur, et pour voie de conséquence, un humour affligeant  comme tout ce qui rabaisse l'homme à ce qu'il croit savoir de lui-même, qui n'est le plus souvent que ce qu'on a daigné lui enseigner ou bien ce qu'on a souhaité lui faire espérer de lui-même et des autres.

     

    Pour prolonger, cliquez : Dieudonné, le Spartacus du rire

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  • Retour sur le cinéma de Claude Sautet

     

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    Aujourd'hui, sommes-nous seulement encore à même de comprendre à quel point les films de Sautet nous rappellent que les années 70 ont reposé sur très peu de choses, trois fois rien qui aura néanmoins permis d'occuper, de combler, de remplir (de colmater ?) une vie, toute une vie d’hommes et de femmes : une bande de copains, un repas au restaurant, des maîtresses, quelques amants, des amours sages de cadres moyens et supérieurs aux carrières professionnelles ascendantes, aux métiers prestigieux ou plus simplement... métiers bien rémunérés qui permettent de changer de voiture tous les ans... 

    Films à l'image de leur époque ; la réussite de chacun se mesurera à l'aune de la réussite matérielle seule : pouvoir d'achat et pouvoir tout court.

    Aussi, est-ce réellement surprenant aujourd'hui le fait que tout soit remis en question et démantelé sans rencontrer une défiance farouche et déterminée : contrat de travail, rémunérations, protection sociale... santé et retraite, rapports sociaux (homme/femme inclus) et rapports de force ?

    Certes, on savait que les capacités d’adaptation des hommes sont nettement supérieures à leurs capacités de révolte ! Aussi, sur la durée, c’est bien dans l’indifférence quasi générale - à l'exception d'une infime minorité mobilisée, que le démantèlement de ces années-là s’impose à tous ; derrière cette indifférence, la résignation ; et derrière cette résignation n’y trouve-t-on pas le sentiment que tout ce qui a été acquis dans les années 60 et 70 jusqu’aux années 80, l’a été non seulement à crédit mais bien plus important encore… sur le dos de la vie, la vraie, dans un climat d’amnésie générale quant au passé, là d’où l’on vient, toute une génération étant portée par un confort à la fois matériel et moral sans précédent ?

                Et c'est alors qu'une culpabilité à caractère à peine refoulée, une culpabilité comme errant là, au bord, tout au bord de notre conscience d'être au monde - mais pour y faire quoi déjà ? -, une culpabilité qui peut emprunter des itinéraires surprenants, vous laisse sans réaction et sans voix au moment où il est question de tout reprendre de ce confort d'un matérialisme naïf et sans responsabilité : bien mal acquis - dans le sens de "bêtement" -, ne profite donc qu'un temps ?

             Chez Sautet, les épouses sont  le plus souvent comme... suspendues aux désirs de leur mari ou de leur amant, dans l'attente... à attendre...  très dépendantes sur un plan émotionnel ; les maîtresses, elles, sont souvent inconstantes.

    Alors que les hommes ne savent que faire des enfants dont ils sont pourtant les pères - il est vrai que les mères veillent - on ne manquera pas de remarquer la place qu'occupent ces enfants chez Sautet ; ces derniers étant cantonnés aux rôles de figurants, comme des biens meubles qui viennent compléter un cadre réservé en priorité aux adultes et à leurs histoires : métiers, carrières, coucheries, argent et loisirs.

    Autre symptôme d’une amnésie et d'un oubli dommageables : l’absence d’une France pourtant tout aussi présente qu’aujourd’hui : la France des Français issus de l’immigration - pas sûr que ce ne  soit qu'un détail ;  invisibles ils sont dans leurs conditions de vie reléguée.

     

             La bourgeoisie qui a longtemps voté PS et qui n’a pas fait d'enfants et n'en fait toujours pas - Télérama et les animateurs-journalistes de télés de cette époque - voue un véritable culte aux films de Claude Sautet. Faut dire que les films de ce réalisateur s'apparentent à des contes pour adultes car la trame du cours de l'histoire des années 70 relève du conte de Noël… et d'une négation : la négation d'une réalité qui engage l’avenir face et contre une autre réalité reflet d'un état en mouvement mais figé, un état propre à toutes les périodes agitées mais « stériles » (Jacques Tati a eu des choses à dire à ce sujet) qui ont la folle prétention d’arrêter le cours de l’Histoire qui, elle, finit toujours par trouver le temps long ; il faut alors qu'elle bouge : « Tout leur est donné, vous dites ?! Et si on leur reprenait tout ? »

             Les années 2000, et nous n'en sommes qu'au début, verront la décomposition des années 70 ; et c’est alors que les films de Sautet n’en prendront que plus d’importance : un véritable bain de jouvence hyper-matérialiste accompagné d’un confort moral de carton-pâte mais encore résistant et étanche, les films de Sautet !  

    Et c’est sans doute la raison pour laquelle ces films prennent toute leur saveur trente ans après, non pas comme peut le faire un bon vin, mais bien plutôt comme peut opérer le charme discret et pernicieux mais irrésistible de la nostalgie ; une nostalgie... dernier refuge contre le devoir d’affronter une nouvelle réalité qui semble vouloir, d’une main, rependre tout ce qu’elle a plus souvent accordé que cédé, de l’autre : "Avant, on n’avait pas à penser à l’avenir et moins encore à ce qui était important, à savoir : que deviendrions-nous si nous perdions tout ?"

    Perdre tout ? Un confort matériel, et seulement matériel, qui nous permet seul de tenir debout ?

     

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             Hyper-matérialisme, cinéma sans dépassement, cinéma refermé sur lui-même et sur la sociologie de ses personnages...

                     et Dieu dans tout cela (1) ?

     

             Il semblerait que d’autres, en revanche, aient déjà anticipé cette question ; faut dire qu’ils ont eu tout le temps d’y penser, laissés sur le bord de la route comme ils l'ont été durant toutes ces années "à la Claude Sautet" au rythme du tic-tac d’une bombe à retardement, nous tous aujourd'hui sonnés et maintenant K.O.

     

     

    1 - Dieu ou la métaphysique... Dieu ou la transcendance ; quelque chose au-dessus de nous disons ; quelque chose qui serait plus grand que nous... qui nous dépasserait d’une tête, voire deux, et vers lequel lever les yeux.

                                 à ce sujet, merci de vous reporter au texte : Sonate d'automne

     

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  • Karl Lagerfeld à tout jamais

    karl lagerfeld chanel

     

                     Un génie à l'état pur... sans trucage, sans perfidie, sans "foutage de gueule" ; un Lagerfeld qui nous console d'un art contemporain truffé de tricheurs même si la Maison de couture qui l'employait - Chanel - a pour clients les pires de la société (Chanel et toute la haute couture en particulier) quand on sait que l'argent c'est le sang des pauvres aux conditions d'existence désastreuses, victimes des plus grandes injustices qui soient.

                     Mais n'est-ce pas le lot de tous les artistes célèbres et célébrés, et ce de tout temps : créer pour une classe supérieure, aujourd'hui hyper-classes mondialisées dont il n'y a plus rien à sauver ?

    Hélas oui.

     

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  • Melman et Stiegler à l'ombre de Marx, Nietzsche, Freud et Lacan : un égarement sans limites...


                             

                  Bernard Stiegler ici et là, partout et ailleurs encore : Stiegler chez l' ALI:  Association Lacanienne Internationale

     

                          Nous sommes nombreux, depuis longtemps, à penser que la psychanalyse est de droite et les psychanalystes, tellement sociables, solidaires et soucieux du bien-commun, des Bourgeois de premier ordre.

     

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                        Melman ? Vous avez dit Melman ? Autre psychanalyste...

                          Qu’il soit permis d'éclairer ce dernier, et ce afin qu'il ne meure pas idiot d'autant plus qu'il doit bien se trouver loin, très loin de penser qu'une telle calamité puisse lui arriver :

     

                          « Monsieur Melman, le fascisme ce n’est pas les Gilets Jaunes ni les réseaux sociaux avec ou sans smartphone ; le fascisme vous le trouverez dans ce « Il n’y a pas d’alternative » qui a vu le jour à la fin des années 70, incarné aujourd’hui par une Commission européenne au service d’un projet mondialiste sans honneur ni justice, destructeur des nations, des cultures et des Etats les plus socialement évolués, ceux de l’Europe, en termes de protection sociale et de liberté individuelle."

     

    Certes, le fait que ce psy manifestement non-défroqué (les pires de la profession ? ) soit sur un plan matériel à l'abri de ce fléau qu'est le mondialisme et ses conséquences (culturelles et psychiques pour commencer), n'est sûrement pas une raison pour lâcher la proie pour l'ombre.

    Aussi, forte est la tentation de demander à ce psy de s'occuper exclusivement de ce qui semble le concerner , à savoir... l'inconscient de ses patients, pour peu que ces derniers soient assez désorientés pour lui en reconnaître l'autorité à la fois morale et intellectuelle.

    Il est vrai que .... si la vieillesse est un naufrage, elle est aussi une noyade et plus encore un enterrement. Alors, empressons-nous de souhaiter de belles obsèques à Monsieur Melman.

     

                    Quant à Bernard Stiegler qu'on ne présente plus (énorme et affligeante cette "histoire" à propos d'une réunion à Saint-Denis autour de "la relation de la mère et de son bébé avec les smartphones" auprès d'une population vivant dans un des quartiers les plus pauvres de cette commune !), toujours en vadrouille, rappelons-lui ceci : il y a certainement plus urgent, plus utile et plus courageux que de sermonner les pauvres et les miséreux sur l’utilisation des portables par leurs enfants ; pour ne rien dire de la honte que, dans ce contexte, les donneurs de leçons nous inspire : la honte pour ces sermonneurs dévoyés et définitivement perdus pour la collectivité.

    Force est de constater que la pire chose qui puisse arriver à un être humain instruit, c’est de penser qu’il en sait plus sur la misère des miséreux que ces derniers sur leur propre misère et sur celui qui vient la leur expliquer.

    A ce sujet Monsieur Stiegler, savez-vous vraiment qui vous êtes pour vous permettre d’expliquer aux indigents qui ils sont ?

     

                   A propos du soi-disant nihilisme et fascisme des réseaux sociaux, des smartphones et de la "fourmilière" de leurs utilisateurs (puisque tel est grosso modo le sujet de cette rencontre), Stiegler qui connaît les classiques de ceux dont il souhaite recevoir l'onction, le milieu universitaire (lui l'autodidacte - orphelin ? -, un temps mauvais garçon-casseur- de-banque... à la recherche non pas d'un père mais de pairs), Stiegler mentionnera après Marx et Freud, Nietzsche comme penseurs majeurs du 20è siècle ; or, dans les écrits de Nietzsche, trois termes reviennent le plus souvent : décadence, nihilisme et dégénérescence ; et ce penseur y associe quatre maux... devinez lesquels ? Le féminisme, le Christianisme, le Socialisme et le Romantisme.

                   Mais alors, fascistes les réseaux sociaux ? Vous avez dit fascistes ? Vraiment ?

                   Voilà encore une histoire de paille, de poutre et d'aveuglement. 

     

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                       "La psychanalyse ne fait pas la charité. Sa fonction c'est de "dé-chariter".

                        La psychanalyse a donc les mains fermement enfoncées dans les poches, tout au fond - poches non trouées cela va sans dire-, même si elle sait tendre la main non pas pour donner mais pour tantôt recevoir, tantôt prendre. 

                        "La psychanalyse permet à l'analysant  de prendre toute la mesure de ce qu'il a à payer pour "se connaître".

                         Payer ! Encore payer ! Expiation et contrition.Tous coupables et sans excuses. 

                         Si l'avenir du genre humain dépendait de la psychanalyse, sans doute sa seule chance d'émancipation par la dés-aliénation et sa dé-chosification passerait-elle par le fait de ne jamais oublier de demander l'addition et de l'acquitter jour après jour.

                         Mais alors, seule la caste solvable aura droit à cette émancipation ?

                         Décidément, rien de nouveau sous le soleil avec la psychanalyse.

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