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  • L'imbécile au travail

     

                  Observer un imbécile travailler, cadre de surcroît, l'observer ordonner, organiser, commander, peut vous occuper toute une journée, voire une semaine car, côtoyer l’imbécillité au travail, c'est un spectacle d'un intérêt supérieur, bien supérieur à tous les autres.

    Jadis cantonné à un rôle subalterne, sans danger pour autrui, l'imbécile des temps modernes se voit aujourd'hui doté de pouvoirs et de responsabilités qui font de lui l'agent redoutable d'une stratégie perverse. Et malheur à qui travaillera sous sa responsabilité !

    Si pour d'aucuns, leur manière d'être ce qu'ils sont peut quelquefois les sauver du naufrage d'un jugement sans appel, en revanche, de cet imbécile-là, rien à sauver car, rien ne le sauvera.

    "Qui suis-je ? Que fais-je ?" et puis aussi et surtout : "Qui sont les autres ?" sont des questions hors de portée pour cet imbécile qui ne dispose d'aucun outil pour se les poser. Quant à y répondre...

    L'introspection lui est interdite. Evoluant à la surface des choses, des êtres et de lui-même quand il s'agit de comprendre son environnement qui n'est pas simplement le sien mais celui de ses subordonnés, il n'explore rien de ce qui fait de lui ce qu'il est, et des autres... pas davantage

    Coriace mais sans courage, l'imbécile au travail battra toujours en retraite dès les premières alertes et il sera sans pitié à l'encontre de ses subordonnés qui l'auront exposé à des risques que lui-même n'aurait jamais envisagé courir.

                  L'imbécile au travail ne choisit pas : il subit et fait subir ; du pain bénit pour ses supérieurs. Les entreprises qui nomment de tels individus à des postes d'encadrement nous informent plus que tout sur l'idée qu'elles se font du travail qui doit être accompli et des hommes qu'elles recrutent.

    Dépourvu de jugement, aveuglé par sa tâche, son poste, son rang, sa fonction, son statut, il ne veut rien savoir. Il n'a qu'un souci : occuper la place et la garder. Les traits figés, le corps raide, statue sur son socle, il n’en descendra pas. Sûr de lui face à ses subordonnés, humble en compagnie de ses supérieurs, l'imbécile au travail acceptera tout de celui qui l’a nommé. Ses supérieurs ont toujours raison. Aucune vérité qui ne vienne pas d'en haut est bonne à prendre et de lui, il n'en sortira aucune. Quant à lui susurrer à l'oreille une idée ou deux, en collègue attaché à le sortir du cul de sac dans lequel son action le mènera inévitablement un jour, inutile de l'envisager : son regard dubitatif, marque d'une impuissance immense, viendra nous signifier que c’est sans espoir et qu'il nous a fait perdre notre temps car, l'imbécile au travail maintient hors d'atteinte toute réalité qui ne soit pas la sienne à des fins de se protéger d'une confrontation possible entre lui et le monde. Son incompétence n'est pas simplement due à un manque de qualification ou d'expérience ; son incompétence, c'est son imbécillité même, insoupçonnable en lui et aucune formation, remise à niveau, plan d'amélioration et d'accompagnement - si tant est qu'il vienne à l'idée de quiconque de les lui proposer - ne le sauveront. Où qu'il soit, quoi qu'il fasse, il demeurera un imbécile : cadre imbécile, père imbécile, mari imbécile, amant imbécile, fils imbécile, partenaire imbécile au squash entre midi et deux.

    Cette imbécillité a pour racine la certitude d'être au-dessus de toute autre compétence : celle de ses collègues - cadres tout comme lui - et de ses subordonnés ; certitude obstinée, démentie au quotidien, à chaque heure mais... néanmoins beaucoup plus gratifiante que l'aveu d'une incompétence crasse car, cette certitude cache très certainement l'angoisse inconsciente de ne pas être à la hauteur, et une culpabilité propre à l'usurpateur confronté à l'absence de toute légitimité dans l'exercice de son autorité.

                   Si d'aucuns peuvent comprendre ce qui a motivé sa nomination, nul ne sait d'où il vient cet imbécile au travail, cet éternel Don Quichotte de l'intelligence humaine ; nul ne connaît son histoire, le comment, le pourquoi d'une telle amputation de sa conscience - conscience propre aux êtres humains : la conscience de n'être que la partie d'un tout et sans elle, de n'être rien.

    Inutile de le questionner. Il a tout oublié. Grand bien lui fasse ! Car... qui peut bien être assez cruel pour souhaiter le réveiller, et ce faisant, l'exposer à toute l'horreur de sa condition face à un monde à l'écart duquel il se sera si longtemps tenu, tout en y agissant, en aveugle privé de canne blanche pour le guider et éviter qu'il ne trébuche sur le premier obstacle qui se dresse devant lui.

     

                  Lorsque celui qui l'a nommé aura besoin de couper quelques têtes ou de déplacer quelques pions, se sentant lui-même en danger, dans un jeu pervers qui n'amusera personne d'autre que lui qui aura failli un moment ne plus pouvoir s'en amuser, redevable de tout, l’imbécile au travail repartira comme il est venu, loin des honneurs et de la reconnaissance de ses subordonnés pour le travail accompli. Et c'est sans broncher qu’il expiera en acceptant de se sacrifier.

    Son expiation, vécue comme une nécessité qui ferait loi, c'est la dette que l'imbécile au travail n'a de cesse de rembourser, selon l'adage : "Qui paie ses dettes nourrit en secret l'espoir d'être autorisé à en contracter d'autres, dans un avenir proche, très très proche si possible et puis.... ailleurs, de préférence !" Car, l’imbécile au travail ne supporte pas les temps morts de l'oisiveté, mère de tous les vices, la réflexion et l’introspection porteuses de tous les dangers d'une révélation d'une réalité terrifiante : celle du caractère circonstanciel de son utilité et de sa nécessité au travail ; sans oublier ce sentiment évanescent, lancinant en lui : le sentiment de ne rien devoir à lui-même mais de devoir tout... à celui qui l’a nommé.

     

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    Extrait du titre : "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     

     

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  • M comme Malédiction

     

    To the memory of an angel...

     

    A la mémoire de Béatrice Athévain

     

             Et alors qu'on ne lui avait rien demandé (et ses enfants non plus - leur père s'étant fait la belle, lui qui n'avait aucun goût pour tout ce qui touchait de près ou de loin à la littérature - il ne lisait... ou plutôt, il ne regardait... que de la BD), en une quinzaine d'années, Béatrice aura tout sacrifié à l'écriture avant de tirer sa révérence.

    Son oeuvre ?

    Un ouvrage retenu par un éditeur dans les années 90 "Fragments, interstices et incises" (oui, je sais ! Le titre ne lui aura été d'aucun secours) ; éditeur qui... depuis, a mis la clé sous la porte ; et six titres restés à ce jour inédits et... introuvables - ce qui n'arrange rien.

    Existent-ils ? N'existent-ils pas ces inédits ? Ont-ils été détruits par son auteur juste avant qu'elle ne décide de... ?

    Affaire à suivre... pour peu qu'il y ait des volontaires.

     

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              Ce billet est aussi dédié à tous les obsessionnels compulsifs de l'écriture. 

     

             Ils ne se déplacent jamais sans un stylo et un carnet ; leur hantise : se trouver dans l'impossibilité de pouvoir noter une idée, une phrase, un mot ; et de ce fait : les oublier.

    Une peur panique pareille à une phobie : plutôt mourir que de courir ce risque !

     

                   Mais... comment taire cette voix qui hurle à l’intérieur, ou bien qui chuchote ? Cette voix qui ne vous lâche pas jusqu’au moment où n’y tenant plus, on sort un carnet pour noter à la hâte trois mots, dix lignes, tout en sachant que l‘on y reviendra cent fois, mille fois, et que ce n’est que le début d’un travail harassant.

    Ils ne vivent que pour elle, tous ces don Quichotte de la littérature,  y retournant sans cesse, et n’y trouvant qu’un soulagement, qu’une libération bien éphémère.

    Après toutes ces années, qui ne chercherait pas à lui échapper, même pour un temps ? Qui ne serait pas tenté d’apprendre à l’ignorer ou bien, à contrôler son débit, et même, pouvoir faire “comme si de rien n’était”, comme si cette voix n’était pas là... cette voix qui, sans relâche vous force, et vous pousse jusqu'à ce que vous lui cédiez et qu’elle s’apaise en vous en attendant la prochaine fois, la prochaine heure ?

    Tous vous le confirmeront : une malédiction cette voix pour laquelle ils ont tout sacrifié ; un supplice qui absorbe, qui recouvre tout, qui vous prend tout et qui ne vous rend rien.

    Maudits ils sont !

     

                      Mais alors... qui les délivrera de cette malédiction qu'ils portent en eux comme une brûlure ?

     

     

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    Photos : M le Maudit, film de Fritz Lang de 1931

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  • Parler, c'est mentir !

     

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                       Plus on parle, plus on ment.

     

    Ne plus pouvoir mentir, c’est ne plus pouvoir parler.

    Combien y a-t-il de vérités énonçables sur nous-mêmes ? Combien de vérités au plus près de soi peut-on énoncer sans provoquer une gêne chez notre interlocuteur et sans courir le risque de finir seul avec cette parole ?

    Ceux qui se taisent sont ceux qui ne peuvent plus mentir.

    L’âme mise à nu c’est de la boue, de la détresse, de la colère, de la douleur et du ressentiment ; rien que l’on ne puisse partager sans risquer de perdre l’estime, le respect, l’admiration ou bien l’amitié de ceux qui nous auront écoutés.

    Aussi, parler c’est taire l’essentiel sur ce que nous sommes.

    La vérité, c’est ce qui est tu, c’est ce qu’on ne dévoilera jamais même sous la torture, la tête sous le billot car, parler c’est ouvrir la porte à tous les jugements, défavorables de surcroît, puisque juger, c’est s’absoudre, se blanchir, et par voie de conséquence, juger c'est noircir et accabler l’autre. La vérité sera tue de peur qu’elle ne se retourne contre nous : indifférence, dégoût du côté de notre interlocuteur, pitié, soulagement aussi quand il la partage avec nous cette vérité indicible mais… sans nous l’avouer, comme pour mieux nous laisser dans l’ignorance et nous culpabiliser davantage encore.

    La vérité sur soi-même n’est bonne qu’à ça : à être tue dans la vie comme dans la mort ; et là, on n’aura plus à tenir sa langue ni à craindre le faux pas. Et si l’on pense au fait qu’il se pourrait bien que ce que l’on nomme vérité n’ait de vérité que l’idée qu’on s’en fait... dans le doute, mieux vaut taire toutes ces vérités qui nous rapprochent rarement de La Vérité, jusqu’à n'être plus, après mille ressassements, qu'un beau tas de mensonges ; mensonges d’une honnêteté sans tâche, sans vice caché, sans défaut, certes ! Mais…vérités mensongères tout de même !

    Qu’on se rassure donc : il n’y a pas plus de vérités à chercher en nous et chez les autres qu’à découvrir dans le monde ! Seulement vivre sa vie, et de temps à autre, espérer trouver quelques instants de lucidité, mais pas trop, juste assez pour ne pas causer un préjudice irréversible à soi-même et à ceux qui ont encore la patience et la charité de suspendre leur jugement à notre égard...

    Et là, c'est bien d'amour qu'il s'agit.

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    Extrait du titre : "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     

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  • Léonel Houssam - Avant extinction

                     Avec ce texte, je retrouve Andy Vérol... jamais parti, toujours là...  source et référence : on ne change pas, on croît. Et puis, on tient tête aussi. On ne renonce pas.

     

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                  " Il donnait du sens aux marteaux-piqueurs, propulser sa face sur les parois de parpaings non loin d’Orly Sud. Orly Sud et son soleil grand beau, grand chaud chavirant sur l’horizon aux heures pleines de bouchons automobiles. Ici protégé du venin des femmes, des hommes, de ces sexes protubérants qui décalcifiaient les cerveaux. Les arrondis des entrées, les angles pointus des bâtiments, les courbes généreuses des pistes d’accès à l’avenue des décollages. Et gentiment, il prenait ses quartiers sous l’escalator n°5, suçant son pouce et crachant sur les godasses des bidasses. A ce jeu, il gagnait sans cesse, s’endormant paisiblement à l’heure des balais-serpillières pour s’engouffrer dans les mondes liquides traversés par les précipités rouges crachés par les victimes du jour.

    Les platanes stoppaient les oiseaux d'acier en plein vol. Ces crashs permanents aux odeurs de kérosène, de chairs brûlées et de métaux lourds alimentaient l'incendie perpétuel à la frontière nord d'Orly sud. Il savourait les milliers d'explosions formant un arc majestueux dans le ciel sempiternellement sombre de la planète mère moribonde. En bouffant des trognons de pommes, des résidus d'aliments dans des boîtes de conserve ou du lait tourné, il craquelait de joie dans le bassin de jouir qu'il nommait le lit des enfants morts...

    Et son gobelet contenant quelques pièces jaunes jetées avec empressement par des passants était plusieurs fois renversé par les pieds d'autres passants inattentifs. Il était plus transparent que l'air, lourd et glissant comme le sol, on l'ignorait ou on portait attention à lui uniquement pour racheter un lambeau de conscience. Les valises à roulettes, les talons, les gambettes agitées de bambins. La bourse et la vie réunies sous la structure massive et rassurante d'Orly Sud.

    Il y a ce matin du fabuleux dans ses yeux. L'orchestre s'est mis à jouer très tôt dans sa tête cette nuit. Brouette de sons aigus tous enrobés de basses gloutonnes. Ses trois ou quatre "moi" s'Andalousaient, turbinaient, tapinaient si fort - la cuisse jambonneau saucissonnée dans le filet distendu du bas résille - qu'il était debout avant l'envol du premier Boeing. Il renifle l'odeur séduisante du café qui fume au-delà du percolateur ainsi que le fumet deg-savoureux émanant des clopes pompées par les agents d'entretien adossés à la façade arrière du terminal...

    Quand par miracle un quidam se penche sur lui, il supporte un ruissellement de compassion égotique... Les côtes flottantes acier donnent au hall l'apparence de l'intérieur d'un gros bide de pachyderme. La dentelle formée par la lumière du jour fendant les baies vitrées révèle les cadavres encore chauds des touristes et hommes d'affaires en transit.

    « Tu vivras perché » lui disait-on dans un autre épisode lointain de sa vie. Il avait été étudiant fougueux, dragueur et ambitieux puis ingénieur déconneur, performant et prétentieux, puis il avait été entrepreneur, capitaine d’une barque percée de trous prenant la flotte de toutes parts… Péniblement, il étire sa carcasse-Lego. Les os claquent bruyamment, il en pousse des cris étouffés pour ne pas attirer l’attention des troupeaux de gendarmes qui patrouillent. Vigie-pirate est une prison à ciel ouvert… Il s’en fout, sa main plonge dans la première poubelle venue, y pêche un quignon de sandwich encore bordé de liquide tomate et de mayonnaise industrielle. Au passage, il saisit également une bouteille de Vittel d’un demi-litre, à peine entamée, qu’un passager a du balancer dans la précipitation. Paraît-il que le plastique qui explose peut ressembler à de l’eau… Alors… Il emprunte la sortie 4 et vient poser son cul impropre sur un parapet plus ou moins confortable. Il ouvre son paquet de cigarettes dans lequel sont entassés une vingtaine de mégots plus ou moins consumés. Il est un clopeur de seconde main désormais. Il saisit un filtre couvert du rouge à lèvres très vif d’une inconnue. Ce sera son baiser sensuel du jour. Il allume, la fumée remplit sa bouche, sa gorge faisant l’effet d’un shoot sublime. Ses dents lui font si mal mais cette seconde de grâce lui fait oublier. Les taxis déposent des gens pressés et stressés devant lui. Dans la musique des bruits de décollage, il y a une quiétude qui s’impose en lui… La Lune est toujours là, dans le ciel bleu de 10 heures… C’est suffisant. Pour l’instant. C’est suffisant…

    S'asseoir et se lever, de lever et faire signe au groupe, et tendre la main et dire et tiens "donne-moi une pièce avant la montée des océans"...

    Le pied d'un verre à vin vient lorsqu'il fixe les jambes étranglées l'une contre l'autre de cette femme amaigrie par les chimères canoniques d'une beauté faite par des homosexuels ou des femmes pour des femmes... Il sent l'odeur de ses couilles sales depuis des semaines lui refluer aux narines. Pour couvrir l'infection, il allume ce mégot canonisé par une seule ponction,... Une seule taffe."

    A suivre...


    Source: http://leonel-houssam.blogspot.fr/

     

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    Pour prolonger, cliquez : Léonel Houssam... ex.Andy Vérol

     

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  • LES BREVES (plus ou moins brèves) DE SERGE ULESKI

     

    Soutenir un auteur, c'est le lire et en parler autour de soi

     

    Merci à celles et ceux qui me soutiennent en commandant mes ouvrages

     

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                La vérité tient en quelques mots, et le mensonge... en tout un roman.

     

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    En proie à la nostalgie... 

    Et si, ce qui nous attire, nous séduit, nous émeut dans tout ce qui touche de près et de loin à hier, était le fait que ce morceau de vie qu'est le passé, est derrière nous ? Et on ajoutera, soulagés : "Ouf ! Plus de peur que de mal !" 

    Car... qui nous rappellera que vivre demeure une expérience que l'on préféra toujours avoir derrière soi et non... devant ?

     

     

    Fragments, figures de style, effets rhétoriques, parfois satiriques ou caricaturales…

    Maximes, syllogismes, aphorismes, tantôt inédits, tantôt glanés dans les textes de l’auteur (romans et billets de blogs)…

    Plus de trois cents brèves – plus ou moins brèves -, pour se dépêcher d’en sourire ou d’en rire ; ou bien encore, d’y réfléchir.

     

     

    Il faut taire les crimes, ceux de tous les jours car, les nommer, tous ces crimes d'exception, anonymes et insoupçonnables, c'est en faire des maux incurables, des maux privés de l'espoir de l'oubli.  

    Heureuse soit la victime à qui la société n'a pas notifié et qualifié le crime commis sur elle ! Car, elle n'aura alors qu'un seul poids à porter : celui de son propre jugement et seulement le sien. Et là, ô miracle ! L'esprit peut se révéler d'une magnanimité surprenante, lui qui est capable d'accueillir le pardon, ou bien l'oubli comme le naufragé accueille son sauveteur.

     

     

    L'ouvrage est disponible ICI

     

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  • Passé et mensonge

     

                La nostalgie, vous dites ?

               C’est sûr ! On vit toujours mieux là où on vivait bien et plus encore quand une fois ailleurs, on vit mal.

     

    ***

     

    En proie à la nostalgie...

     

    Et si, ce qui nous attire, nous séduit, nous émeut dans tout ce qui touche de près et de loin à Hier, était dû au fait suivant : ce morceau de vie qu'est le passé, est derrière nous. Et on ajoutera, soulagés : "Ouf ! Plus de peur que de mal !"

     

    Car... qui nous rappellera que vivre demeure une expérience que l'on préféra toujours avoir derrière soi et non... devant soi ?

    Mélancolie, appréhension face à l'avenir, inquiétude, angoisse, souffrance, terreur même ! Vivre restera longtemps encore et potentiellement, l'expérience traumatique par excellence. Et ce risque, personne ne le court de gaité de cœur.

    Alors, imaginez quand ce risque dont on ne risque plus rien, est derrière nous, loin, très loin, aux confins de l'oubli et du mensonge !...

    Oui ! Du mensonge car... se souvenir, n'est-ce pas oublier tout ? Tout ce que notre mémoire refuse, aujourd’hui encore, de nous remémorer. Et par voie de conséquence, se souvenir, n'est-ce pas se mentir ?

     

               Alors, disons-le haut et fort : "Non ! Avant, c'était pas mieux ! Avant, c'était différent !"

    Et cet avant n’est... tout au plus, qu’un soulagement, un répit, pour un aujourd'hui en panne qui peine à affronter l'angoisse face à demain : lieu de toutes les incertitudes.

     

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    Extrait du titre "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     

     


                   Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

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  • L'euthanasie, d'accord... mais pour les milliardaires seulement !

     

                  Fin de vie : au deuxième jour du débat à l'Assemblée nationale (11 mars 2015) sur la proposition de loi Leonetti-Claeys pour améliorer la législation sur la fin de vie, les députés ont rejeté mercredi des amendements qui autorisaient «une assistance médicalisée active à mourir». Un millier d'amendements ont été déposés.

     

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    Dialogue entre la proie et l'ombre...

     


    "Une chose que j'aimerais vous demander...

    - Faites ! Je vous en prie.

    - Ne trouvez-vous pas qu'on enterre un peu trop vite les morts ?

    - Comment ça ?

    - Trop souvent, ce ne sont pas les morts qu'on enterre, c'est de la mort dont on cherche à se débarrasser ; de la mort et de son cadavre. Et moi je suis pour qu'on prenne son temps avec la mort, qu'on s'occupe d'elle, qu'on la bichonne, sans trop en faire toutefois parce que... il y aura toujours un salaud qui en profitera pour vous faire mourir plus tôt que prévu. Et je ne parle pas que des crapules ! Tenez ! Pensez à           l'euthanasie !

    - L'euthanasie ?

    - A son sujet, moi je dis : l'euthanasie, d'accord mais... pour les milliardaires seulement ! Parce que... avec les milliardaires, on est sûrs au moins qu'ils avaient les moyens de se soigner ; et par conséquent, les moyens de rester en vie. Quant aux autres... les démunis, les sans-familles et les vieux : niet ! Interdits d'euthanasie ! Car, en ce qui concerne les disgraciés, n'en doutez pas : ce sont eux qui passeront à la casserole les premiers puisque ce sont eux qui, confrontés à une fin de vie exécrable, souhaiteront y mettre fin.

    L-EUTHANASIE.jpg- Vous voulez dire que... tous ces gens pourraient demander qu'on mette fin à leur vie ?

    - Oui. Les démunis, les disgraciés, les vieux, tous ces gens-là, ça pèse lourd sur les finances de notre système de santé, et plus lourd encore quand ils sont insolvables et seuls. Et pour eux, il n'y aura pas d'acharnement thérapeutique. En d'autres termes : on ne les retiendra pas. Ou bien alors, l'État devra une bonne fois pour toutes se décider : soit il se donner les moyens de faire en sorte que nous ayons tous une fin de vie décente, soit il décide de se débarrasser des plus fragiles d'entre nous : fragiles et insolvables !

    - Vous pensez vraiment que...

    - Si vous croyez que l'Etat va se gêner !

    - Et les médecins  ?

    - Les médecins ?! Demandez donc aux hémophiles ! Enfin, à ceux qui sont encore là pour témoigner après l'affaire du sang contaminé."


     

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                  Nombreuses sont les personnes âgées qui ne font que demander la mort physique pour que cesse leur mort sociale car le droit de mourir occulte souvent l'absence du droit à vieillir dans la dignité.

     Après la salve d'applaudissements qui a accueilli mercredi 25 juin le verdict d'acquittement rendu par la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques à propos du procès Bonnemaison, ne cessons jamais de nous interroger.

           
     

              

                 Un documentaire de 2013 qui fait le point sur la loi qui autorise l'euthanasie ; loi votée en Belgique voilà dix ans après la Hollande : des parents de patients témoignent ainsi que des professionnels de santé ; et parmi eux, des infirmières : "Aujourd'hui je suis à la retraite et je m'inquiète. Je n'ai plus confiance en la médecine. La dégradation des soins (sous financement, formation médiocre) est telle que tous les abus et les détournements sont possibles depuis cette loi."

     

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                   A l'heure où on annonce la suppression de 22000 emplois dans les hôpitaux publics dans les trois prochaines années... ce débat autour de l'euthanasie arrive au pire moment : paupérisation de l'Etat à l'origine de laquelle on trouvera un mondialisme qui est une véritable déclaration de guerre contre l'Europe et les Etats providence.

        

    ***

     

                  Quelles conditions de vie et de fin de vie pour chacun d'entre nous dans les cinquante prochaines années ?

    Tout aussi importante que tous les cas extrêmes qui nous sont présentés par les médias, est cette question qui est rarement prise en compte par ceux qui souhaitent une loi qui autoriserait l’euthanasie : notre système de santé, son financement face au vieillissement de la population, l'augmentation de l'espérance de vie et celle des coûts de l'innovation...

    Car, là sont les vrais enjeux !

    Tout en sachant que la collectivité aura besoin de dépenser toujours plus dans le domaine de la santé, il se pourrait bien qu'un jour, des gouvernements s'y refusent appuyés par un électorat égoïste ou mal informé.

    Quel système de santé souhaitons-nous nous offrir, entretenir et développer pour quelle qualité de vie et pour quelle de « fin de vie » ?

    Question bien plus importante que le droit de disposer de son corps car, faut-il rappeler que notre corps nous appartient dans la mesure où toute décision prise à son sujet ne remet pas en cause cette part de responsabilité qui incombe à tout un chacun (1) ; responsabilité qui fait que notre société s'interdit - par exemple -, d'encourager le suicide, l’auto-mutilation, les comportements à risque etc...

    Autoriser l'euthanasie, c'est prendre le risque de voir une société se débarrasser de milliers, voire de millions d'individus incapables économiquement de "s'offrir" une fin de vie de qualité car, cette société-là aurait majoritairement fait le choix de ne pas financer un système susceptible de garantir une telle fin de vie aux plus démunis, entre autres et pour commencer (2).

     

    ***

     

                   Face à une situation de précarité extrême, voire de dénuement total, en désespoir de cause, combien de suicides, combien d’interruptions de traitement sous le couvert de l'euthanasie peut-on raisonnablement craindre, sans oublier les choix draconiens d’une médecine hospitalière qui serait privée de moyens ?

    Au sujet de notre santé et de notre qualité de vie à tous, on ne doit avoir qu'un seul souci et qu'un seul combat : le financement, l'aide aux familles et le soutien au personnel soignant afin de réunir toutes les conditions nécessaires à l’exercice de cette "qualité de vie" que l’on soit ou non sur le point de la quitter.

    Et on ne manquera pas de noter qu’il est bien question de "vie" et de "qualité" et non d'un "comment mourir au plus vite ?" défaitiste.

     

     

     

    1- Nous ne nous appartenons pas (entièrement) à nous-mêmes car, ce n'est pas (seulement) nous qui nous sommes faits.

    2 - Les professionnels de santé vous le confirmeront : il existe bien  un lien entre l'augmentation des "cas" de demandes d'euthanasie et la déshumanisation de la société ; déshumanisation qui touche en priorité les plus fragiles : les personnes âgées isolées, aux revenus très faibles.

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    Pour prolonger, cliquez Procès Bonnemaison

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  • Nîmes, une ville que c'est pour rien !

     

     

                      En me rendant à Nîmes, je retouvre une ville que j'ai laissée, voilà quelques semaines ; une ville que je retrouve toujours en l'état, et ce quelle que soit la durée de mes absences.

     

                    Ah ! Nîmes ! Ville éternelle ! Rome, pour un peu ?

    Nîmes et ses trottoirs sur lesquels tout au long de l'année, été comme hiver, les personnes âgées se fracturent les jambes, et plus particulièrement, celles qui n'ont pas la chance de vivre dans le quartier qu'il faut , le bon, le beau, le seul quartier qui vaille, à savoir : le centre ville qu'un boulevard circulaire isole.

     Ilot de commerces, ce centre ville aux trottoirs irréprochables, aux appartements cossus, et par voie de conséquence, bourgeois ; précisément ceux qui renouvellent sans faillir, tel une fatalité tragique, le mandat de l’équipe municipale.

     

    ***

     

                      Soyons clairs ! Disons les choses !

    Dans cette ville, seules les femmes sont dignes de respect ! Et pas n'importe lesquelles : femmes et filles issues de la communauté Harki, et les beurettes jeunes et moins jeunes qui battent le pavé et les entreprises à la recherche d'un emploi, besogneuses, à servir en brasserie du matin au soir, ou dans les commerces (quand on les accepte car, il ne faut surtout pas froisser les préjugés des quinquagénaires de la bourgeoisie dans la filière du prêt-à-porter féminin).

    Les hommes, eux, assis aux terrasses des cafés, renouvellent leur consommation une fois toutes les quatre heures... tout fauchés qu'ils sont !

                       (Les créations d'emplois à Nîmes - m'a-t-on murmuré à l'oreille - seraient dignes de celles d'une ville moyenne appartenant à un pays tel que... le Bangladesh)

     

                         Une consolation tout de même : je n'aurai jamais plus à me rendre à Nîmes, notre mère quittant définitivement cette ville.

    Aussi, en guise d'adieu qu’il me soit permis d’adresser un vibrant... Olé ! Au passage du taureau, et sous la cape, le coude bien haut, entre trois renvois, deux vomis et un rendu...

                        A cette ville pour rien, à cette ville pour si peu, à cette ville pour personne.

     

     

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