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  • Le chanteur Renaud soutien de Macron : un sevrage de trop pour le Johnny Hallyday de la chanson engagée ?

    Billet de Blog  publié en 2016

     

     

                  Renaud a 64 ans ; il n'avait pas sorti d'album depuis 2006. Une dépression profonde a eu raison du chanteur : "... dix ans de pochtronnerie et  d'errance où je n'ai cessé de boire..." précise-t-il dans une interview.

                  Qu'à cela ne tienne : Renaud nous est revenu. Avec 287.323 exemplaires écoulés en sept jours, son nouvel album aura battu en 2016 tous les records de ventes.

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                                    Clip du titre : "Toujours debout"

                               Debout, les jambes arquées... on sera vraiment tentés de suggérer : "Apportez-lui une chaise ! Vite, avant qu'il ne s'écroule !"

     

    ***

     

     

                         Une écoute et un regard critique d'un fan de Renaud, le Patrick Bruel de la chanson engagée, à propos de son dernier album.

     

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                         Avril 2014 : le chanteur Renaud sifflé sur scène quand il annonce qu'il va voter pour Emmanuel Macron

     

    ***

     

                    Renaud sort donc de dix ans d'alcoolisme. Toujours anarchiste, dans une interview à l'Express datée du 30 mars 2016, et dans les textes des chansons de son dernier album, il dit s'être réveillé, a embrassé un flic... et contre La fille de Le Pen, au second tour de l'élection présidentielle, toujours très anarchiste sans doute, Renaud  confie qu'il votera sans hésitation pour Fillon (ou Juppé le cas échéant). Là, on redécouvre un Renaud gardien de notre belle et grande République. En effet, que deviendrait-elle sans lui ?

    Rien sur Charlie Hebdo auquel il a longtemps collaboré, rien sur la responsabilité de Philippe Val dans la mort des membres fondateurs octogénaires qui n'y étaient pour rien... même si Renaud prendra soin de conseiller aux Juifs français décédés lors de la prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes en Janvier 2015, d'aller reposer à Jérusalem (cherchez l'erreur !) ;  les Palestiniens ont du souci à se faire, car Renaud (un de plus !) semble les abandonner à l'arbitraire colonial israélien.

                    Pour le reste, à propos des textes de ses dernières chansons, force est de constater que le chanteur a toujours autant de mal avec la langue française, son vocabulaire en particulier... une langue donc, la sienne, décidément plus proche du niveau du brevet des collèges que de celle d'un Ferré ou d'un Nougaro, ses maîtres.

    Comme quoi...

     

                    Renaud est parti en tournée en octobre 2016 ; en revanche, Jean-Louis Murat qui a sorti, lui aussi, un nouvel album dans la même, en sera privé ; en effet "... les salles préfèrent programmer des gros cons comme Renaud ou Polnareff" lance-t-il dans Metro-news, à qui veut bien l'entendre.

    Et nous l'avons entendu.

     

    ***

     

                     Manifestement, le sevrage est mauvais conseiller ; sevrage qui semble être venu à bout de la raison anarchiste ou anarchisante d'un Renaud déjà pas mal en porte-à-faux avec ce qu'implique un tel engagement.

                     Et puis, Renaud, c'est vrai, on l'aimait bien quand il était bourré au pastis, silencieux et absent. Aussi, ne se trouve-t-il donc personne pour lui tendre un verre, un dernier pour la route ?

     

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    Un des textes les plus radicaux de Léo Ferré

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  • Le fonctionnement d'Agoravox en question... *

    le fonctionnement d'agoravox en question

     

     

    * billet plébiscité par les lecteurs d'Agoravox mais refusé par "le comité éditorial fantôme" de la rédaction.

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    Si AgoraVox est un média citoyen, le fait que « tout un chacun peut devenir rédacteur d’AgoraVox  » n’en fait pas pour autant un media ouvert. 

    Quant à la politique éditoriale d’AgoraVox, elle consisterait donc « à essayer de mettre librement à disposition de ses lecteurs des informations thématiques inédites, détectées par les citoyens ». Or, chez Agoravox, il n’y a pas de « politique éditoriale » véritable puisqu’il n’y a pas de « comité éditorial » digne de ce nom ; un comité vraiment responsable.

    En effet, comme il nous l'est rappelé : « Il (le comité) est constitué des milliers de rédacteurs inscrits sur AgoraVox. » Et seuls ces derniers sont donc autorisés à « voter » pour ou contre la publication d’un article.

    Notez qu’il s’agit d’un vote sans visage, sans nom. Un vote anonyme. Un vote sous pseudo.

    Autant dire, qu’il n’y aucune « prise de responsabilité » dans ce qui est publié et dans ce qui ne l’est pas, de la part des fondateurs de ce média puisqu’il est aussi précisé ceci dans sa présentation : « Sur AgoraVox, la parole n’est ni au "peuple", ni aux "élites". La parole est à ceux qui ont des faits originaux et inédits à relater ou qui veulent mettre en perspective des informations existantes. »

    A propos du fonctionnement d’AgoraVox, il est exposé ce qui suit : « … tous les internautes ayant publié au moins 4 articles sur AgoraVox deviennent de facto modérateurs. Tous les modérateurs (bénévoles) sont chargés de voter individuellement sur chaque article. »

     
    Si le souhait des fondateurs d’Agoravox consiste justement « à obtenir une diversité de profils pour créer une vraie richesse rédactionnelle et informationnelle » force est de constater depuis deux ans, que les billets rejetés ont la fâcheuse habitude de traiter de sujets (et/ou de personnes), qui le sont pareillement rejetés par tous les médias dominants ; un peu comme ces talk-show qui invitent tous ceux qui sont invités partout ailleurs et rejettent tous ceux qui le sont tout autant ; les producteurs se « refilant » les mêmes invités issus, soit dit en passant, des mêmes plans médias.

     

    C’est la rubrique "Tribunes Libres" pourtant censée privilégier des opinions personnelles qui le plus souvent fait les frais d’un système de votation qui exclut les sujets ou les personnes ( et les analyses critiques ou non à leurs sujets) rejetés (black-listés) partout ailleurs ; situation incompréhensible dans le contexte d’Agoravox, un média qui, sauf erreur, a ou avait pour ambition de contrer les médias dits « dominants » - et de combler les manques et la censure en matière d'opinions ; médias qui ont pour propriétaires des affairistes milliardaires.

    A titre d’exemple…

    A propos du train de vie d’un François de Rugy, homme sans qualité ni pouvoir, près de 10 articles, validés donc par des contributeurs-électeurs, se sont succédé à propos d’une affaire et d’un individu qui ne méritent pas plus d’un paragraphe (moi-même j’ai déposé un commentaire de quatre lignes à son sujet ; après coup, j’ai jugé que c’était déjà de trop)…

    En revanche, à propos des personnalités telles que Soral, Dieudonné, Veil, Finkielkraut (et consorts), Garaudy - billets d'analyses critiques ou bien "de soutien" partiel ou total -, et des sujets tels que l'antisémitisme et son instrumentation ainsi que les acteurs de cette instrumentalisation, j’ai pu constater que ces contributions sont systématiquement refusées ; notez qu’elles le sont partout ailleurs dans les médias main-stream mais pas sur Facebook ni Youtube ni 20Minutes qui seraient alors bien plus « citoyens et ouverts » que Agoravox ?

    La question est posée.

    Aussi, il semblerait qu’Agoravox s’oriente vers un recentrage (est-ce parce que ce média opte depuis quelques années en faveur d’ un modèle économique qui repose principalement sur les revenus publicitaires ?) qui n’ose pas dire son nom : un recentrage anti-politiquement-correct… finalement très très correct ( un peu à la "sauce France Inter") et dont les tenants et aboutissants, et la déontologie de ce recentrage, pourraient légitimement être remis en cause avec le questionnement qui suit : les votes sont-ils vraiment ceux qui se sont exprimés ou bien, y a-t-il un biais… comme un « contournement » ?

    En d'autres termes : existerait-il chez Agoravox une sorte de comité éditorial parallèle, secret, un comité fantôme ?

    La question, là aussi, est posée.

    Agoravox tient toutefois à parler de « politique éditoriale » alors qu’il ne saurait y en avoir une dans le cadre de votes anonymes sans visage, votes de tout le monde et de personne, et par conséquent, vote sans responsabilité : « D’une manière générale, les articles qui ne respectent pas la politique éditoriale telle que définie ci-dessus ( ?????? ndlr) ou les articles à caractère diffamatoire, pornographique ou commercial… »

     

    Exclure la diffamation, les provocations à la haine… cela n'a rien à voir avec une politique éditoriale ; il s’agit simplement d’appliquer la loi ; loi respectée par tous, du Figaro à Agoravox en passant par Marianne et Lobs ; d’autant plus que quiconque ne s’y soumet pas, est passible de poursuites et de condamnations sévères.

    L’affirmation (sa naïveté) la plus absurde est sans aucun doute à trouver dans la profession de foi suivante : « AgoraVox ne revendique aucune appartenance ou orientation politique, sociale, économique, culturelle ou religieuse.  »

    Mais alors, Agoravox ça n’existe pas ? Nous tous aurions, au fil des ans, rêver Agoravox ?

     

    Après ces questionnements, passons aux propositions car je souhaite soumettre aux lecteurs le projet suivant :

     

    1 - création d'un véritable comité éditorial ( comité tournant…)

    2 - comité élargi à ceux qui commentent nos billets afin que la tentation du « politiquement-incorrect très correct » ne vienne pas exercer un contrôle total sur la publication. En effet, si à la longue, seuls les billets relevant de ce qualificatif sont publiés, seuls leurs auteurs auront accès au droit de vote…

    3 - comité de six personnes tiré au sort… sur la base du volontariat, bien évidemment…

    4 - mandat de six mois non renouvelable…

    5 – publication d’un billet à partir de 3 avis favorables sur 6 ( dans le cas d’un comité composé de 6 membres)

     

    Car il est temps que Agoravox cesse de se cacher derrière un système de votation opaque qui, mois après mois, ouvre la porte à toutes les suspicions quant à son honnêteté et sa loyauté envers ce que ce média dit "alternatif" révendique depuis son lancement.

     

    Débattons-en !

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                Liste non exhaustive des billets refusés par la rédaction d'Agoravox ces 12 derniers mois

     

     

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  • l'Elysée, Matignon, Castaner et le syndicalisme policier : l'esprit républicain en question

    Le gouvernement a promis de "faire toute la lumière" sur la mort de Steve Maia Caniço, disparu il y a plus d'un mois lors de la Fête de la musique à Nantes. Selon le rapport de l'IGPN publié mardi, "il ne peut être établi de lien entre l'intervention de la police (...) et la disparition" du jeune homme.

     

                  Pour rappel : il est ici question de la mort de Steve Maia Caniço, âgé de 24 ans, disparu il y a plus d'un mois lors de la Fête de la musique à Nantes qui aurait nécessité une intervention des forces de l'ordres tard dans la nuit. Selon le rapport de l'IGPN publié mardi 30 juillet, "il ne peut être établi de lien entre l'intervention de la police (...) et la disparition" de Steve. 

    Les analyses dentaires ont confirmé l’identité du corps retrouvé dans la Loire, plus d’un mois après la disparition du jeune homme.

     

    _____________

     

    Gilets jaunes maltraités, d'autres grièvement blessés et d'autres encore mutilés, lycéens humiliés et terrorisés, écolos gazés... des mois durant dans l'indifférence générale d'une opinion publique complaisante et des médias réticents à l'idée de se faire l'écho des questions et des critiques soulevées par un bon nombre d'acteurs, ici en France et à l'Etranger, à propos des méthodes d'un maintien de l'ordre placé sous la direction d'un Christophe Castaner qui bénéficie depuis son entrée en fonction d'un soutien inconditionnel du Matignon et de l'Elysée... 

     

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    Une répression qui se déploie à grand renfort de mercenaires, de voyous du maintien de l’ordre, de miliciens aux comportements crapuleux et sadiques… tout un dispositif répressif dont l’âme boueuse cache difficilement un parti pris assumé pour un maintien de l’ordre sur le mode de la  terreur dans une défaite morale accomplie que "le régime de Macron" devra boire jusqu'à la lie.

    A l'heure de tous ces disfonctionnements, il est bon de rappeler ce qui suit à propos de cette police dite républicaine en toutes circonstances ; police censée être la nôtre : 

                    Il n'y a pas a priori de police républicaine (reportez-vous à son histoire : répression dans le sang des luttes ouvrières du19è et une partie du 20è siècles ; collaboration, arrestations, exécutions sous le régime de Vichy, répression et assassinats des militants opposés à la guerre d’Algérie...) ; il n'y a qu'un Etat, qu'un gouvernement et qu'une chaîne de commandement républicains ou non.

     

    ***

     

                   La raison pour laquelle l’Etat couvre à chaque fois qu’il le peut, les bavures d'une police qu'il méprise (salaires indignes, commissariats infestés de rats et de punaises, suppression de milliers d'emplois, des véhicules vétustes, des policiers dans l'obligation de financer leur matériel et leurs vêtements de protection, des milliers d'heures sup non payées, des syndicats complices... (ICI un billet à ce propos), est la suivante : cette complaisance à son égard permet à cet Etat d’éviter que cette même police comprenne enfin qu'il la méprise au plus au point, sans toutefois pouvoir s'en passer car force est de constater ceci : plus l’Etat flatte et couvre les policiers, entre deux suicides, plus l'Etat se protège d’une prise de conscience qui remettrait en cause la servitude du policier vis à vis de son maître qu’est cet Etat méprisant.

    Les victimes des bavures tout au long de l'année (à propos des Gilets jaunes, des milliers de vidéos et de témoignages sur internet peuvent en témoigner), c'est l'exutoire auquel les deux partis, le couple Etat-Police, ont recours :  l'une pour éviter de rendre des comptes à sa police ; l'autre, pour trouver un peu de consolation face à leur humiliation que représentent leurs conditions de travail et leur rémunération, la lâcheté de leur hiérarchie et de syndicats indigents (1), dans l'exercice d'une violence dite "légale" car lorsque le faible est sans courage face au fort qui l'humilie, c'est alors qu'il prend pour cible un plus faible que lui. 

                    En dehors de cette complicité dans un maintien de l'ordre à la limite du droit, voire dans sa violation pure et simple, reste à comprendre la raison pour laquelle cette police qui n'est plus la nôtre,  utilise cette souplesse avec le droit qui leur est accordée implicitement, avec autant de zèle, un tel engouement et sans se faire prier. Il est temps de se poser la question du recrutement : quelles sont les personnalités et les pathologies qui se cachent derrière un désir affiché de rejoindre la police dite nationale ? Quels sont les filtres, les garde-fous qui permettent de détecter des personnalités instables, sournoises, perverses et sadiques ou bien, soumises à toute autorité d'où qu'elle vienne ? Quel est le niveau de complaisance de l'Etat à ce sujet ?

    L'Etat aurait-il précisément besoin de ces pathologies pour, en cas de crise, obtenir de ses forces de l'ordre une adhésion totale dépourvue de la moindre conscience critique ? 

    Les preuves de cette interrogation plus que légitime sont à chercher aussi dans le "casier historico-judiciaire" et le parcours d'une police au républicanisme  très friable, à la tentation de l'arbitraire et de l'abus de pouvoir récurrente ; et pire encore, comme cela a déjà été évoqué plus haut :  dans la répression sanglante des grèves ouvrières du 19è siècle, des insurrections de 1848  et de la Commune de Paris de 1871 à la période de l'Occupation et de la Collaboration, de la torture en Algérie au Métro Charonne et aux massacres du 17 octobre 1962... 

                   ... comme autant d'actes, de délits et de crimes de générations de policiers qui se suivent et n'ont de cesse de se ressembler, mimes et ventriloques ;  un corps de métier étranger, semble-t-il,  à toute perfectibilité autre que dans la répression, et plus particulièrement dans le sens où Jean-Jacques Rousseau l'entendait :  tout ce qui distingue moralement l'homme de l'animal au cours de la longue histoire de son développement. 

     

     

    1 - A propos d'un syndicalisme policier et de son soutien quasi systématique envers sa hiérarchie ( jusqu'au ministre) à chaque fois que l’action de la police fait l’objet de critiques plus que fondées, on se permettra les constat et diagnostic suivants : la lie de l'action syndicale et de l'histoire de celle-ci dans sa morale et son efficacité ce syndicalisme policier ! Si, par morale et efficacité, on entend : la défense d'une police au service de l'égalité de traitement et de la juste utilisation de la force et sa capacité à s'opposer à toute violation de ces deux exigences... ainsi que de l'amélioration des conditions d'exercice de son travail.

    Pour preuve de cette déchéance de la tradition syndicale, le fait qu'il n'existe aucune histoire édifiante du syndicalisme dans ce corps de métier ( seules des individualités font exceptions ; le plus souvent confidentielles) car encore une fois, rappelons-le : le syndicalisme policier c'est le fond de la bouteille de l'action syndicale, plus encore... le fond du panier, celui des caddies de supermarché en particulier, avec ces tickets de caisse froissés et ses feuilles de salade desséchées.

    Une véritable insulte à la noblesse de l’action syndicale (tenir têtes aux puissants ; défendre les faibles et leurs droits), à son histoire et à ses conquêtes, ce syndicalisme de police entièrement dédié à la défense des voyous de ce corps de métier qui semble avoir fait sécession (à l’instar des classes politique, médiatique, moyenne-supérieure et supérieure) à l’endroit des classes populaires en particulier et contre tout mouvement de contestation en général, aussi pacifique soit-il !  

    Sécession après sécession, c’est maintenant l’esprit républicain qui est menacé et notre république qui est mise en danger.

     

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    Pour prolonger : Etat de droit et police - la sécession

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  • Alain Soral, une vie, une oeuvre : son parcours

          
                                   

     

                    Comment Alain Soral est-il devenu tour à tour écrivain, journaliste, scénariste ? Quels sont les événements qui l’ont poussé vers le PC puis le FN ? Sa sœur Agnès a-t-elle contribué à sa popularité ? Pourquoi a-t-il fait une quenelle devant le mémorial de la Shoah ? Est-il antisémite ? Etc.

    Autant de questions, 18 pour être précis, qui remettent en question la biographie Wikipédia de ce personnage avec NIPNIC : ni pute ni chômeur

     

    ***

     

                  Procès après procès, condamnation après condamnation, banni des médias, difficile néanmoins de se passer du courage, de l'intelligence et du talent d'Alain Soral ! Il est celui qui, aujourd'hui en France, avec l’aide de Rousseau, de Marx, de György Lukács, de Lucien Golmann, de Philippe Muray, de Michel Glouscard et de Jean-Claude Michéa , développe les analyses les plus courageuses, les plus pertinentes et les plus talentueuses sur la société française (d’aucuns écriront : "... sur ce qui est arrivé à la France...") de la fin de la Seconde guerre mondiale à nos jours ; et ce dans de nombreux domaines : l'économie, la politique, le social et le culturel.

    En cela, il demeure indispensable et quasiment irremplaçable ; Internet aussi.

     

                    A propos de la persécution dont Alain Soral fait l'objet ( avec Dieudonné)  depuis une bonne quinzaines d'années - ses "poursuivants" principaux car récurrents, se nomment le CRIF,  l'UEJF et la LICRA -, nombreux sont ceux qui ne sont pas dupes. Aussi, disons les choses : le seul reproche qui est fait à cet essayiste qui ne s'en laisse pas compter, bien que l'on puisse reconnaître de sa part quelques maladresses dans la manière d'aborder certaines périodes de notre histoire de France, ce que les "officines israéliennes" pré-citées ne pardonnent pas à  Alain Soral, c'est son soutien à la cause palestinienne, sa critique du Judaïsme et de son bras armé qu'est le sionisme, ainsi que le fait suivant : l'essayiste a toujours refusé de placer au centre de ses analyses et de ses récriminations, l'Arabe en général et le Musulman en particulier, contrairement à Zemmour, Charlie Hebdo, Finkielkraut et tant d'autres (voir le magazine Causeur à ce sujet), tous adeptes des thèses racistes et complotistes, notamment à propos de la théorie du "Grand remplacement" développée par Renaud Camus -, qui jouissent d’une impunité quasi-totale lorsqu'il est question de réserver à la communauté musulmane, communauté sans moyen, sans accès aux médias et de tout temps méprisée et discriminée, un sort injuste et cruel : celui du bouc-émissaire haïssable. 

    Refus qui est tout à l'honneur de cet essayiste pugnace, autodidacte dont le travail et la pertinence de ses analyses ont bel et bien rencontré son époque.

                  Quant à l'antisémitisme de l'essayiste, si l'on devait juger la qualité de ses analyses à l'aune de cet antisémitisme, doit-on alors disqualifier, interdire la vente, la lecture et brûler tous les ouvrages de nos auteurs français, des Lumières à nos jours, de Voltaire à Bernanos ( soit... du 18è siècle à la fin des années 1930), qui ont tous tenu des propos que l'on pourrait sans difficulté qualifier d'antisémites (1)?

    Faut-il aussi rajouter à cette liste, Schopenhauer et plus encore, Heidegger qui a formé tous nos philosophes des années 30  à nos jours, carte du parti nazi en poche et puis le protestantisme luthérien ?

    Doit-on ne pas lire Céline ? Ne pas écouter Wagner ? Deux personnalités au rayonnement mondial, figures incontournables de l'histoire de la littérature et de la musique ? 

                      Bien évidemment non car un seul critère doit guider nos choix  : la pertinence, la cohérence de toute manifestation d'intelligence, de courage et de talent d'où qu'elle vienne car l'homme n'est rien, l'oeuvre est tout quand elle ne peut pas ne pas avoir été et qu'elle demeure, qu'elle persiste, et qu'elle persévère, irréductible. 

     

     

    1 - Se reporter à Michel Onfray, qui s'improvise depuis quelques années "chasseurs d'auteurs français antisémites" ; sorte de Serge Klarsfeld littéraire ; cet Onfray qui semble alors s'évertuer à nous rappeler ou bien à nous faire savoir, d'une manière subliminale, sans doute aussi à son insu (ou pas ?), que...  finalement, l'on peut être un homme brillant et décent tout en étant antisémite : le dernier en date, le philosophe Alain. 

    Comme quoi...

    Partir à la chasse, c’est une chose ; se tromper de gibier, c’en est une autre ; mais ne pas tenir compte des dates d’ouverture et de fermeture… c’est vraiment jouer avec le feu de la poudre de ses cartouches et de celles du garde-champêtre ; et le bâton pour se faire battre. 

     

    __________________

     

    Pour rebondir, cliquez : Alain Soral 

     

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  • Cyborgs et capitalisme vert... de gris ?

    Michel Onfray sur Greta Thunberg : ICI

                "La jeune fille qui ne sourit jamais, comme Buster Keaton à qui elle ressemble tant ; cette jeune fille arbore un visage de cyborg qui ignore l’émotion – ni sourire ni rire, ni étonnement ni stupéfaction, ni peine ni joie” ; elle fait songer à ces poupées en silicone qui annoncent la fin de l’humain et l’avènement du posthumain...”

     

    greta Thunberg onfray serge Uleski

     

    “Elle a le visage, l’âge, le sexe et le corps d’un cyborg du troisième millénaire : son enveloppe est neutre. Elle est hélas ce vers quoi l’Homme va”.

     

    Et que dire à propos du physique du patron de Facebook ? 

     

    FILES-US-FORBES-WEALTH-MANAGEMENT-WAGE.jpg

     

                      Sinon, sur le fond, Onfray poursuit : "... une pensée siliconée... une heuristique de la peur... discours d’adultes - du moins, de certains adultes, ceux de l’avant-garde éclairée  de la métamorphose la plus récente du capitalisme: l’écologisme. Ce cyborg parle en faveur d’une révolution initiée par le capitalisme vert. Certes, comme toujours, les véritables motifs - d’incommensurables profits…- ne sauraient être avoués tels quels. Il faut un excipient moral à cette révolution permettant d’entretenir le culte du Veau d’Or. Et quoi de mieux que le projet de sauver une planète en danger de mort !"

     

    ***

     

                      Très juste l'analyse de Onfray : "Greta Thunberg, porte-parole du capitalisme vert" !

     

    Les médias s'enthousiasment... grosse audience garantie ! La presse people s'extase… leur imprimerie marchera à plein régime... et les places seront chères pour quiconque souhaitera concurrencer en notoriété, voire en célébrité, la petite Greta... c'est sûr !

    Mais alors, qu'il soit permis de questionner un ou deux points à propos de cet engouement quasi-planétaire… comme par exemple ceci : qui gèrera dans cinq ans une Greta en rechute, à nouveau dépressive ( car c'est là aussi l'histoire de ses années pré-ado - info ici) une fois son aura épuisée et son image désintégrée dans une représentation d'elle-même saturée ? Où seront alors les médias ? Car, figure totémique jetable, d'elle, ils se débarrasseront à la moindre alerte, une fois le citron écolo-médiatique pressé ! Instrumentalisée à souhait, gardons à l'esprit que ceux qui sont derrière ce plan-média d'un cynisme infâme sont sans scrupules, assurément !

    Et puis aussi, plus près d'elle, dans son cercle familial ; car enfin... fille d'un acteur et d'une chanteuse lyrique au succès confidentiel, après les parents "pousseurs" de Miss Lorraine ou de championne en patinage artistique - du moins l'espèrent-ils -, désireux de vivre par procuration un succès qui leur aura été inaccessible, voici les parents pousseurs d'ados sermonneurs planétaires - réchauffement climatique, politique et médiatique oblige ! - entre deux avions, avion après avion, à raison de trois par semaine ! Comme quoi, personne n'est à l'abri des contradictions, pas même le monde des ados poussés par des adultes aux motivations pas toujours respectables ni saines. Désintéressés aussi ces adultes ?.......

    Etant donné les moyens déployés pour faire entendre la voix de cette jeune fille, il y a fort à parier que des acteurs économiques plus que majeurs sont impliqués ; acteurs économiques responsables du massacre écologique de la planète depuis des lustres. Qu'est-ce à dire ? Sont-ils tous sur le point d'effacer leur casier de délinquants et de criminels environnementaux, s'achetant à bon compte une virginité à l'image d'une Greta Thunberg immaculée… d'une conception pas encore totalement appréhendée ?

    A suivre...

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  • Les clandestins de la DGSE à la sauce Eric Rochant

      

    Les clandestins de la DGSE à la sauce Eric Rochant

     

     « Le bureau des Légendes » (LBDL) avant d'être une série télévisée française créée en 2015 par Eric Rochant, est un département de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE): « Au sein de cette Direction, un département appelé le Bureau des légendes forme et dirige à distance des clandestins opérant dans l'ombre, « sous légende » car leur identité a été fabriquée et va être accréditée non seulement par de faux papiers mais par une légende : une fausse biographie. Ils vivent de longues années dans une dissimulation permanente. Le clandestin est un agent qui va s’immerger dans le milieu ; il va vivre comme s’il était un expatrié. Il a pour mission de repérer les personnes susceptibles d'être recrutées comme sources de renseignements (personnes disposés à trahir leur pays puisque ces clandestins sévissent à l'étranger).»

                                          Bruno Fuligni, auteur

     

                  La série éponyme se proposera de mettre en scène ces clandestins durant cinq saisons, soit un total de 50 épisodes, de 2015 à 2019.

     

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    Les clandestins de la DGSE à la sauce Eric Rochant

    Elevée sans père, sauf durant une partie de son enfance - elle a 6 ans lorsqu’il décède -, sous la tutelle émotionnelle d'une mère qui exige que sa fille l’appelle tous les jours -, Marina Loiseau (rôle tenu par Sara Giraudeau), dite « Phénomène » puis « Rocambole », sismologue de formation, est le prochain clandestin du Bureau des Légendes ; elle aura pour mission d'infiltrer le milieu du nucléaire iranien puis plus tard, la Russie, dans un centre de recherche en intelligence artificielle (IA).

    Personnalité neutre, falote (un peu gourde ?) sans aspérités ( aucun centre d’intérêt déclaré, aucune passion, pas d’amis), individu perdu dans une existence qui n’a qu’un souhait  "ne rien décider, ne rien assumer"… Marina Loiseau (seule femme clandestine de la série) incarne un personnage totalement dédiée à son rôle au sein du Bureau des Légendes : "Dites-moi ce que je dois faire de ma vie, ce que je dois penser, qui je dois tromper !"

    Manipulée par la DGSE et le Mossad, malmenée - interrogatoires musclés, prison -, cible de deux tentatives d’assassinat, aux ordres, soumise jusqu’à l’aveuglement, masochiste, cette clandestine n’aura de cesse d’en redemander, selon le principe suivant : « Plus ça fait mal, plus c’est bon ! ».

    Pour cette raison, ce personnage donnera une bien piètre image du clandestin à la sauce Rochant et DGSE tout au long de cette série finalement poussive. D’où l’interrogation qui suit à propos du profil psychologique de ces hommes et femmes qui acceptent de mettre leur existence et leur vie entre les mains de la DGSE  et d’une raison d’Etat  qui n’a de raison que l’ensemble des intérêts de ceux qui le dirigent ; lesquels intérêts, inutile de le préciser, ont la fâcheuse habitude de considérer l’intérêt général – le nôtre à tous - comme une donnée superfétatoire… et plus encore aujourd’hui, à l’heure où ce sont les multinationales qui, d’une manière ou d’une autre,  financent les candidatures de tout le personnel politique ; n’en déplaise à la Commission nationale des comptes de campagnes ainsi qu'à une constitution placée sous la vigilance d’un Conseil constitutionnel par trop pusillanime ; on épargnera le Conseil d’Etat de tout commentaire, d’autant plus que les commentaires formulés précédemment lui conviennent tout à fait.

    Une DGSE qui, soit dit en passant, n’a de cesse de sur-jouer son importance, son influence et son pouvoir ;  DGSE qui a pour agenda deux préoccupations indissociables dans les faits : l'une relève de la géopolitique, l’autre… de l’économie ;  préoccupation géo-politico-pantoufle doit-on ajouter quand on sait ce qu'il reste de l'influence et du respect de la France de ces trente dernières années sur la scène internationale et de son indépendance vis à vis, par exemple, des USA et d'Israël !  Quant au volet économique… entendez celui qui concerne les intérêts des multinationales (françaises ou pas), la Françafrique - l’infantilisation et l’exploitation éhontée de l’Afrique et des Africains -, pourra amplement nous renseigner à ce sujet.

     

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                             Le renseignement est un service hiérarchisé et cloisonné : un bon clandestin est donc quelqu’un de discipliné. 

     

                     "Les clandestins" donc vu par Eric Rochant dans une série à rallonge ; des clandestins dépourvus de personnalité, transparents ; des clandestins dévoués qui toutefois peinent à exister loin de leur légende (fausse identité) car seule cette dernière semble capable de leur donner en tant qu’individu, une profondeur et une épaisseur aussi relatives soient-elles.  

    A chaque fin de mission un seul désir se manifeste, une seule priorité : endosser une autre légende. Loyaux jusqu’à l’auto-effacement et la caricature, ils vont et viennent de fausse identité en fausse identité.

    Ne nous y trompons pas : leur véritable et seule patrie à eux tous c’est leur employeur ; à charge pour cet employeur, la DGSE, de défendre cette autre patrie qu’est la France ; ce dont aucun de ces individus ne saurait douter.

    Intérêts de la France ? Intérêts de la sécurité de la France ou bien encore, intérêts de la sécurité de nous tous ? Assurément intérêts de l’Etat français et de nos multinationales... mais ça, nous l’avons déjà traité !

    Culte de l’obéissance (ce que la DGSE nomme « la loyauté »), culte de la raison d’Etat qui ne saurait en aucun cas être questionner faute de culture et d'esprit critique des recrues, tous n'ont qu'une proposition, qu'un produit à vendre : la trahison puisqu'à partir de l'étranger, ils ont pour mission de repérer les personnes susceptibles d'accepter de travailler pour un service de renseignement étranger contre les intérêts de leur propre pays.

    Ce n’est certes pas simplement de la banalité du mal dont nous sommes les témoins tout au long des agissements de ces clandestins décidément très actifs, toujours en mouvement, mais bien plutôt, de la banalité du mal pour un bien ; toujours le mal mais toujours pour le bien, et plus ça fait mal plus c’est bien ; une nécessité douteuse puisqu’elle exclut totalement la conscience.

    Dans ce contexte, l’être humain, on l’aura compris, n’est pas une fin en soi mais un instrument dans le cadre de rapports non-humains instrumentalisés à outrance.

    Et c'est alors que l'on découvre  l'inanité et la vacuité de ce statut de clandestin - marionnette ridicule -, sorte de coolie  au service de son sahib, car le jour où quiconque décide d'embrasser ce rôle, c'est bien sa liberté propre que ce quidam  détruit dans ce long et patient effort pour remplir sa mission et ne jamais décevoir son employeur.

    Un militaire a un grade, un uniforme et une arme ; une véritable et unique identité aux yeux de tous ; il est tantôt méprisé, tantôt célébré ; en revanche, le clandestin n'a que sa fausse identité et la trahison à offrir au monde ; sa seule promesse ; en cela, il s'avilit en avalisant tous ceux qu'il côtoie,

    Ni militaire ni citoyen donc... ou bien alors, sous-militaire et sous-citoyen, nul doute : les clandestins sont de l’étoffe de ceux qui enverront sans sourciller, hommes, femmes et enfants à la trappe au nom de cette loyauté qui, dans les faits, les terrorise ; et c’est alors que la morale, est, elle aussi, instrumentalisée puis totalement bafouée, voire discréditée.

                  Mais… « Tel est pris qui croyait prendre » car, ironie suprême… plus ignorant, plus absent de lui-même, plus manipulé qu’un clandestin de la DGSE, vous ne trouverez pas ! Et tous se croient « flamme » alors qu’ils ne sont ni mèche ni bougie. Car, clandestins face à eux-mêmes ils sont, et c'est sans doute mieux ainsi ; dans le cas contraire, ils ne tarderaient pas à réaliser qu'ils n'ont pas de destin comme la majorité de l'humanité, qu'ils n'ont qu'une vie comme nous tous et qu'ils ne doivent avoir qu'une seule crainte : passer à côté de la leur et de celle des autres, déshumanisés subrepticement au fil des ans ; ce qui leur arrivera.

                 Dans les faits, il semblerait que la DGSE, du moins celle que Rochant nous  présente, ne soit qu’une une lessiveuse ; elle nettoie tout sur son passage : les lieux, les corps et les esprits ; ceux de son personnel en premier, du plus petit maillon jusqu’au sommet de sa hiérarchie.  Et devinez quoi ? La DGSE a accompagné Eric Rochant tout du long de la réalisation de sa série ! Pour mieux s’en féliciter et sans doute aussi la contrôler ?

                Mais alors, agents à leur insu Rochant et son producteur ?

                Eh oui ! La DGSE c'est plus fort que tout, plus fort que les esprits faibles en particulier ; esprits aux abois, en quête d'une raison d'obéir à cet impératif catégorique : se mettre en marche à n'importe quel prix pour remplir le vide dont chaque existence humaine a en horreur car ce vide, c'est comme un trou béant vertigineux. 

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  • A propos de la sortie en 1949 de l’ouvrage de George Orwell : 1984

     

    1984 de george orwell sorti en 1949 biographie de bernard Crick

     

     

     

     

     

     

     

    1984 fut chaleureusement accueilli à sa sortie et alors qu’il ne restait à l’auteur que quelques mois à vivre, tuberculeux chronique qu’il était, maintenant épuisé par des années de conduite à risque et de précarité.

    1984 se vendra dès la première année à près de 400 000 exemplaires ( Europe et USA) faisant d’Orwell un homme riche ; en fin de vie, il ne profitera donc jamais de cette fortune.

    Tout comme « La ferme des animaux », 1984 ne cessera de se vendre.

                  La plupart des critiques accueillirent favorablement le propos de l’ouvrage ; ils comprirent que l’auteur n’avait pas écrit un ouvrage à la Huxley ou Wells (utopie et anti-utopie), ni un conte dans la tradition d’un Swift (l’auteur qui a le plus influencé Orwell) ; il était évident qu’Orwell  avait « simplement étendu certaines tendances à l’œuvre en 1948 à l’année 1984 » - un ouvrage qui s’adresse à un futur proche donc - en décrivant de quelle façon l’ensemble des sinistres inventions  des développements de la guerre « ordinaire » opposaient tour à tour les régimes nazi, communiste, fasciste et capitaliste.

    D’autres évoqueront un roman puissant, passionnant et le plus précieux qu'Orwell ait jamais écrit. D’autres encore verront une mise en garde  tout en déplorant la tentation de l’instrumentalisation de l’ouvrage en machine à propagande anticommuniste oublieux sans doute du diagnostic sans appel rendu par Jean Jaurès à propos du capitalisme à l’aube de la Première guerre mondiale : "Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage", ainsi que des premiers romans d’Orwell - Keep the Aspidistra flying et Coming up for air (1)– qui, dès les années 30, dénonçaient déjà, le fascisme latent d’une société dédiée uniquement au culte de la marchandise, bien des années avant Guy Debord et son ouvrage « La société du spectacle » (comprenez : le spectacle du «  tout marchand » où, par conséquent, tout est à vendre et à falsifier : hommes, femmes, enfants, institutions politiques, médias, relations humaines, la représentation de la réalité des conditions d'existence et d'exploitation) ainsi que les analyses de Jean Baudrillard sur la société de consommation et la quasi-disparition du réel tel que les médias de masse s’évertuent à nous le dé-représenter. 

    Pamphlet satirique, violente satire sur la « corruption morale du pouvoir absolu », tous évoqueront la démarche « d’un écrivain  qui se confronte aux problèmes du monde plutôt qu’aux souffrances intérieures des individus et qui est capable de parler avec sérieux et originalité  de la nature de la réalité et des terreurs du pouvoir ».

    Salué comme un roman à thèse de tout premier plan, thèse hautement politique qui plus est, impressionnés par les vérités qui y sont énoncées – vérités plus contemporaines encore au fil des décennies -, et par sa prescience, tous , à quelques exceptions près, virent 1984 comme un traité sur le totalitarisme qui s’appuie sur des tendances aussi présentes que menaçantes, propres au monde moderne.

    Certes, les communistes européens n’y virent qu’une simple propagande de Guerre froide ; ils affirmèrent que « l’objectif du livre était de nuire à l’Union soviétique et d’attiser la haine à son encontre » ; en revanche, d’autres, se sentant sans doute moins visés, comprirent que le livre était une attaque dirigée  contre l’ensemble des facteurs  d'une modernité  qui pourrait conduire à une vie d’abêtissement habitée par une peur et une terreur de l'autorité sans soulagement ni issue possibles excepté dans la résignation.»

    Aux USA, en particulier,  de nombreux journaux présentèrent l’ouvrage comme une attaque d’envergure pas simplement anticommuniste mais anti-socialiste, lancée par un homme de gauche revenu de ses convictions. Orwell s’en défendra comme suit : « Le danger réside spécifiquement dans la structure qui est imposée aux communautés socialistes et capitalistes libérales par la nécessité de se préparer à une guerre totale avec l’URSS et par les nouveaux armements parmi lesquels la bombe atomique est naturellement le plus puissant et le plus connu. Mais le danger réside également dans l ‘acceptation de la perspective totalitaire par des intellectuels de toutes obédiences : les graines  de cette tentation totalitaire sont  déjà très largement répandues (2).»

    Le meilleur antidote à la maladie totalitaire que ce 1984 ?

    Son éditeur Warburg (depuis « La ferme des animaux »),  fit l’analyse suivante, lors de sa première lecture du manuscrit  : « Orwell regarde la vie et trouve qu’elle devient de plus en plus  intolérable ; il n’entretient aucun espoir. Je considère cet ouvrage comme un rupture  définitive entre Orwell et le socialisme  du marxisme et de la révolution managérial. Il rapportera un bon million de voix au Parti conservateur ; Churchill dont le héros de 1984 tient son prénom - Winston -, pourrait le préfacer sans sourciller. »

    Warburg se gardera bien de rendre public son analyse de l’ouvrage sachant  que 1984 se vendrait comme des petits pains ; après avoir accepté de publier « La ferme des animaux » quelques années auparavant - ouvrage refusé par tous - on peut dire qu'il avait du flair cet éditeur !

    A sa sortie, il convient de préciser que les ambiguïtés de la satire orwellienne ont été largement soulignées même si nombreux sont ceux qui se sont trompés sur le positionnement idéologique du livre car Orwell avait compris avant tout le monde, ou presque, qu’un pouvoir absolu de droite comme de gauche est pareillement pernicieux. Aussi, cette satire qu’est 1984 est tout aussi applicable aux Soviétiques des années 40 qu’au mode de vie occidental diffusé par les médias de masse vent debout contre l'éventualité d’une société communiste ou socialiste.

    Bernard Crick, socialiste, biographe britannique de référence de George Orwell, écrivait ceci en 1980 (date de la sortie de sa biographie d’Orwell - aujourd'hui disponible chez Flammarion) : « Chef-d’œuvre de spéculation politique, 1984 est au 20è siècle ce que le Léviathan de Hobbes fut au 17è. L’ouvrage est une mise en garde préméditée et rationnelle contre les tendances totalitaires à l’œuvre dans des sociétés comme la nôtre, plutôt  qu’une prophétie maladive soudainement surgie pour contrecarrer une prise de pouvoir soviétique ou néo-nazie, et encore moins un hurlement de désespoir et un reniement de son Socialisme démocratique. Son style âpre contribue à créer un tableau authentique  d’un Etat rendu infernal par les hommes eux-mêmes. Pour ces raisons, 1984  témoigne d’une imagination plus sociologique que psychologique. »

    Avant de réviser en partie son jugement en 1992 : " La comparaison directe avec Hobbes était passablement exagérée. Je relus 1984  et en conclus qu'il s'agissait d'une satire à la façon du Gulliver de Swift dont la cible plus générale  est la soif de pouvoir, mais qui inclut cinq ou six autres cibles telles que la dégradation de la littérature et de la culture. C'est un livre si complexe dans les cibles qu'il se propose d'atteindre..."

    Crick poursuit : « Certes, l’ouvrage encourage  ses lecteurs à entendre que toutes les interprétations se valent et qu’il n’existe aucune limite  à l’éventail  d’interprétations possibles d’un texte  complexe.  Que son propre éditeur  ait pu se méprendre à ce point à la première lecture  de l'ouvrage – pour rappel : l’éditeur voyait en 1984 un pamphlet anti-communiste et anti-socialiste, un reniement d’Orwell -,  témoigne du fait que Orwell  était au mieux imprudent, au pire inconséquent. Après l’expérience  qu’il avait faite de la réception aux USA de « La ferme des animaux » - critiques du même ordre que celles formulées contre 1984 : "ouvrage anti-socialo-communiste" -,  il aurait dû se protéger contre de telles interprétations fallacieuses  en pratiquant ce qu’il avait toujours si bien prôné : une clarté sans équivoque quant à la signification de 1984. Ce qui lui aurait évité de devoir rédiger après coup un mémoire à destination de la presse américaine et des agences de presse.»

    Ambivalence et ambiguïtés... à ce sujet, il est bon de rappeler que l'individualisme forcené d'Orwell qui était resté proche des mouvements anarchistes, pouvait parfois tempérer son socialisme. 

    Orwell apporta les éclaircissements suivants à la demande d’un haut responsable du syndicat des United Automobile Workers : « Je n’attaque pas le socialisme. Je dénonce les risques que comporte une économie centralisée ; je crois que quelque chose de semblable aux régimes communiste et fasciste pourrait arriver chez nous car les peuples anglophones ne sont pas par nature meilleurs que les autres ; le totalitarisme, s’il n’est pas combattu, peut triompher n’importe où.»

    A propos d’Orwell le fait suivant demeure incontestable : Orwell a défendu la primauté du politique  pour protéger des valeurs tout aussi politiques (contrairement à ce que Bernard Crick croit devoir affirmer : Crick parle à tort de valeurs non politiques) : la justice, la liberté, la fraternité, l’amour, la vérité et autres valeurs humaines qu’une action d’ordre politique concertée et déterminée peut très vite laminer et détruire : 1984 en sera la preuve irréfutable. Orwell était donc bel et bien un animal politique de premier ordre, doté d’un esprit de synthèse de premier plan, et ce … bien qu’il ait quitté très tôt l’institution scolaire puisqu’il ne fera jamais d’études supérieures ; il sera un parfait « cancre » à Eton, l’équivalent de la prépa qu’est le lycée Henri IV.  

     

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                   Sans doute le plus grand mérite d’Orwell aura été d’avoir compris contre les communistes et les anti-communistes – la droite et la gauche d’alors disons (3)-,  que nos sociétés libérales, dites démocratiques, n’étaient pas à l’abri d’un totalitarisme rampant. Ils n’étaient pas si nombreux à cette époque  à pouvoir nous alerter à ce sujet ; il faudra attendre les années 70 pour que les plus avisés sachent faire la critique de nos démocraties libérales et consuméristes de plus en plus intrusives et liberticides ; cette thèse d’Orwell n’a jamais été autant d’actualité qu’aujourd’hui : le caractère fasciste de l’économisme et du mondialisme selon le dogme « Il n’y a pas d’alternative à cette guerre de tous contre tous !» est là pour nous le rappeler quotidiennement, en Europe, précisément là où les libertés et les protections étaient les plus étendues au monde, et par voie de conséquence, là où elles sont les plus menacées.

                  Comme quoi, on gagne toujours à demeurer « libre » dans sa manière de penser  ; seul positionnement qui garantisse une postérité gratifiante. Orwell aura donc eu raison d'eux tous, courage aidant.

     

     

     

    1 - Si 1984 a été amplement assimilé - Novlangue et Big Brother -, on oublie que ce roman est aussi l’exposition d’une autre thèse : l’amour, le véritable amour est impossible à envisager et à vivre, sous un régime totalitaire car, tôt ou tard, il faudra trahir l’autre, mentir à son sujet aussi, pour éviter la prison, la torture et la mort.

    Avec Keep the aspidistra flying, Orwell présente cette thèse 15 ans plus, mais dans un tout autre contexte : celui de la pauvreté. 

     

     

     2 - Plus on lit cette biographie d'Orwell, plus des intellectuels comme J.P Sartre fait triste figure. Un Sartre adepte d'un "on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs" tout en prenant soin de se tenir loin, très loin, des cuisines et de ceux qui tiennent le fouet à battre les blancs et les jaunes. Dans les faits, c'est toute l'intelligentsia française (et continentale) des années 30 et 40 qui font pâles figures en comparaison. Même un Camus ne parviendra pas à se hisser à la hauteur d'un Orwell ; l'anti-communiste clairvoyant de Camus contre la complaisance d'un Sartre, n'y suffisant manifestement pas comme Orwell le comprendra très tôt pour sa part. 

     

    3 - Contrairement à un Raymond Aron et  à un J.F Revel qui ont fait leur beurre sur un anti-communisme à la fois presbyte, myope et exclusif, bien incapables qu'ils ont été de penser le danger totalitaire d’un monde post-guerre-froide (post-communiste), sur nos sociétés dites "démocratiques" d'un capitalisme sans plus de retenu qui renouera avec ses moeurs humainement dévastatrices du 19è siècle.

     

     

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  • Qui est Fariba Adelkhah, la chercheuse franco-iranienne arrêtée et détenue en Iran?

    Qui est Fariba Adelkhah, la chercheuse franco-iranienne arrêtée et détenue en Iran?

    Qui est Fariba Adelkhah, la chercheuse franco-iranienne arrêtée et détenue en Iran?

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                        Retenue en Iran depuis juin 2019 ( et non juillet, estime-t-on) dans le plus grand silence de l'Etat français qui attendra le 16 juillet - date à laquelle l'Iran a rendu public son arrestation -, pour apporter quelques "commentaires" au sujet de cette détention...

    A la question "Pourquoi Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne, a-t-elle été arrêtée", faudra-il s'adresser à la DGSE (ou à la CIA, voire le Mossad ?) pour obtenir une réponse ? Une DGSE qui aurait alors manipulé cette femme pour servir l'agenda géo-politico-pantoufle de l'Etat français (oui ! pantoufle ! Quand on sait ce qu'il reste de l'influence et du respect de la France de ces trente dernières années sur la scène internationale et de son indépendance vis à vis des USA et d'Israël !) mais plus sûrement, celui des multinationales (françaises ou pas) au détriment, bien évidemment, de la sécurité et du bien-être de cette chercheuse, comme tant d'autres avant et après elle ?

    La question est posée car elle se pose toujours dans ces circonstances.

    S'il existe encore un ou deux journalistes soucieux de journalisme pour enquêter, qu'ils n'hésitent surtout pas !

                          En attendant, gardons à l'esprit ce qui suit : sur ce coup-là, il ne faudra pas compter sur Médiapart qui, pour mener ses investigations, a pour sources et compagnons la DGSE aussi et plus généralement, les services de "police" (y compris "municipale" parce que...  tout est bon à prendre, même les amendes pour mauvais stationnement !), selon le principe suivant : on ne mord pas la main qui vous nourrit.  D'autant plus que... comme nous l'avons tous compris...  Mediapart a pour seule finalité... Médiapart, le journal qui a pour slogan "J'informe quand je veux et si je veux !"

                    Sinon...  à ce propos : "Monsieur Plenel, quel autre petit poisson comptez-vous nous servir après ce François de Rugy ?"... car, force est de constater que Médiapart pratique et cultive, année après année, un journalisme décidément très frugal - un "journalisme peau de chagrin" ? 

                   Faut bien dire qu'on ne compte plus les abonnés de ce pure-player petit joueur, qui restent sur leur faim. 

     

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    Pour prolonger, cliquez : Le bureau des Légendes, ou quand la DGSE fait son cinéma

     

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  • "Le vrai débat" : un ouvrage Gilets Jaunes avec Priscillia Ludosky

     

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    Entretien avec Priscillia Ludosky : ICI

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                                                              Commandez l'ouvrage ICI

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  • Penser la littérature aujourd'hui avec Louis-Ferdinand Céline

     
                  La réédition des écrits antisémites de l'auteur de Voyage au bout de la nuit est annoncée par Gallimard. Le premier ministre de Macron soutient cette initiative : "On ne peut ignorer la place centrale de Céline dans la littérature française (il aurait pu rajouter .... " dans la littérature mondiale") ; l'avocat Serge Klarsfeld (chasseur infatigable de nazis aujourd'hui le plus souvent centenaires), s'indigne.
     
                  Pour et contre cette ré-édition... un homme a tranché, un homme et une voix,  il y a longtemps déjà : "La haine chez Céline est le ressort de l'imagination, du déchaînement d'éloquence. D'ordinaire la haine a le souffle court mais chez une poignée de maîtres une misanthropie enragée, une nausée à la face du monde engendrent de grands desseins. Le monotone de l'abomination devient symphonique. Mettez "l'homme" là où une formule insensée indique "le y...pin", et vous aurez chez Céline des passages d'une grandeur biblique..." - Georges Steiner                                                                                                                                                                                                                                 

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                      France Culture, en rediffusion, rend compte de Louis-Ferdinand Céline du 15 au 19 juillet : ICI

     

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                     Louis Ferdinand Céline ou la littérature de l'échec et du trauma

     

                 Si derrière un auteur et son œuvre, on trouvera toujours une blessure, quelles interprétations donner à la haine célinienne, et pas seulement dans les pamphlets (1) ?

    D’aucuns s’interrogent sans fin, les raisons à la fois inavouables et inconscientes de cette haine semblant échapper à l’auteur lui-même qui, sur le fond, ne s’en excusera jamais : « J’ai eu le tort de l’ouvrir ; j’aurais mieux fait de rester à ma place. Mais aujourd’hui encore, je défis qui que ce soit de m’apporter la contradiction sur ce que j’ai pu écrire à cette époque ».

                Qu'à cela ne tienne ! Rien ne remplace une biographie ! Celle de l’enfance ; sans oublier, en ce qui concerne notre auteur, la généalogie de la famille Destouches.                                                       

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                 Fils de Fernand Destouches issu d'une famille de petits commerçants et d'enseignants, et de Marguerite Guillou, famille bretonne venue s'installer en région parisienne pour travailler comme artisan…

    Le Père de Céline, homme lettré mais incapable d'épargner à sa famille la hantise du prochain terme à payer (hantise qui sera très longtemps aussi celle de Céline) était opposé aux études, gardant à l'esprit sa propre expérience : "Les études, c’est la misère assurée » disait-il à son fils".

    Une mère dentellière, travailleuse indépendante qui vivra péniblement de son métier et de sa boutique…

    Lourd de sens, Céline ajoutera : « On a toujours été travailleurs dans ma famille : travailleurs et bien cons ! » (c'est là le fils d'une mère artisan et d'un père déclassé qui s'exprime, et non un fils d'ouvrier ; distinction importante).

    Certificat d’études en poche, un rien désœuvré, Céline s'engage dans l’armée très tôt, même si, en 1919, il reprend le chemin de l’école, passe son Bac - il a alors 26 ans -, avant d’embrasser la médecine, sa véritable vocation dès l’enfance ; il se dit « guérisseur dans l’âme ». Il étudiera la médecine dans les livres, seul, le soir, tout en travaillant le jour, même si jamais cette médecine ne lui permettra de joindre les deux bouts (… de payer son terme) ; il fermera son cabinet de Courbevoie très vite après son ouverture – fait lourd de conséquences.

    Céline conjurera ce qui n’est pour l’heure qu’une déconvenue, en se lançant dans l’écriture, et entreprendra un long, un très long Voyage (2)

    Il poursuivra sa vocation de médecin auprès des pauvres – dans les dispensaires -, non pas par charité mais, de par son appartenance sociale et après l’échec de son installation à Courbevoie, Cécile ne pouvait en aucun cas prétendre à une meilleure situation et à une autre clientèle.

                                                                                     

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                 Sur un plan générationnel, Céline demeure un pur produit de la France de l’après boucherie de 14-18, avec le traumatisme de la trahison de l’espoir et les humiliés de Bernanos ; génération sacrifiée dont nul n’attendait le meilleur ; l’époque l’interdisait : elle n’en avait plus besoin (à ce sujet, difficile de ne pas penser au père de Céline). Aussi, ce meilleur dont l’époque ne savait que faire, cette génération l’a accumulé jusqu’à devenir une force. Et quand cette force s’est libérée, de quoi a-t-elle accouché ? De quelles actions vertueuses ? Ou bien, de quels desseins monstrueux pour avoir trop longtemps macéré dans la frustration, le ressentiment, l’impuissance, la retenue et le dépit ?

    Cette force a alors donné naissance au pire qui est souvent, en littérature, le meilleur.

               Céline se dit athée et mystique ; craignant sans doute tout autant l’étiquette d’humaniste que celle d’anti-humaniste, il revendique le fait de ne pas s’intéresser aux hommes mais aux choses. Ecrivain et chroniqueur, pour Céline, écrire c’est mettre sa peau sur la table : la grande inspiratrice, c’est la mort ; à la fois risque et certitude que cette mort.

    Craintif, très certainement dépourvu de courage physique (3), homme sans joie, chez Céline, le vulgaire, c’est l’homme qui fait la fête ; l’homme qui souffre est seul digne de considération ; et pour cette raison, rien n’est plus beau qu’une prison, puisque les hommes y souffrent comme nulle part ailleurs. Et son Voyage s'en fera largement l'écho... jusqu'au bout de la nuit...

                 Nuit noire... pour une littérature de l'échec et du trauma : échec en tant que médecin (sa seule véritable vocation : on ne le rappellera jamais assez !) ; échec de la mère de l'auteur qui mourra épuisée et aveugle à l’ombre du ressentiment d’un mari déclassé ; trauma de la première guerre mondiale.

                 Avant de mettre le feu à la littérature,  l’exercice de cette médecine qui ne le mettait nullement à l’abri du besoin a sans doute pu contribuer à son dégoût plus social qu’humain (Céline n'a pas toujours su faire un tel discernement) pour cette organisation de l'existence dans laquelle on ne fait décidément que l’expérience de l’échec car, dans les années trente, nonobstant le succès littéraire de son Voyage (à la fois succès commercial et succès d’estime), Céline devra faire face à un nouvel échec : celui de son intégration sociale malgré sa tentative désespérée de rallier à lui les classes dominantes - ou pour faire court : toutes les forces qui combattront le Front Populaire -, à coups de pamphlets antisémites et plus encore, pendant l’occupation, en commettant l’erreur (4) de soutenir un régime et une idéologie par avance condamnés à l’échec.

    Encore l'échec !

                                                                                              

    ***

     

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                         Céline n’a jamais vraiment quitté son milieu familiale ni sa classe : il n'a jamais cessé de "penser" comme elle ; il n’a jamais su s’en affranchir. L’aurait-il fait… nombreux sont ceux qui affirment qu’il nous aurait privés d’une œuvre incomparable. Certes ! Mais... échec après échec, ne sommes-nous pas aussi tout ce que nos prédécesseurs et nos contemporains ont tenté d'accomplir ? Pays, Etats, régimes, nations, continents, cultures, individus, seuls ou bien en grappes indissociables, nous tous, n'héritons-nous pas de leurs échecs comme de leurs réussites ?

    Si, pour citer notre auteur, l'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches, Céline n’a jamais cessé d’être ce caniche et tous ses personnages avec lui ; personnages pour lesquels le calice de la réussite est passé loin, très loin d'eux ; calice qu’il ne leur a jamais été permis d'entrevoir, encore moins de saisir, eux tous pourtant à la tâche, jour après jour, indéfectibles, comme d’autres... au temple, zélés et fervents...

    Choisissant alors de retourner toute la violence de son échec et celle d'un déterminisme social dont les parents de l'auteur furent les victimes muettes et résignées, non pas contre lui-même - ce qui nous aurait privés de son œuvre -, mais contre ses contemporains ; et les "heureux élus" auront pour noms : les plus faibles pour commencer - les pauvres qu’il a soignés sans profit ; puis la communauté juive – communauté incarnant la réussite sociale ; et en médecine, cette communauté n’était pas la dernière à s’imposer non plus…

    Violence donc… bientôt étendue à toute la société ; et pour finir : à tout le genre humain.

                                                                                    

    ***

     

                 N’en déplaise à Nietzsche :  et si le ressentiment à son paroxysme qu'est la haine était le sel de la terre, un moteur créatif sans rival et qui ne cessera jamais de nous surprendre ? Après Matthieu, Céline accouchant d’un évangile d’un nouvel ordre : un évangile vengeur... même privé d’une revanche digne de ce nom.

    Mais alors, Céline aura-t-il été de ceux qui, à leur insu semble-t-il, auront longtemps poursuivi en vain une quête qui cachait un besoin insatiable d'absolu à la racine duquel on trouvera très certainement une recherche effrénée de leur propre salut ?


    _________________________

     

    1- On ne le précisera jamais assez : la haine célinienne est déjà bien présente dans "Voyage au bout de la nuit".

    2 - Il se vantera d’avoir écrit son "Voyage au bout de la nuit"… avec pour seul souci : être à l’abri du besoin, assuré qu’il était du succès de son récit : « cet ouvrage, c’est du pain pour un siècle de littérature, le prix Goncourt assuré pour l’éditeur qui s’engagera ».

    Céline avait vu juste : ce sera le succès, mais le prix Renaudot pour consolation.

    3 - Sa courte expérience de la guerre 14-18 aurait-elle révélé chez Céline des manquements - tel que le courage ou la solidarité ?! - face à ses non-compagnons d'armes, zélés jusqu'à la bêtise d'un patriotisme et d'une mort sans profit pour eux ; manquements qui ont très bien pu ternir l'image qu'il avait de lui-même et du genre humain et qu'il ne se serait jamais pardonné ; d'où un sentiment de culpabilité dont il lui a fallu, pour survivre... se libérer en imputant ces manquements à tout le genre humain : lâcheté, naïveté, fanatisme et bêtise incommensurable chez les plus humbles et les plus modestes ?

    Il semblerait que son compte-rendu de son emprisonnement au Danemark confirme chez Céline ce manque de courage à la fois "intellectuel" et physique plus particulièrement quand il est question d'assumer les conséquences de ses actes : écriture et parti-pris ; d'autant plus que ses plaintes quant à ses conditions d'incarcération étaient d'une mauvaise foi avérée : Céline était très doué pour le mensonge et la fable.  

    4 - A la décharge de l'auteur... on précisera : erreur due à l’absence de culture politique et historique au sein d’une classe dépourvue des outils conceptuels propres à la compréhension de l’organisation d'une société.

    On pensera aussi au suicide social d'un Céline pour qui le peuple n'est qu'une masse sans forme et sans distinction "... dont le sadisme unanime procède avant tout d'un désir de néant profondément installé dans l'Homme... une sorte d'impatience amoureuse, à peu près irrésistible, unanime, pour la mort" et à ce sujet, il semble que Céline ait partagé ce désir et cette impatience.

                 Pour ce qui est de l'idée de décadence qu'il partageait avec Drieu la Rochelle, entre autres, ne l'a-t-il pas épousée comme personne cette décadence en soutenant un régime décadent par excellence : celui des Nazis ?!

    Quant à ce monde dans lequel il n'y aurait rien à sauver, Zola dont Céline aurait très bien pu être le fils naturel - il en avait toutes les dispositions -, n'a-t-il pas su, dans le ruisseau de la condition humaine y chercher et y trouver de l'espoir et parfois même, du sublime ?

    Céline choisira « l’Assommoir » comme référence - titre qui convenait tout à fait à l’idée qu’il se faisait des pauvres en général, et des ouvriers en particulier -, omettant sans doute volontairement « Germinal » ; lui pour qui rien ne devait germer, jamais, de l’espèce humaine mais bien plutôt, pourrir.

               Au sujet de Zola, se reporter au texte de Céline : Hommage à Zola - Médan octobre 1933

     

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    Pour prolonger, cliquez : Marc-Edouard Nabe sur Céline

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