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Islam, Coran et Musulmans

  • Le bureau des Légendes (LBDL) ou quand la DGSE fait son cinéma

     

                           le bureau des légendes (lbdl) ou quand la dgse fait son cinéma

                 « Le bureau des Légendes » (LBDL) qui attaque sa 4è saison (1) est une série télévisée française créée en 2015  par Eric Rochant - réalisateur un temps remarqué pour son premier long métrage «Un monde sans pitié » à la fin des années 80  (mais ça c’était avant, bien avant car depuis,… rien de notable sinon une fascination à peine cachée pour les services secrets israéliens).

    Bien que cette série soit téléchargeable sans difficulté sur Internet gratuitement, c’est Canal qui a l'exclusivité de sa diffusion.

    Voici son pitch : « Au sein de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), un département appelé le Bureau des légendes (BDL) forme et dirige à distance les « clandestins », les agents les plus importants des services du renseignement extérieur français. En immersion dans des pays étrangers, ils ont pour mission de repérer les personnes susceptibles d'être recrutées comme sources de renseignements. Opérant dans l'ombre, « sous légende », c'est-à-dire sous une identité fabriquée de toutes pièces, ils vivent de longues années dans une dissimulation permanente.

    Guillaume Debailly revient d'une mission clandestine de six années en Syrie, mais contrairement aux règles de sécurité, il ne semble pas avoir abandonné sa légende et l'identité sous laquelle il vivait à Damas. » - dixit Wikipedia

     

                                                     _______________

     

                    Mais alors… qu’est-ce que c’est que cette série ? Que peut-on écrire à propos de cet objet si facile à identifier et à cerner ?

    Malhonnête sur le fond, bien que la forme soit crédible, LBDL serait une série « commandée et financée » par la DGSE et le ministère des armées pour susciter des vocations, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement ! En effet, Rochant et son équipe de scénaristes ne reculent devant rien pour nous expliquer à quel point nous tous devons notre sécurité (DGSE- DCRI entre deux attentats bien sentis quand même, et quelques otages exécutés ! Quand même !), à cette DGSE car LBDL est bien un véritable hymne à la gloire des services secrets de notre belle France, à son personnel, à leurs sacrifices et leur engagement sans faille.

    Aux scénaristes de cette série, et même s’il est trop tard, on leur conseillera vivement d’aller se ressourcer auprès d’un Kubrick ou d’un Coppola ; deux réalisateurs qui ont toujours su que le patriotisme politique d’Etat est le refuge des crapules, et plus encore, lorsque ce patriotisme vit et prospère sur le dos de la justice et du droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Grand Jeu pour petits joueurs, islamisme en veux-tu-en-voilà, djihadisme aussi... série écran de fumée à l'image des agissements de groupes armés fanatisés, pour cette raison, on n'ose  imaginer le profil des auteurs-écrivaillons-démagogues derrière cette série qui n’explique rien des enjeux géopolitiques de ces 20 dernières années ; qui fait quoi, à qui, où, comment, pourquoi et pour le compte de qui.

    Au service d’un Etat pompier-pyromane directement responsable, ou bien en tant que sous-traitant, ou bien encore complice, notamment de la destruction du Moyen-Orient, la DGSE depuis les années 50 a bien dû violer, n’en doutons pas un seul instant,  toutes les lois internationales, toutes les règles les plus élémentaires de la démocratie ainsi que toutes les Constitutions… (comme... respecter le résultat des élections dans un pays tiers, africain en particulier) au nom de l'intérêt supérieur des véritables "patrons" de notre classe politique : les multinationales et leur prospérité toute relative ; sans oublier le  nettoyage et autres camouflages tout terrain des turpitudes de cette même classe : financement des campagnes électorales par l'étranger (les pays clients de nos multinationales) et atteintes criminelles aux bonnes mœurs - pédophilie ! car, comme chacun sait,  avec les gosses du Maghreb ou de l’Afrique sub-saharienne, ça ne compte pas !

                    Dans LBDL, chaque action de la DGSE est contrebalancée par un acte commis par « le camp d’en face » jugé très certainement plus répréhensible encore aux yeux d'un téléspectateur moyen, très moyen, un quidam adepte des séries à rallonge. Chaque acte trouve, côté DGSE, sa justification dans l’argument du moindre mal ou encore « d’un mal pour un bien ». C’est là, depuis toujours, le procédé utilisé par tous les grands criminels acculés car démasqués (dans la vraie vie : souvenons-nous des pétainistes collabos, des arguments d’un Papon préfet  ou d’un général Aussaresses combattant de la guerre d’Algérie… et d’autres encore), et c’est aussi dans toute fiction, un procédé perfide qui permet de s’acheter une bonne conscience et de l’afficher auprès d’un public constitué de pauvres bougres qui n’ont pas idée : une audience francophone abrutie -  tranche des 30-40 ans - , par dix années de propagande anti-arabe et anti-musulman, face à une autre propagande pro-israélienne et américaine celle-là, dans la grande tradition de ce que les médias de masse nous servent à longueur de journée.

    Une DGSE monotâche que celle de Rochant et de Canal+  : l’Arabe et le Musulman ; cibles plus prometteuses, c’est sûr, du point de vue de l’audience, l’islamophobie et le racisme ne s’étant jamais aussi bien portés ;  en revanche, Rochant évite soigneusement les sujets qui fâchent : les agissements de la DGSE sur le Continent africain dont le sol regorge de richesses, dans le cadre de la gestion de ce qu’on appelle la Françafrique, chasse gardée de nos multinationales : infantilisation de toute une région, corruption, déstabilisation, coups d’Etat sous faux drapeaux, assassinats…

    Rappelons une nouvelle fois que nous ne sommes pas dupes : le bashing musulman et arabe est certes plus porteur surtout auprès des abonnés de Canal+ ;  clientèle des films de Clint Eastwood qui n’a pas hésité à  plébisciter son  American sniper  pour imbéciles patentés.

    Une DGSE dont les cibles sont identiques à celles des USA, d’Israël (3) et en partie, celles de l’Arabie Saoudite ; comme quoi, le Quai d’Orsay de ces 20 derniers années a trouvé avec cette série un soutien non négligeable, depuis que notre politique étrangère ne recueille l'assentiment et le respect que des salauds, des voyous et autres crapules des pays susnommés.

                   L'Iran (pays à détruire… d’une manière ou d’une autre s’il refuse de se soumettre au modèle suivant  «  sexe, drogue et rock’n’roll »), la Syrie, le Sahel, l’Etat islamique, Daesh, les Salafistes, la Libye, l'Irak...  tous sont là : il ne manque personne ! Il est vrai que… sans ces ennemis mortels,  le monde serait tellement plus sûr -  paix sur terre aux hommes de bonne volonté ; américaine cette volonté sans aucun doute après la destruction par ses soins des pays pré-cités avec pour conséquences : des morts par millions et des sans-patrie jetés sur les routes : des Arabes et des Musulmans ; cherchez l'erreur et la coïncidence ! 

    De cette production anti-arabe et anti-musulmane ( et anti-Poutine par la même occasion car... pourquoi faire les choses à moitié - 2) dont Gilles Kepel semble être le conseiller (il sera fait mention d'un ouvrage de cet auteur auto-proclamé "spécialiste du djihadisme" pour lequel "islamisme" rime avec " opportunités d'édition et carrière médiatique), dans le contexte de la France, on peut dire qu’elle est  la continuation de "Charly Hebdo à la Philippe Val" par d'autres moyens et  d'autres canaux ! Pas étonnant donc que cette série fasse l'unanimité ; c’est ce que nous servent les médias toute la journée depuis deux décennies.

                  Côté trahison, car dans le "renseignement" c'est inévitable, les scénaristes n’ont accouché que de deux cas de figures, français qui plus est : deux agents-doubles DGSE-CIA :  un homme et une femme (trahison en faveur des Américains bien sûr car enfin, quel Américain de la CIA viendrait proposer en toute honnêteté ses services à la DGSE ? C'te bonne blague !). Vous parlez d’une trahison ! C’est un peu comme aller dépenser son argent chez Auchan-hypermarché alors que l’on ne fréquentait jusqu'à présent que le Casino-market de son quartier  : c’est la même politique à une échelle plus dévastatrice encore : plus de produits référencés, certes ! mais plus de morts ; et cela reste la même junkfood.

     

                  Dans "Le bureau des légendes", on ne pourra pas ne pas noter, comme un fait exprès, que tous les méchants sont arabes et musulmans surtout lorsqu’ils souhaitent défendre leur religion, l’intégrité territoriale de leur pays, ses intérêts et ses richesses ; tous donc excepté lorsqu’ils travaillent pour l’Occident : comprenez : lorsqu’ils choisissent de trahir. A ce sujet, on peut se demander quels peuvent bien être la motivation et l'intérêt d’un français d’origine algérienne de Seine saint-Denis d’espionner son pays d’origine pour le seul profit de l’Occident et de la France en particulier ?

    Mystère !

    Car, LBDL, cette petite sœur de Homeland - série US remake d'une série israélienne (« Vous avez aimé Homeland, hymne à la gloire de la CIA, vous adorerez LBDL ! ») - pourrait tout aussi bien être, lui-aussi, une adaptation d’une série israélienne qui aurait pour titre « Flinguez-moi tous ces Iraniens, tous ces Arabes et tous ces Musulmans qui ne veulent pas qu’on leur vole leur pétrole, leur terre et qu’on détruise leurs pays… »

     

                  Quant aux acteurs qui sévissent dans cette série... acteurs  sortis tout droit d’un lavage de cerveau dans un centre de formation de la DGSE…  face à ce qui  nous est donné à voir et à entendre, force est de conclure ceci : tous avaient des loyers, un prêt immobilier, des impôts en retard à solder ! Trouvons-leur au moins cette excuse !

    Comme quoi les acteurs de cette série confirment ce qu’on soupçonnait à leur sujet : tous sont prêts à tourner dans n'importe quoi pourvu que la paie soit bonne et que leur engagement leur permette de remplir leur quota d'heures pour assurer leurs droits à l'assurance chômage, entre deux engagements.

    Prenons le cas de Jean-Pierre Darroussin (acteur de seconde zone et de second choix toujours là pour passer le balai et la serpillière en chantonnant  " Un air de famille" ?) bien qu'il soit sans doute le meilleur acteur - ou bien le pire alors ! - de cette gabegie ; un Darroussin choyé car la production lui a collé une épouse qui pourrait être sa fille, voire sa petite fille (on espère qu'il en a un peu profité entre deux prises, parce que... sinon, à quoi bon ?) : "Buvons au démantèlement de l'arsenal nucléaire de l'Iran" s’exclamera Darroussin une coupe de champagne à la main. Alors que…. Syrie, Libye, Irak... privé de « la bombe », l'Iran a définitivement du souci à se faire...

    Mais alors : petit acteur au service de grandes causes ce Darroussin ?

    Quant à cet autre acteur,Mathieu Kassovitz alias Paul Lefèvre ( héros en saison 1 – petit « traître » chiasseux en saison 2 – d’où le fait que le personnage perd très vite tout intérêt au fil des épisodes), on peut affirmer sans risquer de se tromper qu'il est rentré dans le rang ; après quelques années de diète cinématographique, il a manifestement compris la leçon depuis ses interventions très médiatisées à propos de ses doutes quant à la véracité de la version US des événements du 11 Septembre 2001. 

     

                     Série typique d'un abonné à Canal+ (porno, foot et le « tout venant » cinématographique français, 80% de films américains tout aussi médiocres et quelques films d’auteurs étrangers doublés car le sous-titrage, c’est fatiguant pour l’abonné Canal !), le succès de cette série ne surprendra personne puisqu’il témoigne du niveau d’ignorance auquel l’immense majorité des clients des chaînes privées et publiques est parvenue ; désinformée, dépolitisée, dé-conscientisée ; people-isée comme jamais, cette population incarne toutes les raisons au monde de désespérer de l’avènement d’une quelconque prise de conscience à la fois humaniste et politique - géo-politique, devrions-nous dire ! - qui verrait les responsables des actions  de l’Otan sous commandement américain des 20 dernières années traînés devant une cour pénale internationale pour crimes de guerre, voire… crimes contre l’humanité.

    Pour être allé sur la Page Facebook de la série pour y lire les commentaires déposés, tout le confirme : il  s'agit bien d'une série pour une audience qui n'a aucune culture politique, historique et aucune idée des enjeux géostratégiques, principalement énergétiques et religieux, liés à la continuation de la domination des USA au mépris de la moindre lueur d’espoir de construire un monde plus juste et plus sûr, un monde où le partage des responsabilités n’est pas considéré comme une faiblesse et une perte de puissance.

    Succès donc pour cette série  ! Télérama est fan bien sûr : un Télérama  de tout temps lâche face à la dictature du politiquement correct, snob et méprisant  face aux faibles...

    Et plus surprenant cette fois-ci : Le Monde diplomatique, lui aussi contaminé et qui a finalement baissé les bras. Qui l’eût cru ?

    Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre car tous y viendront : les uns par intérêt, les autres par bêtise ; Le monde diplomatique qui n’est plus lu par la gauche, la vraie, a maintenant pour abonnés les lecteurs du Figaro et de Marianne. Sans doute ce mensuel n’oublie-t-il pas non plus les subventions qu’il reçoit de l’Etat, c'est-à-dire nous, les contribuables !

     

                Et puis enfin : cette série peut s’apprécier à l’aune de deux ou trois critères ; ou pour le dire autrement : « Dites-moi qui vous êtes et je vous dirai quelle idée vous vous faites de cette série». Quel est votre niveau de conscience ? Etes-vous informé, beaucoup, un peu ou pas du tout ? Etes-vous capable d’établir un lien de cause à effet ? Avez-vous une bonne mémoire ?

    Selon les réponses, pour un Américain, un sioniste, un Juif, un Israélien et/ou un imbécile, c’est à l’ombre de la bannière étoilée ou du drapeau israélien planté au beau milieu de son salon, qu’il regardera, exalté "Le bureau des Légendes" aux cris de « Israël vaincra ! » et  « God bless America ! ».

    En revanche, un Musulman, un Arabe, un téléspectateur affectivement et culturellement proche d'une région qui s’étend disons de la Libye à l’Afghanistan… prendra très vite la décision de balancer son téléviseur par la fenêtre du salon aux cris vengeurs de : « Allez donc tous vous faire foutre ! » avant de lancer à la cantonade : « Allahou akbar ! »

    Et les autres, ni Arabe, ni Juif, ni Musulman, ni Américain, ni rien, c’est-à-dire tout, entre deux éclats de rire et une grimace, n'hésiteront pas à adresser un doigt d’honneur à tous ceux qui auront trempé dans le bain de bêtise, d'ignorance et de mauvaise foi de cette série.

     

                      Et c'est alors qu'une vérité s'impose à nous tous ; la suivante : si l'on peut toujours trouver plus traître que soi, on peut aussi offrir en pâture télévisuelle, tel un leurre (le personnage de Paul Lefebvre par exemple), beaucoup moins traître que tous les traîtres réunis : en l'occurrence ceux de la DGSE et du quai d'Orsay de ces vingt dernières années ; une DGSE instrument d'une politique étrangère de la France que l'on doit pouvoir qualifier de trahison .... trahison de notre tradition diplomatique d'équilibre et d'indépendance ( tradition gaullienne, de l'appel du 18 juin jusqu'à la sortie de l'Otan ?) qui reconnaît la nécessité de "partager la responsabilité" de la conduite des affaires du monde, notre monde à tous, avec toutes les puissances susceptibles d'assumer cette responsabilité. Et cette trahison n'aura rien de légendaire quand le moment sera venu de se pencher sur l'histoire de la diplomatie française à partir des années quatre-vingts.

    A ce sujet, cette série aurait pu se fixer comme objectif (comme mission !) la dénonciation de cette trahison sans équivoque : celles de nos élites toujours tentées depuis les années 30, et pas seulement, de vendre notre pays au plus offrant : carrière, argent, prestige ; sans oublier leur haine des classes populaires. Des élites jamais en panne de serviteurs-larbins qui ont l'immense orgueil ou la bêtise de se croire flamme alors qu'ils ne sont que suie : la couleur même de leur résignation et de leur soumission ; noire cette suie que laissent derrière eux des dégâts sans nombre ... comme  la crucifixion de notre fierté et de notre indépendance nationales.  

    Et c'est dans cette dénonciation que "Le bureau des légendes" aurait pu trouver son utilité, tout en sauvant son honneur.

    Dans ce manque de connaissance historique, d'ambition et de courage, on y trouvera une raison de plus de qualifier cette série d'attrape-nigauds ; quant à l'équipe de scénaristes... cette dernière aurait été bien avisée de garder à l'esprit la recommandation suivante - anglaise de surcroît : don't bite off more than you can chew (Ne jamais mordre plus qu'on ne peut pas avaler).

     

     

    1 - L'auteur a visualisé les saisons 1 et 2

    2Poutine n'a eu qu'un seul tort : il a refusé qu'on lui vole son gaz et son pétrole ; refusé de mettre sa main d'oeuvre à 150 euros mensuel, à la disposition des clients de l'oligarchie mondiale ; quant à laisser son territoire se faire dépecer et son influence dans le monde s’étioler pour le seul bénéfice des USA, de l'Arabie Saoudite et d'Israël, là encore, il a tenu bon : niet ! niet ! niet !

    3 - Israël dont il n'est fait aucune mention dans les deux premières saisons, alors que toutes les actions ont lieu dans son potager qu'est cette région du Moyen-Orient ; et là, on peut être tentés d'en conclure que Rochant et les producteurs de la série, dans une sorte d'esprit oecuménique à caractère confessionnel,  par lâcheté aussi et pour sécuriser leur retour sur investissement, ne souhaitaient pas se priver  de quelle qu'audience que ce soit, arabe et musulmane en particulier car... il les leur faut tous ! La rentabilité de cette opération l'exige. 

    4 - Abonné membre de ce qu’il est maintenant convenu d'appeler « la confrérie des nouveaux ploucs » ; rien de commun, soit dit en passant, avec les anciens ploucs rétrospectivement respectables et plutôt sympathiques, que les Deschiens ont réhabilités.

      

      

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  • Paroles d'honneur - QG décolonial : rebonds

     

                       Après la publication du billet Les Présidentielles 2017 au "QG Décolonial" : paroles de militants des quartiers populaires sur Agoravox (ICI) un complément d’argumentation s’est très vite imposé.

                                           ________________                                                 

     


                Chez ces intervenants réunis au "QG décolonial", intervenants de tous les âges, de tous les sexes, de toutes les conditions sociales, du prof d’université au chômeur ou salarié précaire -  notons au passage le nombre très réduit de femmes voilées présentes à cette soirée, et parmi elles, leur non-intervention, et sans que cela soit remarqué et souligné - à propos de cette France dite "monstrueuse composée d’islamophobes, de racistes et de fascistes qui a placé le FN et Macron au 2è tour de la présidentielle de 2017", tout en n’épargnant pas Mélenchon non plus du soupçon d’islamophobie et de racisme…

    Les analyses qui nous sont proposées sont à ce point irrévocables, sans appel donc, qu’un tel raccourci doit inévitablement cacher un « univers émotionnel » d’une ambivalence et d’une complexité inouïes, quasi ingérable par les intéressés eux-mêmes, jeunes de préférence : d’où une simplification à outrance des raisons de leur mal-être au monde - oui, au monde ! puisqu’un retour vers une « patrie » des origines n'est pas une option et donc une solution non plus.

    Précisons au passage ceci : à propos des discours tenus par des adultes matures cette fois-ci, discours identiques dans ses conclusions à ceux des adolescents, on n'hésitera pas à faire intervenir la notion de responsabilité dans la transmission de grilles d'analyses qui condamnent l’adolescent ou le jeune adulte à une interprétation aussi désespérée que mortifère de son environnement social présent et à venir. Ces adultes, universitaires le plus souvent, auraient été bien avisés de nuancer des conclusions empreintes de déception, de dépit et de colère, tout en rappelant ceci : jeter le bébé avec l'eau du bain, c'est se condamner à ne jamais trouver de remède au mal.

                   Dans leur refus de nuancer leurs diagnostics et leurs conclusions à propos de la France, doit-on y voir un lapsus qui nous donnerait à comprendre ce qui suit : l’ambivalence chez tout citoyen français issu de la colonisation et/ou de l’immigration, indépendamment de la présence de discriminations avérées, de ses sentiments à l’égard de son pays d’adoption - pays autre que celui de ses origines, ou bien celui d'une partie d'entre elles ; pays d’accueil d'un de ses parents, sinon les deux, pays de rapatriement ou de secours tel une roue, faute de mieux et par crainte du pire…

    Citoyen français qui peut aussi avoir été lésé, sinon abandonné, par l’histoire culturelle de cette autre identité dont il lui faut assumer l’histoire - pour ne rien dire de cette appartenance culturelle et affective multiple, double, triple, voire quadruple dans le cas de figure d'un français algérien musulman chômeur (qui peut bien vouloir s’y coller à cette quadruple identité dans le contexte de la France ?) - et la difficulté de cet héritage à la racine de laquelle on trouvera un pays des origines dont les mœurs lui sont quasi étrangères ; et parfois même, pays de la honte car entaché de non-droit, corruption, injustices, massacres de masse, pauvreté et parfois misère que des médias impitoyables ne manqueront pas, sans retenue ni nuances, de relayer jour après jour ; médias qui ne s’occupent que des crimes et châtiments de l’Homme qui n’est qu’un loup pour quiconque a la faiblesse de se montrer brebis…

    Et alors que ce Français du Maghreb ou d’Afrique noire aura pour principal référant appartenant à une ethnie et une histoire ultra-majoritaire, la figure tutélaire d’un homme blanc au passé colonial couvert d’opprobre - du moins telle est le plus souvent la représentation qui lui sera faite de ce passé détestable -, mais qu’il ne peut haïr qu’au prix de ce qui pourrait bien s'avérer représenter un préjudice psycho-affectif important, tout en restant confronté, encore et toujours, à cette identité des origines

    Français à qui il peut être donné de réussir, ici, dans ce pays auquel il se trouvera bien en peine de rendre quoi que ce soit, d'autant plus que ce pays, la France, refusera très certainement ce don au prix, là encore, d'un malaise identitaire préjudiciable pour la société tout entière…

    Prenant en compte tous ces éléments et d'autres encore, qui pourra nier le fait suivant : derrière chaque adoption il y a toujours un abandon ; et rien ni personne, jamais, ne peut remplacer ce qui aurait dû être sa famille, qu’elle ait été absente ou bien, écrasée par le poids culturel d’une autre famille dite d’accueil,  et plus encore lorsque l’histoire et la culture de cette famille des origines sont jugées par une grande partie de la société infréquentables jusqu’à… l’irreprésentable (1).

                      Aussi, ne finit-on pas par mordre la main qui vous a accompagné bon an mal an quand le destin vous a refusé une autre main qui aurait dû, elle aussi, contribuer à faire de vous un adulte autonome et responsable ? Une main qui, pour votre malheur, n’aura ni su ni pu le faire…

    Reste alors ce verdict qui pourrait bien s'avérer n'être dans les faits qu'un lapsus compensatoire : « La France monstrueuse qui vote FN, Macron et Mélenchon » sans autre formalité.

     

    1 – Reconnaissons en toute bonne foi et en toute lucidité…  qu’il est très certainement plus facile de se lever le matin quand on est un Français-italien avec pour références la grandeur de Rome et la splendeur de la Renaissance, ou bien un Français-juif avec Marx, Freud et Einstein.

    Ne sommes-nous pas aussi tout ce que nos prédécesseurs et nos contemporains ont tenté d'accomplir ? Pays, Etats, régimes, nations, continents, cultures, individus, seuls ou bien en grappes indissociables, tous... n'héritons-nous pas de leurs échecs comme de leurs réussites ?

     

    ***

     

                   A contrario… suite aux réactions que ces vidéos ont suscitées… apportons les précisions suivantes :

                    - Parler négativement de multiculturalisme c’est déjà faire, et c’est encore faire, le procès de ceux qui, discriminés et relégués, souhaitent trouver des solutions pour eux-mêmes en l’absence d’un engagement ferme en leur faveur de la part de la communauté nationale : Etat, partis de gouvernement et électeurs.

    Parlons de "repli et rejet" et traitons bien plutôt la tentation isolationniste dont on pourra distinguer deux sources :

    - "Vous ne voulez pas de nous, eh bien, nous on ne veut pas de vous !" - notons qu’il a bien été question un temps de désir d’intégration - d’être acceptés et de se fondre dans la masse - de ceux qui optent en désespoir de cause, épuisés et désillusionnés, pour l’isolement et le repli qui ne peut être que communautaire puisqu’à l’origine de cette décision, on trouvera une communauté ethnique et historique facilement identifiable victime de cette discrimination, voire du racisme - c’est donc une lapalissade qui n’explique rien et ne rend compte de rien que de parler de repli communautaire.

    - "Vos valeurs occidentales, pour ne rien dire de votre hypocrisie constante à notre égard, nous n’en voulons pas. Nous ne vous demandons rien d’autant plus que nous n’avons pas choisi de naitre en Europe. Simplement : ignorez-nous... nous on s’occupe de nous" – Dans ce cas figure, on peut en déduire qu’aucun désir d’intégration ne s’est jamais manifesté ; un désir d’appartenance à la communauté nationale majoritairement européenne de culture n’est pas à l’ordre du jour. Reste à savoir si derrière ce refus catégorique, on ne trouvera pas un peu de dépit. Un refus d’origine religieuse simplifiera l’analyse ; aucun doute possible alors, il s’agit bien d’une remise en cause des valeurs de la majorité.

    Indépendamment de ces deux cas, précisons ceci : nos sociétés occidentales sont multiculturelles : Europe, Afrique Asie sont les trois continents qui les composent à la hauteur de près de 15% de leur population. Aussi, comment pourrait-il en être autrement ? Qu’on nous l’explique.

    Si on peut parler d’échec à une intégration citoyenne « pleine et entière » tout en établissant des responsabilités multifactorielles, à la fois exclusives et inclusives, responsabilités tantôt partagées, tantôt non-mutualisables, on ne peut factuellement ni moralement parler « d’échec du multiculturalisme » sans tomber dans une essentialisation d’une mauvaise foi consommée de cet échec puisque nos sociétés sont devenues depuis les années 70 des sociétés multiculturelles de fait.

                      - La « discrimination positive » est évoquée négativement ici et là ; précisons ceci à son sujet : quiconque est vraiment sérieux, vraiment soucieux de combler le retard accumulé par des populations discriminées, ne pourra pas s’y opposer d’autant plus que les bienfaits surpassent de loin les inconvénients pour les intéressés et la société dans son ensemble. Le procès fait à la "discrimination positive" cache le plus souvent une indifférence, voire une complaisance coupable, à propos du sort injuste et cruel des discriminés dans les sociétés occidentales.

     

                     - Affirmer que prendre le parti de présenter les discriminations raciales  « comme la conséquence des préjugés qui traversent la société » empêcherait toute critique sociale c’est oublier un peu vite que la dénonciation des préjugés reste une nécessité absolue car... avec le FN, la question de l’immigration post-coloniale et des Français qui en sont issus est au cœur de la rhétorique de ce parti ; il est donc bien question aussi d’une responsabilité individuelle en tant que citoyen et électeur et pas simplement de s’en prendre au "système social" lui-même ; de plus, dénoncer ces préjugés et l’indifférence à leur sujet c’est aussi et c’est encore faire de la critique sociale ; celle du pouvoir des médias dans la propagation de ces préjugés par exemple. 

    Car, avec ce souci de vouloir coller au plus près de la critique sociale, s’il doit être encore question d’un "Classes populaires (travailleurs !) unissez-vous !", il serait bon qu’on n'oublie pas le fait que le chômage touche parfois jusqu’à 30 à 50% de ces "populations".

    Aussi : "Dure, dure l’unité des luttes sur les lieux de travail auprès d’une population qui en est absente !"

     

     ***

     

                     C'est sûr : ces deux vidéos de « QG décolonial » doivent nous alerter car elles nous révèlent comment au fil des ans la fêlure s'est accentuée pour devenir une véritable rupture du lien, rupture d'appartenance, notamment chez les plus jeunes - jeunes filles en particulier - qui font usage d’une rhétorique sans nuance, d'un verdict sans appel (notez que les interventions des universitaires n’arrangeront rien !) d'une virulence qui ferme toutes les portes et qui les condamne à plus de rejet et à plus d’isolement et de discrimination.

    Certes, il s’agit là d’intervenants hyper-conscients socialement ((j’allais dire à tort... hyper-politisés) des mécanismes de l’exclusion alors même qu’il existe encore, sur un plan individuel, des possibilités de rejoindre la communauté nationale... il est vrai qu’il ne peut s’agir pour l’heure que de tenter individuellement sa chance ; aussi, à la lecture de ces vidéos, il se pourrait bien qu'il nous faille arriver au constat suivant : les sœurs refusent maintenant de s’en sortir sans les frères ; et les frères sans leurs parents ; ce qui complique singulièrement le problème.

                       Après avoir visualisé ces deux vidéos, parviendrons-nous  à déchiffrer, comprendre et accepter finalement les discours qui nous sont "jetés" à la figure avec une injustice et une violence rares ?

     

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  • Burkini : le scandale d'une défaite

                    Les débats, commentaires et invectives autour du port du burkini font rage en France et à l'étranger depuis trois semaines car la France en est là manifestement : brukini ou pas burkini ?

    Le Conseil d'Etat a tranché ; et même si ce conseil ne jouit plus d'aucune crédibilité depuis l'affaire Dieudonné... son jugement fait loi : tous les arrêtés anti-burkini des municipalités concernées sont donc annulés. On pourra éventuellement s'en réjouir d'autant plus que là n'était pas la question ni le problème.

     

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                                       Marwan Muhammad par ci,
     
                                                                      Marwan Muhammad par là...
     
                   La vraie défaite à propos du burkini c'est que les femmes concernées par ce vêtement aient accepté que ce soit un homme, musulman de surcroît, qui soit manifestement le seul autorisé à "défendre" cette tenue... car, nombreux sont ceux qui, à juste titre, n'acceptent aucune parole d'homme à propos des femmes, a fortiori quand il s'agit de leur tenue vestimentaire.
     
    Aussi, dans le contexte de la société française, force est de s'interroger : comment un homme peut-il se" respecter" si peu au point de penser qu'il est moralement, culturellement et intellectuellement autorisé à s'exprimer à propos du burkini alors que ce dernier aurait dû savoir qu'une femme musulmane concernée par le burkini pour le porter sur les plages, était bien plus à même de s'expliquer à ce sujet (1) ? Autre interrogation : faut-il vraiment que la femme musulmane ait totalement rendu les armes, au mieux... baissé les bras face à ce qui fait d'elle un être autonome, capable de prise de décision qui ne doit rien à personne, et en dernier lieu à un homme, fût-il son mari, pour n'avoir pas, à notre connaissance, exigé d'être entendue à la place de Marwan Muhammad ?
     
    C'est là qu'est le véritable scandale d'une défaite consommée en ce qui concerne l'absence de parole de femme musulmane en France ; de plus, les médias sont certainement complices autant par paresse que par lâcheté en sur-exposant plus que de raison la figure de Marwan Muhammad sans faire l'effort d'aller chercher une parole féminine.
     
    De plus, privilégier une parole d'homme sur un sujet qui concerne les femmes, parole religieusement connotée, ce n'est sûrement pas la bonne voie à emprunter pour lutter contre l'islamophobie puisque telle est la mission du CCIF (Comité Contre l'Islamophobie) dont Marwan Muhammad est le représentant
     
    A propos de ce Comité (et le CFCM pareillement) que l'on peut soutenir sur le fond, celui de la lutte contre l'islamophobie, lorsque le porte-parole de ce comité sera une femme, nous serons sans doute plus nombreux, nous qui sommes des non-musulmans de bonne foi et de bonne volonté, à accorder à ce collectif toute l'attention qu'il pourrait mériter.
     
                     En attendant, on ne peut que conseiller vivement à tout un chacun de suspendre son soutien à ce collectif sans parole de femme.

     

     1 - La méfiance, pour peu qu'il en soit question ici contrairement à ce qui a pu être sous-entendu ailleurs sur Internet suite à la publication de ce billet, ne concerne pas l'homme musulman en tant que tel mais l'homme "tout court" ; l'homme au masculin. Cela fait des décennies qu'en France plus aucun homme ne s'autorise à commenter, à valider ou pas, une tenue de femme et pas simplement parce qu'aucune femme ne le supporterait mais bien plutôt parce que culturellement, intellectuellement et moralement, cet homme a intégré le fait qu'il ne serait en aucun cas habilité à le faire : tout en lui l’interdit et l'interdirait s'il devait être tenté de le faire. Il s'agit bien à la fois de culture, de morale et de disposition ou de compétence intellectuelle.

    Toujours dans le contexte de la société française, il semblerait que ce Marwan Muhammad soit donc totalement "largué" : lui et son comité (CCIF) ont 40 ans de retard.

    Cela précisé, mon billet a pour sujet le silence des femmes concernées par le port du Burkini et le fait qu’elles puissent accepter que ce soit un homme qui prenne en charge ce sujet ; que d'aucuns refusent de s'interroger sur le silence de ces femmes ne doit en aucun cas priver qui que ce soit de se poser les bonnes questions qui sont aussi des interrogations plus que légitimes.

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  • Islam, Musulmans et réformes sociales

     

                   On ne compte plus les leaders d'opinions qui toute la journée durant demandent à ce qu'ils croient être "la communauté musulmane de France" de se désolidariser publiquement de tous les actes meurtriers commis au nom de l'Islam. D'autres encore mettent l'accent sur l'urgence de reconstruire l'organisation du culte musulman en France alors que les auteurs des derniers attentats n'avaient jamais lu le Coran ni fréquenté une mosquée... 

    Aussi, à ceux qui se préoccupent du fait que « peu de musulmans manifestent contre les violences perpétrées en leur nom » - ou bien, au sujet de cette autre interrogation : « A quand de grandes manifestations du monde musulman pour se lever contre la vision dévoyée de l'Islam que nous proposent les Islamistes » -, on pourra toujours suggérer la question et la remarque suivante en guise de réponse :

                  Quand est-ce que les catholiques, pratiquants ou non, ont-ils manifesté pour la dernière fois contre les agissements et les débordements des catholiques intégristes ? Et combien étaient-ils ?  Quand est-ce que des Juifs français pratiquants à propos de la politique d'un Etat qui leur est très proche, Israël - colonisation de la Palestine et guerre contre une population sans moyens qui est pourtant dans le droit de l'auto-défense -, se sont-ils désolidarisés avec cette politique ?

     

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                  On peut très certainement affirmer, sans trop risquer de se tromper, qu'il n’y aura pas plus de manifestants dans les rues pour défendre la liberté de conscience du côté des Catholiques et des Juifs religieux que du côté des Musulmans.

    En effet : qui a défendu depuis plus de trois siècles cette liberté ? Qui la défend encore aujourd’hui, et qui la défendra demain ? Une petite partie des classes moyennes athées ou bien agnostiques - parfois croyantes, au clergé éclairé -, et une partie tout aussi minoritaire des classes supérieures qui ont accès aux moyens d’information et de communication.

    Or, les populations pouvant se réclamer de ces deux classes ne sont pas suffisamment nombreuses chez les Français issus de la culture arabo-musulmane (et l'on pourra le regretter, bien évidemment) pour que... toute mobilisation d’une petite partie d'entre elles, puisse avoir un réel impact. Quant à sa majorité silencieuse... celle-ci demeure... silencieuse, comme toutes les majorités silencieuses d'où qu'elles viennent, et plus encore lorsque cette majorité appartient à une... minorité.

                  Aussi, il semblerait que l'absence de mobilisation des Français issue de la culture arabo-musulmane contre l'intégrisme musulman ne soit pas qu'une question simplement culturelle et religieuse mais... économique et sociale.

                  A vos réformes donc !!!!

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  • Najim Laachraoui : un kamikaze sans histoire

     

                      Déplorer l'arme à l'oeil et en public les effets pour mieux en cacher les causes tous en les soutenant en secret, jusqu'à parfois même les chérir non pas comme un moindre mal mais comme un suprême bien, tel est, n'en doutons pas un instant,  les moyens employés par tous les gouvernements chargés de nous tenir dans l'ignorance, afin d'échapper à leurs responsabilités ainsi qu'aux sanctions afférentes.

     

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    kamikazes  à l'aéroport de bruxelles,terrorisme,etat islamique,usa, arabie saoudite, israël, europe,

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le parcours scolaire de Najim Laachraoui, Belge d’origine marocaine, l’un des deux kamikazes de l’aéroport de Zaventem, « considéré comme l’artificier des attentats de Paris », ne laissait rien présager. Les directeurs des écoles qu’il a fréquentées se souviennent d’un étudiant modèle.

    Scolarisé à l’Institut de la Sainte-Famille entre l'age de 12 et 18 ans, à Schaerbeek, un quartier de Bruxelles, la directrice de l’établissement, Véronique Pellegrini témoigne : «Le parcours de Najim ne pourrait pas être plus classique. Il n’a jamais redoublé, il n’a jamais causé de problèmes, de discipline ou autre

                   En 2010 et en 2011, Najim passe par l’ULB (Université libre de Belgique) et l’UCL (Université catholique de Louvain), deux grandes universités bruxelloises. En février 2013, il part en Syrie rejoindre l'Etat islamique.

     

                   Parmi ceux qui, en Europe, ont causé la mort de civils lors d'opération meurtrière pour le compte de l'Etat islamique, de Daesh et autres sectes islamiques instrumentalisées par l'Occident et les Monarchies du Golfe, ce jeune Belge est le seul à n’avoir aucun passé de délinquant. Contrairement à tant d'autres, son engagement n'aura donc pas été une manière de mettre fin à une vie sans objet, sans issue, une vie sans solution, une vie d'entrées et de sorties de prison.

                  kamikazes  à l'aéroport de bruxelles,terrorisme,etat islamique,usa, arabie saoudite, israël, europe,Mais alors, quel sens donné à cet engagement-là ? Celui d'un jeune homme sans histoire, kamikaze qui n’avait pas 25 ans quand il a actionné sa ceinture d'explosifs ce matin du 22 mars 2016  à l’aéroport de Bruxelles ?

     

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    Bernard Stiegler : "Le consumérisme nous a totalement désocialisés. Nous avons des comportements de gorets  en tant que consommateurs ; des porcs nous sommes ; et c’est plus vivable ; c’est (aussi) pour ça qu’il y a des mômes qui basculent du côté du Jihadisme extrême (pas seulement religieux ; écologique aussi - ndlr) ; ils n’y croient plus à cette société consumériste ; ça les dégoûte (le tout marchandise) et ça les rend méchants. Ils seront de plus en plus nombreux à l’avenir. »

     

                  Jacques Ellul : "Jamais l'homme n'a atteint une pareille décadence morale, spirituelle, psychique, une telle anomie, le taedium vitae, l'appel de la mort, l'hypnose suicidaire collective... Là est déjà le châtiment de l'Occident envahisseur. Prométhée de nouveau enchaîné, mais par ses propres moyens. Jamais je l'affirme comme historien et sans rien magnifier du passé, jamais l'humanité n'a atteint une telle puissance, une telle souffrance universelle, un pareil désespoir."

     

    Pour prolonger, cliquez : Sonate d'automne

     

                  Une analyse du fait "islamiste" et de sa violence avec Fethi Benslama ICI

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  • Tariq Ramadan et l'état de la France : quand l'Etat est tout nu !

     

     

     

     

     
                   Intervention de Tariq Ramadan suite à l'annulation par le ministère de l'intérieur et la direction de la cité universitaire, de la conférence "Émergence d'une élite musulmane française : enjeux et défis" prévue à Paris.
     
     
     
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                  La persécution de Tariq Ramadan, après tant d'autres depuis 20 ans, c'est la continuation de la politique des années 50 vis-à-vis des pays arabes : abattre le nationaliste arabe athée au profit de dirigeants affairistes entièrement dévouées aux intérêts de l'Occident et à leurs propres intérêts en récompense...

    Ou bien, un soutien inconditionnel aux monarchies pétrolières du Golfe... en apparence respectables :  Arabie Saoudite, Qatar.

                  L'Occident a détruit les derniers pays arabes laïcs...

                  Ici, en France, le masque est tombé : l'Etat est tout nu car seuls intéressent l'Etat français, le "Musulman" terroriste qui n'a, soit dit en passant, de "musulman" que la revendication de ses actes ainsi que le Musulman qui baisse la tête et qui s'excuse d'être... musulman.

     

                  L'Etat français et les médias n'ont que faire d'un Musulman citoyen, lettré, éduqué, entreprenant et sans complexe car, ce Musulman-là ne fait pas recette médiatiquement et électoralement ; de plus, ce Musulman en particulier est difficilement manipulable et ne permet pas l'instrumentalisation de sa religion et des religions ainsi que des extrêmes à des fins politiciennes les plus abjectes  - une des spécialités du PS depuis les années 80 : diviser la communauté nationale et continuer d'occuper l'Elysée et Matignon.

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    Pour prolonger, cliquez : Tariq Ramadan, audition en 2009

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  • Audition de Tariq Ramadan à l'Assemblée Nationale

                   Plus des médias aux ordres d'une classe politique et économique dominante, censurent , ostracisent, bannissent, plus nous devons les contrer en donnant la parole, sans relâche, à ceux qui sont les victimes d'une politique scélérate au service des intérêts d'une hyper-classe internationale qui se moque et de la démocratie, et de la justice des conditions et de la liberté de conscience et d'expression.

                    Qu'il soit ici rappelé ce qui suit en ce qui concerne l'acharnement contre Tariq Ramadan : dans les faits, ce qui dérange chez celui-ci, c'est son opposition inconditionnelle à la politique israélienne (encore Israël !) et en particulier, sa gestion de l'occupation coloniale des territoires palestiniens en violation de toutes les lois internationales et de la tradition humaniste européenne.

    Personne n'est dupe ; et certainement pas tous ceux qui se soumettent à ce procès d'intention contre l'islamologue Tariq Ramadan, sous la pression des officines israéliennes françaises : PS, CRIF, LICRA, UEJF et leurs valets.

     

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                 Une audition de Tariq Ramadan à propos du projet de loi contre le port du voile intégral en décembre 2009 ; audition qui divisera la mission parlementaire.

                  A noter le fait que cette audition tournera très vite au procès ; un procès contre Tariq Ramadan. Jean Glavany, membre du PS (encore le PS !), en bon petit soldat bien formé - il sait ce qu'on attend de lui -, sera le premier à ouvrir les hostilités.

     


     

                      "Le respect de la loi commune est la meilleure compréhension et la meilleure prescription de l'Islam. Il est absolument possible, fondamentalement, d'être totalement musulman, clairement et sincèrement musulman et de respecter clairement et sans exigence d'aucune transformation, la loi commune."

                                        Tariq Ramadan

     

                     Rares sont les islamologues d'expression française (ou de langue maternelle française) issus de la culture arabo-musulmane autorisés à prendre la parole dans les médias ; pareillement en ce qui concerne les imams. Seuls les intervenants articulés, issus de cette même culture, mais... virulents contre l'Islam, athées le plus souvent (les derniers en date : Malek Boutih du PS (!) et un auteur algérien du quartier saint-Germain-Paris : Boualem Sansal) , sont autorisés à s'exprimer dans les médias ainsi que les imams au Français plus qu'approximatif.

    Dans le cadre du soutien à l'Islam, le "système médiatique" n'aime pas ceux qui savent se faire comprendre, manifestement !

                 Qu'est-ce à dire ?

                 On chercherait à humilier l'Islam et les Musulmans français que l'on ne s'y prendrait pas autrement.

     

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  • L'âge d'or de l'Islam avec Fernand Braudel

     

                        Extrait de l'ouvrage : "Grammaire des civilisations" rédigé en 1962 - en partie révisé en 1966 et 67.

     

     

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                      Quatre ou cinq siècles durant, l’Islam fut la civilisation la plus brillante de tout l’Ancien Monde. Cet âge d’or va, en gros, du règne du fils d’Harûn al-Rashid, Ma’mûm (813-833), créateur de la Maison de la Science de Bagdad, à la fois bibliothèque, centre de traductions et observatoire astronomique, à la mort d’Averroès en 1198.

     

    Vers 750, l’Islam a atteint ses frontières extérieures essentielles ; son expansion se trouve alors bloquée par les ripostes étrangères : Constantinople,  Poitiers, révolte du Maghreb. Ainsi une sorte de calme s’établit vers l’extérieur et en contrepartie, à travers tout l’Empire, une vaste économie trouve ses assises, ses rythmes de croissance, sa prospérité. Cet essor entraîne la mise en place d’une économie  de marché, d’une économie monétaire, ce qui implique d’innombrables conséquences. L’économie monétaire bouscule les assises d’une société féodale : les riche deviennent plus riches, insolents ; les pauvres... misérables. Si cette prospérité n’a pas tout commandé, elle explique le climat révolutionnaire ininterrompu, les troubles agraires et urbains liés souvent à des mouvements nationalistes, à travers l’Iran en particulier, mais pas seulement.

     

                      Ecoutez ce pamphlet d’Al-Ifriki, écrit vers l’an mille : « Non, assurément, je ne prierai pas Dieu, aussi longtemps que je resterai pauvre. Laissons les prières au Cheik, au commandant d’armées dont les caves sont pleines à craquer. Pourquoi devrais-je prier ? Suis-je puissant ? Ai-je un palais, des chevaux, de riches habits, une ceinture d’or ? Prier quand je ne possède pas le moindre lopin de terre, serait une pure hypocrisie !»

     

                     Comme tout se tient, les hérésies islamiques qui pullulent en ces siècles ont toutes comme les « hérésies » de l’Europe médiévale, leurs racines sociales et politiques. L’histoire de la pensée musulmane est liée sans fin à ces tensions explosives.

     

                      On peut comparer cet âge d’or de l’Islam à celui de la merveilleuse Renaissance, ce mélange de richesse matérielle et de richesse intellectuelle qui a été pour les deux Renaissance des heures de gloire exceptionnelle.

     

    Universelle et en même temps régionale, soit une et diverse, la civilisation islamique  construira des mosquées, des médersas, écrira une poésie qui célèbre Dieu, la nature, l’amour, la bravoure, le sang noble, la terre, la science, le vin défendu et les fleurs ; sans oublier les contes de l’Inde que nous pouvons lire dans le recueil des Mille et une Nuits rédigé tardivement au XIVe siècle au terme d’une longue gestation.

     

    La philosophie est partout la reprise de la pensée grecque et situe Dieu dans un cosmos. Fleurissent technique et industrie, de la Perse jusqu’en Andalousie, cette Espagne, pays terminus de l’Islam ; on y rencontrera des joueurs d’échecs et de kurâg ; des missions sans nombre seront organisées dans des pays éloignées, la Chine, demandant des copies des usages de toutes les Cours et tous les ministères…

     

    Plus tard, l’Espagne musulmane affichera sa singularité, l’Iran ses particularités vives et fortes ; le Persan devient une grande langue littéraire, écrit en caractères arabes, et Bagdad est alors une ville iranienne à l’intérieur de la vaste civilisation islamique.

     

    Cette opposition – universalité et régionalisme -, se retrouvera à travers tout l’Islam. L’Iran donc mais aussi l’Inde, l’Afrique noire, l’Indonésie… en  Inde on parlera d’art indo-islamique.

     

     

                     En ces siècles d’or, la civilisation musulmane est à la fois une immense réussite scientifique  et une relance exceptionnelle de la philosophie antique. C’est dans la science que cette civilisation a le plus apporté de nouveautés : la trigonométrie et l’algèbre. On pourra sans hésiter faire l’éloge des géographes mathématiciens, des observatoires astronomiques et de leurs instruments, des mesures excellentes que cette civilisation obtint pour des latitudes et longitudes corrigeant ainsi les erreurs d’un Ptolémée ; maître de la chimie, de l’optique, de la pharmacopée – la moitié des remèdes qu’utilisera l’Occident viennent de l’Islam -, la médecine islamique mettra en  lumière la circulation sanguine et pulmonaire, trois siècles avant Michel Servet…

     

                     Sur le terrain de la philosophie… c’est la reconquête, la  reprise des thèmes de la philosophie grecque : reprise accompagnée de prolongations, d’élucidations et de créations. La philosophie d’Aristote, explication dangereuse de l’homme et du monde face à une religion révélée qui est une explication générale du monde, obsède, subjugue ;  un humanisme musulman naîtra de cette confrontation à la fois philosophique et spirituelle.

     


    Cinq noms essentiels émergeront : Al-Kindi, Al-Farabi, Avicenne, Al-Gazali et Averroès, la flamme philosophique d’Espagne qui fera connaître à l’Occident les philosophies arabes et Aristote lui-même.

     

    Une philosophie sous l'influence donc de la pensée grecque d’un côté et la révélation coranique de l’autre qui se heurte à ses murs et reflue sans cesse vers son point de départ. L’Islam doit à la Grèce son goût pour les sciences et tous les philosophes de la civilisation islamique seront des savants : mathématique, astronomie, chimie, médecine…

     

    Dialecticiens habiles, d’aucuns ne croiront pas à l’immortalité de l’âme ; d’autres douteront de la résurrection des corps…  d’autres encore défendront la foi, d’autres seront idéalistes avant que l’Occident ne reprenne la flamme au XIIe siècle.

     

    Cet arrêt brusque de la philosophie et de la science musulmanes pose alors un problème d’ensemble.

     

    -          Est-ce les attaques d’Al-Gazali contre la philosophie et la libre pensée ?

     

    -          Est-ce à cause de ceux qui ont sauvé militairement un Islam partout menacé par l’Occident, et  qui l’auraient ainsi tué de l’intérieur : ils étaient Berbères, d’autres Soudanais, Turcs…

     

    -          Est-ce plutôt une question économique : la perte de la méditerranée, mer nourricière d'un Islam obligé de se replier sur lui-même pour survivre ?

     

                     Dans l’état actuel de nos connaissances (1962 ndlr), la question économique et politique semble la meilleure explication d’ensemble du brusque recul de la civilisation islamique.

     

     

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  • "La fabrique de l'ennemi" de Pierre Conesa

     

                  "L'Europe ne peut faire face à la radicalisation sans remettre en cause sa politique extérieure."

                                              Pierre Conesa (ancien haut fonctionnaire du ministère de la défense)

     


    Entretien avec Pierre Conesa

     

     

    Touteleurope.eu : Comment définir la radicalisation ?

    Pierre Conesa : Le sociologue définit la radicalisation comme la posture de légitimation ou de passage à l'acte dans le domaine de la violence. En ce sens, la radicalisation touche aujourd'hui beaucoup de domaines : politique avec une radicalisation d'extrême gauche ou d'extrême droite (identitaires, black blocs...), religieux (l'islam n'étant pas la seule grande religion touchée), ou encore des domaines tout à fait inattendus comme la défense des animaux, par exemple...

     


    Touteleurope.eu : En Europe, ce phénomène touche-t-il certains pays plus que d'autres ?

    Pierre Conesa : la caractéristique du système français est d'avoir une forte composante maghrébine, avec un rapport d'anciens colonisés à colonisateur. Mais la nouveauté réside dans le phénomène des conversions, qui lui touche les classes moyennes.

     

    Touteleurope.eu : Plusieurs pays européens ont mis en place des programmes de contre-radicalisation : peut-on évaluer leur efficacité ?

    Pierre Conesa : C'est très difficile, d'une part parce que les programmes sont assez récents. Par contre, beaucoup de pays démocratiques ont insisté sur le suivi des radicaux qui sont passés par la prison, partis en Syrie et reviennent, etc. Dans ce cas là, l'indicateur est beaucoup plus facile à déterminer.

     

    La France elle-même a mis en avant un programme de déradicalisation axé sur les prisons : qu'en pensez-vous ?

    Pierre Conesa : 90% des gens qui reviennent de Syrie ne sont passés ni par la mosquée ni par la prison. Ce qui nous manque aujourd'hui, c'est un tableau d'ensemble qui permettrait de répondre aux questions suivantes : que se passe-t-il sur Internet ? Par des contacts directs ? Dans les lieux de culte clandestins ? Cette volonté de trouver dans la prison des moyens d'éviter le contact entre les personnalités fragiles et les radicaux violents, la manière de s'occuper des gens censés s'être amendés après avoir fait leur peine de prison mais qui ne sont pas du tout déradicalisés... tout cela pose des problèmes de droit public complexes.

     

    Touteleurope.eu : La France pourrait-elle prendre exemple sur les programmes de déradicalisation mis en place ailleurs ?

    Pierre Conesa : Le principal problème est que toutes les analyses de déradicalisation ne tiennent pas compte des politiques extérieures. Or la radicalisation sectaire salafiste/djihadiste se base avant tout sur des thèmes internationaux : quand vous trouvez sur des sites web djihadistes : "2000 morts à Gaza et on ne fait rien, 4 occidentaux égorgés on envoie l'armée", vous ne pouvez pas avoir de contre-arguments face à ce type de posture diplomatique. Et tant qu'on ne prend pas en compte cette dimension de la politique extérieure, une des causes de la mobilisation et de la radicalisation ne sera pas arrêtée.

     

    Touteleurope.eu : Qu'attendez-vous de la stratégie européenne de lutte contre le terrorisme ?

    Pierre Conesa : J'ai bien peur que les Européens oublient cette dimension, à savoir qu'on ne lutte pas contre le terrorisme avec des moyens militaires. C'est un mensonge qui a été énoncé par George Bush après le choc de 2001, et l'on a vu le résultat des guerres en Irak, en Libye, ou en Afghanistan. Or, au lieu d'en tirer des conclusions, on en rajoute avec l'Irak et la Syrie... D'autre part on ne lutte pas contre le terrorisme avec des bombes aériennes de 250 kilos ! Quand vous jetez une bombe pour tuer un type dans une maison et que vous faites 60 victimes autour, vous avez 60 familles de terroristes demain ! Et je pose une question de fond : pourquoi aller se battre contre l'Etat islamique parce qu'il égorge des gens, coupe les mains des voleurs, opprime les femmes et interdit les autres religions... pour défendre l'Arabie Saoudite, qui coupe les mains des voleurs, opprime les femmes et interdit les autres religions ? Donc tant que l'Etat se comportera ainsi dans le monde arabo-musulman, tout en racontant qu'il est le droit, la sécurité, la justice, on ne convaincra pas des jeunes gens de ne pas partir.

     

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  • Tariq Ramadan à coeur ouvert

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               Né le 26 août 1962 à Genève, essayiste, islamologue, professeur et universitaire de nationalité suisse, arabe, musulman d’origine égyptienne, soutien indéfectible de la cause palestinienne, critique d'Israël et des USA, cela suffit pour qu'il ne soit jamais donné à Tariq Ramadan d'être "traité" comme n'importe quel autre intellectuel.

    Sans doute doit-il s'estimer heureux - et nous avec lui -, de pouvoir encore, ici et là, s'exprimer dans les médias, de temps à autre, même si à chaque fois, c'est un procès en sorcellerie qui lui est fait : pieu dressé, entouré de fagots de bois... le bûcher médiatique est prêt ; il ne reste plus alors qu'à allumer le feu.

     

     

     

              Tariq Ramadan dans l'émission "On n'est pas couché" intervient à propos de son livre : "Mon intime conviction". C'était en 2012.

     

     

                     On ne manquera pas de remarquer un Zemmour tel un poisson rouge dans son bocal à tourner en rond et autour du pot, le pot de la haine, de ce qu'il ne peut se résoudre à nous confesser...  mais qu'il avouera plus tard "en promo" à l'occasion de la sortie de son ouvrage "Le suicide français" une fois qu'il aura été remercié par la direction de France 2 : "J'aime pas les étrangers, surtout quand ils sont français maghrébins, arabes, musulmans et africains".

    Mais alors… tout ça pour ça ! Toutes ces arguties d'une indigence à la fois historique et intellectuelle autour de la laïcité et d'une "tradition française à la Zemmour" pour ne jamais, au grand jamais, confesser un racisme atavique chevillé au corps car, on ne peut jamais cacher très longtemps d’où l’on vient, et plus encore quand on n’en est jamais vraiment parti.

    Et à ce propos, force est de constater que Zemmour n'est autre que le fils de ses parents et d’une seule histoire, la leur : le colonialisme ; guerre, Algérie française, OAS, expatriation et ressentiment jusqu’à une haine à peine contenue, vengeance et revanche pour des dizaines de milliers d'autres... fonds de commerce du FN dans le bassin méditerranéen, de Nice à Perpignan, soit dit en passant.

    Histoire que Zemmour a faite sienne, l’intériorisant sans doute bien au-delà de ce que pouvaient attendre de lui ses ascendants car enfin, est-ce que les parents tiennent à ce que leurs enfants leur ressemblent à ce point ? Rien n’est moins sûr !

    Fier de cet héritage, garant de sa transmission - ressentiment, isolement et fermeture à l’autre.-, Zemmour contre Rama Yade, contre Taubira, contre Thuram, contre les groupes de Rap, contre ce qui de près ou de loin touche à l'Islam, inutile d'aller chercher plus loin... c'est Zemmour qui n'a de cesse de régler les comptes de ses ascendants sans jamais les solder, contre les Peuples colonisés, aujourd'hui indépendants, et leurs descendants français ou non nés et vivant sur notre sol.

    Et c'est sans doute là son drame le plus intime : Zemmour n'aura finalement rien choisi pour lui-même et de lui-même ; il n’aura fait que subir un destin balayé par les vents d'une Histoire qui ne pardonne pas l'incapacité à prévoir l'inexorable... faute d'une conscience appropriée ; l'ignorance, l'insouciance et l'arrogance n'étant d'aucun secours face à la puissance d'une volonté de justice et d'autodétermination des Peuples humiliés.

     

               Pour sûr ! Un coup majeur porté à la croyance à la perfectibilité de l’être humain, fondement de notre civilisation pourtant bel et bien française et européenne celle-là... que ce Zemmour (et tous les autres avec lui) face à Tariq Ramadan qui n'a besoin d'aucun avocat, droit dans ses bottes, et qui n'a rien à cacher non plus face à des animateurs-créateurs d'ambiance au service d'une télé... spectacle d'un monde qui n'existe pas.

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