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Art et culture

  • De l'affaire Weinstein, Polanski, puis Balance-ton-porc... à la défense du harcèlement dit "opportun"

     

                  Polanski, Weinstein (1) et tant d’autres... industrie cinématographique, intimidation, harcèlement, chantage, viols... après MeToo et de longs mois de révélation dans la pression internationale, arrive en France  #balancetonporc, des dizaines de milliers de témoignages  à propos d' agressions sexuelles (1 femme sur 2 selon les dernières études) - transports, rue, entreprises - émanant de femmes anonymes,  femmes du quotidien.

    Mais la riposte ne se fera pas trop attendre : pour contrer ce ras de marée décidément embarrassant, un procès d'intention en délation sous la forme d'une tribune, procès d'intention destiné sans doute à tarir le flot des témoignages et à discréditer la parole de toutes ces femmes anxieuses de pouvoir dénoncer une domination masculine contre laquelle elles semblent impuissantes ... voit alors le jour.

    En effet, le mardi 9 janvier, le journal Le Monde publie  "Nous défendons une liberté d'importuner indispensable à la liberté sexuelle" signé par une centaine de femmes  parmi lesquelles Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie, Élisabeth Levy, Catherine Millet, Sophie Menton - dans l'ordre : actrices, journaliste et chef d'entreprise.

    Les signataires de cette tribune s'inquiètent de la "libération de la parole" qui a suivi l'affaire Weinstein.  L'inquiétude de ces femmes concerne "l'indispensable liberté d'offenser" et "d'importuner" que tous ces témoignages semblent vouloir remettre en cause. Elles évoquent un puritanisme rampant, une haine des hommes, une indisposition au sexe ;  tares  que toute femme libérée  se doit de fustiger sans retenue.

    A propos des signataires de cette tribune, on ne peut que difficilement éviter de remarquer ce qui suit : Catherine Millet du magazine Artpress (la passionaria de l’art contemporain – art qui a perdu sa majuscule) , E. Lévy du magazine Causeur proche de l’extrême droite sioniste, islamophobe et anti-réfugiés, Brigitte Lahaie (actrice porno des années 70 et 80), Catherine Deneuve (actrice tout court), Sophie Menton (chef d’entreprise) : toutes ces femmes font et ont fait carrière dans des secteurs sous domination masculine écrasante -il est vrai que l’on ne mord pas la main qui vous a nourri et qui vous nourrit aujourd’hui encore : art contemporain ( pensez un instant aux mécènes) , Médias (pensez aux magnats de la presse) , cinéma X et cinéma grand public ( producteurs, réalisateurs, diffuseurs et agents masculins) et enfin :  l'entreprise avec l'écrasante présence des hommes à la tête des multinationales du CAC40 ainsi qu’au MEDEF.

    Vraiment, il ne manquait plus qu'une femme politique parmi les signataires.

    Même les hommes n'auraient pas osé publier un tel manifeste ! Après le procès en débilité faite aux blondes, procès conduit par des femmes auprès desquelles les hommes ont sous-traité leur mépris avec un succès inattendu – mépris qui ne pouvait plus être explicité publiquement, même pour rire -, ce sont ces mêmes femmes qui reprennent l'argument éculé des hommes à l'endroit de celles qui refusent leurs avances : coincées (puritanisme), mal-baisées, haine des hommes, et autre procès en frigidité.
     

                  Ci-dessous, un florilège des déclarations des signataires qui ont accompagné la médiatisation de cette tribune : 
     

    "On peut jouir lors d'un viol", affirme Brigitte Lahaie en plein débat sur les violences sexuelles sur BFM-TV en compagnie de l’inénarrable Ruth Krief.

    Si la bêtise, le manque de jugement et de discernement, l'absence de retenue et de décence sont sans vergogne opposés à toute démarche éprise de justice et d'humanité dans des médias esclaves de l'audimat au nom d'une soi-disant nécessité à débattre de tout avec tout le monde, c'est avec l'horreur de notre monde dans toute son horreur que l'on nous demandera de dialoguer ; nul doute, nombreux sont ceux qui finiront laminés face à cette horreur : les propos de Lahaie, une des signataires de la tribune anti-« balance-ton-porc », dans le contexte de cette actualité en particulier, c'est aussi toute l'horreur du monde dans toute son horreur.

    Catherine Millet reine du sado-masochisme déclarait il n’y a pas si longtemps encore : «  Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée parce que je pourrais témoigner que du viol on s'en sort !»

     

    Sophie de Menthon à propos du danger d'un "puritanisme rampant " : "Si mon mari ne m'avait pas harcelée, peut être que je ne l'aurais pas épousé."

    Sans doute cette chef d'entreprise voulait dire : "Si mon mari n'avait pas cherché à me séduire...."

    Pauvre langue française ! Pauvre Madame Menthon.
     

    La présence de Catherine Deneuve  dans cette tribune laisserait  manifestement entendre qu'elle n'a jamais eu d'ennuis en 50 ans de carrière ; un vrai tour de force ! Même si cela n'étonnera personne... car c'est sûr, pour une femme, les ennuis commencent seulement quand elle dit "non".... et des problèmes de conscience dans le cadre d'une estime de soi quelque peu malmenée quand elle a dit "oui" dans la honte et la soumission. Manifestement, Deneuve n'est pas concernée par ces deux cas de figure. Mais alors, qu'est-ce à dire ?

    Parce qu'au cours de sa longue carrière cinématographique Deneuve a tenu le bras à des hommes qui n'étaient, il faut le dire, pas trop bêtes sans pour autant être des génies, sans doute a-t-elle fini par penser, qu'elle aussi avait très une tête pas trop mal faite - discernement, analyse et synthèse - et pourquoi pas : une tête bien pleine aussi.

    Cela posé, on peut s’interroger à propos de ceci : combien de fois a-t-on trouvé cette actrice aux côtés des femmes ? En revanche, on l'a souvent trouvée auprès des hommes de sa profession, très proche, toujours : réalisateurs et acteurs.

                  Last but not least…. E. Lévy qui assume, persiste et signe. A elle seule, cette journaliste qui ne s'entoure que rarement de femmes, symbolise ce que tous les hommes savent (votre serviteur y compris) : il n'y a pas mieux qu'une femme pour cracher au visage d'une autre femme surtout bafouée et humiliée ;  tous les hommes le savent. On appelle ça : « rivalité féminine » ; bel euphémisme. Parmi les hommes, d'aucuns cyniques et salauds en profitent, d'autres ne peuvent que s'en désoler.
     

                     Même Macron n'a pas souhaité être en reste ; il a tenu à se faire entendre  dans un "oui mais" et un "en même temps" caractéristiques d'un perpétuel candidat à sa propre ré-élection qui ratisse large, très large. Au cours de son intervention télévisée,  l’ utilisation par Macron du terme "délation" là où il est question de dénoncer des comportements inacceptables, nous en dit long sur les réelles motivations de ce président ; culpabilisation et intimidation sournoises qui ont pour cibles celles qui s'évertueraient à ne pas se taire, sans doute Macron a-t-il eu une pensée, à toutes fins utiles et préventives, pour les moeurs de cette caste qui lui a permis d'être candidat puis élu. Le harcèlement, l’agression sexuelle sont toujours du côté du pouvoir, avec ou sans majuscule, puisque l’impunité commande, le plus souvent, les comportements en ce qui concerne ces délits.
     

    ***

     

    weinstein,polanski,balance-ton-porc


     

                  A la lumière des récits qui sont rendus public par toutes ces femmes harcelées, en particulier dans le milieu des médias et de la politique, on découvre sans surprise, là encore, ceci : celles qui ont dit manifestement "oui" et qui ont ainsi échappé aux affres du harcèlement , sont celles qui, après avoir été sans aucun doute récompensées, n'ont pas eu assez de mots culpabilisants pour décourager leurs congénères qui s'évertuent à dire "non" et à rendre public des comportements du sexe opposé inacceptables ; en effet, les dernières révélations de toutes ces femmes qui s'étaient confiées ont révélé ceci : ces femmes n'ont pu que déplorer le fait que leurs congénères, occupant le plus souvent des postes à responsabilité, les encourageaient à se taire ; et quand on sait que... plus il y aura de femmes ambitieuses et carriéristes, plus le harcèlement sera un recours pour ceux qui souhaitent profiter de leur position pour obtenir des faveurs d'ordre sexuel... celles qui disent « non » ont donc du souci à se faire car elles ne pourront manifestement pas compter sur la solidarité de celles qui ont dit "oui".

     

                   Selon que vous serez connu et admirer ou anonyme et détestable etc... etc... etc..

    N'empêche... une seule conclusion s’impose : ne pas céder, ne pas se laisser intimider, continuer de dénoncer sans relâche des agissements inacceptables et des silences complices puis forcer une prise de conscience exigente et déterminée. 

     

     

     

    1  - Weinstein : ça sert aussi à ça la notoriété, la célébrité, l'argent et le pouvoir : acteurs, artistes, chanteurs, animateurs de télé, producteurs, élus politiques... se servir, s'en mettre plein la braguette : Strauss-Kahn en était l'archétype.

    Comme ils n’en ont jamais assez, incapables de se contenter de celles qui disent « oui », il leur faut aussi celles qui disent « non ! » et qui s’obstinent car tous ...se paient sur « la bête » et en particulier pour ce qui est de l'industrie cinématographique : sur l’actrice prête à tout pour tourner dans le film qui lancera sa carrière ; pour cette raison, toutes sont vulnérables et les hommes le savent. Mais qu’elles comprennent ceci : à chaque fois qu'une d'entre elles cède, elle prépare toutes les autres à subir le même sort. Car enfin : "Qui sont-elles toutes les autres pour dire "non ?" s'interroge alors le harceleur.
     

        - Polanski (et Woody Allen !) bénéficiera d'une complaisance inouïe ici en France de la part des hommes comme des femmes alors que les témoignages pour viols se succédaient. Rare sont ceux qui auront trouvé le courage de condamner ses mœurs. Aucune actrice française ne s'y est collée.

    Dans la vie, et pour tout le monde, il y a un avant et un après, tôt ou tard ; ce qui n'est pas acceptable c'est qu'un Polanski  puisse penser, et les médias avec lui, qu'en ce qui le concerne, il ne saurait y avoir un après qui fasse que plus rien ne sera comme avant. Il est vrai qu'un  pervers sexuel et violeur multirécidiviste d’adolescentes et de femmes très jeunes oeuvrant dans l'industrie du cinéma c'est quand même plus classe ?, plus glamour ?, plus digne ? qu'un pervers à l'existence aussi précaire que sordide oeuvrant dans des parkings souterrains de nos centres-villes et de nos banlieues.

    Témoignage après témoignage, il semblerait bien que l’on s'oriente définitivement vers cette évidence : il est manifestement question d'un pervers sexuel et violeur d’adolescentes et de femmes très jeunes multi-récidiviste.

    Tous les films de Polanski, les meilleurs de ses films, ne parlent que de ça : trouble de la personnalité, maladie mentale, ligne rouge franchie sous l’emprise de pulsions irrépressibles ; pensez à Chinatown et la confession du personnage joué par « John Huston » qui, soit dit en passant, vole la vedette à tous les acteurs masculins de la distribution. Confession comme suit : « Peu d’hommes savent qu’au cours d’une vie, dans certaines circonstances, n’importe qui peut commettre le pire » - référence à l’inceste et au viol en ce qui concerne Chinatown. Voyez "Le locataire", "Répulsion", "Tess" (encore le viol), la Jeune Fille et la Mort - confession du violeur : « J’ai aimé le faire avec ces femmes terrorisées »......

    Comme quoi, quand on ne veut pas voir... ni établir un lien entre l'œuvre et le comportement tel qu'il nous est révélé, de l'artiste....  

     

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  • Beethoven : un compositeur en crue

     

    Claudio Arrau - Beethoven - Piano Sonata No 30 in E major, Op 109

     

                 Dans le troisième mouvement de cette sonate (vidéo à 6.20) composée en 1820, on trouvera tous "les pianos" à venir ; celui de Schubert, de Chopin, de Scriabine, de Debussy, de Rachmaninov - un piano symphonique, orchestral dans le finale de la sonate juste avant le retour du thème ; et puis... Ravel qui s'en fera l'écho avec sa "Pavane pour une infante défunte"  un siècle plus tard. Un mouvement qui, certes, annonce l'avenir mais qui n'oublie pas de saluer aussi le passé ; celui d'un J.S Bach presque totalement oublié du vivant de Beethoven.

    Un 3è mouvement en "forme variation" même si Beethoven semble ne plus y croire après trente années de pratique ; aussi on parlera bien plutôt de développement-variation ; développement en spirale comme dans un tourbillon en cercle concentrique qui s'enroule et se déroule.

    Un mouvement lent, cantabile, placé contre toute attente, à la fin de la sonate ; un 3e mouvement qui "avale" les deux précédents avec une fausse berceuse qui ne trouvera jamais un vrai repos ; Est-ce Beethoven en lutte avec ses insomnies, insomniaque et seul face à la nuit ?

    Six minutes pour les deux premiers  ; quatorze pour le 3è : une sonate en déséquilibre donc qui annonce la 9e symphonie (1822) avec dans les choeurs, ses aigus inattendus, voire... invraisemblables, décriés, hurlés... et sa forme éclatée... car pour Beethoven, tout était trop étroit, trop étriqué, toujours !

                     Beethoven ne pouvait penser la musique qu'en crue, débordante... une musique réfractaire à toutes les camisoles stylistiques et formelles : c'est la "forme sonate" qui s'efface alors avant d'être proprement balayée tout comme la symphonie.

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  • Yassine Belattar : un humoriste avec de la suite dans les idées ?

     


     

                Cet humoriste a tout l'air d'avoir compris que l'argent, le succès, ça ne sert pas à acheter une Ferrari mais à dire la vérité ; aussi, tous les espoirs sont permis ; et tous ne s'y sont pas trompés :  médias et classe politique, déjà ils lui cherchent des poux ; et si l'histoire récente qui concerne un autre humoriste-activiste nous est d'un enseignement quelconque, il se pourrait bien que cette persécution lui ouvre  tous les Zéniths de France  tout en l’encourageant à perfectionner son Art,  toujours plus, toujours plus près non pas des étoiles mais de la vérité des conditions dans lesquelles quelques-uns pourtant dépourvus de la moindre légitimité intellectuelle et morale depuis longtemps déjà, décident ici en France, de ce qu’il est permis de dénoncer : qui, où et comment  ;  cette vérité-ci en particulier :

                L’Etat, les médias, les Institutions et la quasi totalité de la classe politique, ne tolèrent que les "collabeurs" ( Malek Bouthi et Jamel Debbouze en tête ou la "nounou noire" des films américains des années 50) :  ceux qui feront tout pour faire oublier qu'ils sont aussi arabes et/ou musulmans ou africains ; il est là le vrai racisme de l'Etat, des médias, des institutions et de la quasi-totalité de la classe politique : dans la condamnation et l'ostracisme du fils et de la fille des "colonisés" d'hier qui refusent aujourd'hui de se soumettre ; c'est à dire : acceptation des discriminations, acceptation d'un Zemmour présent dans tous les médias, des caricatures insultantes de Charlie Hebdo qui essentialisent l’Arabe et le Musulman semaine après semaine, d'un Finkielkraut sans retenue sur France Culture, de l'absence de débats autour de la question "immigration et colonisation"... etc... la liste est longue ;  aussi longue que le mépris qui touche des populations sans voix, et ce dans l’indifférence la plus totale.

     

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                    L’animateur et humoriste a été vivement attaqué par le magazine « Marianne », qui le qualifie de "Faux clown et vrai danger" :


     

                  Surprenante cette interview au cours de laquelle Belattar semble ménager la chèvre et le choux (au risque de finir bourricot ?) ! En effet, l'humoriste botte le plus souvent en touche sur un certain nombre de questions, sans se rendre compte des contradictions engendrées par cet évitement : des sketchs construits autour de ses origines (Arabe, Musulman, Maghreb) tout en laissant croire qu'il n'aurait, a priori, pas plus à dire ni à expliquer qu'un "Jean-Jacques" à propos de tout ce qui touche à l'Islam, à l'islamisme, à l'immigration, à la ségrégation et au racisme.

    En bon macroniste (pourquoi ce soutien à Macron ? Qu'en attend-il ?), il décide de cultiver un "en même temps" qui risque de brouiller son image, d'affaiblir certains de ses arguments tout en décevant une bonne partie de son public.  

    A suivre donc.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Yassine Bellatar sur LCI 

                    ainsi que  : Le phénomène Dieudonné

     

     

     

     

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  • Taki Ghounaris : lumière et sortilèges

     

    "La peinture est aussi la musique du monde."

     

    taki ghounaris, eucharistie

     

                                 Eucharistie -120 x 97 - 2011 - Bénédiction du Patriarche de Constantinople.

     

                         "Rencontrer c’est voir ; voir est une action créatrice, elle est ultérieurement une subtile métamorphose de l’être quand le regard est celui d’un enfant. Une icône n’a pas pour vocation la ressemblance, elle est un miroir pour la transcendance. Elaborée avec jubilation par sa propre thématique, ici l’icône, de couleurs mécaniques, est un appel par le jeu des mouvements ; son rôle : la réflexion et la vision contemplative du moi intérieur" - Taki Ghounaris

     

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    Dès l’âge de 17 ans, Taki Ghounaris expose et vend ses premiers tableaux rue Saint Honoré. Elève de Goetz, dans la mouvance des peintres de l’Ecole de Paris, il rencontre chez le galeriste Albert Hervieu, Antoni Clavé qui le confirme dans sa vocation...                                           

     

    taki ghounaris

                                                     Filet de Pêche - 120 x 97 - La pêche en mer

     

                       "Il s’agit d’une méditation ; ici chaque couleur est un instant unique ; l’image dans son ensemble n’est pas une nécessité ; la lumière est magique ; les fins minéraux qui composent la peinture, mariés aux pigments de couleur, comme la madeleine de Proust, évoquent peut-être aussi, par l’irisation de feux minuscules et multicolores… des milliers de cartes postales pailletées envoyées dans l’univers pour les fêtes. Là, le parfum marin en ce qui concerne la réflexion  du jaune pécheur « l’origine du monde au travail » est évident." Taki Ghounaris

                                                       

     

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    taki ghounaris artiste peintre, ville d'avray artistes peintres

                    A 20 ans, Taki Ghounaris est appelé sous les drapeaux en Algérie, ce qui changera sa destinée : il abandonnera la peinture à son retour avant d’y revenir bien des années plus tard, pour ne plus la quitter avec l'artiste peintre et enseignante Agnès Monteilhet qui l'aidera à remettre un pied à l'étrier.

    Sûr de lui et de son Art, le travail de Taki Ghounaris, vécu intime, est lié, dans son inspiration « ... à la lumière que dégage la matière mélangée à la couleur ». 

     

                                                         Né en 1940, Taki Ghounaris, nous a quittés en octobre 2015

     
                      
                                 
                           
                             

     

    Pour prolonger, cliquez : Taki Ghounaris en vidéo

     

     

     

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  • Dans le regard d'Antonioni

     

     

     

     
                Avec Blow-up (1), sorti en 1966, le réalisateur italien Michelangelo Antonioni mettra à mal notre capacité à ne jamais douter d'un fait, même et surtout... irréfutable, agrandissement après agrandissement (traduction du titre du film) aux confins du possible et de l'improbable, jusque dans les dernières secondes de son film, lorsque  Thomas, photographe professionnel (David Hennings dans le rôle), disparaît, là, sous nos yeux, comme happé par une révélation aussi saisissante que salvatrice...

    Et alors qu'à proximité se joue une partie de tennis sans raquettes ni balle, mimée par deux joyeux drilles entourés de gais lurons ; partie de tennis qui sauvera notre photographe de l'angoisse de ne jamais pouvoir partager avec quiconque la découverte d'un corps sans vie étendu dans un parc, assassiné par balle et dont il ne reste au petit matin plus aucune trace (2).

           Privé de son appareil-photo, l'impossibilité de partager une telle découverte et le risque d'enfermement dans une incommunicabilité psychiquement dommageable, cette partie de tennis et la participation active de David Hennings les annuleront d'un coup d'un seul, puisque notre photographe prendra une décision qui le sauvera : il retournera aux deux mimes qui la lui réclament, une balle invisible sortie du cours ; décision qui lui fera prendre conscience de l'existence d'une possibilité jusque là insoupçonnée : ce qui est peut très bien n'avoir jamais été.

                    Alors pourquoi chercher à le partager - ce quelque chose -, avec qui que ce soit tout en étant dans l'incapacité de le faire ?

     

     

                  En effet, cette partie de tennis fantôme (vidéo à 2.40) auquelle il prête son concours comme par inadvertance, lui offre maintenant la possibilité de choisir une autre réalité qui n'aura besoin de l'assentiment de personne : non ! ce corps sans vie étendu dans un parc au pied d'un buisson n'a jamais été ! (d'autant plus que cette découverte est sans témoin et qu'il n'en reste aucune preuve matérielle)...

    Oui ! cette partie de tennis sans balle ni raquettes a bien lieu ici et maintenant... (nombreux sont ceux qui peuvent en témoigner)... Antonioni prenant là quelques risques avec la raison (et la morale ?) en nous suggérant que toutes les réalités se valent pour peu que l'on y souscrive et que l'on ne soit pas le seul... car de nos jours, c'est le nombre qui sanctifie, a fortiori le ralliement au plus grand nombre, même sur la base du mensonge, qui nous apaise ; et plus encore... après une tentative de se désolidariser de ce mensonge - situation anxiogène, toujours !

     

     

    1 - Inspiré d'une nouvelle Las babas del diablo (Les fils de la Vierge) de Julio Cortázar.

    2 - Dans ce film, il n'est pas question de douter de quoi que ce soit, d'une réalité ou d'une autre...  en revanche, il est surtout question d'être le témoin d'un événement majeur, un crime, que l'on ne peut partager avec personne faute de pouvoir apporter la preuve de la réalité de cet événement. Situation anxiogène par excellence : souffrance et perte de repères. Avec Antonioni, il est aussi question de savoir comment, pour rechercher l'apaisement, on choisit de se dire que cet événement peut tout aussi bien n'avoir jamais eu lien. Et plus radical encore : qu'il ait eu lieu importe peu car seul importe ce que l'on peut partager comme expérience. Tout ce qui ne peut pas être partagé n'existe pas ou n'a pas existé, car une expérience traumatique qui ne peut pas être partagée est insoutenable ; cad : invivable... socialement (à moins de vivre sur une île déserte dans un environnement a-social : là où aucun partage n'est envisageable).

    D'où la tentation du déni ou de la négation de l'événement avec l'assentiment et le soutien moral du plus grand nombre.

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    Pour rebondir et prolonger... cliquez Cinéma, de film en film

     

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  • Johnny Hallyday, le retour de l'enfant prodige : veau gras et célébration

     

     

    johnny halliday est mort

     

                 De sa première télévision au côté de Line Renaud à l’âge de 17 ans, en Jean-Philippe Smet effacé et timide, aux concerts-festins-gargantuesques d'un Johnny Hallyday démiurge devant un public composé de plusieurs dizaines de milliers de fans dans les années 70 jusqu’aux années 2000…

    Nietzschéen sans le soupçonner pour n’avoir jamais lu Nietzsche, dans son parcours en forme de « Deviens qui tu es ! », Johnny Hallyday aura aussi été, très certainement, un modèle pour son public dans l'intimité d'une relation d'une grande intensité émotionnelle  - modèle de volonté et de persévérance -, deux générations durant.

    Rage de vaincre dans une dépense d'énergie exceptionnelle sur la durée, Johnny  a conquis la France comme s’il s’agissait de conquérir le monde : avec démesure et dans la surenchère : toujours plus de lumière, toujours plus de musiciens, plus de voix, plus de places à prendre d’assaut.

    Nous qui étions proches d’un Ferré, d’un Bernard Lavilliers, des auteurs- compositeurs-interprètes, dans ces mêmes années 70, jamais avares de mots lorsqu’il s’agissait de conspuer une "chanson de variété" sans queue ni tête, nous tous avons fini par nous y faire (1) : c’est sûr, Johnny Hallyday ne partirait pas ; il faudra faire avec ; il sera là pour longtemps et aujourd’hui pour plus longtemps encore : l’éternité ?

    Il faut le rappeler : les publics de tous ces artistes ne se mélangeaient pas ; très clivées ces années 70, jusque dans la chanson dite populaire, à un point que l’on n'imagine pas aujourd’hui ! de Lavilliers à Claude François, de Maxime le Forestier à… Johnny Hallyday justement, tous nous nous ignorions superbement. D’un côté l’ouvrier déjà à la tâche au sortir de son adolescence, en majorité mâle – les fans de Johnny, les lève-tôt, ceux qui n’ont pas le droit à l’erreur, lui qui avait tous les droits : droits à tous les excès ; les mêmes qui lui ont permis de se relever, mille fois,  et d’aller jusqu’au bout, tout au bout…toute énergie consommée ; de l’autre, les traînards des lycées et des facs, quelques glandeurs aussi,  qui souhaitaient changer le monde avant même d’y être entrés de plain-pied.

     

                       Authentique artiste populaire aux fans à la dévotion touchante d’une fidélité à toute épreuve, héros auprès d’un public qui ne s’y est pas trompé, il était leur "winner"  à tous ;  eux qui se situaient que trop rarement du côté des vainqueurs.

    Artiste de variété le plus moqué, son public un temps méprisé, avec  « la réconciliation » des années 90 puisque le jeu n’en valait plus la chandelle - suite à la trahison du PS, il n’était plus nécessaire de se penser « à gauche » contre une droite et ses beaufs -, tout rentra dans l'ordre : Maxime le Forestier écrira pour Johnny et le quotidien Libé saura en dire du bien : c’est vous dire, c’est tout dire ! Un Johnny qui  jouira alors d’une impunité à toute épreuve auprès de tous : public,  médias et classe politique.

    Trente glorieuses, société de consommation.... indissociable de  la frénésie  Rock n'Roll-esque, Johnny Hallyday c'est aussi un fait social et un fait économique : il aura été l'instrument  d'un nouveau concept  à but très lucratif venu tout droit, là encore, des USA : "La jeunesse" et le Jeunisme... "Johnny l'idole des jeunes" en pilier d'un consumérisme encore en gestation mais qui ne demandera qu'à s'imposer partout, en tout lieu et pour finir, en chacun de nous.

    Caricaturé par tous ceux qui en ont fait un commerce (2), les sarcasmes ne l’atteignaient pas ; du moins, il s’est bien gardé de le montrer ; jamais capricieux, si Johnny Hallyday a fait du cinéma, jamais il n’a « fait sa star ». 

    Finalement, c’est le public de Johnny qui s’est imposé à nous car nous aurions été mal venus de continuer de le bouder ou de le ridiculiser plus longtemps : à gauche on pouvait encore « snober » l’artiste mais pas son public ; pas ce public-là en tout cas : classe ouvrière oblige ; c’était donc devenu un devoir que de reconnaître le bien-fondé, la justesse de leur engouement et sa nécessité à la fois émotionnelle et psychique : le partage, l’appropriation, l’intériorisation et la fierté de soi retrouvée dans la communion et le soutien à cet artiste mille fois rappelé sur la scène et  dont ils entretenaient la célébrité et le tonus - ils le maintenaient en tension -  car c’est bel et bien le public de Johnny qui a fait Johnny Hallyday et non le matraquage radiophonique et télévisuelle des maisons de disques.

    La classe politique n’était pas en reste. Tous s’y précipitèrent, tous s’y frottèrent, s’y collèrent – s’y vautrèrent  -, auprès de cette figure maintenant iconique. Il faut croire que Johnny lavait plus blanc que blanc malgré lui qui ne savait pas leur dire non : Giscard, Chirac et Sarkozy. Tous ont gagné leur élection. Johnny portait chance.                      

     

                      Si Eddy Mitchell a épousé le Rock n’roll du bout des lèvres, avec parcimonie, précautionneux – à chaque jour suffit sa peine de chanter et de vivre ; son public plus féminin que celui d'Hallyday, n’avait aucun goût pour l’hybris  -, Johnny choisira très vite de prendre  le Rock n'roll au mot, à la lettre ; acteur majeur de la scène Rock à la sauce française,  il y investira tout jusqu’à y laisser sa santé.

    Il s’est approprié le Rock, cette grande gifle rythmique des années 50, jusqu’à en faire une exclusivité française, bien française ; trop français alors Johnny comme on pouvait l’être dans les années 60 et 70, parmi une minorité de quelques millions d’invisibles durs au labeur ; d’où le fait qu’il ait été si peu suivi des Français issus d’une culture autre qu’occidentale.

    Symbole sexuel masculin par excellence, un des premiers dans le contexte français, il a joué, usé et abusé de son corps comme de sa voix ; dans le vacarme et la fureur de vivre, ses fans, au fil des ans, ont sans doute pu craindre qu'il ne soit plus à la hauteur de son destin après un précédent tragique : celui d'un Elvis décédé à l'âge de 44 ans.

    Halliday savait ce qu'on attendait de lui. Il s'y est plié. Même s’il n’a ni écrit ni composé aucune des chansons de son répertoire,  à l'exception de deux titres, c’est bien lui, en les interprétant, qui leur donnera la vie ; et quelle vie ! A chaque naissance, le nouveau-né dionysiaque venait au monde avec tapage ;  il pouvait alors  être tentant de  confondre les grandes gueules avec les grandes voix.

    Ce Mick Jagger français privé des Rolling Stone roulera sa bosse de scène en scène, 60 années durant. On peut soupçonner que Johnny n’a rien calculé ; d’autres s’en sont très certainement chargés ; lui fonçait tout droit, sans se poser de question, craignant ni le ridicule ni le faux-pas. Les amitiés qui l’entouraient n’étaient pas toujours désintéressées ; faut dire qu’on le disait généreux : il ne savait pas dire non,  là encore.

     

                       Sa mort, la mort de ce gladiateur du rock et de la scène, c’est aussi un retour : le retour de l’enfant prodige. Nul doute que son public saura tuer le veau gras car un Johnny Hallyday, ça ne se commémore pas, ça se célèbre porté en triomphe. Aussi, rendons-leur à tous leur idole ;  donnons  à son public la primeur d’une célébration qui n’aura rien à devoir à personne.

     

    1 - Un peu comme avec Jean d’Ormesson qui vient de nous quitter : d'Ormesson n'avait pas grand-chose à dire mais il le disait bien ; ce qui fait qu'on a tous fini par croire qu'il avait quelque chose à dire : en cela, c'était bien un homme de son temps. Et tous s’y sont laissés prendre.

    2 - La dernière "Une" de Charlie Hebdo aurait été drôle si Johnny avait pu triompher de cette maladie qui l’a emporté ; parti quelques jours après sa publication, la blague tombe à l’eau ; mais c’est là, les risques du métier de caricaturiste.

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  • Premier... il sera le dernier

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                  Dès les années 50, et plus tard, à sa maturité, ainsi qu'au plus fort de son influence et de sa domination dans les années 70 et 80, Charles Aznavour aura été le chroniqueur des chambres à coucher, là où les couples se font et se défont : drame de la vie conjugale... union, désunion, trahison et ruine. Faut dire que cet artiste n'a jamais su se résoudre à "quitter la table" même et surtout "lorsque l'amour est desservi..."      

                   Authentique artiste populaire, aujourd'hui universel, faisant l'unanimité, ce petit homme (par la taille) a tout osé. Fils d'immigrés arméniens, de lui, il a tout inventé, tout créé... de lui et de son Art (1).

    Auteur-compositeur d'une comédie humaine qui n'en a jamais fini avec l'enfer et le paradis, la chute et l'ascension, il aura hissé le music-hall jusqu'au sommet ; même si l'émotion, et parfois la rage des sentiments, se sont peu à peu étiolées au fil des ans et de sa carrière internationale - sa carrière anglo-saxonne n'ayant rien arrangé : elle aura fait de lui un show-man, et pire encore... un crooner ; comme quoi, la chanson française n'a rien à gagner au contact de la langue anglaise !

     

     

    E io tra di voi (Et moi dans mon coin)

     

                  Dans une carrière menée tambour battant, en expert, jusqu’à ameuter le monde entier (dès les années 50, Aznavour travaillait déjà à la traduction en langue anglaise de ses chansons), les textes du maître couvriront tous les âges de la vie et tous les personnages : la femme, la mère, l’épouse, le mari, l’amant, le père de famille… ils évoqueront toutes les conditions, riches et pauvres, les minorités (Les immigrés), la condition homosexuelle des années 70 (Comme ils disent), les affres du Rideau de fer (Camarade), le compagnonnage fraternel (Au nom de la jeunesse – Nos vertes années) bucolique et juvénile.

                 Artiste composite, artiste de la synthèse, sans aucun doute la marque des plus grands, Aznavour combinera un Jacques Brel à fleur de peau avec son cœur à vif (Je bois), l’esprit caustique d’un Brassens avec l’appui de l’auteur Bernard Dimey, la fantaisie poétique d’un Trenet, Piaf Edith, figure malingre que la vie a ravagée et qui lutte encore debout faisant face… et puis le cabaret, temple des premières années d’un Léo Ferré, avec l’intérêt qu’il portera aux poètes de la bohême, la vraie, celle de la faim : André Salmon entre autres… auquel il offrira une de ses plus belles mélodies.

    Des musiques jazzées des années 50, au twist des Yéyés, puis, après mai 68, le col roulé du chanteur à texte, avant d’embrasser les années 70, années glamour - paillettes, coupe et tissu Ted Lapidus aux motifs extravagants, aux couleurs impossibles d’une élégance pourtant inégalée - en traversant toutes ces époques, toutes ces modes sous la contrainte et le danger d’une relégation et d’un oubli toujours possibles, d'une ambition colossale qui ne connaîtra jamais de repos faute d'assouvissement - plus, toujours plus de succès, de notoriété, de célébrité sur tous les continents -, Aznavour n’a jamais lâché la nécessité d’une qualité irréprochable, textes et mélodies, travaillant avec les meilleurs arrangeurs (Paul Mauriat, Raymond Lefèvre, Christian Gaubert, Del Newman, Kenny Clayton, Marvin Hamlisch) au côté de son beau-frère compositeur Georges Garvarentz. Et si les modes, d'importation principalement anglo-saxonnes, ont pu un temps menacer son Art, il les aura toutes domestiquées et dominées avant de les laisser loin derrière lui car "le style Aznavour" c’est un cocktail savamment dosé :

    - Un visage sans frontières, aux mille kilomètres parcourus et dont l'histoire semble bien plus grande encore que les yeux qu'il abrite et ce regard inquiet, agité, comme aux abois...

    - Un corps chétif qui menace toujours de basculer, oscillant, jamais vraiment stable : c'est ce corps-là qui porte la voix...

    - Une voix, un souffle et un phrasé hors norme...

    - Une gestuelle qui trahit une tension, un désir et une impatience :
    être entendu et convaincre...

    - Un texte impudique qui ne renonce jamais à dire dans le fond comme dans la forme, ce qui est le plus souvent tu ; texte ciselé pour servir un thème récurrent, véritable marque de fabrique de l’artiste : la déception amoureuse et l’usure des sentiments ; thème à la fois universel et d’une proximité et d’une intimité à toute épreuve...

    - Une structure mélodique à la fois savante (classique) et populaire (traditionnelle), métissée à grand renfort d'appoggiatura, de turns, de mordants et autres ornements musicaux que l'on peut aisément retrouver dans tous les chants traditionnels, toutes civilisations confondues, de l'Irlande à l'Asie, en passant par le Maghreb, le Proche et Moyen-orient...

    - Structures mélodique, harmonique et une orchestration, ou bien plutôt une couleur harmonique et instrumentale d’une efficacité redoutable car…  personne n’a les mots de la musique et la musique des mots comme cet artiste (Nougaro et Ferré peuvent seuls rivaliser)…

                  ............Corps, voix, gestes, texte et musique comme autant de personnages d’un théâtre de l’intime, mêlant sublime et catharsis, Aznavour est à la chanson ce que le théâtre est à l'expérience humaine : notre expérience à tous car, personne n'échappe à Aznavour. Et l'on y revient toujours à la première alerte amoureuse comme un amant sur les lieux de sa dernière conquête ou défaite, c'est selon. Et l'artiste le sait avant même que son public n'en fasse l'expérience jubilatoire ou bien amère.

     

                           "Dites-moi que je suis mauvais que je sois meilleur encore !"

     

                      Eternel challenger, lutteur acharné, pourtant favori et sans rival - toujours plus de travail, toujours plus d'entêtement ! -, compétiteur-né, sacrifiant tout à son métier, plus d'un demi-siècle durant, sûr de son talent et de la nécessité de son succès... tel un impératif catégorique, nul autre que cet artiste ne se sera autant construit sur l'échec et sur ce succès qui tardera à venir après 27 ans passés sur les planches - depuis l'enfance -, sur des critiques assassines qui le forceront à se hisser jusqu'au sommet de son Art, jusqu'à produire les meilleurs textes, les meilleures mélodies et les meilleurs arrangements. 

                    Premier dans une carrière internationale de plus de 60 ans, il aura accompagné jusqu'à leur dernière demeure plus de deux générations de chanteurs : de Piaf à Bécaud en passant par Claude François et Michel Delpech, Brel et Brassens, et plus récemment Johnny Halliday ; à l'international : Franck Sinatra et Sammy Davis, jr. D'une longévité hors du commun - à l'âge de 92 ans, Charles Aznavour se produit encore sur toutes les scènes des capitales du monde entier -, TIME Magazine et la chaîne CNN l'ont récemment élu "Artiste du siècle" devant Elvis et Bob Dylan. Toujours sur son 31, si Aznavour est le plus grand hommage qu'un artiste de music-hall puisse rendre à son public, il est aussi et surtout, sans l'ombre d'un doute... le dernier tragédien de la scène artistique populaire mondiale.

     
                                          

     

        

    1 - Néanmoins, Aznavour reconnaît la filiation artistique suivante : Maurice Chevalier pour la carrière internationale, Charles Trenet pour les textes et Piaf pour la dramaturgie scénique.          

    ____________________________

     

    Aznavour à travers le monde

     

    Une version de "Comme ils disent" par le transformer Lola Lasagne

     

     
                     

     

    Roy Clark dans une interprétation de la version anglaise de "Hier encore".  

     

     

     

    Ray Charles... La Mamma

     

     

     

    Nina Simone : "Tomorrow Is My Turn" sur la mélodie de "L'amour c'est comme un Jour"

     
    Bob Dylan dans la version anglaise (The times we've known) de "Les bons moments"

     

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  • Georges Brassens : la mort lente des idées et de l'engagement


                                             

     

                     "Mourir pour des idées, d'accord ! mais de mort lente."
     
                      Brassens aimé ! Brassens adulé  ! Brassens célébré ! Brassens, en veux-tu en voilà  ! France Culture, France Inter, RTL, Arte, France 2... Brassens est partout. Tout le show business a chanté et chante  un Brassens irréprochable, un Brassens tellement "futé", tellement caustique et drôle à la fois, un Brassens impertinent aussi... tenez : un Brassens anarchiste.
     
                       "Mourir pour des idées, d'accord ! mais de mort lente."
     
    Alors ? Rebelle Brassens ? Anticonformiste Brassens ? Sans doute a-t-il pensé qu'il suffisait d'être antimilitariste et anticlérical (la belle affaire !) pour se dire "anarchiste" et tenir debout en tant qu'homme ; Brassens ainsi que  son public et les médias qui n'ont pas cessé de nous "vendre" un Brassens courageux, téméraire et anticonformiste. D'autres, en revanche, savent quel prix il faut payer pour le rester " Homme" dans la paix comme dans la guerre, face à ceux qui veulent faire de vous un esclave.
     
    Le texte de la chanson présenté plus haut devrait nous éclairer : dans cette chanson, Brassens prend le parti d'assimiler  tout engagement à caractère politique, toute philosophie morale, à du fanatisme : les engagés sont des enragés ; les considérations morales et éthiques... de la moraline de la pire espèce ; tour de passe-passe bien commode quand on a pour "petite philosophie de vie" une seule préoccupation majeure : garder ses distances, se tenir éloigné de tout échauffement cérébral à caractère politique et/ou intellectuel.
     
    Et puis, le texte de cette autre chanson : "Les deux oncles" (1) ; texte dans lequel Brassens refuse d’opposer au chasseur de Juifs et de Communistes le Résistant : ses deux oncles en l'occurrence. Il est vrai que Brassens choisira le STO ; compromis entre le choix du collabo et celui du Résistant ? Ou bien, s'est-il agi de botter en touche (2) ?
     
     
                         "Mourir pour des idées, d'accord ! mais de mort lente."
     
                         Après l'évocation des qualités de rugbyman de ce troubadour nonchalant qu'est Brassens, une autre question s'impose : anti-intello primaire Brassens ? Philistin Brassens ? Il est vrai qu'il s'est vanté de connaître par cœur le répertoire de Louis Mariano  et de Tino Rossi : l'Espagne et la Corse : anisette et farniente - 40° à l'ombre ; de quoi contraindre tout un chacun à l'immobilité et à l'indifférence : "Trop chaud, trop, vraiment trop chaud !"
     
                   Il semblerait que Brassens, figure national, ait réussi, mine de rien, subrepticement pour ainsi dire, à l'insu de tous, et de son public en particulier,  ce tour de force qui consiste à passer à côté de son époque, de toutes les époques : dès 1940 donc. Comme quoi, on prend vite le pli quand on commence tôt : en effet, dans ses textes, on ne trouvera rien qui puisse nous ramener aux années 60 et 70 : aucune actualité, aucun de leurs enjeux sociétaux et politiques ( un Alain Souchon aura fait mieux, beaucoup mieux dans ce domaine, c'est vous dire !).
                    
                Que Brassens soit célébré, qu'il fasse l’unanimité dans tous les milieux de la chanson et dans la bourgeoisie ( de son vivant et aujourd'hui davantage encore puisque c'est bien cette bourgeoisie qui continue de mettre en scène sa postérité), mais quasiment ignoré chez l’ouvrier des années 60 et 70, rien de surprenant : les chansons de Brassens, le personnage,  réconcilient toutes les insouciances, tous les égoïsmes, toutes les indifférences, tous les individualismes bourgeois et tous les imbéciles heureux  car, manifestement, Brassens  ne s'est dérangé pour personne et n'a dérangé que quelques grenouilles de bénitier et autres culs serrés, contrairement à cette autre voix, symphonique celui-là et fort en gueule : Léo Ferré. Scandaleusement ignoré des grands médias , absent des célébrations, boudé par la jeune génération du show-business, Léo Ferré aura épousé tous les soubresauts de notre société - de la guerre d'Algérie à Mai 68, du monde du travail, d'une jeunesse à la recherche d'une cause à défendre à l'abêtissement de la société de consommation -, il aura été de toutes les époques, témoin et pourfendeur...
     
                 Et puis aussi, et puis surtout, il aura été le seul poète, authentiquement poète, sans rival excepté chez les plus grands (Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Césaire, Char), que la chanson, le music-hall, la scène et une production discographique d'une richesse sans égale, aient  jamais porté jusqu'à tous les sommets.
     
                     Si un train peut en cacher un autre, Brassens, c'est le recours contre la célébration et la transmission de l'œuvre d'un "artiste total" finalement bien encombrant.
     
     
     
     
    1- Un lien utile à propos d'une autre  chanson « les deux oncles ».... : http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=88&corriger=0.646&analysebrassens=eaefe7465b4654c59bfcb4d125c60455
     
     
    2- Le sujet de ce billet ne consiste pas à juger l’attitude de Brassens durant l’occupation... mais sa discographie (deux chansons en particulier) et l’idée que s’en font son public, les gens du métier et les médias : ce que l’on a cherché à nous vendre avec Brassens ; un Brassens aujourd’hui omniprésent. Brassens adulé face à Ferré ignoré... ce n’est évidemment pas un accident ; la raison, on la trouve dans les chansons de Brassens et dans l’œuvre de Ferré. Aucune prise de risque , aucune mise en danger chez Brassens, il y a chez lui quelque chose qui relève de l'imposture et de la recherche d'un grand confort.
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  • Harcèlement, chantage sexuel, agression…

     
     
                      Ca sert aussi à ça la notoriété, la célébrité, l'argent et le pouvoir : acteurs, artistes, chanteurs, animateurs de télé, journalistes, producteurs, élus politiques... se servir, s'en mettre plein la braguette : Strauss-Kahn en était l'archétype.
     
    Incapables de se contenter de celles qui disent " oui" ( et pourtant, il paraît qu'elles sont nombreuses dans certains milieux), il leur faut aussi celles qui disent "non !" Prédation sans fin… arrogants, sans pitié, pourris-gâtés, tous se paient aussi sur « la bête » comme sur cette actrice prête à tout pour tourner dans le film qui lancera sa carrière ; pour cette raison, elles sont toutes vulnérables et les hommes le savent. Mais qu’elles comprennent ceci : à chaque fois qu'une d'entre elles cède, elle prépare toutes les autres à subir le même sort ; après tout, il y a harcèlement lorsque la femme dit "non !"et que l'homme insiste. Lorsqu'elle dit "oui" .... la question ne se pose même plus.
     
    Mais alors : "Qui sont-elles toutes les autres pour dire "non ?" s'interroge le harceleur.
     

    Weinstein Producteur de cinéma, polanski accusé de viol, haziza suspendu de lcp, ramadan accusé de viol, harcèlement, chantage sexuel

     
       
     
     
     
     
     
     
     
     
                    A la lumière des récits qui sont rendus public par toutes ces femmes harcelées, on découvre sans surprise, là encore, ceci : celles qui ont dit manifestement "oui" et qui ont ainsi échappé aux affres du harcèlement, sont celles qui, après avoir été sans aucun doute récompensées, n'ont pas eu assez de mots culpabilisants pour décourager leurs congénères qui s'évertuent à dire "non", de rendre public des comportements du sexe opposé inacceptables ; en effet, les dernières révélations de toutes ces femmes qui s'étaient confiées ont révélé ceci : ces femmes victimes de harcèlement n'ont pu que déplorer le fait que leurs congénères, occupant le plus souvent des postes à responsabilité, les encourageaient à se taire ; et quand on sait que... plus il y aura de femmes ambitieuses et carriéristes, plus le harcèlement sera un recours pour ceux qui souhaitent profiter de leur position pour obtenir des faveurs d'ordre sexuel... celles qui disent « non » ont donc du souci à se faire car elles ne pourront manifestement pas compter sur la solidarité de celles qui ont dit "oui".
     
    Quant à celles que se sont tues durant toutes ces années pour ne pas compromettre leur carrière, c'est sûr : les hommes ne sont pas près de renoncer à tenter leur chance avec celles qui s'apprêtent à entrer dans cette même carrière. Quant à celles qui refuseront soit de se taire soit "d'y passer"... elles se sentiront bien seules puisque manifestement, elles ne pourront pas compter sur le soutien de leurs.... rivales.
     
    _________
     
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  • Bukowski, Gazzara, Ferreri and co

     

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    Style is the answer to everything.
    Fresh way to approach a dull or dangerous day.
    To do a dull thing with style is preferable to doing a dangerous thing without style.
    To do a dangerous thing with style, is what I call art.
    Bullfighting can be an art.
    Boxing can be an art.
    Loving can be an art.
    Opening a can of sardines can be an art.
    Not many have style.
    Not many can keep style.
    I have seen dogs with more style than men.
    Although not many dogs have style.
    Cats have it with abundance.

    When Hemingway put his brains to the wall with a shotgun, that was style.
    For sometimes people give you style.
    Joan of Arc had style.
    John the Baptist.
    Jesus.
    Socrates.
    Caesar.
    García Lorca.
    I have met men in jail with style.
    I have met more men in jail with style than men out of jail.
    Style is a difference, a way of doing, a way of being done.
    Six herons standing quietly in a pool of water, or you, walking
    naked out of the bathroom without seeing me.

     

    ***
         

     

     

    Extrait de Tales of Ordinary Madness de Marco Ferreri d'après le roman de Charles Bukowski (1920–1994).

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    And the sun wields mercy but like a jet torch carried to high.

    And the jets whip across its sight
    and rockets leap like toads…

     

    Peace is no longer, for some reason, precious.
    Madness drifts like lily pads
    on a pond circling senselessly…

     

    The painters paint

    Dipping their reds and greens and yellows
    poets rhyme their loneliness
    musicians starve as always

    and novelists miss the mark…


    But not the pelican , the gull
    Pelicans dip and dive, rise,
    shaking shocked half-dead
    radioactive fish in their beaks…

     

    The sky breaks red and orange

    Flowers open as they always have opened

    but covered with thin dust of rocket fuel

    and mushrooms, poison mushrooms…

     

    And in a million rooms, lovers lie entwined and lost and sick as peace…
    Can’t we awaken?

    Must we forever, dear friends, die in our sleep?

     

     

    ____________________________

     

    Extrait du poème And the sun wields mercy de Charles Bukowsk

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