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Penser le monde aujourd'hui avec...

  • Penser la dissidence aujourd'hui avec don Quichotte et Sancho Panza

     

                    L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche ou L'Ingénieux Noble Don Quichotte de la Manche (titre original en espagnol El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha) est un roman écrit par Miguel de Cervantes et publié à Madrid en deux parties, en 1605 et 1615.

     

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               Don Quichotte et Sancho Panza... mais... qui est l’un, et où est l’autre ?

     

     

                     Certes, pour être brutal, le don Quichotte de Cervantès est bel et bien un mythomane paranoïaque, et son compagnon d'infortune, Sancho Panza, son          «médecin», sa tentative de cure ; Sancho est celui qui, compassionnel et patient, tentera, sans relâche, à chacune des hallucinations de son Maître, de le ramener à la raison : celle de la réalité de ce qui est, de ce qui existe contre tout ce qui n’est pas et qui n'est que le fruit d’un cerveau malade, celui de don Quichotte en l’occurrence.

                       Disons-le sans tarder : ce qui fait que ces deux figures de la littérature mondiale sont attachantes et parfois même émouvantes, c’est leur bonne foi totale, leur honnêteté à tous les deux. Ce qui fait que nous lecteurs, nous ne pouvons pas nous empêcher de les aimer c’est l’absence de vice et d’arrière-pensée chez ces deux personnages car aucun d’eux n’est manipulateur ou menteur ; aucun d’eux ne manipule l’autre ni ne lui ment : respect, commisération, efforts redoublés, l’un tentant de sauver l’autre… et l’autre d’instruire l’un sur un idéal existentiel : l’esprit de chevalerie.

    Mais alors…

    Dans cette perspective-là, - un don Quichotte paranoïaque et un Sancho Panza « médecin », et si les don Quichotte d’aujourd’hui, loin d’être attachants, ne faisaient plus sourire personne ? Car enfin, ne serions-nous pas tentés de les juger plutôt détestables tous ces négateurs d’une réalité délibérément travestie dans le but de servir non pas un esprit chevaleresque  - noblesse, courage et générosité -, mais une idéologie, une seule, celle de la domination : la protection des intérêts de la classe dominante, ou plus exactement l’hyper-classe, oligarchie mondiale aux intérêts mondiaux ?

    Car ne nous y trompons pas : nous ne sommes plus en présente d’un don Quichotte paranoïaque mais bien plutôt d’un don Quichotte machiavélique : un stratège politique hors pair.

    Aussi, force est de réaliser que seuls les Sancho Panza d’aujourd’hui sont encore dignes de considération. Certes, ils ne sont plus « médecins curateurs » mais activistes lanceurs d’alertes ; et s’ils ont perdu leur jovialité, leur truculence… c’est qu’aujourd’hui, les enjeux sont d’un tout autre ordre : il n’est plus question de ramener à la raison un Don Quichotte égaré et agité, tendre et pacifique, fou à lier mais dont la folie n’est un danger pour personne excepté pour lui-même ; il s’agit bien plutôt de dénoncer et de tenter de contenir l’expansionnisme d’un Don Quichotte pour lequel le pouvoir c’est la domination et la fin…tous les moyens : manipulations , corruption, intimidations, assassinats, guerres ; un imprécateur de premier ordre.

                 Dans une autre perspective maintenant, la plus courante, même si erronée, à savoir… un don Quichotte homme des causes perdues qui se bat contre des moulins à vent alors que l’ennemi, le vrai, est ailleurs mais inaccessible - comme hors de portée -, un don Quichotte non paranoïaque donc... curieusement, il se pourrait bien que la réalité soit aujourd’hui incarnée par ce don Quichotte-là et la fiction, ou plus exactement dans le contexte qui est le nôtre, la falsification des faits aux fins de domination, le soit par un Sancho Panza qui n’aurait alors qu’un souci : faire passer notre don Quichotte pour un mythomane paranoïaque aujourd’hui calomnié en tant que "complotiste" et décrié par toute une classe politico-économico-médiatique au service de la domination.

    Et la dissymétrie entre ces deux personnages est telle que le combat est loin d’être gagné. Toujours dans cette perspective d’un don Quichotte non paranoïaque, force est de constater que dans les faits, pour ce don Quichotte-là, chaque jour est une défaite : don Quichotte homme des causes perdues s’effondra vaincu et mourra sans doute épuisé dans un combat pour la vérité d’une réalité de plus en plus évanescente… et Sancho Panza, l’homme de la mystification délibérée triomphera.

              Pour revenir à Cervantès et à son don Quichotte négateur du réel, il semblerait que la situation se soit aujourd'hui inversée : dans le contexte d’une mondialisation liberticide, sans honneur et sans justice, c'est bel et bien le défenseur de la fausse-réalité, celle de la société du spectacle à une échelle maintenant mondiale, qui a triomphé : Don Quichotte donc, celui qui dit ce qui n’est pas ; et Sancho Panza, le soi-disant complotiste non pas négateur mais pourfendeur de cette fausse réalité, a sans doute déjà perdu même si en ces temps de confusion et de faux-semblants, les puissants avançant masqués, il se pourrait bien que tout le monde soit le don Quichotte de l’un et le Sancho Panza de l’autre car tout est fait pour entretenir une telle confusion qui ne sert qu’un seul intérêt…

    Devinez lequel !

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                   Billet de blog rédigé en réaction à la conférence de Michel Onfray : « Le principe de don Quichotte » en mai 2013 : ICI ; un Onfray qui, comme à l’accoutumée, évite soigneusement de prendre quelque risque que ce soit, dans une approche et analyse plutôt œcuméniques (tout le monde pouvant y trouver son compte : réconciliation et consensus), en s'en prenant aux vieilles lunes du stalinisme et du débat "Sartre (don Quichotte) contre Aron (Sancho Panza)"... tout en se gardant bien de transposer cette fable de Cervantes dans un contexte pourtant bien plus brûlant : la falsification de la réalité, la distorsion des faits sans doute sans précédent dans l’histoire ( à savoir : qui fait quoi, à qui, où, comment, pourquoi et pour le compte de qui ?) par une coalition politico-économico-médiatique pour laquelle ce qui est ne doit pas être.

    Aussi, il semblerait bien que Michel Onfray ait lui aussi quelques problèmes avec la réalité liberticide d'une actualité de crises et de guerres aussi mensongères que dévastatrices.

    Il n'en reste pas moins qu'Onfray n’est définitivement ni un don Quichotte dans un cas ni un Sancho Panza dans un autre. Une seule réalité lui colle à la peau néanmoins : elle est commerciale et touche au marketing : une réalité qui consiste à devoir vendre des livres au plus grand nombre : pas de vague donc ! Pas de vague, pas de vague,  jamais ! Excepté dans le microcosme parisien (avec un ouvrage contre Freud et un autre contre Sartre)… microcosme dont tout le monde se fout… et dont la réprobation ne vous fera jamais perdre un seul lecteur.

     

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                  Images extraites de l'adaptation d'Orson Welles pour le cinéma du roman de Miguel de Cervantes( 1605). Réalisation commencée dans les années 50 et achevée dans les années 70. Ni les acteurs, ni Orson Welles ne verront le film monté. Saluons au passage Akim Tamiroff (Pancho... un fidèle... souffre douleur de Welles) et l'acteur Francesco Reiguera, et toute l'équipe de la post-production : montage image, son, musique et voix.

     

     

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  • Penser l'humanité aujourd'hui avec le Transhumanisme

     

    Si le mal a une racine, c’est sûrement celle qui a été coupée.

     

    Jupiter voyant nos fautes, 
    Dit un jour du haut des airs : 
    « Remplissons de nouveaux hôtes 
    Les cantons de l’Univers 
    Habités par cette race 
    Qui m’importune et me lasse. 
    Va-t’en, Mercure, aux Enfers : 
    Amène-moi la furie 
    La plus cruelle des trois. 
    Race que j’ai trop chérie, 
    Tu périras cette fois. »

    Jean de la Fontaine ICI

     

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    "Je suis anthropologue ! L'anthropologie, vous connaissez ?

    - Pas vraiment ! Enfin... vaguement.

    - C'est pas grave. Laissez-moi vous expliquer une ou deux choses, car il est important que vous compreniez tout de nous. Les psychiatres, les sociologues, tous ces représentants d'une science approximative et mollassonne, sans oublier les commentateurs, les politologues, les éditorialistes, les éducateurs et animateurs de quartiers - chefs de bandes inclus... tous ces gens-là ne progressent plus dans leurs analyses. Depuis des années, ils font du surplace. Ils bégayent. Ils tergiversent sans fin et sans but et sans résultats. Mais on va les mettre tous d‘accord car l'entrée dans le nouveau siècle se fait sous l'empire des sciences fondamentales : sciences pures et dures, biologie génétique et anthropologie au service des techno-sciences. Finies donc les sciences discursives, pareuses et lâches ! Fini l'amour de son prochain par amour pour soi ! Finie la charité ! Finie l'aumône ! Fini le soulagement de la souffrance pour atténuer le malaise de ceux que cette souffrance dérange ! Finie la culpabilité intermittente et éphémère parce que ... culpabilité d'humeur et non de conviction, des classes supérieurement émotives ! Finies les tentatives de médiations, d'explications et d'insertion et de réinsertion structurantes. A partir d'aujourd'hui, on ne cherche plus les arrangements à l'amiable. On n'explique plus, on n'insère plus ! On ordonne et on exige le silence ! Oui, Monsieur, on ordonne et... pour finir, on balaie devant notre porte toutes ces thérapies avortées. Notre science n'a plus besoin du retour au sein de notre normalité sociale et économique de ceux qui s'en sont écartés. Nous n'avons plus besoin de l'adhésion de ceux qui ne veulent ni comprendre ni adhérer. Vous ne voulez pas marcher droit ? Eh bien, rassurez-vous, plus personne ne vous demandera de marcher car, bientôt, vous ne marcherez plus. Aujourd'hui, nous avons élaboré une stratégie de substitution face à l'incurie de tous ces acteurs politiques et sociaux. Déboutés, ils sont ! Nous sommes sur le point de conclure et de transformer tous les essais. Nous sont maintenant capables d'apporter des solutions à tous les problèmes. Comprenez bien une chose : l'histoire de l'humanité est une bombe à retardement qui court à sa perte. Face à la déchéance de notre humanité, on peut rester les bras croisés mais... on peut aussi faire quelque chose, et vous savez quoi ?

    - Non. Dites un peu pour voir.

    - Supprimez l'être humain en tant que tel. Voilà ce qu'on doit faire.

    - Vous avez bu ?!

    - Vous dites ?

    - Vous êtes ivre !

    - Ivre ? Oui mais... d'une nouvelle ivresse : l'ivresse de ceux qui touchent au but. L'ivresse de celui qui est sur le point de franchir la ligne d'arrivée en tête, seul et sans conteste. Sachez qu'on ne guérit un malade mortellement atteint qu‘en le supprimant. Et supprimer l'être humain, c'est supprimer sa déchéance. Mais... vous devez vous dire :"Ils sont cinglés !" N'est-ce pas ?

    - Cinglés, je sais pas mais... ivres, certainement.

    - Vous ne comprenez pas ce qui nous motive. Notre savoir progresse plus vite que le développement intellectuel des êtres humains car nos sciences sont le fruit d'une conception exponentielle du développement de toutes les connaissances. D'où l'incompréhension de nos contemporains face au monde dans lequel ils vivent et dans lequel nous nous proposons, dès demain, de les faire vivre. Ca va beaucoup trop vite pour eux qui vont si lentement. Face à l'accélération des connaissances scientifiques, le fossé se creuse. Cette humanité-là, avec son égalitarisme infernal et têtu ne sera jamais à la hauteur de tous ces nouveaux enjeux. Elle ne sera jamais assez mûre et... elle ne le sera jamais assez tôt. D'ailleurs, vous-même, vous êtes, que vous le vouliez ou non, l'incarnation vivante de cette chute de niveau de compréhension et d'adaptation au nouvel état du monde. L'être humain n'a pas encore pris l'exacte mesure des conséquences des nouvelles technologies, alors, vous pensez bien : lui demander de comprendre l'ingénierie génétique et le concept de l'homme démonté, ré-assemblé et réinventé... parce que c'est bien de ça qu'il s'agit. Oui ! Monsieur ! L'homme réinventé du tout au tout !

    - C'est pas rien votre projet.

    - Aujourd'hui, nous avons la rage de conclure une fois pour toutes les fois où nous nous sommes arrêtés à mi-parcours pour regarder le train nous passer sous le nez à cause de types comme vous. Oui, c'est bien la rage de conclure, de tout conclure, qui nous anime et qui nous pousse en avant. Nous sommes au début d'une conclusion et d'une forclusion exemplaires : celles de l'homme concluant, définitif et forclos dans une finitude à sens unique et sans issue, comprenez : sans échappatoire ! Un vrai cul de sac, cette forclusion ! Enfin libre et responsable, l'homme n'aura plus qu'une seule origine : lui-même. Lui-même comme début et comme fin. Lui-même avec pour seul géniteur : la science. La seule origine de l'homme sera sa naissance, le jour de sa naissance et seule la science sera autorisée à se pencher sur son berceau. L'homme sera à lui tout seul... le père, le fils, la mère, l'oeuf, le coq, la poule et seule la science sera autorisée à pondre. Nous supprimons l'être humain pour mieux le libérer des malédictions de sa condition et des imperfections de sa nature car, c'est au delà de l'humain et de son histoire chaotique que nous irons chercher les outils nécessaires à la construction d'un monde enfin prévisible, un monde qui saura triompher de la nature humaine : nature égoïste, paresseuse, immature ; nature rebelle et réfractaire au changement et au sacrifice. Nous voulons un homme qui n'aura d'humain que le nom, un homme coulé dans un moule unique, indifférencié, un homme né sans cordon ombilical, un homme au-dessus de tout soupçon, sans mémoire, sans tradition et fatalement sans imagination, sans conscience et sans contradictions. Nos médias et tous les moyens modernes de diffusion et de communication y contribuent déjà, mais ce n'est pas suffisant. Après le décervelage et l'abrutissement, viendra la déshumanisation de cette espèce maudite. Finies les résistances des patients au processus thérapeutique ! Nous proposons aux gens de votre espèce, non pas de se soigner mais... nous leur proposons... sans vanité et jusqu'à l'ultime conséquence du don de soi ... de servir un projet inouï : servir et mourir ! Servir en mourant pour mieux servir les intérêts de la communauté scientifique. Cher Monsieur, nous travaillons au sens propre et au premier degré, sans gants, sans poésie et sans métaphore.

    - Vraiment ?

    - Nous allons enfin mettre la main basse sur tout ce qui touche de près ou de loin au vivant car quiconque contrôle le vivant, contrôle aussi et par voie de conséquence, la mort. Le processus de planification et d'instrumentation de l'être humain est en route et il cavale, il court... il court ce processus comme le furet quand il court... et rien ne pourra l'arrêter. Toutes les forces du progrès viendront modifier toutes les conceptions et ébranler toutes nos certitudes moralisantes. Et je défie de me prouver le contraire ? Trouvez-moi une voie et un domaine de recherche qui aient été entrouverts puis un jour, refermés, abandonnés à jamais ? Cherchez ! Vous n'en trouverez pas car personne ne fera le choix de l'ignorance. Personne ! Ils attendent de tout de nous et de cette nouvelle connaissance. Mais au réveil et devant le miroir de leur salle de bains, je peux vous dire qu'ils ne se reconnaîtront plus... parce qu'ils ne s'y... retrouveront plus... Sachez une chose Monsieur : la connaissance a deux têtes. Avec la roue, nous avons découvert la bicyclette et une nouvelle façon de torturer ; avec le fer, nous avons inventé le chaudron pour y faire cuire le Bœuf bourguignon mais aussi, l‘épée pour trancher les têtes. La radiographie nous a conduit tout droit à la bombe atomique. Eh bien, avec l'homme réinventé et recomposé, nous aurons aboli et la maladie et la mort, en échange de quoi, nous exercerons un contrôle absolu sur tous ces humains qui ne veulent plus mourir. Oui, il est là le prix à payer ! Nous contrôlerons et leur vie et leur mort ! Mais sachez une chose  : cette vie sans souffrance et sans la mort, cette vie-là devra se mériter. Les autres, ceux qui n'auront finalement rien mérité, les troubles fêtes, les aigris, les éternels insatisfaits, ceux-là nous apporteront la matière première dont nous aurons besoin ; matière génétique, bien évidemment ! Alors, ce sera... au pied, couché, pas bougé ! Sinon... à la trappe ! Et hop ! Direction... le labo !

    - Je vois.

    - Tous les crédits ont été votés. On est blindés. On est pleins aux as. Tous les feux sont au vert ! Alléluia !"

     

     

    Extrait du titre "Des apôtres, des anges et des démons" - Copyright Serge ULESKI

     

     

     

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  • Intelligence Artificielle : notre futur à tous déjà indépassable - gare à l'obsolescence de quelques milliards d'êtres humains !


                           

     

                       Laurent Alexandre que l'on dit "The expert français" à propos de l'Intelligence Artificielle (IA) : intervention de ce dernier sous la forme d'un plaidoyer pour une IA française, puis européenne... contre le monstre chinois, aujourd'hui la bête noire de tous ceux qui sont dans l'incapacité d'envisager le monde sans l'hégémonie militaire, scientifique, économique et culturelle des USA ; dans les faits, des penseurs du futur au passé : 

     

                 " Impact de l'intelligence artificielle (IA) sur le monde professionnel, mais aussi sur notre vie toute entière fait beaucoup parler d'elle. Il y a les fantasmes, les délais, les questions parfois vertigineuses qu'elle pose à la société, aux entreprises, aux collectivités, aux décideurs politiques. Laurent Alexandre est connu pour ne pas avoir sa langue dans sa proche sur le sujet de l'IA. Au cours de cette conférence, il donnera des clés de compréhension et des pistes de réflexion afin de se mettre en ordre de bataille pour savoir comment l'accueillir, l'exploiter et la développer dans la région. Une conférence qui devrait marquer les esprits, et donner matière à réflexion aux décideurs."

     

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                     Harari, l'homme de toutes les conversations.... la nouvelle coqueluche mondiale de tous les adeptes, les dévots, les disciples de la recherche de certitudes et de gourous et autres maîtres à penser l'impensable. Il est l'auteur de "Homo Deus : une brève histoire de l'avenir" 

    Dans la perspective de milliards d'êtres humains devenus "inutiles", "obsolètes", face à l'Intelligence Artificielle, ses ravages et ses bienfaits dans les décennies à venir, à la question suivante : "Mais au fait, à quoi sert l'être humain ?", Harari sera bien en peine d'y répondre tout en étant incapable  de remettre en cause la question elle-même, sa nécessité aussi, car enfin, l'être humain a-t-il vraiment besoin de servir à qui et à quoi que ce soit ?

                    Non. Mille fois non. L'être humain n'a qu'un besoin : qu'on lui fiche la paix, à moins qu'il en décide autrement. 

     

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    Pour prolonger, cliquez : Penser le transhumanisme aujourd'hui pour demain

     

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  • Penser le monde aujourd'hui avec Peter Dale Scott et l'Etat profond

     

                    Parapolitique, gouvernements de l'ombre... s'il n’y a de science  que du caché…  (Gaston Bachelard), de même n'y a--t-il de politique que du dissimulé.

    Docteur en sciences politiques et ancien diplomate canadien, Peter Dale SCOTT est  l'auteur de nombreux ouvrages qui analysent la politique étrangère américaine, les narcotrafics et les opérations secrètes. Ces recherches et écrits mettent en lumière le concept de ce qu'il définit comme le « supramonde » ou l’État profond dissimulé au sein de l'État Public.

    Porte-parole du mouvement anti-guerre contre le conflit US au Vietnam, et plus récemment contre les guerres en Irak et en Afghanistan, il cofonda le programme d'études « Paix et Conflit » de la prestigieuse Université de Berkeley, où il enseigna la littérature anglaise durant près de 30 ans.

    Il est à la parapolitique des Etats ce que Noam Chomsky est à l'analyse des médias.

     

     

     

                   Interview de Peter Dale Scott à propos de son ouvrage La Route vers le Nouveau Désordre Mondial

     

                  "Cet ouvrage est une étude ambitieuse, qui décrit avec précision la façon dont, depuis les années 1960, les choix en matière de politique étrangère états-unienne ont conduit à la mise en œuvre d’activités criminelles, et à leur dissimulation, tantôt partielle parfois totale.

    Dans ses précédents essais, Peter Dale SCOTT a témoigné de l’implication de la CIA dans de graves exactions dont différents coups d’État, ou dans la mise en place d’une véritable géopolitique de la drogue et des guerres qu’elle permet de financer. Il sonde ici la manière dont les décisions, irrationnelles (voire paranoïaques) et à courte vue, prises par les Présidents américains depuis Nixon ont contribué à engendrer une plus grande insécurité mondiale, notamment en renforçant les réseaux terroristes responsables des attentats de 2001.

    L’auteur montre comment l’expansion de l’Empire américain depuis la seconde guerre mondiale a conduit à ce processus de décisions iniques et dangereuses dans le plus grand des secrets, souvent à l’insu des responsables démocratiquement élus.

    À partir d’exemples précis, (la « Surprise » et la « Contre-surprise » d’octobre, l’Irangate, la guerre froide en Afghanistan, la géopolitique du pétrole et de l’accès à l’Énergie, …) il illustre comment ces décisions « para-politiques » furent l’apanage de petites factions très influentes au sein d’un « supramonde » qui agit sur l’État public à travers des institutions secrètes (comme la CIA), au détriment de l’État démocratique et de la société civile. L’analyse de l’implémentation de ces programmes établit que les principaux services de renseignement des États-Unis ont collaboré pendant longtemps avec des groupes terroristes, qu’ils ont à la fois aidé à créer et soutenus, dont la fameuse organisation « nébuleuse » al-Qaïda. Dans un autre registre, parallèle et tout aussi fascinant, Peter Dale SCOTT explique clairement le danger que fait peser sur la démocratie l’instauration, sous l’administration Reagan, du programme ultra-secret de « continuité du gouvernement », qui existe toujours…

    D’aucuns crieront sans doute à la « théorie du complot », mais la qualité de l’argumentation, étayée par une documentation encyclopédique fait de ce travail une magistrale et passionnante leçon d’histoire contemporaine, qui nous plonge dans les méandres des rivalités de ceux qui détiennent le vrai pouvoir, pour comprendre le monde tel qu’il est, et non tel qu’il paraît être."


    Traduit de l'anglais par Maxime CHAIX et Anthony SPAGGIARI

     

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                   « l’État profond » est un pouvoir qui ne provient pas de la Constitution, mais de sources extérieures et supérieures à celle-ci, et qui est plus puissant que l’État public. Il s’agit d’un système informel et complexe. l’État profond c’est le fil rouge qui se déploie sur les trois dernières décennies et qui explique comment nous avons connu la dérégulation, la financiarisation de l’économie, la faillite de Wall Street, l’érosion des libertés civiles et la guerre sans fin.  « L’état profond » est un niveau de gouvernement ou de super contrôle difficilement perceptible qui se maintient quel que soit le résultat des élections et qui est susceptible de contrecarrer les mouvements sociaux ou les changements radicaux.»

     

                  "Dites-moi de qui et de quoi il ne faut surtout pas parler et je vous dirai qui vous emploie et qui il faut craindre"

             On ne manquera pas de noter que tous les acteurs de la dénonciation de la désinformation, des opérations clandestines ou sous " faux drapeau" et autres violations de l'Etat de droit et des constitutions des Etats, indisposent au plus au point toujours les mêmes ;  les corporations, individus ou groupes d'individus et d'intérêts suivants :

                 - Les journalistes des médias dominants et leurs rédacteurs en chef ; en effet, ils ne peuvent pas se permettre de telles investigations menant à de telles conclusions sans mettre en danger leur carrière professionnelle puisque cela n'aura échappé à personne : leurs employeurs-propriétaires (banque, armement et industrie du luxe) sont le plus souvent à la fois concernés et impliqués dans les agissements mis en cause, directement ou bien indirectement, ou bien à travers leurs clients - les marchés qui sont les leurs  : les gouvernements, les multinationales et l'oligarchie milliardaire.

    Ces médias ont alors recours à la calomnie : l'accusation de "complotiste paranoïaque" sera la plus courante ; elle est destinée à disqualifier tous ceux qui souhaitent nous alerter à propos des agissements de la face cachée des Etats.

                - Les alliés sous-traitants des Etats incriminés car, rares sont les Etats directement mis en cause qui se chargent ouvertement de contrer leurs accusateurs ; à titre d'exemple : c'est la France sous un gouvernement UMP ou PS et des lobbys communautaires qui prendront  ouvertement en charge cette contre-attaque  (souvenons-nous des discours de Sarkozy, et plus récemment, de Valls, de la LICRA ou du CRIF) à l'endroit de tous ceux qui remettent en cause la politique des USA, de l'Otan et d'Israël.

                        Et par extension...

                - Les universitaires et autres employés ade l'Etat.

                - Ceux qui souffrent de ce qu'il est convenu d'appeler "le syndrome du larbin" : faibles au quotidien, formant le groupae le plus nombreux des quidams sans conscience politique ou citoyenne, impuissants, ils ne respectent que la force qui viendra  pourtant demain les anéantir après avoir fait d'eux, jour après jour, des esclaves consentants ; et nul ne sait vraiment au prix de quelles humiliations s'est forgé en eux cet état d'esprit qui toujours nie la réalité des rapports de force, et leur statut de dominés... heureux de l'être, faute de courage.

               - La bourgeoisie des centres villes : pro-mondialisation, pétée de tunes, seuls le déni de la réalité et la réfutation de faits incontestables peuvent les sauver d'une culpabilité inexpiable car ils sont bien les derniers à ignorer que leur confort matériel repose à la fois sur la désinformation et la tyrannie du profit et de l'exploitation ; mode d'organisation de l'existence à l'origine duquel on trouvera les Etats les plus puissants militairement,  économiquement et culturellement : les USA en tête.

                            Et enfin...

     

              - Ceux qui n'ont que pour seule identité que leur appartenance communautaire ou nationale, adeptes de l'expression : "My country, my community... right or wrong !" Très influents, ils pratiquent un chauvinisme et/ou une solidarité communautaire à toute épreuve, même et surtout à l'épreuve de la vérité des faits ; chauvinisme et solidarité proches du niveau zéro de la pensée ; attitude redoutable sans laquelle aucun système corrompu ne peut survivre ; d'où la responsabilité majeure de tous ces individus dans l'asservissement de notre monde à la raison du plus fort porteur de tous les vices : voracité, avarice et domination.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Entretien avec Maxime Chaix, traducteur de Peter Dale Scott

     

     

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  • Penser le monde aujourd'hui avec le Web Internet

              

    le web a trente ans , serge uleski sur internet

     

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                     "Internet, c'est toute la mémoire du monde" (- Serge ULESKI) 

     

                   Prolongement du réel, avec Internet, on n'oublie rien et l’on se souvient de tout, surtout de ce dont on a bien failli ne pas se souvenir, tête en l’air que nous sommes tous ! Avec Internet on ne quitte rien, bien au contraire, loin de toute idée de virtuel… on demeure plus que jamais présent au monde, et dans le monde, un monde sous influence, celle de l’éternelle tentation de manipuler ou d’assujettir des sociétés, des nations, des Peuples et des populations…

    Grâce à Internet, on renoue avec une critique sans concession des mécanismes de domination et la diffusion d’une telle critique  loin du confort des médias dominants qui nous font l’aumône de quatre minutes d’impertinence souvent sans lendemain et qui n’a pour seule conséquence : provoquer la mauvaise humeur de petits chefs capricieux et autres hommes de mains d’un pouvoir liberticide, la grossièreté, voire la vulgarité, prenant le plus souvent le pas sur une critique essentielle et frontale : qui fait quoi, à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui.

     

                       Le scandale éclabousse les tenants du mensonge, dérange toutes les catégories car le scandale c’est l’inédit et l’inouï. Le scandale fait tache d’huile, et tôt ou tard, il provoque une crise : toute tentative de l’étouffer le renforce car le scandale c’est aussi tout ce qu’on tente de taire. Alors oui ! Internet c’est aussi le scandale pas simplement de la transgression mais de la subversion  ! La subversion non pas comme fin en soi mais comme moyen : dénoncer un mensonge qui dit toujours la vérité sur le fumier d'une bonne conscience d'un mépris sans limite pour le faible, le désarmé, l'inarticulé, le vaincu qui " ne vivra point ce qui ne lui sera pas accordé et donné de vivre, et qu'il ne prendra pas non plus" car il ne mérite rien

    Un plaisir décuplé que cette subversion, piment d’une vie sociale qui crève lentement sous la chape de plomb d’un politiquement correct - d'une bien-pensance -, qui cache mal une débauche et une orgie de prise de pouvoir et d’intérêts sans nombre et sans précédent – et nous ne sommes qu’au tout début de ce disfonctionnement citoyen et démocratique tant Internet recueille à la fois l’adhésion des uns, le rejet des autres et des indécis… lesquels indécis s’en remettront inévitablement à la propagande la plus performante, celle qui contrôle tous les réseaux de diffusion qui font l’opinion au sein d'une dissymétrie de moyens d’action entre les Internautes et ces médias de masse, que l’on retrouve dans le cadre d’une mondialisation sans retenue aux comportements prédateurs sans foi ni loi, dans les domaines militaire, culturelle et économique comme jamais auparavant. Et cela ne surprendra personne le fait que les forces rassemblées contre la liberté d’Internet participent de près ou de loin, indirectement ou non à ce nouvel ordre mondial : celui du dumping moral(e) et celui du chantage des bombes.

     

                   A l’état de veille et d’alerte constant, oeuvre salubre, Internet devrait être reconnu d'utilité publique car, depuis la déchéance de l’homme politique nous n’avons jamais eu autant besoin  de cet espace de liberté à risques, abrupt, dangereux, imprévisible car Internet oblige à choisir son camp comme la politique à identifier l’adversaire, ou bien à décider de s’en détourner et de regarder ailleurs.

    D’un côté Bartleby «  J’aimerais mieux pas… »,  de l’autre Internet « Il faut ! ». Internet a fait de la conscience une exigence plus haute que celle de la plupart des médias car Internet est l’exact opposé de tout ce qui est voué à l’amenuisement. En effet, comme on est sur le point de le quitter, on se sent moins bête (… de somme) ;  on reprend la main et le dessus sur l’abrutissement et le faible ressac de la désobéissance et de la dénonciation parcimonieuse et timorée des médias dominants aux ordres du moins-disant et du moins-pensant ; médias de masse du secteur public et para-public (réduits à la marge) ne remplissent plus leur mission. Quant au secteur privé qui contrôle 80% des programmes (temps de cerveau disponible), il n'a aucune obligation morale ou contractuelle d'ouvrir qui que ce soit à quoi que ce soit ni d'élever la conscience de quiconque.

    La société, ce n'est pas que de l'économie et de la répartition de richesses. Loin s'en faut. Ce qui fait le lien, ce qui fait société relève aussi de notre capacité à tous de (se dire) dire et d'entendre (de s'entendre dire) la vérité, ce qui implique aussi et surtout la dénonciation des mensonges et des manipulations. Et quand on sait comment  les stratèges pervers peuvent provoquer de la violence chez l’autre pour faire écho à la leur si bien calculée, et ainsi, forcer à la faute leur victime qui, ce faisant, dédouane bien involontairement de tout reproche les responsables de ces stratagèmes…

                   A ce sujet, Internet, la censure à son encontre, et les actions illégales menées contre lui dans l'indifférence la plus totale est en tout point exemplaire ; il annonce déjà un monde cadenassé pour le pire.

     

                   "Qu'il soit sans cesse rappelé que le meilleur des médias dominants n'arrive pas à la plante des pieds du meilleur d'Internet" (- Serge ULESKI)

     

                 Aussi, le constat suivant s'impose, un rien terrifié : ne nous faisons aucune illusion car en l'absence du web Internet, il n'y aurait aujourd'hui plus aucun moyen de diffusion d'une liberté de penser qui ne doive rien à des médias dominants qui, pour leur déshonneur, ont réduit cette liberté à une peau de chagrin mortifère . Car Internet, aujourd'hui, c'est bien toute la mémoire du monde ! Et moins on oublie, plus on se souvient... et plus on se souvient, plus difficile est le mensonge.

     

       La suite... cliquez  Internet et le WEB - penser le monde aujourd'hui - suite.pdf

     

     

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  • Penser aujourd'hui la fin de l'aliénation avec André Gorz

     

                   Marx, Husserl, Sartre, Ivan Illich … la pensée multiforme d’André Gorz,  n’a pas cessé d’être en mouvement tel un véritable work in progress.

    Entièrement tourné vers l’autonomie, la désaliénation, et la libération du travail qui empêche le plus souvent l’épanouissement individuel dans une organisation de l’existence  qui fait de l’individu « une simple pièce dans une mégamachine » à produire plus, toujours plus... avec de moins en moins de bras…

    Figure européenne de la critique sociale depuis les années 1960, faisant œuvre de philosophie sociale et politique, pour les Britanniques André Gorz est  un héritier de Sartre ; pour les Allemands, un descendant de l’École de Francfort (Adorno et Marcuse) ; et pour la France, il passe plutôt pour un disciple d’Ivan Illich (le père de l’écologie politique».

     

                  Si pour Deleuze le philosophe a pour tâche essentielle d’élaborer des concepts, pour André Gorz, pareil à Socrate, la philosophie permet de se penser soi-même : « Je ne comprends donc pas la philosophie à la manière des créateurs de grands systèmes philosophiques, mais comme la tentative de se comprendre, de se découvrir, de se libérer, de se créer » dira-t-il...

    En effet, la question de l’aliénation et la façon de la dépasser sont au cœur des préoccupations d’André Gorz : « L’aliénation a été pour moi la question philosophique qui éclairait le mieux mon expérience personnelle. Dès la prime enfance, j’ai eu le sentiment d’être pour les autres quelqu’un que je ne pouvais être moi-même

     

                 André Gorz n’a jamais cessé de penser l’émancipation des individus et les termes de cette émancipation : « comment les gens peuvent se masquer indéfiniment le décalage fondamental entre ce qu’ils sont pour eux-mêmes et ce qu’ils sont dans et par leurs interactions avec les autres et prétendent coïncider, s’identifier avec leur être social, leur nom, leur appartenance ?»

    Souvent présenté comme un des théoriciens de « la fin du travail », pour André Gorz, le travail reste néanmoins important car il nous permet de produire ce dont nous avons besoin, et la technique de réaliser cette production tout en gardant à l’esprit qu’une vision purement économique de l’existence  - travail et production -, ne saurait en aucun cas définir l’être en société et moins encore… le définir d’une façon unidimensionnelle selon le principe réducteur suivant  : « Dites-moi quel emploi vous occupez et  je vous dirai qui vous êtes... et n’êtes que seulement !

     


     RENCONTRE - DEBAT
    André Gorz et la dynamique du capitalisme
    Avec Carlo VERCELLONE, économiste et Maître de Conférences à Paris 1

     

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                 Dans Le socialisme difficile (1967) André Gorz précise que « La production sociale continuera de reposer principalement sur du travail humain ; le travail social de production restera la principale activité de l’individu ; et c’est par son travail, principalement, que celui-ci sera intégré et appartiendra à la société ».

    L’émancipation consiste alors, dans ce cas de figure et dans ce contexte… à s’organiser afin de lutter contre la dévalorisation des savoirs qui a pour objectif principal de permettre à tout un chacun d’effectuer la tâche de tous les autres, tous interchangeable à souhait, à la fois un et pluriel… division du travail oblige !

    Il en sera de même de la responsabilité de tous envers tous les autres :  prison et enfer d’une responsabilité collective qui a pour dessein d’enchaîner l’être humain dans un processus non pas de décision qui, de toutes les façons, lui échappe entièrement, mais bien plutôt, dans un processus de culpabilisation permanente, et ce avant même qu’elle ait trouvé à se nicher dans l’action quotidienne de l’être au travail.

    Qu’on se le dise : nous sommes alors tous apriori coupables car tous susceptibles de faire dérailler la machine productive !

     

                   Autre temps, autre réalité, quelques années plus tard, l’ouvrage le plus controversé d’André Gorz verra le jour : Adieux au prolétariat qui marque une évolution irréversible de sa pensée ; en effet, le travail a cessé de définir socialement les individus : chômage massif, dévitalisation des savoirs, dévalorisation de l’idée de conscience professionnelle par voie de conséquence, déqualification, démotivation, création d’emplois jetables au sein d’un marché du travail d’une perversité sans précédent ; un marché atomisé et en lambeaux, dans un environnement sur lequel plus personne n’a de prise réelle faute d’actions concertées et d’une compréhension globale des enjeux ;  phénomènes qui n’ont fait que s’accentuer depuis la sortie de cette ouvrage dans lequel André Gorz développe l’idée suivante : « Le mouvement ouvrier n’est plus le lieu au sein duquel peut se penser le dépassement du capitalisme. En conséquence, l’émancipation de la classe ouvrière ne peut pas être la condition d’une libération de la société tout entière. 

    Dépassant Marx, André Gorz élabore alors les concepts d’hétéronomie et d’autonomie inspirés par Ivan Illich avec lequel il développera une promiscuité intellectuelle à partir des années 1970. La front de la lutte se déplace maintenant sur le terrain de la réduction du temps de travail grâce aux gains de productivité, car la seule façon de s’émanciper du travail, c’est d’en sortir, ou du moins... d’en subir le moins longtemps possible les contraintes, d’autant plus que...  : « l’économie n’a plus besoin du travail de tous et de toutes. La société de travail est caduque ; le travail ne peut plus servir de fondement à l’intégration sociale ». D’où la nécessité d’une nouvelle « quête du sens ».

    Que faire après le travail ? Quelle vie ? Quels choix ? Quelle existence pour soi ? Quel sens donner à son existence et à la vie en société une fois débarrasser de la place centrale que le travail y occupait ?

     

                  Arrive alors la nécessité d’une redéfinition des rapports entre individu et société car pour André Gorz, grâce à l’autonomie, les acteurs sociaux deviennent non plus une masse à l’identité collective uniforme, au destin identique, à jamais enchaînée à un devenir une fois encore collectif et insaisissable mais bien plutôt des sujets irréductibles car l’autonomie  « est un acte de souveraineté qui marque les limites de la socialisation 

    André Gorz appellera au dépassement de la «société du travail » au profit d’une véritable « société de culture » qu’il définit comme suit : le refus de fonctionner comme des rouages du système de production-consommation.

    Reste alors à établir les modalités de l’établissement d’un rapport de force qui puisse contraindre le capitalisme à accepter un tel refus.

     

               Alors qu’André Gorz nous a quittés en 2007, et à l'heure où l'écologie politique est à l'agonie depuis que tous s'en sont retirés pour embrasser la profession de gestionnaires de carrière, comme un fait exprès, ce capitalisme protéiforme, qui jamais ne renonce, toujours aussi vorace, a décidé de nous rappeler tous vers le travail… de nous y ramener, de nous y tirer, de force, selon son bon vouloir… par intermittence et sans compensation aucune… dans le contexte d'un Etat providence qui est en passe d’être mis sur la paille et les systèmes de protections sociales avec lui : salaires, chômage, santé, retraite. Car personne n'est dupe : le désendettement n’est que la sape de l’Etat providence, sa destruction ou bien sa réduction a minima, pour le plus grand profit des multinationales et de leurs actionnaires.

     

                 Avec la parution de l’ouvrage Les chemins du paradis en 1983, André Gorz persiste et signe : il défendra l’idée d’un « revenu à vie » sous la forme d’un « revenu social ». Lucide, il précisera néanmoins ceci : « la garantie d’un revenu hors  emploi ne peut devenir émancipatrice qu’à la condition qu’il ouvre de nouveaux espaces d’activité individuelle et sociale »

    Vingt ans plus tard, RSA oblige, c’est bien de cela qu’il est question ; et là encore… on ne fera pas l’économie de devoir se donner les moyens d'établir un rapport de force capable de s'opposer à une économie qui n’a que faire des désidératas d’une force de travail qu’elle considère comme sa propriété ; et jamais les moyens à notre disposition n’ont été aussi difficiles à réunir autour de millions d’individus isolés, chacun selon ce qu’il espère pouvoir « arracher » au système, dans l’entreprise et en dehors, secteurs privés et publics confondus ; chacun selon ce qu’il croit être ses propres forces comme autant d’atouts qui pourraient faire de lui un gagnant… du moins… pour le temps qu’il lui sera donner de « se vendre » auprès d’employeurs nomades sans visage…  car s’il est relativement aisé sur le papier de sortir des catégories économiques, négliger de penser le juste rapport de force qui s'impose, c’est livrer l’individu à l’arbitraire des prédateurs et autres marchands de rêves sociétaux sans scrupules ni compétences...

    De plus, les liens de la socialisation ont été décimés car on ne casse pas le travail ou bien plutôt "la valeur travail" en toute impunité... sans casser la rencontre, la communion et une dynamique de pensée autour de la liberté, de l’émancipation et la désaliénation face à une transformation sociale qui n’a qu’un seul but : épuiser les êtres à force de les contraindre (et de les faire tourner en bourrique).

     

                  A la fin de sa vie, pour André Gorz, il s’est agi d’amorcer « l’exode de la société du travail et de la marchandise »...

    Certes, l’œuvre d’André Gorz a vu le jour à une époque où le capitalisme avait su se faire « oublier », et nous faire oublier aussi par la même occasion sa férocité et sa voracité impitoyables telles décrites par Marx, Proudhon, Victor Hugo, Dickens et Zola…

    Aujourd’hui, tous crocs dehors, il redevient ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un loup pour l’homme.

                  Peut-on alors encore espérer que ce retour de flamme ne nous conduise pas vers une nouvelle traversée du désert, sous un soleil de plomb, privés d’eau et de moyens de locomotion susceptibles de nous en faire sortir au plus vite car si une hirondelle ne fait pas le printemps, une oasis pour quelques uns dans le contexte d'une utopie aux ambitions microscopiques... mirage d'une volonté de croire encore à un projet alternatif pour quelques happy few, n’annonce pas davantage un nouveau modèle d’organisation de l’existence vers plus d’autonomie pour chacun d’entre nous mais bien plutôt vers plus de dépendance... et la pire de toute : celle qui brise toutes les solidarités et toutes les fraternités dans un chacun pour soi funeste.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Neuf études sur le travail et l'entreprise

     

     

    « Travailler moins pour Gagner plus » ou l'impensé inouï du salaire
    ...une autre histoire du travail et de la protection sociale...



    Conférence gesticulée par Franck Lepage et Gaël Tanguy de la Scop « Le Pavé » (Coopérative d'éducation populaire). Petits contes politiques et autres récits non autorisés.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI - littérature, art et essais

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  • Penser l'Empire aujourd'hui avec Alain Soral

     
                             

     


    Comprendre l'Empire  aux Editions Blanche

    (Vidéo 2011)

     

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    Comprendre_l_empire.jpg


                    Détricoter le roman national, à la mémoire hémiplégique, et plus largement, le roman occidental tout aussi lacunaire et fictionnel… du christianisme aux Lumières, de la Révolution française jusqu’au terminus bancaire, convoquant à la barre Marx , Engels, Michéa, Orwell, Sorel, Proudhon, Weber, les Pères de l’Eglise, Wall Street, la City et la FED, violences et mépris social… telle est la vision du monde qu'Alain Soral nomme Empire.

    C'est une exposition au déroulement implacable qui nous est proposé avec "Comprendre l'Empire" ; exposition d’une histoire qui nous est commune à tous, où que nous nous situions… acteurs, ou bien spectateurs, ou bien encore victimes abasourdis… histoire de ceux qui nous ont précédés, histoire d’aujourd’hui, et pour ce qui est de demain... histoire destinée à ceux qui possèdent une excellente mémoire de l’avenir : les esprits clairvoyants.

    De la Famille au clan à la tribu pour culminer avec la Nation et le contrat social jusqu’aux nouveaux réseaux au service des lobbies marchands et ethno-confessionnels, sans oublier les mafias policées ou pas (drogue et prostitution contre le complexe militaro-industriel et les cols blancs de la finance ; mafia calabraise contre Loge P2), comme autant de mensonges d’une République dite démocratique, structure combattante de l’Empire - en effet, 1% est le taux incompressible de la population qui a toujours commandé à la masse -, ... nul doute, le prolétariat du XIXe siècle et sa misère sont bien l’incarnation de la trahison de la bourgeoisie.
     
                   Peuple qui assume le principe de réalité - salaires "plancher" : exploitation et servitude ! Peuple  parmi lequel on comptera des penseurs autodidactes opposés au ralliement au libéralisme mondialisé avec son Capital coupé de toute attache géographique et morale de soi-disant "libertaires révolutionnaires" né en 1968  ; un Capital maintenant nomade : finies les cultures enracinées et les perspectives historiques ! L’hyperclasse et ses VIP condamnent les salariés à la précarité...

    Arrivent alors Canal+, les bobos et la gaudriole branchée, cache-misère d’une humanité souffrante et vaincue ; le RMI puis le RSA pour toute consolation. Puis la liquidation de la classe moyenne non salariée (artisans, commerçants, petits patrons, travailleurs indépendants), et du métier de journaliste par la même occasion ; métier perverti, avili par une démocratie d’Argent et de Marché ; les derniers journaux indépendants de qualité seront liquidés et remplacés par le divertissement et des pseudos-intellectuels-animateurs au service d’une propagande de masse, une fois la trahison des clercs consommée et digérée, la chasse tirée… avec la domination par la séduction : une seule liberté est accordée et encouragée : consommer. Et dans un tel environnement, les idiots utiles sont légion : prostitution morale et intellectuelle, en veux-tu en voilà ! Argent, honneurs, sexe…


    Car... seuls restent en place les kapos, les collabos, les soumis et les imbéciles d'un réseau culturo-mondain comme horizon indépassable de notre temps qui annonce le règne de l’empathie affective - émotion et désir au fin de détruire chez l’individu toute capacité analytique et critique -, et signe la mort du logos : plus de chaîne causale ; destruction du sens.

    Pour les insoumis, pour ceux qui souhaiteront tenir tête, en revanche, ce sera... chantages au fascisme, au racisme, à l’antisémitisme… la fin justifiant les moyens ; sentences équivalentes à une mort professionnelle et sociale certaines de réfractaires ruinés et jetés à la rue par des procès sans nombre.
     
                                                                                   ***

     


                                         


     
                  Solitude-dépression-consommation à l’Ouest ; chaos, guerres et misère au Sud ; fatalement la question suivante surgit : d’un de Gaulle patriote et cultivé à un Sarkozy sans morale, sans frontières et inculte, que nous est-il donc arrivé ?
    Liquidation de l’héritage du CNR (Conseil National de la Résistance) : jamais plus la classe politique ne s’occupera d’économie !


    La Banque au pouvoir avec Pompidou et Giscard !


    Immigration-isme… stratégie de dumping social de la droite patronale, chantage à l’extrême-droite sur quiconque remet en cause cette stratégie.


    Mai 81 et l’expulsion de la classe ouvrière. Liquidation du PCF.


    Collaboration et colonialisme… culpabilisation à outrance : la haine du peuple est consommée ; un peuple, celui de la France, dont on exige qu'il baisse la tête ; mais aussi,  un Peuple qui n’en pense pas moins.
     
                                                                                 ***
     
                   Voici maintenant le traité de Maastricht pour une destruction méthodique des 3 piliers que sont l’économie, la morale et le social.


    Identité nationale niée mais... « danger de l’Islam » et des banlieues, un ministre de l’intérieur en soutien, bientôt Président, pour faire monter la mayonnaise, le tout relayé par un dispositif fait d’argent, de médias et de réseaux. Une élection sera gagnée sur une campagne parodiant celle du FN jusqu’à la venue d’une Carla Bruni courtisane bobo. Mariage idéal : vulgarité et inculture précéderont l’instauration d’un libéralisme sécuritaire, servile envers les puissants prédateurs financiers et impitoyable envers le monde du travail.

    Et la Banque ! Encore la Banque ! Et quand ça tourne mal et qu'il lui faut faire la manche… eh bien, les Etats et toute la classe politique avec eux, comme un seul homme, comme une seule force … enfin retrouvée, n’hésitent pas : on lui remplit les poches, même trouées.
     
                  Mondialisation contre mondialisme : échanges équilibrés et contrôlés contre la guerre économique planétaire et permanente de tous contre tous, quiconque refuse de se soumettre à l’idéologie finalement totalitaire et belliqueuse de la mise sous tutelle de l’humanité entière est expulsé du champ social, politique et médiatique.
     
                  Et Alain Soral de conclure "....Aujourd’hui, ce Nouvel Ordre Mondial exige de la gauche comme de la droite qui lui soient remis les pleins pouvoirs… " Gauche et droite qui ne se feront pas prier (Strauss-Khan, Sarkozy)... avant d'ajouter : "... le monde occidental est face à un choix : la soumission totale ou la révolte."
     
                L'année 2012 installera-t-elle la dictature de l’Empire ou bien, marquera-t-elle le début de son démantèlement ?
     
    _________________


     
     - Que ce soit le silence médiatique qui accueille ce nouvel opus d’Alain Soral "Comprendre l'Empire" ne surprendra sans doute personne car, qui aujourd’hui dans les médias, pourra en toute conscience saluer le travail effectué par cet auteur : celui d'une synthèse qui attendra longtemps encore sa réfutation ?

    - Rectificatif concernant l'affaire Dreyfus et le compte-rendu qu'Alain Soral souhaite nous faire dans son ouvrage : l’arrêt de 1906 de la Cour de cassation qui innocente et réhabilite définitivement Dreyfus ne marque pas "la victoire de l’argent sur la noblesse et l’esprit aristocratique" mais bien plutôt la victoire de la vérité sur le mensonge et la corruption d'une élite atteinte d'une dégénérescence morale et civique  ainsi que la victoire contre l’antisémitisme car Dreyfus n'aurait jamais été inquiété s'il n'avait pas été juif.

     

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  • Penser la dissidence aujourd'hui avec Bartleby de Herman Melville

     

            La nouvelle de Herman Melville (l’auteur de Moby Dick) parue en 1853, n’en a jamais fini avec la postérité semble-t-il : année après année, elle creuse son sillon. Chouchou des philosophes, de nombreux penseurs se sont emparés du personnage de Melville et de son « I would prefer not to » qui fera le tour du Monde.

     

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             Un petit rappel des faits avant d'aller plus loin : le narrateur est un homme de loi de Wall Street qui engage dans son étude un dénommé Bartleby pour un travail de « scribe » : il recopie des textes. Au fil du temps cet employé ne parlant à personne mais travailleur et consciencieux, refuse certains travaux que lui demande son patron ; il ne les refuse pas ouvertement, il dit simplement qu'il « préférerait ne pas » les faire. Peu à peu, Bartleby cesse de travailler, mais aussi de sortir de l'étude ; il y prendra ses repas et y dormira. Finalement congédié, il refusera de quitter les lieux forçant son employeur à déménager laissant au bailleur le soin de traiter le problème « Bartleby » : il sera emprisonné et se laissera mourir d’inanition.

     

    Après le décès de Bartleby « tombé, recroquevillé par terre, face immobile devant le mur de la prison », un petit  appendice nous apprend qu’il a longtemps travaillé à la poste au service des « Lettres au rebut » - service qui gère les courriers qui ne peuvent trouver leur destinataire. Le narrateur s'intéressera à cette information pour la raison suivante : “Imaginez un homme condamné par la nature et l’infortune à une blême désespérance ; peut-on concevoir besogne mieux faite pour l’accroître que celle de manier continuellement ces lettres au rebut et de les préparer pour les flammes ?”

     

    ***

     

    « Que savez-vous de votre douleur en moi ?»

     

               Si Bartleby n’est pas « L’écriture du désastre » (Blanchot), en revanche, Bartleby est bien l’histoire d’un gâchis humain, voire même... de son sacrifice. Alors que la littérature européenne du XIXè nous proposera des personnages juvéniles, fantasques, hédonistes, raisonneurs centrés sur eux-mêmes, mais finalement jouisseurs à la petite semaine, c’est bien une bombe à retardement que Melville a transmise à la postérité : celle d’un discrédit porté, un siècle avant son apogée, sur une révolution industrielle et un productivisme consumériste corrupteurs des âmes jusqu’à l’assèchement, sans oublier le saccage d’une nature bouc émissaire, et ce bien longtemps avant Hiroshima dont les applaudissements sous les hourra et autres cris de joie (parce que la bombe a bien rempli son office - exploser ! -, et la cible a été atteinte en son cœur – impact optimal)… résonnent encore dans les couloirs de toutes les chancelleries.

     

    Située au croisement conflictuel des lignes politiques et morales qui déchirent notre modernité post-moderne, Bartleby serait donc une Œuvre prophétique ?

    Premier personnage littéraire « résistant »  - nous sommes en 1850 -, avec la désobéissance de Bartleby dont la mesure est en lien direct avec ce à quoi elle s’oppose, Melville nous propose un personnage en suspens, figé et qui, manifestement, se trouve – et c’est peu de le dire -,  bien en peine de pouvoir célébrer quoi que ce soit ; un personnage dans l’incapacité de rendre le moindre hommage à cette société déjà marchande, industrielle et financière qui l’a vu naître manifestement et rétrospectivement à son corps défendant.

    Melville était-il donc lui aussi bien en peine de célébrer et de sauver quoi que ce soit de son époque ? Et aujourd'hui, plus d’un siècle et demi après, ne peut-on pas nous aussi nous poser la question : qu'est-ce qui nous reste à célébrer et à sauver ?

    La réponse ne tardera pas : sûrement pas la vie ! La fin, nous sommes ! La fin et les moyens... et rien d'autre. Plus rien devant nous, plus rien derrière. Plus rien ne nous précède. Plus rien ne nous dépasse ! Aussi, il ne nous reste plus qu'à nous consommer tous autant que nous sommes avant de nous entre -dévorer, jour après jour, anthropophages et cannibales. Et tout ça n’a plus aucune importance car quelque part au fond de nous-mêmes, nous savons tous que nous sommes tous... déjà morts. 

    Cette formule de Bartleby « I would prefer not to » serait donc la dernière parole d’un monde défunt, sa dernière volonté : ne plus rien vouloir ni défendre ni sauver ? Peut-on aller jusqu’à parler d’une formule d’extrême onction ?

    La parole Bartleby traduite en français par « je ne préférerais pas », ou « je préférerais ne pas » ou encore « j'aimerais mieux pas » (on remarquera l’usage du conditionnel) clôt tous les débats. Elle n’ouvre aucune porte, elle les ferme toutes, à la fois chez Bartleby et chez celui qui la reçoit en pleine face comme un défi, une insulte et une humiliation. Plus Bartleby en fait usage, plus insoutenable elle devient. Chaque occurrence de cette formule réduit au silence son interlocuteur, comme si elle le   vidait. Forcés au silence, de frustration en humiliation, seul l’usage de la violence à l’encontre de Bartleby délivrera et soulagera ses collègues de bureau, symboles d’une société répressive qui se sent menacée et attaquée par cette formule-refus pourtant explicitée sans haine, sans ironie ni provocation, d’une voix décidée mais douce et avec tous les égards dus à l’interlocuteur (d’où le conditionnel) ; une formule d’une radicalité d’une extrême politesse.

     

    ***

     

             Si l’on en croit la lecture d’un Deleuze pour lequel ce n’est pas Bartleby qui est malade mais la société, et au-delà, l’Occident, en conséquence, on comprend aisément que cet anti­-héros de la moitié du XIXe siècle soit aujourd’hui élevé au rang de super-héros des temps modernes, en objecteur de toutes les consciences qui ne préfère plus rien car il souhaite ne plus rien vouloir sinon se laisser mourir ; ultime conséquence de ce refus. Et Deleuze de conclure par un : « Bartleby, le nouveau Christ, notre frère à tous ! »

    Derrida voyait en Bartleby un sacrificateur… il se serait agi manifestement d’un sacrifice pour rien puisque… pensé en 1853, Bartleby, personnage et symbole tout à la fois, n’aura aucune main, aucun poids sur les événements du siècle à venir.

    Christ, sacrificateur, victime de la violence sociale… toutes ces lectures sont pourtant aux antipodes de ce que Melville nous donne à lire.

    Qu’à cela ne tienne… une fois livré aux lecteurs, le personnage échappe à son auteur, et l’interprétation d’un Deleuze prouve une fois encore qu’en littérature, le meilleur personnage qui soit est bien le lecteur car, c’est lui qui « fait » le livre. Il suffit de penser à tout ce que le lecteur-intellectuel-philosophe est capable d’investir dans sa lecture de la nouvelle de Melville.

     

    *** 

     

     

               Il semble donc que tous ont trouvé dans Bartleby  le contraire exact de ce que Melville nous donne à comprendre. Mais alors… et si le personnage de Bartleby nous renvoyait plus simplement à la schizophrénie ou aux psychotiques bien des années avant Eugen Bleuler qui fut à l'origine de ces diagnostics vers la fin du XIXe ? Chez Melville, la pétrification et l’anorexie de Bartleby ne sont pas des symboles mais des faits d’une objectivité quasi clinique. Melville mentionnera à propos de son personnage “un désordre inné et incurable”, un “mal excessif et organique”. 

    Melville souhaitait-il ôter à Bartleby, préventivement, toute dimension politique ou prophétique, toute métaphysique ? Son personnage l’aurait-t-il effrayé au point que Melville aurait alors cherché à s’en retirer sur la pointe des pieds comme pour mieux nous laisser un Bartleby simplement dérangé ? Bartleby ne serait donc qu'une mise en scène textuelle de la folie, la première depuis Sade ?

    Melville insiste : la folie de Bartleby n’est pas due qu’à la seule nature : « Imaginez un homme condamné par la nature et l’infortune à une blême désespérance ».

    Difficile d’oublier le fait que Bartleby est un contemporain de Baudelaire, et à partir de là, difficile de ne pas penser à son poème Spleen du recueil « Les fleurs du mal » daté de 1857 ; poème symptôme de la grande peste mélancolique qui en Europe fait déjà des ravages avec Baudelaire comme figure de proue : « Quand la terre est changée en un cachot humide/Où l'Espérance, comme une chauve-souris/S'en va battant les murs de son aile timide/Et se cognant la tête à des plafonds pourris...) ; on pensera aussi au tableau Le cri de Charles Munch ; et enfin, la dépression, mal du XXe siècle et très certainement des siècles suivants car nous sommes encore loin d'en avoir fini avec la déshérence et  la dépossession.

     

               Le patron de Bartleby demeure impuissant face son employé. Après s’être enfui (il fermera son étude et déménagera ses bureaux) il reviendra vers Bartleby submergé par une immense vague de pitié qui, plus tard, se changera en compassion - faiblesse de toutes les faiblesses -,  et plus tard encore, en commisération puis en naufrage fusionnel jusqu’à la communion (des saints ?).

    Dans l’esprit, difficile de nier que la nouvelle de Melville exalte entre autres vertus, la charité. Face à Bartleby, personnage comme « mort au monde » (Artaud), très vite le narrateur choisit l’anéantissement et ce nouveau commandement insufflé en lui par Bartleby : « Je ferai tout ce que vous voudrez ! » avant de confesser - Bartleby devenant alors le confesseur de son employeur -, du bout des lèvres : « Que savez-vous de votre douleur en moi ? » ; aveu d’une révélation chez le narrateur : la révélation de son propre néant.

     

                 Que le récit soit porteur d’une vérité humaine universelle, c’est certain. Métaphore poétique inédite, parabole, fable ou conte, c’est bien de la condition humaine qu’il est question : gâchis, catastrophe et sacrifice puis, une fois défait, un genou à terre, rédemption du narrateur dans l’abandon de sa volonté : le renoncement à sa propre vitalité, un quasi renoncement au monde au côté de Bartleby.

     

                A propos du personnage de Melville, on a parlé de solitude et d'incommunicabilité, d’échec de la communication entre un être et la société, de son incapacité à nouer un contact avec autrui, même futile. Comment Melville avait-il pu sentir bien avant tous les défroqués donneurs de sens et d’explications à la pelle du siècle à venir, jusqu’à nos rêves les plus intimes, de Freud aux divans des psys des télés et des radios, que sans une communication avec les autres, sans le récit de soi-même, c’est  l’effondrement ? Un Melville qui reconnaîtra en 1853 la nécessité humaine de cette communication pour conjurer le danger psychotique qui guette quiconque souhaite s’y soustraire.

    C’est l’enracinement qui permet le nomadisme : parce que l’on sait d’où l’on vient, nous sommes alors capables de nous en détacher ; dans le cas contraire, mettre la charrue avec les boeufs, c’est ouvrir la porte à tous les déséquilibres possibles jusqu’à l’anéantissement par la violence. Dans ces conditions, c’est le rapport essentiel entre le langage et le silence qui doit être inversé. Le langage est une libération, - pouvoir se raconter, communiquer -, et le silence une prison. C’est donc par la communication avec autrui, et non par le silence et l’abstention que la vie sociale, et la vie tout court, se dégèle et s’échauffe.

     

              L’amour de la vie ne devrait-il pas nous permettre de nous réconcilier avec ses inconséquences, ses imperfections, voire ses horreurs ? « I would prefer not to », cette formule en forme de procès fait au monde, n’est-elle pas une tentative de fuite hors de l’existence ? Une fascination nostalgique, un “sentiment océanique” porteur de l’idée d’un grand tout universel, ou plus modestement, une mare amniotique pour s'y baigner, embryon jamais venu au monde, fœtus du refus (océan/néant) qu’une mère aura retenu - elle n'a jamais accouché, elle l’a gardé pour elle seule et pour lui seul -, refusant de le jeter en pâture à l’horreur de notre monde dans toute son horreur... monde que l'on ne peut décidément pas refuser d'habiter, volontairement ou bien, comme contraint par un envoutement aujourd'hui encore mystérieux  qu'au prix d'un énorme préjudice à soi-même.

    Poussée jusqu’à son ultime conséquence, Bartleby en aura fait l’amère expérience ; une expérience amère et fatale.   

          

                                                                                       ***

      

                  Où sont aujourd’hui les Bartleby ? Tous ceux qui s'abstiennent comme d'autres se retiennent entre deux «  je préférerais plutôt pas » - véritable sésame de tous les objecteurs de conscience politique, morale et éthique, face à ceux qui toujours tranchent et se jettent à l'eau, et quand ils se noient, ce n'est jamais seuls ; ils prennent toujours soin d'emporter les autres avec eux...

    Il faut avoir lu la nouvelle de Melville et vu Bartleby tel que Maurice Ronet (1) l’a vécu, lui qui savait tout, et plus que quiconque, de la douleur des autres en lui parce qu’elle était aussi la sienne, pour réaliser à quel point ce refus du monde était bien plus grand que le personnage de Melville, bien plus grand que tout ; il y a avait dans son refus tous les refus passés et à venir, grands et petits, anonymes, ignorés de tous, renoncements qui sauvent et protègent... mais fallait-il pour autant porter ce renoncement jusqu’à l’ultime refus et souhaiter mettre un terme à l’aventure humaine ? 

    Certes ! On survit à tout, c’est vrai. Et c’est la raison pour laquelle tout peut arriver. Et c‘est aussi la raison qui fait que finalement... tout arrive. On décide de survivre à l’horreur et à la douleur. C’est notre capacité d’endurance qui rend possible toutes les horreurs. Notre obstination à vouloir vivre coûte que coûte, notre résistance font que l’horreur sera toujours sûre. Si seulement nous étions tous incapables de survivre à cette horreur ! Si seulement nous n'avions pas la folie de lui tenir tête, notre espèce, pour ne pas disparaître, ferait tout pour l’éviter, car la prochaine horreur signerait la fin de l'espèce humaine.

    Bartleby avait-il compris qu'aussi longtemps que nous survivrons à cette horreur, jamais nous n’y mettrons fin ? 

    Cachez toutes ces horreurs que je ne saurais voir ! Bartleby qui n’appartient plus à son créateur Melville depuis longtemps déjà, maintenant autonome, ce Bartleby-là a sans doute refusé d’être un tartuffe de l'horreur et de son indignation car, qu'on le veuille ou non, survivre à cette horreur, c’est accepter qu’elle nous frappe à nouveau, sans discernement comme un aveugle frappe le sol avec sa canne pour ne pas trébucher sur un obstacle ; obstacle qui lui serait fatal. Pour un peu, et à son sujet, on en viendrait à penser qu'il cherche à retrouver quelque chose qu'il aurait perdu car, quel boucan cette canne qui frappe le bitume ! Un vrai boucan d’enfer, cette canne qui cherche à retrouver quelque chose mais... devant elle ! Oui ! Devant elle ! Toujours ! Un quelque chose comme perdu... pour demain.

     

    ***

     

                   Eugène de Rastignac, Julien Sorel, Frédéric Moreau, Du Roy (chez Maupassant), aucun personnage de la littérature française du siècle de Hugo n'est à la hauteur d'un Bartleby, notre contemporain à tous avec près de 200 ans d'avance. On doit donc à la littérature de langue anglaise un personnage sculpté dans le marbre et taillé à la mesure de deux siècles déjà écoulés et de ceux qui sont encore à venir.

     

    ______________________________

     

     

     Bartleby réalisé en 1976 par Maurice Ronet, avec Maxence Mailfort (Bartleby), Michael Lonsdale ; film aujourd’hui oublié, salué en son temps et à sa sortie comme un chef d’œuvre. Un Maurice Ronet anti-Delon par excellence – culture, intelligence et sensibilité – que ce même Delon "tuera" à deux reprises dans les films suivants : Plein soleil et La piscine ; l’industrie du cinéma préférant la plastique d’un Alain Delon, une beauté opaque et aveugle, sans hauteur ni profondeur, sans perspective, une beauté cul-de-sac comme la bêtise qui n’ouvre aucune voie et ne fait résonner aucun appel, contre la beauté blessée d'un Maurice Ronet qui a tenu, souvenons-nous, le rôle d’Alain dans l’adaptation de Louis Malle "Le feu follet" de Pierre Drieu la Rochelle ;  un Alain pendant moderne de Bartleby ?

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  • Penser le monde aujourd'hui avec la publicité

     

                   La publicité est partout ; et tout comme Dieu, elle sait tout... tout de vous : qui vous êtes, qui vous voulez être ; et si d’aventure vous n’en avez aucune idée, eh bien, elle se chargera de vous le faire savoir en temps et en heure mais... à son heure.

    Ce que vous ne serez jamais, elle le sait aussi ; c’est la raison pour laquelle elle ne rate jamais sa cible et ne perd jamais son temps à tenter de convaincre les grincheux rabat-joie et les pauvres... pauvres et insolvables, aujourd'hui rendus aphones et exclus de tous les débats.

    La publicité n‘en démord pas et ne renonce jamais. Avec elle, on jurerait que la vie vaut la peine d’être vécue par tous. Chacun de ses messages ridiculise et abêtit l'adulte, le parent, l'homme, la femme, idolâtre l'adolescent et l'enfant (1) et salit la conscience humaine et sa condition précaire pour mieux manipuler une opinion naïve et atteindre les objectifs que ses annonceurs se sont fixés.

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    Son idéologie infantilisante est tellement oppressante, qu’insolvable, on réfléchirait à deux fois avant de la remettre en question ; mieux vaut alors baisser la tête et disparaître au plus vite.

    Pensez à tous ces centres commerciaux ! C'est tout émus et larme à l'œil, qu'on prend sa place dans la file d‘attente et sous les néons d'un univers de cartes de crédit, de chéquiers et de tiroirs-caisses car, si vous les écoutez un instant, ces publicitaires vous diront qu'aujourd’hui, le monde, ça ne s'habite plus, non, mille fois non ! Le monde, ça s'avale d'un coup d'un seul, ça se digère et ça s'évacue... dans les toilettes.

    Pourquoi le nier, loin de cette merveilleuse abondance de clinquant, on souffre tellement et on se sent très vite impuissant et comme abandonné. En un mot qui en vaut bien d'autres : une merde ! Oui ! Une merde, on se sent, une fois exclu.

                   Cette idéologie intimidante d'une violence qui ne s'affichera jamais comme telle, est capable au pied levé de faire face à toutes les contestations et à toutes les révolutions de moeurs et de palais. Ironie, humour, cynisme... ses propres contradictions ne l'effraient même plus. Elle recycle, récupère tout, comme on fait les poubelles car la publicité n'épargne personne : tout le genre humain est concerné : l'homme, la femme, l'enfant et puis, les bêtes aussi. 

    La femme.

    Pour l'heure, faisons l'impasse sur celles qui reportent leur frustration sur la lecture assidue des biographes du dernier tueur en série dont le procès retentissant vient de s'achever, dans l'espoir d'oublier une surcharge pondérale avilissante, une feuille de paie qui se compte sur les doigts d'une seule main, deux mômes à charge et pas de mari.

    La femme donc, la vraie ! Femme balaie et serpillère allègre et rayonnante ; la femme mère protectrice et quasi... exclusive ; la femme de tête face à mari sans, et la femme délinquante sexuelle multirécidiviste par excellence placée pour l'occasion en tête de gondole...

    L'homme, lui, beaucoup moins libidineux, maintenant dévirilisé, compréhensif et respectueux, est placé derrière elle, tel un chariot élévateur pour une levrette frénétique ; il lui demandera sa permission avant de passer à l'action, sans toutefois se douter qu'il est sur le point de se faire mettre bien avant qu'il ait eu le temps de la lui mettre à elle... qui s'éloigne déjà en hurlant de rire.

    L'enfant maintenant.

    Espèce encore protégée sous nos latitudes depuis que ceux des autres, sous d'autres longitudes, corvéables à merci, nous sont offerts pour pas un rond ou pour si peu, en conversion... l'enfant donc est exhibé sans vergogne sur la place publique comme futur adepte de la contemplation et de la consommation de soi dans le but de lui apprendre à jouer à l'adulte qu'il n'est pas encore et qu'il ne sera sans doute jamais pour peu qu'on permette à ces marchands de soupe, de faire de cet enfant, un étourdi infantile et docile pour la vie ; et longtemps, longtemps après sa mort d'adulte déboussolé, aussi.

     

    ***

     

     

                Grande est la tentation d'imaginer maintenant des slogans publicitaires d’une radicalité bouleversante - mépris et haine du consommateur avec pour seule cible à atteindre et à abattre : le consommateur fauché ou récalcitrant...

    Allez ! Foin de notre devoir de réserve ! Osons l'impensable !

    Pour une grande marque de chaussure, on pensera au slogan : "Marche ou crève !" Pour une grande marque de luminaire : "Casse-toi, sale pauvre, tu nous fais de l’ombre !" Pour une agence d’intérim : "Un travail chez nous, c’est mieux que... pas de travail du tout !" Pour une grande, très grande compagnie d’assurance, on imaginera une affiche représentant des hordes de sans-abri et un texte d’accroche : "Soyez prévoyants ! Prévoyez donc le pire pour vous et vos proches !"

    Pour une grande maison de crédit à la consommation, un slogan d’un courage insensé : "Endette-toi, connard ! On a besoin de ton blé !" Pour les agences de voyage, un slogan novateur et lucide, une proposition de rêve : "Allez donc jouer les riches dans les pays pauvres ! Bande de fauchés !"

    L'industrie automobile ne doit pas être en reste, aussi, accouchons sans douleur d'une idée insensée ! Insensée mais pleine de bon sens quand on s'en rapproche et qu'on y regarde de près.

    Jugez plutôt : "Alors, tocard ! Tu la changes quand ta caisse ? Faut-il qu'on t'la brûle?" 

     

                 Mais... ne rêvons pas ! Revenons sur terre, les deux pieds dans le caca d'un monde d'agences de publicité qui auront tôt fait de se passer de nos services, jugeant, à juste titre, que le commerce et le mépris font certes, bon ménage mais pas... non ! jamais... au grand jamais... sûrement pas le commerce et la vérité crue et sans fard quand cette vérité criante et saisissante de ce même mépris est assénée sans détour, loin des circonvolutions de rigueur et de principe qui ont toujours permis à ces professionnels de la litote, de prendre la terre entière pour un asile d'aliénés... aliénés et immatures.

    ______________________________

     

     

    1Jusqu'au nourrisson, et ce au grand dam de L'ARPP, ex BVP : l' organisme de régulation visant à promouvoir une publicité saine, véridique et loyale ainsi qu'une communication responsable.

     

     

     

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  • Penser le monde aujourd'hui avec Michel Collon

     

                              

     

               Journaliste et essayiste belge, Michel Collon est le fondateur du collectif indépendant : Investig'Action. Pour décoder l’info, ce collectif propose chaque semaine des articles et des vidéos conférences venus du monde entier.

     

                Dans une domination mondiale par la corruption, le chantage et les bombes, Michel Colon est considéré par ceux qui se sont manifestement rangés du côté de ceux qui cognent, et qui plus est...  sur les plus faibles sans aucun souci de justice, comme un des chefs de file des complotistes.

     

    Mais... souvenez-vous, dans les années 60 et 70 ne parlait-on pas simplement de journalistes d'investigations ? Des journalistes politiquement engagés certes ! Plutôt à gauche, voire à l'extrême gauche, c’est vrai ! Des "vendus à Moscou et à Cuba" : là encore, souvenez-vous ! Mais journalistes quand même. Alors qu'aujourd'hui, on évoque à leur sujet à tous, l'hôpital psychiatrique pour soigner des cas de paranoïa gravissime...

     

                  A l’heure où, comme un fait exprès…

     

                 Trillés sur le volet, les professionnels de l’information sont de moins en moins à même de pouvoir nous éclairer a propos de "qui fait quoi, à qui, où, comment, pour-quoi et pour le compte de qui ?" pour la simple raison que ceux qui les rémunèrent, ceux qui font et défont leurs carrières et qui sont tout aussi soigneusement sélectionnés, sont à leur tour récompensés par une oligarchie dont les projets de société et de gouvernance – local ou mondiale -,  sont de moins en moins à même de pouvoir s’afficher pour ce qu’ils sont puisque… sans aucun doute, les masses s’y opposeraient si elles devaient en connaître, bien avant que le mal ne soit fait, les tenants et les aboutissants...

     

                 Et là encore… comme un fait exprès…

     

                   - Pensez un instant à ces 30 dernières années : l'Europe, la monnaie unique,  libéralisation des capitaux, mondialisation...

     

    La régression sociale et démocratique ne s'est jamais aussi bien portée ! Régression des conditions de travail et des protections des salariés, mise en concurrence de toutes les forces de travail entre elles, chômage, augmentation de la pauvreté et de la misère, augmentation des cartels et des multinationales-empires, de la corruption, des mafias, de la part du commerce illicite dans l’économie mondiale, des guerres…

     

              Et pour nous donner des nouvelles du monde... des médias passifs, des médias-relais, simples pourvoyeurs de sons et d'images qui n'expliquent rien : une couverture médiatico-journalistique sans nom et sans visage ; une information tête en l'air qui n'est qu'un perpétuel mensonge par omission ; ou bien, une information démagogique et cynique de boutiquiers : "Pourquoi donner aux téléspectateurs ce qu'ils ne nous demandent pas !".

     

                D'où la contre-offensive (avec plus ou moins de bonheur) sur Internet - un Internet ouvert à   tous -, de ceux qui n'ont pas renoncé à une information à la fois honnête et exhaustive. 

     

    Aussi, qu'ils soient tous salués et encouragés car, il faudra bien commencer tôt ou tard par réaliser que d'eux seuls dépend la survie de nos ambitions et de nos espoirs démocratiques toujours à entretenir, comme on entretien un feu... pour nous protéger de l'arbitraire glacial de la domination et de l'esclavage qui, lui, ne renonce jamais !

     

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