Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

Serge ULESKI - art, essais, écriture et littérature - Page 4

  • S’offrir une réalité sur mesure…

     

     

                 Un amour que l'on voit, même et surtout là où il n'est plus pour s'en être absenté. Retrouver sa trace, l'accès et puis, son cheminement, le tenir en laisse aussi, de peur qu'il ne nous échappe totalement et qu'il ne soit déjà trop tard pour le retenir et en goûter à nouveau la douce saveur puisque sans lui, plus rien n'est possible.

    .

    ***

    .

    Lille. Poste 2

    Tout se dérobe à son regard. Des villages se succèdent sans qu’il puisse identifier leurs noms. Portée sur une voie parallèle, sa vue striée le convainc de fermer les yeux ; il choisit pour quelques secondes d’épouser la condition d’un aveugle et puis, il les ouvre à nouveau et redresse la tête. Talus, champs, routes, rivières, étangs, chemins, bosquets, ponts, pylônes, clochers. Un homme marche seul sur une route. Des enfants courent sur un chemin détrempé. Engins de toutes sortes, entrepôts et enseignes gigantesques, épaves, ruines, usines désaffectées. Lieux incompréhensibles et inconcevables.

    Chaque seconde qui passe pousse des kilomètres de voie ferrée loin derrière lui et devant elle : elle qui s’éloigne sans fin. Il a suffi de quelques minutes, et la voilà déjà hors d’atteinte ! Bientôt, elle sera inaccessible et puis, intouchable pour de longues semaines. Mais il n’est pas inquiet face à cette réalité inconséquente, à peine tangible car, il n’a pas quitté cette chambre d’hôtel qui les a vus, des cendres d’une existence à genoux, renaître à la vie et se reconstituer d’une seule pièce, entier et debout, d’un seul tenant univoque et tendu. Non ! Elle ne l’a pas raccompagné à la gare. Non ! Il n’a pas pris ce train qui… dans un peu moins d’une heure trente, le ramènera à la désolation.

    Anesthésié, comme groggy par ces quelques heures passées à ses côtés, il est encore dans son odeur, avec ses gestes, dans son humeur, avec son sourire. Ce n’est pas le temps qui s’est figé mais son écoulement qui lui tient tête et c’est à rebours, à contre courant de son propre cheminement que cet écoulement parcourt une réalité qui refuse en bloc de céder sa place à l’instant présent qui a pour réalité un train qu’aucun subterfuge n’arrêtera.


    Prostré d’hébétude, il semble indifférent. Pour l’heure, la conscience de cette nouvelle séparation sommeille encore en lui. Mais bientôt viendra l’interstice puis, l’entre-temps et enfin, la césure nette et tranchée comme un couperet qui tombe, un gouffre qui s’ouvre jusqu’au vertige et rien ne viendra compenser l’épuisement inévitable de cet influx magnétique et nerveux que chacune de leur rencontre lui apporte car, une fois l’illusion d’une séparation fictive évanouie que des semaines d’éloignement porteront jusqu’à une éternité, livré à lui-même et sans recours, il ne pourra rien substituer à cette énergie insufflée l’un à l’autre. Non, rien ! Sinon, vivre dans l’attente de son renouvellement, à la prochaine prise, à la prochaine remontée en surface, à l’air libre et suffoquant.

     

    Arras. Poste 4

    Personne n’est monté. Chance inespérée ! Le compartiment restera désert. Quelle aubaine ! Le pire lui a été épargné ! Confort parfait donc ! Pas de bavardage pour bavarder et ce faisant, ne pas et ne jamais avouer qu’on n’a plus rien à dire parce que… ça va bien comme ça et qu’on n’en peut plus de ne plus pouvoir quoi que ce soit pour soi-même et pour ses proches depuis que tout nous échappe et qu’on ne décide de rien ou bien, de si peu, dans les marges, par bribes, entre deux sauts de puces effectués à reculons. Alors, disons-le : le meilleur est derrière nous, mais loin, loin... et depuis longtemps déjà !

    Rien ne pourra le perturber ; pas même le sifflement aigu et continu - perceptible par intermittence quand on s’en donne la peine ou bien, quand notre ouïe reprend ses droits sur une perception dissipée - ni l’indéfinissable ronflement de la rame qui porte à une allure imperceptible sa puissance et sa force sur des rails au parallélisme d’une rectitude studieuse et irréprochable. A son insu, le train glisse vers sa destination, sans effort, imperturbable, sûr de sa puissance et de son infaillibilité. Le temps d’un voyage, on pourra donc mesurer tout ce qui sépare cette énergie cinétique de nos vies ! Oui ! Nos vies avec ses résolutions qui ne s’affirment pas mais balbutient de nouvelles raisons de ne pas trouver une voie, un aboutissement ferme et résolu. Et que dire de nos engagements !

    Incapable pour l’heure d’envisager une autre réalité pour lui-même, d’une hallucinante solennité, la lumière artificielle et le silence de son compartiment viennent confirmer son atmosphère insolite et renforcer l’état de grâce qu’il s’est accordé. Pas de nuisances sonores non plus ! De celles que nous sert sans répit, obstiné comme une tentative désespérée d’échapper à l’angoisse, un casque porté par ceux qui n’ont plus qu’un souci en tête : fuir la conscience qu’ils pourraient avoir de leur propre inutilité et leur entourage avec eux ; entourage bien en peine de leur proposer une raison d’être, claire et indubitable.

    Un train concurrent est venu frapper la vitre, mais sans effet durable. Un rêve dont on ne sort jamais pour en avoir aussitôt sollicité un autre, ce flottement dans lequel il se complait.

    Il a ouvert les yeux puis les a refermés. Dans son entêtement, il veut tout entendre, tout préserver et surtout et pour rien au monde, ne pas en sortir car, tout est là, intact ! Il ne manque rien. Les rires, les pleurs, les gémissements, les cris ! Son petit corps ferme, étroit, le sien grand et fort et puis, le leur, enchevêtré de frénésie, ses mots bien à elle, paroles chuchotés et bouleversantes comme une confession, les regards échangés quand ils restent immobiles, tournés l’un vers l’autre sans souffle mais encore avides. Décidément non, rien ne l’éloignera. Au comble du paradoxe, celui de son absence, c’est bien elle qui se tient à ses côtés, car, dans un souci d’apaisement, il l’a gardée avec lui et en lui, légère et incommensurable de par l’admiration et l’affection qu’il lui porte.


    Projets. Rêves insensés ! Espérances folles ! Quelle évolution possible pour eux deux ? Qu’est-ce qu’il est raisonnable d’espérer ? Sous quels délais ? Rupture ! Divorce ! Et si… ils parvenaient à s’extraire de leur union respective ! Et si, une fois libres, maîtres de leur destin, ils décidaient de tenter leur chance ensemble ?

    Et si… et si… et si… Seul au monde, on peut enfin et sans difficulté s’offrir une réalité sur mesure, un subterfuge dans lequel rien ni personne ne viendra vous rappeler à un ordre univoque et indépassable mais… pour combien de temps encore ? Combien de temps ? Le plus tard  possible ?

    Tenez ! L’issue approche et avec elle… une réponse brutale.

     

    Gare du Nord

    Rien ne va plus. Retour à la désespérance qui désespère de sa propre impuissance à pouvoir en réchapper. La réalité précaire qu’il a tentée durant toute la durée du voyage de préserver, est maintenant en morceaux. Il s’était égaré car, on n’échappe pas au monde.

    Agitations sans nombre, aussi inutiles qu’étrangères ; mille effervescences qui tapent du pied toute leur inconséquence ! Mais… comment penser dans tout ce vacarme ? Où trouver le courage et puis, un réconfort dans tous ces visages tantôt fugaces, tantôt pesants et lugubres comme des visions d’un autre monde, fantômes de l’au-delà ?

    A sa descente du train, un sentiment laid et sordide l’a saisi : sa faiblesse face à l’horreur de sa condition. Un cimetière aux tombes noires, une prison dont personne n’ira visiter les détenus, son impuissance.

    Comment rentrer alors ? Et puis, rentrer pour retrouver quoi ? Et chez qui ?


    La poitrine serrée, c’est bien l’enfer qui lui fait face maintenant et aucun démenti, aucune démonstration aussi savante soit-elle ne pourra remettre en cause cette certitude. Il ne lui reste plus qu’à en supporter le dégoût car toutes les énergies s’épuisent un jour, à bout d’arguments, d’objets et de raison d’être ce qu’elles ont été. Plus de perspectives alors ! Sinon l’éternel et tragique retour d’un quotidien dépouillé, affaissé au pied d’un mur contre lequel notre colonne vertébrale s’est brisée faute de n’avoir pas su le contourner à temps car, de toutes les saisons, c’est bien l’automne qui annonce le crépuscule de toutes les unions, l’une après l’autre. Elles n’existent déjà plus. Voyez comme on les piétine allégrement, sans sourciller. Jaunies et rances, elles n’intéressent déjà plus personne, toutes ces unions.

    Comment dans ces conditions s’exorciser d’une fatalité qui n’a de destin que le refus d’y voir un acquiescement tacite et pleutre ?

    De tout temps imperturbable, cette fatalité et sûre de son Grand Oeuvre : la sape d’une institution soutenable dans la résignation… seule !


    ___________________________

     

    Extrait du titre : " Cinq ans, cinq nuits"

    A propos de l'ouvrage... cliquez Cinq ans, cinq nuits

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
  • Un nouveau Karl Marx par Francis Cousin : un Karl Marx de la résignation et de la soumission


                          

     

     

                             "... temporalité fermée ; communautés primordiales ; formalisation sociale ; temps mémorial ; temps dernier..."

     

                  Francis Cousin à propos de Fidel Castro : "....... les luttes de libération nationales ne sont que le tintamarre publicitaire et marchand du spectacle aliénatoire de la marchandises de toutes les gauches et de toutes les extrême-gauches du C(k)apital et du fétichisme...

    Ca, c'est envoyé ! 

    Faut bien dire ceci : exposé après exposé, il semblerait que rien ni personne ne trouve grâce aux yeux de Francis Cousin. Avec lui, on n'a ... non pas "raison de se révolter" mais tort de se mobiliser et de dire "Non !"... toujours, en tout temps et en tout lieu.

    Mais alors : ce Francis Cousin, tout philo-analyste qu'il est,  serait-il le chantre de la résignation ?  

    Et si Cousin était aussi le porte-parole du renoncement sous couvert de nous livrer une analyse dite "marxiste" de toutes les luttes ? D'où sa "récupération", avec le consentement manifeste de notre gourou marxiste,  par tous les mouvements qui, dans l'histoire, n'ont jamais soutenu l'émancipation de qui que ce soit contre quoi que ce soit ; et son rapprochement - Radio-courtoisie (1), TV Libertés...- avec les acteurs d'une idéologie xénophobe, homophobe,  anti-féministe, anti-syndicale, anti-salariés (surtout quand ils ouvrent leur gueule !), anti-grèves, anti-nuit-debout, anti-zadiste... mais très compatissants à l'endroit de la police, des patrons, petits, moyens et gros. 

    Comme quoi, tout se tient.

    Marx instigateur (inspirateur) de l'extrême-droite ? - " Karl reviens, tes enfants sont devenus fous !"

    Décidément, et contrairement à Dieu, les voies du marxisme  sont non seulement poreuses mais bel et bien pénétrables à souhait, jusqu'à la garde qui plus est, car tout le monde semble pouvoir y trouver une issue, même "réactionnaire".

    Certes, on ne choisit ni ses lecteurs ni ses recenseurs occupés à cocher des petites cases. Marx sera donc absous. 

     

                                 "... concept historico-social dans le développement des forces productives générales ; raison nationale marchande ; longue durée cosmique... "

     

                    Pour rester avec la vidéo postée -  Cuba, Castro et les révolutions de libération nationale -, une question s'impose : de qui , de quoi, pour qui parle Francis Cousin finalement quand il parle (un peu comme cette autre question : pour qui roule un tel ou une telle), et en particulier, de ce qu'il nomme "la non-révolution cubaine" ?

    Manifestement, Francis Cousin est content de son sort ; il n'a besoin de rien : ni d'un système de santé performant pour tous, ni d'une éducation et d'une instruction pour tous tout aussi performantes ; ni de conditions de travail acceptables, ni d'un salaire décent. Et ça tombe plutôt bien puisque.... selon Francis Cousin, rien ne sert à rien, rien ne vaut la peine de rien sinon...lire, relire et lire encore Marx, de son prénom Karl, au coin du feu, pépères, car, toujours selon notre marxiste, l'économie, la sociologie, la philosophie suffit à nourrir son homme ainsi que les femmes, les enfants et nos ainés dans les mouroirs des EHPAD ; lire, lire, lire et attendre donc,  le jour J.... le Grand Soir, le moment Historique... le.... appelez-le comme vous voudrez ! 

    Soit dit en passant, Souvarine (Germinal - E. Zola) qui pensait qu'il n'y avait rien à sauver nulle part et chez personne, avait quand même plus de pêche... plus de... comment dire ?.............. plus de courage et d'imagination... oui, c'est ça !

    Jugez plutôt  : "Allumez le feu aux quatre coins des villes, fauchez les peuples, rasez tout, et quand il ne restera plus rien de ce monde pourri, peut-être en repoussera-t-il un meilleur. "

    Ca, c'est de la radicalité !

     

                    On l'aura compris : en dehors de Marx et d'une grille de lecture et d'analyse du même nom, point de salut donc ! Un Marx qui, soit dit en passant, n'est plus là pour se défendre, le pauvre.

    Un peu filou, notre philo-analyste ? Ou bien, transfert du narcissisme de Francis Cousin sur Marx qui, n'est plus là pour s'en défendre non plus ?

    C'est sûr, pour Francis Cousin aussi, Je est un autre : il s'appelle Karl Marx ; même si notre pourfendeur de tous ceux qui décident de se bouger le cul avant l'Heure marxienne (de la planète du même nom  et dans dix mille ans !) - car avec  Francis Cousin, avant l'heure c'est jamais l'heure et après non plus -, reste oralement très présent et très actif ; faut dire qu'il est aussi question de faire tourner son cabinet de philo-analyste ; à ce sujet, il serait intéressant de connaître ses honoraires !

                Aussi, pour toutes ces raisons, grande est notre tentation de demander à Monsieur Cousin de faire preuve d'un peu de modestie... d'un peu de compassion aussi et puis surtout : d'un peu de réalisme... à savoir : qu'est-ce qu'il est encore possible d'espérer, qu'est-ce qu'il est encore possible de sauver dans l'attente de cette belle et grande union de tous les travailleurs du monde entier : travailleurs français, allemands, roumains, chinois, vietnamiens et indiens tous unis les uns contre les autres et vice versa !  Francis en a rêvé et... le C(k)apital l'a fait, manifestement à l'insu de sa conscience pourtant hyper-consciente jusqu'à l'aveuglement et la surdité ; et pourtant : ça tourne du feu de dieu et partout ça hurle aussi ;  ça s'appelle : "le mondialisme".

     

     

    1 - "Radio courtoisie" : radio maurrassienne, monarchiste, pétainiste, colonialiste, xénophobo-raciste qui ne respecte que le salarié  au garde-à-vous prêt à hurler : "Vive l'armée française et ses ratonnades et le patron... patron chez lui !". Comment Francis Cousin s'est-il retrouvé chez eux tous ? Ego surdimensionné habité du désir irrépressible d'occuper tous les lieux de la parlotte ?

    Il est vrai que les acteurs et les animateurs de l'extrême droite sur Internet ont très tôt et vite accueilli Cousin... ce qui laisse aucune doute car ces gens-là ne se trompent jamais.

    __________

    Pour prolonger, cliquez : Karl Marx, hier, aujourd'hui et demain

     

     

    Lien permanent Catégories : Actu internationale, Karl Marx 2 commentaires
  • La France en question chez les artistes populaires : une longue tradition qui n'est pas près de mourir

                           

                                        La France de Ferré comparée à une prostituée... 


                                       

     

                                          La France de Renaud : Vichy et ce sport national qu'est la délation qui n'en finissent pas de hanter son présent... 


                               

                         La France de Kery James qui, sous une forme hexagonale, n'est jamais que le reflet de la nature et de l'état de la relation nord-sud (à une échelle mondiale cette fois-ci) depuis quatre siècles : colonialisme, pillage des ressources et infériorisation. 

     

    ***

     

                        Ferré, Renaud, Kery James.... des années 60 à  aujourd'hui, de la chanson dite "à texte" à la chanson populaire (non moins authentique et engagée... même si moins écrite), plus tard encore, avec les slameurs du rap, nombreux sont les artistes qui ont convoqué la France au tribunal de son passé et de son présent. 

                    Seul Jean Ferrat tentera la synthèse, dressant un tableau que d'aucuns qualifieront d'équilibré et d'honnête de cette même France : 


                                   

     

    ______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Rap et rappeurs

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Rap et rappeurs 0 commentaire
  • Que faire du cinéma de Bertrand Tavernier ?

     

    tavernier bertrand et le cinéma

    Tavernier par-ci, Tavernier par-là...

    Même France-Inter n'est pas en reste qui parle d'une "balade enchantée à travers le cinéma avec pour compagnon de route, le cinéaste Bertrand Tavernier." - ICI

    Le cinéma de Bertrand Tavernier (né 1941)-  réalisateur qui ne sera jamais un cinéaste à notre grand regret puisqu'il semble que ce soit difficile de faire sans lui... omniprésent dans les médias qu'il est -, a la fâcheuse habitude de s'écrire et de se déployer, là, sous nos yeux,  à gros, très gros traits... feutre et Stabilo rouge vif ; sans doute Tavernier craint que l'on rate son propos ; en effet, le cinéma de Tavernier est un cinéma à message ; du moins telle semble être son ambition.

                     Les films de Tavernier sont comme ses interventions : sur-écrits, sur-joués ; Tavernier n'est pas un sanguin, c'est un addict du pathos car tout est pathos et affects chez lui. 

                   Si Tavernier fait partie de ces réalisateurs qui ont commencé leur carrière comme critique.... - or, on savait la critique facile... du moins, plus facile que l'Art cinématographique - pour cette raison, il aurait vraiment dû se méfier car force est de constater que Tavernier n'a jamais compris que le cinéma c'est la révélation (dans le meilleur des cas : Tarkovski, Bergman...) et non la démonstration. Quant aux acteurs, tous devraient savoir qu'il ne faut jamais rien montrer ; il faut tout simplement "être".

                 Mais alors : que faire du cinéma de Bertrand Tavernier ? La réponse ne tardera pas : poubelle-3-c32b2.jpg

     

     

     

     

     

    1 - Dans la brume électrique (In the Electric Mist)- dans ce film de 2009, bien que bavard, il n'est pas sûr que le réalisateur ait su (et compris lui-même) le message qu'il a tenté de faire passer à nous pauvres spectateurs. Il est vrai que c'est tellement difficile d'avoir quelque chose à dire ; tout aussi difficile de savoir le dire... pour ne rien dire des cas où on pensait avoir quelque chose à dire.... à tort : n'ayant, dans les faits, rien à dire. Tavernier semble le candidat parfait pour ce genre de méprise.

     

    Pour prolonger, cliquez : Cinéma, de film en film de salle en salle

    Lien permanent Catégories : Cinéma de film en film 0 commentaire
  • Un rap de patriote avec Tepa

     


     

     

                   "Le chant des partisans 2.0" 

                   

                Asselineau en voix off, clocher et cloches d'église, 403 Peugeot, drapeau tricolore...  c'est Tepa avec son rap de patriote.

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Rap et rappeurs 0 commentaire
  • Frédéric Taddéï : le retour !

    Frédéric Taddeï démarre la semaine prochaine une émission quotidienne sur la chaîne russe RT.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Frédéric Taddeï démarre une émission quotidienne sur la chaîne russe RT - Russia Today : Interdit d'interdire à 19h du lundi au jeudi.

     


                                       

                    Evincé de la télévision, Taddeï fait face à France-Inter après l'annonce de sa venue sur RT - Russia Today.

    Ce jour-là, force est de reconnaître que Frédéric Taddeï se sera bien battu contre une "journaliste" entièrement dédiée à le discréditer sur un plan moral ( à défaut de pouvoir le discréditer sur un plan professionnel car ces gens-là ne renoncent jamais lorsqu'il est question de satisfaire les désirs de ceux qui paient leur salaire !) pour son arrivée sur Russia Today que l'on dit sous influence poutinienne.

    Même si sa réputation d'animateur télé qui n'a peur de rien ni de personne est largement usurpée, Taddeï et son engagement en faveur du débat, de tous les débats sur tous les sujets avec tous les intervenants compétents quels qu'ils soient, demeurent indispensables. 

    ___________________

     


                           

     

                      "Début septembre 2016. Retrouvailles entre Taddeï et Marc-Edouard Nabe. Ils ne s’étaient pas vus depuis janvier 2015. Nabe reproche à son ami d’avoir été assez timoré pour ne pas l’inviter pendant plusieurs années à « Ce soir ou jamais ! », jusqu’au fameux passage du 10 janvier 2014. Peu d’images, donc, mais beaucoup de son."

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Karl Marx : 3 manuscrits de 1844 ou quand le marxisme est un humanisme

     


              marx 3 manuscrits de 1844  Les trois manuscrits de 1844 sont les premiers écrits de Marx qui abordent l’économie politique – cette science du malheur. Il a alors 26 ans.

    Dans ces trois manuscrits, Marx n'aura de cesse de poser la question suivante à propos de cette "science"  : « Que fait-elle de l’homme ? » ; et plus encore : « Que fait-elle à l’homme ? » Il sera le premier des économistes à le faire (1), tout en prenant soin de dénoncer une économie politique qui, jusqu’alors, refusait de reconnaître l’aliénation dans le travail, ne voyant dans l’ouvrier, tout comme son employeur qui l’exploite sans vergogne, qu’une bête de somme.

    "L’inhumanité" des économistes aussi avérée vient du fait qu’ils travaillent une réalité économique considérée comme un absolu ; or, on ne critique pas un absolu, et seul importe l’évidence de ce qui nous est donné, la science économique se condamnant, par voie de conséquence,  à n’être jamais qu’une phénoménologie d’une réalité aliénée. Pour l’économiste sans conscience,  dans son discours idéologique, l’homme devient ce qu’il est dans la réalité de la société bourgeoise ; et rien d’autre.

    Et Marx d’opposer à cette paresse et à cette lâcheté de la pensée un verdict sans appel : « La communauté dont l’ouvrier est isolé est une communauté bien plus considérable que la communauté politique. La communauté dont l’isole son propre travail est sa vie même… la moralité humaine, l’activité humaine, les plaisirs humains, en un mot : tout l’être humain. »

    La classe ouvrière et sa condition incarneront pour Marx «la perte totale de l’homme ».

                     Plus aucun doute n’est alors permis : le marxisme est bel et bien un humanisme d’une force d’analyse compassionnelle sans précédent.



    _________________



    1 - Le premier parmi tous ceux qui l'avaient précédé : Smith, Mill, Ricardo. Notez que Charles Fourier n'était pas économiste mais philosophe.

     

     

    Lien permanent Catégories : Karl Marx 0 commentaire
  • "Le Capital ": les Libéraux se rebiffent et répondent à Thomas Piketty


                               
                               

     

                   "Le Capital" best seller mondial de Thomas Piketti vendu à plus d'un million d'exemplaires, publié en 2013 aux éditions du Seuil, étudie la dynamique de la répartition des revenus et des patrimoines dans les pays développés depuis le XVIIIᵉ siècle. 


                               

     

                                          La réponse des Libéraux à l'ouvrage de Thomas Piketti : critique reposant principalement sur la contestation des chiffres  et du modèle théorique du travail présenté par l'auteur.

    Lien permanent Catégories : Histoire et révisionnisme 0 commentaire
  • Blandine Gardin : un humour pour rien ou pour si peu

     
     
                  De Blanche Gardin, nouvelle coqueluche féminine de la scène du rire, peut-on dire qu'elle est à l'humour chez les lectrices de "Elle" ce que JM Bigard est à l'humour chez celles de "Télé -7 jours" : un humour pour rien ou pour si peu ?
     
    Car, là où une grossièreté transgressive serait attendue ( à défaut d'un humour subversif d'activiste militante ; mais pour ça, encore faut-il être politisé ! ), c'est bien une trivialité vulgaire qui semble dominer : une faute impardonnable pour tout artiste, humoriste qui plus est, cette vulgarité qui est le plus souvent "de la grossièreté sans talent ni art".
     

                           
     
                   Privée de charisme ( aucune manière d'être ce qu'elle est... sinon dans " l'insignifiant" contrairement à disons.... une Foresti dont on peut penser ce que l'on voudra - n'empêche ! -, et dans les années 70-80... la remarquable Zouc), une mise en scène au panier (de son corps, de son visage... aucun accompagnement ni soutien de son texte excepté des bras qui brassent de l'air, maladroite), sans métier, difficile de ne pas voir chez Gardin la lycéenne de Terminale (privée de mecs dignes de ce nom ; par exemple : des mecs dont on n'aurait pas à se plaindre ; et de la pratique de la fellation non plus - 1),  occupée à faire rire ses copines pour compenser un manque d'audace relationnelle inter-sexe et d'aptitude et d'appétence pour les études ; une dissipée qui n'aurait toujours pas raccroché 20 ans plus tard ; rien de surprenant à cela cependant car, à faire l'intéressante, Gardin a tout simplement oublié de passer son BAC contrairement à ces mêmes copines qui, tout en couchant avec des mecs dignes de ce nom avec force fellation, n'ont pas raté cette épreuve déterminante par tout avenir académique.
     
    Humour sexué (préoccupations et points de vue féminins) - voire sexiste -, humour destiné à des femmes trentenaires (sans doute diplômées... même si d'universités médiocres, par opposition à la clientèle de caissières de supermarché de JM Bigard), se jugeant sûrement vigilantes et futées car conscientes bien que dépolitisées (2), Gardin est à l'humour ce que peut être un Philippe Katerine à la chanson ; et elle n'est pas la seule, lui non plus, hélas ; toute une génération aussi translucide que transparente qui n'a rien vécu, à qui l'on n'a rien donné à vivre non plus, et qui, par conséquent, n'a pour seule grille de lecture du monde et de son quotidien, qu'un nombril, un cordon ombilical mal sectionné gisant à portée de main dans une expérience de vie minuscule, sans profondeur ni hauteur ; d'où les thématiques abordés par tous ces humoristes sans histoire.
     
    Un vrai tour de force dans "l'inadéquat" cette nouvelle école du rire (majoritairement féminine) et de la chansonnette !
     
                    "Blandine Gardin", c'est son nom ! Ou bien plutôt celui de ses parents. Ce qui confirme nos craintes : Gardin a rejoint le business-show (Pas de show si pas de business !) "en l'état" si l'on peut dire, brut de surcroît ; de sa chambre d'ado (attardée ?) à la scène : direct ! Sans transition, sans médiation, sans transformation (sans transmutation-transfiguration ?) et sans réflexion : qu'est-ce qu'un artiste ? Comment il se construit ? Qu'est-ce qui sépare l'artiste de son audience : celui ou celle qui fait et celle ou celui qui regarde faire ? Qu'est-ce que l'humour ? Qu'est-ce que le rire ? Sa finalité ? Son utilité ?
     
    Autant de questions qu'elle ne s'est jamais posée : ce constat est criant de vérité lorsqu'elle monte sur scène ; même si elle n'est pas la seule ; en effet, ils et elles sont des dizaines dans son cas ; ce qui en dit long sur leur ambition artistique à tous et sur ceux qui les pilotent.
     
    A ce sujet, Gardin ( et d'autres) pourra toujours se reporter à l'ouvrage suivant  : "Paradoxe sur le comédien" de Denis Diderot (ICI)
     
                             
     
                   ( de la part Gardin on notera la lèche en faveur de ceux qui pensent que, bon an mal an, la liberté d'expression se porte bien  dans les médias dominants tout en apportant la contraction à ceux qui se plaignent d'une censure sans précédent dans ces mêmes médias (vidéo à 2.00) - au moins, Blandine sait-elle qui et quoi il faut craindre quand on veut faire son trou dans l'humour  ; on pourra néanmoins saluer sa petite pique à propos du cas "Polanski")
     
     
     
                    Culottée et transgressive Blandine Gardin ? En comparaison.. . un Gaspart Proust - autre humoriste politiquement-incorrect décidément très correct - pourrait paraître vraiment subversif dans le sens de : remise en cause de l'ordre établi, de tout l'ordre établi ; ce qui n'est pas le cas bien évidemment en ce qui concerne ce dernier : provocateur transgressif en pure perte pour tout le monde.
     
    Certes, on pourra objecter que Gardin aurait tort de bouder son succès ( un peu de notoriété et d'argent) : c'est vrai ! même si elle doit bien ignorer qu'elle entre dans la carrière avec un CDD en poche ; en effet, difficile de voir en Blandine Gardin entre autres, un potentiel laissant présager une longue carrière, pour ne rien dire de ceux qui font la pluie et le beau temps et qui décideront, un jour, qu'il est grand temps de passer à autre chose en ce qui concerne l'humour et les humoristes : on a pris, on jettera !
     
                      Rappelons toutefois que ce n'est pas la personne "Blandine Gardin née en telle année à tel endroit" qui est en cause mais ceux qui s'évertuent à nous faire croire que Blandine Gardin - et combien d'autres récemment ? -, c'est important : à savoir... Canal + qui, en 20 ans, a évacué l'intelligence, le courage et la subversion de toute ambition d'ordre humoristique. Canal +... l'humour merdique (dépolitisé et sans culture - les Nuls, Jamel Debouzze... humour collabo - 3 ) qui n'en finit pas de ruisseler sur deux générations...
     
    Merci pour l'odeur !
     
    Dans les faits, tous ces intervenants, leurs sketchs et autres chansons, n'auraient jamais dû quitter les chambres à coucher qui ont vus naître deux ou trois blagues pour les uns et deux accords de guitare pour les autres.
     
    Mais alors, qui les en a donc sortis, et pour quel dessein ?
     
    Les producteurs, les agents artistiques ne s'y sont pas trompés : ruiner à jamais tout esprit d'excellence et de courage au profit d'un projet qui aurait pour seule ambition : "Musique et rire mis à la portée de tous", public et artistes ?
     
    Il est vrai que cela fait 20 ans que l'on a autorisé le public à monter sur la scène... et pour quel résultat !
     
                       Si la jeunesse (même toute relative) est devenue un véritable naufrage et la vieillesse une calamité sociale et économique ingérable, pour toutes ces raisons qui en valent bien d'autres, Blandine Gardin, ses consoeurs et confrères (ainsi que leur public) sont plus un symptôme socio-culturel qu'un courant auquel l'on pourrait attribuer une quelconque valeur d'ordre artistique ! alors qu'il s'agit pour ces humoristes d'aller chercher dans le public une thérapie susceptibles de soigner les bobos de la petite enfance et de l'adolescence.... mais vingt ans après.
     
    Aussi, c'est bien un humour régressif qui nous est proposé ; un humour dépressif aussi qui rabaisse et vous rend plus faible encore ; un humour qui a pour seuls engagement... et position : celle du foetus suçant son pouce. Et c'est encore la même entreprise d'infantilisation qui se poursuit, et ce depuis les années 60 avec son consumérisme débilitant.
     
    Car enfin...
     
    Où est cet art qu'est le rire dans cette démarche de Gardin, consoeurs et confrères ? Parmi tous ces "comiques" où trouver un rire de résistance contre notre impuissance, un rire qui permet de reprendre la main et le pouvoir sur nos vies, où donc ? 
     
                      Tout comme pour la littérature ( Houellebecq), c'est la déprime, encore et toujours la déprime qui nous est servie. 
     
     
    1 - Gardin oublie de préciser que la vaste majorité des femmes sont incompétentes sur une fellation ; rien de surprenant puisque seules les prostituées savent y faire : normal, c'est leur métier. Pour ce qui est du cunilingus, même constat du côté des hommes : seules les lesbiennes sont compétentes pour des raisons évidentes.
     
    2 - A propos de son mini-sketch sur "la merde à la télé", Gardin se garde bien de mentionner les émissions, les producteurs et les animateurs concernés.
     
    En ce qui concerne son traitement des réfugiés, là encore Gardin se dégonfle : le politiquement-incorrect ne consiste pas à dénoncer la xénophobie mais ceux qui sont responsables de la destruction de toute une région (depuis 2001) avec pour conséquence des millions de morts et de déplacés : Bush junior, Obama, Cameron et Sarkozy (Afghanistan, Irak, Syrie et Libye) pour le plus grand bénéfice de trois Etats voyous : USA, Israël et Arabie Saoudite.
     
                    "Allez, encore un effort Blandine : t'y est presque ! Mais ça va vite tanguer si tu t'y mets sérieusement ! j'espère que t'as le pied marin."
     
     
    3 - Debouzze qui dans ses sketchs n'a pas cessé d'incarner le petit beur menteur, voleur et inculte : merci pour eux !
     
     
     
                                             
                                                                             L'admirable Zouc
     
     
    Pour prolonger, cliquez : Rire, humour et justice 

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Homme et femme, assurément !

     

                      A l'heure des "Etudes sur le genre" (gender studies), travaillant notamment sur la construction sociale des stéréotypes associés au genre... un autre regard est proposé ; un regard beaucoup moins polémique puisqu'il prend en compte... devenez quoi ? La réalité : cette expérience subjective aussi têtue qu'indépassable.

     

    ______________________

     

     

                       Les hommes existent bien et les femmes aussi !

                      Ceux qui nous le rappellent sont ceux qui, nés "homme", n’ont qu’un désir : être femme ; et celles qui, nées "femme", n’ont qu’un souhait : devenir homme.

    Il suffit de se pencher sur leur souffrance à tous, souffrance de corps et d’esprit,  jusqu’à se donner la mort parfois, même après une opération et un changement d’état civil, pour réaliser à quel point un homme est "homme" au masculin tout simplement parce qu’il ne lui viendrait pas à l’idée de souhaiter être une femme, et la femme… être un homme, en l'absence d'un appel intérieur, voire... d'un cri, d'une exigence incompressible pareille à une douleur insoutenable.


                    
    Les hommes existent bien et les femmes aussi !

                     Curieusement, ce n’est pas la norme qui confirme cet état de fait mais bien plutôt la rupture avec cette norme qui nous guide, nous tire et nous ramène vers cette loi d’une nature décidément têtue et dictatoriale qui plonge dans le désespoir celles et ceux qu’elle maltraite injustement ; une nature qu’il serait néanmoins vain de dissocier de la culture car enfin...  un transsexuel n'est-il pas autant guidé par la nature que par la culture ? Celle d'une civilisation auquelle il appartient et qui lui aura permis d'identifier le mal qui le ronge ainsi que la possibilité d'une remise en cause souvent impensable aujourd'hui encore sous d’autres tropiques ; remise en cause qui prendra pour cible une naissance qui, pour tout le monde, bafoue la liberté puisqu'on ne choisit pas "son sexe", et qui, pour quelques uns, est à l'origine d'une bévue qui frise la bavure, la nature demeurant la seule responsable.

                     Qu’il soit alors simplement permis à chaque être humain d’être ce qu’il doit être et qui il doit être pour se tenir debout, fier et digne ! Même si on ira jusqu'à lui conseiller, s'il appartient à une minorité, d'éviter de s'attaquer frontalement à une majorité (1) sans pitié à l’endroit de ceux qui osent semer le doute quant au bien-fondé d'une arrogance qui n'est, le plus souvent, que le fruit d’une ignorance doublée d'une intolérance et d’un manque de compassion irrémissibles.

                     La vérité est un mille-feuilles, et rares sont ceux qui demandent du rab car, avec elle, on est très vite rassasiés.

     

    1 - La stratégie qui consiste à conspuer la majorité afin de parvenir à trouver sa place en tant que minorité - et plus encore si cette minorité est privée de tout prestige et d'influence -, est une erreur que cette majorité fait payer très cher à quiconque s'obstine à vouloir la discréditer ; quant au choix d'une posture victimaire, déjà très sollicitée sans relâche, il semblerait que l'on ait épuisé chez cette majorité toute l'attention compassionnelle dont elle est humainement capable ; il ne restera alors plus que quelques miettes qui combleront difficilement toute espèce d'appétit, pantagruélique de surcroît, de commisération générale pour une cause qui, pourtant, en vaut bien d'autres.

     

    _________________________

     


                           Une version de "Comme ils disent" de Charles Aznavour par le transformer de langue anglaise : Lola Lasagne

     

    Homme d'hier, femme d'aujourd'hui

    « Dites-moi : vous avez été un homme, et puis, vous vous êtes fait opérer ; maintenant que vous êtes une femme, comment ça se présente pour vous ?

    - Je ne me suis jamais sentie aussi seule. J'étais déjà pas très entourée quand j‘étais travesti, mais là, vraiment c'est le désert. La communauté homo me rejette. Quant à moi, je n'ai plus besoin d'elle maintenant que je ne suis plus pédé. Après mon opération, j'ai quitté Kévin. J'avais pas envie qu'il couche avec moi comme on couche avec une bête curieuse.

    - Je pensais à une chose : vous avez été hétéro. Ensuite, vous avez été homo et puis, travesti. Aujourd‘hui, vous êtes une femme et donc, vous êtes à nouveau hétéro. C‘est ça, non ?

    - Le jour où je me suis fait opérer, j'ai gagné en cohérence vis à vis de moi-même, c'est sûr. Mais ce que j'ai gagné d'un côté, je l'ai perdu de l'autre. Aux yeux de la société, je suis quoi ? Un homo, un hétéro, un travesti, un transsexuel ou bien... une femme ? Quand je couche avec un homme, qui suis-je aux yeux de la société ? Et puis, l'homme qui couche avec moi, qui est-il ? Et moi, qui suis-je si je ne sais pas qui est celui qui couche avec moi et pourquoi il couche avec moi cet homme qui ne sait pas lui-même. Il s'agit peut-être d'un excentrique... ou bien, d'un simple curieux. Moi, je suis sûre d'une chose : je suis une femme ! Quand je vivais avec Jacqueline, nous formions aux yeux de la société un couple hétéro : Jacqueline couchait avec moi parce que j'étais un homme. Quand je l'ai quittée pour vivre avec Kévin, aux yeux de la société, j'étais pédé ; Kévin était pédé et on nous reconnaissait comme un couple de pédés. Mais avec Kévin et... tout au fond de moi, je savais que cette situation était provisoire parce que moi seule, je savais qui je voulais être. Et maintenant voilà que je suis une femme ! Bien qu'on ne me considère pas comme telle, et même si... quand je couche avec un homme, eh bien cet homme, je le désire comme peut le désirer une femme. Mais cet homme, couche-t-il avec moi parce que je suis une femme ? Dans ce cas, pourquoi ne couche-t-il pas avec une femme qui l'a toujours été... femme ? Que vient-il chercher chez-moi ? Vient-il chercher un transsexuel parce qu'à ses yeux et aux yeux de la société je ne serai jamais vraiment une femme ? C'est vrai, je ne peux pas avoir d'enfants. Mais est-ce à dire que les femmes stériles ne sont pas des femmes ? Dites-moi ! Soyez honnête ! Vous... vous coucheriez avec moi... comme un homme couche avec une femme ?

    - En ce moment j'ai pas trop la tête à ça.

    - Le doute s'est installé en moi : le doute vis à vis des autres. Et ce doute, je ne parviens plus à m'en débarrasser. J'ai commencé hétéro, ensuite j'ai été homo puis travesti puis transsexuel disons ; après mon opération, enfin femme, j'ai cru réintégrer la communauté hétéro. Mais aux yeux de la société, j'ai perdu en cohérence, car cette société ne me considèrera jamais comme une femme. Demandez donc à celles qui le sont depuis leur naissance ! Demandez-leur et vous verrez ! Le doute, encore le doute. Oui, le doute en ce qui concerne mes partenaires. Je ne saurai jamais vraiment si l'homme qui couche avec moi me désire en tant que femme ; il se peut qu'il veuille me flatter en me reconnaissant comme telle. Mais lui dans son for intérieur, il sait pourquoi il couche avec moi, et pire encore, il ne le sait peut-être pas. Tout ce qu'il sait c'est qu'il me désire. Mais il peut très bien s'agir d'un hétéro qui veut savoir l'effet que ça fait de coucher avec un transsexuel : un curieux, quoi ! Il me regarde peut-être comme une forme... comme une espèce hybride.

    - Ne leur dites rien : "Ni vu ni connu" genre...

    - Tôt ou tard, il le faudra bien. Alors, aujourd'hui je ne sais plus ce qu'on vient chercher chez-moi. Vous voyez ! Le doute, encore le doute ! A quoi bon être qui on souhaite si tout autour de vous, tout contrarie et déforme l'image que vous avez de vous-même ! Alors, est-ce qu'il est plus important d'accepter d'être ce que les gens veulent que vous soyez, quitte à ne plus être ce que vous souhaitez être, ou bien, est-il plus important d'être ce que vous êtes réellement et même, si vous devez en souffrir ? Et puis, on peut toujours s'obstiner mais sait-on jamais qui on est et ce qu'on doit être et ce qu'il faudrait être ? Et les autres, ils peuvent toujours s'acharner contre vous mais savent-ils réellement ce qu'ils souhaitent ? Eux-mêmes, savent-ils réellement qui je dois être et qui ils sont ? C'est comme un combat. A la fin quelqu'un doit céder. J'imagine qu'il doit toujours y avoir un vainqueur et un vaincu ! Si je renonce à lutter, est-ce que je continuerai de souffrir ? Et si je m'obstine, cette souffrance aura-t-elle une fin ? C'est moi qui ai tout à perdre dans cette affaire. Alors, pourquoi ne me laisseraient-ils pas gagner ? Ils ne perdent rien sinon quelques préjugés. Mais... j'ai peu d'espoir : où est ma cohérence si je suis la seule à pouvoir l'expliquer cette cohérence... à l'intérieur... cohérence qui m'est refusée à l'extérieur ? Car à leurs yeux, je n'ai pas de sens ! Mais alors, comment vit-on dans ces conditions ? Aujourd'hui, je ne peux plus faire marche arrière. Je me suis fait couper... eh oui ! plus de zizi... plus rien ! Ma condition est irréversible et ce mal est donc incurable. Est-ce que j'ai bien fait d'aller jusqu'à l'opération ? Parce que... aujourd'hui, je suis là, plantée sur mes talons, femme mais seule et inutile. Quand j'y pense ! Tous ces efforts, en vain. Cette lutte acharnée, toutes ces années ! Cette lutte pour rien. »  

     

    Extrait du titre : "Paroles d'hommes" - chapitre 4 - Copyright Serge ULESKI. Tous droits réservés

     

     

                      Documentaire de Ginger Force : "Un pavé dans la mare" - chaîne youtube : ICI


    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

     

    Lien permanent Catégories : AA - Serge ULESKI, littérature et essais 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu