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Quartiers populaires : Saïd Bouamama et d'autres

  • Houria Bouteldja : celle qui ne sourit jamais

                   Billet de blog rédigé en 2011

     

     

     

                    

    les indigènes de la république (mir),houria bouteldja souchiens,malika sorel,colonialisme,serge uleski

    Porte-parole du mouvement Les indigènes de la République (MIR) porteur d'une stratégie nouvelle, et originale de surcroît, le discriminé développant à l'endroit de son « discriminateur » une pensée tout aussi discriminatoire, jusqu'au rejet total, retrouvant ainsi ses plumes et son maquillage en bon indigène fier et digne ; à la tête d’un job à plein temps avec retraite assurée, sur le mode d’un « s’il n’en reste qu’une je serai celle-là » en pasionaria de la lutte contre les discriminations à l’encontre des Français issus de la colonisation et/ou de l’immigration ; réplique exacte, bien qu'inversée dans son excès, d’une certaine Malika Sorel (refoulement chez Sorel, défoulement chez Bouteldja - chez l'une : tout va bien en France ; chez l'autre : rien n'est à sauver dans ce pays raciste au-delà du raisonnable !wink) ; scaphandrier, ô combien étanche ! au mépris sournois - son mouvement n’est–il pas à  l’origine du terme souchiens pour désigner les français de souche ? Terme infamant à peine voilé puisqu’il ne faut pas beaucoup d’imagination pour penser à l’orthographe : sous-chiens -, Houria Bouteldja ne doute de rien. Jamais !

                    Employée par l'Etat à l'Institut du monde arabe sous le patronage de Jack Lang, son langage au style incantatoire semble clos, fermé sur lui-même ; langage orienté jour après jour vers un point de rupture et de non-retour ; s’adressant le plus souvent à ses militants seuls.

                   Dépourvue d’humour et d’ironie, ne manquant jamais de conspuer le mouvement « Ni putes ni soumises » dont on pourra pourtant difficilement nier que l’engagement de sa fondatrice Fadela Amara aura demandé, avant sa médiatisation, et alors qu'elle oeuvrait quasiment seule, davantage de courage que de se répandre dans les médias pour, à l’endroit de tout ce qui de près ou de loin ressemble à un petit français blanc, qualifier ce dernier, et sans sourciller, d’individu foncièrement raciste - accusation qui, soit dit en passant, est à la portée de n’importe quel imbécile - jamais en reste, Houria Bouteldja affirme chez France-Olivier Giesbert que ce dernier occupe dans l’audiovisuel la place qui est la sienne seulement parce qu’il est blanc...

                     Et Harry Roselmack présentateur du J.T. sur TF1, seulement parce qu’il est noir, peut-être ?!

                      (et d'aucuns de répondre oui, à son sujet ! Discrimination positive oblige !)

     

                    Affirmation à propos de Giesbert qui ferait pouffer de rire n’importe quel étudiant en sciences humaines, et hurler de rage notre regretté Pierre Bourdieu car, époustouflant ce raccourci analytique qui semble ignorer tout du système qui a fait et emploie un France-Olivier Giesbert nain journalistique et intellectuel car, si on oublie la statistique et ses lois de probabilités - les Blancs étant l’ethnie de très loin majoritaire en France -, qui apportent pourtant et déjà à elles seules une première tentative d’explication -, Giesbert n'appartient-il pas à une classe dont 99,99% des Blancs sont exclus ? Classe médiatico-journalistico-intellectualo (mais pas trop, faute d’aptitudes) -politico-mondaine ? 

    Si, comme on vient de le voir, il peut arriver à cette jeune femme de se tromper, elle et son mouvement, dans ses analyses et sa stratégie, il y a néanmoins une chose que l'on ne pourra jamais lui reprocher : c'est de mentir, sciemment et cyniquement, contrairement à tant d'autres issus d'autres communautés ethniques ou groupes d'intérêts. Et ça, par les temps qui courent, c'est déjà énorme !

                   Mais alors, résidus de vieilles théories datant de la période qui précède la décolonisation, les analyses de Houria Bouteldja ? Période durant laquelle il était communément admis que l’homme blanc n'avait qu'une seule vocation : humilier et exploiter l’homme noir bien que l'on ne compte plus aujourd’hui, les hommes de couleur capables d’humilier et d'exploiter n’importe quel homme - de la même couleur de préférence -, puisqu'il est maintenant bien établi qu'il n’y a pas de meilleur bourreau qu’une ancienne victime - en effet, cette dernière connaît mieux que quiconque son mode opératoire -, et pas plus bête qu’un imbécile qui se croit guérit de sa bêtise ; car on ne guérit jamais ; c’est la maladie qui vous oublie un temps avant de revenir à la charge, plus déterminée encore.

                   Est-il nécessaire de rappeler que toutes les sociétés, toutes les cultures, toutes les nations, sur tous les continents et de tout temps, rencontrent un jour, au cours de leur longue histoire, au choix : l’homophobie, la xénophobie, le racisme, le machisme, l’antisémitisme, le sexisme, la discrimination, l’injustice, et ce à des degrés divers ? Tout en s’empressant de préciser que toutes ces tentations dangereuses et condamnables sont moins à déplorer ici, en France et en Europe que partout ailleurs dans le monde ; et en premier lieu au Maghreb et en Afrique noire : doit-on mentionner les massacres inter-ethniques sans nombre dans cette région du monde - massacres pas toujours encouragés par les multinationales dirigées par des Blanco -, et en Algérie, le sexisme et l'intégrisme religieux jusqu’à l’assassinat des femmes qui refusent de porter le voile ?

                   Le racisme en France ne fait pas de la France un pays raciste, tout comme l’antisémitisme des banlieues ne fait pas... de ses habitants, dans leur ensemble, et par ricochet ou par prolongement... de la France, un pays antisémite ; pas plus que le sexisme dénoncé par le mouvement « Ni putes ni soumises » auprès des français issue de l’immigration arabo-musulmane ne ferait d’eux tous et sans exceptions, d'horribles machistes retardés et incultes.

                   Plus Houria Boudeldja s’exprime, plus l’on est tentés de penser que son mouvement serait bien incapable de porter et de hisser qui que ce soit jusqu’à la plénitude de son potentiel d’être humain, sinon dans le ressentiment et l’impuissance qui accompagnerait inévitablement l’histoire des peuples colonisés venus faire un tour chez leurs colonisateurs, une fois ces derniers rentrés au bercail après un siècle et demi de pérégrinations décidément infâmes et haïssables…

    Car, si condamner les émeutiers avec des "c'est pas bien de brûler des voitures" n'a jamais dissuadé qui que ce soit de les brûler... sermonner "le peuple français de souche" avec des "c'est pas bien d'être raciste" n'a jamais empêché qui que ce soit de s’y complaire.

    Aussi, l'anti-racisme ne peut être qu'un point de départ et sûrement pas un point d'arrivée. Dans le cas contraire, ce sera un échec. Et d'ailleurs : c'est un échec !

     

    ***

             les indigènes de la république (mir),houria bouteldja souchiens,malika sorel,colonialisme,serge uleski

                    En dehors du fait que le sourire n'est vraiment pas la vocation de Houria Bouteldja - à l'exception d'un sourire crispé, tendu, fruit d'années de ressassement ; sourire qui n'a pas envie de.... sourire -, nul doute, Houria Bouteldja prendra sa retraite... Indigène de la République et sûre d’elle-même : en d’autres termes, sûre de son absence totale de don pour le partage de cette "réussite" qui est la sienne et qu'elle aurait pu transmettre tel un espoir pour tout un chacun, et plus encore, à l'endroit de ceux qui seraient à juste titre tentés de penser ( car il n'est pas ici question de nier les discriminations qui touchent les Français issus de l'immigration arabo-musulmane) que tout est fait pour qu’ils échouent.

                   Serait-il si surprenant que cela qu’un jour un français issu de l’immigration arabo-musulmane, et qui n’aura pas consacré une bonne partie de sa vie à se poser la question de savoir si la France est un pays porteur de tous les défauts, de tous les maux, de toutes les tares et de tous les crimes dont l’humanité est capable, parvienne à la fonction suprême : celle de Président de la République Française ? Pour sûr, cette personne-là, pour peu que ce soit une femme, jamais ne portera le nom de Houria Boudeljda car, nul ne saurait être épargné par ce proverbe, remanié pour l’occasion : on ne fait pas seulementmais aussi… son lit comme on se couche… le lit d'une récrimination insidieuse, poison au fond de l’âme, cultivée ad nauseam et alors que les récipiendaires de ce discours pourraient sans difficulté lui envier la pitance de fonctionnaire et la sécurité de l’emploi qui accompagne ce statut, de notre grande prêtresse. Position sociale provisoire alors, dans l'attente d'une discrimination que personne, en revanche, ne lui jalousera et qui, manifestement, tarde à venir ? Car, quoi que le PIR puisse affirmer, il semblerait bien qu'il soit encore permis de s’appeler Houria Boudeljda et de couler des jours paisibles dans une République, contre toute attendre, tête en l'air : comme l’oubli de discriminer Houria Boudeljad pour son appartenance ethnique et son combat politique.

                        Mais alors, quand est-ce que cette République française se décidera-t-elle à donner raison à Houria Boudeljda ?

     

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  • Mélenchon et le mouvement "Les Insoumis" en question avec les "Décoloniaux" *

     

     

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    L'enregistrement intégral de la soirée ICI


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                    Quelques commentaires suite aux interventions des invités :

                   

    1  - Si les "Décoloniaux" ne veulent pas de la Nation (lieu et lien uniques pour toute souveraineté et toute démocratie) et du drapeau bleu-blanc-rouge pour tous - en référence aux meetings de Mélenchon durant la présidentielle 2017-, qu'ils ne se fassent aucune illusion : ils auront l'apartheid ; le leur d'apartheid, tel un trou que l'on creuse et dans lequel personne d'autre que celui ou celle qui tient la pelle et la pioche devra descendre et s'allonger car si on ne veut pas plus de France, si l'on ne veut pas de la France dans le débat politique et dans le contexte d'une construction européenne dominée par l'Euro - un Deutsche Mark qui n'ose pas dire son nom - et qui n'est qu'un instrument de plus au service du mondialisme (la mise en concurrence de tous contre tous), on aura inévitablement le STO allemand (le travail à l'allemande obligatoire) et la soumission à l'agenda géo-politique des USA, d'Israël et des Monarchies du Golfe.

    Ce sera donc sans nous ; et comme nous sommes massivement majoritaires...

     

    2 - Un argument avancé plusieurs reprises par le PIR (Parti des Indigènes de la République) a toute sa place dans la compréhension de ce que l'on est en droit d'espérer et d'attendre du succès de la campagne de Mélenchon sur le moyen et long termes ; argument lucide et non idéologique : l'incapacité de la Gauche d'hier (PC et PS des années 90) et celle d'aujourd'hui (Mélenchon, les Ecolos, le PC, Poutou et Hamon) a endiguer l'abstention dans les quartiers populaires - une abstention qui s'élève à des taux compris entre 35 et 70% -, cette incapacité fait rien ne sera possible car il n'y aura tout simplement pas assez d'électeurs pour cette gauche-là ; avec pour conséquence : aucun véritable rapport de force politique ne pourra être envisagé car le mouvement "Les Insoumis" ne serait alors majoritaire seulement là où plus personne ne vote ; à une échelle nationale, ce vote sera absorbé et noyé par la mobilisation à la hauteur de 75 à 80% des classes moyennes en faveur du centre-gauche et du centre droit incarnés aujourd'hui par Macron, demain par d'autres.

    Cette abstention des classes populaires ou leur soutien en faveur du FN, même si les Insoumis ont regagné un peu de terrain auprès de cet "électorat virtuel" - électorat en puissance, à condition qu'il décide de s'inscrire sur les listes et de se déplacer -, explique en partie, le virage à droite du PS au fil des ans ; un PS qui se devait d'assurer le renouvellement des mandats de près de 80 000 de ces élus. Que l'on n'oublie pas qu'un élu ne se déplace jamais sans avoir au préalable consulté les listes électorales et les résultats des derniers scrutins : qui n'est pas inscrit, qui ne vote pas n'aura droit à aucun regard ni à aucune poignée de main. D'autant plus que c'est aussi l'intérêt du "système" cette abstention des classes populaires et d'une partie des classes moyennes.

    3 - A propos des Migrants, d'aucuns peuvent se rassurer : il est dit que l'Europe aura besoin d'accueillir près de 50 millions d'entre eux dans les 20 prochaines années ; déclin démographique oblige ! L'Allemagne en priorité ; des Migrants corvéables à merci donc. Dans le contexte de l'extrême faiblesse du rapport de force en faveur du travail face au capital depuis 15 ans, cet apport de main-d'œuvre ne pourra que tirer vers le bas les normes sociales d'embauche.

    Après les robots, qui ne "vont pas au syndicat", les Migrants, conjointement et concomitamment !

                   

    4 - Quant à la Françafrique...

    Un petit rappel : pillage du Continent africain, hégémonie des multinationales françaises, assassinats de chefs d'Etat, déstabilisation des sociétés avec l'instrumentalisation du tribalisme et des tensions ethniques ; humiliation, infantilisation des Africains car,  jamais, au grand jamais, les Africains ne doivent prétendre à une quelconque autonomie de décision.

    A ce sujet, un seul constat semble réaliste : seul l'établissement d'un Etat de droit au sein de chaque nation africaine est capable de venir à bout de la Françafrique ; aussi, il revient à un électorat africain seul, un électorat citoyen car éduqué politiquement et mobilisé, d'établir un rapport de force capable de forcer les élites politiques de leur pays respectif soit à se retirer soit à mettre en œuvre un véritable Etat moderne respectueux de ses devoirs. Aucune solution ne viendra des élites africaines corrompues par des multinationales françaises corruptrices.

    5 - Les violences policières : il n'y a rien à attendre de ce face-à-face police-populations-des-quartiers-populaires. Ce face-à-face ne peut que conduire à plus de bavures, à plus de violences, à plus d'arbitraire et à plus d'homicides. Ce face-à-face n'est pas régulable ou bien administrable. Il faut donc en sortir. Or, pas de sortie possible sans deux réformes :

    - Dissolution de l'IGPN (police des polices) et confier ses missions (audits, enquêtes administratives et judiciaires) à un organisme indépendant, dissocié de la police et travaillant uniquement sous le contrôle d'un juge d'instruction.

    - Réinvestissement symbolique, matériel et humain dans les quartiers populaires : administration, institutions, formation, logement et emploi ;  plus de présence exogène, plus d'attention accordée à ceux qui souhaitent sortir de la dichotomie stérile eux/nous porteuse de ressentiment et de violence, pour mieux rétablir la confiance et l'optimisme même si "au royaume des discriminés "racisés", les professionnels de l'antiracisme fonctionnarisés sont rois."

                      Doit-on alors leur souhaiter un bon et long règne ?

     

    * A propos des "Décoloniaux" : se reporter à l'article du magazine "Jeune Afrique" ICI 

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  • Les Présidentielles 2017 au "QG Décolonial" : paroles de militants des quartiers populaires et d'invités

     

                       

                        Paroles engagées de militants chevronnés, paroles "amateur", paroles sacrées, paroles profanes, paroles d'universitaires, paroles d'autodidactes, paroles d'une parole propre, en son nom ou bien au nom de tous les autres, paroles de professionnels de la parole...

    Paroles de Français - ou de résidents - originaires d'Afrique noire et du Maghreb...

                     

     

                     Paroles stigmatisantes, paroles en forme de "procès" aussi, paroles re-fermées sur elles-mêmes, en boucle... contre un pays d'accueil, d'adoption ou de naissance... on ne manquera pas de noter à propos de cette parole, ceci : pas un mot pour la France, pas un mot en faveur de la France de la part des intervenants de ces quartiers populaires.

    Mais alors, s'agit-il de mots qui dépassent une pensée, puis une pensée qui dépasse la nature psychique et affective du lien qui relie cette pensée et ces mots à la communauté nationale en tant qu'entité une et indivisible, pareille à nulle autre (autres pays européens) de par sa langue et son histoire si tant est que ce lien existe bien, même enfoui, même inconscient, même refoulé ?

    Car enfin, comment vivre et survivre dans un environnement social raciste, racialiste et fasciste dans lequel il n'y aurait rien à sauver ? D'autant plus que la tentation de l'enfermement viendrait très vite apporter de l'eau au moulin d'une autre parole ; celle qui entretient le soupçon quant aux motivation réelles qui se cachent derrière toutes ces récriminations.

    Et puis arrive alors la question de l'obligation de résultats : est-ce que ce parti pris laisse vos adversaires, voire vos ennemis, loin derrière vous ou bien loin devant ?

     

                    Nul doute : il faudra bien y revenir à ces paroles, c'est sûr ! Y revenir et y réfléchir dans le but d'y trouver des pistes de compréhension multiples ; de les identifier, de les explorer toutes ces pistes, toutes ces voies, autant que faire se peut.

    Paroles apprises, paroles auto-réalisatrices, paroles induites, paroles vécues, paroles par procuration, paroles automatiques comme l'écriture du même nom, paroles incantatoires, paroles auto-révélatrices, paroles exorcistes... d'une grande complexité la nature et les ressorts de ces paroles qui ouvrent un nombre conséquent de portes d'accès à un vécu et à une réalité composites ; complexité labyrinthique aux oreilles de celui qui n'a jamais connu le racisme, la discrimination raciale, la "gestion" sociale et psychique d'une appartenance multiculturelle, l'enfermement rhétorique ou une hyper-sensibilité à propos de sa condition d'être au monde.

                  Car enfin : qui parle à qui ? Et puis : qui écoute qui ? Et puis aussi : d'où parle celui qui parle ? Quel vécu vraiment vécu a inspiré cette parole ? Quel réel vraiment réel ? Quelles cohérences trouver dans le vécu et la dénonciation de ce même vécu ? Quelles incohérences y déceler ? Quelles retombées à la suite de ces paroles ? Où donc et auprès de qui ? Pour quel écho ? Avec quels résultats ? 

    Paroles pour soi ? Paroles pour l'autre ? Paroles raisonnées ? Paroles irraisonnables ? Paroles qui avancent ? Paroles qui reculent ? Paroles qui rapprochent ? Paroles qui éloignent ? Paroles qui vous sauvent ? Ou bien, paroles qui vous noient ? 

    La question suivante se pose aussi :  qu'est-ce qui a formé cette parole exclusive, privée de "mais", de "aussi" et de "pas seulement" ? L'expérience seule ? Un vécu seul ? Expérience directe ou indirecte ?

    Autant de questions adressées à la fois à celui qui reçoit ces paroles - celui et celle auxquels ces paroles sont destinées - ainsi qu'à celle ou celui qui porte cette parole qui fait sans doute autant de bien qu'elle fait de mal : chez l'auditeur autant que chez la voix émettrice ?

                     Mais alors, qui nous a piégés tous autant que nous sommes ?

     

    ***

     

                    A l'écoute de toutes ces paroles, surprenant ce refus - cette incapacité sans doute aussi -, d'analyser la nature d'un vote FN ! Incapacité pour les uns, ignorance pour les autres (ignorance de la nécessité de faire cette analyse), et d'autres encore par dogmatisme idéologique (aveuglement plus ou moins "prémédité" de la part d'intervenants universitaires)... avec cette absence d'analyse et de compréhension, c'est là encore une autre-réalité sociale qui est ignorée par ceux  qui, comme un fait exprès, dénoncent à juste titre, une autre ignorance : celle d'une France de l'immigration et de la colonisation victime de discriminations et de relégation ; deux réalités donc qui s'ignorent l'une l'autre et qui servent sans l'ombre d'un doute les intérêts (principalement carriéristes faute de pouvoir prétendre au pouvoir, au vrai pouvoir !) de ceux qui occupent l'Elysée et Matignon depuis 30 ans.

    Alors que les "mais" et "aussi" et les "pas seulement" n'ont aucune place dans les interventions de ce "QG décolonial" et que les vocables "fasciste" et "raciste" dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui, ne peuvent en aucun tout expliquer - même une partie de ce tout -, il semble que le piège de l'association "SOS racisme" tendu par le PS - pourtant dénoncé depuis sa création par ceux qui s'expriment dans les vidéos - et qui a pour principale caractéristique "l'instrumentalisation du racisme", se soit refermé sur eux tous tel un étau : eux tous ayant intégré le procès en dé-légitimation de l'autre, de son vécu, de sa parole et de ses griefs.

    Aussi, force est de constater que la réconciliation n'est donc pas pour demain au sein des classes populaires.

                          Mais alors, comment avons-nous pu nous laisser piéger aussi facilement ?

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  • Paroles d'honneur - QG décolonial : rebonds

     

                       Après la publication du billet Les Présidentielles 2017 au "QG Décolonial" : paroles de militants des quartiers populaires sur Agoravox (ICI) un complément d’argumentation s’est très vite imposé.

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                Chez ces intervenants réunis au "QG décolonial", intervenants de tous les âges, de tous les sexes, de toutes les conditions sociales, du prof d’université au chômeur ou salarié précaire -  notons au passage le nombre très réduit de femmes voilées présentes à cette soirée, et parmi elles, leur non-intervention, et sans que cela soit remarqué et souligné - à propos de cette France dite "monstrueuse composée d’islamophobes, de racistes et de fascistes qui a placé le FN et Macron au 2è tour de la présidentielle de 2017", tout en n’épargnant pas Mélenchon non plus du soupçon d’islamophobie et de racisme…

    Les analyses qui nous sont proposées sont à ce point irrévocables, sans appel donc, qu’un tel raccourci doit inévitablement cacher un « univers émotionnel » d’une ambivalence et d’une complexité inouïes, quasi ingérable par les intéressés eux-mêmes, jeunes de préférence : d’où une simplification à outrance des raisons de leur mal-être au monde - oui, au monde ! puisqu’un retour vers une « patrie » des origines n'est pas une option et donc une solution non plus.

    Précisons au passage ceci : à propos des discours tenus par des adultes matures cette fois-ci, discours identiques dans ses conclusions à ceux des adolescents, on n'hésitera pas à faire intervenir la notion de responsabilité dans la transmission de grilles d'analyses qui condamnent l’adolescent ou le jeune adulte à une interprétation aussi désespérée que mortifère de son environnement social présent et à venir. Ces adultes, universitaires le plus souvent, auraient été bien avisés de nuancer des conclusions empreintes de déception, de dépit et de colère, tout en rappelant ceci : jeter le bébé avec l'eau du bain, c'est se condamner à ne jamais trouver de remède au mal.

                   Dans leur refus de nuancer leurs diagnostics et leurs conclusions à propos de la France, doit-on y voir un lapsus qui nous donnerait à comprendre ce qui suit : l’ambivalence chez tout citoyen français issu de la colonisation et/ou de l’immigration, indépendamment de la présence de discriminations avérées, de ses sentiments à l’égard de son pays d’adoption - pays autre que celui de ses origines, ou bien celui d'une partie d'entre elles ; pays d’accueil d'un de ses parents, sinon les deux, pays de rapatriement ou de secours tel une roue, faute de mieux et par crainte du pire…

    Citoyen français qui peut aussi avoir été lésé, sinon abandonné, par l’histoire culturelle de cette autre identité dont il lui faut assumer l’histoire - pour ne rien dire de cette appartenance culturelle et affective multiple, double, triple, voire quadruple dans le cas de figure d'un français algérien musulman chômeur (qui peut bien vouloir s’y coller à cette quadruple identité dans le contexte de la France ?) - et la difficulté de cet héritage à la racine de laquelle on trouvera un pays des origines dont les mœurs lui sont quasi étrangères ; et parfois même, pays de la honte car entaché de non-droit, corruption, injustices, massacres de masse, pauvreté et parfois misère que des médias impitoyables ne manqueront pas, sans retenue ni nuances, de relayer jour après jour ; médias qui ne s’occupent que des crimes et châtiments de l’Homme qui n’est qu’un loup pour quiconque a la faiblesse de se montrer brebis…

    Et alors que ce Français du Maghreb ou d’Afrique noire aura pour principal référant appartenant à une ethnie et une histoire ultra-majoritaire, la figure tutélaire d’un homme blanc au passé colonial couvert d’opprobre - du moins telle est le plus souvent la représentation qui lui sera faite de ce passé détestable -, mais qu’il ne peut haïr qu’au prix de ce qui pourrait bien s'avérer représenter un préjudice psycho-affectif important, tout en restant confronté, encore et toujours, à cette identité des origines

    Français à qui il peut être donné de réussir, ici, dans ce pays auquel il se trouvera bien en peine de rendre quoi que ce soit, d'autant plus que ce pays, la France, refusera très certainement ce don au prix, là encore, d'un malaise identitaire préjudiciable pour la société tout entière…

    Prenant en compte tous ces éléments et d'autres encore, qui pourra nier le fait suivant : derrière chaque adoption il y a toujours un abandon ; et rien ni personne, jamais, ne peut remplacer ce qui aurait dû être sa famille, qu’elle ait été absente ou bien, écrasée par le poids culturel d’une autre famille dite d’accueil,  et plus encore lorsque l’histoire et la culture de cette famille des origines sont jugées par une grande partie de la société infréquentables jusqu’à… l’irreprésentable (1).

                      Aussi, ne finit-on pas par mordre la main qui vous a accompagné bon an mal an quand le destin vous a refusé une autre main qui aurait dû, elle aussi, contribuer à faire de vous un adulte autonome et responsable ? Une main qui, pour votre malheur, n’aura ni su ni pu le faire…

    Reste alors ce verdict qui pourrait bien s'avérer n'être dans les faits qu'un lapsus compensatoire : « La France monstrueuse qui vote FN, Macron et Mélenchon » sans autre formalité.

     

    1 – Reconnaissons en toute bonne foi et en toute lucidité…  qu’il est très certainement plus facile de se lever le matin quand on est un Français-italien avec pour références la grandeur de Rome et la splendeur de la Renaissance, ou bien un Français-juif avec Marx, Freud et Einstein.

    Ne sommes-nous pas aussi tout ce que nos prédécesseurs et nos contemporains ont tenté d'accomplir ? Pays, Etats, régimes, nations, continents, cultures, individus, seuls ou bien en grappes indissociables, tous... n'héritons-nous pas de leurs échecs comme de leurs réussites ?

     

    ***

     

                   A contrario… suite aux réactions que ces vidéos ont suscitées… apportons les précisions suivantes :

                    - Parler négativement de multiculturalisme c’est déjà faire, et c’est encore faire, le procès de ceux qui, discriminés et relégués, souhaitent trouver des solutions pour eux-mêmes en l’absence d’un engagement ferme en leur faveur de la part de la communauté nationale : Etat, partis de gouvernement et électeurs.

    Parlons de "repli et rejet" et traitons bien plutôt la tentation isolationniste dont on pourra distinguer deux sources :

    - "Vous ne voulez pas de nous, eh bien, nous on ne veut pas de vous !" - notons qu’il a bien été question un temps de désir d’intégration - d’être acceptés et de se fondre dans la masse - de ceux qui optent en désespoir de cause, épuisés et désillusionnés, pour l’isolement et le repli qui ne peut être que communautaire puisqu’à l’origine de cette décision, on trouvera une communauté ethnique et historique facilement identifiable victime de cette discrimination, voire du racisme - c’est donc une lapalissade qui n’explique rien et ne rend compte de rien que de parler de repli communautaire.

    - "Vos valeurs occidentales, pour ne rien dire de votre hypocrisie constante à notre égard, nous n’en voulons pas. Nous ne vous demandons rien d’autant plus que nous n’avons pas choisi de naitre en Europe. Simplement : ignorez-nous... nous on s’occupe de nous" – Dans ce cas figure, on peut en déduire qu’aucun désir d’intégration ne s’est jamais manifesté ; un désir d’appartenance à la communauté nationale majoritairement européenne de culture n’est pas à l’ordre du jour. Reste à savoir si derrière ce refus catégorique, on ne trouvera pas un peu de dépit. Un refus d’origine religieuse simplifiera l’analyse ; aucun doute possible alors, il s’agit bien d’une remise en cause des valeurs de la majorité.

    Indépendamment de ces deux cas, précisons ceci : nos sociétés occidentales sont multiculturelles : Europe, Afrique Asie sont les trois continents qui les composent à la hauteur de près de 15% de leur population. Aussi, comment pourrait-il en être autrement ? Qu’on nous l’explique.

    Si on peut parler d’échec à une intégration citoyenne « pleine et entière » tout en établissant des responsabilités multifactorielles, à la fois exclusives et inclusives, responsabilités tantôt partagées, tantôt non-mutualisables, on ne peut factuellement ni moralement parler « d’échec du multiculturalisme » sans tomber dans une essentialisation d’une mauvaise foi consommée de cet échec puisque nos sociétés sont devenues depuis les années 70 des sociétés multiculturelles de fait.

                      - La « discrimination positive » est évoquée négativement ici et là ; précisons ceci à son sujet : quiconque est vraiment sérieux, vraiment soucieux de combler le retard accumulé par des populations discriminées, ne pourra pas s’y opposer d’autant plus que les bienfaits surpassent de loin les inconvénients pour les intéressés et la société dans son ensemble. Le procès fait à la "discrimination positive" cache le plus souvent une indifférence, voire une complaisance coupable, à propos du sort injuste et cruel des discriminés dans les sociétés occidentales.

     

                     - Affirmer que prendre le parti de présenter les discriminations raciales  « comme la conséquence des préjugés qui traversent la société » empêcherait toute critique sociale c’est oublier un peu vite que la dénonciation des préjugés reste une nécessité absolue car... avec le FN, la question de l’immigration post-coloniale et des Français qui en sont issus est au cœur de la rhétorique de ce parti ; il est donc bien question aussi d’une responsabilité individuelle en tant que citoyen et électeur et pas simplement de s’en prendre au "système social" lui-même ; de plus, dénoncer ces préjugés et l’indifférence à leur sujet c’est aussi et c’est encore faire de la critique sociale ; celle du pouvoir des médias dans la propagation de ces préjugés par exemple. 

    Car, avec ce souci de vouloir coller au plus près de la critique sociale, s’il doit être encore question d’un "Classes populaires (travailleurs !) unissez-vous !", il serait bon qu’on n'oublie pas le fait que le chômage touche parfois jusqu’à 30 à 50% de ces "populations".

    Aussi : "Dure, dure l’unité des luttes sur les lieux de travail auprès d’une population qui en est absente !"

     

     ***

     

                     C'est sûr : ces deux vidéos de « QG décolonial » doivent nous alerter car elles nous révèlent comment au fil des ans la fêlure s'est accentuée pour devenir une véritable rupture du lien, rupture d'appartenance, notamment chez les plus jeunes - jeunes filles en particulier - qui font usage d’une rhétorique sans nuance, d'un verdict sans appel (notez que les interventions des universitaires n’arrangeront rien !) d'une virulence qui ferme toutes les portes et qui les condamne à plus de rejet et à plus d’isolement et de discrimination.

    Certes, il s’agit là d’intervenants hyper-conscients socialement ((j’allais dire à tort... hyper-politisés) des mécanismes de l’exclusion alors même qu’il existe encore, sur un plan individuel, des possibilités de rejoindre la communauté nationale... il est vrai qu’il ne peut s’agir pour l’heure que de tenter individuellement sa chance ; aussi, à la lecture de ces vidéos, il se pourrait bien qu'il nous faille arriver au constat suivant : les sœurs refusent maintenant de s’en sortir sans les frères ; et les frères sans leurs parents ; ce qui complique singulièrement le problème.

                       Après avoir visualisé ces deux vidéos, parviendrons-nous  à déchiffrer, comprendre et accepter finalement les discours qui nous sont "jetés" à la figure avec une injustice et une violence rares ?

     

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  • A propos de l'Afrique et du pillage de ses richesses


    A propos de l'Afrique et du pillage de ses... par ULESKI

     

     

                    Et pour que la tableau soit complet... d'autant plus que l'on ne sait pas d'où parle cette jeune femme et qui elle est... on ajoutera, nous qui n'avons jamais soutenu la Françafrique : le pillage des richesses de l'Afrique ne serait pas possible sans la complicité des "élites" politiques et économiques africaines le plus souvent librement élues et ré-élues par, il est vrai, des électeurs qui sont volontairement maintenus par cette élite dans un "sous-développement citoyen" cynique et cruel.

    Kemi Seba est sans doute un des rares, de sa génération, à comprendre que le combat contre l'exploitation et l'asservissement du continent africain doit être mené à partir du sol africain car les Africains doivent prendre pour cibles en priorité, leurs élites économiques et politiques corrompus par l'Occident ; élites qui, chaque jour, les volent et les oppriment. Toute autre action, notamment la dénonciation du pillage de l'Afrique par l'Occident est vaine et sans profit pour personne, voire contreproductive... car le public occidental a de moins en moins de patience et de compréhension à l'égard de ceux qui sont sans solution pour eux-mêmes ; de plus, ils se lassent vite et s'irritent tout aussi rapidement des discours à la fois victimaires et culpabilisants.

                  Un espoir néanmoins : le niveau de conscience en Occident est suffisamment élevé pour laisser espérer aux Africains déterminés que ce public occidental saura soutenir toute action qui aurait pour but de tendre vers une souveraineté augmentée à la fois politique et économique de l'Afrique - ce qui ne serait que justice -, même au détriment d'une prospérité de l'Occident ; prospérité qui, dans le contexte d'une mondialisation qui prend pour cibles en priorité les Etats nations européens, là où les droits des salariés, l'Etat providence et la liberté d'expression sont les plus développés, s'avérera au fil des ans, somme toute bien relative.

    Reste à savoir néanmoins qui tirera profit de l'appauvrissement européen ? Les victimes de son enrichissement d'hier ? Rien n'est moins sûr ! Vraiment ! Puisque dans le cadre de cette mondialisation, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres...

    Devinez donc !

     

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  • La France Black-Blanc-Beur

     

     Souriez, vous êtes filmés !

     

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    Omar Sy

     

                  D'aucuns prétendent que si l'on devait lui proposer le rôle de l'oncle dans un remake de la "Case de l'oncle Tom" il l'accepterait même sans se faire payer ; et s'il était une femme... le rôle de la mammy, servante noire placide et affectueuse, totalement dédiée à ses maîtres.

     

     

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    Bruno Solo

     

                 De mauvaises langues disent qu'il se fait dessus à chaque fois qu'il entre dans une boulangerie pour acheter un croissant.

     

     

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    Jamel Debouzze

    (Jamel 3-bouse pour les intimes... intimes et vachards)

     

                  On dit qu'il soutient Dieudonné en privé et qu'il évite le sujet en public. Pour lui, l'argent n'a pas d'odeur : on peut tout lui proposer - comprenez : n'importe quel film, n'importe quelle idée pourvu qu'elle soit sonnante et trébuchante.

     

     

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                      Et puis... cette autre France... Black-Blanc-Beur aussi, objet de tous les rejets et de tous les chantages : fasciste, antisémite, raciste (?), complotiste...

     

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    Kemi Seba

     

            Né en France, militant de l'égalité et de la justice, il renoncera et quittera la France pour l'Afrique.

     

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    La rumeur

     

     Rap, mémoire et conscience

     

                 ... et enfin, cette France toujours Black, Blanc, Beur qui a trouvé refuge dans les salles de spectacle de Dieudonné.

     

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    Mais alors... à quand une France de toutes les France ?

     

     

     

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  • Casey : un rap France-Antilles au féminin-masculin

     

     

    Imaginaire colonial décomplexé qui délie les langues

     

     

               Sachez-le : Casey s'accorde au féminin

                Midinette Casey ? Entretien dans "Studio M" sur France Ô 

     

              "La crise de l'industrie du disque et du rap ? Ceux qui aiment ce qu'ils font n'ont aucun souci à se faire ; il y aura toujours un bout de trottoir pour eux "

     

                  Vaudou et exorcisme : " La nature a fauté, s'est plantée en beauté ; toi ton identité c'est d'être la créature ratée."

     

                       

    Autobiographie : une et multiple...

     

     Casey en entretien sur Radio Campus Grenoble

     

     

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  • Malek Boutih à la mode Chandeleur : le repenti converti et retourné comme une crêpe

     

    Elections régionales 2015


    Mélenchon refuse de "trancher entre des nuances de gris"

     

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                  Malek Boutih ou la nouvelle gauche ! Celle de Valls, dans le cadre d'une répétition générale de l'élection présidentielle de 2017, qui demande à l’électorat de la gauche et du PS de voter LR-UDI pour faire barrage au FN.

    Pas si nouvelle que ça cette gauche-là ! C'est la fausse gauche PS du mois d'Avril 2002... le 21 plus précisément qui a vu Le Pen père au second tour de la présidentielle contre Jacques Chirac ; et Jospin de nous demander de barrer la route au FN ; un FN qui clôturera les élections à 20%.


    Aujourd'hui, le PS a retenu la leçon et demandera en 2017 le même élan « républicain » de solidarité à la droite car… devinez quoi ! Quinze ans plus tard, le PS travaille à un second tour de la présidentielle qui verra cette fois-ci, un François Hollande face à la fille le Pen.

     

     

                  On est le 9 décembre, Malik Boutih fait le job que lui demande Valls ; en service commandé, le député socialiste réagit violemment à l'annonce de Jean-Pierre Masseret, candidat PS : arrivé 3è, il a décidé de se maintenir au second tour des élections régionales dans le Grand Est contre le FN et l’UDI-LR ; i refuse cet élan républicain de 2002 (1).

    Il semblerait donc que la gauche, la vraie, pour Malik Boutih (2) c’est celle qui est cause du FN et qui demande à son électorat de voter à droite.

    Dont acte.

     

    ***

     

                Le 16 novembre, sur France Inter, à la matinale, heures tapantes, à la fraîche, c’est Malek Boutih l’invité : ICI .

    Autre sujet, même registre. La chasse est ouverte ! Député PS, Malek Boutih franchira le Rubicon allègrement. Imaginez-vous ça : 80% de ses interventions, ce matin-là, conviendront à toute la droite, du FN aux centristes :


    « Il faut en finir avec la sociologie, la pleurniche et les soi-disant causes sociales qui seraient responsables de la radicalisation de Français musulmans !»


    « J'en ai marre du procès d'intention qui dit que la France est toujours raciste et les autres toujours victimes" – après 20 ans de militantisme à SOS Racisme et une culpabilisation de chaque instant du « Français de souche », quel retournement !


    « Je suis républicain parce qu'il y avait une bibliothèque en bas de chez moi (Neuilly-sur- Seine – ndlr), et pas une salle de rap » - le Rap rendrait anti-républicain ? Ou bien alors, Boutih essaie de nous dire que le Rap est l’expression d’une prise de conscience du fait suivant : des millions de Français des « quartiers » sont privés de la promesse républicaine et de ses valeurs ?


    « La fameuse séparation entre les quiétistes, ceux qui veulent prier et ceux qui passeraient au terrorisme est artificielle. » Mais alors : tous terroristes potentiels ces Musulmans quiétistes ?


    « Des jeunes issus de ces quartiers n’en peuvent plus, ils ont envie d’être engagées, qu’on leur donne une chance de combattre ces gens-là. Nous avons une armée républicaine potentielle sur le territoire. » - Apologie d’une guerre intestine sur notre territoire entre Français issus de la colonisation et de l'immigration autour de la religion musulmane : croyants hirsutes contre les croyants modérés et les non-croyants ?


           Et puis, last but not least : « On ne peut pas considérer que le port du voile est normal »

                             N'en jetez plus, la poubelle est pleine Monsieur Boutih.

     


             Comme quoi... des attentats, une centaine de morts, et tout le monde rentre se mettre au vert au côté d'une droite expéditive ; c'est l'Assemblée nationale issue du Front populaire qui, un certain Juillet 40, vote les pleins pouvoirs à qui on sait. Heureusement pour Boutih que la "fausse gauche" est à l'Elysée et à Matignon ! Il peut encore faire illusion même s'il s'agit bel et bien d'un ralliement aux idées de droite : l'affirmation de l'absence de déterminisme social dans le destin individuel de chaque être humain.


                  Anti-Musulman, anti-rap, anti-sociologie, Boutih récidivera quelques jours plus tard sur BFMTV face à Finkielkraut avec lequel il finira par faire « risette » : ICI

    Là, Elkrief et BFMTV boivent du petit lait. Faut dire que depuis quelques semaines, au côté de Marine le Pen, Malek Boutih et son biais franchement anti-Musulman - véritable sésame pour quiconque souhaite faire son entrée dans les médias -, a son fauteuil chez BFM : c'est "table ouverte" pour Malek ! "Open bar" aussi ! C'est quand il veut à l'heure qu'il veut. Car enfin... comment dire tout le mal que l'on pense des Musulmans - " antisionistes, antisémites, anti-français, violents, ringards et sous-éduqués" selon la grille de lecture des médias atlantistes et proches d'Israël, sans l'aide de ce qu’on appelle " le beur de service » car si tous les antisémites ont « leur Juif » ( Renaud Camus et Richard Millet… Finkielkraut), tous les racistes ont « leur Arabe » qui dira tout haut ce que vous pensez tout bas... et qui le dira tellement mieux que vous, avec tellement plus de force, décomplexé, dans la mesure où il ne saurait être accusé de racisme ou d'islamophobie.


                  Des millions de chômeurs, des départements et des régions sinistrés, crise du logement, précarité, relégation, des dizaines de millions de salariés qui sont passés par la case chômage et la case SDF en trente ans - divorces, suicides, maladies, pauvreté ; des inégalités qui ont explosées, un mondialisme rapace et vorace qui veut la peau de notre système social européen - véritable civilisation en soi -, et qui n'a qu'un modèle à proposer : travailler plus, gagner moins, baisser la tête et consommer - mal-bouffe et abrutissement !


    Aucun rapport avec un FN à 40% et une abstention à 50  ?

    Que nenni ? Jamais de la vie ?


                Malek Boutih a une autre explication : seule la complaisance de la "gauche" - complaisance à l'endroit de la religion musulmane et des entorses à la laïcité -, est responsable nous dit le député PS aux analyses de droite.

    Et voilà les Musulmans responsables et sans excuses et l'Islam cause de tous les maux !


                   A la tête de SOS-racisme, officine PS pour Français issus des minorités visibles qui savent apprendre à marcher au pas et à la cadence du parti pré-cité, vingt années durant, avec son « touche pas à mon pote – (musulman) » aujourd’hui le même Malek Boutih nous explique que le pote ne l’est plus, et que la condamnation du racisme ordinaire du petit blanc européen de souche cachait une complaisance coupable, voire criminelle, à l’endroit de la menace de l'Islam sur la laïcité.

    Là, c'est Boutih qui rejoint l'analyse du FN à propos de la période "SOS racisme" des années 80 et 90.

    Cherchez l'erreur !

     

    ***

     


                Enthousiaste et pressé, chez BFMTV ou à France Inter... droit et enjoué, Boutih c’est l’élu qui n’en revient pas, qui n’en est jamais revenu, et qui connaît sa chance : la députation ; et tous savent à son sujet que le soupçon d’ingratitude peut être écarté. C'est sûr ! Malek Boutih affiche une loyauté sans bornes pour un système électoral qui privilégie depuis près de 20 ans, des individus falots, des individus gestionnaires de commandes, des chargés de clientèles électorales et d’affaires, selon le principe qui veut que ce soit celui qui paie et qui distribue les récompenses qui décide ; Malek Bouthi le sait mieux que quiconque car la gauche PS c’est la gauche qui n’a jamais donné sa chance à un seul émigré : en ce qui concerne Boutih, le PS mettra vingt ans à accepter qu’il soit député car les petits blancs du PS n’aiment pas partager et moins encore, céder leur place (3).


    Alors, vous pensez bien : Boutih qui est à la politique ce que les Harkis sont à l’histoire de la dé-colonisation, sait ce qu’il doit au PS et au système ; manifestement, les mots ne lui manquent pas quand il s'agit de renvoyer l'ascenseur : l’ingratitude n’est pas de mise chez Boutih !

     

    malek boutih, serge uleski, islamophobie,ps,

    Et d'un !

     

     

    ***


                  Dans les replis sinueux de son cortex cérébral, de circonvolution en circonvolution – faut croire qu'une fois nommé et en place, manifestement on apprend vite, et l'on prend le pli tout aussi rapidement ! -, Malek Boutih n’a de cesse de creuser son sillon. Et c'est alors que... pas à pas, sans éclat ni tapage, par la petite porte, porte de derrière pour ainsi dire... mois après mois, année après année, on s’y traîne, debout mais couché, lentement mais sûrement, alléché par l’odeur d’une promesse de reconnaissance au sein du grand barnum politique et sociétal... et puis, par un beau matin, on retrouve ses chaînes, le bruit de son cliquetis et son entrave, celle dont on croyait s’être débarrassé car la décolonisation doit trop, beaucoup trop à une bourgeoisie européenne indisposée par le spectacle de l’humiliation, de l’exploitation et du mépris - la couleur de son sang, l’odeur de son urine, de sa crasse et de sa sueur ; d’où ce retour, non pas du refoulé, mais bien plutôt, un retour à la case départ ; là d’où l’on vient et que l’on n’avait jamais vraiment quitté faute d’avoir été l’acteur majeur de sa libération. Faut dire que le colonisé esclave « bon à tout faire » et « à servir à tout » a été promu par son maître qui a eu la charité d’en faire son « camarade » de parti ; et c’est le ridicule qui accompagnera tôt ou tard son ascension grotesque.

    Orgueil et fourvoiement, on parlera alors de trahison, d’une rare laideur, qui nous inspirera néanmoins de la pitié… pitié face à cette erreur monumentale : coucher avec le mépris qui a décidé de tout, de votre condition d’être au monde, à peine humain, en l’occurrence.

    A ce sujet, on pourra se reporter aux analyses de Saïd Bouamama : La tradition colonialiste  des socialistes : de la SFIO au PS.


                 Et c'est alors que l'intéressé ira jusqu'à tenir le fouet. Et c'est aussi celui qui a participé à "La marche des beurs pour l’égalité" qui échangera son lexique et son codex de militant du droit et de la justice pour tous contre une logorrhée au service de la domination du plus fort sur le plus faible : encore une fois, le dominé se soumet à son Maître qui l'a en partie affranchi... dans le sens de "mettre au parfum" dans le contexte d'une liberté de parole étroitement surveillée.


    « Django » le long métrage de Quentin Tarantino à propos de l'Esclavage, nous en donnera quelques exemples aussi hilarants et savoureux que pathétiques avec Samuel Lee Jackson incarnant un personnage pitoyable et cruel : « le nègre domestique » ICI.

    Frantz Fanon,, un des penseurs de la colonisation et de la décolonisation avait un nom pour ces gens-là, les repêchés du système qui n’en croient pas leur chance tout en sachant qu'on ne leur en donnera pas une seconde.


    Il est vrai que le PS n'a pas son pareil lorsqu'il s'agit de salir celles et ceux dont il loue les services ; il exigera tout d'eux qui, sur le plan de la morale, de l'éthique et de la rigueur intellectuelle, y laisseront tout ce qu'ils possédaient avant d'y entrer. Prêtez-lui main forte, un bras, et c'est tout votre corps, corps et âme, que vous y abandonnerez car, c'est maintenant bien établi : on sort manchot, cul-de-jatte, lobotomisé et sale - en d'autres termes : discrédité - d'une collaboration, même éphémère, avec un parti tel que le PS qui cultive comme aucun autre, le mépris courtois et sournois envers ceux qui le servent, sans doute à cause d'une trahison politique qui lui sied si bien depuis trente ans ! Mépris que l'on pourrait sans difficulté interpréter comme une sorte de un transfert à des fins thérapeutiques : en effet.... c'est celui qui dit qui est, car... n'est-ce pas une tâche insurmontable à la fois de le dire et de constater qu'on l'est... parjure sans foi ni loi, le matin devant sa glace à l'heure où il faut en remettre une couche ?


               Harlem Désir (il sera le premier chronologiquement), Najat Vallaud-Belkacem, puis Christiane Taubira et maintenant Malek Boutih... même en politique, on leur confiera le sale boulot. Mais alors... est-ce un hasard si ce destin sacrificiel qui ressemble fort à une crucifixion touche en priorité des Français qui appartiennent à des minorités visibles ?

    Manifestement, personne n’a aidé Boutih à penser les dangers de la compromission et le piège qui se referme sur la victime qui choisit de servir son bourreau : celui d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Celui qui est du côté du manche ; bourreau de toujours, qui vous domine des pieds à la tête, entre deux sourires, deux tutoiements, deux embrassades : Judas père et fils. Car si le pouvoir corrompt, le pouvoir « privé du pouvoir de tenir tête » rabaisse et avilit ; on quitte son fauteuil débiteur et sale… endetté à vie.


                  Au sujet de Malek Boutih, difficile de ne pas penser à ce qui suit : si là d’où l’on vient ne saurait en aucun cas empêcher quiconque d’aller voir ailleurs et de s’y installer, en revanche, il n’est sûrement pas nécessaire, une fois arrivé à destination, de courber l’échine aux fins de conjurer le danger d’un éventuel retour à la case départ, défait et humilié pour la seconde fois, par une classe qui ne vous fera jamais oublier d’où vous venez et quel nom vous portez. Toute l’Histoire de France, depuis l’esclavage et la colonisation, plaide contre cette classe. Car... le front encore couvert de sueur, rien n’enhardit le rescapé, ou l'échappé-belle, comme la soumission aux diktats des puissants ! Et d’aucuns s’empresseront d’ajouter : combien de temps encore, les rescapés d’un déterminisme social le plus souvent impitoyable (Souvenons-nous de Bérégovoy et de son CAP de mécanique-auto faisant la première de couverture de Time magazine avant de recevoir un satisfecit du Wall Street journal pour son action en tant que premier ministre-gestionnaire), devront-ils donner des gages de bonne conduite et de fermeté d’âme à ceux auxquels ils pensent devoir leur repêchage social, oublieux qu’ils sont de leurs droits et de leurs mérites ?

    Si les anciennes victimes font d’excellents bourreaux, de même, les anciens fauchés, un peu moins fauchés maintenant - pour ne rien dire de ceux qui le sont restés -, semblent faire d’excellents garçons de course recouvreurs pour le compte de créanciers pressés de rentrer dans leur argent : aussi, Malek Boutih n'a pas fini de rembourser sa dette ; il en est qu'aux premières échéances.

     

    ***


              Ce qui suit pourrait bien être une tentative d’explication, du moins… une piste de réflexion non négligeable : la tentation de la soumission et le syndrome du larbin ICI - empathie avec celui qui vous a longtemps fait marcher et qui vous a fait les poches aussi ;  le syndrome de Stockholm (empathie avec celui qui vous séquestre) n'y suffisant plus manifestement.  

           

                 La faute de Malek Boutih c'est d'avoir oublié d'assumer les origines du nom qu'il porte, et ce à quoi ces origines obligent avec pour conséquence une compromission auprès de ceux qui, en aucun cas, ne peuvent être considérés comme des interlocuteurs dignes de confiance et ce faisant, des interlocuteurs capables de vous aider à porter avec fierté cette histoire de vos origines car toutes leurs allégeances et l'histoire dont ils sont les produits contredisent cette possibilité.

    Pour vous, ils n'accepteront qu'un rôle : que vous soyez l'instrument de leur histoire et non de la vôtre.

    Derrière cette "compromission" nichent la recherche d'une intégration-acceptation à n'importe quel prix, chienne de la soumission, ainsi que la peur du rejet et la fatigue de son vécu, année après année, épuisement après épuisement. Plus profond encore, on trouvera une honte, celle de ses origines - encore et toujours cette honte ! -, cause d'une intériorisation à la fois consciente et inconsciente de tous les discours, au mieux "dépréciatifs", au pire "racistes" qui sont rattachés à cette "origine semelles de plomb" quand sa valeur intrinsèque, qui ne doit faire l'objet d'aucun débat, est niée de part et d'autre.

     

     

    1 - Pour une autre analyse des résultats du premier tour des Régionales de 2015, c'est ICI  et LA

    2 - Il participe en 1983 à la Marche pour l'égalité. Il entre à SOS Racisme en 1984, en devient le vice-président de 1985 à 1992 puis président  de 1999 à 2003 ; secrétaire national du PS de 2003 à 2008, il est membre du bureau national et député de l'Essonne depuis juin 2012.

    3 – Salaire d’un député : Indemnité mensuelle : 7 100,15 € bruts par mois. 

    Indemnité représentative de frais de mandat : 5 770 € bruts par mois, pour faire face aux diverses dépenses liées à la permanence parlementaire.

    Les députés disposent de 9 504 € bruts par mois sous forme de crédit destiné à rémunérer leurs collaborateurs, d'un accès gratuit à l'ensemble du réseau SNCF en 1re classe, du remboursement des forfaits de cinq lignes mobiles et d'un abonnement Internet.

    Un député ne peut cumuler son indemnité parlementaire et les indemnités d'autres mandats électifs que dans la limite d'une fois et demie le montant brut de l'indemnité parlementaire de base, soit 8 272,02 €. Un parlementaire ne peut donc percevoir plus de 2 757,34 € au titre de ses mandats locaux.

     

     

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  • Tout, tout de suite... mais pour qui ?

            


    Sportès, Beaune, le fait divers en fiction 1/3 par rue89 
     

     

    ***

               La vérité, c'est aussi et surtout dans les faits divers que vous la trouverez.

     

               Vous vous demandez dans quel monde vous vivez, dans quel pays, dans quelle ville, dans quel quartier ? Intéressez-vous donc aux faits divers et ne relâchez pas votre attention ! Car tous ces faits divers sont aussi et surtout, des faits emblématiques de notre société qui demeure - quoi qu'on en dise - indomptable malgré tous ses garde-fous.

    Miroir déformant ou pas, le fait divers - pour peu qu'un traitement responsable lui soit réservé - viendra nous rappeler des logiques de comportement que l'on croyait révolues, une géographie urbaine ou rurale insoupçonnable, des conditions de vie scandaleuses mais aussi : mille transgressions, mille intolérances, mille traumatismes, mille injustices...

    Si la rubrique des faits divers est souvent celle des pauvres, rubrique tombeau que personne n'ira fleurir, elle est aussi celle des fous.

    Et le dernier ouvrage de Sportès « Tout, tout de suite » arrive à point nommé.

    Médecin légiste, l’auteur traite d’un fait… fait-divers par excellence… répondant au nom de « Gang des barbares, ou bien encore « Affaire Fofana »… et parfois aussi… « Affaire Halimi » du nom d’une des victimes de ce gang… la dernière.

     

    ***

     

                Seuls les auteurs et les artistes savent comme personne faire tinter et résonner la cloche des faits de société ; alarme destinée à nous rappeler au bon souvenir de tout ce dont nous sommes aussi capables... collectivement et individuellement.

    Et en ce qui concerne ce fait-divers en particulier, reconnaissons en toute bonne foi que la sortie de l’ouvrage de Sportès nous offre l’opportunité de dénoncer l’action de tous ceux qui, entre 2006 et 2009, ont cherché à instruire, sur le cadavre calciné d’Ilian Halimi, le procès, non pas d’une bande de criminels adolescents ou pré-adultes, mais celui de nos banlieues et d'une religion : l'Islam ; tout en prenant soin d'instrumentaliser un antisémitisme pourtant bien incapable d’expliquer quoi que ce soit de la motivation de ce gang dits « des barbares », pour ne rien dire de tout ce qui, au fil des ans, a bien pu les amener à commettre de tels actes.

    A ce sujet, saluons l’ouvrage de Sportès et les résultats de son autopsie qui remettent à l’heure les pendules d’une recherche de compréhension in situ, de la bouche même de l’auteur : «  mondialisation, quart-monde et régression religieuse » ; Sportès prenant soin de préciser que les marchés financiers et leurs suppôts ont bien été les premiers à pratiquer un « tout, tout de suite » dévastateur tant sur un plan social que moral, et ce bien avant ce gang dits « des barbares ».

    Car enfin... au cours du procès de ce gang, n’a-t-on pas retrouvé tous ceux qui depuis 20 ans, et aujourd’hui encore, cherchent à diviser notre pays ?

    Pseudo-intellectuels... communautarisés, chroniqueurs aux ordres, ligues, associations, conseils, groupuscules... tous ont tenté de prendre à témoin la société française dans son ensemble - d’aucuns parleront de prise d’otage -, pour mieux stigmatiser, en particulier, des populations en souffrance, et ne jamais questionner des politiques qui plongent des pans entiers des sociétés occidentales dans l’abandon et la déshérence ; populations pour lesquelles le passé est plus un boulet qu’un tremplin, le présent un échec couronné par une absence d’avenir vécue sur le fil du rasoir de l’indifférence et de la haine, l’amour étant hors jeu, et la compassion aussi.

    On ne peut rendre que ce qu’on a reçu. Quant à donner ce qu’on n'a pas…

    D’autant plus que… la résignation et la patience ont déserté les pauvres, et l’urgence de posséder « tout, tout de suite » a occupé la place comme partout ailleurs mais… à ceci près : chez les indigents criminels et déments, le cutter et la torture ont remplacé la carte de crédit.

     

    ***

     

              Cinq ans après les faits, plus de deux ans après le procès, force est de constater que ces stratégies de division-diversion sont toujours à l’oeuvre. Nul doute… la sortie de l'ouvrage de Sportès permettra à nombre de ses acteurs de se faire à nouveau entendre ; d'où l'utilité de continuer, sans relâche, de dénoncer leur action...

    Et si le travail d'un auteur tel que Sportès peut nous y aider... so much the better

     _________________

     

     

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  • Marche de la dignité : le nouveau visage de l'antiracisme *

     

                      "La marche de la dignité" a réuni le 31 octobre 2015 à Paris 20 000 personnes ; une marche sans le CRIF, sans la LICRA, sans SOS racisme, sans la LDH qui ont refusé de participer à un rassemblement jugé pas assez consensuel à leur goût, et par voie de conséquence, beaucoup trop clivant.

                      L'absence de ces associations prouvent, si besoin était, que sans le feu vert du PS, sans son soutien, sans son financement, et sans la récupération et l’instrumentalisation du racisme, les discriminations n'intéressent que les victimes.

    Dont acte.


                      Une marche pour la dignité organisée par la MAFED ; le défilé comptait de nombreuses organisations "antiracistes" et féministes comme le Parti des indigènes de la République, le collectif MWASI (féministes afroféministes), la Brigade Anti Négrophobie, Vérité et justice pour les quartiers populaires ainsi que des organisations pro-palestiniennes et d'ultra-gauche.

                      Fort du succès de ce rassemblement, le sociologue Saïd Bouamama exhortera les villes, les quartiers et les populations concernés par le mépris raciste à s'organiser, conscient du fait que tous, maintenant, ne peuvent compter que sur leur propre force.

     

                      Mais alors, qu'il leur soit donné à tous la force nécessaire à la création d'un environnement qui leur permettra de vaincre au quotidien, un parcours jonché de racisme, de discriminations, de relégation et de mépris.

     

     

    * Courtesy of Info libre

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