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Littérature et essais ad hominem

  • Simone Weil : pesanteur et grâce

     

    simone weil au panthéon emmanuel macron

     

     » Que savez-vous  de votre douleur en moi ? »

    (Bartleby – Hermann Melville)

     

             Agrégée de philosophie en 1931 à l'âge de 22 ans, Simone Weil aura tout sacrifié (santé, confort matériel, palmes et carrière académiques) à la vérité de l'existence et à son destin auquel elle n'aura pas cherché à échapper, s'y livrant tout entière.

    Elève d’Alain, admiratrice de Platon, de conviction révolutionnaire, très vite elle milita dans les rangs de l’extrême gauche. Elle aura couru la révolution aussi longtemps que ses forces physiques le lui permettaient… en Espagne et en URSS. Antistalinienne, elle disait : « Il faut accueillir  toutes les opinions et les loger verticalement à des niveaux convenables. »

                 Cette petite femme décédée à l'âge de 34 ans de tuberculose, chétive, de santé précaire, aura partagé le sort des ouvriers agricoles et celui des ouvriers de l'industrie automobile, chez Renault, comme fraiseuse, car à ses yeux : « Contempler le social, constitue une purification aussi efficace que se retirer du monde ».

     

                 

     

                Rétablir l’équilibre en se portant du côté des opprimés, helléniste, elle ne faisait qu’une avec ses idées et ses expériences. Issue d'un milieu cultivé, elle haïssait l’argent ; elle y voyait le Mal absolu, corrupteur de toutes les cultures et de tous les Peuples. Elle condamnait une culture ignorante de l'univers et du sacré sources de toute morale universelle. Très tôt, elle a considéré le "déracinement" des Peuples comme une calamité, la plus grave maladie morale d’un siècle de l’argent et de la marchandise, car ce déracinement abolit les devoirs de l’homme envers l’homme, encourageant une liberté sans spiritualité, une liberté vide et abstraite.

               Agnostique, elle éprouvera ce qu’il est convenu d’appeler « la présence du Christ », à la fin des années 30. Les évangiles deviendront alors son livre de chevet. Profondeur rare d’une vie spirituelle intense, Pascal, Saint Jean de la Croix, sainte Thérèse de Lisieux succèderont à Platon.

    En 1941, elle écrivait : « Dieu a créé un monde qui est, non le meilleur possible mais comporte tous les degrés de bien et de mal. Or, aujourd’hui, nous sommes au point où il est le plus mauvais possible ».

     

                    « … Lumière pour l’esprit et nourriture pour l’âme, l‘œuvre de Simone Weil n’a pas à être « actualisé » parce qu’elle émane de ce sommet de l’être qui surplombe tous les temps et tous les lieux (…) car la vraie lumière ne se décolore pas et les vraies sources n’ont jamais  besoin d’être rafraîchies. Et qui dit temporel dit aussi universel. Le fait que j’ai eu le privilège immérité de présenter au public le premier livre de Simone Weil m’a valu d’innombrables témoignages issus des quatre coins de l’univers. Et ce qui m’a le plus frappé dans ces témoignages, c’est qu’ils venaient des êtres les plus divers par leur origine, leur rang social, leur milieu culturel, etc… et que tous avaient été également marqués jusqu’au fond de l’âme par la lecture d’une œuvre où ils avaient trouvé la révélation d’une vérité intérieure attendue en vain jusque-là. Au crépuscule du siècle où l’accélération de l’histoire a fait surgir et s’écrouler tant d’idoles, ce livre apparaît de plus en plus comme un message d’éternité adressé à l’homme éternel, ce « néant capable de Dieu », esclave de la pesanteur et libéré par la grâce« . – Gustave Thibon – post-scriptum de 1990 à la préface de l’édition de février 1947.

     

                  Tuer le moi de l’intérieur, voilà la bataille à mener ! L’offrir en sacrifice en s’exposant nue et sans défense à toutes les vicissitudes de la vie. Théologie et métaphysique, la pesanteur c’est la loi de la création, la condition de l’homme et seule la grâce peut nous permettre de nous y soustraire car seule la grâce nous permet de nous « décréer » pour rejoindre Dieu : « Dire au Christ comme saint Pierre : Je te resterai fidèle, c’était déjà le trahir car c’était supposer en soi et non dans la grâce la source de la fidélité ».

    Privée d’armure, Simone Weil est l’anti-héroïne par excellence car le saint est nu, toujours ! Pour Simone Weil, le bien ne peut être qu’une nécessité intérieure : on ne peut pas faire autrement. A propos du Mal, Simone Weil écrira : "Si quelqu'un me fait du mal, il faut désirer que ce mal ne me dégrade pas par amour pour celui qui me l'inflige et ce, afin qu'il n'ait pas vraiment fait du mal"... seule condition qui permette le pardon tout en rendant à tout un chacun son humanité même si ses actes semblent l'en avoir exclu. Et à ce propos, rares sont ceux qui savent se montrer à la hauteur de leur martyre et de leur histoire même si quelques exceptions individuelles existent car, regroupées en communauté, les victimes ont tôt fait de rejoindre en acte leurs bourreaux selon le principe qui veut que nous ayons tous de bonnes raisons d'être ce que l'on est et de faire ce que l'on fait.

    La pire des atrocités devrait pousser la victime, dans un élan irrépressible, à la sainteté... quasiment. Certes ! Le calendrier n'y suffirait pas. Aussi, on pourra longtemps regretter que Simone Weil n’ait pas vu l’Europe libérée car nul doute, elle aurait su comme personne nous rappeler que les pires atrocités et injustices nous rapprochent du divin, de Dieu et de la grâce… et obligent ses victimes plus que les bourreaux à une exemplarité qui toucherait alors à la sainteté, elle qui l’a toujours frôlée de ses ailes d'ange turbulent.

     

                "L’extrême grandeur du Christianisme vient de ce qu’il ne cherche pas un remède surnaturel contre la souffrance mais un usage surnaturel de la souffrance" : souffrance expiatrice de celui qui veut le bien tout en ignorant le mal qui le lie contre une souffrance rédemptrice, celle de l’innocence... fascinée par l’absolue et l’éternel, son unique vœu était de ne plus faire écran entre Dieu et les hommes et de disparaître de son œuvre... une œuvre qui nous réconcilie avec le Christianisme, loin de ceux qui ne savent que nous en offrir une lecture et une interprétation unidimensionnelles.

               Qu’il soit ici permis de dire que le siècle qui est le nôtre sera non pas religieux mais... notre siècle sera celui de l’enracinement et de la spiritualité ou bien… il ne sera qu’un nouvel enfer sans purgatoire pour le plus grand nombre, et pas seulement pour les plus faibles d'entre nous.

     

     

                       

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  • La tentation de l’eugénisme : Michel Drac et ses auteurs

                  

     

                   Dans tout ce qui nous est présenté là par Michel Drac, et contrairement à ce qui est affirmé, il n'y a pas une seule information que l'on pourrait qualifier de "scientifique". Certes, il y a de l'histoire, de l'économie, de la sociologie, de la culture, de la statistique, de la psychologie, de l’ethnologie sans doute aussi mais pas de science ; et sûrement pas de génétique ni de biologie.

    Rien de surprenant à cela puisque le livre qui fait l’objet de la note de lecture de Michel Drac, - « Dysgénisme, la détérioration génétique dans les populations modernes » -  a pour auteur Richard Lynn qui n’est qu’un psychologue, c’est- à dire : vous et moi qui le sommes tout autant que lui… psychologues car pas plus bêtes que la moyenne de ceux que l’on dit plutôt intelligents, observateurs et perspicaces.

    Nous dire que les enfants des profs réussissent mieux que les enfants de parents de Moulinex... 

    Tout en omettant soigneusement de préciser que... contrairement aux pauvres, les riches transmettent non seulement un patrimoine matériel mais aussi un patrimoine sous la forme d’un environnement plus propice au développement intellectuel et autres de leurs descendants…

    Pour mieux conclure par ce qui suit : le QI des riches est statistiquement plus élevé que celui des pauvres…

    C’est sûr, nous n'avons pas besoin du soutien d'aucune science digne de ce nom pour en arriver à une telle conclusion.

    Rappelons au passage, car on ne le dira jamais assez manifestement, que le talent, l'intelligence, le génie ne sont pas héréditaires ni la bêtise : tous les enfants d'Igor Stravinski, de Bach, de Picasso, de Pissarro, de Marx, de Pasteur et de Einstein (fratrie de 3 et 9 enfants) nous l'ont salutairement prouvé. Ce qui nous a permis de passer à autre chose en musique, en peinture, en économie politique, en médecine et en physique même si l’on doit reconnaître en toute bonne foi que les marmots de tous les esprits supérieurs précédemment cités savaient très certainement se tenir à table, et ce bien mieux que ceux des pauvres.

    A la décharge de tous leurs descendants plutôt discrets donc, gardons à l’esprit les évidences suivantes : plus l’ascendant occupe le devant de la scène, moins on entend parler de sa descendance et moins celle-ci semble nourrir le désir d’emboiter le plus de leur géniteur ou génitrice plus connus sous les noms de père et mère car plus on parle de soi ou bien, plus l’on fait parler de soi, plus la voix de sa descendance peine à se faire entendre pour peu, et c’est pas certain du tout, que cette descendance ait quelque chose à dire.

     

                    N’empêche… continuons de dire les choses : cela n'aura échappé à personne, l'eugénisme est une vieille lune portée par des individus qui, comme un fait exprès, n'ont jamais soutenu - mais… est-ce un hasard ? - les politiques destinées à atténuer les conséquences dévastatrices de la pauvreté sur les êtres humains : conséquences économiques, psychologiques, culturelles et psychiques ; Hugo, Dickens, Zola, Engels dans "la situation de la classe ouvrière en Angleterre » de 1842, n’ont pas cessé de nous en parler pour mieux les dénoncer.

    Encore une fois, est-ce une coïncidence ce profil récurrent propre aux souteneurs de thèses eugénistes ?

    Plus anti-scientifiques et anti-intellectuelles que les thèses eugénistes (refus de la rigueur et refus de la recherche des causes derrière les effets), vous ne trouverez sans doute pas ! 

    Volontairement oublieuses de la corrélation entre les conditions d’existence et le niveau intellectuel et la bonne santé physique des intéressés – un corps robuste dans une tête bien faite -, toutes les thèses eugénistes ne sont qu’une immense illusion fruit d’un fantasme de toute puissance et de pureté auto-centrée car on l’aura aisément remarqué : il est souvent question de «  mon ethnie, ma race, ma culture… » contre celles de tous les autres : en effet, on n’a jamais vu un eugéniste blanc saluer la supériorité « génétique » d’un Noir ou d’un Asiatique - et vice versa : un Asiatique ( Japonais de surcroît) celle d’un Européen.

    Toutefois, auprès de tous les eugénistes ulcérés à l’idée d’une détérioration génétique  du patrimoine de l’humanité dont on doit pouvoir tenir responsables tous les damnés de la terre – nommément les exploités à la santé plus que précaire -, phénomène qui répond du nom de dysgénisme, risquons la prédiction suivante : il n'est pas certain du tout que le monde de demain ait  besoin de 8 milliards et plus d'individus au QI élevé ; la révolution numérique, la robotique, l’informatique devraient aisément faire l’économie d’un nombre croissant de travailleurs non-qualifiés et qualifiés, diplômés du supérieur ; d'autant plus que les pauvres - c'est à dire : les imbéciles... selon les auteurs que Drac nous présentent -, permettent aussi et surtout aux riches  - il suffit de se reporter aux théories issues de tous les mouvements de lutte contre le fatalisme d’un déterminisme têtu, de… disons…. Jésus Christ :-) à Karl Marx - de mener une vie tranquille qui les protège des affres de la misère, de la pauvreté ou de la précarité, de la mal-bouffe et de l’abrutissement télévisuel.

    Pour cette raison, il nous faudra très certainement attendre longtemps avant que les riches ne choisissent de se débarrasser des pauvres « responsable de la détérioration du patrimoine génétique de l’humanité » selon les analyses et les conclusions des auteurs que Michel Drac, thuriféraire, accompagne à l’office.

     

                     Dans les faits, une transmission de patrimoine d’ordre génétique spécifique à chaque classe - pire ou mieux encore, à chaque ethnie reconnue comme telle ( les Blancs, les Noirs, les Asiatiques, les Hispaniques - et les Inuits ?) - n’est admise par aucun membre de la communauté scientifique.

    A propos de l’alcoolisme, par exemple, et même si cette croyance a longtemps perduré jusque dans les années 30 avec Bernanos ( « Journal d’un curé de campagne » et « Sous le soleil de Satan ») il n’y avait que Zola au 19è siècle ( dans Nana entre autres romans) et ses contemporains, même les plus éclairés et les plus compassionnels, pour penser que cet alcoolisme ravageur était une maladie héréditaire ; affirmation qui ressemble fort autant à un lapsus qu’à un préjugé de bourgeois inexpiable.  Comme quoi : on a beau être de bonne foi et de bonne volonté, on finit toujours par revenir à la case départ. Chassez le naturel, c’est le mépris qui revient au galop ! Mépris et préjugés de classe.

    En revanche, on peut sans prendre le risque de se tromper affirmer que ce sont bel et bien les conditions d’existence  propices à l’alcoolisme qui pouvaient sous Zola, être considérées comme un déterminisme de classe ; et aujourd’hui encore, avec l’ajout des drogues dures, dans certains métiers physiquement et psychiquement pénibles : la bourse et le bâtiment – golden boys et immigrés de chez Bouygues et Eiffage côte à côte et fraternels, unis  dans une même souffrance ; finiront-ils par partager la même litière et les mêmes commodités :  les bungalows modulaires et les sanitaires de chez Algéco ?

    Rien n’est moins improbable au nom d’un « Salariés souffreteux de toutes les classes, unissez-vous ! »

     

                    On pourra dès maintenant légitimement s'interroger : qui peut bien se soucier de savoir qui des Noirs, des Blancs, des Hispaniques et des Asiatiques ont le QI le plus élevé en tant que groupe ethnique alors qu’aucune science n’est capable d’apporter un éclairage « scientifique... justement ! » à ce sujet ? Quelles sont donc les motivations réelles de ceux qui n’ont de cesse de s’en soucier ? Michel Drac y reviendra à propos d'un autre ouvrage tout aussi farfelu "Race, évolution et comportement (John Rushton) ICI

     
    Et enfin, quel usage comptent-t-ils faire de données aussi loufoques qui n’expliquent ni n’éclairent rien, en particulier à propos de la question suivante : qui fait quoi, à qui, comment, où, pourquoi et pour le compte de qui ?
     
    Alors qu'il s'agit là sans doute de la seule question qui importe vraiment.

     

                    Après réflexion, toutes ces thèses eugénistes pourraient finalement tout aussi bien servir un projet progressiste (projet qui nous rapprocherait de la justice des conditions d’existence) ; non pas : « supprimons physiquement les pauvres responsables de la dégénérescence de l’espèce humaine », en priorité ceux qui appartiennent à des ethnies reconnues comme inférieures par ces derniers et leurs statisticiens ad hoc qui ne renoncent jamais ! mais bien plutôt « Supprimons la pauvreté ! » afin que chacun puisse transmettre un environnement familiale et sociale propice au développement physique et intellectuel de sa descendance.

    Là encore, à propos du point de vue eugéniste, force est de constater ceci : ce que l’on pense ne nous aiderait-il pas aussi à nous consoler de tout ce qu’on n’est pas et ne sera jamais, à regret ? Car, compensation, tout n’est que compensation ! Tenez ! Prenez Nietzsche ! Nietzsche qui tenait à peine debout, d’une santé précaire à la fois physique et mentale, glorifiait le corps ; ce corps athlète et guerrier ; ce corps conquérant et triomphant. Michel Drac, quand à lui, semble se tirer une balle dans le pied en soutenant à mots à peine couverts tous ces théoriciens eugénistes car enfin : ces auteurs, ceux qu’ils citent, s’ils avaient aujourd’hui la main, au moment de décider de qui il convient de débarrasser la planète, selon des critères non pas intellectuels mais d’aptitudes physiques cette fois-ci… car les eugénistes accordent tout autant d’importance à l’intellect qu’aux muscles, s’accorderaient-ils, tous ces eugénistes, pour  gracier un Michel Drac qui, faute d’être épargné, accepterait alors de se « retirer », contraint et forcé ou bien, altruiste et héroïque, saut dans le vide, et ce pour mieux contribuer à la fin de la dégénérescence physique de l’espèce humaine qui semble lui aussi le tenir tant à cœur jusqu’à la crise cardiaque ?

    Sans vouloir être désobligeant ou exagérément pessimiste pour Michel Drac comme pour Nietzsche, on peut légitimement douter du fait que ces eugénistes fassent preuve de mansuétude à leur égard.

    Mais alors, glorifier ce qu’on ne sera jamais, est-ce rechercher inconsciemment une punition suprême et ultime auprès de ceux chez lesquels cette punition tarde à venir ? Est-ce aussi se jeter dans la gueule du loup eugéniste ? Un châtiment cette punition tant désirée, pour ce que l’on ne supporte plus de ne pas être : brillant dans tous les registres, au point et au poil, au sommet et sans vertige, de tout le potentiel humain ?

                    Pauvres sont les pauvres, riches sont les riches, jamais ils ne se rencontreront ! C’est Kipling qui nous fait la leçon. Mais alors, que l’on nous prouve qu’il y a bien une transmission génétique propre aux pauvres et une autre propre aux riches ; la transmission d’un patrimoine génétique étanche.

    Parler de patrimoine génétique de l’humanité et tenir pour responsable de sa détérioration - selon les classes et les ethnies, fatalement, parce que tel est le but ultime de ceux qui raisonnent autour de la notion de « patrimoine et de transmission » en lien direct avec une pseudo science qui n’a plus rien à voir avec la génétique et la biologie - la baisse drastique dans les sociétés développées du taux de mortalité infantile qui a favorisé les êtres humains aux existences les plus précaires, là où les taux de mortalité étaient les plus élevés,  est une gageure doublée d’une escroquerie intellectuelle et scientifique car il n’y a qu’un seul patrimoine génétique humain identique à 99,99%, transmissible donc autant par des QI de 140 que des QI de 70, des pauvres comme des riches  - il sera beaucoup  question de ce test psychométrique dans l’exposé de Michel Drac et des auteurs qu’il tient pour références -, à l’exception des principales maladies génétiques héréditaires ou non, cancers inclus : la mucoviscidose, la neurofibromatose de type 1, la trisomie 1, l’hémophilie, les myopathies, la drépanocytose et autres maladies dégénérative : Alzheimer, Creutzfeldt Jakob

    Un patrimoine unique donc « constitué de la totalité des gènes présents sur l'ensemble des chromosomes caractéristiques de l’espèce humaine. » Or, cette totalité est identique chez les Noirs comme chez les Blancs, chez les Pauvres comme chez les Riches, dans les pays développés comme chez ceux qui le sont moins ou pas du tout.

    Quant à affirmer que la mortalité infantile qui ferait partie « du processus d’élimination des héritages génétiques défavorables » serait d’ordre naturel… c’est oublier un peu vite que si nous ne sommes pas tous « égaux » devant la maladie, nous le sommes d’autant moins qu’il se trouve ou pas un médecin et des moyens hospitaliers performants ou pas à proximité ou bien à 10 heures de vol pour ceux qui n’auront pas droit au moindre retard car pour eux, c’est maintenant ou jamais !

    La nature, cette force cruelle et muette qui jamais ne rend des comptes, a bon dos dans ce cas d’espèce comme dans tant d’autres.

     

                     Au cours de cette vidéo, une « sélection pré-natale des embryons » est évoquée sans plus de détails. Mais alors, est-il question d’effectuer un test de QI intra-utérin sur le l’embryon devenu fœtus ? Ou bien, faut-il interdire aux indigents et aux classes populaires de se reproduire, sans oublier les critères ethniques pour un eugénisme pas simplement de classes, mais un eugénisme racialiste (1) ? (vidéo à 1.00.00)

    Dans l’attente d’un début de réponse à cette question, mentionnons cette autre donnée scientifique : «Tous les hommes descendent d'une même population d'Afrique noire, qui s'est scindée en sept branches au fur et à mesure du départ de petits groupes dits fondateurs. Leurs descendants se sont retrouvés isolés par des barrières géographiques (montagnes, océans...), favorisant ainsi une légère divergence génétique. » - Howard Cann, de la fondation Jean-Dausset.

     

                 A l’exception des maladies héréditaires, les spécificités d’une transmission ne peut être que d’ordre matériel, culturel et familial, fruit d’un environnement propice ou non, c’est selon, au développement intellectuel et social de sa descendance car les conditions d’existence chez l’humain qui vont de l’extrême pauvreté à une richesse irreprésentable matériellement et mentalement tellement celle-ci dépasse l’entendement avec toutes les conséquences sur la transmission non plus d’un patrimoine génétique inégal mais des conditions d’existence et des opportunités de développement humain, ces conditions-là sont quasi- scientifiquement analysables avec l’aide des disciplines suivantes : histoire, sociologie, ethnologie, économie, diététique, médecine notamment préventive…

    Le seul cas admis à propos de l’utilisation de l’expression « appauvrissement du patrimoine génétique » est le suivant : lorsqu’il est question de la disparition irrémédiables des centaines de variétés d'animaux domestiques et des milliers de cultivars végétaux.

     

                    Conclusion :

                     La tentation de l’eugénisme, c’est ce qui arrive quand on se refuse à se situer soit vraiment à droite (« … seuls ceux qui savent faire des affaires ont raison ! Et pour cette raison, on doit leur fiche la paix !»), soit vraiment à gauche (la recherche des causes premières d’ordre sociale, historique et économique est une exigence absolue) ; en d’autres termes, quand on refuse et Marx et Adam Smith (puis Friedman dans la caricature absurde de ce même Smith), la politique ayant le vide en horreur, c’est alors qu’une troisième voie émerge du brouillard - dans les faits, historiques, pas si nouvelle que ça cette voie que l’humanité a mille fois empruntée ! - et c’est alors que l’on vous présente un tableau noir à la craie blanche sur lequel il est dit que les « Noirs abrutis – QI faible - font plus de gosses que les Blancs tout aussi demeurés. Comprenez : à QI égal et pauvreté similaire, les Noirs sont quand même plus cons que les Blancs – vidéo à 00.50.00 - tout en soupçonnant les Indiens (pas les Cheyennes ni les Apaches... mais les Indiens hindous) inclus dans les dites "statistiques de la population asiatique" de faire baisser le QI de cette dernière que Michel Drac place au-dessus des Blancs (2).

    Et là on touche le fond : ridicule et bêtise.

    Exhaustivité oblige, sans doute : un second et dernier tableau se fera un devoir de confirmer l’assertion précédente : côté QI, les Noirs seraient en queue de liste - vidéo à 00.56.40

    Après cinquante minutes d’exposé, faut dire qu’on la sentait venir quand même un peu cette conclusion présentée avec le plus grand sérieux par Michel Drac. Et là, qui peut bien faire l’économie de penser que l’on ne se dirige pas une fois encore, une fois de plus, vers une impasse en forme de cul-de-sac ?

    Car que tous ces eugénistes aux motivations compensatrices ne se fassent aucune illusion : tous finiront par passer à la trappe et le fait que certains d’entre eux aient la naïveté de penser qu’ils y passeront en dernier n’y change rien : les machettes et les fours ne connaîtront aucun répit quand le moment sera venu de « sauver le patrimoine génétique des plus forts en QI, en muscles et en gueule ». Car cette révolution -là dévorera aussi sûrement ses enfants que les précédentes.

     

     

    1 - Autre sujet, autre problématique : dans ce contexte, on aura une pensée pour le transhumanisme, cette sorte d’eugénisme à l’envers : en effet, on ne cherche pas à se débarrasser des plus faibles mais bien plutôt à réserver à une population diagnostiquée comme possédant tous les attributs propres à la domination, de pouvoir dominer davantage encore ; et ce faisant, augmenter leur avantage comparatif ; les autres, exclus, végéteront en dehors de la sphère transhumaniste.... sans doute appelés à servir cette classe transhumanisée jusqu’au bout des ongles...

    Cela dit, difficile de se projeter sur 50 ou 100 ans et d’être capable de définir les rapports de classes qui seront alors en jeu : qui travaillera, pour qui, dans quelles conditions... pour répondre à quels besoins etc....
     

    2- En ce qui concerne la Chine, on imaginera le niveau de scientificité des études des eugénistes auprès d’une population de près de 1 400 000 000 d’habitants (chiffre de 2017)...

    Face à une telle population, même "10 millions d’Einstein chinois" ne parviendraient pas statistiquement à compenser pour une population active dont 80% sont « abrutis » le soir venu (ou le matin) par des conditions de travail dignes du 19e siècle (dans un contexte européen) et proche d’un traitement que l’on pourrait sans difficulté qualifier d’inhumain : quant à leur QI à tous...
     
    Alors, de là à en faire une population dont le QI serait le plus élevé au monde.... et pareillement, mais à contrario, en ce qui concerne les populations « Africaines », les moins vernies côté intelligence...
     
    Nous prépare-t-on une nouvelle campagne autour « du péril jaune » dans le genre : "Beware ! Too smart by half to be trusted, these chinese people !"
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  • Marc-Edouard Nabe : un regard sur ses années 2000

     


    Tout Nabe sur la mort de Ben Laden 1/2 par HamilcarGuimir

     


    Tout Nabe sur la mort de Ben Laden 2/2 par HamilcarGuimir

     

     

                     L'intégrale des interventions de Marc-Édouard Nabe, le 2 mai 2011 à l'émission spéciale de "Ce Soir ou Jamais" consacrée à la mort de Ben Laden.

     

     

     

                    Nabe revient sur les années 2000 et parle de son soutien aux Musulmans.

    Sujets évoqués :


    - Parcours d’un écrivain pro-arabe.
    - Carlos.
    - Négligence des Musulmans.
    - Attaquer les Juifs.
    - Défendre les Arabes.
    - Soutien des femmes.
    - Siné et Vergès face à l’ingratitude des Arabes.
    - Georges Ibrahim Abdallah.
    - Ben Laden.
    - La solidarité.
    - La Révolution.
    - L’Algérie, les Pieds-Noirs et le FLN.
    - Dieudonné.
    - Est-il plus méritoire pour un Musulman de sortir de sa banlieue pour rencontrer Marc-Edouard Nabe que pour Marc-Edouard Nabe de se déplacer à Bagdad sous les bombes ?

     

    ***

     

                Nabe s’est mal remis de l’échec de sa tentative en 2001 de rallier à lui tous ceux qui, en France, s’étaient réjouis des événements du 11 Septembre - il souhaitait cibler en priorité… les Français de culture arabo-musulmane -, avec la publication de l'ouvrage "Une lueur d'espoir" – comprenez : espoir pour les Nations arabes suite à ces événements (vidéo ICI ) -, qui fait l’éloge de Ben Laden, ange exterminateur et vengeur d’une Amérique dont il n’y a plus rien à sauver.

                 Nabe commettra une erreur  :  il refusera de questionner la version des événements de ce mois de Septembre 2001. Comment le pouvait-il quand on connaît ses motivations réelles ? A ses yeux, ces événements devaient être l’œuvre de Ben-Laden seul. Or, les « Arabes de France » ont voulu le beurre et l’argent du beurre : un « Ben Laden tout puissant » et la dénonciation des opérations sous fausses bannières, ou faux drapeaux, de l’Etat profond américain (CIA et NSA) ; Thierry Meyssan, lui, l’a fait ; il parlera d'imposture à propos de la version US des événements du 11 Septembre (vidéo ICI), et c’est lui qui « raflera la mise » ; Soral et Dieudonné aussi après Houellebecq en ce qui concerne la reconnaissance littéraire et toutes les facéties des médias qui vont avec.

    Dépité, Nabe tentera de se faire oublier ; et il aura au moins réussi ça ! Après un ouvrage sur DSK jugé "ingérable" par les médias... très vite, Nabe est allé cuver son échec comme on cuve un mauvais vin ; il est retourné à la peinture…  ou bien plutôt… au dessin en coloriste talentueux.

     

    ***

     

                   Que Nabe se console avec ceci : s'il n'est pas sûr que Houellebecq survive à la postérité car son "oeuvre" sans ambivalence peut se résumer en deux ou trois phrases ; en revanche, l'oeuvre de Nabe ne cessera jamais d'être re-visitée, sortant de l'oubli, y retournant, chacun allant y chercher une lecture "plurielle" et la promesse d'une transgression qui seule nous rapproche de la vérité ; ce type de travail littéraire sera d'autant plus recherché qu'il symbolisera l'exception qui confirmera une règle : celle un monde dans lequel Star Wars, Call of duty, leurs enfants et petits enfants auront tout balayé avant de tout occuper.

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    Pour prolonger, cliquez : Attentats parisiens : Marc-Edouard Nabe nous revient

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  • S'il existe un pays : Bruno Doucey

     

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    Serge ULESKI à propos de l'ouvrage : "S'il existe un pays"

     

                       Avec le poète Bruno Doucey, la vie est là et la neige qui n’est d’aucun pays et qui n’appartient à personne  sillonne, rigole, dévale collines, bois et fossés.

    Hanneton bourlingueur dans l’herbe haute des poètes… là où la branche se courbe pour aimer, et sous la paupière du silence, là où le crépuscule est pareil à une passe inquiète qui entre sans alphabet connu dans la tanière du sommeil, un attrape-rêves parcourt les chemins arborés de l’enfance, et face au taureau de la mélancolie qui ne craint pas de mourir à l’aube car toutes les portes lui sont grandes ouvertes… un soleil brûlant entonne une petite fugue iranienne, figure de jaspe au schisme de la vie au moment où le crépuscule ouvre les naseaux de la nuit.

                  Dans l'attente paisible d'un hamac d’où l’on observe le repli des années et du souvenir de l’être aimé, jadis, à son insu vraisemblablement, en secret donc…  loin de l’amour que l’on fait sans amour... se souviendront-ils tous seulement du mascaret de l’enfance avec sa houppelande de granit chevillée au corps ? Et savent-ils que la pierre, elle aussi, meurt de ne pas être aimée ?

                Maison et rive de l’enfance, robinsonnades et mémoires en étranges bordées, royaume ouvert sur un livre de sable… décidément non ! Nous ne venons pas au monde mais sommes tous, bien plutôt, jetés sans retenue ni considération sur le parvis de tout le malheur dont il est porteur, à la lueur d’une bougie d’un Blaise Cendrars et de son royaume nègre,  galets aux couleurs chaudes de l’été, visages de soie dans les draps de la vallée et des volcans d’une île tout intérieure, là où des grands arbres chagrin peinent à faire taire l’obscure terreur de leurs racines, une terreur indicible…

    Et c’est tout un monde qui alors vacille.

                    Si la poésie se marche autant qu’elle s’écrit, Léros et Caprera, après Salonique et Kalo Horio, villages de Crète, îles grecques où séjournent des ombres paisibles et chauffées à blanc qui offrent à l’avenir sa moisson de lumière juste avant qu’Haïti ne soit éventrée, terre ouverte, entrailles béantes dans le fracas des cisailles d’acier voraces, jamais rassasiées…  reste alors à rêver un rêve fou : des séismes de tendresse et d'amour.

    Et s’il existe un pays, l’Espagne rouge-sang y figure en bonne place, et ses poètes martyrs aussi, sous le feuillage des cordes de guitare, des sarabandes des gitans et du chant de la pampa, de la Sierra Nevada, Grenade plongée dans une nuit de silence de mort près d’une fontaine de larmes : celles des suppliciés qui n’ont pas pu se taire.

     

                 Epilogue…

                La maison jadis posée sur la douceur de vivre est maintenant en flammes, et c’est Cocteau, Seghers, Lorca et Machado – exhumation oblige ! -, qui emportent  avec Bruno Doucey, le feu et sauvent la poésie… cette terre mille fois trahie,  là où l’asphalte a tué le sentier et son eau vive.

     

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    220px-Bruno_Doucey_(Sète_2012).jpgPoète, éditeur de poètes ainsi se définit Bruno Doucet.

    Pour prolonger, cliquez www.editions-brunodoucey.com

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  • L'imbécile au travail

     

                  Observer un imbécile travailler, cadre de surcroît, l'observer ordonner, organiser, commander, peut vous occuper toute une journée, voire une semaine car, côtoyer l’imbécillité au travail, c'est un spectacle d'un intérêt supérieur, bien supérieur à tous les autres.

    Jadis cantonné à un rôle subalterne, sans danger pour autrui, l'imbécile des temps modernes se voit aujourd'hui doté de pouvoirs et de responsabilités qui font de lui l'agent redoutable d'une stratégie perverse. Et malheur à qui travaillera sous sa responsabilité !

    Si pour d'aucuns, leur manière d'être ce qu'ils sont peut quelquefois les sauver du naufrage d'un jugement sans appel, en revanche, de cet imbécile-là, rien à sauver car, rien ne le sauvera.

    "Qui suis-je ? Que fais-je ?" et puis aussi et surtout : "Qui sont les autres ?" sont des questions hors de portée pour cet imbécile qui ne dispose d'aucun outil pour se les poser. Quant à y répondre...

    L'introspection lui est interdite. Evoluant à la surface des choses, des êtres et de lui-même quand il s'agit de comprendre son environnement qui n'est pas simplement le sien mais celui de ses subordonnés, il n'explore rien de ce qui fait de lui ce qu'il est, et des autres... pas davantage

    Coriace mais sans courage, l'imbécile au travail battra toujours en retraite dès les premières alertes et il sera sans pitié à l'encontre de ses subordonnés qui l'auront exposé à des risques que lui-même n'aurait jamais envisagé courir.

                  L'imbécile au travail ne choisit pas : il subit et fait subir ; du pain bénit pour ses supérieurs. Les entreprises qui nomment de tels individus à des postes d'encadrement nous informent plus que tout sur l'idée qu'elles se font du travail qui doit être accompli et des hommes qu'elles recrutent.

    Dépourvu de jugement, aveuglé par sa tâche, son poste, son rang, sa fonction, son statut, il ne veut rien savoir. Il n'a qu'un souci : occuper la place et la garder. Les traits figés, le corps raide, statue sur son socle, il n’en descendra pas. Sûr de lui face à ses subordonnés, humble en compagnie de ses supérieurs, l'imbécile au travail acceptera tout de celui qui l’a nommé. Ses supérieurs ont toujours raison. Aucune vérité qui ne vienne pas d'en haut est bonne à prendre et de lui, il n'en sortira aucune. Quant à lui susurrer à l'oreille une idée ou deux, en collègue attaché à le sortir du cul de sac dans lequel son action le mènera inévitablement un jour, inutile de l'envisager : son regard dubitatif, marque d'une impuissance immense, viendra nous signifier que c’est sans espoir et qu'il nous a fait perdre notre temps car, l'imbécile au travail maintient hors d'atteinte toute réalité qui ne soit pas la sienne à des fins de se protéger d'une confrontation possible entre lui et le monde. Son incompétence n'est pas simplement due à un manque de qualification ou d'expérience ; son incompétence, c'est son imbécillité même, insoupçonnable en lui et aucune formation, remise à niveau, plan d'amélioration et d'accompagnement - si tant est qu'il vienne à l'idée de quiconque de les lui proposer - ne le sauveront. Où qu'il soit, quoi qu'il fasse, il demeurera un imbécile : cadre imbécile, père imbécile, mari imbécile, amant imbécile, fils imbécile, partenaire imbécile au squash entre midi et deux.

    Cette imbécillité a pour racine la certitude d'être au-dessus de toute autre compétence : celle de ses collègues - cadres tout comme lui - et de ses subordonnés ; certitude obstinée, démentie au quotidien, à chaque heure mais... néanmoins beaucoup plus gratifiante que l'aveu d'une incompétence crasse car, cette certitude cache très certainement l'angoisse inconsciente de ne pas être à la hauteur, et une culpabilité propre à l'usurpateur confronté à l'absence de toute légitimité dans l'exercice de son autorité.

                   Si d'aucuns peuvent comprendre ce qui a motivé sa nomination, nul ne sait d'où il vient cet imbécile au travail, cet éternel Don Quichotte de l'intelligence humaine ; nul ne connaît son histoire, le comment, le pourquoi d'une telle amputation de sa conscience - conscience propre aux êtres humains : la conscience de n'être que la partie d'un tout et sans elle, de n'être rien.

    Inutile de le questionner. Il a tout oublié. Grand bien lui fasse ! Car... qui peut bien être assez cruel pour souhaiter le réveiller, et ce faisant, l'exposer à toute l'horreur de sa condition face à un monde à l'écart duquel il se sera si longtemps tenu, tout en y agissant, en aveugle privé de canne blanche pour le guider et éviter qu'il ne trébuche sur le premier obstacle qui se dresse devant lui.

     

                  Lorsque celui qui l'a nommé aura besoin de couper quelques têtes ou de déplacer quelques pions, se sentant lui-même en danger, dans un jeu pervers qui n'amusera personne d'autre que lui qui aura failli un moment ne plus pouvoir s'en amuser, redevable de tout, l’imbécile au travail repartira comme il est venu, loin des honneurs et de la reconnaissance de ses subordonnés pour le travail accompli. Et c'est sans broncher qu’il expiera en acceptant de se sacrifier.

    Son expiation, vécue comme une nécessité qui ferait loi, c'est la dette que l'imbécile au travail n'a de cesse de rembourser, selon l'adage : "Qui paie ses dettes nourrit en secret l'espoir d'être autorisé à en contracter d'autres, dans un avenir proche, très très proche si possible et puis.... ailleurs, de préférence !" Car, l’imbécile au travail ne supporte pas les temps morts de l'oisiveté, mère de tous les vices, la réflexion et l’introspection porteuses de tous les dangers d'une révélation d'une réalité terrifiante : celle du caractère circonstanciel de son utilité et de sa nécessité au travail ; sans oublier ce sentiment évanescent, lancinant en lui : le sentiment de ne rien devoir à lui-même mais de devoir tout... à celui qui l’a nommé.

     

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    Extrait du titre : "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     

     

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  • La littérature française d'aujourd'hui et d'hier : ersatz et puis... extraits

     


    Michel Houellebecq : le Goncourt inopérant

     

    Interview Maurice G. Dantec décédé le 25 juin 2016, à propos de son ouvrage :

    "Les Résidents"

     

     

              Deux figures emblématiques ou bien, symptomatiques ou bien encore : problématiques ?

    Avec 2 pour tension... il semblerait que les anti-dépresseurs (et autres cachetons) aient remplacé l'absinthe ou plus simplement le bon vieil alcool : vins et spiritueux, pastis et pistaches, joie de vivre et d'exister... debout, érectile et ferme.

             Certes, à chaque jour suffit sa peine ! N'empêche, on finira quand même par regretter Malraux, surtout dans ses vieux et tout derniers jours.

     

     

     

              Hommage d'André Malraux à Jean Moulin au Panthéon :

    "Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortège"

     

     

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  • Jean de La Fontaine ou le clair-obscur de la raison politique et humaniste dans la fable

     

     

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    Le chat, la belette et le petit lapin *


    Jean de la Fontaine
    (-- Livre septième – Fable XV – La source de cette fable est une fable de Pilpay - Brahmane hindou (3es. ?) « D’un chat et d’une perdrix » tirée du livre des Lumières.
     
     
    ***



    Du palais d'un jeune Lapin
    Dame Belette un beau matin
    S'empara ; c'est une rusée.
    Le Maître étant absent, ce lui fut chose aisée.
    Elle porta chez lui ses pénates un jour
    Qu'il était allé faire à l'Aurore sa cour,
    Parmi le thym et la rosée.


    Après qu'il eut brouté, trotté, fait tous ses tours,
    Janot Lapin retourne aux souterrains séjours.
    La Belette avait mis le nez à la fenêtre.
    O Dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître ?
    Dit l'animal chassé du paternel logis :
    O là, Madame la Belette,
    Que l'on déloge sans trompette,
    Ou je vais avertir tous les rats du pays.


    La Dame au nez pointu répondit que la terre
    Etait au premier occupant.
    C'était un beau sujet de guerre
    Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant.


    Et quand ce serait un Royaume
    Je voudrais bien savoir, dit-elle, quelle loi
    En a pour toujours fait l'octroi
    A Jean fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume,
    Plutôt qu'à Paul, plutôt qu'à moi.


    Jean Lapin allégua la coutume et l'usage.
    Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de ce logis
    Rendu maître et seigneur, et qui de père en fils,
    L'ont de Pierre à Simon, puis à moi Jean, transmis.
    Le premier occupant est-ce une loi plus sage ?
    - Or bien sans crier davantage,
    Rapportons-nous, dit-elle, à Raminagrobis.
    C'était un chat vivant comme un dévot ermite,
    Un chat faisant la chattemite,
    Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,
    Arbitre expert sur tous les cas.


    Jean Lapin pour juge l'agrée.
    Les voilà tous deux arrivés
    Devant sa majesté fourrée.
    Grippeminaud leur dit : Mes enfants, approchez,
    Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause.
    L'un et l'autre approcha ne craignant nulle chose.
    Aussitôt qu'à portée il vit les contestants,
    Grippeminaud le bon apôtre
    Jetant des deux côtés la griffe en même temps,
    Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre.
    Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois
    Les petits souverains se rapportant aux Rois.

     

     

     * La Fontaine aurait-il été proudhonien avant l'heure :"La propriété, c'est le vol" ? Ou bien encore, La Fontaine aurait-il été un apologiste de la rapine, à la fois révolutionnaire et gangster pour finalement botter en touche : ni la rapine ni le droit qui aurait pour fondement l'usage et la coutume, loin de la justice, mais bien plutôt...  la soumission à l'arbitrage du plus fort ? Ou alors, la dénonciation de cet arbitrage et du risque encouru par tous ceux qui seraient tenter d'y recourir ?

     

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                      " Loin de ces rapports de force très crus entre maître et esclave qui faisaient, selon la légende, de chaque intervention d'Esope, une stratégie d'esquive et de survie face à la violence du monde... d'un redoutable potentiel critique, si La Fontaine adopte au seuil du premier recueil de ses fables la posture humble de simple "traducteur" d'Esope, il ne manque pas, dans sa préface, de faire état des libertés qu'il s'est données vis à vis de ses modèles.

    Si l'on en croit toute une tradition critique, La Fontaine aurait donc réalisé ce petit miracle : en devenant en quelque manière "notre Homère", il aurait pour longtemps "reterritorialisé" le genre le plus nomade, exportable, atopique qui soit : la fable. Mais cet encrage profond dans une situation précise (la France du règne personnel de Louis XIV), n'est en rien un enfermement : ces fables (apologues), en s'enracinant plus fortement que leurs devanciers (1) dans un terreau socio-politique spécifique, n'en auront acquis que plus de "pouvoir" encore ultérieurement.

    Qui ne pourrait témoigner de l'aptitude sans précédent des Fables de La Fontaine à s'émanciper de leur contexte immédiat, à éclairer d'autres types d'actualité, à venir hanter d'autres états de l'imaginaire collectif et de la langue ?

    (...) C'est que la fable selon La Fontaine, cet objet ténu, d'apparence aussi humble que celle du roseau, a résisté là où bien des chênes d'allure plus impérieuse ont basculé dans le néant de l'oubli. Cette souplesse extrême, elle le doit d'abord, à sa puissance intégrative sans égale : du premier recueil (1668) au second (1678-79), on assiste à une prodigieuse extension du domaine de la fable et les commentateurs ont souvent comparé, à juste titre, l'apologue lafontainien à un "creuset" où tant de traditions viennent se mélanger, et où les éléments d'autres genres -épopée, poésie lyrique, tragédie, contes et nouvelles, comédie surtout... - se fondent en d'improbables métissages, sans que pour autant ces rencontres surprenantes de tonalités, de registres et de styles virent immanquablement au burlesque, école de liberté elle aussi présente dans les Fables, mais le plus souvent étrangère au "tempérament" recherché par La Fontaine.

    Par la grâce de cette souplesse savante et rusée, la fable pourra plier à tous les vents que feront souffler sur elle les vicissitudes de l'histoire. Or, cette souplesse ne tient pas seulement à cette aptitude exceptionnelle à parasiter les autres genres et à les faire communiquer par des voies imprévues, elle doit beaucoup également à la mise en échec de toute parole excessivement dogmatique. Dans le grand voyage des Fables, les dogmatismes locaux semblent systématiquement voués au ridicule et au malheur. Par ailleurs, une expérience de plus de trois siècles a amplement démontré que les interprétations univoques de telle ou telle fable n'ont pas résisté bien longtemps. C'est que, semblable en cela à l'essai montaignien, la fable ainsi conçue se prête mieux sans doute que tout autre genre, à une pensée de la situation, de l'occasion, de la contingence. Elle se dérobe à toute signification allégorique définitive et stricte ; et la recherche des influences et des sources qui l'irriguent, si elle peut fasciner en soulignant la virtuosité des transpositions, ne restreint généralement  en rien la gamme des interprétations possibles - bien au contraire."

                                                          Jean-Charles Darmon - 2002

     

     

     

    1 – Esope, Phèdre, Epicure, Horace, Erasme, Cesar Pavesi…

     

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  • M comme Malédiction

     

    To the memory of an angel...

     

    A la mémoire de Béatrice Athévain

     

             Et alors qu'on ne lui avait rien demandé (et ses enfants non plus - leur père s'étant fait la belle, lui qui n'avait aucun goût pour tout ce qui touchait de près ou de loin à la littérature - il ne lisait... ou plutôt, il ne regardait... que de la BD), en une quinzaine d'années, Béatrice aura tout sacrifié à l'écriture avant de tirer sa révérence.

    Son oeuvre ?

    Un ouvrage retenu par un éditeur dans les années 90 "Fragments, interstices et incises" (oui, je sais ! Le titre ne lui aura été d'aucun secours) ; éditeur qui... depuis, a mis la clé sous la porte ; et six titres restés à ce jour inédits et... introuvables - ce qui n'arrange rien.

    Existent-ils ? N'existent-ils pas ces inédits ? Ont-ils été détruits par son auteur juste avant qu'elle ne décide de... ?

    Affaire à suivre... pour peu qu'il y ait des volontaires.

     

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              Ce billet est aussi dédié à tous les obsessionnels compulsifs de l'écriture. 

     

             Ils ne se déplacent jamais sans un stylo et un carnet ; leur hantise : se trouver dans l'impossibilité de pouvoir noter une idée, une phrase, un mot ; et de ce fait : les oublier.

    Une peur panique pareille à une phobie : plutôt mourir que de courir ce risque !

     

                   Mais... comment taire cette voix qui hurle à l’intérieur, ou bien qui chuchote ? Cette voix qui ne vous lâche pas jusqu’au moment où n’y tenant plus, on sort un carnet pour noter à la hâte trois mots, dix lignes, tout en sachant que l‘on y reviendra cent fois, mille fois, et que ce n’est que le début d’un travail harassant.

    Ils ne vivent que pour elle, tous ces don Quichotte de la littérature,  y retournant sans cesse, et n’y trouvant qu’un soulagement, qu’une libération bien éphémère.

    Après toutes ces années, qui ne chercherait pas à lui échapper, même pour un temps ? Qui ne serait pas tenté d’apprendre à l’ignorer ou bien, à contrôler son débit, et même, pouvoir faire “comme si de rien n’était”, comme si cette voix n’était pas là... cette voix qui, sans relâche vous force, et vous pousse jusqu'à ce que vous lui cédiez et qu’elle s’apaise en vous en attendant la prochaine fois, la prochaine heure ?

    Tous vous le confirmeront : une malédiction cette voix pour laquelle ils ont tout sacrifié ; un supplice qui absorbe, qui recouvre tout, qui vous prend tout et qui ne vous rend rien.

    Maudits ils sont !

     

                      Mais alors... qui les délivrera de cette malédiction qu'ils portent en eux comme une brûlure ?

     

     

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    Photos : M le Maudit, film de Fritz Lang de 1931

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  • Quelque chose de perdu... pour demain

     

     

     

                     "Assumer l'ultime confirmation de l'hégémonie de la métaphysique sous la forme de la déréliction ontologique de l'étant" (Heidegger)

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    "Mais bien sûr ! Je vous remets maintenant ! Vous êtes celui qui voulait mourir.

    - En effet.

    - Mais alors, vous avez survécu ? Vous n’avez pas su... ou bien, vous n’avez pas voulu mourir ?

    - Non, c’est pas ça. La vérité, c’est qu’on survit à tout parce qu’on se console de tout. Mais... moi, à cette époque, je ne le savais pas.

    - Oui. On survit à tout. C’est la raison pour laquelle tout peut arriver. Et c‘est aussi la raison qui fait que finalement... tout arrive. N’est-ce pas ? Et pourtant, rien ne sert de souffrir car il vaut mieux mourir à temps. Cette volonté de vivre est devenue une habitude que les générations se transmettent ; et dans ce domaine, on peut dire que la transmission a bien eu lieu. Y'a pas de doute ! Elle n'a pas été interrompue car, il ne s’agit pas d’un instinct qui vous échappe et qui s’impose à vous et ce, malgré vous ; non ! Il s’agit bien d’un choix conscient : on décide de survivre à l’horreur et à la douleur.

    - C’est vrai ! On a la lâcheté ou la faiblesse de survivre à toute cette horreur.

    - C’est votre capacité d’endurance qui rend possible toutes les horreurs. Votre obstination à vouloir survivre coûte que coûte, votre résistance font que l’horreur sera toujours sûre. Alors... aussi longtemps que vous survivrez à cette horreur, nous n’y mettrons jamais fin. Cet instinct pervers de conservation fait que l’horreur se reproduit sans fin. Si seulement vous étiez tous... incapables de survivre à cette horreur ! Si seulement vous n'aviez pas la folie de lui résister, je suis sûr que votre espèce, pour ne pas disparaître, ferait tout pour l’éviter, car la prochaine horreur signerait la fin de l'espèce humaine dans sa totalité.

    - Cachez toutes ces horreurs que je ne saurais voir ! Nous sommes donc tous des tartuffes de l'horreur ? C'est ça ?

    - Oui ! Bien sûr ! Car, à trop voir, on finit par s’éblouir soi-même. Alors, ne cherchez plus ! Je vous le dis : vous ne vous débarrasserez pas de cette horreur aussi longtemps qu’un seul d’entre vous sera disposé à lui tenir tête. Dites-vous bien que dans l’état actuel des choses, l’aventure humaine ne vaut plus la peine d’être poursuivie. Il faut tout arrêter. On reprendra le cours de cette aventure une fois que l’homme aura cessé de survivre à toute cette horreur. Un cauchemar récurrent, cette horreur ! Fermer les yeux sur toutes ces horreurs, c’est inviter l'horreur à votre table et dans votre lit. Survivre à cette horreur, c’est accepter qu’elle vous frappe à nouveau, sans discernement comme un aveugle frappe le sol avec sa canne télescopique pour ne pas trébucher sur un obstacle ; obstacle qui lui serait fatal. Pour un peu, et à son sujet, on en viendrait à penser qu'il cherche à retrouver quelque chose qu'il aurait perdu. Quel boucan, cette canne qui frappe le bitume ! Un vrai boucan d’enfer, cette canne qui cherche à retrouver quelque chose qu'elle a perdu mais... devant elle ! Vous remarquerez ! Oui ! Toujours ! Devant elle et comme… perdu pour demain."

     

    Copyright Serge ULESKI. Tous droits réservés - texte et illustration sonore.

     

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    Extrait du titre "Confessions d'un ventriloque"

    A propos de l'ouvrage... cliquez Confessions

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  • Roger Garaudy : réhabilitation et justice

     

     

                 « Toujours à contre-nuit, comme un pont de lumière entre l’Europe et l’Orient»

     

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    Spiritualisme, morale marxiste, marxisme et Chrétiens, Islam…

     

                   Né le 17 juillet 1913 à Marseille, résistant, communiste, enseignant, député, sénateur, écrivain et philosophe, humanisme et marxisme, Bernanos de gauche, membre du parti communiste dès 1933, arrêté en 1940 sous le régime de Vichy, déporté en Algérie... après la libération Roger Garaudy entre au comité central du PCF.

    Très tôt, Roger Garaudy ouvrira un dialogue avec l’autre versant de la réflexion révolutionnaire dans l’ouvrage « L'église, le communisme et les Chrétiens » car pour Roger Garaudy, révolution et transcendance sont indissociables.

    En bon communiste discipliné et aveugle, il sera sans pitié pour Victor Kravtchenko (l'auteur de Chose Freedom, un livre dénonçant le système soviétique, publié à New York en 1946) même si, tel un effet boomerang, bien des années plus tard, à propos d'un de ses ouvrages, il lui faudra, lui aussi, faire face à une vendetta qui n’aura rien à envier à celle que Kravtchenko en 1947devra affronter au moment de son procès en diffamation contre l’accusation d’agent américain lancée par le PCF ; un Kravtchenko seul et abandonné par toute la classe intellectuelle dite de gauche, dite progressiste.

    L'invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS lui inspirera deux ouvrages : "Pour un modèle français du socialisme" et le questionnement suivant : "Peut-on être communisme".

    Au cours des années soixante il s’orientera vers une approche « auto-gestionnaire », voire « libertaire » de l’organisation de l’existence ; il penchera pour l’émancipation de la classe ouvrière des appareils des partis politiques et des syndicats : PCF – CGT en tête.

    En 1970 il est exclu du PCF. Il se tourne alors vers la religion : le Christianisme de son enfance avant de se convertir à l'Islam en 1982 après avoir vu dans le Coran la continuité du message de Christ : Jésus et les Evangiles. Il viendra à l’Islam « l’Evangile d’une main et le Capital de l’autre » précisera-t-il.            

     

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                (Partout les mêmes images : Gaza, Syrie, Irak, Yémen, Libye, Afghanistan - partout les USA, Israël, l'Arabie Saoudite, le Qatar, les djihadistes coalisés et une Europe supplétive : France et Grande Bretagne en tête)

     

                  Tous les titres des ouvrages de Roger Garaudy (plus de 60) témoignent d’un esprit d’une clairvoyance rare :

    - Les Fossoyeurs – Un nouvel appel aux vivants

    - Avons-nous besoin de Dieu ?

    - Vers une guerre de religion ? Débat du siècle

    - L'Islam et l'intégrisme

    - Les États-Unis avant-garde de la décadence,

    - Le Procès de la liberté

    - Le XXIe siècle – Suicide planétaire ou résurrection

    - Le Terrorisme occidental

     

                       Dans les années 90, il fut un des premiers à dénoncer un nouvel ordre mondial qui n’est que la continuité de l’ancien désordre colonial.

    L'ouvrage "Les mythes fondateurs de la politique israélienne" publié en 1995 fera de lui la victime d’un long acharnement qui n’aura rien à envier aux procès staliniens des années 30 et 40… jusqu’à sa « chute » et son bannissement professionnel et médiatique.

    L’ouvrage en question se compose de trois chapitres principaux : « Les mythes théologiques », « les mythes du XXe siècle » et « l'utilisation politique du mythe ».

                      Roger Garaudy explique le pourquoi de cet ouvrage :

     
    " ... les intégrismes, générateurs de violences et de guerres, sont une maladie mortelle de notre temps. Ce livre fait partie d'une trilogie que j'ai consacrée à les combattre : Grandeur et décadence de l'Islam , dans lequel je dénonce l'épicentre de l'intégrisme musulman : l'Arabie Saoudite. Deux ouvrages consacrés à l'intégrisme catholique romain qui, tout en prétendant "défendre la vie", disserte sur l'embryon, mais se tait lorsque 13 millions et demi d'enfants meurent chaque année de malnutrition et de faim. Ces ouvrages s’intitulent : Avons-nous besoin de Dieu ? et Vers une guerre de religion ? 

    Le troisième volet du triptyque, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, dénonce l'hérésie du sionisme politique qui consiste à substituer au Dieu d'Israël l'Etat d'Israël, porte-avions nucléaire et insubmersible des Etats-Unis qui entendent s'approprier les pétroles du Moyen-Orient.

    Une politique aussi inavouable en son fond exige le camouflage que mon livre a pour objet de dévoiler. D'abord, une prétendue justification "théologique" des agressions par une lecture intégriste des textes révélés, transformant le mythe en histoire : la terre conquise devenant "terre promise". Il en est de même pour l'Exode, cet éternel symbole de la libération des peuples contre l'oppression et la tyrannie, invoqué aussi bien par le Coran (XLIV, 31-32) que par les actuels "Théologiens de la libération".

    Et puis une mythologie plus moderne : celle de l'Etat d'Israël qui serait "la réponse de Dieu à l'Holocauste", comme si Israël était le seul refuge des victimes de la barbarie de Hitler, alors qu'Itzhak Shamir lui-même écrit: "Contrairement à l'opinion commune, la plupart des immigrants israéliens n'étaient pas les survivants de l'Holocauste, mais des Juifs de pays arabes, indigènes à la région."

     

                      Si à aucun moment Roger Garaudy ne niera le génocide juif, Roger Garaudy n'aura eu qu'un seul tort : dénoncer l'exploitation de ce génocide à des fins de domination et de spoliation ; ce qu'on nommera plus tard... la shoah-business, sujet de controverse lancé par le politologue et historien américain Norman G. Finkelstein dans un livre publié en 2000, sous le titre : L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs.

     

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    (Se soumettre ou périr)

     

                       Agrégé de philosophie à 23 ans, d’une intelligence foudroyante d’une limpidité redoutable (pensée limpide dans la noirceur du siècle), suite à la publication de cet ouvrage sur l’Etat d’Israël et sa condamnation par les tribunaux à la demande des associations juives, le bannissement de Roger Garaudy de la vie intellectuelle française, peine de mort civile, annoncera la fin des débats politiques, intellectuels et spirituels en France au profit d’un « il n’y a pas d’alternative » dévastateur, qui scellera une défaite sans précédent de la pensée, comme autant de réactions en chaîne d’une décadence intellectuelle et d’une rupture de la transmission d'une tradition philosophique humaniste ; décadence qui propulsera au devant de la scène, après une chute vertigineuse de tous les niveaux de la réflexion intellectuelle et historique, un contingent arrogant, bruyant, d’une intolérance inouïe - obscurantisme, terreur et mensonges : trou noir cauchemardesque de la pensée -, relayé par des médias aux ordres qui, d'une pierre deux coups, enterreront sans sourciller, six pieds sous terre, leur métier de journaliste : Bernard-Henri Lévy, Bernard Tapie, Jack Lang, Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, La Licra, le CRIF, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Manuel Valls, François Hollande…

     

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    (Autre confirmation de la fin de tous les débats - Gaza 2008)

     

                 Infortuné, Roger Garaudy décédera le 13 juin 2012 dans le silence assourdissant d'une caste médiatique et intellectuelle terrifiée à l'idée de lui rendre justice : en effet, le premier qui s'y risquerait... sauterait.

    Qu'à cela ne tienne : Roger Garaudy aura été sans aucun doute un homme du futur… «… l'homme qui a brisé les frontières idéologiques artificielles du XX° siècle » : religion et marxisme. 

     

                        Mais alors, qui donc aujourd’hui osera témoigner en sa faveur sans craindre la relégation ?

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