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Serge ULESKI, politique, art, littérature, ré-information, dissidence - Page 4

  • Les cris d’orfraie de la magistrature contre le candidat Fillon

     

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                      Alors que les attaques du candidat Fillon contre l’indépendance des magistrats se sont multipliées la semaine dernière, les réactions des représentants des magistrats ne se sont pas fait attendre. Deux hauts magistrats de l’ordre judiciaire sont sortis du bois sans doute avec l’intention de nous rassurer : « Les magistrats suivent leur rythme en toute indépendance sous le seul contrôle des juridictions supérieures »…
     
    « Sous le contrôle »… merci pour cette précision. Quant au caractère « supérieur » des juridictions… à quelle hauteur se situent-elles ? A la hauteur de l’Elysée avec ce Président de la 5è République garant de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice ?
     
    Quand on sait, pour l’avoir compris, que la candidature de Macron – le candidat-vengeur de François Hollande contre le PS et de Valls et de Hamon -, est indissociable des ennuis judiciaires de Fillon…
     
                    Allez, rendormez-vous bonnes gens, la justice veille, impartiale et indépendante, courageuse et dure à la tâche !
     
                   A propos de Fillon et des embauches de son épouse et de ses deux enfants aux frais des contribuables, il faut croire que la Justice et son bras armé que sont les juges d’instruction et les juges tout court, étaient tous ulcérés à l’idée de ne pas pouvoir traiter en temps et en heure ce qui est devenue l’affaire « Fillon and the family » ; sans doute y a-t-il des soupçons qui n’attendent pas, et ce quelles que soient les circonstances : le soupçon d’emplois fictifs en particulier.
     
    Autant de zèle ! Et quel zèle ! Comme s’il y avait urgence ! Comme si la justice et les juges ne pouvaient et ne savaient pas attendre alors qu'ils nous ont trop souvent prouvé qu’ils sont capables d’une patience à toute épreuve ; surtout à l’épreuve de leurs opinions politiques et/ou de leur évolution de carrière !
     
    Ou bien alors, il n'y aurait donc  pas de perspectives d'évolution pour les juges ? Non, sans blague ! Ce métier serait... comment dire... un métier-cul-de-sac ?
     
    Que l'on soit autorisés à en douter !
     
    Il faut croire que le traitement de cette affaire « Fillon » représentait une urgence absolue ; il est vrai que les comparutions immédiates – cette justice à coup de lance-pierres et à coup de pieds dans le cul -, ont toujours concernées en priorité les affaires de corruption, de détournements, d’abus de biens de toutes sortes ainsi qu’une classe : celle des puissants.
     
    L’affaire Cahuzac… attendra des mois l’ouverture d’une information judiciaire malgré les relances du journal Médiapart. Sarkozy… ça n’en finit pas ! Chirac mettra 15 ans à rendre des comptes ; avec le "procès Médiator", ce sont les victimes qui attendent la mort avant toute indemnisation...
     
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    Karachi, l’affaire Robert Boulin des années 70 attend toujours ; la mort de Ben Barka aussi au fond de son trou… et d’autres affaires encore, par centaines… oui , ils attendent ! Attendent un nom, des noms, des mises en examen et des condamnations.
     
    A défaut de grives, les juges se rabattraient-ils sur des merles ?
     
    Et que dire de cette institution judiciaire impuissante contre le CAC 40 ou bien, dès qu’elle se rapproche de ceux qui sont passés par Matignon et l’Elysée ?
     

    Indulgences et dénis de justice sans nombre, si une justice indépendante n’a pas de prix, sa neutralité en matière politique est bien plus chérissable encore.  

     
                   Sous la droite comme sous le joug d’une présidence et d'un gouvernement PS, les juges n’ont-ils pas la réputation d’être capables de jongler avec les dossiers et en particulier avec leur pile, là, à portée de main, sur leur bureau à tous, au gré des majorités politiques : une fois au-dessus, une fois en dessous !
     
                  "Mur des cons" (1), fuite des procès verbaux d'audition dans la presse, pour toutes ces raisons aussi et bien d'autres encore, difficile de compatir avec ces juges car nous sommes des millions depuis des années à déplorer les coups de serpe répétés dans le contrat démocratique passé avec le citoyen : le refus de dresser un cloison étanche entre le monde des affaires, la politique et les médias ; la complaisance inouïe – police, justice, médias -, envers la trahison de cette promesse qui devait faire que personne ne saurait être au-dessus des lois ; et plus grand est son pouvoir, plus ferme devait être la rigueur avec laquelle la justice demanderait des comptes.
     
    C'est à se demander... un peu comme ces journalistes dont la vocation première semble être de tuer toute information digne de ce nom en ventriloques inconscients, le plus souvent, d’intérêts partisans dans un mimétisme qui n’a d’égal que leur refus de prendre le risque de porter préjudice à leur carrière... si, pareillement, la vocation des juges ne serait pas alors de tuer toute idée de justice impartiale ; une justice délibérément sous financée sous toutes les majorités.
     
    A ce sujet, on pourra se reporter à l'article du journaliste Mehdi Fikri dans le journal l'humanité ICI qui voit à propos du PNF ("Parquet National Financier" mis en place par François Hollande) une épée de Damoclès au-dessus des têtes de tous les opposants politiques à venir, formidable outil d'intimidation qui reste sous le contrôle du ministère de la justice, de Matignon et de l'Elysée.
     
    On cherchera en vain le souvenir d’une mobilisation de juges d’instructions empêchés dans leur fonction… à l’exception de quelques individualités …
     
    On mentionnera les tartuffes de la classe politique qui auront justifié leur retrait de la campagne de Fillon au nom du respect de la justice, de ses juges et des institutions qui les encadrent…
     
    C’est sûr : les juges prennent des notes ; ils sauront s’en souvenir ; et puis, ce sont sans doute encore autant de dossiers qui seront placés tantôt au-dessus de la pile, tantôt en bas, tout en bas, là où seuls des bras musclés et une détermination sans faille peuvent avoir raison de l’effort physique que demande leur extraction.
     
    On ne ressuscite pas sans peine un délit ou un crime : c’est toujours le courage qui seul peut faire advenir un tel miracle.
     
                     De cette affaire « Fillon » c’est bien l’institution judiciaire qui sortira définitivement discréditée ; une institution instrumentalisable à souhait : il n'y a qu'à demander ! Une institution qui nous a laissés maintes fois tomber alors que nous réclamions justice pour les justiciables, justice pour ceux qui ont été spoliés, nous tous épris de transparence et d’une justice impitoyable avec les malversations des puissants et magnanime avec les délits des petits, des sans-grade.
     
    Mais alors,  la maxime suivante aurait pour auteur un imbécile : " Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements (de cour) vous rendront blanc ou noir." - Jean de La Fontaine.
     
     
     
    1 - Et même s'il s'est agi pour la plupart d'entre eux... de véritables c.... n'empêche !
     
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  • Benoît Hamon : l'homme sans destin

     

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                   Vainqueur incontesté avec 58,88% des voix de la primaire de la gauche en janvier 2017, l'ancien ministre de l'Éducation qui a terrassé Manuel Valls, Benoît Hamon, a gagné le droit d'être candidat à l'élection présidentielle d'avril et de mai 2017.

                  Aujourd'hui, 4 mars 2017, deux mois plus tard, à la tête d'une campagne sans souffle, force est de constater que Benoît Hamon semble avoir aussi et surtout gagné le droit de perdre cette élection ; et plus les semaines passent et plus cette candidature ne semble pas simplement illusoire mais dérisoire aussi car ce souffle, souffle propre à la gauche, ce vent porteur, c’est bien chez Mélenchon qu’il souffle ce souffle... à 10%.

    Soit dit en passant, même à ce niveau de popularité, grande est la tentation d’évoquer,  à propos du score de Mélenchon, une candidature-témoignage un peu à l’image de celle d’un Poutou ou d’un Cheminade.

     

                 Mais alors, quel sens donné à la campagne de Benoît Hamon ? Comment la qualifier ?

    Candidat du vide, vide laissé par le retrait de Valls et par l’instrumentalisation venue tout droit de l'Elysée d’un innocent, Emmanuel Macron, puceau de la politique qui semble croire qu’il doit tout à ses qualités supposées et à son physique de gendre idéal... un Macron qui s’est pris au jeu, même s'il lui faudra bientôt entonner le refrain d'une chanson célèbre « J’me voyais déjà »...

    Oui ! Benoît Hamon fait campagne et sa campagne meurt à petit feu. Un Benoît Hamon qui n’a pas et n’a jamais eu, dans tous les cas de figure, un destin présidentiel car, soyons lucides et sérieux un instant : à ce destin présidentiel, il ne peut raisonnablement pas y prétendre ; sans doute peut-il espérer occuper le poste de premier secrétaire du PS, un secrétaire de plus, très certainement le dernier du nom ; mais rien n’est moins sûr car Valls veille dans l'ombre ; il pourrait très bien prendre la direction du PS au lendemain de la défaite de Benoît Hamon dont le programme pourrait tout aussi bien convenir aux années 70 et 80 ; programme symptomatique d’une classe politique sans flair, sans imagination ni vision.

    Hamon, un candidat sans doute trop heureux d’être là où il est alors que personne ne l’attendait ; candidat au sourire complaisant ; auto-satisfaction de celui qui n’en revient pas d’être candidat ; et cela semble suffire à son bonheur.

    Quant aux électeurs…

     

              Non, décidément, Hamon est bien un candidat sans destin. Et ce n’est certainement pas Fillon avec ses déboires judiciaires - déboires indissociables, rappelons-le, de la candidature de Macron et de son score -, qui nous contredira. Macron et Fillon l’ont compris très tôt. C’est la raison pour laquelle tous deux ne lâchent rien ; l’un baignant dans un lyrisme un peu ridicule et l’autre, jouant la carte de celui qui jamais ne renonce face à l’adversité : une qualité, c’est sûr.

    Un présidentiable, ça se renifle à des kilomètres : ç’a une odeur, voire même un parfum : celui d’un destin  et celui de la victoire ; Mitterrand et Chirac étaient de ceux-là. Avec Hamon, aucune odeur sinon celle de l’accident. Et si la fonction fait l’homme, cette fonction de candidat ne l’a pas transformé : Hamon a gardé le même costume, la même taille et le même style.

    Décidément non ! Ce rôle de candidat à la présidentielle 2017, Hamon ne l’a pas saisie à bras-le-corps, le verbe haut ; faut dire qu’il lui manque un bras ; et puis, comme un malheur n’arrive jamais seul : amputé par Mélenchon, une jambe aussi.

    A l’heure du bilan et de l’analyse de son échec, le rappel de cette amputation lui sera d’un grand secours. Pour sûr !

     

    ***

     

                                              To be or not to be

                En ce qui concerne la situation de la gauche, avec cette défaite annoncée de Hamon, on ne peut que constater ce qui suit : réconcilier la gauche avec le PS au sein duquel toute synthèse n’est plus possible, et jamais plus elle ne le sera… la seule réconciliation souhaitable passe inévitablement par la dissolution du PS, cette SFIO des années 2000 avec ses "Guy Mollet" qu'auront été Fabius, Valls et Hollande ; car le PS ne pas être réformé et tous les partis meurent un jour.

                Parce que le PS doit mourir pour que la gauche renaisse, il est là le destin de Benoît Hamon : être celui qui portera et conduira cette dissolution et cette reconstruction sur les bases suivantes :

    Construire un mouvement plus qu'un parti (mouvement qui place en son centre les militants) autour des Verts, des Communistes, des Socialistes qui soutiennent Hamon et de Jean-Luc Mélenchon : direction collégiale renouvelable ; porte-parole multiples ; forte présence sur les réseaux sociaux et sur le terrain d’une force de plusieurs centaines de milliers d'activistes, avec pour objectif : un mouvement dont on pourra évaluer le poids électoral entre 15 et 20% ; mouvement alors incontournable pour quiconque souhaitera former un gouvernement, gardant à l'esprit que l'important en politique c'est de se rendre indispensable : que personne ne puisse se passer de vous.

                  Faire naître une gauche incontournable d'opposition et d'alliance gouvernementale telle est donc la mission qui attend Benoît Hamon dans les années à venir car, mieux vaut savoir perdre un peu aujourd’hui pour gagner plus demain : plus de pouvoir, plus de crédibilité.

                  Pour l'heure... élection présidentielle, victoire, défaite... pour toute consolation : qui reprochera à Hamon sa défaite ? Personne. La primaire ne pouvait qu'élire un perdant. Et puis, qui peut bien envier la victoire à venir de la droite car, quand on pense à ce que le « vainqueur » aura gagné : quel pouvoir ? Quelle liberté d’action ?

    Poutou le non-candidat nous le rappelle : « Faire campagne dans l'espoir d'occuper les lieux de non-pouvoir que sont l'Elysée et Matignon est absurde. »

     

    ***

     

                 Dissolution du PS...

    Reste à décider de l’agenda : quand bouger ? Avant la défaite à la présidentielle ? Ou bien encore, après les Législatives ?

                 Reconstruction de la gauche...

    Il se pourrait bien que ce destin-là soit déjà trop grand pour le petit Hamon, élève studieux certes qui apprend bien ses leçons et qui rend des devoirs acceptables mais où est l’excellence dans tout cela car c’est bien ce qui est requis aujourd'hui : l’excellence d’un esprit clairvoyant qui aura tout anticipé car tout compris.

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    Pour prolonger, cliquez : Serge Uleski et la présidentielle 2017

     

     

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  • L'enfance : de celle dont on se souvient comme s'il s'agissait d'hier

     

     

     

     

                Nous naissons temple et sanctuaire... quasi... intouchable, à la naissance. Et puis, la vie nous passe dessus... et la mort, elle ! se contente de finir le travail : nous faire taire !!!

     

     

    ***

     

     

     

                 On a un jour. On a deux mois. C’est la vie éternelle. On dort et on ne rêve pas. On n'est de nulle part sinon de là où viendra le prochain réveil et le prochain regard : celui d’une mère, d’un père, d’une femme, d’un homme ; deux êtres immenses qui dépassent de loin notre vue

     

    On a six mois. On a tous les droits et personne ne viendra nous les contester puisqu’ils nous sont gracieusement accordés. Tout est permis. Tout est pensé à notre place et pour notre plus grand confort et notre plus grand bonheur.

     

    On a un an. Aucune ombre sur notre existence qui n’en est pas encore une. Aucun risque majeur, aucun danger non plus. Ils sont là : deux grandes figures qui sourient tout le temps. Deux sentinelles. Et puis des voix aussi : leurs voix ! Tantôt proches, tantôt lointaines ou bien, assourdissantes. Parfois ils viennent, ils accourent, ils nous apaisent, nous confortent alors qu’on n’a rien demandé. Parfois ils se font moins proches. Ils s’absentent sans qu’on les ait encouragés à le faire. On ne les voit pas, c’est qu’ils ne sont pas là. Ils disparaissent pour mieux réapparaître, plus présents encore.

     

    A deux ans, à quatre ans, on va, on vient de l'un à l'autre ou bien, ce sont eux qui vont et viennent de nous à nous. Parfois, on s’endort sur de drôles de genoux. Une main géante caresse sur notre petite tête toute ronde. Elle est pesante cette main même si, à la longue, on s'y fait : on n’y prête plus la moindre attention.

     

    Rien à rendre de tout ce qu'on reçoit. On brille, on s'impose sans avoir à livrer bataille. La vie éternelle, vraiment ! L'infiniment petit, l'infiniment grand, l'infiniment indéfini, emmaillotés d'inconséquences et d'impunité, livrés gratuitement au monde, merveilleusement insolvables et au dessus de tout soupçon.

     

    Et puis, le temps passe. C'est l'enfance.

     

     

                 Indéracinable, cette enfance qui ne vieillit jamais en nous. Elle est la dernière raison de se dire que tout n’a pas été vain ; elle n’est pas simplement utile, elle est le mensonge par omission et par excellence cette enfance qui nous tiendra longtemps en haleine face à demain, lieu de toutes les incertitudes : "L’avenir viendra-t-il confirmer la promesse ou bien, nous fera-t-il tomber ?"

     

    Enfant, on croit en Dieu. Quand on joue, on meurt aussi vite que l'on ressuscite et aucun témoin n'est là pour s'en étonner. Barbouillés de sons, d'images et de rires, nos cris recouvrent tous les bruits du monde. Il suffit de passer près d'une cours d'école à l'heure de la récréation pour s'en convaincre. Il est unique ce cri qui n'autorise aucune méprise : la joie existe bien. Et cette joie, on l'a portée même si jamais plus, une fois adultes, nous ne serons capables d'un tel brouhaha, d'une telle débauche d'énergie et d'imagination dans nos jeux.

     

    Plus l’avenir est incertain plus elle rayonne et gagne en intensité cette enfance qui nous éclaire d’un sourire lumineux, d'un rire imprévisible ou bien, qui nous plonge dans l'abîme.

     

    Enfance marquée au fer rouge, d’une parole odieuse, fruit d’une colère immense et qui prendra pour cible un innocent, faute de courage et de discernement. L’enfance ruinée d’un geste interdit et obscène sous l’emprise d’une folie soudaine qui ne s’expliquera pas ; pulsion ou bien, récolte de toute une vie avec loin derrière soi, jusqu’à en perdre la trace, l'ombre des fantômes qui nous reviennent en boomerang d‘un passé dont on ne peut décidément pas échapper.

     

    Dans tous les cas de figures, une vie minuscule que celle d’un enfant comparée au poids écrasant d’une vie d’adulte chargée d'une histoire accablante, telle un dépôt âpre et épais qui n'en finit pas de s'étendre au fil des ans, tout au fond de nous : ressentiment et douleur. Une ombre ce dépôt, une ombre de nuit comme de jour ce limon : ombre de notre propre ombre que cette part d'ombre privée de lumière.

     

     

     

     

    ***

     

     

     

               L'enfance ! Elle est là jusqu'à la fin des temps cette blessure d'où nous venons tous. Maladie incurable, de rechute en rechute, on n'en guérit jamais de cette enfance qui nous habite, nous hante, nous domine, nous dirige à notre insu ou bien, en toute conscience ; et l'âge adulte n'en viendra pas à bout. Quant à la vieillesse, elle est tout aussi incapable de la conjurer.

     

    L’enfance, on y revient parfois comme on revient chez soi et… pour ce qu’il en reste de l’idée qu’on s’en fait, on y revient toujours, à tort ou à raison car, c’est le seul lieu qui nous donne envie d'y revenir, allègre ou bien, à jamais meurtris. On y revient comme un assassin sur le lieu de son crime. Mais quel meurtre y avons-nous commis ? Son propre meurtre ? On aurait donc tué cette enfance en nous sur laquelle on se penche maintenant comme un meurtrier sur la tombe de sa victime ? Un meurtre particulier que ce meurtre ; un meurtre qui ne défrayera aucune chronique ; un meurtre sans histoire puisque son histoire est semblable à toutes les autres.

     

    L’enfant invente. L’adulte, lui, s’applique et ment dans l’espoir de conjurer l’amertume et la grisaille dans lesquelles sa négligence et les contraintes de l'existence l'ont plongé : à la disparition de soi. Et dans le miroir un regard : celui de l’évitement et de l’errance, incapable ce regard de se poser bien en face de sa propre image.

     

    L’enfance, c’est un duvet de lumière ou bien, un fil à plomb tout à la verticale comme dans un gouffre. Mais l’enfance reste l’enfance dans la brûlure de l’âge adulte comme dans la fraîcheur de son souvenir - même mensonger -, car on retrouve dans le travail de cette mémoire à l'œuvre, vingt ans après, la force de l’imagination propre à l’enfance.

     

    Finalement on n’a qu’un chez soi : son enfance. Ensuite, c’est un autre lieu qu’on habitera et ce lieu sera rarement celui qu’on aurait choisi si d’aventure on avait eu cette chance.

     

    Enfant, on subit. Mais c’est dans l’ordre des choses : on subit un lieu dans lequel notre enfance se déploie. Adultes, rien ne nous prépare à ce lieu imposé. C’est sans doute la raison pour laquelle on est si peu fiers d’y demeurer contraints car, une fois qu’on en est partis, combien sommes-nous à y retourner dans ce lieu qui nous a - non pas vus naître - mais qui nous a accompagnés jusqu’au douzième étage d’un bâtiment fermé à double tour, tout comme la vie verrouillée qu’on y aura acheminée matin et soir dans des villes fatiguées, aux quartiers épuisés.

     

    De là à ne plus lui accorder le moindre soin à ce lieu étranger à tout ce qu'on aurait pu souhaiter pour soi et pour ceux qui nous sont proches...

     

     

                    Maintenant sourd et aveugle, on n'aura plus qu'un désir : qu'on nous fiche la paix.

     

     

     

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    Extrait du titre  : "La consolation

    A propos de l'ouvrage... cliquez La consolation

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  • Matins d'hiver...

      

     

               

     

                  Ces deux chansons de Gérard Lenorman fonctionnent un peu comme une rédaction rendue par un élève doué et studieux ; une belle copie des années 70 - niveau CM1-CM2 ; une copie à laquelle le maître d'école donnera la note de 19/20.

    Texte et mélodie d'une touchante efficacité... et plus encore pour tous ceux qui ont eu un frère avec lequel cheminer sur le chemin de l'école, été comme hiver, et puis plus tard, lorsque est venue la rupture avec tout ce qu'on était en droit d'espérer pour ses proches et pour soi.

     

                    

     

                        Finalement on n’a qu’un chez soi : son enfance.

     

                                                                                                                    ... à Pierre

     

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    Pour prolonger, cliquez : L'enfance, de celle dont on se souvient

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  • Roger Garaudy : réhabilitation et justice

     

     

                 « Toujours à contre-nuit, comme un pont de lumière entre l’Europe et l’Orient»

     

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    Spiritualisme, morale marxiste, marxisme et Chrétiens, Islam…

     

                   Né le 17 juillet 1913 à Marseille, résistant, communiste, enseignant, député, sénateur, écrivain et philosophe, humanisme et marxisme, Bernanos de gauche, membre du parti communiste dès 1933, arrêté en 1940 sous le régime de Vichy, déporté en Algérie... après la libération Roger Garaudy entre au comité central du PCF.

    Très tôt, Roger Garaudy ouvrira un dialogue avec l’autre versant de la réflexion révolutionnaire dans l’ouvrage « L'église, le communisme et les Chrétiens » car pour Roger Garaudy, révolution et transcendance sont indissociables.

    En bon communiste discipliné et aveugle, il sera sans pitié pour Victor Kravtchenko (l'auteur de Chose Freedom, un livre dénonçant le système soviétique, publié à New York en 1946) même si, tel un effet boomerang, bien des années plus tard, à propos d'un de ses ouvrages, il lui faudra, lui aussi, faire face à une vendetta qui n’aura rien à envier à celle que Kravtchenko en 1947devra affronter au moment de son procès en diffamation contre l’accusation d’agent américain lancée par le PCF ; un Kravtchenko seul et abandonné par toute la classe intellectuelle dite de gauche, dite progressiste.

    L'invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS lui inspirera deux ouvrages : "Pour un modèle français du socialisme" et le questionnement suivant : "Peut-on être communisme".

    Au cours des années soixante il s’orientera vers une approche « auto-gestionnaire », voire « libertaire » de l’organisation de l’existence ; il penchera pour l’émancipation de la classe ouvrière des appareils des partis politiques et des syndicats : PCF – CGT en tête.

    En 1970 il est exclu du PCF. Il se tourne alors vers la religion : le Christianisme de son enfance avant de se convertir à l'Islam en 1982 après avoir vu dans le Coran la continuité du message de Christ : Jésus et les Evangiles. Il viendra à l’Islam « l’Evangile d’une main et le Capital de l’autre » précisera-t-il.            

     

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                (Partout les mêmes images : Gaza, Syrie, Irak, Yémen, Libye, Afghanistan - partout les USA, Israël, l'Arabie Saoudite, le Qatar, les djihadistes coalisés et une Europe supplétive : France et Grande Bretagne en tête)

     

                  Tous les titres des ouvrages de Roger Garaudy (plus de 60) témoignent d’un esprit d’une clairvoyance rare :

    - Les Fossoyeurs – Un nouvel appel aux vivants

    - Avons-nous besoin de Dieu ?

    - Vers une guerre de religion ? Débat du siècle

    - L'Islam et l'intégrisme

    - Les États-Unis avant-garde de la décadence,

    - Le Procès de la liberté

    - Le XXIe siècle – Suicide planétaire ou résurrection

    - Le Terrorisme occidental

     

                       Dans les années 90, il fut un des premiers à dénoncer un nouvel ordre mondial qui n’est que la continuité de l’ancien désordre colonial.

    L'ouvrage "Les mythes fondateurs de la politique israélienne" publié en 1995 fera de lui la victime d’un long acharnement qui n’aura rien à envier aux procès staliniens des années 30 et 40… jusqu’à sa « chute » et son bannissement professionnel et médiatique.

    L’ouvrage en question se compose de trois chapitres principaux : « Les mythes théologiques », « les mythes du XXe siècle » et « l'utilisation politique du mythe ».

                      Roger Garaudy explique le pourquoi de cet ouvrage :

     
    " ... les intégrismes, générateurs de violences et de guerres, sont une maladie mortelle de notre temps. Ce livre fait partie d'une trilogie que j'ai consacrée à les combattre : Grandeur et décadence de l'Islam , dans lequel je dénonce l'épicentre de l'intégrisme musulman : l'Arabie Saoudite. Deux ouvrages consacrés à l'intégrisme catholique romain qui, tout en prétendant "défendre la vie", disserte sur l'embryon, mais se tait lorsque 13 millions et demi d'enfants meurent chaque année de malnutrition et de faim. Ces ouvrages s’intitulent : Avons-nous besoin de Dieu ? et Vers une guerre de religion ? 

    Le troisième volet du triptyque, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, dénonce l'hérésie du sionisme politique qui consiste à substituer au Dieu d'Israël l'Etat d'Israël, porte-avions nucléaire et insubmersible des Etats-Unis qui entendent s'approprier les pétroles du Moyen-Orient.

    Une politique aussi inavouable en son fond exige le camouflage que mon livre a pour objet de dévoiler. D'abord, une prétendue justification "théologique" des agressions par une lecture intégriste des textes révélés, transformant le mythe en histoire : la terre conquise devenant "terre promise". Il en est de même pour l'Exode, cet éternel symbole de la libération des peuples contre l'oppression et la tyrannie, invoqué aussi bien par le Coran (XLIV, 31-32) que par les actuels "Théologiens de la libération".

    Et puis une mythologie plus moderne : celle de l'Etat d'Israël qui serait "la réponse de Dieu à l'Holocauste", comme si Israël était le seul refuge des victimes de la barbarie de Hitler, alors qu'Itzhak Shamir lui-même écrit: "Contrairement à l'opinion commune, la plupart des immigrants israéliens n'étaient pas les survivants de l'Holocauste, mais des Juifs de pays arabes, indigènes à la région."

     

                      Si à aucun moment Roger Garaudy ne niera le génocide juif, Roger Garaudy n'aura eu qu'un seul tort : dénoncer l'exploitation de ce génocide à des fins de domination et de spoliation ; ce qu'on nommera plus tard... la shoah-business, sujet de controverse lancé par le politologue et historien américain Norman G. Finkelstein dans un livre publié en 2000, sous le titre : L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs.

     

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    (Se soumettre ou périr)

     

                       Agrégé de philosophie à 23 ans, d’une intelligence foudroyante d’une limpidité redoutable (pensée limpide dans la noirceur du siècle), suite à la publication de cet ouvrage sur l’Etat d’Israël et sa condamnation par les tribunaux à la demande des associations juives, le bannissement de Roger Garaudy de la vie intellectuelle française, peine de mort civile, annoncera la fin des débats politiques, intellectuels et spirituels en France au profit d’un « il n’y a pas d’alternative » dévastateur, qui scellera une défaite sans précédent de la pensée, comme autant de réactions en chaîne d’une décadence intellectuelle et d’une rupture de la transmission d'une tradition philosophique humaniste ; décadence qui propulsera au devant de la scène, après une chute vertigineuse de tous les niveaux de la réflexion intellectuelle et historique, un contingent arrogant, bruyant, d’une intolérance inouïe - obscurantisme, terreur et mensonges : trou noir cauchemardesque de la pensée -, relayé par des médias aux ordres qui, d'une pierre deux coups, enterreront sans sourciller, six pieds sous terre, leur métier de journaliste : Bernard-Henri Lévy, Bernard Tapie, Jack Lang, Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, La Licra, le CRIF, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Manuel Valls, François Hollande…

     

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    (Autre confirmation de la fin de tous les débats - Gaza 2008)

     

                 Infortuné, Roger Garaudy décédera le 13 juin 2012 dans le silence assourdissant d'une caste médiatique et intellectuelle terrifiée à l'idée de lui rendre justice : en effet, le premier qui s'y risquerait... sauterait.

    Qu'à cela ne tienne : Roger Garaudy aura été sans aucun doute un homme du futur… «… l'homme qui a brisé les frontières idéologiques artificielles du XX° siècle » : religion et marxisme. 

     

                        Mais alors, qui donc aujourd’hui osera témoigner en sa faveur sans craindre la relégation ?

    Lien permanent Catégories : Histoire et révisionnisme, Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, Littérature et essais ad hominem 1 commentaire
  • Emmanuel Macron : le scandale d'une candidature du silence

     

    macron en campagne présidentielle 2017,

    Une France libérée avec Emmanuel Macron...

    Comprenez :

    Une France  libérée du code du travail et des syndicats

    Une France libérée du droit contre la force

    Mais alors… Macron Super-candidat pour un Super-Medef ?

     

     

                   Avec un FN aujourd'hui donné en tête au premier tour, et par voie de conséquence... présent demain au second tour de l'élection présidentielle 2017, et ce pour la seconde fois… c'est bel et bien une élection à un seul tour qui se dessine.

                  Toute la classe politique en avait rêvé de cette élection présidentielle à un tour, Mitterrand l’a fait !

                   Merci à ce François Mitterrand tout occupé à boire le sang de notre vie démocratique jusqu'à son assèchement ! Merci à François Mitterrand-vampire pour ce rapt, pour cette captation d'un processus démocratique propre à une 5è République maintenant moribonde ; un Mitterrand qui n'aura pas d'autre souci que d'aider le Front National de Jean-Marie le Pen à mettre un pied à l’étrier médiatique avec pour conséquence : un FN passant de 2% à 26% en 30 ans ; un succès politique qui ne s'est pas démenti. S'ensuivra alors  l’instrumentalisation éhontée par un homme et  par un parti (le PS) de ce Front National avec pour seul objectif : diviser la droite et assurer la ré-élection d'un président qui aura placé, très tôt, dès les années 30, sa carrière politique seule - longévité et ascension - au centre de son existence.

    Il est vrai que l'on ne peut cacher très longtemps d'où l'on vient.

     

                   Car force est de constater ceci : dorénavant, sera Président celle ou celui, qui, dès le premier tour, occupera la deuxième ou la première place derrière ou devant le candidat FN : hier, le Pen père, aujourd'hui sa fille, demain sa petite-fille car tout se passe en famille comme pour Fillon.

    23% des voix suffiront pour rafler la mise.

     

                  Tous l'ont compris : celui qui passe le premier tour de la Présidentielle, face au FN, est assuré d'être élu.

    Occuper l'Elysée 5 années durant, 10 peut-être... c'est pas rien ! Tout en continuant non pas à donner mais bien plutôt à obéir aux ordres (la Banque, le Medef, la Commission européenne, l'Allemagne, les USA, Israël et les Monarchies du Golfe) ... tout en affichant des allures de patron, fanfaronnant du haut du perron de l'Elysée... pour n'avoir finalement, privé de courage, qu'un seul talent : celui des manigances politiciennes destinées à se maintenir cinq années de plus !

                Macron a senti la victoire là, à portée de main - une victoire qui hurle, assourdissante et qui ne demande qu'à se donner sans réserve et sans état d'âme - face à une Marine le Pen qui ne peut espérer jouer qu'un rôle de sparring Partner au second tour de cette non-élection présidentielle.

    Macron a donc reniflé cette victoire quasi acquise et puis une autre donnée aussi : parmi les 45 millions d'électeurs, du moins.... parmi ceux qui se déplacent encore et qui bravent l'abstention comme d'autres le mauvais temps, on y trouve toujours autant de pauvres bougres amnésiques, complaisants, d'une sottise d'une invention toujours renouvelée, année après année, génération après génération ; et ça aussi, le politique sait l'identifier très tôt et très vite ; le corps électoral est une fille facile qui se laissera toujours faire pourvu qu'on sache lui parler car les beaux parleurs et la promesse de lendemains qui chantent un bouquet de fleurs à la main ont toujours eu sa préférence. 

               Pour Macron, une aubaine cette élection ! Une affaire de premier ordre !

                           

               Emmanuel Macron, candidat sans attache électorale ni mandat, candidat hors-sol comme les élevages et les cultures du même nom !

    S'il est clair que la candidature Macron et la bonne santé relative de cette candidature est indissociable des ennuis judicaires de Fillon car jamais Macron seul aurait pu faire perdre 20 points au candidat de la droite (20 pts en comparaison avec son score à la primaire), Emmanuel Macron, candidat d'un François Hollande vengeur car humilié par son premier ministre Valls et la gauche du PS, Macron fait campagne - oligarchie-mondiale compatible... bien plus que Fillon -, en chouchou des médias dont les propriétaires ne peuvent que souhaiter la victoire.

              Macron candidat, Macron faisant campagne...

              Soutenu par l'Elysée et Matignon ainsi que par les grands-patrons de Presse (industrie du luxe, armement, agro-alimentaire), ses employeurs alors qu'il oeuvrait dans le milieu bancaire, la candidature Macron, c'est le scandale de cette élection présidentielle ! Une élection présidentielle plus bas que terre.

    Pensez un instant à tout ce qui, chez Macron, est tu, à tout ce qui est caché (1), comment Macron élude puis épargne toutes les institutions, tous les protagonistes, tous les acteurs maîtres d'œuvre de l'oppression des Etats, des peuples et des nations : finance, économie, ordre mondial dictatorial, arrogance et évasions fiscales, détournements, technologie numérique et dévalorisation des métiers et des diplômes, ubérisation de la société, paupérisation de l'Etat providence, menaces militaires pour les insoumis, sanctions économiques ravageuses...

               Macron est bien le porte-parole d'une certitude glacée : une grande majorité d'électeurs préféreront toujours le désengagement, le boniment, le songe d’une campagne électorale qui permet là encore d'éluder (encore l'esquive et le déni !) une prise de conscience d'une lucidité anxiogène à l'engagement et à la lutte contre des intérêts voraces - banques et grand capital -, qui n'acceptent aucun compromis.

    Dans ce contexte, avec Macron et sa campagne qui se voudrait "visionnaire" en lieu et place d'une campagne-programme qui engage pas seulement ceux qui le soutiennent, il s'agit pour ce candidat fantasque fruit d'une opération de diversion et de spoliation de la gauche, pour Macron et ceux auxquels il sera bientôt appelé à obéir, il s'agit donc d'exploiter sans vergogne la prolétarisation de tout le corps électoral abruti de travail, tétanisé par la peur du chômage et de la relégation sociale dans un environnement d'une brutalité sans précédent car de plus en plus étranger à tout ce qu’un être humain peut souhaiter pour lui et ses proches.

              Candidat de l'esquive et de l'instrumentalisation du déni, jamais un candidat ne se sera à ce point réfugié dans le silence.

     

    1 - Cliquez : Macron - revenus et patrimoine

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                       La candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, libéral-libertaire, est manifestement destinée à gérer les risques d'un second tour dont MLP aurait pu sortir vainqueur face à Valls (l'effet Trump) ; Macron a pour vocation de tuer le PS et de mettre hors jeu LR.

     

    Pour prolonger, cliquez : Le fantôme de François Mitterrand

     

    Lien permanent Catégories : Election présidentielle 2017 0 commentaire
  • Le non-candidat Poutou et les véritables lieux du pouvoir : luttes et mobilisation

                

                                              Philippe Poutou face à la rédaction de Médiapart

     

                Faire campagne dans l'espoir d'occuper les lieux de non-pouvoir que sont l'Elysée et Matignon est absurde. Poutou nous le rappelle.

    Poutou, cette voix(e) ouvrière, salariale et syndicale de l'élection présidentielle a raison :  seules les luttes, l'organisation de ces luttes,  permettent d'obtenir de véritables résultats dans le combat contre une mondialisation qui détruit les protections et met en concurrence les salariés du monde entier ; seule "une gauche de combat" et non "de gestion", combat dans les entreprises et mobilisation, mobilisation locale, dans les communes, les quartiers - projets urbains non justifiés, écoles et hôpitaux menacés de fermetures, corruption locale, fermetures d'usines -... seule cette gauche-là permet d'établir un rapport de force capable de maintenir l'espoir d'une justice des conditions de vie et d'existence toujours aussi fragile.

                   Mais alors... que la candidature de Philippe Poutou en soit le témoignage.

     

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  • « Le porno, la pub et nous » avec Alain Soral

     

                   Une vidéo OTVQTV  : "Que nous soyons jeunes, vieux, hommes, femmes, curés, rabbins ou imams, nous sommes en permanence sollicités par le porno et ses codes très largement utilisés par les publicitaires. En effet, notre société de consommation est dopée par les codes de l’industrie pornographique, certaines campagnes de pub sont clairement basées sur le sexe « hardcore » : du yaourt qui coule au coin de la bouche, des actes Sado Maso pour un soda, des sexes féminins pour vendre des lunettes… Le cul nous fait-il acheter plus ?"

     

                Vaste sujet, vaste programme !

              Pour en parler OTVQTV a invité le réalisateur et producteur de films X, Pierre Woodman qui sera confronté à l’essayiste Alain Soral et le sociologue Eric Maigret.

     

     

     

                    Au terme de ce débat bruyant, on pourra être déçu par Maigret, le sociologue qui n'a finalement pas grand-chose à nous dire ; il est vrai que la sociologie a de plus en plus de mal avec le quotidien et le réel. Mais alors... de quoi parle-t-elle et à qui s'adresse-t-elle ?

    Le pornographe défend plutôt bien son "business" même s'il semble n'avoir rien à nous dire sur les femmes et leur sexualité, et ce alors qu'il pense vraiment l'avoir rencontrée, cette sexualité, dans chacun de ses films, en tant que producteur et acteur.

    On pourra saluer la connaissance de Soral à propos des vrais enjeux de la pornographie, son histoire aussi, là d'où elle vient, là où elle est aujourd'hui... un Alain Soral toujours aussi brillant dans l'analyse et la synthèse, en dépit de quelques affirmations et quelques raccourcis parfois hasardeux.

     

    ***

     

                Au fil des ans, en comparaison avec les années 60 et 70, on trouvera moins de contenus à caractère explicitement sexuel dans les médias de masse ; en revanche, aux heures de grande écoute, on notera une explosion de la violence dans ces mêmes médias et partout ailleurs.

    Rien de surprenant à cela ! Car enfin, n'est-il pas aujourd'hui surtout question de faire la guerre et non l'amour ?

    A propos de la pub... tartuffe et subliminale, si tout y est sexuel, tout ce qui touche à la sexualité n'est pas ce sexe que la pub nous montrerait mais bien plutôt ce sexe qu'elle ne nous montre pas et auquel elle nous demande sans cesse de penser : celui de la femme, celui de l'homme, adultes tous les deux, celui de l'ado et parfois aussi... celui de l'enfant. 

    Car, aucun fantasme ne doit lui échapper (comprenez... aucun client), même le fantasme à caractère pédophile.

     

    _____________

     

    Pour prolonger, cliquez : penser le monde aujourd'hui avec la publicité

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  • Médiapart face à ses abonnés, ex-abonnés et autres commentateurs

                 

                                     Mediapart face à quelques abonnés, ex-abonnés et autres commentateurs  en février 2017 

     

                Une mise au point : si la censure dans le club de médiapart est très peu exercée, en revanche, hypocrite - et c'est là une des "qualités" de la direction de médiapart, la duplicité et le mensonge par omission - Christian Bonnet omettra de mentionner (et les invités aussi sans doute intimidés) la désindexation de Google de tous les billets de blogs qui dérangent la ligne éditoriale du journal ; ce qui est jugé indésirable ne doit pas sortir de Médiapart car aucune libre parole ne doit effrayer des abonnés potentiels et faire courir le risque d'un désabonnement incontrôlable. Faut dire que Médiapart a la réputation de ne prendre aucun risque avec le désabonnement et ses chances de conquête de nouveaux abonnés.

    Censure  sournoise !

    Durs durs l'apprentissage et la pratique de la liberté d'expression ! Même chez Médiapart.

    Et si Médiapart maintient la possibilité de déposer des commentaires (modéré à postériori) sur ses articles, contrairement à d'autres publications en ligne qui les ont supprimés, c'est tout simplement pour éviter un désabonnement massif de ceux qui en seraient privés : près de 10% des abonnés soit 10 000 à 9euros par mois, soit la somme de 90 000 x 12 = 918 000 euros par exercice.  

         

     ________________________

     

    Médiapart  un abonné témoigne

     

      ... abonné de la première heure : 2008 ; contraint au silence en juin 2013

     

    Billet publié en 2013 sur Médiapart sous le titre "Médiapart à 5 ans", deux mois avant l'éviction de votre serviteur.

     

    ***

     

                 Hormis le fait de nous dévoiler de temps à autre les noms de ceux qui ont piqué dans la caisse et de ceux qui ont frauduleusement mis un peu de blé de côté ou qui en ont distribué tout aussi illégalement, après cinq ans d’abonnement, force est de constater qu’il ne se passe pas grand-chose sur Médiapart :

    Rien sur la géo-politique.

    Rien sur le « Printemps arabe » et la superficialité des dites « révolutions »… excepté un soutien béat qui n’explique et n’entrevoit rien.

    Rien sur "Le pouvoir" et "Les Pouvoirs" et leurs nouvelles structures et centres de décision : qui décident quoi, qui dirigent qui ? - profils, antécédents, formation...

    Aucune mise en perspective régionale sur la Syrie ou sur tout autre conflit (1)...

    On savait que l’analyse de l’actualité internationale est le talon d’Achille du journalisme français mais tout de même !

    Refus du débat contradictoire ou plus simplement... pluraliste...

    Dans les faits, Médiapart semble n’avoir qu’un intérêt, louable au demeurant : les frasques de la caste politique, médiatique et affairiste ; et un engagement : contribuer à la moralisation (?) de la vie politique et économique.

    Rien moins !

    Mais rien de plus manifestement.

     

               Là encore, c’est imparable, sur Médiapart comme ailleurs : plus le maître des lieux aboie au nom des grands principes, plus le maître se dit déterminé face à ce qu’il considère être une exigence, plus il aboie fort donc, et  plus dans les faits, il recule. Et d’ailleurs, n’ayez aucune illusion : s’il aboie aussi fort c’est aussi et surtout parce qu'il sait qu'il est sur le point de battre en retraite sur nombre de sujets pourtant d’une importance pourtant capitale : est-ce le prix à payer en contrepartie d’une affaire Bettencourt ici, d’une affaire Cahuzac là, en attendant la prochaine ?

    Aussi, la preuve semble établie : l'anti-sarkozysme ne vous aide pas à penser grand-chose d'autre que l'anti-sarkozysme, en boucle, matin, midi et soir jusqu'à finalement ne plus oser penser rien du tout.


                 
    Certes, « Le droit de savoir » de Médiapart n’implique pas le droit de TOUT savoir sur TOUT. Quant au terme malheureux de  "moralisation"... parlons plutôt d’éthique tout en gardant à l'esprit qu'une campagne en faveur d’un assainissement de la vie politique  - qui fait de la politique, pour qui et à quelle fin ? - qui ne tienne aucunement compte de  cette nouvelle donne qu'est la Mondialisation, se résume dans le meilleur des cas, à une posture, et dans le pire... à une sorte d'imposture malencontreuse un peu dans le genre de celui qui regarde le doigt qui lui montre la lune.

    Des miettes d’investigation donc, et Médipart semble s'en contenter car cela suffit à son bonheur et à celui de ses abonnés qui croient vraiment que quelque chose d'important est arrivé avec la démission et les aveux de Cahuzac.

    La financiarisation de la politique est inséparable de la financiarisation de l'économie et la libération des capitaux qui ne souffrent à l'heure de l'informatique ni frontière ni délai. Et jamais une presse d’investigation, minoritaire de surcroît, n'y suffira.  Seul un mouvement populaire - on pourra parler aussi d’engouement -, soutenu si possible par quelques médias... seuls une dynamique et un engagement capables d’établir un rapport de force qui permette une réelle pénétration d'investigation jusqu’à forcer un Etat (et non un gouvernement) à se doter des moyens nécessaires à la poursuite impitoyable des outils, des acteurs et des filières de la corruption, feront que l’on pourra alors véritablement envisager des résultats probants même localement car si la corruption est mondiale, ses bénéficiaires sont aussi locaux et facilement identifiables pour peu qu’on y mettre des moyens tout en gardant à l'esprit qu'un pays de l'importance de la France déterminé à lutter contre la corruption  - ce qui implique une remise en cause de la mondialisation et de la CE -, courra inévitablement le risque de se voir ostracisé tant sur un plan économique que diplomatique : c'est donc un vrai projet politique de société que cette lutte.

     

              Du côté du Club de Médiapart...  - sorte de forum des abonnés en accès libre,  tout un chacun pouvant donc s’y rendre -, on retrouve la même politique : on privilégie les abonnés les "moins-pensant" qui se contentent le plus souvent de valider, tels des ventriloques, les articles qui sont mis en ligne. Peu nombreux mais récurrents, ils sont une quinzaine. Adeptes d'une bien-pensance qui s'ignore, petite meute de groupies proche de la rédaction, très solidaires, ils n’hésitent pas à trainer dans la boue les abonnés dissidents ou dissonants ; et quand ce sont des salariés de la rédaction qui se joignent à eux, la suppression des commentaires est monnaie courante ainsi que les insultes.

    Le Club de Médiapart  reste néanmoins, et c'est sans doute là son intérêt majeur, un laboratoire fascinant côté soumission et flagornerie  - tout l'abaissement dont un être humain est capable -, d’une petite classe moyenne née au début des années 50, largement majoritaire sur Médiapart - adulte en Mai 68 donc ! -, aujourd’hui totalement dépassée et larguée qui s’accroche mordicus à des schémas qui ne concernent déjà plus, depuis 20 ans maintenant, une réalité d’une complexité inédite derrière laquelle se cachent un ordre et une logique d’une perversité sans précédent (2).

     

                A sa création, il est vrai que Médiapart a su réunir des compétences de journalisme d'investigation, les hommes et le temps qui permettent un travail de longue haleine jusqu'à forcer la justice à y mettre son nez… même si cette dernière n’en a finalement aucune envie : pour un juge, il n’y a que des coups à prendre et aucune perspective d’avancement dans la perspective d'incessants retours de flammes et de bâtons à chaque changement de majorité.

    Quelques compétences en économie avec Laurent Mauduit même si ce dernier consacre le plus clair de son temps à critiquer les économistes et leurs soutiens médiatiques - à juste titre ! -, sans toutefois proposer de nouvelles orientations...

    Pour le reste, pas grand-chose ou si peu.

    Après réflexion, et le plus sérieusement du monde, il semble que Médiapart souffre d'une absence de culture politique de la part de ses fondateurs et de son équipe. Certes, Plenel est un ancien trotskiste... mais... une fois que l'on a grandi, une fois adulte, une fois que l'on est sorti de ce qui n'aura été finalement qu'un endoctrinement parmi beaucoup d'autres, endoctrinement qui aura fait de vous un être borné entre l'âge de 17 et 25 ans....que vous reste-t-il ? Quelle culture pour démêler toutes les stratégies de domination et de diversion ?

    Il n'y a finalement qu'une culture politique : celle acquise au contact de l'Histoire ; ce qui a été et qui continue d'être car, comme avec le mensonge, on n'en a jamais fini avec l'Histoire, et toutes les histoires...

    Sans doute dans le souci d'échapper à une mise en accusation redoutable, quasi mortelle professionnellement, commercialement et socialement... une fois discrédité - à savoir : accusation de conspirationnisme contre tous ceux qui auraient la malveillance de voir un tout petit peu plus loin que le bout de leur nez et leur fiche de paie -, Médiapart donne l’impression d’une rédaction pétrifiée, d'une rédaction qui redoute le faux pas, celui que des médias sous influence appuyés par une caste politique et économique et quelques leaders communautaires et d'opinions ne lui pardonneront pas.


    Et pourtant... souvenez-vous : il y a 40 ans, les "conspirationnistes" d'aujourd'hui portaient tout simplement le nom de "journaliste d'investigation".

    Mais alors... comment en 20 ans est-on passé d'un journalisme spécialisé et d'investigation (les spécialistes du Moyen-Orient, de la Russie... etc.) à la parole d'experts à la solde (conseillers) de grandes entreprises et des chancelleries, jusqu’à l’arrivée d’Internet qui permet aujourd’hui une prise en charge alternative de cette information qui n’est plus ; prise en charge qualifiée encore une fois de parano-conspirationniste par des partis intéressés et des journalistes (pour ce qu'il en reste !) aujourd’hui aux ordres de rédactions terrorisées : chantages professionnel et financier.

    Sur l’actualité internationale… même RFI fait cent fois mieux ! Médiapart se réfugie le plus souvent dans l’émotion ou le soutien digne d'activistes mais loin de toute idée de journalisme : images de désolation, sang et haine... parce que… jamais personne ne vous les reprochera et puis, avec ces images-là, on ne risque pas de se tromper : elles n’expliquent rien du passé et rien de l’avenir. Quant aux véritables enjeux….

    Sur la politique intérieure ou européenne aucune couverture de ceux qui pensent autrement, plus loin… ailleurs…

    Alors fatalement on finit par tendre un micro à Bayrou.

    Dure dure la dissidence !

     

                  Si des considérations mercantiles dictent souvent les choix éditoriaux de Médiapart (dans la partie Club aussi, et surtout ! Là où tout peut arriver, et là où un contrôle draconien doit être exercé) en revanche, on notera l'absence d'idéologie et de parti-pris… dans un  monde pourtant hautement idéologisé... d’où les limites de son journalisme d’investigation qui a pour moteur la « moralisation » de la vie politique et économique hexagonale, et seulement hexagonale - à chaque jour suffit sa peine sans doute ! Démarche qui court le risque de se terminer, inévitablement, et à la longue, faute de perspectives, de hauteur et de largeur de vue et de profondeur de champ, en moraline à bon compte qui n’explique et n’entrevoit rien du monde de demain, telle un ultime point aveugle.

    Médiapart a fait à peine la moitié du chemin qui aurait dû être le sien : celui d'une presse alternative d'information. Médiapart ne s'y est jamais mis tout simplement parce que ses fondateurs n'en ont pas la culture ; quoi qu'ils puissent penser et dire, on ne sort pas indemnes d'une vie consacré à un journalisme de grands-médias même au journal Le Monde que personne ne lisait déjà plus, du moins ceux qui, plus tard, seront appelés à s'intéresser vivement à une information autre, voire… tout autre.

    Il est vrai qu'Internet a tout remis en cause même s'il a permis la création de "Médiapart" puisqu'avec Internet on peut lancer un journal avec une mise de fonds minimale, en condamnant à terme la fausse dissidence payante (genre... "Arrêt sur Images") à l'heure où la vraie dissidence est gratuite partout ailleurs... une dissidence conduite par des experts et des universitaires en rupture de ban, des documentaristes auto-produits, des acteurs  issus de la société civile, des artistes, des  intellectuels bannis des médias de masse.......

    Dure dure la concurrence !

     

                   Médiapart n'a pas joué la carte de la rupture avec tous les anciens modèles du journalisme. Etant donné l'âge de ses fondateurs, Médiapart ressemble plus à un projet de fin de carrière qu'à une vraie dynamique avec un futur assuré parce que... en avance sur son temps. Et c'est sans doute trop tard aujourd'hui. En dehors de Plenel qui porte Médiapart à bout de bras, de sa rédaction, aucune individualité n'a émergé en 5 ans.

    A l’heure où Médiapart s'affiche comme "journal indépendant", on sera vraiment tentés d’espérer en un journalisme qui, à partir d’une actualité donnée, un fait de société, une préoccupation d’ordre politique ou économique, une question qui toucherait à l’éthique, se proposera de nous présenter toutes les analyses disponibles émanant d'acteurs avisés et informés, y  compris celle du journal en question pour peu que sa rédaction l'ait jugé approprié.

    Pour le dire autrement… on appellera de nos vœux une presse qui nous présentera tout ce qui se pense sur un sujet en particulier et pas simplement ce que la rédaction du journal souhaite donner à penser à ses lecteurs.

    Car à bien y réfléchir, les journaux indépendants financièrement (après tout, le groupe médias Lagardère est lui aussi financièrement indépendant !), sont libres de tout sauf de l’opinion de ceux qui les dirigent, lesquels sont à l’origine de tous les choix éditoriaux qui sont faits. Or, des choix éditoriaux n’ont jamais fait avancer l’information quelle qu’elle soit sur quelque sujet que ce soit car, si un journal peut être libre, il ne l’est sûrement pas de sa propre propagande – choix par avance biaisé donc parce qu’en faveur d'une information aux couleurs du drapeau de la rédaction du journal.

    L’avenir n’est pas à « une information libre » qui n’est qu’un slogan (3)… non, l’avenir est bien à toute l’information disponible sur un sujet donné ; une information qui, à un instant T, reprendrait toutes les analyses produites. Et cet avenir-là, qu’on le veuille ou non, souhaitable ou pas, c'est Internet et son temps réel qui l’a déjà sculptée et rendue quasiment inévitable.

     

                 L'audience d'Internet en tant qu'outil de diffusion d'une contre-information opposée aux médias dominants, d'après les recoupements qui ont pu être faits... c'est un "marché " d'un million de francophones, et seulement un million. Ce qui sous-entend que tous les autres lecteurs, auditeurs et téléspectateurs sont bon an mal an plutôt satisfaits. Et ce n'est pas une surprise car sur ces médias majoritaires on retrouve un peu près les mêmes attentes et donc les mêmes réticences et aversions quant à l'exposition d'un point de vue dissident ou dissonant. Et si les auditeurs ou les téléspectateurs n'attendent pas particulièrement de tous ces médias une autre approche, un autre contenu... c'est sans doute aussi  parce qu'au fond, ils pensent que l'information c'est le métier des journalistes et pas le leur ; ce qui explique l'absence de mobilisation critique ; et là, on retrouve les documentaires d'une Caroline Fourest : une documentariste pour une audience somnolente.

    Aurait-on alors les médias que l'on mérite ou bien, des médias que notre niveau de conscience et de disponiblité vigilantes peut encore se permettre tout en sachant qu'en face de nous, rien ne nous sera épargné ni accordé tellement le mépris et les intérêts de classe dictent nombre de comportements ?

    Médiapart n’échappe pas à la règle : on rencontre le même refus d'un regard et d'une mobilisation critiques de la part de ses abonnés ; ceux qui s'y risquent s'attirent très vite les foudres d'un lectorat totalement inféodé à la rédaction de Médiapart car il semblerait que... très vite, tout abonné qui pense avoir trouvé son journal fasse rapidement le choix de se réfugier dans une acceptation quasi totale de ce qui lui est à la fois donné à lire et de ce qui ne lui est jamais donné à découvrir et à comprendre, sans doute dans le souci d'une tranquillité d'esprit et d'un meilleur confort mental car, il est vrai que rien n'est plus anxiogène que la dissidence quand on n'y est pas préparé soit en tant qu'acteur ou soit en tant que témoin-lecteur-téléspectateur (4).

                  La France est passée en cinq ans, dans le classement de Reporters sans frontières, du 11e rang au 44e rang de la liberté d'informer. Finira-t-on alors derrière la Chine ?

    Sans doute Médiapart contribue-t-il à faire en sorte que jamais cela n'arrive ! Et si on peut être idéaliste ou utopiste avec soi-même, quand il s'agit des autres, mieux vaut leur accorder le bénéfice du doute et se dire qu'ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'il leur est donné de craindre et d'espérer en toute lucidité à la fois professionnelle et commerciale ; et même s'il est difficile de nier le fait que Médiapart défend une certaine idée du journalisme, Médiapart reste très en deçà de tout ce qu'on pouvait légitimement attendre d'un média dit indépendant même si en restant abonné, on peut encore défendre un principe : celui d'une presse qui n'aurait de service à rendre à personne.

              La contre-information intéresse peu de gens. On peut le déplorer pour une seule raison : moins ils sont nombreux à souhaiter défendre cette contre-information plus la liberté d'informer et de penser est en danger.

    A ce sujet, Internet est plutôt un miroir aux alouettes : déformant la réalité, comme une loupe ou un verre grossissant, il laisse penser qu'il existe dans le domaine de la contre-information une communauté importante... alors qu'il n'en est rien.

    Certes, les journalistes des grands médias sont discrédités (toutes les études le montrent), n'empêche... tout comme cette classe politique impuissante et sans pouvoir, sinon dans les marges... marges très étroites, les élections mobilisent quand même une majorité du corps électoral, et les médias dominants - surtout radios et télés -, une audience de loin majoritaire qui s'évalue entre 15 et 20 millions en cumul.

    Le constat suivant s'impose, un rien terrifié : sans l'arrivée d'Internet (5), il n'y aurait aujourd'hui plus aucun moyen de diffusion d'une liberté de penser qui ne doive rien à des médias sous influence qui, pour leur déshonneur, ont réduit cette liberté à une peau de chagrin mortifère.

    Car Internet, aujourd'hui, c'est bien toute la mémoire du monde ! Et moins on oublie, plus on se souvient... et plus on se souvient, plus difficile est le mensonge.

     

    ___________________

     

    1 - Qu'il soit ici permis de préciser ce qui suit : on peut intégrer les événements de Syrie dans un contexte historique et géographique bien plus large que les frontières de ce pays - de la chute du mur de Berlin à la Somalie, des événements du 11 Septembre à l'Afghanistan puis l'Irak jusqu'aux derniers soulèvements de l'Egype, de la Tunisie et la Libye et la menace qui pèse sur l'Iran -,  impliquant le Qatar, l'Arabie Saoudite, les USA, Israël et la Russie sans pour autant porter atteinte à la légitimité (et la nécessité ?) de cette révolte syrienne qui n'est pas encore une Révolution... puisque c'est bien ce que craint Médiapart qui a la faiblesse de penser qu'il n' y a que des coups à prendre et des abonnés à perdre en adoptant une telle approche analytique d'investigation qui est pourtant, à l'en croire, sa vocation première.

    Et plus encore quand on sait qu'en dernier ressort, tout comme pour l'Egypte et la Tunisie... ce n'est pas le Peuple syrien qui décidera de la suite des événements : démocratie, dictature militaire, dictature religieuse ou bien chaos ?

    Se refuser à toute mise en perspective globale, c'est prendre le risque de déconsidérer la profession de journaliste à propos de laquelle la rumeur va bon train : "Qu'est-ce qu'il y a de plus bête qu'un journaliste ? Un autre journaliste, grand-reporter de préférence !"

    Voir à ce sujet… http://litteratureetecriture.20minutes-blogs.fr/archive/2012/10/27/quand-mediapart-baisse-son-froc.html

     

    2 -  Autre témoignage des déçus du "participatif" à la sauce Médiapart ICI

     

    3 - Questionnez un journaliste, une rédaction : tous vous diront qu'ils sont libres. En revanche, demandez-leur s'ils ont fait le tour de tout ce que se pensait et de tout ce qui était pensé sur un sujet donné... là, vous pourrez sans difficulté les prendre en faute.

     

    4 - C'est fou la rapidité avec laquelle des lecteurs et autres auditeurs renoncent à chercher à savoir ce qu'ils ignorent sous prétexte qu'ils croient que leur journal ou leur radio leur dit tout !

     
    5
    -  Mais alors, est-ce à dire qu'il y aurait un ange qui veille sur nous ? Car si Internet permet encore la liberté d'expression, Internet, c'est aussi la balle qu'un système soi-disant verrouillé à double tour, est encore capable de se tirer dans le pied, et ce pour notre plus grand bonheur.


    Décidément, personne n'aura ce qu'il veut ! Ni eux qui ne veulent rien pour nous, ni nous qui voulons tout face à ce rien qui nous est proposé et promis.

     

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  • Salon de l'agriculture : la vitrine d'un productivisme d'essence nihiliste

                 Une agricultrice de 47 ans, mère de deux enfants a été retrouvée morte dans son exploitation laitière à Plumieux (Côtes d'Armor) jeudi 23 février 2017. Pendue à une poutrelle, elle s'est donnée la mort à l'heure de la traite.

    Dans une lettre, elle dénonce une agriculture qui mène des centaines d'agriculteurs chaque jour face à un mur : endettement insurmontable et perte d'estime de soi.

                Que tous sachent que cette mort bouleverse et révolte nombre d'entre nous.

    Cette mort n'a pas fait grand bruit dans le monde agricole ; rien du côté de son syndicat majoritaire, la FN-SEA...

    Est-ce à dire que dans ce milieu le "chacun pour soi" règne en maître ? Marche ou crève ? Et mort au vaincu ?

     

    _________________

    Ouverture de salon de l'agriculture 2017

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                   Le salon de l'agriculture c'est 700.000 visiteurs venus du monde entier ; «la plus grande ferme du monde» à la Porte de Versailles nous dit-on chaque année.

    Mais ce salon c'est aussi et surtout la vitrine d'une agriculture de l'échec ; une agriculture qui ne peut rien faire pousser sans empoisonner la terre et l'agriculteur qui la cultive ainsi que les consommateurs... tout ce que ce salon s'évertuera à cacher à ses visiteurs crédules :

    - La surproduction, des excédents et du dumping sur les marchés mondiaux qui ruinent les économies des pays émergents (balance commerciale excédentaire oblige !) et en premier lieu : leur espoir de parvenir à une indépendance alimentaire aussi relative soit-elle !

    - La désertification rurale!

    - La clochardisation des campagnes !

    - L'eau du robinet que l'on ne peut plus boire !

    - Nos nappes phréatiques et de nos rivières polluées à tout jamais !

    - 80% des cancers d'aujourd'hui aux origines environnementales : l'air que l'on respire (épandage en ce qui concerne l'agriculture), la nourriture que l'on mange et les lieux que l'on habite !

    - Toute la souffrance animale des élevages concentrationnaires !

    - Les farines animales bon marché et la vache folle !


    - Le laboratoire des cancers de demain  : OGM, manipulation génétique !

    - Un littoral, terre de nitrates, saccagé par une pollution occasionnée par les techniques d'élevage intensif !

    - Une agriculture pour quelques chefs d'entreprise millionnaires !

    - Des paysans au RSA condamnés à terme à la faillite et au suicide.

     

                 Et pour finir : le salon de l'agriculture, c'est le salon de la FN-SEA (1 - Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), et de l'agro-business responsables depuis les années 60, avec la complicité des partis de droite et aujourd'hui du PS, du fait que ce qui était hier encore une mission, voire une vocation, plus tard, un métier... noble et respecté, porteur de valeurs - nourrir ses semblables -, soit aujourd'hui frappée d'indignité nationale par une opinion publique écoeurée parce qu'informée.

     

    _________________

     

    1 - A noter le décès de Xavier Beulin en ce mois de février 2017, céréalier, industriel et businessman, patron du groupe agroalimentaire Avril, président de la FN-SEA 

     

     

    Pour prolonger, cliquez : Suicide, le monde paysan en première ligne

     

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