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Islam, Coran et Musulmans

  • Burkini : le scandale d'une défaite

                    Les débats, commentaires et invectives autour du port du burkini font rage en France et à l'étranger depuis trois semaines car la France en est là manifestement : brukini ou pas burkini ?

    Le Conseil d'Etat a tranché ; et même si ce conseil ne jouit plus d'aucune crédibilité depuis l'affaire Dieudonné... son jugement fait loi : tous les arrêtés anti-burkini des municipalités concernées sont donc annulés. On pourra éventuellement s'en réjouir d'autant plus que là n'était pas la question ni le problème.

     

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                                       Marwan Muhammad par ci,
     
                                                                      Marwan Muhammad par là...
     
                   La vraie défaite à propos du burkini c'est que les femmes concernées par ce vêtement aient accepté que ce soit un homme, musulman de surcroît, qui soit manifestement le seul autorisé à "défendre" cette tenue... car, nombreux sont ceux qui, à juste titre, n'acceptent aucune parole d'homme à propos des femmes, a fortiori quand il s'agit de leur tenue vestimentaire.
     
    Aussi, dans le contexte de la société française, force est de s'interroger : comment un homme peut-il se" respecter" si peu au point de penser qu'il est moralement, culturellement et intellectuellement autorisé à s'exprimer à propos du burkini alors que ce dernier aurait dû savoir qu'une femme musulmane concernée par le burkini pour le porter sur les plages, était bien plus à même de s'expliquer à ce sujet (1) ? Autre interrogation : faut-il vraiment que la femme musulmane ait totalement rendu les armes, au mieux... baissé les bras face à ce qui fait d'elle un être autonome, capable de prise de décision qui ne doit rien à personne, et en dernier lieu à un homme, fût-il son mari, pour n'avoir pas, à notre connaissance, exigé d'être entendue à la place de Marwan Muhammad ?
     
    C'est là qu'est le véritable scandale d'une défaite consommée en ce qui concerne l'absence de parole de femme musulmane en France ; de plus, les médias sont certainement complices autant par paresse que par lâcheté en sur-exposant plus que de raison la figure de Marwan Muhammad sans faire l'effort d'aller chercher une parole féminine.
     
    De plus, privilégier une parole d'homme sur un sujet qui concerne les femmes, parole religieusement connotée, ce n'est sûrement pas la bonne voie à emprunter pour lutter contre l'islamophobie puisque telle est la mission du CCIF (Comité Contre l'Islamophobie) dont Marwan Muhammad est le représentant
     
    A propos de ce Comité (et le CFCM pareillement) que l'on peut soutenir sur le fond, celui de la lutte contre l'islamophobie, lorsque le porte-parole de ce comité sera une femme, nous serons sans doute plus nombreux, nous qui sommes des non-musulmans de bonne foi et de bonne volonté, à accorder à ce collectif toute l'attention qu'il pourrait mériter.
     
                     En attendant, on ne peut que conseiller vivement à tout un chacun de suspendre son soutien à ce collectif sans parole de femme.

     

     1 - La méfiance, pour peu qu'il en soit question ici contrairement à ce qui a pu être sous-entendu ailleurs sur Internet suite à la publication de ce billet, ne concerne pas l'homme musulman en tant que tel mais l'homme "tout court" ; l'homme au masculin. Cela fait des décennies qu'en France plus aucun homme ne s'autorise à commenter, à valider ou pas, une tenue de femme et pas simplement parce qu'aucune femme ne le supporterait mais bien plutôt parce que culturellement, intellectuellement et moralement, cet homme a intégré le fait qu'il ne serait en aucun cas habilité à le faire : tout en lui l’interdit et l'interdirait s'il devait être tenté de le faire. Il s'agit bien à la fois de culture, de morale et de disposition ou de compétence intellectuelle.

    Toujours dans le contexte de la société française, il semblerait que ce Marwan Muhammad soit donc totalement "largué" : lui et son comité (CCIF) ont 40 ans de retard.

    Cela précisé, mon billet a pour sujet le silence des femmes concernées par le port du Burkini et le fait qu’elles puissent accepter que ce soit un homme qui prenne en charge ce sujet ; que d'aucuns refusent de s'interroger sur le silence de ces femmes ne doit en aucun cas priver qui que ce soit de se poser les bonnes questions qui sont aussi des interrogations plus que légitimes.

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  • Islam, Musulmans et réformes sociales

     

                   On ne compte plus les leaders d'opinions qui toute la journée durant demandent à ce qu'ils croient être "la communauté musulmane de France" de se désolidariser publiquement de tous les actes meurtriers commis au nom de l'Islam. D'autres encore mettent l'accent sur l'urgence de reconstruire l'organisation du culte musulman en France alors que les auteurs des derniers attentats n'avaient jamais lu le Coran ni fréquenté une mosquée... 

    Aussi, à ceux qui se préoccupent du fait que « peu de musulmans manifestent contre les violences perpétrées en leur nom » - ou bien, au sujet de cette autre interrogation : « A quand de grandes manifestations du monde musulman pour se lever contre la vision dévoyée de l'Islam que nous proposent les Islamistes » -, on pourra toujours suggérer la question et la remarque suivante en guise de réponse :

                  Quand est-ce que les catholiques, pratiquants ou non, ont-ils manifesté pour la dernière fois contre les agissements et les débordements des catholiques intégristes ? Et combien étaient-ils ?  Quand est-ce que des Juifs français pratiquants à propos de la politique d'un Etat qui leur est très proche, Israël - colonisation de la Palestine et guerre contre une population sans moyens qui est pourtant dans le droit de l'auto-défense -, se sont-ils désolidarisés avec cette politique ?

     

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                  On peut très certainement affirmer, sans trop risquer de se tromper, qu'il n’y aura pas plus de manifestants dans les rues pour défendre la liberté de conscience du côté des Catholiques et des Juifs religieux que du côté des Musulmans.

    En effet : qui a défendu depuis plus de trois siècles cette liberté ? Qui la défend encore aujourd’hui, et qui la défendra demain ? Une petite partie des classes moyennes athées ou bien agnostiques - parfois croyantes, au clergé éclairé -, et une partie tout aussi minoritaire des classes supérieures qui ont accès aux moyens d’information et de communication.

    Or, les populations pouvant se réclamer de ces deux classes ne sont pas suffisamment nombreuses chez les Français issus de la culture arabo-musulmane (et l'on pourra le regretter, bien évidemment) pour que... toute mobilisation d’une petite partie d'entre elles, puisse avoir un réel impact. Quant à sa majorité silencieuse... celle-ci demeure... silencieuse, comme toutes les majorités silencieuses d'où qu'elles viennent, et plus encore lorsque cette majorité appartient à une... minorité.

                  Aussi, il semblerait que l'absence de mobilisation des Français issue de la culture arabo-musulmane contre l'intégrisme musulman ne soit pas qu'une question simplement culturelle et religieuse mais... économique et sociale.

                  A vos réformes donc !!!!

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    Pour prolonger, cliquez : Musulmans de France, injonction et sommation

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  • Najim Laachraoui : un kamikaze sans histoire

     

                      Déplorer l'arme à l'oeil et en public les effets pour mieux en cacher les causes tous en les soutenant en secret, jusqu'à parfois même les chérir non pas comme un moindre mal mais comme un suprême bien, tel est, n'en doutons pas un instant,  les moyens employés par tous les gouvernements chargés de nous tenir dans l'ignorance, afin d'échapper à leurs responsabilités ainsi qu'aux sanctions afférentes.

     

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    kamikazes  à l'aéroport de bruxelles,terrorisme,etat islamique,usa, arabie saoudite, israël, europe,

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le parcours scolaire de Najim Laachraoui, Belge d’origine marocaine, l’un des deux kamikazes de l’aéroport de Zaventem, « considéré comme l’artificier des attentats de Paris », ne laissait rien présager. Les directeurs des écoles qu’il a fréquentées se souviennent d’un étudiant modèle.

    Scolarisé à l’Institut de la Sainte-Famille entre l'age de 12 et 18 ans, à Schaerbeek, un quartier de Bruxelles, la directrice de l’établissement, Véronique Pellegrini témoigne : «Le parcours de Najim ne pourrait pas être plus classique. Il n’a jamais redoublé, il n’a jamais causé de problèmes, de discipline ou autre

                   En 2010 et en 2011, Najim passe par l’ULB (Université libre de Belgique) et l’UCL (Université catholique de Louvain), deux grandes universités bruxelloises. En février 2013, il part en Syrie rejoindre l'Etat islamique.

     

                   Parmi ceux qui, en Europe, ont causé la mort de civils lors d'opération meurtrière pour le compte de l'Etat islamique, de Daesh et autres sectes islamiques instrumentalisées par l'Occident et les Monarchies du Golfe, ce jeune Belge est le seul à n’avoir aucun passé de délinquant. Contrairement à tant d'autres, son engagement n'aura donc pas été une manière de mettre fin à une vie sans objet, sans issue, une vie sans solution, une vie d'entrées et de sorties de prison.

                  kamikazes  à l'aéroport de bruxelles,terrorisme,etat islamique,usa, arabie saoudite, israël, europe,Mais alors, quel sens donné à cet engagement-là ? Celui d'un jeune homme sans histoire, kamikaze qui n’avait pas 25 ans quand il a actionné sa ceinture d'explosifs ce matin du 22 mars 2016  à l’aéroport de Bruxelles ?

     

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    Bernard Stiegler : "Le consumérisme nous a totalement désocialisés. Nous avons des comportements de gorets  en tant que consommateurs ; des porcs nous sommes ; et c’est plus vivable ; c’est (aussi) pour ça qu’il y a des mômes qui basculent du côté du Jihadisme extrême (pas seulement religieux ; écologique aussi - ndlr) ; ils n’y croient plus à cette société consumériste ; ça les dégoûte (le tout marchandise) et ça les rend méchants. Ils seront de plus en plus nombreux à l’avenir. »

     

                  Jacques Ellul : "Jamais l'homme n'a atteint une pareille décadence morale, spirituelle, psychique, une telle anomie, le taedium vitae, l'appel de la mort, l'hypnose suicidaire collective... Là est déjà le châtiment de l'Occident envahisseur. Prométhée de nouveau enchaîné, mais par ses propres moyens. Jamais je l'affirme comme historien et sans rien magnifier du passé, jamais l'humanité n'a atteint une telle puissance, une telle souffrance universelle, un pareil désespoir."

     

    Pour prolonger, cliquez : Sonate d'automne

     

                  Une analyse du fait "islamiste" et de sa violence avec Fethi Benslama ICI

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  • Tariq Ramadan et l'état de la France : quand l'Etat est tout nu !

     

     

     

     

     
                   Intervention de Tariq Ramadan suite à l'annulation par le ministère de l'intérieur et la direction de la cité universitaire, de la conférence "Émergence d'une élite musulmane française : enjeux et défis" prévue à Paris.
     
     
     
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                  La persécution de Tariq Ramadan, après tant d'autres depuis 20 ans, c'est la continuation de la politique des années 50 vis-à-vis des pays arabes : abattre le nationaliste arabe athée au profit de dirigeants affairistes entièrement dévouées aux intérêts de l'Occident et à leurs propres intérêts en récompense...

    Ou bien, un soutien inconditionnel aux monarchies pétrolières du Golfe... en apparence respectables :  Arabie Saoudite, Qatar.

                  L'Occident a détruit les derniers pays arabes laïcs...

                  Ici, en France, le masque est tombé : l'Etat est tout nu car seuls intéressent l'Etat français, le "Musulman" terroriste qui n'a, soit dit en passant, de "musulman" que la revendication de ses actes ainsi que le Musulman qui baisse la tête et qui s'excuse d'être... musulman.

     

                  L'Etat français et les médias n'ont que faire d'un Musulman citoyen, lettré, éduqué, entreprenant et sans complexe car, ce Musulman-là ne fait pas recette médiatiquement et électoralement ; de plus, ce Musulman en particulier est difficilement manipulable et ne permet pas l'instrumentalisation de sa religion et des religions ainsi que des extrêmes à des fins politiciennes les plus abjectes  - une des spécialités du PS depuis les années 80 : diviser la communauté nationale et continuer d'occuper l'Elysée et Matignon.

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    Pour prolonger, cliquez : Tariq Ramadan, audition en 2009

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  • Audition de Tariq Ramadan à l'Assemblée Nationale

                   Plus des médias aux ordres d'une classe politique et économique dominante, censurent , ostracisent, bannissent, plus nous devons les contrer en donnant la parole, sans relâche, à ceux qui sont les victimes d'une politique scélérate au service des intérêts d'une hyper-classe internationale qui se moque et de la démocratie, et de la justice des conditions et de la liberté de conscience et d'expression.

                    Qu'il soit ici rappelé ce qui suit en ce qui concerne l'acharnement contre Tariq Ramadan : dans les faits, ce qui dérange chez celui-ci, c'est son opposition inconditionnelle à la politique israélienne (encore Israël !) et en particulier, sa gestion de l'occupation coloniale des territoires palestiniens en violation de toutes les lois internationales et de la tradition humaniste européenne.

    Personne n'est dupe ; et certainement pas tous ceux qui se soumettent à ce procès d'intention contre l'islamologue Tariq Ramadan, sous la pression des officines israéliennes françaises : PS, CRIF, LICRA, UEJF et leurs valets.

     

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                 Une audition de Tariq Ramadan à propos du projet de loi contre le port du voile intégral en décembre 2009 ; audition qui divisera la mission parlementaire.

                  A noter le fait que cette audition tournera très vite au procès ; un procès contre Tariq Ramadan. Jean Glavany, membre du PS (encore le PS !), en bon petit soldat bien formé - il sait ce qu'on attend de lui -, sera le premier à ouvrir les hostilités.

     


     

                      "Le respect de la loi commune est la meilleure compréhension et la meilleure prescription de l'Islam. Il est absolument possible, fondamentalement, d'être totalement musulman, clairement et sincèrement musulman et de respecter clairement et sans exigence d'aucune transformation, la loi commune."

                                        Tariq Ramadan

     

                     Rares sont les islamologues d'expression française (ou de langue maternelle française) issus de la culture arabo-musulmane autorisés à prendre la parole dans les médias ; pareillement en ce qui concerne les imams. Seuls les intervenants articulés, issus de cette même culture, mais... virulents contre l'Islam, athées le plus souvent (les derniers en date : Malek Boutih du PS (!) et un auteur algérien du quartier saint-Germain-Paris : Boualem Sansal) , sont autorisés à s'exprimer dans les médias ainsi que les imams au Français plus qu'approximatif.

    Dans le cadre du soutien à l'Islam, le "système médiatique" n'aime pas ceux qui savent se faire comprendre, manifestement !

                 Qu'est-ce à dire ?

                 On chercherait à humilier l'Islam et les Musulmans français que l'on ne s'y prendrait pas autrement.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Des femmes musulmanes féministes

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  • L'âge d'or de l'Islam avec Fernand Braudel

     

                        Extrait de l'ouvrage : "Grammaire des civilisations" rédigé en 1962 - en partie révisé en 1966 et 67.

     

     

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                      Quatre ou cinq siècles durant, l’Islam fut la civilisation la plus brillante de tout l’Ancien Monde. Cet âge d’or va, en gros, du règne du fils d’Harûn al-Rashid, Ma’mûm (813-833), créateur de la Maison de la Science de Bagdad, à la fois bibliothèque, centre de traductions et observatoire astronomique, à la mort d’Averroès en 1198.

     

    Vers 750, l’Islam a atteint ses frontières extérieures essentielles ; son expansion se trouve alors bloquée par les ripostes étrangères : Constantinople,  Poitiers, révolte du Maghreb. Ainsi une sorte de calme s’établit vers l’extérieur et en contrepartie, à travers tout l’Empire, une vaste économie trouve ses assises, ses rythmes de croissance, sa prospérité. Cet essor entraîne la mise en place d’une économie  de marché, d’une économie monétaire, ce qui implique d’innombrables conséquences. L’économie monétaire bouscule les assises d’une société féodale : les riche deviennent plus riches, insolents ; les pauvres... misérables. Si cette prospérité n’a pas tout commandé, elle explique le climat révolutionnaire ininterrompu, les troubles agraires et urbains liés souvent à des mouvements nationalistes, à travers l’Iran en particulier, mais pas seulement.

     

                      Ecoutez ce pamphlet d’Al-Ifriki, écrit vers l’an mille : « Non, assurément, je ne prierai pas Dieu, aussi longtemps que je resterai pauvre. Laissons les prières au Cheik, au commandant d’armées dont les caves sont pleines à craquer. Pourquoi devrais-je prier ? Suis-je puissant ? Ai-je un palais, des chevaux, de riches habits, une ceinture d’or ? Prier quand je ne possède pas le moindre lopin de terre, serait une pure hypocrisie !»

     

                     Comme tout se tient, les hérésies islamiques qui pullulent en ces siècles ont toutes comme les « hérésies » de l’Europe médiévale, leurs racines sociales et politiques. L’histoire de la pensée musulmane est liée sans fin à ces tensions explosives.

     

                      On peut comparer cet âge d’or de l’Islam à celui de la merveilleuse Renaissance, ce mélange de richesse matérielle et de richesse intellectuelle qui a été pour les deux Renaissance des heures de gloire exceptionnelle.

     

    Universelle et en même temps régionale, soit une et diverse, la civilisation islamique  construira des mosquées, des médersas, écrira une poésie qui célèbre Dieu, la nature, l’amour, la bravoure, le sang noble, la terre, la science, le vin défendu et les fleurs ; sans oublier les contes de l’Inde que nous pouvons lire dans le recueil des Mille et une Nuits rédigé tardivement au XIVe siècle au terme d’une longue gestation.

     

    La philosophie est partout la reprise de la pensée grecque et situe Dieu dans un cosmos. Fleurissent technique et industrie, de la Perse jusqu’en Andalousie, cette Espagne, pays terminus de l’Islam ; on y rencontrera des joueurs d’échecs et de kurâg ; des missions sans nombre seront organisées dans des pays éloignées, la Chine, demandant des copies des usages de toutes les Cours et tous les ministères…

     

    Plus tard, l’Espagne musulmane affichera sa singularité, l’Iran ses particularités vives et fortes ; le Persan devient une grande langue littéraire, écrit en caractères arabes, et Bagdad est alors une ville iranienne à l’intérieur de la vaste civilisation islamique.

     

    Cette opposition – universalité et régionalisme -, se retrouvera à travers tout l’Islam. L’Iran donc mais aussi l’Inde, l’Afrique noire, l’Indonésie… en  Inde on parlera d’art indo-islamique.

     

     

                     En ces siècles d’or, la civilisation musulmane est à la fois une immense réussite scientifique  et une relance exceptionnelle de la philosophie antique. C’est dans la science que cette civilisation a le plus apporté de nouveautés : la trigonométrie et l’algèbre. On pourra sans hésiter faire l’éloge des géographes mathématiciens, des observatoires astronomiques et de leurs instruments, des mesures excellentes que cette civilisation obtint pour des latitudes et longitudes corrigeant ainsi les erreurs d’un Ptolémée ; maître de la chimie, de l’optique, de la pharmacopée – la moitié des remèdes qu’utilisera l’Occident viennent de l’Islam -, la médecine islamique mettra en  lumière la circulation sanguine et pulmonaire, trois siècles avant Michel Servet…

     

                     Sur le terrain de la philosophie… c’est la reconquête, la  reprise des thèmes de la philosophie grecque : reprise accompagnée de prolongations, d’élucidations et de créations. La philosophie d’Aristote, explication dangereuse de l’homme et du monde face à une religion révélée qui est une explication générale du monde, obsède, subjugue ;  un humanisme musulman naîtra de cette confrontation à la fois philosophique et spirituelle.

     


    Cinq noms essentiels émergeront : Al-Kindi, Al-Farabi, Avicenne, Al-Gazali et Averroès, la flamme philosophique d’Espagne qui fera connaître à l’Occident les philosophies arabes et Aristote lui-même.

     

    Une philosophie sous l'influence donc de la pensée grecque d’un côté et la révélation coranique de l’autre qui se heurte à ses murs et reflue sans cesse vers son point de départ. L’Islam doit à la Grèce son goût pour les sciences et tous les philosophes de la civilisation islamique seront des savants : mathématique, astronomie, chimie, médecine…

     

    Dialecticiens habiles, d’aucuns ne croiront pas à l’immortalité de l’âme ; d’autres douteront de la résurrection des corps…  d’autres encore défendront la foi, d’autres seront idéalistes avant que l’Occident ne reprenne la flamme au XIIe siècle.

     

    Cet arrêt brusque de la philosophie et de la science musulmanes pose alors un problème d’ensemble.

     

    -          Est-ce les attaques d’Al-Gazali contre la philosophie et la libre pensée ?

     

    -          Est-ce à cause de ceux qui ont sauvé militairement un Islam partout menacé par l’Occident, et  qui l’auraient ainsi tué de l’intérieur : ils étaient Berbères, d’autres Soudanais, Turcs…

     

    -          Est-ce plutôt une question économique : la perte de la méditerranée, mer nourricière d'un Islam obligé de se replier sur lui-même pour survivre ?

     

                     Dans l’état actuel de nos connaissances (1962 ndlr), la question économique et politique semble la meilleure explication d’ensemble du brusque recul de la civilisation islamique.

     

     

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  • "La fabrique de l'ennemi" de Pierre Conesa

     

                  "L'Europe ne peut faire face à la radicalisation sans remettre en cause sa politique extérieure."

                                              Pierre Conesa (ancien haut fonctionnaire du ministère de la défense)

     


    Entretien avec Pierre Conesa

     

     

    Touteleurope.eu : Comment définir la radicalisation ?

    Pierre Conesa : Le sociologue définit la radicalisation comme la posture de légitimation ou de passage à l'acte dans le domaine de la violence. En ce sens, la radicalisation touche aujourd'hui beaucoup de domaines : politique avec une radicalisation d'extrême gauche ou d'extrême droite (identitaires, black blocs...), religieux (l'islam n'étant pas la seule grande religion touchée), ou encore des domaines tout à fait inattendus comme la défense des animaux, par exemple...

     


    Touteleurope.eu : En Europe, ce phénomène touche-t-il certains pays plus que d'autres ?

    Pierre Conesa : la caractéristique du système français est d'avoir une forte composante maghrébine, avec un rapport d'anciens colonisés à colonisateur. Mais la nouveauté réside dans le phénomène des conversions, qui lui touche les classes moyennes.

     

    Touteleurope.eu : Plusieurs pays européens ont mis en place des programmes de contre-radicalisation : peut-on évaluer leur efficacité ?

    Pierre Conesa : C'est très difficile, d'une part parce que les programmes sont assez récents. Par contre, beaucoup de pays démocratiques ont insisté sur le suivi des radicaux qui sont passés par la prison, partis en Syrie et reviennent, etc. Dans ce cas là, l'indicateur est beaucoup plus facile à déterminer.

     

    La France elle-même a mis en avant un programme de déradicalisation axé sur les prisons : qu'en pensez-vous ?

    Pierre Conesa : 90% des gens qui reviennent de Syrie ne sont passés ni par la mosquée ni par la prison. Ce qui nous manque aujourd'hui, c'est un tableau d'ensemble qui permettrait de répondre aux questions suivantes : que se passe-t-il sur Internet ? Par des contacts directs ? Dans les lieux de culte clandestins ? Cette volonté de trouver dans la prison des moyens d'éviter le contact entre les personnalités fragiles et les radicaux violents, la manière de s'occuper des gens censés s'être amendés après avoir fait leur peine de prison mais qui ne sont pas du tout déradicalisés... tout cela pose des problèmes de droit public complexes.

     

    Touteleurope.eu : La France pourrait-elle prendre exemple sur les programmes de déradicalisation mis en place ailleurs ?

    Pierre Conesa : Le principal problème est que toutes les analyses de déradicalisation ne tiennent pas compte des politiques extérieures. Or la radicalisation sectaire salafiste/djihadiste se base avant tout sur des thèmes internationaux : quand vous trouvez sur des sites web djihadistes : "2000 morts à Gaza et on ne fait rien, 4 occidentaux égorgés on envoie l'armée", vous ne pouvez pas avoir de contre-arguments face à ce type de posture diplomatique. Et tant qu'on ne prend pas en compte cette dimension de la politique extérieure, une des causes de la mobilisation et de la radicalisation ne sera pas arrêtée.

     

    Touteleurope.eu : Qu'attendez-vous de la stratégie européenne de lutte contre le terrorisme ?

    Pierre Conesa : J'ai bien peur que les Européens oublient cette dimension, à savoir qu'on ne lutte pas contre le terrorisme avec des moyens militaires. C'est un mensonge qui a été énoncé par George Bush après le choc de 2001, et l'on a vu le résultat des guerres en Irak, en Libye, ou en Afghanistan. Or, au lieu d'en tirer des conclusions, on en rajoute avec l'Irak et la Syrie... D'autre part on ne lutte pas contre le terrorisme avec des bombes aériennes de 250 kilos ! Quand vous jetez une bombe pour tuer un type dans une maison et que vous faites 60 victimes autour, vous avez 60 familles de terroristes demain ! Et je pose une question de fond : pourquoi aller se battre contre l'Etat islamique parce qu'il égorge des gens, coupe les mains des voleurs, opprime les femmes et interdit les autres religions... pour défendre l'Arabie Saoudite, qui coupe les mains des voleurs, opprime les femmes et interdit les autres religions ? Donc tant que l'Etat se comportera ainsi dans le monde arabo-musulman, tout en racontant qu'il est le droit, la sécurité, la justice, on ne convaincra pas des jeunes gens de ne pas partir.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Attentats - la responsabilité de l'Etat français

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  • Tariq Ramadan à coeur ouvert

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               Né le 26 août 1962 à Genève, essayiste, islamologue, professeur et universitaire de nationalité suisse, arabe, musulman d’origine égyptienne, soutien indéfectible de la cause palestinienne, critique d'Israël et des USA, cela suffit pour qu'il ne soit jamais donné à Tariq Ramadan d'être "traité" comme n'importe quel autre intellectuel.

    Sans doute doit-il s'estimer heureux - et nous avec lui -, de pouvoir encore, ici et là, s'exprimer dans les médias, de temps à autre, même si à chaque fois, c'est un procès en sorcellerie qui lui est fait : pieu dressé, entouré de fagots de bois... le bûcher médiatique est prêt ; il ne reste plus alors qu'à allumer le feu.

     

     

     

              Tariq Ramadan dans l'émission "On n'est pas couché" intervient à propos de son livre : "Mon intime conviction". C'était en 2012.

     

     

                     On ne manquera pas de remarquer un Zemmour tel un poisson rouge dans son bocal à tourner en rond et autour du pot, le pot de la haine, de ce qu'il ne peut se résoudre à nous confesser...  mais qu'il avouera plus tard "en promo" à l'occasion de la sortie de son ouvrage "Le suicide français" une fois qu'il aura été remercié par la direction de France 2 : "J'aime pas les étrangers, surtout quand ils sont français maghrébins, arabes, musulmans et africains".

    Mais alors… tout ça pour ça ! Toutes ces arguties d'une indigence à la fois historique et intellectuelle autour de la laïcité et d'une "tradition française à la Zemmour" pour ne jamais, au grand jamais, confesser un racisme atavique chevillé au corps car, on ne peut jamais cacher très longtemps d’où l’on vient, et plus encore quand on n’en est jamais vraiment parti.

    Et à ce propos, force est de constater que Zemmour n'est autre que le fils de ses parents et d’une seule histoire, la leur : le colonialisme ; guerre, Algérie française, OAS, expatriation et ressentiment jusqu’à une haine à peine contenue, vengeance et revanche pour des dizaines de milliers d'autres... fonds de commerce du FN dans le bassin méditerranéen, de Nice à Perpignan, soit dit en passant.

    Histoire que Zemmour a faite sienne, l’intériorisant sans doute bien au-delà de ce que pouvaient attendre de lui ses ascendants car enfin, est-ce que les parents tiennent à ce que leurs enfants leur ressemblent à ce point ? Rien n’est moins sûr !

    Fier de cet héritage, garant de sa transmission - ressentiment, isolement et fermeture à l’autre.-, Zemmour contre Rama Yade, contre Taubira, contre Thuram, contre les groupes de Rap, contre ce qui de près ou de loin touche à l'Islam, inutile d'aller chercher plus loin... c'est Zemmour qui n'a de cesse de régler les comptes de ses ascendants sans jamais les solder, contre les Peuples colonisés, aujourd'hui indépendants, et leurs descendants français ou non nés et vivant sur notre sol.

    Et c'est sans doute là son drame le plus intime : Zemmour n'aura finalement rien choisi pour lui-même et de lui-même ; il n’aura fait que subir un destin balayé par les vents d'une Histoire qui ne pardonne pas l'incapacité à prévoir l'inexorable... faute d'une conscience appropriée ; l'ignorance, l'insouciance et l'arrogance n'étant d'aucun secours face à la puissance d'une volonté de justice et d'autodétermination des Peuples humiliés.

     

               Pour sûr ! Un coup majeur porté à la croyance à la perfectibilité de l’être humain, fondement de notre civilisation pourtant bel et bien française et européenne celle-là... que ce Zemmour (et tous les autres avec lui) face à Tariq Ramadan qui n'a besoin d'aucun avocat, droit dans ses bottes, et qui n'a rien à cacher non plus face à des animateurs-créateurs d'ambiance au service d'une télé... spectacle d'un monde qui n'existe pas.

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  • Islam : la conquête... vue par Elie Faure

     

     

               "Quand leur confrontation dramatique s’ouvrit, l’Islam, on doit le dire, apportait aux civilisations occidentales des réalisations autrement vivantes que celles offertes jusqu’alors par le christianisme aux civilisations d’Orient. L’Islam qui s’était lancé, dans un élan sauvage de foi désintéressée, à la conquête de la terre, pauvre et libre, ayant pour patrie ses tentes et l’infini d’un rêve qu’il poursuivait au galop des chevaux, dans le vent des burnous et la poussière soulevée, l’Islam, au cours du Moyen Âge, fut le véritable champion de l’idée jamais atteinte dont la recherche nous enfonce toujours plus loin dans l’avenir.

    Quand Justinien avait fermé les écoles d’Athènes et chassé de l’Empire les artistes et les savants, – vers l’époque où Grégoire le Grand brûlait la bibliothèque palatine, – c’est auprès du roi sassanide Chosroès qu’ils s’étaient presque tous réfugiés. L’histoire a de magnifiques hasards. Les Arabes, maîtres de l’Iran, y trouvaient les trésors arrachés au naufrage qui permirent à leurs savants d’initier l’Europe nouvelle à la pensée antique.

    Alors que l’ombre s’épaississait en Occident, les Khalifes ouvraient des universités, creusaient des canaux, traçaient des jardins, reconstituaient la géométrie, la géographie, la médecine, créaient l’algèbre, couvraient les terres conquises de caravansérails, de mosquées, de palais. Ce fut, sur le fond noir de l’histoire de ces temps-là, une féerie éblouissante, un grand conte héroïque des mille et une nuits.

    Le miracle de l’esprit arabe, c’est qu’il fut lui partout et partout domina sans rien créer par lui-même. Anarchique et un, nomade, sans plus de frontières morales que de frontières matérielles, il put, par cela même, à la fois s’adapter au génie des peuples vaincus et persuader aux peuples vaincus de s’absorber dans l’unité de son génie. Copte en Égypte, Berbère au Maghreb (1), en Espagne, Persan en Perse, Indien aux Indes, il laisse en Égypte, au Maghreb, en Espagne, en Perse, aux Indes, la race convertie à l’Islam exprimer au gré de sa nature l’enthousiasme nouveau qu’il a su lui communiquer. Partout où il s’est arrêté, il est resté maître des coeurs.

    Quand Abou-Bekr eut proclamé la guerre sainte après la mort de Mahomet, les premiers conquérants de la Syrie et de l’Égypte installèrent leur rêve immobile dans les églises byzantines ou coptes qu’ils rencontraient sur leur chemin. La consécration primitive de l’édifice ne leur importait pas beaucoup. Ils étaient partout chez eux. Ils recouvraient les mosaïques et les fresques d’une couche de peinture, creusaient un mihrab dans le mur qui regardait la Mecque, et s’abîmaient dans l’extase les yeux fixés de son côté. Quand ils trouvaient dans les ruines égyptiennes, ou grecques, ou romaines, des colonnes antiques, ils les assemblaient au hasard, le chapiteau à terre souvent, toutes confondues comme des arbres dans la même unité vivante. Sur trois côtés de la grande cour intérieure, où la fontaine à ablutions amenait au sol desséché l’éternelle fraîcheur de la terre, leurs rangées parallèles soutenaient, sur les arcades ogivales, les toits plats des pays brûlants. Les murs extérieurs restaient nus comme des remparts. L’Égypte reconnaissait son rêve en celui des conquérants.

    Mais l’enthousiasme crée l’action et suscite la découverte. Trois siècles ont passé, l’ère des conquêtes est close. L’Islam, par l’Afrique du Nord, va de la rampe iranienne aux Pyrénées. Le nomade jouit des domaines conquis, y réveille les énergies lasses, consent à animer de son esprit le génie plastique des vaincus fanatisés. Toutes les oasis qui sèment les déserts d’Afrique et d’Espagne se transforment en villes blanches, s’entourent de murs crénelés, voient surgir des palais pleins d’ombre où les Émirs viennent chercher la fraîcheur après la traversée des sables.

    Quand la horde ou la caravane a marché de longs jours dans le cercle fauve et mouvant dont on n’atteint pas les bords, au lieu du bouquet de palmes que l’air brûlant qui vibre et monte suspendait parfois au bord du ciel, elle aperçoit maintenant une buée rose ou bleuâtre où des terrasses, des aiguilles rondes, des coupoles tremblent derrière un voile impondérable.

     

     

                L’âme des musulmans, même à l’heure où elle croyait se saisir, n’a jamais atteint qu’un mirage, une ombre froide étendue pour une heure entre les deux nappes de flamme où les conquérants passaient.

    La grande chevauchée finie, le rêve qui allait devant lui comme une vague, rencontrant maintenant partout la mer ou des barrières de montagne ou les murs de Byzance ou les escadrons francs, il faut qu’il trouve une autre issue, et, l’horizon fermé, qu’il monte. Il étouffe maintenant sous la coupole byzantine, il s’étale et s’étend sous le plafond des Égyptiens.

    Le plein cintre trapu des basiliques est devenu déjà l’arc brisé qui s’élance. La coupole sphérique montera comme lui. Elle retrouvera les vieilles formes assyriennes que la Perse sassanide a prolongées jusqu’au seuil de l’Islam. Ovoïde, élancée, donnant au regard perdu l’illusion que le rêve glisse avec elle et suit sa courbe fuyante pour s’échapper à son sommet, elle s’étrangle à la base pour masquer son point d’appui et réaliser le mystère de l’infini suspendu. À partir du XIVe siècle, les colonnes disparaîtront, la nudité des grandes nefs évoquera le désert avec l’horizon circulaire et la voûte du ciel pour seul repos aux yeux levés.

    Dehors, au-dessus des murs verticaux aussi dépouillés que le sol, on la voit monter, toute pure, accompagnée du vol des minarets d’où, par la voix des muezzins, tombent les paroles d’en haut à l’heure de la prière.

    Le mysticisme des nomades avait trouvé son abri. Le Turc seul, qui reflétait son âme épaisse aux tons ternis des faïences persanes, gardait la courbe byzantine avec la coupole écrasée qui restait invisible sous les bouquets de cyprès noirs d’où s’élancent les toits pointus des minarets cylindriques. Il héritait sans le savoir de la gloire de Byzance, il ne voyait pas le torrent des pierres blanches, bleues et roses ruisselant jusqu’à la mer, s’allumer avec le matin et s’éteindre avec le soir les dômes d’or qui retenaient jusqu’au bord de la nuit la flamme des crépuscules. Mais, hors de lui, de l’Égypte à l’Espagne, les architectes musulmans, s’ils changeaient au gré de leur génie la distribution des dômes, le type des minarets tour à tour ronds, carrés, octogonaux, lisses ou damasquinés, et la disposition des nefs, s’attachaient d’instinct aux formes élancées des fenêtres et des coupoles où l’aspiration mystique ne se limitait pas. Les mosquées égyptiennes restaient aussi nues que l’esprit du désert, les mosquées du Maghreb, de l’Espagne entrecroisaient leurs arcades à voussoirs blancs et noirs et surélevaient les rangées de leurs colonnes cylindriques pareilles à des taillis de palmiers à longues palmes retombantes.

    La grande mosquée de Cordoue, des temps de foi intransigeante, est une forêt presque obscure. On y sent la présence, dans l’ombre qu’épaissit la fuite des fûts silencieux, d’un infini terrible impossible à saisir."

     

     

    Elie Faure - Histoire de l’Art 1909 -1920 – L’Islam – La conquête

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     1 - Moghred dans le texte.

     

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  • Nabil Ennasri : jeune acteur de l'émergence d'une conscience communautaire musulmane

     

                       Diplômé de Sciences Po, spécialiste du Qatar, ayant étudié les sciences islamiques, chroniqueur, militant et globetrotter, Nabil Ennasri est une des figures montantes de la communauté musulmane de France.

    Charmeur, avenant mais ferme, il ne s'en laisse pas compter. Avec lui, les Musulmans de France redressent la tête et préparent leur avenir en tant que communauté à la fois respectée et crainte car Nabil Ennasri a compris qu'il faut être craints pour être respectés - dans un monde qui n'accepte qu'un rapport : celui de la force -, même si, contrairement à des responsables d'associations de type "communautaire", il se pourrait bien que les Musulmans de France finissent par gagner les coeurs et les esprits de la communauté nationale qui a tant besoin d'acteurs de paix, de concorde et d'union ; et cette communauté trop discrète semble en avoir les dispositions naturelles.

     

     

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                        L'actualité politique de la Communauté musulmane décryptée par Elias d'Imzalène co-fondateur du 1er site d'information musulmane Islam&Info et Nabil Ennasri auteur de l'ouvrage "Les 7 défis Capitaux".

     

     

     

    Antisémitisme, CRIF et mobilisation : Nabil Ennasri répond à Yonathan Arfi 

     


                   L'ouvrage "Les 7 défis capitaux" est à la fois une compilation et une proposition de projection. Une compilation car il est le fruit d'une dizaine d'années d'engagement de l'auteur au sein du paysage islamique de France. Une projection car il se veut une contribution pour tracer les contours d'une feuille de route pour une communauté musulmane en pleine mutation.

     

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