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écologie

  • Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : le "oui" l'emporte au référendum

     

                  967.500 électeurs de Loire-Atlantique ont été invités ce dimanche 26 juin à se prononcer pour ou contre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes : le "oui" l'a emporté à 55,17%.

    Avec un taux de participation de 51,08%, le "oui" a recueilli 268.981 voix, soit 55,17% des suffrages exprimés. Sur la commune de Notre-Dame-des-Landes, le "non" est arrivé en tête avec 73,57% des 1.150 suffrages exprimés.

    Manuel Valls, a tenu à s'exprimer comme suit : "La démocratie a parlé. Elle a validé le projet de transfert d’aéroport déclaré d’utilité publique en 2008 (2 pistes). Le gouvernement fera appliquer le verdict des urnes"  L’autorité de l’Etat et les lois de la République s’appliqueront à Notre-Dame-des- Landes comme partout ailleurs dans le pays".

     

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    NDDL: pour les opposants, le combat continue

     

     

               Référendum, consultation citoyenne, retour au peuple...

    Avec ce résultat en faveur du projet de construction d'un aéroport sur le site de Notre -Dame-des-Landes - Loire-Atlantique, les partisans d'un régime de démocratie directe voient là les limites de l'exercice car, à trop vouloir consulter une majorité qui ne connaît pas le dossier - un dossier très très technique -, une majorité peu consciente des enjeux à la fois économiques, politiques et environnementaux derrière ce projet très technique d'aéroport, même avec un taux de participation de 51%, on finit toujours par se tirer une balle dans le pied et à noyer dans un océan de contradictions et d'incompétences ingérables une mobilisation contre un projet vieux de 50 ans, dans l'anonymat d'un vote qui favorise toutes les complaisances à l'égard d'une responsabilité citoyenne, selon le principe qui veut que plus on interroge la masse, plus c'est l'ignorance qui répond.

                Cette consultation, c’est une idée de l'Elysée ; Hollande n'avait aucun doute : la consultation apporterait la victoire au "oui"... puisque une grande partie de ceux qui se sont déplacés ne connaît pas le dossier ; de plus, le niveau conscience à propos de l’écologie dans l’électorat français est sans doute un des plus faibles de toute l’Europe.

    Pourquoi ne pas le dire : les Français ne connaissent rien à l’écologie ;  et tous les intérêts privés et leurs relais politiques et médiatiques les maintiennent volontairement dans l’ignorance depuis les années 70.

    Avec comme résultat ceci : pour le Français moyen "l’écologie fait perdre des emplois ; l'écologie tue l’économie et les entreprises ; l’écologie est liberticide : elle vous interdit de vivre comme vous l’entendez"... etc... etc...

    Les conseillers qui entourent Hollande et Valls le savent mieux que quiconque : c'est leur métier.

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  • Penser aujourd'hui la fin de l'aliénation avec André Gorz

     

                   Marx, Husserl, Sartre, Ivan Illich … la pensée multiforme d’André Gorz,  n’a pas cessé d’être en mouvement tel un véritable work in progress.

    Entièrement tourné vers l’autonomie, la désaliénation, et la libération du travail qui empêche le plus souvent l’épanouissement individuel dans une organisation de l’existence  qui fait de l’individu « une simple pièce dans une mégamachine » à produire plus, toujours plus... avec de moins en moins de bras…

    Figure européenne de la critique sociale depuis les années 1960, faisant œuvre de philosophie sociale et politique, pour les Britanniques André Gorz est  un héritier de Sartre ; pour les Allemands, un descendant de l’École de Francfort (Adorno et Marcuse) ; et pour la France, il passe plutôt pour un disciple d’Ivan Illich (le père de l’écologie politique».

     

                  Si pour Deleuze le philosophe a pour tâche essentielle d’élaborer des concepts, pour André Gorz, pareil à Socrate, la philosophie permet de se penser soi-même : « Je ne comprends donc pas la philosophie à la manière des créateurs de grands systèmes philosophiques, mais comme la tentative de se comprendre, de se découvrir, de se libérer, de se créer » dira-t-il...

    En effet, la question de l’aliénation et la façon de la dépasser sont au cœur des préoccupations d’André Gorz : « L’aliénation a été pour moi la question philosophique qui éclairait le mieux mon expérience personnelle. Dès la prime enfance, j’ai eu le sentiment d’être pour les autres quelqu’un que je ne pouvais être moi-même

     

                 André Gorz n’a jamais cessé de penser l’émancipation des individus et les termes de cette émancipation : « comment les gens peuvent se masquer indéfiniment le décalage fondamental entre ce qu’ils sont pour eux-mêmes et ce qu’ils sont dans et par leurs interactions avec les autres et prétendent coïncider, s’identifier avec leur être social, leur nom, leur appartenance ?»

    Souvent présenté comme un des théoriciens de « la fin du travail », pour André Gorz, le travail reste néanmoins important car il nous permet de produire ce dont nous avons besoin, et la technique de réaliser cette production tout en gardant à l’esprit qu’une vision purement économique de l’existence  - travail et production -, ne saurait en aucun cas définir l’être en société et moins encore… le définir d’une façon unidimensionnelle selon le principe réducteur suivant  : « Dites-moi quel emploi vous occupez et  je vous dirai qui vous êtes... et n’êtes que seulement !

     


     RENCONTRE - DEBAT
    André Gorz et la dynamique du capitalisme
    Avec Carlo VERCELLONE, économiste et Maître de Conférences à Paris 1

     

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                 Dans Le socialisme difficile (1967) André Gorz précise que « La production sociale continuera de reposer principalement sur du travail humain ; le travail social de production restera la principale activité de l’individu ; et c’est par son travail, principalement, que celui-ci sera intégré et appartiendra à la société ».

    L’émancipation consiste alors, dans ce cas de figure et dans ce contexte… à s’organiser afin de lutter contre la dévalorisation des savoirs qui a pour objectif principal de permettre à tout un chacun d’effectuer la tâche de tous les autres, tous interchangeable à souhait, à la fois un et pluriel… division du travail oblige !

    Il en sera de même de la responsabilité de tous envers tous les autres :  prison et enfer d’une responsabilité collective qui a pour dessein d’enchaîner l’être humain dans un processus non pas de décision qui, de toutes les façons, lui échappe entièrement, mais bien plutôt, dans un processus de culpabilisation permanente, et ce avant même qu’elle ait trouvé à se nicher dans l’action quotidienne de l’être au travail.

    Qu’on se le dise : nous sommes alors tous apriori coupables car tous susceptibles de faire dérailler la machine productive !

     

                   Autre temps, autre réalité, quelques années plus tard, l’ouvrage le plus controversé d’André Gorz verra le jour : Adieux au prolétariat qui marque une évolution irréversible de sa pensée ; en effet, le travail a cessé de définir socialement les individus : chômage massif, dévitalisation des savoirs, dévalorisation de l’idée de conscience professionnelle par voie de conséquence, déqualification, démotivation, création d’emplois jetables au sein d’un marché du travail d’une perversité sans précédent ; un marché atomisé et en lambeaux, dans un environnement sur lequel plus personne n’a de prise réelle faute d’actions concertées et d’une compréhension globale des enjeux ;  phénomènes qui n’ont fait que s’accentuer depuis la sortie de cette ouvrage dans lequel André Gorz développe l’idée suivante : « Le mouvement ouvrier n’est plus le lieu au sein duquel peut se penser le dépassement du capitalisme. En conséquence, l’émancipation de la classe ouvrière ne peut pas être la condition d’une libération de la société tout entière. 

    Dépassant Marx, André Gorz élabore alors les concepts d’hétéronomie et d’autonomie inspirés par Ivan Illich avec lequel il développera une promiscuité intellectuelle à partir des années 1970. La front de la lutte se déplace maintenant sur le terrain de la réduction du temps de travail grâce aux gains de productivité, car la seule façon de s’émanciper du travail, c’est d’en sortir, ou du moins... d’en subir le moins longtemps possible les contraintes, d’autant plus que...  : « l’économie n’a plus besoin du travail de tous et de toutes. La société de travail est caduque ; le travail ne peut plus servir de fondement à l’intégration sociale ». D’où la nécessité d’une nouvelle « quête du sens ».

    Que faire après le travail ? Quelle vie ? Quels choix ? Quelle existence pour soi ? Quel sens donner à son existence et à la vie en société une fois débarrasser de la place centrale que le travail y occupait ?

     

                  Arrive alors la nécessité d’une redéfinition des rapports entre individu et société car pour André Gorz, grâce à l’autonomie, les acteurs sociaux deviennent non plus une masse à l’identité collective uniforme, au destin identique, à jamais enchaînée à un devenir une fois encore collectif et insaisissable mais bien plutôt des sujets irréductibles car l’autonomie  « est un acte de souveraineté qui marque les limites de la socialisation 

    André Gorz appellera au dépassement de la «société du travail » au profit d’une véritable « société de culture » qu’il définit comme suit : le refus de fonctionner comme des rouages du système de production-consommation.

    Reste alors à établir les modalités de l’établissement d’un rapport de force qui puisse contraindre le capitalisme à accepter un tel refus.

     

               Alors qu’André Gorz nous a quittés en 2007, et à l'heure où l'écologie politique est à l'agonie depuis que tous s'en sont retirés pour embrasser la profession de gestionnaires de carrière, comme un fait exprès, ce capitalisme protéiforme, qui jamais ne renonce, toujours aussi vorace, a décidé de nous rappeler tous vers le travail… de nous y ramener, de nous y tirer, de force, selon son bon vouloir… par intermittence et sans compensation aucune… dans le contexte d'un Etat providence qui est en passe d’être mis sur la paille et les systèmes de protections sociales avec lui : salaires, chômage, santé, retraite. Car personne n'est dupe : le désendettement n’est que la sape de l’Etat providence, sa destruction ou bien sa réduction a minima, pour le plus grand profit des multinationales et de leurs actionnaires.

     

                 Avec la parution de l’ouvrage Les chemins du paradis en 1983, André Gorz persiste et signe : il défendra l’idée d’un « revenu à vie » sous la forme d’un « revenu social ». Lucide, il précisera néanmoins ceci : « la garantie d’un revenu hors  emploi ne peut devenir émancipatrice qu’à la condition qu’il ouvre de nouveaux espaces d’activité individuelle et sociale »

    Vingt ans plus tard, RSA oblige, c’est bien de cela qu’il est question ; et là encore… on ne fera pas l’économie de devoir se donner les moyens d'établir un rapport de force capable de s'opposer à une économie qui n’a que faire des désidératas d’une force de travail qu’elle considère comme sa propriété ; et jamais les moyens à notre disposition n’ont été aussi difficiles à réunir autour de millions d’individus isolés, chacun selon ce qu’il espère pouvoir « arracher » au système, dans l’entreprise et en dehors, secteurs privés et publics confondus ; chacun selon ce qu’il croit être ses propres forces comme autant d’atouts qui pourraient faire de lui un gagnant… du moins… pour le temps qu’il lui sera donner de « se vendre » auprès d’employeurs nomades sans visage…  car s’il est relativement aisé sur le papier de sortir des catégories économiques, négliger de penser le juste rapport de force qui s'impose, c’est livrer l’individu à l’arbitraire des prédateurs et autres marchands de rêves sociétaux sans scrupules ni compétences...

    De plus, les liens de la socialisation ont été décimés car on ne casse pas le travail ou bien plutôt "la valeur travail" en toute impunité... sans casser la rencontre, la communion et une dynamique de pensée autour de la liberté, de l’émancipation et la désaliénation face à une transformation sociale qui n’a qu’un seul but : épuiser les êtres à force de les contraindre (et de les faire tourner en bourrique).

     

                  A la fin de sa vie, pour André Gorz, il s’est agi d’amorcer « l’exode de la société du travail et de la marchandise »...

    Certes, l’œuvre d’André Gorz a vu le jour à une époque où le capitalisme avait su se faire « oublier », et nous faire oublier aussi par la même occasion sa férocité et sa voracité impitoyables telles décrites par Marx, Proudhon, Victor Hugo, Dickens et Zola…

    Aujourd’hui, tous crocs dehors, il redevient ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un loup pour l’homme.

                  Peut-on alors encore espérer que ce retour de flamme ne nous conduise pas vers une nouvelle traversée du désert, sous un soleil de plomb, privés d’eau et de moyens de locomotion susceptibles de nous en faire sortir au plus vite car si une hirondelle ne fait pas le printemps, une oasis pour quelques uns dans le contexte d'une utopie aux ambitions microscopiques... mirage d'une volonté de croire encore à un projet alternatif pour quelques happy few, n’annonce pas davantage un nouveau modèle d’organisation de l’existence vers plus d’autonomie pour chacun d’entre nous mais bien plutôt vers plus de dépendance... et la pire de toute : celle qui brise toutes les solidarités et toutes les fraternités dans un chacun pour soi funeste.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Neuf études sur le travail et l'entreprise

     

     

    « Travailler moins pour Gagner plus » ou l'impensé inouï du salaire
    ...une autre histoire du travail et de la protection sociale...



    Conférence gesticulée par Franck Lepage et Gaël Tanguy de la Scop « Le Pavé » (Coopérative d'éducation populaire). Petits contes politiques et autres récits non autorisés.

     

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  • "Human" de Yann Arthus-Bertrand : un monde sans causes

     

     

                 Avec "Human", le photographe Yann Arthus-Bertrand (YAB) part à la rencontre d'hommes et de femmes de tous horizons pour tenter de dresser un portrait de l'humanité. Il recueille notamment les témoignages de demandeurs d'asile à Calais, de travailleurs du Bangladesh, de condamnés à morts aux Etats-Unis, de combattants en Ukraine, ou encore de paysans maliens. Il s'intéresse également à la place qu'occupent les êtres humains sur la planète Terre, ainsi qu'à l'impact de l'humanité sur la nature.

     

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                    « Human », c’est le documentaire qui fait son cinéma ! A la manière des JT, il montre tout mais n'explique rien et ne nomme personne. Yan Arthus-Bertrand (YOB) qui est à l'humanitaire ce que Hulot est à l'écologie, entre deux pubs de sponsors qui ont besoin de se refaire une réputation en montrant « patte verte », et des pays « patte blanche » sur le dos d’une urgence à propos d’une planète exsangue et d'une humanité mal traitée, a donc la fâcheuse habitude de nous « présenter» un monde « aux effets sans causes ». Faut dire que les ennuis commencent (comme trouver des financements par exemple) lorsque vous nommez les choses et les gens. YOB le sait mieux que quiconque puisqu’il n’a jamais de problème de financement : c’est tout simplement parce qu’il ne dérange personne – comprenez : les intérêts de qui que ce soit ! -, car il ne s’attache pas aux causes. La boucle est donc bouclée.

    Comme un fait exprès, ce monde sans causes qu’Arthus-Bertrand nous présente c’est précisément ce qui sied à tous ceux qui sont responsables d'un monde imbuvable et insortable. 

    C'est sans doute la raison pour laquelle aucun pays n’a censuré ce faux-documentaire, sans point de vue, désengagé, qui refuse "la vérité" ; et tous l’ont programmé, même les régimes les plus répressifs ou les plus influents ; régimes responsables, par voie de conséquence, du chaos actuel, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

                    Aussi, pour toutes ces raisons, difficile de comprendre la raison pour laquelle les journalistes ne se sont pas davantage mobilisés pour dénoncer ce documentaire.

     

     

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     Ci-après, quelques critiques du documentaire "Human" :

     

                     "HUMAN par sa construction, et les témoignages choisis ou construits, développe un discours consensuel à souhait (cela créé le lien entre les spectateurs et leurs maîtres dominants) et bourré de clichés, le tout saupoudré d’une bonne conscience morale : « il faut sauver la planète ! » Oui, il faut la sauver mais pour la sauver, encore faut-il identifier les coupables à l’origine de son état actuel, ce que se garde bien de faire « HUMAN ». Pire, le film propose de ne pas prendre partie. Il évoque des conflits et propose de rester neutre. Tout le monde sait que dans un conflit armé, celui qui reste neutre, valide la position du plus fort…. Sous une apparence de neutralité, le film au contraire influence et ordonne de choisir le camp du plus fort. Or, c’est justement son objet : soumettre le plus grand nombre de spectateurs/électeurs et le conduire à ne pas choisir pour laisser le pouvoir à ceux qui le possèdent déjà."

                                 Régis DESMARAIS - la suite de cette critique ICI

     

                 "Yann Arthus-Bertrand n'a jamais craint le gigantisme, ni le sursignifiant. Avec Human, il atteint des sommets en alternant, pendant plus de trois heures, vues aériennes et témoignages face ­caméra. On peut se laisser embarquer un temps par ce patchwork de belles images et de témoignages recueillis aux quatre coins du monde. Puis le procédé lasse ; ne reste alors que la désagréable impression d'être pris en otage d'une émotion trop fabriquée pour qu'il en reste quelque chose. Le contraire d'un film engagé."

                                        Olivier Milot - Télérama

     

     

                    Yann Moix, lui, met et tape dans le mille ce Samedi 12 décembre, dans « On n’est pas couché » ; il a  comparé contre toute attente « Human » à un long-métrage pornographique ; un documentaire qui montre tout en gros plan mais n'explique rien.. pas d'histoire, pas de contexte géographique, géopolitique, ethnographique ou historique : qui fait quoi à qui, où, comment, pour(-)quoi, et pour le compte de qui ?

    Motus et bouche cousue.

    Moix relève cette faute avec courage car il n'est jamais facile d'attaquer et de remettre en cause le talent de ceux qui font l'unanimité auprès d'un vaste public privé d'esprit d'analyse critique : 40 ans de médias audiovisuels puissants et dominants ont ruiné toute possibilité de distance avec l'image ; ces années de plomb pour l'intelligence ont eu raison... de la raison justement ! au profit d'une émotion qui n'est que le pire des mensonge quand on veut éclairer la vérité, quelque vérité que ce soit.

    Avec ce reportage, YOB a définitivement rejoint le camp du mensonge sans même l'avoir souhaité. Un véritable tour de force.

     

     

     

                     Bien évidemment, les réseaux sociaux se sont enflammés contre Moix, l'accusant d'être insensible.

    Faut bien dire que... semaine après semaine, chez ONPC, Yan Moix semble refuser ou méconnaître ou bien encore, oublier, les codes télévisuels en général et ceux de l'émission de Ruquier en particulier. Il court donc à sa perte pour peu que son départ de l'émission, une émission dont on se moque éperdument soit dit en passant, en soit une pour les uns qui la regardent et les autres qui ont mieux à faire le samedi soir.


    Moix commet une erreur : il croit que l'émission ONPC est une émission sérieuse ; or, elle ne l'est pas ; et son public - public du samedi soir -, non plus.

     

                         Message personnel à Moix :

              "Yan, si tu veux prendre encore un peu de blé à la télé, révise au plus vite l'idée que tu te fais de ONPC et de ton rôle chez Ruquier : c’est pas la fièvre du Samedi soir ONPC ! Il s’agit simplement d’une audience qui attend de trouver le sommeil. Aussi, fais en sorte que tes interventions les préparent à ce sommeil qui se veut très certainement aussi réparateur que consolateur, loin d’une prise de conscience cauchemardesque et anxiogène du comment et du pourquoi de notre existence à tous."

     

                       Aussi, ayez confiance, chers téléspectateurs, Laurent Ruquier et toute son équipe veille au grain, rien que pour vous.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Arthus-Bertrand, Qatar, Luc Besson, Groupe Kering (

    Leader mondial de l’habillement et des accessoires) and co

     

     

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  • Une question de taille : Olivier Rey après Léopold Kohr et Yvan Illich

     

     

     

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                « Pourquoi les araignées géantes des films d’horreur ou les Lilliputiens que découvre Gulliver au cours de ses voyages ne se rencontrent jamais en vrai ? Parce que dans la réalité, la taille n’est pas un paramètre que l’on pourrait fixer à volonté : chaque être vivant n’est viable qu’à l’échelle qui est la sienne. En deçà ou au-delà, il meurt, à moins qu’il ne parvienne à se métamorphoser. Il en va de même pour les sociétés et les cultures. La plupart des crises contemporaines (politiques, économiques, écologiques, culturelles) tiennent au dédain affiché par la modernité pour les questions de taille. »


    « Une question de taille » d’Olivier Rey décrit  par  quelles voies nous avons perdu le sens de « la mesure » ainsi que ce sur quoi nous pourrions nous fonder pour la retrouver, afin de mener une vie authentiquement humaine : « La plupart des organismes, une fois une certaine taille atteinte, cessent de grandir, ce qui en fait de mauvais exemples pour justifier une croissance infinie. Servir la vie, pour les êtres humains, ce n’est pas croître aveuglément, dans quelque direction que ce soit, c’est réfléchir à ce qu’il convient de faire croître, comprendre que passé un certain seuil le « développement » tel qu’on l’entend depuis deux siècles, rabougrit la vie humaine quand il n’en vient pas à détruire ce qui lui permet de simplement être. »

     

                 Olivier Rey a reçu le Prix Bristol des Lumières dont le jury est présidé par Jacques Attali ; ouvrage qui, soit dit en passant, ridiculise toute idée de gouvernement mondial ; Attali n’est donc pas à une contradiction près ; il est vrai que l’important  c’est de rester sous les feux de la rampe, sous les projecteurs des médias, en pleine lumière, sous tous les sujets, en toutes circonstances... pour ne pas mourir, du moins, tout à fait, comme dans une recherche d’éternité.

     

                     L’Ouvrage d’Olivier Rey fait la part belle à un penseur majeur Yvan Illich, aujourd’hui oublié et négligé par voie de conséquence ; un penseur pour lequel…  «Ce qui importe n’est pas le petit, mais le proportionné ; proportionné à double titre : en tant qu’harmonie des éléments les uns par rapport aux autres (la symétrie au sens grec du terme) et par rapport à l’être humain »

     

    Autour d’Yvan Illich… l'auteur fait graviter...

    Christopher Lasch,

    Claude Levy-Strauss,

    Pasolini,

    George Orwell,

    Marcel Gauchet,

    Jacques Ellul,

    Günther Anders et d’autres encore…

     


                   Au centre de la thèse d’Olivier Rey, on trouve Léopold Kohr, un Autrichien né en 1909, auteur de l’ouvrage « The breakdown of nations » publié en 1957 : « Partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros. Les problèmes sociaux ont la tendance malheureuse à croître exponentiellement avec la taille de l’organisme qui les porte tandis que la capacité des hommes à y faire face croît linéairement. »

     

               Pour prolonger, cliquez : Une question de taille : les bonnes feuilles.pdf

     

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  • Inondations dans les Alpes-maritimes ou quand le rechauffement climatique a bon dos

                     

                                             Mais, où sont les écologistes ?

     

                A l'heure où  le bilan « provisoire » est passé à vingt morts, lundi 5 octobre, après le déluge et les coulées de boue qui ont frappé le littoral de la Côte d’Azur ce week-end, on pouvait attendre des Ecologistes et du parti EELV qu'ils se manifestent auprès des médias. Mais non... encore une fois, ce parti et ses membres brillent par leur absence plus que regrettable quand on sait qu'ils sont les seuls à pouvoir dénoncer une bétonisation irresponsable de la Côté d'Azur et expliquer les conséquences de cette urbanisation à outrance en cas d'orages violents, les maires PS et LR des communes touchées par le déluge étant les derniers à pouvoir remettre en cause des autorisations de permis de construire d'une complaisance à terme criminelle puisque ce sont eux qui les délivrent.

    Comme à l'accoutumée, les médias se repaissent d'images et de témoignages qui n'expliquent rien avant de passer à autre chose dans quelques jours, une catastrophe chassant la précédente. 

     

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               " Les inondations dans le Var s’expliquent par la bétonisation incontrôlée des terres. Si l’on ne veut plus d’inondations catastrophiques, il faut arrêter le gaspillage des terres et l’étalement urbain" affirmait déjà Hervé Kempf  de l'association Reporterre en Janvier 2014.

    Il poursuit : "Dix mois plus tard, alors que les inondations affectent de nouveau le département du Var, il restait hélas d’actualité. Et encore en octobre 2015, alors que les orages meurtriers ont frappé les Alpes-Maritimes, il le reste. La population du département a beaucoup augmenté depuis trente ans : de 708 000 habitants en 1982 à 1 013 000 en 2011 (soit + 43 %), ce qui a entraîné une explosion de l’urbanisation. Mais cette urbanisation s’est réalisée sans souci d’économiser l’espace et, comme l’a relevé le sénateur Pierre-Yves Collombat dans un rapport publié en 2012, « sans aucune prise en compte du risque inondation : des terrains inondables sont lotis, de vastes surfaces sont imperméabilisées de manière artificielle, les cours d’eau traversant les villages sont couverts, parfois a minima ».

    Le secret des inondations : la « soif de l’argent »

    Le constat du sénateur est clair : « Les autorisations de construire ont été délivrées sans véritable prise en considération du risque inondation ou, plus exactement, avec une prise en compte à éclipse bien incapable de contenir ’la soif de construire’ locale, pour reprendre l’expression de la Cour des comptes. Le manque de moyens des services de l’État et des services municipaux, s’agissant des petites collectivités territoriales, face à la ténacité et à l’ingéniosité des promoteurs et à la pression des propriétaires fonciers est un élément d’explication. La mise en place, autrefois d’un plan d’occupation des sols (POS), aujourd’hui d’un PLU, est l’exercice de politique locale le plus à risque dans le Var, comme partout où la pression foncière est forte. »

     

                                        La suite ICI

     

     

     

               Agroécologie et Micro-Biologie des sols – avec Claude et Lydia Bourguignon, Jo Damas, Jonathan Attias et Alexandre Lumbroso

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    Pour prolonger, cliquez : La France : désert écologique

     

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  • Fraude dans l'automobile : des médias hors jeu, à genoux et KO

                Une enquête de l'association "Générations futures" révèle des traces de pesticides interdits en France dans des salades vendues en supermarché. ICI

    Selon cette enquête 80,35% d'entre elles (laitue, batavia, feuilles de chêne, frisée, scarole, roquette) contiennent au moins un résidu de pesticide, dont des perturbateurs endocriniens. Cinq des 31 échantillons révèlent des substances interdites en France. 

    Pour arriver à ce résultat, 31 salades -29 de France, une d'Espagne et une d'Italie- ont été achetées dans les supermarchés de l'Oise et de la Somme, entre le 28 mai et le 21 juillet 2015: sept chez Carrefour, sept chez Hyper U, sept chez Intermarché, cinq chez Auchan, cinq chez Leclerc.

    L'association rappelle que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) effectue ses enquêtes sur 30 échantillons. 

                   Mais au fait, qui contrôle quoi, qui et comment ? Qui contrôle les contrôleurs ?


     

    Scandale Volkswagen :

    Des tests ont permis de mettre au jour le vaste système de trucage aux tests antipollution mis en place par Volkswagen sur 11 millions de véhicules dans le monde.

    Entre 2013 et 2014, le chercheur et l’ICCT effectue une série de tests en condition réelle sur cinq types de routes. Les résultats obtenus, publiés dans un rapport en mai 2014, sont stupéfiants : les émissions d’oxydes d’azote (NOx) — qui font partie des principaux polluants atmosphériques — émises sont 15 à 35 fois supérieures aux normes américaines.
     
                     Qu'en est-il de la fiabilité des tests effectués en Europe ? D'autres marques pratiqueraient-elles cette fraude ?
     

                     "Empoisonnez-vous  !"

                                                              "Polluez sans vergogne !

     

                   Certes, les pesticides, qui plus est, ceux qui sont interdits, et la pollution de l'air n'ont jamais été des arguments de vente !

                  Mais alors, à quand un procès pour empoisonnement contre tous les acteurs de la filière agro-alimentaire et des responsables des Agences publiques et para-publiques de contrôle sanitaire ?

     

    ***

                  Incompétence, complaisance, concussion et corruption...  il n'est donc venu à l'idée d'aucun média de semer le doute sur tous ceux qui sont chargés (Autorités, Ministères et Agences) de veiller à notre sécurité alimentaire ainsi qu'à l'air que l'on respire au volant des automobiles que l'on conduit ?

                 Avec cette nouvelle fraude dévoilée par une ONG indépendante, fraude qui touche à la santé publique, c'est toute la presse en générale, et la presse auto en particulier, les journalistes qui, une fois encore, se trouvent discrédités.

    Avec ce scandale, c'est une nouvelle confirmation qui nous est apportée de ce que l'on pouvait craindre : il n'y a plus rien à attendre des rédactions presse, télés et radios totalement vassalisées aux intérêts de leurs propriétaires (Etat compris) et de leurs annonceurs publicitaires.

               Aussi, jamais un travail urgent de ré-information s'est autant imposé à nous tous.          

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    Pour prolonger, cliquez : Marie-Monique Robin : notre poison quotidien

     

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  • Paris 3 Septembre 2015 : le coup de force de la FN-SEA

              

             

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    Les agriculteurs montent à Paris

                       

     

                       Bras armé syndical de la droite française depuis les années 60 et de la filière agro-alimentaire avec ses exportations qui ruinent les économies de l'Afrique et de l'Asie... dans un modèle de production qui a coûté à l’Europe et à la France en particulier, son indépendance alimentaire avec ses importations tout aussi dévastatrices…

                     Cartel et mafia, la FNSEA (La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) monte sur Paris ; des centaines de machines agricoles escortées par la police qui, aux abords de Paris, accordent la priorité à leurs engins au détriment des automobilistes qui se rendent sur leur lieu de travail, sont attendues ; la FNSEA montre sa force et intimide l'Etat qui optempère : Valls est très fortement encouragé à recevoir tout ce petit monde car, ayant épuisé la patience et les finances de Bruxelles, c'est maintenant l'Etat français qui est sommé de mettre la main à la poche pour continuer de subventionner une agriculture responsable des pires dégradations de notre environnement : l’eau, la terre, nos paysages, notre littoral, la qualité de nos aliments et la désertification de nos campagnes…

    Une agriculture dans l'impasse : impasse économique, impasse écologique, impasse sanitaire, impasse sociale ; en effet, ce sont des centaines d'exploitations qui ferment chaque jour ;  chaque année, ce sont des centaines de cancers d'agriculteurs contaminés et des suicides d’exploitants pris dans la nasse de la dette.

     

                    Et comme un fait exprès : jamais l’agriculture productiviste et son relais syndical qu’est la FNSEA n’ont été autant dominants à l’heure où la confédération paysanne a totalement disparu du paysage politique (José Bové est parti cachetonner à Bruxelles).

    Jamais l’écologie politique, militante, une écologie qui sache établir un rapport de force face à une classe politique sous le contrôle totale d’un productivisme sans conscience ni vision, n’a été aussi absente, vaincue et finalement abandonnée par les Verts eux-mêmes qui refuseront - mais… s’en souvient-on encore ? -, d’occuper le ministère qui leur est pourtant consacré tout en acceptant des postes de ministres dans le premier gouvernement de la non-présidence de François Hollande.

                   Mais alors : qui fera le procès de la FNSEA avant de nous en débarrasser à jamais ? Et qui fera enfin entendre raison aux agriculteurs piégés dans un productivisme mortifère, vecteur d’un projet civilisationnel nihiliste dont nous pâtissons tous ?

     

                  C'est maintenant ou jamais : sabre au clair, il faut porter l'estocade !

     

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    Pour prolonger, cliquez : Salon de l'agriculture - vitrine d'essence nihiliste

     

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  • Pierre Rabhi : une oasis médiatique dans un désert écologique

                   « L’écologie ne peut se satisfaire  des quelques aménagements plus ou moins démagogiques qui ne remettent pas en question un modèle d’existence, à l’évidence incompatible avec les principes fondamentaux de la vie et opposé à l’avènement d’un humanisme universel, seul en mesure de donner un sens et une cohérence à notre histoire » - Pierre Rabhi : extrait de sa préface à la réédition de l’ouvrage de Fairfield Osborn «  La planète au pillage » de 1948.

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               Agriculteur, agroécologiste, Pierre Rabhi est un des pionniers de l'agriculture biologique.

    A l’heure où l’écologie est partout dans tous les discours mais nulle part dans sa pratique ou bien dans une portion tellement  congrue que cela en devient risible, s'il ne fait pas tous les jours "le buzz", néanmoins, Internet a bel et bien boosté la popularité de Pierre Rabhi ; ce qui ne doit pas nous empêcher de… comment dire ? …

    ... de questionner cette popularité toute relative certes mais bien réelle.

     

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                  Mère Teresa de l’écologie (soit dit en passant… dommage que les bidonvilles du Caire soient toujours aussi bondés), si un mort c’est déjà et toujours un mort de trop, sans doute doit-on saluer le fait que l’enseignement de Pierre Rabhi a très certainement permis à une poignée d’individus de sortir de l’enfer des villes et d’un consumérisme productiviste corrupteur des âmes pour, une fois à l’air libre et suffocant, goûter aux bienfaits d’un «changement fondamental, spirituel et individuel dans le  fondement d’une présence au monde consciente et apaisée. »

    Et si cette poignée de rescapés, par les temps qui courent, c’est déjà la mer à boire pour l’écologie, rappelons à toutes fins utiles, qu’il ne suffit pas de cultiver navets, poireaux et carottes dans des conditions de préservation optimale de la biodiversité - culture bio oblige ! -, pour changer le monde, à défaut, la donne, et moins encore la vie de son voisin de palier.

     

                 A-politique, jamais un mot plus haut que l’autre, serein, zen s’il en est et s’il en fut, Pierre Rabhi n’est jamais aussi à l’aise qu’en dehors de la politique ; et ça tombe plutôt bien : il n’en fait pas.

    Aimé de tous, journalistes, banquiers, animateurs de télé, Nicolas Hulot, Yehudi Menuhin en son temps - manquait plus que Mandela… et pourquoi pas… Obama, François Hollande demain ! -, Pierre Rabhi ne dérange personne ; le chant de son colibri non plus (1), et la cadence de ses interventions pour éteindre les incendies d’une civilisation en perdition avec ses feux de forêts incandescents pas davantage, et ce bien qu'il fasse sa part (2) ; faut dire qu’au rythme auquel les secours s’organisent, tout le monde a largement le temps de s’en mettre plein les fouilles et la forêt de brûler de fond en comble, du sol au plafond, papier-peint et moquette.

     


    Pierre Rabhi,
    Nicolas Hulot chez Drucker 

     

                   Qu'à cela ne tienne...

                   Le croirez-vous ! Le petit algérien que son père confiera à un couple d’européens à la suite de la mort de sa mère, sans doute pour qu’il puisse échapper au fait d’être un petit algérien du Maghreb - autant pour ceux qui le sont restés ! -, a fini chez Drucker. Oui, Drucker !

    Belle promotion sur canapé rouge de surcroît car si en France tout finit avec des chansons, il semblerait qu’aujourd’hui toute existence trouve sa récompense le cul posé dans un fauteuil tout un après-midi durant, en prime time, avec pour public des téléspectateurs citadins désoeuvrés des dimanches après-midi, et pour lesquels c’est de toute façon déjà trop tard, bien trop tard car le cancer qui guette les uns et ruine la vie des autres - cancer environnemental et alimentaire (l’air qu’ils auront respiré et la bouffe qu’ils auront mangée des années durant) - ne les lâchera pas de si tôt.

     

                 Converti au catholicisme à l’âge de 16 ans - d’où son prénom -, Pierre Rabhi, un rien janséniste - l’écologie est un appel ; n’est pas écolo qui veut ! -, semble avoir trouvé des solutions pour quelques adeptes de l’auto-gestion écologique en petit comité ; pour les autres… ce sera « pollution as usual » et business aussi pour le plus grand bonheur des pollueurs non payeurs.

     

                 Aussi, force est de constater que Pierre Raghi c’est bel et bien l’arbre qui cache non pas la forêt mais le désert écologique qui recouvre la France et l’Europe car, jamais l’érosion des sols et leur pollution ne se sont aussi bien portée ! Jamais l’agriculture productiviste et son relais syndical (FNSEA) n’ont été autant dominants ! Et enfin : jamais l’écologie politique, militante, une écologie qui sache établir un rapport de force face à une classe politique sous le contrôle totale d’un productivisme sans conscience ni vision, n’a été aussi absente, vaincue et finalement abandonnée par les Verts eux-mêmes qui refuseront - mais… s’en souvient-on encore ? -, d’occuper le ministère qui leur est pourtant consacré : ils opteront pour le logement avec Cécile Duflot (à quand un Cohn-Bendit à l'éducation ?).

    Et la « conférence sur le climat Paris 2015 » à venir en décembre n’annonce rien de bon : une vaste fumisterie de plus, un spectacle pour des gogos qui penseront que l’écologie est arrivée à bon port alors qu’elle n’est même pas encore partie ; et plus encore, une conférence au cours de laquelle un président qui souhaitera sans doute acquérir enfin une stature de chef d’Etat, et qui plus est… de dimension internationale - stature qu’il n’aura jamais, condamné qu’il est, par les choix qui sont les siens, à n’être que le valet de l’hyperpuissance étasunienne et son complice -, ne se privera sûrement pas de tenter de briller sous les feux d’une rampe médiatique qui n’est plus qu’un spectacle creux pour des journaux de 20H qui n’ont plus rien à voir avec une information digne de ce nom.

    Et tout ce beau monde aura sauvé la planète.

     

                Ecologiste pour un peu ésotérique, alibi de tous ceux qui couvrent année après année l’inaction de l’Etat et de la classe politico-médiatique sur les questions environnementales, décidément, Pierre Rabhi c’est bien l’oasis pour quelques happy few plantée au milieu d’un désert écologique !

                Alors, sachez ceci : il n’y en aura pas pour tout le monde ! Aussi, caravane, passe ton chemin, toi et tes crève-écologie, comme dans d’autres lieux les crève-la-faim, passe ton chemin et ne te retourne pas. C'est inutile.

     

    1 - Colibris c’est aussi un mouvement. Créé en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi, Colibris se mobilise pour la construction d’une société écologique et humaine.

    2 - Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

    Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

     

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    Pour prolonger, cliquez : Paul Ariès - décroissance

     

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  • Le meurtre de Rémi Fraisse vu par Edgar Morin

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              Dans le texte qui va suivre, Edgar Morin revient sur le meurtre de Rémi Fraisse, écologiste étudiant en environnement à Toulouse.


    Une fois de plus, fidèles à eux-mêmes, les "commentateurs patentés de l'actualité" passeront à côté de l'essentiel ; il reviendra alors à Edgar Morin seul de voir dans ce décès de Rémi Fraisse la victime d’une guerre de civilisation : un productivisme forcené qui condamne notre avenir  - si par avenir on entend un monde encore vivable pour l'immense majorité, et plus encore pour les plus faibles d'entre nous -, contre une pensée d'une lucidité vivace et d'une connaissance des véritables enjeux socio-économiques et environnementaux.

     

                 Avec Edgar Morin, encore lui ! la culture, l'intelligence et la clairvoyance triomphent de l'ignorance, de la bêtise et d'un aveuglement de petit-bourgeois égoïste et apeuré (1) et autres pauvres bougres cloîtrés dans une vie minuscule et nombriliste sans conscience ; de tout temps, symptôme d'une mort lente et sans profit pour personne puisque cette mort-là - ces morts-là ! -, ne laisse rien derrière elle.


    ***


                Qu'à cela ne tienne ! Qu'il soit permis ici de rappeler qu'avec ou sans gendarmes sur-armés pour protéger des élus aux ordres d'une raison économique mortifère - encore la mort ! toujours la mort ! -, et un projet obsolète dans ses finalités... que l'autoritarisme, voire le fascisme,  qui a pour seule origine une absence totale de compétence dans le domaine de la gestion de notre avenir social... eh bien... que cet autoritarisme-là ne passera pas !



    1 - Majorité silencieuse que le désordre et le courage indisposent car ce courage-là, celui des militants, lui rappelle trop souvent sa propre lâcheté, son inconséquence et puis surtout : une ignorance crasse.  

     
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    Le sociologue et philosophe Edgar Morin, le 20 octobre 2012.

                       

    "... A l’image d’Astérix défendant un petit bout périphérique de Bretagne face à un immense empire, les opposants au barrage de Sivens semblent mener une résistance dérisoire à une énorme machine bulldozerisante qui ravage la planète animée par la soif effrénée du gain. Ils luttent pour garder un territoire vivant, empêcher la machine d’installer l’agriculture industrialisée du maïs, conserver leur terroir, leur zone boisée, sauver une oasis alors que se déchaîne la désertification monoculturelle avec ses engrais tueurs de sols, tueurs de vie, où plus un ver de terre ne se tortille ou plus un oiseau ne chante.Cette machine croit détruire un passé arriéré, elle détruit par contre une alternative humaine d’avenir. Elle a détruit la paysannerie, l’exploitation fermière à dimension humaine. Elle veut répandre partout l’agriculture et l’élevage à grande échelle. Elle veut empêcher l’agro-écologie pionnière. Elle a la bénédiction de l’Etat, du gouvernement, de la classe politique. Elle ne sait pas que l’agro-écologie crée les premiers bourgeons d’un futur social qui veut naître, elle ne sait pas que les « écolos » défendent le « vouloir vivre ensemble ». Elle ne sait pas que les îlots de résistance sont des îlots d’espérance. Les tenants de l’économie libérale, de l’entreprise über alles, de la compétitivité, de l’hyper-rentabilité, se croient réalistes alors que le calcul qui est leur instrument de connaissance les aveugle sur les vraies et incalculables réalités des vies humaines. C'est le caractère abstrait et anonyme de cette machine énorme, lourdement armée pour défendre son barrage qui a déclenché le meurtre d’un jeune homme bien concret, bien pacifique, animé par le respect de la vie et l’aspiration à une autre vie.

    Par l’entêtement à vouloir imposer ce barrage sans tenir compte des réserves et critiques, par l’entêtement de l’Etat à vouloir le défendre par ses forces armées, allant jusqu’à utiliser les grenades, par l’entêtement des opposants de la cause du barrage dans une petite vallée d’une petite région, la guerre du barrage de Sivens est devenue le symbole et le microcosme de la vraie guerre de civilisation qui se mène dans le pays et plus largement sur la planète. Partout, au Brésil, au Pérou, au Canada, en Chine… les indigènes et régionaux sont dépouillés de leurs eaux et de leurs terres par la machine infernale, le bulldozer nommé croissance.

    Dans le Tarn, une majorité d’élus, aveuglée par la vulgate économique des possédants adoptée par le gouvernement, croient œuvrer pour la prospérité de leur territoire sans savoir qu’ils contribuent à sa désertification humaine et biologique. Et il est accablant que le gouvernement puisse aujourd’hui combattre avec une détermination impavide une juste rébellion de bonnes volontés issue de la société civile. Pire, il a fait silence officiel embarrassé sur la mort d’un jeune homme de 21 ans, amoureux de la vie, communiste candide, solidaire des victimes de la terrible machine, venu en témoin et non en combattant. Il faut attendre une semaine l’oraison funèbre du président de la République pour lui laisser choisir des mots bien mesurés et équilibrés alors que la force de la machine est démesurée et que la situation est déséquilibrée en défaveur des lésés et des victimes.

    Ce ne sont pas les lancers de pavés et les ­vitres brisées qui exprimeront la cause non violente de la civilisation écologisée dont la mort de Rémi Fraisse est devenue le ­symbole, l’emblème et le martyre. C’est avec une grande prise de conscience, capable de relier toutes les initiatives alternatives au productivisme aveugle, qu’un véritable hommage peut être rendu à Rémi Fraisse."

     

    LE MONDE |04.11.2014 à 14h38 - Edgar Morin 

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    Pour prolonger, cliquezPenser aujourd'hui la fin de l'aliénation avec André Gorz

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  • Vers une société d’abondance frugale

    Contresens et controverses sur la décroissance 

     

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     Dans cet ouvrage Serge Latouche convoquera à la barre Paul Lafargue, Marcel Gaucher, Ivan Illich, Paul Ariès, Yves Cochet, Cornélius Castoriadis, André Gorz et bien d’autres encore pour plaider la cause des objecteurs de croissance.

     

    Seul projet politique capable de redonner sens à la gauche, la décroissance se fonde sur la critique radicale du libéralisme économique et renoue avec l’inspiration originelle du socialisme.

     

    « Même si nos regrets sont directement proportionnels aux excès du progrès », on ne reviendra pas en arrière pour autant car il s’agit tout simplement de cesser d’aspirer à une croissance illimitée du PIB.

     

                 Baudrillard avait déjà tout compris lorsqu’il expliquait : « La croissance  produit des biens et de besoins mais elle ne les produit pas au même rythme. Il en résulte une paupérisation psychologique, un état d’insatisfaction généralisée qui définit la société de croissance comme le contraire d’une  société d’abondance. »

     

    Et la conclusion suivante s’impose déjà à nous pour peu que l’on y réfléchisse de très près : « La véritable pauvreté réside dans la perte de l’autonomie et la toxicodépendance au consumérisme. Aussi, être dépendants signifie être pauvres ou misérables ; en revanche, être indépendants c’est accepter de ne pas s’enrichir ».

     

     

                  Avec la décroissance, nous sommes en présence de quatre facteurs :

     

     

    1 – Une baisse de la productivité théorique globale : rejet des techniques polluantes, de l’usage abusif des énergies fossiles et de équipements énergivores.

     

    2 – La relocalisation des activités et l’arrêt de l’exploitation du Sud.

     

    3 – La réorientation des emplois vers des secteurs d’activité écologiques.

     

    4 – Changement de mode de vie par la suppression des besoins inutiles et superfétatoires.

     

     

                   La recherche scientifique, comme le souligne André Gorz, sert le complexe industriel technoscientifique ; elle n’a le plus souvent aucun souci de l’intérêt général.

     

    Castoriadis quant à lui, réalise très tôt « qu’il nous faut une véritable démocratie instaurant des processus de réflexion et de délibération le plus larges possible ; une démocratie disposant d’une véritable information  lui permettant d’exercer un jugement sûr car il est illusoire de penser que l’on peut sortir du productivisme sans restaurer la démocratie, et plus encore lorsque l’on sait que tous les débats autour du nucléaire, des OGM et des nanotechnologies sont truqués et les référendums refusés. »

     

    C’est sûr : un projet politique démocratique radicale est indissociable d’un projet écologique basé sur la décroissance car un tel projet se heurtera fatalement des intérêts privés colossaux.

     

    Pour cette raison, le projet « décroissance » s’inscrit inévitablement  dans celui d’une émancipation de l’humanité et de la réalisation d’une société autonome par une maîtrise rationnelle non pas de la nature par l’économie et la technique mais de nos besoins par une redéfinition de ce qui doit être produit, comment, où et à quelle fin.

     

     

                 Paul Ariès rappelle que le pétrole et le nucléaire du Parti socialiste comparés à celui de l’UMP ne sont pas plus écolo. La sortie du productivisme est donc nécessaire car la croissance et le développement  sont croissance de l’accumulation du capital, exploitation de la force de travail et destruction sans limite de la nature.

     

    Arrive alors sur le tapis, le sujet ou le problème, c’est selon, de la surpopulation  car « si tout le monde vivait comme les Australiens, d’ores et déjà, le monde serait surpeuplé et il faudrait éliminer les neuf dixièmes de la population car on ne pourrait pas faire vivre plus de 500 millions de personnes. » Aussi, qu’il y ait 10 millions ou 10 milliards d’habitants…  la dynamique  de l’économie de marché capitaliste dévorera toute la biosphère.

     

    Inutile de nier ou de tourner autour du pot : l’espèce humaine doit impérativement trouver au plus vite les moyens de stabiliser sa (sur)population : « La question est de savoir si cette stabilisation sera imposée par les événements, par des politiques autoritaires, par des méthodes fondées sur la coercition, voire sur la barbarie : avortement obligatoire, infanticide, criminalisation de l’immigration, personnes âgées considérées comme un poids insoutenable, retour de la peine de mort pour éviter une population carcérale trop importante… etc…»

     

     

               Persévérer dans le mythe de la croissance comme aujourd’hui, c'est-à-dire dans le maintien d’une société de croissance à la recherche d’une croissance disparue, c’est se condamner à l’austérité imposée, et par voie de conséquence, à la combinaison la plus injuste du gaspillage dans la pénurie : nous sommes déjà dans une inégalité scandaleuse puisque moins de 20% de la population consomment  86% des ressources de la planète.

     

    De plus, il n’y a  rien de pire qu’une société de croissance sans croissance ; elle n’engendre que chômage et pauvreté : précisément ce qu'il nous est donné de vivre depuis près de trente ans. Et une mondialisation qui n’est qu’une guerre contre les salaires, les droits sociaux, les Etats providence et la démocratie ne nous sera d'aucun secours non plus.

     

    Il faudra donc aussi changer de mondialisation.

     

     

                  Reste la question épineuse : comment mettre en œuvre cette société d'abondance frugale tout en se donnant les moyens de contrer « une cosmocratie mondiale regroupant les oligarchies économiques et financières qui, sans décision explicite, vide la politique de sa substance et impose ses volontés. Tous les gouvernements sont les fonctionnaires généreusement rétribués du capital et les instruments de la petite internationale des nouveaux maîtres du monde.»

     

                 Si tout est dans l'exécution - mise en oeuvre... (baïonnettes et guillotine ?) -, la bataille sera rude.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI - littérature et essais

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