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Politique et actualité

  • Corinne Lepage : environnement et business

    corinne lepage, cabinet huglo lepage environnement

     

    Comme chacun peut en avoir conscience, avec ou sans ministère de l'environnement, l'écologie ne porte très mal en France dans les faits comme dans les urnes même s'il n'y a que le cabinet de Madame Lepage qui semble se porter bien et toujours mieux au fil des ans : plus exactement le cabinet "Huglo Lepage Avocats" Paris 8 (arrondissement très écolo !) ; Huglo de son prénom Christian, c’est son mari ; Benjamin, le fils… est aussi de la partie : spécialité environnement... et tout et tout.
     
    Notons au passage ceci : si Corinne Lepage a été ministre, doit-on s’étonner que les seuls gouvernements auxquels elle ait prêté son concours étaient tous de droite (elle n’a pas non plus résisté à cette tentation droitière lors de la victoire de Macron : c’était de notoriété publique que Madame Lepage souhaitait une place dans le gouvernement qu’il nommerait) ?
     
    Un fait est certain : soucieuse de l’environnement, elle et sa petite famille, cette dame a toujours trouvé les Ecolos... comment dire... très... très écolos... et puis finalement, trop écolos pour son goût et la fermeté de son engagement ; sans doute est-ce la raison pour laquelle Madame Lepage s’est trouvé à l’aise seulement dans des gouvernements de droite, le temps pour elle d’étoffer et de renouveler son carnet d’adresses - ? - car en ce qui concerne son action, on peine encore à lui décerner un prix quelconque ; et sûrement pas celui de la persévérance sinon dans l’échec.
     
    Des gouvernements de droite donc, et par voie de conséquence, des gouvernements sous influence : celle de la FNSEA ; ce puissant syndicat agricole qui, depuis les années 60, peut être considéré comme le bras armé de la droite en ce qui concerne la conquête et le contrôle des agriculteurs en tant qu’électorat, ainsi que de l'industrie agro-alimentaire fruit d'un modèle d'agriculture productiviste responsable de la destruction de nos sols, de notre littoral, de la désertification de nos campagnes et de la pollution de notre eau ; sans oublier tous les cancers qui ont pour origine notre alimentation.
     
    Et pourtant... quand elle n'est pas ministre, plus bavarde, plus critique et plus directive - voire expéditive - que Corinne Lepage, vous ne trouverez pas ! Elle est intarissable quant à ce qu'il conviendrait de mettre en oeuvre pour sauver au plus vite ( et au plus offrant ?) la France, l'Europe, le monde, la galaxie et l'univers d'un chaos environnemental annoncé.
     
    Aussi, année après année, on peut légitimement s’interroger sur le fait que les médias en soient encore à assurer à cette affairiste environnementale une publicité dont on souhaiterait pouvoir la priver.
     
    Cherchez l'erreur, la paresse ou bien la connivence !

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    Pour prolonger, cliquez :   Salon de l'agriculture : la vitrine d'un productivisme d'essence nihiliste

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  • Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? - les congés payés du 20 juin 1936


                                                                   

     

                    Le Front populaire généralise les congés payés un mois après son arrivée au pouvoir. La loi est votée à l'unanimité par les députés le 11 juin 1936 et promulguée le 20 juin 1936. Elle prescrit un minimum de deux semaines de congés par an pour tous les salariés français liés à leur employeur par un contrat de travail.

     

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                "Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux !" Ray Ventura et ses Collégiens - 1938 - compositeur : Paul Misraki ; auteur : Andre Hornez

     

                Ils ne la souhaitaient  pas. Ils ne l’attendaient pas non plus.  Et puis, elle est arrivée.

    Nous sommes en 1938 ; il est question de faire la fête. Un an plus tard, le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne ; le 3 septembre de la même année, la France et l'Angleterre (et d'autres menus fretins) déclarent la guerre à l’Allemagne.

    Il ne sera alors plus question de faire la fête ; on continuera de prendre des trains, certes ! mais ces trains auront d’autres destinations et les tenues vestimentaires d’autres coupes, d’autres couleurs ; les sacs à dos remplaceront les valises ; quant aux sourires sur les visages…

    Pensez donc ! Il n’est plus question de gagner les plages - nos beaux rivages ensoleillés - mais bien plutôt de se rendre dans l’Est et le Nord de la France.

    Des trains donc et des troupes aussi pour contrer l'avancée allemande même si - exode civil et militaire oblige ! - leur sort à tous sera scellé en quelques semaines.

     

                   Après les deux dernières détonations de Hiroshima et de Nagasaki et une guerre aux 62 millions de morts dont 40 millions de civils… cette guerre-là, ils ne l’ont pas voulue ; et ils l’ont eue quand même !

     

     

            "Quand on se promène au bord de l'eau" 1936  - Paroles de Julien Duvivier et Louis Poterat ; Musique de Maurice Yvan et Jean Sautreuil

     

    ***

     

                70 ans plus tard, on ne compte plus les Unes des journaux et des magazines et autres webzines qui brandissent la menace d’une 3è guerre mondiale ; guerre imminente, guerre à venir et qui ne manquera pas d'arriver, pour sûr !

    La guerre fait vendre... pas seulement des armes : des journaux aussi.

    Tous la prédisent et tout le monde l’attend cette troisième guerre mondiale (plus de 10 millions de réponse sur Google sur la recherche « troisième guerre mondiale) en la redoutant qu’à moitié… car au fond, tout au fond, tous savent que ça ne peut plus continuer...

     

                  "Continuer ? Mais... qu’est-ce qui ne peut plus continuer ?

                   - Mais... ça, tout ça !

                   - Tout ça quoi ?

                   - Cette saturation ! Cette pénurie ! Cette effervescence ! Cet essoufflement ! Cette vie sans Dieu ! Cette vie avec Dieu ! Toute cette technique ! Toute cette indigence ! Tout ce plein ! Tout ce vide ! Tous ces mensonges et toutes ces vérités qui ne peuvent plus nous être cachés !"

     

                  On l’attend donc ; on l’espère cette guerre ! D’aucuns comptent pouvoir se refaire une santé, d’autres nous faire oublier tout…  et d'autres encore tout aussi pressés de vivre que de mourir après des années sans queue ni tête, sans but ni direction : « Enfin quelque chose qui nous dépasse ! Quelque chose de plus grand que nous ! » s'écrieront-ils.

    Car la guerre nous dépasse toujours d’une tête, parfois de deux. On croit la faire cette guerre et c’est elle qui nous fait et qui nous la fait à l’envers aussi !

              Mais alors, Qu’est-ce qu’on attend pour faire la guerre et être heureux ? Oui, heureux et libérés d’un poids énorme, tous fatigués d’obéir, tous fatigués de subir, tous fatigués de désespérer ; et les autres, en grande difficulté face au réveil des consciences : "Ce qui est... n'est pas ! Vous vous rendez compte un peu ?!"

    Et puis, la faire cette guerre, n’est-ce pas le meilleur moyen de conjurer sa menace ?

    Regardez ! Si l’histoire nous est d’un enseignement quelconque, on n’aura pas manqué de noter ceci : vous ne la voulez pas cette guerre et elle vous tombe dessus : pas moyen d'en réchapper alors !

    Vous la désirez ardemment, vous la priez cette guerre et elle vous fait faux bond ! Zut alors !

    Aussi, autant la faire cette guerre car rien n’est plus dangereux que la frustration guerrière ; une frustration qui tape du pied, qui s’impatiente, qui enfle et enfle... enfle jusqu'à... 

     

               « Une 3è guerre mondiale, vous dites ? Mais il y a longtemps qu'elle a commencé.

                - Commencé ? Laquelle ?

                - Mais cette guerre qu'est le mondialisme... cette guerre faite à l'Europe, cette guerre contre les Etats nations, les salariés, la liberté !

               -  Mais non ! C'est pas ça ! Je pense à une troisième guerre mondiale sur le modèle de la deuxième.

              - Mais… entre qui et qui alors ?

                    -  Entre nous et eux, tiens pardi !

              -  Eux et nous ?

              -  Entre nous et eux qui dictent et commandent entourés de leurs troupes composées en majorité de ceux qui n’ont jamais cessé d’obéir ! Après tout, le soldat, c’est dans la vie civile qu’on le forme et qu’il fait ses classes. Toujours ! De tout temps ! Qu'est-ce que vous croyez !

               -  Vous avez raison. L'être humain, quand il obéit, est d'une laideur sans nom, en temps de guerre comme en temps de paix !"

     

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    Pour prolonger, cliquez : 3è guerre mondiale

     

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  • L'égalité à la française : un sésame qui ouvre les portes d'un régime de privilèges et d'immunités

     

     

                 La vérité est un mille-feuilles, et rares sont ceux qui demandent du rab car, avec elle, on est très vite rassasiés.

     

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               Si le citoyen français est très attaché à l’égalité, ne cherchez pas, c’est dans l’espoir que cette égalité lui ouvrira des portes qu’il s'empressera de refermer derrière lui, avant de les verrouiller toutes, à double tour.

    Car, pour ce citoyen aux origines souvent modestes (mais pas toujours), l’égalité est le seul moyen d’accéder à un statut privilégié dans le secteur privé comme dans le secteur public, et ce faisant, son seul espoir d'intégrer une classe du même nom, à savoir : la classe des privilégiés.

    Deux siècles de ce régime d'exceptions et d'immunités pour les plus privilégiés parmi les privilégiés, ont fait qu’aujourd’hui, on peut affirmer sans se tromper : il ne reste plus une seule porte ouverte pour quiconque, toutes origines sociales, culturelles et ethniques confondues.

     

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                 Sans vouloir être désobligeant à son égard, et au risque de paraître franchement grossier, toutes choses étant égales par ailleurs - même si on sera bien en peine de savoir quoi et où -, dernièrement j'ai pensé à une chose : et si ce citoyen épris d'égalité était un petit enfoiré (1) ? Un enfoiré souvent sympathique, certes, mais... un enfoiré quand même ! Et qui plus est, un enfoiré de la pire espèce : de l'espèce qui niera tout en bloc, même sous la torture.

    Dur à cuir et pervers, ce "rebelle" tartuffe d'une mauvaise foi à fleur de peau,  n'a qu'une seule et unique cause : une place au soleil pour lui seul.

    Alors... diable ! Comment ne pas arriver à la conclusion suivante : il y a bien quelque chose de profondément... pourri... au royaume de France. Ce qui expliquerait en grande partie l’absence de solutions à la fois collectives et individuelles ; car, franchement, aujourd'hui, dans ce pays, on aide qui, à mettre (ou à remettre) un pied à l’étrier.

    Vous en doutez encore ?

    Ecoutez donc un chômeur vous parler de son dernier entretien avec un conseiller de Pôle emploi ; voyez cet employé face à un employeur dont le seul mérite est de créer des emplois de 25H par semaine, payés au minimum horaire ; testez la qualité de l'accueil d'un bénéficiaire du RSA, d'une fille-mère face à une assistante sociale ou bien, d'un titulaire d'une carte CMU dans un centre médical ; voyez ces milliers d'ados et de pré-adultes qui quittent tous les ans (280 000 chaque année), une institution qui, en 10 ans et plus, leur aura tout juste permis de maîtriser l'écrit et la lecture...

    Et puis, rajoutez-y une couleur de peau et un nom venus d'ailleurs...

     

     

    1 - Enfoiré : individu pas foncièrement méchant ni mauvais mais... faut pas lui tourner le dos ; et mieux vaut ne jamais avoir besoin de compter sur lui ; même si l'on ne doit pas oublier la profonde solitude et la fragilité de l'homme moderne, à la fois individualiste forcené (satisfaction de ses besoins) et grégaire (recherche de sécurité dans un groupe) au sein d'une réalité qui a pour fond social : la peur, la précarité et l'instabilité.

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  • Souveraineté, légitimité et légalité avec Jacques Sapir

     

     

    sapir, sputnik

                              Un texte important de Jacques Sapir qui réhabilite trois notions : Souveraineté, Légitimité et Légalité, à la fois du point de vue de leurs conséquences sur la société mais aussi de leur hiérarchisation :

     

                « … les États d’Europe sont aujourd’hui, et pour longtemps encore, des États-Nations. C’est la souveraineté qu’ils ont acquise qui leur donne ce pouvoir de « dire le juste ». Bien sûr, un État souverain peut être « injuste », ou en d’autres termes illégitime. Mais un État qui ne serait plus pleinement souverain ne peut produire le « juste ». De ce point de vue, la souveraineté fonde la légitimité même si cette dernière ne s’y réduit pas.

    Ceci permet de comprendre pourquoi il faudra revenir sur ces trois notions, Souveraineté,Légitimité et Légalité, à la fois du point de vue de leurs conséquences sur la société mais aussi de leur hiérarchisation. Ces trois notions permettent de penser un Ordre Démocratique, qui s’oppose à la fois à l’ordre centralisé des sociétés autoritaires et à l’ordre spontané de la société de marché. Il peut d’ailleurs y avoir une hybridation entre ces deux ordres, quand l’ordre planifié vient organiser de manière coercitive et non démocratique le cadre dans lequel l’ordre spontané va ensuite jouer.

    La souveraineté est indispensable à la constitution de la légitimité, et cette dernière nécessaire pour que la légalité ne soit pas le voile du droit sur l’oppression. De ce point de vue il y a un désaccord fondamental entre la vision engendrée par les institutions européennes d’une légalité se définissant par elle-même, sans référence avec la légitimité, et la vision traditionnelle qui fait de la légalité la fille de la légitimité. Cette vision des institutions européennes aboutit à la neutralisation de la question de la souveraineté.

    On comprend le mécanisme. Si le légal peut se dire juste par lui-même, sans qu’il y ait besoin d’une instance capable de produire le juste avant le légal, alors on peut se débarrasser de la souveraineté. Mais, sauf à proclamer que le législateur est omniscient et parfaitement informé, comment prétendre que la loi sera toujours « juste » et adaptée ? Ceci est, par ailleurs le strict symétrique de la pensée néoclassique en économie qui a besoin, pour fonctionner et produire le néo-libéralisme, de la double hypothèse de l’omniscience et de la parfaite information. La tentative de négation si ce n’est de la souveraineté du moins de sa possibilité d’exercice est un point constant des juristes de l’Union Européenne. Mais ceci produit des effets ravageurs dans le cas français.

    La notion d’Ordre Démocratique assise sur la hiérarchisation des SouverainetéLégitimitéet Légalité aboutit à une critique profonde et radicale des institutions européennes. »

     

    Le texte dans son intégralité ICI

     

     

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              Jacques Sapir est un économiste français, directeur d’études à l’EHESS .

    Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s’est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

     

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  • George Carlin : l'oncle d'Amérique de Dieudonné

                       Election américaine oblige !

     

     

                Décédé en 2008, à l'âge de 71 ans, George Carlin aura fait rire et penser, 50 années durant, des millions d'Américains et d'anglophones.

     

     

    Cliquez sur " paramètres" (settings) puis sur "subtitles" pour activer la traduction française


    "Ca s'appelle "le rêve américain" car, pour y croire, il faut être endormi".

     

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                        Dans un monde où la bêtise et le mensonge sont rois, rien n'est plus drôle et plus terrifiante que la vérité.

     

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                     Satiriste et polémiste d'origine irlandaise, George Carlin n'épargnera personne : Présidents, gouvernements et leur politique, la société moderne américaine, les religions, les communautés, les lobbies... il ne connaîtra aucun tabou, il s'autorisera tout ; il abordera tous les sujets sans retenue ni auto-censure.

     

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les vidéos de George Carlin

     

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  • Penser l'humanité aujourd'hui avec le Transhumanisme

     

    Si le mal a une racine, c’est sûrement celle qui a été coupée.

     

    Jupiter voyant nos fautes, 
    Dit un jour du haut des airs : 
    « Remplissons de nouveaux hôtes 
    Les cantons de l’Univers 
    Habités par cette race 
    Qui m’importune et me lasse. 
    Va-t’en, Mercure, aux Enfers : 
    Amène-moi la furie 
    La plus cruelle des trois. 
    Race que j’ai trop chérie, 
    Tu périras cette fois. »

    Jean de la Fontaine ICI

     

     ***

     

    "Je suis anthropologue ! L'anthropologie, vous connaissez ?

    - Pas vraiment ! Enfin... vaguement.

    - C'est pas grave. Laissez-moi vous expliquer une ou deux choses, car il est important que vous compreniez tout de nous. Les psychiatres, les sociologues, tous ces représentants d'une science approximative et mollassonne, sans oublier les commentateurs, les politologues, les éditorialistes, les éducateurs et animateurs de quartiers - chefs de bandes inclus... tous ces gens-là ne progressent plus dans leurs analyses. Depuis des années, ils font du surplace. Ils bégayent. Ils tergiversent sans fin et sans but et sans résultats. Mais on va les mettre tous d‘accord car l'entrée dans le nouveau siècle se fait sous l'empire des sciences fondamentales : sciences pures et dures, biologie génétique et anthropologie au service des techno-sciences. Finies donc les sciences discursives, pareuses et lâches ! Fini l'amour de son prochain par amour pour soi ! Finie la charité ! Finie l'aumône ! Fini le soulagement de la souffrance pour atténuer le malaise de ceux que cette souffrance dérange ! Finie la culpabilité intermittente et éphémère parce que ... culpabilité d'humeur et non de conviction, des classes supérieurement émotives ! Finies les tentatives de médiations, d'explications et d'insertion et de réinsertion structurantes. A partir d'aujourd'hui, on ne cherche plus les arrangements à l'amiable. On n'explique plus, on n'insère plus ! On ordonne et on exige le silence ! Oui, Monsieur, on ordonne et... pour finir, on balaie devant notre porte toutes ces thérapies avortées. Notre science n'a plus besoin du retour au sein de notre normalité sociale et économique de ceux qui s'en sont écartés. Nous n'avons plus besoin de l'adhésion de ceux qui ne veulent ni comprendre ni adhérer. Vous ne voulez pas marcher droit ? Eh bien, rassurez-vous, plus personne ne vous demandera de marcher car, bientôt, vous ne marcherez plus. Aujourd'hui, nous avons élaboré une stratégie de substitution face à l'incurie de tous ces acteurs politiques et sociaux. Déboutés, ils sont ! Nous sommes sur le point de conclure et de transformer tous les essais. Nous sont maintenant capables d'apporter des solutions à tous les problèmes. Comprenez bien une chose : l'histoire de l'humanité est une bombe à retardement qui court à sa perte. Face à la déchéance de notre humanité, on peut rester les bras croisés mais... on peut aussi faire quelque chose, et vous savez quoi ?

    - Non. Dites un peu pour voir.

    - Supprimez l'être humain en tant que tel. Voilà ce qu'on doit faire.

    - Vous avez bu ?!

    - Vous dites ?

    - Vous êtes ivre !

    - Ivre ? Oui mais... d'une nouvelle ivresse : l'ivresse de ceux qui touchent au but. L'ivresse de celui qui est sur le point de franchir la ligne d'arrivée en tête, seul et sans conteste. Sachez qu'on ne guérit un malade mortellement atteint qu‘en le supprimant. Et supprimer l'être humain, c'est supprimer sa déchéance. Mais... vous devez vous dire :"Ils sont cinglés !" N'est-ce pas ?

    - Cinglés, je sais pas mais... ivres, certainement.

    - Vous ne comprenez pas ce qui nous motive. Notre savoir progresse plus vite que le développement intellectuel des êtres humains car nos sciences sont le fruit d'une conception exponentielle du développement de toutes les connaissances. D'où l'incompréhension de nos contemporains face au monde dans lequel ils vivent et dans lequel nous nous proposons, dès demain, de les faire vivre. Ca va beaucoup trop vite pour eux qui vont si lentement. Face à l'accélération des connaissances scientifiques, le fossé se creuse. Cette humanité-là, avec son égalitarisme infernal et têtu ne sera jamais à la hauteur de tous ces nouveaux enjeux. Elle ne sera jamais assez mûre et... elle ne le sera jamais assez tôt. D'ailleurs, vous-même, vous êtes, que vous le vouliez ou non, l'incarnation vivante de cette chute de niveau de compréhension et d'adaptation au nouvel état du monde. L'être humain n'a pas encore pris l'exacte mesure des conséquences des nouvelles technologies, alors, vous pensez bien : lui demander de comprendre l'ingénierie génétique et le concept de l'homme démonté, ré-assemblé et réinventé... parce que c'est bien de ça qu'il s'agit. Oui ! Monsieur ! L'homme réinventé du tout au tout !

    - C'est pas rien votre projet.

    - Aujourd'hui, nous avons la rage de conclure une fois pour toutes les fois où nous nous sommes arrêtés à mi-parcours pour regarder le train nous passer sous le nez à cause de types comme vous. Oui, c'est bien la rage de conclure, de tout conclure, qui nous anime et qui nous pousse en avant. Nous sommes au début d'une conclusion et d'une forclusion exemplaires : celles de l'homme concluant, définitif et forclos dans une finitude à sens unique et sans issue, comprenez : sans échappatoire ! Un vrai cul de sac, cette forclusion ! Enfin libre et responsable, l'homme n'aura plus qu'une seule origine : lui-même. Lui-même comme début et comme fin. Lui-même avec pour seul géniteur : la science. La seule origine de l'homme sera sa naissance, le jour de sa naissance et seule la science sera autorisée à se pencher sur son berceau. L'homme sera à lui tout seul... le père, le fils, la mère, l'oeuf, le coq, la poule et seule la science sera autorisée à pondre. Nous supprimons l'être humain pour mieux le libérer des malédictions de sa condition et des imperfections de sa nature car, c'est au delà de l'humain et de son histoire chaotique que nous irons chercher les outils nécessaires à la construction d'un monde enfin prévisible, un monde qui saura triompher de la nature humaine : nature égoïste, paresseuse, immature ; nature rebelle et réfractaire au changement et au sacrifice. Nous voulons un homme qui n'aura d'humain que le nom, un homme coulé dans un moule unique, indifférencié, un homme né sans cordon ombilical, un homme au-dessus de tout soupçon, sans mémoire, sans tradition et fatalement sans imagination, sans conscience et sans contradictions. Nos médias et tous les moyens modernes de diffusion et de communication y contribuent déjà, mais ce n'est pas suffisant. Après le décervelage et l'abrutissement, viendra la déshumanisation de cette espèce maudite. Finies les résistances des patients au processus thérapeutique ! Nous proposons aux gens de votre espèce, non pas de se soigner mais... nous leur proposons... sans vanité et jusqu'à l'ultime conséquence du don de soi ... de servir un projet inouï : servir et mourir ! Servir en mourant pour mieux servir les intérêts de la communauté scientifique. Cher Monsieur, nous travaillons au sens propre et au premier degré, sans gants, sans poésie et sans métaphore.

    - Vraiment ?

    - Nous allons enfin mettre la main basse sur tout ce qui touche de près ou de loin au vivant car quiconque contrôle le vivant, contrôle aussi et par voie de conséquence, la mort. Le processus de planification et d'instrumentation de l'être humain est en route et il cavale, il court... il court ce processus comme le furet quand il court... et rien ne pourra l'arrêter. Toutes les forces du progrès viendront modifier toutes les conceptions et ébranler toutes nos certitudes moralisantes. Et je défie de me prouver le contraire ? Trouvez-moi une voie et un domaine de recherche qui aient été entr'ouverts puis un jour, refermés, abandonnés à jamais ? Cherchez ! Vous n'en trouverez pas car personne ne fera le choix de l'ignorance. Personne ! Ils attendent de tout de nous et de cette nouvelle connaissance. Mais au réveil et devant le miroir de leur salle de bains, je peux vous dire qu'ils ne se reconnaîtront plus... parce qu'ils ne s'y... retrouveront plus... Sachez une chose Monsieur : la connaissance a deux têtes. Avec la roue, nous avons découvert la bicyclette et une nouvelle façon de torturer ; avec le fer, nous avons inventé le chaudron pour y faire cuire le Bœuf bourguignon mais aussi, l‘épée pour trancher les têtes. La radiographie nous a conduit tout droit à la bombe atomique. Eh bien, avec l'homme réinventé et recomposé, nous aurons aboli et la maladie et la mort, en échange de quoi, nous exercerons un contrôle absolu sur tous ces humains qui ne veulent plus mourir. Oui, il est là le prix à payer ! Nous contrôlerons et leur vie et leur mort ! Mais sachez une chose  : cette vie sans souffrance et sans la mort, cette vie-là devra se mériter. Les autres, ceux qui n'auront finalement rien mérité, les troubles fêtes, les aigris, les éternels insatisfaits, ceux-là nous apporteront la matière première dont nous aurons besoin ; matière génétique, bien évidemment ! Alors, ce sera... au pied, couché, pas bougé ! Sinon... à la trappe ! Et hop ! Direction... le labo !

    - Je vois.

    - Tous les crédits ont été votés. On est blindés. On est pleins aux as. Tous les feux sont au vert ! Alléluia !"

     

     

    Extrait du titre "Des apôtres, des anges et des démons" - Copyright Serge ULESKI

     

     

     

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  • Robespierre raconté par Henri Guillemin

     

     

                  Dans la France de 1789, banques et industries prospèrent mais le pouvoir reste entre les mains de l’Aristocratie : c’est alors qu’une nouvelle répartition de la richesse appellera une nouvelle répartition des pouvoirs.


    1789, ce sont les émeutes de la faim dans une France avec des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres : le travailleur des champs et des villes gagne 20 sous par jour ; pour se nourrir, il lui faut en dépenser 14 : le prix d’une miche de pain.

                  Rappelons que dans les deux premières années, la Révolution Française ce n'est pas seulement l'abolition des anciens privilèges  (dans l'attente des nouveaux ?)... mais c’est aussi le suffrage censitaire et la loi Le Chapelier qui proscrit les organisations ouvrières car la Constituante de juillet 1791 aura pour morale, une morale voltairienne : « Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le plus grand nombre qui le nourrit ».

    Rappelons aussi que la Constituante maintiendra l’esclavage ; Robespierre dénoncera alors l’hypocrisie de l’égalité et de la liberté.

    Et puis, très vite, la Révolution avorte ; elle n’est plus qu’une bataille entre nantis sur le dos des travailleurs. La bourgeoisie est prête à tout pour s’enrichir : on la soupçonne même de faire la guerre à l’Autriche dans le seul but de recueillir des fonds pour s'emparer des biens du Clergé.

    Robespierre protestera à la tribune des Jacobins en janvier 1792 : « Si vous voulez faire cette guerre d’agression, vous vous reniez ! La Constituante a voté à mai 1790 à l’unanimité que la Nation française déclare solennellement qu’elle ne fera plus jamais de guerre d’agression ».

    Une disette organisée par des spéculateurs provoquera une demande d’intervention de l’Etat pour fixer le prix de vente du pain ; les Girondins s’y opposeront ; ils rappelleront que « l’Assemblée s’est engagée à ne jamais intervenir dans le domaine économique ». Ce qui confirme une Révolution entre les mains des nouveaux riches, banquiers et industriels.

     


    Henri Guillemin, conteur enthousiaste, nous raconte Robespierre

     

                Le 10 août 1792, c’est la chute définitive de Louis XVI et de la monarchie constitutionnelle. La Convention remplace l’Assemblée. Cette journée voit la relance de la dynamique révolutionnaire cette fois-ci par Danton et ses amis et alliés : Maximilien de Robespierre, Camille Desmoulins, Fabre d'Églantine, Jean-Paul Marat.

    Robespierre fait voter le suffrage universel. Mais dans une France où 85% des Français ne savent ni lire ni écrire, sur 6 millions d’électeurs, seuls 15% d'entre eux voteront : c’est la bourgeoisie marchande qui raflera tous les sièges.

    Rousseauiste, Robespierre propose de limiter le droit de propriété ; il s’attirera les foudres de cette Bourgeoisie ; des Girondins réclameront la peine de mort contre quiconque propose de remettre en cause ce droit : «  Liberté, égalité et fraternité » deviendra « Liberté, égalité et propriété ».

    Robespierre demandera l’abolition des droits féodaux car la nuit du 4 Août 1789 qui avait vu l’abolition d’un certain nombre de privilèges, ne les avait pas abolis, tout en exigeant la peine de mort pour ceux qui spéculent sur les produits de premières nécessités : le pain et le blé et l’agiotage des assignats.

    Danton, à la tête du tribunal révolutionnaire qu’il a créé manifestement aux seuls fins de servir ses intérêts de classe, celle des nantis, évoquera une 3è Révolution : « Il faut mettre la terreur à l’ordre du jour à raison d'une tête par jour !» avant de faire volte face : il demandera que l’on fasse l’économie du sang très certainement dans l’espoir qu'on épargne le sien.

    Le tribunal révolutionnaire avait fait tomber 1200 têtes en six mois ; en 40 jours, il en fera tomber 1876. Lamartine écrira : « ils couvrirent Robespierre du sang qu’ils versaient pour le perdre ».

    Robespierre demandera la tête de Danton qu’il obtiendra pour « activités anti-révolutionnaires et anti-gouvernementales ».

     

               Avec sa guerre contre l’athéisme, un athéisme que Robespierre juge responsable del ’affairisme d’une classe qui sape la Révolution et vole le Peuple, une guerre incarnée par l’Etre suprême censé consolider l’idée de justice et de fraternité, Dieu et la religion devenant alors non plus l’opium d’un peuple asservi et abruti de fatigue mais d’une République solidaire et fraternelle, Robespierre se met en danger irréversiblement.

    Le 26 juillet à la Convention, il déclare : « Mes mains sont liés mais je n’ai pas encore un bâillon sur la bouche. Quand la République tombe entre certaines mains… que voulez-vous que nous fassions quand le responsable des finances fomente l’agiotage, favorise le riche, désespère le pauvre ? J’en ai assez de ce monde dans lequel l’honnêteté est toujours victime de l’intrigue et la justice un mensonge ! » (1)

    Robespierre est arrêté. 106 exécutions seront votées. Robespierre sera le dernier à monter sur l’échafaud.

     

                  La Révolution est morte. On rétablit le « cens » selon le principe qui veut qu’une République gouvernée par les propriétaires est dans l’ordre social. Madame de Staël rouvre son salon. Benjamin Constant rentre de Suisse les poches chargées d'or.

     

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                 Aujourd’hui encore, l’image d’un Robespierre « petit homme malingre à la santé fragile, incorruptible, fanatique, guillotineur glacé, les mains sanglantes », colle à la peau de ce personnage.

    Issu d’un milieu modeste, Robespierre fera des études d’avocat grâce à une bourse du Clergé. Très tôt, il a pour maître : Jean-Jacques Rousseau et son « Contrat social ».

    On oppose souvent Robespierre à Danton, "l’homme du 10 Août", chaleureux et audacieux ; dans les faits, un affairiste et un spéculateur opportuniste et arriviste sans principe, ni doctrine ni vision car, de Danton, impossible de cerner la moindre idée politique ; la Révolution semble pour lui l’occasion d’un enrichissement inespéré.

    Alors que Robespierre est un franc-maçon avec une doctrine sociale, Danton, ami des plus riches - on dit de lui qu’il a été, très tôt, acheté par la Banque, l’Industrie et la Monarchie avant la chute définitive de Louis XVI - n’a jamais caché son aversion pour « la démocratie et leur République de Wisigoths » ; celle que Robespierre tente de bâtir.

     

            …  « Nous voulons une demeure pour les hommes où toutes les âmes s’accompliront» avait souhaité Robespierre.

     

    Orgueilleux et désintéressé, on a dit Robespierre violent ; mais... la violence peut-elle être une forme de l’amour ? Un visage indigné de l’amour ? Et l’indifférence la perfection de l’égoïsme ? Après tout, ne peut-on pas préférer le sang à l’eau avec laquelle Ponce Pilate s’en est lavé les mains ?

    Robespierre était de ceux-là : une âme perdue pour la raison du plus riche et du plus cynique ; et si on pouvait lui reprocher son isolement et son absence de contact avec le Peuple, lui qui l'a plus souvent rêvé que rencontré, Robespierre aura toujours placé les intérêts des petites gens au centre de ses préoccupations et de sa Révolution.

     

     


    1 - Le dernier discours de Robespierre devant la Convention le 8 Thermidor an II : ICI

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    Pour prolonger, cliquez : Les conférences de Henri Guillemin

     

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  • Exhibit B : quand la représentation du racisme se prend pour de l'anti-racisme

     

    Si l'enfer est pavé de bonnes intentions, il semblerait que le l'anti-racisme le soit aussi.

     

    Interdite à Londres, l'exposition-installation itinérante du Sud-Africain blanc Brett Bailey. Exhibit B  - une série de douze tableaux-performances représentant des scènes de l’histoire coloniale et postcoloniale -, destinée en priorité à un public "blanc" (selon les dires de l'artiste), défraie la chronique ; l'artiste est accusé de remettre au goût du jour les zoos humains (1)de l'époque coloniale : le dernier zoo humains date de 1958 ; il s'est tenu en Belgique.

    Bailey souhaite choquer un public blanc ; or, ce public n'a pas pipé mot et les associations anti-racistes non plus - LICRA (2) et LDH -, dans lesquelles on peinera à trouver, il est vrai, un Noir, un seul.

    Le CRAN (3) prépare une contre exposition en novembre qui aura pour titre : Exhibit White

     


                    A notera que tous les invités blancs soutiennent l'exposition ; tous rejettent les arguments de l'artiste noire BAMS... il est vrai que le Blanc sera toujours tenté de dire aux Noirs qu'il sait mieux qu'eux ce qui est bon pour eux : le paternalisme colonial a la vie dure !

                       

                La mobilisation contre l'exposition ne s'est fait pas attendre. Forte d'une pétition qui a recueilli 20 000 signatures, Le collectif contre Exhibit B composé d'artistes, a déposé un référé. En vain. L'exposition sera maintenue.

               Sans doute, existait-il une solution : intégrer à l'exposition ce collectif qui aurait été à même d'intervenir auprès du public pour exposer ses griefs ; leur présence aurait alors fait partie intégrante de l'exposition.

     

                 Les griefs de ce Collectif sont les suivants :

     

    - Instrumentalisation du corps noir, un noir muet, qui renforce les stéréotypes raciaux.

    - Jamais l'oppresseur n'est exposé.

    - Pas de représentation de la résistance et des luttes du "mouvement Noir".
    - Le Noir est seulement présenté dans une position de victime... éternellement.

    - Aucune mention de la spécificité du racisme anti-noir, à savoir la négro-phobie.

     

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               Dans cette vidéo, les opposants à l'exposition répondent à la LICRA et aux médias qui les ont caricaturés tout en les présentant comme des extrémistes ; avec cette "diabolisation" des opposants à l'exposition, c'est encore une fois, une minorité - après les Musulmans -, à laquelle on refuse le droit à la controverse et à l'antagonisme à grand renfort de CRS : "Allez ! Circulez, y'a rien à voir !"

     

    1 - Les expositions coloniales furent organisées au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle dans les pays européens. Elles avaient pour but de montrer aux habitants de la Métropole les différentes facettes des colonies. Les expositions coloniales donnaient lieu à des reconstitutions spectaculaires des environnements naturels et des monuments d'Afrique, d'Asie ou d'Océanie.

    La mise en situation d'habitants des colonies, souvent déplacés de force, les fera qualifier dans les années 2000 de zoos humains.

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    Exposition coloniale : Belgique, 1958 ; une fillette de 6 ans est "exposée" dans un enclos ; les visiteurs la nourrissent au passage, comme au zoo, les animaux.

    Comment une ethnie, un continent, peuvent-ils "se remettre" d'une telle exposition et d'une telle représentation ? Et nous de nous en défaire ?
    Combien d'années, de décennies... cela demande ?

     

    2- "Exhibit B, est au centre d’une controverse qui a pris une forme inadmissible" : il reviendrait donc à la Licra de juger du bien-fondé d'une controverse ?

     

    3 - le CRAN demande à être reçu par la ministre de la culture afin qu'un audit soit réalisé sur la représentation des Noirs dans le monde de la culture.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Contre Exhibit B - la conférence de presse

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  • Fa, Antifa... dialogue, bilan et perspectives

     

                   

                    Parce qu'il n'est jamais trop tard pour comprendre que l'anti-fascisme est le pire produit du fascisme : dictature de la marchandise, réification et aliénation de l'être humain au nom du libéralisme ; tout comme l'anti-racisme est le pire produit du racisme : mise en concurrence du travailleur protégé européen avec une masse de travailleurs du monde entier privés de droits politiques et sociaux pour le plus grand bénéfice des multinationales du CAC 40 au nom d'un universalisme béat et sans jugeotte.

    En 1936, les Républicains espagnols liquideront les groupes radicaux qui revendiquaient la fin de l'Etat, l'abolition de l'argent et du salariat avant d'être liquidés à leur tour par les troupes de Franco.

    Quant à l'action de SOS racisme, elle culminera avec la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002, un certain 21 avril.

     


    Antifa : mise au point par ERTV

     

              Kim et Mhedy, deux chasseurs de skins durant les années 80, reviennent sur leurs parcours : un regard critique sur la mouvance antifa.

     

     


    Serge Ayoub répond à Kim et Mhedy par ERTV

     

     

             Serge Ayoub qui fut une figure incontournable du mouvement skinhead dans les années 80-90, réagit dans cette interview à la vidéo « Antifa , mise au point », de Kim et Mhedy.


                             

                                      "Je préfère un ouvrier communiste à un bobo gauchiste"

    On saluera la cohérence du parcours de Serge Ayoub. Courage physique, courage tout court, sans langue de bois, le talent de cet activiste réside dans le fait qu'il a toujours eu la manière d'être ce qu'il est.

    Ses idées ? Il n'en manque pas. Confrontez-les dans le cadre de la confrontation des idées justement ! avant de crier haro sur l'homme.

      

    1 - Courtesy of ERTV

     

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  • Eloge du populisme

     

                 Le populiste, c'est l'autre, toujours ! L'adversaire en l’occurrence. Sa dénonciation n'explique rien mais révèle tout : un parti pris de classe dans le style : "Si c'était différent, ce serait pire encore ! "... tendance bourgeois des centre-villes, pétés de tunes et morts de trouille – classe politique, universitaires et journalistes-chroniqueurs des grands médias.

    Même à sciences-Po, on sait que ce vocable n'a qu'une fonction : discréditer auprès d'un électorat bien ordonné et propre sur lui, un adversaire politique ; un véritable attrape nigauds cette dénonciation pour des gogos de l'anti-populisme, petites classes moyennes qui se retrouvent tous immanquablement à se tirer une balle dans le pied en votant pour une politique de la soumission du plus fort sur le dos des plus faibles.

     

     



                  "Le Peuple est une réalité vivante dont l'être-ensemble est politique. Cet être-ensemble populiste est un être qui réagit à la place vide de la direction politique ; il correspond à un moment de la vie des démocraties où le Peuple se met à contre coeur à faire de la politique car il désespère de l'attitude des gouvernants qui n'en font plus. Le populisme est l'aspiration non encore réalisée de ce désir de politique."

     

                                         Vincent Coussedière

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                   A la mémoire des Peuples délaissés, ignorés et oubliés

     

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                  Si le populisme prend ses racines dans la défense des vertus civiques, en revanche, le mondialisme et plus généralement le libéralisme économique mondialisé qui nous y a menés - un libéralisme des années 70 conduit par le trio infernal « Friedman, Thatcher et Reagan » -, a sans l’ombre d’un doute affaibli les fondements moraux et économiques de l’Etat, et par voie de conséquence, de tout ou partie d’une classe politique qui n’a pas su et voulu servir de contrepoids à la domination d’un marché qui a tout emporté et tout miné… voire tout décapé : famille, quartier, école, entreprises.

    Car, cet Etat défaillant a bien pour origine une classe politique qui a sciemment organisé son impuissance à coups de traités européens et de réformes en échange de la promesse de carrières politiques nationales, européennes et mondiales mirobolantes. En effet, nul n’ignore qu’aucun homme politique ne peut survivre s’il s’oppose à cette guerre contre les salaires, l'Etat providence et la démocratie qu'est le mondialisme, et même dans les marges ; il suffit d’observer la carrière de ceux qui s'y sont risqués : des miettes de perspectives… en comparaison de ceux qui ont soutenu et accompagné, tout en se laissant guider, un libéralisme économique accoucheur d’un mondialisme  pour lequel les êtres humains ne sont que des moyens entièrement voués à maximiser les profits.

                    Le populisme n’est pas conservateur ; il est circonspect… circonspection fortement teintée de ce qu’on ne sait plus nommer, à savoir : le sens commun ou le bon sens ; car, le populisme a du flair : il renifle les arnaques à des kilomètres à la ronde et celle, entre autres, de l’hymne dominant aux réformes sociétales qui cachent mal une tentative de liquidation de nos acquis sociaux - diversion oblige ! -, comme autant de masques portés par une domination sans scrupules : division dans un premier temps ; liquidation dans un second temps d’un modèle qui repose sur la sécurité, la stabilité et un certain souci de justice sociale. 

    Et c’est sans doute pour cette raison que vous ne trouverez personne parmi ceux qui assument ce qu’on appelle « le principe de réalité » (ces millions de salariés dans les RER, les bus, les Tramways, les trains et les bouchons dès 5 heures le matin) pour dénoncer ce populisme ; seuls les médias dominants et la classe politique aux affaires  - ou appelée à y revenir ou bien à y entrer -, et quelques universitaires, ont recours à sa dénonciation aux seules fins de disqualifier et de stigmatiser ceux qui seraient susceptibles d'exiger que l'on nous rende des comptes, à nous les gueux ; marqués du stigmate du populisme, ceux-là n’ont alors plus qu’une option : faire leurs valises et disparaître : « Circulez ! Y a rien à voir ! ».

               Une fois laminés les espoirs d’un système capables de dépasser, comme pour mieux les réconcilier, tous les particularismes, qu’ils soient de classe, de nationalité, de religion et/ou d’ethnie, à l’heure où moins de 10 % de la population détient 83 % du patrimoine mondial, alors que 3 % vont à 70 % des habitants dans le cadre d'une dérive techno-totalitaire au service d’un marché universel paranoïaque et schizophrène et comme souris de laboratoire, un citoyen cobaye qui n’est dans les faits qu’un travailleur corvéable à merci en compétition avec tous les autres, du Nord au Sud, d’Est en Ouest - salaire moyen net à 1500 euros contre salaire moyen net à 250 euros -, dans ces conditions, il est évident qu'aucune prise en compte de l’intérêt commun n’est à attendre : le progrès est bel et bien mort ; "progrès" dans le sens d'une recherche d'une plus grande justice... sociale, notamment !

    Certes, on ira plus vite mais on reculera, on régressera comme jamais auparavant ! Moins de sécurité, plus de fragmentation ; obsolescence systématique et fulgurance de la production d'un profit optimal en opposition frontale avec l'aspiration pour un monde régi par la raison du plus vertueux ; raison civique s'entend : responsabilité et solidarité au service d’une société qui subordonne l’intérêt privé au bien public ; car le populisme déplore le déclin des institutions civiques que des centres commerciaux tape-à-l’œil ne remplaceront jamais : en effet, la marchandisation à marche forcée de la vie sociale isole et crée des frustrations sans nombre.

    De plus, le populisme sait, pressent, devine que faute de normes communes, la tolérance a tôt fait de basculer dans l’indifférence, le dédain, le mépris et le repli sur soi dans un entre-soi aussi excommunicateur qu’exclusif dont les humbles et les sans-grades seront les victimes expiatoires car, suspendre son jugement sur des questions qui touchent au vivre-ensemble, au comment et au pour quoi, c’est faire le choix de l’abandon d’une société de la responsabilité et de la solidarité collective, un des creusets de la culture civique.

    Basé sur le droit, ce qui présuppose que des individus respectant le droit d’autrui attendent en retour qu’autrui en fasse de même, quand l’Etat abandonne la société et se détourne du citoyen, ce dernier a tôt fait de le renier, vengeur… car,  si un mal peut être un bien, le vice n’a jamais servi la vertu publique qui reste le seul fondement des démocraties ; or, un Etat défaillant soutenu par toute une caste pour laquelle la politique c’est les affaires et les affaires c’est de la politique… détruit la démocratie aussi sûrement qu’il la salit ; une démocratie en danger quand l’indifférence et la complaisance règnent aux côtés d’un relativisme moral et culturel qui n’est le plus souvent qu’un renoncement et une propension à l’apathie : plus d’espace protégé ; toute convention passant à la trappe, c’est alors que le cynisme et le crime paient comme jamais auparavant… et tous les conflits sont réglés – comprenez : envenimés et exacerbés -  par la violence seule.

     

               Parlement belge en 2014 : intervention du député Laurent Louis ; ce trublion indépendant présente les grandes lignes de son programme pour la prochaine législature s'il est réélu. Il ne le sera pas.

     

                  Souvenons-nous : les individus pouvaient, hier encore, espérer être un jour les meilleurs juges de leurs propres intérêts ; aujourd’hui, impossible pour eux d’y parvenir dans un monde où seul le marché mondialisé a voix au chapitre. Cycle ruineux qui enchaîne endettement et surproduction, quand le retour sur investissement devient la seule mesure universelle de valeur, c’est le public qui couche avec le privé, l’Etat avec le marché, faute de rechercher une autre voie : le sens et le bien communs. 

    Revigorer la société civile, sociabilité informelle du café, de la rue et de tout autre lieu intermédiaire ; restaurer une vie civique et la confiance sociale - confiance publique de tous les jours ; établir un lien au-delà d’un voisinage accidentel, imposé et subi, tout en gardant à l’esprit ce qui suit : appartenir, c’est développer un surcroît de conscience ; en revanche, être de nulle part, c’est se condamner à errer comme une âme en peine sans responsabilité et sans devoir. 

                Si la compassion est une chose et le respect une autre, peut-on reprocher au populisme de penser, intuitivement, qu’en dernier ressort, le respect élève et la pitié rabaisse ? Le droit responsabilise et l’aumône humilie car le populisme n’a pas renoncé à exiger des uns et des autres : estime de soi, autonomie, initiative, responsabilité.

    Haï d’une caste économico-politico-médiatique qui n’est décidément pas disposée à répondre de son mépris et de ses choix comme d’autres de leurs actes et de leurs crimes, le populisme souhaite réconcilier la politique, l’Etat et la morale loin d’un faux dilemme : libéralisme économique et moral contre autoritarisme.

    Adepte du gouvernement direct du peuple par lui-même, seulement possible à un niveau local, le populisme nous rappelle que ce ne doit pas être l’individu isolé qui constitue l’unité de base de la démocratie mais la nation : cette communauté de destin solidaire. Et si les conflits sont encouragés car le consensus ne fait jamais recette, le populisme porte en lui la certitude que seul ce qui est proche nous sauve, et que seule une réduction du champ du marché et la limitation du pouvoir des multinationales et des oligarchies viendront à bout d’injustices criantes qui sont, à terme, mortelles pour la démocratie et incompatibles avec toute forme de société.

                Ambivalent mais jamais incohérent, le populisme soupçonne le processus politique d’être dominé par une élite vorace, grassement rémunérée et manipulatrice : fausse polarisation…  féminisme contre la famille, libéralisme contre protectionnisme, liberté contre justice, le local contre l’international -, alors que la société a autant besoin du féminisme que de la famille, de libéralisme et de protectionnisme, autant de liberté que de justice, de local et d’international !

     

    ***

     

                  On l'aura compris : le populisme est la mauvaise conscience d'une classe politique capable tous les reniements, de toutes les trahisons et de toutes les corruptions une fois élue car le populisme a pour fondements  le respect et la responsabilité (de quoi inquiéter plus d’un et plus d’une, c'est sûr !) ; sa préoccupation première est le bien commun contre l’individualisme égoïste et le cynisme (là, franchement, ça se gâte !).

                 Il est donc grand temps de réhabiliter la pratique du populisme en lui donnant enfin ses premières lettres de noblesse. 

     
                                 

     

                                               

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    Pour prolonger, cliquez : Penser le populisme et radicaliser la démocratie

     

     

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