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élections présidentielles

  • François Bayrou : opportunisme et renoncement - Matignon pour tout lot de consolation ?

     François Bayrou et Emmanuel Macron lors de leur rencontre le 23 février 2017.

     

                  Privé de parti, privé de militants, privé de moyens financiers et sans doute aussi des 500 parrainages nécessaires pour concourir à l'Election présidentielle, François Bayrou renonce à briguer l'Élysée et propose une alliance à un Emmanuel Macron qui stagne dans les sondages ; un Macron trop heureux de relancer sa campagne.

            

                   Mais au fait... qui est François Bayrou ?

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    Billet rédigé en 2011

     

                                   Bayrou et les esclaves de la dette

     

                 Bayrou n'a de cesse de se vanter d'être le seul candidat qui ose aborder sans complexe, sans peur ni reproche, la question de la dette dite souveraine ; et alors que des Etats du même nom ne se comptent plus que sur les doigts d'une seule main... le plus souvent introuvable, ce même Bayrou et ses partisans manchots avec lesquels ils partagent peu ou prou les mêmes origines sociales et la même profession de foi religieuse (même credo, même combat - on y reviendra) n'ont que ce mot à la bouche : la dette, encore la dette, et toujours la dette comme un bégaiement chronique : détail biographique d' importance, à partir de l'âge de six ans, Bayrou en a longtemps souffert.

    La dette donc, seule ligne d'horizon, horizon indépassable (c'est pas la peine d'aller voir derrière ni au-delà !), point aveugle et angle de mort… la dette, au coucher, au réveil, avant,  pendant... et longtemps après… la dette, encore la dette, toujours la dette, et bien évidemment et surtout... son paiement, son remboursement selon l’adage couillon (dommage ! il faudrait pouvoir le dire avec l’accent du sud-ouest !) pour couillons impénitents  : qui paie ses dettes s’enrichit…

    Alors qu’il s’agit en l’occurrence de n’enrichir qu’une seule source : des créanciers… banquiers de leur état.

     

     

                  (candeur et servitude - sueur, larmes, remboursement et rédemption)

     

                 Il est vrai que cette obsession de la dette a un avantage : elle permet de faire l'économie d'un programme quel qu'il soit puisque... si la priorité, c'est la dette, son paiement, son remboursement, rien ne sert alors de partir dieu sait où et de tirer des plans sur  quelque comète que ce soit, puisque l’important, c’est de savoir rembourser à temps.

    S’il fut une époque où certaines promesses de candidats excédaient si prodigieusement la fortune du pays que tout ce qu’ils promettaient se transformait en dette (à ce sujet, merci de vous reporter à « Timon d’Athènes » de William Shakespeare), chez Bayrou et ses scribes, tête baissée, un genou à terre, l'autre sur le prie-dieu d'une culpabilité induite par une religion sournoise et rusée, vous ne trouverez qu’une promesse, vous n'entendrez qu’un refrain ou bien plutôt qu’un psaume… cantique des cantiques et antienne tout à la fois : « Braves gens et chers paroissiens, il faut coûte que coûte rembourser la dette ! » ; slogan et priorité qui excluent toute perspective à moyen et long termes, si ce n’est encore et toujours : rembourser la dette !

    Vous aurez remarqué qu’avec Bayrou et sa petite cour, fidèle et aux ordres – pour le temps qu’il leur sera donné d’obéir… d’autres en sont revenus très vite -, dans leurs prêches, jamais il n’est question de remettre en cause les taux d’intérêt de cette dette ! Dans leurs sermons, jamais il n’est question d'interroger l'origine de cette dette ! Dans leurs homélies, jamais il n’est question de nous préciser quel argent n’aurait jamais dû être dépensé, pour qui, pour où, dans qui, dans quoi et pourquoi ! Et enfin, dans leurs avertissements (menaces ?) sur un ton prophétique, jamais il n’est question de mentionner les économies qui devront être faites, les ministères concernés ou plus prosaïquement : quels sont les pauvres bougres qui feront les frais des prochaines coupes budgétaires.

    Avec Bayrou et ses acolytes, c’est… jamais, jamais, jamais et jamais !

    En revanche, avec la dette, Bayrou et ces mêmes énergumènes, c’est… toujours, toujours, toujours et toujours !

    De là à croire que cet argent sortait des caisses du Vatican et qu'ils n'ont qu'un souhait... qu'il y retourne...

    Aussi, revenons encore une fois à Shakespeare, histoire de nous remonter le moral (opus déjà cité) : "Rembourser ? Vous avez dit rembourser ? Pourquoi serais-je l’esclave de ce que vous appelez - mes dettes ?"

     

    ***

      

    Si on oublie un moment un parti pris d'obédience catholique et une culpabilité consubstantielle, même innocent (surtout innocent ! d'aucuns rajouteront) -, fils d'agriculteur béarnais dur à la tâche, un temps dans l'obligation de combiner les études et le travail à la ferme de ses parents, au sujet de Bayrou, difficile de ne pas penser à ce qui suit : si là d’où l’on vient ne saurait en aucun cas empêcher quiconque d’aller voir ailleurs et de s’y installer, en revanche, il n’est sûrement pas nécessaire, une fois arrivé à destination, de courber l’échine aux fins de conjurer le danger d’un éventuel retour à la case départ, défait et humilié, sans doute pour la seconde fois, par une classe qui ne vous fera jamais oublier que Bordères et Pau ne seront jamais Neuilly ni Paris… 

    Car... rien n’enhardit le parvenu, le rescapé, ou l'échappé-belle, le front encore couvert de sueur, comme la soumission aux diktats des puissants ! Et d’aucuns s’empresseront d’ajouter : combien de temps encore, les rescapés d’un déterminisme social le plus souvent impitoyable (Souvenons-nous de Bérégovoy et de son CAP de mécanique-auto faisant la première de couverture de Time magazine avoir de recevoir un satisfecit du Wall Street journal pour son action en tant que premier ministre), devront-ils donner des gages de bonne conduite et de fermeté d’âme à ceux auxquels ils pensent devoir leur repêchage social, oublieux qu’ils sont de leurs droits et de leurs mérites ? 

    Si les anciennes victimes font d’excellents bourreaux, de même, les anciens fauchés, un peu moins fauchés maintenant - pour ne rien dire de ceux qui le sont restés -, semblent faire d’excellents garçons de course, d'excellents recouvreurs et porte-parole de créanciers à bout de patience et d’agences de notation en mal de mauvaises notes à distribuer aux cancres que nous sommes tous...

    Et la vidéo qui suit pourrait bien être une tentative d’explication, du moins… une piste de réflexion non négligeable quant au pourquoi de ce qu'il faut bien appeler... la tentation de la soumission.

    Aussi, à bon entendeur… passons au syndrome du larbin, celui de Stockholm (empathie avec celui qui vous plume) n'y suffisant plus manifestement.

     

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    Pour prolonger, cliquez : François Bayrou, le monsieur-tout-le-monde en politique

     

                           
    Le syndrome du larbin par ULESKI

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  • Nicolas Sarkozy : nécrologie...

               

                  Maintenant que la défaite de Sarkozy est confirmée par la droite elle-même… pas plus tard que ce matin encore, sur France Culture, ce samedi 28 avril à 12h50, dans l’émission La Rumeur du monde de l’aveu même de Jean-Marie Colombani et de Jean-Claude Casanova qui sont à la gauche ce que les soins palliatifs sont à l'espérance de vie - on ne pourra pas leur reprocher d’être partisans...

    Il est donc grand temps de dresser le portrait d’une mort politique imminente avant que tous les patrons de presse et autres éditorialistes complaisants et obséquieux (Joffrin, FOG et Duhamel en premier lieu – journalistes nains et véritables garçons de salle de la classe politique, passeurs de plats hors pair) ne découvrent chez Sarkozy des qualités et des vertus aujourd’hui encore cachées.

     

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    1-sarkozy.jpgNicolas Sarkozy  né le 28 janvier 1955 à Paris, occupera successivement les fonctions de maire de Neuilly-sur-Seine, de député, de porte-parole du gouvernement, de ministre du Budget, de ministre de la Communication, de ministre de l'Intérieur, de ministre de l'Économie et des Finances et de président du conseil général des Hauts-de-Seine, président de l'UMP puis Président tout court… par effraction, à la suite d'un hold-up d’une République au réveil aussi brutal que tardif car...

    Ce n'est qu'en 2012, alors candidat à un second mandat à la tête de l'État, qu'il échouera lamentablement et que son départ sera fêté par une foule en liesse.

     

    ***

     

    1-france-s-president-sarkozy-speaks-duri

                  Président à la "Casse-toi pauv' con !", Président Rolex, homme instable et agité qui n'avait pour seul bagage culturel que son ambition et comme moteur de son action, un désir de revanche ; de petite taille, démarche disgracieuse, peu (ou mal) diplômé (il n'aura pas fait les Grandes Ecoles), fils d’immigré hongrois, d’aucuns ont eu l’audace sinon la présence d'esprit, de le comparer à Richard III (1) ! Manquait plus que les meurtres et les assassinats sauvages, bien qu’en politique, il ait pratiqué le viol : celui de la République française et de l'UMP.

    A son enterrement - politique s’entend -, parmi ses anciens ministres et autres faire-valoir, une seule personne était présente : un dénommé Copé de son prénom François - Jupé s’étant décommandé au dernier moment ; il s’était vomi dessus -,

    Car tous les autres l’avaient abandonné dès le lendemain de sa défaite, et tous niaient l’avoir servi ou soutenu sinon sous la contrainte ; volte-face à l’image d’un quinquennat sous l’influence de la lâcheté et d’un opportunisme et d'un arrivisme sans foi ni loi.  

    Nommé le mal-président, sa contribution la plus notable, son œuvre... l’ouverture de la droite de gouvernement au Front National ; en d’autres termes, on doit à cet homme sans retenue, privé de culture politique et de sens de l'Histoire, et pour lequel la fin justifiait les moyens, d'avoir livré une droite sortie tout droit du Conseil national de la résistance aux chacals et aux hyènes de la politique (les cadres du FN pour ne pas les nommer) ainsi qu’à des individus sans assise ni colonne vertébrale (Borloo), coquilles vides qui n'ont que leur arrivisme à nous opposer (Rama Yade, Dati), et d'autres encore situés soi-disant au centre - centre introuvable ; hurluberlus ambitieux mais sans moyen, ni tactique, ni stratégie sinon ceux de l’échec et de la défaite (Bayrou en chef de file)...

    Responsabilité qui, face à l’Histoire, ne manquera pas d’en inspirer plus d’un et dont cet énergumène sans héritage qui n'aura rien laissé ni rien légué de profitable à une France forte et unie, devra porter le fardeau comme une tortue sa carapace, sans doute jusqu’à son ultime conséquence et sa dernière demeure.

     

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    1 - "...But I, that am not shaped for sportive tricks,
    Nor made to court an amorous looking-glass;
    I, that am rudely stamp'd, and want love's majesty
    To strut before a wanton ambling nymph;
    I, that am curtail'd of this fair proportion,
    Cheated of feature by dissembling nature,
    Deformed, unfinish'd, sent before my time
    Into this breathing world, scarce half made up,
    And that so lamely and unfashionable
    That dogs bark at me as I halt by them;
    Why, I, in this weak piping time of peace,
    Have no delight to pass away the time,
    Unless to spy my shadow in the sun
    And descant on mine own deformity:
    And therefore, since I cannot prove a lover,
    To entertain these fair well-spoken days,
    I am determined to prove a villain..."

     

    ― Richard III - Acte 1 - Scène 1 William Shakespeare

     

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  • Montauban - Toulouse : pourquoi là, maintenant ?

     

                     A tout passage à l’acte correspond un élément déclencheur ; somme d’événements qui altère une situation et engendre une manifestation non plus mentale mais… physique.

    Réalisation d’un acte sans parole jusque là contrôlé, donc réprimé par son futur auteur, il est écrit que le passage à l’acte est un moyen d'entrer en relation avec la réalité, mais par excès, en force.

    « Il n’y d’acte que d’homme » nous dit Lacan. Et puis aussi : « tout acte au sens vrai est… un suicide du sujet, il peut en renaître, mais il en renaît différent… »

    Ou bien encore : là où le langage défaille, l’acte vient à la place de l’indicible.

     

    Montauban, Toulouse, pourquoi là, maintenant ?

     

                     Moment de rupture brutal, la décision de passage à l’acte est souvent empreinte d’ambivalence et mais elle reflète toujours une tension, une angoisse à son paroxysme, et donc intolérable.

     

          Mais... Montauban, Toulouse, pourquoi là, maintenant ?

     

                    Si la réponse à cette question est sans aucun doute complexe (multi- factorielle), est-ce faire preuve d’un opportunisme mal intentionné, voire fâcheux et malhonnête, est-ce intenté un procès d’intention à qui de droit, en attendant de les nommer tous autant qu’ils sont, que de refuser d’exclure de cette réponse les paroles d’hommes et de femmes politiques - pour partie occupant les plus hautes fonctions, sans oublier les sous-fifres de la provocation et de la polémique à la fois pompiers et pyromanes -, qui n’ont de cesse depuis quelques années maintenant, et avec une franche détermination depuis quelques semaines, de souffler le chaud et le froid - deux pas en avant, un pas en arrière -, sur des sujets qui touchent à cette autre France… une France composée de citoyens de nationalité française ou non manifestement dépourvus des titres de compétences et des accréditations qui devraient garantir à chacun la condition de vie suivante : qu’on lui fiche une paix royale…

    Car , si on ne prête – même fauchés -, qu’aux riches et aux puissants, que les penseurs et les acteurs d’une telle stratégie de la division et de la tension intercommunautaires ne se fassent aucune illusion : quand le cynisme politique nourrit la folie obsessionnelle de quelque désaxé, anonyme et très certainement isolé, qu’ils sachent tous que le passage à l’acte de ce dernier leur en donnera toujours pour  beaucoup plus que leur stratégie n’en provoquerait, à leur insu, dans le meilleur des cas, ou bien dans le pire… beaucoup plus que cette même stratégie n'en demandait  ou n’en réclamait sans toutefois oser y croire.

    Et la fusillade qui a pris pour cible une école juive, communauté jusqu’alors épargnée par cette stigmatisation et ce cynisme politique, semble le confirmer.

     

            Mais alors... Montauban, Toulouse, pourquoi là, maintenant ?

     

                    Qu'il soit permis ici de rappeler que la mort n'éteint rien ; bien au contraire : elle éclaire tout..

    Aussi... ne vous arrêtez jamais à la mort ! Et même si le nombre, le prestige des victimes, la mobilisation et les larmes sanctifient... continuez de scruter et de peser... la dégénérescence, le délitement jusqu’à la déchéance de cette partie de la société composée d'acteurs politiques, sociaux et communautaires sûrs de leur bon droit mais... le plus souvent en dessous de tout !

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  • François Bayrou, le Monsieur tout le monde en politique

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    François Bayrou…

    Homme sans qualité qui attend, tapi dans l'ombre, qu'un plus mauvais que lui échoue... à savoir : le candidat PS ou UMP au premier tour d'une élection présidentielle.

     

    ***

     

                 Laborieux, sans panache, en éternel don Quichotte de la politique, un temps à la tête d’une UDF créée voilà quarante ans aux seules fins de sortir de l’étouffement du Gaullisme - celui des carrières et des ambitions -, pour quiconque n’était pas dans l’orthodoxie…

    S’auto-proclamant porteur d’un projet qui se situerait au-delà des clivages politiques traditionnels - projet qui, dans les faits, consiste à jeter la politique à la porte sans se soucier de la fenêtre laissée entr'ouverte…

    François Bayrou n'a qu’un souci : passer l’Histoire à la trappe ; aspiration illusoire car la politique, ce n'est pas ce qu'il nous faut être - comprenez : ce qu'il est raisonnable d'attendre des autres et d'espérer pour soi-même…

    Non ! La politique, c'est ce que nous sommes ; et ce que nous sommes, nous le sommes depuis des lustres. Et personne ne nous changera ! Et sûrement pas un projet qui aurait la prétention de faire de l'être humain un agent a-politique et raisonnable ; dans les faits : résigné.

     

    ***

     

                 Derrière cet homme appelé par personne et à qui le destin et la fatalité n’ont rien demandé, on sera bien en peine de trouver une seule nécessité quelle qu’elle soit... nécessité pour nous, pour la France, l'Europe, le monde… de souhaiter et de le voir un jour occuper la fonction de Président de la République.

    La besace légère, projet cen-triste (1) sous le bras - projet des uns qui pourrait tout aussi bien être celui des autres, sans distinction, sans ambivalence et sans altérité, précisément là où se trouvent déjà Hollande, Villepin, Borloo, et plus tard, Sarkozy au 2è tour d’une présidentielle pour un grand écart de l’extrême droite au centre-droit…

    Que reste-t-il à François Bayrou comme espace politique ?

    Ministre de l’Education Nationale chez Juppé et Balladur, ministre aux ordres, transparent et aphone - « Pas de vagues ! Pas de vagues ! Et pas de vagues ! -, européen aveugle d’un enthousiasme imbécile, privé de Parti - si par Parti on entend un Parti avec des adhérents-militants, des références historiques et des racines, sans oublier des moyens financiers -, seule demeure une ambition, une seule... obsessionnelle : l’Elysée. Une ambition têtue qui, au fil des ans, ne semble concerner que lui. Ambition juvénile venue de dieu sait où ! Sans doute cet éternel provincial s’est-il laissé un jour séduire puis aveugler par les lumières de la Capitale et, plus tard, par les lampions de nos bâtiments et monuments publics, hautement symboliques, Matignon et l’Elysée entre autres, tout le monde s’étant bien garder de lui rappeler que tout ce qui brille n’est pas d’or, et que tout ce qui scintille et clignote ne lui est pas nécessairement destiné…

    Ambition qui, à la longue, embarrasse tout le monde, tellement cette ambition est disproportionnée comparée à celui qui la porte. Quant à ses chances de parvenir un jour à occuper le fauteuil élyséen, et même s’il ne faut jamais jurer de rien - la politique et des électeurs pusillanimes, le plus souvent amnésiques ou tête en l’air, savent récompenser les candidats patients et déterminés -, encore une fois, il semblerait que seul l’échec de ses concurrents pourrait permettre à Bayrou de rafler la mise suprême… comme le cornet de glace du même nom.

    Mais alors... qui sauvera Bayrou ? Ou bien plutôt, qui le délivrera de cette ambition ?

    Et le retrait de Jean-Louis Borloo n’arrangera rien, c’est à craindre car, la pire chose qui puisse arriver c’est que Bayrou recommence à y croire, lui et son « ni droite ni gauche » tarte, d'une profonde vacuité et d’une ignorance et historique, et sociologique, et politique surprenante…

    Ignorance feinte, bien évidemment !

    Car enfin... de tout temps, n’a-t-il pas toujours été question de ce ni droite ni gauche qui, dans les faits, ne peut signifier qu'un "un coup à droite, un coup à gauche", de de Gaulle à Chirac en passant par Mitterrand (pensons un instant à Jospin et à ses privatisations que toute la droite lui a longtemps enviées pour avoir désiré y placer leurs petits copains) ?

    Concept ambidextre par excellence donc, inclusif et non exclusif ce ni droite ni gauche - un coup à droite, un coup à gauche !

     

    ***

     

                Piètre stratège et tacticien aux dents longues mais isolé...

    Sans Parti digne de ce nom pour le soutenir et le porter - en cinq ans, Bayrou a trouvé le moyen de mettre à genoux le MoDem ; en effet, nombreux sont ceux qui l’ont quitté depuis la présidentielle de 2007, Bayrou n’ayant aucun don pour le travail d’équipe et le travail en équipe…

    Auto-exclu donc, force est de reconnaître que Bayrou n’a guère le choix : il lui faut se situer en dehors du champ politique de ceux dont lui et son ambition se sont volontairement détachés.

    Reste alors un positionnement dit "au dessus de la mêlée", qui cache mal un complexe de supériorité et une arrogance qui ont pour origine un sentiment d'infériorité renforcé par une absence de culture politique de dés-aliénation émancipatrice - marxiste et autres.

    Plus chrétien que démocrate, adepte du sacrifice, de la sueur et des larmes sur le mode... « Français, vous avez vécu au-dessus de vos moyens, il va maintenant falloir vous serrer la ceinture !(et les banques seront mieux gardées et les puissants à nouveau hors d’atteinte) »,qui n’est pas sans rappeler, à une autre époque il est vrai… « Chers compatriotes, vous avez préféré les congés payés au travail , il vous faut maintenant accepter la défaite et l’occupation»...

    Pas gaulliste pour un sou donc, défaitiste (au fil des ans, sa seule action consiste à ne jamais se résigner à renoncer à nous demander de nous résigner !), interview après interview, Bayrou semble n’avoir pour seuls référence et modèle - unique horizon indépassable de sa vision politique -, l’Allemagne ! Et pas n’importe laquelle : celle de Merkel.

    Et alors que tous les économistes savent que la prospérité toute relative de ce beau et grand pays repose sur l’asphyxie de la demande intérieure ; et par ricochet… sur toute l’Europe et la France en particulier…

    Compression des salaires : les allemands d’aujourd’hui sont les Japonais d’hier - ceux des années 60 et 70 : "On exporte ce qu’on ne peut pas (ou ne peut plus) s’offrir !"…

    Quant aux bons chiffres du chômage allemand, ces derniers sont dus à une natalité catastrophique (les Allemands ne baisent plus après leur journée de travail) et au fait que les femmes depuis 30 ans ont été fortement encouragées à rester à la maison, libérant ainsi des emplois pour leurs hommes, occupés, lorsqu’ils ne travaillent pas d'arrache-pied à la prospérité du commerce extérieur de leur pays sur le dos des partenaires européens -, à regarder le sport à la télé, à boire de la bière et à roter sous le nez de leurs épouses potiches qui, à défaut de faire des enfants (mais qui peut bien souhaiter les mettre au monde dans un pays porteur d’un tel projet ? Les Italiens, les Grecs et les Espagnols … eux, au moins, ont su s’amuser et en profiter !), s’abrutissent devant des séries télé aussi sinistres qu’indigestes.

    N’oublions jamais que l’Allemagne est le pays qui a produit Derrick… (281 épisodes de 59 minutes) ; une série d’une pauvreté, d’une laideur et d’un ennui inqualifiables, une gifle, une insulte à la face de tout ce qui de près ou de loin pourrait ressembler à du talent aussi modeste soit-il… très certainement à l’image de ce que les Allemands vivent au quotidien, ou du moins... de ce qu'on leur donne à vivre depuis trente ans, ou bien encore... de ce qu'ils sont devenus.

    Avec cette référence constante à l’Allemagne, pays qui n'est pas un modèle mais un échec d'une ampleur sans précédent en Europe, Bayrou nous rappelle que les outsiders, éternels challengers, n'admirent et n’envient rien tant que la force et la puissance, même et surtout d’un égoïsme et d’un autisme destructeurs, ainsi que l'asservissement volontaire.

    De même, nombreux sont ceux qui n’oublieront pas de si tôt un Bayrou chantre de "la politique autrement", pourtant bien incapable d’accepter la main tendue par une Ségolène Royal qui, au deuxième tour de la présidentielle de 2007, était loin d'avoir perdu toutes ses chances d'être élue. Un Bayrou infatué qui n'a pas eu l'humilité, la modestie, le désintéressement, le civisme, la générosité - que sais-je encore ! -, d’appeler ouvertement à voter pour Ségolène Royal, se sachant pourtant hors-jeu mais préférant jouer la carte du pourrissement...

    Bayrou ne se considérait-il pas alors comme un homme providentiel ? Ne se voyait-il pas homme de l’ultime recours pour 2012, pour un peu... sur-homme, une fois la gauche à terre et une droite éclatée après 5 années d’un sarkozisme ravageur ?

    Bayrou pouvait-il ignorer qu’un Sarkozy Président serait une catastrophe pour la France (ce qu’était déjà Sarkozy alors ministre de l’intérieur) ?

    Comme tant d’autres avant lui, et comme tant d’autres après lui, et plus nombreux encore, à cette occasion, François Bayrou – bassement calculateur pour son seul profit, du moins le croyait-il -, s'est donc avéré, en ce fameux mois de mai 2007, incapable de s'asseoir à la même table qu'un candidat mieux placé que lui pour gagner une élection présidentielle, et alors que les circonstances l’exigeaient et que le danger était imminent.

    70% des électeurs de Bayrou (2) choisiront de ne pas voter pour le candidat PS au 2è tour.

    Certes ! A ceux-là, on n'aura pas à leur reprocher de ne pas connaître leur droite de leur gauche ; on leur devra même une nouvelle définition de ce qu'on appelle en politique le centre : tout ce qui penche à droite, voire... à l'extrême droite (en effet : difficile d'oublier que, jamais, avant Sarkozy, un candidat de droite n'avait fait campagne sur les terres du FN).

    Une supercherie le positionnement de Bayrou qui se dit tout autre pour une politique du même nom ?

    Assurément ! Car avec Bayrou, un Bayrou tartuffe, champion toute catégorie de l’auto-illusion à la racine de laquelle on trouve toutes les hypocrisies, et ses électeurs avec lui (3), on est bel et bien et encore... dans la décadence et la déliquescence de tout ce qui de près ou de loin touche à la politique et à la noblesse de son exercice : altruisme et efficacité pour une justice des conditions de vie pour le plus grand nombre.

     

    ***

     

    Mais alors…

    Et si Bayrou n'existait pas ? Et si ce Bayrou qui se veut novateur, au dessus de la mêlée et de toutes les mêlées, même au pays du rugby dont il est pourtant originaire… n’existait décidément pas ?

    Des électeurs auraient-ils rêvé Bayrou comme on rêve… l'Atlantide ou Tombouctou ?

    Ou bien alors, Bayrou existerait mais... seulement dans la mesure où l'on est capable, et sans difficulté, aujourd'hui encore, de trouver des individus de la même espèce dans toute la classe politique, et ce de tout temps ? Il suffit pour cela de donner un coup de pied dans n'importe quelle corbeille de n'importe quelle permanence électorale, une fois le scrutin clos, bulletins de vote au vent, tournoyant et virevoltant.

    Est-ce donc là la vérité sur Bayrou ?

    Allez ! Disons-le une fois pour toutes !

    Bayrou ne sera jamais rien d’autre que ce qu’il poursuit : l’ambition de poser un jour ses fesses (on les dit grasses, lourdes et larges) à l’Elysée.

    Autant dire… en politique, l’ambition et le rêve de Monsieur tout le monde.

    En cela aussi, François Bayrou ne se démarque guère de ceux qu'il n'a de cesse de conspuer depuis 2002, année de son premier échec à l'élection présidentielle ; échec renouvelé en 2007, et celui de 2012, déjà programmé.

     

    ***.

     

                 Aussi... empressons-nous de passer à autre chose : disons... la fin de l'été... l'arrivée de l'automne...

    Ce soleil d'octobre... radieux...

    Un cadeau inespéré.

    __________________

     

    1 - Le centre, c’est l’équilibre. Tous ceux qui manipulent des balances le savent : cet équilibre on l’obtient en plaçant un poids identique sur le plateau de gauche et sur le plateau de droite.

    Les anglais utilisent le terme « balance(d) » pour équilibre ; à la fois verbe et substantif.

    Aussi, un homme politique qui se dit au centre et qui ne re-connaît ni la gauche ni la droite ne pourra jamais prétendre, dans son action, atteindre un équilibre quel qu’il soit.

    De plus, cette idée d’équilibre – pour peu qu’elle puisse impliquer la recherche d’une justice des conditions de vie et d’existence pour le plus grand nombre -, est une belle escroquerie, puisqu’à l’état naturel, en l’absence de toute politique corrective, il n’existe aucun espoir d’arriver à ce fameux équilibre tant convoité par un Bayrou décidément très équilibriste, sur la corde raide, en funambule d’une pensée politique qui ne répond qu’à une seule nécessité : SDF de la politique, Bayrou sait mieux que personne que sa soif Elyséenne ne trouvera aucune place à gauche comme à droite - les prétendants y sont bien trop nombreux et trop bien implantés, depuis bien trop longtemps.

     

    ***

     

                  Le centre, c’est aussi le ventre mou de la politique ; quand on le presse un peu trop fort – presse de questions, de s’expliquer, de livrer le fond… d’aucuns diront… les entrailles et viscères… de sa pensée -, tous les médecins, surtout légistes, en témoigneront : une symphonie d’une rare cacophonie, symphonie anale donc, accompagnée de déjections sans nombre, se fait soudain entendre en lieu et place des éjaculations buccales habituelles… même si, en cas de débordement, cette cavité qui est aussi un orifice, demeure mobilisée pour remplir alors la fonction de trop plein.

    .

    2 - Répartition des votes comme suit : 30% pour Ségolène Royal ; 50% pour Sarkozy ; 20% de votes blancs. Quand on sait que c'est cet électorat-là, électorat dit "du centre", qui fait l'élection présidentielle (entre autres élections)... on frémit à l'idée que la gauche puisse dépendre d'un tel corps électoral, à la fois inconstant, sans courage et sans imagination et qui, craintif, sait finalement mieux que quiconque trouver sa droite.

     

    3 - Noyau dur du MoDem dont le soutien indéfectible à son leader nous fera penser à celui des membres d'une secte vis à vis de leur gourou.

    Lien permanent Catégories : politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
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