Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

Serge ULESKI - art, essais, écriture et littérature - Page 5

  • A soumise, soumis et demi : Pujadas remercié, Anne-Sophie Lapix de Publicis récompensée

    pujadas ombre de l'information, journaux de 20h ombre de l'information

                                          Pujadas : une ombre dans le monde de l'information

     

                    Après 15 ans de bons et loyaux services chez France 2, 15 années à la tête d'un JT de 20H qui ne fit jamais aucune vague, un JT d'une tenue impeccable, David Pujadas, 52 ans, a donc été remercié  par Delphine Ernotte et Michel Field :"Cette décision n'est pas la mienne. Elle ne m'a pas été expliquée", a-t-il confié.

    Notons que cette éviction intervient alors qu'Emmanuel Macron vient d'être élu et que l'État est en effet l'actionnaire de France Télévisions.

    D'aucuns, ironiques et taquins, feignent de s'interroger : Pujadas était-il trop indépendant ? Trop à gauche Pujadas ? Courageux et téméraire, le 20H de Pujadas avait-il la réputation à la longue fâcheuse car dommageable, de servir la vérité, rien que la vérité, toute la vérité des faits ?
     
    Allons bon !
     

    lapix journal de 20h, jt de 20h france 2 lapix

     
                    A soumise, soumis et demi... Pujadas remercié, c'est Anne-Sophie Lapix, épouse du patron de Publicis*Arthur Sadoun, qui le remplace, un temps animatrice-hôtesse de  "C à vous" sur la 5, un talk-show flagorneur comme jamais à l'endroit de tous les participants (seul Nagui sur France Inter, la radio du ricanement perpétuel, peut rivaliser).
     
                  Après le steward de l'information qu'était Pujadas, voici une hôtesse d'accueil à la tête du JT de 20H car... quitte à être soumis, Pujadas aurait dû savoir que l'on trouve toujours plus soumis que soi et à des prix sans aucun doute bien inférieurs ; c'est autant d'économies réalisées. D'une pierre deux coups, avec cette nomination, France Télévisions fait une économie que l'on peut évaluer entre 20 et 30% si l'on en croit les disparités salariales entre les hommes et les femmes tout en nommant une Anne-Sophie Lapix qui, éternellement reconnaissante, saura, rendre la pareille en acquittant sa dette.
     
    Cela nous promet une belle descente aux enfers d'une information digne de ce nom : l'enfer, entre autres, du mensonge par omission et du mensonge tout court.
     
     
     
    * L'un des trois principaux groupes de communication au monde par le chiffre d'affaires, présent dans une centaine de pays sur les cinq continents et compte environ 60 000 collaborateurs.

     

     
    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Twin Peaks, Carnivàle, Lost… Pacôme Thiellement à propos des séries TV



     

     

               Twin Peaks, Carnivàle, Lost… un entretien avec Pacôme Thiellement à propos des séries TV (américaines), relevant du fantastique ou de la science fiction en particulier (1).

     

                                                                                     ***

     

                   Pop-culture, Culture-pop et Gnose, la série TV serait au cinéma ce que Warhol est à l’art pictural ?

    Décryptage, mysticisme, hermétisme, Pacôme Thiellement qui semble avoir placé la série TV au centre de son existence… en fait l'exégèse, très impliqué, très inspiré : parfois trop ? 

                       Appropriation, intégration, intériorisation, kidnapping de l’œuvre par le téléspectateur… avec la série TV l'homme démuni reprend illusoirement le contrôle car, arrive un jour où la production - forces financières et économiques sans état d'âme ni vergogne -, décide de mettre un point final à la série sans se soucier de l’avis de ceux qui l’ont fait vivre, à savoir : les téléspectateurs qui l’ont rentabilisée ; arrêt vécu par le téléspectateur-fan sur-investi, sur-impliqué (parallèle avec le football et les supporters des Clubs peut-il être fait ?) comme une dépossession - perte de l’objet de son désir (les personnages de la série, leur devenir)  ; après l’engouement et  l’addiction arrivent alors  la déception, la frustration, le manque, la colère et le deuil.

    Mais alors, comment tous ces fans  vivent-ils ce deuil qui leur est imposé ? En passant à une autre série ? Sur le mode : une série de perdue, dix de retrouvées ?

     


     

                 Si la série, c'est le cinéma de l'homme seul devant son écran d'ordinateur ou télévisuel, cinéma de l'homme dans une société défaite, une société en rupture de lien -  un cinéma sur la durée aussi, longue, très longue durée (parfois sur deux décennies), pour cette raison force est de constater que la série favorise un investissement émotionnel à haut risque ; Pacôme Thiellement nous le rappelle salutairement.

     

                Mais alors, qui fera l’exégèse des inconditionnels des séries-télé principalement américaines (au contenu parfois anti-américain ou anti-occidental soit dit en passant ) et de leur exégètes ?

     

     

    1 - Notez que l'auteur (votre serviteur) n'a visualisé en entier et n'a apprécié que deux séries : Le prisonnier et Breaking bad ; 20 minutes consacrés à un épisode de X-Files et deux épisodes des Soprano.

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Proust ou la négation de la modernité

     

                 Chez un auteur, le style, c’est un point de vue, un regard sur le monde qui lui est propre ; c’est un angle de vue particulier sur les choses, les êtres, la réalité ; un angle d’attaque aussi, pour peu qu'il soit guerrier. Le style, c'est aussi la culture de l'auteur. En littérature, il y a « style » à chaque fois qu’il nous est donné à lire une langue re-construite, une langue recomposée et ré-assemblée. 

    Prenons Proust et sa tentative de réconciliation des humanités avec les sciences sociales (démarche très certainement inconsciente) - la littérature avec la sociologie...

    Proust donc ! Et à son sujet… tout ce qu'il n'a pas écrit et tout ce qu’il ignorait de et sur lui-même, ainsi que la question : pourquoi a-t-il fait cette œuvre-là et pas une autre ?

    Proust et la fulgurance du passé ; fulgurance du souvenir - celui de l’enfance, de l’adolescence et des premières années de l’âge adulte -, qui vient comme un boomerang terrasser Proust, et le cloue au lit.

     

    Même si l'on ne chasse pas le passé comme on chasse une mouche d'un revers de la main, chez Proust, tout appartient au passé dont le moindre rappel lui fait l'effet d'un événement capital, d'une importance démesurée : une importance extra-ordinaire. Indissociable de sa personne, ce passé commence dès son plus jeune âge : à 20 ans, il est déjà dans le passé de ses 10 ans ; à 30, dans celui de ses 20 ans. Passé dont les souvenirs n'en finissent pas d'envahir sa conscience d'être au présent.

    Proust ne disait-il pas : " Un livre est un cimetière" ?

     

    ***

     

    Moins on a d'avenir, plus on a besoin du passé (1).

     

                  En tant qu’être humain - être humain au sens moderne du terme : s’entreprendre et advenir -, Proust a cessé d’avoir un avenir, très tôt. Pour cette raison, Proust ne peut que se retourner sur lui-même. Et plus il se retourne, plus ses souvenirs le terrassent d’émotion.

    Proust est né très vieux dans un monde très jeune. C’est le paradoxe. N’oublions pas que Proust a 29 ans en 1900 ; et ce siècle qui arrive est le siècle d’avenir par excellence, quand on sait ce qu’il adviendra. A l’entrée de ce nouveau siècle qui grandira très très vite, Proust est déjà un homme du passé dans la conduite de sa vie, en ne lui donnant, justement, à cette vie, aucune direction, sinon une seule : le passé, et alors que l'avenir est la seule direction envisageable pour un individu de son âge. De là à penser que Proust (rentier-boursicoteur) serait la négation même de la modernité - s’entreprendre, advenir, mettre en échec tous les déterminismes...

    D'autre part, on ne manquera pas de noter que l'oeuvre de Proust est le plus souvent une oeuvre-refuge pour ses admirateurs inconditionnels ; un rempart, l'oeuvre de Proust, contre ce monde moderne dont la nécessité historique leur échappe : tout ce qui nous y a conduit et continuera de nous y conduire ; même si l’on se gardera bien de leur demander d’y adhérer. En effet, comment pourraient-ils, comment pourrait-on, nous tous ?

    Proust serait-il alors un auteur vers lequel on se tourne une fois que l’on a baissé les bras et que l’on s’est juré de ne plus porter aucun livre – à bout de bras, justement ! –, en y cherchant dans la lecture de son oeuvre, sa propre terminaison, prisonnier d’une chambre tombeau ; dernière sépulture de vie pour les convalescents et les agonisants de l’existence ?

    C'est à voir.

     

    ***

     

                  Certes, vivre, c'est accumuler du passé. Etre capable, à tout moment, de convoquer ce passé, c'est prétendre à l'immortalité : adoration perpétuelle de soi jusqu'à l'extase ; grandissement épique de sa propre histoire familiale et sociale avec l'éternité pour leurre et le mensonge comme clé de voûte car, le plus souvent, se souvenir, n'est-ce pas se mentir ?

    Aussi, chez Proust, chaque souvenir est un traumatisme en puissance car le présent, qui fait l'objet d'aucun investissement de sa part, faute d'en reconnaître la nécessité, et à propos duquel il est décidément plus difficile de se mentir, ne sera jamais à la hauteur de son passé... passé mythifié à loisir ( jusqu'à la mystification ?).

    Et si, ce qui nous attire, nous séduit, nous émeut dans tout ce qui touche de près et de loin à hier, était le fait que ce morceau de vie qu'est le passé, est derrière nous ? Et on ajoutera, soulagés : "Ouf ! Plus de peur que de mal !" Car... qui nous rappellera que vivre demeure une expérience que l'on préféra toujours avoir derrière soi et non... devant ?

     

     

                 L’expérience existentielle de Proust - expérience initiatique -, c’est une vérité sur lui-même, et cette vérité le désarçonne, lui fait perdre tous ses moyens et le condamne très tôt, à son insu et tous ses personnages avec lui, à l'immobilisme, l'oisiveté et la mort - et pas seulement à cause d’une santé fragile -, avec pour seul secours : l’écriture ; et seul recours : le souvenir et l’émotion suscitée par cet exercice épuisant de remémoration qui a tous les accents d’une... auto-commémoration.

     

    Tel est son style.

     

                          Aussi,  reconnaissons en toute bonne foi que “La nausée” de Sartre, à côté de cette expérience fulgurante qui frappe Proust de plein fouet et au plus profond, c’est trois fois rien : juste une petite déprime.

     

     

    Raoul Ruiz : "Le temps retrouvé" - chef d'oeuvre cinématographique absolu.

     

     

    Lien permanent Catégories : Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
  • Solaris ou la célébration de la vocation de l’être humain à la conscience et à l’amour

    solaris 1972, tarkovski, stanislas lem,

     

     

                  Ecrit en 1961 par l'auteur polonais Stanislas Lem, avec Solaris, présenté à tort comme un roman de science-fiction (d'autant moins oeuvre de science-fiction que dans Solaris, la science est en situation d'échec - 1) car dans ce roman il y a surtout un imaginaire de prodige qui ne cesse d’interroger l’homme sans la science, l’homme d’avant la science et une idéologie positiviste et technicisme qui a tout emporté… nouvelle foi, nouvelle loi, nouvelle religion, nouveau crédo de ces deux derniers siècles : « Dans notre situation, médiocrité et génie, c’est du pareil au même ! Conquérir l’espace ? Nous cherchons un miroir. On s’épuisera à trouver un contact qui ne sera jamais établi. C’est de l’homme dont l’homme a besoin ! »...

    Dans et avec Solaris donc, s’il est question de soleil puisque Solaris signifie « ensoleillé » -, il sera surtout question d’un océan et d’une station orbitale en désordre, occupée par des chercheurs maintenant épuisés, venus pourtant étudier cet océan dit « protoplasmique » ; sorte de gigantesque cerveau liquide capable de dérouter les esprits les plus « rationnels » : et c’est là que réside le champ de forces de Solaris.  

     

     ***

     

                  Contacts d’ordre affectif pour les uns, contacts d’un tout autre ordre pour les autres, lui se souvient de tout ; elle de rien ; lorsqu’elle ferme les yeux, elle oublie son propre visage ; lui, Kris, psychologue de renom qui vient de rejoindre l’équipe de chercheurs de la station, la reconnaît : elle est son épouse défunte, Harey :

    « Comment as-tu vécu tout ce temps ? En as-tu aimé une autre ?

    - Je pensais à toi. Surtout quand ça allait mal.

    - Comment ça s’est fini avec l’autre ?

    - Tu veux dire avec toi ?

    - L’autre...

    - On se disputait. Ce n’était plus vivable. Alors, je suis parti. Trois jours plus tard, je suis revenu : je l’ai trouvée sans vie. Mais… tu ne te souviens donc de rien ?

    - Pourquoi ai-je fait… pourquoi a-t-elle fait ça ?

    - Elle avait sans doute senti que je ne l’aimais plus. Mais à présent, je l’aime, là, maintenant, je l’aime comme jamais ! »

     

     

                 Ces visiteurs qui ne savent pas qui ils sont ni d’où ils viennent, c’est à leurs hôtes de le leur expliquer pour peu qu’ils aient le courage de les accueillir et de les accepter car ces visiteurs dérangent, irritent, indisposent au plus haut point, jusqu’au traumatisme, la folie et le suicide. Et bien heureux celui qui aura ce courage-là !

    Dans le cas contraire, que faire ? Annihiler tous ces visiteurs venus réveiller, entre deux songes, le souvenir d’une mauvaise conscience ? Les détruire eux et Solaris qui semble être le lieu d'accueil et d'hébergement de cette conscience, n'est-ce pas détruire une conscience, bonne ou mauvaise, qui fait de nous pour quelque temps encore, des êtres humains ?

    Reste alors la honte, le seul salut à notre portée ; cette honte à la fois poison et antidote que ces visiteurs ont apportée avec eux ; visiteurs qui ne dorment pas ; le plus souvent, ils ne peuvent compter que sur une torpeur enveloppante alors que leurs hôtes dorment d’un sommeil propice à tous les excès… excès d’ordre onirique.

                 Qui sont ces visiteurs alors ? Une reproduction mécanique d’êtres humains qui ne sont plus de ce monde ? De quel monde ? De la terre ? De Solaris ? Pour tenter de trouver des réponses, doit-on renouer avec une cosmogonie oubliée, aujourd’hui impénétrable ? Une cosmogonie antérieure à un questionnement scientifique qui, en ouvrant en grand notre compréhension rationnelle du monde, en a verrouillé toute autre possibilité ?

     

    solaris-1972-featured-1400x590.jpg

                   Résurrection après résurrection, déjà morts, tous ces revenants n’en finissent pourtant pas de « mourir » puis de revenir à la « vie » entre deux convulsions et autres spasmes, à chacun de leurs retours ou bien plutôt : à chacune de leurs réapparitions ; et alors que personne ne semble à même de les sauver d'une errance qui ne connaît aucun repos, c’est Harey, fière mais désespérée, une Harey déterminée qui luttera jusqu’au bout, jusqu’à l’épuisement pour tenter d'obtenir la pleine reconnaissance de son « humanité solaristique » ; et Kris d’y croire avec elle, épris d'une compassion irrésistible, face à l'hostilité de ses compagnons d'infortune dans le contexte d'une station orbitale maintenant tout à fait délabrée au sein d'un environnement chaotique, jusqu’à ce que cette "Harey" devienne alors plus vraie à ses yeux, plus chère encore que toutes les vérités scientifiques de l’univers :

    « Dis-moi : je lui ressemble beaucoup ?

    - Comment ça ? Mais tu es Harey, tu es ma femme ! Tu es elle ! C’est toi. A présent, c’est toi la vraie Harey. Je ne retournerai pas sur terre. Je ne te quitterai plus. »

     

                   Promesse vaine car on ne vit pas avec les morts. Et puis, confronté à la souffrance, en cédant à la compassion, ne court-on pas le risque de se vider de sa propre substance ?

     

     

                      Qu'à cela ne tienne ! Il faut renoncer et rentrer, maintenant serein, la conscience apaisée, semble-t-il ; du moins, on peut être tenté de le croire car il est des voyages dont on ne rentre jamais vraiment ; et plus rien ne sera comme avant car c'est un long voyage jusqu'à Solaris, et plus long encore d'en revenir, trop long et profond, trop profond à côtoyer les tumultes d'un océan insondable et indéchiffrable : existence à jamais irrésolue, comme en suspens ; futur plus qu'incertain car privé de toute dimension spirituelle. Certes, le retour peut offrir le confort et l’assurance d’un lieu familier, que l’on croit retrouver... mais ne sait-on pas que l’on ne pourra plus l'habiter ?

    A notre insu, Solaris a sans doute déjà intégré, absorbé cette nouvelle donnée.

     

    ***

     

                    Avec Solaris, Stanilas Lem nous apporte là une vision poétique et sensuelle d'un romantisme foudroyant aussi rare que précieuse de ce que pourrait bien signifier la recherche d'une intelligence au-delà de notre système solaire ; il donne un sens et une destination à cette recherche qui nous ramènera très vraisemblablement, et inévitablement, à nous-mêmes, telle un miroir.

    Tarkovski, le cinéaste russe, dans son adaptation du roman en 1972, a partagé un rêve d’amour fou sur écran géant car, avec Solaris, Stanislas Lem a aussi rêvé l’immortalité (2) ; non pas la sienne d’immortalité, mais celle des êtres aimés qui n’auraient jamais dû nous quitter, que nous n’aurions jamais dû quitter, que l’on ne devrait jamais perdre et alors que l’on ne peut pas s’y résoudre. D’ailleurs, à ce sujet, peut-on dire finalement que l’on n’aime que ce que l’on peut perdre et que l’on perdra tôt ou tard fatalement car si la vie est une fatalité pour tous ceux qui naissent, la mort n’est jamais en reste : mort des sentiments, mort de la conscience, elle sait se tailler la meilleure part : celle de la lionne rugissante.

     

     

    1 - En cela, le roman et son adaptation cinématographique se situent à l'opposé de l'ouvrage de 2001 A Space Odyssey écrit en 1968 par Arthur C. Clarke, adapté au cinéma par Stanley Kubrick en 1969 - financé en partie par la NASA. Expérience émotionnelle, et dans une certaine mesure aussi, expérience spirituelle d'un côté ; expérience esthétique et métaphysique inédite de l'autre.

    2 - Proust et l'éternité dans le souvenir de ce qui a été et demeure présent à chaque instant sur simple convocation et appel ; remembrance intime qui perpétue le passé et le fait entrer dans le présent tout en portant en lui une promesse d'avenir car cette convocation peut être renouvelée sans restriction, à l'infini.

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Musique nouvelle pour guitare classique : Serge ULESKI compositeur

                    
     
                       

    Tempi insaisissables, rubato irreprésentable, écrite sur et avec l’instrument, bien que structurée, cette pièce d’une durée de 45 minutes, s’est développée dans un esprit d’improvisation ; une improvisation maintes fois re-visitée sur une période de trois ans.

    Oeuvre "en suspens" puisqu’il n’existe aucune raison structurelle pour qu’elle s’arrête, à propos de la forme, on dira que sa construction musicale repose sur ce qu'on pourrait appeler "l'effet écho" : plus la musique s...e déploie plus elle semble se référer à celle qui l'a précédée.

    Cette pièce est « pensée » d’un seul tenant, ici et maintenant ; erratique, instable, voire imprévisible (vers quoi, vers où la musique s'oriente-t-elle ?), ce n’est pas simplement l’émotion que cette musique va chercher mais la beauté ; c’est-à-dire, le meilleur son au bon endroit et au bon moment.

    "Pour la guitare" est dédiée à la mémoire de Oliver Hunt, compositeur anglais (pour la guitare principalement) et enseignant très inspiré de cet instrument.

     
    Déposée à la SACEM, protégée par le droit d'auteur (work under copyright law) - la partition de cette pièce est disponible chez Serge-ULESKI-éditions,  Amazon-distributeur, à l'adresse suivante : https://www.amazon.fr/Pour-guitare-Ho...
     
    _______________
     
     
                  Tempi ungraspable, rubato unrepresentable, this 45 minutes long piece  written "with and on" the instrument must be performed as if one is improvising for that this piece written during a period of over three years has developped in such a way ; that is the reason why the music, as it unfold, seems constantly to refer to what has already been heard.
     
    If the interpretation must favour an unpredictable and unstable rendering, this very temperamental piece  is not only looking for emotion but also for beauty - that is : the right sound at the right place at the right moment -, bearing in mind that the instrument is meant to sound like an orchestra whenever the writing offers this opportunity.
     
    Sections numbered from 1 to 8 are not to be assimilated to «movements » as in a sonata ; therefore, one must not pause for 45 minutes, the duration (acknowledging exceptional for the guitar), of the work.
     
                 "For the guitar - hommage" is dedicated to the memory of Oliver Hunt, english composer for the guitar (mainly) and a very inspired teacher of that instrument.
     
     
                      A proper score under copyright law is available on demand here : https://www.amazon.fr/Pour-guitare-Ho...
     
     
    Serge ULESKI – Août 2017
    Lien permanent Catégories : A découvrir : Serge ULESKI, ouvrages et entretiens, Art et culture 0 commentaire
  • L’art caché : les dissidents de l’art contemporain

     

     

    I-Grande-16851-l-art-cache-les-dissidents-de-l-art-contemporain.net.jpg

              

    Art moderne, art contemporain...

               " Deux voies s’ouvrent désormais devant chaque artiste ; celle de l’accomplissement de la forme pour atteindre les mondes intérieurs, et celle qui cherchera au contraire à élaborer un concept pur."

    Peu à peu les notions « art moderne » et « art contemporain » prendront des voies divergentes :

                "L’art contemporain se nourrit du dépeçage de l’art, quand le meilleur de l’art s’élabore en mûrissant cette remise en cause. L’art contemporain en usant de ses transgressions et événements, a une efficacité médiatique ; l’art n’émeut les êtres qu’un par un."

    Le conceptualisme opérera une rupture avec l’art moderne qu'est ce passage de la modernité à la post-modernité : un monde dominé par des conceptions morales, philosophiques et économiques et non plus par des questions et des considérations d'ordre esthétique et sensoriel.

     

                   Aude de Kerros dans son ouvrage à propos de l'escroquerie de l'art contemporain (A.C.), n'y va pas par quatre chemins : " Très vite, l'art contemporain nous donnera à comprendre que la dimension esthétique de l’art est abolie au profit d’un contenu moralisateur."

    Vérité, beauté, sacré… l’art contemporain se donnera un contenu théorique particulier en rupture avec le « grand art » mais aussi avec l’art moderne en refusant la démarche esthétique pour mieux adopter une démarche conceptuelle qui n'est dans les faits qu'une idéologie nominaliste répondant à la formule : « Est de l’art ce que les artistes et le milieu de l’art déclarent être de l’art ».

     

                 Le transfert de la capitale des arts de Paris à New York dans les années 50, aura pour arrière-plan, la lutte contre le communisme ; en effet, cela n’a pas échappé à l'Amérique : tous les artistes européens de l’après -guerre sont proches de l’URSS et des partis communistes plus ou moins inféodés (France et Italie) ; New York deviendra alors le siège artistique conceptuellement apolitique, c’est-à-dire : de droite. La CIA sera la maîtresse d’œuvre de ce transfert.

    A partir de 1960, entourée de ses marchands, de ses collectionneurs et de ses fondations, l'Amérique se trouvera en mesure de créer un réseau international capable de déterminer instantanément qui relève de l'avant-garde et qui n'en relève pas ; dit autrement, il sera question d'expulser tout contenu politique et révolutionnaire dans l'art.

    Après Marcel Duchamp, les représentants de la « french theory » ne seront pas en reste ni oublié puisque dans les années 70, les Deleuze, Foucault, Derrida, Lyotard deviendront de véritables « pop stars de campus » ; et tous devront leur consécration à l’Amérique. Révolutionnaires en France, outre atlantique, seule leur subversion cantonnée le plus souvent à la sphère privée - libération des moeurs en particulier - sera retenue ; elle servira admirablement les préoccupations des Etats-Unis qui élaborent dans ces années-là l’idéologie multiculturaliste.

    A la même époque, le terme « avant-garde » sera jugé à la fois trop politique pour les milieux capitalistes et financiers internationaux. Un label plus neutre va apparaître : « art contemporain » ; un art contemporain (AC) qui servira de machine de guerre au libéralisme américain.

    En France, à la gauche ou bien plutôt, à "la fausse gauche" (Jack Lang et l'Etat PS) l'art conceptuel, sociologique, politique et moralisateur ! A la droite les artistes de la main, les peintres dits « réactionnaires » !

    Et l'auteure de dénoncer un manichéisme cause d’enfermement et de sclérose de l’art français sur la scène internationale tout en nous rappelant au passage que « l’artiste représente, transpose, transforme la matière avec les mains, visant à provoquer une émotion d’ordre esthétique et sensible » même si toute chose peinte n’est pas forcément "de la peinture" ("il faut être capable de créer un temps, un espace et une nécessité formelle unique").

     


    Aude de Kerros: "L'art caché" 1 de 4 par Meinaufeldt

     

     

                  "Avec l’AC, activité "sans les mains" qui confisque très tôt l’appellation d’art, l’œuvre, pour exister, a aussi besoin du contexte. Le « contexte » lui donne son statut mais aussi son sens. Une pissotière fonctionnant dans une vespasienne n’est pas une œuvre d’art, mais, exposée à Beaubourg, elle le devient.

    Les théoriciens énoncent le dogme et donnent le sens de l’œuvre. Ils ont remplacé les critiques. Ils n’évaluent pas la valeur de l’œuvre, ils la légitiment.  Leur discours n’est pas esthétique, il est moral ou sociologique avec l’appui des institutions appelées à cautionner cette démarche en la finançant : l’Etat en Europe."

     

                   Si malgré la rupture, l' « art moderne » a continué de croire au génie à la suite de l’art dit « académique » qui croit aux lois, confronté au rouleau compresseur de l'AC avec sa puissance financière et idéologique d'ordre étatique en Europe (ministère de la culture), privé en Amérique (fondations et mécènes), c'est tout l’art non conceptuel qui rentrera alors en clandestinité ; il n’en sera fait plus aucun état. Il deviendra ce que l’auteure appelle : l’art caché. Les dissidents de l’art contemporain s’y reconnaîtront avant de s’y retrouver, anonymes, oubliés ;  précarité pour les uns, pauvreté pour les autres.

                          "Après la mort symbolique de l’art et la fin de l’histoire, si souvent évoquées dans les années 1980, l’art semble être désormais sorti du temps. Il n’y a plus de Révolution ni de Progrès. Au tournant du millénaire, l’AC se présente comme un éternel présent. Tout est bloqué. De rupture en rupture, on tourne en rond, tout se répète, rien n’évolue, ne mûrit, ne croît ou ne se développe."

    Art sans culture, sans racines, sans logis, sans toit…  l’art contemporain (AC)  est désormais assurément un des grands vecteurs du mondialisme. L’AC ne cache plus sa fonction : il est devenu le support de la communication du "tout marchandise" à une échelle mondiale.

     

     

    1 -   Aude Kerros… : sculpteur et peintre (son site ICI) est manifestement meilleure en tant qu'essayiste qu'en tant que peintre... dont on pourra trouver l'oeuvre peu convaincante.Qu'à cela ne tienne, son ouvrage est incontournable pour quiconque souhaite comprendre ce qui est arrivé à l'art.

     

    Pour prolonger, cliquez FIAC 2015 : en finir avec l'art contemporain ?

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • La France et le fascisme : autant de questions sans réponses

     

                 A l'heure où  "Ni droite ni gauche. L’idéologie fasciste en France",  paru en 1983, est repris en collection de poche avec une nouvelle préface de l’auteur sur près de 150 pages, non contente d'être la fille aînée de l'Eglise, à en croire l'historien Sternhell, la France serait aussi " la fille aînée du fascisme". Rien moins.

     

                                         Trente ans plus tard, qu'en est-il de cette France ?       

     

    france,fascisme,histoire,mondialisation,uleski,société,justice,politique,sternhell

    L'opuscule "La France et le fascisme" d'une quarantaine de pages se propose de répondre à cette question et d'en proposer d'autres à la réflexion du lecteur car, ce qui doit nous intéresser n’est pas tant de savoir si la France est la « fille aînée du fascisme » mais bien plutôt ce questionnement-ci : pourquoi certains historiens et politologues ont manifestement besoin de le penser à l’heure où aucune définition du fascisme ne semble possible, tout en tenant compte du fait que jamais en France il n’a existé un Etat fasciste, et qui plus est… librement consenti.

             Il semblerait que d’aucuns désignent encore le danger fasciste à l’extrême droite tout en apportant une définition totalement obsolète de ce fascisme – pour rappel : un marxisme dévoyé et une conception ethnoculturelle de la nation  - comme pour mieux faire diversion et nous cacher un autre fascisme,  taillé sur mesure pour demain celui-là,  et dans le marbre, jour après jour,  nation après nation,  culture après culture, être humain les uns après les autres... le fascisme d’une mondialisation contrôlée par les multinationales et la pègre ; un fascisme loi d’airain du fric et du pilonnage permanent des humbles et des relégués au nom d’une justice sociale emballée dans les cartons d’une science économique sans visage, sans morale et sans honneur ; loi qui ordonne la fin des toutes les controverses et de tous les débats.

     

     

    Pour prolonger, cliquez : France et fascisme - thèse, anti-thèse

     

     

    L'ouvrage est disponible ICI

     

    Lien permanent Catégories : Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
  • Cinéma ! De film en film, de salle en salle...

     

     

    uleski,littérature,livres,auteurs,blogs,édition,éditeurs,écrivains,actualité,culture

                    Cinéma qui ne cessera jamais de hanter nos mémoires... sons, images, voix, musiques, lieux, acteurs, réalisateurs, auteurs, scénaristes, compositeurs, décorateurs, monteurs (le plus souvent monteuses), chefs opérateurs...


    Cinéma d’hier, de demain, encore à naître...

    Cinéma mort-né !


    Et puis, l’autre cinéma, déjà perdu pour tout le monde : films dont les scénarios dorment à jamais au fond des tiroirs ou dans l’imaginaire de ces mêmes auteurs, cinéastes et producteurs.

    Le Cinéma nous offrira toujours plus que ce qu’il nous donne à voir, à entendre et à comprendre. Art métaphysique par excellence, quand il y a « Cinéma », il y a… transcendance, toujours !

    A la fois indéfinissable et irrésistible, ce à quoi nous sommes confrontés est bien plus grand que nous… spectateurs ! Bien plus grand, et bien plus haut aussi !

    Transcendance donc, et puis… immanence !

    Car, cette imposante confrontation avec tous les réels qu’est le cinéma nous est bien destinée ; elle nous rejoint et nous aussi ; et c’est ensemble que nous cheminons.

    Aussi… à chacun son cinéma !

    Et c’est alors qu’on pensera à un FILM UNIQUE qui réunira tous les films... pour que jamais on n'en soit séparés et qu'on ne les oublie...

     

    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI sur le cinéma

     

     

                    Commandez l'ouvrage ICI 

    Lien permanent Catégories : A découvrir : Serge ULESKI, ouvrages et entretiens, Art et culture 0 commentaire
  • Ad hominem: Politique et médias - Serge ULESKI dans l'actualité

     

     

    ad hominem avec serge uleski politique, actualité et élections


                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, les articles et billet publiés sous le titre "Ad hominem" appartiennent aux catégories suivantes du blog de l’auteur : Politique, médias, minorités, société et actualité…

               Hommes et femmes politique, hommes et femmes des médias, penseurs, historiens, acteurs de la dissidence sur Internet… on y retrouvera entre autres : Jacques Attali, Julien Assenge, François Bayrou, Bush junior, Michel Collon, Harlem Désir, Dieudonné, Robert Faurisson, Michel Glouscard, Bernard-Henri Lévy, Obama, Karl Marx, Audrey Pulvar, Michel Rocard, Saint Augustin, Nicolas Sarkozy, Alain Soral, Benjamain Stora, Christiane Taubira, Manuel Valls, Hubert Védrine, Zemmour… et beaucoup d’autres encore… dans un regard tantôt féroce, tantôt caustique, compassionnel aussi, sur ceux qui font l’actualité, parfois à leur corps défendant , et alors qu’ils souhaiteraient sûrement qu’on les oublie.

     

    Pour prolonger, cliquez : Médias et désinformation ainsi que Politique et actualité

     

                                         Commandez l'ouvrage ICI 

     

     

     

    Lien permanent Catégories : A découvrir : Serge ULESKI, ouvrages et entretiens, Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Morceaux choisis : Serge ULESKI en littérature

     

     

     

    uleski,littérature,livres,auteurs,blogs,édition,éditeurs,écrivains,actualité,culture

     

                La réalité psychologique de l’écriture est très complexe : tactique et stratégie y occupent une place importante. L’inspiration n’est pas tout : le but que l‘on s‘est fixé importe aussi.

      Comme un poisson dans l'eau... dans le vrai comme dans le faux, dans le bien comme dans le mal jusqu'à brouiller leurs frontières... pourquoi pas ? Tout en sachant comme nous le savons maintenant, que nous avons tous de bonnes raisons d'être ce que nous sommes et de le penser aussi (que nous avons de bonnes raisons) ; et bien malin ou présomptueux qui saura opposer La Vérité - et toute la vérité ! - au mensonge et exalter le Bien comme pour mieux conjurer tout le Mal qui est en nous et ce, sans sourciller et douter une seule seconde, insoucieux du fait suivant :
                Ce qui est... n'est pas ! Car il s'agit toujours d'autre chose ; autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi.

     

    ***

     

                 Rédigé sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de ces morceaux choisis est issu des textes de l’auteur – romans et récits -, chez AMAZON ou bien, à paraître très prochainement chez ce dernier.

     

    Pour prolonger, cliquez : Littérature et écriture

     

     

        Commandez l'ouvrage  ICI

     

     

     

    Lien permanent Catégories : A découvrir : Serge ULESKI, ouvrages et entretiens, Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu