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Serge ULESKI, politique, art, littérature, ré-information, dissidence - Page 5

  • M comme Malédiction

     

    To the memory of an angel...

     

    A la mémoire de Béatrice Athévain

     

             Et alors qu'on ne lui avait rien demandé (et ses enfants non plus - leur père s'étant fait la belle, lui qui n'avait aucun goût pour tout ce qui touchait de près ou de loin à la littérature - il ne lisait... ou plutôt, il ne regardait... que de la BD), en une quinzaine d'années, Béatrice aura tout sacrifié à l'écriture avant de tirer sa révérence.

    Son oeuvre ?

    Un ouvrage retenu par un éditeur dans les années 90 "Fragments, interstices et incises" (oui, je sais ! Le titre ne lui aura été d'aucun secours) ; éditeur qui... depuis, a mis la clé sous la porte ; et six titres restés à ce jour inédits et... introuvables - ce qui n'arrange rien.

    Existent-ils ? N'existent-ils pas ces inédits ? Ont-ils été détruits par son auteur juste avant qu'elle ne décide de... ?

    Affaire à suivre... pour peu qu'il y ait des volontaires.

     

    ***

     

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              Ce billet est aussi dédié à tous les obsessionnels compulsifs de l'écriture. 

     

             Ils ne se déplacent jamais sans un stylo et un carnet ; leur hantise : se trouver dans l'impossibilité de pouvoir noter une idée, une phrase, un mot ; et de ce fait : les oublier.

    Une peur panique pareille à une phobie : plutôt mourir que de courir ce risque !

     

                   Mais... comment taire cette voix qui hurle à l’intérieur, ou bien qui chuchote ? Cette voix qui ne vous lâche pas jusqu’au moment où n’y tenant plus, on sort un carnet pour noter à la hâte trois mots, dix lignes, tout en sachant que l‘on y reviendra cent fois, mille fois, et que ce n’est que le début d’un travail harassant.

    Ils ne vivent que pour elle, tous ces don Quichotte de la littérature,  y retournant sans cesse, et n’y trouvant qu’un soulagement, qu’une libération bien éphémère.

    Après toutes ces années, qui ne chercherait pas à lui échapper, même pour un temps ? Qui ne serait pas tenté d’apprendre à l’ignorer ou bien, à contrôler son débit, et même, pouvoir faire “comme si de rien n’était”, comme si cette voix n’était pas là... cette voix qui, sans relâche vous force, et vous pousse jusqu'à ce que vous lui cédiez et qu’elle s’apaise en vous en attendant la prochaine fois, la prochaine heure ?

    Tous vous le confirmeront : une malédiction cette voix pour laquelle ils ont tout sacrifié ; un supplice qui absorbe, qui recouvre tout, qui vous prend tout et qui ne vous rend rien.

    Maudits ils sont !

     

                      Mais alors... qui les délivrera de cette malédiction qu'ils portent en eux comme une brûlure ?

     

     

    ______________

     

     

    Photos : M le Maudit, film de Fritz Lang de 1931

    .

     

     

     

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  • Présidentielle 2017 : avec l’option Macron, jamais le risque d’une victoire du FN n’a été aussi élevé

    •  

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                  Tout en ayant l’immense naïveté de penser qu’aujourd’hui on peut gagner une élection présidentielle en occupant le centre-gauche et le centre-droit, et contrairement à ce que ce candidat prétend et tous ses soutiens avec lui, médias inclus, Emmanuel Macron est loin d’être le candidat d’un « …il y a du bon à gauche comme à droite… » fédérateur car, dans les faits, Macron se réfère au centre-gauche et au centre-droit qui n’ont, historiquement, rien à voir avec la gauche et la droite : pour s’en convaincre il suffit de penser à un Manuel Valls, du côté de la gauche, et à François Bayrou ou Jean-Louis Borloo du côté de la droite.

    Aussi, antagonismes, ressentiments et colères aidant, deux certitudes à propos du second tour de cette élection présidentielle qui annonce un face-à-face Macron-Marine le Pen (MLP) semblent s’imposer au fur et à mesure que l’on s’en rapproche :

    - Jamais la droite de Fillon (18% de l’électorat) ne jouera la carte Macron contre le Pen.

    - Jamais la gauche de Mélenchon ainsi qu’une partie de celle de Hamon (tous les deux pesant aux alentours de 18% tenant compte de fait que l’autre partie de l’électorat Hamon partira chez Macron au second tour de l’élection) ne répondront favorablement à ce nouvel appel, après celui de 2002, en faveur d'un "sursaut républicain" ; en effet, il ne faut plus compter sur une mobilisation de cet électorat à la hauteur de celle de l’élection de 2002 qui opposait Le Pen père à Jacques Chirac.

    Avec au deuxième tour une abstention record estimée (abstention à la fois structurelle et conjoncturelle) à près de 30% - abstention composée des refus de voter Macron de la gauche et de la droite cumulés à un report d’une partie des voix de Fillon sur MLP d’un électorat habité par un ressentiment bien ancré, sur le ton de « A nous la droite, on nous a volé notre victoire ! », vol commis par le candidat de François Hollande qu’est Emmanuel Macron, un François Hollande chef d’orchestre des ennuis judiciaires de Fillon puisque le succès de Macron est indissociable des ennuis du candidat LR -…

     

                    Jamais le risque d’une victoire du FN n’a été aussi élevé !

     

                 Pour MLP, un seul défi : rendre moralement acceptable - car sans conséquence majeure -, l’abstention à venir au second tour de l’élection présidentielle de ces deux électorats ; en effet, seule cette abstention conjoncturelle cumulée à cette autre abstention structurelle entre 18 et 22% que l’on enregistre à chaque élection présidentielle, lui feront prendre une très sérieuse option sur la victoire forte de son score de 30% au premier tour ; le vote de soutien en sa faveur du reste de cette droite de Fillon qui se refusera à voter Macron, fera le reste. C’est la raison pour laquelle, en campagne, MLP semble prendre soin de ne pas user ni abuser des thématiques des années 80-90 propres à l’extrême droite, à savoir :

    - Les Etrangers sont responsables de l’augmentation de la délinquance, crimes et délits.

    - Les Etrangers volent le travail des Français et sont responsables du chômage. -

    - Les Etrangers sont en grande partie à l’origine du déficit chronique de nos régimes sociaux.

     

    MLP a compris qu’il lui faut avant tout « rassurer » cette gauche déterminée à ne plus répondre au « chantage à l’extrême droite » pratiqué par le candidat dit « républicain » au second tour de l’élection présidentielle ; elle se doit de l’anesthésier cette gauche, de tromper sa vigilance, de faire en sorte qu’elle baisse sa garde car deux ressentiments forts jouent maintenant en faveur de MLP :

    - Le ressentiment d’une gauche dépitée par la candidature Macron et l’indigence d’un PS moribond, sans honneur et sans courage et de son candidat Hamon qui semble incarner toutes les raisons qui font que le PS est condamné à une mort certaine…

    - Le ressentiment, voire la colère, des électeurs du candidat Fillon dans le contexte d’une élection présidentielle qu’elle ne pouvait pas ne pas gagner car après cinq ans d’une présidence-Hollande, il suffisait de se baisser par rafler la mise élyséenne.

    Remarquons à propos de la prestation de MLP à l’occasion de ce premier débat télévisé du 20 mars qui a réuni cinq candidats ceci : si le sujet de l’immigration a été abordé, MLP s’est bien gardée de faire un lien direct entre chômage et immigration ; délinquance et immigration ; amalgame qui réveillerait cette gauche qui a été capable de se mobiliser en 2002 contre le fondateur du FN en faveur d’un candidat appartenant à ce qu’il est courant d’appeler « la droite républicaine » car pour MLP – et c’est là le point nodal de cette campagne présidentielle et de la présence du FN au second tour -, il est bel et bien question d’endormir cette gauche qui devra s’abstenir à l’occasion du face-à-face Macron-MLP que tous les sondages ne cessent de confirmer.

    Pour cette raison, et si le FN c'est aussi et surtout du militantisme mis à la portée des caniches de la politique, il semblerait qu'un simple re-positionnement de type « gaullisme social - souveraineté et solidarité - suffise, une fois François Fillon et ses capacités de rassemblement définitivement anéanties ; reste alors à MLP à afficher une détermination sans faille contre l’intégrisme islamique (lutte en partie cache-sexe de la bonne vieille haine de l’Arabe) ; cette détermination ne lui sera contestée par personne puisque cette lutte est partagée par tous ses concurrents.

     

    ***

     

               MLP présidente, c’est l’assurance d’une crise politique et sociétale comparable aux événements de Mai 68 par son ampleur : mobilisation de masse et violence urbaine ; une crise qui provoquera inévitablement une remise en cause de l’organisation politique de la société française ; mais aussi… c’est à espérer, car « A quelque chose malheur est bon ! », une crise que tous ceux qui veulent en finir avec la 5è République, attendent avec impatience ; du moins les plus lucides d’entre eux ; ces derniers savent qu’historiquement seule une situation de crise est capable de rompre définitivement les ponts avec un présent devenu ingérable ; seules les crises permettent le changement en profondeur car contrairement à ce qu’affirme Mélenchon devenu soudainement amnésique, lui pourtant si féru d’histoire politique, un passage en douceur de la 5è à la 6è République, une nouvelle République shootée à « la démocratie totale », une République annonciatrice d’actes fondateurs d’une légitimité sans précédent à grands coups de tirages au sort, de consultations citoyennes sans nombre, un nouvelle République fruit d’un blocage sans solution d’une société confrontée à un mur jusqu'ici infranchissable – celui de l’argent, de la perte de souveraineté et de toute considération morale parmi les élites financières -, quand on sait ce contre quoi cette nouvelle République devra se battre – contre des intérêts privés colossaux - ce passage-là ne se fera pas sans tumulte ; nombreux sont ceux qui lui feront la guerre à cette nouvelle République.

     

                   Si seule une crise majeure peut faciliter un tel projet, il se pourrait bien que le destin politique du FN qui aura longtemps été la variable d'ajustement de la politique française, un peu comme le chômage en économie, que le destin de MLP donc soit de faciliter à son corps défendant l'avènement de cette nouvelle République garante d'une renouveau démocratique et solidaire ; et si cela peut la consoler, qu’elle sache que l’on ne choisit pas toujours son destin.

     

                       Et jamais le risque d’une victoire du FN n’a été aussi élevé !

     

                   Ceux qui se sont réjouis du positionnement de Macron « ni droite ni gauche mais droite et gauche tout à la fois ! », avec tous les encouragements des médias, devraient avoir compris ceci : s’il n’y a plus de gauche ni de droite, il y aura non pas « le centre » mais bien plutôt l’extrême droite dont la victoire aura pour protagonistes : une gauche abstentionniste et une droite vengeresse.

    Aussi, il est fort probable qu’après trente ans d’une entreprise machiavélique de promotion de la famille le Pen encouragée par un François Mitterrand âpre à la guerre contre ses adversaires politiques et avide de longévité, que ce soit le FN qui finisse par tirer les marrons chauds bouillants du feu : « Enfin ! » diront ses soutiens, comme un retour de bâton, effet boomerang ironique ! Pensez donc : la promotion du FN devait assurer au PS le monopole de l’occupation du palais de l’Elysée ad vitam aeternam ! Aujourd’hui la victoire envisageable de MLP, à défaut, la simple présente du FN au second tour de l’élection présidentielle de 2017, une fois de plus, une fois de trop, après 2002, pointera d'un doigt vengeur au PS sa dernière demeure : sa tombe.

    Mais faute d’une crise accoucheuse de ce "renouveau démocratique et solidaire" au profit d’une cohésion sociale riche en promesses, inutile d'en douter, cette victoire du FN nous engagera dans un combat de chaque jour, de chaque instant jusqu’à l’épuisement : mais de quelles forces ? Les nôtres ou bien les leurs ?

    Et quand on sait que la candidature de Macron destinée à venger Hollande contre Valls et la gauche du PS a aussi pour but de prévenir l’éventualité de la victoire de MLP qu’un face-à-face MLP-Hamon ou MLP-Valls laissait présager tellement le divorce est consommé à gauche comme à droite avec les pseudos gouvernement et de gauche et de droite (Jamais assez à gauche pour les uns, jamais assez à droite pour les autres !), tout en dérobant à la droite une victoire qu’elle croyait acquise… force est de conclure que c’est bien le pari d’un fou que ce pari sur Macron ; un fou ou un imbécile… élyséen qui plus est, car Macron pourrait fort bien s’avérer n’être qu’un candidat de l’abstention à gauche, qu’un candidat du refus du pacte républicain par la gauche et la droite, qu’un candidat d’un report massif des voix des électeurs de Fillon sur MLP.

     

    ***

                  Le Système n'a pas pu mettre en scène un second tour Manuel Valls-Alain Juppé...

    Téméraire, il prend le risque d'un face-à-face Macron-MLP avec la complicité de l'Elysée.

    Que ceux qui sont responsables de l'expulsion de "la gauche" et de la droite du second tour de l'élection présidentielle sache le moment venu en assumer toutes les responsabilités - il leur faudra très certainement rendre des comptes -, pour ne rien dire du jugement de l'histoire.

                        

     

                     Mais alors...  

                      A l'occasion de la communication des résultats du premier tour lorsque Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, et sans doute aussi le parti LR, demanderont à leur électorat respectif de voter Macron pour barrer la route de l'Elysée au FN... "Tout ça pour ça !?", devrons-nous nous attendre à des éclats de rire tonitruants et irrépressibles ou bien à des sanglots inconsolables ?

                    Poser la question, c'est inévitablement y répondre.

     

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     Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI - Présidentielle 2017

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  • Guyane - Kourou : quand l'indépendance spatiale européenne ça se paie comptant sans délais !

     

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                      CSG (Centre Spatial Guyanais), Ariane Espace... leader mondial en matière de services de lancement de satellites fondée en 1980, dont la base est située à Kourou en Guyane française... une Guyane sans école pour 30% des enfants, sans services publics, un chômage à la hauteur de 25%, logements insalubres, insécurité et criminalité record...

    La Guyane est paralysée depuis plusieurs jours par un mouvement de contestation sociale de grande ampleur. Une grève générale a débuté lundi, à l'appel d'un collectif de 37 syndicats, réunis autour de l'UTG.

    En dehors de l'industrie florissante de lancement de satellites, point de salut ! Puisque... pas d'investissements, pas d'aménagement du territoire ! Tous peuvent bien attendre, tous peuvent bien se contenter de minima sociaux humiliants et de conditions de vie méprisantes.

    En chiffres d'affaires annuel, Ariane Espace pèse plusieurs milliards...

               Mais alors, que les Guyanais exigent sans plus attendre un juste partage de cette manne financière et qu'ils se donnent les moyens, par tous les moyens, d'obtenir satisfaction car, sans une lutte acharnée, organisée, déterminée et structurée, sans l'établissement d'un rapport de force qui leur soit favorable, ils ne devront compter, hélas, sur rien ni personne ; un Etat défaillant et cynique, ne leur rendra jamais justice, il ne leur fera aucun cadeau.

     

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                          Billet rédigé en mars 2009

     

    De la France métropolitaine... aux Antilles 

    A en juger par les revendications du LKP - revendications plus proches de l’aumône et de la charité que de toute autre demande qui émanerait d’une société un tant soit peu concernée par la recherche d’un équilibre entre ses différentes composantes civile, politique et économique -, il semblerait bien qu’il y ait quelque chose de pourri au "royaume" des Antilles.

    Demande (entre autres) de baisse des prix des produits alimentaires de base...

    Doit-on parler d’émeutes de la faim ?

    Peut-on imaginer en France métropolitaine une réunion entre les patrons d’Auchan et - disons -, les représentants des petits salariés et des foyers populaires autour de la baisse du prix du lait, du riz et des pommes de terre ?

    On n’y distingue plus qu’un tout petit bout de France et d’Europe (Etat de droit, relations adultes et contractuelles entre les différents représentants de la société politique et civile), dans ces Départements d’outre-mer !

    ***

               Aux Antilles, un mouvement de révolte a lieu tous les 40 ans. Les dernières émeutes datent de mai 67 ; elles ont fait une centaine de morts parmi les manifestants.

    Mais alors... qui, le reste du temps, "tient" cette population ? Population livrée à tous les arbitraires possibles et imaginables, à un paternalisme infantilisant proche du mépris, aux salaires obscènes versés par des salauds et au racket alimentaire exercé par des "enseignes géantes" dirigées par des truands en col blanc ?

    Qui donc ?

    Les Békés, les continentaux de l’administration de l’Etat et du secteur privé et quelques afro-antillais, métisses ou pas, eux tous prospérant sur le dos du reste de la population ?

    ***

               Les événements des Antilles, c’est encore un autre miroir qui nous est tendu - un de plus -, et devant lequel, encore une fois, on ne pourra que baisser les yeux, couverts de honte mais... la colère au ventre.

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  • Le trans-humanisme : ce nouvel anti-humanisme

     

                    

                                             Miguel BENASAYAG, Cerveau augmenté, Homme diminué

     

                    Pour le trans-humanisme, la référence, le modèle c'est la machine et tous ses possibles. Aussi, lutter contre le trans-humanisme c’est rappeler que tout ce qui est possible n’est pas nécessairement et systématiquement souhaitable.


    A ce sujet, le philosophe Miguel Benazayag précise à toutes fins utiles ceci : " La barbarie c’est quand l’humain devient un moyen, un instrument."

                   Dans le contexte d'un mondialisme de la mise en concurrence de tous contre tous, et la recherche de la performance - mort au vaincu ! -, nul doute , le néolibéralisme et le trans-humanisme sont indissociables : consubstantiels le "corps marchandise" et le "corps machine".

    Avec le trans-humanisme il n’est pas question de l’homme augmenté mais tout simplement de faire de l’être humain une machine. Avec le trans-humanisme l’être humain disparaît  et la machine occupe toute la place car ce qui sous-tend le trans-humanisme c’est bien que l’être humain fonctionne comme une machine (ordinateur) ; l’être humain est une machine et l’a toujours été tout comme son cerveau.

                  Merci René Descartes.

     

     

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  • Traité de Rome, soixante ans déjà : que faire de l'Union Européenne ?

     Billet rédigé en 2013...

     

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           Vieille baudruche stalinienne issue de la guerre froide cette Union Européenne !

    Qu'on se le dise : il n'y a pas, il n’y aura jamais de majorité pour une Europe-alternative à une mondialisation des cartels, de la pègre et de la terreur et du chantage au chaos militaire. Il n'y en a jamais eu. Il n'y en aura jamais et moins encore avec 28 pays membres.

     

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                  Table ronde de 2011 sur le thème "Que faire de l'Union européenne ?" avec Aurélien Bernier (porte parole du M'PEP), Bernard Cassen (secrétaire Général de l'association Mémoires des luttes, président d'honneur d'Attac), Michèle Dessenne (porte parole du M'PEP), Frédéric Lordon (directeur de recherche au CNRS), Jacques Nikonoff (porte parole fu M'PEP, professeur associé à l'institut d'études européennes de l'Université Paris 8), Emmanuel Todd (historien, ingénieur de recherche).

     

     

     

                  Pour Jacques Sapir il est bien question aujourd’hui de provoquer une crise afin de tirer l’UE vers nous à partir de décisions... unilatérales.

     

     

    ***

     

                 Hors du cadre de la nation, il ne peut pas y avoir de démocratie. C’est la raison pour laquelle l’UE ne sera jamais légitime, et c’est la raison pour laquelle elle devra à terme se passer du consentement des Peuples européens avec la complicité de la quasi-totalité de la classe politique de l’UE.

               (Souvenez-vous ! Après un « non » référendaire à la constitution européenne, c'est  toute la classe politique qui votera le traité de Lisbonne ; il sera adopté par l'Assemblée et le Sénat avec la bénédiction du conseil constitutionnel)

    Tous les fédéralistes nient les particularismes nationaux, soit par calcul soit par ignorance. D'où la catastrophe de l'Euro qui n'est, il est vrai, qu'une catastrophe pour ceux qui, chaque matin, assument le principe de réalité. Avec l’Euro : pas de croissance, chômage endémique, baisse du pouvoir d'achat,  immobilier à des niveaux records, crise du logement, et l'abstention croissante aux élections chez tous les Peuples européens.

    Ne pas vouloir comprendre ce qui fait un Allemand, ce qui fait un Espagnol ou un Français.... ce refus de l'Histoire et de la connaissance au profit d'un négationnisme aux calculs sordides cache le coup mortel que l'on souhaite porter au progrès social au nom des intérêts des classes dirigeantes. 

                (On pourra toujours s'étonner que les particularismes des Peuples européens soient ignorés à l'heure où on ne cesse de nous parler de ce caractère si français qui empêcherait toute réforme ! Mais alors… particularismes il y a bien… mais… seulement lorsqu’il est question de dénigrer les Peuples ?)

     

                On ne manquera pas de noter que seuls les journalistes parisiens, le MEDEF et la classe politique soutiennent une Europe fédérale ; en revanche, aucun intellectuel, aucun scientifique, aucun chercheur, aucun homme de culture ne soutient une telle Europe, une telle dictature technocratique en herbe pilotée via Bruxelles par les USA, pour les USA contre le reste du monde ! Une Europe, dans le meilleur des cas, succursale de l’hyper-puissance étasunienne (crise économique, crise financière, suprématie militaire et chaos), et dans le pire, une Europe victime collatérale d’une mondialisation qui n’aura pas le temps de se pencher sur le sort d’un demi-milliard d’individus à l’automne de leur espérance de progrès et de justice.

                       (Dès à présent, Hollande va chercher ses ordres à Bruxelles et Fabius à Washington et (mais ça, c’est plus récent) à Jérusalem. Après Montauban et Toulouse, il nous faut nous éloigner de toute politique de parti pris, injuste et cynique : nous devons rechercher l'apaisement ; aussi, nous n’aurons donc pas d’ennemi excepté celui qui nous désignera comme tel ; et à aucun moment, les ennemis de nos "partenaires" ne devront être a priori nos ennemis  - quand on sait le don que possèdent certains de nos "alliés" pour s’attirer les foudres de la colère et de la vengeance…

    Pour parvenir à cet apaisement, il nous faut regagner de l’autonomie en tant que communauté, Peuple et Nation : on ne peut pas compter sur l'Europe dans le domaine, entre autres, de la politique étrangère ni sur les options économiques d'une mondialisation d'une violence culturelle et sociale sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

    Il nous faudra aussi garder nos distances avec des alliances mortifères (USA et Israël). Quand on voit le talent dont font preuve certains pays pour enterrer leurs morts ; de ce spectacle à la fois obscène et dérisoire, il est impensable que cela devienne, ici en France, un recours, voire même... une politique délibérée : celle qui consiste à souder une Nation autour du meurtre, de l’assassinat, de l’attentat, de la colère, de la vengeance… à la racine desquels on trouvera une politique d’Etat qui n’a de cesse de demander à son Peuple de récolter ce qu’il a semé car une telle politique est non seulement immorale, anti-humaniste mais suicidaire.)

     

                  On ne doit reconnaître qu'une politique en Europe : la coopération, la complémentarité, la solidarité et la protection mutuelle pour le bien commun. Toute autre politique ne remplit que les poches du capitalisme international. En effet : quelle politique industrielle solidaire lorsque l'industrie automobile va en Roumanie chercher un SMIC à 400 euros… et l’Allemagne avec un salaire horaire à 5 Euros ?

     

           (A ce sujet il est grand temps que nous achetions non pas français mais... ce qui est fabriqué en France !)

     

                  Les politiques de mondialisation dont l’EU est un des instruments, n’ont qu’un but : la guerre aux salaires, aux protections, aux réductions des inégalités, à la démocratie, à la souveraineté des Peuples et des Nations. Cette Europe-là nous vendra tous (nous, la démocratie et nos acquis sociaux) au moins-offrant et au plus fort avec une France prise dans l'étau anglais et allemand : un Euro Deutsche Mark et une Angleterre qui, chaque jour, depuis 30ans, rend caduques toutes les ambitions françaises indépendantes de la puissance tutélaire étasunienne.

    Dans cette perspective, aucune sortie possible par le haut : on ne peut que subir, aussi une seule option s'offre à nous : une politique unilatérale de rupture, de crise… et si rien n’est possible, de retrait de l’Euro et de l’UE. Un seul pays y suffira car un pays de l’importance de la France peut facilement déjouer toutes les stratégies et remettre tous les compteurs de l’histoire de l’Europe à zéro, sur une nouvelle ligne de départ.

                

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  • Ces hommes qui jamais ne démissionnent...

    Billet rédigé en juillet 2016 

     

     

     

                             Toulouse, Paris, Bruxelles, Nice, Munich, Saint-Etienne-du-Rouvray ...

                          Attentats et terrorisme... il paraît que nos "démocraties" sont mal préparées pour lutter contre ces fléaux à en croire nos experts, universitaires et autres chercheurs même si nos démocraties sont manifestement superbement douées pour plonger dans le chaos des régions entières du globe ( de l'Afghanistan à la Libye), livrant ainsi des millions d'êtres humains, privés de la protection d'un Etat qu'ils avaient mais qu'ils n'ont plus, à la merci de forces d'une violence inouïe ; mais ça.... tous se gardent bien d'en faire l'analyse, dérangeante au possible car, adieu alors les invitations dans les médias et les subventions d'Etat destinées à des programmes de recherches conduits par ce qu'il faut bien appeler des tartuffes et des escrocs ! Programmes censés être libres de toute influence et de tout parti pris de classe, loin des intérêts financiers et carriéristes qui pourraient concerner les bénéficiaires de ces subventions publiques.

     

                   Aussi, inutile de se voiler la face plus longtemps : si la France est une cible prioritaire de l'Etat Islamique, dans un premier temps, c'est que la France est un pays qui compte encore, et dans un deuxième temps : la politique qui est la nôtre dans une région qui s'étend de la Libye à l'Irak, cette politique-là ne nous ressemble pas ; et ils le savent... comme nous tous ici même s'ils sont nombreux à se taire (pensons au silence assourdissant de Dominique de Villepin) alors qu'ils devraient dénoncer d'une voix de stentor un engagement sans honneur car sans courage ni justice ; un engagement d'un cynisme ravageur, aux côtés des USA et de son bras armé qu'est l'Otan.

     

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    Manuel-Valls-Bernard-Cazeneuve-et-Francois-Hollande.jpg

     

              Si tous savent qu’il n’y a pas de carrière politique pour tous ceux qui souhaitent re-prendre l’argent et le pouvoir là où ils se trouvent, pareillement, tous savent qu’il n’y a pas d’avenir politique pour quiconque souhaite s’opposer à un projet mondialiste (1) qui repose sur le vol, le pillage des ressources, la corruption, le chantage, l’assassinat et la destruction des Etats à grand renfort de sanctions économiques et de bombardements massifs contre des populations civiles... Etats qui s'opposent à ce projet d'essence mafieuse et criminelle.

            Pour cette raison, la pire des choses qui puisse arriver aux Peuples européens c’est bien que celle ou celui qui souhaite faire carrière soit élu.

     

     

    1 - Projet porté principalement par les USA, Israël et les Monarchies de Golfe ; chacun selon ses intérêts et ses ambitions.

     

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                  Ils ont réussi. Ils sont parvenus à leurs fins : nous faire descendre dans le trou : leur trou ! Celui qu'ils nous destinaient de longue date ; un trou profond, une fosse commune à partir de laquelle il nous faudra tous lever la tête lorsqu'ils daigneront s'adresser à nous sur un ton condescendant ; eux qui trônent déjà là-haut, tout là-haut, et nous tous en bas, piégés, bien piégés et sans recours. Ils ne nous autoriseront qu'une chose : déposer des fleurs et allumer des bougies sur nos propres tombes ou celles de nos voisins : c'est du pareil au même puisqu'on devra tous être prêts à partager leur sort à tout moment. 

                     Alors, disons-le : salauds de politiciens !

     

                  Une seule consolation néanmoins : personne ne trouvera de rimes à ces événements abjectes ; personne ne les fera rimer ; personne n'en fera un poème  et les "poètes à la manque" du business-show (monde dans lequel il ne saurait y avoir de show s'il n'y a pas de business à faire) en seront pour leurs droits d'auteur et leur notoriété toujours en souffrance, insatiable.

     

     

    ***

     

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                  Regain de tensions dans le monde, les dépenses militaires augmentent partout, surtout au Moyen-Orient et en Asie. C’est dans ces deux régions que se trouvent les plus gros clients de la France - Arabie Saoudite, Inde, Emirats arabes unis - et les acquéreurs du Rafale.

     

     

     

    "Priez Dieu que tous vous* veuille absoudre !"

     François Villon - "La ballade des pendus" - 15è siècle

     

     

     

    * "nous" dans le poème original

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    Pour prolonger, cliquez  : Nice, Vidéo, Police et Ministère de l'Intérieur

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  • Penser l'Art aujourd’hui avec Marcel Duchamp…

     

     

                     Entretien avec Marcel DUCHAMP (1887-1968) sur ses Ready-made, en juin 1967 à Paris, à la galerie GIVAUDAN.

     


                  On remarquera l’absence d’émotion ; un léger sourire amusé mais pas de rire, pas d’humour ni d’ironie ; une sorte de désinvolture sérieuse, sûre de son fait ; pas de propos moqueurs ou cyniques non plus, même si le discours de Duchamp sur ses Ready-made demeure bel et bien, et ce depuis plus de soixante ans (à l’heure où cet entretien est filmé), une attaque frontale des catégories de l'art à propos desquelles chaque parole de Duchamp exprime le rejet systématique ; soixante années d’une provocation bien maîtrisée, sans haine ni fracas, d’une radicalité d’une bonhomie surprenante - sorte de degré supérieur de la sagesse chez les prévaricateurs de l’Art ? -, qui doit bien malgré tout cacher quelques aspérités de l’âme, dans une fausse distanciation et un détachement feint très certainement symptomatique d’un rapport au monde, et ce dès 1913 - dès les premiers Ready-made -, d’une émotivité explosive... même si l'explosion n'arrivera jamais, ni de sa vie passée ni des quelques mois qu'il lui reste à vivre - nous sommes en 1967.

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                     Pour une grande dépression de l'homme Marcel Duchamp qui a très tôt refusé la consolation de l’Art

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    Nu descendant un escalier – 1912 : 146 cm × 89 cm


                   Né dans l’Art, tombé dans la peinture et la sculpture dès sa naissance – grands-parents, frères, sœurs sculpteurs et peintres -, et bien qu’il ait échoué au concours d'entrée des Beaux Arts de Paris, Marcel Duchamp hésitera très tôt entre deux carrières : humoriste ou peintre jusqu'au jour où…

    Mais... laissons la parole à Marcel Duchamp à propos de son tableau Nu descendant un escalier : « Je l'avais envoyé aux Indépendants de Paris en février 1912, mais mes amis artistes (cubistes et autres) ne l'aimèrent pas »

                   L'article 1 du statut de l'association Les Indépendants dispose que l'objet de la Société des artistes indépendants - fondée sur le principe de l'abolition des jurys d'admission - est de permettre aux artistes de présenter leurs œuvres au jugement du public en toute liberté.

    Si dans ce nu qui descend un escalier « il y avait plus à comprendre qu'à contempler », l’entourage supposément « révolutionnaire » de Duchamp, composé d’artistes cubistes, refusa ce nu (ainsi que son titre) au prétexte qu’il était déjà post-cubiste et un peu trop futuriste à son goût. Sans doute Duchamp ne s’est-il jamais remis de ce refus - il a alors une vingtaine d'années -, car des biographes audacieux ont vu à propos de ce rejet les prémisses d’une scène primitive, expérience traumatique qui s’avèrera fondatrice d’une vision de l’Art qui, du jour au lendemain, changea du tout au tout : à compter de ce refus d’un dogmatisme inattendu proche d’un académisme que ce mouvement cubiste était pourtant censé récuser de tous ses pinceaux et brosses de peintres, jamais plus Duchamp ne touchera un pinceau ni à un tube de peinture. Et c’est dans un immense éclat de rire… jaune de surcroît, le premier et le dernier rire - Duchamp sera tel Buster Keaton, un homme qui jamais ne sourit ni ne rit ! -, que Duchamp est devenu Marcel Duchamp alias R. Mutt, fabricant de sanitaire.

                    Plus de règle, plus de hiérarchie, à compter de ce refus, tout sera de l’Art - une roue, un porte-bouteille, un urinoir -, comprenez : plus rien ne le sera. Renonçant aux catégories de l'Art, au beau, au laid, à la notion même d’œuvre, dans un travail de sape sans précédent qui en annoncera bien d’autres encore (dans les années soixante dix, des artistes, pour ne pas être en reste, exposèrent leurs excréments dûment signés par leurs auteurs), comme autant de tentatives d’enfoncer le clou profond, bien profond… Duchamp décida alors que rien ne lui résisterait, ni matière ni aucun entendement.

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                                         Marcel Duchamp: Roue de bicyclette, ready made de 1913

     

                    C’est à ce moment-là que le Ready-made (1)verra le jour (dès 1913), aube et crépuscule tout à la fois. Désormais, le nom de Duchamp sera associé aux détournements d'objets tout faits, sans intérêt visuel de préférence, qu’il choisira pour leur neutralité esthétique : roue de bicyclette (1913), porte bouteilles (1914), fontaine (1917) ; il se contentera de les signer R. Mutt (2)...

    Le Ready-made… « Objet manufacturé promu à la dignité d'objet d'Art par le seul choix de l'artiste » (3) se verra doté d'un discours froid, indifférent à l'image de l'objet choisi, sans humour ni ironie, purement théorique, replié sur lui-même et fermé : pas de descriptions, pas d’explications ni d'intentions affichées, ni revendications ni dénonciation :  « Un ready made ne doit pas être regardé, on prend notion par les yeux qu'il existe, on ne le contemple pas. Le ready made ne peut exister seulement par la mémoire. »

    Anti-rétinien (Circulez y a rien à voir ! Y a qu’à se souvenir !), c'est sûr, de nombreuses carrières se sont alors bâties autour et sur le nom de Duchamp, à partir de l’interprétation de son "non-art" et le commentaire de son "absence d'oeuvre" ! Commentaires sur le "comment" et plus rarement sur le "pourquoi" (pourquoi a-t-il fait cette non-œuvre-là et pas une autre ?) ; car si Duchamp a révolutionné la conception de l’art -  là où il commence et là où il ne se termine pas ; ni fin ni commencement puisque tout est Art -, il s'est très certainement agi d'une révolution dans laquelle on ne reconnaîtra à l’être humain qu’un droit et qu'un devoir : celui de marcher sur les plates bandes et de pousser mémère dans les orties, couvrant de ridicule et de quolibets quiconque aurait dans l’idée de célébrer et de défendre par exemple : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus... au profit d’un Art de force, de témérité et de victoire qui s’appuie sur une ascèse indéfectible.

                     Si Duchamp a mené une réflexion sur la notion d’Art et sur l’esthétique, comme on l'a longtemps prétendu, et aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés… à moindre frais, d'une paresse et d'une complaisance inouïes, en suiveurs adeptes du "moindre" jusqu'au "moins que rien" dans un tout qui n'en serait pas davantage, sinon moins encore. Il est vrai que certains d'entre eux furent très vite trop heureux de servir une finalité à l’image du projet de société développé après la Seconde guerre mondiale - le tout marchant, le tout marchandise, jusqu'à l'humain plus récemment -, culminant dans les années 60 avec une société consommatrice de tout et d’un Pop-art - art opportuniste qui, tout comme la musique pop, trouve sa raison d’être produit et diffusé, dans le business que l’on peut y faire et seulement dans cette perspective ! -, dont les "critiques" n’ont jamais pu se départir  pour notre malheur à tous, puisque cet art-pop filiale de ce non-art qu'est l'art contemporain - abrégé AC comme art conceptuel pratiqué par des philosphes-artistes qui n'ont jamais étudié cette discipline qu'est la philosophie ; discipline qui demande, il est vrai, il faut le rappeler, près d'une bonne dizaine d'années d'études -, occupe aujourd’hui 80% de la couverture médiatique artistique.

    C'est sûr, le pop art doit tout à Duchamp, et les fortunes faites lui sont plus que redevables du fait que, par voie de conséquence, Duchamp triomphant, tous les jugements ne seront pas seulement suspendus mais tout simplement congédiés : tout le monde aura droit à sa minute non pas de silence mais de tintamarre de reconnaissance, de célébrité et de gloire ! Le mouvement fluxus ne sera pas en reste, sans proposition mais actif, bien décidé à perpétrer l’œuvre sans œuvre du Maître.  

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                                 La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le grand Verre) - 1915-1923 - 277,5 cm × 175,9 cm

         
                   Tour à tour cubiste, futuriste, dada, surréaliste, Art, anti-Art, an-art... faites votre choix !

                   Bénéficiant d’un désert artistique dans un pays neuf et sans art (art autre que premier ou primitif des autochtones amérindiens ; si tant est que cet art ait été valorisé à cette époque car on peut toujours après coup, adorer ceux que l'on a massacrés !), privés d’histoire de l’Art, seuls les Etats-Unis pouvaient très tôt, bien avant les années 20, fêter Duchamp.

    Mais alors, malgré les apparences aussi trompeuses qu’elles puissent être quand elles nous dissimulent l’essentiel d’une démarche à la racine de laquelle on trouvera très certainement un désabusement et une mélancolie chronique, qui nous parlera du spleen de Duchamp, de cette grande dépression de l'homme qui a refusé la consolation de l’Art ? Dépressif dans un monde pressenti déprimant avant l’heure, comment Duchamp a-t-il pu survivre à un tel refus - refus de l'Art, refus de l'oeuvre, refus des valeurs -, même ludique et distancié au possible ?

    Est-ce la célébrité qui a porté Duchamp, une reconnaissance mondiale qui lui a permis d’acheminer son existence, année après année… pour mieux survivre psychiquement (alors que d’autres sombreront très vite dans le non-être à coups d’overdoses) à un tel renoncement très tôt dans son existence - « Tout est art ! » Le renoncement de tous les renoncements pour un artiste : le non choix puisque tout se vaut ?

    Dépression, tristesse assumée comme un moindre mal… on le serait à moins, c’est sûr ! Aussi soyons compatissants... si l'Art est un mirage comme le pensait Duchamp, alors il doit très certainement s'agir d'un mirage dans un désert. Mais alors, que penser d’une société prête à accepter une telle proposition, une société disposée à se tirer une balle dans le pied (4), du gros calibre en l’occurrence, et dont la détonation n’a pas fini de se faire entendre, même si aujourd’hui, essoufflée, cette société a cessé semble-t-il d’en rire ou d’en ricaner préférant tenir des discours très sérieux et posés autour de cet Art qui, après réflexion, n’aurait jamais quitté Duchamp, qui ne s’en serait jamais absenté, même un instant,  jusqu’à le célébrer car, finalement, oeuvre il y a, et Art aussi, et pire ou mieux encore : Duchamp est bel et bien et à jamais, entré dans l'histoire de l'Art - d’autant plus qu’il n’est plus là pour s’élever contre toutes ces louanges et tous ces discours...

    Cette société-là est sans aucun doute sur une pente savonneuse…

     

                    Dada triste  - "Il n'y a pas de solution car il n'y a pas de problème" disait Duchamp - ce qui signifie aussi que tout fait problème -, surréaliste sans joie  (5), Jeanne Raynal (artiste américaine à ses heures) a dit de lui "qu'il s'est laissé mourir toute sa vie". Individualiste forcené sur le mode "Chacun pour soi comme dans un naufrage", Duchamp tirera sa révérence sans bruit à l’âge de 81 ans, jeune et beau. Mais alors, est-ce que le non-art conserve les non-artistes bien mieux que tous les autres qui revendiquent la poursuite d'une oeuvre ?

    A la décharge de Duchamp, on notera encore une fois l’absence de cynisme et la présence d’une remise en cause radicale proche d’un désespoir aussi profond qu’indéfinissable, sans doute insondable (6), désespoir que l’ART seul peut dépasser même dans la négation ; et c’est là le paradoxe et le questionnement qui naît de la confrontation avec la démarche de Duchamp : comment transcender le désespoir sans l'aide non seulement de Dieu mais de l'Art (autant dire.... une ambition et une tâche titanesques)  ? Lui, Duchamp, pour qui l’on devait tous faire le deuil de cet Art qui devait mourir parce que Marcel Duchamp en avait décidé ainsi à l’entrée de l’âge adulte qui n’est pourtant que l’enfance de l’Art pour tout artiste qui mettra toute une vie à en venir à bout… souvent en vain, loin de toute reconnaissance et sans postérité aussi.

                                             

    ***

              Marcel Duchamp nous a donné à comprendre que « Le ready made ne fait rien, il attend la mort, les questions d'art ne l'intéressent plus » Et aujourd’hui, qu’est-ce qui intéresse nos sociétés ? Quels projets ?

    Allons donc voir du côté de tous les renoncements dont elles sont capables, et ce au plus haut niveau de décision de toutes les décisions qui concernent ses millions de membres.

    Prophète malgré lui mais indifférent, n'en tirant aucune gloire, avec Duchamp, ce non-artiste nécessaire d’une non-œuvre riche en enseignements qui célèbre le non-art ou bien plutôt sa mort… toujours prochaine, c'est l'humain qui tire sa révérence et qui attend, lui aussi la fin - Oh non ! pas la fin du monde ! -, mais sa fin à lui, sans projet, à bout de force, résigné, tel un bouchon sur l’eau, sans plus de volonté ; sa petite fin à la fois unique et commune à tous, la mort, sa mort... immense car il n'en aura pas d'autre.

                   Duchamp a allumé la mèche en 1913, depuis, l’étincelle continue son petit bonhomme de chemin… elle se rapproche du baril  ; certains pensent qu’il est vide, d’autres plein d’une substance inoffensive même sous le feu et sa chaleur ; d’autres encore redoutent le pire…

    Pschitt ou boum ? Pile ou face ?

              Et même si un coup de dés jamais n'abolira le hasard, en attendant, qu’est-ce que l’homme est joueur quand même !

     

     

    1 - Déjà Jules Lévy assisté d'Alphonse Allais dans les années 1880 savait sans vergogne moquer l'Art qui s'écrit avec une majuscule ; le mouvement qu'il a fondé "Les arts incohérents" affichait un anti-Art sans retenue ; même Dada ne fera pas pire ( ou mieux, c'est selon).

     

    2 - Alias inspiré par les comic strips - sorte de bande dessinée humoristique bon marché vendue  alors à des millions d’exemplaires aux USA… ce qui tombe plutôt à pic puisque l'urinoir (entre autres objets) est bien à l'Art ce que le comic-strip est à la littérature mondiale. Quitte à choisir, on se permettra toutefois de préférer Kafka.

    3 -  Tout en oubliant d'ajouter... de l'artiste et celui des collectionneurs-investisseurs, spéculateurs, critiques d'art, commissaires et autres agents de la scène artistique.

    4- Ou qu'un Duchamp lui pisse dessus avec cette fontaine urinoir.

    5- Faut dire qu'à la longue, ça doit bien user son homme ! Même s'il faut bien que jeunesse se passe ; et à ce sujet, on pourra aussi s'interroger sur le fait que celle de Duchamp n'est jamais passée ; Picabia, un temps Dada, après avoir fait l'idiot, a repris ses pinceaux et la peinture ; on épargnera à Duchamp l'exemple de Dali.

    6- Sûrement, il doit bien en être question... ce n'est pas possible autrement... une telle constance, une telle obstination, un tel acharnement dans le renoncement.

     

     

                        "Beyond Repetition: Marcel Duchamp's Readymades" – conférence de David Joselit qui s’attachera au « comment » à défaut du « pourquoi ».

     

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    En septembre 2014, le Centre Pompidou a consacré une exposition à la peinture de Duchamp : « Duchamp, la peinture même ».

    A propos de l'exposition Beaubourg : une critique ICI

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  • Portraits de femmes avec William Shakespeare

     Célébration

                    

                         A l'occasion du 400è anniversaire de la mort de William Shakespeare

     

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                     Après Goneril et Regan (deux des trois filles du Roi Lear), lady Macbeth, et Gertrude reine du Danemark et mère de Hamlet... portraits de femmes tantôt cruelles, vénales et a-morales, tantôt inconstantes ou bien encore, crédules par vanité...

    Après Catherine dans "La mégère apprivoisée" et son monologue final, sans ambiguïtés quant à ce qui pouvait être attendu d'une épouse sous l'ère élisabéthaine  - monologue aujourd'hui inaudible tellement il consacre la soumission totale de la femme dans le mariage -, c'est sur lady Anne, (future épouse du meurtrier de son mari et de son père) que se porte toute l'attention de Shakespeare dans une scène fameuse de Richard III (Acte I - scène II), ici restituée en partie - la scène a été largement amputée par le réalisateur Richard Loncraine comme c'est l'usage dans les "adaptations" des pièces de Shakespeare ; du moins... quand il ne s'agit pas simplement de théâtre filmé mais bien de cinéma.

                                                              

    Acte I - scène II - tour de force : théâtre et écriture - vidéo à partir de... 5.26

     

                Lady Anne est penchée sur le corps de son mari assassiné. Son assassin Gloucester, futur Richard III, est, contre toute attente, présent ; il est venu gagner le coeur d'une veuve qui sera sa prochaine épouse et victime. 

                                                                                                                     

    Suite - Vidéo jusqu'à... 2.06

     

    ***

     

    - Did you not kill my husband ?

    - I grant you yes.

    (...)

    - Be damned for that wicked deed ! O, he was so gentle...

    - Fitter for the King of heaven who has him.

    - And you unfit for any place but hell !

    - Yes, one place else, if you will hear me name it : your bed-chamber (...) Your beauty which did haunt me in my sleep could make me undertake the death of all the world, so I might live one hour in your sweet bosom (...) He who bereft you lady of your husband, did it to help you to a better husband.

    (...)

    Lady Anne crache au visage de Gloucester...

     

    - Teach not your lips such scorn for they were made for kissing lady, not for such contempt (...) I humbly beg for death upon my knee. Do not pause !(...) It was I who killed your husband but it is your heavenly face which set me on.

    (...)

    - I would I knew your heart. I fear it's false.

    - Then never man was true.

    (...)

    - Put down the blade.

    (...)

    - Shall I live in hope ?

    - All men, I hope, live so.

    (...)

    - I will with all expedient duty see you

    - With all my heart...

    ______________________

               

    Was ever a woman in this humour won ?

    .

    A-t-on jamais fait de cette manière la conquête d’une femme ? 

    (une femme qui, voilà une minute encore, crachait au visage de l'assassin de son mari et de son père et qui jurait de les venger)

    Ah ! L'inconstance des femmes !

     .

    ***

    .

                   Sade n'a-t-il pas dit : "Les femmes jouissent d'abord par l'oreille" ? Et Gloucester, pour leur malheur à toutes, savait parler aux femmes.

                   Sade avait lu aussi Shakespeare, sans aucun doute.

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  • La fuite vers Macron...

     

                  ... ou quand, une fois l’âge et l’expérience définitivement discrédités, les pères sexagénères capitulent devant les fils… un en particulier, fils prodigue revenu de nulle part pour n’y être jamais allé.

    Notez au passage que ce fils-là n'a pas eu besoin de tuer aucun de ces pères puisque ce sont ces derniers qui ont délibérément choisi de se saborder.

     

    ***

     

                    Qu'à cela ne tienne !

                    Si on oublie un moment les fuites de gaz et les fuites judiciaires... côté fuites d'ordre politique, s'il y a eu Varennes, puis Baden-Baden, aujourd'hui, après Robert Hue, ancien secrétaire général du Parti communiste et Patrick Braouezec, baron de la Seine-Saint-Denis, ancien cadre du PCF, c’est au tour de Bertrand Delanoë de fuir et de rejoindre l’arche de Macron ; inutile de préciser : Louis XVI et de Gaulle... ç'avait une tout autre allure !

    Un Delanoë ancien maire PS de Paris, pour ceux qui s’en souviennent encore, qui a donc choisi d’apporter son soutien à un candidat libéral-libertaire qui n’a qu’une seule utilité : gérer les risques d'un second tour dont MLP aurait pu sortir vainqueur face à un Valls (prévenir l'effet Trump) tout en vengeant François Hollande humilié par ce même Valls et la gauche du PS ; Macron a pour mission de tuer ce parti et "les affaires" de mettre hors-jeu le candidat Fillon et son parti LR.

     

                   Si l’habit fait le moine, le physique éclaire aussi car il annonce tous les présages, mauvais le plus souvent ; les traits du visage en particulier ; Or, Delanoë a bel et bien la tête de l’emploi : de celui qui trahit toujours !

    Delanoë-Macron : qui cela peut bien surprendre ? Ces gens-là ne portent-ils pas les mêmes chemises, les mêmes cravates, les mêmes costumes, les mêmes chaussures à 3000 euros ? Ces gens-là n'habitent-ils pas les mêmes quartiers, les mêmes appartements ? Ne parlent-ils pas  la même langue ? A table, leurs conversations ne portent-elles pas sur les mêmes sujets ?

    Et puis enfin, pourquoi tous s’embarrasseraient-ils d’un électorat de misère, électorat d'une classe composée de smicards, d'ouvriers, d'employés et de chômeurs ? Un électorat virtuel ; électorat abstentionniste ; un électorat bien incapable d’assurer un avenir politique et la promesse d’une carrière confortable à qui que ce soit ; ou bien, quand il se décide à voter, un électorat pour lequel toute élection n'est qu'un triste défouloir, amertume et vengeance, ainsi qu'une occasion de plus d’afficher un mépris et un dégoût sans limite pour une classe politique à la fois hors du monde et dans le monde jusqu’au coup, trempée des pieds à la tête !

     

                  Robert Hue, Braouezec (bientôt Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense) Delanoë rejoignant Macron, après tant d’autres… comment s’en étonner ?

    Car enfin, qui penserait à accompagner jusqu’à son échec final "Benoît Hamon le looser" ? Qui ira jusqu'au sacrifice ? Les Delanoë de la politique ? La mauvaise blague ! Si tous ont fait carrière n'est-ce pas parce qu'ils ont toujours su rejoindre les rangs des « winners » ? Or, Hamon respire, transpire la défaite à vue d’œil et à plein nez ! Aucun doute à son sujet.

     

    ***

     

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                    Rappelons au passage que Delanoë est aussi le mentor de l’actuelle maire de Paris… alors bien sûr, Anne Hidalgo crève d’envie de rejoindre Macron, elle aussi, car il n’y a pas simplement les hommes d’exception qui voient loin ; les opportunistes, arrivistes ambitieux aussi falots soient-ils, savent quitter un navire pour un autre ; et plus encore, quand la nouvelle frégate semble promettre une croisière de rêve : tour du monde tous frais payés. Et quand vous en revenez, c’est toujours beaucoup plus riche que le jour de l’embarquement.

    Oui ! Anne Hidalgo en rêve de cette fuite vers Macron ; elle ne le cachera jamais assez jusqu’à désapprouver mezza voce le ralliement de celui qui a fait d’elle contre toute attente, son successeur. Seulement voilà : contrairement à Delanoë qui n’occupe plus de fonction politique, le mandat et les conditions de son élection à la mairie de Paris interdisent pour l’heure à Anne Hidalgo tout mouvement brusque ; contrairement à tant d’autres, Madame le maire de Paris ne peut donc pas courir vers Macron et se rallier d’un coup d’un seul à son panache très relatif au demeurant – on en a connu de plus flamboyants ; mais elle y viendra, elle trahira… soyez en sûrs ! Elle trahira à petit feu - un peu comme dans un meurtre quand on ne veut pas finir en prison pour… meurtre justement ! C’est alors que l’on opte pour une trahison graduée ; jour après jour, mois après mois, on tue un petit peu, à petit feu, on trahit à petite dose. D’ailleurs, n’a-t-elle pas déjà trahi ? Dans la Capitale, ceux qui vivaient très bien sous Chirac n’ont-ils pas vécu tout aussi bien sous Delanoë - sinon mieux ; et ceux qui vivaient mal tout autant ? Et aujourd’hui encore avec Anne Hidalgo, personnalité sans aspérité, sans relief, lisse, qui affiche un sourire sans équivoque, sans ambivalence, droit et enjoué, le sourire de celle qui jamais ne prend, jamais n’arrache, et auquelle on donne bien volontiers et sans compter, exauçant ses vœux avant même qu’elle ne vous demande quoi que ce soit, tellement le soupçon d’ingratitude à l’endroit du donneur peut être écarté sans risque, comme à coup sûr.

    anne hidalgo, emmanuel macron, la fuite des élus ps vers macron,delanoë rejoint macron

    N’ayons aucun doute : ce sourire-là, c’est le sourire de l’élue qui n’en revient pas, qui n’en est jamais revenue, et qui connaît sa chance ; un sourire qui affiche et laisse espérer une gratitude sans bornes pour un système électoral qui privilégie depuis près de 20 ans, des individus gestionnaires de commandes, des chargés de clientèles électorales et d’affaires, selon le principe qui veut que ce soit celui qui paie et qui distribue les récompenses qui décide.

     

                  Soyons fair-play néanmoins ; n’accablons pas trop Delanoë ni Hidalgo ! Ils ne sont pas seuls car tous n’aspirent qu’à ça : rejoindre Macron, en marche et à marche forcée car tous pensent qu'il y a urgence à quitter le navire PS qui ne sera bientôt plus qu'une épave à la dérive ; car Macron, cette nouvelle figure en carton-pâte qui fait tourner nombre de têtes, c’est l’avenir… l’avenir de tous ceux qui ne veulent rien lâcher : faut dire que l'on vit tellement bien et mieux sur le dos de tous les autres, tous arrimés et condamnés qu'ils sont à un salariat au salaire obscène d’une précarité haïssable !

                 La fuite vers Macron ! C’est l’expression d’un désir ; ce désir chevillé au corps qui veut ne jamais quitter le navire de la politique : députés, sénateurs, ministres, conseillers : "Encore, encore un peu ! De grâce ! Encore !"

                  Car cela ne doit jamais finir ; et cela n’en finira pas.

     

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  • Quelque chose de perdu... pour demain

     

     

     

                     "Assumer l'ultime confirmation de l'hégémonie de la métaphysique sous la forme de la déréliction ontologique de l'étant" (Heidegger)

    _______________________

     

    "Mais bien sûr ! Je vous remets maintenant ! Vous êtes celui qui voulait mourir.

    - En effet.

    - Mais alors, vous avez survécu ? Vous n’avez pas su... ou bien, vous n’avez pas voulu mourir ?

    - Non, c’est pas ça. La vérité, c’est qu’on survit à tout parce qu’on se console de tout. Mais... moi, à cette époque, je ne le savais pas.

    - Oui. On survit à tout. C’est la raison pour laquelle tout peut arriver. Et c‘est aussi la raison qui fait que finalement... tout arrive. N’est-ce pas ? Et pourtant, rien ne sert de souffrir car il vaut mieux mourir à temps. Cette volonté de vivre est devenue une habitude que les générations se transmettent ; et dans ce domaine, on peut dire que la transmission a bien eu lieu. Y'a pas de doute ! Elle n'a pas été interrompue car, il ne s’agit pas d’un instinct qui vous échappe et qui s’impose à vous et ce, malgré vous ; non ! Il s’agit bien d’un choix conscient : on décide de survivre à l’horreur et à la douleur.

    - C’est vrai ! On a la lâcheté ou la faiblesse de survivre à toute cette horreur.

    - C’est votre capacité d’endurance qui rend possible toutes les horreurs. Votre obstination à vouloir survivre coûte que coûte, votre résistance font que l’horreur sera toujours sûre. Alors... aussi longtemps que vous survivrez à cette horreur, nous n’y mettrons jamais fin. Cet instinct pervers de conservation fait que l’horreur se reproduit sans fin. Si seulement vous étiez tous... incapables de survivre à cette horreur ! Si seulement vous n'aviez pas la folie de lui résister, je suis sûr que votre espèce, pour ne pas disparaître, ferait tout pour l’éviter, car la prochaine horreur signerait la fin de l'espèce humaine dans sa totalité.

    - Cachez toutes ces horreurs que je ne saurais voir ! Nous sommes donc tous des tartuffes de l'horreur ? C'est ça ?

    - Oui ! Bien sûr ! Car, à trop voir, on finit par s’éblouir soi-même. Alors, ne cherchez plus ! Je vous le dis : vous ne vous débarrasserez pas de cette horreur aussi longtemps qu’un seul d’entre vous sera disposé à lui tenir tête. Dites-vous bien que dans l’état actuel des choses, l’aventure humaine ne vaut plus la peine d’être poursuivie. Il faut tout arrêter. On reprendra le cours de cette aventure une fois que l’homme aura cessé de survivre à toute cette horreur. Un cauchemar récurrent, cette horreur ! Fermer les yeux sur toutes ces horreurs, c’est inviter l'horreur à votre table et dans votre lit. Survivre à cette horreur, c’est accepter qu’elle vous frappe à nouveau, sans discernement comme un aveugle frappe le sol avec sa canne télescopique pour ne pas trébucher sur un obstacle ; obstacle qui lui serait fatal. Pour un peu, et à son sujet, on en viendrait à penser qu'il cherche à retrouver quelque chose qu'il aurait perdu. Quel boucan, cette canne qui frappe le bitume ! Un vrai boucan d’enfer, cette canne qui cherche à retrouver quelque chose qu'elle a perdu mais... devant elle ! Vous remarquerez ! Oui ! Toujours ! Devant elle et comme… perdu pour demain."

     

    Copyright Serge ULESKI. Tous droits réservés - texte et illustration sonore.

     

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    Extrait du titre "Confessions d'un ventriloque"

    A propos de l'ouvrage... cliquez Confessions

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