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Serge ULESKI - art, essais, écriture et littérature - Page 4

  • Le Tour de France et son petit peuple

     

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                  Ouvert à cent quatre-vingts pays répartis sur deux continents, avec en prime, un ou deux Australiens venus tenter leur chance...

    Né du sol, de la terre et de l’histoire d’un pays, la France... le Tour c’est une boucle, la Grande Boucle qui ne finit jamais là où elle a commencé : mer, montagne, plaine, vallées, cols, montées, descentes... des Pyrénéens aux Alpes, de Lille à Montpellier.

    En grappe indissociable, ou bien solitaire après une échappée, loin d’un peloton décidément trop attentiste, les petites jambes, comme ailleurs les petites mains, celles d'une ruche travailleuse aux couleurs des maillots des sponsors - et pas toujours pour un salaire en or -, veillent au grain, protègent et couvent leurs leaders pour lesquels tous pédalent. Et cinq heures de selle plus tard, les jambes aussi lourdes qu’une responsabilité quand elle est collective, le visage tuméfié, écarlate, c’est le témoignage d’un Tour de France véritable tour de force qui nous est rapporté là, dans des interviews données à bout de souffle, grimaces et douleurs, car le Tour n’épargne personne, même les plus talentueux.

     

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                 Entre deux crises et scandales autour du dopage, le Tour demeure infatigable ; depuis sa première épreuve en 1903, ce sont 2000 étapes et prologues qui ont été courus, 350 000 km, soit approximativement la distance terre-lune.

    Le Tour c’est aussi le carnaval avec sa Caravane aux milles gadgets et autres produits dérivés de sponsors qui n'oublient jamais le prix de l'investissement consenti ; une caravane privée de chameaux et de dromadaires avec pour seul désert le sable d’un bord de mer, le long d’un littoral hilare à cor et à cri, dans le bruit et la fureur de vivre le passage toujours trop court (et trop rapide en plaine) de 180 cyclistes casqués, 180 "forçats de la route" partis à l’assaut du granite, du marbre, du goudron, sous la pluie, le soleil, le vent.

    Une seconde d’inattention, une mauvaise trajectoire, et c’est la chute !

    Coppi, Bobet, Anquetil, Eddy Merckx, Poulidor, Indurain... pédalez, pédalez, il en restera toujours quelque chose !

    Trois semaines plus tard : les Champs Elysées et une légende.

     

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                 Parole donnée, contrat qu'il faudra respecter à la lettre pendant trois semaines pour quelques euros en fin de parcours pour le plus grand nombre, le Tour c'est aussi  un engagement qui ne souffrira aucune volte-face, aucun dédit : solidarité et esprit d'équipe devront tout emporter et tout remporter car le cyclisme est bien le sport le plus collectif parmi les sports individuels : seul, rien n'est possible.

                Bien que mondial, avec le Tour, le local reprend tous ses droits : du continent au village, du champion australien à l’enfant du pays, de la région, du département, du canton, de la ville d'un des coureurs que le Tour traversera au pas de charge et de course… mieux encore… une étape peut-être !

    Fabrique médiatique par excellence - 200 journalistes, hélicoptères, motos et caméras, retransmis dans plus de 180 pays (la communauté onusienne)…

    Le Tour de France c’est 100 millions d’Euros de chiffre d’affaires, une centaine de télévisions, quatre mille hommes et femmes travaillant d'arrache-pied pendant trois semaines. Commercial - mais pas plus que les autres épreuves sportives -, on oublie trop souvent que cette entreprise privée qu'est le Tour est sans doute la plus nationale qui soit. Troisième manifestation sportive la plus regardée au monde, c'est dans les années 60 que la Télévision viendra prêter main forte au Tour pour une mise en image de tout un territoire et de tout un public alors encore invisible : tables, chaises, tentes, camping-car, sous un parasol ou sous un parapluie, c’est tout un Peuple que la Télévision nous proposera comme spectacle ; celui d'un enthousiasme frénétique. 

                  Mythologie romantique, Albert Londres, Henri Decoin, Antoine Blondin et d'autres encore, célèbreront le lyrisme de cette frénésie.

    Paysages à vous couper le souffle, territoires oubliés, perdus puis retrouvés, de découverte en découverte, le Tour est sans aucun doute la meilleure des vitrines et la plus exhaustive brochure touristique jamais conçue ! Et si sept à quinze millions mobilisés autour de cet événement ne font pas une nation, pour un peu, on en viendrait presque à penser que c'est tout un Peuple qui s’est réuni là, toutes nationalités confondues, au bord des routes ou devant son écran de télévision ; tout un Peuple aux côtés d’un Tour de France réconciliateur et consolateur.


    Courir aux côtés des cyclistes, faire un bout de route avec eux, les encourager, hurler qu’ils ne doivent pas relâcher leur effort ; effort quasi sur-humain, le partager, le célébrer... témoigner, avoir été là, tout près, le jour de la victoire du grand champion... irremplaçables ils sont tous ! Car... qui peut nier le fait que sans eux, sans ce petit Peuple du Tour de France, le Tour ne serait plus vraiment Le Tour…

    Personne !

     

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                 Pacifique cet adulte qui court et hurle un « Allez ! Allez ! » altruiste et compassionnel aux côtés d’un cycliste qui rêve d’une victoire et sans doute aussi de repos ! Rien de surprenant à cela : a-t-on déjà vu des armées battre le fer, vaincre, envahir, occuper et dominer des populations entières à bicyclette ?

    Là où le football casse, insulte et agresse, le vélo - et sa plus grande fête et son plus grand hommage qu’est le Tour de France -, adoucit les mœurs et les tempéraments, et place un large sourire sur le visage d’un public qui nous réconcilie avec tous les publics et tous les enthousiasmes et tous les sports ; sourire et joie pour une célébration du courage, de l'effort et de l'intelligence tactique.

     

                Pour cette raison, aucune autre manifestation sportive de masse ne peut rivaliser avec le Tour de France.

     

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  • ABBA ou quand les dancing queens et kings montent sur scène


                   


                    Fondé à Stockholm en novembre 1972, ABBA - initiales des quatre prénoms des membres du groupe -, tout comme sa musique pensée en palindrome, le nom du groupe et sa musique se lisent aussi bien à l’endroit qu’à l’envers émoticône smile:-), groupe « auteurs, compositeurs, arrangeurs et producteurs » composé de deux couples, époux et épouses, ABBA c’est près de 400 millions d’albums vendus sur une période de 10 ans.

    C'est ce qu'on appelle " rencontrer son public".

    Issu d'un pays, la Suède, obscur et sans audience (sauf votre respect Monsieur Bergman), excepté pour ses auteurs de polars un peu lourdingues et poussifs plus spécialement dans leur adaptation télévisuelle à rallonge, si ABBA c’est aussi une musique pour employés de bureau et autres secrétaires encore fardées d’une journée de travail sans joie ni rêve, amateurs hautement professionnels, avec ABBA c’est le public qui monte sur la scène car ABBA pourrait sans difficulté occuper la place de leurs fans : pour preuve, dans la chorégraphie minimaliste d’Agnetha Fältskog et d’Anni-Frid Lyngstad - l'une blonde, l'autre brune car il en faut pour tous les goûts -!, les deux épouses du groupe, dans le titre "Dancing Queen", vous n’y trouverez aucun désir d’en mettre plein la vue à qui que ce soit, comme un fait exprès.

    Si aujourd’hui plus personne ne miserait un Euro sur le physique des deux époux, Benny Andersson et Björn Ulvaeus, au fil des ans, et longtemps après la dissolution du groupe (à partir de 1982), personne n’en réchappe : ni un bobo du Marais, ni un « plouc » sur son tracteur ou dans sa cour de ferme fourche à la main, ni un trader ou cadre moyen et supérieur non plus, ni un ado du continent indien, et sans doute aussi un Africain dans sa brousse avec son arc et ses flèches parti à la chasse au lion sous l’œil de la caméra d’un Jean Rouch, ni un pygmée... pourquoi pas aussi…

    Vraiment, personne n'y résiste ! Car, qui n’a pas un jour fredonné une de leurs mélodies ?

                  ABBA c’est un concept d’une redoutable efficacité marchande mais pas seulement ; ABBA c’est aussi et surtout un concept d’un optimisme à toute épreuve : c’est «le bonheur infini d'être né au monde (plus particulièrement dans les années 70 sans doute aussi) mis à la portée d’ados crédules à souhait » ; ce sont « les 15 ans » toujours renouvelés, même à 40, génération après génération, de tous ceux, reines et rois, "dancing queens and Kings" qui, très tôt, ont pu croire que le monde leur appartenait, car cette musique-là est faite pour ça : « Demain vous appartient ; il ne vous arrivera jamais rien de fâcheux. Aussi, consommez-nous sans modération ! »

                   Trente ans avant tous les autres, et autant après, ABBA c’est la world-music de variété, la première dans sa catégorie, au sommet de son art de séduction, même auprès des plus réticents car ces derniers n’aiment pas qu’on leur force les oreilles ni la main, d’autant plus qu’ils sont sur le point, à leur grande honte, de succomber.

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  • La tentation de l’eugénisme : Michel Drac et ses auteurs

                  

     

                   Dans tout ce qui nous est présenté là par Michel Drac, et contrairement à ce qui est affirmé, il n'y a pas une seule information que l'on pourrait qualifier de "scientifique". Certes, il y a de l'histoire, de l'économie, de la sociologie, de la culture, de la statistique, de la psychologie, de l’ethnologie sans doute aussi mais pas de science ; et sûrement pas de génétique ni de biologie.

    Rien de surprenant à cela puisque le livre qui fait l’objet de la note de lecture de Michel Drac, - « Dysgénisme, la détérioration génétique dans les populations modernes » -  a pour auteur Richard Lynn qui n’est qu’un psychologue, c’est- à dire : vous et moi qui le sommes tout autant que lui… psychologues car pas plus bêtes que la moyenne de ceux que l’on dit plutôt intelligents, observateurs et perspicaces.

    Nous dire que les enfants des profs réussissent mieux que les enfants de parents de Moulinex... 

    Tout en omettant soigneusement de préciser que... contrairement aux pauvres, les riches transmettent non seulement un patrimoine matériel mais aussi un patrimoine sous la forme d’un environnement plus propice au développement intellectuel et autres de leurs descendants…

    Pour mieux conclure par ce qui suit : le QI des riches est statistiquement plus élevé que celui des pauvres…

    C’est sûr, nous n'avons pas besoin du soutien d'aucune science digne de ce nom pour en arriver à une telle conclusion.

    Rappelons au passage, car on ne le dira jamais assez manifestement, que le talent, l'intelligence, le génie ne sont pas héréditaires ni la bêtise : tous les enfants d'Igor Stravinski, de Bach, de Picasso, de Pissarro, de Marx, de Pasteur et de Einstein (fratrie de 3 et 9 enfants) nous l'ont salutairement prouvé. Ce qui nous a permis de passer à autre chose en musique, en peinture, en économie politique, en médecine et en physique même si l’on doit reconnaître en toute bonne foi que les marmots de tous les esprits supérieurs précédemment cités savaient très certainement se tenir à table, et ce bien mieux que ceux des pauvres.

    A la décharge de tous leurs descendants plutôt discrets donc, gardons à l’esprit les évidences suivantes : plus l’ascendant occupe le devant de la scène, moins on entend parler de sa descendance et moins celle-ci semble nourrir le désir d’emboiter le plus de leur géniteur ou génitrice plus connus sous les noms de père et mère car plus on parle de soi ou bien, plus l’on fait parler de soi, plus la voix de sa descendance peine à se faire entendre pour peu, et c’est pas certain du tout, que cette descendance ait quelque chose à dire.

     

                    N’empêche… continuons de dire les choses : cela n'aura échappé à personne, l'eugénisme est une vieille lune portée par des individus qui, comme un fait exprès, n'ont jamais soutenu - mais… est-ce un hasard ? - les politiques destinées à atténuer les conséquences dévastatrices de la pauvreté sur les êtres humains : conséquences économiques, psychologiques, culturelles et psychiques ; Hugo, Dickens, Zola, Engels dans "la situation de la classe ouvrière en Angleterre » de 1842, n’ont pas cessé de nous en parler pour mieux les dénoncer.

    Encore une fois, est-ce une coïncidence ce profil récurrent propre aux souteneurs de thèses eugénistes ?

    Plus anti-scientifiques et anti-intellectuelles que les thèses eugénistes (refus de la rigueur et refus de la recherche des causes derrière les effets), vous ne trouverez sans doute pas ! 

    Volontairement oublieuses de la corrélation entre les conditions d’existence et le niveau intellectuel et la bonne santé physique des intéressés – un corps robuste dans une tête bien faite -, toutes les thèses eugénistes ne sont qu’une immense illusion fruit d’un fantasme de toute puissance et de pureté auto-centrée car on l’aura aisément remarqué : il est souvent question de «  mon ethnie, ma race, ma culture… » contre celles de tous les autres : en effet, on n’a jamais vu un eugéniste blanc saluer la supériorité « génétique » d’un Noir ou d’un Asiatique - et vice versa : un Asiatique ( Japonais de surcroît) celle d’un Européen.

    Toutefois, auprès de tous les eugénistes ulcérés à l’idée d’une détérioration génétique  du patrimoine de l’humanité dont on doit pouvoir tenir responsables tous les damnés de la terre – nommément les exploités à la santé plus que précaire -, phénomène qui répond du nom de dysgénisme, risquons la prédiction suivante : il n'est pas certain du tout que le monde de demain ait  besoin de 8 milliards et plus d'individus au QI élevé ; la révolution numérique, la robotique, l’informatique devraient aisément faire l’économie d’un nombre croissant de travailleurs non-qualifiés et qualifiés, diplômés du supérieur ; d'autant plus que les pauvres - c'est à dire : les imbéciles... selon les auteurs que Drac nous présentent -, permettent aussi et surtout aux riches  - il suffit de se reporter aux théories issues de tous les mouvements de lutte contre le fatalisme d’un déterminisme têtu, de… disons…. Jésus Christ :-) à Karl Marx - de mener une vie tranquille qui les protège des affres de la misère, de la pauvreté ou de la précarité, de la mal-bouffe et de l’abrutissement télévisuel.

    Pour cette raison, il nous faudra très certainement attendre longtemps avant que les riches ne choisissent de se débarrasser des pauvres « responsable de la détérioration du patrimoine génétique de l’humanité » selon les analyses et les conclusions des auteurs que Michel Drac, thuriféraire, accompagne à l’office.

     

                     Dans les faits, une transmission de patrimoine d’ordre génétique spécifique à chaque classe - pire ou mieux encore, à chaque ethnie reconnue comme telle ( les Blancs, les Noirs, les Asiatiques, les Hispaniques - et les Inuits ?) - n’est admise par aucun membre de la communauté scientifique.

    A propos de l’alcoolisme, par exemple, et même si cette croyance a longtemps perduré jusque dans les années 30 avec Bernanos ( « Journal d’un curé de campagne » et « Sous le soleil de Satan ») il n’y avait que Zola au 19è siècle ( dans Nana entre autres romans) et ses contemporains, même les plus éclairés et les plus compassionnels, pour penser que cet alcoolisme ravageur était une maladie héréditaire ; affirmation qui ressemble fort autant à un lapsus qu’à un préjugé de bourgeois inexpiable.  Comme quoi : on a beau être de bonne foi et de bonne volonté, on finit toujours par revenir à la case départ. Chassez le naturel, c’est le mépris qui revient au galop ! Mépris et préjugés de classe.

    En revanche, on peut sans prendre le risque de se tromper affirmer que ce sont bel et bien les conditions d’existence  propices à l’alcoolisme qui pouvaient sous Zola, être considérées comme un déterminisme de classe ; et aujourd’hui encore, avec l’ajout des drogues dures, dans certains métiers physiquement et psychiquement pénibles : la bourse et le bâtiment – golden boys et immigrés de chez Bouygues et Eiffage côte à côte et fraternels, unis  dans une même souffrance ; finiront-ils par partager la même litière et les mêmes commodités :  les bungalows modulaires et les sanitaires de chez Algéco ?

    Rien n’est moins improbable au nom d’un « Salariés souffreteux de toutes les classes, unissez-vous ! »

     

                    On pourra dès maintenant légitimement s'interroger : qui peut bien se soucier de savoir qui des Noirs, des Blancs, des Hispaniques et des Asiatiques ont le QI le plus élevé en tant que groupe ethnique alors qu’aucune science n’est capable d’apporter un éclairage « scientifique... justement ! » à ce sujet ? Quelles sont donc les motivations réelles de ceux qui n’ont de cesse de s’en soucier ? Michel Drac y reviendra à propos d'un autre ouvrage tout aussi farfelu "Race, évolution et comportement (John Rushton) ICI

     
    Et enfin, quel usage comptent-t-ils faire de données aussi loufoques qui n’expliquent ni n’éclairent rien, en particulier à propos de la question suivante : qui fait quoi, à qui, comment, où, pourquoi et pour le compte de qui ?
     
    Alors qu'il s'agit là sans doute de la seule question qui importe vraiment.

     

                    Après réflexion, toutes ces thèses eugénistes pourraient finalement tout aussi bien servir un projet progressiste (projet qui nous rapprocherait de la justice des conditions d’existence) ; non pas : « supprimons physiquement les pauvres responsables de la dégénérescence de l’espèce humaine », en priorité ceux qui appartiennent à des ethnies reconnues comme inférieures par ces derniers et leurs statisticiens ad hoc qui ne renoncent jamais ! mais bien plutôt « Supprimons la pauvreté ! » afin que chacun puisse transmettre un environnement familiale et sociale propice au développement physique et intellectuel de sa descendance.

    Là encore, à propos du point de vue eugéniste, force est de constater ceci : ce que l’on pense ne nous aiderait-il pas aussi à nous consoler de tout ce qu’on n’est pas et ne sera jamais, à regret ? Car, compensation, tout n’est que compensation ! Tenez ! Prenez Nietzsche ! Nietzsche qui tenait à peine debout, d’une santé précaire à la fois physique et mentale, glorifiait le corps ; ce corps athlète et guerrier ; ce corps conquérant et triomphant. Michel Drac, quand à lui, semble se tirer une balle dans le pied en soutenant à mots à peine couverts tous ces théoriciens eugénistes car enfin : ces auteurs, ceux qu’ils citent, s’ils avaient aujourd’hui la main, au moment de décider de qui il convient de débarrasser la planète, selon des critères non pas intellectuels mais d’aptitudes physiques cette fois-ci… car les eugénistes accordent tout autant d’importance à l’intellect qu’aux muscles, s’accorderaient-ils, tous ces eugénistes, pour  gracier un Michel Drac qui, faute d’être épargné, accepterait alors de se « retirer », contraint et forcé ou bien, altruiste et héroïque, saut dans le vide, et ce pour mieux contribuer à la fin de la dégénérescence physique de l’espèce humaine qui semble lui aussi le tenir tant à cœur jusqu’à la crise cardiaque ?

    Sans vouloir être désobligeant ou exagérément pessimiste pour Michel Drac comme pour Nietzsche, on peut légitimement douter du fait que ces eugénistes fassent preuve de mansuétude à leur égard.

    Mais alors, glorifier ce qu’on ne sera jamais, est-ce rechercher inconsciemment une punition suprême et ultime auprès de ceux chez lesquels cette punition tarde à venir ? Est-ce aussi se jeter dans la gueule du loup eugéniste ? Un châtiment cette punition tant désirée, pour ce que l’on ne supporte plus de ne pas être : brillant dans tous les registres, au point et au poil, au sommet et sans vertige, de tout le potentiel humain ?

                    Pauvres sont les pauvres, riches sont les riches, jamais ils ne se rencontreront ! C’est Kipling qui nous fait la leçon. Mais alors, que l’on nous prouve qu’il y a bien une transmission génétique propre aux pauvres et une autre propre aux riches ; la transmission d’un patrimoine génétique étanche.

    Parler de patrimoine génétique de l’humanité et tenir pour responsable de sa détérioration - selon les classes et les ethnies, fatalement, parce que tel est le but ultime de ceux qui raisonnent autour de la notion de « patrimoine et de transmission » en lien direct avec une pseudo science qui n’a plus rien à voir avec la génétique et la biologie - la baisse drastique dans les sociétés développées du taux de mortalité infantile qui a favorisé les êtres humains aux existences les plus précaires, là où les taux de mortalité étaient les plus élevés,  est une gageure doublée d’une escroquerie intellectuelle et scientifique car il n’y a qu’un seul patrimoine génétique humain identique à 99,99%, transmissible donc autant par des QI de 140 que des QI de 70, des pauvres comme des riches  - il sera beaucoup  question de ce test psychométrique dans l’exposé de Michel Drac et des auteurs qu’il tient pour références -, à l’exception des principales maladies génétiques héréditaires ou non, cancers inclus : la mucoviscidose, la neurofibromatose de type 1, la trisomie 1, l’hémophilie, les myopathies, la drépanocytose et autres maladies dégénérative : Alzheimer, Creutzfeldt Jakob

    Un patrimoine unique donc « constitué de la totalité des gènes présents sur l'ensemble des chromosomes caractéristiques de l’espèce humaine. » Or, cette totalité est identique chez les Noirs comme chez les Blancs, chez les Pauvres comme chez les Riches, dans les pays développés comme chez ceux qui le sont moins ou pas du tout.

    Quant à affirmer que la mortalité infantile qui ferait partie « du processus d’élimination des héritages génétiques défavorables » serait d’ordre naturel… c’est oublier un peu vite que si nous ne sommes pas tous « égaux » devant la maladie, nous le sommes d’autant moins qu’il se trouve ou pas un médecin et des moyens hospitaliers performants ou pas à proximité ou bien à 10 heures de vol pour ceux qui n’auront pas droit au moindre retard car pour eux, c’est maintenant ou jamais !

    La nature, cette force cruelle et muette qui jamais ne rend des comptes, a bon dos dans ce cas d’espèce comme dans tant d’autres.

     

                     Au cours de cette vidéo, une « sélection pré-natale des embryons » est évoquée sans plus de détails. Mais alors, est-il question d’effectuer un test de QI intra-utérin sur le l’embryon devenu fœtus ? Ou bien, faut-il interdire aux indigents et aux classes populaires de se reproduire, sans oublier les critères ethniques pour un eugénisme pas simplement de classes, mais un eugénisme racialiste (1) ? (vidéo à 1.00.00)

    Dans l’attente d’un début de réponse à cette question, mentionnons cette autre donnée scientifique : «Tous les hommes descendent d'une même population d'Afrique noire, qui s'est scindée en sept branches au fur et à mesure du départ de petits groupes dits fondateurs. Leurs descendants se sont retrouvés isolés par des barrières géographiques (montagnes, océans...), favorisant ainsi une légère divergence génétique. » - Howard Cann, de la fondation Jean-Dausset.

     

                 A l’exception des maladies héréditaires, les spécificités d’une transmission ne peut être que d’ordre matériel, culturel et familial, fruit d’un environnement propice ou non, c’est selon, au développement intellectuel et social de sa descendance car les conditions d’existence chez l’humain qui vont de l’extrême pauvreté à une richesse irreprésentable matériellement et mentalement tellement celle-ci dépasse l’entendement avec toutes les conséquences sur la transmission non plus d’un patrimoine génétique inégal mais des conditions d’existence et des opportunités de développement humain, ces conditions-là sont quasi- scientifiquement analysables avec l’aide des disciplines suivantes : histoire, sociologie, ethnologie, économie, diététique, médecine notamment préventive…

    Le seul cas admis à propos de l’utilisation de l’expression « appauvrissement du patrimoine génétique » est le suivant : lorsqu’il est question de la disparition irrémédiables des centaines de variétés d'animaux domestiques et des milliers de cultivars végétaux.

     

                    Conclusion :

                     La tentation de l’eugénisme, c’est ce qui arrive quand on se refuse à se situer soit vraiment à droite (« … seuls ceux qui savent faire des affaires ont raison ! Et pour cette raison, on doit leur fiche la paix !»), soit vraiment à gauche (la recherche des causes premières d’ordre sociale, historique et économique est une exigence absolue) ; en d’autres termes, quand on refuse et Marx et Adam Smith (puis Friedman dans la caricature absurde de ce même Smith), la politique ayant le vide en horreur, c’est alors qu’une troisième voie émerge du brouillard - dans les faits, historiques, pas si nouvelle que ça cette voie que l’humanité a mille fois empruntée ! - et c’est alors que l’on vous présente un tableau noir à la craie blanche sur lequel il est dit que les « Noirs abrutis – QI faible - font plus de gosses que les Blancs tout aussi demeurés. Comprenez : à QI égal et pauvreté similaire, les Noirs sont quand même plus cons que les Blancs – vidéo à 00.50.00 - tout en soupçonnant les Indiens (pas les Cheyennes ni les Apaches... mais les Indiens hindous) inclus dans les dites "statistiques de la population asiatique" de faire baisser le QI de cette dernière que Michel Drac place au-dessus des Blancs (2).

    Et là on touche le fond : ridicule et bêtise.

    Exhaustivité oblige, sans doute : un second et dernier tableau se fera un devoir de confirmer l’assertion précédente : côté QI, les Noirs seraient en queue de liste - vidéo à 00.56.40

    Après cinquante minutes d’exposé, faut dire qu’on la sentait venir quand même un peu cette conclusion présentée avec le plus grand sérieux par Michel Drac. Et là, qui peut bien faire l’économie de penser que l’on ne se dirige pas une fois encore, une fois de plus, vers une impasse en forme de cul-de-sac ?

    Car que tous ces eugénistes aux motivations compensatrices ne se fassent aucune illusion : tous finiront par passer à la trappe et le fait que certains d’entre eux aient la naïveté de penser qu’ils y passeront en dernier n’y change rien : les machettes et les fours ne connaîtront aucun répit quand le moment sera venu de « sauver le patrimoine génétique des plus forts en QI, en muscles et en gueule ». Car cette révolution -là dévorera aussi sûrement ses enfants que les précédentes.

     

     

    1 - Autre sujet, autre problématique : dans ce contexte, on aura une pensée pour le transhumanisme, cette sorte d’eugénisme à l’envers : en effet, on ne cherche pas à se débarrasser des plus faibles mais bien plutôt à réserver à une population diagnostiquée comme possédant tous les attributs propres à la domination, de pouvoir dominer davantage encore ; et ce faisant, augmenter leur avantage comparatif ; les autres, exclus, végéteront en dehors de la sphère transhumaniste.... sans doute appelés à servir cette classe transhumanisée jusqu’au bout des ongles...

    Cela dit, difficile de se projeter sur 50 ou 100 ans et d’être capable de définir les rapports de classes qui seront alors en jeu : qui travaillera, pour qui, dans quelles conditions... pour répondre à quels besoins etc....
     

    2- En ce qui concerne la Chine, on imaginera le niveau de scientificité des études des eugénistes auprès d’une population de près de 1 400 000 000 d’habitants (chiffre de 2017)...

    Face à une telle population, même "10 millions d’Einstein chinois" ne parviendraient pas statistiquement à compenser pour une population active dont 80% sont « abrutis » le soir venu (ou le matin) par des conditions de travail dignes du 19e siècle (dans un contexte européen) et proche d’un traitement que l’on pourrait sans difficulté qualifier d’inhumain : quant à leur QI à tous...
     
    Alors, de là à en faire une population dont le QI serait le plus élevé au monde.... et pareillement, mais à contrario, en ce qui concerne les populations « Africaines », les moins vernies côté intelligence...
     
    Nous prépare-t-on une nouvelle campagne autour « du péril jaune » dans le genre : "Beware ! Too smart by half to be trusted, these chinese people !"
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  • Journalisme : mort et résurrection

     

    Billet de blog publié en février 2016

     

                   Soixante-sept journalistes ont trouvé la mort en 2015 en "exerçant" leur profession, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF). La France est le 3e pays le plus touché en raison de l'attentat contre le journal Charlie Hebdo en janvier.

    27 «journalistes-citoyens» (blogueurs) et 7 collaborateurs de médias ont également été assassinés, d'après l'ONG qui réclame la nomination «sans tarder d'un représentant spécial pour la protection des journalistes auprès du secrétaire général des Nations Unies».

    En tête des pays les plus meurtriers pour les journalistes cette année, figurent l'Irak et la Syrie, suivis de la France, du Yémen, du Soudan du Sud, de l'Inde, du Mexique et des Philippines.

     

                  BAROMÈTRE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE - Journalistes tués en 2015

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                      Ce billet - sa conclusion en particulier -, me vaudra d'être exclu de la plateforme des blogs du Nouvelobs après huit années de publication.

                     Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre.

     

    ***

     

                  Journalistes ? Vous avez dit journalistes ?

                   Est-ce le fait d’être titulaire d’une carte de presse qui fait de ces hommes et de ces femmes des journalistes ? Est-on bien sûrs qu'il s'agisse de "journalistes" et pas simplement de rapporteurs d'images et de commentaires déjà rédigés avant même d'être partis ?

    Comme un fait exprès, et comme on vient de le voir, l'Irak et la Syrie sont les deux pays les plus meurtriers pour les journalistes, alors que… à de très rares exceptions près... nous n'avons pas vu dans la presse de langue française un véritable travail de journaliste à propos de ces deux pays mais bien plutôt des ventriloques d'une stratégie échafaudée par une alliance américano-israélo-sunnite destructrice : Liban, Palestine, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Yemen...

    Aussi, en ce qui concerne la Syrie et son fiasco journalistique après celui de l’Irak, il semble bien que le piège se soit refermé sur une profession dont les membres n'ont plus aujourd'hui qu'un seul souci : préserver leur emploi et faire bouillir la marmite.

    Pendant ce temps-là, les rédactions envoient leur personnel au casse pipe aux quatre coins du monde. Et à ce sujet, on aura noté l'augmentation des décès de "journalistes" dans le cadre du non-exercice de leur profession ; augmentation directement proportionnelle au mensonge par omission et par ignorance dans le meilleur des cas - mensonge dénoncé à juste titre par tous les médias alternatifs depuis trente ans -, et dans le pire : désinformation et manipulations délibérées dans tous les médias dominants (1)

                    Connivences, consensus et conformisme… il est vrai que la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers à la tête desquels on trouvera de véritables épurateurs et pourfendeurs impitoyables depuis plus de 40 ans de toute pensée économique et politique alternative d’où qu’elle vienne.

                     Mais alors... est-ce à dire que... quand on est journaliste... moins on informe, plus on meurt ?

    C'est à croire !

    Dans tous les cas, on n'admettra que c'est vraiment cher payé quand on connaît la qualité de l'information qui nous est communiquée, son indépendance et sa profondeur de pénétration du réel : ce qui nous est montré autant que ce qui nous est caché.

                     En effet, parmi tous ces morts, où est aujourd'hui le journaliste exécuté pour avoir dit la vérité ?

     

     

    1 - Doit-on exonérer tous les journalistes, les absoudre, au sein d'une organisation de l'information qui serait sans lien de causalité, sans chaîne de responsabilités, sans hiérarchie, dans une dilution entière de l'action journalistique, dans un flou sinon artistique, du moins, décisionnel complet sur le mode d'un "ni coupable ni responsable" ou bien alors..  pour seul responsable, l'actionnaire qui a décidément bon dos ?

    Nombreux sont ceux qui critiquent les médias dominants ; et ces mêmes médias ne se font pas de cadeau entre eux, face à la concurrence féroce sur le marché de la "non-information" pour la captation-répartition de la manne publicitaire sans laquelle ils ne peuvent compter survivre. Mais rares sont ceux qui sont disposés à demander à l'individu "journaliste" de faire face à sa responsabilité personnelle dans son travail de sape d'une information honnête, intelligente et audacieuse.

    Et tous les titres sont concernés, de Médiapart à Marianne en passant par Libé car, tous se serrent les coudes. Mais alors.. qui continuera de contaminer l'autre ?

     

    ***

     

                   En France, la question de la liberté et de la responsabilité individuelle de chaque journalisme vis à vis de son métier et de son information est posée depuis longtemps déjà et la proposition suivante face à l'augmentation significative des décès de journalistes dans le cadre de leur profession aussi : plus l'information se porte mal... moins les journalistes nous informent et plus il en meurt !

    La presse a atteint un tel niveau de prévisibilité que, bientôt, on n'aura même plus besoin de la lire. On l'aura tous déjà lu avant même de l’avoir fait.

                   Un vrai tour de force !

                   Mais alors, licenciez donc toutes vos rédactions, et vous ferez de belles économies ! Vos articles, nous lecteurs, on les écrira pour vous ! Gratos ! Sérieux !

     

                 Quant à cette profession de journaliste qui se plaint d’être mal rémunérée, mais... qui donc aurait l’idée de verser un salaire, un vrai, à tous ces porte-voix d’une information qui est le plus souvent une véritable insulte faite au réel : qui fait quoi, à qui, pour-quoi, comment, où et pour le compte de qui !

    Le jour où ces journalistes évalueront leur propre travail pour ce qu'il est, pour ne rien dire du mépris dans lequel leurs patrons à tous les tiennent,  soyez-en sûrs : il ne leur viendra même plus à l'idée soit d'exercer ce métier soit de revendiquer quoi que ce soit à son sujet. Car enfin... a-t-on déjà vu des domestiques demander une augmentation ? Celle-ci est généralement laissée à l'entière discrétion du Maître car il est bon que des domestiques qui sont assez "domestiques" pour occuper un tel emploi n'aient droit à rien.

                     Flics, journalistes, matons, enseignants... tous méprisés (voyez leur niveau de formation et leur salaire !) car pour le système... ces métiers ne produisent rien sinon la nécessité encore et encore d'un contrôle et d'une prise en charge de centaines de millions d'individus qu'il faut sans cesse rappeler à l'ordre d'un ordre moral et social aux ordres et qui très tôt a déjà choisi et nommé ses chefs (quasiment dès la naissance - sélection par l'argent et la naissance).

    Le patron ne plaindra toujours de ses employés, le bourgeois de son domestique, et l'esclavagiste de son esclave car dans les faits ils aimeraient tous pouvoir se passer d'eux. La fin dernière de l'exploitation et du contrôle c'est bien qu'il n'y ait plus personne à exploiter et à contrôler.

     

    ***

     

                  Aussi, aujourd'hui, force est de constater que la mort du journalisme trouve sa résurrection dans ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler : la ré-information qu’Internet a seul rendu possible.

                  A ce sujet, la question suivante s'impose : où finit la ré-information, où commence le conspirationnisme...

     
                  Ne nous y trompons pas : ce sont précisément ceux que cette ré-information met en danger, à savoir les médias dominants soutenus par la classe politique et les grandes entreprises, qui, arbitrairement, en décident même si le conspirationniste, c'est un peu comme pour le "populiste"... c'est l'autre, toujours ! L'adversaire en l’occurrence. Sa dénonciation n'explique rien mais explique tout : un parti pris de classe, tendance bourgeois de centre-ville, pétés de tunes et morts de trouille à l'idée que leur état de servitude ne soit révélé au grand jour ; sont concernés : la classe politique et médiatique ainsi que les universitaires carriéristes.

                   Même à sciences Po, tous savent que ce vocable de "complotiste" n'a qu'une fonction : discréditer un adversaire libre et capable de dire tout haut ce que des "journalistes salariés" ne peuvent pas ou plus écrire ; des journalistes donc et autres analystes, experts, chroniqueurs et animateurs aux médias subventionnés à raison de plusieurs millions d'euros par an d'argent public et dont les patrons sont aux ordres d'actionnaires à la tête de multinationales de la finance, de l'armement, de l'agro-alimentaire et du luxe ; en cela, le "conspirationniste" est la mauvaise conscience de tous ceux qui ont choisi un jour de placer leur avenir professionnel et leur confort personnel au-dessus de la vérité par le truchement, dans le meilleur des cas, du mensonge par omission, ou bien dans le pire, par la falsification des faits.

                    Après tout, qui a dit qu'un bon journaliste est un journaliste au chômage ou bien, un journaliste à la tête de son propre journal ou webzine, indépendant de surcroît et dans la mesure du possible ?

     

                     

    Henri Maler d'ACRIMED : observatoire critique des médias

     

    Pour prolonger : Acrimed, un peu mais pas trop

     

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    Pour prolonger, cliquez  : Pour un journalisme de toutes les intelligences

     

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  • Marc-Edouard Nabe : un regard sur ses années 2000

     


    Tout Nabe sur la mort de Ben Laden 1/2 par HamilcarGuimir

     


    Tout Nabe sur la mort de Ben Laden 2/2 par HamilcarGuimir

     

     

                     L'intégrale des interventions de Marc-Édouard Nabe, le 2 mai 2011 à l'émission spéciale de "Ce Soir ou Jamais" consacrée à la mort de Ben Laden.

     

     

     

                    Nabe revient sur les années 2000 et parle de son soutien aux Musulmans.

    Sujets évoqués :


    - Parcours d’un écrivain pro-arabe.
    - Carlos.
    - Négligence des Musulmans.
    - Attaquer les Juifs.
    - Défendre les Arabes.
    - Soutien des femmes.
    - Siné et Vergès face à l’ingratitude des Arabes.
    - Georges Ibrahim Abdallah.
    - Ben Laden.
    - La solidarité.
    - La Révolution.
    - L’Algérie, les Pieds-Noirs et le FLN.
    - Dieudonné.
    - Est-il plus méritoire pour un Musulman de sortir de sa banlieue pour rencontrer Marc-Edouard Nabe que pour Marc-Edouard Nabe de se déplacer à Bagdad sous les bombes ?

     

    ***

     

                Nabe s’est mal remis de l’échec de sa tentative en 2001 de rallier à lui tous ceux qui, en France, s’étaient réjouis des événements du 11 Septembre - il souhaitait cibler en priorité… les Français de culture arabo-musulmane -, avec la publication de l'ouvrage "Une lueur d'espoir" – comprenez : espoir pour les Nations arabes suite à ces événements (vidéo ICI ) -, qui fait l’éloge de Ben Laden, ange exterminateur et vengeur d’une Amérique dont il n’y a plus rien à sauver.

                 Nabe commettra une erreur  :  il refusera de questionner la version des événements de ce mois de Septembre 2001. Comment le pouvait-il quand on connaît ses motivations réelles ? A ses yeux, ces événements devaient être l’œuvre de Ben-Laden seul. Or, les « Arabes de France » ont voulu le beurre et l’argent du beurre : un « Ben Laden tout puissant » et la dénonciation des opérations sous fausses bannières, ou faux drapeaux, de l’Etat profond américain (CIA et NSA) ; Thierry Meyssan, lui, l’a fait ; il parlera d'imposture à propos de la version US des événements du 11 Septembre (vidéo ICI), et c’est lui qui « raflera la mise » ; Soral et Dieudonné aussi après Houellebecq en ce qui concerne la reconnaissance littéraire et toutes les facéties des médias qui vont avec.

    Dépité, Nabe tentera de se faire oublier ; et il aura au moins réussi ça ! Après un ouvrage sur DSK jugé "ingérable" par les médias... très vite, Nabe est allé cuver son échec comme on cuve un mauvais vin ; il est retourné à la peinture…  ou bien plutôt… au dessin en coloriste talentueux.

     

    ***

     

                   Que Nabe se console avec ceci : s'il n'est pas sûr que Houellebecq survive à la postérité car son "oeuvre" sans ambivalence peut se résumer en deux ou trois phrases ; en revanche, l'oeuvre de Nabe ne cessera jamais d'être re-visitée, sortant de l'oubli, y retournant, chacun allant y chercher une lecture "plurielle" et la promesse d'une transgression qui seule nous rapproche de la vérité ; ce type de travail littéraire sera d'autant plus recherché qu'il symbolisera l'exception qui confirmera une règle : celle un monde dans lequel Star Wars, Call of duty, leurs enfants et petits enfants auront tout balayé avant de tout occuper.

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    Pour prolonger, cliquez : Attentats parisiens : Marc-Edouard Nabe nous revient

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  • Houria Bouteldja : celle qui ne sourit jamais

                   Billet de blog rédigé en 2011

     

     

     

                    

    les indigènes de la république (mir),houria bouteldja souchiens,malika sorel,colonialisme,serge uleski

    Porte-parole du mouvement Les indigènes de la République (MIR) porteur d'une stratégie nouvelle, et originale de surcroît, le discriminé développant à l'endroit de son « discriminateur » une pensée tout aussi discriminatoire, jusqu'au rejet total, retrouvant ainsi ses plumes et son maquillage en bon indigène fier et digne ; à la tête d’un job à plein temps avec retraite assurée, sur le mode d’un « s’il n’en reste qu’une je serai celle-là » en pasionaria de la lutte contre les discriminations à l’encontre des Français issus de la colonisation et/ou de l’immigration ; réplique exacte, bien qu'inversée dans son excès, d’une certaine Malika Sorel (refoulement chez Sorel, défoulement chez Bouteldja - chez l'une : tout va bien en France ; chez l'autre : rien n'est à sauver dans ce pays raciste au-delà du raisonnable !wink) ; scaphandrier, ô combien étanche ! au mépris sournois - son mouvement n’est–il pas à  l’origine du terme souchiens pour désigner les français de souche ? Terme infamant à peine voilé puisqu’il ne faut pas beaucoup d’imagination pour penser à l’orthographe : sous-chiens -, Houria Bouteldja ne doute de rien. Jamais !

                    Employée par l'Etat à l'Institut du monde arabe sous le patronage de Jack Lang, son langage au style incantatoire semble clos, fermé sur lui-même ; langage orienté jour après jour vers un point de rupture et de non-retour ; s’adressant le plus souvent à ses militants seuls.

                   Dépourvue d’humour et d’ironie, ne manquant jamais de conspuer le mouvement « Ni putes ni soumises » dont on pourra pourtant difficilement nier que l’engagement de sa fondatrice Fadela Amara aura demandé, avant sa médiatisation, et alors qu'elle oeuvrait quasiment seule, davantage de courage que de se répandre dans les médias pour, à l’endroit de tout ce qui de près ou de loin ressemble à un petit français blanc, qualifier ce dernier, et sans sourciller, d’individu foncièrement raciste - accusation qui, soit dit en passant, est à la portée de n’importe quel imbécile - jamais en reste, Houria Bouteldja affirme chez France-Olivier Giesbert que ce dernier occupe dans l’audiovisuel la place qui est la sienne seulement parce qu’il est blanc...

                     Et Harry Roselmack présentateur du J.T. sur TF1, seulement parce qu’il est noir, peut-être ?!

                      (et d'aucuns de répondre oui, à son sujet ! Discrimination positive oblige !)

     

                    Affirmation à propos de Giesbert qui ferait pouffer de rire n’importe quel étudiant en sciences humaines, et hurler de rage notre regretté Pierre Bourdieu car, époustouflant ce raccourci analytique qui semble ignorer tout du système qui a fait et emploie un France-Olivier Giesbert nain journalistique et intellectuel car, si on oublie la statistique et ses lois de probabilités - les Blancs étant l’ethnie de très loin majoritaire en France -, qui apportent pourtant et déjà à elles seules une première tentative d’explication -, Giesbert n'appartient-il pas à une classe dont 99,99% des Blancs sont exclus ? Classe médiatico-journalistico-intellectualo (mais pas trop, faute d’aptitudes) -politico-mondaine ? 

    Si, comme on vient de le voir, il peut arriver à cette jeune femme de se tromper, elle et son mouvement, dans ses analyses et sa stratégie, il y a néanmoins une chose que l'on ne pourra jamais lui reprocher : c'est de mentir, sciemment et cyniquement, contrairement à tant d'autres issus d'autres communautés ethniques ou groupes d'intérêts. Et ça, par les temps qui courent, c'est déjà énorme !

                   Mais alors, résidus de vieilles théories datant de la période qui précède la décolonisation, les analyses de Houria Bouteldja ? Période durant laquelle il était communément admis que l’homme blanc n'avait qu'une seule vocation : humilier et exploiter l’homme noir bien que l'on ne compte plus aujourd’hui, les hommes de couleur capables d’humilier et d'exploiter n’importe quel homme - de la même couleur de préférence -, puisqu'il est maintenant bien établi qu'il n’y a pas de meilleur bourreau qu’une ancienne victime - en effet, cette dernière connaît mieux que quiconque son mode opératoire -, et pas plus bête qu’un imbécile qui se croit guérit de sa bêtise ; car on ne guérit jamais ; c’est la maladie qui vous oublie un temps avant de revenir à la charge, plus déterminée encore.

                   Est-il nécessaire de rappeler que toutes les sociétés, toutes les cultures, toutes les nations, sur tous les continents et de tout temps, rencontrent un jour, au cours de leur longue histoire, au choix : l’homophobie, la xénophobie, le racisme, le machisme, l’antisémitisme, le sexisme, la discrimination, l’injustice, et ce à des degrés divers ? Tout en s’empressant de préciser que toutes ces tentations dangereuses et condamnables sont moins à déplorer ici, en France et en Europe que partout ailleurs dans le monde ; et en premier lieu au Maghreb et en Afrique noire : doit-on mentionner les massacres inter-ethniques sans nombre dans cette région du monde - massacres pas toujours encouragés par les multinationales dirigées par des Blanco -, et en Algérie, le sexisme et l'intégrisme religieux jusqu’à l’assassinat des femmes qui refusent de porter le voile ?

                   Le racisme en France ne fait pas de la France un pays raciste, tout comme l’antisémitisme des banlieues ne fait pas... de ses habitants, dans leur ensemble, et par ricochet ou par prolongement... de la France, un pays antisémite ; pas plus que le sexisme dénoncé par le mouvement « Ni putes ni soumises » auprès des français issue de l’immigration arabo-musulmane ne ferait d’eux tous et sans exceptions, d'horribles machistes retardés et incultes.

                   Plus Houria Boudeldja s’exprime, plus l’on est tentés de penser que son mouvement serait bien incapable de porter et de hisser qui que ce soit jusqu’à la plénitude de son potentiel d’être humain, sinon dans le ressentiment et l’impuissance qui accompagnerait inévitablement l’histoire des peuples colonisés venus faire un tour chez leurs colonisateurs, une fois ces derniers rentrés au bercail après un siècle et demi de pérégrinations décidément infâmes et haïssables…

    Car, si condamner les émeutiers avec des "c'est pas bien de brûler des voitures" n'a jamais dissuadé qui que ce soit de les brûler... sermonner "le peuple français de souche" avec des "c'est pas bien d'être raciste" n'a jamais empêché qui que ce soit de s’y complaire.

    Aussi, l'anti-racisme ne peut être qu'un point de départ et sûrement pas un point d'arrivée. Dans le cas contraire, ce sera un échec. Et d'ailleurs : c'est un échec !

     

    ***

             les indigènes de la république (mir),houria bouteldja souchiens,malika sorel,colonialisme,serge uleski

                    En dehors du fait que le sourire n'est vraiment pas la vocation de Houria Bouteldja - à l'exception d'un sourire crispé, tendu, fruit d'années de ressassement ; sourire qui n'a pas envie de.... sourire -, nul doute, Houria Bouteldja prendra sa retraite... Indigène de la République et sûre d’elle-même : en d’autres termes, sûre de son absence totale de don pour le partage de cette "réussite" qui est la sienne et qu'elle aurait pu transmettre tel un espoir pour tout un chacun, et plus encore, à l'endroit de ceux qui seraient à juste titre tentés de penser ( car il n'est pas ici question de nier les discriminations qui touchent les Français issus de l'immigration arabo-musulmane) que tout est fait pour qu’ils échouent.

                   Serait-il si surprenant que cela qu’un jour un français issu de l’immigration arabo-musulmane, et qui n’aura pas consacré une bonne partie de sa vie à se poser la question de savoir si la France est un pays porteur de tous les défauts, de tous les maux, de toutes les tares et de tous les crimes dont l’humanité est capable, parvienne à la fonction suprême : celle de Président de la République Française ? Pour sûr, cette personne-là, pour peu que ce soit une femme, jamais ne portera le nom de Houria Boudeljda car, nul ne saurait être épargné par ce proverbe, remanié pour l’occasion : on ne fait pas seulementmais aussi… son lit comme on se couche… le lit d'une récrimination insidieuse, poison au fond de l’âme, cultivée ad nauseam et alors que les récipiendaires de ce discours pourraient sans difficulté lui envier la pitance de fonctionnaire et la sécurité de l’emploi qui accompagne ce statut, de notre grande prêtresse. Position sociale provisoire alors, dans l'attente d'une discrimination que personne, en revanche, ne lui jalousera et qui, manifestement, tarde à venir ? Car, quoi que le PIR puisse affirmer, il semblerait bien qu'il soit encore permis de s’appeler Houria Boudeljda et de couler des jours paisibles dans une République, contre toute attendre, tête en l'air : comme l’oubli de discriminer Houria Boudeljad pour son appartenance ethnique et son combat politique.

                        Mais alors, quand est-ce que cette République française se décidera-t-elle à donner raison à Houria Boudeljda ?

     

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  • Lynchage médiatique de Danièle Obono, nouvelle députée FI " France insoumise" de la 17e circonscription de Paris...

     

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                      ...Danièle Obono sommée de dire "Vive la France" sur RMC au cours de l'émission "Les Grandes Gueules" dont le plateau sera composé - devinez ?! - d'hommes exclusivement, blancs de surcroît...

    Comme quoi : chassez le naturel, il revient au galop, sans tarder, une semaine après la fin du scrutin législatif !

     
                     Toutefois, on pourra se demander ce que cette députée et son parti pouvaient bien attendre de son passage dans l'émission "Les grandes gueules " ainsi que la nécessité et l'utilité d'y participer. De plus, nous qui avons voté "France Insoumise" sommes loin de trouver un intérêt quelconque à voir nos députés participer à cette mascarade médiatique que sont les programmes dits d'information et d'actualité politique que ce soit sur le service public ou privé et plus encore à l'heure où une macron-mania des médias, de la finance, du show-business et de la quasi-totalité de la classe politique telle que représentée à l'Assemblée a atteint un niveau de représentation et de diffusion assimilable à une campagne inédite de propagande intimidante et policière : ceux qui "n'en sont pas" ne méritent alors que mépris et dédain et seront sans doute, prochainement, eux aussi sommés de s'expliquer.

    Pour toutes ces raisons, les députés FI feraient bien, dès maintenant, d'investir prioritairement l'Assemblée tout en gardant un contact très très étroit avec le terrain et ceux qui les ont fait élire d'autant plus qu'il est peu probable que cet électorat soit à l'écoute de cette émission, en lieu et place d'une participation à un cirque médiatique aux dés pipés dont tous sortiront affaiblis car enfin, qu'attendre d'un passage dans des médias incapables d'offrir la garantie que l'on y recevra un traitement journalistique de qualité et non un traitement qui a tous les attributs d'un lynchage idéologique dont le soupçon de racisme - quand ce sont des minorités qui sont "convoquées" -, ne saurait être écarté jamais vraiment ?

    Aussi, on sera fortement encouragés à penser que toutes ces prestations télévisuelles et radiophoniques sans discernement sont plus que contreproductives et plus encore si leurs victimes ne sont pas armées pour faire face à un véritable interrogatoire qui n'a rien à envier à un traitement policier de la question politique.

                    Le "Nique la France" du clip que Danièle Obono a défendu au nom de la liberté d'expression voilà cinq ans n'a pas besoin d'excuse ; la France incriminée dans le texte de ce "rap parodique" - parodique à dessein ou non - , concerne une France coloniale d'hier et cette autre France discriminatoire d'aujourd'hui ; or, on connaît trop bien le "pédigree" idéologique de ceux qui sont disposés à défendre cette France-là pour devoir se justifier d'un quelconque soutien à la dénonciation de ces derniers.

    Il est regrettable néanmoins que Danièle Obono n'ait pas su, certes dans le contexte d'un stress fort compréhensible face au harcèlement de ces contradicteurs qui a pu en partie la privée de ses "moyens argumentatifs "- elle a même semblé sur le point de céder et de condamner le contenu de ce clip du groupe ZEP -, expliquer et défendre ce titre vieux de cinq ans mais toujours aussi prégnant. Ce semi-échec devrait alerter ces nouveaux arrivants de la scène politico-médiatique : face à ce type de procès-d'intention, une prestation médiatique devient un véritable exercice qui relève autant de la psychologie que de la rhétorique - force d'esprit et entrainement ; d'où la nécessité de choisir avec la plus grand soin les lieux dans lesquels les députés de FI sans expérience, devront accepter de se présenter : qu'ils se méfient des invitations empoisonnées tout comme les cadeaux du même nom ! car la véritable haine de ceux qui ne supportent plus les "Insoumis" encartés ou pas - haine partagée par leurs employeurs-payeurs à tous - , à l'Assemblée comme partout ailleurs - et sur Internet en particulier -, sera certes contenue mais aussi certaine que totale.

     
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  • Eric Naulleau : une "gauche" PS Macron-compatible qui n'a plus rien à opposer à la droite

     

     

    zemmour et naulleau sur paris première

     

                          Avec « Zemmour & Naulleau » sur Paris Première, émission d’actualité politique, chaque semaine, Naulleau, dans ce face à face, ce côte à côte, semble n’avoir trouvé qu’une place et qu’un rôle à jouer : celui de faire-valoir de Zemmour, car force est de constater ceci : plus Naulleau parle, plus Zemmour brille ; et l’émergence de Macron, ce président qui se dit à la fois de droite et de gauche, c'est aussi ça : une gauche PS sans objet, vidée... à la rue, et en ce qui concerne un de ses représentants les plus symptomatiques, Naulleau Eric dans sa version médiatico-médiatique, une gauche condamnée à faire le trottoir pour continuer de toucher son chèque de fin de mois, le dernier chèque... car plus personne n'ira l’embaucher. Nul doute : cette gauche PS, Naulleau l’incarne à la perfection, le nez dans sa honte comme d'autres, dans leur soupe : "Alors, bois Naulleau ! Bois et tais-toi !"

    Naulleau face à Zemmour, ce Naulleau-là nous est plus que familier ; c’est le même Naulleau face à Alain Soral dans l'ouvrage "Dialogues désaccordés" : un Naulleau laminé. Un dialogue au cours duquel Naulleau a pu affirmer ceci : « Oui, j’ai accepté de me trouver face à Soral. Mais je n’ai rien lâché. Je me suis battu bec et ongles. J’ai répondu point par point, sans compromis. Je l’ai contredit sur tous les sujets que nous avons abordés ».

    On aura la charité de ne pas accabler davantage un Naulleau maintenant totalement absent de lui-même.

                    Naulleau, critique littéraire reconverti dans l’animation télévisuelle, un temps chez Ruquier sur France 2, puis aujourd’hui sur Paris Première, Naulleau sur un ring face à un adversaire quel qu’il soit, c’est inévitablement faire la conclusion suivante : jamais Naulleau n’apparaîtra comme un rival crédible car tout combat mené s’avèrera très vite outrageusement trop inégal : sur un ring, Naulleau n’a aucune chance.

    Mais alors, comment Naulleau sur Paris Première pourrait-il reconnaître son impuissance sans devoir valider les analyses de Zemmour qu’en tant qu’homme de gauche à la sauce PS, il se trouve bien incapable de contrer faute d’arguments. Or, une gauche sans arguments face à un essayiste comme Zemmour, c’est plus qu’il n’en faut pour mettre à terre cette gauche, gauche de Naulleau : ce qui est déjà le cas : les élections présidentielles et les législatives qui ont vu la victoire de Macron grâce à une abstention et un vote blanc et nul record… l’ont amplement démontré : le PS, bien que Macron-compatible, est sonné, à genoux, aphone tout comme Naulleau devant Zemmour ; destin funeste pour cette « fausse gauche » maintenant à poil qui peine à cacher son sexe, minuscule sexe de la honte. D’où sa disparition et son absorption par Macron et son mouvement En marche.

                  Qu’à cela ne tienne ! Craintif et réaliste, manifestement, Naulleau souhaite bon an mal an se maintenir dans les médias ; et c’est déjà, et c’est encore et toujours le dilemme de "l’homme d’une gauche sociétale absente du débat social et européen"  qui se condamne à manger à la gamelle de la désinformation par omission et de l’outrage faite à l’intelligence et au courage car, à faire l’âne pour avoir de l’avoine, ne finit-on pas... bourricot quoi qu’on puisse penser quand on veut se rassurer ?

    Nul s’ignore ceci : quiconque ne renonce pas à l’argent se condamne à une existence intellectuelle et morale à la périphérie, en-dessous de tout, falot, lâche et veule même rasé de près, chemise immaculé et costume bien coupé.

                      Naulleau est plus une victime que l’acteur, le protagonisme d’une quelconque stratégie de conquête ; Naulleau n’éclaire rien d’autre que son indigence. Un Naulleau victime comme tant d’autres de « l’enfumage PS » de ces trente dernières années ; écran de fumée qui a figé les consciences, gelé les esprits, épuisé les personnalités, dompté les caractères, fait taire ceux qui hurlaient à la douleur,  jusqu’à la promesse d’un verdict de mort sociale contre quiconque refuserait de se soutenir une instrumentalisation du "sociétal" qui ne sert qu’à masquer une politique de renoncement au service d’une mondialisation d’une oligarchie sans principe sinon un seul - l’optimisation des moyens de production de l’espèce humaine …

    Naulleau s’est donc condamné à n’être que le sparring-partner, médiocre de surcroît, de Zemmour. Ou bien alors, hissant Zemmour au sommet de sa rhétorique tout comme avec Alain Soral dans l’ouvrage pré-cité, Naulleau se rapprocherait-il délibérément d’intervenants bien plus talentueux, bien plus intelligents que lui afin d’assurer la promotion de ces derniers contre lesquels il est bien en peine de marquer ne serait-ce qu’un point, qu’un tout petit point au filet, au panier, qu’un but dans la cage… sur coup-franc comme sur pénalty ? Naulleau aurait-il à son insu pour vocation d'apporter de l'eau au moulin de tous ceux qui lui apportent la contradiction jusqu'à l'inondation ?

                      Duo déséquilibré que ce tandem Zemmour-Naulleau à un point tel qu’il n’y a plus alors qu’une voix, une seule, qui se fait entendre face à des babilles, des balbutiements tout aussi indistincts, et d’autres certes audibles mais éculés et sans perspective : pas de hauteur, pas de profondeur de champ, tout à plat ; une « pensée » unidimentionnnelle et automatique d’automate ventriloque.

    Si les imbéciles osent tout, et c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnaît… Eric Naulleau a la fâcheuse habitude de monter sur un ring qui ne manque jamais d’exposer, dès le premier round, juste avant un K.O toujours renouvelé, semaine après semaine et chaque semaine, non seulement sa propre vacuité intellectuelle et autres insuffisances mais aussi, chez toute une frange dite « de gauche » qui se résume le plus souvent à un engagement auprès du PS, l’absence totale d’instruments et d’outils d’évaluation critique d’une modernité pourtant mille fois passée au crible d’une lecture et d’une interprétation sans concessions, de Marx le prophète à Michel Clouscard le penseur prémonitoire au jugement sûr, sans oublier de faire un détour par Guy Debord dont les analyses n’ont fait que se bonifier au fil du temps, Jean-Jacques Rousseau couvrant d’une aile protectrice tout ce beau petit monde…

    D’où leur incapacité à tous à « affronter » Zemmour car le vide conceptuel d'une bien-pensance fourbe qui a régné au sien du PS depuis les années 80, a créé un tel appel d’air que c’est à un véritable ouragan auquel on doit faire face : Naulleau n’est pas simplement alors un courant d’air, c’est aussi un formidable siphon.

    Un tel coup porté à l’intelligence, au courage et au talent est sans précédent dans l’Histoire.

                      Naulleau est très certainement conscient du fait qu’ il ne pourra pas faire ou refaire le voyage à l’envers ; il se sait condamné et c'est la raison pour laquelle il accepte bon an mal an l'humiliation qu'un Zemmour ne manque jamais de lui infliger en toute camaraderie ; faut bien dire que face à la bêtise et à l'indigence intellectuelle d’un Naulleau,  Zemmour a beau jeu de ménager l'idiot de service : cet idiot fait de lui un intellectuel performant.

    Au cours de l’émission qui l’emploie, disparaissant de longues minutes durant, muet, là présent sur le plateau, devant la caméra, mais quasiment absent, le regard sans expression, disons que Naulleau, partenaire lanterne, se contente de tenir la bougie d’un main et le micro de Zemmour de l’autre ; il éclaire Zemmour même si, quand il s’agit de tenir la bougie, Naulleau n'est pas le seul dans la sphère radiophonique et télévisuelle qui a aussi pour vocation le recyclage des "ratés" de l'internet : on pensera à un certain Guy Birenbaum (autre désoeuvré sans talent particulier qu’on situerait vaguement à gauche) - David Abiker aussi, un temps son acolyte - dont internet n'a jamais su quoi faire des années durant et qui a fini par trouver refuge sur le service public à faire de la figuration - d'aucuns diront l"a manche" tellement il faut être charitable pour ne pas lui couper le sifflet -, sur France-info le matin à 6h50 avec une chronique à deux francs six sous - à l'heure de l'Euro, franchement ! – au frais du contribuable.

    Et Naulleau, aussi fragile que soit sa position, à la fois victime et acteur de sa propre vacuité, Naulleau, consciemment ou non, s’inscrit sans l’ombre d’un doute dans cette stratégie de « dynamique du déclin » - défaite et épuisement : épuisement dans le sens de « se vider » -, qui n’a qu’un seul objet : verrouiller toute remise en cause d’une organisation de l’existence qui, depuis trente ans, ne recueille plus l’assentiment de ce qui pourrait ressembler à une majorité d’individus privée de citoyenneté.

     

                      Si la littérature auquelle Naulleau prétend consacrer sa vie peut aider à penser le monde tel qu’il est et tel qu’il a été, force est de constater qu’il semblerait que cette littérature soit impuissante à former des esprits affûtés, coupant comme des couteaux, tranchant comme des rasoirs ; une littérature qui ,  pour changer, serait d’une lucidité terrifiante  face à cet avenir qui nous guette et nous attend à tous les tournants ; d’où son déclin au bénéfice d’une écriture de l’anecdote et d’un quotidien sans passé ni avenir ; un quotidien absent de son propre présent pour s’en être retiré : il est vrai que la réalité intéresse les utopistes seuls ; de là leur désir d'en changer ; les autres l’ignorent pour mieux s’en accommoder.

    Mais où donc la trouver cette littérature ? Chez Houellebecq ? La bonne blague ! Indigente cette littérature à la racine de laquelle on trouvera, chez un grand nombre de ses auteurs, des décennies de désintérêt, voire de mépris,  à propos de la question sociale, économique et morale, lieu de tous les dangers pour des esprits fébriles, apeurés, aux préoccupations principalement carriéristes et vénales. Et par voie de conséquence, c’est cette même gauche, quand un sentiment de culpabilité devient ingérable, qui a tôt fait de reléguer toute critique de la représentation du réel par les médias dominants à du complotisme ; ce qui en dit long à propos de sa faillite intellectuelle. Pour sûr ! Il n’y a pas de hasard car, aujourd’hui plus personne ne peut nier que tous ces avis aussi tranchés qu’automatiques, sorte de jugements-réflexes, sont bel et bien la véritable, la première et sans doute la seule condition sine qua non pour quiconque souhaite continuer de manger à la gamelle de l’audiovisuelle et des autres médias (radios, journaux, revues) ! Un Naulleau qui n'a rien oublié et qui a pris goût au caviar des années durant alors qu'il appartenait, grassement payé, au staff de l’émission « On n’est pas couché » de Laurent Ruquier car, une fois le caviar passé,  le pâté et les rillettes, voire même le foie gras, ont alors un sale goût : celui d’un retour à la case départ, à une petite vie, petite et terne. Aussi, il y a fort à parier que Naulleau n’ait aucune envie d’y retourner : la littérature est un vrai sacrifice ; et tout le monde n’a pas l’étoffe d’un martyr.

     

    ***

     

                        Professionnellement Naulleau vit sur le fil du rasoir : à la moindre incartade, il saute. Il le sait. Il a tout juste le droit de louer Macron tout en déplorant le score de Hamon à la présidentielle mais sans toucher à Valls. C’est là, la seule « gauche » qu’autorisent les médias publics ou privés à cette « gauche » en faillite et dont on n’est pas près de pardonner le fait qu’elle ait pu donner à Zemmour des arguments irréfutables contre cette dernière recyclable à souhait, sans en assumer ni les conséquences ni la sanction électorale : se retirer de la vie  politique.

     

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  • NKM : obstination et parasitisme

                      nkm défaite aux legislatives 2017,nkm agression, serge uleski            

     

     

                    En politique, comme ailleurs, il y a des gens qui s'obstinent ; des gens dont " la politique" ne veut pas finalement ! NKM - on pensera aussi à Rama Yade -, en fait manifestement partie.

                   Mais alors, que NKM, petite nature de surcroît, aille donc travailler au lieu de chercher de continuer à vivre, contre vents et marées, sur le dos de la bête étatique subventionnée par le contribuable sous prétexte que son père et grand-père, élus, ont vécu, bien vécu de "la politique" ! Car, que nous puissions tous la rencontrer dans le RER - bétaillère humaine et urbaine -, le matin dès 7H, somnolente, et au retour, à 18H abrutie dans le bruit, la fureur et la sueur des aisselles du devoir accompli d'un monde du travail qui lui est encore très certainement étranger en tant qu'expérience existentielle - physique et psychique -, puis, plus tard, chez elle, la porte verrouillée à double tour, volets tirés, comateuse devant son écran de télé dès 21heures...

    Cette rencontre-là, cette expérience... me semble d'une nécessité absolue en ce qui concerne NKM.

    Après tout, y'a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui trinquent !

     

                  Et puis, cette députée déchue n'appartient-elle pas à cette classe politique qui n'a de cesse depuis 20 ans de demander au monde du travail de s'adapter, en ces termes :" Finies les longues carrières dans une même entreprise ! A l'avenir vous connaîtrez des périodes d'emploi, puis des périodes de chômage en alternance avec des périodes de formation. Vous verrez : ce sera passionnant car stimulant !"

    L'instabilité, le changement... y'a qu'ça vrai ! Aussi, il serait temps que cette classe politique partage le sort de ces millions de salariés. Peut-on compter sur le corps électoral pour lui en donner de la flexibilité, du chômage, de la formation et du travail à cette classe jamais avare quand il s'agit de redistribuer la manne sacrificielle d'une organisation de l'existence qui les épargne toujours.

     

                 Pour revenir à NKM, à sa chute à la fois physique et politique... et dans le cas où des lecteurs mal informés seraient tentés de plaindre cette députée maintenant privée de circonscription, gardons à l'esprit, à l'aune de cette complainte ; la complainte du député désoeuvré : " En n’ayant que mon seul mandat parisien, je vais devoir trouver un autre emploi pour vivre" - dixit NKM

    Gardons en mémoire donc... à propos de ce mandat parisien dont il est fait mention, ceci : NKM préside toujours le groupe de droite au Conseil de Paris et touche 4.095 euros bruts d’indemnité pour une prestation de quelques heures par mois.

    Dur dur !

    ________________

     

                    Pour prolonger, cliquez : Rama Yade et la politique 
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  • Démission de François Bayrou, garde-des-Sceaux-en-coup-de-vent..

     

    bayrou démissionne du gouvernement serge uleski le 21 juin 2017

     
                      Non content d'annoncer cette démission, ce ministre de quelques jours - 35 précisément - annonce la tenue d'une conférence de presse alors que nous sommes nombreux à penser que Bayrou serait bien avisé de quitter la politique sur la pointe des pieds car, on ne le dira jamais assez : son coup de fil au directeur de la cellule investigations de Radio France, Jacques Monin, n'était pas simplement une gaffe mais une faute grave ; nul doute que la psychanalyse aurait des choses à nous dire à propos de cet "acte manqué" (on pensera au personnage de Michel Piccoli dans le film de Claude Sautet "Max et les ferrailleurs - les cinéphiles comprendront !), si l'on garde à l'esprit le positionnement affiché par Bayrou depuis trente ans : " La politique autrement : intégrité, probité et rigueur au service des citoyens".
     
    La bonne blague ! Soudain, d'une pierre deux coups, c'est aussi l'affaire Cahuzac qui resurgit. Jugez plutôt : Bayrou devait présenter la réforme dite de "moralisation de la vie politique" - une réforme a minima ; tous peuvent continuer de dormir tranquilles - peu de jours après l'annonce de l'ouverture d'une enquête préliminaire, cherchant à savoir si le MoDem, parti de François Bayrou, a salarié des employés en les faisant passer pour des assistants parlementaires européens... et Cahuzac, patron de Bercy, lançait, quelques jours avant sa mise en examen, une campagne contre la fraude fiscale...
     
    Quand on vous dit que plus ça change, plus etc... etc... etc...
     
                    Pour revenir à cette conférence de presse annoncée, sans doute Bayrou compte-t-il nous rappeler à quel point il reste un homme libre même si, en ce qui le concerne, l'exercice de cette liberté a vraiment et décidément toutes les allures et le poids d'un fardeau quand on vient à connaître l'usage qu'il fait de sa liberté de parole et d'action.
     
    Aussi, peut-on s'autoriser à suggérer à ce ministre de l'éphémère et des antipodes - autre temps et autre lieu - ceci : se taire, s'interdire d'agir devront être, désormais, les deux ambitions de cet homme sans avenir ni véritable passé politique -
     
     
     
    Pour prolonger, cliquez : Bayrou ou les esclaves de la dette
     
     
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